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  • Chômage en France, retour au niveau d’avant la crise de 2008

    Selon les données diffusées, jeudi 13 février, par l’Insee, le taux de chômage a diminué de 0,4 point au dernier trimestre 2019 (de 0,7 point en douze mois), pour atteindre 8,1 % sur l’ensemble du territoire – outre-mer compris, à l’exception de Mayotte. C’est son plus bas niveau depuis fin 2008, mais il reste supérieur à la moyenne des pays occidentaux.

    Allocataires de l’assurance chômage en baisse

    Autre évolution encourageante : la proportion de personnes qui occupent un poste poursuit son ascension, se situant désormais à près de 66 % chez les 15-64 ans (+ 0,4 point en un an, avec un bond encore plus net chez les seniors). La qualité de l’emploi demeure également bonne puisque la part de titulaires d’un CDI remonte au même seuil qu’il y a douze mois (à 49,3 %). Quant aux individus en situation de sous-emploi (c’est-à-dire qui aimeraient effectuer un plus grand nombre d’heures), ils sont relativement moins nombreux (– 0,5 point en un an).

    Ces résultats sont imputables à la situation favorable qui continue de prévaloir sur le marché du travail. Au cours des trois derniers mois de 2019, l’emploi salarié dans le secteur privé s’est accru de 0,2 %.

     Sur l’ensemble de l’année 2019, le nombre de personnes employées dans les entreprises a augmenté de 210 000 (soit + 1,1 %). La dynamique fut donc bien meilleure en 2019 par rapport à l’exercice précédent (+ 163 000, en valeur absolue, en 2018), mais elle s’avère nettement moins éclatante que celle relevée en 2017 (+ 329 700). Dans ce faisceau de tendances flatteuses, deux faits, au moins, méritent d’être signalés : l’industrie, qui ne cessait de s’étioler depuis le début des années 2000, a vu ses effectifs s’étoffer légèrement, de janvier à décembre 2019, avec 7 900 créations nettes de postes, et le secteur de la construction a confirmé qu’il avait retrouvé des couleurs (+ 42 200).

    Les mesures d’allègement du coût du travail, notamment pour les personnes les moins qualifiées ; l’assouplissement des règles encadrant la relation entre travailleurs et employeurs, qui réduit la peur de l’embauche ; le développement de l’apprentissage et gros efforts en matière de formation continue pour les personnes éloignées du monde de l’entreprise, sont à mettre au crédit du gouvernement.

    Mais le nombre de personnes sans emploi augmente tout de même

    L’autre raison c’est l’exclusion des statistiques de toutes les personnes désireuses de retrouver une activité sans pour autant être considérées comme chômeuses car ne remplissant pas certaines conditions (par exemple effectuer des recherches assidues pour décrocher un poste). C’est que l’Insee appelle pudiquement le halo du chômage. Et là « Leur nombre augmente de 59.000 entre les troisième et quatrième trimestres 2019 », souligne l’Insee. Pas moins de 1,7 million de personnes étaient dans cette situation en fin d’année dernière. Pour l’ensemble des personnes entre 15 et 64 ans, il progresse de 0,2 point sur l’ensemble de l’année et atteint 4 %. « Son plus haut niveau depuis 2003 », souligne l’Insee…

  • Expatriés en Amérique du Sud : quels risques ? Panorama après l’agression d’un français sur le chemin de la Boulangerie !

    Un Français a été blessé par des voyous, ce lundi matin (10), à Copacabana, dans la zone sud de Rio, lors d’une tentative de braquage. Selon la police, vers 5h30, Maurice Pacôme Valere, 47 ans, est sorti de la maison pour acheter du pain et a été attaqué par deux adolescents. Alors qu’il est installé avec sa femme et ses deux enfants depuis 15 ans à Rio, c’est la première fois selon son épouse que son mari subit une tentative de vol

    Blessé au bras gauche par une lame, notre compatriote a marché pour demander de l’aide, mais a fini par s’effondre à l’entrée de la station de métro Cardinal Arcoverde. La police a fait des recherches dans la région pour retrouver ces deux mineurs., un de 13 et 14 ans, soupçonnés d’être impliqués dans le crime ont été déférés à la 12ème DHP (Copacabana), où l’affaire sera enregistrée.

    L’ Amérique du sud a une réputation de continents de tous les dangers, presque autant que le coeur de l’Afrique. Et ce n’est pas le rapport publié par le « Latin Business Chronicle » chaque année qui le démentira. Dans cette étude qui repose sur plusieurs analyses statistiques, le Vénézuela et Haiti sont considérés comme les pays les plus dangereux pour les expatriés.

    Petits tours des risques rencontrés par nombre d’expatriés français en Amérique du sud et Caraïbes. Aujourd’hui, la population française sur ce continent flirte avec les 100 000.

    Les risques de sécurité au Vénézuela

    Types de risque : violence, délinquance.
    C’est actuellement le pays le plus « risqué » d’Amérique du sud pour les expatriés, avec 19.000 homicides recensés en 2009 sur le territoire. Le MAE appelle à la plus grande vigilance pour les déplacements dans les zones suivantes : Cumana (Paria et Araya), la péninsule de Paraguana, au nord de la ville de Coro, l’entrée de la lagune de Maracaïbo, l’île de Margarita, l’île de Los Testigos. Prudence également pour les déplacements dans les quartiers Ouest et Centre de la capitale Caracas, de loin la ville la plus dangereuse du pays.
    Contact ambassade de France à Caracas : (0212) 909.65.00.

     

    Les risques de sécurité en Colombie

    Types de risque : violence/criminalité/séisme.
    Du point de vue de la criminalité, les expatriés/voyageurs doivent être particulièrement vigilants dans les zones suivantes : quartiers est de Bogota, quartiers nord et ouest de Medellin, la ville de Cali, Carthagène, Santa Marta et Leticia. Le MAE indique que les incidents surviennent surtout la nuit tombée. Il recommande par ailleurs d’éviter tout déplacement dans les zones rurales (en raison de l’activité des mouvements de guérillas) de : Bolivar, la Guajira, Cauca, Huila, Caqueta, Guaviare, Magdalena, Valle del Cauca, Choco, Meta, Cordoba, Sucre, Cesar, Putumayo, l’Arauca, Nariño et Norte Santander, ainsi que le nord-est du Boyaca et les municipalités périphériques de l’Antioquia.
    Contact de l’ambassade de France à Bogota (urgence) : tel : (57.1) 638 15 64.

     

    Les risques de sécurité au Pérou

    Types de risques : vols, agressions, risques sismiques et climatiques
    La criminalité est assez élevée dans les villes de Lima, Arequipa (enlèvements) et Cusco, plus particulièrement la nuit. Le MAE déconseille formellement les déplacements dans la vallée de l’Ene et de l’Apurimac et dans les régions d’Ayacucho et de Junin (narcotrafic).
    Contact de l’ambassade de France à Lima. Tel : 215.84.00 (24/24)

     

    Les risques de sécurité en Bolivie

    Types de risque : enlèvement, violence, infrastructure routière, risque naturel.
    Le MAE recommande d’éviter la ville de Copacabana, située au bord du lac Titicaca à la frontière entre le Pérou et la Bolivie. Il conseille par ailleurs aux voyageurs de privilégier les voyages par des compagnies de bus régulières pour les déplacements à l’intérieur du pays (notamment pour visiter le désert du Salar d’Uyuni).
    Assistance de l’ambassade de France (La Paz) tel : 214.99.00 ou 775.93.158

     

    Les risques de sécurité au Mexique


    Types de risque : délinquance, enlèvement, cyclone, séisme
    Le MAE signale une recrudescence des faits de délinquance à l’aéroport de Mexico. Outre Mexico, il invite à la prudence dans les villes comme Tijuana (Basse-Californie du nord), Ciudad Juarez, Chihuahua (Etat de Chihuahua), dans l’Etat du Michoacan, dans l’Etat du Nuevo Leon ainsi qu’à la frontière avec l’Etat du Tamaulipas (nord-est). Il signale également une poussée de violence dans la ville de Monterrey et son agglomération (Université), dans l’Etat du Nuevo Leon.

    Permanences consulaires : Tel: 00.52.55.91.71.97.07, Cellulaire: 00.52.1.55.54.06.86.64.

     

    Les risques de sécurité au Honduras

    Types de risque : enlèvement, violence, cyclones
    Le MAE signale une recrudescence de faits de violence (agression, enlèvement, extorsion) dans différentes régions et villes du Honduras, et notamment : les départements du nord (Cortès, Atlantida et Colon), notamment la ville de San Pedro Sula et le département de Copán ainsi que Tegucigalpa.
    Ambassade de France à Tegucigalpa, Numéro d’urgence (24h/24) : (504) 999.261.56

  • En plein Paris, l’agriculture bio s’empare des parkings en jachère

    À Paris comme dans beaucoup de villes européennes, le nombre de voitures recule, laissant vides d’immenses parkings souterrains. Cycloponics reconquiert ces territoires urbains à grand renfort de légumes bio.

    Faire pousser 200 kilos de légumes bio tous les jours pour livrer les épiceries locales dans Paris intra-muros est un sacré défi. C’est ce que font Jean-Noël Gertz et Théo Champagnat à « La Caverne », une ferme urbaine de 3500 m2 installée à la porte de la Chapelle depuis 2017. Mais sous terre, dans un ancien parking.

    C’est à Strasbourg que le jeune homme a eu l’idée d’utiliser les sous-sols. « Il y a des bunkers partout, j’ai commencé avec un local de 150 m2 là-bas. Mais les Strasbourgeois  étaient un peu réticents à l’idée d’abandonner leurs parkings ! » explique Jean-Noël Gertz, un des deux fondateurs de Cycloponics. Avec son associé, ils ont donc répondu à un appel d’offres parisien : celui d’une cité, dont les parkings vides étaient squattés par consommateurs et dealers de cracks. Voici maintenant plus de deux ans que le bio a remplacé le crack, avec à la clé une quinzaine d’emplois.

    Un climat d’automne toute l’année

    Un projet rendu possible par les compétences bien spécifiques des deux fondateurs : Jean-Noël Gertz est thermicien de formation, tandis que son associé est ingénieur agronome. « Il faut des conditions de températures très précises pour contrôler les maladies et faire pousser  des légumes bio. Donc dans un parking,  c’est surtout du génie climatique. Il faut reproduire l’automne en permanence : beaucoup d’humidité, mais aussi une ventilation renforcée », explique le jeune homme en montrant des séries de tuyaux d’aération ajoutés au deuxième sous-sol de la « caverne », où s’épanouissent pleurotes et shiitake, en hauteur et en rang d’oignons.

    Des petits paquets de paille hydrosoluble, stérilisés et emballés sont accrochés du sol au plafond, et les champignons poussent au travers de petits trous. Tout est calculé pour que les légumes aient une croissance optimale : l’air est saturé d’humidité, les endives poussent dans le noir, les champignons ont droit à quelques lumières LED. Mais le parking présente des avantages certains par rapport aux cavités calcaires habituellement utilisées pour faire pousser les champignons : celle du contrôle permanent et précis de la météo, et d’une meilleure stabilité thermique. C’est d’ailleurs pour cela que les légumes poussent non pas au premier, mais au deuxième sous-sol du parking, où la température est stable, en cas de canicule ou de grand froid.

    L’agriculture en parking permet aussi de mieux résister à la crise climatique : les parasites et autres insectes sont plutôt rares en sous-sol, même si les tubercules des endives et la paille achetés à l’extérieur peuvent aussi être des vecteurs de maladies, comme la sclérotinia qui a détruit une partie de la récolte d’endives cette année. Autre avantage des légumes cultivés en ville : ne respirant pas de la même façon, ils ne sont pas sensibles aux micro-particules comme les animaux.

    Des parkings inutilisés partout en Europe

    La société Cycloponics est aussi une des rares start-up parisienne à avoir plutôt trop de place que pas assez. Elle accueille donc d’autres structures dans ses immenses locaux, comme ce poissonnier norvégien et ses aquariums d’oursins péchés à la main en Arctique, ou d’autres projets qui font aussi pousser des végétaux en hydroponie.

    Elle vient aussi de remporter des appels à projets pour deux autres grands parkings dans le XIXe. « Dans Paris, comme dans beaucoup de capitales européennes, les gens n’ont plus de voiture, il y a trop de parkings, surtout dans les arrondissements les plus pauvres. Mais on a aussi visité des parkings inutilisés sur les Champs-Elysée, ce serait possible d’y faire quelque chose ! » assure l’entrepreneur.

    Son projet a de fait déjà suscité de l’intérêt d’autres capitales européennes, mais pour l’instant Cycloponics, qui est en train de lever 500 000 euros sur la plate-forme d’investissement responsable Lita, vise plutôt Bordeaux et Lyon pour son expansion, toujours pour faire des champignons et des endives bio.

    « On ferait bien d’autres choses, mais le règlement bio est strict. Et certains pays le défendent, comme l’Espagne qui ne veut absolument pas que les Pays-Bas puissent cultiver des fraises par exemple » souligne l’entrepreneur.

    À l’exception d’une aide au lancement pour jeunes agriculteurs, l’exploitation agricole ne reçoit aucune aide de la Politique agricole commune, qu’elle ringardise singulièrement, tout en appliquant à la lettre sa nouvelle stratégie « de la ferme à la fourchette » : difficile de faire plus près des consommateurs qu’en s’installant sous leurs pieds. L’entreprise livre chaque jour les épiceries bio, notamment grâce à une flotte de 20 vélos cargos.

    Un marché qui lui permet aussi de bénéficier de prix supérieurs, notamment grâce au réseau Biocoop qui propose une prime aux productions locales. Une prime qui est aussi le secret alors que la France a vu le nombre d’endiviers passer de 4000 endiviers à moins de 500 en vingt ans, et de 300 champignonnières à moins de 30.

  • L’économie n’est pas soluble dans le social

    La forte tension sociale en France a aussi des causes économiques : le coût croissant du logement, la faiblesse de la mobilité sociale, la dégradation de la structure des emplois, ainsi que la pression sur les systèmes de protection sociale due au vieillissement démographique. Ces tensions ne doivent cependant pas faire oublier que, en réalité, la situation économique de la France s’améliore.

    Le maintien de tensions sociales et d’un climat de défiance

    La France se caractérise par le maintien d’un fort niveau de tension sociale. La réforme des retraites contestée par une part importante de la population en est une des manifestations. Un des éléments clefs du malaise français provient des difficultés que rencontre la population pour se loger au sein des grandes agglomérations. L’augmentation des prix de l’immobilier favorisé par la baisse des taux d’intérêt s’explique également par le manque de logements. Depuis deux ans, le nombre de logements construits baisse. L’insuffisance de foncier constructible, la multiplication des contentieux sur les permis de construire, les règles d’urbanisme très contraignantes sont autant d’éléments qui pèsent sur la construction.

    D’un côté la population française augmente et se concentre, de l’autre côté les villes avec le soutien des électeurs refusent les immeubles de grande hauteur et privilégient les espaces verts ou de loisirs. La conséquence est que depuis 1999, le ratio du prix des maisons par rapport au salaire nominal a augmenté de plus de 40 points.

    Les transports constituent une autre source de tensions sociales. Avec la tertiarisation des activités, les emplois se sont concentrés au cœur des agglomérations quand la population est contrainte pour des raisons de coûts d’habiter en périphérie. Il en résulte un allongement des temps de transports. Les infrastructures n’ont pas suivi l’évolution de la population d’où un engorgement des routes et des transports publics. Le budget transport tend à augmenter surtout pour les habitants des périphéries éloignées du cœur des agglomérations.

    Depuis la fin des années 80, la mobilité sociale tend à se ralentir. Si près de 90% des candidats sont admis au bac, l’accès aux meilleurs établissements de l’enseignement supérieur reste réservé aux enfants des catégories les plus aisées. Certains établissements comme Sciences Po Paris ont créé des filières pour recruter au sein des établissements scolaires des zones d’éducation prioritaire mais cette pratique reste assez marginale. Le nombre de places dans les grandes écoles n’a pas augmenté à due concurrence de celui des bacheliers. Il en résulte une sélection plus forte. La réduction des effectifs industriels et des emplois dits intermédiaires complique l’ascension sociale. Dans les années 60 et 70, les salariés de l’industrie accédaient par leur travail et leurs compétences à des postes d’encadrement et de direction. La formation professionnelle est, par ailleurs, plus développée que dans les services où les entreprises sont de plus petite taille.

    La mobilité sociale en panne

    Moins de 10 % des enfants de parents agriculteurs ou ouvriers appartiennent à la catégorie des cadres ou des professions intellectuelles. En revanche, 50 % des enfants dont les parents sont cadres le deviennent également. En vingt ans, l’emploi industriel a diminué de 25 % quand celui dans les services domestiques a progressé de 20 %. Les emplois intermédiaires tendent à disparaître, Les emplois à faible salaire sont, en revanche, de plus en plus nombreux. L’écart de rémunération entre les salaires dans l’industrie et dans les services domestiques tend à s’accroître. En 2019, l’écart de rémunération était de 12 000 euros par an (salaire par tête dans l’industrie manufacturière de 41 0000 euros par an contre 29 000 euros dans les services domestiques) contre 7 000 euros par an en 1999 (salaire par tête dans l’industrie manufacturière de 25 0000 euros par an contre 18 000 euros dans les services domestiques).

    L’augmentation de la précarité avec le développement des emplois en CDD, intérim, temps partiel ou sous la forme de mico-entreprise contribue à accroître les tensions sociales. L’absence de perspectives rend très sensible tout projet de réforme concernant la protection sociale. Lors de ces trente dernières années, les prestations sociales ont rempli un rôle d’amortisseur des crises. Elles ont permis le maintien du niveau de vie d’une partie de la population. Le vieillissement de la population constitue un défi collectif et une source de craintes majeures pour la population et source de tension entre générations.

    La proportion des plus de 65 ans devrait passer de 16 % en 1999 à 27 % en 2040, le taux actuel étant de 20 %. Ce vieillissement occasionne une progression rapide des dépenses santé et de retraite qui ont atteint 20 % du PIB en 2019 contre 17 % en 1999.

    Le système de retraite occupe une place très particulière en France. Il vise à assurer un niveau de vie décent aux anciens travailleurs mais il est aussi perçu comme un outil d’indemnisation des souffrances endurées durant la vie professionnelle. La sacralisation de la retraite rend, par ricochet, très difficile, toute réforme.

  • La Belgique, pays où réside plus de 250 000 français, manque de préparation pour assumer le Brexit

    La Belgique, quatrième plus gros partenaire commercial du Royaume-Uni, pourrait souffrir des conséquences économiques du Brexit.

    Après l’Irlande et Malte, la Belgique est le quatrième État membre qui sera le plus touché économiquement par le Brexit. Les emplois dans les secteurs alimentaire, administratif et textile sont les plus menacés.

    Un « Brexit dur », qui régulerait le commerce entre le Royaume-Uni et l’UE selon les normes de l’OMC, entraînerait la perte d’environ 42 000 emplois en Belgique, explique Hylke Vandenbussche, professeure d’économie à la KU Leuven.

    Même si les négociateurs parvenaient à un « Brexit doux » avec un accord à la clé avant le 31 décembre 2020, date butoir de la période de transition de 11 mois, les recherches d’Hylke Vandenbussche laissent entendre que 10 000 emplois disparaîtraient quand même.

    La Région flamande, qui compte actuellement à peu près 16 000 entreprises qui exportent vers le Royaume-Uni, connaîtrait le plus de difficultés économiques, en particulier entre Bruges et Courtrai, mais aussi à Anvers et à Gand. La production risque de baisser de 1,8 % et il est à craindre que les petites entreprises soient les plus durement touchées.

    Du côté wallon, c’est à Wavre, où se trouve le siège du géant pharmaceutique britannique Glaxo Smith Kline, que l’avenir demeure incertain.

    Hylke Vandenbussche explique que même si des taxes douanières, imposées dans le cas d’un scénario sans accord, venaient à hausser les prix et à faire baisser la demande des deux côtés de la Manche, 70 % de l’impact négatif du Brexit résiderait en fait dans les effets indirects de celui-ci.

    « Il faut considérer la chaine de valeur dans son entièreté, et pas uniquement le commerce de marchandises », indique la professeure d’économie.

    Alors, à quel point les autorités belges sont-elles prêtes à faire face au Brexit ?

    « [Elles ne le sont] pas vraiment », affirme Hylke Vandenbussche. Elle renvoie à une enquête réalisée par le gouvernement belge en 2018, qui révèle que seuls 25 % des firmes de Belgique étaient prêtes à affronter le Brexit. « Et je suppose qu’il s’agissait surtout de grandes entreprises… Il en va donc de l’intérêt commun de prolonger [le plus possible] les délais », souligne-t-elle.

    Les recherches de la KU Leuven avancent aussi qu’un « Brexit dur » augmenterait les inégalités régionales au Royaume-Uni, dont la concurrence internationale serait la plus entravée avec celle de l’Allemagne.

    Mais Hylke Vandenbussche pense qu’une rupture brutale sera évitée.

    Selon la professeure, « une sorte de “mini accord” sera conclu à la fin de l’année ». Il couvrira probablement les secteurs que l’UE considère comme étant les plus vulnérables à un « Brexit dur ».

    « Mathématiquement, il est presque impossible de [finaliser le nouvel accord commercial] en un an », ajoute-t-elle.

    Il y a fort à parier que l’UE, à l’instar du Royaume-Uni, mettra en place ses propres instruments de financement en soutien aux régions les plus touchées par le Brexit.

    À terme, des fonds européens seront débloqués pour compenser les pertes causées par le Brexit. Tout dépend de la manière dont ce dernier se concrétisera. Mais même si l’UE parvient à un plein accord avec le Royaume-Uni, il se traduira toujours par quelques pertes — que le Brexit soit « doux » ou « dur ».

    Selon Hylke Vandenbussche, l’interrogation fondamentale porte sur la direction que prendra le Royaume-Uni en ce qui concerne ses accords commerciaux futurs.

    D’après elle, le Royaume-Uni considère le Brexit comme l’occasion de s’éloigner pour de bon de l’Europe en matière commerciale pour s’intégrer à la « coalition gagnante » qui comprend les États-Unis, le Canada, le Japon et la Chine.

    Cette nouvelle situation économique demanderait à son tour une réévaluation complète des politiques industrielle, militaire et de sécurité de l’UE.

  • Les élections consulaires en zones de guerre 2/2

    Comme nous l’avions indiqué dans un précédent texte , il existe parmi nos 2,5 millions de compatriotes expatriés un certain nombre de personnes qui se trouvent dans des zones de conflit.

    Syrie, Mali, Liban qui ne vit pas une situation insurrectionnelle mais est dans un climat très compliqué, Amérique du Sud…

    Certains conflits sont oubliés. Les émeutes au Chili ont fortement mobilisé la jeunesse locale sans pour autant enthousiasmer le monde. Pour autant, et comme la conseillère consulaire sur place Laure Hélène Filhol, nous le rappelle, le couvre-feu dura 10 jours.

    10 jours de tensions entre le gouvernement et en particulier une jeunesse en colère.

    Est-ce une exception ? Sans doute pas. Au Liban, à Beyrouth mais aussi dans les autres grandes villes du pays, la colère gronde. Contre une certaine oligarchie, contre une corruption évidente, contre un système.

    Entre le rejet des élites et la révolution

    Plusieurs sujets animent les révoltés : le rejet évident de certaines élites, mais aussi un destin révolutionnaire. Ce paradoxe est au cœur de la révolution en Tunisie : rejeter Ben Ali et sa clique mais pour faire quoi ?

    Manel, Belgo-Tunisienne très impliquée nous résume les paradoxes : « Ben Ali c’était l’Etat laïque, que proposent les islamistes sinon les ténèbres ? »

    Chaque révolution a son lot de sang et de souffrances, c’est un fait historique et la révolution française ne fait pas exception.

    Pour autant, chacune a une ambition. Un objectif, un rêve.

    De quoi rêve la jeunesse tunisienne sinon de prospérité et d’accès aussi à l’autre rive de la méditerranée ?

    De quoi rêve la jeunesse malienne sinon de paix et de stabilité ?

    Et ceux de Hong-Kong, qui ne sont dans la République Populaire de Chine, et encore dans le mécanisme « un pays deux systèmes », que depuis 1997, de quoi rêvent-ils ? Peut être pas du Prince Charles comme vice-souverain de leur colonie, mais sans doute pas non plus de Xi Jinping portant un masque en annonçant que tout se porte dans le meilleur des mondes …

  • Alexandre Benalla tente de devenir assistant parlementaire du député des Français de Suisse

    Les deux hommes partagent un certain goût pour la polémique et une passion des réseaux sociaux . Joachim Son Forget, député des Français de Suisse et du Liechtenstein élu sous l’étiquette LREM avant d’en claquer la porte, a souhaité qu’Alexandre Benalla, ancien garde du corps d’Emmanuel Macron avant d’être emporté dans une affaire rocambolesque lors d’émeutes à Paris, devienne son assistant parlementaire au Palais Bourbon.

    Ils se connaissent et s’apprécient. Alexandre Benalla avait, il y a quelques jours, partagé une photo dans un avion privé en compagnie de l’élu. Joachim Son Forget, qui a récemment annoncé avoir lancé sa propre formation politique, et qui à Paris affiche son soutien à Rachida Dati contre les candidats Benjamin Grievaux et Cédric Villani, alors que ce dernier bénéficie du soutien de la députée d’Amérique du Sud Paula Forteza , a ainsi proposé à M. Benalla de devenir son assistant parlementaire.

    Un emploi bénévole rejeté par l’Assemblée Nationale

    Alexandre Benalla et Joachim Son FOrget sur Twitter

    La proposition était particulière : il s’agissait d’une mission entièrement bénévole et motivée par le fait que M. Benalla soutient la formation du nouveau mouvement de M. Son Forget.

    Pour autant, l’Assemblée Nationale a refusé cette embauche selon nos confrères du Figaro. Motif : Alexandre Benalla a crée une société active dans le lobbying et les relations avec les institutionnels et les politiques, ce qui est interdit par le règlement intérieur de l’assemblée pour les collaborateurs occasionnels.

    Une solution serait cependant possible pour M. Benalla : qu’il signe un contrat de travail et en parallèle renonce à ses activités annexes.

    Joaquim Son Forget, né à Séoul, membre du PS avant de rejoindre LREM, est un médecin qui exerce comme radiologue à Lausanne. La communauté française inscrite sur les listes consulaires en Suisse est la plus importante au monde, elle est largement répartie dans les zones francophones de la fédération et en particulier autour de Genève et de Lausanne. Elle a très largement plébiscité Emmanuel Macron lors de l’élection présidentielle avec près de 87% au deuxième tour dans le canton de Genève, 85% à Vaud, 78% à Fribourg.

    Joachim Son Forget est aujourd’hui en retrait de LREM tout comme Alexandre Benalla n’a plus de contacts avec le Président de la République. Est-ce la raison de leur rapprochement, ou est-ce une nouvelle tentative de faire le buzz ?

  • Les eurodéputés poussent Paris à faire plus pour le budget européen

    Les élus européens en charge de la négociation du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) sont venus chercher le soutien de la France, avant des discussions  décisives pour le futur budget européen.

    L’équipe du Parlement européen en charge de la négociation du budget est venue plaider sa cause le 10 février à Paris. En amont d’une quinzaine chargée pour l’avenir du budget de l’UE,  les négociateurs du Parlement sont venus dans la capitale française pour convaincre la France de soutenir un budget ambitieux, face aux partisans d’un budget restreint.

    Les deux corapporteurs du Parlement européen, le polonais Jan Olbrytch (PPE) et  la Portugaise Margarida Marques (S&D), le président de la commission des budgets Johan Van Overtveldt (ECR) et les deux co-rapporteurs sur les ressources propres, Valérie Hayer (Renew) et José Manuel Ferandes (PPE) ont ainsi rencontré la secrétaire d’État aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, ainsi que des membres du cabinet d’Emmanuel Macron.

    Objectif : faire de la France un allié dans la bataille budgétaire qui s’ouvre cette semaine sur le futur cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE. Et qui s’annonce encore plus épineuse qu’à l’ordinaire avec le départ du Royaume-Uni de l’UE, qui entraine un manque à gagner dans le budget européen.

    « Maintenant que le Brexit est acté, la question c’est de savoir si nous voulons garder une Union européenne au même niveau d’ambition. Et on ne peut pas s’engager sur des priorités politiques sans garantir que le budget va suivre »  prévient Johan Van Overtveldt.

    L’équipe parlementaire est venue défendre la proposition du Parlement européen, qui souhaite que le budget de l’UE pour la période 2021-2027 représente au minimum 1,3% du RNB des 27 États membres. Une proposition ambitieuse qui va au-delà de celle de la Commission européenne qui avait mis sur la table en 2018 un budget représentant 1,11% du RNB des pays européens.

    Bataille des « frugalistes » contre les « amis de la cohésion »

    Mais du côté des États membres, les positions sont divisées. D’un côté  les « partisans de la frugalité »  (Autriche, Allemagne, Pays-Bas, Suède et Danemark) souhaitent que le budget de l’UE soit plafonné à 1 % du RNB

    Les camps des « amis  de la cohésion » (Espagne, Portugal, Grèce, Bulgarie, Croatie, Chypre, République tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne,  Roumanie, Slovaquie et  Slovénie) ont quant à eux une position plus alignée avec celle du Parlement. Bénéficiaires de la politique de cohésion de l’UE, ils ont signé une déclaration au Portugal le 1er février pour un budget ambitieux.

    « La France se trouve quelque part entre les deux groupes », explique Jan Olbrytch. État pivot dans la bataille, le ralliement de la France à l’un ou l’autre des camps pourrait donc faire pencher la balance à l’occasion des discussions à venir. Le Parlement européen doit aborder le sujet le 12 février lors de sa session plénière. Et une réunion extraordinaire du Conseil européen est prévue le 20 février pour mettre sur la table un compromis négocié entre les 27 chefs d’État  et de gouvernement.

    «Nous sommes prêts à négocier avec le Conseil et à négocier vite. Mais sur la base d’une proposition raisonnable. Je n’imagine pas que cette proposition puisse être en deçà de ce qu’a proposé la Commission » a prévenu José Manuel Fernandes.

    « Nous avons eu une conversation intéressante avec la France. La question de la contribution nationale au budget européen est un sujet qui est sensible, mais il y a des ouvertures sur la question des ressources propres » a détaillé Johan Van Overtveldt.

    Certaines priorités françaises –telles que le maintien du budget de la Politique agricole commune, de la politique de cohésion et de la révision rapide des rabais sont aussi « des points de convergences avec la position du Parlement » poursuit le président de la commission des budgets.

    La délégation de parlementaire a également rencontré le ministre allemand en charge des Affaires européennes, Michel Roth. « L’Allemagne a une position très arrêtée, mais je pense qu’il y a tout de même des marges de manœuvre », a affirmé Valérie Hayer. Les sujets des mécanismes de solidarité dans la transition écologique ainsi que celle du respect de l’État de droit pourraient favoriser une détente de la position allemande. « L’Allemagne pourrait aller au-delà de sa position si le budget est destiné à financer des politiques « modernes » comme le climat ou la migration » a renchéri Margarida Marques.

    Ressources propres

    La question des ressources propres, qui permettraient de réduire la dépendance du  budget européen aux contributions nationales via la mise en œuvre de taxes européennes alimentant directement le budget de l’UE a aussi été abordée. La France est très favorable au développement de ce type de ressources, mais la réalité de leur mise en œuvre demeure incertaine.

    Parmi les pistes possibles, la taxe sur les plastiques non recyclés ou la taxe sur les activités numériques pourraient être mises en œuvre rapidement. Mais d’autres hypothèses comme le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières prendront davantage de temps.

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