Réforme des retraites : Une mobilisation en replis, une grève qui s’enracine !

Réforme des retraites : Une mobilisation en replis, une grève qui s’enracine !

10 janvier 2020 Non Par redactionafp

Pour la 4e fois depuis le début de la grève, les opposants à la réforme des retraites s’étaient donnés rendez-vous ce jeudi 9 janvier. Les syndicats exigeant le retrait du projet, menés par la CGT et FO, étaient à l’origine de cette nouvelle journée interprofessionnelle de mobilisation.

La journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites a réuni 452 000 manifestants dans l’Hexagone dont 56 000 à Paris, selon un décompte du ministère de l’intérieur. Lors de la journée d’action du 17 décembre, 615 000 personnes avaient défilé dans dont 76 000 à Paris, selon le ministère.

De leur côté, les syndicats ont revendiqué près de 1,3 million manifestants dans 65 cortèges, dont 370 000 selon la CGT. Un chiffre qui tombe à 44 000 pour la manifestation parisienne selon le comptage du cabinet Occurrence qui avait dénombré 72 500 manifestants parisiens le 17 décembre.

Dans le détail, ils étaient 22 000 à battre le pavé à Marseille, 14 000 à Toulouse, 11 000 à Lyon, 10 000 à Bordeaux, 8 400 à Nantes, 7 500 à Caen, 7 400 à Rouen... selon les chiffres communiqués par la police ou les préfectures.

À Paris, la grande manifestation entre la place de la République et la place Saint-Augustin, s’est élancée vers 14 heures. Quelques tensions ont été observées, notamment dans le défilé parisien, au niveau du boulevard Magenta.

Plus tard, à l’approche de la place Saint-Augustin, la situation s’est de nouveau quelque peu dégradée à Paris. Autour de 16 h 30, l'ambiance s'est soudain tendue en tête du cortège : les force de l'ordre ont répondu par des charges et des tirs de gaz lacrymogène à des jets de projectiles. Auparavant, seize personnes avaient été interpellées selon un bilan de la préfecture de police donné à 16 h 15.

En fin de matinée, la cité phocéenne avait donné le coup d’envoi des défilés dans les grandes agglomérations.

Le 5 décembre, au premier jour du mouvement, entre 806 000 personnes, selon le ministère de l’intérieur et 1,8 million selon la CGT avaient battu le pavé dans toute la France, un score qui n’a plus été égalé les 10 et 17 décembre.

SNCF : selon les chiffres dévoilés par la direction de l’entreprise publique, 32,9 % des cheminots sont en grève pour cette quatrième journée de mobilisation nationale, dont 66,6 % des conducteurs de train, 57,6 % des contrôleurs et 37,4 % des aiguilleurs.

Éducation nationale : le taux de grévistes est de 18,81 % dans le primaire et de 16,49 % dans le secondaire (collèges et lycées) selon le ministère, et de respectivement 40 % et 50 % d’après les syndicats. Chez les Français de l'Etranger, le taux de participation fût très faible

Outre des manifestations, les grévistes ont organisé un certain nombre d’actions pour appuyer leurs demandes. Ainsi environ 400 manifestants ont filtré dans la matinée l’accès à la centrale nucléaire de Gravelines, sur le littoral du Nord.

Dans le même temps, quelques centaines d’avocats en grève ont bloqué dans la matinée les entrées du tribunal de grande instance de Lille, empêché la tenue des audiences et jeté leurs robes à terre. En fin de matinée, une vingtaine d’avocats formaient toujours un cordon devant le palais de justice alors qu'entre 200 à 300 assistaient à une assemblée générale dans une salle d'audience bondée. A Roanne également les avocats se sont mobilisés. Un « acte de malveillance » sur un poste électrique a par ailleurs entraîné la coupure de l’électricité pour quelque 2000 foyers et entreprises d’Hazebrouck (Nord) pendant une heure trente jeudi matin, selon la communication pour le Nord-Pas-de-Calais d’Enedis.