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  • Union-ALFM : un réseau actif partout dans le monde

    Union-ALFM : un réseau actif partout dans le monde

    Comment est organisé le réseau des anciens élèves des lycées français à l’étranger ? À quoi sert-il ? Quelles sont les actions proposées ? Quelle est la vocation de ce groupe dit des « almuni » ? Comment devenir membre ? Quelle influence a-t-il ? C’est pour obtenir ces réponses que lesfrancais.press a interrogé Ahmed Mernissi, président de l’Union-ALFM. 

    Cette association des « anciens des lycées français du monde » a été créée en 2010. Ses antennes sont présentes dans plus de 100 pays. Elle compte 9.000 adhérents. Véritable « outil d’influence », l’association est domiciliée au siège de l’AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger).

    Anciens élèves à l’étranger : « Une entraide intergénérationnelle »

    Le but de l’UNION-ALFM est, selon son dirigeant, de « réunir les anciens (…) pour une entraide intergénérationnelle ».  Pour devenir membre de l’association, il « suffit de scanner un QR code ou de se rendre sur le site internet ». La seule condition pour adhérer, nous rappelle le président, « c’est d’avoir un justificatif » de son passage dans l’un des établissements. Ahmed Mernissi nous indique dans ce podcast ce que peut-être cette preuve. 

    Union-ALFM
    CIC, partenaire de l’Union ALFM

    Le Lycée français Jean Monnet à Bruxelles accueillera le prochain Forum mondial

    L’un des grands temps forts du réseau des alumni des lycées français à l’étranger est l’organisation du FOMA, le Forum Mondial des Anciens Elèves. L’édition 2024 devrait se tenir à Bruxelles, au Lycée Jean Monnet. Des mentorings, des tutoriats sont aussi régulièrement organisés. « Quand quelqu’un a besoin de nous, on est toujours présent », nous rappelle le Président Ahmed Mernissi. Et il ajoute « que tout cela se fait dans un cadre purement bénévole »

    Union-ALFM
    Ahmed Mernissi lors de la réception des bourses Excellence Major AEFE

    Conseiller du conseil d’administration de l’AEFE

    Membre du conseil d’administration de l’AEFE depuis 2019, l’Union-ALFM y siège en tant qu’expert. Dans cette interview, le président nous explique quel est ce rôle. « Nous sommes conseillers du Conseil d’administration ». Dans cet échange à écouter, la restructuration des lycées et l’accompagnement post-baccalauréat des anciens élèves sont aussi abordés. 

    « Les études supérieures en France sont des belles études »

    L’une des actions de l’association est aussi de promouvoir les universités et écoles en France. « Les études supérieures en France sont des belles études ». C’est aussi de faciliter les démarches administratives de « nos anciens élèves », non français, qui souhaitent poursuivre leurs formations dans l’hexagone. « L’idéal serait que l’on puisse leur donner un visa d’études » pour la durée de leur cursus, plaide Ahmed Mernissi. En conclusion de ce podcast, le dispositif des « Ambassadeurs de l’Union-ALFM » est abordé. Leur rôle, faire davantage connaître l’association aux quatre coins du monde. 

    Ecoutez le podcast avec Ahmed Mernissi

  • Nomadisme numérique : mode éditoriale ou réel phénomène ?

    Nomadisme numérique : mode éditoriale ou réel phénomène ?

    Le nomadisme numérique, qu’est-ce que c’est ? Si le phénomène n’est pas vraiment nouveau, la presse se fait régulièrement l’écho des évolutions du monde du travail qu’il traduit. Regard sur le parcours de deux Françaises adeptes de ce mode de vie.

    Le nomadisme, on a tous une vague idée de ce que cela recouvre. Mais qu’en est-il du nomadisme digital ? Ou plutôt numérique, pour ne pas céder à un anglicisme qui, comme le rappelait en 2021 la Commission d’enrichissement de la langue française, se rapporte uniquement aux doigts. La pratique, consistant à travailler sans le moindre bureau fixe, n’est pas nouvelle. Mais à la faveur de l’expérience inédite des confinements liés au Covid, l’idée et la pratique semblent avoir connu un coup de boost, ou plutôt un coup d’accélérateur. Le nomadisme numérique a donc quelques atouts à faire valoir. Bien sûr, tous les métiers ne s’y prêtent pas, et les métiers du numérique et de prestations intellectuelles en général sont les plus adaptés à ce mode de vie.

    Différentes manières d’être nomade

    Après avoir travaillé comme journaliste, Andréa Etondè a évolué vers les métiers du numérique : des activités qui, par définition, se prêtent bien à ce nomadisme. Après avoir débuté sa carrière dans le journalisme, elle part vivre à Londres, rejoignant le secteur de la tech, et est recrutée comme « content specialist » chez Tik Tok . Initialement dans un bureau avec l’ensemble de l’équipe, c’est suite au confinement qu’elle va commencer à travailler à distance, d’abord ponctuellement, puis plus durablement : « on n’avait pas forcément de notice particulière. Pendant presque deux ans, j’ai fait pas mal de pays, en restant quand même dans le fuseau horaire, mais je savais que quoi qu’il arrive, il y a la wi-fi partout. J’ai voyagé beaucoup en Afrique, j’y suis allée vraiment à l’aventure. Mais je savais que quoique les gens puissent dire, oui, il y a la wi-fi en Afrique ! »

    Revenue vivre à Paris, elle a récemment été recrutée par les bureaux anglais de Youtube , devenant culture & trend manager. Les modalités de son contrat lui permettant de l’exercer en « full remote », soit sans bureau fixe. Ce qui lui permet de voyager facilement, mêlant jours de congé et jours de travail, valorisant au passage une certaine culture du résultat anglo-saxonne: « Ce qui est important pour moi, c’est surtout de rester dans le même fuseau horaire, pour ne pas être décalée avec mon équipe. Et puis les Anglais, c’est aussi une autre mentalité, l’employeur, ça lui est égal d’où est-ce que tu travailles, tant que tu apportes du résultat  » . Il est vrai que le nomadisme numérique s’accommode mieux dans des entreprises n’ayant pas de culture du présentéisme. D’ailleurs, Andréa est loin d’être un cas à part dans la structure, avec un collègue en télétravail en Italie, une autre en Afrique du Sud, et une autre à Dubaï.

    nomadisme digital
    © stockadobe

    Le nomadisme numérique comme leitmotiv

    Lise Slimane a quant à elle un autre rapport au nomadisme numérique. Âgée de 34 ans, elle est à la fois « nomade numérique », mais aussi une sorte d’ « entrepreneur de morale » du phénomène, pour reprendre le concept forgé par le sociologue Howard Becker.

    Ainsi, elle a peu à peu développé une « activité qui aide les entreprises à grandir, autour de la thématique du futur du travail » . Il faut dire que dès le début de ses études, elle fait de l’idée du voyage une sorte de credo. Au lycée, elle participe à un échange aux Etats-Unis pendant un an, ce qui lui donne le goût du voyage sur une longue durée. Ensuite, étudiante au sein de Sciences Po Bordeaux, elle va alimenter un peu plus son inclinaison au voyage en participant à un programme international, « France Caraïbes ». Cela lui permet de s’expatrier une année sur deux, et d’étudier notamment en Jamaïque et en Martinique. À la fin de ses études, elle se soucie de la possibilité de pouvoir continuer à voyager autant : « un peu par accident, je suis tombée sur une plate-forme de missions free-lance en ligne, upwork, c’était un peu le début de ces plate-formes. J’ai donc commencé à faire des missions de traduction vers l’anglais et l’espagnol. C’est comme ça que j’ai mis un pied dans le travail en ligne, et que je me suis rendue compte qu’on pouvait générer des revenus en ligne ».

    En parallèle de ses études, Lise crée une entreprise dédiée à la traduction de contenus en ligne pour l’industrie du film : « une start-up qui a très bien fonctionné » , résume-t-elle. Elle travaille alors entre Bordeaux et diverses destinations. La start-up fonctionne si bien que trois ans après, elle et son co-fondateur la revendent. C’est là qu’elle va pleinement entrer dans sa « carrière » de nomade numérique et devenir « consultante, formatrice, créatrice de contenus et auteure ». Son projet s’articule notamment autour du site La Minute freelance, et de la publication d’un ouvrage, « Tout pour être freelance ». Elle va alors habiter dans différents pays, restant notamment au Costa Rica pendant deux ans. Actuellement, elle habite en Bulgarie à Bansko, au pied des montagnes, où elle réside huit mois par an, « a sa base administrative, paye des impôts et cotise pour la retraite ».  Aujourd’hui, elle préfère ce type de résidence à long terme. Son client principal, c’est Safety Wings : créée par des Norvégiens, cette entreprise d’assurance en ligne propose des produits dédiés aux nomades numériques, mais aussi aux voyageurs au long cours.

    Haro sur le nomade ?

    Certains articles se sont récemment fait l’écho d’effets pervers qu’aurait le nomadisme numérique. Comme le Courrier international évoquant l’Etat indien de Goa, où l’arrivée de nombreux travailleurs de la tech aux salaires confortables feraient s’envoler les prix, rendant la vie plus compliquée pour les locaux.

    Lise, quant à elle, a parfois l’impression que certaines critiques du nomadisme numérique ne font pas dans la dentelle : « quand on regarde l’inflation, ce ne sont pas des villes de « nomades ». Je pense que l’on mélange plein de choses : l’inflation, la gentrification, le tourisme de masse et le nomadisme digital. Il y a des nomades qui comme moi, vont s’installer dans un pays à très long terme, et ce n’est plus vraiment du nomadisme, mais plutôt de l’expatriation numérique ». On le voit, les catégories sont poreuses, et le nomade peut muter pour se sédentariser : « il y a des voyages de plus court terme, ce qu’il m’arrive aussi de pratiquer, un mois par ci par là. Et ce n’est pas la même approche. Quand c’est du court terme, malheureusement, un peu comme dans le cadre du tourisme de masse, on peut arriver avec des revenus du pays d’origine, dans des endroits où les locaux sont moins bien payés. Par exemple, à Bali ou au Costa Rica, il y a plein de gens qui ne peuvent plus se loger dans les villes côtières, devenues très prisées par les étrangers ».

    Bien sûr, outre la sensation de liberté que recherchent ces nomades très connectés, il y a aussi l’attrait pour un mode de vie dans lequel la liberté prédomine. Si Andréa n’a que 33 ans, elle se voit bien poursuivre dans cette configuration : « travailler depuis l’étranger, mais surtout de là où je veux, c’est quelque chose qui me convient totalement. Quand on travaille comme salarié et pour pouvoir travailler en équipe, on est déjà cantonné à un cadre, avec des horaires. Donc cette possibilité de voyager apporte une forme de liberté. Mais je sais que cela ne convient pas à tout le monde ».

    Et si les êtres humains ne se déplacent toujours pas à la vitesse d’un e-mail, les débats sur le nomadisme numérique nous rappellent que le rapport à la mobilité est sans doute devenu l’un des principaux critères d’inégalité de nos sociétés globalisées. C’est ce qu’évoquait déjà en 1998 le sociologue anglo-polonais Zygmunt Bauman, en forgeant le concept de « glocalisation ». Ou « glocalization », si vous préférez la version anglaise.

  • La Franco-israélienne, Mia Schem, libérée par le Hamas

    La Franco-israélienne, Mia Schem, libérée par le Hamas

    Une des deux otages libérées ce jeudi dans la bande de Gaza et désormais entre les mains de l’armée israélienne, est la Franco-israélienne Mia Schem, a annoncé le cabinet du Premier ministre israélien.

    Enlevée depuis le 07 octobre

    Mia Schem était retenue depuis l’attaque du festival de musique Supernova Sukkot, qui se tenait à proximité de la bande de Gaza, et où plus de 250 personnes ont été tuées.

    Enlevée lors de l’attaque menée le 7 octobre par le Hamas dans le sud d’Israël, Mia Shem, 21 ans, était apparue le 16 octobre dans une vidéo diffusée par le mouvement islamiste palestinien, allongée et recevant des soins au bras.

    Keren Scharf Schem, sa mère, était sans nouvelles d’elle jusqu’à la diffusion le 16 octobre dernier par le Hamas d’une vidéo où sa fille apparaissait affaiblie, blessée mais vivante. À l’annonce de la libération de sa fille, Keren Scharf Schem a fondu en larmes, comme on peut le voir sur les images de la télévision israélienne.

    © DPA/ABACA

    « La trêve a donné des résultats »

    La trêve entre Israël et le Hamas, accompagnée d’un échange d’otages du mouvement islamiste palestinien contre des détenus palestiniens, « a donné des résultats », a estimé jeudi le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, espérant qu’elle « puisse se poursuivre ».

    « Des otages sont rentrés chez eux, ont retrouvé leur famille » et la trêve a permis aussi « à plus d’aides humanitaires de parvenir aux civils innocents à Gaza, qui en ont désespérément besoin », a-t-il déclaré à Tel-Aviv, où il est arrivé avant l’aube en visite officielle. « C’est important et nous espérons que cela va pouvoir continuer ».

    Miam Schem est la quatrième otage française à être libérée par le Hamas dans le cadre d’un accord conclu la semaine dernière avec Israël. Eitan Yahalomi, Erez et Sahar Kalderon, ont tous les trois été relâchés le 27 novembre dernier.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 01.12.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 01.12.23

    Bienvenue à tous dans le flash quotidien des expatriés de ce vendredi 1er décembre, dans nos titres : Libération de Miam Schem par le Hamas – Alerte sur la niche fiscale Airbnb – Les JO 2030 en France

    Nouvelles règles pour les locations meublées ?

    La loi qui s’attaque à la « niche fiscale » des meublés de tourisme a été adoptée en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, ce mercredi. Elle sera pourtant débattue à dans l’hémicycle en décembre, les LR ayant refusé une adoption simplifiée. Beaucoup de Français de l’étranger utilisent ce dispositif pour conserver l’accès à leurs biens en France tout en générant des revenus pour faire face aux frais. Verdict au plus tard le 12 décembre ! 

    Airbnb
    Airbnb

    Une franco israélienne libérée ce jeudi 30 novembre 

    Mia Schem était retenue depuis l’attaque du festival de musique Supernova Sukkot, qui se tenait à proximité de la bande de Gaza, et où plus de 250 personnes ont été tuées. La jeune binationale a été remis à Israël hier soir 

    Mia Schem
    Mia Schem

    Les JO d’hiver 2030 

    Sauf cataclysme, la France accueillera les Jeux olympiques d’hiver en 2030, pour la quatrième fois de son histoire après Chamonix 1924, Grenoble 1968 et Albertville 1992. Lors d’un point presse ce mercredi, le Comité international olympique a confirmé être entré en dialogue ciblé avec la seule candidature française, portée par les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    Laurent Wauquiez et Renaud Muselier lors de la candidature des Alpes françaises pour les Jeux olympiques de 2030. © Maxppp - Bertrand Riotor
    Laurent Wauquiez et Renaud Muselier lors de la candidature des Alpes françaises pour les Jeux olympiques de 2030. © Maxppp – Bertrand Riotor

    C’est tout pour cette semaine, toute la rédaction salue les auditeurs de la Radio des Français dans le monde, c’était le dernier flash diffusé sur cette antenne ! Merci à l’équipe et à vous tous pour ces trois années. Pour les autres, on se retrouve sur les canaux de diffusion habituels. A lundi ! 

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Des « Démocrates Sans Frontières » pour préserver l’environnement  

    Des « Démocrates Sans Frontières » pour préserver l’environnement  

    Pour faire face aux changements climatiques, il y a la COP 28 qui se tient actuellement à Dubaï. Les Etats détiennent ainsi une partie de la (possible) solution. Ils ne sont pas les seuls à pouvoir agir. L’engagement des citoyens est aussi une réponse concrète pour réduire l’impact lié aux modifications du climat. C’est le sens de l’association « Démocrates Sans Frontières » (DSF). Son objectif est de rassembler nos compatriotes Français à l’étranger pour « promouvoir l’action citoyenne en faveur des objectifs de développement durable ». Un cycle de conférences vient d’être lancé. Elles auront pour thème la préservation de l’environnement. Avec en trame, s’accorder sur les constats pour engendrer des actions.

    Pour Lesfrançais.press, la présidente de DSF, Marianne Magnin, a répondu à nos questions. Marianne est basée à Londres depuis 2001, après avoir travaillé au Luxembourg et en Écosse.  Elle a notamment fondé « The Cornelius Arts Foundation », dont la mission est d’amplifier la force transformative de l’art grâce à la R&D. Marianne Magnin est aussi la Secrétaire fédérale de la Fédération des Français à l’étranger du Modem.

    Jérémy Michel : « Pourquoi avoir créé « Démocrates Sans frontières ? »

    Marianne Magnin : « L’objectif de DSF est de contribuer – dans l’action concrète – aux enjeux du développement durable. D’une part, c’est une problématique à laquelle les Français de l’étranger (FdE) sont particulièrement sensibles, alors qu’ils font souvent face à des contextes exacerbés, qu’il s’agisse d’environnement meurtri, de dérèglement du climat ou de crises humaines. D’autre part, nous sommes convaincus que l’inventivité française et les valeurs d’humanisme portées par la République Française sont deux dynamiques qui invitent à être coordonnées pour amplifier les réponses apportées aux 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) établis par les Nations Unies.

    démocrates sans frontières
    Marianne Magnin, Présidente des Démocrates Sans Frontières

    « L’objectif de DSF est de contribuer – dans l’action concrète – aux enjeux du développement durable »

    « Démocrates Sans Frontières » vise à mobiliser cette intelligence collective par l’engagement citoyen. Cela répond au 17ème Objectif qui est de développer des partenariats pour coordonner et amplifier l’effort collectif. Ensemble, les FdE sont attendus car leur potentiel d’impact sur les facteurs Environnementaux, Sociétaux et de Gouvernance (ESG) est conséquent ».

    Jérémy Michel : « A qui s’adresse cette association ? »

    Marianne Magnin : « Les enjeux de développement durable concernent tout le monde, partout dans le monde… « Démocrates Sans Frontières » s’adresse à tous les Français à l’étranger : ceux-ci forment un maillage remarquable de la présence humaine sur la planète. 

    « La langue et la culture sont un vecteur puissant pour élargir la mobilisation »

    L’association s’attache à être la plus inclusive possible en commençant par les jeunes générations : ses statuts établissent que rejoindre DSF est possible dès l’âge de 16 ans. Nous souhaitons par ailleurs agir main dans la main avec les Francophones et Francophiles. La langue et la culture sont un vecteur puissant pour élargir la mobilisation. N’oublions pas nos territoires ultramarins, avec qui nous souhaitons renforcer les liens. En termes de contenu programmatique, nous avons identifié cinq audiences non exclusives : citoyens, jeunes, entreprises, associations, élus. »

    Jérémy Michel : « Quelles suites seront données aux conférences que vous organisez ? »

    Marianne Magnin : « La prise de conscience et le partage de connaissances par des experts ne sont en effet qu’une étape liminaire. À titre d’illustration, donnant suite au webinaire sur la transition carbone avec Jean-Marc Jancovici, tenu le 25 novembre et qui a rassemblé des centaines de Français de l’étranger : les normes européennes en matière de durabilité des affaires (CSRD, ESRS), se traduisent dès 2024 dans les législations des pays européens par l’obligation pour les grandes entreprises de se conformer à des obligations de reporting non financier. 

    Nous travaillons ainsi sur un projet de label que peuvent s’approprier les entrepreneurs français notamment hors de l’Union Européenne. C’est une solution de fond qui requiert non seulement une expertise pointue en matière de normes, d’outils d’évaluation et de formation – que nous avons au sein de l’association – mais aussi de construire des partenariats, ce à quoi nous sommes rompus ».

    Jérémy Michel : « Comment les Français de l’étranger peuvent-ils influencer la politique française ? »

    Marianne Magnin : « Nous avons la chance unique et le droit, et cela est répété à chaque élection, d’être représentés aux différents échelons politiques, du local (Conseillers des Français de l’étranger, Conseillers à l’Assemblée des Français de l’étranger), à l’Assemblée Nationale, au Sénat et au Parlement européen. La première action tangible est de voter et de familiariser nos enfants à ce devoir citoyen. Un élu bien élu est un élu dont la légitimité est accrue pour influencer la politique française. 

    « Un élu bien élu est un élu dont la légitimité est accrue pour influencer la politique française »

    Nos intérêts sont par ailleurs représentés par le Ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, en l’occurrence Olivier Becht avec qui nos élus sont régulièrement en contact. 

    Hors le champ institutionnel, l’action associative est un agent puissant de la société civile. C’est bien l’objet de DSF : observer au plus près ce qui fonctionne dans d’autres pays, innover sur le terrain, tester, collecter les retours d’expérience et faire remonter les solutions éprouvées auprès de nos élus et contacts ministériels. C’est aussi ainsi que la démocratie participative et au quotidien s’exprime et porte ses fruits. »

    « Décarboner sans frontières : comment réformer l’économie mondiale pour réaliser nos transitions énergétiques ? »

    Le 25 novembre la première conférence de DSF a été organisée. L’invité, Jean-Marc Jancovici, expert énergie et climat. Il est le coauteur du livre « Le monde sans fin » aux éditions Dargaud.

    Démocrates sans Frontières
    Jean-Marc Jancovici co-auteur du livre Le monde sans fin – Editions Dargaud


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  • La « niche fiscale » Airbnb va-t-elle disparaître ? 

    La « niche fiscale » Airbnb va-t-elle disparaître ? 

    La loi qui s’attaque à la « niche fiscale » des meublés de tourisme a été adoptée en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, ce mercredi. Elle sera pourtant débattue à dans l’hémicycle en décembre, les LR ayant refusé une adoption simplifiée. Beaucoup de Français de l’étranger utilisent ce dispositif pour conserver l’accès à leurs biens en France tout en générant des revenus pour faire face aux frais. Alors, à quoi faut-il s’attendre pour 2024 ?

    Équilibrer le marché

    A l’origine de cette loi transpartisane, deux députés Annaïg Le Meur (Renaissance) et Iñaki Echaniz (PS). Pour eux, les locations meublées courtes (type donc Airbnb) font de la concurrence aux logements traditionnels dans les grandes métropoles, sur le littoral ou dans les stations de montagne. Cette situation obligerait certains ménages à aller habiter toujours plus loin de leurs emplois.

    « Nos territoires doivent pouvoir trouver un équilibre entre économie touristique et vie à l’année »

    Iñaki Echaniz lors de l’examen de la loi en commission

    Cependant, des élus LR et RN ont critiqué des mesures défavorables aux « petits propriétaires » et la réduction de l’abattement fiscal a divisé le camp présidentiel. En commission, le gouvernement a exprimé ses réserves sur le passage à 30 %. « Il n’y a pas d’urgence sur la fiscalité », a dit le ministre du Logement, Patrice Vergriete. Le camp présidentiel pourrait tenter de faire évoluer cet amendement. Le macroniste Jean-René Cazeneuve, rapporteur général du budget, s’est dit « affolé qu’on n’ait pas d’étude d’impact » et redoute que la révision de l’abattement fasse « beaucoup de perdants ».

    Airbnb
    Airbnb

    Abattement à 30% ?

    Actuellement, les loueurs qui proposent un bien classé en zone tendue sur une plateforme de type airbnb profitent d’un abattement forfaitaire de 71% sur les loyers perçus, contre 50% pour les meublés classiques et 30% pour les locations nues.

    La mesure la plus débattue porte sur la baisse du taux d’abattement fiscal sur les revenus des meublés de tourisme à 30 %, sauf en « zones rurales très peu denses » où un taux de 41 % pourrait être appliqué. L’avantage fiscal avait déjà fait l’objet d’un bras de fer durant l’examen du projet de budget 2024, avec la promesse de l’exécutif de réduire de 71 % à 50 % l’abattement en zone tendue.

    Un DPE obligatoire pour les propriétaires de logements Airbnb

    Plus fort encore, le texte veut aussi contraindre les propriétaires de meublés touristiques à réaliser un diagnostic de performance énergétique (DPE) de leur bien avant de le mettre en location. En effet, jusqu’à présent, les propriétaires qui louaient leur bien en location saisonnière étaient les seuls à être exonérés de la réalisation de ce diagnostic. Beaucoup de petits malins profitaient de cette largesse pour éviter de réaliser des travaux de rénovation.

    Habitation ou commercial ?

    Enfin, la proposition de loi vise à doter les élus de compétences élargies pour réglementer l’implantation des locaux à usage touristique. Concrètement, les villes de moins de 200 000 habitants auront la possibilité d’instaurer le régime de changement d’usage d’un local. Pour rappel, cette règle consiste à demander à la municipalité de considérer le bien non plus comme à usage d’habitation mais comme un local à usage commercial.

  • Un avion propulsé aux « carburants verts » ?

    Un avion propulsé aux « carburants verts » ?

    La compagnie aérienne britannique Virgin Atlantic a fait décoller un vol transatlantique propulsé intégralement aux carburants dits durables : une première, même si les organisations écologistes qualifient l’opération de « verdissement de façade »

    Recyclage de biomatières

    Produits à partir d’huiles usagées, résidus de bois ou algues, les carburants durables d’aviation (CDA) sont aujourd’hui utilisables en complément du kérosène (jusqu’à 50%) dans les avions actuels. Ils sont considérés comme le principal levier de décarbonation du secteur pour les décennies à venir, mais leur production reste balbutiante et très chère. Par ailleurs, ils sont utilisés dans des moteurs à combustion qui continuent de générer du CO2. La décarbonation intervient en amont, dans le fait de réutiliser des matières végétales au lieu d’extraire des hydrocarbures.

    Un carburant vraiment vert ?

    Les organisations écologistes, toutefois, qualifient cette opération de « verdissement de façade » (« greenwashing »). « Ce n’est pas une coïncidence que ce vol ait eu lieu deux jours avant le début de la COP28 à Dubaï », estime l’association Stay Grounded (« Restez au sol »). « Pendant que l’attention du monde se porte sur un seul vol, il y en a 100 000 chaque jour utilisant des carburants fossiles. Les substituts ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan des hydrocarbures ».

    Finlay Asher, un ingénieur aérospatial qui a travaillé pour Rolls Royce, cité par Stay Grounded, explique que la technologie des CDA, appelés en anglais les SAF, est une « impasse technologique » car elle ne peut être développée à une échelle suffisante pour faire une différence. « De plus, le CO2 provenant de la capture directe de l’air et l’hydrogène vert produit par électrolyse – tous deux utilisés pour fabriquer de l’e-kérosène – sont très coûteux à produire. (…) La seule manière efficace de traiter les émissions de l’aviation à court terme est de s’attaquer à la demande. »

    Regarder le reportage de TV5MONDE

  • Quand « la musique est bonne » pour la croissance ! 

    Quand « la musique est bonne » pour la croissance ! 

    Dans les années 1960, une rumeur publique voulait que le solde commercial des Beatles et des Rolling Stones fût plus important que celui de l’industrie britannique.

    Le secteur de l’Entertainment musical s’est depuis structuré autour de quelques grands groupes comme Live Nation ou Universal. Des artistes se sont constitué des fortunes impressionnantes grâce à leurs disques et à tous les produits dérivés. La fortune de Taylor Swift est ainsi estimée à 1,1 milliard de dollars.

    Elle est légèrement inférieure à celle de Rihanna (estimée à 1,4 milliard de dollars par Forbes). La différence entre les deux artistes est que la fortune de Taylor Swift ne provient que de la vente de la musique (disques et scène). La fortune de Rihanna, considérée comme la chanteuse la plus riche au monde, est essentiellement issue de sa marque de maquillage Fenty Beauty et de sa société de lingerie. La fortune de Taylor Swift est composée pour 400 millions des revenus de sa musique et pour 370 millions des tickets vendus et du merchandising. Le reste se partage entre les revenus de YouTube et de Spotify, la valeur de ses propriétés ou encore les royalties touchées par ses ventes de musique (publicités, etc.).

    Parmi les musiciens plus âgés, le plus riche est Paul McCartney, sa fortune étant évaluée à 1,2 milliard de dollars. Celle de Mick Jagger s’élèverait à 300 millions de dollars sans tenir compte de la valorisation potentielle du portefeuille des morceaux dont il est copropriétaire avec Keith Richards. Leur portefeuille pourrait dépasser 800 millions de dollars.

    Les disques sont de plus en plus associés à des produits dérivés

    Parmi les autres musiciens de renom, peuvent être cités David Gilmour (Pink Floyd) dont la fortune dépasserait 245 millions de dollars. Celle de Roger Waters, son ancien acolyte devenu son meilleur ennemi, est évaluée de son côté à 185 millions de dollars.

    Les lancements d’albums donnent lieu à des campagnes marketing dignes de celles développées pour des voitures ou des téléphones portables avec moult opérations de teasing. Tous les canaux de communication sont utilisés. Les disques sont de plus en plus associés à des produits dérivés.

    Si jusque dans les années 1980, les concerts étaient avant tout des évènements visant à favoriser la vente des albums, ils sont devenus, depuis, des sources de recettes importantes. Le développement des concerts dans les stades initiés en particulier par les Stones à partir de leur tournée de 1981/1982 a permis une industrialisation de cette activité.

    La musique
    Disques de musique ©AFP

    La musique contribue de plus en plus au PIB des pays de l’OCDE

    L’évolution de la technologie avec, en particulier, le recours aux grands écrans, a fait évoluer les concerts qui ont associé de plus en plus le son et la vidéo.

    La musique contribue de plus en plus au PIB des pays de l’OCDE. La tournée Eras de Taylor Swift en 2023, avec la vente des seuls billets (vendus 254 dollars en moyenne), a généré 700 millions de dollars de revenus aux États-Unis. Finalement, la tournée pourrait déboucher sur un chiffre d’affaires de 2,2 milliards de dollars pour les ventes de billets selon des données de la société QuestionPro. Mais les places des concerts ne sont qu’un élément de l’industrie de l’Entertainment. Ces concerts génèrent désormais des flux touristiques. Les fans sont capables de se déplacer sur de longues distances pour assister à une représentation de leurs vedettes favorites. Ils donnent lieu à des dépenses de transports, d’hébergement et de restauration.

    La vente de produits dérivés occupe une part croissante dans le budget des spectateurs. Au total, selon Bloomberg, les 53 concerts américains de Taylor Swift auraient permis d’augmenter le PIB américain de 4,3 milliards de dollars. Au niveau mondial, ce serait plus de 7 milliards de dollars de ressources générées par la tournée.

    Les grands concerts donnent lieu à une compétition entre les métropoles et entre les salles et les stades. La présence de concerts géants est une source de revenus pour une ville ou une région. En 2022, pour la venue des Stones, le stade Groupama de Lyon était en compétition avec celui de Marseille. La prestation d’une vedette ou d’un groupe offre de la visibilité et débouche sur d’importantes retombées pour le commerce. L’exception de Paris qui a fait la fine bouche pour accueillir les Rolling Stones en 2022 (le concert a eu lieu à Longchamps et non à la Tour Eiffel comme les Stones l’auraient souhaité), les autres villes européennes se sont montrées réceptives en favorisant leur venue. Ce phénomène n’est pas nouveau. En 2006, la ville de Nice avait réussi, en offrant des conditions plus avantageuses que Marseille, à accueillir le groupe au Stade Charles Ehrmann.

    Les nouvelles stars sont de plus en plus américaines

    Pour Los Angeles, les six concerts de Taylor Swift auraient amené un surcroît de plus de 300 millions de dollars de dépenses dans la ville, selon le California Center for Jobs and the Economy. Peu d’artistes ont une surface économique comme Taylor Swift, Beyonce, U2, Bruce Springsteen ou les Stones. Les nouvelles stars sont de plus en plus américaines. Il s’agit plus souvent de personnalités au détriment des groupes. Les chanteuses qui rassemblent le plus de spectateurs sont dorénavant Taylor Swift, Lady Gaga, Pink ou Beyonce.

    Le remplacement des groupes mythiques des années 1960 qui ont contribué à faire de l’industrie de la musique ce qu’elle est aujourd’hui est un enjeu majeur pour celle-ci. Ces groupes avaient réussi à transcender les générations et à construire une aura mondiale. La musique populaire ressemble au monde moderne ; elle semble plus segmentée et moins universelle, ce qui pourrait à terme remettre en cause son essor économique.

  • COP28 : l’UE devra justifier sa taxe carbone aux frontières

    COP28 : l’UE devra justifier sa taxe carbone aux frontières

    Prêts pour la COP28 à Dubaï, les représentants de l’UE devront faire face aux critiques d’une politique climatique européenne particulièrement controversée hors Europe : le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF).

    Dès 2027, l’UE devrait prélever une taxe carbone sur les marchandises importées sur le marché unique afin d’inciter les pays tiers à accélérer la décarbonation de leurs industries.

    Dans un premier temps, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières ne concernera que l’acier, le ciment, l’aluminium et les engrais, avant de couvrir d’autres matières et secteurs.

    Depuis l’annonce du mécanisme, nombre de pays ont exprimé leur mécontentement. Les pays africains ont même fait circuler une note au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qualifiant le MACF de mesure environnementale « unilatérale », qui risque de réduire le PIB africain de plus d’un pour cent et de nuire à l’Accord de Paris sur le climat.

    Le ministère sud-africain de l’Énergie a également averti que ce mécanisme « affaiblit la confiance, dont dépend la coopération multilatérale pour faire face aux défis mondiaux tels que le changement climatique ». En effet, la taxe carbone ferait peser « la charge de l’action climatique sur les économies en développement », ce qui est « indu et injuste », selon lui.

    Et le reste du monde semble globalement du même avis.

    L’association industrielle brésilienne CNI accuse par exemple l’UE de protectionnisme. Les producteurs d’acier argentins ont déclaré que le MACF n’était « pas compatible avec les règles de l’OMC » — une critique qui revient fréquemment.

    Par ailleurs, les responsables de l’OMC réservent leur jugement jusqu’à l’entrée en vigueur du mécanisme.

    Le récent entretien (17 novembre) entre le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, et son homologue chinois, Xie Zhenhua, a lui aussi été dominé par les effets du MACF.

    Durant sa visite en Chine, M. Hoekstra s’est efforcé d’expliquer aux chefs d’entreprise chinois pourquoi la taxe carbone était nécessaire.

    « Vous verrez que le MACF, indépendamment de ce que d’autres tentent de faire valoir, n’est pas une “pénalité” pour les importateurs dans l’UE, mais une incitation à la décarbonation », a-t-il martelé.

    COP 28

    Une pénalité ?

    Dès lors, pourquoi les autres pays voient le MACF comme une « pénalité » ?

    Les régions riches, comme l’Europe, n’ont pas réussi à convaincre le reste du monde de les suivre dans leur démarche pour atteindre pour la neutralité carbone rapidement. Selon des pays comme l’Inde et la Chine, il est légitime de brûler des combustibles fossiles pour s’enrichir, comme l’ont fait avant eux les pays développés.

    L’UE n’est plus disposée à accepter ce raisonnement, ce qui signifie que les exportations vers le marché unique européen seront plus compliquées en raison des nouvelles exigences en matière de déclaration, mais également parce que les marchandises seront soumises à de nouveaux droits de douane.

    Dans ce contexte, expliquer pourquoi le MACF n’est pas une pénalité pourrait donc bien constituer l’une des principales tâches des représentants de l’UE à Dubaï.

    « Où que les diplomates de l’UE aillent ces derniers temps, ils se retrouvent face à des responsables politiques demandant des exemptions au MACF », explique Giulia Cretti, chargée de recherche au sein du groupe de réflexion néerlandais Clingendael.

    Un représentant néerlandais qui pourrait rencontrer des difficultés à Dubaï est Mohammed Chahim, eurodéputé socialiste (S&D) qui pilote le dossier du MACF au Parlement européen.

    « Je comprends pourquoi certains pays sont sceptiques à l’égard de MACF », concède-t-il, mais pour lui, il s’agit d’une question d’équité : « ce que nous faisons, c’est mettre toutes les entreprises sur un pied d’égalité ».

    En créant un nouveau mécanisme, l’UE en supprime un autre : l’industrie lourde devra désormais payer la facture de ses émissions de carbone. « L’objectif global est de stimuler la décarbonation de l’industrie lourde à l’échelle mondiale », souligne-t-il.

    Des exemptions ?

    Même si les pays tiers insistent pour obtenir des exemptions, « il n’y a pas de place pour cela dans les règles », affirme Mme Cretti. « La seule solution est que les entreprises paient le même prix pour le carbone dans leur pays que celui payé en Europe ».

    Les possibilités d’exemption étant limitées, l’UE n’a qu’un seul moyen de s’en sortir : partager ses recettes.

    « Une chose que l’UE peut faire est mettre en place un mécanisme clair pour transférer les recettes du MACF aux pays touchés négativement par le financement de la lutte contre le changement climatique », note Mme Cretti.

    Aujourd’hui, les recettes de la taxe carbone servent à décarboner l’industrie lourde européenne, ce qui creuse encore l’écart avec les concurrents issus de pays tiers.

    À partir de 2028, le MACF coûtera au moins 6 milliards d’euros par an aux entreprises exportant vers l’UE — un chiffre qui devrait au moins doubler lorsque le mécanisme sera pleinement opérationnel, soit à partir de 2032.

    Tous les fonds seront-ils reversés aux pays qui ont payé la taxe carbone de l’UE  ? Peu probable.

    « L’Union travaille à l’introduction d’une nouvelle ressource propre basée sur les revenus générés par la vente des certificats du MACF », peut-on lire dans la loi instituant le droit de douane. 75 % des recettes iront au budget de l’UE, a ultérieurement clarifié la Commission.

    Aucun mécanisme ni objectif de transfert, n’est prévu dans l’immédiat pour reverser l’argent à ces États. Toutefois, « nous prévoyons d’aider ces pays [moins développés] à décarboner leurs industries en leur fournissant une assistance technique et en augmentant les dépenses internationales de l’UE en matière de climat », a conclu M. Chahim.