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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 25.04.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 25.04.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans l’édition du mardi 25 avril du bulletin consacré aux Français de l’étranger. On ouvre notre flash quotidien des expatriés en faisant un point sur la situation au Soudan, avant de revenir sur l’élection de Stéphane Vojetta comme député et enfin on s’attardera sur le désamour entre les Français et Emmanuel Macron.

    Difficile opération d’évacuation au Soudan 

    Nous en parlions hier, depuis samedi la France tente d’évacuer ses citoyens de l’enfer de Khartoum. Après un dimanche marqué par un incident qui a conduit au report des opérations, les évacuations ont pu commencer ce lundi. En fin de journée, 493 personnes avaient pu être exfiltrées par la France dont 196 Français. Notre pays a porté aussi assistance à des Européens mais aussi des Marocains, des Japonais ou des Australiens. Le ministère des Affaires étrangères espère boucler les opérations ce jour. 

    Soudan

    Stéphane Vojetta à la recherche de bulles de paix

    En pleine pause parlementaire, Lesfrancais.press ont reçu Stéphane Vojetta, le député affilié Renaissance qui a avait réussi à battre Manuel Valls, candidat officiel du parti présidentiel dans la péninsule ibérique. On revient avec lui sur le succès de son texte encadrant l’activité des influenceurs qui fut adopté à l’unanimité et ce en pleine crise de la réforme des retraites. Une méthodologie que le député veut multiplier en créant des « bulles de paix » pour permettre à des textes transpartisans d’aboutir. Il tentera dès la reprise de l’appliquer aux projets dédiés aux Français de l’étranger. Nous le suivrons tout au long des semaines à venir. 

    Stéphane Vojetta

    7 Français sur 10 regrettent jl’élection d’Emmanuel Macron 

    Un an après avoir réélu Emmanuel Macron à la tête du pays, l’heure du bilan est arrivée pour les Français. Et pour 69% d’entre eux, soit sept sur dix, la réélection du candidat Renaissance a été une mauvaise chose pour le pays, selon une enquête « L’Opinion en direct » menée par l’institut Elabe pour BFMTV publiée ce lundi. Cette perception a augmenté de 14 points depuis la dernière mesure effectuée peu après sa réélection, le 27 avril 2022. A l’inverse, 30% des Français considèrent que sa réélection a été une « bonne chose ». 

    Emmanuel Macron

    C’est tout pour aujourd’hui, à demain pour un nouveau flash !

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Stéphane Vojetta : un député en quête de « bulles de paix »

    Stéphane Vojetta : un député en quête de « bulles de paix »

    En pleine pause parlementaire, nous recevons Stéphane Vojetta, député des Français de la péninsule ibérique et de Monaco (Vème circonscription des Français de l’étranger), rattaché au groupe « Ensemble » réunissant les soutiens à Emmanuel Macron. Candidat sans étiquette, alors que Renaissance, le parti présidentiel lui avait préféré Manuel Valls, Stéphane Vojetta a remporté le siège avec 57,27% face à Renaud Le Berre, candidat pour la NUPES en juin 2022.

    Ecoutez le podcast avec Stéphane Vojetta

    L’électron libre de la majorité

    On commence notre interview, évidemment, en revenant sur cette séquence qui l’a vu perdre l’investiture « Renaissance » alors qu’il était député sortant « En Marche » suite à l’élection au sénat de Samantha Cazebonne, députée de la Vème circonscription des Français de l’étranger depuis 2017, au profit de Manuel Valls, l’ancien premier ministre socialiste.

    « La légitimité n’est pas télégraphée par Paris, elle sort des urnes »

    Stéphane Vojetta, député des Français de la péninsule ibérique et de Monaco

    Stéphane Vojetta revient en toute franchise sur ces semaines qui ont précédé la publication des investitures. Des journées qui ne furent pas faciles pour le député qui a découvert par la presse l’investiture de l’édile parisienne. Une situation que ne pouvait accepter Stéphane Vojetta, qui aurait été enclin à se retirer pour un candidat issu de la circonscription porteur d’un message positif.

    Poussé par la base militante, le député sortant a décidé de mener la « bataille » et de transformer cet écueil en « opportunité ». Un pari gagnant qui lui a permis d’acquérir en notoriété, indépendance et en influence lors de son retour dans l’hémicycle.

    « Si je gagnais, ça me ferait passer dans une autre dimension »

    Stéphane Vojetta, député des Français de la péninsule ibérique et de Monaco

    Un retour qui s’est passé sous les meilleurs auspices puisque Stéphane Vojetta a pu s’affilier au groupe « Ensemble ! » qui additionne les soutiens au Président de la République (Renaissance, Modem, Horizon et indépendants).

    Le député des Français de la Vème circonscription a pu ainsi acquérir la réputation d’être « l »électron libre de la majorité », un rôle qu’il assume comme une passerelle avec les autres partis comme le démontre sa dernière proposition de loi.

    Stéphane Vojetta

    La régulation du marché des influenceurs

    Grace à Stéphane Vojetta, fin mars l’Assemblée nationale a connu une concorde temporaire en pleine période d’étude du texte dédié à la réforme des retraites. Avec Arthur Delaporte, député socialiste, l’élu des Français de la péninsule ibérique, ils ont porté un texte transpartisan pour encadrer les pratiques commerciales controversées d’influenceurs sur les réseaux sociaux, et mettre fin à la “loi de la jungle”.

    Un exercice réussi puisque c’est à l’unanimité que les élus de la Nation française ont adopté ce texte le 30 mars. Cette loi, soutenue par Bercy et la ministre des PME Olivia Grégoire, en plus de donner une définition légale aux influenceurs, interdira certaines pratiques, principalement la promotion de la chirurgie esthétique. En cas de manquement, les contrevenants encourront jusqu’à six mois de prison et 300.000 euros d’amende. Aussi, les influenceurs n’ont pas le droit de faire la promotion de remèdes fallacieux, qui mettraient en danger la santé des abonnés. Enfin, les promotions de certains placements financiers à risque, notamment dans le domaine du numérique ou des cryptomonnaies, seront plus strictement encadrées.

    Cette réussite pour le député Stéphane Vojetta est un exemple à suivre, car opposition et majorité ont réussi à une créer une « bulle paix » permettant de travailler pour l’intérêt commun. Une méthode qu’on espère voir s’appliquer aux sujets des Français de l’étranger.

    Fiscalité et nationalité

    Enfin, on conclut ce podcast en penchant sur l’activité parlementaire consacrée aux Français de l’étranger. Celle-ci est malheureusement souvent marquée par des préjugés et une réputation d’expatriés fiscaux bien loin de la réalité du quotidien de près des 3 millions de Français résidant hors de France. Une attitude de certains de ces collègues que Stéphane Vojetta dénonce depuis plusieurs mois dans les médias spécialisés mais aussi dans ceux nationaux.

    Pour Stéphane Vojetta, il faut changer le regard de nos compatriotes sur les citoyens qui ont fait le choix de l’expatriation. C’est un pré-requis pour permettre un débat serein sur les propositions de lois consacrées aux Français de l’étranger comme la résidence de repli, qu’il défend à l’instar de Frédéric Petit, député des Français de la VIIème circonscription comprenant l’Europe centrale et les Balkans.

    Le RNH au Portugal

    Si l’optimisation fiscale n’est pas le premier moteur à l’expatriation, dans sa circonscription il existe un foyer de retraités installés au Portugal afin de bénéficier du statut des Non-Résidents Habituels, le fameux RNH. Créé en 2009, réformé en 2020, ce statut, qui annulait avant de simplement réduire la fiscalité sur les revenus issus du privé pour les nouveaux résidents au Portugal, ne peux excéder 10 ans. Ainsi depuis 2019, les premiers bénéficiaires sont sortis du dispositif. Nous avons demandé à Stéphane Vojetta quel était l’impact de cette mesure sur la population française.

    La bi-nationalité en Espagne

    Résidant en Espagne, Stéphane Vojetta y a construit sa vie et est le seul député à y avoir maintenu sa résidence depuis son élection. Et comme nombre d’expatriés, il aurait voulu devenir espagnol, mais la loi fédérale du royaume ibérique ne prévoyait pas la possibilité d’obtenir la nationalité espagnole si on disposait de celle française. Et vu qu’il est impossible (sauf déchéance pour acte grave comme le terrorisme et dans uniquement dans certains cas) de se défaire de la nationalité française, les Français sur place devaient donc y renoncer ou « mentir ».

    Dès sa prise de fonction comme suppléant de Mme Cazebonne, Stéphane Vojetta a pris ce dossier en main jusqu’à conclure un accord avec le gouvernement espagnol sous la houlette du Ministère des Affaires étrangères françaises. Ce dernier fut adopté par les deux pays en janvier 2022.

    Ensemble, on fait le point sur l’adhésion de la population à cette nouvelle possibilité.

    Défendre les Français de l’étranger

    On conclut ce podcast sur les missions que se donne Stéphane Vojetta pour les 4 années de mandat qui lui restent. Sans surprise, le député enraciné dans sa circonscription veut les consacrer à la défense des Français de l’étranger et pour cela il veut développer une approche transpartisane.

    « Je ne me suis pas fait élire pour ne pas faire grand chose, je suis là pour faire bouger les choses »

    Stéphane Vojetta, député des Français de la péninsule ibérique et de Monaco
  • Soudan : les ressortissants étrangers pris au piège commencent à évacuer

    Soudan : les ressortissants étrangers pris au piège commencent à évacuer

    De nombreux ressortissants étrangers restent bloqués à Khartoum, la capitale du Soudan, où de violents combats opposent l’armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Comment les exfiltrer du pays ? L’évacuation de leurs ressortissants est un véritable casse-tête pour les chancelleries étrangères…

    Mis à jour le lundi 23 avril 2023 à 17h45 (CET)

    Un cessez-le-feu humanitaire

    Catherine Colonna, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a participé jeudi 20 avril à une réunion organisée par l’Union africaine et rassemblant le Secrétaire général des Nations unies, les membres permanents et africains du Conseil de sécurité, ainsi que des représentants de la Ligue arabe, de l’IGAD, de l’Union européenne et de pays intéressés à la résolution de la crise soudanaise.

    Comme l’a indiqué la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Catherine Colonna, la France apporte son plein soutien à l’appel conjoint de tous les participants à un cessez-le-feu humanitaire, immédiat et sans conditions au Soudan à l’occasion de la fête de l’Aïd. Elle appelle au respect strict du cessez-le-feu par toutes les parties et à la mise en place de couloirs humanitaires permettant la protection des civils et notamment de nos compatriotes et un accès humanitaire sans entrave.

    Ne pas écouter les rumeurs

    Dans un message transmis par l’ambassade de France, l’ambassadrice Raja Rabia, appelle les Français présents sur place à garder leur sang -froid alors que la France est en train d’organiser le rapatriement de tous les Occidentaux présents dans le pays.

    « Pour votre équilibre dans ces moments si angoissants, évitez de prêter attention aux rumeurs et infox circulant sur les réseaux sociaux et médias. Concentrez-vous sur l’essentiel : votre sécurité.« 

    Raja Rabia, ambassadrice de France

    Lancement poussif de l’opération d’évacuation

    Alors que l’opération identique lancée par les Américains aurait duré une heure et aurait permis d’exfiltrer sans encombre un peu moins de 100 citoyens américains, l’opération française du week-end a connu des déboires, comme le reconnaissent des sources françaises.

    La première information qui a fait état de difficultés provient des Forces de soutien rapide (les FSR), les milices antigouvernementales qui combattent l’armée régulière soudanaise depuis 8 jours.

    Selon un communiqué de ces FSR, le convoi d’évacuation français a été mis en danger par des frappes aériennes à Omdurman, dans la banlieue nord de Khartoum, la capitale, ce dimanche. Un ressortissant français aurait été blessé, et le convoi français aurait dû faire demi-tour. Ce que la France a confirmé ce lundi.

    Le convoi se dirigeait donc d’Omdurman vers l’autre quartier du nord de la capitale, Bahri, là où se trouve l’aéroport international qui devait servir de hub pour les opérations d’évacuation. Les tirs dont parlent les FSR ont donc provoqué le report de la RESEVAC française.

    491 personnes déjà évacuées

    Depuis le début de l’opération, ces rotations ont permis d’évacuer un total de 491 personnes, dont 196 ressortissants français qui souhaitaient quitter le Soudan, ainsi qu’un nombre significatif de citoyens de 36 autres nationalités, notamment européennes (Allemagne, Autriche, Danemark, Finlande, Grèce, Hongrie, Italie, Irlande, Islande, Moldavie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni, Suède, Suisse) mais également africaines (Afrique du Sud, Burundi, Ethiopie, Lesotho, Maroc, Namibie,  Niger, Ouganda, Rwanda, Sénégal, Soudan, Togo, Tchad), d’Amérique (Etats-Unis, Canada) et d’Asie (Australie, Inde, Japon, Nouvelle-Zélande, Philippines).

    Les autorités françaises espèrent que l’opération sera terminée d’ici mardi soir. Mais ils préviennent : le contexte est « volatile », « des blocages restent possibles avec les belligérants ». Ils invitent donc à la plus grande prudence, et refusent de confirmer qu’un des évacués français a été blessé, dimanche 23 avril, par des tirs dont les deux camps se rejettent la responsabilité. 

    Il semble aussi que le choix de la voie aérienne ne constitue plus la seule possibilité étudiée par Paris. Une exfiltration par voie terrestre est aussi possible. C’est le choix fait samedi par l’Arabie saoudite qui a fait transiter près de 200 personnes par Port-Soudan à 800 km au nord-est de Khartoum.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Vers la fin de l’objectif des 2 % pour la BCE ? 

    Vers la fin de l’objectif des 2 % pour la BCE ? 

    Après une période de faible inflation, les pays occidentaux et tout particulièrement ceux de la zone euro sont confrontés à sa résurgence. Les pouvoirs publics veulent croire en son caractère éphémère et à son retour rapide dans la zone cible des 2 % retenue par les autorités monétaires. De nombreux facteurs structurels sont néanmoins susceptibles de maintenir l’inflation au-delà des 2 %. Par ailleurs, les États ont peut-être intérêt à accepter une inflation plus forte que dans le passé afin de financer le surcroît de dépenses publiques ou pour élimer de manière plus ou moins indolore les pensions de retraite par exemple. 

    Une énergie plus chère 

    L’énergie devrait coûter plus cher demain. La transition énergétique impose de substituer des énergies renouvelables à celles carbonées. Or, cette substitution suppose la réalisation d’investissements coûteux. En raison du caractère aléatoire des énergies renouvelables, des infrastructures de substitution et de stockage devront être prévues. La transition énergétique provoquera une obsolescence des équipements passés sans que ces derniers aient été obligatoirement amortis, ce qui induit également des surcoûts. 

    Des coûts salariaux en hausse 

    La baisse du taux de chômage en lien avec la stagnation voire le déclin de la population active devrait accroître le pouvoir de négociation des salariés et donc la croissance des salaires. Le taux de chômage est, en effet, tombé en-dessous de7 % en zone euro. Le vieillissement démographique devrait se faire ressentir jusqu’en 2050. Il conduit à des besoins de main-d’œuvre dans les services domestiques. Le rejet des emplois pénibles ou à horaires décalés par un nombre croissant d’actifs devrait également inciter à des augmentations de salaires. Les entreprises ne peuvent pas, en outre, compenser les augmentations des salaires par des gains de productivité, ces derniers étant faibles voire nuls depuis plusieurs années. 

    Le renouveau du protectionnisme 

    Les relocalisations industrielles au nom du souverainisme économique devraient s’accompagner d’une hausse des prix. Elles devraient aboutir à des transferts de production de pays à faibles coûts salariaux vers les pays de la zone euro. Par ailleurs, la mise en place de la taxe carbone aux frontières pourrait également conduire à une hausse des prix. 

    Ursula von der Leyen : « Notre réponse n’est pas le protectionnisme » ©AFP – Février 2023

    La hausse des déficits publics 

    Les gouvernements ont augmenté les dépenses publiques pour limiter les effets des crises à répétition. L’épidémie de covid-19 et la guerre en Ukraine ont provoqué une progression de la dette publique de 20 points de PIB, en moyenne, au sein de la zone euro. Tout déficit est par nature inflationniste. Compte tenu des besoins en dépenses publiques dans les prochaines années, les déficits devraient rester élevés sauf à augmenter fortement les prélèvements obligatoires. Les gouvernements sont confrontés à une demande croissante en matière de défense, d’éducation, de santé, de retraite ou de dépendance. Ils devront financer une partie des équipements pour la transition énergétique et compenser les effets de celle-ci sur les ménages les plus modestes. Toute augmentation des taux provoque celle du service de la dette. Avec un déficit de plus de 4 points de PIB, les effets sont immédiats. 

    La politique monétaire accommodante de la BCE 

    La Banque centrale européenne mène une politique tout en retenue en matière monétaire. Pour éviter des problèmes de solvabilité, elle a relevé avec modération ses taux directeurs. La hausse est bien moins forte et plus lente que celle effectuée par la FED. Les taux d’intérêts réels restent amplement négatifs en Europe. Sans changement de la part de la BCE, la résorption de l’inflation sera lente. Si la BCE entendait faire revenir l’inflation dans la zone cible des 2 %, elle devrait augmenter plus fortement ses taux directeurs ce qui pourrait provoquer des tensions financières non négligeables. Une hausse des taux affaiblirait le taux d’investissement des entreprises au moment où elles doivent l’accroître pour rattraper les retards accumulés ces dernières années. 

    La hausse des taux par la BCE devrait également limiter l’investissement en logement des ménages qui est déjà en retrait depuis le milieu de l’année 2022. Elle pourrait amener ainsi une récession ; or, compte tenu de l’état des opinions en Europe, la survenue d’une récession est redoutée par les gouvernements.

    L’inflation joue le rôle d’une taxe implicite 

    Dans ce contexte, l’inflation sera sans nul doute supérieure aux 2 % réglementaires. Une inflation plus élevée a plusieurs avantages pour les pouvoirs publics. Elle permet une érosion de la valeur relative de la dette publique. Les épargnants seront perdants, l’inflation jouant le rôle d’une taxe implicite. Une hausse des prix favorisera les rémunérations indexées par rapport à celles qui ne le seront pas. Les pouvoirs publics pourraient insidieusement rogner le pouvoir d’achat de certaines prestations dont celles liées à la retraite afin de favoriser les actifs.

  • « Accélérer » la réduction de la dette, objectif premier de Bercy

    « Accélérer » la réduction de la dette, objectif premier de Bercy

    Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire et son homologue des Comptes publics Gabriel Attal ont présenté jeudi 20 avril le « Programme de stabilité de la France », dont l’objectif principal est « l’accélération » de la réduction de la dette. Des députés de gauche alertent sur une nouvelle « cure d’austérité ».

    Fut un temps où la politique du « quoi qu’il en coûte » guidait l’action publique : tout euro dépensé pour relancer la croissance après la pandémie de la Covid-19 était légitime. La présentation du « Programme de stabilité » français siffle la fin de la partie.

    240 milliards d’euros ont été dépensés depuis le début de la pandémie, soit environ 10 % du PIB français. Le bouclier fiscal, mis en œuvre suite à la guerre en Ukraine pour contrer les pires effets de l’inflation, a aussi pesé sur les finances publiques : 24 milliards d’euros cette dernière année.

    Ces dépenses publiques tous azimuts étaient nécessaires, explique Bruno Le Maire : « nous avons eu pendant deux ans le niveau d’inflation le plus faible de la zone euro », à 5,2 % en 2022.

    Mais l’heure est à la « fermeté » pour reprendre la main sur les finances publiques, et réduire la dette souveraine de l’ordre de 4 points d’ici 2027, de 111,6 % du PIB aujourd’hui à 108,3 %. L’exécutif table aussi sur une réduction du déficit, qui devrait atteindre 2,9 % du PIB en 2027, soit sous la barre des 3 % du « Pacte de stabilité et de croissance », pierre angulaire de la politique budgétaire européenne.

    « Nous accélérons le désendettement de la France », a martelé M. Le Maire, qui justifie cette décision par le besoin de retrouver des « marges de manœuvres » afin de pouvoir faire face à un « nouveau choc conjoncturel ».

    Une réduction d’autant plus urgente aux yeux de Bercy que la charge de la dette – les intérêts que l’Etat s’engagent à payer aux créanciers – est en phase d’exploser, de 46,3 milliards d’euros à 71,2 milliards, le résultat d’un resserrement « radical » des taux directeurs de la banque centrale européenne (BCE), souligne le ministre de l’Economie.

    « Au moment où nous venons de demander un effort à nos compatriotes avec la réforme des retraites en leur demandant de travailler tous davantage », Bruno Le Maire estime que l’Etat doit aussi mettre la main à la patte. Il fait le pari d’une inflation à la baisse, qui atteindrait 1,75 % en 2027 – sous les 2 %, objectif sacré de la BCE.

    En conséquence, la part des dépenses publiques baissera de 57,5 % du PIB à 53,5 % sur les quatre prochaines années. « C’est soit la réduction accélérée de la dette maintenant […], soit les impôts demain », a conclu le ministre.

    Fut un temps où la politique du « quoi qu’il en coûte » guidait l’action publique : tout euro dépensé pour relancer la croissance après la pandémie de la Covid-19 était légitime. La présentation du « Programme de stabilité » français en marque sans aucun doute la fin. [CHRISTOPHE PETIT TESSON/EPA-EFE]
    Fut un temps où la politique du « quoi qu’il en coûte » guidait l’action publique : tout euro dépensé pour relancer la croissance après la pandémie de la Covid-19 était légitime. La présentation du « Programme de stabilité » français en marque sans aucun doute la fin. [CHRISTOPHE PETIT TESSON/EPA-EFE]

    « Cure d’austérité »

    De quoi faire bondir les députés de l’opposition : « après la réforme des retraites, une cure d’austérité se prépare » a tweeté la députée socialiste Christine Pirès-Beaune.

    Manon Aubry, députée européenne La France insoumise et présidente du groupe La Gauche au Parlement européen, ne dit rien d’autre : les annonces du gouvernement seraient « un avant-goût de la cure d’austérité que le gouvernement français promet à Bruxelles au nom de la sacro-sainte stabilité budgétaire ».

    Dès janvier, au plus fort des manifestations contre la réforme des retraites, Esther Lynch, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), expliquait à EURACTIV France qu’une « nouvelle vague d’austérité » s’abattait sur l’Europe, alors que les taux de dette ont explosé suite à la pandémie.

    « Cette politique d’austérité, au moment où la crise inflationniste assomme les ménages partout en Europe, n’a aucun sens », ajoutait-elle.

    La présentation du programme de stabilité s’ancre dans une réflexion plus large autour d’une révision du « Pacte de stabilité et de croissance » européen, dans un souci de rendre sa mise en œuvre plus rapide et efficace.

  • Covid : la maladie partie, le mal est toujours là

    Covid : la maladie partie, le mal est toujours là

    Enterrée. La Covid ne fait plus la une, pas même les dernières pages. L’Université John Hopkins a renoncé à suivre les chiffres jour par jour. En France, les indicateurs ne sont plus actualisés depuis mars. Les Nations Unies aussi ont arrêté tout décompte. Le monde a vaincu la Covid. Joie ! Joie ! Victoire ! Vraiment ? 

    De temps en temps, une alarme retentit. Les Chinois ont été les derniers à s’affoler, leur déconfinement a provoqué moins de ravages qu’attendu. Des dizaines d’études et de livres paraissent, avec plus ou moins de révélations, de crédibilité.

    A observer le nombre de décès par pays et par habitant, quel bilan ? 

    La crédibilité, voilà la question. A observer le nombre de décès par pays et par habitant, critère presque aussi certain que la mort, quel bilan ? 

    Selon l’Université d’Oxford, la Covid aurait tué 6.7 millions de personnes sur la planète en trois ans, avec des écarts considérables entre les pays. Deux millions en Europe, un aux Etats-Unis.

    Record mondial, le Pérou compte plus de 680 décès pour 100.000 habitants. Les autres pays les plus touchés sont tous en Europe de l’Est : Bulgarie (544 pour 100.000), Hongrie (500), Bosnie (489), Macédoine (463), Géorgie (454), Croatie (439), Tchéquie (400), Slovaquie (386), Roumanie (347), Lituanie (344), Slovénie (342), Moldavie (338), Lettonie (325), Pologne (313). Personne n’explique l’exception péruvienne, ni la concentration en Europe de l’Est. 

    En Amérique latine, le Chili compte aussi un nombre élevé de décès : 343 (pour 100.000). Plus que le Brésil (333), et l’Argentine (293). L’Argentine, qui a confiné six mois, a un taux de décès supérieur à la Colombie, le Paraguay, le Mexique ou l’Uruguay (220). 

    Les États-Unis comptent un nombre élevé de décès par rapport au nombre d’habitants : 343. Ils sont le douzième pays le plus touché. En Europe, en dehors des pays de l’est, le Royaume-Uni (331), la Grèce (324), l’Italie (311), la Belgique (295) ont été les plus meurtris.

    Sur les trois années de pandémie, la Suède affiche le plus faible excès de surmortalité en Europe.   

    La France, avec 246 décès pour 100.000 habitants, est à la trentième place. Mieux que l’Espagne, le Portugal ou l’Autriche, moins bien que la Suède (233). Cette Suède qui a refusé de confiner n’a donc pas un taux de mortalité plus élevé que les autres. Il est même plus bas. Sur les trois années de pandémie de Covid, elle affiche le plus faible excès de surmortalité en Europe. Le confinement, surtout absolu comme en France, a été une erreur du seul point de vue de la santé publique. Sans même parler de ses conséquences économiques. 

    L’Allemagne a un taux de décès « bas » (203), comme l’Irlande, la Finlande ou le Danemark. Le pays le plus résistant est les Pays-Bas (137), où le confinement a été léger. Voilà pour les chiffres, contestés, contestables, puisqu’ils dépendent de la façon dont les gouvernements déclarent les « morts de la Covid ».

    Première leçon : difficile de comprendre les écarts. L’ignorance est un progrès du savoir. Deuxième leçon : le confinement n’a pas assuré une protection supérieure, comme le montrent les comparaisons entre l’Argentine et ses voisins, la France et la Suède, les Pays-Bas et la Belgique. Trois mois après la fin de la stratégie « zéro Covid » en Chine, c’est-à-dire un confinement policier, la Covid a disparu, au lieu d’exploser.

    Le confinement, surtout absolu, a été une erreur.

    Troisième leçon : le système de soins n’a pas fait la différence. Les pays les moins touchés sont ceux dans lesquels la couverture sociale et médicale est la moins développée. L’Europe et les Etats-Unis, où les dépenses de santé sont les plus fortes au monde, ont été les plus frappés. 

    Est-ce la part de jeunes dans la population ? Le virus a frappé des pays marqués par la forte proportion de personnes âgées. Aux Etats-Unis, l’âge moyen des décès dus à la Covid est supérieur à 80 ans. L’espérance de vie n’y est que de 76 ans. 200.000 personnes de plus de 80 ans y sont mortes de la Covid en 2022, mais aussi, comme chaque année, 44.000 par les armes à feu (des jeunes), et 50.000 par des surdoses d’opiacés.

    La vaccination aurait sauvé des millions de personnes. Elle a démontré les progrès extraordinaires de la science et la capacité de recherche des laboratoires. En deux ans et quelques milliards, plusieurs vaccins ont été élaborés, avec des techniques révolutionnaires. 

    Tout ce qui diminue les risques est utile. L’obligation et le contrôle policier sont-ils pour autant légitimes ?

    Curieusement, la carte mondiale de la vaccination reproduit la carte des pays les plus touchés, non celles des pays qui ont le mieux résisté. Au 1er janvier 2022, 10 % de la population africaine était vacciné, contre plus de 60 % aux États-Unis et en Europe. Sur deux milliards de doses, 800 millions ont été données en Europe. Aux dénonciations d’égoïsme répondirent des protestations de solidarité. La France s’était d’ailleurs placée en première ligne pour activer un fonds de solidarité pour les pays les plus pauvres. 

    En fait, ce n’est pas le vaccin, mais le variant Omicron, plus contagieux, moins tueur, qui a répandu l’immunité collective. Il y eut mille polémiques sur les dangers de la vaccination : avec deux milliards de doses, on sait que les effets indésirables sont négligeables et que sa protection n’est pas absolue. Tout ce qui diminue les risques est utile. L’obligation et le contrôle policier sont-ils pour autant légitimes ?

    Sans vaccins, les pays les plus pauvres, aux systèmes de santé plus fragiles, auraient dû être touchés de plein fouet. Il n’en a rien été. A moins que les défaillances statistiques masquent les décès. Mais, comme en Russie, on se serait aperçu des pics de surmortalité : le gouvernement a fini par reconnaître 329.443 décès dus à la Covid ; l’agence officielle Rosstat en dénombre par la surmortalité 660.000 en 2020 et en 2021, le double. 

    En prenant en compte cette surmortalité l’OMS évalue à 14,83 millions le bilan de l’épidémie. Plus du double des 6.9 millions recensés. Sont-ils dus à la Covid, aux retards de traitement des autres maladies, aux regains de la malnutrition, aux défauts statistiques ? The Lancet publie une étude de 28 chercheurs qui évaluent à 17.5 millions les morts de la Covid. The Lancet en conclut que le monde a été « incapable d’y faire face ». À l’automne 2019 pourtant, l’OMS mettait en garde contre un risque de pandémie capable de tuer « jusqu’à 80 millions » de personnes.

    Dispositif anti-Covid à Hubei en Chine en 2020 ©AFP

    Les pays les plus pauvres ont plus été touchés par la panne de l’économie mondiale que par la Covid.

    Ces prévisions et évaluations disent notre ignorance. Seule certitude : les pays les plus pauvres ont plus été touchés par la panne de l’économie mondiale que par la Covid. Les pays développés aussi, mais ils avaient la capacité de s’endetter. Les conséquences psychologiques de l’épidémie et des confinements, la désorganisation hospitalière, le report des actes médicaux, les retards dans la scolarisation sont trop peu étudiés. 

    Si l’on s’en tient, pour une population mondiale de 8 milliards d’habitants, à 7 millions de décès en trois ans, dont 90% avaient plus de 80 ans, principalement dans les pays riches, a-t-on eu raison de mettre à l’arrêt l’économie de la planète, de bloquer l’éducation et les échanges ? 

    Au-delà des coûts, reste la question la plus importante : celle des restrictions, des régimes policiers mis en place, y compris dans les pays démocratiques. Jamais on ne vécut cet enfermement.

    Plus on a parlé de Covid, plus on y a succombé.  

    La planète vit déjà dans un monde virtuel, ultra dépendant de l’information : les pays les plus touchés sont ceux où les systèmes d’information sont les plus performants, perforants.  Plus on a parlé de Covid, plus on y a succombé. Comme si la télé et les réseaux sociaux répandaient le virus, frappant non seulement les esprits, mais aussi les corps. C’est pourquoi le fait de ne plus en parler est une excellente nouvelle.

    Par peur ou discipline, chacun renonce aux principes élémentaires. 

    Pardonnez donc d’avoir brisé ce silence. Il faut bien y revenir pour conjurer la malédiction diffusée : ni la rapidité de son expansion, ni la panique des pouvoirs publics, ni les polémiques scientifiques. Le mal le plus profond : la facilité avec laquelle la suspension des libertés publiques a été acceptée.

    Par peur ou discipline, chacun renonce aux principes élémentaires, comme celui d’aller et de venir. 

    La vie est une maladie mortelle. L’accepter est difficile. Les puissances en jouent, échangent la vie contre l’obéissance. Le principe même de l’esclavage. La liberté, même la plus élémentaire, est fragile. La liberté est un combat. Comment oser le mener si on ne le sait pas ?

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati 

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 24.04.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 24.04.23

    Bonjour à tous, nous voici déjà dans la dernière semaine du mois. En ce lundi 24 avril, dans votre flash quotidien des expatriés, on revient sur le déplacement d’Olivier Becht à Londres, l’évacuation de nos compatriotes du Soudan et on fait le point sur la réforme des institutions françaises voulue par Emmanuel Macron mais rejetée par Gérard Larcher, le président du Sénat.

    Olivier Becht au chevet des V.I.E au Royaume-Uni 

    Le programme de volontariat international en entreprise est un succès en France, il ouvre la porte d’entreprises internationales aux jeunes Français à des conditions favorables pour les deux parties. Mais depuis le Brexit, les étudiants ou jeunes professionnels sont confrontés à des difficultés à obtenir un visa au-delà d’un an. En cause, le statut intermédiaire entre stagiaire et salarié qui ne correspond pas aux critères exigés par le Royaume-Uni. C’est dans l’optique de trouver une solution qu’Olivier Becht, ministre délégué aux Français de l’étranger et au commerce international, s’est rendu à Londres vendredi 21 avril. Après avoir échangé avec les autorités locales, Olivier Becht est allé à la rencontre lors d’un séminaire à l’ambassade des jeunes Français dans cette situation. Sur le seuil du départ, le ministre s’est dit confiant qu’une solution se dégage rapidement.

    Olivier Becht écoutant le témoignage d’une jeune membre du programme V.I.E à Londres ce 21 avril 2023

    L’opération d’évacuation des 250 Français installés au Soudan a commencé 

    La France a lancé une « opération d’évacuation rapide » de ses ressortissants et de son personnel diplomatique du Soudan, a annoncé ce dimanche le ministère hexagonal des Affaires étrangères. Des ressortissants européens et venant de « pays partenaires alliés » sont également pris en charge. D’après une source diplomatique, les forces armées soudanaises tout comme les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), contre qui elles se battent, ont « apporté des garanties de sécurité » permettant cette opération. Elle devrait être achevée avant la fin de la journée de demain. 

    Aéroport international au Soudan avec des avions incendiés ce 22 avril 2023 ©AFP

    Est-ce le bon moment pour réformer nos institutions ? 

    C’est la question que pose le deuxième personnage de l’Etat, le président du Sénat Gérard Larcher, alors qu’Emmanuel Macron veut relancer ce chantier. Un thème qui toucherait pleinement les Français de l’étranger, en effet, la réduction du nombre de sénateurs, actuellement 12 pour les non-résidents, comme l’élection à la proportionnelle des députés dans les 11 circonscriptions hors de France, sont au programme présidentiel. 

    Gérard Larcher

    C’est tout pour ce lundi, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger !

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Rencontre avec Camille Etienne : symbole de la génération « éco-anxieuse »

    Rencontre avec Camille Etienne : symbole de la génération « éco-anxieuse »

    Ce week-end, nous recevons Camille Etienne, à l’occasion de la diffusion sous le format d’une web-série sur la plateforme AVOD francophone TV5MONDEplus de son documentaire « Pourquoi on se bat », sorti en février 2023 dans les festivals français.

    Ecoutez le podcast avec l’activiste française

    Une caméra pour la justice climatique

    Camille Etienne a 24 ans mais est déjà une activiste reconnue pour son combat dédié à la justice climatique et sociale. Pourtant avec une mère championne d’escalade et de snowboard, un père guide de haute montagne et une adolescence dans le ski de fond, Camille Étienne n’aurait jamais dû quitter les alpages de Peisey-Nancroix.

    Elle en aura voulu autrement, après avoir rêvé de devenir juge pour enfants, la Savoyarde décide de consacrer sa vie à la justice sociale et écologique. Désobéir pour se faire entendre, interrompre des assemblées générales afin d’ouvrir le débat… c’est la forme de combat qu’a choisi Camille Étienne, connue sous le nom de @Graine_de_possible sur les réseaux sociaux, pour donner envie au plus grand nombre de s’engager pour l’environnement et la biodiversité.

    Camille Etienne ©AFP/Dauphiné Libéré

    Un voyage intime au coeur des glaces

    Avec ses deux meilleurs amis, Solal, réalisateur, et Jade, danseuse, elle va prendre le large. Elle, qui se bat depuis plusieurs années pour sensibiliser le grand public à l’urgence climatique, va partir caméra à l’épaule filmer la source de son engagement : la fonte des glaces.

    En partageant avec le grand public l’intimité de ce voyage en Islande, en Belgique et en Savoie, Camille, Solal et Jade vont aussi lever le voile sur les biais qui nous entravent. Ces dissonances cognitives contre lesquelles on se bat tous, qu’on soit jeune ou moins jeune. Avec une sincérité désarmante, humour et détermination, ils nous invitent à reconsidérer nos certitudes les mieux ancrées, pour célébrer le vivant et s’émerveiller encore. Parce qu’aujourd’hui, c’est aussi contre le déni, l’impuissance, le sentiment d’illégitimité, que nous devons nous battre.

    Regarder la web-série sur TV5MONDEplus

    « Pourquoi on se bat » est disponible en 4 épisodes dès à présent sur TV5MONDEplus, la seule plateforme francophone, gratuite et accessible dans la quasi-totalité des pays (USA/Pays-Bas – service payant).

    https://www.tv5mondeplus.com/login
    https://www.tv5mondeplus.com/login
  • Olivier Becht à Londres pour soutenir les V.I.E

    Olivier Becht à Londres pour soutenir les V.I.E

    Olivier Becht, ministre délégué auprès de la Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, était à Londres ces 19 et 20 avril. Dans la continuité du Sommet de Paris du 10 mars dernier, ce déplacement visait à renforcer les liens économiques, commerciaux et industriels déjà solides entre la France et le Royaume-Uni. La relation économique est dense. 

    Pour preuve, le Royaume-Uni est le 3ème investisseur en France (près de 9% du total des investissements directs étrangers) et a offert à la France son deuxième excédent commercial en 2022 à 5,5 milliards d’euros. 

    Lors de la première étape hier de son déplacement à Londres, il est allé à la rencontre des équipes du Consulat général de France. Olivier Becht y a salué les efforts précieux de tous pour accompagner les démarches administratives de la communauté française au Royaume-Uni depuis le Brexit. 

    V.I.E

    Ce jeudi à la résidence de France à Londres, en présence de l’Ambassadrice, Hélène Duchêne, Olivier Becht a, donc, rencontré les jeunes Français participant au programme de « volontariat international en entreprise » ou V.I.E et leurs employeurs au Royaume-Uni. 

    Le ministre délégué aux Français de l’étranger, mais aussi au commerce international (le point faible de notre économie), fut très attentif aux témoignages de ces jeunes dont le succès serait un potentiel levier de croissance pour l’industrie française.  

    Ainsi, il s’est dit très heureux de l’intérêt des entreprises françaises pour le programme V.I.E, et en particulier à Londres, porte d’entrée du Commonwealth et plus généralement des économies anglo-saxonnes.

    Olivier Becht et quelques jeunes Français volontaires en entreprise au Royaume-Uni ce 20 avril 2023 ©Alexander Seale / LFP

    C’est dans cette optique qu’Olivier Becht est d’ailleurs venu à Londres, car actuellement les nouvelles règles d’immigration liées au Brexit piègent ces volontaires (donc pas réellement salariés au sens de la législation britannique). En effet, les jeunes Français peuvent uniquement demander un visa TW-GAE pour une durée de mission de 12 mois non renouvelable alors que les missions s’effectuent le plus souvent sur 2 voire 3 ans. 

    Nous souhaitions qu’on trouve des solutions pour le V.I.E, qui est un excellent dispositif et sur lequel pour l’instant nos amis britanniques n’ont pas de solution concernant la deuxième année. Nous voulons qu’il y ait des facilités pour ce genre de dispositif. Ça fait partie des discussions que nous avons ensemble. Les solutions sont dans les mains des Britanniques. Ce ne sont pas les nôtres. On essaie de les convaincre que c’est de la main-d’œuvre jeune, qualifiée, qui va travailler dans le pays.” 

    Olivier Becht, ministre délégué auprès de la Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger

    La vie des Français au Royaume-Uni 

    Dans une interview au journal The Guardian, s’exprimant avant sa visite sur les relations entre les deux pays, Olivier Becht déclarait qu’il y avait eu une évolution dans les relations entre les deux pays après la crise post-Brexit.

     “D’un point de vue commercial, les relations entre la France et le Royaume-Uni ont toujours été assez actives. Il y a eu un couac après le Brexit et il y a eu un certain nombre de tensions avec le gouvernement de Boris Johnson, mais nous avons évolué.” 

    Olivier Becht, ministre délégué auprès de la Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger

    Parmi les points de crispation, on note les difficultés que rencontrent nombre de Français qui n’arrivent pas à avoir un visa pour vivre et travailler au Royaume-Uni. Sans ce sésame, ils ne peuvent pas bénéficier d’une couverture santé et des droits liés à leur emploi. 

    Ainsi, il y a désormais peu de serveurs français dans les cafés, l’occasion pour nous d’interroger Olivier Becht sur les défis que représente le Brexit pour la mobilité professionnelle. 

    Nous sommes dans un dialogue constructif avec les autorités britanniques pour faciliter les mobilités. L’idée est que nous puissions retrouver un niveau de mobilité élevé. Nos deux pays sont des pays amis, alliés, qui sont confrontés à des challenges qui sont aujourd’hui communs. Et donc faciliter le niveau de mobilité des hommes c’est faciliter également le passage des idées. Il y a la mise en œuvre des projets et donc la capacité à relever ensemble ces défis communs. Là aussi nous sensibilisons nos amis britanniques sur le fait de faciliter par exemple la mobilité pour la jeunesse. Ce qui fait la qualité de la France c’est la qualité de ses citoyens qui nous permet de rayonner sur tous les continents. On est un pays où la jeunesse aujourd’hui n’hésite pas à s’expatrier. Non pas qu’elle n’aime pas la France mais au contraire elle va faire rayonner la France partout dans le monde. Ça c’est une très bonne nouvelle ! »

    Olivier Becht, ministre délégué auprès de la Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger
    Olivier Becht écoutant une jeune membre du programme V.I.E témoigner lors de la réception à Londres ce 20 avril 2023 ©Alexander Seal / LFP

    Le Brexit : catastrophe ?

    Et il n’y a pas que la mobilité professionnelle qui est frappée, en effet depuis l’entrée en vigueur du Brexit en 2021 le nombre de touristes français se rendant en Angleterre n’a fait que décliner. Les statistiques sèment l’inquiétude auprès des professionnels du voyage, selon une dernière enquête du Guardian.

    C’est en fait toute l’Union Européenne qui tourne le dos à la Grande-Bretagne comme nous le détaille Olivier Becht du fait des barrières érigées par le Royaume-Uni. 

    « Oui, les autres Européens ont du mal à venir travailler au Royaume-Uni. Je ne veux pas m’exprimer pour les autres pays parce que je n’ai pas la connaissance exacte de la situation dans laquelle ils se trouvent par rapport au Royaume-Uni. Je ne vois pas pourquoi les règles qui étaient celles de l’Union Européenne et qui ont disparu aujourd’hui sur la mobilité mettraient les autres pays de l’Union Européenne dans une situation différente de la nôtre. Je me bats pour nos étudiants. Sur beaucoup de sujets la balle est dans le camp de nos amis britannique car c’est quand même eux qui ont mis les barrières à la mobilité. Ce n’est pas nous.

    Olivier Becht, ministre délégué auprès de la Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger

    Pour autant, Olivier Becht reste optimiste sur les potentielles synergies économiques. Ainsi, le ministre a rencontré plusieurs chefs d’entreprises et investisseurs britanniques avec lesquels il a échangé sur les opportunités en France. Dans la même optique, il a déjeuné avec Kemi Badenoch, ministre britannique des entreprises et du commerce. Ensemble, ils ont mis en avant les axes forts de la relation économique qui lie nos deux pays, comme la coopération en matière d’intelligence artificielle ou la présence importante de Volontaires Internationaux en Entreprise au Royaume-Uni, thème principal du déplacement ministériel. 

    A la rencontre des Français de Londres 

    Comme à son habitude lors de ses déplacements, Olivier Becht est allé à la rencontre de la communauté française de Londres, l’une des plus importantes au monde même si celle-ci a perdu plus d’un tiers de ses résidents avec 225 000 Français installés dans la capitale britannique. Il a donc visité le consulat général de France et l’emblématique Lycée français Charles de Gaulle.

    Le ministre a évoqué dans un discours devant la communauté française la dématérialisation des passeports, l’embauche de plus de salariés au Consulat et a remercié les Français d’être de “vrais acteurs au Royaume-Uni.” 

    Son discours a été bien accueilli par de nombreux Français ce jeudi et malgré le Brexit, Londres, pour le gouvernement français, semble rester le meilleur allié de la France.