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  • L’actu en capitales : exode chez les travaillistes britanniques, socialistes en tête des sondages espagnols, querelle Pologne-Israël

    L’actu en capitales : exode chez les travaillistes britanniques, socialistes en tête des sondages espagnols, querelle Pologne-Israël

    L’actu en capitales récapitule l’info de toute l’Europe, grâce au réseau de rédactions d’Euractiv .

    LONDRES

    Exode travailliste : Sept députés ont démissionné du Parti travailliste pour protester contre la position de leur leader, Jeremy Corbyn, sur le Brexit. Les récentes allégations d’antisémitisme contre le parti ont également été citées comme motivation par les élus.

    Jeremy Corbyn s’est dit « déçu » de cette décision, tandis que le chancelier fictif, John McDonnell, a déclaré qu’il valait mieux que les membres ayant des opinions divergentes restent au sein du parti et « défendent leurs opinions ».

    Les sept députés sont en faveur d’un deuxième référendum sur l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE. Ils siègeront à présent au parlement en tant que membres indépendants. (Samuel Stolton, Euractiv)

    MADRID

    Les socialistes en tête dans les sondages : Les socialistes espagnols (PSOE) sont en tête dans deux nouveaux sondages avant les élections anticipées du 28 avril. Un rapport du quotidien conservateur La Razón suggère une victoire socialiste, mais affirme qu’une alliance conservatrice de type andalou, entre le Partido Popular (PPE), Ciudadanos (ADLE) et Vox (extrême droite) pourrait se mettre en travers de son chemin, si les 188 sièges prévus pour ces formations étaient regroupés.

    Un autre sondage, mené par Metroscopia pour le journal de gauche 20 Minutes, prévoit également une victoire du PSOE, mais remet en question la faisabilité d’un gouvernement conservateur tripartite. (Fernando Heller, EuroEFE)

    PARIS

    Mobilisation contre l’antisémitisme : Quatorze partis politiques et associations organisent un rassemblement contre l’antisémitisme croissant dans le pays le 20 février. Cet appel fait suite aux abus antisémites commis par des gilets jaunes contre le philosophe français Alain Finkielkraut le week-end dernier et à une augmentation de 74 % des incidents antisémites en France l’année dernière.

    Fraude massive à la PAC en France : L’Office européen de lutte antifraude (OLAF) a recommandé à la Commission européenne de récupérer 536 500 euros d’aide de la PAC qui ont été détournés entre 2015 et 2017 en Corse. L’affaire concerne six personnes. (Cécile Barbière, Euractiv France)

    BERLIN

    Européennes en Allemagne : 70 % des Allemands pensent que leur vote aux prochaines élections européennes est important et aura un impact, selon un nouvel Eurobaromètre. Ce taux est beaucoup plus élevé qu’au printemps 2016, quand il se situait à 47 %. (Claire Stam, Euractiv Allemagne)

    ROME

    M5S au secours de Salvini : Après un vote en ligne, le Mouvement 5 étoiles italien (M5E, appartenant au EFDDD) a bloqué un procès contre Matteo Salvini en demandant aux élus du parti de ne pas lever son immunité parlementaire dans l’affaire Diciotti. Les sénateurs doivent décider aujourd’hui si le dirigeant de la Lega devra être poursuivi pour abus de pouvoir et même éventuellement enlèvement de migrants.

    Autonomie napolitaine : Le maire de Naples, Luigi De Magistris, a annoncé sur Facebook la tenue d’un référendum sur l’autonomie totale de la ville d’ici la fin de l’année. Le vote pourrait déclencher d’autres revendications d’« autonomie différenciée » dans toute la région du sud de l’Italie. (Gerardo Fortuna, Euractiv)

    VARSOVIE

    Querelle diplomatique : La Pologne a décidé de ne pas participer au sommet de Visegrád (V4) à Jérusalem après que le ministre intérimaire des Affaires étrangères israélien, Yisrael Katz, a déclaré : « Les Polonais se sont nourris de l’antisémitisme avec le lait de leur mère ». Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a rétoruqé que les remarques de Yisrael Katz étaient « racistes et inacceptables ». En conséquence, le sommet a été annulé et les autres pays de Visegrád ne tiendront que des réunions bilatérales. (Euractiv Pologne)

    ATHÈNES

    Retards des réformes : La Grèce risque de perdre 4,8 milliards d’euros de bénéfices sur les obligations grecques détenues par les banques centrales de la zone euro en raison de retards dans la mise en œuvre des réformes selon Reuters. La pomme de la discorde est le cadre juridique des résolutions de prêts non productifs.

    Un bon cru pour le vin grec : Les exportations de vins grecs vers les autres pays d’Europe ont augmenté en 2018 : l’Allemagne, la France, Chypre, le Royaume-Uni, la Belgique et la Norvège représentent 87,07 % du total de ces exportations, selon Ypaithros.gr, partenaire média d’Euractiv Grèce.

    BRATISLAVA

    Les grandes espérances : 80 % des Slovaques pensent que l’UE devrait avoir des forces armées conjointes, selon un sondage commandé par la représentation de la Commission européenne en Slovaquie. Plus de 75 % des répondants ont déclaré que l’UE devrait aussi s’attaquer au problème des politiciens corrompus, et encourager des niveaux élevés de transparence dans la sphère publique et privée.

    Inquiétudes sur l’enquête Kuciak : Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète d’une possible ingérence politique dans l’enquête sur l’assassinat du journaliste slovaque Jan Kuciak et de sa fiancée. RSF a également critiqué un nouveau projet de loi sur les médias qui donne aux personnalités politiques le « droit de réagir » à toute couverture médiatique critique. (Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie)

    PRAGUE

    Très chères données : Les données Internet en République tchèque sont les plus chères d’Europe. Une analyse de Point Topic a révélé que les Tchèques paient environ 5,7 euros pour 1 Go. La réaction de la ministre du Commerce, Marta Nováková, selon laquelle les prix baisseraient si les gens utilisaient davantage les données, n’a fait que susciter davantage de critiques. (Aneta Zachová, Euractiv République tchèque)

    BUCHAREST

    Procureur en chef de l’UE : Après les accusations portées contre la candidate roumaine, Laura Codruța Kövesi, au poste de procureure en chef de l’Union, le libéral Guy Verhofstadt a appelé le président du Parlement, Antonio Tajani (PPE), à défendre l’intégrité du processus de sélection. Laura Codruța Kövesi a été démise de ses fonctions au sein de la direction roumaine de la lutte contre la corruption après avoir été accusée d’abus de pouvoir et d’inconduite par le parti socialiste, au pouvoir, visé par de nombreuses enquêtes.

    Guy Verhofstadt s’est déclaré « consterné par les attaques » des autorités roumaines contre la magistrate et a exhorté Bucarest à garantir qu’elle puisse participer aux auditions du Parlement européen. (Bogdan Neagu, Euractiv Roumanie)

    SOFIA

    Borissov censure son bras droit : Le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, a annulé des décisions majeures de son numéro deux dans le parti GERB, Tzvetan Tzvetanov. Celui-ci avait annoncé des amendements au Code électoral, notamment l’élimination du vote préférentiel et l’octroi d’un deuxième mandat à la Commission électorale centrale. Boyko Borissov a déclaré que les décisions avaient été prises en son absence, qu’une nouvelle CEC sera élue et que le vote préférentiel sera maintenu.  (Georgi Gotev, Euractiv)

    LJUBLJANA

    Entreprises italiennes devant la justice : La Slovénie poursuivra en justice six stations de radio italiennes proches de la frontière qui utilisent des fréquences appartenant à la Slovénie. Le gouvernement a déclaré que le problème dure depuis plus de dix ans et que les Italiens n’avaient montré aucune volonté à le résoudre. (Željko Trkanjec, EURACTIV.hr)

    ZAGREB

    Arrestations de migrants illégaux : La police croate a arrêté deux personnes à Gračac, près de la frontière avec la Bosnie-Herzégovine (BiH), qui ont transporté plus de 40 migrants illégaux dans un camion immatriculé en Slovénie. C’est l’une des plus grosses arrestations de ces derniers mois.

    Données foncières : « Un projet cofinancé par l’UE et doté d’un budget de 3 millions d’euros permettra d’assurer un échange efficace de données par le biais de services électroniques entre les organes de l’État », a déclaré le gouvernement. Les investisseurs critiquent souvent l’administration publique croate pour l’absence d’un enregistrement foncier approprié. (Željko Trkanjec, Euractiv Croatie)

    SARAJEVO

    Pourparlers avec le gouvernement : Après un débat animé, les présidents des trois plus grands partis nationaux de Bosnie-Herzégovine (les partis croate, serbe et bosniaque) ont entamé des négociations pour former un gouvernement de coalition. Les Bosniaques veulent garantir que les ministres serbes ne pourront pas bloquer le projet d’adhésion à l’OTAN. (Željko Trkanjec, Euractiv Croatie)

    BELGRADE

    Frais d’itinérance dans les Balkans occidentaux : Mariya Gabriel, commissaire européenne chargée de l’économie numérique, espère que l’accord régional sur l’itinérance pour les Balkans occidentaux sera signé lors du sommet numérique de la BM les 4 et 5 avril à Belgrade. Le Conseil de coopération régionale a déclaré que l’itinérance dans la région serait gratuite d’ici l’été 2021. (Julija Simić, Euractiv Serbie)

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Sall favori, le Sénégal joue la confiance

    Macky Sall a de grandes chances d’être réélu Président de la République du Sénégal.

    Le Président sortant a d’excellent résultats économiques – les meilleurs du continent africain- une reconnaissance internationale, une stature au dessus de ses concurrents, une opposition en lambeaux. Celui qui avait pris le risque de défier son prédécesseur Abdoulaye Wade, a vu ses principaux rivaux, dont le fils de l’ancien Président, écartés par la justice après avoir été condamnés pour corruption. D’où des soupçons de justice aux ordres, même si personne ne doute vraiment de la réalité des faits reprochés.

    Une victoire facile annoncée? Soit, les opposants ne font pas le poids.

    Le parti socialiste, autrefois hégémonique, a disparu. Mais personne ne peut nier que Sall a réussi son premier mandat, ni faire croire que le Sénégal est une fausse démocratie: la preuve en fut la rébellion de Saal lui même, et une liberté de la presse que l’on retrouve rarement ailleurs. De même, pour l’instant, le régime Saal tranche par son souci de transparence. Faux semblant, précautions électorales? Il se passe quelque chose au Sénégal, qui vient de loin. Pendant quarante ans, le pays a été dirigé par Léopold Sédar Senghor, icône qui n’accepta que tardivement le multipartisme. Il transmit le pouvoir à son héritier Abdou Diouf, qui dut accepter l’alternance incarnée par le vieil opposant Abdoulaye Wade. Pour la première fois, le Parti socialiste cédait les rênes du pouvoir à un libéral convaincu. De fait, la libéralisation à la Wade apporta lors du premier mandat un vent de fraicheur, de nouveauté qui changea le Sénégal. Le second mandat fut plus problématique; et Sall Premier ministre s’opposa au vieux chef et à sa famille. Libéral convaincu lui aussi, il s’affranchit des pesanteurs du clanisme de Wade et continua une politique économique de croissance et d’investissements. Enfin, servi par la chance, des champs de pétrole découvert au large du Sénégal devraient lui permettre, quand ils seront opérationnels, de financer la modernisation du pays. Chinois, Allemands, Français et même Russes se précipitent sur ce qui pourrait apparaître comme le premier dragon africain. Pour l’instant, Sall plane; Les Sénégalais devraient lui faire confiance.

    Pourvu que le succès ne monte pas à la tête. Mais pourquoi s’inquiéter d’un succès avant d’en profiter un peu?

    Le plus marquant, c’est la réussite d’un programme franchement libéral, dont les bénéfices sociaux sont incontestables. Les pays en développement ont la plupart du temps, notamment en Afrique, privilégié le dirigisme et l’étatisme, qui permet de tenir un discours social, contrôler des ressources du pays, tout en facilitant la corruption. Rares sont ceux qui ont opté pour un voie franchement libérale, malheureusement assimilée aux «recettes» du FMI, qui relèvent plus de la purge que d’une politique de l’offre. Au Brésil, le Président Fernando Cardoso avait fait ce choix, qui fut une réussite économique et qui permit de financer la bolsa familia de Lula. Ici aussi, Macky Saal  a développé un programme de bourses aux familles. Ce n’est pas une coïncidence: mener de front l’investissement et l’intégration des plus pauvres au circuit économique, c’est la recette du développement et de la création d’une classe moyenne. 

    La rédaction

     

  • Lescure contre le Sénat pour privatiser aéroports de Paris

    Le député de la première circonscription des Français de l’étranger Roland Lescure, ancien banquier et vice-président de la Caisse des dépôts du Canada, est le Rapporteur de la loi dicte Pacte à l’Assemblée nationale, loi qui souhaite simplifier la vie des entreprises.

    Le Sénat a bien adopté la loi Pacte, défendue par Bruno Le Maire, mais y a apporté plusieurs amendements. Le plus important d’entre eux, comme l’avait annoncé il y a quelques semaines lesfrancais.press, est l’abandon de la privatisation d’Aéroports De Paris. Les sénateurs ont rejeté à une écrasante majorité le processus de privatisation, peu convaincu de son intérêt: cadeau fait au groupe Vinci, faible valorisation, absence de garanties, aspect stratégique des trois aéroports parisiens, abus de situation d’un monopole privé, principe de souveraineté sur un actif stratégique, les arguments n’ont pas manqué.

    Le député de l’Amérique du nord devrait bien connaître ce dernier principe puisque les Américains refusent de voir leurs aéroports passer aux mains de capitaux privés étrangers. Pourtant, le Rapporteur Lescure, au lieu de recherche le consensus, ce qui a quasiment eut lieu au Sénat, puisque droite et gauche ont voté la loi pacte, mais sans le seul sujet de la privatisation, a annoncé que l’Assemblée rétablirait l’intégralité du texte initial et passerait en force. Consigne du gouvernement sans doute, qui cherche quelques milliards. Celui-ci prend un risque: avec le vote du Sénat, le personnel d’ADP commence à se mobiliser, une pétition est en cours, Vinci s’interroge. Le Président d’ADP lui même, Augustin de Romanet, commence à dire que la privatisation peut être une bonne, mais sous certaines conditions seulement. Bref, il serait urgent de réfléchir.

    Le même Lescure n’hésite pas à dire que les privatisations des autoroutes furent une erreur. Il devrait penser que c’est ce qu’on dira d’ADP dans quelques années, et qu’on se demandera qui était le Rapporteur acharné d’une si mauvaise idée.

    La rédaction

  • 4000 Français ont quitté la France l’an dernier pour des raisons fiscales

    Selon le Ministère des Finances, en 2016, 3990 foyers fiscaux d’un revenu supérieur à 100.000 euros ont quitté la France pour des raisons de fiscalité.

    Toujours selon le rapport au Parlement remis par le ministère, 5000 redevables de l’ISF ont quitté la France en dix ans. Depuis 2013, le ministère transmet un rapport au Parlement sur « les exilés fiscaux », qui représentent un manque à gagner pour les services fiscaux qui voient partir leurs « clients ». D’où la réticence de Macron à rétablir l’ISF, Bercy estimant que l’ISF rapporte moins qu’il ne coûte. D’autres en concluent qu’il faut taxer les Français où qu’ils demeurent, les obligeant à payer une sorte d’impôt de citoyenneté, à l’instar de ce que font les Américains.

    Pour l’instant, il n’y a pas encore de données sur les départs de contribuables français à l’étranger motivés par des raisons fiscales pour 2017 et 2018, ce qui interdit de mesurer l’effet de la suppression de l’ISF et son remplacement par l’IFI.

    De 2012 à 2106, le Ministère estime à presque 20.000 le nombre de départs s’assujettis à l’ISF.

    L’administration a enregistré une augmentation significative des départs lors du choc fiscal de 2011/2012 décidé par François Hollande (Emmanuel Macron étant à ses cotés). Le rythme des départs de ménages ayant plus de 300.000 euros de revenus était alors passé de 170 par an à 530 par an. Les destinations choisies sont, dans l’ordre, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Suisse et la Belgique.

    Il faut cependant rappeler que la part de ceux qui partent à l’étranger pour des raisons fiscales est extrêmement minoritaire parmi les Français de l’étranger. Ils ne représentent environ 0.5% des expatriations.

    Selon le ministère, qui raisonne avant tout en fonction de la base imposable et des recettes fiscales, les départs de ménages assujettis à l’ISF ont représenté en dix ans la disparition d’un actif net de plus de 23 milliards d’euros. Pas étonnant qu’aucun pays n’ait copié cet impôt, pourtant plébiscité dans les sondages.

    La redaction

  • Mort de Karl Lagerfeld, Kaiser de la mode

    Souvent présenté comme le dernier géant de la mode, l’allemand Karl Lagerfeld est décédé ce 19 février à l’âge de 85 ans. Indissociable de la maison Chanel qui dirigea durant 36 ans, il fut par ailleurs à la tête de Fendi, ainsi qu’un photographe, éditeur, et réalisateur de talent.

    Né dans l’Allemagne d’avant-guerre à Hambourg en 1933, Karl Lagerfeld connu les bombardements de sa ville et l’occupation de l’Allemagne par les alliés,. Il prétendît n’en avoir aucun souvenir. Parisien passionné par sa ville depuis les années 50, francophile et francophone parfait, malgré un accent inimitable, il était sans nul doute le plus Français des Allemands.

    Complice puis rival d’Yves Saint Laurent

    Sa carrière débuta quand il remporta en 1954, ex-aequo avec Yves Saint Laurent, le premier prix du concours de la laine. S’en suivit une sincère amitié entre les deux hommes. Celle-ci ne résista pas à l’évolution de leurs carrières et leur rivalité amoureuse autour du dandy parisien Jacques de Bascher.

    Entré chez Balmain avant de rejoindre Fendi en 1965, c’est chez Chanel, ou il entra en 1983, que son talent et sa notoriété explosèrent. Vieille maison passée de mode à l’époque, Chanel fut alors réinventée par le créateur. Là est sans doute la principale différence avec Saint Laurent. Lagerfeld était en effet capable de s’approprier l’esprit d’une maison plutôt que de définir son propre style.

    Créateur de show spectaculaires au Grand Palais, il transforma la vieille maison Chanel en empire mondial hyper-rentable et connu de tous, et partout.

    Une icône populaire, un hommage unanime

    Longtemps perçu comme un homme élitiste et distant, doté d’un sens de l’humour mordant indéniable, il devint au début des années 2000 une icône. Parfaitement conscient de son image si particulière, cultivant son look inimitable, il sut aussi développer des créations populaires et abordables.

    Il fut ainsi l’un des premiers créateurs de haute couture à développer une collection pour H&M, avec un immense succès et des files d’attente en magasin interminables. Touche à tout, Karl Lagerfeld redessina aussi les bouteilles de Coca-Cola et conçut même le maillot de l’équipe de France de football ! Karl Lagerfeld fut d’ailleurs le premier des « gilets jaunes » lors d’une célèbre campagne de sensibilisation de la sécurité routière.

    Le monde de la mode a immédiatement, et unanimement réagit. « Génie créatif qui a contribué à faire de Paris la capitale mondiale de la mode » pour Bernard Arnault, « la définition même d’un créateur contemporain » selon Jean-Charles de Castelbajac, il manquera au monde entier d’après Carla Bruni.

    Plusieurs polémiques durant sa carrière

    La carrière de Karl Lagerfeld ne fut cependant pas exempte de polémiques. Sa totale franchise lui valut des critiques quand il contesta la décision d’Angela Merkel d’accueillir 1 million de migrants. Son obsession de la minceur chez les mannequins était également largement critiquée, tout comme son refus de ne plus utiliser de fourrure. Un redressement fiscal qui fut allégé dans des conditions troubles fut également un élément de sa vie, dans les années 90, qui resta une tâche.

    Karl Lagerfeld restera cependant dans les mémoires pour l’immensité de sa carrière et de sa créativité. La maison Chanel, qui lui doit tant, va désormais débuter le difficile travail pour le remplacer, ou plutôt, lui succéder.

    La rédaction

    19 février 2019

  • Québec: 18,000 dossiers de candidats à l’immigration annulés

    Des milliers d’immigrants, et parmi eux de très nombreux Français ont reçu un courrier du ministre québécois de l’immigration Simon Jolin-Barette les informant de l’annulation de leur dossier. Cela concerne les candidats à l’immigration. Cela concerne aussi, plus grave encore, des personnes en attente du renouvellement de leur visa de travail.

    Une politique d’immigration longtemps généreuse pour les francophones

    Ce revirement de la politique de la Belle Province, qui a longtemps habituée les francophones, test linguistique oblige, à une grande générosité dans l’allocation des visas, s’explique largement par la nouvelle majorité au pouvoir. François Legault, Premier Ministre depuis octobre 2018, a en effet fait une campagne largement axée sur la réduction de l’immigration.

    Ces annulations, alors que le coût administratif est de plusieurs milliers d’euros, étonnent alors que les besoins du Québec sont importants. La manière, épistolaire et lapidaire, choque également. Le Québec est, depuis de nombreuses années, une terre d’immigration « tendance » pour les Français, souvent jeunes, qui souhaitent vivre l’aventure de l’expatriation sans pour autant perdre tous leurs repères. Toutefois, malgré une langue commune et une culture largement partagée, les désillusions sont fréquentes. Outre un climat forcément très différent de celui de Paris ou de la Côte d’Azur, c’est le mode de fonctionnement, nord-américain, des services et des personnes qui peut dérouter nos compatriotes.

    Les Français du Québec se mobilisent pour l’emploi

    Parmi les Français du Québec, c’est parfois la consternation. Ainsi Emmanuelle Rodibou, mère de famille et gérante de magasin, devra quitter le Québec, faute de renouvellement de son visa. « On n’a plus de solution, mon visa se termine le 30 avril » confiait-elle au Journal de Québec. Stéphanie Dufaud, attachée de presse marseillaise, s’interroge: « Pourquoi balayer nos vies sous le tapis? ». Parmi les candidats à l’immigration, le niçois Frédéric Richand déplore lui de devoir repasser toutes les étapes, notamment de certifications. Une procédure qui a un coût conséquent.

    Des besoins variables selon les régions et les professions

    Le Québec, qui connait une situation économique enviable, a, en matière d’emplois, des besoins contrastés. 80% des immigrés se fixent à Montréal et à Québec alors que les régions plus reculées, et moins hospitalières, font face à des pénuries de main d’œuvre. Le gouvernement québécois cherche également à adapter les délivrances de visas aux besoins précis en matière d’emplois. L’objectif est clair : n’accorder des visas qu’aux personnes directement employables. Avec une promesse à la clé délivrée par le ministre : « plus de rêves brisés ».

    La rédaction

    19 février 2019

  • Rencontre avec Marek Halter à Bruxelles

    Le grand écrivain Marek Halter était de passage ce week-end en Belgique pour la foire du livre de Bruxelles et deux conférences sur son dernier livre « Je rêvais de changer le monde « . Rencontre et échanges avec Manel Mselmi, engagée dans l’association des Musulmans contre le terrorisme.

    Notre écrivain n’est pas un homme comme les autres .C’est un homme à talents multiples. Il parle une dizaine de langues .il est écrivain, peintre mais aussi un artisan de paix qui n’hésite pas d’aller jusqu’au bout du monde pour rencontrer des leaders et discuter avec eux afin de résoudre des conflits.

    À travers son livre Marek nous emmène dans un voyage ou on croise des chefs d’états, des leaders religieux ou de grands écrivains et journalistes. Staline, Golda Meir, Nasser, Sadate, Arafat, Peron, Che Guevara, Poutine, Jean-Paul Sartre ou encore le pape François.

    Français Juif d’origine Polonaise mais citoyen du monde

    Pour Marek, on vit dans une époque où « tout est possible et rien n’est possible « avec cette évolution numérique, on arrive à communiquer avec l’autre mais on arrive pas à partager des  expériences humaines qui nous montrent qu’on est tellement différents mais on est tous égaux.Marek se définit comme un Français d’origine Juive polonaise mais c’est un vrai citoyen du monde qui apprécie les différentes cultures et religions à leur juste valeur mais il est aussi convaincu que le monde verra la paix grâce aux femmes et surtout les femmes leaders  qui sont capables de prendre des décisions justes et courageuses.

    Manifestation contre l’antisémitisme à Paris le 19 février

    Auteur de plusieurs livres sur les femmes qui ont marqué l’histoire de  l’islam comme « Aicha « , »Fatima », »Khadija » et ami proche de l’imam Chalghoumi , Marek est l’un des penseurs qui croit en dialogue entre Juifs et Musulmans.

    Manel Mselmi et Marek Halter lors de la foire du livre

    Lors de sa conférence au Conseil Représentatif des Juifs de Belgique le 17 février, Marek annonce qu’il organise avec l’imam Chalghoumi et des représentants de la communauté musulmane une manifestation intitulée « Musulmans contre l’antisémitisme » qui partira le 19 février à 18h30 à Paris de la rue du Temple direction la Place de la République. Cet événement est le résultat d’une série d’engagement entre deux hommes venant de deux mondes différents et qui ont décidé de travailler ensemble pour la fraternité entre les peuples et les communautés.

    Après la marche des musulmans contre le terrorisme et celle des jeunes musulmans contre le terrorisme, voici la manifestation des musulmans contre l’antisémitisme, un engagement qui ne laisse pas les communautés respectives indifférentes mais c’est au moins une étape pour œuvrer pour une meilleure société parce que « les vrais réalistes sont des rêveurs  »

    Manel Mselmi

     

  • Des drapeaux “en berne” sur nos lycées et nos consulats français à l’étranger ? – François Ralle Andreoli

    Que fera-t-on dans nos lycées français de l’étranger avec la proposition d’amendement Ciotti de mettre un drapeau français et européen dans toutes les salles de classes, si elle est définitivement adoptée ?

    Les drapeaux sont d’ores et déjà présents dans nos établissements français à l’étranger. Celui de la France, celui de l’Union Européenne bien entendu et celui de notre pays d’accueil, aux côtés le plus souvent de notre devise : “Liberté, Égalité, Fraternité”. A l’étranger, ce drapeau compte d’autant plus pour nous que nous sommes loin de la France. Comme conseiller consulaire, l’échelon de la représentation locale des Français hors de France, je le sais bien car nous en cherchons souvent pour nos associations ou nos partenaires et ils coûtent très chers… Nous avons d’ailleurs parfois du mal à ce que la France en fournisse à nos associations d’anciens combattants de l’étranger.Depuis 2014, le musée militaire de Santa Cruz de Tenerife demande un drapeau français pour célébrer le soutien des marins français de la corvette La Mutine à la victoire des Espagnols sur l’amiral Nelson, en 1797. On l’attend encore.

    Les symboles de la patrie ne font sens que si la France s’en donne les moyens et si la République demeure une référence concrète y compris pour les Français qui vivent hors de nos frontières. Or, depuis 15 ans, on n’a cessé de démanteler cette présence hors de France en y sacrifiant d’ailleurs de nombreux symboles, comme lors des cessions de patrimoine immobilier diplomatique dans le monde, pour des économies de bout de chandelle. Dans un des plus grands établissements de la France à l’étranger, le Lycée français de Madrid, le plan d’économie 2017 a imposé de réduire drastiquement de plus de 30% les crédits pédagogiques. On est loin de pouvoir se permettre un investissement massif dans des centaines de symboles nationaux.

    C’est bien la question de ce que la France pense de sa place dans le monde et du rôle qu’elle peut y tenir qui se joue dans le démantèlement de ses réseaux consulaires, scolaires et culturels à l’étranger.

    L’Enseignement français à l’étranger, un navire que l’on laisse sciemment dériver

     Le retrait de l’État comme source principale des difficultés du réseau d’enseignement français à l’étranger n’est pas nouveau. Il a d’ailleurs déjà eu des effets très durs par le passé quand il s’est combiné à des situations de crises économiques locales difficiles comme les ont connues l’Europe du Sud, l’Afrique du Nord ou l’Amérique latine. Il s’est ainsi produit une double cisaille pour les familles qui scolarisent leurs enfants dans les établissements qui bénéficient d’un soutien del’AEFE, en gestion directe ou conventionnés. Il y a eu à la fois une augmentation importante des frais de scolarité assumés par les parents (en raison de la suppression des postes de fonctionnaires co-financés, administratifs ou professeurs), au même moment où la réforme du barème des bourses 2013, censées accompagner les familles, a en réalité mis en oeuvre une forte baisse des quantités allouées. Les retraits d’enfants français du système scolaire de l’AEFE se sont logiquement multipliés depuis et ne concernent plus uniquement les familles boursières.

    En observant les chiffres depuis quelques années pour ce même lycée, on voit très nettement que la hausse de la scolarité est très nettement supérieure à l’inflation du pays. Parallèlement et paradoxalement, la dotation d’aide aux familles boursières n’aa cessé de baisser. Sur un gros poste comme le mien nous voyons bien en commission de bourses que les enveloppes sontextrêmement serrées. Certes, les années de crises sont passées et les familles françaises vont mieux, cela peut être une des explications de la baisse des dossiers. Mais ce sont surtout beaucoup de familles qui ont quitté nos établissements. Comment expliquer que la France aide en valeur absolue chaque fois moins alors que la scolarité s’envole ? Pourtant, en 2017/2018 ce sont 11 millions d’euros du budget des bourses qui n’ont pas été mis en oeuvre et en 2018/19 le gouvernement a baissé dores et déjà de 5 millions l’enveloppe de la dotation des bourses.

    Évolution des frais de scolarité et de l’aide aux familles boursières pour le Lycée de Madrid – Conde de Orgaz

     

    Hausse des frais de scolarité

    en %

    Inflation année civile en % 

    (indice IPC)

    Nombre de dossiers de bourses (source établissement)

    Aide aux familles boursières aidées par la France (source établissement)

    2011-12

    5

    2,4

    274 (hors PEC Sarkozy)

    1117228 € +

    (785035 € PEC)

    2012-13

    3

    1,42

    331

    1313292 €

    2013-14

    3

    -0,15

    276

    1063918 €

    2014-15

    3

    -0,5

    277

    947105 €

    2015-16

    2,5

    -0,2

     

     

    2016-17

    1,5

    1,96

     

     

    2017-18

    4

    1,67

    185

    723827 €

    2018-19

    3,8

     

     

     

     

    L’avenir de la scolarisation des enfants français à l’étranger repose avant tout sur les moyens d’accompagnement des familles et d’un réseau scolaire qui fait l’envie de nombreux pays et est au coeur de notre diplomatie d’influence. Certes, à l’étranger, l’État ne peut pas tout. Beaucoup d’établissements ont d’ailleurs modernisé leur gestion et fait d’importantes économies sur leurs coûts fixes, souvent en réduisant les factures énergétiques comme c’est le cas de plusieurs écoles de ma circonscription. Mais ce retrait de l’accompagnement public accéléré, déstabilise notre réseau et l’ensemble des acteurs éducatifs, il suffit pour s’en rendre compte d’écouter les parents et les collectifs qui se sont créés comme le dynamique “Avenir des lycées français du monde en danger”.

    La majorité du président Macron, forte de très bons résultats à l’étranger, avait fait du thème scolaire une priorité des campagnes électorales présidentielles et législatives. Mais elle n’a pour le moment qu’accéléré ce mouvement d’abandon dans des proportions cette fois-ci sans précédent. Pour financer les cadeaux fiscaux aux plus fortunés en France (PFU, ISF, Exit tax, CICE), fallait-il trouver ce type de compensations y compris en fragilisant un réseau scolaire prestigieux mais déjà en difficulté ? Dès son arrivée à la présidence, la somme économisée sur le budget de l’AEFE dont les effets se font encore ressentir aujourd’hui, s’est élevée à plus de 33 millions d’euros (auxquels s’ajoutent 14 millions d’euros du budget de la sécurité que le gouvernement Hollande avait promis d’allouer en plus et qui a finalement été maintenu dans la dotation globale).

    Les effets sur la hausse de la scolarité ont été immédiats dans de nombreux établissements. Le coup de butoir principal reste toutefois localement les suppressions massives de postes d’enseignants et de personnels administratifs ou de direction, co-financés par l’État, et qui doivent donc désormais être pris en charge intégralement par les familles. Le Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères a prévu de rendre 512 postes d’enseignants dans le monde, une saignée inédite. Concentrées l’année dernière principalement sur les grands établissements avec les effets que l’on sait, ces suppressions massives touchent désormais aussi les établissements petits et moyens conventionnés avec l’État français, dont l’équilibre financier et l’image sont plus fragiles. J’ai assisté récemment à un conseil d’établissement au Lycée français Molière du réseau de la Mission Laïque Française dans la périphérie de la capitale espagnole qui perd 2 postes sur 5 de titulaires dans le primaire. L’émotion partagée par l’ensemble des acteurs de la communauté scolaire était vive. Les parents qui ont confié leurs enfants à ce système qui leur garantissait une présence importante de titulaires et une maitrise des prix estiment qu’il y a une rupture forte du contrat initial. On s’inquiète en particulier de la capacité d’attraction de fonctionnaires français employés sous des statuts de droit local. S’ils étaient nombreux jusqu’alors à accepter d’interrompre leur carrière dans l’attente qu’un poste se libère, désormais, la suppression systématique de tout poste de titulaire résident vacant risque de changer profondément les stratégies d’expatriation. Et nous parlons de l’Espagne, un pays attractif. Qu’en sera-t-il pour des établissements dans des pays plus difficiles où l’insécurité est importante ? On peut s’inquiéter de ne trouver aucune réponse sur ces questions dans le rapport Cazebonne. Ce rapport qui a le mérite de diagnostiquer et d’attirer l’attention sur de nombreux problèmes de notre réseau, n’est pas très clair dans le passage consacré à l’avenir des enseignants titulaires à l’étranger. Nous défendons ici depuis longtemps la création d’un système proche de celui que la France finance en Andorre qui est rattaché directement à l’éducation nationale et qui scolarise un tiers des élèves andorrans et pourtant ne connait pas les secousses du réseau AEFE:

    Il est vrai que le retrait de l’État touche principalement les établissements conventionnés ou en gestion directe et impacte moins les établissements homologués ou “partenaires” qui évoluent dans une logique strictement privée ou presque (les parents français y bénéficient toutefois des bourses). Certains prétendent et c’est une des lignes en filigrane du rapport Cazebonne, que la généralisation de ces établissements homologués, c’est à dire l’accélération de la privatisation du réseau peut être une solution. En Espagne, ces établissements privés que la France a parfois abandonnés dans les années 2000, par vagues de déconventionnements et que l’on nous présente comme des modèles à suivre sont dynamiques et appréciés. Mais, ils se trouvent dans des situations très diverses et beaucoup d’entre eux connaissent d’importantes difficultés. La hausse des frais de scolarité y est souvent très forte comme le montre le graphique (ci à gauche) réalisé par le conseiller consulaire Philippe Ogonowski, pour les établissements de la circonscription consulaire de Barcelone. On peut y constater que le seul lycée en gestion directe LF Bcn, à Barcelone, est celui où la hausse des prix est la plus contrôlée et que dans l’ensemble du réseau les frais augmentent quasiment partout au-dessus de l’inflation (courbe rouge de l’IPC, Indice des Prix à la consommation).

    Sans décision politique qui revienne sur cette dérive d’un réseau sous-financé et sous accompagné (en termes de bourses et de postes d’enseignants et d’administratifs), il est à craindre que la crise ne se prolonge et que l’objectif de doubler les élèves de ce réseau affichée par le président ne reste qu’un leurre.

    Un réseau consulaire menacé

     La question des établissements scolaires ne concernent pas tous les Français, même si elle est très sensible. Mais, tous nos compatriotes sont concernés par l’avenir de notre réseau consulaire. Quand on tisse un parallèle entre ce qui se passe pour nos écoles et la situation de nos consulats, on se rend compte que c’est bien une certaine idée de la France dans le monde que l’on met définitivement en difficulté. On assiste ainsi à une évolution semblable de notre réseau consulaire dans le monde, première interface de contact et de relation avec leur pays pour de nombreux compatriotes résidents hors de France.

    Les Français de l’étranger sont très attachés à ce réseau et sa richesse : consulats généraux, antennes consulaires, agences consulaires locales animées par de vaillants consules et consuls honoraires souvent dépassés par les besoins et le manque de moyens. Rappelons que beaucoup de nos compatriotes de l’étranger sont binationaux, ou Français nés à l’étranger, attachés à leur pays mais n’ayant pas les facilités de ceux qui retournent régulièrement en France et y ont une adresse, voire une famille. Un exemple parmi tant d’autres, dans ma circonscription, des milliers de Français d’Afrique du Nord ce sont installés dans le sud de l’Espagne il y a 50 ans et n’ont pas toujours une famille en France. La France n’a-t-elle pas un devoir de proximité et de liens vis à vis d’eux ? La France n’a-t-elle pas aussi intérêt à soigner ses relations avec sa diaspora croissante sur la planète et qui est un atout pour ses relations avec ses partenaires dans le monde?

    Pour ceux qui suivons l’évolution du réseau consulaire local, nous avons été témoins d’un démantèlement progressif d’un des plus beaux outils diplomatiques de la planète, au moment même où les Français deviennent plus mobiles tant pour s’installer hors de France que dans leurs déplacements. Ainsi, en Espagne, on a franchi la barre des 10 millions de touristes français par an. Les consulats et agences consulaires doivent ainsi faire face à des besoins croissants et des situations de saturation en été pour faire face aux difficultés rencontrées par les touristes  nationaux de passage, bien contents de trouver un appui consulaire en cas de situation problématique (vols, violences, pertes dedocumentation…).

    Les grandes promesses du gouvernement actuel se fondaient sur la mise en place de services dématérialisés accrus grâce aux nouvelles technologies. Mais, quand on est face à une urgence, à des personnes âgées ou que l’on doit analyser un problème consulaire, social ou lié à la sécurité, seule la présence humaine est efficace. Pour le moment, on ne connait aucun effet concret de la dite dématérialisation, ni en termes de vote électronique (autre promesse électorale qui ne semble pas à l’ordre du jour pour les européennes de 2019), ni de facilitation des démarches administratives hors de France. Bien au contraire, c’est à une accélération de la réduction des services que l’on assiste avec la mise en place du Programme Action Publique 2022 qui suppose dans ma circonscription la suppression de 13% de la masse salariale d’un réseau déjà rongé à l’os sous les gouvernements précédents, Hollande et Sarkozy. Il me semble que le Ministère des Affaires Étrangères a beaucoup trop sacrifié de moyens humains dans les années précédentes et nous assistons à des effets de seuil dans la possibilité de maintenir un service de qualité. Plus concrètement, dans ma circonscription, on a concentré les services dans les grands consulats généraux et obtenir un rendez vous pour refaire une carte d’identité ou un passeport, relève chaque fois plus du parcours du combattant. Malgré les efforts des personnels et du Poste, les services sont saturés, les agents trop peu nombreux et leurs conditions de travail se dégradent.

    La politique plus ou moins assumée d’attrition et du gagne petit n’est à la hauteur de la tradition de présence de notre pays à l’international, sous-tendue par la force et les atouts que représentent nos compatriotes dans le monde. Tout ne leur est pas dû : ils doivent participer, s’informer, voter. Mais rien, si ce ne sont de médiocres calculs financiers ne justifie que leur pays détourne le regard quand on évoque leurs problèmes. En Espagne, la France compte ainsi près de 200 000 Françaises et Français, intégrés dans toutes les sphères de la société, culturelle, sportive et économique avec 28 000 entreprises et filiales françaises.

    Le Président de la République a fondé sa politique sur le le renforcement de l’attractivité de la France pour les capitaux financiers. Nous sommes beaucoup à penser que les résultats économiques ne sont pas au rendez-vous et que les sacrifices que cette orientation suppose, en particulier pour les Français hors de France, vont à l’encontre de l’image, de l’attractivité et de l’intérêt de notre pays dans le monde.

    Une tribune de 

    François Ralle Andreoli est enseignant au Lycée français de Madrid, Conseiller Consulaire élu en 2014 et a été par deux fois qualifié au deuxième tour de la législative pour la 5ème circonscription de l’étranger comme candidat d’une plateforme de convergence écologiste et citoyenne (EELV, FI, Générations).

     

  • L’Assemblée confirme la présence des drapeaux français et européen dans les classes

    L’Assemblée nationale a confirmé la présence obligatoire dans les salles de classe des drapeaux tricolore et européen, ainsi que des paroles de l’hymne national, au grand dam de certains membres de l’opposition de gauche.

    L’adoption, dans la nuit de lundi à mardi dernier, de l’amendement d’Eric Ciotti (LR), avait créé des remous dans l’hémicycle, certains élus de gauche déplorant de ne pas avoir pu s’exprimer sur le sujet.

    Devant l’émoi suscité, le président de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, Bruno Studer (LREM) avait demandé une seconde délibération, qui est intervenue à l’issue de l’examen, en première lecture, du projet de loi « pour une école de la confiance ».

    Cette nouvelle délibération s’est soldée par l’approbation de cette mesure à 29 voix pour, dix contre et cinq abstentions.

    Eric Ciotti a jugé « un peu étonnante » la décision de réexaminer son amendement tout en dénonçant des « interprétations caricaturales et excessives » de certains députés d’opposition qui avaient selon lui assimilé « drapeau » à « nationalisme ».

    Favorable à cette mesure, Philippe Vigier (Libertés et territoires) a estimé qu’il s’agit d’un acte « pour plus de république » dans un contexte où celle-ci est « fragilisée ».

    À gauche, la socialiste Michèle Victory a critiqué le fait de « multiplier à l’infini des symboles », ce qui revient « à se donner bonne conscience » sans agir sur le fond. « Il faut travailler sur des projets qui permettent aux jeunes de se réapproprier ces signes », a-t-elle plaidé.

    L’Insoumise Sabine Rubin a renchéri en soulignant qu’à côté de ces symboles, il y avait « rarement des actes » pour l’éducation. « C’est vraiment très naïf », a ajouté l’élue de Seine-Saint-Denis en demandant s’il n’existait pas « un lobby des drapeaux dans l’hémicycle ».

    « L’adhésion à nos valeurs devra passer par des symboles, certes, mais surtout par donner la chance aux élèves de mieux réussir », a affirmé pour sa part la députée de la majorité Nadia Essayan (MoDem).

    Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a estimé « nécessaire » la présence de ces symboles dans les classes, tout en soulignant que ce n’était pas « l’alpha et l’oméga en matière d’éducation civique ».

    Les députés ont achevé l’examen des amendements pour ce texte qui fera l’objet d’un vote solennel mardi au Palais Bourbon avant de migrer vers le Sénat.

    Normalement, la loi s’appliquera aussi aux établissements français en dehors de France sous convention.

    La rédaction avec l’AFP

  • Les grands débats continuent pour les Français de l’étranger

    Alors que les Français de Belgique ont assisté au débat organisé par les élus consulaires et l’Alliance Française le 15 février, les Français de l’étranger de partout dans le monde sont également sollicités pour cet exercice démocratique voulu par le Président de la République.

    Dubai, Singapour, Madrid et San Francisco ont eu leur grand débat  

    Outre Bruxelles, Dubai ce 17 février a également eu son grand débat sous l’égide de l’élu consulaire Laurent Rigaud. Avant cela, Madrid recevait, devant un public épars, la députée Samantha Cazebonne au sein du Lycée Français. San Francisco, Singapour ont aussi vu des réunions s’organiser.

    Plusieurs revendications communes – Des spécificités locales également

    Parmi les Français de l’étranger, une série de préoccupations communes ressortent. Naturellement, celles liées aux Lycées français sont très présentes. La question de leur gratuité, évaluée à un coût de 2,5 milliards par Mme Cazebonne, est évoquée. Les contrastes en termes de coûts selon les lycées sont aussi présents dans les échanges.

    La transition écologique est aussi un sujet de débats, et d’inquiétude. La taxe carbone est un des aspects particulièrement repris. La fin du nucléaire suscite parfois des interrogations, notamment sur la pertinence de son remplacement.

    Concernant les institutions et leur évolution, plusieurs éléments régulièrement repris : celui de la réduction du nombre d’élus, notamment à l’Assemblée nationale et au Sénat, celui de l’introduction d’une dose de proportionnelle également.

    D’autres aspects sont spécifiquement liés aux problématiques locales. Les Français de Singapour ont soulignés l’existence dans la cité-Etat de portiques payants pour les véhicules et de la promotion de logements de grande hauteur. Les Français de Belgique ont pu souligner les particularités de la scène politique locale faite de coalitions et de consensus comme un exemple à suivre, ou au contraire à fuir. Nul doute que les Français résidant dans des zones de conflit auront aussi des revendications spécifiques. Au Gabon, certains intervenants ont affirmé avoir l’impression d’être des citoyens de seconde zone. Une quarantaine de Français s’étaient réunis à Fort-Dauphin sous l’égide de l’élu consulaire Jean-Hervé Fraslin.

    Très forte implication des Instituts Français en Allemagne

    La participation des entités françaises à l’étranger varie selon les pays. Le modèle du Grand Débat, fluide, permet en effet à chacun d’organiser le sien. A New-York par exemple, deux débats auront lieu à quelques jours d’intervalle le 21 février, à l’école NYFACS, et le 25 février au Consulat.

    En Allemagne, les Instituts Français se sont impliqués permettant 5 réunions dans tout le pays (voir liste ci-dessous). En Belgique, nous l’avons vu, l’Alliance Française a été sollicitée par les élus consulaires. Ailleurs dans le monde, les Français de l’étranger sont parfois laissés seul pour l’organisation des échanges. Cette diversité et l’absence d’un listing complet sur le site du grand débat, associé au manque de place face à la demande, risquent de créer des frustrations parmi nos compatriotes.

    Rendez-vous à Montréal et partout dans le monde

    Les consultations continuent. Elles se dérouleront jusqu’au 15 mars avant un résumé et une conclusion. Un référendum, qui se combinerait avec les élections européennes, pourrait être envisagé.

    Ci-dessous une liste non-exhaustive des prochaines réunions. Vous êtes informé d’une réunion supplémentaire ? N’hésitez pas à nous le faire savoir en écrivant à [email protected]

    18 février : Institut Français de Stuttgart

    21 février : Ecole NYFACTS de New-York

    25 février : Consulat de France à New-York

    25 février : Institut Français de Hambourg

    26 février : Institut Français de Cologne

    27 février : Lycée International Winston Churchill de Londres

    28 février : Institut Français de Munich

    3 mars : 429 Viger Est à Montréal

    7 mars : Institut Français de Berlin

     

    La rédaction

    17 février 2019

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