Acte XIV des Gilets jaunes : Une mobilisation en baisse 3 mois après le lancement

Les Gilets jaunes ont été présents ce samedi leur acte XIV en ordre dispersé, avec un rassemblement à Paris et d'autres en province. Selon un premier décompte, ils étaient 41 500 Gilets jaunes à manifester en France , dont 5 000 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur. Selon les chiffres officiels, contestés par les Gilets jaunes, la mobilisation pour l'acte XIV était donc en baisse par rapport à la semaine précédente à la même heure, où 58 600 manifestants avaient été recensés en France par le ministère.

 

A Paris...

Le rassemblement, placé sous haute surveillance des gendarmes mobiles, s'est déroulé dans une ambiance bon enfant jusqu'à 17 heures. Arrivés sur l'esplanade des Invalides, les nombreux Gilets jaunes ont été bloqués par les forces de l'ordre. La tension est donc montée d'un cran et de nombreux fumigènes ont été lancés pour disperser le cortège parisien.

Trois Gilets jaunes blessés à Rouen par une voiture

A Rouen, trois Gilets jaunes ont été légèrement blessés par une voiture qui a tenté de traverser leur manifestation samedi après-midi, a appris l'Agence France Presse de sources concordantes. La voiture a accéléré et trois personnes ont été blessées. Elles ont été transportées au CHU de Rouen. De source policière, le conducteur, qui était avec sa femme et leur bébé, s'est retrouvé au coeur de la manifestation et des manifestants s'en sont pris au véhicule, montant dessus et jetant des projectiles.

Le conducteur a pris peur. Il a quitté les lieux avant de se présenter au commissariat, selon la même source. La préfecture a refusé de communiquer de chiffre de manifestants. Peu après 17 heures, la manifestation était en cours de dispersion avec quelques tirs de gaz lacrymogène.

Retour sur les ronds-points

En Meurthe-et-Moselle, des Gilets jaunes étaient, eux, de retour sur les ronds-points, notamment à Pont-à-Mousson, Lunéville ou Essey-lès-Nancy. « Aucun blocage ni filtrage ne sera toléré», a toutefois indiqué la préfecture. À Strasbourg, 110 Gilets jaunes participaient à l'unique rassemblement prévu samedi matin, selon la police.

"On est aussi revenus sur les ronds-points pour éviter les violences qui se font là-haut (en centre-ville) pendant les manifestations", a affirmé Joëlle, 58 ans, au journaliste de BFM sur un barrage filtrant monté par une trentaine de "gilets jaunes" à Balma, dans la banlieue est de Toulouse.

Incidents à Nantes

Première fois pour Nicole 66 ans, venue de Saint-Genès-de-Fronsac (Gironde). Malgré la "peur de la foule, d'être blessée", elle tient à manifester parce "s'en prendre aux petites retraités, c'est terrible". "Ça n'a pas commencé sous Macron, mais avant, sous Sarkozy, Hollande. Moi en cinq ans, ma retraite elle a progressivement perdu 150 euros", dit-elle au journaliste de BRUT

Au moins 2.000 manifestants s'étaient rassemblés à Pontivy (Morbihan), le point de ralliement de la région Bretagne. Plusieurs milliers de "gilets jaunes" manifestaient également à Toulouse, autre bastion du mouvement, derrière une banderole clamant leur détermination: "Seule la mort nous arrêtera". La manifestation nantaise, à laquelle ont pris part 1.600 manifestants selon une source policière, a été émaillée d'incidents avec des jets de peinture, de pavés, de bouteilles en verre et de fusées, tags sur la préfecture, selon celle-ci.

Barrages filtrants

Tandis qu'à Lyon, plusieurs milliers de manifestants s'étaient rassemblés dans le centre, des "gilets jaunes" tentaient de bloquer le trafic sur l'autoroute A7 à la sortie sud de Lyon, provoquant des difficultés de circulation en ce weekend de chassé-croisé sur les routes.

Vers 16 h, le trafic était interrompu dans le sens nord-sud, a constaté un journaliste de l'AFP et les pompiers étaient sur place, au niveau du musée des Confluences, pour éteindre un feu allumé sur l'une des contre-allées de l'autoroute.

A Bordeaux la mobilisation se s'essouffle pas

Le pic de mobilisation de l'Acte 11, 6000 personnes, n'est pas atteint. Mais les Gilets jaunes sont tout de même 5000  à défiler ce samedi dans les rues de Bordeaux. Peu de signes, donc, d'une décrue de la mobilisation. Les Gilets jaunes girondins, qui se sont donné rendez-vous comme de coutume place de la Bourse en début d'après-midi, ont rapidement improvisé un parcours, puisque la manifestation n'est pas déclarée.

C'est ainsi que le cortège, contrairement à la semaine passée, est directement parti vers les Quinconces, puis la place de la Comédie, pour descendre la commerçante rue Sainte-Catherine. En cette journée très ensoleillée, les passants sont nombreux à regarder passer le cortège. Par précaution, la mairie de Bordeaux a renouvelé ses mesures habituelles : des services municipaux, des jardins et des musées sont fermés. Les tramway et bus ne circulent pas en centre-ville.

Un passage inédit par l'esplanade de Mériadeck

Le long parcours dans le centre-ville a mené les manifestants sur l'esplanade de Mériadeck, qui n'avait jamais été visitée par les gilets jaunes lors des manifestations du samedi. La présence des forces de l'ordre a obligé les manifestants à rebrousser chemin, pour revenir place de la Comédie, au son de la batucada. A 17h, le rassemblement semble se fixer devant le Grand Théâtre.

D'autres manifestations rassemblant d'une centaine à un millier de personnes se sont tenues à Caen, Grenoble, Strasbourg, Alençon, Rennes ou au Mans.

Le samedi précédent, au niveau national 51 400 manifestants avaient été recensés par le gouvernement, esquissant une décrue de la mobilisation ces dernières semaines. Un affaiblissement toutefois contesté par le mouvement, qui concède seulement une stagnation de ses forces en revendiquant la présence de 118 000 manifestants samedi dernier.

Fabien Ferasson de Quental

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