Les négociateurs des eurodéputés et ceux des États membres sont arrivés à un accord mardi pour augmenter le budget pluriannuel de l’Union européenne ?
Les négociations entre les eurodéputés, la Commission et la présidence allemande du Conseil des ministres de l’Union européenne ont débouché sur un accord sur le budget européen mardi 10 novembre 2020.
Cet accord complète l’enveloppe financière globale de 1 824,3 milliards d’euros négociée par les dirigeants de l’UE en juillet, dont 1 074,3 milliards d’euros pour le cadre financier pluriannuel et 750 milliards d’euros pour le plan de relance appelé « Next Generation EU».
Ce sont en tout plus de 16 milliards d’euros en plus pour le budget pluriannuel que les eurodéputés ont obtenu, comme l’a annoncé l’élue française Valérie Hayer dans un tweet où elle filme les négociateurs applaudissant le résultat obtenu.
Currently finalising the best deal ever achieved in EU budgetary history.
Le programme Erasmus+ et l’Europe de la Santé renforcés
Les discussions ont notamment concerné les modalités de ce cadre financier pluriannuel, les eurodéputés réclamant des fonds supplémentaires pour renforcer des programmes dans la santé, l’éducation ou encore la recherche, sabrés par les États dans leur projet.
Au final, les négociations ont abouti à un renforcement ciblé des programmes de l’UE de 16 milliards d’euros pour certains programmes, dont 4 milliards pour Horizon Europe, 2,2 milliards pour Erasmus+, 3,4 milliards pour la santé, 1,5 milliard pour la gestion des frontières, ou encore 1 milliard pour InvestEU (pour soutenir l’emploi et la croissance).
En plus d’une diminution des coupes budgétaires, les eurodéputés ont obtenu des garanties sur la création des « ressources propres » avec une «feuille de route indicative». Depuis les années 1980, le budget européen est composé quasi uniquement des contributions nationales, l’argent que les États membres veulent bien donner à l’Union européenne. Avec des taxes européennes, l’UE ne sera plus dépendante du bon vouloir des États pour financer ses politiques.
L’accord des eurodéputés nécessaire pour adopter le budget européen
Lors d’un sommet en juillet, les Vingt-Sept s’étaient mis d’accord sur un plan de relance post-Covid de 750 milliards d’euros adossé à un budget européen 2021-2027 de 1 074 milliards d’euros – un montant jugé insuffisant par les eurodéputés.
Mais ce budget pluriannuel doit impérativement recevoir le feu vert des eurodéputés ainsi que des Vingt-Sept à l’unanimité pour pouvoir être déployé alors que le continent européen connaît une seconde vague d’épidémie de Covid-19.
Après plus de huit tours de négociations entre les eurodéputés et le Conseil, le temps presse alors que plusieurs États ont déjà annoncé qu’ils allaient utiliser les fonds européens pour relancer leur économie.
Risque d’un veto de la Hongrie et de la Pologne
Dans des négociations distinctes, les eurodéputés ont déjà trouvé un accord la semaine dernière avec la présidence allemande pour intégrer au budget un mécanisme permettant de priver de fonds européens les pays ne respectant pas l’État de droit. Le Parlement européen en avait fait une ligne rouge pour approuver le budget.
Cet accord a provoqué la fureur de la Pologne et de la Hongrie, dans le collimateur de Bruxelles pour des réformes accusées de saper l’indépendance de la justice. Budapest menace désormais de mettre son veto pour bloquer le budget européen et le plan de relance.
La France a connu depuis le début du siècle un fort processus de désindustrialisation qui conduit une partie de l’opinion à demander la mise en place de mesures protectionnistes.
La France apparaît, en effet, comme une des principales victimes de la mondialisation en Europe, avec l’Italie. Le poids de la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière est passé de 2002 à 2019 de 11 à 8,5% du PIB en France. Sur cette période, l’emploi industriel a reculé de 25%. De nombreux facteurs ont contribué à la désindustrialisation de la France.
Les coûts sont souvent mis en avant pour expliquer la perte de compétitivité des entreprises. Le salaire horaire chargé a été supérieur à celui de tous les autres grands pays occidentaux de 2002 à 2016. A partir de cette dernière année, il est dépassé par celui de l’Allemagne et des États-Unis. Longtemps, l’idée que la forte productivité des salariés français permettait de compenser ce coût élevé a été mise en avant. Les gains de productivité sont insuffisants pour compenser les augmentations des coûts salariaux.
Coûts et qualification
A la différence de leurs homologues allemandes, les entreprises industrielles françaises ne peuvent pas compter sur des services à prix faibles, les salaires du secteur tertiaire s’alignant sur ceux de l’industrie. Le passage aux 35 heures, entre 1999 et 2002, a joué un rôle non négligeable dans la perte de compétitivité de l’économie française au moment même où l’Allemagne mettait en œuvre une politique de maîtrise de ses coûts.
Les entreprises françaises se caractérisent par une faible rentabilité. Le rendement des fonds propres pour les actionnaires n’est que de 9 % en France contre 12 % au sein de l’OCDE. L’industrie française n’a pas réussi sa montée en gamme dans les années 2000 du fait notamment d’un niveau qualification moyen de ses salariés. Selon l’enquête sur les compétences réalisée par l’OCDE (enquête PIAAC), la France se classe ainsi au 23e rang loin derrière le Japon, la Finlande, les Pays-Bas ou la Suède. Le système des exonérations des charges centrées sur les bas salaires n’a pas favorisé non plus la montée en compétences des salariés. Les nombreuses réformes de la formation continue n’ont pas réellement changé la donne.
Fiscalité
Les entreprises françaises doivent faire face à une pression fiscale supérieure à celle de leurs homologues étrangères. Les prélèvements sur les entreprises françaises a atteint 18% du PIB en 2016, contre 12% en moyenne pour la zone euro (hors France) et 10 % pour l’Allemagne. Ces deux dernières années, le poids des impôts pesant sur les entreprises a diminué de près de 2 points de PIB en France.
Les contraintes sociales et fiscales ainsi que le positionnement de gamme moyenne ont certainement incité les entreprises à délocaliser tout ou partie de leur production. Ce choix apparaît assez net pour l’industrie automobile. Depuis le début des années 2000, le poids de la production automobile française en Europe a été divisé par deux.
Deuxième constructeur en Europe en 2011, la France n’occupait plus que la cinquième place en 2019. Depuis 2005, les investissements directs nets à l’étranger représentaient environ 2% du PIB chaque année. Une inversion des flux était intervenue pour la première fois en 2019, les investissements entrants étant plus élevés que les investissements sortants. Les délocalisations ont été majoritairement opérées en Europe centrale, Slovénie, Slovaquie, République tchèque, Roumanie, Hongrie ou Bulgarie. Les pays du Maghreb ont également bénéficié de certains investissements d’entreprises françaises (Renault à Tanger par exemple).
Disparition d’emplois qualifiés et bien rémunérés
La désindustrialisation française a entraîné la disparition d’emplois qualifiés plutôt bien rémunérés. Elle a comme conséquences sur les territoires concernés une baisse forte de l’activité avec le départ des sous-traitants et une diminution des revenus des ménages ce qui a, par ricochet, pénalisé le secteur des services. Cette situation est propice à la multiplication des demandes de protection contre la mondialisation.
Réduire les écarts
Certains souhaitent l’instauration de droits de douanes à l’encontre de produits fabriqués dans des pays ne respectant pas un minimum de normes sociales ou environnementales. Une telle proposition aurait peu de conséquence sur la situation économique française sauf à vouloir sortir de l’Union européenne car l’essentiel du déficit extérieur est lié avant tout aux échanges avec les États membres. Nul n’imagine une sortie de l’Union ou de la zone euro. Elle poserait automatiquement un problème de change pour un pays qui accumule déficits publics et déficits commerciaux.
La solution passe donc par une montée en gamme rapide avec un effort important d’investissement tant matériel qu’immatériel. La poursuite de la politique d’allègements fiscaux en direction des entreprises semble, par ailleurs, se justifier pour réduire autant que possible l’écart avec les autres États membres, ce qui pose la question du maintien d’un niveau de protection sociale qui absorbe aujourd’hui un tiers du PIB.
On ne pouvait pas passer à côté de l’actualité américaine ! Les USA ont concentré l’attention de toute la planète ! Cette élection du 46ème président des Etats-Unis restera dans les mémoires des américains mais aussi des expats.
Dans un climat tendu et animé…
Adeline Verdier-Velten fondatrice de The Musettes a été à la rencontre de Caroline Faucher-Winter, expat et indépendante dans les relations publiques depuis de nombreuses années à New-York !
Caroline Faucher-Winter
Caroline, nous explique comment les citoyens américains, divisés ces dernières années, vivent ces élections . Un tournant pour certain, une continuité pour d’autres…Un président qui n’a, pour le moment, pas officialisé la défaite. Caroline décryptera pour nous les rouages des dépouillements et désignation des grands électeurs.
Une vie d’exapt et d’entrepreneur à New-York, avec la Covid comme toile de fond…
Si les élections ont une importance capitale pour les américains, quant est-il des expatriés français ? Covid et élections : quels sont les impacts sur ces vies françaises aux USA ? Caroline Faucher-Winter nous explique que malgré les difficultés, les mésententes, les new-yorkais sont des personnes résiliantes. Le virus impose au quotidien des locaux mais aussi des immigrés dans une nouvelle méthodologie pour aborder la vie.
Une grenade a été jetée lors d’une cérémonie commémorative du 11-Novembre à laquelle participaient le Consul général de France et des expatriés français. D’autres pays étaient présents comme le Royaume-Uni, l’Italie, et la Grèce à travers leurs Consuls.
La cérémonie annuelle commémorant la fin de la Première Guerre mondiale au cimetière non musulman de Jeddah, associant plusieurs consulats généraux dont le consulat de France, a été la cible d’une attaque à l’engin explosif ce matin, qui a causé plusieurs blessés»
Communiqué du Ministère des affaires étrangères français
L’attaque de ce mercredi 11 novembre 2020 est un nouvel attentat. Il a pour théâtre une fois de plus Jeddah, la deuxième ville d’Arabie où l’ambiance est, pourtant, relativement plus libérale qu’ailleurs dans le pays. Le G20 doit d’ailleurs être organisé dans quelques jours dans cette ville.
La France visée ?
En ce #11Novembre, je pense en premier lieu à mes compatriotes de #Jeddah qui viennent de subir un second #attentat lors des cérémonies commémorant l’#Armistice1918. Ils ont tout mon soutien et ma solidarité.
Réaction du sénateur des Français résidant hors de France Christophe Frassa
La France organisait cette cérémonie commémorative du 11-Novembre dans le cimetière non-musulman de Balad, dans le vieux Jeddah. Cependant, il est à craindre que l’ensemble du monde occidental soit dans la ligne de mire. Arnaud Lacheret (Directeur de l’Essec Bahreïn et auteur du livre « La femme est l’avenir du Golfe« .) s’inquiète d’un élargissement du mouvement des dernières semaines, des caricatures françaises à la culture occidentale.
« Il y a eu des précédents d’attentats anti occidentaux en arabie et notamment á Jeddah, et il ne faudrait pas que ça reprenne.«
Arnaud Lacheret, Directeur de la French Arabian School (Essec) Bahreïn
Des blessés grecs et saoudiens.
Douze jours après un attentat au couteau contre un garde du consulat de France à Jeddah, une nouvelle attaque a, donc, été perpétrée lors d’une cérémonie commémorative du 11-Novembre.
La grenade jetée par-dessus le mur du cimetière des non-musulmans aurait fait plusieurs blessés dont un représentant du Consulat grec mais aucun Français. Des gardes saoudiens ont également été touchés.
Ce mercredi 11 novembre 2020 férié, le confinement bouscule les commémorations de l’Armistice du 11 novembre 1918, marquées par le centenaire de l’inhumation du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe et par l’entrée au Panthéon de l’écrivain Maurice Genevoix.
La cérémonie du dépôt de gerbe sur la tombe du Soldat inconnu par le chef de l’Etat a été organisée « en présence d’un nombre très restreint d’autorités civiles et militaires », explique le ministère des Armées. « Cette cérémonie nationale ne sera pas ouverte au public mais sera retransmise en direct à la télévision. » L’après-midi, Emmanuel Macron retrouvera l’auteur et poète Maurice Genevoix, grièvement blessé pendant le Première Guerre Mondiale, pour sa panthéonisation.
Si les commémorations sont maintenues dans les différents départements de France et les ambassades, elles se dérouleront également dans un format restreint, en respectant les mesures de distanciation, et seront aussi interdites au public.
L’armistice de 1918
Le 11 novembre marque l’anniversaire du document signé entre l’Allemagne et la Triple Entente (France, Grande-Bretagne, États-Unis) pendant la première guerre mondiale, un prélude au Traité de Versailles de 1919 qui a suspendu les combats qui faisaient rage depuis quatre ans entre les deux camps. Cette date anniversaire de l’Armistice de 1918 est traditionnellement marquée par une série de cérémonies rendant hommage aux soldats de la Grande Guerre auprès des quelques 30 000 monuments aux morts édifiés dans les villes et villages français. Et le président de la République dépose une gerbe sur la tombe du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe.
Une cérémonie solennelle malgré la Covid-19
Ce mercredi 11 novembre 2020 à Paris, le président de la République, qui porte le Bleuet de France à la boutonnière, dépose une gerbe devant la statue de Georges Clemenceau, président du Conseil durant la Première Guerre mondiale. Après avoir remonté les Champs-Élysées, escorté par la Garde républicaine, il dépose une deuxième gerbe devant la tombe du Soldat inconnu, dont on fête le centenaire de l’inhumation sous l’Arc de Triomphe, avant d’en raviver la flamme. Cette cérémonie, exceptionnellement interdite au public à cause du coronavirus mais diffusée à la télévision, se déroulera « en présence d’un nombre très restreint d’autorités civiles et militaires », d’après les propos du ministère des Armées.France 2 proposera la diffusion en direct de la cérémonie nationale du 11 novembre à partir de 9h30, diffusée en simultané sur TV5 Monde, France Info et Canal 27.
Le Président de la République propose par ailleurs aux Français de rendre hommage aux morts de la Première Guerre Mondiale en portant le bleuet de France à la boutonnière et de faire un don en ligne pour les blessés de guerre et les victimes d’acte de terrorisme.
A 11 heures précises, l’heure à laquelle les combats ont été suspendus en 1918, les cloches sonnent dans tous les villages français. Les dépôts de gerbe aux monuments aux morts organisés par les municipalités se dérouleront dans un format restreint : pas plus de 10 personnes (seuls les maires, leurs adjoints et élus), dans le respect des mesures de distanciation, et sans les anciens combattants « car c’est une population qu’il convient de protéger ». Les dépôts de gerbe aux monuments aux morts seront là aussi interdits au public.
Emmanuel Macron a proposé que l’Union européenne dénonce l’Union douanière avec la Turquie. L’Union Européenne représente 55% des exportations turques et 40% de ses importations. Autant dire qu’une telle décision aurait des conséquences majeures sur l’économie et la société turque. Au sommet du Med7 la France, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce, Malte et Chypre avertissaient :
« Si la Turquie ne progresse pas sur la voie du dialogue et ne met pas un terme à ses activités unilatérales, l’UE est prête à élaborer une liste de mesures restrictives supplémentaires».
Communiqué du Med7
Depuis, l’Union européenne a relayé les mises en garde, et l’Allemagne, traditionnellement proche de la Turquie, a elle aussi condamné l’attitude d’Erdogan. Mais la Commission n’a pas engagé de sanctions directes. Emmanuel Macron l’y pousse.
Que représente la Turquie ? Un pays de 84 millions d’habitants, candidat à l’UE depuis 1987, membre de l’Otan depuis 1953, proche allié des Américains qui y entreposent un arsenal nucléaire.
Le virage d’Erdogan
La Turquie s’intègre donc bien dans le « bloc occidental » si tant est qu’il y ait un tel bloc. Ce fut le cas pendant les premiers gouvernements d’Erdogan et de l’AKP, son parti. La Turquie se voulait un modèle à la fois de réussite économique et démocratique. L’AKP s’affichait comme le pendant musulman d’une « Démocratie chrétienne » à l’italienne ou à l’allemande, un parti conservateur classique. Membre du Conseil de l’Europe, la Turquie en adoptait volontiers les recommandations pour moderniser la justice et construire un état de droit. Erdogan était allé jusqu’à commencer des négociations avec le chef historique de la minorité kurde, maintenu en prison.
Puis il y eut des répressions de plus en plus massives, un coup d’état aussi raté qu’étrange, des purges dans l’armée, l’enseignement, l’administration ; des élus, des écrivains, journalistes, hommes d’affaires, militaires emprisonnés.
Ce virage vers une démocrature s’est accompagné d’un autre : l’abandon de l’alliance occidentale pour un flirt avec les Russes, voire les Iraniens. Comme si le modèle démocratique impliquait une alliance politique, son abandon une autre alliance.
Turcs et Russes ont pourtant des intérêts divergents. L’actualité du Caucase le montre. Les Turcs encouragent les Azéris dans leur reprise de la guerre du Haut Karabakh. Comme un symbole, un hélicoptère russe a été abattu. En Syrie, les Russes frappent de temps en temps les milices payées par les Turcs pour leur rappeler les limites à ne pas franchir. En Libye, ils négocient.
Les Turcs ont acheté aux Russes des batteries S4OO. Ils ne les ont pas encore déployées en raison d’un veto des Etats-Unis. Jusqu’à présent, ils se croient tout permis, parce qu’ils savent leur importance pour les Américains, sauf à provoquer les Etats-Unis eux-mêmes. D’autant que l’économie turque s’effondre, que la livre turque a perdu 25% de sa valeur, et que, sans le soutien de la réserve fédérale américaine, la Turquie serait menacée de banqueroute. Erdogan, pour trouver un bouc émissaire, a licencié le gouverneur de la Banque centrale, qu’il avait nommé il y a peu. Cela ne confortera pas sa monnaie.
Un parfum de gaz en méditerranée orientale
Que vaut l’alliance russe ? Du gaz. Un tiers du gaz importé en Turquie vient de Russie et un quart d’Iran. C’est essentiel pour l’Iran, sous embargo économique. Essentiel aussi pour les Russes, qui exportent une partie de leur gaz par la Turquie vers l’Europe. Or en Méditerranée orientale, des gisements de gaz ont été découverts. Egyptiens, Italiens, Grecs, Chypriotes, Israéliens et maintenant Libanais discutent des droits d’exploitation et signent des accords. La construction d’un gazoduc qui alimenterait l’Europe à partir de ces gisements, celle d’un autre qui viendrait directement du Qatar menacerait directement le relais turc et le producteur russe : L’Europe pourrait (presque) se passer d’eux.
Maintenir l’agitation et la guerre en Méditerranée
Les provocations d’Erdogan, envoyant un navire de forage dans les eaux grecques pour en revendiquer la possession ne vise pas tant à exploiter des gisements qu’à empêcher quiconque de les exploiter. Tant que dure la guerre en Syrie, tant que la Méditerranée orientale est agitée, les Turcs restent un passage obligé, et les Russes peuvent vendre leur gaz aux Européens.
Projet Turkstream
De l’autre coté de l’Europe, en Mer baltique, le gazoduc Nordstream2, presque achevé, est arrêté à la suite de pressions américaines sur les entreprises concernées et les Européens. Sous prétexte d’alléger la dépendance européenne au gaz russe, les Américains vendent leur gaz de schiste par méthanier. Tant que les méthaniers arrivent en Baltique des Etats-Unis ou partent du Qatar sous contrôle américain, leur droit de regard et leur commerce sont assurés. C’est pourquoi ils ne sont pas aussi sensibles que les Européens aux menaces turques.
N’y aurait-il que du gaz ? Il y a aussi de la vraie politique, la quête insatiable de pouvoirs toujours accrus. Les Turcs, qui ne sont ni des Arabes ni des Perses, ont gouverné le monde musulman pendant des siècles. Après la première guerre mondiale, la fin de l’Empire ottoman donna naissance à la Turquie moderne, celle d’Atatürk, qui mit fin au Califat, imposa alphabet latin et … la laïcité.
Les héritiers d’Atatürk contre les nostalgiques du Califat ottoman
Les adversaires d’Erdogan sont les héritiers d’Atatürk. Aux dernières élections municipales, Istanbul et Ankara sont passés dans l’opposition, au CHP, un parti social démocrate dont le fondateur est Atatürk. Lorsqu’ Erdogan insulte le Président français, se pose en défenseur de la foi, il le fait aussi pour fustiger les « laïcards » du CHP et les faire passer pour des traîtres. Quand il transforme à nouveau Sainte Sophie en Mosquée, il rappelle le geste de Mehmet II et la gloire des Ottomans.
Nouveau palais présidentiel à Ankara
Et il vise au delà de ses frontières. Les insultes à la France ne visent pas que la France, mais surtout ses alliés arabes. En défendant le Président français, le Ministre des Affaires étrangères des Emirats Arabes Unis, Anwar Gargash, l’a clairement expliqué : « Dés qu’Erdogan voit une faille ou une faiblesse, il l’utilise pour accroitre son influence. C’est seulement quand on lui montre la ligne rouge qu’il se montre prêt à négocier ».
Les pays arabes ont rejeté l’appel au boycott d’Erdogan et prêché la modération sur les caricatures. Sur 57 pays musulmans, les manifestations contre la France ont eu lieu dans une dizaine de pays mais pas dans les pays arabes. Inde, Pakistan, Afghanistan, Bengladesh, Mali, Malaisie, Indonésie ne sont pas des pays arabes. A Beyrouth, Jérusalem, Gaza, au Koweït, au Qatar, en Irak, ce sont les Chiites ou les partis islamistes liés aux Frères musulmans qui ont manifesté et appelé, comme Erdogan, au boycott.
La rivalité est entre les Turcs et l’Arabie saoudite et ses alliés. Les Turcs se sont rapprochés de l’Iran, non seulement pour le gaz, non seulement pour museler les Kurdes, qui les gênent tous deux, mais surtout parce que l’Iran est le rival de l’Arabie saoudite dans le fondamentalisme religieux. Les Turcs ont choisi les Iraniens parce que ceux-ci, chiites, ne peuvent remplacer les Saoudiens comme leaders du monde musulman où les sunnites sont ultra majoritaires. En revanche, les Turcs, qui avaient institué le Califat à Constantinople, le peuvent. Abattre l’Arabie saoudite, démontrer qu’ils sont les valets des Occidentaux et non les serviteurs du prophète dote Erdogan d’un poids disproportionné sur la scène mondiale. L’Arabie, pense-t-il, n’a ce rôle de leader du monde musulman que parce que la Turquie y a renoncé.
La menace des réfugiés contre l’Europe
Et l’Europe ? Elle se couchera quand elle verra la puissance turque, d’où son mépris. Militairement, l’Europe, ne fera rien, elle est désunie. Pas même la France ou la Grèce, les Américains l’empêcheront. Erdogan sait que l’armée turque n’est pas compétitive face à une armée moderne. Sa flotte aérienne, sa marine ne sont pas à la hauteur. Elle ne tiendrait pas face à l’aviation israélienne par exemple, ni face aux Rafales achetés par la Grèce. Mais Erdogan ne va à la confrontation qu’avec les seigneurs de guerre, en Syrie, en Lybie, dans des conflits de milice.
Face à l’Europe, il manie la menace de ses 4 millions de réfugiés. Retenus en Turquie, entretenus par l’argent versé par l’Union européenne, la Turquie pourrait les laisser franchir la frontière, et l’Europe ferait face à une nouvelle crise migratoire.
Aylan Kurdi, enfant syrien mort lors de la crise des migrants en 2015. AFP PHOTO / DOGAN NEWS AGENCY
Mais est ce si sûr ? Et si l’Europe fermait vraiment ses frontières avec la Turquie? Et si l’Europe remettait sur la table le statut de Chypre, occupé par l’armée turque ? Et si L’Europe traitait effectivement avec Poutine et finissait Nordstream2, se dégageant du même coup de la pression américaine ? Et si elle mettait fin à l’union douanière ?
La Turquie s’appauvrit, la Turquie est isolée. Erdogan ne peut pas vraiment compter sur les Russes. Il a choisi le conflit avec la Grèce, la France, l’Italie, l’Europe entière. Il agace les Américains, dénonce Israël, l’Arabie saoudite, les Emirats dans ce qui est la nouvelle alliance du Moyen-Orient. Il s’est fait un ennemi de l’Egypte, autre grand du monde arabe, a échoué dans sa tentative de séduction des Algériens et des Tunisiens. Il peut compte sur le soutien des Frères musulmans partout dans le monde, mais aussi sur la rage de leurs ennemis, plus nombreux et plus puissants.
L’union contre les Turcs prend de l’ampleur
Pour l’instant, Erdogan diffuse autant une menace dangereuse qu’une peur salutaire. Menace dangereuse quand un Chef d’Etat justifie par ses propos la haine et la violence. N’importe quel fanatique peut les entendre comme des encouragements. Peur salutaire, parce que sans Erdogan, l’Union Européenne ne réagirait pas. Algériens, Tunisiens, Egyptiens, Grecs, Italiens et Chypriotes auraient mis plus de temps à se trouver des intérêts communs, pour la sécurité extérieure, les intérêts économiques ou l’influence des réseaux islamistes.
Les communistes avaient leurs idiots utiles, qui se croyaient des compagnons de route éclairés. L’Europe a la chance d’avoir un ennemi utile qui la pousse à s’unir et à regarder vers son avenir et son danger : la Méditerranée. A moins, évidemment, de se comporter en aveugle, comme des idiots. L’Europe a la chance de pouvoir s’affirmer comme un bloc, une puissance, face à un adversaire faible. « Sus aux Turcs », comme à Lépante, serait un cri de rassemblement. Ce serait un signe pour tous, européens, américains, russes, chinois, britanniques, etc…
Quant à la Turquie, une fois dans l’impasse, elle s’apercevra que son avenir est plus lié à l’Europe qu’à l’Iran, à la Méditerranée qu’à la Caspienne.
Laurent Dominati
Editeur de lesfrancais.press. Ancien Ambassadeur de France au Conseil de l’Europe, ancien député de Paris.
Le vin est une véritable institution en France. Boisson alcoolisée la plus consommée en France, le vin français est reconnu dans le monde entier pour sa variété et sa qualité. Avec la crise sanitaire actuelle, les nombreux événements annuels organisés pour l’arrivée du Beaujolais nouveau sont annulés dans de nombreux pays. Pourtant, la filière viticole française a de beaux jours devant elle. Petit tour d’horizon de l’importance du vin français dans le monde et focus sur 3 pays qui accueillent de nombreux expats : les Etats-Unis, le Japon et la Thaïlande.
Le vin français en quelques chiffres clé
En 2019, la France a produit plus de 4,2 milliards de litres de vin, soit 17% de la production mondiale. On compte aujourd’hui 750.000 hectares de vignes en France ce qui représente 11% de l’ensemble de la surface mondiale dédiée au vin.
La France est le 2ème pays consommateur de vin au monde avec 3,5 milliards de bouteilles, derrière les États-Unis (4,7 milliards de bouteilles) et devant l’Italie (2,6 milliards de bouteilles). En 2019, la consommation de vin dans le monde s’élève à 33 milliards de bouteilles.
Du vignoble au consommateur final, la commercialisation du vin aux États-Unis doit passer par le « Three Tier System » (Système à trois niveaux). Une fois que l’importateur et le distributeur ont pu importer le vin aux États-Unis, le détaillant va pouvoir vendre au consommateur final. On le retrouve ainsi, en liquor store principalement, mais également dans les supermarchés lorsque c’est autorisé. En effet, dans 11 états américains, la vente d’alcool est interdite dans les grandes surfaces.
Le prix d’une bouteille de vin moyen à haut de gamme se positionne entre 13 USD et 16 USD la bouteille de 75cl.
Contrairement aux États-Unis, la vente d’alcool dans les supermarchés et hypermarchés est totalement autorisée au Japon. Il s’agit même du circuit de commercialisation majoritaire puisque cela représentait 40% du volume des ventes totales en 2019. Il est aussi possible de se fournir auprès de producteurs de boissons alcoolisées comme Suntory ou Asahi, ou encore par le biais de commerçants locaux.
Le prix d’une bouteille de vin standard dans ce pays est entre 5,80 et 16,45 EUR avec un prix moyen s’établissant en 2020 à 10,30 EUR
En Thaïlande, si la vente d’alcool est autorisée, elle est tout de même très réglementée. Effectivement, celle-ci ne peut avoir lieu qu’entre 11h00 et 14h00 ainsi qu’entre 17h et minuit. Par ailleurs, la vente d’alcool est interdite à l’occasion des fêtes bouddhistes et des élections. Pour l’achat, les détaillants sont les principaux lieux de vente avec plus deux tiers du volume des ventes totales à leur actif. Grâce à des chaînes comme Tesco Lotus ou Villa Market, l‘offre en grande distribution s’agrandit de plus en plus.
Le prix d’une bouteille de vin milieu de gamme dans ce pays est entre 8,55 et 25,62 EUR avec un prix moyen s’établissant en 2020 à 17,10 EUR, soit l’un des plus élevés du monde.
Tout d’abord, le vin français possède une renommée internationale qui contribue au maintien de son exportation. En effet, « l’art de vivre » à la Française est reconnu et mis en avant dans les films ou encore les séries. Au-delà de l’image véhiculée par la consommation du vin, on retrouve une véritable diversité de l’offre française, notamment parmi les vins de luxe. Cela permet ainsi à la France de s’affirmer comme référence sur le marché du vin à l’international. Ainsi, le « Made In France » s’apparente comme l’atout premier que les producteurs utilisent afin de se mettre en avant à l’international.
En conclusion, le marché du vin français dans le monde se porte bien. La France est ainsi reconnue pour son savoir-faire et la qualité des vins qu’elle propose. Les exportations augmentent chaque année et malgré la crise, le vin reste un produit français qui a de beaux jours devant lui.
Cent-deux ans après l’Armistice de 1918, l’entrée au Panthéon de Maurice Genevoix, inoubliable chroniqueur de l’horreur des tranchées, sera le fait marquant du 11 novembre commémoré cette année en plein confinement.
Cette cérémonie, qui clôturera le centenaire de la Grande Guerre, commencera par le traditionnel hommage au Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe, en petit comité de 30 personnes maximum.
Les mêmes causes ayant les même effets, les cérémonies à l’étranger sont aussi, pour la plupart, en mode restreint. Il est regrettable qu’aucun poste diplomatique n’est prévu d’organiser une retransmission, à destination de leurs administrés, via les différents canaux possibles et souvent gratuits (vidéoconférences, plateforme en ligne, réseaux sociaux).
Comme à Bruxelles, où l’ambassadrice Mme Hélène Farnaud-Defromont recevra les élus et les responsables administratifs dans les jardins de l’ambassade.
Pourtant il existe des zones où la Covid-19 lâche son emprise. Comme à Hong_kong, où le Consul général Alexandre Giorgini et des représentants du Souvenir Français accompagnés d’un ami de la France, un américain vétéran de la seconde guerre mondiale, ont rendu hommage aux combattants de la liberté morts entre 1914 et 1918.
100 ans sous l’arc de Triomphe pour le Soldat inconnu
Et cette année, Emmanuel Macron célèbre le centenaire de l’inhumation de celui qui les représente tous, le Soldat inconnu, décidée en 1920 à l’initiative du parlement.
Sous l’Arc seront placés les huit étendards des régiments qui ont connu des morts au combat depuis le dernier 11 novembre, ainsi que l’étendard du 106e régiment d’infanterie, celui de Maurice Genevoix et de « ceux de 14 » décrits par l’écrivain.
Maurice Genevoix
La commémoration se poursuivra à 18H00 par l’entrée au Panthéon de la dépouille de Maurice Genevoix, que le président s’était engagé durant son « itinérance mémorielle » de 2018 à faire inhumer dans la nécropole laïque des « grands hommes » de la République.
Avant le Panthéon, le cercueil de Genevoix, qui était jusque là enterré au cimetière de Passy à Paris, a été exposé ce week-end aux Eparges, près de Verdun, là où il fut grièvement blessé en 1914. Le cercueil devait ensuite passer la nuit de mardi à mercredi à l’Ecole normale supérieure à Paris, dont Maurice Genevoix a été l’élève avant d’être mobilisé.
Une panthéonisation sous l’air de la Covid-19
Il rejoindra enfin dans la crypte les 70 hommes et 5 femmes inhumés dans le bâtiment, symbolisant l’entrée avec lui des Poilus de la Grande Guerre.
Sa panthéonisation sera célébrée à la fois en extérieur, avec une illumination de la façade en l’honneur de l’auteur, mais aussi à l’intérieur de la crypte, où seront inaugurées six sculptures du plasticien allemand Anselm Kiefer, les premières nouvelles oeuvres installées au Panthéon depuis un siècle.
En accompagnement sonore, une oeuvre du musicien Pascal Dusapin, mêlant un choeur et l’enregistrement de 15.000 noms de soldats morts durant la guerre, représentatifs de tous ceux tombés au combat. Soixante-dix haut-parleurs ont été disséminés dans le Panthéon, créant un mouvement du son inédit.
Emmanuel Macron, qui veut faire du Panthéon le « temple de notre spiritualité républicaine », a décidé pour cette panthéonisation de passer « une commande publique d’une ampleur exceptionnelle » -un million d’euros environ- auprès de « deux artistes profondément européens », explique l’Elysée.
Le président terminera par un discours où il devrait mettre l’accent sur la « résilience », la capacité des Français à surmonter les tragédies, comme un fil rouge entre 1914 et les « épreuves » actuelles que sont l’épidémie de coronavirus et les attaques terroristes de ces dernières semaines.
De 1914 à 2020
« Le président de la République tient beaucoup à ce qu’on honore les héros à hauteur d’hommes, qui n’ont jamais flanché dans l’épreuve et ont fait bloc », une occasion de « créer une histoire, un imaginaire commun »
Elysée
« Entre ceux de 14 et ceux de 2020, la continuité c’est que les démocraties affrontaient les empires, en 2020, les démocraties affrontent la pandémie, le séparatisme, le terrorisme. Mais au fond, on se bat pour les mêmes valeurs », selon l’Elysée
Elysée
C’est dans ce même esprit qu’Emmanuel Macron commémorait lundi à Colombey-les-deux-Eglises le 50e anniversaire de la mort du Général de Gaulle, qui incarnait, comme il l’a tweeté, « Résilience et volonté », « dans les moments de douleurs comme dans ceux de gloires ».
Ce doublé mémoriel permet au chef de l’Etat de mettre en avant des figures de héros consensuels, ce qu’il juge indispensable en cette période de crise.
« Ces séquences ont été maintenues malgré la pandémie car le président considère qu’il est important de maintenir les grands moments de communion nationale et de rassembler les Français en tant que nation », conclut l’Elysée.
Depuis le début de la pandémie, Emmanuel Macron insiste sur ce même message d’unité, face aux critiques et divisions autour de sa gestion de la crise et face à un niveau de méfiance toujours très élevé.
Le Premier ministre britannique Boris Johnson a essuyé lundi soir (9 novembre) un revers à la Chambre haute du Parlement face à sa volonté de pouvoir s’affranchir de certains aspects de l’accord de Brexit, au début d’une nouvelle semaine cruciale de négociations avec Bruxelles sur leurs futures relations commerciales.
A l’issue d’une série de votes, les Lords ont sévèrement décidé d’expurger d’un projet de loi du gouvernement conservateur les dispositions qui lui permettraient de passer outre certains de ses engagements notamment quant aux protocole nord-irlandais conclu avec l’UE. Il s’agissait de l’un des sujets les plus épineux lors des négociations il y a un an pour trouver une solution qui évite le retour d’une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande, qui fait partie des 27.
A peine les Lords ont-ils voté lundi soir qu’un porte-parole du gouvernement a annoncé que celui-ci réintroduirait les clauses écartées lorsque le texte reviendra devant les députés à la Chambre des Communes, où Boris Johnson dispose d’une très large majorité. Ces clauses représentent « un filet de sécurité juridique pour protéger l’intégrité » du marché intérieur entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord, ainsi que le processus de paix qui a mis fin à trois décennies de violences en 1998, a souligné le porte-parole dans un communiqué.
« Si le Royaume-Uni adopte une loi conçue pour enfreindre le droit international », « alors il n’y aura pas d’accord commercial ».
« L’UE ne peut pas ratifier un nouvel accord pendant que le Royaume-Uni légifère pour violer un accord précédent », a-t-il ajouté, « la confiance et la bonne foi comptent ».
le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney sur tweeter le 08/11/2020
Dénonçant une violation du traité de Brexit, Bruxelles avait déclenché une procédure d’infraction face au refus de Londres de retirer les dispositions litigieuses.
En cas d’accord commercial, elles n’auraient de fait plus lieu d’être, le gouvernement Johnson les considérant comme une assurance dans l’hypothèse d’un échec.
Racines irlandaises
En plein pourparlers, l’irruption de ce texte avait provoqué une poussée de fièvre.
Il ne reste plus que quelques jours à Londres et Bruxelles pour tenter de combler les divergences dans leurs négociations, lancées après que le Royaume-Uni a quitté officiellement l’Union européenne le 31 janvier.
La mi-novembre apparaît comme la date limite afin de pouvoir ratifier à temps un accord qui entrerait en vigueur le 1er janvier 2021, à la fin de la période de transition mise en place pour laisser le temps de négocier un accord.
Le projet de loi britannique représente également un sujet délicat entre le dirigeant conservateur et le président américain élu Joe Biden, au moment où Londres cherche à négocier un traité de libre-échange avec Washington.
« Nous ne pouvons pas permettre que l’accord du Vendredi Saint, qui a apporté la paix en Irlande du Nord, devienne une victime du Brexit » avait averti en septembre Joe Biden, qui affiche fièrement ses racines irlandaises.
Souplesse sur la pêche ?
Le négociateur européen Michel Barnier est arrivé lundi à Londres pour poursuivre les discussions, alors que la crise du nouveau coronavirus frappe durement l’économie. « Nous redoublons d’efforts pour parvenir à un accord sur l’avenir », a-t-il tweeté lundi matin.
L’émissaire des 27 a identifié trois « clés » pour débloquer les négociations dont « le respect de l’autonomie de l’UE et de la souveraineté britannique ».
Il a aussi souligné la nécessité de « garanties solides d’un commerce et d’une concurrence libres et équitables » et d’un « accès stable et réciproque aux marchés et aux possibilités de pêche dans l’intérêt des deux parties ».
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre britannique Boris Johnson avaient fait le point sur les discussions samedi, relevant « de grandes divergences », notamment sur la pêche et les garanties que réclame l’UE en matière de concurrence.
Londres pourrait faire preuve de souplesse sur la pêche, a toutefois laissé entendre lundi le ministre de l’Environnement, George Eustice, évoquant la possibilité d’accords qui « pourraient couvrir deux, trois ans par exemple ».
Faute d’accord, les échanges entre Royaume-Uni et Union européenne seraient régis par les règles de l’Organisation mondiale du commerce, synonymes de droits de douane et de quotas.
Le Président algérien, Abdelmadjid Tebboune, atteint du coronavirus est soigné en Allemagne, à Cologne. Il va bien, dit son entourage. Mais comme plus personne ne croit les communications officielles, chacun y va de sa rumeur. D’autant que personne ne savait qu’il était parti. Comment a-t-il pu voter au Référendum auquel il tenait tant ? Par procuration, sans doute. Et qui dirige en son absence ? Le souvenir de Bouteflika est revenu, à moins qu’il ne soit jamais parti.
23,7% d’Algériens se sont déplacés pour approuver la nouvelle Constitution. A Alger, des forces de police avaient été déployées. En Kabylie, des incidents ont eu lieu la veille du scrutin. A Tizi Ouzou, le taux de participation a été de 0.07%. Jamais il n’y eut une participation officiellement si faible depuis l’indépendance : une gifle.
Jamais une si faible participation, ni une si grande transparence
Et encore, sur ces 23,7%, seulement 66,8% ont dit oui. Ce qui est peut-être une bonne nouvelle : le pouvoir ne maquille pas les chiffres. Lors de l’élection présidentielle, la participation, déjà considérée comme faible, avait été évaluée à 40%. L’honnêteté de la publication des résultats montre que quelque chose, doucement change.
La réforme de la Constitution se voulait une réponse au Hirak, qui réclame de mettre fin au « système ». Le seul changement est dans cette franchise de reconnaitre le peu d’enthousiasme des Algériens pour cette réforme. On peut comprendre le désarroi du pouvoir. Comment démocratiser si les Algériens ne croient pas aux élections ? Pour l’instant, de l’opposition, les seuls à avoir accepté le vote sont les Islamistes du MSP (Mouvement de la société pour la paix). Mais peut-être la dissolution de l’Assemblée et des élections ouvertes permettraient de débrider le blocage.
Comment faire émerger un système politique crédible ? Le Président algérien peut surprendre. Après tout, il n’a rien à perdre. Il sait que le « système » est désormais incapable de s’opposer à lui. Il a mis en prison, pour cause de corruption, une partie des cadres de l’ancien régime, se conciliant ceux qui restent en place. L’armée n’a plus de chef incontestable. La mouvance islamiste a perdu de sa force. A 74 ans, il pourrait devenir autre chose qu’un Président de transition, un paravent de fortune, et construire peu à peu une vraie démocratie.
Le Président pourrait libérer les journalistes en prison
Les Algériens ont parfaitement compris que la démocratie ne se réduisait pas seulement au vote. Cela commence par la liberté, et notamment la liberté d’opinion. Le Président pourrait donner ces premiers signes, et libérer la centaine de journalistes qui sont en prison, et permettre les journaux critiques. L’Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 de Reporters Sans Frontières. D’autant que la nouvelle Constitution est censée garantir la liberté de la presse.
Il pourrait, comme l’avait fait le roi du Maroc il y a des années, choisir de nommer à la tête du gouvernement un opposant : Un moyen d’ouvrir le système sans prendre le risque d’un dérapage. Cela risque de créer beaucoup d’agitation, mais l’inverse risque d’en créer aussi, teintée, qui plus est, de désespoir. Car l’économie algérienne souffre.
Bientôt l’impasse financière
En 2020, selon le Fonds Monétaire International, le PIB devrait chuter de 5.5%. Le déficit commercial plongerait de -17%, ce qui est logique avec l’effondrement du prix des hydrocarbures. Les réserves de change baissent, le temps est compté. A la fin de l’année 2021, le gouvernement sera dans une impasse financière.
Il devra alors réduire les subventions aux produits de base s’il ne veut pas emprunter sur les marchés internationaux. Mais le voudrait-il qu’il n’est pas sûr de pouvoir le faire. Il a refusé l’accord avec l’Union Européenne, qui, il est vrai, provoquerait un choc de compétitivité. D’un autre coté, l’Algérie en a besoin. Pour l’instant, la loi de finances annonce un redressement de l’économie auquel personne ne croit. S’aveugler ne résoudra rien.
Lorsque le Président Tebboune reviendra de Cologne, il aura des choix difficiles à faire. Pour sortir l’Algérie de l’impasse, il lui faut le soutien le plus large, il ne peut le trouver qu’en associant l’opposition. Pour sortir du piège économique, il doit ouvrir le pays, et les seuls capables, à long terme, d’être des partenaires pour l’Algérie sont l’Europe, et en premier lieu la France.
Trouver le soutien le plus large, en Algérie et en Europe
Le quai d’Orsay a refusé de commenter les résultats du referendum, alors que Jean Yves Le Drian avait, à Alger, le 15 octobre exprimer le souhait que se concrétisent « les souhaits du Hirak dans les institutions », ce que prétendait faire le Président Tebboune avec son référendum. Une façon de contenter tout le monde.
Gérald Darmanin est en visite à Alger ce samedi, surtout pour évoquer la coopération en matière de lutte contre la radicalisation, de terrorisme et d’immigration. Gérald Darmanin, petit fils de harki, aura sans doute droit à un accueil particulier : C’est une chance à saisir.
L’Algérie pourrait être un des pays les plus riches d’Afrique et de Méditerranée. Il peut être le pivot d’une alliance nord/sud. Il faut avoir le courage de tourner le dos au passé, parier sur la démocratie, l’ouverture et la jeunesse. Un vieux président, mal élu, atteint par le coronavirus en est il capable ? Avec 75% d’abstention, y-a-t-il un autre choix ? Sans changement de fond, l’Algérie restera malade, de plus en plus.