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  • Déconventionnement de deux lycées de la Mlf en Espagne

    Déconventionnement de deux lycées de la Mlf en Espagne

    L’assemblée générale de la Mission laïque française, qui s’est tenue mercredi 28 juin à Paris, a acté le déconventionnement, pour le 1er septembre 2024, des deux derniers Lycées en Espagne, à Alicante et à Villanueva de la Cañada, qui étaient liés par convention avec l’Agence pour l’Enseignement français à l’Etranger (AEFE). Mais attention, cela ne veut pas dire que les deux établissements coupent les ponts avec l’institution. Toujours homologués par l’Education nationale et reconnus par le ministère des Affaires étrangères, leurs liens avec l’AEFE sont maintenus via un partenariat. On vous explique tout dans notre article.

    Une mesure annoncée mais décriée

    Connue depuis janvier 2023, la volonté de la direction de la Mission laïque française de déconventionner les groupes scolaires basés à Alicante et à Villanueva de la Cañada, n’a pas manqué de provoquer une levée de boucliers de la part des personnels, professeurs en tête, mais aussi des parents d’élèves.

    Parents et professeurs manifestant le 22 juin 2023 à Alicante ©SNES-FSU

    La rémunération des professeurs

    Pour les syndicat, SNES-FSU et SNUipp-FSU, le déconventionnement correspond de fait à « un divorce entre la Mlf et l’AEFE au sein de l’enseignement français en Espagne« .

    Vu du côté des enseignants, un déconventionnement a de lourdes conséquences. En effet, ces derniers, sous le statut actuel, sont détachés par le ministère de l’Education nationale pour une période de 6 ans. Leurs salaires et les frais annexes sont donc déterminés par l’AEFE, tout en étant assumés par la Mlf. Le recrutement est aussi du ressort de l’agence.

    En 2024, avec une direction renouvelée issue des rangs de la Mlf (actuellement, les cadres dirigeants sont nommés et payés par l’AEFE), les établissements vont prendre la main sur ces points clés. Pour autant, la Mlf a pris des engagements pour rassurer ses personnels. Ainsi, une cellule va être créée qui pourra, sur la base du volontariat, accompagner lesdits professeurs soit pour trouver un autre poste au sein du réseau AEFE, soit pour préparer une réintégration au sein de l’Education nationale en France, soit pour rester au sein des établissements. Pour ceux qui font ce choix, une compensation financière (n’étant plus détachés, les enseignants seront soumis au régime fiscal espagnol qui taxe plus lourdement le revenu du travail que la France) sera mise en place pour la durée du contrat original qui les lie à l’AEFE.

    Evidemment, les syndicats sont contre. Car in fine, pour ceux qui font le choix de rester, ce changement de statut finira par entraîner une diminution de la rémunération et une baisse effective du pouvoir d’achat. En sus, la nouvelle organisation renforce la verticalité de l’encadrement de la Mlf sur les personnels concernés. Une situation, on le sait, qui n’est pas du goût des forces syndicales.

    L’inquiétude des parents d’élèves

    Du côté des parents d’élèves, l’inquiétude se porte sur la qualité de l’enseignement. Privés des enseignants détachés comme résidents, comment la formation à la française promise pourra-t-elle être dispensée ? C’est la question que se posent les associations qui regroupent les parents d’élèves.

    Tout d’abord, répétons-le, le déconventionnement ne signifie pas que la Mlf largue les amarres et s’éloigne des critères français. Comme précisé plus haut, les deux établissements seront toujours homologués par l’Education nationale et seront donc toujours soumis aux programmes et aux obligations qui en découlent. De même pour l’accès aux examens qui ne change pas. Les résultats des 8 autres établissements de la Mission laïque française en Espagne, tous déconventionnés, sont d’ailleurs dans la moyenne des Lycées et collègues hors de France que ce soit pour le Brevet ou le Baccalauréat.

    Par contre, comme les parents le soulignent, la question se pose sur le recrutement. En effet, à l’étranger comme en France, c’est la pénurie de professeurs qui sévit. Sans les « résidents » envoyés par l’AEFE, comment la Mlf pourra-t-elle recruter le personnel nécessaire, surtout si l’on assiste à une vague de départs au cours des 12 prochains mois ?

    Il existe les Instituts Régionaux de Formation (IRF), au nombre de 16 dans le monde, pour justement pallier ces risques. Problème, ces derniers ne rencontrent pas le succès espéré. La question du recrutement reste donc ouverte.

    Autre inquiétude des parents, ce sont les répercussions financières, sans convention, certains coûts pris en charge par l’AEFE seront donc désormais supportés directement par les Lycées concernés et donc financés par les frais d’écolage. Cependant, l’accord cadre actuel entre la Mlf et l’AEFE sur ces deux groupes scolaires ne comportait que très peu de transferts financiers au profit de ces derniers. Pour la Mlf, ces coûts sont à la marge et ne devraient donc pas entraîner de hausse des frais annuels pour les familles.

    Convention ou partenariat : quelle différence ?

    Ainsi, si les deux camps sont pour l’instant difficilement réconciliables, une chose est certaine, les Lycées d’Alicante et Villanueva de la Cañada seront déconventionnés au 1er septembre 2024. Mais quelles sont les différences entre ces statuts ?

    Les établissements conventionnés

    Ce sont des établissements homologués gérés par des associations de droit privé français ou étranger qui décident de passer avec l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger un accord portant sur les conditions d’affectation et de rémunération des enseignants ou personnels d’encadrement titulaires, sur l’attribution de subventions et sur le versement de bourses scolaires pour les élèves français. Aujourd’hui, 157 des 480 établissements homologués sont conventionnés. Une partie de ces rémunérations est payée sous forme de remontées financières par les parents.

    Les établissements signataires d’un accord de partenariat avec l’AEFE

    Ces établissements sont également gérés par des structures ou associations de droit privé, français ou étranger, et ont signé un accord de partenariat avec l’Agence. L’AEFE met à disposition les ressources de ses services centraux et locaux pour conseiller et soutenir l’établissement, effectue des missions d’inspection, invite les personnels de l’établissement aux formations continues de la zone de rattachement.
    Les deux parties doivent s’accorder sur l’évolution des frais de scolarité des élèves français.
    En contrepartie l’établissement s’engage à verser chaque année à l’AEFE 1 à 2% de ses recettes annuelles de scolarité perçues dans les niveaux homologués.

  • Emeutes en France : comment en est-on arrivé là ?

    Emeutes en France : comment en est-on arrivé là ?

    Pour les Français de l’étranger, nous avons sélectionné 5 reportages de la chaîne francophone mondiale pour décrypter les événements qui frappent actuellement la France. Ensemble, nous essayerons de comprendre les racines de ces émeutes. Les jeunes déscolarisés ? Les politiques publiques mal imaginées ? Les policiers mal formés ? Ou est-ce simplement la fin du « vivre-ensemble » à la française ? Les journalistes de TV5monde et leurs invités partagent avec les expatriés leurs analyses.

    Emeutes en France
    Des émeutiers bloquent une rue de Colombes (région parisienne) avec des poubelles municipales, le 1er juillet 2023. © AP / Lewis Joly

    50% des jeunes des cités déscolarisés

    Une première clé de lecture renvoie à la crise du modèle français, dit républicain, d’intégration des jeunes issus des minorités ethniques. Certes, on verra que c’est plus l’appartenance à des quartiers défavorisés et leur situation sociale qui ont été mises en avant par les émeutiers, que leur ethnicité. Mais ces événements se sont cristallisés sur fond de discriminations ethniques et de panne de l’ascenseur social qui était une des caractéristiques du modèle d’intégration à la française dans les années 1970-1980.

    Les émeutes en France bousculent la classe politique

    5 nuits d’émeutes en France ! Des violences urbaines et des pillages ! Des élus pris pour cibles ! L’exécutif tente de faire face au chaos ! La mort du jeune Nahel a embrasé les quartiers populaires ! Une crise et beaucoup de questions.

    La police responsable ?

    Si on ne peut nier qu’il y a un problème actuellement avec la police en France, rappelons que dans d’autres pays il y aurait beaucoup plus de morts !

    « Le vivre-ensemble est attaqué ! »

    « Le vivre-ensemble est attaqué ! », selon Gilles Leproust, maire d’Allonnes (Sarthe) alors que le domicile d’un maire a été sauvagement attaqué…

    « Ce serait rendre hommage à Nahel que de ramener le calme ! »

    « Ce serait rendre hommage à Nahel que de ramener le calme ! », selon Gilles Leproust, alors que le pays vient de vivre une 5ème nuit de violences…

  • Profitez de l’été pour gérer votre capital !

    Profitez de l’été pour gérer votre capital !

    Comme chaque année, les Français de l’étranger sont nombreux à rentrer en France au cours de l’été. Ainsi les expatriés viennent retrouver leurs racines, leur terroir mais aussi leur famille et leurs amis. Mais pendant cette période où on se détache petit à petit du quotidien, vous pouvez aussi, sereinement, prendre le temps de construire une stratégie pour gérer votre capital. On le sait, la situation des expatriés est toujours complexe quand on parle finances. Pourtant, il existe des sociétés spécialisées pour accompagner les Français de l’étranger, comme le groupe Laplace (anciennement Crystal).

    Nous avons rencontré Julien Male, directeur-adjoint du groupe, pour découvrir leur métier et les solutions qu’ils vous proposent. Si vous êtes intéressé, sachez que le groupe Laplace met à votre disposition 24 agences sur tout le territoire français pour accueillir et ainsi bâtir ensemble votre stratégie gagnante.

    Ecoutez le podcast avec Julien Male

    Les dirigeants du groupe Laplace

    Un accompagnement sur tous les continents

    Le groupe Laplace est aussi présent en Europe, en Asie, dans le Pacifique ou encore au Moyen-Orient. Au plus proche de leurs clients, les gestionnaires établissent une réelle relation de confiance avec eux.

    En plus, Laplace agrège des compétences pluridisciplinaires reconnues dans toutes les expertises métiers : ingénierie patrimoniale, assurance, protection sociale, immobilier, crédit… Ils peuvent donc apporter une solution globale à vos multiples problématiques.

    Stratégie patrimoniale sur-mesure

    Présent en France et à l’international, Laplace accompagne ses clients, chefs d’entreprise, professionnels libéraux, groupes familiaux, dans la structuration, l’optimisation et la transmission de leur patrimoine personnel et professionnel, au fil des générations.

    Ainsi, depuis plus de 30 ans, l’entreprise façonne pour ses clients des stratégies patrimoniales sur-mesure.

    Présent à Paris, Lyon et Montpellier, Crystal dispose de nombreuses représentations à travers le monde (Europe, Asie, Pacifique, Moyen-Orient, Afrique…). Envie de les rencontrer ? Contactez-les avec le formulaire ci-dessous.

    Contacter les experts du groupe Laplace

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  • Dix dirigeants européens se réunissent pour réfléchir à l’avenir de l’élargissement de l’UE

    Dix dirigeants européens se réunissent pour réfléchir à l’avenir de l’élargissement de l’UE

    Un groupe de dix dirigeants de l’UE s’est réuni de manière informelle ce vendredi 30 juin en marge d’un sommet européen à Bruxelles pour réfléchir aux conséquences d’un élargissement de l’Union européenne sur celle-ci.

    La réunion informelle de vendredi, initiée par la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, a rassemblé un groupe de pays « géographiquement équilibré », comprenant des dirigeants de la Belgique, de l’Italie, de la Pologne, du Portugal, de la Roumanie, de l’Espagne et de la Suède.

    La composition du groupe visait également à établir un équilibre entre les pays traditionnellement plus favorables à l’égard des efforts d’élargissement et ceux plus hésitants en la matière.

    Les discussions ont porté sur « les modalités de gestion du processus d’élargissement » parallèlement à l’examen des futurs membres, ont expliqué à EURACTIV plusieurs diplomates de l’UE qui ont été informés des discussions.

    « Pour se préparer à l’avenir, les États membres doivent commencer à réfléchir à certaines des conséquences et à certaines des questions qui doivent être traitées si et quand l’UE s’élargit », a expliqué l’un des diplomates à EURACTIV.

    élargissement de l’Union européenne

    L’Ukraine, la Géorgie, la Moldavie

    L’invasion de l’Ukraine par la Russie et le changement du contexte géopolitique actuel ont relancé le processus d’élargissement de l’UE après presque une décennie de gel de la situation.

    Toutefois, alors que l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie devraient accélérer le rythme de leurs efforts de réforme cet été dans le cadre de leur candidature à l’adhésion à l’UE, l’Union n’a jusqu’à présent progressé que lentement sur son propre débat de réforme des institutions.

    Les discussions informelles ont commencé sur la base d’un document de travail préparé par le Brussels Institute for Geopolitics, créé en octobre dernier en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui soulève un large éventail de questions que les États membres devraient envisager d’aborder.

    Les points abordés portaient sur la gouvernance et les processus de prise de décision, tels que le passage de l’unanimité au vote à la majorité qualifiée, le fonctionnement du marché intérieur de l’UE et les changements relatifs au budget de l’Union, les répercussions sur les domaines politiques tels que l’agriculture et la cohésion ainsi que la rapidité de l’introduction de la liberté de circulation.

    « Ils se rendent compte qu’ils ne devraient pas attendre que l’élargissement soit un fait pour commencer à réfléchir à ces questions — nous devons commencer à préparer l’avenir », a déclaré un second diplomate de l’UE.

    « C’était la première fois que les dirigeants de l’UE s’asseyaient autour d’une table pour en discuter », a-t-il déclaré, ajoutant que l’objectif était de « commencer à réfléchir à ces éléments et à déterminer ce à quoi nous devrions commencer à penser ».

    « Ce n’est pas quelque chose qui devra être résolu demain, nous avons un peu de temps, mais nous ne devrions pas non plus attendre la toute dernière minute et nous précipiter pour trouver des réponses », a-t-il ajouté.

    Un nouveau fonctionnement ?

    Les discussions informelles des dirigeants interviennent une semaine après que les ministres des Affaires européennes ont été invités à explorer la manière dont une Union potentiellement élargie pourrait fonctionner, sans envisager de réforme des traités de l’UE, du moins dans un premier temps, selon une note interne consultée par EURACTIV.

    En octobre, la Commission européenne devrait, comme chaque année, présenter son paquet « élargissement » comprenant des rapports sur les progrès réalisés par les pays candidats en vue de rejoindre l’Union à l’avenir.

    Jusqu’à présent, les six pays des Balkans occidentaux — l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la Macédoine du Nord, le Monténégro et la Serbie — ainsi que la Turquie font partie des pays candidats à l’adhésion.

    Pour la première fois, le paquet de l’exécutif européen comprendra également des rapports sur l’Ukraine, la Moldavie (qui ont demandé le statut de pays candidats à l’UE l’année dernière) et la Géorgie, qui a bénéficié d’une « perspective européenne ».

    À la suite des discussions de vendredi, les dirigeants de l’UE devraient approfondir le débat sur le degré d’élargissement de l’Union et les réformes nécessaires lorsqu’ils se réuniront pour leur sommet informel à Grenade, organisé sous la présidence espagnole de l’UE, en octobre.

    Le caractère informel du sommet de Grenade pourrait contribuer à consolider certaines des idées lancées, ont déclaré plusieurs personnes informées des discussions.

    « Après [le sommet de] Grenade, les discussions se poursuivront lors des prochains sommets de l’UE et nous aurons probablement des résultats l’année prochaine — nous parlons d’un processus à long terme », a déclaré un troisième diplomate européen.

  • France, Allemagne, Europe : il n’est jamais trop tard pour changer

    France, Allemagne, Europe : il n’est jamais trop tard pour changer

    La valorisation boursière d’Apple a dépassé 3000 milliards de dollars. La dette de la France a dépassé les 3000 milliards d’euros.

    Jean Peyrelevade, directeur de cabinet de Pierre Mauroy, premier ministre de François Mitterrand, raconte comment Mitterrand, qui ne comprenait rien à l’économie, fut convaincu par quelques génies, comme Chevènement ou Fabius, de quitter le système monétaire européen. Pierre Mauroy, avec bon sens, soutenu par Jacques Delors, refusa. Tous ces noms rappellent le papier carbone. C’était l’époque où les Français ne pouvaient pas quitter le territoire avec plus de 2000 francs, où Claude Cheysson, autre génie oublié, bloquait les magnétoscopes japonais pour lutter contre le déficit extérieur. Pourquoi ces rappels ? Parce que si Apple a plus « changé la vie » que « l’Union de la Gauche », dont c’était le slogan, les décisions politiques gardent leur importance, et parfois, ne tiennent à rien : une influence néfaste, un biais idéologique, un homme qui dit non. 

    A cette époque la France, au bord de la banqueroute, prit le tournant de « la rigueur ». Une telle rigueur ne cessa jamais : la dette publique est passée de 100 milliards en 1980 à 3000 milliards aujourd’hui, de 20% à 113% du PIB.

    La France sera le seul grand État européen à ne pas afficher un déficit inférieur à 3 %.  

    La rigueur à la française est unique en Europe. Pierre Moscovici, ancien ministre socialiste des finances, désormais Président de la Cour des Comptes, se repent et alerte : en 2026, selon ses projections, la France sera le seul grand État européen à ne pas afficher un déficit inférieur à 3 % du PIB. Bercy cherche dix milliards d’économies, la Cour des Comptes 60. Mais qui compte ?

    Pendant la Covid, de 2019 à 2021, la dette de la zone euro a augmenté de 17%. Mais 19% pour la France. Puis, la zone euro a réduit sa dette de 4% de PIB. La France de 1%. Comment réduire les dépenses (un tiers sont les dépenses sociales, le record des pays de l’OCDE) entre les manifestations des retraites et émeutes urbaines, avec une majorité relative ? La Grèce a baissé sa dette de 23% en un an, le Portugal de 12 %, l’Italie de 6%, l’Espagne, de 5%. 

    La dette en elle-même n’a pas tant d’importance. Tout dépend à quoi elle sert. Si elle permet des investissements qui augmentent la richesse, elle est utile. Pour simplifier, si le taux de croissance (ou de rentabilité) est supérieur aux taux d’intérêt, la dette est supportable. La meilleure façon de diminuer la dette est d’augmenter la richesse globale, par la croissance. Sans croissance, pas de transition énergétique, mais une pauvreté grandissante et une paupérisation de l’Etat et des services publics.  

    Heureusement, une croissance nouvelle existe

    Heureusement, une croissance nouvelle existe. Hélas, l’Europe en général et la France en particulier, l’ont ratée. Dans les vingt premières entreprises mondiales, les Européens n’en placent qu’une ou deux (Volkswagen ou Louis Vuitton), aucune dans l’économie digitale. Les Européens ne sont pas dans la course de la nouvelle économie, que ce soit l’intelligence artificielle, les datas, etc.). Mais nous faisons des règles.

    Cela explique en grande partie l’écart constant de croissance entre les États-Unis et l’Europe depuis plus de vingt ans (le double en rythme moyen annuel). A la fin, écarts de richesse, de salaire, d’influence, de puissance… 

    La bureaucratisation de la société tout entière, de l’école à la médecine

    Dans le groupe européen, l’Allemagne, les Pays-Bas et quelques autres, relèvent la moyenne, alors que la France l’abaisse. La contre-performance française n’est pas due à l’euro, aux directives européennes, à l’immigration, tous les pays y sont soumis. Ce qui caractérise la France, c’est le volume des dépenses publiques, des impôts, la part de l’administration, la bureaucratisation de la société tout entière, de l’école à la médecine en passant par l’artisanat, la banque ou le logement. Cela n’est pas sans conséquences sur la vie des Français, cela n’est pas sans conséquences non plus sur l’avenir du monde.

    L’adhésion de l’Ukraine et des pays des Balkans à l’Union Européenne serait la fin de celle-ci

    Edouard Balladur a publié une note sur la France et l’Europe. Il rappelle que certains prévisionnistes placent la France en 2100, par la richesse produite, à la 25e place mondiale. « Une France aussi affaiblie pourrait-elle prétendre maintenir son indépendance militaire et diplomatique ? ». Sa note remet en question le fonctionnement actuel de l’Europe et réclame clarification des compétences et suspension de tout élargissement, contrairement à ce propose le Parlement, Macron et Scholz.

    L’adhésion de l’Ukraine et des pays des Balkans à l’Union Européenne serait la fin de celle-ci. Aussi bien d’un point de vue budgétaire que d’un point de vue politique. Le déséquilibre interne serait accentué, la dérive technocratique amplifiée, le poids des États-Unis amplifié, le blocage des décisions facilité. L’incompréhension, voire le rejet du projet européen gagne les peuples. L’esprit européen, celui des démocraties fondatrices originelles, n’est pas partagé. 

    La seule voie pour l’Union européenne serait de revenir à la « théorie des cercles », à partir d’un noyau, qui doit être reconstitué. Ce qui suppose, d’une part que la France mette fin à ses dérives fatales, d’autre part que l’Allemagne revienne à une alliance avec la France à long terme, ce que ne démontre ni son attitude sur le nucléaire, ni sur les industries de défense. Elle agit comme si la garantie financière qu’elle apportait à la France devait contenter celle-ci, en matière de solidarité. Il est vrai que sans l’euro, c’est-à-dire la garantie allemande, les taux d’intérêt français ne seraient pas les mêmes. 

    Des accords de coopération sur le quantique, l’hydrogène, le photovoltaïque, les neurosciences

    Symptomatique reste donc le report, en raison des émeutes urbaines, symptômes d’une profonde maladie, de la visite d’Etat que Macron devait faire en Allemagne. La première depuis Chirac. La France malade retarde toute audace, c’est à dire toute guérison, tout espoir. On peut se passer de la pompe des visites d’Etat, et des symboles. Mais il n’y avait pas que cela : étaient prévus des accords de coopération sur le quantique, l’hydrogène, le photovoltaïque, les neurosciences. Là est l’avenir, là est la révolution du XXIème siècle.

    Que ce soit pour la transition énergétique, la sécurité de l’Europe, l’économie digitale, il faut une autre politique européenne, donc une autre dynamique franco-allemande. A défaut, inutile de parler de souveraineté stratégique, que ce soit pour la France, pour l’Allemagne, ou pour l’Europe.

    L’Apple de demain peut être européen, les 3000 milliards peuvent se rembourser avec une nouvelle croissance, ce qui suppose aussi une nouvelle façon de dépenser, de diriger, de travailler, d’administrer, d’éduquer…

    Tous les dirigeants devraient prendre le temps de s’expatrier quelque temps

    Pour cela, faire preuve de modestie. Dans quel pays le système éducatif serait le plus performant : Finlande, Corée ? ; dans quel pays la justice la plus fiable : Suède ? ; la police la mieux respectée : Japon ? ; la délinquance la plus faible : Islande, Danemark ? ; le développement économique le plus spectaculaire : Irlande ?, le redressement des finances le plus rapide : Nouvelle-Zélande, Canada ? ; le système social le plus juste et le plus équilibré : Pays-Bas, Danemark ? ; les nouvelles technologies les plus développées : Israël ? ; l’immigration la mieux intégrée : Suisse encore ? L’industrie la plus moderne : Corée ? ; la transition écologique la plus innovante : Australie ? L’administration la moins bureaucratique : Estonie ? Enfin, et surtout, la clef, la démocratie la plus vivante : Suisse, Islande, Pays-Bas, Norvège ? 

    Parce que l’on fait fausse route sur un modèle français qui devient un contre-modèle, avec ses policiers qui tirent et ses voitures qui flambent, il est temps de changer. Il n’est jamais trop tard. Encore faut-il commencer. Regarder ailleurs, plus loin. Sortir de chez soi : tous les dirigeants devraient prendre le temps de s’expatrier quelque temps.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati 

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 03.07.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 03.07.23

    Bonjour à tous, on ouvre ce premier flash quotidien des expatriés du mois de juillet sur de biens tristes évènements en France avant de revenir sur la situation financière de la CFE et de conclure avec la crise du logement au Quebec. 

    Emeutes urbaines en France

    45 000 gendarmes et policiers étaient de nouveau sur le terrain samedi soir face aux risques de nouvelles violences, après plusieurs nuits agitées, déclenchées par la mort du jeune Nahel. Des tensions ont, pourtant, éclaté à Marseille, à Nice, à Saint-Etienne et dans les banlieues parisiennes. Mais le week-end fut surtout marqué par l’attaque du domicile du maire de L’Haÿ-les-Roses, dans le Val-de-Marne,avec une voiture-bélier, dans la nuit de samedi à dimanche. Une enquête pour tentative d’assassinat a été ouverte. Du côté des arrestations c’est plus de 2000 personnes arrêtés et de près de 700 blessés parmi les membres des forces publiques soit près du triple du bilan des émeutes de 2005. 

    DDM-MICHEL VIALA DANS LA NUIT DE VENDREDI A SAMEDI LE MAGASIN YAMAHA A TOULOUSE A ETE CAMBRIOLE ©AFP

    La CFE n’est pas en danger 

    Alors qu’un article de la Lettre A, publié mardi dernier, jetait le trouble sur les finances de la CFE. La président de la Caisse des Français de l’étranger a fait un travail de transparence afin de rassurer élus et assurés. Si la perte comptable est bien de plus de 40 millions d’euros, le cash flow de l’organisme n’est pas touché. Le déficit s’explique par une dépréciation de certains placements qui constituent des réserves issus des excédents des exercices précédents. Ainsi, on peut assurer nos auditeurs que la CFE continuera à les couvrir hors de France. Tous les détails dans notre article.

    Caisse des Français de l'étranger
    Caisse des Français de l’étranger

    Au Québec, aussi, c’est la crise du logement 

    Dans la province canadienne, il manque de logements, c’est une équation complexe qui s’est développée au fil des années. L’offre est limitée au niveau de la location comme de la vente. Le taux d’inoccupation a chuté dramatiquement ce qui a entraîné une hausse vertigineuse des loyers. Si Montréal a connu un développement économique sans précédent, la construction de logements, en particulier abordables, n’a pas suivi hélas. On peut voir des ‘’condos de luxes’’ en construction à vendre un peu partout dans la métropole, mais quid de logements à loyers « normaux » ? 

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve sur le site Lesfrancais.press dès demain pour une nouvelle édition ! Belle journée à tous !

    Ecouter le bulletin des Français de l’étranger

  • La Caisse des Français de l’étranger est-elle en danger ?

    La Caisse des Français de l’étranger est-elle en danger ?

    Le 26 juin, quelques jours après la réunion du CA de la Caisse des Français de l’étranger des 12 et 13 juin, un article fut publié sur un site spécialisé sur la situation financière de la CFE. Il eut l’effet d’une déflagration dans le petit milieu des expatriés. Dans ce court papier, on découvre un déficit de 42 millions d’euros pour l’année 2022. Pour le journaliste, cette situation mettrait en péril l’organisme privé qui permet aux expatriés de conserver les prestations de la sécurité sociale française hors de France. Qu’en est-il ?

    Un déficit de 42 millions d’euros

    Si la CFE affiche un tel déficit, c’est tout simplement car elle engrange moins de cotisations tout en faisant face à une inflation des dépenses de santé dans le monde.

    Alors que le nombre de Français de l’étranger a explosé au cours des 20 dernières années, la CFE est restée jusqu’en 2019 sur son ancien modèle, inspiré du système français. En effet, avant cette réforme, il fallait déclarer ses revenus et une cotisation était calculée sur ces derniers comme les organismes sociaux le font sur les salaires émis en France. Mais sous l’impulsion d’Alain-Pierre Mignon, la Caisse des Français de l’étranger a, depuis, rénové sa politique commerciale et son offre, conformément au souhait de son conseil d’administration, afin de les adapter aux nouvelles formes et aux nouveaux parcours de l’expatriation.

    Si la mise en place de tarifs forfaitaires, sur le modèle des assurances privées dédiées aux expatriés qu’on peut trouver sur le marché mondial, a permis de retrouver une dynamique commerciale fructueuse, elle a aussi désorganisé la gestion des flux financiers.

    Ainsi le chiffre d’affaire en matière de cotisations de la CFE est passé de 180 millions à 150 millions d’euros entre 2017 et 2022. Alors que dans le même temps, le montant des prestations a, quant à lui, légèrement augmenté sur la période, passant de 140 millions à 150 millions d’euros.

    Des placements risqués ?

    On le voit, malgré la baisse des cotisations et l’augmentation des coûts liés à la prise en charge des assurés, le bilan semblait pouvoir encore s’équilibrer. Mais alors d’où vient ce déficit ?

    Pour le site qui a publié l’article, « La CFE a cumulé des pertes liées à des placements financiers qui se sont révélés hasardeux. Ces derniers ont été validés par le bureau du conseil d’administration, renouvelé en mars 2022, composé de la présidente Isabelle Frej (Parti socialiste, PS) et des vice-présidents Gérard Sénac (Les Républicains, LR) et Stéphanie Héricher (ex-PS). Ces mauvais choix financiers ont creusé le trou de la Caisse des Français de l’étranger. »

    Une analyse que conteste la présidente de la CFE, Isabelle Frej, dans un courrier envoyé, dès le 27 juin, aux élus consulaires. Pour elle, et comme le confirment les différentes publications financières disponibles à ce jour, les placements incriminés n’ont généré aucune perte de liquidité.

    « Les placements sont décidés sur proposition de la Direction de la CFE et d’un conseiller en investissement financier, selon des règles strictes définies par l’arrêté ministériel du 5 juin 2019. Les décisions ont été prises sur plusieurs années et de manière progressive. Aucune perte n’est aujourd’hui constatée, il s’agit de provisions constituées.« 

    Isabelle Frej, présidente de la CFE

    Pourtant, dans le même courrier, Isabelle Frej indique que le déficit de 42 millions est né de l’effet conjugué d’un résultat d’exploitation dégradé sur l’assurance maladie et de la constitution de provisions pour palier la dépréciation d’une partie desdits placements.

    Pour expliquer simplement cette contradiction apparente, il faut comprendre que ces pertes sont uniquement comptables et n’impactent donc pas le « cash flow » disponible pour les missions de service public que la CFE doit assurer.

    Par ailleurs, il est important de préciser que la CFE a obtenu pour la première fois, cette année, la certification sans aucune réserve de ses comptes et de ses processus de contrôle des risques. Un effort de transparence et de bonne gestion qui est à mettre à l’actif du bureau et de la direction.

  • Européennes 2024 : zoom sur les conseillers politiques

    Européennes 2024 : zoom sur les conseillers politiques

    Pour le troisième épisode de notre série consacrée aux élections européennes 2024, nous avons voulu vous faire découvrir une des fonctions qui fait vivre la démocratie à Bruxelles. Car s’il y a des députés, des assistants parlementaires, la place des groupes politiques est centrale. C’est pour cela que nous sommes allés à la rencontre d’un conseiller politique de groupe, Maxime Obé, qui travaille pour le PPE (regroupement des partis de droite républicaine de l’Union européenne).

    Regardez l’interview de Maxime Obé

    Le fonctionnement du Parlement européen

    Seule institution de l’Union européenne élue directement par les citoyens, le Parlement européen est composé de 705 députés. Il exerce trois pouvoirs fondamentaux : législatif, budgétaire et contrôle politique. Le Parlement européen représente, ainsi, les quelque 450 millions de citoyens européens issus des 27 Etats membres de l’UE.

    La répartition des sièges par Etats tient compte de la population de chaque pays, mais cet avantage décroît avec l’augmentation de la population. Les petits pays sont surreprésentés : le Luxembourg compte un député pour 76 000 habitants tandis que l’Allemagne a un député pour 860 000 habitants. La France dispose quant à elle de 79 députés européens.

    Les députés ne siègent pas par délégation nationale, mais se regroupent suivant leurs affinités politiques. Ils sont répartis en sept groupes politiques :

    Actuellement le groupe majoritaire est le Parti populaire européen, suivi du Groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates. Pour composer un groupe, un nombre minimum de 25 députés issus d’au moins un quart des Etats membres (7) est nécessaire. Les députés qui n’appartiennent à aucun groupe politique font partie des non-inscrits.

    Qu’est-ce qu’un groupe au Parlement européen ?

    Pour avoir un statut officiel, un groupe politique doit comprendre au moins 23 députés, élus dans au moins un quart des États membres (c’est-à-dire au moins sept pays). Les députés ne peuvent appartenir qu’à un seul groupe politique. Certains n’appartiennent à aucun groupe, et il leur est fait référence sous l’appellation des « non-inscrits ».

    Pour former un groupe, une notification formelle doit être adressée au Président du Parlement précisant le nom du groupe, ses membres et son bureau.

    En formant un groupe, les députés européens acceptent par défaut les affinités politiques et le Parlement n’évalue généralement pas la cohésion politique entre les membres du groupe. Ce n’est que lorsqu’il est réfuté par les députés concernés eux-mêmes que le Parlement interviendra pour évaluer si un groupe a effectivement été constitué conformément aux règles.

    Quels moyens pour ces groupes politiques ?

    Les groupes politiques peuvent employer du personnel et bénéficient de bureaux financés par le budget du Parlement. Le Bureau du Parlement fixe les règles relatives à la gestion et à l’audit de ces fonds et ces services. Les fonds mis à la disposition des groupes visent à couvrir non seulement les coûts administratifs et opérationnels du personnel du groupe, mais aussi ceux des activités politiques et d’information liées à la politique de l’Union européenne.

    Le budget ne peut pas être utilisé pour financer une campagne électorale, qu’elle soit européenne, nationale, régionale ou locale, ni pour soutenir des partis politiques nationaux ou européens ou les organismes associés.

    Quel est le rôle d’un conseiller politique ?

    Le métier de conseiller politique (« policy adviser ») de Groupe au Parlement européen est à la fois très technique et éminemment politique. Il varie selon les groupes politiques. Le conseiller politique est rattaché à une commission parlementaire spécifique, même s’il existe des cas de conseillers transversaux, couvrant plusieurs commissions. Placé sous l’autorité politique du coordinateur de Groupe, le conseiller politique s’assure de la cohérence politique des lignes adoptées. Il apporte son expertise au Groupe politique.

    Les activités principales

    • Assister les élus et répondre à leurs questions sur des sujets pour lesquels le conseiller dispose d’une expertise;
    • Préparer des briefings pour le Président du Groupe et les députés;
    • Contribuer à définir une position commune du Groupe (préparation de briefings, organisation de réunions entre les députés);
    • Créer des liens avec les acteurs extérieurs au Parlement européen (ONG, associations, « think tanks », professionnels du secteur d’expertise, universitaires, etc.);
    • Permettre aux députés du Groupe d’acquérir une expertise sur des thématiques précises (organisation de rencontres avec des spécialistes).

    Comment sont recrutés les conseillers politiques ?

    ll n’existe aucune règle quant aux conditions d’accès au poste de conseiller politique de Groupe parlementaire. Les conseillers politiques s’appuient généralement sur un cursus universitaire complet (Master,Thèse de doctorat), qui ne doit cependant pas nécessairement porter sur les affaires européennes.

    Certains recrutements sont justifiés par une expertise particulière sur un sujet donné; d’autres postes nécessitent plutôt des profils généralistes. Le «réseau» joue beaucoup dans le recrutement : la plupart des conseillers politiques se signalent par un engagement politique et/ou militant préalable. Qu’elles soient formelles (vacances de postes) ou informelles, les procédures de recrutement débouchent généralement sur une première embauche en tant que contractuel, pour une durée maximale de 6 ans. Sur concours, les agents contractuels peuvent devenir agents temporaires ou fonctionnaires.

    Les postes de conseillers politiques restent toutefois soumis aux aléas électoraux. Ainsi après une sévère défaite électorale, par exemple, il est possible que le nombre de députés d’un parti national diminue sensiblement, et donc que le nombre de conseillers de cette délégation s’ajuste en conséquence.