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  • La BCE engage la guerre contre l’inflation 

    La BCE engage la guerre contre l’inflation 

    Avec une zone euro confrontée à une montée de l’inflation qui s’accompagne, par ailleurs d’écarts importants entre les États membres, la BCE a décidé de relever ses taux directeurs de 75 points de base. 

    À l’exception d’un ajustement technique en 1999, au moment de la création de l’euro, jamais la BCE n’avait procédé à un tel relèvement. Le taux de dépôt passe ainsi de 0 à 0,75 %, celui de la facilité de refinancement de 0,5 à 1,25% et celui de la facilité de prêt marginale à de 0,75 à 1,50 %. En juillet, pour la première fois depuis 2011, la BCE avait procédé à une première augmentation de 50 points de base. Les taux sont désormais à leur plus haut niveau depuis 10 ans. 

    Les bourses saluent, pour une fois, la remontée des taux 

    Si en règle générale, le relèvement des taux ne profite pas aux actions, celui décidé par la BCE mercredi 7 septembre a été bien accueilli car il témoigne de sa volonté de lutter contre un fléau qui menace les fondements de la zone euro. Le CAC 40 affiche ainsi sa première hausse hebdomadaire depuis la mi-août. Il a gagné 0,73 % au cours des cinq dernières séances, une progression lui permettant de passer au-dessus des 6.200 points. L’Eurostoxx a gagné de son côté 0,72 % sur la semaine. Aux Etats-Unis, les indices actions ont renoué avec la hausse avec un gain de plus de 4 % pour le Nasdaq. 

    Sur le marché des changes, les mesures de la BCE n’ont pas eu d’effet sur le taux de change de l’euro. La devise unique est tout juste à parité avec le dollar, handicapée par la révision à la baisse des projections de croissance de la zone euro. Pour les banques, la hausse des taux est une bonne nouvelle, comme elle l’est pour les assureurs et les entreprises financières. Aux États-Unis, une augmentation de 75 points de base est attendue pour la prochaine réunion de la FED prévue le 21 septembre prochain.

    L’action de la BCE s’inscrit dans le mouvement global de hausse des taux. Une quarantaine de banques centrales ont ainsi relevé les leurs pour contrer la vague inflationniste.

    Hausse des prix : des écarts importants entre les États membres 

    La BCE n’a pas décidé une diminution de son bilan en ne réinvestissant pas la totalité des remboursements des titres de son portefeuille arrivés à échéance. Cette décision aurait eu pour risque d’engendrer une forte hausse du rendement des emprunts d’État et des écarts de taux au sein de la zone euro. La décision de la BCE était attendue compte tenu de l’évolution de l’inflation qui a atteint 9,1 % au mois d’août. Les écarts importants entre les États membres sont une source de tension qui nécessite de la part de la BCE un pilotage fin mais qui démontre l’attachement de l’institution à la maîtrise des prix. 

    En Estonie, l’indice des prix progresse de 25,2 % en rythme annuel en août, contre 6,5 % en France. Pour l’ensemble de l’année, la BCE a revu ses projections à la hausse avec un taux d’inflation atteignant 8,1 % en 2022 avant de revenir à 5,5 % en 2023 et à 2,3 % en 2024. 

    Christine Largarde – Présidente de la Banque Centrale Européenne (BCE)

    Refroidir l’économie européenne

    En relevant ses taux, la BCE souhaite refroidir l’économie européenne et éviter la transmission de l’augmentation des prix de production sur les salaires et les prix finaux. S’il n’a pas d’incidence immédiate sur le prix des produits importés, ce relèvement devrait peser sur la demande et donc contraindre les entreprises à la modération en matière tarifaire. La consommation devrait être freinée par le jeu du crédit et l’investissement. 

    Le ralentissement des économies occidentales devrait réduire la demande en énergie et en matières premières, ce qui devrait contribuer à la baisse de leurs cours comme cela est constaté depuis plusieurs semaines pour le pétrole.

    La BCE prévoit de continuer à augmenter les taux d’intérêt

    La hausse des taux directeurs se traduira par celle des taux d’intérêt des emprunts des particuliers, des entreprises et des collectivités publiques. En contrepartie, les produits d’épargne de taux (obligations, livrets) seront mieux rémunérés. Les actions comme l’immobilier pourraient, en revanche, souffrir de ces ajustements qui pourraient se poursuivre dans les prochains mois. Le Conseil des gouverneurs de la BCE prévoit, en effet, de continuer à augmenter les taux d’intérêt.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 13.09.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 13.09.22

    Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le flash info des expatriés de ce mardi 13 septembre. Aujourd’hui nous revenons sur le débat entre les élus des Français de l’étranger, le lancement de la campagne STAFE et le débat autour des drapeaux français en berne en hommage à la reine d’Angleterre. 

    Vos élus analysent les propositions d’Olivier Becht

    Les élus des Français de l’étranger ont débattu pendant près de quarante minutes sur les ondes de votre radio ! Dans un débat organisé conjointement par StereoChic et la rédaction de Lesfrancais.press, ils ont analysé les propositions d’Olivier Becht. La digitalisation des administrations, une fausse bonne idée ? Le recalcul des bourses scolaires, un sparadrap ou une vraie solution ? Ou encore, le Conseil consulaire, que faire de cette instance ? Tant de questions abordées mais débattues dans l’écoute et le respect des opposants. Un podcast à retrouver sur Lesfrancais.press. 

    Lancement de la campagne STAFE 2023

    La campagne STAFE 2023 vient d’ouvrir ! Après des mois de discorde entre les élus et les associations d’un côté et l’administration de l’autre, Olivier Becht a promis de simplifier et démocratiser les règles du dispositif. Mais malheureusement, refonder un système prend du temps, et ça ne sera donc pas pour cette année. Cependant, vous pouvez toujours présenter votre projet pour cette nouvelle campagne. Point bon à savoir : cette année, les projets d’associations bénéficiant à des entrepreneurs ou auto-entrepreneurs, recevront une attention toute particulière ! 

    campagne STAFE
    Campagne STAFE

    Mise en berne des drapeaux en hommage à la reine d’Angleterre, le débat

    Est-ce que la loi peut obliger les maires à mettre en berne le drapeau de leur mairie pour un souverain étranger ? C’est la question du moment. Au lendemain de la mort de la reine Elizabeth II, le gouvernement a, en effet, appellé les maires de France à mettre en berne leur drapeau afin de lui rendre hommage. Mais tous n’ont pas accepté. Alors que dit la loi ? Eh bien pas grand chose. Selon un avocat en droit constitutionnel interrogé par BFMTV, « la mise en berne reste un acte très symbolique » et les mairies étant des monument communaux et non-nationaux, les élus peuvent faire ce qu’ils veulent. 

    C’est terminé pour aujourd’hui. On se dit à demain pour un nouveau flash. Très bonne journée, où que vous soyez ! 

    Écoutez le flash info des expatriés

  • Les Français rendent hommage à la Reine

    Les Français rendent hommage à la Reine

    Ce lundi 12 septembre, presque trois jours après le décès de la Reine Elizabeth II, il y a toujours beaucoup de monde dans les rues de Londres alors que l’actualité se passe en Écosse.
    Il faut presque deux heures pour accéder à Buckingham Palace pour déposer des fleurs à Green Park. Les gens veulent tenter d’apercevoir pour l’acclamer le nouveau roi Roi Charles III qui se déplace en voiture de Clarence House à Buckingham Palace.

    En parallèle, le corps d’Elizabeth II va être exposé au public en la cathédrale Saint-Gilles d’Edimbourg pendant 24 heures avant de rejoindre Londres.
    Nous avons voulu interviewer les Français du Royaume-Uni pour connaitre leur état d’esprit.

    Dès jeudi soir à Londres (jour du décès de la Reine), près de Buckingham Palace, le Mall, la place devant le mémorial de la Reine Victoria et les rues aux alentours ont été rendues piétonnes. Il y avait des touristes et beaucoup de Britanniques arrivant avec des bouquets de fleurs pour rendre hommage à leur Reine pendant 70 ans. L’ambiance était chaleureuse et des personnes chantaient des chants et scandaient même « Vive le Roi ! » Parmi eux, de nombreux Français, bi-nationaux ou non.

    Beaucoup de jeunes dans la foule

    Dans la place devant Buckingham Palace se trouvait, quelques heures après l’annonce, une jeune fille, Inès, venue rendre hommage à la Reine Elizabeth II. “Après qu’on a su que la Reine était morte, on est tous venus voir ce qui s’est passé et voir la réaction des gens, déposer des bouquets de fleurs aussi. Moi et ma famille on est tous nés sous le règne de la Reine. D’avoir quelqu’un qui n’est plus là est assez bouleversant je trouve.”

    Le Jubilé, une communion partagée par tous

    Au fil des déambulations dans les rues de la capitale britannique, la plupart des personnes se remémorent le Jubilé de juin. Christophe partage avec nous son souvenir :

    “Après 27 ans passés en Angleterre, je pense il est important de montrer notre respect lors du départ de la Reine qui va laisser à mon avis un grand vide. Le Jubilé nous a tous ravis où nous étions au même endroit pour la soutenir et la soutenir aussi suite au décès de son mari. Elle est aujourd’hui partie le rejoindre.”

    “J’ai rencontré la Reine en 2014”

    Autre Français, Jean-Pascal Sibiet, qui nous a déclaré que “la Reine faisait partie des institutions depuis l’après guerre et de notre histoire (Reconstruction, Churchill, Union européenne, Concorde, Eurostar, Indiref et finalement Brexit). Je ne l’ai rencontrée que lors de la Visite d’Etat en 2014, à l’invitation de Lord and Lady Ricketts (ancien Ambassadeur de la Grande-Bretagne en France), une présence ionisante. »

    Beaucoup de Français semblent porter une affection à la défunte Reine, un sentiment très paradoxale en République. Les Français aiment probablement beaucoup le symbole d’une monarchie constitutionnelle qui n’a jamais été possible en France. La question est de savoir si cette affection va se reporter sur Charles III.

    30 heures d’attente

    Toujours sur le Mall mais quelques jours après, Miguel nous a confié que c’était important de suivre la proclamation du Roi.

    « C’est un moment important pour l’Europe et tous les pays qui constituent son unité. J’ai bien aimé la partie qui montrait l’amour dont le peuple avait pour sa Reine. C’était une Reine proche de son peuple. Durant son règne elle montrait des qualités de bonne régente qui a pris le temps de parler et d’être avec son peuple tout en suivant ses traditions.« 

    Du coté des autorités, on prévoit jusqu’à 30 heures d’attente pour voir le cercueil d’ Elizabeth II, exposé au Westminster Hall à Londres à partir de ce mercredi. De nombreux Français ont prévu de faire le déplacement.

    Une inquiétude subsiste en ces temps troubles, ainsi tant les Britanniques que les Français du Royaume-Uni espèrent que Charles III sera un bon roi. On se souvient de la visite de Emmanuel Macron à Londres le 18 juin 2020, Charles avait fait un très bon discours dans un excellent français, une langue que maîtrisait à la perfection sa mère.

  • Lancement de la campagne STAFE 2023

    Lancement de la campagne STAFE 2023

    Olivier Becht, dans l’interview exclusive du 11 septembre sur Lesfrancais.press, est longuement revenu sur le dispositif STAFE. Héritier et remplaçant de la réserve parlementaire, ce dispositif de soutien au tissu associatif français à l’étranger devait rendre l’attribution des subventions aux associations de Français de l’étranger plus transparente et équitable. Après des premières années difficiles, le « clash » entre élus et associations d’un côté et administration de l’autre a eu lieu lors des résultats de la campagne 2022.

    Un dispositif détourné par l’administration

    En effet lors de la commission du vendredi 11 mars, 110 dossiers avaient été rejetés alors que plus de 60 % du budget n’avait pas été alloué et que le reste était distribué à ses associations-filles par l’administration consulaire. Pour la première fois, les conseillers des Français de l’étranger ont exprimé leur frustration et leur mécontentement concernant ces prises de décisions lors de la session plénière de l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE). Bonne pioche ! En pleine période électorale, le ministre des Français de l’étranger en poste à cette date, Jean-Baptiste Lemoyne, était intervenu et avait imposé une deuxième commission qui avait rectifié le tir.

    Pour cela, les conseillers des Français de l’étranger qui y siègent ont pu faire en sorte, avec le soutien de l’exécutif, que les dossiers des associations citoyennes à l’étranger soient récupérés et approuvés, mais sur le fonctionnement aucun changement n’a été fait.

    Simplifier et démocratiser le STAFE

    L’actuel Ministre des Français de l’étranger, Olivier Becht, dans son interview exclusive sur Lesfrancais.press, est longuement revenu sur cette épisode. Il a promis une refonte des règles du dispositif afin que l’accès à ce programme de subvention soit plus simple et à la portée de tout acteur du tissu associatif des Français de l’étranger.

    Une bonne nouvelle pour les associations, souvent gérées par de simples citoyens qui ne disposent pas forcément des compétences nécessaires pour remplir le dossier actuellement demandé.

    Cependant, même si le gouvernement veut aller vite, il sera difficile de modifier en cours de route les critères d’attribution alors que la campagne STAFE 2023 s’est ouverte ce lundi 12 septembre dans le monde entier.

    STAFE 2021

    Les critères 2023 : soutien aux entrepreneurs

    Les critères et le budget 2023 s’alignent donc sur ceux de 2022 avec une thématique mise en relief. Il faudra donc pour être retenu que les projets, présentées par des associations de droit local ou français, devront bénéficier directement à nos compatriotes établis à l’étranger. L’objet du projet pourra être de nature éducative, caritative, culturelle ou d’insertion socio-économique, dès lors qu’il présente un bénéfice concret aux Français de l’étranger.

    Attention, cette année une attention toute particulière sera portée sur les projets d’association bénéficiant à des entrepreneurs ou autoentrepreneurs. Est- ce que cela impliquera que tous les autres thèmes seront rejetés ? On ne le sait pas mais à l’annonce de cette recommandation, nombres d’associations se sont inquiétées car elles sont peu nombreuses à accompagner les chefs d’entreprises, qui par essence, sont souvent autonomes.

    Les règles usuelles, elles, continuent de s’appliquer :

    • La subvention ne doit pas être la seule source de financement du projet. Le maximum est fixé à 50%. De manière exceptionnelle, ce taux est plafonné à 80% pour les petites associations dont le budget global n’excède pas 10 000 € et qui sollicitent une subvention inférieure à 2 000 € au titre du projet.
    • Le montant sollicité doit être inférieur à 20 000€.
    • Le budget annuel global (recettes totales 2020) de l’association ne devra pas excéder 1 M€.

    Pour présenter votre dossier, vous avez jusqu’au 18 novembre 2022. Il est à retirer et à remettre auprès du consulat ou du poste diplomatique dont vous dépendez. Certains Conseillers consulaires organiseront des sessions d’accompagnement, n’hésitez pas à les contacter (les coordonnées sont dans la rubrique « élus » des sites des consulats et ambassades).

  • Crainte d’une crise de liquidités « sans précédent » en Europe

    Crainte d’une crise de liquidités « sans précédent » en Europe

    Le secteur de l’électricité est confronté à une « tempête parfaite », avec des prix du gaz très élevés qui frappent les marges des compagnies d’électricité européennes à un moment où plus de 100 milliards d’euros d’investissements sont nécessaires chaque année pour assurer la transition écologique, selon le secteur.

    La flambée des prix du gaz ne nuit pas seulement au pouvoir d’achat des ménages, elle soumet également les entreprises d’électricité à une « pression sans précédent sur les liquidités », ce qui déclenche des « appels de marge extrêmes », a déclaré Kristian Ruby, secrétaire général d’Eurelectric, l’association européenne du secteur de l’électricité.

    « Si le prix augmente d’un facteur 10, vous avez soudainement besoin d’une énorme quantité de liquidités pour couvrir vos garanties. Et ce n’est pas quelque chose auquel vous pouvez échapper », a-t-il déclaré à EURACTIV.

    Les entreprises de services publics vendent la majeure partie de leur électricité plusieurs années à l’avance pour garantir un certain prix, dans le cadre d’un accord qui les oblige à déposer une « marge minimale » sur un compte comme dispositif de sécurité en cas de défaillance avant que l’électricité ne soit produite et n’entre effectivement sur le marché.

    Un appel de marge se produit si les fonds sur le compte sont inférieurs à la marge minimale requise pour une transaction, ce qui oblige la société à la garantir avec davantage de liquidités.

    Les prix de l’électricité sur le marché de gros ont bondi de 532 % entre janvier 2021 et août 2022 à cause de la baisse de l’approvisionnement en gaz, selon le baromètre de l’électricité d’Eurelectric, dévoilé mercredi 7 septembre.

    « Et cela déclenche une augmentation proportionnelle du besoin de garanties », a déclaré M. Ruby.

    Il a refusé de chiffrer le montant des garanties ainsi obtenues, affirmant que les entreprises concernées préféraient garder ces chiffres confidentiels. Mais selon le grand groupe énergétique norvégien Equinor, le montant des capitaux nécessaires pour couvrir ces transactions atteindrait au moins 1,5 milliard de dollars.

    Un autre indicateur est la quantité de liquidités sur les marchés à terme, qui a chuté de 40 %, selon M. Ruby. « Et qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que ces énormes collatéraux font fuir les investisseurs. Personne n’a la capacité de faire face à ces énormes exigences en matière de garanties. » 

    Le manque de liquidités n’est pas seulement un problème pour les entreprises du secteur de l’énergie. Il risque également de faire dérailler la transition écologique de l’UE, qui repose sur l’électrification rapide des usages finaux tels que le transport et le chauffage.

    Pour atteindre les objectifs de décarbonisation fixés par l’UE, l’investissement annuel dans de nouvelles installations de production d’électricité propre devra atteindre 98 milliards d’euros entre 2030 et 2050, selon Eurelectric. Et 34 à 39 milliards d’euros supplémentaires seront nécessaires pour les nouveaux réseaux de distribution d’électricité, ajoute l’association.

    « C’est pour cette raison qu’il est essentiel de renforcer la confiance des investisseurs par le biais d’un cadre d’investissement fiable et favorable aux entreprises », a déclaré Eurelectric, qui a exhorté les gouvernements à « s’arrêter et réfléchir avant de poursuivre des interventions sur le marché qui nuisent à la confiance des investisseurs ».

    électricité
    Kristian Ruby, secrétaire général d’Eurelectric, a déclaré que les entreprises électriques sont soumises à une pression « sans précédent » – © Wikimedia Commons

    Un moment Lehman Brothers?

    Le manque de liquidités a déjà frappé certaines grandes entreprises européennes d’électricité, qui ont été poussées à la faillite.

    Au cours du week-end, la Finlande et la Suède ont annoncé leur intention d’offrir des milliards d’euros de garanties de liquidités aux entreprises d’électricité qui croulent sous la pression de la hausse des prix du gaz.

    « Les conditions sont réunies pour une forme de Lehman Brothers du secteur de l’énergie », a déclaré le ministre finlandais des Affaires économiques, Mika Lintila, en référence à l’effondrement de la banque d’investissement américaine, qui a déclenché la crise financière mondiale en 2008.

    D’autres entreprises européennes ont dû être secourues en raison de problèmes de liquidités, notamment l’entreprise allemande Uniper et l’entreprise autrichienne Wien Energie, tandis qu’au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre mettra 40 milliards de livres à la disposition des entreprises énergétiques en difficulté.

    Vendredi (9 septembre), les ministres de l’Énergie de l’UE se sont réunis à Bruxelles pour examiner les options permettant de freiner la flambée des prix de l’énergie, y compris le plafonnement des prix du gaz et les lignes de crédit d’urgence pour les acteurs du marché de l’énergie.

    Parmi les options envisagées figurent des mesures visant à accroître la liquidité du marché, telles qu’une « ligne de crédit immédiate » pour les entreprises énergétiques en difficulté, « par exemple par le biais de la Banque centrale européenne », ou une « suspension temporaire des marchés dérivés européens de l’électricité », selon un document diffusé par la présidence tchèque de l’UE.

    À Bruxelles, la Commission européenne a déclaré qu’elle était parfaitement consciente du besoin de garanties dans le secteur de l’électricité.

    « Et cela exige d’aider les entreprises à stabiliser cette situation », a déclaré un haut fonctionnaire de la Commission européenne lors d’un point de presse mercredi (7 septembre).

    En mars, la Commission européenne a modifié ses règles provisoires relatives aux aides d’État en cas de crise, accordant aux gouvernements nationaux une plus grande marge de manœuvre pour soutenir les entreprises touchées par la guerre en Ukraine.

    « Il existe une disposition spécifique pour la fourniture d’un soutien de liquidités, qui jusqu’à présent ne précisait que la possibilité de prêts, et nous allons l’étendre avec une procédure pour les garanties », a déclaré le fonctionnaire. « Nous allons rendre cela encore plus facile en modifiant le cadre temporaire ».

    Fortum, une entreprise finlandaise du secteur de l’énergie qui est elle-même confrontée à des problèmes de liquidités, a déclaré dans un document de recommandation politique que son objectif était désormais d’obtenir des modifications du règlement européen sur les infrastructures de marché (EMIR) adopté par l’UE il y a dix ans.

    « Alors que la législation EMIR a été promulguée à la suite de l’effondrement de la société Lehman Brothers dans le but d’éviter qu’une crise financière similaire ne se reproduise, ironiquement, les restrictions élevées prévues par le règlement font peser de graves risques sur le commerce des produits dérivés, sur les matières premières énergétiques, avec la menace d’une autre forme de paiement par défaut », a déclaré Fortum dans le document.

  • Vaincre la déprime

    Vaincre la déprime

    Que pouvait-on espérer d’autre, après la Covid, qu’une grosse déprime ? La petite planète a besoin de psychanalystes.

    En Chine, grâce au génie de Xi Jinping, des centaines de millions de Chinois qui devaient prendre des vacances pour la fête de Chang’e, beauté confinée dans la lune, restent chez eux de crainte d’être enfermés, victimes de la stratégie du « Zéro Covid ». Selon les statistiques, il y a plus de suicides que de décès dûs au virus. Pour la première fois depuis des lunes, la croissance ne serait « que » de 4%. Séisme, sécheresse, émeutes, arrestations, corruption : mauvais signes pour le Mandat céleste.

    Au Royaume-Uni, l’éternelle Elisabeth II n’était pas éternelle. L’ex-mari de Lady Di lui succède, la couronne plombe le moral des tabloïds. D’autant que le prix du papier explose, comme le reste : l’inflation dépasse les 10%, le cours de la Livre est au plus bas depuis 35 ans.

    Un tiers des personnes dans le monde se sentent stressées.

    En Europe, il fera froid cet hiver, quel que soit le temps. Il n’y a plus de gaz au numéro que vous avez demandé. Si ce n’était que la Russie et sa guerre, mais les prix de l’énergie avaient commencé à grimper avant, les centrales nucléaires d’EDF sont en panne, celle de Zaporijia inquiète. 

    Si ce n’était que cela : depuis 32 ans que le PNUD évalue la santé, l’éducation, le niveau de vie global d’une nation à travers l’Indice de Développement Humain (IDH), c’est la première fois qu’il recule deux années de suite. Il est retombé au niveau de 2016. Neuf pays sur dix ont régressé. L’Amérique latine, les Caraïbes, l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud ont été particulièrement touchées.

    Un tiers des personnes dans le monde se sentent stressées. Moins d’un tiers font confiance aux autres. La société de confiance est en berne. Les crises s’accompagnent d’insécurités et de polarisations politiques radicales, dit le PNUD. Les régimes autoritaires sont de plus en plus répressifs, le nombre de pays considérés comme des « démocraties libres » diminue.

    Le progrès, c’est fini. La paix, c’est raté. La planète, c’est foutu. 

    Même au sein des démocraties, les conflits se tendent. Aux États-Unis, au Brésil, en Italie, en Pologne, les radicalisations s’accentuent. Dernière génération écolo et vieux réacs prônent, les uns contre les autres, désobéissance civile et extension du domaine de contrôle. Quant à l’action concrète, pour la biodiversité, malgré l’urgence et les discours, le traité sur la protection de la haute mer a lamentablement échoué.  

    Le progrès, c’est fini. La paix, c’est raté. La planète, c’est foutu. Encore y-a-t-il des privilégiés : les Européens sont en haut de tous les classements, avec Suisse, Norvège, Islande largement en tête. Pistonnés ? Mais non : paradis artificiels ! Selon l’OCDE, ces malheureux ne connaitraient le bonheur que grâce aux antidépresseurs. Les Islandais en sont les champions du monde : 15 doses quotidiennes pour 100 habitants en 2020. Pas étonnant qu’ils croisent des elfes sur leurs routes. Canada et Suède sont à plus de dix doses. La France, elle, va mieux : seulement 5,5. Moins que l’Allemagne (6,2), plus que l’Italie (4). Pas d’illusion : tous les pays consomment plus d’antidépresseurs qu’il y a 10 ans.

    En Allemagne, la vision du futur est plus négative qu’en 1945.  

    Serait-ce à cause des écrans ? Des meurtres à la télé ? Des jeux vidéo ? Du tout : à cause des livres. Toujours selon le PNUD, l’analyse de 14 millions de livres publiés au cours des 125 dernières années en trois langues (allemand, anglais et espagnol) pointe une augmentation de l’indice d’angoisse dans le monde. Jamais l’avenir n’a paru aussi sombre pour l’humanité, pas même durant la guerre de 14 ou la seconde guerre mondiale. En Allemagne, la vision du futur est plus négative qu’en 1945, quand la défaite cumulait ruine, famine et honte. C’est dire si la maladie est psychique.

    La disparition de l’espèce humaine sauvera peut-être la planète. 

    Normal, à en croire le rapport, stress et santé mentale sont abimés par les perceptions négatives, provoquant une sorte de cycle autodestructeur. Heureusement, bientôt la fin : pour la première fois, la probabilité d’une disparition de l’humanité n’est pas nulle. La fin de l’espèce humaine sauvera peut-être la planète.

    Encore que la planète, entre volcans, météorites et dinosaures, elle en a vu d’autres. L’Humanité aussi d’ailleurs. C’est ce qui ressort, quand on lit bien, de ces différentes études. 

    Soit, les démocraties sont en crise. Quand auraient-elles été sereines ? Le principe de la démocratie n’est-il pas la stabilité dans l’instabilité ? C’est vrai, le nombre de démocraties libérales diminue : on n’en compterait plus que 34 à travers le monde, contre 42 en 2010. Mais seulement 20 en 1975. Le nombre de régimes autoritaires augmente : 88. Mais il était de 110 en 1990. A part quelques tyranneaux, et encore, y a-t-il quelqu’un qui prône sérieusement l’anti-démocratie dans le monde ? Même les admirateurs de Mussolini se disent démocrates. Au moment où au Brésil, en Suisse, en Italie, en Suède, eux et tant d’autres vont aux urnes, Poutine, coupé dans son élan par la retraite de ses troupes, ne programmait-il pas des referendums pour peindre ses conquêtes d’un peu de légitimité ? Aucun modèle, quoiqu’on gémisse, pas même le « Rêve chinois », ne remplace le modèle démocratique, aussi imparfait soit-il.

    35 années de progrès continu, économique, médical, scolaire ? Merci.  

    De même pour l’Indice de Développement Humain : deux années de baisse, est-ce anormal, quand le monde s’est mis à l’arrêt ? Le court terme est déprimant, le passé revigorant : 35 années de progrès continu, économique, médical, scolaire, pour des milliards de personnes dans le monde. Merci. Le PNUD déprime ? Le recul souligne les extraordinaires victoires sur la misère des trente dernières années. Le progrès, dans le développement humain, n’est pas donné, il dépend des choix politiques sur l’énergie, la biodiversité, le commerce, la finance, la sécurité, la guerre et la paix. Le monde ne tourne jamais rond. Est-ce nouveau ? 

    Admirons la réaction ukrainienne, il apparait cette fois que l’agresseur sera battu. La guerre en échec, voilà qui est nouveau !

    Peindre la vie en noir, c’est donner de bonnes raisons pour conforter tout pouvoir sur la vie des gens

    A la fin, ce que montrent ces rapports, analyses, chiffres, c’est une ambiance : hauts fonctionnaires et experts internationaux, malgré leur talent, sont peu originaux. Ils resservent toutes les craintes du monde, comme n’importe quel journal de 20 heures. La civilisation de l’information est aussi celle du drame. La déprime dans les hautes sphères se propage plus qu’un virus : l’angoisse du futur est banale et contagieuse, il faut une vertu spéciale pour surmonter l’inconnaissance de demain. Serait-ce la gratitude, la bienveillance, la générosité, l’engagement ?

    On peut vaincre la faim, on peut vaincre la guerre, on peut même vaincre la pauvreté. Avant tout il faut y croire : vaincre la déprime. Commencer par déceler à qui profite le crime. Peindre la vie en noir, c’est donner de bonnes raisons pour conforter tout pouvoir sur la vie des gens. A l’inverse, résister, c’est cultiver la joie. Souriez donc, vous êtes filmés ! 

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati 

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 12.09.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 12.09.22

    Bonjour à toutes et à tous ! Je suis heureuse de vous retrouver pour ma dernière semaine en votre compagnie. Aujourd’hui au programme : l’interview avec Olivier Becht, les réactions des Français du Royaume-Uni au décès de la reine Elizabeth II, Marine Le Pen et les risques de pénuries d’énergie.

    Interview d’Olivier Becht, ministre des Français de l’étranger

    Interview exclusive avec Olivier Becht ! Le ministre des Français de l’étranger était l’invité de Lesfrancais.press, et dans une interview de près de 40min, il donne les grands objectifs de son mandat. Augmentation des effectifs dans les administrations consulaires, simplification du tissu associatif à l’étranger et élargissement des bourses scolaires, voila les trois gros chantiers, mais pas seulement ! Si vous souhaitez en savoir plus, allez écouter l’interview sur Lesfrancais.press. 

    Les Français du Royaume-Uni en deuil

    Nous continuons au Royaume-Uni où le coeur des habitants et des Français sur place est en berne. Depuis jeudi et l’annonce du décès de la reine Elizabeth II, la tristesse et l’émotion se ressentent à travers le monde entier. Simple, bienveillante, forte, résiliente et francophile invétérée ! Voici les souvenirs que laisse Elizabeth Regina dans l’esprit des Français installés en Grande-Bretagne. Aux yeux d’Alexandre Holroyd, député des Français de la circonscription, « sa vie d’engagement indéfectible envers son pays et son peuple est une leçon d’humilité pour tous et laissera une marque indélébile dans l’Histoire« . En sa mémoire, ils seront nombreux à aller assister aux obsèques lundi prochain. 

    Les risques de pénuries d’énergie en France et Marine Le Pen

    La France risque de connaître des pénuries d’énergie cet hiver ! Et pour Marine Le Pen c’est tout simplement insensé. La présidente du Front national a fait sa rentrée politique hier dans son fief d’Hénin-Beaumont. Pour l’occasion, elle a attaqué le gouvernement quant à, je cite, des « décisions d’Emmanuel Macron qui, aujourd’hui, frappent de plein fouet les Français ». Aussi, elle dénonce le fait « d’habituer les Français » à des termes comme pénurie et rationnement, alors que « la France n’est pas un pays du tiers-monde ». 

    Marine Le Pen, le 24 mars 2017 – Анна Исакова

    C’est terminé pour aujourd’hui ! On se dit à demain pour un nouveau flash. Très bonne journée à vous ! 

    Écoutez le flash info des expatriés

  • Olivier Becht, le nouveau Ministre des Français de l’étranger : sa première interview

    Olivier Becht, le nouveau Ministre des Français de l’étranger : sa première interview

    Olivier Becht a été nommé ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, le 04 juillet 2022 dans le gouvernement d’Elisabeth Borne suite à la réélection d’Emmanuel Macron.

    Cet Alsacien, ancien de Science-Po et énarque, a découvert l’expatriation lors de son stage à l’ambassade de France au Danemark, alors que le pays était chargé de la présidence tournante de l’Union européenne en 2002. De retour en France et diplômé, il s’investit dans son territoire d’origine, en étant élu maire de Rixheim, avant de prendre la vice-présidence du département du Haut-Rhin et d’être élu député depuis 2017, sous la bannière Agir (anciens UMP/LR qui ont décidé de rejoindre Emmanuel Macron dès 2017). Sa nomination lui permet d’accéder à son premier poste ministériel.

    En plein rentrée gouvernementale, alors que les défis à relever sont nombreux, Olivier Becht a accepté notre invitation pour faire le point sur les attentes des Français de l’étranger et les mesures que le ministère poursuit ou enclenche pour améliorer la situation de nos compatriotes expatriés.

    Avec Jérémy Michel, nous balayons dans le podcast, disponible ci-dessous, tous les sujets au coeur des préoccupations des Français résidant hors de France : éducation, administration consulaire, soutien économique et le champ de compétences de nos élus.

    « Réarmer l’administration consulaire »

    Frappée par la pandémie, l’administration consulaire a été particulièrement désorganisée, depuis le retour à la normal semble difficile. Car en plus des difficultés liées à la Covid-19, nos consulats et postes diplomatiques, pour Olivier Becht, ces derniers ont été « désarmés » au fils des ans depuis 3 décennies par des réductions de postes.

    Cette année, pour la première fois depuis de nombreuses années, le nombre de diplomates et fonctionnaires de l’administration consulaire va croitre d’une centaine de postes. Mais surtout, Olivier Becht réaffirme l’ambition du gouvernement de déployer France Consulaire, actuellement en test dans 13 pays, à tous les pays de l’Union européenne dans un premier temps puis à l’ensemble des Etats. Actuellement, le taux de réponse au téléphone est de 90% tandis que le délai de réponse à un e-mail est d’une heure (dans les heures ouvrées).

    Pour fluidifier les rapports entre les consulats et leurs administrés, Olivier Becht veut étendre rapidement la possibilité de réceptionner par courrier sécurisé les pièces d’identité et de recevoir par voie digitale (tout en garantissant la valeur du document) les actes dont pourraient avoir besoin nos compatriotes à l’étranger (acte de naissance, de mariage, etc.).

    « Nos compatriotes à l’étranger ont le droit à la même qualité de service public que n’importe quel Français sur les territoires »

    Olivier Becht, Ministre des Français de l’étranger

    Financement du tissu associatif

    Deuxième sujet abordé dans le podcast, le financement des associations via le dispositif de Soutien au Tissu Associatif des Français de l’Etranger. A la veille de l’ouverture de la campagne 2023, nous revenons sur les couacs qui ont ponctué l’application de ce mode de financement depuis sa mise en place en 2018.

    Sans surprise, Olivier Becht ne peut que constater la situation qu’il met en parallèle avec celles rencontrées dans les départements français. En effet, en France comme à l’étranger, un phénomène de captation des fonds par les structures parapubliques a été constatée. La raison ? Le dispositif est une « usine à gaz » que seuls les experts de l’administration peuvent maîtriser.

    « Quand il y a un truc qui ne marche pas, il ne faut pas s’interdire de le modifier »

    Olivier Becht, Ministre des Français de l’étranger

    La décision a donc été prise de constituer un groupe de réflexion composé d’élus à l’Assemblée de l’étranger et de représentants des associations. L’objectif est d' »introduire de la simplification » afin de faciliter une juste répartition.

    « Il y a 2 millions d’euros qui sont consacrés au STAFE, on a bien l’intention de les maintenir »

    Olivier Becht, Ministre des Français de l’étranger

    Le budget sera maintenu, mais si le ministre souhaite que les modifications soient prises en compte dès cette année, les dispositions réglementaires qui doivent être prises semblent devoir repousser l’application d’une réforme à 2024.

    Education : « des situations disparates selon les pays« 

    Olivier Becht fait le point sur la rentrée scolaire qui s’est globalement bien passée, même si certains établissements, comme Haïti, restent fermés. Une rentrée qui laisse toujours de nombreux jeunes Français expatriés hors du réseau éducatif français du fait de tarifs qui peuvent être prohibitifs.

    Comme le souligne le ministre des Français de l’étranger, les frais et conditions d’accueil sont différents d’un pays à l’autre avec des pays où les frais liés à la scolarité semblent prohibitifs comme aux USA. Pour répondre à ces situations, Olivier Becht détaille les évolutions dans le calcul du mode d’attribution des bourses qui devraient permettre d’élargir l’assiette des foyers éligibles. Grâce à l’attribution d’une demi-part supplémentaire aux familles monoparentales, de la mise en place d’un abattement de 20% sur la résidence principale, ainsi qu’à un abattement de 10% sur les actifs détenus dans le cadre d’un plan retraite, c’est un ensemble qui devrait permettre d’augmenter le nombre de bénéficiaires (actuellement un peu plus de 20 000) du programme des bourses scolaires doté d’un budget de 100 millions d’euros.

    « Le dispositif de bourses reste accessible aux personnes les plus modestes et le phénomène inflationniste ne doit pas être une raison de ne pas inscrire son enfant dans une école française »

    Olivier Becht, Ministre des Français de l’étranger

    L’autre thème lié à l’Education, c’est l’objectif donné par le Président de la République de doubler le nombre d’élèves d’ici 2030. Une promesse que reprend à son compte Olivier Becht. Pour cela, comme indiqué plus haut, il faudra aider plus de Français mais aussi accueillir plus de jeunes non-Français. Le ministre rappelle ainsi la mission de transmission de nos valeurs démocratiques, républicaines et de propagation de la francophonie dans nos établissements hors de France.

    Pour atteindre cet objectif, Olivier Becht confirme la volonté de développer le réseau en s’appuyant sur les acteurs privés via l’homologation d’établissements existants et la création de nouveaux.

    « Notre ambition ce n’est pas faire du low-coast avec l’Education »

    Olivier Becht, Ministre des Français de l’étranger

    Quel que soit le statut de l’école, Olivier Becht rappelle que tous ont la quête de l’excellence dans leur mission. Pour les appuyer, il y a les enseignants détachés depuis la France mais il y a aussi la possibilité de recruter localement. Pour cela, sous l’impulsion de la loi portée par la sénatrice Samantha Cazebonne, le ministre des Français de l’étranger s’attache au développement des 16 Instituts de Formation Régionaux (IFR) nés en janvier 2022 pour lesquels il reste tout à faire.

    « Notre ambition ce n’est pas faire du low-coast avec l’Education »

    Olivier Becht, Ministre des Français de l’étranger

    Made by France

    Avant-dernier thème de notre podcast, le soutien économique aux Français de l’étranger. Si pendant la pandémie, certains à droite voulaient ouvrir les aides, accordées par l’Etat français aux entreprises nationales, aux sociétés fondées ou contrôlées par des Français à l’étranger, Olivier Becht propose un dispositif pérenne de soutien aux entrepreneurs expatriés avec le « Made by France ».

    Cette nouvelle proposition a comme objectif de valoriser le savoir-faire acquis en France. Sans soutenir la délocalisaiton ou le départ à l’étranger de nos compétences, le ministre des Français de l’étranger veut permettre aux expatriés, s’ils le désirent, de faire connaitre l’origine de leurs produits ou services.

    « Le Made by France viendra donc compléter le Made in France ».

    Olivier Becht, Ministre des Français de l’étranger

    La mise en application reste à inventer : label, homologation, certification ? Un travail avec les entreprises et les Chambres de commerce sera lancé dans les prochaines semaines. Ce dispositif devrait être complété par une boite à outils aux critères pré-établis, dédiée aux TPE/PME non liées par le capital à une société française. Ce système pourra être sollicité selon les besoins par les Français entrepreneurs. Une idée qui répond aux attentes des Français de l’étranger.

    Les Conseillers des Français de l’étranger

    Si par moment, Paris entend les Français de l’étranger, c’est aussi et surtout grâce aux remontées des élus locaux des Français de l’étranger : les Conseillers ! Réunis dans un Conseil consulaire, ils ont pourtant du mal à trouver un rythme de croisière dans leur fonctionnement avec les postes diplomatiques et consulats.

    Une situation dont les échos ont atteint les fenêtres de Matignon. En effet, lors de la conférence annuelle des ambassadeurs à Paris le 01 septembre 2022, la Première Ministre Elisabeth Borne a demandé la mise en place d’une nouvelle méthodologie donnant une écoute plus importante aux élus des Français de l’étranger. Un message pour Olivier Becht qui a été bien reçu par le corps diplomatique et qu’il martèlera lors de chacun de ses déplacements hors de France qui s’annoncent nombreux.

    Ecoutez le podcast avec Olivier Becht

    Venez débattre avec vos élus sur Stereochic, la radio des Français dans le monde ce lundi 12 septembre à midi (CET) – disponible en podcast quelques heures après sur Lesfrancais.press. Flux radio disponible en haut de toutes les pages du site

  • Suivre les évènements britanniques en français

    Suivre les évènements britanniques en français

    Pour les Français de l’étranger et les francophones qui résident dans un pays ne pratiquant pas notre langue, il peut être difficile de suivre les évènements britanniques en français. TV5MONDE vous propose sur ses 8 canaux différents dans le monde de retrouver le dispositif mis en place par France Télévisions, mais pas seulement.

    Géopolitis consacré à la Reine Elisabeth II

    Après 70 ans de règne, la reine Elizabeth II prépare sa succession. Quel avenir pour la monarchie au Royaume-Uni et dans le monde ? Ce sont les questions auxquelles l’émission de la chaine publique suisse RTS répond.

    Avec Naïma Maggetti, historienne spécialiste de l’empire britannique, la présentatrice Cédrinne Vergain tente de tracer l’avenir du nouveau souverain britannique Charles III.

    Les émissions spéciales de France Télévisions

    En hommage à Elizabeth II, le Journal de France 2 sera en direct à 20h00 sur toutes les chaînes avec une édition spéciale de 60 minutes en direct de Londres par Laurent Delahousse, comme vendredi 09 septembre, samedi et dimanche soir.

    Tout au long de la période de transition, le service public français prendra l’antenne pour vous faire vivre les évènements qui vont marquer cette période de deuil et l’intronisation de Charles III.

  • Expatriés britanniques en France

    Expatriés britanniques en France

    Dans votre média des Français de l’étranger, on parle rarement des expatriés d’autres nationalités qui résident dans l’hexagone. A l’occasion du décès d’Elizabeth II, en miroir aux réactions des Français du Royaume-Uni, on va à la rencontre des Britanniques en France.

    Des Britanniques aux 4 coins de la France

    Dans le Sud-Ouest

    On commence par la Dordogne qui est le plus anglais des départements français avec de nombreux résidents britanniques. Depuis jeudi 8 septembre et l’annonce du décès de la reine, l’émotion est palpable. À Abjat-sur-Bandiat, un habitant sur cinq était un sujet de Sa Majesté.

    Commerces britanniques en Dordogne

    Aux fenêtres des maisons à Abjat-sur-Bandiat (Dordogne), il y a des bougies en mémoire d’Elizabeth II. Même s’ils ont quitté leur pays depuis longtemps, les habitants britanniques témoignent de leur tristesse. « Quand on a appris la nouvelle, ça a été un très grand choc », témoigne un jeune couple qui emmène ses enfants à l’école. Le pub du village est, lui, désert alors qu’à l’accoutumée, des dames anglaises s’y donnent rendez-vous en fin de matinée. La peine est partagée par les habitants français. « J’aimais beaucoup la reine, car c’était une femme élégante qui représentait tout ce qu’il y avait de meilleur », souligne un client du pub.

    Et ailleurs…

    À Nice (Alpes-Maritimes), un portrait sur la promenade des Anglais, des drapeaux en berne et une cérémonie empreinte d’émotion pour les Français comme pour les Britanniques. « C’est une femme qui était toujours là pour nous, avec de la dignité et de la tendresse, c’était la mort de tous les Britanniques, alors la vie sans elle, ce sera dur », avoue une Anglaise expatriée dans le sud de la France. À Gorron (Mayenne), où vivent de nombreux habitants d’origine britannique, la disparition de la reine est un choc. « Elle représentait l’Angleterre », estime une commerçante avec une voix tremblotante.

    Dans les Côtes-d’Armor, à Gouarec, des Britanniques se retrouvent autour de leur passion pour le dessin, mais très vite, Elizabeth II s’invite dans les discussions. « Elle n’avait pas pris un jour de retraite, elle a juste travaillé pour nous », souligne Sheila Morris. À Rugles (Eure), David Mylchreest, ancien combattant, a rencontré la reine à plusieurs reprises et en garde une image toute particulière. « C’était une femme magnifique et je crois que tout le monde est très triste aujourd’hui », commente-t-il. Dans certaines villes comme à Lille (Nord), un registre de condoléances a été ouvert.

    A Paris aussi

    Comme un petit bout d’Angleterre, le bar « Le bombardier », à deux pas du Panthéon, troque un match de football diffusé sur toutes les télés pour le visage de la reine disparue… Claire, Londonienne, une bière à la main, essuie ses larmes… « Elle a relevé le pays incroyablement bien, c’était une merveilleuse dame chrétienne qui a des valeurs merveilleuses. Elle a beaucoup travaillé, jusqu’à 96 ans. Mon dieu. En Angleterre, nous l’aimons beaucoup. Alors j’en ai un peu pleuré », confie-t-elle.

    Bar le Bombardier à Paris

    Beaucoup ont du mal à réaliser, comme Carla une serveuse. Elle est en France depuis 15 ans, son cœur est toujours là-bas et la nouvelle est difficile à accepter. « Ça fait bizarre pour l’instant, je crois qu’on est encore tous vraiment dans le déni. Tu as l’impression de perdre ta grand-mère, même si tu ne l’as pas vue depuis des années, ça fait toujours un truc », explique-t-elle.

    La France solidaire des Britanniques

    Après l’annonce de jeudi soir, la Tour Eiffel s’est éteinte, afin de lui rendre hommage. Un geste symbolique qui fut réitéré ce vendredi soir. C’est la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui a souhaité ainsi « assurer à l’ambassadrice Menna Rawlings la profonde sympathie et le soutien de Paris au peuple du Royaume-Uni ». De nombreux hommages ont eu lieu à travers le monde, sur les réseaux sociaux ou à travers des monuments emblématiques, comme l’Empire State Building, à New York. Les drapeaux sont également mis en berne, et l’Elysée a fait ajouter sur son perron celui du Royaume-Uni, pour assurer l’Angleterre de son soutien. À Paris, l’ambassade anglaise voit depuis hier soir de nombreuses personnes affluer pour déposer des fleurs ou des bougies, afin de se recueillir.

    Tour Eiffel éteinte ce jeudi 08 septembre 2022