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  • Qui sont les français en quarantaine sur le paquebot au Japon ?

    Qui sont les français en quarantaine sur le paquebot au Japon ?

    Le « Diamond Princess » est bloqué à Yokohama au Japon depuis une semaine. Parmi les 3 700 personnes à bord, 130 sont atteintes par le coronavirus. Quatre Français se trouvent à bord.

    Quatre Français se trouvent à bord du navire de croisière « Diamond Princess », bloqué depuis une semaine dans le port de Yokohama au Japon en raison de cas de contamination par le coronavirus 2019-nCoV, a annoncé lundi le ministère français des Affaires étrangères.

    La croisière de Linda et Michel Vittori s’est transformée en piège. Le couple, qui habite la Nouvelle Calédonie, est en quarantaine à bord du paquebot le Diamond Princess depuis le 4 février. Le commandant du bateau, qui communique les informations par haut parleur, a annoncé ce lundi matin aux 3 700 passagers que 66 nouveaux cas se sont déclarés depuis la dimanche.

    Les deux vacanciers n’ont pour leur part plus de contacts avec les autres passagers du paquebot. Ils sont confinés dans une petite cabine, avec balcon. Quand ils sortent prendre l’air, ils portent obligatoirement un masque. Idem quand ils récupèrent les plateaux repas qui sont déposés devant leur porte, par le « room-service ».

    « La prise de température est obligatoire tous les jours », précise Linda Vittori, contactée par France Inter. « Dès 37,5 degrés, vous êtes signalé au médecin de bord » ajoute t-elle.

    Restreindre le risque de contagion

    Les passagers qui n’ont pas de hublot ont eux droit à une promenade quotidienne, mais avec masque et gants, en petits groupes, et à un mètre de distance minimum les uns des autres. Les Vittori ont préféré renoncer à ces sorties pour « restreindre au minimum le risque de contagion ». Mais le huis clos leur pèse. « Nous avons la chance d’avoir un balcon, c’est un espace supplémentaire, pour prendre l’air, mais nous sommes inquiets », raconte Linda Vittori. Inquiets parce que le nombre de cas augmente tous les jours.

    Le couple a reçu ce lundi matin la visite du service médical du bateau, pour faire un prélèvement de muqueuse sur Michel, qui est âgé de 82 ans. L’élu municipal de Nouméa est considéré comme personne à risque. « Je trouve cela plutôt rassurant, car nous avions l’impression d’être oubliés. Puisque nous sommes en quarantaine, il fallait quand même bien que le corps médical arrive à nous à un moment donné ». Ni Michel  ni Linda ne présentent de symptômes du coronavirus.

    Les services consulaires français prennent la peine de les contacter tous les jours, pour – entre autres – leur remonter le moral.

  • Le Green Deal sonne-t-il le glas des critères de Maastricht ?

    Le Green Deal sonne-t-il le glas des critères de Maastricht ?

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé un Green Deal – ou Pacte vert – pour l’Union européenne engageant l’Union sur un montant de mille milliards d’euros sur dix ans (2020 – 2030), soit 100 milliards par an.

    L’objectif est de rendre l’économie de l’Union neutre au niveau des émissions de carbone d’ici 2050. À cet effet, la Présidente souhaite que la Banque européenne d’investissement (BEI) soit transformée en une banque du climat. À charge pour celle-ci d’orienter les sommes faramineuses détenues et investies vers les projets susceptibles d’aider l’Union européenne à atteindre le but qu’elle s’est fixée. Afin d’éviter que les Etats extérieurs à l’UE améliorent leur compétitivité aux dépens des Etats membres, l’Union sera incité à instituer une taxe carbone aux frontières, taxe qui devra recevoir l’accord de l’OMC. En effet, dans un premier temps, la réduction des émissions de CO2 devrait conduire à une augmentation des coûts de production. Les exportateurs des pays non soumis aux règles européennes pourraient être avantagées si une telle taxe n’était pas instituée. En plus, ils pourraient profiter d’énergies carbonées à moindres coûts en raison de la diminution de la consommation des pays de l’Union.

    Taxe carbone aux frontières

    L’autre solution serait que tous les pays acceptent un règlement carbone. Mais, compte tenu de l’opposition des États-Unis, de l’Inde, de la Russie et de quelques autres pays, cette voie est actuellement une impasse.

    Le montant de 100 milliards d’euros par an devrait être dévolu au Green Deal à l’échelle de l’Union européenne au regard des besoins dans les domaines de la production d’énergie, des transports ou de la construction constitue un obstacle à la réussite du projet. Le plan de la Commission risque de buter sur les politiques énergétiques qui restent de la compétence des États membres.

    Un plan contesté

    Il faudrait un important transfert de souveraineté pour peser sur la structuration du mix énergétique. En Pologne, les centrales thermiques au charbon représentent près de 80 % de la production d’électricité. Le Gouvernement polonais s’est publiquement opposé au principe de décarbonisation de l’économie européenne. L’autre moyen d’orientation des dépenses d’équipement ou de consommation dans un sens plus écologique est d’ordre fiscal (systèmes du bonus/malus, du crédit d’impôt ou de la réduction d’impôt). Cependant ces incitations relèvent également des États membres.

    Par ailleurs, ce plan est contesté par les représentants des pays producteurs de charbon ou de lignite (Pologne en particulier). Il est également contesté par un certain nombre d’économistes allemands, comme Hans-Werner Sinn, qui s’inquiètent du financement par l’emprunt d’une grande partie de ce Green Deal. La future Banque du climat sera autorisée à emprunter massivement sur les marchés pour financer le Green Deal. La BCE serait incitée à acheter ces Bons du Trésor européen afin d’en faire baisser les taux d’intérêt.

    Financement par la dette

    Le plan de la Commission sur la décarbonisationde l’économie de l’Union s’accompagne d’un débat sur le maintien des fameux critères de Maastricht et du Pacte de Stabilité. Le Commissaire européen chargé de l’économie, Paolo Gentiloni, a souligné récemment sur « le besoin urgent de soutenir la croissance et d’investir massivement pour faire face au changement climatique ». Les élus d’Europe du Nord restent pour le moment très opposés à un assouplissement des règles au nom de la transition énergétique. L’eurodéputé conservateur allemand Markus Ferber a ainsi déclaré que « la dette c’est la dette, peu importe la couleur, même si elle est verte. ».

  • La France en 2070…. Une météo bien différente

    La France en 2070…. Une météo bien différente

    Chaque matin, un sujet pertinent concernant l’environnement planétaire et les bonnes résolutions à prendre pour sa protection. On a une petite idée de ce à quoi pourrait ressembler la France en 2070. Géraldine de Mori a révélé sur la radio française RMC la dernière simulation des conséquences du réchauffement climatique en France et en Europe.

    Carte BFMTV

    Encore une étude sur les conséquences du changement climatique? Pas tout à fait. Celle de l’agence européenne de l’environnement est particulière:d’abord parce qu’elle se base sur les toutes dernières données scientifiques. Et ensuite parce qu’elle est ultra précise, on peut voir les conséquences non pas à l’échelle de la planète mais à l’échelle d’une région voire d’une ville.

    Et l’impact du changement climatique ne sera pas du tout le même qu’on habite à Venise ou à Stockholm. Ce qu’on peut retenir, c’est que la France ne sera pas la plus touchée par le réchauffement, mais les conséquences seront quand même très visibles. Avec notamment une hausse des phénomènes météos extrêmes, on en a un bel exemple en ce moment.

    Les prix des produits agricoles vont grimper en flèche

    Si on prend l’exemple des fortes pluies, dans les années 2071/2100, elles devraient être 2 à 3 fois plus fréquentes qu’aujourd’hui, avec de plus en plus de crues éclairs et d’inondations, en particulier autour de la région lyonnaise.

    Les sécheresses seront aussi plus fréquentes, plus longues et plus graves pratiquement dans toute l’Europe. En France, au lieu d’une grave sécheresse tous les 8 ans, on passera à une grave sécheresse tous les 2 ou 3 ans.

    Avec de grosses conséquences sur l’agriculture. En Europe, on ne devrait pas avoir de problème de sécurité alimentaire comme ça pourra être le cas en Afrique ou en Asie, mais les prix des produits agricoles risquent de grimper en flèche.

    En revanche, si les agriculteurs arrivent à s’adapter notamment en variant les cultures, ils pourraient en sortir vainqueur et augmenter leur revenu, indique l’étude.

    Avec une augmentation des sécheresses et des vagues de chaleur, il y aura aussi de plus en plus de feux de forêts. 

    La saison des incendies sera de plus en plus longue, avec des feux de plus en plus violents. Des zones qui ne sont pas concernées aujourd’hui seront à risque d’ici la fin du siècle. Les régions du Centre de la France ou le Sud de la Bretagne pourraient alors être touchées.

    Enfin la hausse du niveau de la mer. Sur les côtes françaises, le niveau de la mer devrait augmenter d’un mètre d’ici la fin du siècle avec des risques de submersions sur tout le littoral.

    Quoiqu’on fasse, le réchauffement climatique va se poursuivre dans les prochaines années… Mais son impact sera beaucoup moins grave si on arrive à garder ce réchauffement sous les 2°, ce qui est prévu par l’accord de Paris… Ce qui n’est aujourd’hui pas du tout en bonne voie puisqu’on se dirige plutôt sur un réchauffement entre 4 et 7°.

    D’où une nécessité de diminuer nos émissions bien sûr, mais aussi de s’adapter. A partir d’aujourd’hui vous allez pouvoir voir sur le site de l’agence européenne de l’environnement, les conséquences précises du réchauffement dans votre région.

  • Le Brexit s’apprête à rendre toute son efficacité au Conseil de l’UE

    Le Brexit s’apprête à rendre toute son efficacité au Conseil de l’UE

    Sans le Royaume-Uni, les procédures législatives devraient être plus fluides au Conseil de l’UE. Surtout en matière de justice, d’affaires intérieures, mais les questions budgétaires et constitutionnelles sont aussi concernées.

    C’était l’hypothèse de diplomates dès le referendum, en 2016 : le Brexit pourrait permettre à l’UE de mieux fonctionner, surtout au niveau des discussions interministérielles qui se déroulent au Conseil de l’UE.

    Elle se trouve confirmée par les analyses d’Attila Kovacs et Levente Kocsis, analystes à eulytix.eu, une plateforme internet hongroise qui étudie la législation européenne.

    Sur la base des données du Conseil remontant à 2010, ils ont analysé les tendances de vote des États membres de l’UE dans les dix formations de l’institution et dans les 16 domaines politiques qu’elles couvrent. Conclusion : sans le Royaume-Uni, la prise de décision dans les formations du Conseil devrait être moins conflictuelle.

    Dans de nombreux cas, l’opposition du Royaume-Uni a constitué un obstacle à une intégration plus poussée et à une coopération plus fluide entre les pays de l’UE. De nombreuses minorités de blocage se sont créées autour du Royaume-Uni.

    Selon les données sur les tendances de vote, c’est sur le Conseil « justice et affaires intérieures » que le Brexit aura le plus d’impact, car de nombreuses questions politiques brûlantes relèvent de sa compétence. C’est le cas des dossiers concernant Schengen, et notamment ceux qui se rapportent à la récente crise migratoire et à ses conséquences.

    Les options de retrait (opt-outs) dont jouissait le Royaume-Uni et sa non-participation aux coopérations renforcées ont beaucoup compliqué les discussions.

    Le Conseil des affaires générales, qui traite des affaires européennes, est la deuxième structure qui devrait bénéficier du départ des Britanniques, en raison de la réticence du Royaume-Uni à élargir les compétences des institutions européennes et de ses préoccupations budgétaires. Le pays a ainsi voté contre les règlements 1141/2014 et 1142/2014 sur le financement des partis politiques européens, et s’est abstenu lorsque le Conseil s’est prononcé sur les changements concernant la Cour de justice européenne.

    Le Conseil des affaires étrangères se place au troisième rang, car le Royaume-Uni a souvent adopté une posture divergente sur des questions de politique étrangère, notamment concernant les relations avec la Russie ou l’administration Trump. Les Britanniques sont partisans d’une approche dure envers la Russie, alors que l’Allemagne et de nombreux pays d’Europe centrale et orientale ont toujours tenté de maintenir une relation plus équilibrée avec ce pays.

    Le Conseil agriculture et pêche a aussi été le théâtre de divers contentieux en raison du conflit de longue date entre le Royaume-Uni (qui est l’un des contributeurs nets les plus importants) et d’autres États membres concernant le financement de la politique agricole commune.

    L’opposition britannique au sein du Conseil agriculture et pêche est très souvent motivée par des considérations d’ordre financier. Ce fut notamment le cas pour le règlement 1303/2013 établissant des dispositions communes sur le Fonds européen agricole pour le développement rural et le Fonds européen pour la pêche et la mer, ainsi que pour le règlement 1309/2013 sur le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation.

    C’est au sein du Conseil des affaires économiques et financières (Ecofin) et du Conseil compétitivité que le Royaume-Uni s’est montré le moins conflictuel. Londres considère avant tout l’intégration européenne comme un projet économique, elle s’est donc montrée plus encline à soutenir les politiques discutées dans le cadre de ces deux formations du Conseil et a adopté des positions plus conformes à la tendance dominante au sein de l’UE.

    L’examen des domaines politiques plutôt que des formations du Conseil brosse un tableau quelque peu différent cependant. Outre la justice et les affaires intérieures, suivies des questions institutionnelles, l’emploi et la politique sociale constituent également un secteur où les tensions sont vives. Cela s’explique peut-être par la politisation des questions de migration des travailleurs vers le Royaume-Uni et de leurs droits sociaux.

    Sans le Royaume-Uni, ces domaines politiques devraient être moins conflictuels.

    L’économie et le marché intérieur apparaissent en fin de classement. Le Royaume-Uni, qui s’est toujours engagé en faveur des réalisations et des avantages de l’intégration économique, a joué un rôle moteur pour renforcer l’intégration dans ces domaines.

    L’absence du Royaume-Uni se fera sentir lorsque des questions portant sur l’énergie, l’environnement ou la consommation seront à l’ordre du jour, car le pays a souvent constitué une force de proposition et endossé le rôle de leader dans ces domaines.

  • Les marchés ne croient pas au pire…

    Les marchés ne croient pas au pire…

    Avec les bons résultats de l’emploi et la mobilisation internationale pour lutter contre le coronavirus, les investisseurs ont décidé de revenir sur le marché « actions ». Paris a ainsi signé sa plus forte hausse depuis un an.

    L’emploi américain au beau fixe

    Selon le Bureau of Labor Statistics (BLS), les Etats-Unis ont créé 225 000 emplois dans le secteur non agricole au mois de janvier, soit plus que les 165 000 anticipés par le consensus Bloomberg. Des conditions climatiques particulièrement clémentes pour la saison ont favorisé l’emploi dans les secteurs de la construction, des loisirs et de l’accueil. Le solde des deux mois précédents a été révisé en hausse de 7 000. Le taux de chômage a augmenté de 0,1 point à 3,6% de la population active alors que le marché prédisait sur une stabilisation à 3,5 %. Cela est plutôt une bonne nouvelle. En effet, cela signifie que des personnes qui n’étaient pas sur le marché du travail y viennent ou y reviennent. De son côté, le salaire horaire moyen a augmenté de 0,2 % sur un mois et de 3,1% sur un an, contre respectivement +0,3 % et +3 % attendus

    La virulence du coronavirus et la croissance

    Vendredi 7 février, le nombre de décès s’élevait à 638 (636 en Chine, 1 à Hong Kong et 1 à Singapour). A cette date, le nombre de personnes contaminées était toujours de 31 432 dans le monde (31 161 en Chine). Le taux de mortalité par le coronavirus est de 2 %. Il reste inférieur à celui du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) qui avait provoqué la mort de 774 personnes dans le monde en 2002-2003.

    L’épidémie impacte l’économie de la deuxième puissance mondiale sur trois niveaux : l’offre, la demande et la confiance. Du fait de la fermeture des usines, la production est en baisse. Les revenus des Chinois risquent de baisser en raison de la diminution du nombre d’heures de travail, de l’absence de touristes, etc. Les projets d’investissement sont reportés, ce qui aura des conséquences sur la croissance. Les consommateurs étant appelés à ne pas bouger de chez eux, la demande est en berne. Les Chinois diffèrent leurs voyages tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières. De nombreuses compagnies aériennes ont annulé leurs vols vers la Chine. La confiance qui est essentiel dans les rouages de l’économie est atteinte.

    La population chinoise voire mondiale doute des capacités des pouvoirs publics à endiguer l’épidémie. La mort à Wuhan du Docteur Li, ce médecin qui avait été contraint au silence après avoir révélé les dangers du coronavirus, a amené à des réactions vives au sein des réseaux sociaux dans un pays où l’expression publique est très régulée. Les autorités chinoises ont décidé la mise en place de mesures de soutien à l’économie. Lors de l’épidémie en 2003, l’impact du SRAS sur le PIB chinois avait été évalué à un point pour l’ensemble de l’année. Du fait de l’essor de l’économie chinoise, le manque à gagner sera certainement plus élevé. De même, les effets sur l’ensemble de l’économie mondiale seront plus importants en raison de l’intégration de la Chine dans les chaînes de valeur mondiales.

    Néanmoins, une épidémie est logiquement un phénomène temporaire qui logiquement s’accompagne d’un rebond (courbe en « V »). Si dans les prochaines semaines, l’augmentation du nombre de victimes se ralentissait, la confiance pourrait commencer à se restaurer. Après un mauvais mois de janvier et de février, l’économie repartirait à partir du mois de mars. Si la décrue du nombre de nouveaux cas tardait, l’économie chinoise voire mondiale pourrait connaître une courbe en « U » avec plusieurs mois de mauvais résultats précédant un rebond.

    Les investisseurs ont opté cette semaine pour une courbe en « V » avec une reprise assez rapide. Le CAC 40 est ainsi repassé au-dessus de 6000 points. Indice Eurostoxx a gagné en une semaine de plus de 4,3 %. Le Dow Jones a progressé de 3 % et le Nasdaq d’un peu plus de 4 %. Le pétrole subit de plein les fouets les menaces de ralentissement de la croissance de l’économie mondiale et en premier lieu de la Chine qui est à l’origine d’un tiers des importations. Le baril de Brent est passé en-dessous de 55 dollars cette semaine. En un mois, il a perdu un cinquième de sa valeur.

    L’euro, la croissance en berne et l’Allemagne

    L’euro est en baisse constante vis-à-vis du dollar depuis plusieurs jours en raison du décalage de croissance de la zone – et tout particulièrement de l’Allemagne – avec les Etats-Unis. Sur le plan politique, l’imbroglio lié à l’élection à la tête du gouvernement régional de Thuringe d’un député libéral du FDP grâce aux voix de l’Afd, parti d’extrême droite, a invité les investisseurs à la prudence vis-à-vis de l’Europe. La Chancelière Angela Merkel a condamné cette alliance conduisant le nouveau Président du Land et Ministre à démissionner. Cette démission devrait permettre de nouvelles élections régionales dans ce Land du centre de l’Allemagne. L’écho de cette élection est d’autant plus important que le parti Nazi, dans les années 30, avait entamé sa conquête du pouvoir à partir du Thuringe.

  • Tensions sur l’apprentissage du Turc en France et conséquences sur les lycées français en Turquie.

    Tensions sur l’apprentissage du Turc en France et conséquences sur les lycées français en Turquie.

    L’enseignement du turc dans les écoles de la république française, c’est un peu comme l’institution de l’islam turc dans les mosquées françaises. L’État français «sous-traite» à l’État turc qui choisit et salarie lui-même les fonctionnaires (enseignants ou imams) qu’il envoie en France. Ainsi, la France ne débourse pas un sou et la Turquie peut garder la main sur la communauté immigrée d’origine turque.

    Lancé par Jack Lang en 1995, ce dispositif souffre aujourd’hui de soupçons de dérives communautaristes et de la dégradation des relations franco-turques. Certes, la France n’a pas comme les Pays-Bas en 2004 interdit l’enseignement du turc (et de l’arabe) dans le primaire et le secondaire. Il y a d’ailleurs un beau projet expérimental de classes bilingues turc/français dans l’Académie de Besançon, intelligemment piloté par Ergun Simsek. Mais dans l’Ouest de la France, le lancement d’une classe de 6e bilingue comprenant pour moitié des élèves franco-turcs, pour autre moitié des élèves français sans attache particulière avec la culture turque s’est heurté à l’incompréhension des autorités académiques.

    «Le problème fondamental, c’est que l’enseignement du turc en France est bicéphale, c’est-à-dire qu’il est enseigné soit comme une langue étrangère soit comme une langue et culture d’origine», explique Mehmet Ali Akinci, professeur d’université, spécialiste reconnu du bilinguisme.

    Avec du côté «turc langue étrangère», une toute petite équipe (six Franco-turcs et une Française) de professeurs certifiés pour quelques 3.200 élèves de lycée. Et du côté «turc langue et culture d’origine», autour de 200 enseignants (les «Elco») envoyés de Turquie pour cinq ans maximum, choisis et payés (2.105 euros) par le ministère de l’Éducation nationale turque. Eux s’adressent aux 19.261 élèves de primaire et de collège. De façon plus informelle, il arrive aussi aux Elco d’aider les nombreux adolescents qui veulent passer le bac de turc mais ne peuvent suivre de cours dans leur lycée faute d’enseignants.

    L’instauration des Elco remonte à 1978. Elle ne concerne pas que les Turcs mais également les Algériens, les Croates, les Espagnols, les Italiens, les Marocains, Les Serbes et les Tunisiens, ainsi que le montre le graphique, ci-dessus, du ministère de l’Éducation nationale.

    Macron ne veut plus des fonctionnaires turcs dans les écoles françaises

    le Quai d’Orsay et le ministère de l’Éducation nationale n’ont toujours pas droit de regard sur le choix de ces fonctionnaires turcs (203 pour cette rentrée de septembre 2019) qui vont pourtant travailler plusieurs années au sein des écoles publiques françaises.

    De l’avis général, ces «enseignants Elco» arrivés de Turquie maîtrisent de moins en moins bien la langue française, voire ne la maîtrisent pas du tout.

    «Ils proviennent d’établissements publics. Ils sont professeurs des écoles, en collège et parfois en lycée et ne sont pas vraiment formés pour enseigner à des enfants bilingues», confirme Mehmet Ali Akinci.

    Il semble que le recrutement de ces Elco soit de plus en plus difficile. (Cette année, cinq postes n’auraient pas été pourvus). Certains de ces professeurs sont même issus des Imam Hatip (écoles publiques formant des prédicateurs et imams) tandis que des parents d’élèves se sont plaints ici ou là que l’enseignant en charge de leur enfant n’était même pas professeur de turc ou de langues (français, anglais…).

    Seulement le fossé se creuse entre régression du service public français et émergence d’un État turc se dotant d’importants outils d’expansion culturelle et d’influence. Exemple: lors des épreuves du baccalauréat 2015, le texte proposé au commentaire des 4.276 candidats traitait de «ce qu’est et de ce que n’est pas la laïcité». Il invitait à réfléchir sur son application comparée en France et en Turquie. Levée de boucliers; des élèves turcs dénoncent ce sujet «vraiment trop dur» et «vraiment très politique».

    Emmanuel Macron, selon nos confrères du Point, s’apprête à annoncer la fin du système des Elco pour la Turquie.

    La situation pour les parents d’élèves, le corps professoral comme l’encadrement, n’est plus tenable. La pression a monté crescendo depuis plusieurs années…Le ministère s’apprêterait à rompre les accords avec son homologue turque… Quelles conséquences pour les lycées français en Turquie ?

    La France ne compte deux établissements français gérés par l’Agence pour l’enseignement du français (AEFE) à l’étranger : le lycée Pierre Loti à Istanbul et le Lycée Charles de Gaulle à Ankara mais en plus de ces lycées, une dizaine d’« écoles françaises et francophones », majoritairement situées à Istanbul sont listées par l’ambassade, notamment la Petite Ecole qui a reçu l’agrément de l’éducation nationale turc ET française.

    Alors qu’au début de l’année, les premières tensions apparurent suite au refus de la France de laisser des lycées turcs se créer en France. Inspections surprises, présence policière accrue dans l’environnement proche des élèves et du corps professoral, etc.. On peut craindre une reprise voir une intensification de ces pressions…

    Le gouvernement français parie sur la présence de nombreux enfants de dirigeants du parti au pouvoir pour apaiser les tensions.. La diplomatie par l’éducation, une vieille tradition française.

     

     

     

  • Génies américains

    Génies américains

    De la démocratie en Amérique est une série permanente. Tocqueville en fit une référence, la télé des séries remarquables, de West Wings à House of Cards. Philosophes et scénaristes sont toujours dépassés. Trump est génial, puisqu’il le dit, et ses adversaires démocrates sont frappés de sa folie twitterienne. Depuis six mois l’Iowa ouvrait le bal des prétendants. Le vainqueur en fut, Mayor Pete, un inconnu au nom imprononçable, dont le titre de gloire, outre le fait d’être maire, est de s’être marié avec un homme. Jusqu’où iront les blagues homophobes dans un duel avec Trump ? Dire que Buttigiegserait le premier chef d’Etat officiellement homo ne serait pas tout à fait vrai, l’officialité étant une notion assez récente. Le  Kaiser Guillaume II, celui de la Première guerre mondiale, tout comme son cousin Louis II, qu’il évinça, était réputé homosexuel, comme si le mot, créé en Allemagne à cette époque, avait été inventé pour lui. Auparavant, pour les Rois de France ou d’Angleterre, on n’employait pas ces termes. Ni pour César, qui était selon Suétone « l’homme de toutes les femmes et la femme de tous les maris ». Les révolutions sexuelles ont toute leur place en histoire. D’ailleurs, la convulsion du monde arabe n’en est elle pas un signe ?

    Le premier gay ou dernier des mohicans

    Peter Buttigieg a capté les voix démocrates modérés qui étaient promises à Joe Biden, un jeune homme de 77 ans à la carrière impressionnante, mais un gamin par rapport à son rival Bernie Sanders, 78 ans. Celui qui fit chuter Hillary Clinton –et prépara la victoire de Trump – est aussi le seul socialiste d’Amérique. Il en est resté un, les Américains l’ont donc sorti de sa réserve, comme le dernier des Mohicans, pour l’acclamer roi. Un indien, un indien ! Il en reste un ! Et les enfants font la ronde en criant des hourras. Car Sanders est un travailliste anglais de l’ancienne école, il n’a rien d’un démocrate américain.

    Déjà le monde fut surpris par l’élection de Trump ; grâce aux génies américains, l’année électorale qui vient risque de surprendre plus encore que le Brexit. Serait-ce que la politique se transforme en cirque ?

    Certainement pas. En tout cas pas aux Etats-Unis. Pendant que les Démocrates jouent aux quatre coins en Iowa, Trump prépare sa campagne dans l’ombre. Ayant appris des méthodes cyberiennes de Poutine, il aurait, dans un QG de Virginie, surnommé « l’étoile de la mort », concentré de grandes intelligences algorithmiques et des millions de dollars pour préparer des offensives de fake news, des bombardements de propagande sur des fichiers clés. Dans la bataille politique, la première victime, c’est la vérité. La première ressource, l’argent. Peter Buttigieg est pris au sérieux car il a levé des millions de dollars.

    Ne nous moquons pas des Américains

    Ne nous moquons pas des Américains. En France,les batailles font rage. Mais comme chez nous la démocratie est apaisée (ce n’est pas en France qu’on verrait des manifestations pendant des mois, des violences, des grèves sans fin, des policiers dans les écoles et des dirigeantsdécapités en effigie), le débat est de haute volée. En témoigne la campagne à Paris où l’on côtoie sur les marchés un médaillé Fields (la plus haute distinction internationale en mathématiques). Les programmes sont des défis intellectuels : l’un veut déplacer la gare du nord, l’autre la gare de l’est. L’un veut cent mille arbres, l’autre 170.000. Et les transports ? Gratuits. Et le logement ?100.000 de prime à qui veut en acheter un. Enfin les promoteurs seront contents ! Voilà de quoi ringardiser les populistes. Comme Paris a doublé sa dette en quelques années, elle atteint six milliards, pourquoi se gêner ? Quel est ce miracle qui transforme un génie en camelot ?

    Bref, la démocratie est un art difficile, surtout pour le citoyen. Parfois la lassitude pourrait gagner. Est-ce mauvais signe ?

    Au contraire. Que les Etats-Unis puissent plastronner avec un Trump et chercher à lui opposer un inconnu comme Mayor Pete, ou demain un autre milliardaire comme Bloobergprouve simplement que le pays va bien. Il n’a pas besoin d’homme d’Etat. Tant pis pour ceux qui dépendent de l’Amérique. Qu’en France on puisse s’en remettre à des dirigeants souvent rattrapéspar leur amateurisme, au niveau local ou international, montre aussi que le danger n’est pas bien grand.

    Où l’enthousiasme n’est pas, la déception amoins de place pour grandir.

    Il faut tout de même faire attention : Les dangers sont là, on peut presque dire que la succession de crises à venir est la seule certitude. Celle aussi d’avoir les moyens de les surmonter. Ne céder ni au pessimisme, ni au je-m’en-foutisme. Faire comme souvent, le moins mauvais choix possible, qui est parfois le choix du moins mauvais. En se rappelant que là où l’enthousiasme n’est pas, la déception a moins de place pour grandir.

    Plus de lecteurs que d’électeurs

    Les élections américaines sont mondiales. Ellesnous intéressent tous. Mais nous avons le nôtres : les consulaires. Les dernières élections consulaires ont connu un taux de participation de 7.5%. Les législatives 19%. Moins de votants (200.000) que de lecteurs de lesfrancais.Press.(Vous êtes 300.000) Puissent nos informations et nos provocations inciter à la défense et illustration de la démocratie par le vote, plutôtque la râlerie. Le plus grand danger pour la démocratie, ce ne sont pas les mauvais dirigeants (y en eut-il jamais de bons ?) ni les populistes, ni les dictateurs, ni les démagogues,ni les idéologues, ni même les fascistes, les communistes, les multinationalesou les islamistes et terroristes. Le plus grand danger, c’est l’indifférence. C’est pourquoi il faut saluer les génies américains : on ne peut pas êtreindifférent à des scénarios surprises. Mais ce n’est pas une série télé. Après, c’est la vraie vie. Avec des guerres, des épidémies, des emplois et des enfants à l’école. Ou pas.

  • L’ambassadrice canadienne fustige l’attitude de la France sur le CETA

    L’ambassadrice canadienne fustige l’attitude de la France sur le CETA

    L’ambassadrice du Canada en France, Isabelle Hudon, a haussé le ton mercredi et fustigé le « Canada bashing » entendu selon elle lors du débat parlementaire sur l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada (Ceta) qui n’a pas encore été ratifié.

    « Au cours de la dernière année et particulièrement lors du débat sur le Ceta de l’été dernier (à l’Assemblée nationale), j’ai entendu des propos franchement choquants sur le Canada et son agriculture, comme si nos fermiers produisaient sans normes une nourriture dangereuse et de piètre qualité », a affirmé l’ambassadrice lors d’une audition au Sénat.

    « Le terme français pour ce que j’ai entendu est presque l’agribashing, voire le Canada bashing », a ajouté l’ambassadrice. « Je ne veux pas laisser dresser un portrait faussé au service de certaines postures politiques », a-t-elle affirmé.

    « Je ne veux plus voir mon pays abîmé, injustement taxé des pires maux sanitaires et environnementaux », a-t-elle insisté face aux sénateurs.

    « Je vous demanderais de considérer que les agriculteurs canadiens, tout autant que les agriculteurs français, méritent notre respect. Ils font face aux mêmes pressions que les vôtres, des normes toujours plus strictes et des exigences des consommateurs toujours plus élevées », a-t-elle affirmé.

    Isabelle Hudon a rappelé les hausses des exportations agricoles françaises vers le Canada depuis l’entrée en vigueur partielle de l’accord il y deux ans, avec notamment une progression de 11 % des vins français qui ont ainsi ravi la première place à ceux des États-Unis.

    « Avec le Ceta, le Canada tend la main à l’Europe et à la France », a affirmé l’ambassadrice, qui a prévenu les sénateurs français du « message géopolitique » qu’ils enverraient à son pays en rejetant l’accord commercial.

    « Ce serait une sacrée gifle s’il fallait que le premier vote contre [le Ceta dans l’UE] vienne de la France », a-t-elle estimé.

    Négocié pendant plus de sept ans, « l’Accord économique et commercial global » (AECG) — en anglais Ceta — avait été approuvé par le Parlement européen en février 2017. Il supprime notamment les droits de douane sur 98 % des produits échangés entre l’Union européenne et le Canada.

    Fin juillet, l’Assemblée nationale française avait approuvé le Ceta par 266 voix contre 213 et 74 abstentions. Mais 9 députés du parti présidentiel LREM s’étaient prononcés contre et 52 s’étaient abstenus. La droite avait voté contre.

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