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  • Grand millésime pour les vins et spiritueux français à l’étranger

    Portées par les marchés américains et asiatiques, les exportations de vins et spiritueux français ont atteint un plus haut historique. Elles franchissent pour la première fois le seuil des 13 milliards d’euros.

    Malgré un contexte peu favorable, marqué par les menaces de guerre commerciale entre la Chine et les Etats Unis, les doutes concernant l’impact du Brexit et le ralentissement de la demande asiatique, les exportations de vins et spiritueux françaises continuent de séduire les consommateurs étrangers.

    Pour la première fois, les exportations de boissons alcoolisées françaises ont franchi la barre symbolique des 13 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en croissance de 2,4% par rapport à 2017. Une performance qui permet à la balance commerciale d’afficher un excédent de 11,2 milliards d’euros. « Ce qui fait de nous le deuxième excédent français derrière l’aéronautique », se félicite Antoine Leccia, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) auprès du journal L’Echo.

    Deux tiers des exportations hors Europe

    Ces bons résultats sont avant tout tirés par les pays tiers qui totalisent près de 70 % des exportations de vins et spiritueux. Premier client des boissons françaises, les Etats-Unis restent le premier marché d’exportation français. Et ce ne sont pas les tweets rageurs du président américain qui y ont fait quelque chose, le marché américain continue d’afficher un rythme de croissance soutenue à 4,6 % sur un an.

    La Chine, troisième marché pour les alcools français, affiche un recul de 14,4 %. Un repli à nuancer selon Antoine Leccia lors d’une interview au site Usine Nouvelle :
    « Dans cette région, il faut prendre en compte les exportateurs vers Singapour et Hong Kong pour avoir une vision globale et alors nous affichons un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros en légère baisse de 1 %. »

    Menaces du Brexit

    Ces bonnes performances hors d’Europe ne cachent pourtant pas les craintes des exportateurs en vue du Brexit. Alors qu’elle avait déjà tiré la sonnette d’alarme en janvier dernier, la FEVS rappelle les enjeux d’un no deal pour la filière française. Le marché britannique reste le troisième marché pour les exportations de vins et spiritueux français. « Alors que jusqu’alors les opérateurs britanniques se montraient confiants, nous voyions, depuis le début 2018, les craintes augmenter progressivement, explique Antoine Leccia à l’Usine Nouvelle. Ils n’hésitent plus à augmenter leurs importations et leur stocks pour se couvrir en cas de no deal. »

    La FEVS anticipe à la fois un risque en termes de flux qui ralentirait les livraisons d’alcools français et le rétablissement de taxes d’exportations. Elle craint également un ralentissement de l’économie britannique qui se traduirait par une baisse de pouvoir d’achat et de la demande. « Mais notre principal point d’attention reste sur la fluctuation de la livre qui pourrait créer un trou d’air« , précise Antoine Leccia.

    Chute des volumes et hausse des prix
    Si les résultats en valeur sont en hausse, la filière doit toute de même faire face à une baisse des volumes exportés. En cause ? Une récolte historique faible en 2017 selon la FEVS. « Cette moindre disponibilité contribue à l’augmentation en valeur des exportations de vin », explique Antoine Leccia. Selon Philippe Casteja », Président Directeur Général de Borie-Manoux au journal Le Figaro, « la mauvaise récolte 2017 s’est traduite par une augmentation des prix de l’ordre de 20 % le tonneau de bordeaux.

    La récolte 2018 est annoncée comme « bonne » avec 100 millions de caisses en plus par rapport à 2017. Elle devrait permettre de revenir sur cette hausse de prix et relancer les exportations en volumes.

    La rédaction

  • Les Français passent les frontières pour accéder au droit à mourir

    Alors que le sujet très délicat de l’euthanasie refait surface en France avec une enquête sur 33 décès suspects dans une maison de retraite, les Français continuent de traverser les frontières européennes pour avoir le droit de mourir.

    Une enquête a été lancée par le parquet de Besançon pour homicide involontaire après le décès suspect d’une patiente nonagénaire de l’EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) du Larmont, dans le Doubs.

    En 2018, sa fille s’était étonnée des conditions dans lesquelles sa mère était décédée et en avait informé l’Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté, qui a alerté le parquet. L’ARS étudie 33 autres dossiers de patients décédés entre 2017 et 2018 dans cet EHPAD où « le taux de décès est plus important que la moyenne » et devrait rendre ses conclusions le 8 février.

    En France, les feuilletons judiciaires autour de l’euthanasie relancent régulièrement le débat. En 2015, l’affaire Bonnemaison avait aussi fait grand bruit, lorsque l’urgentiste de l’hôpital de Bayonne, avait été accusé d’avoir euthanasié sept patients.

    Résonne aussi l’affaire Vincent Lambert, victime en 2008 d’un accident de voiture le laissant tétraplégique, sourd et muet. Il est depuis hospitalisé dans un état végétatif. Catholiques fermement opposés à l’euthanasie, ses parents refusent l’arrêt de l’alimentation et l’hydratation artificielles de leur fils, pourtant recommandé par le CHU de Reims. La décision de l’hôpital a également été validée par le Conseil d’État, puis par la Cour européenne des droits de l’Homme. Pourtant, ses parents s’obstinent encore à faire appel.

    Acharnement thérapeutique

    En France, le code pénal distingue l’euthanasie active, qui est interdite, de l’euthanasie passive, inclue dans la loi Léonetti de 2005, qui prévoit l’interdiction de l’acharnement thérapeutique.

    En 2016, cette loi est complétée par la loi Claeys-Leonetti, qui autorise le droit « à la sédation profonde et continue », soit le droit pour le malade en fin de vie de dormir et de voir sa souffrance soulagée.

    Mais le débat est loin d’être tranché. Selon un sondage Ifop publié en janvier 2018, 89 % des Français seraient favorables au suicide assisté ou à l’euthanasie. Les aspects juridiques, philosophiques et religieux en font néanmoins un sujet très délicat à aborder.

    Peu d’avancée à l’Assemblée

    En février 2018, quelque 150 députés, dont une grande partie issue de la majorité LREM, ont signé une tribune appelant à légiférer pour donner aux malades en fin de vie « la libre disposition de leur corps ».

    « Il en va aujourd’hui de cette question comme il en allait de l’IVG au début des années 1970 », affirmaient-ils, appelant à « sortir de l’hypocrisie qui prive certains d’une aide souhaitée et qui impose à tous une agonie pénible ». « C’est pourquoi nous, députés issus d’horizons différents, proposons de légiférer en ce sens au cours de l’année 2018 », concluaient les signataires de la tribune.

    « Nous ne prétendons pas imposer nos principes, nous prétendons ouvrir cette liberté à ceux qui se réclament du principe de la libre disposition de soi devant ce que les Stoïciens appelaient ‘les évènements contre lesquels on ne peut rien’ », avait alors déclaré Jean-Luc Mélenchon, le patron de la France Insoumise, lors d’un débat à l’Assemblée.

    Le dossier peine toutefois à avancer puisqu’il divise la majorité et que le gouvernement ne prend pas position. Seule Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a estimé qu’une nouvelle loi n’était pas nécessaire. C’est également l’avis du Comité consultatif d’éthique, qui s’est à nouveau prononcé contre une modification de la loi actuelle en septembre dernier. Celui-ci appelle à « mieux faire connaître et appliquer la législation existante ».

    En attendant, un nombre croissant de Français traversent des frontières pour aller chercher la mort là où elle est autorisée, comme le faisaient autrefois les femmes pour se faire avorter.

    Situation inégale en Europe

    Dans une interview au Point, la président de l’Association belge pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) dénonçait le manque de volonté du gouvernement français de prendre le problème à bras-le-corps. Elle affirmait qu’en 2017, sur un total de 464 demandes auprès de son association, 354 venaient de France.

    En Belgique, l’euthanasie active n’est pas autorisée, mais une loi de 2002 a partiellement légalisé le suicide assisté en l’encadrant très strictement. En 2014, le parlement belge a également autorisé l’euthanasie des mineurs en phase terminale ou qui en font la demande. En 2018, 12 550 déclarations anticipées d’euthanasie ont été enregistrées dans le pays.

    D’autres pays européens ont légalisé le droit à mourir. Les Pays-Bas ont été le premier pays au monde à sauter le pas, en 2001. Le Luxembourg a également légalisé la procédure en 2009 en cas de situation médicale sans issue, mais elle reste interdite pour les mineurs.

    Dans les pays à forte tradition catholique, comme la Pologne, l’Irlande ou l’Italie, tout type d’euthanasie – active ou passive ou suicide assisté – est strictement interdit.

    Même si certains États membres font pression sur le Parlement européen et le poussent à adopter une position politique, l’Union européenne reste muette sur le sujet.

    Malgré un manque d’harmonisation, les pions à l’échelle des États bougent petit à petit : le 30 janvier 2019, un projet de loi visant à légaliser l’euthanasie en Italie a été introduit à la Chambre des députés. Intitulé « Refus des soins de santé et licéité de l’euthanasie », le projet de loi d’initiative populaire a été signé par 130 000 Italiens.

    Une interprétation parfois complexe

    Dans les pays où l’euthanasie est autorisée, les interprétations parfois subjectives de la loi peuvent aussi entraîner dans certains cas des affaires judiciaires.

    Pour éviter cela, les commissions régionales de contrôle de l’euthanasie des Pays-Bas ont publié fin janvier un nouveau code de déontologie en la matière, selon l’Institut européen de bioéthique. Elle rappelle notamment que c’est le médecin et lui seul qui peut décider si le patient peut être euthanasié ou non.

    Pour cela le médecin doit décider du caractère insupportable des souffrances du patient, et s’assurer que sa décision d’euthanasie est « volontaire et mûrement réfléchie.

    Quant aux patients atteint de troubles psychiatriques, il s’assurera que leur volonté de mourir correspond à une demande volontaire et mûrement réfléchie et non pas à une manifestation de sa maladie.

    Ces recommandations surviennent aux Pays-Bas alors qu’un médecin est poursuivi pour la première fois en 16 ans par le ministère public pour avoir euthanasié une patiente souffrant de démence profonde alors que sa déclaration de volonté était contradictoire et qu’il n’était pas certain de son caractère réfléchi et volontaire. Par ailleurs, on reproche au médecin de n’avoir pas interrompu la procédure alors que la patiente se débattait au moment de l’injection létale.

    Le Code assure que l’hésitation ou les doutes devant le choix de l’euthanasie ne sont pas forcément des contre-indications d’une demande volontaire et mûrement réfléchie. « Il arrive régulièrement que le patient ait des hésitations au sujet de l’euthanasie. Ce qui compte au final, c’est que le médecin ait la conviction que la demande est cohérente et sans ambiguïté. »

    Marion Candau

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Grand débat : Commencer par regarder le monde qui nous entoure

    Grand débat : Commencer par regarder le monde qui nous entoure

    « Nous n’avons pas évoqué les transformations du monde qui nous tombent dessus et sur lesquels il ne faut pas qu’on perde. Dans le débat national, on est à l’intérieur des frontières mais il faut regarder les autres : que font-ils, à quelle vitesse, est-ce qu’ils nous menacent ?» Edouard Philippe

    « Nous n’avons pas évoqué les transformations du monde qui nous tombent dessus et sur lesquels il ne faut pas qu’on perde. Dans le débat national, on est à l’intérieur des frontières mais il faut regarder les autres : que font-ils, à quelle vitesse, est-ce qu’ils nous menacent ?» lance Edouard Philippe, le Premier ministre, à l’issue de « la Grande explication», l’émission de télé dont il était l’invité spécial. Il a raison. Il a tort.

    Il a raison parce que l’enjeu est toujours de savoir quels sont les pays qui épousent le monde, et ceux qui se mettent à la traine. La France, depuis des siècles, malgré des hésitations et des échecs, a toujours fait partie des premiers. Au cœur de l’Europe, ouverte sur trois mers, associant des peuples et des langues diverses, elle ne pouvait échapper aux nouveaux courants, qu’ils viennent de la Baltique ou de la Méditerranée, d’Afrique ou du Pacifique. Aujourd’hui, elle est gagnée par le nombrilisme, la râlerie perpétuelle, la tentation du repli, avec le déclinisme comme excuse.

    Edouard Philippe a raison : regardons ce que font les autres, il y a des leçons à prendre. Les Français de l’étranger sont aux premières loges. Nul besoin d’aller en Nouvelle-Zélande pour étudier leur agriculture triompher après avoir supprimé les subventions, ni en Corée pour admirer leur système éducatif : regardons la réforme de la sécurité sociale hollandaise, celle des chemins de fer allemands, la fiscalité tchèque, la fonction publique suisse, etc… C’est à coté de chez nous, mais on ne veut pas voir.

    C’est à coté de chez nous, mais on ne veut pas voir.

    C’est pourquoi le Premier ministre a tort. Il est Premier ministre. C’est à lui et à son gouvernement de faire ce travail de comparaison, de « benchmarking ». C’est à lui de donner des ambitions, de fixer un cap. Or le flou l’emporte. Le gouvernement a-t-il pris la mesure de la transformation du monde et du retard de la France ? Que n’enclenche-t-il ces réformes que la France attend depuis plusieurs Présidents ? Les autres pays n’ont pas 36.000 communes et 600.000 élus. Ils n’ont pas six degrés de collectivités locales en plus des préfets et sous préfets. Ils n’ont pas une éducation nationale à ce point centralisée, payant mal ses professeurs et son armée. Ils n’ont pas une fiscalité avec 360 taxes et impôts, record mondial de créativité fiscale, record mondial de prélèvements, record mondial de dépenses publiques.

    L’exception française n’est pas un modèle.

    L’exception française n’est pas un modèle. Le monde change de plus en plus vite. Edouard Philippe en est conscient. Alors il n’aura aucune excuse. Les grands débats, c’est utile. Les décisions, c’est mieux. Pour s’inspirer, qu’il regarde ce qui se fait à nos frontières. Ce que font les Français de l’étranger.

    Il y a eu des débats organisés avec les Français de l’étranger aux Etats-Unis, en Allemagne, en Espagne, en Belgique (en partenariat aveclesfrançais.press). Du sérieux.  Lesfrancais.press ont organisé une consultation. Des résultats très clairs, forts et modérés. Ce qui en ressort : une formidable attente. Voir notre pays à la hauteur, pour ne pas subir. Grandir, pour ne pas se rapetisser dans les haines minables.  Aller de l’avant, pour ne pas s’enliser.

    Le Premier ministre a raison de penser au monde qui nous entoure. Il a tort de n’en parler qu’à la toute fin : c’est par là qu’il faut commencer

    Laurent Dominati

    Ancien ambassadeur de France

    Ancien Député de Paris

    Président de la société éditrice du site « Lesfrancais.press »

  • Résultat de notre consultation pour le Grand Débat !

    Résultat de notre consultation pour le Grand Débat !

    Du 22 janvier au 13 février, vous avez été plus de 2700 à participer à notre consultation. Les résidents en Belgique furent les plus nombreux à s’exprimer avec 18% des participants, suivis par ceux du Canada et des USA à 17%, la Péninsule ibérique avec 15,7% conclut ce trio de tête. Les autres pays européens et ceux du Maghreb complètent le panel.

    A découvrir les principaux résultats ci-dessous :

    Une diaspora attachée à la France et à la République 

    Alors que la représentions des Français de l’Etranger fut longtemps la chasse gardée d’une petite frange de la communauté, l’instauration en 2012 de Sénateurs et de Députés a permis à la population de s’en emparer. Elle y est attachée et l’exprime en désirant le maintien des 23 élus dans le corps législatif national. (70%)

    Mais les Français de l’Etranger sont ouverts à la réforme et désirent que la proportionnelle s’applique désormais pour élire ses présentants. (71,5%)

    Et surtout réclament des moyens pour leurs élus de proximité, en rapprochant leurs fonctions de celles des maires (78%), afin d’ agir et d’adapter l’environnement administratif aux spécificités locales.

    Cet amour français pour les élus locaux s’expriment aussi envers la vénérable institution qu’est l’Assemblée des Français de l’Etranger qui a su faire ses preuves au fil des décennies (79%)

    La République c’est aussi et surtout les Ambassades et les Consulats, nos compatriotes ont bien compris l’avantage d’un réseau diplomatique si dense et soutiennent ce corps d’Etat à 88% alors que Paris cherchent à économiser.

    Ce soutient s’exprime aussi envers le réseau d’enseignement. Etre français c’est être dépositaire de sa culture et l’attaque du gouvernement sur le budget de l’éducation est rejetée par 80% des Français de l’Etranger.

    Notre communauté à 68% propose donc de réduire l’aide à la coopération afin de maintenir la force du lien avec la France.

     

    Un réalisme fiscal des Français de l’Etranger… pour les Français de métropole

    Les Français de l’Etranger sont conscients des impératifs budgétaires et plébiscite la réduction de la dépense publique (71%)

     

    Mais ne comprennent pas le maintien de la CSG pour ceux qui résident hors de l’Union européenne. (76%)

     

    La solution pour 58% d’entre-eux passe par le retour de l’ISF. On est bien loin des clichés…

     

    Une démarche écologique assumée 

    45% des Français de l’Etranger sont prêts à accepter une fiscalité verte agressive afin d’accélérer la transition écologique. La priorité est à lutte contre le C02 avec un soutien franc (58%) à la filière nucléaire (une vision culturelle de l’atome? si décrié ailleurs) et un rejet massif (75,5%) de toute exploration à la recherche d’hydrocarbures sur le territoire nationale.

    La gratuité des transports en commun sur le modèle du futur système luxembourgeois obtient de nombreux suffrages comme une bonne réponse au défit climatique.

     

    Des Français de l’Etranger profondément européens et démocrates 

    L’Union Européenne a été naturellement adoptée par les 2,5 millions de Français établis à l’étranger. Ils sont 79% à refuser toute idée de sortie de l’UE. Et ils pensent que les Français de métropole feraient le même choix puisqu’ils soutiennent la proposition de Référendum d’Initiative Populaire des Gilets Jaunes à 70%.

    La rédaction

  • Alain Juppé quitte la politique et rejoint le Conseil Constitutionnel

    C’est le cœur serré, la voix nouée par l’émotion, qu’Alain Juppé a confirmé depuis sa mairie de Bordeaux son départ de la vie politique et son entrée au Conseil Constitutionnel en remplacement de Lionel Jospin et suite à la proposition de Richard Ferrand. Après 20 ans à la tête d’une ville et d’une métropole qu’il transforma de belle endormie en capitale dynamique du sud ouest, Alain Juppé a annoncé, à 73 ans, ne pas vouloir faire le mandat de trop.

    « Avec Bordeaux et son peuple, nous sommes en quelque sorte un vieux couple et c’est un arrachement de quitter qui j’ai tant aimé ». C’est ainsi et le jour de la Saint-Valentin que le maire a réaffirmé son amour pour cette ville à laquelle il est tant associé. Ces prochains jours aura lieu la désignation de son successeur. Son nom est aujourd’hui incertain.

    La carrière d’Alain Juppé ne se résume cependant pas à la capitale de la Gironde. Des années durant auprès de Jacques Chirac, son mentor, il fut notamment son Premier Ministre entre 1995 et 1997.

    Un destin entravé par les affaires de la Chiraquie

    Fondateur de l’UMP, député, député européen, maire, de nombreuses fois ministres, Alain Juppé échoua à l’élection suprême lors de la primaire de la droite et du centre de 2016. Celle-ci vit la victoire de François Fillon.

    Cet échec, qui signa son départ de la vie politique nationale, fut l’une des dernières étapes d’un parcours qui connu d’autres épreuves. Les grèves de 1995 ont longtemps été associées à celui qui se définissait comme « droit dans ses bottes ». Les affaires liées aux emplois fictifs de la mairie de Paris dont il était le numéro 2 l’ont également durement atteint. S’en suivit un éloignement de la vie politique nationale et un exil au Canada qui fut l’un des facteurs d’ascension d’autres personnalités de la droite et en particulier de Nicolas Sarkozy.

    Une figure de la droite Macron-compatible

    L’échec d’Alain Juppé à la primaire ne signa pas pour autant la fin du « juppéisme », une doctrine de centre-droit très attachée à la défense de l’Union européenne et libérale sur les questions économiques et sociétales.

    Edouard Philippe, proche du maire de Bordeaux depuis 15 ans, aujourd’hui Premier Ministre, représente aujourd’hui cette ligne au sein de l’exécutif.

    Alain Juppé quant à lui, qui ne cachait pas son soutien au Président de la République concernant notamment les questions européennes, devra s’abstenir de toute intervention politique dès son entrée parmi les sages de la rue Montpensier dans deux semaines. Deux semaines, une éternité en politique…

    François Lestanguet

     

  • Saint-Valentin: tour d’horizon de la fête des amoureux

    Jeudi 14 février, les amoureux du monde entier célèbreront leur fête. Apparue en Angleterre au XIVème siècle, des écrits de l’époque sont toujours disponibles à la British Library, la St-Valentin est aujourd’hui, à l’instar de célébrations religieuses comme Noël, présente dans le monde entier.

    Souvent jugée commerciale, faisant le bonheur des restaurateurs et des fleuristes, la St-Valentin n’est pas célébrée partout de la même façon. Tour d’horizon.

    Très présente aux Etats-Unis, interdite en Arabie Saoudite

    Les Américains ont l’habitude de se retrouver autour de célébrations très suivies : Thanksgiving, Halloween et la St-Valentin entre autres. A l’inverse, la fête des amoureux, sans doute jugée impudique, est interdite dans le royaume des Saoud. En Asie, et en particulier au Japon, il n’est pas rare pour les salariées d’offrir des chocolats à leur patron à cette occasion. Il n’y est pas rare non plus, et c’est plus triste, d’y recevoir des cadeaux sans en offrir en retour.

    La France perçue comme la patrie galante

    Partout dans le monde, la France est perçue comme le pays de l’amour et des amoureux. La Saint-Valentin, elle est (quasi) universelle. Cela tient sans doute à son caractère purement laic malgré son nom. En effet elle est moins associée au martyr romain canonisé qu’à la période autour du 14 février. La tradition veut en effet que cette date est associée à la reproduction des oiseaux.

    Qu’offrir à la Saint-Valentin

    La tradition associe deux cadeaux à la Saint-Valentin: les chocolats et les fleurs. Les critiques sur l’aspect commercial de cette fête poussent cependant de plus en plus les tourtereaux à lier la fête à la notion de partage. Privilégiez donc un bon repas, au restaurant où mieux encore cuisiné par vos soins, pour marquer cette date avec l’être cher!

    La rédaction

    14 février 2019

  • Les États membres s’agrippent à leur veto sur la fiscalité

    Sous prétexte de souveraineté nationale, les 28 s’opposent à la suppression de  l’unanimité dans l’adoption des législations fiscales.

    La Commission européenne a proposé en janvier une transition progressive vers l’introduction de la majorité qualifiée en matière fiscale.

    Jusqu’ici, tout changement législatif à ce sujet devait être approuvé à l’unanimité. Une majorité qualifiée signifie au moins 16 États membres représentant au moins 65 % de la population.

    Toutefois, seuls les plus grands pays européens – dont la France, l’Allemagne et l’Espagne – ont soutenu le projet après la première discussion en réunion des ministres des Finances (Conseil Ecofin). La position de l’Italie est plus ambiguë : Rome soutient l’idée générale, mais la considère prématurée, ont expliqué des fonctionnaires de l’UE.

    En revanche, une grande majorité de pays n’a pas soutenu la proposition lors de la réunion à huis clos, ont ajouté les fonctionnaires.

    Le vice-président de la Commission chargé de l’euro, Valdis Dombrovskis, a assuré à l’issue de la discussion que « de nombreux États membres se sont félicités de l’ouverture du débat », tout en admettant que les points de vue étaient « très différents ».

    Il a fait valoir qu’« il y a matière à discussion » et que celle-ci était « nécessaire », étant donné l’incapacité de l’Union à progresser sur des dossiers fiscaux importants, y compris la taxe numérique.

    Le commissaire a détecté une plus grande « ouverture » sur la première étape de la proposition, qui impliquerait l’introduction de la majorité qualifiée pour les mesures de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales.

    Dans un deuxième temps, la Commission propose de rompre l’unanimité pour d’autres dossiers liés à la fiscalité qui soutiennent les objectifs communs de l’UE, tels que la lutte contre le changement climatique ou la santé publique. Au cours de la troisième phase, la majorité qualifiée serait adoptée pour moderniser les règles communautaires déjà harmonisées, par exemple dans le domaine de la TVA. La dernière étape consisterait enfin à introduire ce système pour les propositions ambitieuses, y compris l’impôt numérique ou l’assiette commune consolidée pour l’impôt des sociétés.

    La décision finale est entre les mains des dirigeants européens, et l’opposition d’un seul d’entre eux suffirait à bloquer la proposition.

    Le ministre roumain des Finances, Eugen Orlando Teodorovici, dont le pays préside les réunions du Conseil jusqu’en juillet, a déclaré que « la souveraineté fiscale [était] d’une importance primordiale pour de nombreux États membres et la règle de l’unanimité conduit souvent à une prise de décision rapide ».

    Le ministre a également estimé que la fiscalité n’est qu’un des domaines dans lesquels le processus décisionnel pourrait être amélioré.

    Soutien franco-allemand

    Seules la France et l’Allemagne se sont prononcées en faveur de la proposition à l’approche de la réunion. Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, défend une idée qu’il voit comme un moyen d’accroître « l’efficacité » de l’UE en matière fiscale.

    Son homologue allemand, Olaf Scholz, s’est dit partisan de longue date de la majorité qualifiée dans les affaires étrangères, mais aussi en matière fiscale.

    Pour le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, la Commission devrait briser la règle de l’unanimité non seulement sur les questions étrangères et fiscales, mais aussi sur la procédure de sanction des pays qui violent l’État de droit ou d’approbation du budget européen à long terme.

    Dans l’autre camp, le ministre luxembourgeois des Finances, Pierre Gramegna, assure que les progrès réalisés au cours des quatre dernières années pour adopter une législation fiscale « montrent que nous pouvons avancer même à l’unanimité ». Il a défendu les vetos nationaux sur la fiscalité, estimant que « c’est la souveraineté fondamentale des pays qui est en jeu ».

    Son homologue maltais, Edward Scicluna, a rejeté l’adoption forcée de nouvelles mesures tant que certains pays n’étaient pas convaincus.

    Plutôt que de résoudre les divergences sur les majorités qualifiées, il trouve que les gouvernements nationaux devraient se mettre d’accord « en expliquant, en convainquant et en réfléchissant, puis en convainquant les autres, comme nous l’avons toujours fait dans le passé ».

    Pour la ministre suédoise des Finances, Magdalena Andersson, « il n’est pas plus démocratique d’avoir moins de pouvoir ». « Il y aura beaucoup de scepticisme dans de nombreux pays et de nombreux parlements en Europe. »

    Au vu des progrès réalisés ces dernières années dans ce domaine, Menno Snel, secrétaire d’État néerlandais aux Finances, a ajouté que son gouvernement était satisfait de la situation actuelle.

    Depuis le début de son mandat, la Commission actuelle a adopté des mesures législatives pour lutter contre l’érosion et l’évasion fiscales, notamment des mesures visant à améliorer la façon dont les entreprises rendent compte de leurs bénéfices.

    Toutefois, des propositions plus ambitieuses, telles qu’une taxe numérique sur les géants du numérique, une taxe sur les transactions financières ou une assiette commune consolidée pour l’impôt des sociétés, restent bloquées à la table du Conseil.

    Jorge Valero

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • France – Australie : Une alliance militaire pour le pacifique

    Le contrat titanesque reflète les ambitions de l’Australie dans le Pacifique. Canberra et Paris ont formellement signé ce lundi leur « partenariat stratégique » impliquant la somme de 50 milliards de dollars pour la construction de 12 sous-marins destinés à la marine australienne, censé refléter les ambitions de l’Australie dans le Pacifique.

    Le Premier ministre australien, Scott Morrison, a salué un « plan très ambitieux » lors d’une cérémonie à Canberra en présence de la ministre française des Armées, Florence Parly. Il a rappelé qu’il s’agissait là du « plus important investissement consenti en matière de défense en temps de paix par l’Australie ».

    500 emplois en France

    Naval Group (ex-DCNS) avait été choisi en 2016 pour la livraison de ces 12 sous-marins nouvelle génération, remportant au terme d’années de négociations ce « contrat du siècle » qui est la pierre angulaire de ce partenariat franco-australien. Le groupe naval est chargé de la conception et de la construction des douze navires et du chantier naval. Celle du premier bateau débutera avec la prochaine décennie, pour une première livraison en 2030.

    Le contrat va créer environ 2.800 emplois en Australie, selon le Premier ministre de l’Etat d’Australie-Méridionale, Steven Marshall, et 500 personnes en France. Certains critiques déplorent le fait qu’il ait tardé à être conclu car les eaux au nord et à l’est de l’Australie sont déjà le théâtre d’une âpre bataille d’influence entre les Etats-Unis, la Chine et les puissances régionales dont la France qui dispose d’une deuxième espace maritime mondiale grâce sa présence en Polynésie.

    Une force de dissuasion face à la Chine

    Les îles du Pacifique sont petites et moins vitales pour le fret maritime que la mer de Chine méridionale, mais leurs zones économiques constituent une vaste proportion des ressources maritimes mondiales. Les spécialistes australiens des questions militaires espèrent que ces sous-marins permettront à l’Australie d’opposer une force de dissuasion crédible en cas d’action hostile.

    « Il faut beaucoup de confiance de la part de l’Australie pour parier sur la France, et beaucoup de confiance de la part de la France pour partager avec l’Australie des compétences qui sont tellement au cœur de notre souveraineté, de notre autonomie stratégique et qui résultent d’investissements immenses pendant des décennies », a déclaré Florence Parly lors de la cérémonie devant le ministère australien de la Défense à Canberra.

    Fabien Ferasson de Quental avec l’AFP

  • Syrie : Ces français de l’étranger corrompus par le Djihad

    Ils sont tout à la fois indésirables et très convoités. Leur dangerosité potentielle en fait des individus à garder sous étroite surveillance. Les quelque 140 djihadistes français détenus par les forces kurdes en Syrie constituent un casse-tête pour Paris. Jusqu’à ces dernières semaines, les autorités françaises rejetaient catégoriquement l’idée même de leur retour, estimant que « ceux qui avaient combattu dans les rangs de l’Etat islamique devaient être jugés par les autorités locales [en Syrie et en Irak]. » Cette position catégorique n’est plus à l’ordre du jour. Le 29 janvier, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, déclare en effet : « Ce sont des Français avant d’être des djihadistes. Certains sont déjà revenus, nous les mettons en prison. […] Ceux qui reviendront, s’ils devaient revenir, seront mis en prison. »

    L’éventualité d’un retour collectif – qui risque de susciter un large rejet dans l’opinion -, est liée aux changements de situation sur le terrain. L’annonce, en décembre, d’un retrait progressif des 2000 soldats américains en Syrie, où ils soutiennent les Kurdes, suscite des inquiétudes. Fragilisés, menacés par une offensive turque, ces derniers pourraient ne plus être en mesure de garder leurs prisonniers sous contrôle. Pire : ils pourraient aussi être tentés de les échanger contre des soldats kurdes détenus par le régime syrien ou des groupes djihadistes. « La France ne peut pas se permettre de prendre un tel risque, souligne un spécialiste. Si un groupe terroriste, ou le régime de Damas, récupère des djihadistes français, ils seront tentés de s’en servir et de faciliter leur retour clandestin se venger. »

    Une quinzaine d’hommes sur 140 personnes

    Quelle est la réelle capacité de nuisance de ces Français détenus dans des camps, au nord-est de la Syrie ? Difficile à dire, en l’état. Sur ces 140 personnes, 70 à 80 sont des mineurs, les trois quarts étant des enfants de moins de sept ans. S’y ajoutent une cinquantaine d’adultes, parmi lesquels une quinzaine d’hommes, presque tous trentenaires. L’Express a pu identifier la quasi-totalité de ces derniers.

    Certains d’entre eux, captifs depuis plus d’un an, sont de vieux routiers du djihad. A commencer par le groupe des « Toulousains », qui gravitait autour de Fabien et Jean-Michel Clain, les deux frères qui ont revendiqué en Français les tueries du 13 novembre 2015, au nom de Daech. Considérés comme les derniers responsables français des attentats de 2015-2016 toujours en vie, les Clain seraient aujourd’hui cernés dans la poche de Baghouz, dernier réduit de Daech, à l’extrême sud-est de la Syrie.

    Responsable de la version française du magazine Dabiq

    A Raqqa, « capitale » syrienne du califat, un français « Thomas Barnouin », doté de solides connaissances théologiques, s’occupe un temps de formation religieuse dans les camps d’entraînement. Il travaille également pour les médias de Daech, dont la chaîne audiovisuelle Al-Furqan, avant de devenir responsable de la version française de Dabiq, magazine de propagande diffusé en ligne. « Il a été viré, je crois, pour exagération dans la religion. C’est quelqu’un qui va très vite dans les excès. Il va plus loin que L’État islamique », affirme Jonathan Geffroy devant les policiers de la DGSI, en janvier 2018 selon Le Monde.

    Une scission d’ordre doctrinal a bien eu lieu en 2017. Et quelques djihadistes français, bannis, ont cherché à rallier le nord-est de la Syrie. C’est ainsi que six d’entre eux ont été capturés par les Kurdes en décembre de cette année-là. Aux côtés de Barnouin, se trouve alors Thomas Collange, alias Abou Mokhtar, 36 ans aujourd’hui, promoteur lui aussi du djihad armé, depuis de nombreuses années. Colllange, converti très jeune à l’islamisme le plus radical est fiché S dès 2002. Il effectue de nombreux allers-retours au Proche-Orient, officiellement pour apprendre l’arabe. Il rallie dès 2014 le « Sham », cette Syrie originelle fantasmée par les djihadistes.

    Kevin Gonot, 32 ans, le demi-frère de Collange, fait partie du groupe. Lui aussi issu d’une famille convertie de longue date, Gonot, alias Abou Soufyan, est marié à Jennifer Clain, la fille aînée d’une des soeurs de Fabien et Jean-Michel Clain. Ils ont cinq enfants, qui se trouvaient en Syrie avec eux. Kevin Gonot a participé à des combats dans la région d’Alep au début de 2014, dans les rangs de l’Etat islamique en Irak et au levant, futur Daech.

    Tuer les Français « par les armes, les voitures, le poison »

    Autre membre du groupe: Mohamed Megherbi, 37 ans. Surnommé Abou Hamza, c’est un vieil ami de Fabien Clain. Il est d’ailleurs marié avec Amélie Grondin, la demi-soeur des frères Clain. Cette dernière serait aussi aux mains des forces kurdes, de même que Najib, 31 ans, le frère cadet de Mohamed. Megherbi aurait un moment travaillé comme cameraman pour la branche médias de Daech. Il aurait par ailleurs été blessé par balles en 2016. Quelques personnages de second plan, issu de la mouvance toulousaine, seraient aussi aux mains des Kurdes : Hakim B., Rachid J.E., Chahid T.,…

    Arrêté en décembre 2017, on trouve encore Romain Garnier, 31 ans. Originaire de Vesoul (Haute-Saône), cet ancien nageur de niveau national en catégorie jeune, a lui aussi rallié la Syrie, fin 2014, avec sa femme, Caroline. Devenu Abou Salman, il est apparu dans des vidéos de propagande, appelant les musulmans à tuer les Français « par les armes, les voitures, le poison. »

    Mohamed Yassine Sakkam, 28 ans, appartenant à la filière dite de Lunel (Hérault), paradait lui aussi sur des photos avec un fusil d’assaut. Il dit être arrivé au « Sham » en décembre 2014 pour retrouver son frère Karim. Ce dernier est mort dans un attentat kamikaze, en avril 2015. Pourtant, Mohamed Yassine est resté, mais nie avoir été un combattant.

    Deux autres pointures du djihad français attendent de savoir si elles seront rapatriées en France. Adrien Guihal, 33 ans – arrêté avec sa femme et leurs six enfants, à Raqqa, en mai 2018, par les forces kurdes -, est l’une des voix francophones de Daech. Il a notamment revendiqué les attentats de Magnanville (deux policiers assassinés à leur domicile en juin 2016) et de Nice (86 morts, 458 blessés), le 14 juillet de la même année. Converti en 2002, Guihal, alias Abou Oussama, a un CV long comme le bras en matière de terrorisme. Interpellé en 2008 pour un projet d’attentat contre des locaux des renseignements généraux, il est finalement condamné à du sursis, après avoir effectué six mois de détention.

    Adrien Guihal a aussi été administrateur du site et du forum djihadiste Ansar al-Haqq, entre 2006 et 2010. Décrit comme un « psychopathe » par une ancienne connaissance, il a rallié la Syrie en voiture, au début de 2015, avec un petit groupe, dont Fabien Clain. Avant d’être arrêté par les Kurdes, Adrien Guihal faisait partie des djihadistes français à « neutraliser » en Syrie.

    Brisard : »Ils doivent répondre de leurs actes »

    Parmi les derniers à avoir été capturés ou s’être rendus aux forces kurdes, ces dernières semaines : Quentin Le Brun, 30 ans, tarnois de naissance. Visage christique, accent du sud-ouest, l’homme s’était fait remarquer en novembre 2014 dans une vidéo de propagande où, aux côtés de deux autres compatriotes, il appelait les nouvelles recrues de Daech à brûler leur passeport français. Le Brun, alias Abou Oussama al-Firansi, affirme avoir travaillé comme graphiste dans la branche médiatique de l’EI et n’avoir jamais combattu.

    « Il est très important que ces individus comparaissent devant la justice française. Ils doivent répondre de leurs actes, en particulier de leur rôle dans la chaîne d’organisation de certains attentats en France », souligne Jean-Charles Brisard, président du Centre d’analyse du terrorisme au magazine L’Express. Par ailleurs, quelques-uns d’entre eux connaissent très bien les frères Clain et les ont côtoyés en Syrie. Ils sont susceptibles de livrer des informations capitales sur ces derniers. »

    Actuellement, environ 250 autres terroristes français se trouveraient encore dispersés dans la zone irako-syrienne. Quelques dizaines d’entre eux auraient été récemment transférées, sous escorte française, en Irak. Pour ensuite être exfiltrés vers la France ? À voir. Ces derniers mois, plusieurs dizaines d’autres Français étaient retranchées dans la poche d’Idleb, au nord-ouest de la Syrie. Dans ce dernier bastion tenu par le groupe djihadiste Hayat tahrir al-Sham, émanation d’Al-Qaeda, se trouveraient notamment des recrues du prédicateur niçois Omar Diaby, alias Omar Omsen. Selon nos informations, des petits groupes familiaux seraient bloqués dans plusieurs villes, dont Azaz, au nord de la Syrie, dans l’espoir de passer la frontière turque. Enfin, quelques familles sont actuellement prises au piège, avec les frères Clain, dans le réduit de Baghouz, ultime retranchement de Daech dans le désert syrien.

    La rédaction avec l’AFP

  • Grand débat : les Français de l’étranger se mobilisent

    Les 2,5 millions de Français de l’étranger se mobilisent pour le Grand Débat. Tout comme nos compatriotes de l’Hexagone, les Français de l’étranger se sentent souvent concernés par les débats qui suivent la crise des gilets jaunes.

    Les problématiques des Français expats ne sont pas toujours reprises en France. Réforme de la CSG, financement des lycées français de l’étranger, prime d’activité, voici certains aspects qui sont mis en avant lors de cette consultation de 2 mois jusqu’au 15 mars.

    Des consultations dans le monde entier

    Après des consultations organisées notamment à San Francisco, par le député des Français d’Amérique du nord, et à Montréal, les Français sont invités à débattre à Singapour, à Phuket et à Bruxelles. Si la participation reste pour le moment assez faible, l’objectif du gouvernement est de porter le débat y compris au-delà de la période allouée.

    Les consulats ont relayé l’information qui est par ailleurs disponible sur le portail dédié www.granddebat.fr

    4 sujets au coeur des problématiques

    Ce débat porte sur quatre thèmes : les impôts, dépenses et actions publiques, l’organisation de l’Etat et des collectivités publiques, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté.

    Si les problématiques semblent éloignées des Français de l’étranger, c’est cependant faux. L’organisation de l’Etat passe notamment par l’un des meilleurs réseaux consulaires au monde. La démocratie sera forcément au cœur des enjeux alors qu’il est envisagé de réduire le nombre d’élus des expatriés.

    La citoyenneté, et ce notamment pour les centaines de milliers de Français du Royaume-Uni à l’heure du Brexit, est également une problématique centrale.

    Les impôts, alors que la question du CSG se pose toujours, est également centrale pour les Français de l’étranger.

    A Bruxelles le 15 février- lesfrancais.press relayent vos interrogations

    A Bruxelles, parmi l’une des premières communautés françaises de l’étranger, le Consulat, les Elus consulaires et l’Alliance française organisent un débat vendredi 15 février.

    Envoyez nous vos remarques sur [email protected] et nous relaieront vos interrogations auprès des élus.

    La rédaction

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