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  • Marché du carbone, aviation: l’UE précise ses pistes pour réduire les émissions de CO2

    Marché du carbone, aviation: l’UE précise ses pistes pour réduire les émissions de CO2

    L’Union européenne a commencé jeudi 17 septembre à dérouler des pistes pour réduire de 55% ses émissions de gaz à effet de serre, pointant des efforts accrus dans l’industrie et le secteur aérien, mais surtout un élargissement des « droits à polluer » au transport routier et au bâtiment.

    Dans une étude d’impact, la Commission européenne a justifié l’objectif d’une baisse des émissions d’au moins 55% en 2030 par rapport à 1990 proposé mercredi par sa présidente Ursula von der Leyen.

    Neutralité climatique

    C’est le seul « chemin équilibré, réaliste et prudent » pour atteindre la « neutralité climatique » en 2050 — une ambition que les Etats membres ont validé fin 2019. Les Vingt-Sept doivent désormais approuver l’objectif 2030, alors que la Pologne exprime déjà sa « préoccupation ».

    L’exécutif européen présentera « des propositions législatives concrètes » d’ici juin 2021, a rappelé le vice-président de la Commission chargé du Pacte vert Frans Timmermans, lors d’une conférence de presse.

    Relance du marché du carbone

    Pour lui, l’une des recettes-clés passe par le marché du carbone européen, le système d’échanges de quotas d’émissions (ETS selon l’acronyme anglais) qui régit les émissions des industries lourdes et des centrales électriques: un outil capable d’apporter « de la visibilité » aux entreprises.

    Ce marché carbone « a prouvé son efficacité pour réduire les émissions. Nous allons réfléchir à l’étendre au transport routier et au bâtiment, cela peut être encourager au changement », a-t-il observé. La Commission voulait déjà y inclure le transport maritime.

    En même temps, « cela exige des conditions de marché équitables mondialement. On doit donc se doter d’un +mécanisme d’ajustement aux frontières+ », qui taxerait les importations de pays où les règles d’émissions sont moins strictes, détaille M. Timmermans.

    Industrie automobile inquiète pour son avenir

    Alors que l’industrie automobile s’alarme d’un objectif 2030 jugé intenable, Frans Timmermans tempère: « Dans certains secteurs, ce sera un lourd fardeau car ils devront investir. Mais ils auraient besoin d’investir, de se restructurer de toute manière! (…) Nous entrons dans une révolution industrielle, c’est de cette ampleur ».

    Le commissaire néerlandais vise aussi l’aviation: « On peut exiger la suppression des liaisons courtes remplaçables par des trains; on peut demander d’investir dans des carburants plus propres (…) on peut demander aux avionneurs de construire des appareils moins gourmands ».

    « Nous aurons toujours besoin d’un secteur aérien, mais il devra être plus durable. On peut l’y encourager en l’intégrant au marché du carbone (…) C’est un secteur qui devra se restructurer », a-t-il martelé. Ces transformations seraient potentiellement douloureuses pour un secteur laminé par la crise du Covid-19.

  • Russie, Allemagne, Etats-Unis : poisons et contre poisons.

    Russie, Allemagne, Etats-Unis : poisons et contre poisons.

    Iossif Djougachvili  avait choisi pour surnom Staline, l’homme de fer, Vladimir Oulianov se faisait appeler Lénine, Poutine sera Novichok, du nom de l’agent neurotoxique utilisé pour éliminer son principal opposant, Alexeï Navalny. Ce n’est pas la première fois que le Novichok est utilisé par le FSB, la maison mère de Poutine, d’où le sobriquet que le Président russe a gagné dans les chancelleries. 

    Autre conséquence, autrement plus grave, l’abandon éventuel du Nordstream2, évoqué par la Chancelière allemande. 

    Merci Merkel

    Angela Merkel, dans la coronacrise, a décidé du plan de relance européen. Face à la Turquie, elle a rejoint le front du refus mené par la France et soutient la Grèce. Avec la Chine, sans courbette ni trompette, comme Présidente de l’Union européenne, elle a remis les vases sacrés à leur place, pour reprendre une expression confucéenne2, y compris sur Hong Kong. Et à Vladimir Novichok Poutine, elle a demandé des explications suite à la tentative d’assassinat de Navalny, menaçant la suite de la coopération, y compris sur le gazoduc Nordstream. Un sans faute.

    Faut-il remettre en cause Nordstream2, ce que souhaitent les Etats-Unis ? Nordstream2 est un gazoduc qui, par la mer Baltique, part de Russie et arrive directement en Allemagne. Il double Nordstream1, déjà opérationnel. Il permet d’éviter le passage par l’Ukraine ou la Biélorussie pour les livraisons de gaz, ce qui explique que beaucoup le voient comme un affaiblissement de l’Ukraine, et un cadeau fait à la Russie.

    L’Allemagne contrôlée par les Russes 

    C’est ce que pense Trump, qui disait crument que l’Allemagne était « contrôlée par les Russes »[1]. Polonais et Pays baltes, qui craignent toujours la Russie, pensent de même. Les Etats-Unis considèrent le projet comme une trahison, à tel point qu’ils ont placé les entreprises qui collaboraient à ce projet sur une liste rouge. C’est la raison pour laquelle le chantier est arrêté, à moins de cent kilomètres de l’arrivée. 

    Nordstream2 était mal parti. L’accord fut signé peu après l’annexion de la Crimée. Tandis que les Allemands demandaient à la France d’appliquer des sanctions, ils signaient avec Gazprom. François Hollande refusait de livrer les navires militaires Mistral commandés par Poutine pour les vendre à l’Egypte, un pays ami des droits de l’homme. Le financement venait de l’Arabie saoudite. C’est dire que l’argument éthique est aussi volatile que le gaz.

    Il est certain que Nordstream 2 profite à la Russie. Il appartient à Gazprom (qui emploie l’ancien chancelier fédéral allemand Schroeder). Cinq groupes européens sont parties prenantes, dont le français Engie. Le projet a couté 12 milliards d’euros, 1230 km de tuyaux sont posés, le chantier touche à sa fin. L’Allemagne, du fait de l’abandon du nucléaire, qui l’oblige à recourir de plus en plus au charbon, se trouve dans une quasi impasse énergétique (La France, du fait de la fermeture de Fessenheim, aussi, a du faire appel aux centrales à charbon. La démagogie écolo va parfois contre l’écologie.) 25% de l’énergie allemande provient du gaz. Est-ce pour autant que l’Allemagne se met dans les mains de la Russie ? 

    Russie Allemagne
    plan du projet du second gazoduc © Nord stream2 – 2020

    Nordstream2 en otage

    Alors la Russie se met dans les mains de l’Allemagne. Le fournisseur dépend du client autant que le client du fournisseur. Les Etats-Unis, qui fournissent aussi du gaz, veulent écouler leur gaz de schiste, mais il est plus cher. Les Polonais proposaient de doubler le gazoduc Yamal, qui alimente l’Europe en passant chez eux. Voulaient-ils se mettre dans la main des Russes ? L’Europe du sud attend le Turkish stream, qui amènera du gaz tout aussi russe que le Nordstream2. 

    Arrimer la Russie à l’Europe

    Le gaz russe est une bonne solution économique. Le consommateur européen paiera moins cher. Mais l’argument est insuffisant : C’est surtout  une bonne solution politique. Il faut arrimer la Russie à l’Europe. Si Angela Merkel peut se permettre de parler ainsi à Poutine, c’est que la Russie a besoin de l’Europe et de l’Allemagne. A qui vendre sinon à l’Europe, aux Chinois ? 

    La Russie est éternelle, pas Poutine. La Russie est européenne. L’Europe est l’allié stratégique naturel de la Russie. Le récent accord entre Poutine et Xi Jinping est un traité inégal, parce que face à la Chine, la Russie ne fait plus le poids. 

    Emmanuel Macron a récemment déclaré que Nordsteam2 ne devait pas accroitre la dépendance énergétique européenne. Que ce soit par la Baltique, l’Ukraine, ou la Turquie (turkish stream) le gaz est russe, et alimente un tiers de la consommation européenne. La dépendance de l’Allemagne ou de l’Europe au gaz russe est à la fois une vérité et une illusion. Cette dépendance est aussi forte vis-à-vis de bien d’autres produits, qui ne viennent pas de Russie. Sauf à le payer plus cher aux Américains, sous forme de Gaz naturel liquéfié.

    Diktat américain

    Plus forte encore, se révèle la sujétion vis-à-vis des Etats-Unis : le boycott de sociétés européennes par décision américaine est un diktat inacceptable.Comme l’a dit Angela Merkel au Bundestag : « Ce type de sanctions extraterritoriales imposé par les Etats-Unis ne correspond pas à notre conception de la loi ». Le Sénat américain doit examiner après l’élection présidentielle une proposition de loi pour sanctionner toute entreprise qui aura collaboré au projet. C’est de ce type de pression que l’Europe doit se prémunir. Paradoxalement, la Russie peut apparaitre comme un partenaire utile. 

    Bien sûr, fondamentalement, entre les Etats-Unis et la Russie, l’Europe est du côté des Etats-Unis. Il y a des bases idéologiques à cette alliance : Trump n’empoisonne journalistes et rivaux qu’au figuré. L’alliance des démocraties libérales existe, mais elle ne peut se conforter que dans le respect mutuel, pas dans l’oukase. 

    Les Etats-Unis ont retiré 12.000 soldats d’Allemagne, parié sur la dislocation de l’Union européenne, -comme Poutine- renié plusieurs fois leur parole et leurs engagements au Moyen-Orient, sanctionnent les entreprises européennes. Ils restent nos alliés et amis, mais ne se comportent pas comme tels. 

    La France pourrait soutenir l’Allemagne

    La Russie n’est pas une alliée et Poutine mérite son surnom de Novichok, poison mortel. Mais l’anti poison peut être de l’embrasser sur la bouche, à la russe, avec du gaz. De même que les images d’opulence de l’Occident ont ruiné la mythologie soviétique, les standards démocratiques européens montreront aux Russes qu’un pays grandit plus vite sans Novichok, au propre et au figuré. 

    Illégalité des sanctions américaines, intérêt économique, manque d’alternatives énergétiques, quasi achèvement du projet, arrimage de la Russie à l’Europe, toutes ces raisons militent pour l’achèvement de Nordstream2. Comme la France n’est qu’indirectement concernée, elle pourrait être écoutée. Et si elle soutenait l’Allemagne? 


    Laurent Dominati

    Editeur de lesfrancais.press. Ancien Ambassadeur de France au Conseil de l’Europe, ancien député de Paris. 

    [1] Sommet de l’Otan, 2018.

    2 Quand on demanda à un philosophe confucéen ce qu’il ferait en premier lieu s’il était nommé Premier ministre, il répondit : « Je remettrai les vases sacrés à leur place ». Les vases sacrés étaient aux angles des autels où se rendait l’Empereur pour les cérémonies. Une façon de critiquer le désordre. Un autre philosophe chinois écrivait : « le Monde est un vase sacré qui ne supporte pas qu’on s’en empare et qu’on s’en serve. Qui s’en sert le détruit ; qui s’en empare le perd. »

  • Samantha Cazebonne décrypte la rentrée scolaire et ses enjeux

    Samantha Cazebonne décrypte la rentrée scolaire et ses enjeux

    Samantha Cazebonne est diplômée en économie, droit et gestion des entreprises. Après plusieurs années d’enseignement, elle devient proviseure d’un lycée français au Maroc puis du lycée français de Palma de Majorque, qu’elle contribue à sauver d’une fermeture annoncée.

    Lors des élections législatives de 2017, elle est candidate pour La République en marche dans la cinquième circonscription des Français établis hors de France (Péninsule ibérique et Monaco). Elle est élue avec 66% des suffrages exprimés.

    Spécialiste de l’éducation, elle suit avec intérêt et passion les différents dossiers liés à cet enjeu majeur pour les Français hors de France.

    Une élue spécialisée dans l’éducation

    En juillet 2018, le gouvernement lui confie une mission interministérielle de réflexion sur le développement de l’enseignement français à l’étranger auprès de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, et de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale.

    Remis en février 2019, le rapport comporte des recommandations sur la redéfinition stratégique du pilotage du réseau d’enseignement français à l’étranger, les conditions d’un développement de qualité, la formation professionnelle des enseignants et la valorisation de leur parcours, le renforcement de la place des parties prenantes dans la gouvernance, en particulier des parents d’élèves, des anciens élèves et des élus.

    Au coeur de la crise sanitaire, elle a déposé un amendement pour faciliter l’obtention par les familles et les établissements du soutien de l’Etat Français.

    5 questions pour 5 problématiques

    Pour LesFrançais.press, elle fait le point sur la rentrée scolaire placée sous le signe de la Covid-19. Dans le podcast audio, disponible ci-dessous, elle fait un premier bilan à 15 jours de la rentrée.

    Ne niant pas les difficultés rencontrées par certaines familles, elle renouvelle sa confiance à l’équipe de l’AEFE et aux différents réseaux français à l’étranger.

    Alors que le gouvernement a débloqué 50 millions d’euros supplémentaires pour soutenir les établissements et les familles, elle revient sur la problématique des bourses scolaires. Membre de la commission nationale en charge de ces allocations, elle promet de militer pour une évolution des critères d’attributions.

    Enfin, elle revient sans détour sur les risques d’un retour en distanciel dans certains pays si la crise sanitaire n’y est pas maîtrisée comme cela peut être le cas aussi en France.

    Un podcast audio dédié aux familles et aux élèves des réseaux éducatifs français à l’étranger.

  • La France rappelle son ambassadeur en Côte d’Ivoire pour violences sexistes

    La France rappelle son ambassadeur en Côte d’Ivoire pour violences sexistes

    L’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire a été rappelé à Paris, a annoncé samedi 19 septembre le ministère français des Affaires étrangères, confirmant en partie des informations de presse qui font état d’accusations de comportements sexistes à son encontre.

    « Il a été rappelé à Paris dans le cadre d’une enquête administrative en cours »

    La porte-parole du Quai d’Orsay, Agnès von der Mühll, par ailleurs chargée de l’Egalité au ministère, sans autres précisions.

    Selon le site d’information Mediapart , Gilles Huberson, en poste à Abidjan depuis septembre 2017, est accusé de violences sexistes et sexuelles par au moins cinq femmes qui ont témoigné auprès du déontologue chargé de ces questions au Quai d’Orsay.

    La politique de la France en Côte d’Ivoire n’est pas concernée

    Son rappel intervient à un moment délicat en Côte d’Ivoire, où la candidature du président sortant Alassane Ouattara à sa réélection est contestée et des violences électorales sont redoutées. Les manifestations ayant suivi en août l’annonce de sa candidature ont fait une quinzaine de morts.

    « Ce rappel n’est pas politique », assure toutefois une source proche du dossier, qui confirme les informations de Mediapart sur des « propos et gestes sexistes »« Le cadre politique en Côte d’Ivoire télescope les procédures normales » dans ce genre de dossiers, ajoute-t-elle, en soulignant qu’une « inspection » a déjà été menée sur place.

    Ancien élève de l’Ecole Militaire de Saint-Cyr, Gilles Huberson a été chef de la Mission interministérielle « Mali-Sahel » en 2013, lors de l’intervention militaire française dans ce pays puis ambassadeur de France au Mali de 2013 à 2016 et à Maurice (2016-2017) avant d’être nommé à Abidjan.

    5 femmes accusent l’ambassadeur

    Il a aussi été responsable du Centre de crise du Quai d’Orsay de 2005 à 2007 et a fait un bref passage dans le secteur privé, comme directeur des Affaires générales du groupe de luxe français LVMH de 2007 à 2009, selon la biographie disponible sur le site de l’ambassade de France en Côte d’Ivoire.

    À Bamako comme Abidjan, Gilles Huberson a été en première ligne dans des pays et sur des dossiers majeurs pour la France en Afrique, quand Jean-Yves Le Drian était ministre de la Défense (2012-2017) ou des Affaires étrangères (depuis mai 2017).

    Tolérance Zéro

    « Le ministre a demandé une enquête administrative sur des signalements multiples. Il a décidé de son rappel lundi (14 septembre). Personne n’est protégé »

    selon une déclaration à l’AFP d’une autre source proche du dossier.

    Jean-Yves Le Drian a mis en place en 2018 la cellule d’écoute pour les personnels du Quai d’Orsay victimes de violences sexistes et sexuelles. C’est cette cellule, baptisée « Tolérance Zéro », qui a recueilli les témoignages de femmes se disant victimes de l’ambassadeur.

  • Israël : à l’heure du reconfinement

    Israël : à l’heure du reconfinement

    Israël : à l’heure du reconfinement, la décision déplaît aux secteurs économiques et à l’opposition.

    Plongez avec TV5 monde dans la société israélienne en pleine période des fêtes de Tichri et à l’occasion de Rosh Hashana 5781 qui affronte un nouveau confinement de 3 semaines.

  • Du théâtre sur la French Radio Hong Kong et Macao avec CHORUS

    Du théâtre sur la French Radio Hong Kong et Macao avec CHORUS

    Une belle aventure s’est conclue pour La French Radio Hong Kong et Macao, avec CHORUS et plus particulièrement avec les ateliers de théâtre pour adultes animés depuis plusieurs années par Marion Demeneix au sein de ce collectif. En plusieurs épisodes, la radio des expatriés en Chine a fait découvrir une pièce de théâtre radiophonique à plus de 10 000 auditeurs.

    Un beau succès pour cette nouvelle radio et pour ce collectif composé de Français et Francophones. Tous résidents à Hong-Kong, ils se sont réunis par passion du Théâtre. Catya Martin, la rédactrice en chef du site Trait d’Union et de la French Radio Hong-Kong et Macao s’est même prêté au jeu en participant avec brio à ces scènes radiophoniques.

    Le premier épisode vous est proposé sur notre site ci-dessous, et vous pouvez retrouver les 12 épisodes sur le site de la French Radio, rubrique Culture.

  • l’Union européenne amorce la révolution bancaire

    l’Union européenne amorce la révolution bancaire

    La Commission européenne souhaite que les sociétés financières, entre autres, partagent davantage de données sur leurs clients afin de créer un « espace financier ouvert plus large » avec de nouveaux services pour les citoyens.

    Cette stratégie, qui pourrait encore faire l’objet de modifications, devrait être présentée dans le courant du mois. Elle décrit les actions prioritaires de la Commission d’ici à 2024 pour mettre « les avantages du financement numérique à la disposition des entreprises et consommateurs du bloc », peut-on lire dans le projet de document auquel Euractiv a eu accès.

    Plus de concurrence entre les banques, moins de dépendance pour le citoyen

    L’un des principaux objectifs est de mettre en place un nouveau cadre de « financement ouvert ». Concrètement, cela implique que les crédits de tous les Etats membres seront ouverts à tous les citoyens de l’Union. C’est donc la fin du système du fichage en Banque nationale en cas de défaut de paiement au profit d’un historique bancaire partagé entre tous les acteurs financiers. Les blocages administratifs qui existent parfois pour quelques euros et la dépendance que cela crée pour le citoyen envers sa banque seront donc révolus.

    Il s’agit d’approfondir les progrès réalisés dans le cadre de la révision historique de la directive sur les services de paiement (DSP2), qui a obligé les banques à partager une partie des données de leurs clients avec de nouvelles entreprises numériques opérant dans le secteur financier (Fintech).

    La directive PSD2 a conduit à la création de centaines de startups et d’applications offrant des services de paiement innovants.

    Bruxelles prévoit maintenant de mener un nouveau réexamen sur cette même directive l’année prochaine, en évaluant notamment sa portée.

    Sur la base de cette révision, l’exécutif européen proposera une législation sur un « cadre financier ouvert plus large » d’ici à la mi-2022.

    Nouveaux produits bancaires

    Dans cette stratégie, la Commission souligne que « de nouvelles mesures visant à renforcer le partage de données et l’ouverture entre et au sein des secteurs, dans le respect des règles de protection de données et de concurrence, permettront à la filière financière d’adopter pleinement l’innovation axée sur les données ».

    De nouveaux produits pour les consommateurs et les entreprises pourraient ainsi être créés en Europe et contribueraient donc à la mise en place d’un marché unique des données, l’une des priorités pour progresser sur le front du numérique.

    Les représentants du secteur bancaire se sont plaints par le passé du fait que la DSP2 les obligeait à partager leurs données clients avec les entreprises Fintech, alors que les plateformes de médias sociaux et d’autres secteurs continuent de recueillir une quantité immense d’informations.

    Un autre représentant de la filière a mentionné que les services publics, y compris les entreprises énergétiques, constituaient un domaine potentiel d’interaction dans un nouveau cadre financier ouvert.

    La Commission européenne fait valoir que l’accès à davantage de données sur les clients permet aux prestataires de services d’en offrir des plus personnalisés, même si les clients doivent garder le contrôle sur leurs informations.

    « Un cadre réglementaire équilibré pour le partage des données sur les produits financiers aidera le secteur financier à adopter pleinement la finance basée sur les données, et protégera efficacement les personnes concernées, qui doivent avoir un contrôle total sur leurs données »

    indique le projet de règlement

    L’exécutif travaille sur plusieurs fronts afin d’atteindre ce nouvel espace révolutionnaire de « finance ouverte ». Compte tenu de ses vastes et profondes implications, la proposition s’appuiera sur des initiatives axées sur l’accès aux données, notamment la prochaine loi sur les données et la loi sur les services numériques.

    La politique européenne de concurrence mise en examen 

    La Commission réexamine également sa politique de concurrence afin de déterminer si des mesures spécifiques sont nécessaires pour garantir un « accès équitable aux plateformes » pour tous les prestataires de services financiers.

    Outre le nouveau cadre de « financement ouvert », la stratégie de financement numérique comprend également trois objectifs supplémentaires et une série de mesures pour y parvenir.

    Les objectifs sont de s’attaquer à la fragmentation du marché unique numérique des services financiers, de veiller à ce que le cadre réglementaire de l’UE facilite l’innovation numérique et d’appliquer le principe « même risque, mêmes règles » pour surmonter les nouveaux défis et risques liés à la mue numérique.

    La stratégie de financement numérique sera publiée en même temps que la nouvelle réglementation de la Commission sur les cryptomonnaies.

    Parallèlement à ce que reprend la proposition sur les cryptomonnaies, l’exécutif européen a déclaré dans la stratégie de financement numérique qu’il envisagerait de mettre à jour les règles prudentielles pour les cryptoactifs détenus par les entreprises financières, ce qui pourrait forcer les banques possédant ces actifs numériques à détenir plus de capital comme coussin de sécurité, au vu de la volatilité et des risques qui y sont associés.

  • SOS écoles Beyrouth

    SOS écoles Beyrouth

     Le collectif Solidarité Laïque, la Mission laïque française (Mlf), l’Agence française pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), l’Association franco-libanaise pour l’éducation et la culture (AFLEC) et l’Association des Anciens des Lycées Français du Monde (Union-ALFM) ont lancé ce mercredi 16 septembre un appel à dons pour soutenir les élèves de 6 à 11 ans scolarisés dans les écoles publiques de Beyrouth. Le site Lesfrancais.press s’y associe. On compte sur vous !

    Après l’explosion du 4 août, et alors que la crise économique, politique et sanitaire met le pays du Cèdre dans une situation très critique, préparer l’avenir en préservant l’accès à l’éducation est un acte fondateur, un acte d’espoir.

    Mobilisation solidaire de la communauté éducative

    L’objectif de cette mobilisation solidaire de la communauté éducative est de permettre aux 20 000 enfants de 6 à 11 ans de reprendre le chemin de l’école publique à Beyrouth en les équipant en cartables fournis de matériel scolaire et de kits d’hygiène. Adhérents, donateurs, enseignants, élèves et anciens élèves sont invités à participer à cette collecte en signe de solidarité et pour aider concrètement ces enfants.

    Pourquoi l’école publique ? Les écoles publiques au Liban qui pourraient être le lieu d’apprentissage du vivre ensemble, sont sous-dotées en matériel, en infrastructures et en personnels ; elles sont laïques et non confessionnelles. Pour le collectif qui se mobilise, il est essentiel de soutenir ces élèves, issus pour la plupart de familles pauvres, et risquant pour une partie d’entre eux de ne pas retourner à l’école.

    Parce que chaque geste compte, les dons sont acceptés à partir d’1€.

    Les cartables d’une valeur de 20€, seront constitués de papeterie, stylos, crayons, ainsi que de masques en tissu. Plusieurs membres de Solidarité Laïque participent ainsi à cette mobilisation solidaire, dont la MGEN, la MAIF, la Casden, la JPA, la FCPE, la Ligue de l’enseignement et le syndicat enseignant SNUipp.

    Le collectif Solidarité Laïque, la Mission laïque française (Mlf), l’Agence française pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), l’Association franco-libanaise pour l’éducation et la culture (AFLEC) et l’Association des Anciens des Lycées Français du Monde (Union-ALFM), par cette mobilisation solidaire avec les écoles publiques non communautaires, entend contribuer à la reconstruction du pays, à la paix et dessiner quelques lignes d’espoir pour les enfants de la capitale.

  • Algérie: la presse réagit à la condamnation de Khaled Drareni

    Algérie: la presse réagit à la condamnation de Khaled Drareni

    « Pourquoi »? Pourquoi avoir condamné notre confrère Khaled Drareni à deux ans de prison. C’est le titre du quotidien « Liberté » ce mercredi. Un coup très dur porté à la liberté de la presse en Algérie.

    Un reportage de notre partenaire TV5 Monde

  • La monnaie, la dernière valeur

    La monnaie, la dernière valeur

    Depuis le début des années 2000, nombre de certitudes se sont envolées. La fin de l’Histoire promise par Fukuyama après l’effondrement du bloc soviétique en 1991 s’est achevée un 11 septembre 2001 avec les attentats contre le Word Trade Center. 

    L’Occident qui dominait le monde depuis le 17e siècle est désormais concurrencé par l’Asie et, en premier lieu, par la Chine. L’infaillibilité économique des pays avancés, si elle a existé, a été ébréchée avec la crise financière de 2008. Le système économique a alors failli imploser comme un jeu de dominos en raison d’une titrisation excessive et incontrôlée de prêts immobiliers souscrits par des ménages aux ressources modestes. En 2012, la zone euro a dû relever le défi de la crise des dettes souveraines. 

    La covid-19 rappelle la fragilité de la présence humaine

    En 2020, l’épidémie du covid-19 rappelle la fragilité de la présence humaine sur terre. Comme au temps de la peste au Moyen Âge, comme en 1832 avec le choléra ou comme en 1918 avec la Grippe espagnole, les pouvoirs publics n’ont pour l’instant d’autre solution que de sommer les populations de se calfeutrer et d’isoler les malades dans l’attente d’un éventuel remède. 

    Dans la société digitale, l’impatience est devenue le fil conducteur de l’état d’esprit des gouvernements et de l’opinion. Celle-ci vaut pour le remède sanitaire comme pour celui concernant la situation économique. Après avoir été stoppée net, elle se doit de redémarrer au doigt et à l’œil. 

    Par ailleurs, les gouvernements entendent profiter de l’épidémie pour régler la question de la transition énergétique. Les gouvernements pouvant s’affranchir de toutes les règles de bonne gestion entendent en profiter pour réaliser des investissements, donc des dépenses, qui n’étaient pas finançables jusqu’à maintenant. 

    La création monétaire débridée

    Cette succession de chocs sans précédent aboutit à mettre de côté les règles traditionnelles de la création monétaire. Longtemps, celle-ci a dépendu d’un collatéral prenant la forme d’un métal précieux et du crédit. Si ce deuxième facteur demeure d’actualité, depuis 1976, avec l’abandon officiel de l’étalon or, la monnaie dépend du bon pouvoir des banques centrales. 

    En vertu des règles monétaristes ayant eu cours jusque dans les années 2000, la masse monétaire évoluait en fonction d’un objectif d’inflation. Celle-ci étant aux abonnés absents, et les besoins de financement se multipliant, les masses monétaires aux quatre coins de la planète progressent au rythme d’un TGV avançant à pleine vitesse. 

    La culture du déficit public

    Ce n’est plus l’or, le PIB, les prix qui font la monnaie mais les déficits publics et privés. Cette pratique étant générale, les investisseurs ne peuvent guère sanctionner de tels agissements. La seule échappatoire serait la création d’une nouvelle monnaie ou cryptomonnaie, privée ou publique, qui pourrait se substituer aux vieilles monnaies des vieux Etats perclus de dettes. Ces derniers disposent du monopole du pouvoir coercitif pour imposer les règles du jeu monétaires. 

    Par ailleurs, malgré leur sujétion de plus en plus nette aux gouvernements, les banques centrales sont reconnues comme compétentes, empêchant une fuite devant la monnaie et l’émergence de nouvelles monnaies. Dans un monde averse aux risques, la signature des gouverneurs des banques centrales reste jusqu’à preuve du contraire la dernière des valeurs.