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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 30.11.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 30.11.23

    Bonjour à tous, nous sommes le jeudi 30 novembre, vous écoutez le flash quotidien des expatriés, dans nos titres : France et Mali des relations toujours difficiles – Dissolution de la « Division Martel » – Eric Dupond-Moretti relaxé 

    Toujours pas de vol ni de visa pour le Mali 

    Plus de deux mois après la suspension de ses vols entre Paris et Bamako, Air France devait retrouver le tarmac de l’Aéroport international Modibo-Keïta, le 13 octobre. Mais l’occasion était trop belle pour la junte d’humilier la France, elle a donc annulé cette autorisation. Et cette semaine, le nouveau pouvoir malien confirme qu’aucun visa ne sera donné à des Français au moins jusqu’à la fin de l’année. 

    France-Mali
    jad20220124-conf-airfrance_bamako-1256×628-1643040121 ©AFP

    Darmanin veut faire le ménage à l’Ultra Droite

    Le ministre de l’Intérieur a annoncé cette semaine la dissolution du groupuscule d’Etrême droite « Division Martel ».  Cette décision intervient après deux débuts de manifestations sauvages orchestrées entre-autres par la Division Martel et d’autres groupuscules de la même tendance, dans le quartier de la Monnaie de Romans-sur-Isère (Drôme), samedi et dimanche derniers et à Lyon (Rhône), lundi soir.

    Éric Dupond-Moretti relaxé 

    Le garde des Sceaux a été relaxé des faits de prise illégale d’intérêts. Il était accusé d’avoir utilisé sa fonction de ministre pour régler ses comptes avec des magistrats.
    Le soulagement pour Éric Dupond-Moretti. Le ministre de la Justice a été relaxé par la Cour de justice de la République pour prise illégale d’intérêts ce mercredi.

    Eric Dupont-Moretti
    Eric Dupond-Moretti (Photo : Alain JOCARD / AFP)

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour la dernière édition de la semaine ! Beau jeudi à tous où que vous soyez ! 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Eric Dupont-Moretti relaxé par la Cour de justice de la République

    Eric Dupont-Moretti relaxé par la Cour de justice de la République

    Le garde des Sceaux a été relaxé des faits de prise illégale d’intérêts. Il était accusé d’avoir utilisé sa fonction de ministre pour régler ses comptes avec des magistrats.
    Le soulagement pour Éric Dupond-Moretti. Le ministre de la Justice a été relaxé par la Cour de justice de la République pour prise illégale d’intérêts ce mercredi.

    Éric Dupond-Moretti était accusé de « prise illégale d’intérêts » dans deux affaires distinctes dans lesquelles il aurait profité de son statut de locataire de la place Vendôme pour régler ses comptes avec des magistrats côtoyés lorsqu’il était avocat.

    « L’infâmie » du procès

    Devant la Cour de justice de la République et dans un procès inédit dans toute l’histoire de la 5è République, l’ex-star des prétoires n’a eu de cesse de se défendre.

    Devant des magistrats, qui dépendent hiérarchiquement du garde des Sceaux, et de 12 parlementaires, le ministre a dénoncé pêle-mêle « l’infamie de son procès », des « mensonges et « une épreuve pour lui et ses proches ».

    Éric Dupond-Moretti a farouchement nié tout au long de l’enquête les faits qui lui étaient reprochés, assurant n’avoir fait que suivre les recommandations de ses services concernant l’avenir des enquêtes lancées sur des magistrats lorsqu’il a été nommé place Vendôme.

    Eric Dupont-Moretti
    Eric Dupond-Moretti
    (Photo : Alain JOCARD / AFP)

    La Cour de justice de la République, souvent clémente

    Le parquet avait cependant requis une peine assez sévère en demandant un an de prison avec sursis. Les avocats de l’ex-star du barreau ont manifestement su convaincre en arguant de la bonne foi de leur client.

    Le ministre de la Justice avait assuré lors de son procès que les enquêtes diligentées sur des magistrats étaient « le cadet de ses soucis » à son arrivée au gouvernement.

    Depuis la création de la Cour de justice de la République en 1993, l’institution a toujours fait preuve d’une certaine clémence. Au total, sur dix décisions avant le procès d’Éric Dupond-Moretti, elle avait prononcé quatre relaxes et quatre condamnations avec sursis. Aucune peine de prison ferme n’a jamais été prononcée.

  • France – Mali : toujours pas de vol ni de visa 

    France – Mali : toujours pas de vol ni de visa 

    Plus de deux mois après la suspension de ses vols entre Paris et Bamako, Air France devait retrouver le tarmac de l’Aéroport international Modibo-Keïta, le 13 octobre. Mais l’occasion était trop belle pour la junte d’humilier la France.

    Pourtant, l’exploitation ne devait pas se faire en direct, mais par le biais d’une tierce compagnie, le portugais EuroAtlantic Airways, dont un Boeing 777-200 ER était mis à la disposition du pavillon français avec son personnel navigant.

    Un colonel limogé

    Le colonel Drissa Koné, directeur de l’Agence nationale de l’aviation civile (Anac), celui-là même qui s’était ému de l’arrêt des vols d’Air France en août dernier face à la situation géopolitique et aux risques sécuritaires, a eu l’impudence de négocier avec la compagnie française la reprise des vols sans en référer aux plus hautes instances de la junte. Il a été limogé et l’autorisation a été annulée.

    Les relations entre la France, l’ancienne puissance coloniale qui s’était engagée militairement au côté de l’armée malienne contre une offensive jihadistes en 2013, et le Mali se sont fortement détériorées depuis que des colonels ont pris le pouvoir par la force à Bamako en août 2020. La junte a poussé les forces françaises vers la sortie en 2022 et s’est tournée politiquement et militairement vers la Russie. Elle a d’ailleurs expulsé l’ambassadeur français.

    France-Mali
    Ambassade de France -Bamako ©AFP

    Pas de visa

    En sus, le Mali a suspendu la délivrance de visas aux ressortissants français par ses services consulaires, et ce, « en application de la réciprocité » a déclaré jeudi 10 août sur Facebook l’ambassade du pays à Paris. Le pays assure que la France a, la première, suspendu la délivrance de ces visas après avoir placé tout le Mali, y compris Bamako, en zone rouge. Joint par franceinfo, le Quai d’Orsay a confirmé jeudi avoir « suspendu la délivrance des visas au Mali », évoquant des « tensions régionales croissantes ».

    « Tout déplacement au Mali est formellement déconseillé. Les ressortissants français au Mali sont appelés à la plus grande vigilance »,

    Le ministère français des Affaires étrangères sur son site, dans une mise à jour de ses fiches pays datée du 7 août. 

    « Cette modification entraîne une réorganisation des services de l’ambassade de France à Bamako, qui ne pourra dès lors plus délivrer de visas jusqu’à nouvel ordre », souligne sur son site internet Capago, prestataire traitant les demandes de visa en amont de l’instruction des dossiers par les services français.

    Depuis, la France a vu d’autres gouvernements alliés au Sahel se faire renverser par des militaires, au Burkina Faso en 2022 et au Niger fin juillet. L’intégralité de ces trois pays voisins, tous confrontés à l’expansion jihadiste et formant une immense aire géographique, est désormais en zone rouge pour la diplomatie française. La France a également suspendu la délivrance de visas par ses services au Burkina Faso, stipule le site de Capago.

  • France : hommage aux héros de la lutte contre l’esclavage

    France : hommage aux héros de la lutte contre l’esclavage

    L’artiste italo-guadeloupéen, Raphaël Barontini, expose au Panthéon à Paris jusqu’au 11 février à travers une gigantesque exposition « We could be heroes » (Nous pouvons être des héros).

    Gloire aux héros

    L’exposition intitulée « We could be heroes » (Nous pouvons être des héros) se tient au Panthéon du 19 octobre au 11 février, sur la colline Sainte Geneviève à Paris. Elle a été pensée et réalisée par l’artiste italo-guadeloupéen, Raphaël Barontini.

    Dès l’entrée dans la nef, les visiteurs sont plongés dans une composition monumentale avec des drapeaux, des bannières, des œuvres textiles et sous le regard d’une dizaine des grandes figures de la lutte contre l’esclavage : Sanité Bélair, Joseph Ignace, Dotty Boukman, Toya, le Jacobin noir, Cécile Fatiman, Louis Delgrès, Claire, Anchaing et Héva.

    héros de la lutte contre l'esclavage
    Exposition « We could be heroes » © AFP

    Raphaël Barontini

    Raphaël Barontini vit et travaille à Saint Denis, en région parisienne, et met en scène des figures héroïques de la lutte contre l’esclavage, connues et méconnues, qui ont contribué à jouer un rôle marquant dans l’abolition.

    Désormais, Il offre un Panthéon à ces combattants, mettant en valeur leur rôle incontournable dans la lutte pour la liberté. Les œuvres de Raphaël Barontini conçues pour cette exposition relèvent du gigantisme. Des travaux artistiques d’un subtil art du collage et du montage, superposant les techniques et les couleurs, un assemblage des fragments de paysages, de corps, des parures, des motifs, etc. Suite à une recherche historique puisée dans les différentes périodes, passées et contemporaines, cultures et géographiques.

    Regarder le reportage de TV5MONDE

  • La force des démocraties 

    La force des démocraties 

    La démocratie est l’art de la gestion des oppositions. En permanence, l’exécutif doit concilier des aspirations diverses et contradictoires en recherchant un minimum de consensus. En ces périodes troublées, marquées par une succession de crises, les gouvernements sont sur la corde raide et contraints sans cesse d’apporter des réponses simples à des problèmes d’une rare complexité. Le défi est d’autant plus difficile à relever que le système d’information généré par Internet pousse au manichéisme.

    Sur des sujets aussi clivants que la transition énergétique, l’immigration, la mondialisation ou le vieillissement, le relativisme n’est plus de mise sur les écrans de télévision comme sur les smartphones.

    Les mêmes personnes peuvent exprimer, en un laps de temps réduit, des opinions diamétralement opposées

    Face à la question environnementale, les positions des uns et des autres semblent de plus en plus irréconciliables. Certains souhaitent un changement de société. Ils demandent la réduction des voyages en avion, la diminution du nombre de voitures, la limitation des constructions ou la décroissance. D’autres estiment qu’ils n’ont pas à supporter les nuisances des mesures environnementales qui augmentent le prix des véhicules et des logements. Ils entendent bénéficier d’une progression de leur pouvoir d’achat et accéder à un logement confortable. Parfois, les mêmes personnes peuvent exprimer, en un laps de temps réduit, des opinions diamétralement opposées sur ce sujet, ce qui ne facilite pas le travail des pouvoirs publics.

    En matière d’immigration, le débat ne se limite pas à « pour » ou « contre » ni à la seule question sécuritaire. Avec le vieillissement démographique, les pays occidentaux sont confrontés à une baisse de leur population active. Or, les besoins en emplois sont en forte augmentation, en particulier dans les services. Sans apport de population, la croissance s’amoindrit. L’Italie en est la parfaite illustration. À travers les flux de personnes, l’immigration peut être une source d’enrichissement mutuel. Si les États-Unis ont une croissance supérieure à celle de l’Europe, c’est en partie en raison de l’accueil d’un grand nombre d’étrangers sur le territoire américain.

    Par ailleurs, l’immigration permet à l’Occident de contribuer au développement des pays les plus pauvres à travers les flux financiers dont elle est à l’origine.

    La mondialisation est accusée d’avoir provoqué le déclin de l’industrie au sein des pays de l’OCDE, l’appauvrissement des classes moyennes et la dépendance des pays occidentaux à la Chine. Ces rapides allégations sont loin d’être toutes vérifiées. L’Allemagne, les Pays-Bas ou même l’Italie ont réussi à conserver leur industrie à la différence de la France, du Royaume-Uni ou des États-Unis. Si la balance commerciale de la France est déficitaire depuis vingt ans, celle de l’Allemagne et celle des Pays-Bas ont été excédentaires de plusieurs points de PIB.

    démocratie
    Manifestation à Paris contre la réforme des retraites-2023 © AP-Michel Euler

    En limitant les échanges avec les pays émergents et en développement, l’Occident freine leur essor

    Au nom du souverainisme économique, le recours au protectionnisme apparaît de plus en plus comme la solution. Or, il a été dans le passé synonyme de déclin. La baisse du commerce international constatée depuis deux ans érode déjà la croissance. En limitant les échanges avec les pays émergents et en développement, l’Occident freine leur essor, d’autant plus que leur population est encore en augmentation.

    Le vieillissement est également une source de tensions au sein des populations, les intérêts particuliers entrant en conflit avec l’intérêt général. Une large partie de la population aspire à partir tôt à la retraite quand les équilibres économiques et budgétaires peuvent justifier de reporter l’âge de liquidation des droits. 80 % des Français indiquent souhaiter partir à la retraite à 62 ans ou avant. Mais, dans le même temps, ils sont 43 % à penser qu’ils ne cesseront leurs activités professionnelles qu’après 65 ans. Si le départ précoce est plébiscité, il n’empêche pas les Français de déplorer les déserts médicaux, le manque de personnel dans les services, etc.

    Les appels au référendum sont de plus en plus nombreux

    Comment la démocratie peut-elle dénouer tous ces problèmes ? L’appel à la souveraineté populaire apparaît comme une solution naturelle. Raymond Aron considérait que ces deux mots étaient « obscurs ». Pour autant, les appels au référendum sont, actuellement de plus en plus nombreux. Si en 1958, le Général de Gaulle avait demandé aux Français de se prononcer sur la fin du protectionnisme prévue dans le cadre de l’adhésion à l’époque à la Communauté Économique Européenne, il n’est pas certain qu’il aurait obtenu une majorité en sa faveur. Il en aurait été de même, pour François Mitterrand, en 1981 pour la suppression de la peine de mort. A contrario, l’utilisation du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen a débouché sur une totale incompréhension au sein d’une partie de la population française. Le rejet du traité sur fond de fausses informations sur le fameux plombier polonais s’est suivi de la signature par les gouvernements européens du traité de Lisbonne laissant croire qu’ils remettaient en cause le vote populaire. Or, ce dernier ne signifiait en aucun cas la sortie ou l’arrêt de la construction européenne. Tel n’était pas l’objet du référendum.

    Si la Suisse, pays de nature fédérale, recourt aux votations pour trancher des sujets difficiles, ce n’est pas sans donner, parfois, lieu à des numéros de funambules. Ainsi, il y a quelques années, les Suisses ont voté contre l’immigration. Or, sans elle, le pays ne pourrait pas fonctionner. Rapidement, des dispositions ont été prises pour contourner la décision des électeurs.

    La démocratie peut faire preuve de fragilité, au long cours, elle apparaît bien plus efficace que tous les autres régimes

    Fréquemment, les électeurs se prononcent non pas sur la question posée par le référendum mais pour ou contre le pouvoir en place. Le Brexit en 2016 au Royaume-Uni est la conséquence d’une opération machiavélique qui s’est retournée comme son auteur, David Cameron, qui pour faciliter sa reconduction comme Premier Ministre avait promis aux électeurs un référendum sur l’Europe. Il espérait le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne mais fut débordé par les opposants qui firent preuve d’une démagogie sans limites pour faire triompher le Non.

    Au-delà de l’organisation d’une concurrence supposée pacifique pour accéder au pouvoir, la démocratie repose sur le respect de l’état de droit et des contrats implicites et explicites liant les citoyens entre eux et à l’État. Elle a comme objectif la régulation des excès et des passions de toute nature, ce qui rend son mode de décision plus terne, moins flamboyant que d’autres régimes. En période de crises, des responsables peuvent vouloir contrevenir à ce modèle en faisant preuve de césarisme ou de populisme.

    La gestion des dossiers par les institutions démocratiques est souvent chaotique mais, pas à pas, des avancées ont lieu. Si au quotidien, la démocratie est une source de frustrations et peut faire preuve de fragilité, au long cours, elle apparaît bien plus efficace que tous les autres régimes en protégeant les individus de l’arbitraire.

  • L’accord français sur le nucléaire examiné à la loupe concernant les aides d’États

    L’accord français sur le nucléaire examiné à la loupe concernant les aides d’États

    Selon Paris, l’accord trouvé entre le gouvernement et EDF pour réguler les prix de vente du nucléaire ne risque pas de constituer des aides d’États. Les experts sont, eux, plus prudents, tout comme la Commission européenne qui réserve son jugement.

    Depuis que la guerre en Ukraine a aggravé la situation énergétique en Europe, les parties prenantes se démènent pour juguler les effets de la crise sur les prix de l’électricité.

    En parallèle d’une réforme du marché européen de l’électricité, la France a engagé des pourparlers avec le plus gros producteur d’électricité d’Europe, EDF, pour réguler les prix de vente de son nucléaire.

    Cette manœuvre répond à deux objectifs : stabiliser les prix de l’électricité et remplacer le système actuel d’Accès régulé à l’énergie nucléaire historique (ARENH) qui assure la concurrence sur le marché français de l’électricité.

    L’ARENH garantit l’accès à la production nucléaire historique d’EDF à des prix avantageux afin de créer les conditions d’une concurrence équitable sur le marché français, conformément aux règles européennes en la matière.

    Sauf que le dispositif disparaîtra au 31 décembre 2025. Pour maintenir une concurrence, EDF et le gouvernement prévoient ainsi de réguler le prix de vente de l’électricité nucléaire en captant une partie des rentes de l’entreprise lorsque les revenus générés par le parc nucléaire — vente sur le marché de gros et mécanismes d’équilibrages — dépassera 78 €/MWh.

    Dans sa forme, l’accord prévoit de redistribuer aux consommateurs les éventuels surplus de recettes. Il s’abstient toutefois de fixer un plancher de prix qui verrait l’État compenser EDF en cas de prix trop bas sur le marché, comme pourraient le permettre les contrats bidirectionnels compensatoires actuellement en discussion à Bruxelles (Contracts for Difference, CfD).

    Bien que ce type de contrat pourrait théoriquement remplacer l’ARENH, l’Autorité de la concurrence française rappelait en 2020 le risque qu’il soit retoqué pour constitution d’aide d’État.

    Or, la France ne souhaite pas prendre de risques, car s’il n’y a pas d’autre solution, l’exécutif pourrait devoir engager la division des activités d’EDF pour libéraliser le marché. En 2019, l’évocation de ce projet avait réveillé les syndicats et la rue, excités de nouveau cette année.

    Mais avec l’accord trouvé à Paris, le gouvernement se dit à l’abri d’une possible atteinte au régime d’interdiction des aides d’État.

    accord français sur le nucléaire.
    Le ministre français des Finances Bruno Le Maire (à droite) et Luc Remont (à gauche), nouveau président-directeur général d’EDF, posent pour des photos sur une colline surplombant la centrale nucléaire de Penly d’EDF à Petit-Caux, près de Dieppe, en France, le 9 décembre 2022. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

    Pas d’aides d’État sur la forme

    Après des discussions entre les exécutifs français et européen, « la Commission constate qu’il n’y a pas de points qui requièrent son accord dès lors que le prélèvement [de la rente] relève de la souveraineté fiscale des États membres et que la redistribution est suffisamment homogène pour ne pas distordre le marché intérieur », nous a confié le cabinet de la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.

    Contacté par Euractiv France, l’avocat associé en droit de la concurrence auprès du cabinet spécialisé August Debouzy, Renaud Christol, nous l’a confirmé.

    « En substance, l’accord consiste à plafonner le montant des prix de vente que facture EDF aux fournisseurs alternatifs, tout comme le prévoyait l’ARENH. En revanche, cet accord ne prévoit pas de versement de sommes par l’état à EDF. Nous ne sommes donc pas dans le cadre des aides d’État ». Par conséquent, « la Commission n’a pas à contrôler cet accord avant qu’il soit mis en œuvre », conclut l’avocat.

    Le porte-parolat de la Commission européenne, lui, est plus évasif.

    À la question de savoir si l’accord pourrait constituer une aide d’État ou être contrôlé à ce titre, l’exécutif européen nous a répondu que «si une mesure constitue une aide d’État […], elle doit être notifiée par l’État membre concerné à la Commission pour évaluation».

    En clair, la Commission européenne ne dit pas clairement si l’accord constitue, ou non, une aide d’État ni même s’il doit être contrôlé à ce titre pour le moment. Au bénéfice de son doute, certains détails de l’accord sont encore inconnus, comme la grille de répartition des rentes captées.

    Attention à la sélectivité…

    À ce stade, les informations manquent sur les critères de redistribution.

    Dans le document de consultation publique diffusé mardi (21 novembre), « aucun mot sur la “clé de répartition” des bénéfices entre ménages, entreprises et électro-intensifs », a fustigé sur X le chercheur au think tank sur la transition écologique IDDRI, Andreas Rüdinger. C’est pourtant «LA question à régler », selon lui.

    En pratique, si les rentes captées par l’État sont redistribuées à tous les consommateurs ou à toutes les entreprises, il n’y a pas d’aides d’État, nous explique Etienne Durand, maître de conférence en droit public à l’Université de l’Essex en Angleterre. En revanche, « si la redistribution concerne uniquement les entreprises électro-intensives par exemple, elle serait qualifiée d’aide d’État et devra donc faire l’objet d’un contrôle par la Commission européenne », prévient-il.

    Autrement dit, le critère de sélectivité des bénéficiaires de la redistribution jouera le rôle d’arbitre. Mais ce n’est pas le seul, puisqu’un autre critère se révèle tout aussi crucial.

    … et à la contestabilité des tarifs

    L’autre interrogation que pose cet accord concerne la situation des fournisseurs alternatifs.

    Pour maintenir un système concurrentiel, « il va falloir en effet assurer la ‘contestabilité des tarifs  », c’est-à-dire la capacité des fournisseurs alternatifs à proposer des offres similaires à celles d’EDF «fourniture», nous explique l’expert en marché de l’énergie chez Colombus Consulting, Nicolas Goldberg. Or, en l’état des connaissances du projet, rien n’est moins sûr ».

    À ce sujet, les représentants du secteur seront « très réactifs pour s’assurer que le droit de la concurrence sera respecté », affirme chez Montel le président de l’Association française indépendante de l’électricité et du gaz, Géry Lecerf. Pour le moment, l’association entretient de « forts doutes ».

    Et si les fournisseurs alternatifs ne peuvent finalement répliquer les prix, la France se fera « retoquer par la Commission européenne », conclut M. Goldberg.

    Bref, l’examen de l’accord est loin d’être terminé.

    Durant la période de consultation publique, qui se terminera le 20 décembre prochain, chacun de ces experts pourra faire part de son avis. Et si jamais la consultation se solde par un avis « fortement négatif » des acteurs consultés, « l’accord pourrait être modifié », nous confie Maître Christol.

    Pour avancer plus sereinement, profiter également du cadre en cours de négociation au niveau européen, M. Rüdinger suggère que le dispositif pensé par EDF et le gouvernement se maintiennent pendant seulement trois ans, le temps de réfléchir à un CfD « qui permette une visibilité parfaite des revenus d’EDF et des prix pour le consommateur, moyennant la résolution des problèmes de gouvernance d’EDF sur sa position dominante ».

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 29.11.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 29.11.23

    Bonjour à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés du 29 novembre 2023, dans nos titres : Les enfants volés au Japon, Frein au commercial international et on prendra des nouvelles des enfants libérés dans la nuit de lundi à mardi par le Hamas.

    Les enfants de couple binationaux au Japon

    Lors de son déplacement à Tokyo en juillet 2021, le Président de la République Française Emmanuel Macron s’est entretenu avec le Premier ministre Japonais Yoshihide Suga sur la question des parents Français privés de leurs droits parentaux. C’est dans ce contexte qu’un groupe de travail bilatéral sur les enlèvements d’enfants de couples franco-japonais séparés, en sommeil depuis plusieurs années, a été réactivé en décembre 2021, avec une première réunion en mars 2022. La semaine dernière s’est tenue une conférence réunissant avocats français et japonais afin de monter une proposition de modification de la loi. Cependant, le processus sera long.. Horizon 2030 ! Découvrez l’interview de l’élu consulaire, François Roussel, sur notre site.

    Divorce au pays du Soleil Levant
    François Roussel Conseiller des Français de l’étranger au Japon

    Retour des barrières au commerce 

    Avec la question du souverainisme économique, l’épidémie de covid a induit de nombreuses mesures protectionnistes qui se perpétuent en 2023. Les politiques visant à favoriser la transition énergétique comportent également des mesures pouvant porter atteinte aux échanges commerciaux. La concurrence ne s’effectue plus sur les biens mais sur la localisation des centres de production. Les États rivalisent en matière de subventions pour obtenir l’implantation d’usines de microprocesseurs ou de batteries. Une guerre qui ne fait que commencer.

    commerce international
    Bateau de commerce international©AFP/PAMSY2NKRBDYPJBYNZEZL3M6RA

    Les enfants libérés par le Hamas se portent bien 

    La ministre des Affaires étrangères française Catherine Colonna a affirmé ce mardi que les nouvelles des trois enfants « sont bonnes ». La coordinatrice s’occupant des familles d’otages français a par ailleurs également annoncé à BFMTV ce mardi matin que les trois ex-otages se portent bien et que « leur état est stable ». Elle explique qu’Erez et Sahar Kalderon ont « passé leur nuit dans les bras de leur maman Hadas ».

    otages français hamas
    Otages français Hamas

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour la dernière édition du mois 

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Le Japon, une immigration choisie ? 

    Le Japon, une immigration choisie ? 

    Il y a 100 ans, le 1er septembre 1923, le Japon subissait un tremblement de terre, le séisme du Kantō, qui a ravagé Yokohama et le reste du Kantō et fait 140.000 victimes dont 30 Françaises. À cette époque, la communauté française du Japon ne représentait que 600 personnes, principalement regroupées à Yokohoma. Où en est-on aujourd’hui dans ce pays par rapport à l’immigration ? Pour en discuter, nous avons invité Monsieur Thierry Consigny, Conseiller des Français de l’Étranger du Japon et élu à l’Assemblée des Français de l’Étranger pour l’Asie-Océanie.

    Ecoutez le podcast avec Thierry Consigny

    Japon immigration
    Thierry Consigny, Conseiller des Français de l’Étranger du Japon et élu à l’Assemblée des Français de l’Étranger pour l’Asie-Océanie

    « À la différence de l’Europe, l’immigration est liée à des conditions très strictes »

    Selon Thierry Consigny, “ dès l’ère Meiji, période durant laquelle le Japon s’est orienté vers une politique de modernisation, celui-ci s’est ouvert à une immigration choisie provenant tout d’abord d’Europe et des Etats-Unis, avant de se tourner progressivement vers les nouvelles économies. Ce pays a toujours été attractif pour de nombreuses communautés étrangères”. 

    Celui-ci rajoute que “parmi les populations accueillies, deux profils d’immigrés se distinguent essentiellement. Il s’agit principalement de cadres et d’entrepreneurs ou de main-d’œuvre à destination d’usines ou de chantiers. De plus, à la différence de l’Europe, l’immigration est liée à des conditions très strictes et celle-ci est très contrôlée”. 

    En effet, “parmi les 130 millions d’habitants peuplant cette nation insulaire, on dénombre seulement 3 millions d’étrangers, à savoir moins de 2% de la population”. Toutefois, contrairement à des pays comme la France où l’intégration culturelle représente la “clé du vivre ensemble”, cette notion ne se définit pas de la même manière au Pays du Soleil levant. Dans cette configuration, la “difficulté de la langue”, la singularité de la culture ainsi que les usages codifiés complexifient la totale assimilation des étrangers. 

    Cela n’empêche pas ces divers groupes de cohabiter en parfaite harmonie avec la population locale, sans pour autant “remettre en cause l’originalité et l’identité des communautés ou le sens profond de l’esprit japonais”. Néanmoins, quel que soit le projet professionnel envisagé, avant de le concrétiser, il est impératif de se documenter sur la culture japonaise et “d’apprendre la langue si l’on souhaite poursuivre une carrière évolutive au Japon”

    Concernant la communauté française, on peut noter que le Japon et la France sont deux pays dont “l’amour réciproque est manifeste”. À ce jour, on considère que la population française du Japon s’élève entre 12000 et 16000 personnes (dont 12000 sont inscrites au Consulat). Celles-ci sont principalement installées dans la circonscription de Tokyo.

    « Un bagage intellectuel suscitant l’intérêt des Japonais »

    Thierry Consigny souligne que “toute personne souhaitant travailler au Japon doit au préalable obtenir un visa. Si dans certains lieux, “partir à l’aventure et nouer des contacts” peut favoriser la quête d’un poste, cette manœuvre sera dépourvue d’effets dans ce pays. 

    Concrètement, il faudra d’ores et déjà posséder un bagage intellectuel suscitant l’intérêt des Japonais. Le “soutien financier conséquent d’une entreprise” sera aussi impératif. Parallèlement, outre la maîtrise de la langue évoquée plus haut, il faudra pour certains postes (ingénieurs dans la recherche, cadres, enseignement…)  “disposer de 10 années minimum d’expérience pour prétendre à un visa dans sa catégorie professionnelle. Pour ce qui est du type de visa réservé aux sociétés innovantes et aux jeunes pousses, la preuve d’un patrimoine adéquat devra être fournie. Démontrer le versement à venir d’un revenu conséquent sera également une condition requise”

    Pour toute personne désireuse de se rendre au Japon, que ce soit pour un séjour touristique ou pour s’y installer, Thierry Consigny précise que “même si le Japon est un pays agréable où il fait bon vivre, il est avant tout un pays de règles à la législation stricte” où chacun se doit d’observer un comportement courtois et respectueux vis-à-vis des autres. Il rajoute qu’“À partir du moment où l’on sort des règles, on peut rencontrer d’énormes problèmes”. Quoi qu’il en soit, avant de partir, il est avant tout primordial de “disposer de moyens financiers conséquents et de s’assurer d’être en bonne santé. La souscription d’une assurance est aussi préconisée”.

    L’élu affirme que si tous ces conseils sont observés, le séjour ne pourra qu’être idéal. Pour finir, il recommande de “ne pas hésiter à aller vers les gens, à se noyer dans le Japon et à en profiter”

    Français et Françaises du Japon, qui sommes-nous ?

    -Un Français ou Française sur 3 à moins de 25 ans ;

    -Les 26-40 ans et 41-60 ans représentent respectivement 30% et 27% de la Communauté française du Japon ;

    -Les plus de 60 ans ne sont  que 6% ;

    -On estime la population française du Japon à environ 16,000 personnes, mais seulement 12,000 sont inscrites au Consulat ;

    -9,000 ont souhaité s’inscrire sur les listes électorales ;

    -Les 3/4 de la Communauté française du Japon vit dans la Circonscription de Tokyo. 1/4 dans celle de Kyoto ;

    -Année sur année, la Communauté française est en progression de 6% ;

    Cela place le Japon dans le Top 30 des pays préférés des Français pour leur installation à l’étranger ;

    -Le Consulat a établi 2,700 titres (Passeports, CNI) en 2022, et on approchera des 3,000 en 2023 ;

    -Le Consulat a aussi transcrit 300 mariages et 300 naissances dans la période.

    (Source : Présentation de la communauté française et du bilan de l’action consulaire du 20/11/2023)