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  • Ursula von der Leyen exprime ses « regrets » devant le Parlement européen

    Ursula von der Leyen exprime ses « regrets » devant le Parlement européen

    « Trop optimiste » sur les livraisons de vaccins anti-Covid, l’UE veut muscler la production de masse pour mieux préparer les Vingt-Sept à la propagation des nouveaux variants, a affirmé mercredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

    « Nous avons sous-estimé les difficultés liées à la production de masse (…) Nous avons été trop optimistes,  et sans doute trop confiants sur la livraison en temps voulu des doses commandées« 

    Ursula von der Leyen devant les eurodéputés.

    Après la conception rapide de vaccins, « l’industrie doit s’adapter au rythme inédit de la science (…) Nous avons besoin d’une coordination accrue sur les ingrédients clés,  nous devons améliorer la montée en puissance des capacités (…) afin de s’assurer que nous serons en sécurité l’hiver prochain en dépit des variants« , a-t-elle insisté.

    La production des vaccins en cause

    La Commission, qui a négocié les précommandes au nom des Vingt-Sept, est visée par un feu nourri de critiques à la suite d’importants retards de livraison des trois premiers vaccins autorisés dans l’UE, en raison de difficultés liées aux sites de production en Europe.

    « L’un des goulets d’étranglement concerne les molécules de synthèse (…) Les vaccins contiennent jusqu’à 400 ingrédients, la production implique jusqu’à 100 entreprises. Nous avons créé un groupe de travail pour doper la production (…) avec l’objectif d’identifier les problèmes et les résoudre« .

    Ursula von der Leyen

    Thierry Breton chapeaute une nouvelle agence : HERA

    Parallèlement à ce « groupe de travail » placé sous l’égide du commissaire au Marché intérieur Thierry Breton, Bruxelles lancera dans le cadre d’une nouvelle agence (HERA) un programme public-privé associant industrie pharmaceutique et organismes de recherche pour se préparer aux prochaines crises sanitaires.

    « La bataille contre le virus n’est pas un sprint, c’est un marathon, qui exige endurance et ténacité. Nous devons anticiper immédiatement (…) en lançant notre plan de préparation contre les nouveaux variants », en renforçant « le séquençage rapide » et « le partage systématique » des données.

    Ursula von der Leyen

    S’exprimant à l’occasion d’une séance plénière du Parlement européen, la présidente de la Commission a exprimé ses « regrets », après l’épisode controversé qui a vu Bruxelles faire marche arrière sur l’inclusion de l’Irlande du Nord dans son mécanisme de contrôle des exportations de vaccins, qui lui a valu les foudres de Belfast, Dublin et Londres.

    « Des erreurs ont été commises dans le processus conduisant à la décision et je le regrette profondément. Mais à la fin, nous avons agi correctement, et je peux vous garantir que ma Commission fera de son mieux pour préserver la paix en Irlande du Nord« 

    Ursula von der Leyen

    Un article de notre partenaire

    euractiv
    euractiv
  • Impitoyable Russie, impitoyable démocratie

    Impitoyable Russie, impitoyable démocratie

    L’Europe n’a rien à craindre de la Russie. Au contraire, la Russie craint l’Europe et ce qu’elle représente. 

    «Toutes les tentatives de la Russie pour devenir indépendante se heurtent à une résistance de plus en plus féroce de nos collègues occidentaux qui veulent nous rendre “obéissants”, nous forcer à accepter ces interprétations très douteuses des valeurs humaines universelles qu’ils professent et qui contredisent la tradition culturelle russe», a déclaré Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères. Aveu d’effroi.

    Poutine contre les Témoins de Jéhovah 

    Au Parlement européen, les députés ont reproché à Josep Borell, le chef de la diplomatie de l’UE, pour autant qu’il y en ait une, de s’être fait piégé par Lavrov. Ce n’est qu’à la fin de la conférence de presse commune avec Lavrov que Borell apprit l’expulsion de diplomates allemands, suédois et polonais. Une gifle. Loin d’obtenir quoi que ce soit pour Navalny, les arrestations se multipliaient. Même les Témoins de Jehovah y passaient! C’est dire si Poutine et ses amis sont inquiets. 5.500 arrestations pour des manifestations qui, selon la police, n’ont pas réuni plus de 30.000 contestataires. Bientôt il y aura plus de personnes en prison que de manifestants. 

    Le Palais de Poutine, l’empoisonnement de Navalny, les faux chiffres sur le coronavirus, les querelles internes au Kremlin, les disparitions, assassinats, au risque de choquer, ce n’est pas l’essentiel. Après tout, il y a bien des régimes peu recommandables à travers le monde, et bien des Européens il y a peu se sentaient solidaires d’une Union soviétique bien plus épouvantable et menaçante que la Russie d’aujourd’hui.

    Le pouvoir russe se sent menacé. 

    D’autant que, si l’on aime se moquer de Poutine, il faut bien reconnaitre que ceux qui pourraient le remplacer ne seraient pas forcément plus démocrates. Ce qui est triste, c’est le recul, la régression russe, dans tous les domaines. Il n’y a pas si longtemps, au Conseil de l’Europe, la Russie, comme la Turquie, se voulaient présentables. La Russie est en déclin financier, économique, militaire, démographique, culturel, scientifique, ce que cache mal le prurit nationaliste flatté par l’annexion de la Crimée. 

    Le pouvoir russe, forcément, se sent menacé. Par qui, par quoi ? Par Navalny, sans doute, sinon ils ne chercheraient pas à l’éliminer. Mais il est peu probable que Navalny seul renverse Poutine, les oligarques qui lui sont liés, et le FSB. Par l’Europe ou les Américains ? Non plus. Ils se sentent menacés par un virus de liberté, vieille idée dont on a beau se moquer mais qui revient comme une mauvaise herbe. 

    Denys l’ancien, un des prototypes du tyran, faisait déshabiller son frère et son fils, qu’il chérissait plus que tous, avant qu’ils n’entrent dans sa chambre pour vérifier qu’ils ne portaient pas d’armes. Tout pouvoir a peur, surtout quand il tend vers un pouvoir absolu. Un grain de sable l’effraie.

    Comment ramener la Russie vers l’Europe ?

    Mais est-ce le problème de l’Europe ? Si Josep Borell a raison de dire qu’il faut parler avec la Russie, il a tort d’y aller quand on arrête Navalny, même et surtout pour plaider sa cause. Le fait-il en Egypte, Arabie, Algérie, Chine, Turquie, Iran… ?

    La question de l’Europe, c’est de savoir comment ramener la Russie vers elle. Elle ne le fera pas par des sanctions. C’est pourtant ce que propose Josep Borell pour faire oublier son humiliation passée. «Il appartiendra aux Etats membres de décider de la prochaine étape, cela pourrait inclure des sanctions, je vais faire des propositions concrètes», a déclaré Borrell. C’est ce qui s’était passé après l’annexion de la Crimée, sans succès. La France avait remboursé la vente les navires de guerre « Mistral», revendus à cette grande démocratie qu’est l’Egypte. Britanniques et Allemands, eux, tout en faisant pression sur la France, continuaient à faire des affaires, y compris en matière d’armement. 

    C’est une erreur de confondre les champs diplomatiques. Lénine disait : « Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendront ». C’est exactement ce qu’il faut faire: Lénine, symboliquement, s’est pendu.

    Lénine s’est pendu 

    Plusieurs pays, comme la Pologne, demandent en outre l’arrêt du projet Nordsteam 2. La défense des droits de l’homme entraine, pour certains, une forte odeur  de gaz. 

    Faut-il pour autant, comme Emmanuel Macron, et une bonne partie de dirigeants politiques, (car il existe un lobby russe, comme un lobby turc, à Paris, à Berlin, à Rome et Bruxelles) parier sur un partenariat avec la Russe ? Belle idée, mais pour s’aimer il faut être deux.

    « La structure actuelle du pouvoir en Russie, qui combine des intérêts économiques particuliers, un contrôle militaire et politique, ne laisse aucune ouverture à l’État de droit démocratique », explique Josepp Borrell. « Ils sont impitoyables » ajoute-t-il. Eh oui !

    On peut se moquer de l’Europe « naïve ». A chaque fois qu’on la prend de haut, elle s’unit. C’était vrai avec Trump, avec le Brexit, c’est le cas, lentement mais sûrement, avec les insultes turques et le mépris russe. Le parti russe en a pris un coup. Le défaut des dirigeants politiques en politique étrangère est toujours le même : ils font des déclarations en fonction de la  politique intérieure. 

    Intérêts communs

    La politique européenne doit être guidée par le réalisme : les Russes, pour l’instant, ne veulent pas de la démocratie à l’occidentale. En revanche ; ils ont beaucoup d’intérêts en commun avec les Européens, tout d’abord en matière commerciale, financière, puis stratégique et militaire. 

    L’Europe a intérêt à accroitre ses relations économiques avec la Russie. Et la réciproque est vraie. Il n’y a donc aucune raison de renoncer à Nordsteam2. Les Polonais veulent augmenter les compensations financières, les Américains vendre leur gaz. Pourquoi payer le gaz 30% plus cher? Est-il plus doux quand il passe par la Turquie, l’Ukraine, ou quand il vient du Qatar ?

    L’Europe a intérêt à discuter avec la Russie du Moyen-Orient, de la Turquie, de la Lybie, de l’Ukraine, de la Biélorussie, de l’Afrique, de l’Iran. Ce sont des sujets qui concernent l’Europe au premier chef, plus que les Etats-Unis ou la Chine. Des accords sont possibles, surtout si l’Europe sait montrer sa capacité à nuire.

    Parier sur la société russe 

    On ne répond pas aux pressions militaires russes en défendant Navalny mais par d’autres pressions militaires, (comme le fait quotidiennement Israël). Aux cyberattaques russes, il faut répondre par des cyberattaques contre les Russes, plutôt que de se plaindre. Le commerce répond au commerce, le militaire au militaire, le cyber au cyber, etc… Mêler sanctions commerciales et droits de l’homme est une politique confuse sans intérêt. C’est même l’inverse : la Russie se tourne vers la Chine et promeut l’internationale autocratique antioccidentale. Des manœuvres conjointes dans l’océan indien associent la Chine, l’Iran et la Russie. Quel attelage ! La Russie est plus européenne qu’orientale, si l’Orient existe.

    Et les droits de l’homme ? Ils arrivent. Par la télé, internet, le « doux commerce », justement. Plus il y aura d’échanges, plus la Russie devra compter avec … les Russes. Ce qui doit intéresser les Européens, ceux qui veulent promouvoir la démocratie, ce sont les citoyens russes, la société civile russe. C’est elle qui bouge pour Navalny. Et l’on rend service à Poutine en le faisant apparaitre comme « un agent de l’étranger ». 

    Si le pouvoir russe veut s’éloigner de l’Europe, ce n’est pas le cas des Russes. Il faut considérer la Russie comme un parent qui s’égare, mais pour lequel on conservera toujours une place. Et la démocratie, comme une valeur universelle qui s’imposera tout ou tard, même en Russie. C’est bien ce qui fait peur à Poutine. 

  • Les Pouvoirs publics ont ils encore de grands projets ?

    Les Pouvoirs publics ont ils encore de grands projets ?

    Après la Seconde Guerre mondiale, par nécessité au nom de la reconstruction et par philosophie, afin de tourner la page des années 1930, les États se sont investis dans la recherche fondamentale ainsi que dans des grands projets structurants qui ont, parfois, changé le cours de l’histoire économique. 

    La bataille de l’espace a débouché sur des applications civiles importantes en matière de télécommunication. De même, afin de sécuriser les transmissions en cas d’attaques nucléaires, les Américains ont développé un réseau de communication décentralisé qui est à l’origine d’Internet.

    Volontarisme public 

    En France, le supersonique Concorde, les centrales nucléaires, le train à grande vitesse ou le Minitel furent initiés par les pouvoirs publics. Les filières aéronautiques française et européenne doivent beaucoup aux États. Ce volontarisme public s’est étiolé dans les années 1980. D’un côté, les tenants du libéralisme ont souligné l’inefficience, pas toujours infondée, de nombreux projets publics, de l’autre, les gouvernements ont jugé plus opportun de consacrer des sommes croissantes à la protection sociale afin de lutter contre les inégalités. Ces dépenses sociales ont l’avantage d’avoir un effet quasi immédiat quand les retombées d’un grand projet nécessitent plusieurs années. 

    Etat nounou, Etat stratège

    Sous cette double pression, les dépenses d’investissement ont reculé. L’État a donc abandonné son habit de stratège au profit de celui de «nounou » pour reprendre l’expression de l’écrivain Mathieu Laine (Infantilisation, cet État-nounou qui vous veut du bien). Le choix délibéré du court terme est, en partie, le produit de la société d’hyper-information qui s’est imposée en maître absolu depuis quarante ans. La dictature de l’immédiat est la norme. Les propos des responsables publics sont décryptés de manière psychanalytique parfois avant qu’ils ne les aient exprimés.

    Choix du court terme 

    En parallèle, la judiciarisation de la vie publique incite les responsables à se couvrir en permanence avec, à défaut d’une prise de risque, l’immobilisme. Ainsi, dès le début de l’épidémie, des commissions d’enquête ont été créées en France et des plaintes à l’encontre de plusieurs ministres ont été déposées. 

    L’inaction peut également être jugée comme en témoigne la récente décision du Tribunal administratif de Paris qui a reconnu l’État responsable de « manquements dans la lutte contre le changement climatique » à la demande de plusieurs associations. En temps réel, les dirigeants doivent rendre des comptes aux juges, à la presse, aux réseaux sociaux, à l’opinion.

    De nouvelles aventures collectives 

    Dans une société hyperconnectée, les sollicitations en réponse aux attentes, aux besoins sont sans limite. Toutes les catégories sociales, toutes les parties et sous-parties de la population se placent en position de victimes afin d’obtenir une reconnaissance et éventuellement des aides. L’énergie déployée pour répondre à ces sollicitations laisse de moins en moins de temps utile pour la stratégie et l’action. L’empathie et la repentance priment sur les actes. L’économie du spectacle se dévore à force de se contempler. 

    Pour remobiliser les populations qui sont contraintes, en raison de l’épidémie, de vivre au jour le jour, les États, les gouvernements se doivent de relever la ligne d’horizon non pas sous forme de promesses sans suite mais sous forme de réelles aventures collectives. Il est plus facile de se complaire dans la critique et dans les détails que d’opter pour l’ambition. 

    La transition énergétique tout comme le vieillissement de la population sont vécus comme des contraintes quand elles sont potentiellement des sources de progrès. La fusion nucléaire, la création d’une filière d’hydrogène vert, la capture du CO2 ou la lutte contre le cancer ou Alzheimer sont autant de projets que les pouvoirs publics se doivent de porter. 

  • Etats-Unis : Premier jour du procès en destitution de Donald Trump

    Etats-Unis : Premier jour du procès en destitution de Donald Trump

    Le principal intéressé n’est pas présent au Sénat américain. L’ex-président avait peu de chances d’être condamné tant ses soutiens au sein du parti républicain restent forts.

    Des avocats en débâcle

    Mais c’est sans compter sur la pertinence des procureurs démocrates face à aux avocats de Donal Trump qui furent plus que décevant selon l’ancien président.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Expatriation une tendance à la hausse : +30% en quinze ans

    Expatriation une tendance à la hausse : +30% en quinze ans

    Mais qui s’intéresse donc aux Français de l’étranger avec autant de rigueur ? On vous laisse deviner… Pas la peine ! C’est bien la direction générale du Trésor français qui cartographie en détail ses contribuables qui ont migré.

    Une hausse importante en 15 années

    La Direction générale du trésor a, donc, publié début janvier une étude sur les mouvements migratoires de la population française en direction des pays étrangers. Les données récentes montrent une tendance à la hausse observée ces 15 dernières années. Le taux d’émigration des Français reste cependant modeste en rapport aux autres pays de l’OCDE.

    Ainsi, deux millions de personnes nées en France sont installées à l’étranger selon les dernières statistiques de 2019 des Nations Unies. Ils étaient 1,5 million en 2009, rappelle la publication Trésor-Éco de janvier 2021, soit une progression notable en 10 ans. Ces chiffres sont basées sur les déclarations de l’Etat français, issues du registre consulaire. Dans les faits, on est plus proche de 3 millions de personnes.

    Cependant l’année 2020 marque un tournant avec des retours qui surpassent les départs. Une première depuis 10 ans.. La pandémie et les aides mises en place en France expliquent, sûrement, ce mouvement de population vers la métropole.

    Des expatriés diplômés

    On le savait, mais l’étude le confirme, les expatriés sont souvent diplômées ou issus des professions libérales.

    En effet, 6% des personnes nées en France et diplômées de l’enseignement supérieur vivent dans un autre pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)(nouvelle fenêtre) en 2015-2016 (contre 2% pour les personnes ayant le niveau d’étude le moins élevé).

    Les Français à l’étranger sont majoritairement des actifs (25-64 ans) avec un niveau d’étude généralement élevé (58% sont titulaires d’un diplôme supérieur). Pour les 2/3, il s’agit de séjours longs (plus de 10 ans). Les motivations de départ sont essentiellement professionnelles (opportunité d’emploi, rémunération plus élevée, progression sociale).

    L’occident plébiscité

    Si les Français quittent plus le pays, ils restent attachés à la culture occidentale ou simplement c’est dans cet environnement qu’ils trouvent le plus de débouchés professions.

    Les expatriés sont donc installés à 85% dans des pays de l’OCDE dont une moitié en Europe notamment en :

    • Belgique avec 168 100 résidents Français en 2015-2016 ;
    • Espagne (166 000) ;
    • Royaume-Uni (152 700) ;
    • Suisse (147 400) ;
    • Italie (110 700) ;
    • Allemagne (109 000)…

    Hors d’Europe, ce sont les États-Unis (4% des départs) et le Canada qui accueillent la plus grande communauté d’expatriés. Sans oublier, le Japon qui a le vent en poupe depuis 10 ans, il a représenté certaines années jusqu’à 5% des départs.

    Du coté de l’Afrique, Le Maroc et la Tunisie voient leur population française muter avec l’arrivée des jeunes retraités. Un peu plus loin, Israël a vu sa population française doublée, la politique volontariste de Benjamin Netanyahu promouvant le retour sur la « terre sainte » explique cette croissance.

    Quel avenir pour l’expatriation ?

    L’expatriation évolue, elle n’est plus réservée à des millionnaires en recherche d’avantages fiscaux ou aux hippies fuyant la culture normalisante française… Elle est, aujourd’hui, le symbole de cette France qui n’arrive plus à faire rêver ses enfants, qui cherchent un meilleur avenir, désormais, en dehors de l’hexagone.

  • Dubaï : tocade d’influenceurs ou eldorado durable ?

    Dubaï : tocade d’influenceurs ou eldorado durable ?

    Début juillet 2020, l’ancienne candidate de téléréalité et influenceuse Caroline Receveur avait prévenu sa communauté. « En fin de semaine j’ai une surprise, je ne peux pas vous en dire plus ». Ses abonnés (presque 4 millions sur Instagram) avaient débordé d’imagination en essayant de deviner la nouvelle : seconde grossesse, nouvelle collab’ de rêve, une ligne de produits ? Que nenni, la surprise fut de taille. A la fin de la semaine, Caroline apparut en story, à hôtel de ville du 16e arrondissement de Paris prête à être unie à Hugo Philip par Christophe Girard (tombé en disgrâce depuis)…

    Dubaï : la ville carte postale aux opportunités multiples

    L’installation à Dubaï suivit peu de temps après. Le lancement de la marque de cosmétiques capillaires « Osée » ne tarda pas non plus. Pour information, le mariage, à l’époque nécessaire pour vivre en couple en Dubaï, ne l’est plus depuis l’automne 2020.

    Cityscape with beautiful park with palm trees in Dubai, UAE

    Quand l’uberinfluenceuse Caroline Receveur explique pourquoi elle s’installe à Dubaï

    Pourquoi Dubaï? La réponse ne tarda pas. Caroline prit en effet le temps d’expliquer son départ dans un long article explicatif qui, encore aujourd’hui, fait date. Après avoir envisagé de partir à Los Angeles, elle fit le choix des émirats, qui réunissaient les conditions d’une vie de famille apaisée avec son mari et son jeune fils.

    Caroline Receveur

    Elle y passe en revue les différents attraits de la ville et la vie : dynamisme, sécurité, système de santé, système scolaire… Elle fait un portrait attrayant de la ville des émirats.

    « Après avoir vécu un événement traumatisant il y a quelques années, et aussi parce qu’en tant que personnalités publiques nous sommes plus « épiées » que la normale, la notion de sécurité pour ma famille et pour Marlon est devenue une priorité dans mon quotidien. »

    Caroline Receveur

    Le cadre de vie qu’offre Dubaï à l’année n’est pas négligeable! Une maison avec jardin et piscine à Dubaï est bien inférieure aux prix du marché en France et encore bien plus inférieure au prix du marché anglais. »

    Un phénomène en pleine croissance

    Nabilla à Dubaï

    Depuis plusieurs années, les stars de téléréalité semblent avoir trouvé leur bonheur dans cette ville moderne et attrayante. Soleil, Sécurité, Soins de santé cette trinité est répétée encore et toujours. La ville a ainsi attiré au fil des ans Nabilla et Thomas Vergara, Jessica Thivenin et Thibault Garcia. Ces noms ne diront probablement pas grand-chose aux Français qui ont quitté la France depuis longtemps… Il en est de même pour les influenceurs britanniques qui sont nombreux à avoir posé (souvent bruyamment) leurs valises à Dubaï.

    Dubaï : la ville qui semble maitriser la pandémie

    Alors que la France et toute l’Europe voyaient la seconde vague se dérouler sans pitié, Dubaï resplendissait. Soleil éclatant, soirées soleil couchant dans des beach clubs, séances bronzage à la plage (sans masque) et échappées dans le désert en famille. Ces images font rêver… encore plus lorsque l’on est (semi)-confiné et soumis à un couvre-feu. Dubaï avait en effet fait le pari de rouvrir aux touristes dès novembre. La destination, très courue a attiré autant qu’elle a agacé. Certaines publications s’en donnent même à cœur joie pour descendre les influenceurs qui choisissent de s’y installer, en attaquant la situation politique sur place.

    Les leçons de la pandémie

    Faut-il le rappeler ? Les Emirats ont vécu un confinement très strict au printemps 2020. Ils sont à la fois inventifs et réactifs. Pour faire face à la crise économique et la perte d’emplois, ils ont ainsi créer un nouveau visa « Télétravail » pour attirer les travailleurs étrangers. Ce visa d’un an est destiné aux ressortissants de 98 pays. Pour être éligible à ce visa, il convient de gagner au moins 5000 € par mois et avoir une assurance médicale valable sur place.

    Cap sur Dubaï

    Pour tester, le pouls de cette réalité qui semble parfois parallèle, nous avons interrogé deux personnes très bien informées. Toutes deux nous font un portrait réaliste de Dubaï, au-delà du bling-bling et des nombreux clichés souvent véhiculés sur la ville.

    Laurent Rigaud : au service et à l’écoute des Français de Dubaï et des émirats

    ©Laurent Rigaud

    Laurent est conseiller des Français de l’étranger pour les Emirats arabes unis et le sultanat d’Oman . C’est une personnalité bien connue de la communauté française des émirats. Au total, il comptabilise plus de 15 ans aux émirats. Laurent nous parle avec passion de Dubaï, de la situation sur place, du phénomène des influenceurs et la situation actuelle par rapport à la pandémie. A noter, Laurent est également le président de la dynamique association Savoyards du monde.

    Amel talks : une influenceuse de Dubaï

    Amel Talks

    Amel est une influenceuse originaire de Lille. Installée depuis plus 4 ans à Dubaï, elle est présente sur Youtube et Instagram. Amel travaille en marketing digital et est également influenceuse. Elle donne des conseils aux personnes qui souhaitent s’expatrier à Dubaï ou aux vacanciers.

    Elle partage avec nous son parcours et ses choix. Elle diffuse un grand amour de Dubaï qu’elle contribue à mieux faire connaitre à sa communauté. Dans une récente vidéo elle explique les grands changements de Dubaï en 2021. Dans une autre elle interroge un ami émirati et répond aux préjugés de sa communauté sur Dubaï et les Emiratis.

  • Saint Valentin et Covid-19 : comment va-t-on célébrer l’amour cette année ?

    Saint Valentin et Covid-19 : comment va-t-on célébrer l’amour cette année ?

    Grand rendez-vous annuel des amoureux, la Saint Valentin est une fête célébré dans le monde entier. Mais cette année, l’événement va avoir une saveur particulière, la crise sanitaire mondiale est venue modifier nos habitudes. Les traditionnels restaurants romantiques vont devoir laisser la place à l’imagination des couples pour célébrer l’amour sous un autre format ! Alors comment célébrer la Saint Valentin avec la Covid-19 ? Quelles solutions les couples ont-ils trouvé pour cette occasion ? On vous explique tout. 

    Les origines de la Saint Valentin 

    Célébré le 14 février, la Saint Valentin est considéré pour beaucoup comme la fête des amoureux. Parmi les différentes théories qui existent, l’origine de la Saint Valentin pourrait venir de Grande Bretagne. En effet, il était commun d’associer le 14 février avec le jour où les oiseaux s’appariaient, donc une célébration de l’union. 

    Une autre explication provient du Saint que l’on célèbre le 14 février. Valentin de Terni est ainsi considéré comme le Saint Patron des amoureux.

    Au milieu du XIXe siècle, les États-Unis s’emparent de l’événement et la Saint Valentin devient peu à peu une fête commerciale.

    Aujourd’hui, la Saint Valentin s’est démocratisée dans le monde entier. C’est un excellent argument commercial pour les fleuristes qui réalisent à cette période un très bon chiffre d’affaires.

    Saint Valentin et Covid-19, que faire ?

    Cette année, la Saint Valentin ne ressemblera à aucune autre. En effet, c’est la première fois que l’événement sera célébré en pleine pandémie mondiale. Les lieux de rassemblement sont fermés au public et le classique dîner romantique dans un restaurant va devoir laisser la place à une toute autre organisation. 

    « Je n’ai JAMAIS célébré la Saint Valentin en couple, mais mon conjoint m’a proposé de la célébrer pour la première fois cette année (en 6 ans), parce qu’on « n’a pas assez de choses à célébrer cette année avec la COVID-19 ». Ce sera une première pour moi et surtout l’occasion d’un bon repas. »

    Lily

    D’après un sondage Yougov, 32% des Français prévoient malgré tout de célébrer la Saint Valentin cette année, soit seulement 1% de moins que l’année dernière. 

    Les fleurs restent le cadeau privilégié pour l’occasion pour 24% des répondants. On retrouve ensuite les bijoux (19%) puis les parfums (18%). À noter que le budget moyen des Français est de 101,50€ pour l’occasion. 

    Ainsi, Saint Valentin et Covid-19 ne font pas si mauvais ménage. Les individus sont à la recherche de moment de partage avec leur moitié et de retrouvailles. En effet, la Covid-19 a modifié les relations sociales et nos interactions avec autrui. Les relations amoureuses sont d’autant plus touchées et pour les nouveaux couples ou ceux en devenir, il n’est pas évident de se construire dans ce cadre. 

    La Saint Valentin dans le monde 

    Si la Saint Valentin est fêtée en France par les amoureux, ce n’est pas le cas partout dans le monde ! 

    En Colombie par exemple, on ne fête pas la Saint Valentin le 14 février. Cet événement est considéré comme « une fête américaine » et ainsi, la population ne l’a pas adopté. En revanche, tous les ans en Septembre, les Colombiens célèbrent la fête de l’amour et de l’amitié le 3eme samedi du mois.

    Au Mexique également, les amis sont mis à l’honneur. Le 14 février, la Saint Valentin devient « Amor y Amistad », on en profite pour célébrer l’amour et l’amitié, s’offrir des peluches, des chocolats mais aussi des ballons gonflés à l’hélium. 

    En Corée du Sud, il y a deux St Valentin ! Le 14 février, selon la « règle », ce sont les femmes qui offrent du chocolat à leur compagnon. Un mois plus tard, le 14 mars, c’est au tour des hommes d’offrir un cadeau, généralement plus sophistiqué. Cette année, les choses vont être d’autant plus particulière, car comme nous l’explique Lucie : « Il y a le Nouvel An Chinois au même moment, donc la Saint Valentin sera un peu décalée ». Malgré cela, elle compte célébrer la Saint Valentin à distance avec son compagnon. 

    La célébration de la Saint Valentin au Japon est similaire. Le 14 février, c’est à la femme de « déclarer ses sentiments » en offrant des chocolats et le 14 mars, c’est ce que l’on appelle le « White day ». Traditionnellement, les hommes qui ont reçu des chocolats romantiques à la Saint Valentin confirment leurs sentiments en offrant un cadeau le 14 mars. S’il n’offre rien, c’est que les sentiments ne sont pas réciproques ! Léa, expat à Tokyo, nous raconte « Je cuisine aussi des chocolats pour mes amis et mes collègues. Ça se fait beaucoup ici pour les femmes de cuisiner des chocolats « amicaux » et des chocolats « romantiques » pour les offrir ». Une tradition similaire à celle vécue en Amérique du Sud !

    Ainsi, la crise sanitaire ne semble pas limiter les célébrations. La Saint Valentin sera fêtée, malgré la Covid-19, par de nombreux couples dans le monde. C’est aussi une occasion de passer de bons moments ensemble et pourquoi pas, oublier le temps d’un instant la situation globale. De plus, il existe aujourd’hui de nombreuses solutions pour garder le contact malgré la distance. On souhaite une bonne fête à tous les amoureux, où qu’ils soient dans le monde ! 

  • Les taux bas sont-ils inégalitaires ?

    Les taux bas sont-ils inégalitaires ?

    Depuis une dizaine d’année, la politique monétaire est devenue très expansionniste. La baisse des taux directeurs et les rachats d’obligations par les banques centrales ont conduit à une forte croissance du bilan de ces dernières et de la base monétaire qui est passée de 10 à 55% du PIB de 2007 à 2021. Cette politique initialement instituée à titre exceptionnelle pour lutter contre la déflation est devenue la norme. 

    Le soutien de l’activité et le maintien de la solvabilité d’États surendettés sont désormais les objectifs, plus ou moins affichés, poursuivis par les banques centrales. Cette politique est en rupture avec le monétarisme qui avait cours dans les années 1980/2007 en vertu duquel la progression de la masse monétaire était fixée par avance en lien avec le taux prévisionnel d’inflation. La neutralité de la monnaie était recherchée avec l’indépendance des banques centrales comme symbole. Le monétarisme s’était imposé comme une solution à la stagflation des années 1970. 

    Quels effets sur les revenus ? 

    Les politiques monétaires expansives ont des effets économiques et financiers évidents. Ils en ont aussi sur la composition et la répartition des revenus. La baisse des taux et l’augmentation des liquidités n’ont pas joué avant la crise sanitaire contre l’emploi. Le plein emploi était de mise dans un nombre important d’États dont les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou le Japon. Dans les pays à fort taux de chômage comme l’Espagne, l’Italie ou la France, une amélioration se dessinait. 

    D’autres facteurs entrent en ligne de compte comme le vieillissement de la population. En France, 800 000 personnes partent à la retraite chaque année, ce qui conduit à une très faible progression de la population active. L’augmentation du nombre d’emplois est favorable à celle des revenus. Depuis 2009, les salaires n’ont progressé que de 5,7 % en valeur réelle au sein de l’OCDE. Après la crise des subprimes, le partage des revenus se déforme au détriment des salariés. Les gains de productivité sont moins redistribués aux salariés après 2009 qu’avant, sauf dans deux pays : la France et l’Italie. 

    Les profits après impôts, intérêts, et avant dividendes, sont passés lors de ces dix dernières années de 12 à 15 % du PIB au sein de l’OCDE. Cette répartition des revenus effectuée au détriment des salariés est-elle la conséquence de la politique monétaire ou d’autres facteurs ?

    L’augmentation de l’aversion aux risques impose aux entreprises de mieux rémunérer leurs actionnaires. Par ailleurs, dans une économie mondialisée, les investisseurs peuvent déplacer facilement leurs capitaux. Pour stabiliser leur capital, les entreprises sont contraintes d’accroître les dividendes distribués. Comme l’aversion au risque a eu tendance à augmenter ces dix dernières années, les investisseurs ont demandé à être mieux rémunérés. 

    La désindustrialisation a, par ailleurs, érodé le pouvoir de négociation salariale des salariés, ce qui a pu favoriser les détenteurs de capitaux. L’indice de Gini avant redistribution sociale, indice qui mesure les inégalités de revenus, se dégrade depuis 2014 pour l’ensemble de l’OCDE.

    Les épargnants perdants … et gagnant grâce aux effets sur le patrimoine 

    La baisse des taux a un effet direct sur les revenus financiers versés aux ménages. Les intérêts reçus par les ménages de l’OCDE sont passés de 3,5 à 1,8 % du PIB de 2007 à 2020. Sur la même période, les intérêts payés par les ménages pour leurs emprunts ont également connu une baisse marquée. Ils s’élevaient à 2% du PIB en 2020, contre 3,8% en 2007. Les pertes et les gains sont assez équilibrés. 

    Les épargnants qui ont, en moyenne, plus de 50 ans, sont perdants. En France, leur patrimoine financier est constitué à plus de 60 % de produits de taux. Ils acceptent cette répression financière car ils sont bénéficiaires de la valorisation du patrimoine. Plus de 60 % du patrimoine des ménages est constitué de biens immobiliers.

    Les effets sur les inégalités 

    La valorisation des actifs immobiliers et « actions » a accru les inégalités. La baisse des taux a cristallisé les positions acquises à la fin des années 80. Si la spirale inflationniste concernait dans les années 1970 les salaires, les biens et les services, elle s’est, depuis une dizaine d’années, logée dans certains actifs. 

    Le doublement de la valeur des biens immobiliers a peu de conséquences sur le niveau de vie de son propriétaire tant qu’il ne monétise pas son bien et sous réserve qu’il ne réemploie pas l’argent issu de la vente pour racheter un bien immobilier de même nature. Il en est tout autre pour les primo-accédants qui doivent franchir une marche bien plus importante qu’auparavant.

    Valorisation du capital 

    La multiplication par deux de la valeur des actions n’a pas d’incidence automatique sur le chiffre d’affaires des entreprises cotées. Elle a un aspect patrimonial. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, le patrimoine ne représentait que quelques mois de revenus des ménages. En 2002, il représente plus de huit ans de revenus. Cette évolution est le fruit de l’accumulation du capital pendant la période des Trente Glorieuses qui s’est accompagnée d’une forte inflation diminuant le coût des emprunts. 

    Avec la mise en place de politique désinflationniste à partir des années 1980, les détenteurs de capitaux ont bénéficié d’un important processus de valorisation. Ces vingt dernières années, au sein de l’OCDE en moyenne, le prix de l’immobilier a été multiplié par plus de deux et les indices boursiers par 2,5. Les faibles taux d’intérêt des obligations ont conduit par ricochet à une appréciation du cours des autres actifs. Pour compenser la perte de revenus sur les produits de taux, les investisseurs ont opté pour les actions et les biens immobiliers.

    Générations inégales 

    Par ailleurs, le poids relatif des différentes classes d’actifs est assez constant dans le temps. Comme celui des obligations augmente depuis une dizaine d’années, celui des actions et de l’immobilier suit non pas en volume mais en valeur. Le patrimoine est plus inégalement réparti que les revenus. L’écart entre les détenteurs de capitaux les mieux et les moins bien dotés s’accroît de ce fait quand la valeur de ces derniers augmente. Si la crise de 1929, la Seconde Guerre mondiale ainsi que la hausse des prélèvements fiscaux avaient arrêté la concentration du capital qui avait été très importante au XIXe siècle, celle-ci est de retour depuis une vingtaine d’années. 

    En 1914, les 10% les mieux dotés des ménages français possédaient alors plus de 80% du patrimoine total. Ce taux s’est abaissé autour de 45% dans les années 1980. Au niveau de l’OCDE, les 1% les mieux dotés détenaient 33% du patrimoine national en 2020 contre 29% en 2002. Cette concentration est fonction des revenus et de l’âge. Pour ce dernier point, elle est l’expression du processus d’accumulation. Elle tend néanmoins à s’accroître car les jeunes actifs éprouvent des difficultés plus importantes que leurs aînés à se constituer un patrimoine. En raison du prix élevé des logements, la marche de la primo-accession est élevée malgré les très faibles taux d’intérêt. 

    L’avantage « taux d’intérêt » est plus que compensé par l’augmentation du prix des actifs. En outre, la stagnation des salaires et la précarité ne facilitent pas la constitution d’un patrimoine surtout dans un environnement déflationniste. De ce fait, plus de la moitié des biens immobiliers et financiers en France sont détenus par les plus de 55 ans. Le patrimoine net moyen (déduction faite des emprunts en cours) passe de 38 500 euros pour les ménages dont la personne de référence a moins de 30 ans à 315 200 euros pour les ménages de sexagénaires. Ce phénomène est logique. Il est le produit du processus d’accumulation lié au cycle de la vie.

    Les taux bas favorisent les inégalités et … les dépenses sociales 

    La politique monétaire expansive n’est pas la seule raison de la montée des inégalités au niveau patrimonial. Il n’en demeure pas moins que, contrairement à certaines affirmations, elle y contribue en favorisant la hausse des actifs. Cette politique monétaire contrairement aux attentes n’a pas mené à une augmentation de l’investissement et des gains de productivité. Ses effets sur l’économie réelle ont été assez décevants de 2014 à 2020. 

    Pour certains, cela confirme que la monnaie est sans effet sur l’activité. Les taux d’intérêt bas et les rachats d’obligations sont comme la morphine; ils créeraient une illusion de bien-être. Ils permettent un endettement à faible coût qui autorise l’augmentation des prestations sociales. Les déficits qui en résultent peuvent être aisément financés à la condition que les taux restent irrémédiablement bas, ce qui est le cas au Japon depuis 1990. 

    Les inégalités de patrimoine qui en résultent seraient le prix à payer pour maintenir voire développer le système d’État providence. La création monétaire se concentre en partie dans le capital déjà possédé et dans le déficit public généré par les dépenses sociales. Elle pourrait être plus utile en étant affectée plus directement à la construction de logements ou à la réalisation d’infrastructures.

  • Les réformes prévues par les plans de relance nationaux sont insuffisantes, selon Bruxelles

    Les réformes prévues par les plans de relance nationaux sont insuffisantes, selon Bruxelles

    La Commission européenne estime que de nombreux pays européens n’ont pas encore trouvé le bon équilibre entre les réformes et les investissements dans le cadre de leurs plans de relance. Certains se concentrent fortement sur les seconds au détriment des premières. Un article d’Euroefe.

    Des plans de relance soumis à l’aval de Bruxelles

    L’exécutif européen mène des discussions avec la plupart des États membres sur leurs projets de plans de relance, afin de s’assurer que, lorsqu’ils seront en mesure de soumettre les documents finaux, ces derniers rempliront les critères permettant d’obtenir rapidement le feu vert de Bruxelles.

    « Dans de nombreux plans, l’équilibre général entre les réformes et les investissements, [qui constitue] un critère d’évaluation essentiel, doit encore être ajusté. Dans certains États membres, on compte davantage sur les investissements que sur les réformes et une partie du travail consiste désormais à trouver un équilibre »

    un haut fonctionnaire de l’UE lundi 8 février.

    9 Etats à la traine

    À ce jour, 18 États, dont l’Espagne – qui peut prétendre à plus de 140 milliards d’euros – ont soumis leur projet complet ou une bonne partie de celui-ci, six en ont partagé des éléments avec la Commission et seuls trois n’ont encore soumis aucun document.

    Les mesures doivent se concentrer sur la stimulation de la croissance et de l’emploi, ainsi que sur les transitions écologique et numérique – auxquelles 37 % et 20 % des fonds doivent respectivement être alloués – et répondre au moins à une série importante de recommandations économiques que la Commission adresse chaque année aux pays membres.

    Selon les sources communautaires précitées, qui ont refusé de se prononcer sur des pays spécifiques, les investissements proposés par les États sont conformes à ces critères, bien que certains n’atteignent pas encore la proportion de 37 % destinés au climat.

    Des investissements finançés par l’Union européenne

    En outre, la très grande majorité des investissements proposés pourront sans problème être financés par l’aide européenne, à l’exception de certains projets qui proposent de couvrir certains frais récurrents avec cette aide, ce qui n’est pas autorisé.

    De manière générale, la Commission estime qu’un travail « substantiel » reste à faire pour fournir des estimations de coûts des mesures, définir clairement leurs objectifs quantitatifs et qualitatifs et mettre en place des systèmes appropriés d’audit et de contrôle de l’utilisation des fonds.

    Quant à la nécessité de suivre les recommandations annuelles de la Commission, des sources de l’UE ont rappelé qu’il ne s’agissait pas de se conformer à toutes celles qui sont formulées, mais à « un nombre significatif » d’entre elles et « suffisamment bien, pour que les progrès soient substantiels ».

    « Les recommandations sont formulées de manière générale, c’est le point de départ, mais elles laissent une marge de manœuvre aux États membres pour détailler le type de réformes qui permettraient d’atteindre les objectifs figurant dans les recommandations », a souligné un autre haut fonctionnaire de l’UE, qui précise toutefois que « ce qui doit figurer dans le plan est d’ordre précis ».

    Mécanisme de régulation de la relance

    Une fois que le règlement sur le mécanisme de relance et de résilience sera entré en vigueur – il sera soumis au vote des eurodéputés cette semaine -, les pays auront en principe jusqu’au 30 avril pour soumettre leurs plans définitifs.

    Après les avoir reçus, la Commission disposera de deux mois pour les évaluer, une tâche qu’elle espère avoir achevée au printemps.

    Les fonds ne seront cependant pas disponibles tant que tous les parlements nationaux de tous les pays membres n’auront pas ratifié la législation permettant à la Commission d’émettre de la dette pour financer le fonds, et pour l’heure, seuls six États ont procédé à la ratification.

    Le mécanisme de relance et de résilience permettra d’attribuer 672,5 milliards d’euros sur les 750 milliards d’euros du fonds de relance. L’Espagne recevra 69, 528 milliards d’euros de fonds non remboursables et jusqu’à 85 milliards d’euros de prêts.

  • #JEVEUXRENTRERCHEZMOI, le hashtag des expatriés

    #JEVEUXRENTRERCHEZMOI, le hashtag des expatriés

    C’est sur les réseaux sociaux, comme nous l’indiquions dans notre article du 7 février 2021, que la colère contre le gouvernement s’est organisée. Relayée par les groupes d’expatriés qui résident hors de l’Union Européen,  le mot-clé #JeVeuxRentrerChezMoi a été créé et agrège les doléances sur le réseau twitter.

    Mobilisation des élus  

    En suivant le hashtag, en plus des nombreux posts de nos compatriotes, Twitter vous proposera aussi les nombreuses publications des élus du parti Les Républicains. Nous avions déjà diffusé la vidéo de Damien Regnard dans notre dernier article sur ce sujet, mais vous pourrez visionner de nombreuses autres interventions de ses collègues et d’élus consulaires.

    https://twitter.com/LRnewyork/status/1357164325992091648?s=20

    Autre action remarquée, la semaine dernière, une tribune publiée par Le Figaro le 3 février et signée par un « collectif de Français de l’étranger proches de Xavier Bertrand ».

    Une pétition de citoyens

    En parallèle, une pétition a été mise en ligne pour réclamer « le retrait de la décision discriminatoire interdisant l’entrée et la sortie des Français de leur propre pays ». Lors de la publication de cet article, elle avait récolté près de 20 000 signatures.

    La pétition cite notamment l’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques: « Nul ne peut être arbitrairement privé du droit d’entrer dans son propre pays ». C’est un des arguments que Maitre Ciric, avocat à New-York, qui a déposé des référés pour s’opposer à ces décrets, va utiliser dans les prochains jours face au Conseil d’Etat.

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