La Première ministre, Elisabeth Borne, confortée à Matignon par Emmanuel Macron, va proposer des « ajustements » dans son gouvernement au chef de l’État.
Élisabeth Borne « souhaite des ajustements » pour son gouvernement et les proposera « cette semaine » au président, a appris BFMTV auprès de Matignon, peu après avoir été confortée à Matignon par le chef de l’État.
« L’objectif des 100 jours a été tenu et le calme est revenu. Le 14-Juillet a été un succès. La loi de programmation pour la Justice a été votée mardi soir à l’Assemblée nationale après le vote définitif de la loi de programmation militaire. Le pays avance. L’exécutif doit travailler et préparer la rentrée »
L’entourage du président de la République à l’AFP.
Prime à l’échec ?
À peine maintenue et déjà cible des critiques. Des élus de La France insoumise et du Rassemblement national tancent Emmanuel Macron ainsi qu’Élisabeth Borne, après que le président de la République a choisi de confirmer sa Première ministre à Matignon au nom de « la stabilité » et du « travail de fond« .
Les Insoumis voient en cette décision un choix par défaut. « Personne ne veut monter sur un bateau qui coule« , glisse Mathilde Panot, la cheffe du groupe parlementaire, avant que son collègue Aurélien Saintoul ne renchérisse dans une métaphore similaire.
« Ce n’est plus un gouvernement, c’est le radeau de la Méduse ! »
Aurélien Saintoul , député LFI
Borne présentera le budget 2024
Le document fixant le plafond d’évolution des crédits pour chaque mission assumée par l’État a été transmis au Parlement, ce dimanche 16 juillet. Il prévoit une baisse des dépenses de l’État de 4,2 milliards d’euros, annonce le ministre délégué chargé des comptes publics Gabriel Attal, une première depuis 2015.
« Le budget 2024, c’est le budget du désendettement vert »
Gabriel Attal, ministre du budget au journal Les Echos ce 18 juillet
Et c’est donc Elisabeth Borne qui tentera de faire passer ce budget à l’Assemblée nationale alors qu’elle ne dispose pas de majorité. Une épreuve qui risque de laisser des traces et entraîner la chute de la Première ministre. Pour certains observateurs, c’est la difficulté de la tâche à venir qui a poussé le Président de la République à ne pas nommer un nouveau Premier ministre afin de préserver la capacité d’action d’Emmanuel Macron jusqu’en 2027.
Quid des Français de l’étranger ?
Concernant l’avenir d’Olivier Becht au gouvernement, selon nos sources, rien n’a encore été tranché même si les difficultés rencontrées dans la gestion du déficit chronique du commerce international pourraient mettre le ministre au Commerce extérieur et aux Français résidant hors de France sur la sellette.
Eléonore Caroit, P-A Anglade, Amélia Lakrafi
Du côté des entrants, les rumeurs se sont intensifiées depuis hier autour du cas du député des Français du Benelux, Pieyre-Alexandre Anglade (Renaissance). Ce dernier, déjà chargé de la campagne du parti présidentiel pour les élections européennes, joue des coudes pour obtenir un siège dans le nouveau gouvernement.
Une autre personnalité, Eléonore Caroit, une jeune femme entre Europe et Amérique du Sud et députée pour ce continent, pourrait décrocher un périmètre comme symbole de modernisation. Enfin, on parle aussi d’Amélia Lakrafi, députée des Français d’Afrique de l’Est et du Moyen-Orient, à la Francophonie.
Tout au long de l’été, nous allons vous proposer une série dédiée aux faits et événements qui ont marqué la vie des expatrié(e)s du mois de juillet 2022 à juin 2023. Au coeur de notre ligne éditoriale, vous le savez, on retrouve la vie politique des Français de l’étranger. Ensemble, nous avons suivi l’actualité des élus consulaires, de nos sénateurs et députés sans oublier notre nouveau ministre délégué aux Français résidant hors de France, Olivier Becht.
Juillet 2022 : un nouveau ministre, Olivier Becht
Olivier Becht a été nommé ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, le 04 juillet 2022 dans le gouvernement d’Elisabeth Borne suite à la réélection d’Emmanuel Macron.
Cet Alsacien, ancien de Science-Po et énarque, a découvert l’expatriation lors de son stage à l’ambassade de France au Danemark, alors que le pays était chargé de la présidence tournante de l’Union européenne en 2002. De retour en France et diplômé, il s’investit dans son territoire d’origine, en étant élu maire de Rixheim, avant de prendre la vice-présidence du département du Haut-Rhin et d’être élu député depuis 2017, sous la bannière Agir (anciens UMP/LR qui ont décidé de rejoindre Emmanuel Macron dès 2017). Sa nomination lui permet d’accéder à son premier poste ministériel.
Ecoutez l’interview d’Olivier Becht du 11 septembre 2022
Olivier Becht
Blocage sur les cas de double imposition
Les cas de double imposition se multiplient actuellement ! De nombreux Français, de toutes catégories sociales : retraités, fonctionnaires, salariés ou investisseurs, se retrouvent dans cette situation inconfortable et lourde psychologiquement à vivre.
Double imposition
Que ce soit en Allemagne, en Belgique, en Espagne ou en Italie sans oublier la Grèce, les Etats européens ont du mal à s’accorder sur le partage des recettes fiscales liées aux expatriés. Dans le collimateur, les revenus issus de la fonction publique, que ce soit en tant qu’actifs ou en tant que retraités. En effet, le plus souvent, les conventions prévoient que ce soit l’Etat qui émet le salaire ou la pension qui fiscalise ledit revenu. Mais en cas de double nationalité, de séjour prolongé, les soucis arrivent.
Début avril, le parcours législatif de la résidence d’attache ou de repli, selon le parti qui porte le projet, fut amorcé par les sénateurs « Les Républicains ». Ce texte prévoit la création d’un nouveau statut de résidence pour les Français de l’étranger, soit une troisième catégorie de résidence en France, entre « principale » et « secondaire ». Si le gouvernement a accueilli favorablement la proposition de loi, il s’est opposé à une généralisation du dispositif. Rappelons que cette idée a germé après l’épisode de pandémie qui a laissé à la porte du territoire national de nombreux compatriotes. Ce statut permettrait d’obtenir des droits similaires aux résidents tant pour les occupants que sur le plan fiscal (et ainsi éviter la taxe sur les résidences secondaires).
Afin d’avancer sur cette mesure, qui était aussi inscrite dans le programme présidentiel de 2022 sous le terme « résidence de repli », le projet du sénateur LR Ronan Le Gleut lui s’intitule « résidence d’attache », à l’initiative du député des Français de l’Europe centrale et des Balkans Frédéric Petit, Gabriel Attal, le ministre du Budget, a créé un groupe de travail réunissant parlementaires et experts.
Débat sur le budget 2023 dédié aux Français de l’étranger
Comme chaque automne lors du débat sur la Loi de Finances, les sénateurs et députés des Français de l’étranger ont déposé de nombreux amendements, nous en avons fait écho tout au long des débats, mais au final, aucun ne fut retenu.
A la première lecture du budget, on peut se satisfaire car les budgets dédiés aux Français de l’étranger et aux agences et services connexes ont été augmentés de façon significative, comme le souligne la sénatrice Samantha Cazebonne, tête de file des élus des Français de l’étranger du camp présidentiel (Renaissance).
Samantha Cazebonne
Pour l’opposition, l’augmentation du budget est donc liée à des éléments conjoncturels et à des dépenses obligatoires et non à une volonté du gouvernement de soutenir ses citoyens résidant hors de France.
Un sentiment que partagent de nombreux acteurs de la scène politique et ce alors que tous les amendements soumis par les parlementaires des Français de l’étranger, du camp présidentiel ou non, ont été retoqués par le gouvernement.
Une aide financière pour les expatriées victimes de violence conjugale
Associations, travailleurs sociaux, police, acteurs judiciaires, tous identifient un même frein qui complique souvent le départ du domicile des victimes de violence conjugale : le manque de ressources, ou tout du moins une « dépendance financière » vis-à-vis du conjoint violent. Pour donner à la victime « le temps de rebondir, le temps de faire valoir ses droits », la sénatrice des Français de l’étranger Evelyne Renaud-Garabedian (ASFE/LR) a fait adopter lundi 05 décembre un amendement permettant de débloquer une aide d’urgence pour les femmes expatriées qui seraient malheureusement dans cette situation.
Gabriel Attal a annoncé en mai 2023 que les sanctions seront durcies à l’égard des fraudeurs, notamment « pour les fautes les plus graves » pour lesquelles une « sanction d’indignité fiscale et civique » pourra être prononcée, sous la forme d’une privation de réduction ou de crédit d’impôt ainsi que du droit de vote « pendant une certaine durée », a dit le ministre. Il a également annoncé la création d’un service de renseignement fiscal à Bercy consacré à la lutte contre les grandes fraudes internationales, doté d’une centaine « d’agents d’élite » d’ici la fin du quinquennat, qui utiliseront les techniques de renseignement comme « les écoutes, la captation de données, la pose de balises ».
La cible des plus fortunés et des multinationales est donc clairement affichée. Elle a aussi des objectifs politiques : l’exécutif prend les devants par rapport à la publication d’une étude explosive de l’Institut des Politiques publiques (Ecole d’Economie de Paris), en collaboration avec la Direction générale des Finances publiques (DGFIP). Attendue à la fin mai, elle devait démontrer que les ultra-riches arrivent à éviter massivement l’impôt. Un évitement lié à des montages d’optimisation fiscale, parfois à la limite de la légalité. En mettant l’accent sur les grandes fortunes, Bercy veut aussi faire taire les critiques sur les « cadeaux » aux plus aisés et aux grandes entreprises, au début du premier quinquennat Macron.
Gabriel Attal
Les nouvelles mesures de lutte contre la fraude fiscale et douanière
Le plan dévoilé par le gouvernement précise les objectifs et les moyens qui seront mis d’ici 2027 pour lutter contre la fraude fiscale et douanière :
Les effectifs du contrôle fiscal et de la lutte contre la fraude fiscale seront augmentés de 15% d’ici la fin du quinquennat, soit 1 500 équivalents temps plein (ETP) supplémentaires.
Création d’un Conseil de l’évaluation des fraudes, présidé par le ministre délégué chargé des Comptes publics et qui rassemblera les administrations compétentes, des personnalités et experts qualifiés et des parlementaires. Ils s’assureront de la fiabilité des estimations produites.
Restauration de la douane à la fois dans ses pouvoirs de constatation des infractions sur le terrain, mais aussi dans ses prérogatives d’investigation contre les trafics.
Création d’une cellule de renseignement fiscal avec plus de moyens contre la dissimulation d’avoirs à l’étranger dans les paradis fiscaux et les entités opaques comme les trusts, le recours à des cabinets de défiscalisation et l’optimisation abusive des grandes multinationales.
Création d’une initiative internationale en faveur de la transparence fiscale afin de partager plus rapidement et efficacement les informations utiles entre États.
Renforcement de la capacité de l’administration à détecter et sanctionner les prix de transfert abusifs des multinationales.
Extension du modèle de la « police fiscale » à toutes les fraudes aux finances publiques
Le Conseil Constitutionnel a procédé à l’annulation des élections de la députée des Français d’Amérique du Sud (IIème circonscription) Eléonore Caroit (Renaissance) et du député des Français du Maghreb, d’Afrique du Nord et de l’Ouest (IXème circonscription) Karim Ben Cheïkh(Génération.s/ NUPES) et à celle du député des Français du bassin Est de la Méditerranée Meyer Habib (UDI/LR).
Le vote en ligne remis en cause ?
Comme nous l’avons relayé dans le précédent article, les élus se sont inquiétés des conséquences de cette décision, ils craignaient que le vote en ligne ne soit tout simplement exclu des futurs scrutins.
Comme l’a souligné une députée NUPES, lors de la séance de questions au gouvernement du 24 janvier 2023, ce mode de scrutin est pourtant indispensable pour obtenir un taux de participation satisfaisant chez les Français de l’étranger.
Mais malheureusement, malgré la meilleure maîtrise par l’administration et le prestataire des paramètres techniques liés au vote en ligne, la participation est restée faible. En cumulant tous les modes de participation au scrutin, la participation fut de 11,84% dans la deuxième circonscription, de 10,82% dans la huitième circonscription et de 9,49% dans la neuvième circonscription.
Les résultats furent ainsi sans surprise, les 3 candidats sortants ont été réélus.
Résultats des élections législatives partielles
Mobilisation contre la réforme des retraites
Soutenus par des dons et instaurant une politique de tournante entre les établissements, les syndicats des professeurs, du personnel administratif et des directions ont inscrit leur action dans la durée tout au long de la mobilisation contre la réforme des retraites. En effet, la contestation a aussi été importante parmi les Français à l’étranger. Ainsi à Barcelone, Madrid, Bangkok, Rabat, Berlin et bien d’autres villes, des manifestations ont été organisées par les opposants au projet d’Emmanuel Macron.
Un de nos compatriotes installé en Espagne, s’est ainsi fait remarquer par les médias nationaux. Ainsi lors de la rencontre entre Emmanuel Macron à Barcelone et la communauté française, ce jeune homme a décidé de lui rappeler les enjeux en portant un t-shirt sur lequel était inscrit un message d’opposition. Action qui a entraîné son expulsion manu militari du gymnase du Lycée qui accueillait la rencontre.
Nous l’avions interviewé pour connaître ses motivations.
246 soldats indiens et quelques millions de dieux ont défilé sur les Champs Elysées pour le 14 juillet. Il y eut même des Rafales indiens dans le ciel de Paris.
Sébastien Lecornu a gentiment répondu sur la présence de Narendra Modi, le chef du gouvernement indien, dénoncée par certaines ONG : « Je comprends tous les débats. Il représente un pays d’un milliard quatre cents millions d’habitants.Si on regarde ce qu’est la France, heureusement que le jour de la fête nationale, nous avons le représentant de ce grand pays à nos côtés. »
Narendra Modi a fait condamner son principal opposant, l’héritier de la dynastie Nehru-Gandhi, il attise les conflits religieux, exalte le nationalisme hindou : la démocratie indienne n’est pas le pays de la non-violence. L’indépendance de l’Inde et du Pakistan s’est traduite, dans l’abandon britannique, par des déplacements de dizaines de millions de personnes, des massacres entre hindous et musulmans entre 700.000 et 1 million de morts. Modi rêverait de transformer l’Inde en Hindoustan. Difficile, dans un pays où se côtoient des centaines de religions et près de 20.000 langues.
« Qu’est-ce qui est le plus difficile ? Faire un État juste avec des moyens justes. »
Mais qui peut contester que l’Inde soit une démocratie, avec une presse libre, de vrais partis, des élections claires ? Qu’elle est même un des rares pays « décolonisés » à avoir conservé des principes démocratiques, à conserver l’idée d’un état de droit ?
Nehru, après l’indépendance : « Qu’est-ce qui est le plus difficile ? Faire un État juste avec des moyens justes. » Qui peut donner des leçons de gouvernance à un dirigeant élu et réélu d’un pays pauvre d’un milliard quatre cents millions d’habitants ? Il y a un siècle, les juges britanniques condamnaient Gandhi à six ans de prison pour « non-coopération » …
Qui peut contester que l’Inde ne menace personne ? Ni le Pakistan voisin, ni le Bengladesh, ni Ceylan, ni la Chine ? Qu’elle ne manipule aucune Corée du nord, aucune Biélorussie ? Qu’elle est une puissance nucléaire et vient d’envoyer, ce 14 juillet, une fusée sur la lune ?
La France : moins de 1 % du marché indien, trois à quatre fois moins que l’Allemagne.
Jacques Chirac, il y a 25 ans, avait imaginé un partenariat franco-indien. Il s’exerce, hélas, plutôt dans le domaine militaire, avec des manœuvres conjointes, des ventes d’armes, des échanges de technologies, que dans le domaine économique. La France n’est le 19ème client de l’Inde et son 29ème fournisseur : moins de 1 % du marché indien, trois à quatre fois moins que l’Allemagne.
Grâce au partenariat stratégique, l’Inde a choisi les Rafales, les sous-marins Scorpène, elle s’éloigne peu à peu de la Russie, son ami traditionnel, qui assure encore 50% de son armement. L’Inde craint la Chine autant que la Chine la craint, et se méfie des États-Unis, même si Biden vient de recevoir Modi pour une visite d’Etat et lui propose… une coopération militaire.
Géant démographique, bientôt économique, l’Inde reste un nain politique, trop pauvre pour avoir de l’influence sur les affaires du monde sinon par alliance et ricochet : 5ème pour le PIB mondial, mais 127ème pour le revenu par habitant. L’éducation est à la dérive, la santé aussi. Les inégalités sont incommensurables. L’ambition de Modi : vaincre la pauvreté, on devrait dire la misère.
Est-ce possible ? C’est presque certain. L’Inde a déjà fait des miracles : la Révolution verte. La dernière famine remonte à 1943 : 3 millions de morts. Amartya Sen lie la disparition de la famine à l’avènement de la démocratie : les dirigeants savent que le peuple compte. Narendi Modi vante ses succès : « Nous avons construit plus de 40 millions de maisons pour les pauvres et 110 millions de toilettes. Nous avons ouvert des comptes en banque à 500 millions de personnes et accordé 400 millions de microcrédits. Nous avons fourni du gaz à 90 millions de foyers, et 500 millions de personnes bénéficient désormais d’une assurance santé gratuite. Nous voulons faire de l’Inde un leader dans l’intelligence artificielle, dans l’informatique quantique, les semi-conducteurs, l’espace, et la défense. »
« La France et l’Inde sont les deux principales puissances riveraines dans l’Océan indien. »
Du partenariat stratégique avec la France jusqu’à une alliance, le pas est-il franchissable ? La France est le seul pays européen membre du Conseil de sécurité, la seule puissance nucléaire européenne, le seul pays à avoir une marine et un porte-avion, le seul à avoir une présence dans le Pacifique et dans l’Océan indien. Petite parmi les « grands », elle n’a plus aucune, et ne peut en avoir, d’ambition impérialiste. La France a des ingénieurs, des écoles, un système de santé, des atouts dans le nucléaire, l’agroalimentaire, l’énergie, la construction d’infrastructures, la gestion des déchets, l’eau, etc. « La France et l’Inde sont les deux principales puissances riveraines dans l’Océan indien. Notre partenariat est donc vital pour la paix et la stabilité dans la région indo-pacifique que nous voulons libre, ouverte, « inclusive », sûre et stable. Nous voyons la France comme l’un de nos principaux partenaires mondiaux. »
L’Inde se veut une puissance d’équilibre : « En parlant au nom du Sud, nous ne cherchons pas à nous placer dans une relation conflictuelle avec le Nord. Au contraire, nous recherchons l’unité. L’alternative serait un monde à la dérive, plus fragmenté, un monde opposant « l’Ouest au reste », un monde qui abandonnerait le terrain à ceux qui veulent un autre ordre. »
Il ajoute, à l’attention de ses amis russes : « Tous les pays ont l’obligation de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des autres pays, de se conformer au droit international et de respecter la charte des Nations unies. »
La convergence de deux modesties peut faire une belle alliance. A condition que l’économie suive.
Il y a eu le défilé militaire, parce que le temps est à la peur et aux armes. Il faut anticiper les défilés plus pacifiques, ceux de l’éducation, de l’intelligence, de la connaissance, du commerce, de l’innovation. L’Inde a beaucoup à nous apprendre. Lecornu a raison : c’est une chance de la recevoir. Et c’est un beau message porté au monde, à travers toutes les ambassades et toutes les célébrations du 14 juillet, que le premier pays du monde par sa population, première démocratie du monde, quoiqu’on dise, a choisi la France pour fêter avec elle sa fête nationale.
Devant quelques milliers de ses compatriotes, Modi a vanté l’amitié avec la France, a célébré le pays de la « Liberté, de l’égalité, de la fraternité ». Poutine, Erdogan, Ben Salman, Maduro, Xi Jinping, Aliev, Tebboune, et tant d’autres auraient-ils pu le faire ?
Si le dirigeant d’un pays qui compte un sixième des habitants de la planète vante notre devise à ses compatriotes et au monde entier, notamment aux pays du sud, essayons d’être à la hauteur.
La France est un petit parmi les grands, l’Inde (qui devrait être au Conseil de sécurité), un nain parmi les puissances. Ce n’est pas le nombre qui compte, sinon Chinois et Indiens auraient colonisé l’Europe et l’Amérique, et jamais l’Inde n’aurait été britannique, mais la convergence de deux modesties peut faire une belle alliance. A condition que l’économie suive.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Pour conclure notre série dédiée aux élections européennes de 2024, nous vous proposons une interview de Max Orville, député européen français. Ce parlementaire a la particularité d’être un Français de l’étranger par sa naissance, en effet il a vu le jour en 1962 dans la jeune république de Côte d’Ivoire, indépendante depuis 1960.
« Je me considère comme un Français de l’étranger et comme un expatrié »
Max Orville, député européen français – MoDem/RENEW
Candidat en 24ᵉ position sur la liste Renaissance aux élections européennes de 2019 pour le compte du MoDem, il entre au Parlement européen en mai 2022, à la suite de la nomination de Chrysoula Zacharopoulou au gouvernement comme secrétaire d’Etat à la francophonie.
Max Orville
Les Français de l’étranger, des Européens comme les autres
Les Français de l’étranger sont souvent installés dans l’Union européenne (environ 50% des 3 millions d’expatriés). Même s’ils ont posé leur valise sur un autre continent, ces Français peuvent compter sur l’Union européenne et la solidarité des Etats membres.
Revenant sur le travail des parlementaires entre Bruxelles et Strasbourg, Max Orville nous rappelle que tous les Français sont égaux face aux autres Européens et dans leur pays d’accueil aussi comme ailleurs.
« Je suis là pour tous les Européens, expatriés y compris »
Max Orville, député européen français – MoDem/RENEW
Quel compatriote vivant loin de l’Hexagone n’a jamais été touché par un profond sentiment de nostalgie ? Vivre loin de sa patrie de naissance c’est, certes, s’offrir la possibilité de tracer librement un itinéraire de vie singulier, loin du déterminisme des origines, et de se mêler au bouillonnement du monde. Mais vivre loin implique aussi de ressentir le poids de la distance quand on a laissé derrière soi des êtres chers et des terres aimées qu’on ne reverra que pour les vacances ou tout simplement jamais. La nostalgie faite du pincement au coeur de celui qui est parti n’est jamais loin.
« De la Lettre à France de Polnareff aux Lettres à la France du site Lesfrançais.press »
Quand Michel Polnareff écrit en 1977 sa « Lettre à France », il compose une ode languissante au pays qu’il a dû quitter précipitamment quatre ans plus tôt pour vivre en exil aux Etats-Unis. Cette chanson à succès est aussi un hommage à France Gall avec qui Polnareff a connu une idylle malheureuse.
A l’image de cette missive enflammée devenue célèbre, j’ai voulu interroger des compatriotes sur leur rapport intime à la France, sur leurs amours, souvent à l’origine de leur itinéraire de vie, les faire parler de leurs sentiments liés à une expatriation pas seulement décrite sous l’angle des choix professionnels, mais vécue à travers des anecdotes de vie, des rencontres, des virages négociés ou des bifurcations soudaines.
Nous avons demandé à nos interlocuteurs trois choses : de rédiger l’ébauche de leur propre « Lettre à France » et de me fournir la photographie de deux lieux chers et évocateurs, en France et dans leur lieu de résidence à l’étranger.
De cette mosaïque de mots et d’images se dégagent les portraits personnels de ces compatriotes de l’étranger qui forment la mosaïque de la France d’outre-frontière en même temps que les réminiscences de la France d’hier et d’aujourd’hui.
Varsovie, un soir de printemps. Un petit bar du centre aux lumières tamisées. Je suis attablé avec Pierre-Yves Heleut, Breton charpenté à l’oeil rieur et au sourire parfois mélancolique.
Le Breton de Rungis s’installe à Varsovie pour l’amour de Gosia, la fille au pair :
« Je pars à 27 ans en Pologne. C’est ma première escale. Je suis alors un Breton de Paris et je vis un célibat un peu fou-fou dans le Paris libéré de 1996 ».
Je bosse alors à Rungis dans l’import-export de fruits exotiques. Rungis ça brasse mais je rêve de partir loin. J’ai le virus de l’ouverture qui est arrivé tout petit. Mon père était prof d’anglais et avec lui j’ai eu la chance de voyager très jeune, dans des pays d’Europe, en camping. On bourlinguait en famille et c’était l’aventure. Mes premiers souvenirs de gamin sur la route c’est quand en 1985 on a un accident dans une Opel Ascona miteuse sur la route du Péloponnèse. On est secouru par un car entier qui s’arrête pour nous. En 86 on file en Hongrie. C’est juste après Tchernobyl. On appelle le ministère des Affaires étrangères pour être informés sur la radioactivité. On nous rassure et on se baigne tranquillement dans le lac Balaton. Aujourd’hui encore quand j’ai des réactions cutanées bizarres je me dis que c’est ça. Avec ces voyages j’apprends une première leçon : tu as autant de plaisir d’être chez toi que de revenir chez toi.
« Quand tu es Nord finistérien, être à Paris c’est synonyme de stagnation »
Quand tu es Nord finistérien, être à Paris c’est synonyme de stagnation. J’ai une grosse crise d’étranger. J’ai besoin de m’impliquer dans une autre culture et dans une autre langue. J’avais besoin de connaître les autres pour me connaître aussi. La personne que je rencontre est polonaise. Elle aurait été turque j’aurais été à Istanbul. Notre rencontre ? Ce jour-là je suis en train de regarder Téléfoot en pyjama, j’ai les yeux et les cheveux collés. Mon pote arrive et me dit « y a un pique-nique dans les jardins de Vincennes. J’hésite, je suis crevé. « Pierrot, fais pas le con, y aura des filles, viens ». Je suis au Kremlin-Bicêtre, avenue Eugène Thomas, on fonce.
J’arrive là-bas au bois : les filles sont toutes filles au pair. Mon pote drague une jolie Tchèque et moi dans le lot j’accroche avec une très jolie Polonaise. C’est l’époque des rollers. Je la revois, on fait deux sorties rollers ensemble.
«Avec mon appendicite, j’ai pensé qu’on ne se reverrait jamais »
Un soir où je suis avec elle, je bois trois gorgées d’un demi et j’ai des nausées. J’étais tellement dans les émotions à son contact que je pensais que ça venait de là. Je rentre chez moi à la peine. Je suis en train de faire en réalité une appendicite aiguë. L’hôpital me prend en extrême limite.
Mais du coup je ne vais pas au rendez-vous qu’on s’était fixé pour le lendemain. A l’époque il n’y a pas de portable. Je n’ai qu’un numéro de fixe. Après deux ou trois tentatives infructueuses je laisse un message à son attention. J’ai fait en sorte qu’elle me rappelle à la clinique et qu’elle passe me voir. Je pense que je la reverrai jamais. Qu’elle est sûrement furieuse du rendez-vous raté. Mais elle débarque et je lui explique tout. L’appendicite qui m’a cloué au lit. Elle comprend. On aurait pu tout bonnement se rater.
« A Montmartre, on se donne notre premier baiser, il ne manquait plus que Doisneau pour immortaliser ça »
On va manger une glace à Montmartre à côté du Sacré-Coeur pour fêter ça. On se donne notre premier baiser sur les marches. Il ne manquait plus que Robert Doisneau pour immortaliser la scène.
Elle m’accueille dans sa famille au pair, une famille très riche dans le 16ème arrondissement qui possède même une maison en Sologne et une autre à Saint-Jean-de-Luz. La famille est très heureuse que la fille au pair ait trouvé un « petit Français » et ils sortent systématiquement une bouteille de très bon vin blanc pendant qu’on garde les enfants. Je suis aux anges.
Au bout de deux mois les choses sérieuses commencent. Elle vient habiter chez moi, quitte le circuit fille au pair. Après une soirée arrosée à Montmartre je lui promets d’aller m’installer dans son pays et d’apprendre sa langue. Elle éclate de rire. On passe 6 mois en France ensemble et l’envie profonde d’étranger, l’appel d’un autre pays monte, monte en trombe.
Au bout de 6 mois je rencontre sur Rungis une société qui veut ouvrir une filiale en Pologne. Je prends un job d’acheteur alors que je n’ai jamais rien acheté de ma vie.
« 3 avril 2000, on atterrit en Pologne, mais où est passé le petit mec avec des lunettes et notre bagage ? »
3 avril 2000 on atterrit donc en Pologne. On montait l’entreprise de zéro. Des semi-remorques étaient partis de Paris et nous nous étions partis avec nos valises de Roissy. On avait fait le plus grand Bigos (sorte de choucroute polonaise) du monde lors de notre soirée de départ en France. Nos amis nous avaient offert chacun un sac de voyage. On arrive à Roissy en surpoids avec quatre valises chacun. On est bloqué. On ne peut pas abandonner nos bagages. Comment faire ? J’avise une personne seule que je charge de prendre notre valise en surplus. Un petit mec avec des lunettes. Il enregistre le bagage de Gosia.
Mais coup du sort : l’hôtesse nous annonce qu’on ne part plus à cause du surbooking.
On atterrit donc plus tard par un autre avion. Gosia est très contente de retrouver son pays mais… a perdu son bagage avec toutes ses affaires de fille au pair… Et le petit mec à lunettes qui a pris l’avion avant nous est introuvable. On va passer nos premiers temps en Pologne à remplacer les affaires perdues. Un jour la soeur de Gosia l’appelle et lui dit qu’elle a reçu une lettre bizarre. La trace de la valise est retrouvée. On a une adresse de contact. On y va. Le petit mec à lunettes nous reçoit dans son appartement et il est d’humeur glaciale. On lui donne alors le Cognac et le Champagne qu’on a achetés pour lui. Sa femme arrive, ça détend l’atmosphère. On se marre, et ils deviennent des amis pour la vie, des amis très proches qu’on a gardés jusqu’à aujourd’hui. Et Gosia a retrouvé sa valise.
« 2000-2006, une Pologne avec des parfums persistants de communisme »
On reste en Pologne jusqu’en 2006, on travaille tous les deux. C’est un pays qui a des parfums persistants de communisme. On vit dans une banlieue éloignée de Varsovie et on travaille avec une plateforme de logistique qui gère les achats de fruits et légumes avec des petits producteurs qui réclament d’être payés tout de suite.
Derrière les campagnes on sent l’éclosion de la ville, les grandes surfaces en 96 et 97 sont arrivées et on peut trouver déjà du Camembert et du pinard français. Mais il y a des manques d’infrastructures béantes, des trous dans les routes. Les Polonais sont en retard par rapport aux Tchèques et aux Slovaques. Le vrai développement ce sera la préparation de l’Euro de Football plus tard en 2012. Au début des années 2000, c’était assez excitant car on sentait qu’on vivait un moment d’Histoire en direct, avec les pourparlers de l’Union européenne en cours (adhésion en 2004), c’était des moments très forts. On assiste à la réélection de Kwasnieski en 2000 face à un Lech Walesa qui fait seulement 1,1 pour cent des voix. Je suis choqué car j’avais encore en tête l’image du héros national. Mon fils né en 2003 à Wroclaw.
« La Pologne d’aujourd’hui, avec beaucoup d’inégalités »
Aujourd’hui en 2023 je vois beaucoup d’inégalités, un développement un peu gâché, une Pologne qui fait la part belle à des secteurs comme l’immobilier qui se développe de façon sauvage, des cours qui s’envolent de façon déraisonnable. D’un pays un peu sous-développé on est passé par un pays happé par la mondialisation qui vient fausser le développement qu’elle était en train de vivre dans les années 2000.
Le retour en France à Dax entre 2006 et 2012 : « Y en a toujours un qui est chez lui et l’autre pas. C’est blanc ou noir »
On va connaître un retour en France en 2006. Ma femme quand elle revient c’est à contrecoeur. Notre vie l’embarque en France et on s’installe dans le sud-ouest à Dax. J’avais fait alors 6 ans en Pologne et j’avais ma dose, je force un peu les choses pour qu’on revienne et elle me suit un peu forcée. Quand on rajoute deux cultures sentimentales, les chances de réussite sont plus aléatoires. Y en a toujours un qui est chez lui et l’autre pas. C’est blanc ou noir ; l’un des deux doit abandonner une part de sa personne pour suivre, voir l’autre s’épanouir dans son milieu. J’ai vécu 6 ans à Dax avec l’impression d’avoir les valises sur le palier et il y avait des tensions dans le couple. Je vivais dans un endroit magnifique mais c’est comme si on me confisquait le droit d’en profiter. Je partais en Pologne faire des missions pour la sous traitance d’une entreprise vendant des canapés, et Gosia restait à Dax. J’allais en Chine et elle restait à Dax. Ma fille nait. Les années passent. En 2016, une société RH Bretonne vient me chercher pour aller en Pologne à nouveau.
Retour en Pologne en 2016, la pire expérience professionnelle de ma vie
Je me dis que c’est le bon train, je saute dedans. Je me prépare psychologiquement. Ce groupe n’était en fait pas prêt à se développer internationalement. Cela devient la pire expérience professionnelle de ma vie. Ou la pire décision tout court. Le projet qui était séduisant n’est pas viable faute de préparation et de fonds nécessaires. Tout va s’arrêter du jour au lendemain au bout d’un an. Je suis groggy, j’ai quelques mois de réflexion. Je crée alors mon entreprise. Il a fallu passer par là. Maintenant, je me sens épanoui et bien dans ma peau.
« Même si je ne suis pas avec toi je me soucie de ton bien être » : une séparation synonyme de relation nouvelle
Aujourd’hui on est séparé avec Gosia. Mais dans le divorce on est soucieux du bien-être de l’autre. L’essence de notre relation c’est le lien des enfants et c’est ce qui prédomine dans la nouvelle relation qu’on construit. On a évité les comportements destructeurs, auto-centrés. Même si je ne suis pas avec toi je me soucie de ton bien-être. Je ne pourrais pas vivre en la sachant malheureuse, ce n’est donc pas une séparation totale.
« Un jour j’écrirai un livre. Car à l’étranger on déverrouille des horizons. C’est probablement le petit Tesson qui sommeille en moi »
Je veux livrer une dernière anecdote pour illustrer la double culture : j’étais alors dans le bureau du directeur financier de Capdevielle qui oppose une fin de non recevoir à une de mes propositions polonaises. Et il me dit : « tu es en train de devenir plus polonais que les Polonais ». Il y a cette phrase en polonais « wszystko jest do załatwienia » : « on peut tout arranger ». Finalement quand je suis en Pologne j’explore les contours de ma personnalité alors qu’en France les contours sont beaucoup plus normés dans l’entreprise. Il y a un cadre culturel qui nous code et nous cadre. Qui fait que la vie entre deux ou plusieurs pays crée une hybridation. Cela nous permet de puiser dans chaque culture avec laquelle on a été en contact. Qui aurais-je été si j’avais été en France ? A l’étranger on déverrouille des horizons. Un jour j’écrirai un livre. C’est probablement le petit Tesson qui sommeille en moi. Certains soirs il prend des allures de Tesson de bouteille (rires). J’ai déjà le titre du livre. Ce sera « les petites portes ». Derrière chacune des portes il y a des perspectives exponentielles.
Les deux photos choisies :
La photo de la Pointe Saint-Mathieu :
Le point le plus à l’Ouest de la France. C’est là où le mot Finistère prend tout son sens. Ma grand-mère qui est la personne que je chérie le plus au monde et qui a 94 ans habite à trois kilomètres de là. Elle est aussi mon phare. J’envoie des emails qu’elle lit tous les jours, elle s’est mise à l’internet. Je rentre trois fois par an.
Moi, j’aimerais être enterré ou incinéré dans un endroit fixe, dans le Finistère ça c’est certain. J’ai des ressentis, des intuitions, je ne suis ni croyant ni mystique mais on va se fixer un point de rendez-vous dans notre famille. Si par accident quelqu’un devait disparaître il y aurait ce lieu qui rappellerait le disparu.
La Pointe-Saint-Mathieu
Le Palais de la culture à Varsovie :
Là il est pris de haut, en 2023. De la tour la plus haute d’Europe. La Warsaw Tower. On se met maintenant à le dominer alors que c’est ce symbole du communisme qui nous dominait jusque-là.
Le Palais de la culture à Varsovie
Sa lettre à France
Pierre-Yves, résident à Varsovie
« Depuis que je suis loin de toi… eh bien, je me suis rapproché de moi !
Habitant en Pologne, j’explore un autre moi, en baignant dans une autre culture qui tolère, voire encourage d’autres expressions de caractères. Paradoxalement, je pense n’avoir jamais autant aimé la France que depuis que je l’ai quittée. Avec les années, un mythe se bâtit de ses parfums, ses villes structurées, sa large façade maritime, son tintamarre culturel… chaque retour en France me rend incrédule et heureux de pouvoir jouir de mon chez moi, de ces familiarités perdues. Et pourtant.. je sais qu’alors, c’est ma ‘polonitude’ qui trépigne, et qu’à mon retour en terre slave, c’est aussi un chez-moi ; l’autre, que je vais retrouver. C’est probablement le lot des expatriés que d’être tiraillé entre tout ce que l’on a et l’on souhaite de meilleur, que d’être aimantés par la biculture ».
Des milliers de personnes se sont pressées sur les Champs Elysées pour admirer le défilé militaire du 14 juillet. Un jour de gloire pour l’armée française et pour les 240 soldats indiens qui ont ouvert le défilé à pied. L’Inde était l’invitée d’honneur cette année.
Regardez le reportage de TV5MONDE
L’armée indienne représentée au défilé
Après avoir reçu la grand’croix de la Légion d’honneur, Narendra Modi a assisté au défilé militaire. Le défilé militaire à pied a été ouvert par 240 membres des forces armées indiennes. Et le défilé aérien comprenait trois Rafale indiens, selon l’Elysée. Paris et New Delhi célèbrent cette année le 25e anniversaire de leur partenariat stratégique, que la France ambitionne de renforcer pour peser dans la zone Asie-Pacifique. « Nous allons continuer à renforcer cette relation de confiance historique entre nos deux pays », a déclaré le chef de l’Etat français lors d’une prise de parole conjointe, avant un dîner officiel au musée du Louvre.
Une foule de touristes et de Parisiens s’est massée vendredi 14 juillet au soir pour admirer le feu d’artifice du 14 juillet tiré de la tour Eiffel. Selon la mairie de Paris, comme l’an passé, quelque 70 000 personnes ont pris place dans la zone sécurisée du Champ-de-Mars pour assister au concert classique, retransmis en direct sur France 2, qui a précédé le spectacle pyrotechnique, à partir de 23 heures. Un spectacle sous surveillance renforcée : environ 10 000 policiers et gendarmes étaient sur le terrain, dans la capitale et ses départements limitrophes.
Vivez le feu d’artifice du 14 juillet grâce au site Le Parisien
Laurence Boone, secrétaire d’État auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée de l’Europe, était à Londres (Royaume-Uni) les 13 et 14 juillet. Après le Sommet franco-britannique du 10 mars dernier, cette visite était une nouvelle occasion d’aborder les relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. La Secrétaire d’État s’est entretenue avec son homologue britannique, Leo Docherty, pour évoquer, notamment, les questions énergétiques, celles liées aux migrations ainsi qu’à la mobilité.
Elle s’est rendue également dans les locaux de DeepMind, entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA), filiale du groupe Alphabet (Google), où elle a rencontré ses dirigeants et les chercheurs. Elle a également eu un échange avec différents acteurs du secteur privé, des universités et des think-tanks sur le sujet de l’intelligence artificielle, de son développement et de sa régulation.
Enfin, elle a prononcé un discours à l’occasion de la réception organisée par l’Ambassade de France au Royaume-Uni à l’occasion de la Fête nationale française où étaient invités plus de 1600 Français.
Rencontres avec des ministres
Le ministre britannique pour l’Europe, Leo Docherty, s’est dit, à l’issue de la rencontre, satisfait du dialogue noué entre les deux pays.
“Nous faisons le point sur les avancées réalisées depuis le sommet France-Royaume-Uni avec mon homologue française Laurence Boone. Nous travaillons en étroite collaboration pour lutter contre la migration illégale, pour la coopération énergétique et pour renforcer notre sécurité collective.”
Le ministre britannique pour l’Europe, Leo Docherty
Laurence Boone partage ce sentiment comme elle l’a déclaré.
“Je suis ravie de retrouver mon homologue Leo Docherty à Londres pour travailler à renforcer la coopération France-Royaume-Uni après le Sommet du 10 mars, sur la mobilité des jeunes, la pêche, l’énergie, les migrations, et échanger sur les relations avec l’Europe et les Balkans occidentaux.”
Laurence Boone, secrétaire d’État auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée de l’Europe
Fête nationale à la Résidence de France
Comme chaque 14 juillet 2023, une garden-party s’est tenue dans les jardins de la Résidence de France de Londres pour célébrer notre fête nationale. Comme souvent, la pluie anglaise s’est invitée mais n’a rien gâché de la fête. Autour de Madame Hélène Duchêne, Ambassadrice de France à Londres, et du consul Général de France, Samer Melki, en plus de Laurence Boone, secrétaire d’État auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, 3 sénateurs des Français de l’étranger étaient présents, Joëlle Garriaud-Maylam (LR), Olivier Cadic (UDI) et Yan Chantrel (PS).
Laurence Boone était évidemment l’invitée d’honneur, dans son discours elle est revenue sur son expérience londonienne quand elle était étudiante, il y a seulement 9 ans. Clin d’oeil aux expatriés présents dans les jardins de la Résidence de France, mais elle a aussi évoqué le pont entre les deux rives de la Manche que symbolise « l’Entente Cordiale ». Evoquant l’échange avec ses homologues, elle a tenu à souligner le travail accompli depuis le Sommet du 10 mars dernier. Enfin, elle a mentionné l’Ukraine en rappelant que la France comme le Royaume-Uni sont des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et des piliers de l’OTAN, revenant ainsi sur le rôle primordial des deux nations dans la résolution de ce conflit avec la Russie.
Permettre aux Français de vivre sereinement au Royaume-Uni
“Protéger vos droits, de vivre ici, de travailler et d’étudier dans ce pays, est le « point d’attention » évoqué lors d’un dialogue constant entre les autorités britanniques et nous-mêmes. Parce qu’à travers vos carrières, souvent à travers vos vies personnelles, vous représentez la relation franco-britannique dans toute sa diversité. J’espère que notre amitié va se renforcer.”
Laurence Boone, secrétaire d’État auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée de l’Europe
Laurence Boone a conclu son discours en rendant hommage aux principes et valeurs qui unissent la France et le Royaume-Uni tout en se félicitant de la « revitalisation des relations entre les deux pays« .
Anne-Marie Trevelyan, ministre d’État au Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement, était, elle-aussi, à la Résidence de France. Elle a souhaité aux personnes un “Joyeux 14 juillet.” La ministre britannique était réjouie de célébrer la fête nationale française avec nos compatriotes. “L’amitié entre nos deux pays est tissée.”
Anne-Marie Trevelyan, ministre d’État britannique au Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement
Elle a aussi parlé de l’Entente cordiale, de la Coupe du monde de rugby et des Jeux Olympiques que la France va organiser. Mme Trevelyan a aussi parlé “des agresseurs de l’Ukraine« , reprenant ainsi la même ligne que la secrétaire d’Etat française.
Au final, malgré la pluie, la fête fut joyeuse et 1 600 personnes ont dégusté mets et vins français dans un esprit de concorde.
La réception en grande pompe par Emmanuel Macron du Premier ministre indien Narendra Modi, accusé d’être à l’origine d’une dérive autoritaire de son pays, laisse pantois les défenseurs des droits de l’homme, alors que l’Élysée parle d’un partenaire « incontournable ».
Le symbole de cette visite officielle est d’autant plus chargé que le Premier ministre indien sera l’invité d’honneur du défilé militaire du 14 juillet, tradition de la France pour sa fête nationale. « Il est profondément inquiétant que la France célèbre les valeurs de liberté et d’égalité avec un dirigeant très critiqué pour avoir ébranlé la démocratie en Inde », s’indigne Philippe Bolopion de l’ONG Human Rights Watch dans une tribune publiée dans l’hebdomadaire l’Obs.
Narendra Modi, depuis son arrivée au gouvernement en 2014, fait glisser l’Inde vers un régime autoritaire, d’après les organisations internationales de défense des droits de l’homme.
La liberté de la presse est mise à mal sous l’autorité du dirigeant nationaliste indien : le rapport de Reporters sans frontières (RSF), publié en mai 2023, classe l’Inde à la 161e place (sur 180 pays). Le pays perd onze places en un an dans ce classement sur la liberté de la presse.
« Les journalistes indiens un peu trop critiques sont l’objet de campagnes d’attaques et de harcèlement tous azimuts » et « la loi indienne, théoriquement protectrice, est instrumentalisée à une échelle toujours plus grande contre les journalistes critiques du gouvernement », détaille RSF.
Des pratiques également dénoncées par l’ONG de protection des droits de l’homme Amnesty International, qui pointe la « répression brutale » contre les minorités religieuses, notamment musulmanes, les arrestations arbitraires de figures critiques du pouvoir et les restrictions aux libertés de réunion et d’expression — entre autres.
Pour la Ligue des droits de l’Homme (LDH France), cette invitation « envoie à nouveau un signal catastrophique en termes de négation de nos valeurs démocratiques ». Il s’agit de la troisième visite de Narendra Modi en France sous la présidence d’Emmanuel Macron (2019, 2022, 2023).
Le Premier ministre indien Narendra Modi reçu à l’Elysée en mai 2022 par Emmanuel et Brigitte Macron. [EPA-EFE/YOAN VALAT]
Partenaire « incontournable »
Ces nombreuses interrogations n’empêchent pas la France de donner une place de choix à l’Inde, Narendra Modi étant l’invité d’honneur du grand défilé militaire de la fête nationale française. Trois avions Rafale indiens survoleront les Champs-Élysées, où des représentants des Armées indiennes défileront parmi les militaires français sous les yeux des hauts responsables français et de la délégation indienne conduite par son Premier ministre.
Alors que les chancelleries occidentales avaient l’habitude de qualifier l’Inde de « plus grande démocratie du monde », cela n’est pas revenu dans les éléments de langage de l’Élysée lorsqu’il présentait la visite à la presse. À la présidence française, l’on préfère citer « le caractère désormais incontournable de ce partenariat et de cette relation » avec l’Inde, et de son « caractère désormais dimensionnant […] dans les relations internationales ».
Dès lors, il est nécessaire « de pleinement les engager pour obtenir des résultats sur les grands enjeux globaux, a fortiori une année où l’Inde est à la présidence du G20 », explique l’Élysée.
Au-delà de cela, la France et l’Inde sont liées par un partenariat important en matière de défense et d’énergie, que le président Emmanuel Macron souhaite approfondir dans les échanges entre sociétés civiles, en particulier du monde étudiant.
Enfin, l’Inde devrait s’engager à acheter une vingtaine de nouveaux Rafale et des sous-marins à propulsion nucléaire à la France lors de ce déplacement. Sollicité, l’Élysée n’avait ni confirmé ni démenti l’information au moment de l’écriture de cet article.
Bonjour à tous, joyeuse fête nationale à tous les Français de l’étranger ! Ce 14 juillet dans la dernière édition du flash quotidien des expatriés de la saison 2022/2023, nous ferons le point sur cette année 2022/2023 avec 3 faits qui marquent votre actualité !
Changement de direction à la tête de l’administration consulaire
L’ancienne consule générale de France à San Francisco, Mme Pauline Carmona, quitte son poste de Conseillere diplomatique auprès de la première ministre pour prendre la succession, le 1 er septembre, de Mme Laurence Haguenauer qui régnait sans partage sur l’administration consulaire depuis 2019. La nouvelle directrice va devoir relever des défis importants, rétablir le lien de confiance avec les élus locaux, réussir le déploiement de France consulaire et bien d’autres chantiers laissés en jachère. On lui souhaite la bienvenue et bonne chance pour son nouveau mandat qu’on souhaite réussi.
Pauline Carmona
La débancarisation continue
Malgré le renforcement du droit au compte et la promesse des députés comme du gouvernement, les Français de l’étranger sont de plus en plus nombreux à voir leur compte fermé par leur banque en France. La raison ? La lourdeur administrative qui frappe ces dossiers. Désormais même les banques en ligne comme Boursorama ou Revolut exige la résidence fiscale en France pour obtenir un IBAN en France. Mais bonne nouvelle les Banques populaires, les Caisses d’épargne et votre média s’associent pour créer France Pay qui sera accessible à tout citoyen français et ce quelque soit son pays de résidence. L’offre qui comprend des cartes émises en France, un compte avec un IBAN FR, l’accès à la détaxe automatisée ainsi qu’à des crédits immobiliers sera disponible au cours du mois de novembre sur tous les smartphones.
Page d’accueil du site France Pay
L’éducation hors de France en danger ?
C’est le sentiment qui se dégage après une année compliquée pour l’AEFE sur le plan social. En effet, alors que les professeurs en France ont pu bénéficier du Grenelle de l’éducation soit une augmentation conséquente de leur rémunération, ceux détachés sont toujours rémunérés selon les anciens barèmes. En plus, les règles pour le détachement se sont durcies, il faut désormais s’engager pour 6 ans.. Tout ceci ne facilite pas le recrutement. Pour y palier l’AEFE comptait sur les Instituts régionaux de formation qui avaient comme ambition de former des Français expatriés ou des francophones sur les 5 continents. Munis d’un diplôme sanctionnant leur formation, ils pourraient rejoindre les établissements scolaires homologués. Problème, la pression session a tourné avec moins d’1/3 des candidats attendus. On le comprend, les 500 établissements vont se confronter de plus en plus à des problèmes de recrutement.
AEFE
C’est tout pour cette saison. Laurent Dominati, Fabien Ferasson de Quental et toute la rédaction se joignent à moi pour vous souhaiter un bel été ! On se retrouve le lundi 21 aout pour une nouvelle saison ! Passez de bonnes vacances ! A bientôt