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  • Retour de Lecornu à Matignon : les réactions de vos élus des Français de l’étranger

    Retour de Lecornu à Matignon : les réactions de vos élus des Français de l’étranger

    Il était 22 heures ce vendredi 10 octobre quand le président de la République, Emmanuel Macron, par communiqué, a renommé comme Premier Ministre Sébastien Lecornu. Quelques heures après ce retour officiel à Matignon de l’ancien maire de Vernon, quelles sont les réactions de vos différents élus des Français de l’étranger ?

    Sébastien Lecornu renommé Premier Ministre : une semaine pour rien ?

    La politique française vient donc de traverser une semaine singulière : après la nomination, dimanche 5 octobre à 20 h, du gouvernement Lecornu I, le chef de l’État a annoncé, vendredi 10 octobre à 22 h, la reconduction à Matignon de celui qui avait pourtant démissionné lundi dernier. Sans oublier les tractations entre les formations politiques, les réunions à l’Élysée, celles de la rue de Varenne, les sorties médiatiques, les silences, la menace de la dissolution… Une séquence que résume Mathilde Ollivier, sénatrice, Les Écologistes, des Français de l’étranger, dans un post publié sur le réseau social Bluesky. Elle conclut d’ailleurs celui-ci « une semaine à tourner en rond, sans aucune avancée sur le fond ».

    « Leur folie finira par être emportée par les urnes »

    Mélanie Vogel, sénatrice les écologistres, au sujet de la reconduction de Sébastien Lecornu comme Premier Ministre

    Autre réaction publiée très rapidement après la reconduction de Sébastien Lecornu comme Premer Ministre celle de Mélanie Vogel. Pour la sénatrice, Les écologistes, des Français établis hors de France « il est impossible de commenter l’abyssale aberration qui consiste à voir Sébastien Lecornu, qui avait acté lundi qu’il n’avait aucune majorité, succéder à Sébastien Lecornu, qui considérait mercredi que sa mission était terminée ». Ajoutant, entre autres, « leur folie finira par être emportée par les urnes. »

    Hélène Conway Mourey - Mélanie Vogel - Mathilde Ollivier
    Hélène Conway Mourey – Mélanie Vogel – Mathilde Ollivier ©LFP

    Pour l’ancienne ministre déléguée aux Français de l’étranger, Hélène Conway Mourey « nous assistons à une mauvaise représentation d’une comédie de boulevard, mise en scène par le président pour qui les acteurs ne comptent pas » L’actuelle sénatrice du Parti Socialiste prévient d’ores et déjà des conséquences possibles dans l’opinion : « Attention à la réaction du public » !

    Retour de Sébastien Lecornu à Matignon : et maintenant au travail ?

    Autre réaction publiée sur le réseau Bluesky, celui du ministre démissionnaire de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et énergétique, Roland Lescure. Il « salue la reconduction par le président de la République de Sébastien Lecornu comme Premier ministre ». Le député, Renaissance, des Français d’Amérique du Nord, souhaite au locataire de Matignon de « parvenir, avec l’ensemble des forces politiques républicaines, à faire adopter un budget à la hauteur des défis de notre pays. » L’ancien Vice-Président de l’Assemblée nationale sera-t-il d’ailleurs reconduit à Bercy dans le prochain gouvernement pour mener ce travail ?

    Roland Lescure et Pieyre Alexandre Anglade
    Roland Lescure et Pieyre Alexandre Anglade ©LFP

    Proche du président de la République, Marc Ferracci, ancien ministre délégué à l’industrie et député des Français de Suisse et du Liechtenstein « salue la reconduction de Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre ». Il appelle, dans un post publié sur le réseau X, à « l’apaisement » et à « la stabilité », tout en insistant sur l’« ardente nécessité » de « trouver le chemin du compromis ». Le témoin de mariage du chef de l’État sera-t-il à nouveau appelé pour occuper une place dans la prochaine équipe ministérielle ?

    Élu des Français du Benelux, le député Pieyre-Alexandre Anglade « forme le vœu pour la France que Sébastien Lecornu réussisse dans sa nouvelle mission ». Et il en appelle également à la « responsabilité » de « chaque parlementaire (…) pour sortir de la crise politique qui abîme la France ».

    C’est donc dorénavant vers Matignon que se tournent les regards. Le Premier ministre Sébastien Lecornu ayant « accepté par devoir la mission » confiée par le président de la République « de toute faire pour donner un budget à la France ». Une position que la députée des Français d’Amérique latine et des Caraïbes, Éléonore Caroit a saluée sur le plateau de LCI, samedi matin. 

    « C’est courageux aujourd’hui de la part de Sébastien Lecornu dans ce contexte, après cette semaine folle que nous venons de vivre, de dire ‘j’y vais parce que j’ai à cœur l’intérêt du pays’ »

    La députée des Français d’Amérique latine et des Caraïbes, Éléonore Caroit

    Les expatriés sont directement concernés par le projet de loi de finances, attendu lundi. Faut‑il redouter une nouvelle fiscalité ? Quelle dotation pour notre réseau consulaire ? Les crédits des écoles françaises à l’étranger et des bourses scolaires, seront‑ils maintenus ou réduits ? Qu’en sera-t-il pour la protection sociale des Français de l’étranger et bien d’autres sujets encore ayant des conséquences directes sur la vie quotidienne de nos compatriotes hors de France. Le débat va s’ouvrir sur les dépenses et les recettes de l’État, mais comment pourra-t-il aller jusqu’à son terme ? Première réponse avec le discours de politique générale de Sébastien Lecornu qui serait programmé pour mardi.

  • Assises de la protection sociale : les conclusions reportées ?

    Assises de la protection sociale : les conclusions reportées ?

    C’est en mars 2025 que les Assises de la protection sociale ont été lancées. L’objectif était notamment de remettre des propositions concrètes au gouvernement dans trois domaines : aides sociales, bourses scolaires et sur le fonctionnement de la caisse des Français de l’étranger. Alors que les conclusions devaient être remises en ce mois d’octobre, seront-elles reportées ? Où en sommes-nous ? La situation politique française modifie-t-elle le calendrier ? Toutefois, la conférence de consensus, qui était programmée, s’est bien tenue le 10 octobre 2025. Quels en sont les résultats ?

    Les Assises de la protection sociale basées sur la participation citoyenne

    Cette réflexion sur l’avenir de la protection sociale des Français de l’étranger constitue une première, tant par les thèmes abordés, à savoir les aides sociales directes et indirectes, les bourses scolaires et accompagnement des élèves en situation de handicap (AESH), ainsi que sur l’avenir de la Caisse des Français de l’étranger (CFE), que par la méthode retenue. Celle‑ci a associé l’ensemble des élus des Français de l’étranger, un collège d’experts et la Commission nationale du débat public (CNDP), avec l’objectif de faire participer, tout au long de six mois de travaux, tous les expatriés qui le souhaitaient.

    « Dans le contexte institutionnel que nous connaissons, les Assises se poursuivent. En fonction de l’actualité (…) nous reviendrons vers vous pour vous informer d’éventuels changements d’agenda »

    Les organisateurs des Assises de la protection sociale

    Plus de 250 propositions, venues des quatre coins du monde, ont été transmises et toutes ont été analysées. Soixante-dix ont été retenues dans un premier temps. Puis celles-ci ont été partagées avec 250 citoyens, ils en ont alors retenu 36, soit 12 pour chacun des trois thèmes. Jeudi dernier, le 9 octobre 2025, les élus de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) et le collège des experts, avec l’appui de la Commission nationale du débat public, se sont réunis à Paris pour préparer sur cette base, la conférence de consensus et pour les soumettre à au débat Malgré un contexte politique incertain, celle‑ci a été maintenue.

    Quelles propositions retenues par les Assises de la protection sociale ?

    Cette conférence de consensus, présidée par Florian Bohême, élu des Français Cambodge et président de la commission des Affaires sociales de l’AFE,  a réuni un panel de citoyen qui a pu échanger, délibérer et prioriser les propositions parmi les 36 sélectionnées. Des élus des Français de l’étranger ont également pu participer à cette réunion en tant qu’observateurs. Certains ont pu s’exprimer. Ainsi, la présidente de l’AFE, Hélène Degryse, a rappelé que ces Assises de la protection sociale étaient « une consultation inédite (…) qui a donné la parole aux Français de l’étranger ». La parole a également été donnée à deux parlementaires. A Anne Genetet (Renaissance) tout d’abord, députée de la 11e circonscription des Français de l’étranger, qui a souligné que « derrière ces sujets des Assises, il y a des cas concrets », et que « cette conférence ne doit pas être un point final ». Puis à Mélanie Vogel (Les écologistes), sénatrice des Français établis hors de France, pour qui également il faudrait « que ce travail aboutisse au Parlement », et qu’il ne serait pas possible de « laisser ce travail de démocratie vain ».  Cette rencontre était aussi diffusée en direct sur la chaîne YouTube de l’AFE.

    Elus experts associations, impliqués dans les Assises de la protection sociale
    Elus experts associations, impliqués dans les Assises de la protection sociale

    À l’issue de l’ensemble des débats, les principales recommandations retenues des Assises de la protection sociale sont donc les suivantes. D’un point de vue méthodologique, nous vous partageons les trois propositions qui ont obtenu le plus de voix des panélistes dans chacun des trois thèmes des Assises. Ces recommandations seront appelées à être enrichies par le collège d’experts et les élus.

    Pour la partie concernant les aides sociales, le tiercé de tête des recommandations est le suivant : tout d’abord la « simplification et uniformisation des critères d’accès aux aides sociales », puis « la réduction/suppression du délai de carence pour accéder à la Sécurité sociale (actuellement 3 à 6 mois) » et, en troisième position définir un « quotient familial unifié (sur le modèle de CAF en France) pour garantir l’équité entre foyers ».

    Autre sujet des Assises, celui des bourses scolaires et accompagnement des élèves en situation de handicap, les trois recommandations prioritaires ayant recueilli le plus de voix du panel citoyens sont les suivantes : « Identifier les causes des dysfonctionnements de SCOLAIDE » la plateforme numérique qui avait été mise en place pour le dépôt des bourses scolaires. Puis en deuxième, les panélistes ont demandé à ce que soit « Prioriser le versement des aides AESH aux familles boursières, tout en maintenant un accès possible aux familles non boursières en cas de difficulté », et enfin de « désigner une seule antenne MDPH spécifiquement formée et compétente pour les Français de l’étranger ».

    Conférence de consensus des Assises 10 octobre
    Conférence de consensus des Assises 10 octobre – © photo chaine Youtube AFE

    Troisième et dernier grand thème de ces Assises, celui de l’avenir de la Caisse des Français de l’étranger (CFE). Pour les panélistes, « Permettre aux travailleurs indépendants (non salariés) de cotiser à la retraite française par le biais de la CFE » arrive en tête des propositions retenues. « Intégrer au sein du conseil d’administration de la CFE des représentants des assurés à parité avec des représentants des élus de terrain » en deuxième position. Puis « Développer une offre Grand Age et Dépendance » clos ce podium des recommandations concernant la CFE.

    À qui seront remises les conclusions des Assises et quand ?

    Cette conférence de consensus devait constituer l’avant-dernière étape des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger, avant leur clôture initialement prévue lors de la 43ᵉ plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger, le 15 octobre 2025. 

    Si, d’ici cette date, aucun nouveau gouvernement n’est nommé, seule la restitution de la conférence de consensus aura lieu durant la session de l’AFE. La remise officielle des conclusions sera alors reportée, dans l’attente de la nomination d’un nouveau/nouvelle ministre chargé(e) des Français de l’étranger.

    Elles devraient également être remises à l’Assemblée nationale, au Sénat, ainsi qu’au Conseil économique, social et environnemental (CESE). Il serait en effet dommage que ce travail et les recommandations finissent dans un tiroir ou une armoire du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. A n’en pas douter, elles seront au cœur des prochaines élections consulaires, dont le scrutin à l’urne devrait se tenir le 30 ou 31 mai 2026, en fonction de votre pays de résidence.

    Découvrez l’intégralité des 36 propositions

    Vous trouverez ci-dessous l’intégralité des 36 propositions issues de la conférence de consensus des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger, à savoir 12 recommandations pour chacun des trois thèmes débattus.

    Thème 1 : Aides sociales : les 12 propositions sélectionnées par le panel citoyen, présentées par ordre de préférence.

    1. Simplification et uniformisation des critères d’accès aux aides (77 votes),
    2. Réduction/suppression du délai de carence pour accéder à la Sécurité sociale (actuellement 3 à 6 mois). → Considéré comme injuste comparé aux étrangers arrivant en France (69 votes),
    3. Quotient familial unifié (modèle CAF France) pour garantir équité entre foyers (61 votes),
    4. Création d’une MDPH dédiée aux Français de l’étranger (Maison Départementale des Personnes Handicapées) (61 votes),
    5. Améliorer la communication sur les droits et conditions d’accès (60 votes),
    6. Alléger les justificatifs administratifs demandés pour les démarches (59 votes),
    7. Indexation des aides sur l’inflation et réévaluation continue (56 votes),
    8. Principe d’aide différentielle : prise en compte des dispositifs locaux avant intervention française (éviter les doubles aides) (53 votes),
    9. Allocation « grand âge » pour personnes âgées à l’étranger (53 votes),
    10. Importance du rapatriement/évacuation médicale rapide (51 votes),
    11. Accès à une aide juridictionnelle pour les Français de l’étranger, notamment en cas d’incarcération (51 votes),
    12. Soutien renforcé au retour (réinsertion administrative, sociale et médicale) (45 votes).

    Thème 2 : Les bourses scolaires et accompagnement des élèves en situation de handicap : les 12 propositions sélectionnées par le panel citoyen, présentées par ordre de préférence.

    1. Identifier les causes des dysfonctionnements de SCOLAIDE et demander un nouveau schéma de fonctionnement plus fluide ; le rendre totalement efficient au plus tard fin 2025 pour la prochaine campagne de bourses,
    2. Former tous les utilisateurs de SCOLAIDE (parents, agents consulaires, chefs d’établissement, DAF, élus, membres CCB),
    3. Prioriser le versement des aides AESH aux familles boursières, tout en maintenant un accès possible aux familles non boursières en difficulté,
    4. Désigner une seule antenne MDPH spécifiquement formée et compétente pour les Français de l’étranger,
    5. Désigner un référent AESH dans chaque établissement,
    6. Supprimer la condition exigeant un taux de handicap, évalué par la MDPH, supérieur à 50% pour bénéficier de la prise en charge de l’AESH,
    7. Porter la validité de la décision de la MDPH à 3 voire 5 ans pour éviter la constitution d’un lourd dossier de renouvellement tous les 2 ans,
    8. Accompagner la valeur de l’IPPA d’une note expliquant son mode de calcul et les données prises en compte,
    9. Intégrer une formation obligatoire à la prise en charge d’élèves à besoins éducatifs particuliers (EBEP) dans le parcours de formation initiale et continue des enseignants et assistants d’éducation,
    10. Améliorer le statut juridique et social des AESH via un contrat de droit local déterminé et signé par les établissements,
    11. Réactualiser la valeur du patrimoine immobilier tous les 5 ans,
    12. Organiser un webinaire d’État en début de campagne afin d’homogénéiser les pratiques entre postes ; publier à cette occasion, un rapport public contenant les critères, montants distribués et répartition des aides à la scolarité,

    12 bis. Refondre les instructions priorisant clairement l’intérêt de l’enfant.

    Thème 3 : Avenir de la CFE, les 12 propositions sélectionnées par le panel citoyen, présentées par ordre de préférence.

    1. Permettre aux travailleurs indépendants (non-salariés) de cotiser à la retraite française par le biais de la CFE (73 votes),
    2. Intégrer au sein du conseil d’administration des représentants des assurés à parité avec des représentants des élus de terrain (68),
    3. Développer une offre « Grand Age et Dépendance » (63),
    4. Supprimer le principe de « zonage » et garantir une égalité de traitement à tous les adhérents quel que soit leur lieu de résidence, leur âge et leur état de santé (63),
    5. Maintenir les tutelles existantes, celles de la Direction de la Sécurité Sociale et de la Direction du Budget en ajoutant celle de la Direction des Français à l’étranger (MEAE) (62),
    6. Autoriser des contrôles réguliers du bien-fondé des prestations avec l’aide des services consulaires (y compris les consuls honoraires) et des techniques de « data mining» (croisement de fichiers : registres…),
    7. Afin de travailler en toute transparence avec ses adhérents, publier tous les ans les statistiques sociales et financières de la CFE (60),
    8. Au nom de la solidarité nationale et pour financer la mission de service public de la CFE, affecter une partie de la CSG payée par les FDE au budget de fonctionnement de la caisse (60),
    9. Réaliser un guide de la Protection Sociale des FDE et le rendre public par tous les moyens (y compris le site service-public.fr) (57),
    10. Mettre en place des antennes locales, relais de gestion de proximité de la relation client (57),
    11. Étudier un scenario sur le long terme de l’intégration de tous les FDE dans le régime général de la Sécurité Sociale en préservant leurs spécificités (53),
    12. Élargir les critères d’attribution de la « catégorie aidée » (51).

    Lesfrancais.press reviendra sur ces propositions au cours de la 43e session plénière de l’AFE qui se tiendra du 13 au 17 octobre 2025.

  • Sébastien Lecornu renommé par Emmanuel Macron comme Premier ministre

    Sébastien Lecornu renommé par Emmanuel Macron comme Premier ministre

    La semaine fut folle à Paris, tout le microcosme politique était sur les dents, les allers-retours entre Matignon et l’Élysée, les réunions dans les grands hôtels pour la gauche, les rendez-vous en visio ou dans les QG pour la droite… Un spectacle dont les Français se seraient bien passés et qui a fait rire toute la planète. Et ce vendredi 10 octobre, au soir, c’est le dernier acte qui s’est joué. Emmanuel Macron a finalement décidé de renommer comme Premier ministre, Sébastien Lecornu. On fait le point pour les Français de l’étranger

    Sébastien Lecornu, le « moine soldat »

    Emmanuel Macron a estimé qu’il y avait « un chemin possible » pour « tisser des compromis et éviter la dissolution », selon des propos de son entourage à l’Agence France-Presse. « C’est sur cette base que désormais il prendra ses responsabilités en nommant un premier ministre », a ajouté un proche du chef de l’État.Et c’est donc, bien à Sébastien Lecornu d’incarner cette voie, bien mince, pour gouverner la France de 2025. Et ce malgré, ses déclarations affirmant qu’il ne voulait pas « rempiler », en fidèle d’Emmanuel Macron, il a donc accepté de relever le défi.

    Son interview au journal de 20h, mercredi, a dû jouer dans la balance !  En effet, Sébastien Lecornu a gagné 7 points d’opinions positives chez les électeurs de gauche et des écologistes (à 22 %), 17 points chez ceux de Marine Le Pen et d’Eric Zemmour (à 26 %), et surtout, 15 points chez ceux d’Emmanuel Macron (à 50 %). « Il arrive aujourd’hui en quatrième position chez les électeurs macronistes, derrière les poids lourds Edouard Philippe, Gabriel Attal et Gérald Darmanin », indique Vincent Thibault, directeur général de l’institut de sondage ELABE.

    Des défis tous urgents et prioritaires

    Le nouveau « ancien » Premier ministre, Sébastien Lecornu, va devoir, en tout cas rapidement renouveler certains ministres. Mais ce qui est sûr, c’est que l’équipe ministérielle devra s’atteler rapidement à la tâche.
    Déjà, dès lundi, le gouvernement, composé ou non, devra présenter une première ébauche de budget à l’Assemblée nationale. Mais il y a déjà un problème. Car comme le rappelait Pierre Moscovici, le Premier président de la Cour des comptes, dans une interview au « Parisien » parue jeudi soir, le projet de loi de finances que le gouvernement doit déposer ce lundi ne pourra pas être différent de celui sur lequel le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) s’est penché cette semaine et s’apprête à rendre son avis. Une séquence, lourde et houleuse, et aux enjeux fondamentaux, occupera donc le gouvernement ces prochaines semaines.

    Mais quand on traite le budget, on balaie toute la politique de la Nation. C’est donc un exercice avec de nombreuses chausse-trappes qui attend Sébastien Lecornu.  

    Avec son gouvernement, il devra réduire les dépenses, augmenter les recettes et tenter de satisfaire les desiderata des uns ou des autres pour échapper à une censure.

    Au menu, les retraites, toujours pas financées… Alors que les actifs sont prélevés à hauteur de près d’un quart de la rémunération affectée par les entreprises, la moitié des pensions sont financées par l’emprunt. Une charge qui ne fera que s’alourdir au cours des 30 prochaines années. Mais comment alors répondre aux exigences de la gauche qui veut un retour aux 60 ans… ?

    À droite, c’est le volet immigration qui cristallise toutes les inquiétudes. Pourtant, M. Retailleau, qui a passé plusieurs mois au gouvernement, n’a, par exemple, pas trouvé la solution miracle pour mettre fin à l’accord signé entre la France et l’Algérie le 27 décembre 1968. Ce dernier réglemente le séjour des ressortissants algériens en France et l’Algérie ne compte pas y renoncer.

    Sans oublier, le volet international, car la Russie et l’Ukraine se battent toujours, la Chine regarde encore avec envie Taiwan, etc. La situation mondiale, marquée par le désengagement américain, exige un financement massif de notre armée.

    Sébastien Lecornu a donc devant lui, de nouveau, une équation difficile à résoudre. Bénéficiera-t-il de la bienveillance de ses opposants pour le bien de la France ?

    LFI et le RN : main dans la main ?

    Évidemment, il ne faudra pas compter sur une union nationale. Non conviés ce vendredi après-midi à l’Élysée, le Rassemblement national (RN), qui ne jurait que par la dissolution, comme La France insoumise (LFI), qui exigeait la démission du chef de l’État, sont les deux grands perdants de la séquence. À moins que les prochaines semaines tournent à la catastrophe, alors ils pourront se prévaloir de leur analyse.

    Cependant, ce vendredi, c’était la rancœur qui dominait les deux partis des extrêmes. Tenue à l’écart de la réunion actuelle à l’Élysée, Marine Le Pen dénonce un « spectacle déplorable » depuis Le Mans où elle est en déplacement.

    « Je m’interroge sur la fonction présidentielle. Est-ce qu’il est vraiment du rôle du président de la République d’organiser ainsi une réunion de marchands de tapis (…) dans l’unique objectif d’essayer d’éviter des élections qui sont pourtant la voie prévue par la Constitution lorsqu’il existe un blocage ? »

    Marine Le Pen au Mans ce 10 octobre 2025

    Mais le Rassemblement national et La France insoumise n’ont donc pas été conviés. L’information partagée par l’entourage d’Emmanuel Macron c’est tout simplement qu’ils « ont tous les deux indiqué rechercher la dissolution ». Peu après cette explication, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a dit sur X que cela était « faux ». Rappelant leur message exigeant le départ du président de la République.

    « Nous, on veut faire partir [Emmanuel] Macron. Pas le sauver comme le RN qui a refusé deux fois de voter pour la motion de destitution du président ».

    Que va faire le RN ? Ou LFI ? S’unir pour faire tomber le nouveau gouvernement afin de provoquer, pour l’un, une nouvelle dissolution, alors que l’autre veut « guillotiner » l’actuel chef de l’Etat. La réponse dans les prochaines semaines.

    Quid des Français de l’étranger ?

    En cette période de disette budgétaire, les projets liés aux Français de l’étranger risquent de passer, sans remord, à la trappe. Pourtant, ils sont les meilleurs alliés du bloc central, comme l’ont démontré les résultats lors des 5 dernières élections nationales.

    Car du côté des Français de l’étranger, les sujets ne manquent pas : entre l’avenir des écoles françaises dans le monde au sein du réseau de l’AEFE en jeu, et le futur de la Caisse des Français de l’étranger aujourd’hui menacée, les expatriés attendent une réelle prise en compte de leur quotidien. D’autant plus que les Assises de la protection sociale sont sur le point de publier leurs conclusions.

    D’autres sujets restent ouverts. Les conventions fiscales en cours, notamment celle avec la Belgique qui n’est toujours pas ratifiée, ou bien encore les problématiques liées à la retraite rencontrées par nos compatriotes hors de France, notamment en Thaïlande, figurent dans les urgences du prochain gouvernement. Sans oublier la question de la sécurité de nos ressortissants dans plusieurs pays, et le développement économique de nos entreprises françaises en dehors du territoire national.

  • Début du déploiement du nouveau système d’entrée/sortie de l’UE

    Début du déploiement du nouveau système d’entrée/sortie de l’UE

    Ce 12 octobre, le système d’entrée/sortie (EES) de l’UE attaquera la première phase de son déploiement. Celle-ci durera six mois. On fait le point pour les Français de l’étranger sur les nombreux mythes et idées fausses sur les implications réelles pour les voyageurs qui circulent actuellement sur les réseaux sociaux.

    Vérifier la règle des 90 jours

    Le nouveau système électronique supprimera l’obligation de tamponner manuellement les passeports à la frontière extérieure de l’UE et créera à la place des enregistrements numériques qui lient un document de voyage à l’identité d’une personne grâce à la biométrie.

    L’UE souhaite, ainsi, moderniser la gestion de ses frontières extérieures, prévenir l’immigration illégale, lutter contre la fraude à l’identité et identifier les personnes en dépassement de séjour.

    Le système permettra de surveiller si les voyageurs se rendant dans le bloc sans visa respectent la règle de séjour de 90 jours maximum sur toute période de 180 jours.

    Un dispositif qui s’applique aux conjoints et enfants sans papier français

    Toute personne, n’ayant pas une des nationalités de l’espace Schengen, arrivant pour la première fois dans la zone de libre de circulation intra-européenne, devra scanner son passeport, enregistrer ses empreintes digitales et fournir un scan facial.

    Carte Espace Schengen
    Carte Espace Schengen © Toute l’Europe

    Au départ, les détails des voyageurs seront vérifiés dans la base de données EES afin de confirmer le respect des règles de durée de séjour et d’enregistrer la sortie. Cela s’appliquera donc aux conjoints, descendants, des Français de l’étranger, qui n’auront pas de papiers d’identité français ou européens. Pour les voyages ultérieurs, seule une vérification biométrique faciale sera requise.

    Les enfants de moins de 12 ans devront être enregistrés dans l’EES mais seule une photographie sera prise. Les voyageurs n’auront pas à payer pour l’EES.

    Pas besoin d’assurance maladie

    Parmi, les mythes qui circulent sur les réseaux sociaux, un revient régulièrement : les voyageurs non européens devront justifier de leur assurance-maladie.

    L’idée que l’assurance voyage puisse devenir obligatoire avec l’introduction de l’EES a également suscité des inquiétudes, notamment chez les voyageurs âgés et ceux souffrant de maladies préexistantes, car les polices d’assurance pour ces groupes peuvent être extrêmement coûteuses.

    La Commission européenne a depuis confirmé qu’aucune preuve d’assurance voyage ne serait exigée. L’EES ne modifie pas les conditions d’entrée des voyageurs dans l’UE et l’espace Schengen au sens large, mais ils devront toujours se conformer aux règles et en particulier les Britanniques, encore peu habitués aux conséquences post-Brexit.

    Globalement, pour obtenir son EES, Il faudra justifier de l’objet du voyage, de prouver que les voyageurs disposent de fonds suffisants pour la durée du séjour sans oublier une preuve d’hébergement réservé ou chez des proches. Les voyageurs non européens (Britanniques inclus) pourraient être tenus de présenter un billet aller-retour pour leur pays d’origine ou un billet de continuation vers un pays où ils sont assurés d’être autorisés à entrer.

    Aéroports, ports et frontières terrestres

    Les contrôles auront lieu à l’arrivée dans les aéroports internationaux, ports, gares ferroviaires et points de passage routiers de l’espace Schengen.

    Cependant, au port de Douvres, au terminal Eurotunnel de Folkestone et au terminal Eurostar de Londres St Pancras, l’enregistrement EES sera requis au départ du Royaume-Uni, sous la supervision des autorités frontalières françaises. Les voyageurs arrivant à destination n’auront pas à refaire ce contrôle avant leur départ.

    Un passage des frontières allongé ?

    Comme l’EES est introduit progressivement, l’UE se dit confiante qu’il n’y aura pas de perturbations majeures.  Les agents frontaliers pourront suspendre temporairement les contrôles si les temps de traitement deviennent excessivement longs.

    Contrôle de police allemand près de la frontière avec la Pologne, le 20 septembre
    Contrôle de police allemand près de la frontière avec la Pologne, le 20 septembre. Berlin a fait état d’une hausse des arrivées de personnes en situation irrégulière par la frontière polonaise. ©Lisi Niesner/Reuters

    Au port de Douvres et au terminal Eurotunnel de Folkestone, seuls les poids lourds et les autocars seront soumis aux contrôles EES à partir du 12 octobre. Les contrôles pour les véhicules de tourisme suivront en novembre à Douvres et d’ici la fin de l’année à Eurotunnel. Eurostar a indiqué qu’il introduira progressivement les nouvelles procédures frontalières. Le gouvernement britannique, cependant, conseille aux voyageurs de prévoir davantage de temps pour leurs trajets le temps que les nouveaux systèmes de l’UE soient pleinement opérationnels, tandis que la Road Haulage Association britannique prévient que les temps d’attente pourraient s’allonger lors des périodes de forte affluence.

    Le véritable test aura lieu lors des départs en vacances à Pâques 2026 et l’été suivant, lorsque de nombreuses familles voyageront pour la première fois après l’introduction de l’EES.

  • Robert Badinter a fait son entrée au Panthéon

    Robert Badinter a fait son entrée au Panthéon

    Aujourd’hui, ce jeudi 9 octobre, la France célèbre le 44ème anniversaire de l’abolition de la peine de mort. Emmanuel Macron a voulu marquer l’attachement de la Nation à cette disposition avec l’entrée au Panthéon de Robert Badinter, le père de cette abolition. Une cérémonie tout en « sobriété » dont sa veuve, Élisabeth a participé à la conception.

    Quarante-quatre ans, jour pour jour, après cette date historique, l’ancien ministre de la Justice de François Mitterrand fait son entrée au Panthéon. La Nation rendra solennellement hommage à celui qui est devenu le symbole de ce combat. On fait le point pour les Français de l’étranger qui pour certains vivent dans des pays appliquant la peine de mort

    Une jeunesse sous le régime Nazi

    Né dans une famille juive originaire de Bessarabie, un territoire aujourd’hui situé en Moldavie, Robert Badinter a grandi à Paris. Mais en ce début d’année 1943, il est réfugié à Lyon avec ses parents et son frère pour tenter d’échapper aux arrestations. Alors que les troupes allemandes occupent la zone libre en novembre 1942, la menace se rapproche. À Lyon, le SS Klaus Barbie prend la tête de la Gestapo et lance la chasse aux juifs.

    Alors âgé de 14 ans, Robert Badinter ne reverra plus jamais ce père tant aimé. Transféré au camp d’internement de Drancy, ce dernier est déporté par le convoi 53 vers le centre d’extermination de Sobibor en Pologne où il est assassiné. Traquée, la famille Badinter trouve refuge dans le village de Cognin, près de Chambéry, en Savoie. Jusqu’à la fin de la guerre, le jeune garçon y suit une scolarité normale sous le faux nom de Berthet.

     « Il a toujours refusé toutes les décorations, mais il avait été très fier d’être fait citoyen d’honneur de Cognin« , raconte Dominique Missika. « En 1994, il y était retourné au moment du procès de Paul Touvier (NDLR : un chef de la milice qui a sévi en Savoie). Il voulait dire aux enfants de ce village que leurs grands-parents avaient été des gens bien et qu’ils ne devaient pas être confondus avec ce milicien« .

    Revenu à Paris, Robert guette le retour de son père à l’hôtel Lutetia. L’attente est vaine. Son oncle maternel Naftoul et sa grand-mère paternelle, Shindléa, tous deux déportés vers Auschwitz, font aussi partie des absents. Sa mère se bat également devant la justice pour récupérer leur appartement « occupé » par un autre. En avril 1945, lors du procès, son avocat précise que « le propriétaire Simon Badinter est encore dans un camp de concentration ». Présent à l’audience, Robert Badinter entend cette réponse cinglante du juge : « Cette précision n’intéresse pas le tribunal ».

    Le sort des juifs n’intéresse pas la France tout juste libérée. Robert Badinter reprend les études le cœur serré. Il s’oriente rapidement vers le droit et devient avocat, d’affaires puis pénaliste

    Le procès Barbie

    L’histoire de l’arrestation de son père le rattrapa lorsqu’il était ministre. Après bien des péripéties, Klaus Barbie, qui s’était caché en Amérique du Sud sous le faux nom de Klaus Altmann, est arrêté en 1983 en Bolivie et expulsé vers la France. « C’est lui qui a demandé que Klaus Barbie soit incarcéré au fort Montluc, là même où il avait fait torturer tant de gens« , explique Alain Jakubowicz. « Il est ministre de la Justice au moment où on s’apprête à juger la personne qui est responsable de la mort de son père. C’est quand même incroyable« , ajoute Dominique Missika. Au cours du procès du « boucher de Lyon » en 1987, Robert Badinter se tient toutefois à distance pour ne pas être accusé de partialité et ne se constitue pas partie civile.

    Klaus Barbie lors de son procès
    Lyon, France — 11 Mai 1987, Klaus Barbie lors de son procès. ©Getty – Francis Apesteguy

    Un combat : l’abolition de la peine de mort

    Mais de cette jeunesse, il en tira sa vérité « la mort ne peut être un outil de justice ». Admirateur sans borne de Victor Hugo, l’auteur du « Dernier jour d’un condamné« , Robert Badinter a toujours été viscéralement opposé à la peine capitale. Mais cet engagement prend un tournant radical au petit matin du 28 novembre 1972. Alors avocat de Roger Bontems, un détenu condamné à mort après avoir participé à la prise d’otage meurtrière d’un surveillant et d’une infirmière à la centrale de Clairvaux, dans l’Aube, il est présent lors de son exécution. Comme lui avait dit son mentor Henry Torrès, un avocat ne peut prétendre l’être qu’après avoir affronté « pour de vrai » la peine de mort. Robert Badinter assiste son client jusque dans les derniers instants.   

    « Bontems était mort. J’avais vu Bontems aller à sa mort. J’avais vu mourir un homme que j’avais défendu. Plus jamais je ne pourrais faire quoi que ce soit pour le défendre encore. On ne plaide pas pour un mort. L’avocat d’un mort, c’est un homme qui se souvient, voilà tout »

    Robert Badinter dans son livre « L’exécution » publié un an plus tard.

    Du militant au ministre

    D’opposant à la peine de mort, l’avocat devient alors militant. « Cette exécution fait basculer complètement les choses« , souligne ainsi l’historienne Marie Bardiaux-Vaïente, scénariste de la bande dessinée « L’Abolition – Le combat de Robert Badinter » (éditions Glénat).

    « Un homme est là et deux secondes après, il n’est plus là. C’est ton client. Il n’a pas écopé d’une amende ou d’années de prison avec l’espoir qu’on peut avoir des remises de peine. Non, il est n’est tout simplement plus là »

    Extrait de la BD « L’Abolition – Le combat de Robert Badinter »

    Au plus profond de lui-même, Robert Badinter se sent investi d’une mission. Pendant dix ans, il se consacre à cette cause. En 1976, il accepte de défendre Patrick Henry, accusé d’avoir enlevé puis tué le petit Philippe Bertrand, âgé de huit ans.

    Et c’est en 1981, embarqué dans l’enthousiasme général qui a imprégné l’accession au pouvoir de François Mitterrand, que Robert Badinter bascule en politique. Le nouveau Président de la République le nomme Garde des Sceaux.  Le ministre, fraichement nommé, a mené les débats à l’Assemblée nationale avec style et conviction.

     « Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées » 

    Robert Badinter à l’Assemblée nationale le 17 septembre 1981.

    Le 17 septembre 1981, Robert Badinter prononçait ces mots à la tribune de l’Assemblée nationale pour demander l’abolition de la peine de mort en France. Quelques semaines plus tard, le 9 octobre, après un vote favorable des députés et des sénateurs, la loi était promulguée.

    Robert Badinter à l'Assemblée nationale le 17 septembre 2025
    Robert Badinter à l’Assemblée nationale le 17 septembre 2025. ©AFP

    Une cérémonie solennelle

    Ainsi pour rendre hommage à cet homme et à son parcours de vie, la Nation l’accueille pour l’éternité au Panthéon.

    La cérémonie en elle-même a été inaugurée à 19 heure ce jeudi soir. Le chef de l’état s’est exprimé une quinzaine de minutes, avant d’accueillir le cercueil de l’avocat, qui après avoir remonté la rue Soufflot est arrivé sous la nef du Panthéon.

    Plusieurs stars ont participé à la cérémonie. Julien Clerc y a interprété une version actualisée de « L’Assassin Assassiné », chanson que le chanteur a enregistrée à l’origine en 1980 et dont les paroles ont été écrites par Jean-Loup Dabadie. La peine de mort n’a alors pas été encore abolie, mais Julien Clerc prenait alors clairement position contre (« Messieurs, les assassins commencent/Oui, mais la société recommence/Le sang d’un condamné à mort/C’est du sang d’homme »). Une chanson clairement inspirée par Robert Badinter. Ensuite, le sociétaire de la Comédie Française Guillaume Galienne a lu des textes de Victor Hugo, sélectionnés par Elizabeth Badinter, son épouse.

    Le Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu, ainsi que le président du Sénat, Gérard Larcher, et la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, étaient également été invités, ainsi que les anciens présidents de la République.

  • Top 10 des sites de casino en ligne français

    Top 10 des sites de casino en ligne français

    Le marché des casinos en ligne attire de plus en plus joueurs en France. Toutefois, face à la multitude d’offres, il est parfois difficile de choisir un site fiable et adapté à ses attentes. Cet article sert de guide clair et à jour pour les lecteurs et les lectrices, avec comme promesse un classement transparent et des conseils simples pour choisir une plateforme en toute confiance.

    Attention, jouer doit rester un plaisir. Ainsi, vérifiez toujours la légalité des sites avant de vous inscrire, fixez-vous des limites et jouez avec mesure.

    Méthode, classement détaillé, critères clés, paiements, sécurité et conseils seront abordés dans ce guide.

    Top 10 des sites de casino en ligne français
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    Classement 2025 : Top 10 des sites


    Rang Casinos Rang Délai moyen de retrait Points forts
    1 Casino-comparatif.org Non applicable Non applicable Clarté, transparence, filtres
    2 Millionz Jusqu’à 500 € 1 à 2 jours Rapidité, compatibilité mobile, promos
    3 Pampago 200 % jusqu’à 200 € 2 à 3 jours Bonus attractif, support en français
    4 Casinozer 100 % jusqu’à 500 € 1 à 2 jours Ergonomie, jeux en direct
    5 Vegaz Casino 150 % + free spins 1 à 3 jours Variété des jeux avec des titres connus
    6 MyStake 100 % jusqu’à 1 000 € 2 jours Bonne réputation, bonus hebdomadaires
    7 Prince Ali Casino 100 % jusqu’à 500 € 2 à 3 jours Navigation claire, ambiance immersive
    8 MyEmpire Casino 200 % jusqu’à 200 € 200 % jusqu’à 200 € Navigation simple
    9 Banzai Casino 100 % + 100 tours gratuits 2 jours Mobile friendly, support FR
    10 Magical Spin Casino Jusqu’à 3 000 € 2 à 4 jours Thème original, large catalogue de jeux

    1) Casino-comparatif.org

    En premier de cette liste, Casino-comparatif.org n’est pas un casino, mais un comparateur francophone. Il regroupe des tests, des classements, des filtres et des guides pratiques. Il est numéro 1 dans cette liste, car il centralise toutes les offres et aide chaque joueur à trouver le site adapté à son profil. Les fiches sont claires et transparentes et des filtres permettent de trier par bonus, délais de retrait ou type de jeu.

    À retenir : Casino Comparatif est un intermédiaire.
    Il ne permet donc pas de jouer.

    2) Millionz

    Ce casino est apprécié pour son bonus d’accueil généreux et sa grande variété de jeux. En effet, il propose aussi bien des machines à sous que des jeux en direct et éventuellement des mini-jeux. Ses points forts ? La rapidité des retraits (souvent 24 à 48 h), une application mobile performante et des promotions régulières.

    Attention toutefois, les conditions de mise peuvent être strictes et les retraits sont limités. Lisez donc les règles avant de réclamer un bonus.

    3) Pampago

    Avec son offre adaptée aux joueurs français et son bonus de 200 % jusqu’à 200 €, l’un des plus attractifs du marché, Pampago mérite amplement sa place dans le top 3 de ce classement. Côté paiements, ce casino propose les cartes, les portefeuilles électroniques et les virements. Le délai moyen de retrait est de deux à trois jours.

    Le support est disponible en français 24/7 et est réputé réactif, des points importants pour les joueurs débutants.

    4) Casinozer

    Grâce à une interface intuitive et ergonomique, Casinozer promet une expérience de jeu fluide et moderne. Son catalogue est large pour satisfaire tous les goûts. Des machines à sous aux paris sportifs en passant par les jeux en direct, tout y est. Des promotions fréquentes ajoutent de l’attrait au casino. Par ailleurs, les dépôts commencent à un seuil bas et les retraits sont généralement traités en un à deux jours.

    Casinozer est parfait pour les joueurs réguliers et amateurs de live.

    5) Vegaz Casino

    Vegaz Casino se distingue par son bonus de bienvenue à 150 % et un programme de fidélité continu. Le casino propose des jeux variés, allant des machines à sous aux jeux des tables classiques et des jeux en direct.

    Concernant les paiements, Vegaz accepte plusieurs méthodes, mais peut appliquer des limites ou des frais. Ainsi, lisez les règles des bonus avant d’accepter une offre.

    6) MyStake

    Lancé en 2020, MyStake est l’un des casinos en ligne les plus populaires du moment. Sa notoriété repose sur un bonus d’accueil élevé (jusqu’à 1000 €) et des offres hebdomadaires régulières. Les retraits prennent en moyenne deux jours, mais pour éviter les retards, préparez les documents d’identité demandés.

    En cas de problème, le support est joignable par chat et email 24/7, avec une bonne réactivité.

    7) Prince Ali Casino

    Les joueurs sur Prince Ali Casino mettent en avant l’univers graphique et l’ambiance immersive du casino. Ils apprécient la navigation fluide, les promotions fréquentes et l’interface en français. En outre, le site propose des moyens de paiement variés, avec un délai moyen de retrait de deux à trois jours.

    À surveiller : certains plafonds et conditions de mise peuvent limiter les retraits importants.

    8) MyEmpire Casino

    L’interface intuitive et la simplicité du parcours sur MyEmpire Casino font de ce casino une plateforme adaptée aux joueurs débutants. Pour les nouveaux inscrits, il propose un bonus d’accueil de 200 % jusqu’à 200 €. L’offre de jeux inclut des machines à sous modernes et des tables en direct.

    Le site convient particulièrement aux joueurs cherchant une prise en main rapide.

    9) Banzai Casino

    Banzai Casino adopte un style différent des autres plateformes en ligne, avec une ambiance qui transporte directement en Asie. Les paiements se font par virement bancaire, cartes ou en cryptomonnaies, avec un dépôt minimum de 10 € et des délais de retrait de deux jours environ.

    Le site est fluide et parfaitement utilisable sur smartphone pour une expérience optimale. Le support client, lui, est disponible en français, ce qui facilite la communication.

    10) Magical Spin Casino

    Dernier casino de ce top 10, mais pas des moindres, Magical Spin Casino. Le site se démarque par son thème original et son bonus de bienvenue allant jusqu’à 3 000 €. Les joueurs peuvent y trouver des machines à sous, des jeux de table et des live casino.

    Son principal point faible ? Les retraits sont un peu plus longs que la moyenne (deux à quatre jours).

    À surveiller : les conditions de mise et les plafonds de retrait.

    Critères clés pour choisir son site

    La sécurité est le premier critère à considérer. Privilégiez les sites réputés, aux règles claires et avec une bonne protection des données. Ensuite, regardez les offres. Pour cela, vérifiez la valeur réelle des bonus et lisez les exigences de mise. Puis, analysez les paiements en vous assurant que les dépôts et les retraits soient rapides, sans frais cachés.

    Par ailleurs, vérifiez la variété des jeux et la présence de tables en direct ainsi que des titres populaires pour optimiser votre expérience.

    Le service client est un autre point à considérer. Testez la réactivité et la disponibilité du support en français.

    Pour finir, choisissez un site bien adapté au smartphone pour pouvoir jouer n’importe où.

    Bonus et conditions à comprendre

    Les bonus peuvent prendre plusieurs formes : bienvenue, tours gratuits, cashback, etc. Avant de choisir, comprenez les exigences de mise. Par exemple, un bonus de 100 € avec x 20 signifie qu’il faut miser 2 000 € (100 x 20) avant de pouvoir retirer ses gains.

    Autres points à vérifier, les plafonds de retrait et la contribution des jeux (certains jeux ne comptent que partiellement).

    Pour éviter les pièges fréquents et les mauvaises surprises, lisez toujours les termes et conditions.

    Paiements et retraits : bonnes pratiques

    Les cartes bancaires, les portefeuilles électroniques et les virements sont les méthodes les plus courantes. Le dépôt minimum varie selon la méthode et le casino. Les retraits, eux, ont des délais moyens de un à trois jours, en fonction du site et de la méthode de paiement.

    Les étapes pour déposer ou retirer de l’argent sont relativement simples. Vous devez généralement présenter des documents d’identité.

    Conseils : préparez les documents plus tôt et gardez une preuve des opérations.

    Sécurité, équité et jeu responsable en France

    En France, le marché des jeux en ligne est encadré par l’ANJ, ce qui garantit l’équité des jeux et la sécurité des transactions. Outre la régulation, les bons sites proposent aussi des outils de protection tels que les limites de dépôt, la possibilité de faire une pause et l’auto-exclusion.

    Pour éviter les désillusions, soyez attentif aux signaux d’alerte : retards répétés de paiement, règles floues et incitations à rejouer.

    En cas de difficulté, contactez les ressources d’accompagnement pour les joueuses et joueurs. Par exemple, Joueurs Info Service au 09 74 75 13 13 ou addictaide.fr.

    Conclusion

    Les meilleurs casinos en ligne français priorisent la sécurité, la rapidité des paiements, la transparence des bonus et la fiabilité du service client. Choisissez votre site selon votre profil (variété de jeux, budget, vitesse de retrait). Mais le plus important, jouez avec mesure et demandez de l’aide si nécessaire.

    Ce top classe les sites en 2025. N’hésitez pas à partager vos retours et vos expériences pour enrichir ce classement.

  • Remise des passeports : quels consuls honoraires habilités à le faire ?

    Remise des passeports : quels consuls honoraires habilités à le faire ?

    Bonne nouvelle pour certains de nos compatriotes à l’étranger. Un nouvel arrêté vise ainsi à simplifier la remise des passeports et des cartes d’identité pour une partie des Français résidant hors de France. C’est ainsi que les consuls honoraires sont habilités à le faire. Attention toutefois, le dispositif n’est pas généralisé, certains pays ne sont pas encore concernés. Nous faisons le point.

    Renouveler son passeport : des démarches simplifiées

    Le renouvellement des cartes d’identité et des passeports mobilise une large part de l’activité des consulats à travers le monde. Pour les Français de l’étranger, le parcours, entre la prise de rendez‑vous, les documents à fournir, dossier, le déplacement, puis la remise des titres peut vite s’étirer dans le temps. D’autant plus, lorsque leur lieu de résidence est éloigné du consulat ou de l’ambassade. Les témoignages affluent notamment en provenance d’Inde, de Madagascar, des États‑Unis, du Canada, d’Australie, d’Argentine, ou encore de Chine pour ne prendre que ces exemples.

    Le renouvellement des passeports sans comparution reporté

    Aussi, pour alléger les démarches, des expérimentations ont été lancées. En 2024, et cela pendant un an, des Français majeurs résidant au Canada et au Portugal ont pu notamment renouveler leur passeport à distance, sans se rendre au consulat. Une évaluation a été réalisée avec la volonté d’étendre le dispositif à dix nouveaux pays. Comme l’avait alors indiqué le ministre délégué chargé des Français de l’étranger en mars 2025 : « Renouvellement des passeports sans comparution, je m’y engage : nous allons prolonger cette expérimentation et en élargir le champ géographique. » Aujourd’hui, la situation politique tend à bloquer cette extension. L’objectif était d’étendre ce dispositif à tous les pays en 2027 ou 2028. En attendant cette possibilité, la remise des passeports au titulaire peut se faire par l’entremise des consuls honoraires.

    Les consuls honoraires des relais de la France

    Depuis plusieurs années, un certain nombre de consulats français ont fermé leur porte à travers le monde, souvent pour des raisons budgétaires. Nos compatriotes, eux, sont restés sur place. Pour maintenir un relais de proximité, la France s’appuie sur un réseau de consuls honoraires, chargés de missions spécifiques. Le plus souvent issus de la société civile, ils informent et accompagnent les ressortissants français de leur région, et font remonter leurs demandes, démarches et autres interrogations vers les consulats et les ambassades.

    Renouveler son passeport français au consulat
    Renouveler son passeport français au consulat

    Et parmi leurs attributions, la France vient publier une liste donnant habilitation à certains Consuls honoraires la possibilité de remettre à nos compatriotes leur passeport et/ou leurs cartes nationales d’identité, évitant ainsi parfois un long trajet entre leur domicile et le consulat. Tous les pays ne sont pour autant pas concernés.

    Voici la liste des pays dans lesquels le Consul honoraire peut remettre un passeport et une carte d’identité (ordre alphabétique ): Afrique du Sud, Allemagne, Antigua-et-Barbuda, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Autriche, Bahamas, Bangladesh, Barbade, Belgique, Belize, Bhoutan, Bolivie, Botswana, Brésil, Bulgarie, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Cap-Vert, Chili, Colombie, Congo (République démocratique), Cook (îles), Costa Rica, Côte d’Ivoire, Croatie, Danemark, Dominique, Égypte, Équateur, Espagne, Eswatini, États-Unis, Fidji (îles), Finlande, Gabon, Grèce, Grenade, Haïti, Honduras, Hongrie, Inde, Indonésie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Kiribati, Laos, Liechtenstein, Lituanie, Macédoine du Nord, Madagascar, Malaisie, Malawi, Marshall (îles) , Maldives, Maroc, Maurice, Mexique, Mozambique, Nigéria, Norvège, Nouvelle-Zélande, Ouzbékistan, Pakistan, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Pérou, Philippines, Pologne, Portugal, République dominicaine, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Saint-Marin, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Salomon (îles), Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Serbie, Sierra Leone, Slovaquie, Sri Lanka, Suède, Suisse, Tanzanie, Thaïlande, Tonga, Tunisie, Turquie, Tuvalu, Uruguay, Vanuatu, Venezuela, Zambie.

    Découvrez l’arrêté portant habilitation des consuls honoraires en vue de la remise des passeports

  • Bots pro-russes et anti-systèmes sur TikTok

    Bots pro-russes et anti-systèmes sur TikTok

    Selon le journal tchèque Deník N, près d’un millier de comptes affiliés à la Russie ont été recensés, dont beaucoup ont été créés récemment et sont en partie contrôlés par des bots pro-russes — des agents logiciels automatiques ou semi-automatiques interagissant avec les serveurs informatiques.

    Neuf millions de vues par semaine

    Le Centre de recherche sur les risques en ligne estime que ces comptes génèrent ensemble entre cinq et neuf millions de vues par semaine, dépassant la portée, même combinée, des principaux dirigeants politiques tchèques sur la plateforme.

    L’opération d’ingérence dans la campagne électorale repose sur des groupes étroitement liés entre eux. Lorsqu’un compte publie une vidéo, les comptes associés génèrent des likes, des partages et des commentaires en l’espace de quelques secondes, signalant ainsi le « succès » du post à l’algorithme et amplifiant sa portée auprès des utilisateurs.

    Les publications de ces comptes véhiculent des messages pro-russes, présentant Vladimir Poutine positivement et légitimant la guerre en Ukraine. Les comptes font aussi la promotion de candidats issus de partis anti-establishment tels que le parti Liberté et démocratie directe (SPD) de Tomio Okamura et Stačilo ! (Assez !).

    Les services de renseignement tchèques ont déjà transmis la liste des comptes suspects à l’Office tchèque des télécommunications (ČTÚ), qui supervise les plateformes de réseaux sociaux.

    « Nous attendons de voir comment la plateforme TikTok
    évaluera cette demande »

    Tereza Meravá, porte-parole du ČTÚ, pour le Deník N

    De son côté, la plateforme chinoise a déployé il y a quelques mois une task force spéciale pour surveiller les contenus liés aux élections dans le pays.

    Des briefings confidentiels à ce sujet ont été communiqués au Premier ministre Petr Fiala et au président Petr Pavel.

    Selon des sources citées par le Deník N, l’impact de cette opération d’ingérence devrait être limité par rapport à la Roumanie, où la présidentielle avait dû être annulée l’année dernière à la suite d’une vaste campagne en ligne.

    « Il y a bien une tentative ici, mais son potentiel et son importance
    ne sont pas fondamentaux. C’est une tentative infructueuse »

    Une source des services de renseignement à Euractiv

    Un récent sondage d’opinion réalisé par l’Observatoire des médias numériques d’Europe centrale, qui a interrogé la population tchèque sur son opinion concernant le vote par correspondance des Tchèques vivant à l’étranger, a révélé que 47 % des personnes interrogées craignent que les élections soient « manipulées » par un gouvernement peu disposé à abandonner le pouvoir.

    Le sondage a également révélé qu’un nombre encore plus important de Tchèques (65 %) s’inquiètent de l’impact négatif des réseaux sociaux sur les élections.

    Tik tok
    Image d’illustration ©Getty Images/Jaap Arriens_NurPhoto]

    Respect du DSA de l’UE

    En mai, la Commission européenne a saisi la Cour de justice de l’UE (CJUE) contre la République tchèque et quatre autres pays pour non-respect du règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA), qui impose aux plateformes en ligne de faire appliquer efficacement leurs conditions générales, notamment afin de protéger les processus démocratiques durant les élections.

    Prague n’a pas respecté l’obligation du DSA de nommer un coordinateur national des services numériques, chargé de veiller à l’application des règles dans le pays, ce qui empêche ses autorités d’assumer pleinement leurs responsabilités au titre de la règlementation européenne.

    Ce retard est imputable au parlement national. Bien que l’Office tchèque des télécommunications ait été « désigné » comme coordinateur, il n’a pas reçu l’autorisation des députés pour remplir son mandat.

    Si la Commission supervise directement les grandes plateformes, les coordinateurs nationaux doivent servir d’intermédiaires avec les entreprises, la société civile, les chercheurs et Bruxelles, notamment à travers des discussions et des exercices pratiques.

    De tels exercices pré-électoraux ont par exemple été menés en Roumanie, en Allemagne et aux Pays-Bas.

    Contacté par Euractiv, l’Office des télécommunications affirme être déjà en « communication permanente » avec les plateformes de réseaux sociaux. Fin août, il a même organisé à Prague un atelier réunissant la Commission et plusieurs géants du numérique (Google, Meta, X, TikTok, Microsoft). La Commission a confirmé la rencontre, tout en rappelant que la coordination avec les autres parties prenantes incombe avant tout aux autorités nationales.

    L’Office des télécommunications décrit son rôle comme étant simplement de « coordonner» l’application de la DSA en République tchèque. « La question des risques systémiques liés aux très grandes plateformes en ligne relève de la compétence exclusive de la Commission européenne », a noté un porte-parole.

    Parallèlement, des groupes de vérification des faits et des organisations de la société civile locales ont travaillé sur le code de bonnes pratiques de l’UE en matière de désinformation, signé par Google, Meta, TikTok, Microsoft et d’autres.

    La coordination s’effectue via une « plateforme temporaire » — le mécanisme de réaction rapide du DSA — où les chercheurs, les ONG et les entreprises technologiques peuvent échanger des informations sur les campagnes de désinformation, a expliqué Katarína Klingová, chercheuse à l’institut GLOBSEC, qui a également signé le code.

    Cependant, Katarína Klingová a averti que les partis populistes tchèques d’extrême droite ont qualifié ces efforts de tentatives de l’UE de « manipuler les élections ».

  • L’économie de la Russie touchée mais pas encore coulée

    L’économie de la Russie touchée mais pas encore coulée

    Bruno Le Maire avait déclaré, de manière un peu présomptueuse, que les sanctions mettraient l’économie russe « à genoux » après l’invasion de l’Ukraine. L’Union européenne a adopté dix-huit trains de sanctions depuis mars 2022 et, le 19 septembre dernier, la Commission européenne en a proposé un dix-neuvième. Les États-Unis, de leur côté, ont placé sous sanctions quelque 5 000 personnes et entités. Et pourtant, malgré ces mesures sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, la Russie a fait preuve d’une réelle résilience grâce au contournement des embargos et à ses fonds souverains. Elle n’a connu qu’une brève récession en 2022. Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain, a récemment affirmé que des sanctions plus sévères, incluant des tarifs visant les pays achetant du pétrole russe, provoqueraient l’effondrement total de l’économie russe et contraindraient Vladimir Poutine à s’asseoir à la table des négociations. Mais cette prophétie a-t-elle davantage de chances de se réaliser que celle de 2022 ?

    Une économie de guerre

    Après un rebond en 2023 et 2024, en lien avec la mise en place d’une économie de guerre, la croissance russe s’essouffle depuis le début de l’année 2025. En juillet, le PIB n’a progressé que de 0,4 % sur un an. Selon une enquête auprès des directeurs d’achat, l’activité se contracterait depuis plusieurs mois. La croissance des bénéfices des entreprises reste faible, pesant sur le cours des actions, tandis que les salaires réels décélèrent également, signe avant-coureur d’une récession.

    Le ralentissement de l’activité s’explique par la remise en cause des mesures de soutien économique édictées après l’invasion de 2022. Le montant des aides avait atteint l’équivalent de 5 % du PIB en 2023. L’appui coûteux à l’investissement privé a pris fin. Par ailleurs, la politique monétaire a été durcie afin de contenir l’inflation : le relèvement des taux directeurs par la banque centrale pèse désormais sur les investissements.

    Vladimir Poutine visitant un arsenal pour le front de la guerre en Ukraine.
    Vladimir Poutine visitant un arsenal pour le front de la guerre en Ukraine. La Russie a-t-elle les ressources économiques suffisantes pour mener à bien ses ambitions de conquête ? © Mikhail Metzel/Russian President

    Les conséquences des sanctions sont difficiles à mesurer

    La production de pétrole recule. Entre janvier et mars 2025, la Russie a exporté pour 96 milliards de dollars de biens, catégorie dominée par les produits pétroliers, contre 155 milliards sur la même période en 2022. La baisse des cours du pétrole s’ajoute aux sanctions pour expliquer cette évolution. Les dernières mesures restrictives pourraient accentuer la pression : elles visent les entreprises qui achètent du pétrole en violation des embargos, ainsi que celles qui approvisionnent la Russie en biens stratégiques. Pour l’heure, les Russes ont fait preuve d’ingéniosité pour contourner les sanctions, en créant une flotte fantôme et en acheminant des biens occidentaux via des pays non alignés. Le contrôle reste ardu, la réexportation multipoints et la faible visibilité sur les approvisionnements des raffineurs compliquant la traçabilité du brut. La Russie a également recouru au troc avec ses partenaires — du blé contre des voitures, par exemple — afin d’éviter les transferts financiers.

    Cette résilience n’incite guère Vladimir Poutine à négocier. Pour l’instant, aucune détérioration majeure du marché du travail russe n’est visible et les salaires réels restent à des niveaux historiquement élevés. À rebours du pessimisme qui domine dans les économies occidentales, les Russes n’ont que rarement eu une perception aussi favorable de leur situation économique. Dans le même temps, les finances ukrainiennes apparaissent de plus en plus sous tension. Le temps, pour l’instant, joue en faveur de Moscou.

  • Pas de dissolution et un nouveau gouvernement dans les 48h

    Pas de dissolution et un nouveau gouvernement dans les 48h

    Le Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu a déclaré ce mercredi soir que la future équipe gouvernementale, « quelle qu’elle soit« , devrait être « complètement déconnectée des ambitions présidentielles pour 2027« . Actant son départ, il est aussi revenu longuement sur la séquence qui a balayé la France ces derniers jours. On fait le point pour les Français de l’étranger.

    Budget et réformes

    Annonçant la nomination d’un nouveau Premier ministre par Emmanuel Macron dans les prochaines 48h, Sébastien Lecornu a indiqué qu’un budget sera présenté lundi. Tout en précisant immédiatement qu’« il ne sera pas parfait par définition ».

    « Toutes les forces politiques qui sont venues me voir, hors LFI et le RN,
    m’ont dit qu’il serait trop dangereux de ne pas avoir de budget avant
    le 31 décembre »

    Sébastien Lecornu, Premier ministre démissionaire

    Car « un des dossiers les plus bloquants, les plus difficiles », c’est le financement des retraites et celui-ci n’a pas disparu au gré des injonctions de la gauche. D’ailleurs, au 20 Heures de France 2, Sébastien Lecornu a reconnu qu’il y avait « plusieurs problèmes à régler sur le dossier de la réforme des retraites« . Ne donnant ainsi aucune information sur les propositions de suspension de réforme qui ont émergé depuis la sortie d’Elisabeth Borne.

    Cependant, le Premier ministre démissionnaire a déclaré qu’« il faudra trouver un chemin pour que le débat ait lieu sur la réforme des retraites ». Pour lui,  « déjà, il y a ceux qui demandent la suspension, il y a ceux qui sont opposés et c’est ceux qui sont opposés uniquement en disant “attention au financement“ ». Mais, il a, tout de même, révélé qu’une suspension de cette réforme, demandée par une grande partie de la gauche, coûterait « pas moins de trois milliards d’euros » en 2027, et bien plus au fil des ans.

    Démission de Sébastien Lecornu
    Après la démission de Sébastien Lecornu, la France privée de budget en 2026 ? © Eliot Blondet

    La perspective d’une dissolution s’éloigne

    En mettant fin au suspense dès le début de l’interview menée par Léa Salamé (enrouée et qui a tout de même réussi à se faire entendre), Sébastien Lecornu a déclaré qu’après les consultations, il se dégage « une majorité absolue à l’Assemblée nationale qui refuse la dissolution et pas uniquement parce qu’il y aurait la peur de retourner aux urnes comme on a pu l’entendre ». Selon M. Lecornu, « on a après plusieurs sous blocs, on a une majorité très relative de plusieurs formations politiques qui, au fond, sont prêtes à s’accorder sur un budget commun ».

    Avant d’ajouter qu’il sent « que le chemin est possible encore. Il est difficile, et j’ai dit au président de la République que les perspectives de dissolution s’éloignaient, et que je pense que la situation permet pour le président de nommer un premier ministre dans les quarante-huit prochaines heures ».

    Législatives 2024
    Législatives 2024 : Découvrez l’évolution de la composition de l’assemblée nationale © Juliette Bonnin / AFP

    Et pour ceux qui rêvaient d’une présidentielle anticipée, Sébastien Lecornu a été clair, pour lui, « en tant que toujours ministre en charge des armées, je peux vous témoigner que ce n’est pas le moment de changer de président de la République ». Remettant la France, et peut-être les Français, face à la réalité du monde que nos compatriotes semblent ignorer.

    Les opposants se déchaînent

    Dès la fin de la prise de parole de Sébastien Lecornu sur France 2, les premières réactions : Mathilde Panot, présidente du groupe de La France insoumise à l’Assemblée estime que « le comique de répétition a assez duré« . Ce que confirme son mentor sur X.

    « Solution ? Faisons l’élection présidentielle tout de suite.
    Le pays n’a pas de temps à perdre »

    Jean-Luc Mélenchon sur X

    Du côté du RN, on en revient toujours à l’appel aux urnes via des législatives anticipées. Son allié, dans la foulée de la prise de parole du Premier ministre démissionnaire, l’ancien LR Éric Ciotti enfonce le clou : « Sébastien Lecornu embrouille les Français pour donner du temps au Président déchu. Il est définitivement discrédité. » Et il annonce une mise en place d’un nouveau gouvernement qu’il soit technique, de gauche ou macroniste, difficile.

    « Nous censurerons tout gouvernement jusqu’à
    la dissolution ou la démission du Président. C’est le seul chemin possible »

    Eric Ciotti, président de l’Union des Droites pour la République

    On le constate, malgré la situation, les jeux politiciens semblent toujours régner en France, faudra-t-il attendre la catastrophe. Les Français de l’étranger, libérés des prismes nationaux, savent que la situation est plus grave que ce que nos compatriotes dans l’hexagone l’imaginent peut-être encore. Que ce soit dans les prochaines semaines, les prochains mois ou en 2027, il faudra se faire entendre. Avez-vous pensé à vous inscrire sur les listes électorales ? C’est le moment de vérifier. 

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