Les fous sont sages

Les fous sont sages

janvier 13, 2020 0 Par Laurent Dominati

Trump a peut-être évité la guerre par un assassinat haut ciblé !

En éliminant Souleimani, il montre que les Etats-Unis sont prêts à s’impliquer, et ce quasiment sans risque, alors qu’Israël préparait son offensive contre les installations de fabrication nucléaires iraniennes. Les Iraniens n’ont pas vraiment les moyens de la riposte, sauf à construire la bombe, ce qui ne sera pas toléré. Trump le fou a changé la donne. Imprévisible, vraiment.

Boris Johnson réussit ses paris

En trois mois, il a fait plus que Teresa May en trois ans : Obtenir une majorité incontestable au Parlement, faire voter un accord avec l’U.E, rassurer sur le sort des citoyens européens et sur un accord de sortie qu’il veut rapide.

Emmanuel Macron, ayant condamné une nouvelle fois le colonialisme, adopte à nouveau une attitude très coloniale en convoquant les chefs d’Etat des pays du G5 Sahel à Pau, pour leur demander de s’engager vraiment. La pire menace n’est pas le néocolonialisme, mais le désengagement, qui condamnerait ces pays à la guerre civile et au chaos. La France peut-elle se retirer ? Hélas non. Peut-elle impliquer les Européens ? Sans succès. Peut-elle trouver de solutions politiques ? Si elle trouve des interlocuteurs, à commencer par l’incertaine Algérie.

Néocolonialisme ?

Voici Erdogan qui fait voter l’envoi de troupes turques dans l’ancienne Régence ottomane de Tripoli. Mais le Sultan qu’il n’est pas ressoude tout le monde contre lui, Russes, Algériens, Français, Egyptiens, Italiens, et offre un tremplin au Maréchal  Haftar, son ennemi.

Xi Jinping

Enfin l’homme le plus puissant du monde, le guide à la pensée géniale,  Xi Jinping, voit toujours  se dresser face à lui ces manifestants lilliputiens de Hong Kong. Pis : cette avocate qui refuse la main tendue de l’Empire du Milieu se fait réélire Présidente à Taïwan, une démocratie parlementaire qui vient de voter « le mariage pour tous ». Décadence occidentale.  De quoi écœurer Poutine.

Kaïs Saïed

En Tunisie, le mystérieux Président Kaïs Saïed, que l’on voyait comme un paravent des Islamistes d’Ennadha, reprend la main. Son voisin algérien, le mal élu Tebboune, entame la révision de la Constitution, et affronte toujours des manifestants qui ne se lassent pas. En Iran, ils crient à nouveau « A bas la dictature ! » contre les ayatollahs.

Et l’Europe ? Et la France ?

Et l’Europe ? Et la France ? L’Allemagne refuse de s’engager, même au Sahel, même en Méditerranée, et la France, qui parle avec tout le monde, s’interroge.  Elle vient de reconnaitre que l’Iran pourrait avoir la bombe en moins de deux ans. Il semble que la politique étrangère de la France souffre des mêmes incertitudes que sa politique sociale ou économique. En avant, en arrière, de quoi devenir imprévisible, elle aussi. Sans l’audace. Or c’est le moment d’en avoir.

Si l’on ne veut pas de la guerre, ce serait en effet le moment de prendre des initiatives, au Liban, en Syrie, en Lybie, au Sahel. Et peut-être aussi avec Alger et Tunis. Et même à Hong Kong et Taïwan.  « Les fous sont sages, les sages sont fous », écrivait Shakespeare.

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