Emmanuel Macron a rendu hommage à Jean Moulin et à la Résistance, lundi 8 mai à Lyon, après la traditionnelle cérémonie de la victoire à l’Arc de triomphe, à Paris. Le chef de l’Etat est arrivé vers 15 heures à l’ancienne prison de Montluc, où Jean Moulin et d’autres résistants furent détenus, pour un hommage à la « Résistance française et aux victimes de la barbarie nazie ». Il était accompagné du garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, du ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye, et de la secrétaire d’Etat chargée des Anciens combattants et de la Mémoire, Patricia Mirallès.
Des commémorations sous haute sécurité
Devant les risques de « casserolades », récurrents depuis l’adoption de la réforme des retraites, tout rassemblement a été interdit aux abords des Champs-Elysées.
A Lyon, où tout rassemblement était aussi prohibé dans un large périmètre autour de la prison de Montluc, environ 3 000 personnes ont manifesté en bordure de la zone interdite, selon la préfecture.
Avant de partir à Lyon, comme à chaque célébration de la fin de la Première ou de la Seconde Guerre mondiale, le chef de l’Etat a remonté en fin de matinée les Champs-Elysées, accompagné par la grande escorte de la garde républicaine, à cheval et motorisée. En présence de la Première ministre Elisabeth Borne, il a déposé une gerbe et a ravivé la flamme du Soldat inconnu, sous l’Arc de triomphe.
Les forces de l’ordre étaient largement présentes autour de la prison de Montluc, dans laquelle Emmanuel Macron s’est rendu 14h30 pour les commémorations du 8 mai à Lyon. Après avoir déposé un bouquet de fleurs sur le porche du mémorial, le chef de l’Etat a observé une minute de silence. Une Marseillaise fut entonnée, suivie du chant des partisans.
Les époux Klarsfeld, à l’origine de l’extradition de Klaus Barbie vers la France, étaient également présents. Mais c’est accompagné de Claude Bloch, 94 ans, dernier rescapé des camps de concentration à Lyon, qu’Emmanuel Macron a visité la prison de Montluc où fut emprisonné, torturé et assassiné, Jean Moulin, héros national.
Puis le Président de la République a écouté l’histoire des enfants d’Izieu, racontée par deux lycéens. Ces 44 enfants juifs, logés à Izieu (Ain) ont été déportés lors d’une rafle de la Gestapo en avril 1944. Le président et les époux Klarsfeld ont ensuite remercié les deux élèves du lycée René Descartes, dans la banlieue lyonnaise. Pour finir la visite, le chef de l’Etat est allé dans la cellule du responsable nazi Klaus Barbie, condamné à perpétuité pour crime contre l’humanité à Lyon en 1987.
Enfin, il a rendu hommage dans un long discours à Jean Moulin depuis le Mémorial de la prison de Montluc, à Lyon.
« Ayons confiance en nous et en ceux qui nous suivront », a déclaré Emmanuel Macron, lors de l’hommage rendu. Une manière de relier les héros du passé – à travers le chef de la résistance, Jean Moulin, et l’historien Marc Bloch, mort en déportation – et les générations futures.
Bonjour à tous, bienvenue dans le premier flash de cette semaine. Une semaine écourtée car la France, comme la Tchéquie et la Slovaquie, offre un jour de congé pour célébrer le 08 mai la victoire sur l’Allemagne nazie. Mais ce 09 mai c’est la journée de l’Europe, nous ouvrirons donc le flash quotidien des expatriés par ce thème, avant de se pencher sur les abus de l’ancien consul à Marrakech et nous terminerons en revenant sur la journée du 08 mai en France.
La Journée de l’Europe
Voilà un jour qui mériterait d’être férié. En effet, dans toute l’Union européenne, de nombreuses activités sont offertes aux citoyens qui veulent mieux connaître l’UE. Pour ce faire, direction le site europeday.europa.eu. Sur lesfrancais.press, retrouvez un dossier spécial pour découvrir tout ce que l’Union européenne a apporté à la mobilité internationale. Une donnée que les expatriés ont bien compris, puisque le vieux continent concentre 50% des Français de l’étranger.
Airbnb Consulat
C’est le bon plan dont un ami de l’ancien consul de France à Marakkech, Philippe Casenave, a pu jouir pendant 2 ans. En effet, le diplomate français lui avait prêté sa résidence officielle, et ce dernier en a bien profité, en conviant de jeunes prostituées dans le cadre de fêtes organisées avec la vaisselle gravée aux armoiries de la République française. Privé d’une promotion prestigieuse, Philippe Casenave devrait rester longtemps sans affection, mais quid des sanctions qui devraient s’étendre à toute la chaîne chargée du contrôle au ministère ?
Philippe Casenave, éphémère directeur du protocole et ancien consul de Marrakech
Un 08 mai calme pour Emmanuel Macron
Le président de la République était à Lyon ce lundi après-midi pour rendre hommage à Jean Moulin après avoir commémoré le 8-Mai et la capitulation de l’Allemagne à Paris. Les anti-réforme des retraites ont appelé à une casserolade, mais le tribunal administratif a interdit les manifestations dans une partie de la ville.
Le président Emmanuel Macron dépose une gerbe de fleurs devant la tombe du Soldat inconnu à l’Arc de Triomphe lors des cérémonies du 8 mai 1945, le 8 mai 2023 à Paris ( Michel Euler / POOL/AFP )
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition.
Quel joli mois de mai ! Le 1er mai, des manifestations partout dans le monde. Comme les précédentes « Fêtes du travail », (qui ont remplacé les anciennes « fêtes de l’amour »), elles ne changeront rien au travail, pas plus que les précédentes fêtes de l’amour ne changèrent l’amour. Le travail est emporté dans la révolution digitale, la robotique, ChatGTP, et l’extinction du salariat. Le patron d’IBM étudie le remplacement de 30% de son personnel administratif par ChatGTP, l’IA et l’automatisation. Des chocs qui pourraient remettre en cause nos libertés ?
On ne couronne pas un roi tous les jours. Qui ne se souvient de celui de Bokassa ?
Le défilé, c’est la tradition. Et la tradition, c’est la tradition. Comme le 6 mai : on ne couronne pas un roi tous les jours. C’est plus rare que les J.O. Qui ne se souvient de celui de Bokassa ? Rares aujourd’hui sont les têtes couronnées, notamment parmi les 2000 invités de Charles, qui ont encore du pouvoir. Cela ne signifie pas que le principe dynastique s’éteint, il resurgit en Afrique, en Orient, comme en Corée du nord, mais la plupart des pays gardent inconsciemment en mémoire que le premier Charles d’Angleterre fut décapité, que les Britanniques inventèrent le pouvoir du parlement, et progressivement, la démocratie.
Que traîne la traîne royale ? Beaucoup voudraient que le nouveau roi se repente des méfaits de l’expansion impériale britannique, qui se vante d’avoir conquis et assujetti 178 nations. Rares furent les peuples qui connurent un succès mondial aussi stupéfiant, et aussi dur pour les autres, que les Britanniques, avec des moyens, notamment démographiques, si limités. La faute à la révolution industrielle, au charbon, à la marine ? Non. A Charles 1er décapité, à cette invention du Parlement, à l’affirmation des « libertés ». On peut dénoncer la colonisation britannique, les conquêtes, le racisme, l’esclavage, en vérité, quel peuple ne fut pas barbare ? Lequel ne fut pas cruel, raciste, massacreur ? Des Indiens de Californie à la Papouasie en passant par l’Afrique et la Chine, l’humanité est esclavagiste, expansionniste, avide, violente. Preuve que le progrès existe : le mérite des Britanniques (puis des Français, et des Américains) fut d’avoir été les premiers à dénoncer l’esclavage comme un crime (après l’avoir pratiqué), à l’avoir éradiqué à coups de canons, en Afrique, en Arabie, en Asie. Rares furent les massacreurs qui en firent autant.
Le peuple se presse autour du roi, prend des selfies, et s’en fout un peu : 62% des Britanniques apprécient la monarchie, ils étaient 88% en 1969. La révolution ne gagne pas, l’indifférence peut-être.
Ce devrait être aux Allemands de célébrer le 8 mai.
Après le 6 mai, le 8 mai. Victoire sur le nazisme. Seules la France, la Slovaquie et la Tchéquie le fêtent. Etrange : Ce devrait être aux Allemands de la célébrer. C’est la liberté retrouvée qui lui a rendu luxe, puissance et richesse. Ils ne remercieront jamais assez les Alliés. Même les Russes, qui lui ont redonné la Prusse et toute son aura sur les pays d’Europe centrale et de l’Est. Les Russes, qui fêtent la victoire le 9 mai ont annulé leurs défilés dans six régions russes et 21 villes. Poutine a supprimé la traditionnelle réception. Peur d’un rhume, d’un drone, d’un concert de casseroles ? En Russie, contester la guerre vaut la prison. Pas mort le fascisme. Il réapparaît dans ces régimes fondés sur la violence, l’exaltation de la force, le contrôle des médias, le contrôle social, la corruption, la mise en coupe réglée du pays par la corruption, celle des ex-citoyens par la mise au pas, la prison, le contrôle de la presse.
Selon l’Unesco, 2022 a été l’année la plus sanglante pour les journalistes : 86 ont été tués. La liberté de la presse se célébrait le 3 mai. On enferme de nouveau les journalistes au Maroc, en Tunisie et en Algérie. D’après le dernier rapport de Reporters Sans Frontières, l’Europe est encore le continent où la liberté de la presse est le mieux défendu. La désinformation, à travers les réseaux asociaux, pullule. Les services parallèles d’Etats organisent des campagnes de désinformation, contrôlent des sous-traitants pour diffuser des fake news. Les organes de presse sont de plus en plus fragiles financièrement. Le vieux monde des médias n’est pas encore mort, le nouveau encore balbutiant et fragile (à l’exemple de lesfrancais.press : il n’est pas interdit de prendre un abonnement à 2€ !).
Les autocrates s’attaquent en premier lieu à la liberté de la presse et au contrôle des médias. Contrôler l’information, c’est croire contrôler le monde. C’est en tout cas fabriquer son image. Les Polonais, du temps de Jaruzelski, tournaient la télévision vers la rue lors du journal pour montrer leur mépris des mensonges. Russes, Iraniens, tant d’autres devraient faire de même. L’érosion de la liberté de la presse est l’érosion de la liberté.
64% des Français estiment que les libertés individuelles ont régressé en France
Geoffrey Hinton, prix Turing, ingénieur en chef chez Google, un des inventeurs de l’Intelligence Artificielle, a démissionné le 1er mai. Il craint que l’IA ne contrôle l’humanité : « Ces choses auront tout appris de nous, lu tous les livres de Machiavel, et si elles sont plus intelligentes que nous, elles n’auront pas de mal à nous manipuler. (…) leur algorithme d’apprentissage pourrait être bien meilleur que le nôtre, et c’est effrayant ». La civilisation de l’information, la nouvelle civilisation de la connaissance, liée à la révolution digitale, serait-elle fatale à l’information et à la connaissance ?
Manipulés ? Faut-il attendre ChatGTP et l’IA ? Comment certifier l’information ? Ce ne sont certainement pas les Etats qui le feront. Selon un sondage IFOP/L’Opinion, 64% des Français estiment que les libertés individuelles ont régressé en France depuis dix ans. Ils n’ont pas tort : il suffit d’essayer de repasser le permis de conduire.
Les Français se rendent comptent d’un recul de la liberté. Les peuples ne se laissent pas manipuler si facilement. C’est la grande leçon des Charles 1, 2 et 3 : si la monarchie ne rend plus service, elle chute. C’est la leçon de Poutine et des Ayatollahs : quand on a peur, on condamne, on enferme, on assassine.
La grande date du mois de mai pourrait bien être le jour des élections en Turquie.
Aussi la grande date du mois de mai pourrait bien être le 14. Jour des élections en Turquie. Erdogan est affaibli. Pour la première fois, malgré le contrôle total des médias, les emprisonnements, les purges dans la justice, l’éducation, l’armée, la police, il n’a pas pu éteindre tout à fait le principe de l’élection démocratique, et, cette fois, il pourrait perdre.
Ce serait un événement considérable. Du point de vue géopolitique bien sûr. De la Lybie à la Russie, du Turkménistan à l’Allemagne, la chute du Sultan changerait la donne, tant Erdogan a joué double et triple jeu, tant il a investi dans son rêve de restauration « néo ottoman », ce qui a ruiné son économie. Au-delà des enjeux géopolitiques, la chute d’Erdogan signifierait que le rêve démocratique n’est pas une survivance du passé, une vieille habitude occidentale, une relique aussi dorée que le carrosse de Charles III. Que la démocratie, même étouffée, peut renaître, comme l’arbre de mai. Si elle y arrive en Turquie, elle peut y arriver ailleurs. Et pourquoi pas en Tunisie, en Iran, en Russie ? Qui sait, même en Chine ? Taiwan est une démocratie chinoise, non ? C’est bien ce qui inquiète Xi. Dans la traîne du roi Charles, il y a donc toutes les traditions libérales que la couronne britannique a diffusées à travers le monde. Pour cela il lui sera beaucoup pardonné. Parce qu’il reste beaucoup à espérer, en ce mois de mai qui pourrait être si joli.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. ambassadeur de France
a. député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Charles III est enfin roi ! Notre correspondant, Alexander Seale, et ceux de TV5MONDE, ont suivi cette journée historique au coeur de l’abbaye de Westminster et dans les rues de Londres auprès des Français touristes comme expatriés.
Une cérémonie qui a fait oublier les crises
Toute sa vie, il a été préparé pour ce moment. Samedi 6 mai, le roi Charles III apparut couronné au balcon du palais de Buckingham, aux côtés de Camilla. La foule acclama et la famille royale sourit. Alors que les couleurs britanniques apparurent dans le ciel, Londres entonna « God Save The King ». Dans la solennité de l’abbaye de Westminster, devant 2 300 invités, le cérémonial était réglé au millimètre. Arrivé en carrosse, Charles III prêta serment sur la Bible. Dans un rituel somptueux et “archaïque” jamais vu en Grande-Bretagne depuis 1953, le roi fut oint d’huile sainte et a prêté le serment des rois, avant que l’archevêque de Canterbury (en français Cantorbéry), Justin Welby, ne place la couronne de Saint-Édouard sur sa tête, au cri de « God Save the King!”
Ainsi, Charles III fut désormais sacré souverain du Royaume-Uni et chef du Commonwealth. Le prince William fut le premier à lui prêter allégeance. Puis, Camilla fut aussi couronnée et a prêté serment.
Malgré la pluie battante, le public a applaudi le spectacle de la monarchie. S’il n’égale pas sa mère, les Britanniques n’ont pas boudé ses festivités. Cette parenthèse a fait oublier les crises, pour quelques heures. Comme l’ont démontré les dizaines de milliers de personnes qui étaient entassées sur le Mall et le long d’un parcours de la procession allant du palais de Buckingham à l’abbaye, beaucoup ont campé pendant la nuit pour avoir une bonne vue sur le défilé d’un kilomètre de long, qui impliquait 7 000 soldats et 19 orchestres militaires, le plus important depuis le couronnement de la reine Elizabeth II en 1953, il y a 70 ans.
Regardez le reportage de TV5MONDE
Liesse populaire
Après la cérémonie protocolaire, le roi Charles et la reine Camilla sont apparus sur le balcon du palais de Buckingham pour saluer la foule rassemblée sur le Mall et regarder le défilé aérien qui dut être écourté à cause de la pluie.
Pourtant des milliers de personnes se sont alignées dans les rues de Londres pour apercevoir le roi et la reine au passage. Une joie populaire qui ne fut pas entachée par les mouvements contestataires. En effet, plus tôt, des membres du groupe Republic, le groupe anti-monarchie, figuraient parmi les personnes arrêtées près de Trafalgar Square.
Les Français : la première communauté étrangère présente pour le couronnement
Parmi les Londoniens et les habitants du Royaume-Uni qui sont allés suivre le couronnement sur des grands écrans qui parsemaient la capitale britannique, nous avons croisé beaucoup de Français, principalement des touristes et aussi quelques expatriés.
Marie, une Française, est venue à Londres parce qu' »un couronnement n’a lieu une fois. J’espère voir celui du Prince William. Je ne pourrais pas être ailleurs en fait. J’étais déçue de ne pas être présente pour les obsèques de la Reine Elizabeth II, donc je me suis promis d’être là pour le couronnement du roi. J’essaierai d’être idéalement sur le parcours de la procession. J’ai vu qu’il y avait déjà des gens bien positionnés avec leurs tentes et leurs affaires. Je vais m’approcher d’un écran géant, peut-être à St James’ Park.”
Une famille de Marseille
Des Marseillais, venus dans la capitale britannique pour célébrer le couronnement du Roi Charles III, se sont levés très tôt, ont réservé le petit-déjeuner et ont trouvé une place pour pouvoir assister au couronnement.
“On a déjà vu le Roi plusieurs fois. On est venu pour le Jubilé et aussi pour les obsèques de la Reine. On va essayer de participer à une fête de quartier.”
Les expatriés français à Londres ?
Si les Français de Londres furent discrets, soit parce qu’en tant que républicains ils ne voulaient pas y participer soit parce qu’ils se sont fondus dans la masse des Britanniques, prouvant leur intégration, certains ont tenté de se réunir pour assister au défilé. Mais la densité de la foule a souvent contrarié leurs plans à l’instar de Lucie, à Londres depuis 5 ans et demi.
Rencontrée dans les rues, elle nous a expliqué que ses copines françaises devaient la rejoindre mais elle est venue avant. Quand elles sont arrivées c’était plein et elles n’ont pas pu prendre place, donc elle a regardé la cérémonie toute seule sur sa chaise de pique-nique.
“Demain j’irai faire un tour dans le centre de Londres, dans les alentours de Regent’s Street et à Piccadilly pour voir ce qu’il s’y passe. J’ai assisté au Jubilé l’année dernière où j’étais sur le Mall, mais là vu la pluie j’ai préféré aller à Hyde Park qui est plus proche de chez moi. En tout cas je suis contente d’être à Londres et d’avoir pu vivre ce moment historique.”
L’ambassade de France célèbre la quiche royale
Du côté de la représentation française, c’est le 5 mai 2023, à la veille du couronnement du Roi Charles III, que l’Ambassade de France au Royaume-Uni a fait preuve de solidarité en participant au Big Help Out, une initiative lancée par la famille royale britannique pour encourager les citoyens à s’entraider. En partenariat avec cette initiative, l’Ambassade a livré des quiches du couronnement à l’association caritative The Trussell Trust.
Ces quiches, met officiel d’origine française, ont été choisies par la famille royale pour marquer l’événement. Elles ont été préparées par le chef de la Résidence de France, Gilles Quillot, et livrées à la branche locale de Chelsea et Kensington de la banque alimentaire The Trussell Trust. L’association a organisé un « grand déjeuner du couronnement » pour ses bénéficiaires, leur offrant ainsi un repas digne de la cérémonie.
Le Big Help Out est une initiative qui invite tous les Britanniques à donner de leur temps pour aider leur entourage. La participation de l’Ambassade de France au Royaume-Uni à cet événement témoigne des liens forts entre les deux pays et de l’engagement de la France à soutenir les actions caritatives au Royaume-Uni.
Emmanuel Macron a représenté la France
Enfin, le président de la République Emmanuel Macron était aussi présent à l’abbaye pour le couronnement. Accompagné de son épouse, il a assisté à la cérémonie à l’abbaye de Westminster.
Félicitations au Roi Charles III et à la Reine Camilla, amis de la France.
Jusqu’à lundi 8 mai, jour férié au Royaume-Uni, le pays va fêter cet événement historique. Ce dimanche 07 mai, des fêtes de quartier et un concert à Windsor sont organisés.
Couronnement de Charles : un événement historique auquel se préparent depuis des mois les vendeurs et petits commerces britanniques. Mais la monarchie anglaise est-elle toujours « bankable » ?
Mugs, pièce de monnaie, t-shirt, statuettes…
Il suffit de se rendre dans la première boutique de souvenirs londonienne venue pour mesurer la popularité de ces produits dérivés fabriqués à l’effigie des membres de la famille royale d’Angleterre.
Selon les données du Centre for Retail Research (CRR), les admirateurs de la dynastie auraient dépensé plus de 280 millions de livres (plus de 310 millions de francs) en produits de ce type à l’occasion du jubilé de platine d’Elizabeth II, en juin dernier.
Le sacre de Charles III, célébré ce jour (samedi 06 mai) dans la capitale britannique, devrait à son tour faire le bonheur des marchands de babioles. Mais le nouveau roi sera-t-il aussi vendeur que sa défunte mère ?
London, England – 10.05.22: PRINCE CHARLES REPRESENTS QUEEN ELIZABETH at the State Opening of Parliament. The Prince of Wales was accompanied by Camilla, Duchess of Cornwall and Prince William to the ceremony.
Politico europe a fait une révélation étonnante, ce 5 mai. On apprend par le web-magazine anglophone que l’ancien consul général de France à Marrakech, Philippe Casenave, prêtait sa résidence officielle à un ami. Et ce dernier en a bien profité, ledit « ami » utilisait la propriété de l’Etat, un riad de 785m², un jardin de de 5 000m² avec piscine comme sa propre maison.
Un directeur du protocole d’État éphémère
Si l’affaire est désormais connue, c’est tout simplement que Philippe Casenave a été nommé mardi 02 mai directeur du protocole d’État. Poste qu’il ne conserva que quelques heures.
Rappelons que cette fonction, quoique discrète, est cruciale pour le fonctionnement de l’Elysée. Attaché au Quai d’Orsay, où il dispose d’un joli bureau avec vue sur la Seine, le directeur du protocole, témoin privilégié de toutes les histoires, petites et grandes, est aussi présent à l’Elysée, dans l’aile ouest du Palais, où il veille à l’organisation des dîners d’État, visites royales ou de visites de chefs d’État étrangers. En chef d’orchestre, il suit en première ligne tous les événements diplomatiques internationaux auxquels participent le président de la République, la Première ministre et la ministre des Affaires étrangères, et organise leurs déplacements à l’étranger.
S’il dut renoncer à ce poste prestigieux, c’est suite aux révélations de 3 diplomates entraînant l’ouverture d’une enquête « express ». Et le pot aux roses fut donc découvert. Cependant, la décision de nommer Philippe Casenave au prestigieux poste de directeur du protocole d’État en avril soulève des questions sur l’efficacité du processus de contrôle au ministère des Affaires étrangères.
Philippe Casenave
Des orgies sous les ors de la République ?
Si l’affaire fait tant scandale dans le monde feutré de la diplomatie, c’est que l’ami, décorateur de profession, recevait des amis le week-end et se permettait même d’utiliser l’argenterie et le service de dîner gravé aux insignes de la République française.
L’enquête interne a également révélé que l’ »ami » du consul recevait régulièrement des « jeunes, vraisemblablement des prostituées », en l’absence du consul.
Ces faits se sont produits pendant 2 ans, de 2018 à 2020. Un point qui soulève, là aussi, des interrogations sur l’encadrement de nos diplomates et sur la mise à disposition des biens de la Nation. Espérons que cette révélation poussera Mme Colonna, ministre des Affaires étrangères, à repenser la gestion des ressources humaines comme celle des biens de la République.
A moins que nos diplomates soient simplement happés par « la cuisine marocaine » à l’instar d’un proviseur du Lycée Français à Marrakech qui fut accusé d’harcèlement sexuel ?
Le 26 avril, la Première ministre Elisabeth Borne présentait la feuille de route de son gouvernement pour l’année à venir, avec en son cœur un nouveau « Pacte de la vie au travail » et une future « Loi Travail ». Tour d’horizon des réformes déjà engagées ces dernières années sur le travail et l’emploi en France, et ce qui pourrait bientôt changer.
Renouer le lien qu’ont les Français avec leur travail tout en atteignant le plein-emploi : telle est la mission que le président de la République s’est donné, au sortir d’une réforme des retraites politiquement explosive. La nouvelle séquence politique, marquée du sceau de « l’apaisement », doit remettre la question du travail au centre des débats, avec des mesures fortes dès l’été 2023.
EURACTIV revient sur les dispositifs existants pour améliorer le travail et l’emploi en France, et ce qui pourrait changer au sein d’une nouvelle « Loi Travail ».
Réforme de l’assurance chômage
Dès 2019, une réforme de l’assurance chômage de grande envergure voyait le jour. Objectif : lutter contre le recours abusif aux contrats courts, inciter à la reprise d’un emploi en établissant de nouvelles règles d’indemnisation et renforcer l’accompagnement des demandeurs d’emploi.
Suite à l’échec des négociations entre les partenaires sociaux en 2019, le gouvernement a légiféré par décret. Ces règles doivent rester en vigueur au moins jusqu’au 31 décembre 2023.
Lors de la campagne présidentielle de 2022, Emmanuel Macron annonçait une deuxième partie de la réforme, qui viserait à moduler la durée d’indemnisation des chômeurs pour pousser au retour à l’emploi dans un contexte de pénurie de main d’œuvre. Cette loi est entrée en vigueur le 1er février 2023.
Selon le texte, si le taux de chômage national passe sous la barre des 9 %, les chômeurs verront leur durée d’indemnisation baisser de 25 %. Le statu quo sera rétabli si le taux de chômage dépasse 9 %, ou s’il augmente de plus de 0,8 % au cours d’un trimestre.
Ainsi, la durée maximale pendant laquelle un chômeur de moins de 53 ans peut prétendre à des allocations chômage, aujourd’hui à 24 mois, tombe à 18 mois.
La réforme prévoit également d’interdire le versement d’indemnisations aux personnes ayant abandonné leur poste sans préavis. En outre, un travailleur sous contrat à durée déterminée (CDD) qui refuse un contrat à durée indéterminée (CDI) deux fois dans la même année se verra également refuser ses droits au chômage. Les décrets d’application portant sur ces mesures n’ont toutefois pas encore été publiés.
Un nouveau cycle de négociations avec les partenaires sociaux doit voir le jour d’ici la fin 2023.
Transformer Pôle Emploi en « France Travail »
Le gouvernement a annoncé vouloir transformer Pôle Emploi en « France Travail », dans le cadre d’un projet de loi qui devrait être présenté début juin. L’idée est d’en venir à un « service public de l’emploi plus efficace avec une gouvernance partagée entre Etat, collectivités et partenaires sociaux », a souligné Mme Borne.
Si les contours de la réforme restent flous, le haut-commissaire à l’Emploi et à l’Engagement des Entreprises Thibaut Guilluy a rendu un rapport fin avril qui délimite la nature des changements « pour atteindre le plein emploi et permettre ainsi l’accès de tous à l’autonomie ».
Le rapport, fruit d’une réflexion de plusieurs mois, fait état d’une situation presque paradoxale qui veut qu’au même moment où les entreprises souffrent d’une pénurie de main d’œuvre historique,des chercheurs d’emploi peinent toujours à réintégrer le marché du travail.
Il s’agit de faire de France Travail la porte d’entrée de toute recherche d’emploi, et favoriser la coopération entre tous les acteurs concernés par la création d’un « réseau France Travail ». L’objectif, par ce biais, serait de « réduire significativement les emplois non pourvus faute de candidats et diminuer plus encore les délais de recrutement », souligne le rapport.
Conditionnement du RSA
Annonce phare du président de la République dès la campagne présidentielle de 2022, et réitérée lors de son interview le 13 avril dernier sur TF1 et France 2, l’octroi du Revenu de solidarité active (RSA) devrait bientôt être conditionné « d’activités d’accompagnement de 15 à 20 heures par semaine », explique le rapport de M. Guilluy.
Le RSA assure aux personnes sans aucune ressources et d’au moins 25 ans un niveau minimum de revenus. Au 1er avril, il était de 607,75 euros par mois pour une personne vivant seule en métropole.
Avec cette mesure, le président s’est donc engagé à « aller chercher » les personnes au RSA et « les aider à revenir vers l’emploi », puis les « responsabiliser ». Selon les chiffres les plus à jour du ministère du Travail, 4,25 millions de personnes étaient allocataires du RSA en 2021.
Prévention de l’usure professionnelle
Dès 2014, une réforme des retraites, dite « réforme Touraine », créait le Compte personnel de prévention de la Pénibilité (C3P), octroyé à tout travailleur exposé à des critères de pénibilité. Ces critères, au nombre de 10, incluaient les manutentions manuelles de charges lourdes, les postures pénibles, les vibrations mécaniques, ou encore les températures extrêmes ou le bruit.
Chaque trimestre « d’exposition » donne alors droit à un certain nombre de points qui, une fois accumulés, pouvaient permettre de suivre des formations pour faciliter une réorientation professionnelle, financer un maintien de rémunération ou gagner des trimestres de retraite.
En 2017, le C3P fait place au Compte professionnel de prévention (C2P), dont le fonctionnement est peu ou prou identique, mais le nombre de critères passe de 10 à six. Le calcul de certains critères d’origine étaient en effet considérés trop complexes.
Plus récemment, suite à la promulgation de la réforme des retraites de 2023 en avril, l’accumulation de points au sein d’un C2P peut aussi permettre un « congé de reconversion » vers un emploi moins exposé à des facteurs de risques professionnels.
La réforme crée aussi un « fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle » à hauteur d’un milliard d’euros d’ici à 2027, qui devrait financer des actions de sensibilisation et de formation.
La nouvelle séquence politique, marquée du sceau de « l’apaisement », doit remettre la question du travail au centre des débats, avec des engagements forts dès l’été 2023. [STEPHANIE LECOCQ/EPA-EFE]
Emploi des seniors
Les mesures relatives à l’emploi des seniors, qui avaient cristallisé les débats sur la réforme des retraites, avaient finalement été retoquées par le Conseil constitutionnel.
Le gouvernement compte les réintégrer dans une « Loi Travail » plus large.
Il souhaite, d’abord, créer un « index senior », qui prévoit l’obligation – avec sanctions en cas de non-respect – pour les entreprises de plus de 300 salariés de publier « les indicateurs relatifs à l’emploi des salariés âgés » et les mesures prises « pour favoriser leur emploi dans l’entreprise », pouvait-on lire dans le projet de réforme.
Le « CDI seniors », une demande expresse des organisations patronales qui avait été défendue par les sénateurs, devrait aussi (re)voir le jour. Il consisterait en un contrat exonéré de cotisations familiales pour compenser le coût des salaires.
Ainsi, « on adapte les conditions de travail des salariés en fonction de [leur] âge ou du phénomène d’usure », expliquaient les sénateurs René-Paul Savary (Les Républicains) et Elisabeth Doineau (Union des démocrates et indépendants) lors des débats sur la réforme des retraites en mars.
Dès 2010, les entreprises de plus de 50 salariés ont l’obligation légale de mettre en œuvre des dispositifs pour accompagner l’emploi des seniors. L’État peut aussi accorder une subvention financière pour tout recrutement d’une personne de plus de 45 ans. Enfin, un « CDD seniors » de 18 mois permet de garder en emploi sans engagement les personnes de plus de 57 ans.
Un Compte épargne-temps (CET) « universel » et « portable »
Le CET, créé en 1994, a comme vocation de « permettre au salarié d’accumuler des droits à congé rémunéré […] en contrepartie des périodes de congé ou de repos non prises », selon la définition du ministère du Travail.
Un décompte du ministère indique que seul un salarié sur 10 bénéficie d’un CET, dont la mise en œuvre n’est pas obligatoire, tant les contraintes pourraient être grandes pour les plus petites entreprises.
Lors de la campagne présidentielle de 2022, Emmanuel Macron promettait la mise en œuvre d’un CET « universel » et « portable », dont tous les salariés pourraient bénéficier et conserver tout au long de leur carrière, même en changeant d’employeur.
Une idée qui pourrait donc être reprise par le gouvernement dans le cadre de ce nouveau « Pacte ».
Index « égalité professionnelle »
Depuis 2020, toute entreprise de plus de 50 salariés a l’obligation de publier un « Index égalité professionnelle ». Le dispositif, créé en 2018, mesure les écarts de rémunération, d’augmentations individuelles, de promotions et la mise en œuvre de tout mécanisme facilitant l’accès à un congé maternité et à la parité au sein des dix salariés les mieux payés dans l’entreprise.
En 2023, la note moyenne des entreprises concernées était de 86 sur 100 en 2022, soit une augmentation d’un point chaque année depuis 2020.
Malgré l’obligation légale, le taux de respect de l’obligation était de « seulement » 72 %.
Dans le cadre du « Pacte », le gouvernement devrait donc s’engager à tout faire pour que la note globale des entreprises continue de s’améliorer, et faire en sorte que 100 % d’entre elles se plient à l’exercice.
Formation continue
Promulguée en septembre 2018, la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » vise à faciliter l’accès à la formation professionnelle continue.
L’une des mesures phase concerne le Compte personnel de formation (CPF), qui est maintenant crédité en euros, et non plus en heures, permettant aux actifs de suivre des formations éligibles à tout moment de leur parcours professionnel.
La loi intègre aussi des dispositifs pour favoriser la mobilité professionnelle, comme un nouveau Projet de transition professionnelle, qui permet de suivre une formation qualifiante afin de changer de métier.
Les indemnités chômage pour les démissionnaires porteurs d’un projet de reconversion sont aussi allongées.
Les ambitions de l’exécutif sur ce thème dans le cadre de la nouvelle « Loi Travail » restent encore inconnues.
Transposition de l’accord sur le partage de la valeur
En février 2023, les partenaires sociaux parvenaient à un accord sur un meilleur partage de la valeur en entreprise. L’accord oblige les entreprises entre 11 et 49 salariés à mettre en œuvre un dispositif de partage de la valeur — intéressement, primes, etc. — lorsque les bénéfices nets fiscaux sont au moins égaux à 1 % du chiffre d’affaires.
La Première ministre s’est engagée à transcrire les termes de l’accord de manière « fidèle et totale » dans une loi spécifique.
La loi « Pouvoir d’achat » de l’été 2022 crée aussi une Prime de partage de la valeur (PPV), qui peuvent être versées à la discrétion de l’employeur, dans les limites des 3 000 euros par an, ou 6 000 euros dans la cadre d’un accord d’intéressement.
Pour tous les salariés gagnant jusqu’à trois fois le SMIC, la prime est exonérée de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu.
Près de 5 millions de salariés ont touché une PPV en 2022, pour un montant moyen de 806 euros, selon l’INSEE.
Le couronnement du Roi Charles III se déroulera ce samedi 6 mai à Londres. Les Britanniques en sont très heureux. Pour célébrer l’événement, les sujets ont posé des décorations spécialement conçues pour cette date historique. Signe de leur impatience, elles sont en place depuis des semaines que ce soit dans les rues et dans les commerces. L’ensemble des festivités pour célébrer le nouveau monarque se dérouleront sur 3 jours. Nous avons voulu savoir ce que les Français à Londres et au Royaume-Uni pensent du Roi et de ce couronnement.
Des Français joueront le jeu
Charles prêtera serment dans l’abbaye de Westminster. Assis sur la chaise du roi Édouard, il recevra l’onction d’huile de l’archevêque puis les attributs royaux. Après la cérémonie, 4 000 militaires vont défiler et les avions de la Royal Air Force traverseront le ciel londonien. Il y aura des leaders bouddhistes, hindous, juifs, musulmans et sikhs qui participeront à plusieurs aspects du couronnement.
Anne-Marie, qui travaille en France en open space a hier avec plusieurs collègues a décidé de savourer des mets anglais le jour J, en l’honneur de l’événement. Fish and chips, rôti à la menthe, pudding, petits pois, gelée, etc.
“Chacun rivalisait de créativité et nous allons passer un moment réjouissant !”
Anne-Marie, Française de Londres qui va célébrer le nouveau roi avec ses collègues
Elle ne sera pas la seule française, car si comme nous le verrons plus bas dans cet article, les Français de Londres sont sceptiques sur les capacités du nouveau roi à relever les défis qui attendent le Royaume-Uni, les citoyens résidant en France sont nombreux à traverser la Manche pour participer à cet événement, que certains qualifient d’historique.
London, England – 10.05.22: PRINCE CHARLES REPRESENTS QUEEN ELIZABETH at the State Opening of Parliament. The Prince of Wales was accompanied by Camilla, Duchess of Cornwall and Prince William to the ceremony.
Et les anti-monarchie ?
Mais le ciel n’est pas totalement bleu pour Charles III. Ainsi, les groupes anti-monarchie seront autorisés à manifester lors du couronnement du roi, a déclaré le ministre de la Sécurité, Tom Tugendhat, à l’émission Today de la BBC. Des précisions qui sont intervenues après qu’un groupe planifiant une manifestation sur la route du couronnement a été averti de nouvelles lois interdisant les « perturbations graves ».
Aussi, le mouvement “Republic” coordonne des manifestations à travers le Royaume-Uni et a eu des entretiens avec la Met Police (police métropolitaine) au sujet d’une manifestation à Trafalgar Square à Londres, au passage de la procession du roi. Les chefs de police ont accepté que cette manifestation soit légale et pacifique. Le groupe espère que jusqu’à 1 700 partisans se rassembleront autour de la statue de Charles Ier, décapité en 1649, et tiendront des pancartes jaunes déclarant « Pas mon roi ».
Une décapitation qui fait écho à la guillotine française. Car les Français de Londres se révèlent finalement attachés aux valeurs républicaines. Ainsi Catherine, elle, se sent complètement déconnectée de l’événement… et de la famille royale. Pourtant, elle est à Londres depuis 14 ans et a acquis la nationalité britannique.
“Mes enfants vont à l’école anglaise et forcément ils travaillent là-dessus. Donc je suis ce que demande l’école pour ne pas faire de vagues mais je ne mettrai pas la télé en route samedi matin ! Je trouve ça indécent aussi la quantité d’argent mise là dedans quand tellement d’autres en auraient besoin.”
Catherine, Français de Londres depuis 14 ans
Un sondage de l’institut YouGov montre que 58% des 4 592 Britanniques ayant participé estiment toujours qu’un monarque est préférable à un chef d’État élu, souhaité par 26% des sondés. Reste que les Britanniques sont majoritairement pro-monarchie même si les chiffres sont en recul.
Ainsi, si 78% des plus de 65 ans sont favorables à la monarchie, seuls 32% des 18-24 ans sont d’accord (contre 38% qui souhaitent un chef d’Etat élu et 30% sans opinion). Les trois quarts des jeunes sondés (78%) se disent par ailleurs “pas intéressés” par la famille royale.
Sécurité
Le Met a déclaré que plus de 11 500 policiers seront en service à Londres samedi – dont 9 000 sur la route du cortège entre le palais de Buckingham et l’abbaye de Westminster – et près de 30 000 impliqués au total dans le week-end précédent et le week-end férié.
Les officiers équipés d’armes à feu seront prêts à répondre à tout incident, et bénéficieront du soutien maritime sur la Tamise, de l’unité cynophile et des officiers de la gendarmerie spéciale. Environ 1 000 officiers sont en cours de recrutement à partir de forces ailleurs dans le pays pour renforcer les effectifs.
Beaucoup de chefs d’État seront présents dont Emmanuel Macron. On se rappelle que le Président français a assisté à l’enterrement de la Reine Elizabeth II en septembre 2022. Dimanche il y aura un concert géant à Windsor avec des fêtes de rue. Beaucoup de Britanniques et des Français, plutôt des touristes, profitant du long week-end du 8 mai, seront présents pour célébrer cet événement historique.
Nous serons à leurs côtés tout au long du week-end pour vous faire vivre les événements vus par les Français de et à Londres.