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  • Les valeurs alsaciennes viennent en ouvrant sa porte

    Les valeurs alsaciennes viennent en ouvrant sa porte

    Claude Schwartzmann est un responsable associatif heureux. Ce Strasbourgeois de 74 ans, brillant architecte de métier, s’est lancé pour défi de relancer l’association des Amis de l’Alsace en Catalogne avec quelques amis et résidents de Barcelone afin de faire revivre les valeurs alsaciennes sur les bords de la Méditerranée. Ce sémillant retraité démontre, s’il en était besoin,  que les seniors sont souvent des ultra-actifs qui savent mobiliser l’expérience d’une vie au service de projets collectifs. Jugez par vous-même !

    L’Alsace au coeur

    Après une soirée réunissant à Barcelone 90 personnes à la brasserie Damm début mars, l’association enchaîne par une soirée choucroute réussie le 14 avril.  Ce président d’association passionné et entraînant permet aussi aux Petits Chanteurs de Strasbourg d’accompagner la messe célébrée dans la crypte de la Sagrada Familia avec une partie de chorale a capella. C’était le 26 avril et cette réussite collective est véritablement le symbole de cette relance réussie.

    Association régionale

    Seule association régionale encore présente en Espagne, elle est pleinement représentative de ces groupes de Français qui, à l’étranger, sont les promoteurs bénévoles des valeurs de convivialité et qui mettent en lumière les cultures  et gastronomie régionales au passage. La France est riche de ses régions, c’est une évidence de le dire, et l’Alsace, citée régulièrement comme une des régions les plus riches pour son PIB par habitant, brille aussi par une solide culture locale et l’envie de la partager. 

    Nous sommes donc allés à la rencontre de Claude Schwartzmann, solide et inspiré Ambassadeur de sa région.

    Boris Faure : Claude, pouvez-vous vous présenter ?

    Claude Schwartzmann

    Claude Schwartzmann : Je suis architecte de formation. J’ai 74 ans et je suis né à Strasbourg. J’ai exercé comme architecte entre Strasbourg et Nancy. Je m’établis ensuite en 1991 à Lille comme urbaniste. Puis je crée une agence d’urbanisme à Boulogne-sur-mer en 93, en 98 une nouvelle agence à Clermont. En 2009 je suis  nommé responsable de la rénovation du campus de l’université de Grenoble. Ce sera un grand projet dont je suis fier avant qu’en 2014 ne vienne l’heure de la retraite que je prends d’abord sur place à Grenoble.

    Boris Faure : Comment êtes-vous devenu un Français de l’étranger ? 

    Claude Schwartzmann : A 16 ans mes parents me donnent la chance de partir étudier en Angleterre. Je suis hébergé alors dans une famille britannique. Mon amour des voyages commence là. Il y aura ensuite une expérience d’un an et demi en Algérie. Puis en 1983 je suis nommé sur un  poste de résident en Colombie en tant qu’ingénieur-bois, architecte et urbaniste. C’est là-bas que je rencontre mon épouse colombienne. Le retour en France se fera via Annecy. Je multiplie les projets et les aventures : j’aurai l’occasion de faire Paris Kaboul en « deux chevaux » en 70. De voyager sac à dos. Le voyage fait partie intégrante de ma culture, de mon ADN. C’est une passion que j’ai voulu transmettre. Le message éducatif que j’ai inculqué à mes enfants c’est « voyagez voyagez, rencontrez ». Je crois que le message est bien passé : mon fils de 33 ans est géologue et vit à Toronto. L’autre travaille à l’international pour une PME. J’ai fait le calcul : avec mon épouse nous avons déménagé 13 fois en 34 ans. Mes enfants ont des racines françaises et colombiennes mais au fond se sentent européens. Dans la famille nous savons nous intégrer. Mon message est d’ailleurs clair : c’est à nous de montrer, en tant qu’expatriés, que l’on est prêts à s’insérer. Cela fait partie du jeu. Ici à Barcelone je constate que les Catalans ont un caractère bien trempé, une identité forte. Il  ne faut surtout pas parler politique avec eux car sinon le ton peut monter vite. Mais il y a tant de sujets de discussion et de débat plus rassembleurs… 

    Boris Faure : Et votre identité alsacienne, comment la faites vous vivre ? 

    Claude Schwartzmann : J’ai eu très jeune un énorme coup de coeur pour l’Alsace. Je suis tout simplement fier de ma région, de mon pays et de ses valeurs, mais sans hégémonisme. Les valeurs alsaciennes viennent en ouvrant sa porte. En partageant. En permettant à d’autres de comprendre et profiter de notre culture..

    Boris Faure : Comment s’est décidée l’arrivée à Barcelone ? 

    Claude Schwartzmann : C’est pleinement un choix de couple. A la retraite nous avons décidé de nous installer à Barcelone pour son dynamisme, parce qu’il y a des jumelages entre Grenoble, notre ville d’origine, et la ville catalane. C’est aussi un choix en faveur du climat et de la culture dans une ville agréable et belle. La ville la plus belle du monde demeurant Strasbourg bien entendu (rires). Je m’étonne d’ailleurs encore que des étudiants choisissent de s’établir à Montpellier plutôt qu’en Alsace (re-rires)

    Boris Faure : Pouvez-vous nous parler de l’association des Amis de l’Alsace en Catalogne ?

    Claude Schwartzmann : Marie-thérèse Mosser a géré l’association pendant une trentaine d’années. Je lui tire mon chapeau. Elle l’a créée en 1992. L’association était en sommeil depuis 2015 et ses activités se réduisaient à des réunions de copains mensuelles. Le courant est bien passé avec Marie-Thérèse à mon arrivée ici. La pandémie a coulé les différentes associations régionales comme celles des Bretons ou des Basques. La nôtre était encore là. Mais avec un besoin de redynamiser. Je me voyais dans un rôle de simple membre et Marie-Thérèse m’a proposé de devenir le nouveau président. Qu’à cela ne tienne, j’ai relevé le défi depuis le 1er février. Choisir le brasseur DANN pour un premier événement de lancement me paraissait évident : c’est un descendant de familles qui ont quitté l’Alsace à l’arrivée des Prussiens en 1873. Un vrai monument d’histoire, une brasserie connue dans le monde entier. Nous avons été accueillis dans des locaux magnifiques. 90 personnes heureuses étaient là, et ce fut l’occasion de renouer des liens entre Alsaciens ou amis de l’Alsace après la Covid. Et cela en présence du Consul de France. 

    Nous avons enchainé sur une choucroute il y a quinze jours et aidé à l’organisation de ce concert avec les petits chanteurs de Strasbourg qui ont fait une tournée de 4 jours sur place à Barcelone. Maintenant nous envisageons l’organisation d’ateliers de cuisine et d’oenologie. C’est une idée inspirée par les propositions de nos jeunes membres. 

    Boris Faure : Pourquoi les Alsaciens de l’étranger ont-ils souvent des associations très dynamiques ?

    Claude Schwartzmann : C’est une question de tempérament. Nous parlons d’une région viticole, de gens qui aiment bien manger et boire, une région pleine de ressources culturelles et touristiques. On y fait du ski à une heure de route de Strasbourg. L’Alsacien est connu pour son caractère entier, clair et net. Un plus un ça fait deux ! C’est un être conscient de vivre dans une région ouverte de par sa situation géographique, un territoire de rencontres avec des racines fortes et traditionnelles. L’Alsacien est un traditionaliste qui admet la modernité (rires) ! C’est quelqu’un de particulièrement dynamique et fier de sa région. Pas renfermé sur lui-même à l’image de la tradition des stammtisch, qui signifie la table, ces moments où on se réunit pour les retrouvailles et le partage autour de repas ouverts. 

    Boris Faure : Un mot sur la célèbre gastronomie alsacienne ? 

    Claude Schwartzmann : Difficile de ne pas commencer par la choucroute. C’est certes un plat d’hiver. Elle fait partie intégrante de nos plats « de base » avec le jambonneau. Le Bäckeose est cuisiné dans un plat en terre cuite qui se met au four. C’est un plat du dimanche qui a commencé à être populaire alors que tout le monde allait à la messe et qu’on déposait le plat à cuire dans le four du boulanger du coin. On allait récupérer son plat à la sortie de la messe et on le servait après trois heures de cuisson. Le plat  n’était pas que réservé à la famille mais aussi aux amis. La réputation de l’Alsace a été bâtie autour de ces plats roboratifs. L’Alsace a construit sa cuisine en autarcie, en utilisant les produits locaux de la ferme, sans dépendre des régions voisines. Il fallait se nourrir de produits comme la bière, l’oignon, le foie (le foie gras est né en Alsace ne l’oublions pas) mais aussi les saucissons, les poissons et les truites. 

    Dans nos spécialités célèbres il y a la tarte à l’oignon, la flammekueche qui se mange le soir. On a aussi les kouglofs, les nouilles alsaciennes. De la nourriture « qui tient le corps ». Il y a d’ailleurs une histoire traditionnelle qui dit que que des Huns assiégeaient une ville alsacienne depuis plusieurs semaines. Les habitants firent alors monter sur les créneaux de la ville les femmes alsaciennes qui soulevèrent leurs jupons. Elles étaient rondes et bien nourries. Les assaillants s’enfuirent voyant que personne ne mourrait de faim à l’intérieur de la ville et que le siège était inutile !

    Boris Faure : Après cette page culturelle, revenons à l’association, parlez-nous de son financement.

    Claude Schwartzmann : Il est constitué d’abord par les cotisations des membres.  Nous sommes déjà une quarantaine. Une demande de subvention STAFE est en cours auprès du consulat et j’ai bon espoir qu’elle aboutisse. L’union internationale des Alsaciens qui a son siège à Colmar  nous aide aussi. Elle réunit 50 à 60 groupes d’Alsaciens partout dans le monde que ce soit au Québec, en Israël et en Allemagne, etc. Nous misons aussi sur le sponsoring privé.

    Boris Faure : Quels sont vos objectifs ?

    Claude Schwartzmann : Nous avons identifié environ 550 personnes qui à Barcelone ont de potentielles racines alsaciennes. En tout cas des noms à consonance alsacienne. La liste électorale consulaire a été utile pour les repérer.

    Notre espoir est de doubler le nombre de membres et de miser sur l’ouverture aux jeunes.

    Le plus important est de se faire plaisir et de donner du plaisir, de se cultiver et de faire découvrir largement notre culture alsacienne.

  • Élections turques : les conséquences pour la Suède ?

    Élections turques : les conséquences pour la Suède ?

    La Suède pourrait rejoindre l’OTAN plus rapidement si le parti social-démocrate turc, actuellement dans l’opposition, mais bien placé dans les sondages, prenait le pouvoir à l’issue des élections de la mi-mai. C’est ce qu’a déclaré Sinan Ülgen, un ancien diplomate turc, lors de l’émission Agenda sur la chaîne SVT.

    Des élections présidentielles et législatives se tiendront en Turquie le 14 mai prochain. Pour la première fois depuis plus de dix ans, les sociaux-démocrates du Parti républicain du peuple (CHP) ont de réelles chances de diriger le pays, ce qui pourrait profiter à la Suède dans le cadre du processus d’adhésion du pays à l’OTAN.

    « Le CHP est bien plus intéressé par le renforcement de l’identité occidentale de la Turquie », a déclaré Sinan Ülgen, un ancien diplomate turc, à l’émission Agenda de la SVT.

    Selon Ünal Çeviköz, conseiller principal du candidat de l’opposition le plus important, Kemal Kılıçdaroğlu, le parti mettra fin aux retards d’approbation de la candidature de Stockholm.

    « Si l’opposition gagne, il est fort probable que la demande de la Suède soit approuvée avant la réunion de Vilnius des 11 et 12 juillet », a-t-il déclaré.

    Toutefois, il a souligné que même si le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan (Parti de la justice et du développement, AKP) l’emporte, il ne croit pas que la Turquie souhaite devenir le pays qui a bloqué l’adhésion de la Suède à l’OTAN.

    « Si le gouvernement [actuel] reste au pouvoir, les négociations de l’OTAN pourraient se prolonger au-delà de la réunion de Vilnius », a-t-il indiqué, ajoutant que le parlement turc finirait par ratifier la candidature de la Suède à l’OTAN.

    Des élections présidentielles et législatives se tiendront en Turquie le 14 mai prochain. Pour la première fois depuis plus de dix ans, les sociaux-démocrates du Parti républicain du peuple (CHP) ont de réelles chances de diriger le pays, ce qui pourrait profiter à la Suède dans le cadre du processus d’adhésion du pays à l’OTAN. [SHUTTERSTOCK/Vitalii Vodolazskyi]

    Le problème kurde

    Stockholm et Ankara sont en désaccord, car la Turquie continue de retarder la ratification de la demande d’adhésion de la Suède à l’OTAN en raison du refus suédois d’extrader les membres kurdes de l’opposition, accusés par Ankara d’être des terroristes, et d’un sentiment antimusulman perçu comme institutionnalisé.

    En janvier, Rasmus Paludan, homme politique suédo-danois d’extrême droite (parti Ligne dure, Stram Kurs), a brûlé un Coran devant l’ambassade de Turquie. Son geste a provoqué des manifestations massives dans le monde musulman et a dégradé les relations avec Ankara, au point que le président turc, M. Erdoğan, exige désormais que la Suède modifie sa législation pour rendre la mise à feu du Coran illégale.

    Selon la loi suédoise, brûler un ouvrage tel que le Coran relève de la protection de la liberté d’expression. En Finlande, cette pratique est punie par la loi, ce qui a été présenté comme l’une des raisons pour lesquelles la Turquie a ratifié la candidature du pays à l’OTAN avant celle de la Suède.

  • La guerre de l’automobile est-elle engagée ? 

    La guerre de l’automobile est-elle engagée ? 

    Jusque dans les années 1970, l’industrie automobile se limitait à un match opposant constructeurs américains et européens. À partir des années 1980, les constructeurs japonais (Toyota, Nissan) ont pris d’importantes parts de marché, au point de conduire à l’adoption de mesures protectionnistes aux États-Unis et en Europe (plafond de 3 % des ventes en France). Depuis vingt ans, le marché s’était concentré avec la constitution de grands groupes ou de grande alliances (Ford, General Motors, Volkswagen, Stellantis, Renault-Nissan). Avec le développement de la motorisation électrique, les cartes semblent rebattues avec l’arrivée de plusieurs marques chinoises (Aiways, BYD, Geely – Lotus – Polestar – Volvo, Hongqi, Leapmotor, Lynk & Co, MG, NIO, etc.) qui bénéficient de la position dominante de leur pays dans la fabrication de batteries. 

    La mondialisation de l’industrie automobile s’accélère. Les constructeurs occidentaux ne sont plus les seuls à disposer autour de la planète de centres d’ingénierie et de conception. Les entreprises chinoises multiplient les antennes sur tous les continents. La montée en puissance de ces dernières inquiète et pourrait – comme dans le secteur des hautes technologies – inciter les gouvernements occidentaux à adopter des mesures protectionnistes sur fond de tensions géopolitiques croissantes.

    La Chine, premier exportateur mondial de pièces automobiles 

    Par ailleurs, les constructeurs occidentaux sont en net recul en Chine. Les relations avec les entreprises chinoises avec lesquelles ils étaient liés sont de plus en plus conflictuelles. Certains d’entre eux ont dû dénouer leur partenariat. Dans le domaine de la motorisation électrique, les Chinois entendent privilégier leurs constructeurs qui peuvent se passer de la technologie occidentale. Le développement du sentiment nationaliste en cours conduit les sous-traitants à augmenter les prix des biens intermédiaires et les consommateurs à choisir des voitures chinoises. Incités par leur gouvernement, les constructeurs occidentaux reconfigurent leurs chaînes d’approvisionnement afin d’être moins dépendants de la Chine qui est, depuis plusieurs années, le premier pays exportateur mondial de pièces automobiles. 

    Le modèle Han EV, de la marque chinoise BYD, est une puissante berline 100 % électrique qui n’a rien à envier aux grandes européennes. (STRINGER / ANADOLU AGENCY VIA AFP)

    Selon une étude de l’Université Sheffield Hallam, ces exportations ont représenté plus de 45 milliards de dollars en 2021, dont un quart destiné États-Unis. La dépendance est forte pour les batteries et pour certains composants électroniques. 

    Avec la pandémie qui s’est traduite par des difficultés d’approvisionnement et la multiplication des tensions géopolitiques, les constructeurs américains et européens ont pris conscience de leur vulnérabilité face aux sous-traitants chinois. Leur remplacement n’est néanmoins pas aisé. Il peut s’avérer coûteux et long. Les entreprises ne changent généralement de fournisseurs que lorsqu’elles fabriquent de nouveaux modèles. La segmentation des échanges n’est pas non plus une bonne nouvelle pour les constructeurs chinois qui achètent encore de nombreux microprocesseurs aux États-Unis, à Taïwan, à la Corée du Sud ou au Japon. Les autorités chinoises ont lancé un plan de création d’usines de microprocesseurs haut de gamme mais sa réalisation nécessitera quelques années. Certains constructeurs chinois comme Byd et Geely disposent néanmoins déjà d’unités de fabrication de semiconducteurs.

    Hausse des tarifs douaniers 

    Dans les prochains mois, les exportations chinoises de voitures pourraient être entravées en raison des mesures protectionnistes que pourraient prendre les Occidentaux. Ces derniers sont de plus en plus circonspects en ce qui concerne la sécurité des données recueillies auprès des utilisateurs de voitures fabriquées en Chine. L’Amérique impose déjà des tarifs élevés sur les voitures chinoises : 27,5 %, contre 10 % pour l’Union européenne. Comme pour les voitures japonaises dans les années 1980, ces droits de douane ne freineront pas indéfiniment les importations chinoises. 

    L’espoir des Occidentaux repose sur le développement rapide d’une filière de fabrication de batteries, batteries qui constituent désormais le cœur des voitures, afin d’améliorer la compétitivité de leurs constructeurs. Tesla construit une grande usine de batteries au Mexique. Ford fait de même dans le Michigan. General Motors investira dans une mine de lithium au Nevada. Volkswagen envisage de délocaliser une usine de batteries depuis l’Europe afin de récupérer 10 milliards de dollars de subventions.

    Encourager à la création de 40 usines de fabrication de batteries en Europe

    L’Union européenne ne reste pas sans réponse. Elle a prévu dans son plan « Next Generation » d’encourager la création de 40 usines de fabrication de batteries. Après l’époque de la mondialisation, l’industrie automobile se régionalise. Les batteries encombrantes sont chères à déplacer. Il est donc plus rationnel de les produire sur les lieux d’utilisation. Représentant une grande partie de la valeur d’une voiture, les constructeurs entendent les fabriquer pour maîtriser leurs marges. 

    La régionalisation de la fabrication automobile est également liée aux tensions géopolitiques. Les constructeurs occidentaux dotés des usines de fabrication en Russie ont été contraints de suspendre leurs activités voire de se retirer complètement. Renault a ainsi dû vendre ses activités en Russie, dont une participation de 68 % dans Avtovaz, le premier constructeur automobile russe. Volkswagen a suspendu la fabrication sur place après l’invasion et a vu ses actifs gelés par un tribunal russe. Toyota a fermé son usine russe. Ce départ a permis à la Chine de récupérer les parts de marché abandonnées par les Européens et les Américains.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 03.05.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 03.05.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans le flash du mercredi 03 mai. Aujourd’hui, on parle de l’alerte à l’espionnage en France, de la visioconférence de la sénatrice Samantha Cazebonne sur la fin de vie en France, enfin on conclut cette édition avec le nouvel appel à manifester contre la réforme des retraites le 06 juin. 

    Paris, nid d’espions 

    Le compte-rendu de l’audition par les députés de Nicolas Lerner, chef de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a été publié mercredi dernier. On y apprend que la France « est particulièrement exposée aux tentatives d’espionnage et d’ingérence » en raison de son importance sur la scène internationale. Nicolas Lerner préconise de mener des actions de sensibilisation des parlementaires, mais aussi des acteurs majeurs de la société civile comme des associations ou des médias. Cependant, il a tenu à rassurer ses auditeurs en affirmant qu’aucun parti ou organe majeur de France est actuellement sous influence étrangère. Les expatriés aux postes sensibles peuvent aussi être la cible d’espions. Gardez l’oeil ouvert. 

    panne
    Quai d’Orsay

    Visioconférence sur la fin de vie avec Samantha Cazebonne

    Ce mois d’avril a vu la convention nationale sur la « fin de vie » en France se conclure avec la remise d’un rapport au gouvernement comprenant plusieurs propositions. En tant que sénatrice des Français de l’étranger, Samantha Cazebonne a décidé d’aller au contact de nos compatriotes hors de France pour expliquer les enjeux et les applications de ce rendez-vous démocratique. Pour cela, elle organisera une visioconférence le vendredi 12 mai 2023, à 13h (heure de Paris). Toutes les informations pour y participer sur le site Lesfrancais.press.

    "fin de vie" en France

    6 juin 2023 : nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites

    Que ce soit en France ou à l’étranger, les Français restent mobilisés contre la nouvelle loi réformant le régime des retraites en France. L’intersyndicale, toujours unie, s’est réunie ce mardi 02 mai pour appeler à une 14ème journée de mobilisation afin de tenter de faire plier le gouvernement. 

    Manifestation le 1er mai 2023 à Paris

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition. 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Les Français de l’étranger et les vacances estivales 2023

    Les Français de l’étranger et les vacances estivales 2023

    Nous sommes déjà en mai, plus que quelques semaines avant qu’il ne soit l’heure des « sacro-saintes » vacances estivales. Du 22 au 27 avril, nous avons lancé une consultation auprès de nos lecteurs pour découvrir les projets des Français de l’étranger, pour ce deuxième été sans mesures liées à la Covid-19. La pandémie a-t-elle changé les habitudes ? L’inflation a-t-elle impacté les projets des expatriés ? Vous avez été 5876 à répondre, découvrons ensemble les résultats.

    Moins d’expatriés en vacances !

    Loin de l’image d’expatriés fiscaux, jouissant sans vergogne d’avoir fui l’hexagone, nos compatriotes résidant hors de France sont 59% à déclarer se résigner à ne pas partir en vacances au cours de l’été 2023 alors que 64% des Français de métropole s’accorderont, eux, une pause estivale selon l’enquête de G2A Consulting.

    La France, la destination de coeur

    Pour ceux qui peuvent partir en vacances, c’est bien évidemment la France la destination phare ! Et ce n’est pas un effet post-covid et fermeture des frontières, puisqu’ils sont 59% des participants à déclarer aller en France, « comme chaque année ». En tout, 3/4 des expatriés ayant répondu et qui prendront des vacances, se rendront en France !

    L’autre grosse tendance, c’est la découverte de son pays de résidence à l’occasion de la pause estivale.

    L’avion reste le premier moyen de déplacement

    Si pour les Français de l’étranger, la France est la destination privilégiée, cela implique forcément une forte proportion de passagers aériens. Dès qu’on réside hors de l’Union européenne, il n’y a souvent qu’une solution pour rejoindre notre pays, l’avion. Une situation qui fait souvent pointer les expatriés comme de « gros pollueurs ». Pourtant, dès qu’ils le peuvent, ils privilégient d’autres modes de déplacement comme 39% des personnes ayant répondu qui iront en France par train.

    Rappelons aussi que les Français de l’étranger peuvent compenser leurs déplacements, fortement émetteurs de carbone, via les multiples programmes mis en place les autorités, les compagnies aériennes ou des fondations comme Climatepartner.

    La crise économique frappe les expatriés

    Si seulement 41% des Français résidant hors de France partent en vacances, c’est que la crise économique a lourdement frappé les 3 millions de citoyens vivant dans d’autres pays.

    Ainsi, loin du cliché des expatriés riches et insouciants, le budget qu’ils vont consacrer est pour 57% d’entre eux inférieur à 1000 euros par personne, mobilité, logement et loisirs inclus. Bien loin des 2339 € de budget moyen par personne que les résidents en France vont consacrer à leurs vacances cet été 2023. Ils ne sont que 12% des personnes ayant répondu à notre consultation à débloquer une telle somme pour leur séjour.

    Et pourtant, ils oublient la détaxe

    Si les Français de l’étranger sont frappés par la crise économique et par les conséquences de l’inflation mondiale, ils ont pourtant, pour ceux résidant hors de l’Union européenne, une arme pour lutter contre les prix chers. Légale, connue depuis des décennies, la détaxe est encore trop peu utilisée par ceux qui y sont éligibles. Et pourtant depuis quelques années, ce secteur a connu une vraie révolution avec la création d’applications qui vous facilitent les démarches.

    Ainsi, embarqués dans vos téléphones, des assistants digitaux, comme Skiptax, le partenaire du site Lesfrancais.press, lèvent les barrières pour permettre à tous de profiter facilement du remboursement de la TVA payée en France sur les biens. Pourtant, dans la consultation, on constate qu’ils ne sont que 18% à l’utiliser, alors qu’ils sont 53% à pouvoir en bénéficier.

    Quels achats peuvent bénéficier de la détaxe ?

    Sur les différents sites dédiés à la détaxe, vous constatez qu’il faut réaliser un certain volume de dépenses, au moins 100 euros, dans une boutique, en 3 jours maximum pour obtenir le bordereau de détaxe du commerçant. Une contrainte qui limite forcément le champ d’application de la détaxe ou qui pousse, et c’était l’objectif caché de cette disposition, à dépenser plus !

    Grâce à l’application Skiptax, vous pouvez oublier cette contrainte. Fidèle à son objectif de démocratiser la détaxe, Skiptax fait tout le boulot pour vous. Pour cela, il suffit de scanner avec votre smartphone dans l’application vos factures unitaires, même d’un montant inférieur à 100 euros, et Skiptax ajoutera tous vos achats dans une facture unique. Par contre, le cumul des factures doit être au minimum égal à 100 euros. Une somme facile à atteindre au fil des achats dans différentes boutiques.

    Une sortie du territoire facilitée

    L’autre frein à la détaxe fut longtemps la procédure à l’aéroport auprès des douaniers ! En effet, il fallait sortir tous ses bordereaux, souvent un par établissement commercial, compiler l’ensemble dans un bordereau récapitulatif et se présenter au bureau des douaniers. On le devine, ils étaient nombreux à abandonner.

    Depuis 2007, un système informatisé avait facilité la dernière étape, le fameux dispositif PABLO. Mais grace à Skiptax, cette dernière étape est réduite à son minimum. Il suffit de scanner le bordereau, le QRcode ou le code-barres fourni par l’application via un simple bouton et en quelques secondes toutes vos factures et autres justificatifs sont transmis. Vous voilà conforme et prêt à décoller vers votre pays de résidence… en quelques secondes.

    Un remboursement rapide et sûr

    Enfin, la dernière étape et c’est celle qui compte, est la récupération des fonds soit la quote-part de la TVA que l’Etat français doit vous rembourser.

    Là aussi, la procédure était fastidieuse, une fois la procédure faite, il fallait fournir un compte français ou accepter de recevoir un chèque. Désormais avec Skiptax, tout se fait dans l’app en 3 clics.

    Et bonus, vous êtes remboursé plus rapidement que si vous aviez fait la démarche seul ! Skiptax vous avance le remboursement et se charge de récupérer les fonds auprès de l’Etat. Merci Skiptax ! En plus si vous parrainez quelqu’un sur l’app, Skiptax vous rembourse 100% de la TVA et non 80% comme c’est l’usage.

    Ecoutez le témoignage d’un utilisateur de l’application Skiptax

  • La « fin de vie » en France, une visioconférence pour comprendre les enjeux

    La « fin de vie » en France, une visioconférence pour comprendre les enjeux

    Ce mois d’avril a vu la convention nationale sur la « fin de vie » en France se conclure avec la remise d’un rapport au gouvernement comprenant plusieurs propositions. En tant que sénatrice des Français de l’étranger, Samantha Cazebonne a décidé d’aller au contact de nos compatriotes hors de France pour expliquer les enjeux et les applications de ce rendez-vous démocratique. Pour cela, elle organisera une visioconférence le vendredi 12 mai 2023, à 13h (heure de Paris). Nous l’avons rencontrée pour évoquer avec elle ce sujet de société aux incidences si intimes.

    Fabien Ferasson de Quental : Tout d’abord, pour les Français résidant hors de France, pouvez-vous nous rappeler ce qu’est une convention nationale, ce nouvel outil d’échange démocratique voulu par le Président de la République ?

    Samantha Cazebonne : La convention citoyenne est une assemblée de citoyens français, issus de divers horizons et représentatifs des différentes sensibilités politiques de notre pays. Ensemble, ils apportent leur vécu, débattent, trouvent des consensus et présentent enfin des conclusions sur des sujets qui nécessitent un débat ou un dialogue. Nous attendions les conclusions de la Convention citoyenne sur la fin de vie, rendues le 2 avril dernier, pour proposer cet échange avec les Français de l‘étranger.

    Faire entendre la voix des Français de l’étranger

    Fabien Ferasson de Quental : A l’instar de Frédéric Petit, député des Français d’Europe centrale et des Balkans, ils étaient nombreux à regretter qu’aucun Français de l’étranger n’ait été tiré au sort. Les expatriés n’ont-ils pas, justement, des expériences tirées de leur pays de résidence à partager avec la Nation ? 

    Samantha Cazebonne : C’est effectivement pour cette raison, pour que la voix des Français de l’Étranger soit entendue et afin de nourrir le débat, que j’organise, comme l’a fait mon collègue Frédéric Petit sur sa circonscription, cette visioconférence à destination principale des élus conseillers et délégués des Français de l’étranger et aussi ouverte à l’ensemble des Français de l’étranger, où qu’ils résident dans le monde et de manière transpartisane. 

    Il y a plusieurs objectifs à cet échange, tout d’abord informer nos concitoyens établis à l’étranger des résultats et conclusions de cette convention citoyenne et puis partager surtout leurs expériences, nous qui vivons dans des pays où les législations sont toutes différentes sur le sujet. Certains pays sont en cours de réflexion, d’autres ont déjà des législations sur le sujet très avancées. La France peut, ou non, s’inspirer de ce qui est mis en place ailleurs, de la manière dont cela a été réfléchi.

    Fabien Ferasson de Quental : A travers votre visioconférence, vous voulez donc nourrir le groupe de travail mis en place pour transcrire les recommandations de la convention en texte législatif ? Quelles sont vos attentes ?

    Samantha Cazebonne : La Convention citoyenne s’est accordée sur plusieurs constats : le cadre actuel d’accompagnement de la fin de vie n’est pas adapté aux différentes situations rencontrées, l’accès à l’aide active à mourir doit être ouvert, les situations donnant accès à l’aide active à mourir et les modalités de mise en œuvre. La Première ministre a quant à elle annoncé, lors de la présentation de la feuille de route du gouvernement et du calendrier législatif des mois à venir, l’élaboration d’une stratégie décennale sur les soins palliatifs et un projet de loi « fin de vie ». Ce sont ces thèmes qui seront abordés le 12 mai.

    Samantha Cazebonne
    Samantha Cazebonne

    Fabien Ferasson de Quental : Vous avez d’ailleurs convié, entre autres, Olivier Falorni, député, président du groupe d’études sur la fin de vie à l’Assemblée nationale. Quel est le planning de ce groupe de travail ? Quelles dispositions seront retenues ?

    Samantha Cazebonne : J’ai convié à cet échange 3 parlementaires spécialistes du sujet : M. Olivier Falorni (député, président du groupe d’études sur la fin de vie à l’Assemblée nationale et président de la mission d’information sur la loi dite Claeys-Leonetti), M. Xavier Iacovelli (sénateur, membre du groupe de travail des parlementaires sur la fin de vie mis en place par Agnès Firmin Le Bodo et Olivier Véran dans le cadre notamment de la Convention citoyenne) et M. Jean-Louis Touraine, ancien député et président du groupe d’études sur la fin de vie à l’Assemblée nationale de 2017 à 2022.
    C’est désormais au gouvernement à élaborer un projet de loi sur la fin de vie en France et à le soumettre à la représentation nationale.

    Fabien Ferasson de Quental : Ce projet de loi sera donc soumis au vote des députés ? Pensez-vous que sur un tel sujet, il sera possible de trouver une majorité ?

    Samantha Cazebonne : Ce projet de loi sera soumis comme tout projet à l’ensemble des parlementaires, Assemblée et Sénat. “Le cadre d’accompagnement de la fin de vie doit être amélioré pour 97% des citoyennes et citoyens et n’est pas adapté aux différentes situations rencontrées pour 82% d’entre eux”, ce sont les premiers chiffres indiqués dans le Rapport de la Convention Citoyenne sur la fin de vie. Il me semble que les parlementaires doivent désormais répondre à cette attente.

    Fabien Ferasson de Quental : Au final, certains craignent que, comme pour la convention nationale sur le climat, que la loi soit expurgée des propositions les plus novatrices. Quel message voulez-vous communiquer aux Français qui réfléchissent à aller mourir ailleurs pour conserver leur dignité ?

    Samantha Cazebonne : La Première ministre, Elisabeth Borne, avait demandé aux membres de la convention citoyenne d’être “libres” : « Soyez libres » de « vous émanciper des idées reçues, de dire vos doutes, vos désaccords ». C’est le même message que je souhaite faire passer aujourd’hui à nos concitoyens installés à l’étranger.

    Fabien Ferasson de Quental : Pour rappel, comment nos lecteurs peuvent-ils participer à votre visioconférence ?

    La visioconférence est ouverte à toutes et tous avec un temps dédié aux questions-réponses des auditeurs. Elle aura lieu le vendredi 12 mai à 13h (heure de Paris), les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes.

  • Emprunter pour acheter en France : le parcours du combattant des expatriés

    Emprunter pour acheter en France : le parcours du combattant des expatriés

    L’acquisition d’une résidence secondaire ou d’un bien locatif en France en tant que non-résident, sous contrat local ou d’expatriation, est un chemin semé d’embûches. Ainsi emprunter pour acheter en France est désormais aujourd’hui une possibilité inaccessible pour nombre de Français de l’étranger.

    En effet, les banques acceptent moins de faire des crédits immobiliers pour des expatriés que pour des résidents français. Mais difficile ne veut pas dire impossible ! On est loin de la résidence de repli voulue par les parlementaires.

    Des profils plus risqués ?

    Octroyer un crédit immobilier à une personne dont le lieu de résidence n’est pas en France est assez compliqué en termes de procédures pour les entreprises financières françaises… Notamment pour le suivi du prêt et des remboursements : votre banquier va devoir faire plus d’efforts pour traiter votre dossier.

    Les frais de communication peuvent être plus importants, car l’éloignement a un impact. Il faut aussi tenir compte du décalage horaire qui rend les choses encore plus complexes. La plus grande peur pour votre banquier sera notamment liée au risque de non-paiement et à la difficulté d’accéder à vos revenus et autres comptes en cas de besoin.

    Un traitement différent selon le pays de résidence ?

    Les conditions d’octroi d’un crédit immobilier dépendent du pays de résidence du demandeur. Par exemple, un accord spécial, nommé FATCA ou Foreign Account Tax Compliance Acta, a été signé entre les États-Unis et la France pour faciliter les échanges de renseignements bancaires et fiscaux entre les deux pays. Ce contrat permet d’éviter les fraudes fiscales au niveau mondial.

    Toutefois, il exige des institutions financières françaises de transmettre les données bancaires des « US Person » qui possèdent un compte de plus de 500 000 dollars au gouvernement américain. Les banques ne sont donc pas si intéressées à recruter ce type de profil.

    Les investisseurs qui vivent également dans un des paradis fiscaux ne sont pas éligibles, car il est difficile pour les banques de connaître réellement les informations bancaires de la personne qui souhaite avoir le crédit, ou encore la source véritable de ses revenus.

    Par ailleurs, certains pays, traversant une crise géopolitique par exemple, peuvent être temporairement exclus par les banques. C’est notamment le cas pour se prémunir contre le blanchiment d’argent. Voici la liste des pays considérés à risque :

    • Afghanistan
    • Biélorussie
    • Birmanie / Myanmar
    • Corée du Nord
    • Érythrée
    • Irak
    • Iran
    • Libye
    • Pakistan
    • Somalie
    • Soudan
    • Soudan du Sud
    • Syrie
    • Ukraine
    • Venezuela
    • Yémen

    Des complexités administratives

    Le financement pour la clientèle non résidente est une vraie spécialisation pour les banques, il ne s’agit pas d’un dossier « classique ». Les documents qui constituent le dossier d’un non-résident ne sont ainsi pas les mêmes que pour les résidents.

    Par exemple, dans beaucoup de pays du monde, l’impôt est prélevé à la source. Les banques doivent donc analyser le « tax-return » en plus de vos fiches de paie (document pour le rappel des impôts payés par la personne durant l’année).

    De plus, pour analyser votre dossier et vous accorder un prêt, les banques sont regardantes sur le type de contrat de travail et l’entreprise où vous travaillez. Selon ces derniers, les banques peuvent être rassurées, car les contrôles seront plus ou moins faciles.

    • Si vous avez un contrat français mais détaché à l’étranger, vous êtes considéré comme un résident et vous n’aurez aucun mal à emprunter.
    • Si vous avez un contrat local : les banques seront vigilantes à l’entreprise.

    Dans tous les cas, la banque exige que vos documents soient traduits (en français, parfois elles acceptent l’anglais). Bien souvent vous devrez vous-même trouver un traducteur. Quelques fois, elle pourra les faire traduire, mais exigera des frais supplémentaires.

    Un apport plus important

    Pour finir, notons que les banques peuvent demander à leur client non-résident de répondre à de nombreuses conditions. L’une de ces exigences est de remettre un apport évalué entre 10 % à 20 % de la valeur du bien, en plus de couvrir les frais annexes (frais de notaire et de garantie), évalués à un peu moins de 10 % du prix du bien.

    Nous avons lancé dimanche 30 avril une consultation sur ce thème, n’hésitez pas à y participer, nous communiquerons les résultats à des professionnels du crédit afin d’inventer avec eux une nouvelle solution plus accessible aux Français résidant hors de France.

  • Forces et faiblesses de la France 

    Forces et faiblesses de la France 

    Deuxième puissance économique de la zone euro, après l’Allemagne, la France est souvent pointée du doigt pour ses faiblesses. Elle n’en conserve pas moins quelques atouts non négligeables qui pourraient permettre à terme un redressement.

    La liste des faiblesses économiques de la France est longue et connue. Figurent dans cette liste, le taux d’emploi faible, la désindustrialisation, la disparition des gains de productivité, le recul du niveau des compétences et la progression de l’endettement. 

    Parmi les atouts, peuvent être cités la force de l’épargne, la reprise de l’investissement des entreprises et l’augmentation des dépenses de Recherche – Développement. 

    Un déficit criant d’emplois en France 

    La France se caractérise par un taux d’emploi faible même s’il est en hausse depuis 2020. Selon l’OCDE, il s’élève à 67,5 % en 2022, contre 74,8 % au Royaume-Uni, 75 % en Suède, 76 % en Allemagne, 77,5 % au Japon et 80 % aux Pays-Bas. Ce déficit d’emplois réduit la production. Il pèse sur le montant des recettes publiques et conduit les pouvoirs publics à financer des prestations sociales. Il est responsable, en grande partie, de l’écart de déficit public avec les États d’Europe du Nord, et donc de la hausse de l’endettement. Il est enfin un facteur de montée des inégalités. 

    Une désindustrialisation préoccupante 

    Le poids de l’industrie manufacturière dans l’économie est en baisse constante depuis les années 1970. En 2023, 9 % de la population active travaille dans l’industrie contre 13 % en 2002 et 40 % en 1974. La France est avec le Royaume-Uni et les États-Unis le pays qui a connu le recul le plus important de son industrie. Selon Eurostat, en 2022 l’emploi manufacturier représentait encore 11 % de la population active en Suède, 15 % en Italie ou au Japon et 16 % en Allemagne. 

    L’inquiétante disparition des gains de productivité 

    Depuis la crise sanitaire, la productivité française recule. Début 2023, elle est inférieure de 2,5 % à son niveau de 2019. Ce recul s’explique par le maintien des effectifs dans l’industrie malgré la diminution de la production provoquée par les problèmes d’approvisionnement ainsi que par la hausse des matières premières et de l’énergie. Ce recul est également dû au développement de l’apprentissage et de la formation par alternance. Elle est enfin provoquée par les difficultés de recrutement des entreprises pour les postes à forte pénibilité ou à horaires décalés. Les entreprises sont contraintes d’arbitrer entre réduction de leur production et doublement des postes. La baisse de la productivité est plus forte en France que dans les autres pays de l’Union européenne, à l’exception de l’Espagne. 

    La forte désindustrialisation de la France accentue ce phénomène. L’économie de la France repose de plus en plus sur les services dits domestiques.

    Un problème de formation récurrent

    La France est distancée par de nombreux pays en ce qui concerne les compétences de la population active. Selon l’enquête PIAAC de l’OCDE (numératie et littératie), elle se classe au 21e rang loin derrière le Japon, la Finlande, les Pays-Bas ou la Suède. L’Allemagne se situe au 14e rang. Ces faibles compétences des actifs sont en partie dues au faible niveau des élèves. L’enquête PISA de l’OCDE (sur les compétences scientifiques et littéraires des enfants) souligne que la France est distancée par ses principaux partenaires et que le niveau de son système éducatif continue à reculer. 

    L’enquête TIMSS sur le niveau en sciences et en mathématiques (enfants de 4e, 8e grade) place la France au dernier rang de l’OCDE.

    La France se caractérise par une proportion importante de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation (NEET). Selon l’OCDE, le taux s’élevait, en 2022, à 15 % en France, contre 12 % au Royaume-Uni, en Suède ou en Autriche, à 10 % en Allemagne et à 8 % aux Pays-Bas. 

    Des reculs inquiétants dans certains secteurs stratégiques 

    Que ce soit dans le secteur de l’énergie, ceux de l’automobile ou des médicaments, la France est en recul. L’énergie nucléaire a pâti de l’absence de commandes de centrales pendant plus de vingt ans. Le manque d’ingénieurs et de techniciens constitue un handicap tant pour l’entretien des centrales existantes que pour la construction de nouveaux réacteurs. Ce déficit de compétences est également un problème pour l’industrie de la défense. La France est le 5e producteur d’automobiles d’Europe, loin derrière l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne. 

    A Hordain, PSA produit des véhicules utilitaires sous sa marque mais aussi pour Toyota. (SIPA)

    Des finances publiques dégradées 

    La France a accumulé 50 ans de déficits budgétaires occasionnés essentiellement par la progression des dépenses sociales qui représentent plus du tiers du PIB. La dette publique qui était de 24 % du PIB en 1981 dépasse, en 2023, 111 % du PIB. En vingt ans, elle a été presque multipliée par deux. Ces faiblesses de l’économie française créent un cercle vicieux. Le faible niveau de compétences empêche une réindustrialisation rapide. Le pays est contraint de se spécialiser sur des emplois de service à faible rémunération et à faibles gains de productivité. Cela concourt au déclin de la croissance potentielle. Le taux d’emploi réduit ne permet pas un rééquilibrage des comptes publics. 

    La France conserve quelques atouts 

    La France dispose d’un large marché de consommation et homogène. À la différence des autres pays de l’Union européenne, ce marché est porté par une croissance de la population. La France a conservé certains secteurs d’excellence comme celui du luxe. Les principales marques de luxe sont contrôlées par des groupes français (LVMH, Kering, Hermès, l’Oréal). Le secteur de l’aéronautique avec Airbus et Dassault demeure également présent sur le territoire national. Plusieurs entreprises françaises jouent un rôle clef dans le secteur des hautes technologies (STMicroelectonics, Dassault System, Air Liquide, Essilorluxottica, etc.). Les pouvoirs publics ont décidé d’épauler plusieurs filières jugées stratégiques. Le plan « France 2030 », doté de 54 milliards d’euros déployés sur 5 ans concerne le financement en faveur de la production de batteries, énergies renouvelables ou hydrogène. La baisse de l’emploi industriel semble être enrayée, une légère progression des effectifs étant constatée depuis 2021. 

    L’investissement des entreprises en hausse 

    L’investissement des entreprises, longtemps étalé, est en progression depuis 2016. Il représentait en 2022, 14 % du PIB, contre 10 % en 2002 ou 12 % en 2016. De plus en plus de capitaux d’origine étrangère s’investissent en France. Les levées de fonds de start-up technologiques sont passées de 5 milliards d’euros en 2019 à 11,6 milliards d’euros en 2022. Le nombre de licornes (entreprises de plus de 1 milliard d’euros de capitalisation) est désormais de 40 (29 fin 2021). Les dépenses de Recherche/Développement et de robotisation, qui sont encore trop faibles, progressent néanmoins. Elles atteignent 2,4 % du PIB. Elles demeurent malgré tout loin derrière celles des États-Unis (3,5 %) ou celles de la Corée du Sud (5 %). Le nombre de robots dans l’industrie est en augmentation. Il est de 2 pour 100 emplois manufacturiers, contre 3,5 en Allemagne, 4 au Japon ou 8 en Corée. 

    Une épargne abondante 

    La France peut compter sur une épargne abondante. Le taux d’épargne des ménages dépasse 16 % du revenu disponible brut. Les Français sont ceux qui épargnent le plus avec les Allemands et les Suédois. Une meilleure allocation de l’épargne permettrait de soutenir plus activement l’économie. Si les faiblesses sont nombreuses et handicapantes, elles ne sauraient faire oublier les atouts dont dispose l’économie française. 

    Plusieurs inflexions sont en cours permettant d’espérer une amélioration de la situation. Un léger redressement de l’emploi industriel, une hausse de l’effort d’investissement des entreprises, une progression des dépenses de R&D et de robotisation sont constatés. Le nombre des entreprises technologiques augmente depuis quelques années. L’amplification de cette tendance est nécessaire afin de rattraper le retard pris par l’économie française depuis une dizaine d’années.

  • La France « particulièrement exposée » à l’espionnage et à la désinformation

    La France « particulièrement exposée » à l’espionnage et à la désinformation

    Paris, nid d’espions ? Auditionné par la commission d’enquête sur les ingérences étrangères de l’Assemblée nationale, le chef de la DGSI Nicolas Lerner est revenu sur les ingérences en politique et l’importance de la désinformation pour décrédibiliser la voix de la France sur la scène internationale.

    Nicolas Lerner, chef de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), les services de renseignement français, était auditionné en février dernier par la commission d’enquête sur les ingérences étrangères en France, présidée par le député Rassemblement national (RN) Jean-Philippe Tanguy. Le compte rendu de cette audition a été publié mercredi (26 avril).

    Lors de cette audition, le directeur de la DGSI a expliqué que la France « est particulièrement exposée aux tentatives d’espionnage et d’ingérence » en raison de son importance sur la scène internationale.

    Évoquant l’ingérence dans les milieux politiques, objet principal de la commission d’enquête parlementaire, le chef de la DGSI a indiqué avoir procédé à des « sensibilisations » de parlementaires français « à plusieurs reprises ces derniers mois, après avoir détecté des contacts avec des officiers de renseignement russes sous couverture diplomatique ».

    Dans le passé, des personnalités politiques « de premier plan » ont entretenu des relations avec des espions étrangers, parfois à leur insu, parfois en toute connaissance de cause. Les liens financiers seraient beaucoup plus rares, les renseignements français les ayant identifié « très ponctuellement et dans des cas individuels ».

    Prenant l’exemple d’élus qui se sont rendus dans le Donbass ou en Crimée dans des missions d’observation des processus électoraux, M. Lerner considère que cela « revient à franchir un cap en termes d’allégeance envers le pays concerné ».

    Ce fut le cas d’une délégation française en 2015, conduite par l’eurodéputé Thierry Mariani (Rassemblement national/ID) du temps où il appartenait au parti Les Républicains (PPE). Des opérations d’observation similaires se sont déroulées en 2020 lors du referendum constitutionnel voulu par Vladimir Poutine, à laquelle ont participé dix eurodéputés du Rassemblement national.

    Mais, précise le chef de la DGSI, aucun parti politique français ne serait aujourd’hui manipulé par une puissance étrangère.

    Ainsi, l’infiltration par « des officiers de renseignement sous couverture diplomatique » reste un des principaux outils, notamment exploités par la Russie, qui a « le dispositif le plus important ». Bien que « leur nombre [ait] significativement diminué depuis le début de la crise ukrainienne »,surtout depuis l’expulsion de nombreux agents présents sur le sol français et européen sous couverture diplomatique.

    Dans ce domaine, M. Lerner précise que « la Chine […] entretient un réseau sous couverture diplomatique bien moins développé que celui de la Russie. »

    La Chine et la Russie, qui occupent le plus l’attention des Européens aujourd’hui, sont les États « dont la politique est la plus aboutie en matière de renseignement », explique le chef du renseignement français. [Shutterstock/egd]

    Société civile et désinformation

    La DGSI s’inquiète également des « relais » de pays étrangers dans la société civile française. Les services de renseignement français portent « un regard particulièrement vigilant sur le monde universitaire et de la recherche », très exposé à l’espionnage et l’ingérence, par le biais de partenariats ou de jumelages.

    La Chine et la Russie, qui occupent le plus l’attention des Européens aujourd’hui, sont les États « dont la politique est la plus aboutie en matière de renseignement », explique le chef du renseignement français. Outre l’influence, l’espionnage et l’ingérence, ces pays ont « une politique d’information ou de désinformation », dont le but est de « décrédibiliser » l’influence et le modèle français.

    Certains États recourent à une « information déformée sans aucun scrupule », afin de « promouvoir leur narratif et [de] décrédibiliser notre modèle », poursuit M. Lerner, citant les remises en cause de la liberté de la presse et la liberté d’expression en ce qu’elles permettent de critiquer la religion.

    Aussi, la France est présentée comme « donneuse de leçons en matière de maintien de l’ordre et de démocratie » vers l’extérieur – envers l’Iran ou la Russie par exemple – alors qu’elle serait répressive à l’intérieur.

    Après l’invasion russe en Ukraine, l’Union européenne a interrompu l’activité des chaînes de propagande russe, RT et Sputnik, a remarqué M. Lerner.

    Mais, selon lui, seuls des événements exceptionnels de la guerre en Ukraine ont rendu possible une telle décision. Il faut alors s’interroger sur le cadre juridique européen. Le droit devrait permettre au « régulateur à intervenir au-delà de ses prérogatives habituelles lorsque les sanctions sont insuffisantes et que l’interdiction d’un média servant clairement et exclusivement d’outil de propagande devient nécessaire. »

    Enfin, le chef de la DGSI constate combien les temps ont changé : « certains États s’affranchissent aujourd’hui allègrement de la règle de droit international, dans le contexte d’un affaiblissement du multilatéralisme ». Les États sont passés de la « compétition » à « des confrontations bien plus directes ».

    Les règles qui régissaient les relations entre les États, dont le respect de la sphère d’influence de différents blocs, ont « disparu »« Le fait accompli et la loi du plus fort sont les seules règles qui prévalent ».