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  • 8 traditions dans le monde pour Noël

    8 traditions dans le monde pour Noël

    En France, les traditions entourant Noël sont bien balisées, on pourrait même dire gravées dans le marbre… Pays qui prône la laïcité, la France est aussi, du fait de son histoire, la fille aînée de l’Église, alors entre Père Noël commercial et débat sur la présence des crèches dans l’espace public, le débat fait chaque année rage sur les coutumes de Noël dans l’hexagone. En contre-pied, on a décidé cette année de s’intéresser aux traditions dans le monde pour Noël.

    Et quelle belle surprise ! Aux quatre coins du monde, les fêtes de fin d’année témoignent d’incroyables coutumes de Noël, d’anecdotes étranges, sans oublier de délicieuses recettes préparées à l’occasion ! Les fêtes de la saison sont aussi variées et inattendues que les cultures elles-mêmes. 

    traditions dans le monde Noël
    Noël chez KFC au Japon

    Japon : Le poulet de Noël

    À Noël, il est toujours question de nourriture et au Japon, cette dernière est associée à trois lettres : KFC. Les gens affluent vers la chaîne de restauration rapide américaine, KFC, pour manger – lancer de baguettes – «Kurisumasu ni wa kentakkii!», c’est-à-dire « du Kentucky Pour Noël ! »

    Manger du poulet (frit) à Noël est une tradition qui remonte à une campagne de marketing de 1974 – et encore à ce jour, KFC enregistre son volume de ventes le plus élevé chaque année au réveillon de Noël. 

    traditions dans le monde Noël
    Dinde de Noël

    Canada : La plus ancienne parade de Noël à Toronto

    L’une des plus belles destinations pour un Noël enneigé, c’est le Canada ! Et soyons bien clairs sur un point : quand il s’agit de Noël, les Canadiens ne rigolent pas. Saviez-vous qu’a lieu à Toronto la plus grande et la plus ancienne parade de Noël au monde ? De nombreuses recettes typiques sont également préparées à travers le pays. Au Québec par exemple, on sert la Tourtière de Noël, une savoureuse tourte à la viande, lors du repas du 24 décembre. Vous en prendrez bien une part ?

    traditions dans le monde Noël
    En Norvège, cachez vos balais et vos serpillères !

    Norvège : Les balais et les serpillières

    En Norvège, à Noël, il faut cacher ses serpillières et ses balais – non pas parce que les Norvégiens refusent de faire le ménage, mais parce qu’ils sont légèrement superstitieux et veulent empêcher les mauvais esprits, de retour sur Terre cette nuit-là, de voler les balais et s’envoler joyeusement vers les cieux de Noël.

    traditions dans le monde Noël
    Barbecue de Noël en Australie.

    Australie : Le barbecue de Noël

    Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemblait Noël aux Antipodes ? Coïncidant avec le début de l’été, Noël en Australie est synonyme de soleil, de barbecues et de longues journées à la plage.

    De fait, de nombreuses familles australiennes dégustent un dîner de Noël froid ou un barbecue de fruits de mer le 25. Sans surprise, les marchés aux poissons sont donc généralement bondés le jour de Noël. Le jour suivant, connu sous le nom de “Boxing Day”, les Australiens se réunissent entre amis afin de profiter d’organiser un autre délicieux barbecue à la plage !

    En anecdote, sachez que les paroles des chansons de Noël sont souvent modifiées afin de remplacer les mots en lien avec la neige et l’hiver par des expressions typiquement australiennes !

    traditions dans le monde Noël
    Dégustation du beigli en Hongrie

    Hongrie : Le petit Jézuska amène les cadeaux

    Saviez-vous qu’en Hongrie, ils n’installent pas de sapin de Noël chez eux avant le 24 décembre ? Les adultes se chargent parfois de le décorer et racontent aux enfants que des anges sont venus le leur apporter !

    Comme dans de nombreux pays en Europe de l’Est, la Hongrie fête d’abord la Saint-Nicolas (appelé Mikulás) le 6 décembre avant l’arrivée du Télapó, le Père Noël. Cependant, ce n’est pas lui qui apporte les cadeaux mais le petit Jézuska !

    Que trouve-t-on sur les tables hongroises à Noël ? Le plat le plus typique est le halaszlé, une soupe de poisson épicée au paprika. Pour le dessert, on déguste une part de beigli, sorte de gâteaux roulé aux graines de pavots.

    Philippines : La saison de Noël commence en septembre

    Quand est-ce que débute réellement la saison de Noël ? Certains disent le 1er décembre, d’autres après la Toussaint et aux Philippines… dès le 1er septembre ! Dès la rentrée, vous pouvez donc entendre des chansons de Noël dans les magasins et à la radio. Les Philippins adorent célébrer Noël et profitent de cette période pour se rassembler en famille et entre amis en partageant de bons plats. 

    Une de leurs traditions de Noël consiste à suspendre des lanternes de bambou en forme d’étoiles dans les rues. Celles-ci symbolisent l’étoile guidant les Rois mages.

    Pendant les fêtes de Noël, les Philippins mangent généralement un gâteau de riz au petit-déjeuner. Celui-ci est traditionnellement préparé dans un plat en argile qui cuit ensuite au charbon pendant plusieurs heures. La cuisson au four est également courante si vous souhaitez le déguster chez vous !

    traditions dans le monde Noël
    Araignées de Noël en Ukraine

    Ukraine : Les araignées de Noël

    Croyez-le ou non, rien ne vaut une araignée de Noël. En Ukraine, les arbres de Noël sont décorés de toiles d’araignée – pas de panique, il ne s’agit que d’ornements qui ressemblent à des toiles d’araignées et sont censés porter chance.

    L’histoire remonte à une pauvre femme qui ne pouvait pas s’offrir de guirlandes pour décorer son sapin. Un jour, elle se réveilla et vit l’arbre couvert de toiles d’araignées qui semblaient resplendir dans la lumière du soleil. D’autres pays, comme la Pologne ou l’Allemagne, considèrent que trouver une araignée ou une toile d’araignée dans un arbre de Noël porte chance.

    traditions dans le monde Noël
    Rabanada pour Noël au Portugal

    Portugal : Rite de passage pour les garçons à Noël

    L’une des traditions de Noël typiques au Portugal est le “Feu de Noël” fait avec des troncs de sapin. Il est allumé avant la messe de minuit (appelée “messe du coq” car selon la légende, un coq a chanté peu après la naissance de Jésus-Christ). Plus le feu se consume lentement, plus vous aurez de la chance !

    Dans le nord du Portugal, une autre tradition de Noël est intéressante : la Festa dos Rapazes. Cette fête est un rite de passage pour les garçons. Pour participer, ils doivent avoir plus de 16 ans, être célibataire et n’avoir jamais participé avant. Entre Noël et l’Épiphanie, ils vont de maison en maison, portant de beaux masques, demandant des dons ou de la nourriture et jouant de la musique. Après quoi, ils sont considérés comme des hommes. 

    La dinde est souvent le plat principal à Noël. Pour le dessert, ce n’est pas vraiment Noël au Portugal sans le fameux Bolo Rei, un gâteau en forme de beignet et fourré d’agrumes, de fruits confits et de pignons. Traditionnellement, un petit cadeau et une fève sont tous deux cachés dans le gâteau. Si vous trouvez la fève dans votre part de gâteau, vous devrez payer le Bolo Rei l’année prochaine !

    Un autre plat typique, qui est également célèbre au Brésil, est la Rabanada, une sorte de pain perdu. Un délice!

  • Eurostar : les Français de Londres pris au piège pour les fêtes !

    Eurostar : les Français de Londres pris au piège pour les fêtes !

    À la gare St Pancras, au centre de Londres, il y a une foule immense dans laquelle on croise de nombreux visages maussades parmi les passagers de l’Eurostar. Les Français installés à Londres se demandent comment ils vont rentrer chez eux, en France, pour Noël.

    Grève chez Getlink

    Une grève chez Getlink, la société privée qui gère le tunnel sous la Manche, a entraîné l’annulation de tous les Eurostar en provenance et à destination de Londres ce jeudi. Au total, 30 trains ont été annulés au départ de Paris, Londres et Bruxelles

    Tous les trains Eurostar circulant dans le tunnel, navettes transportant voitures et camions sont donc aussi bloqués. Les syndicats ont prévenu, pas de passage jusqu’à nouvel ordre. Un coup de pression sur la direction alors que les premiers départs pour les fêtes ont déjà commencé.

    Que vont faire les expatriés ? Nous les avons interrogés ! 

    Eurostar
    Les passagers attendent au terminal Eurostar de la gare internationale de Saint-Pancras, à Londres, le 21 décembre 2023. © REUTERS.

    Des milliers de personnes bloquées de part et d’autre de la Manche

    Patricia Connell, conseillère des Français de l’étranger en Angleterre, Pays de Galles, Irlande du Nord nous a donné son ressenti : “Des milliers de personnes bloquées de part et d’autre de la Manche parce que les employés de Getlink font une grève à l’arrache juste avant les fêtes parce qu’ils ne sont pas satisfaits de leur prime de fin d’année et demandent qu’elle soit triplée…

    Je ne suis pas certaine d’avoir tous les détails des raisons qui les ont poussés là où ils en sont. Toutefois, je suis sûre d’une chose, encore une fois ce sont les voyageurs qui payent les pots cassés.

    Je te donne un exemple, ma fille devait rentrer cette après-midi de Paris où elle était allée voir sa grand-mère dans son EHPAD. Elle était à la gare quand elle a reçu le message qui lui annonçait que son train était annulé.  Pas moyen d’en trouver un autre avant demain et à plus de 350 euros. 

    Elle doit absolument rentrer demain car elle doit récupérer ses deux filles de 4 et 6 ans à 11h30. Il n’y a pas moyen qu’elle arrive à l’heure et son train risque d’être annulé de nouveau si une solution avec les syndicats n’est pas trouvée d’ici-là. Ils sont des milliers dans le même cas qu’elle. Je connais d’autres personnes qui ont fait la queue pendant des heures à l’Eurotunnel pour ensuite être transférés sur des bateaux. Le ministre des Transports, Clément Beaune, travaille à essayer de trouver une solution avec les parties prenantes. J’espère qu’une solution soit trouvée le plus rapidement possible.” 

    Une annonce publique a informé les passagers que même si les services Eurostar reprenaient plus tard, ils étaient déjà tous complets. Pas de plan B pour les orphelins du rail britannique

    Certaines personnes se sont efforcées de réserver des hôtels tandis que d’autres ont essayé de trouver des vols ou même envisagé de prendre des ferries depuis Douvres.

    Le conseil aux passagers est toujours de vérifier avant de voyager, mais le problème est qu’Eurostar et Eurotunnel ont très peu d’informations à transmettre.

    Pour beaucoup, la patience sera donc mise à dure épreuve ! 

    Attente à Douvres

    Car du côté du port de Douvres, qui s’annonçait déjà très fréquenté pour les vacances de Noël, les autorités portuaires ont alerté ceux qui avaient cette idée que des retards de 90 minutes pour les passagers passant le contrôle aux frontières françaises, désorganisent le trafic

    Ainsi toute personne se rendant au port du Kent pour prendre un ferry transmanche vers la France est priée de ne pas se présenter sans un billet valide ou un bon de transfert émis par Eurotunnel.

    Déblocage

    Dans la soirée, Le ministre français des Transports a annoncé la levée du blocus du tunnel sous la Manche.

    « La circulation peut reprendre », a posté Clément Beaune sur X, anciennement Twitter.

    Jenni, qui habite à Londres a déclaré qu’elle a été “surprise par le manque de communication et la difficulté à avoir des renseignements sur les solutions de repli et prise en charge.”

    Espérons que quelques jours avant Noël les Français à Londres pourront rentrer passer les fêtes en famille. 

  • Budget pour les Français de l’étranger : opposition et majorité vous répondent

    Budget pour les Français de l’étranger : opposition et majorité vous répondent

    Karim Ben Cheikh et Alexandre Holroyd sont deux députés. Ils représentent les Français de l’étranger. Le premier pour la 9eme circonscription (Maghreb et Afrique de l’Ouest). Le second pour la 3eme (Royaume-Uni et Europe du Nord). Karim est membre du groupe d’opposition de la « NUPES ». Alexandre appartient au groupe de la majorité présidentielle « Renaissance ». Ils s’opposent. Ils débattent. Pour les français.press , ils nous partagent leurs positions sur le budget de l’Etat 2024 et les implications pour nos compatriotes à l’étranger. Services publics, lycées, bourses scolaires, culture, aides sociales, écologie, diplomatie, soutien aux associations, fiscalité, CSG… et même le 49.3.

    Les deux parlementaires nous livrent, sans tabou, leurs constats, priorités et actions budgétaires pour les Français établis hors de France. 

    « Le budget consacré aux Français de l’étranger est indubitablement le parent pauvre des budgets consacrés au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. »

    Karim Ben Cheikh


    lire son interview

    « La France est l’un des seuls pays au monde qui dédie autant de ressources à ses ressortissants à l’étranger. »

    Alexandre Holroyd


    lire son interview

    Budget pour les Français de l’étranger
    Karim Ben Cheikh
    Jérémy Michel : « Concrètement, dans le budget 2024 adopté, quels financements sont destinés directement aux Français de l’étranger ? »

    Karim Ben Cheikh : « Le budget consacré aux Français de l’étranger est indubitablement le parent pauvre des budgets consacrés au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Le rapporteur budgétaire du budget de l’action extérieure de l’État que je suis considère deux grands programmes budgétaires pour le calculer. D’abord le budget et les effectifs consacrés au programme dit 151 dédié aux « Français de l’étranger et aux affaires consulaires ». 

    Les fonctionnaires qui travaillent à l’état civil, les passeports et dans les services sociaux des consulats ou en administration centrale se voient consacrer 250 millions d’euros de dépenses dans ce budget 2024, ce qui permet de doter cette mission d’environ 2400 emplois à temps plein en retranchant les fonctionnaires affectés aux délivrances de visas. Le gouvernement et sa majorité nous expliquent que ce budget a progressé de 10%. Mais en réalité seulement 20 emplois nouveaux ont été créés pour le réseau consulaire dans le monde entier pour 2024. L’essentiel de la hausse du budget provient des effets mécaniques des hausses de salaires dus à un taux de change moins favorable pour payer les employés de droit local ainsi qu’au dégel du point d’indice des fonctionnaires. En ce qui concerne les prestations sociales pour les Français de l’étranger, les bourses scolaires (118 millions d’euros en budget pour 2024) connaissent une hausse en trompe-l’œil présentée de manière mensongère comme une augmentation de 14 millions d’euros par rapport à 2023. Alors qu’en réalité l’an dernier l’AEFE a dû puiser plus de 16 millions d’euros, dans ses réserves et sur les familles, pour boucler le budget des bourses 2023. Le budget 2024 se place donc à peine au niveau du budget réalisé en 2023. Les autres enveloppes sociales, les aides sociales (15 millions d’euros) ou le financement consacré à la CFE (380 000 euros) n’ont pas connu d’évolution malgré l’inflation mondiale et les difficultés croissantes de la Caisse des Français de l’étranger.

    Enfin une partie du programme dit 185 qui s’occupe de la « diplomatie culturelle et d’influence » est indirectement consacrée aux Français de l’étranger notamment le budget dédié à l’AEFE, Agence de l’Enseignement Français à l’Étranger. Le budget 2024 consacre 454 millions d’euros à cette Agence, soit un retour équivalent au niveau de l’enveloppe qui lui était consacrée en 2012, après des années de baisse et de stagnation. »

    « En 2023, le gouvernement a fait l’erreur de ne pas anticiper le niveau d’inflation. »

    Karim Ben Cheikh

    Jérémy Michel : « Pensez-vous que les crédits alloués aux bourses scolaires soient suffisants pour permettre au plus grand nombre d’intégrer nos établissements français à l’étranger ? »

    Karim Ben Cheikh : « Non à l’évidence et il y a une circonstance aggravante qui est la récidive ! En 2023, le gouvernement a fait l’erreur de ne pas anticiper le niveau d’inflation et de la progression, pourtant connue, des frais de scolarité, + 6% par moyenne sur 2023. Le résultat est catastrophique. La campagne de bourses n’est toujours pas bouclée et pour répondre aux besoins des familles au niveau, l’AEFE a dû compléter le budget initial de 104 millions d’euros en ponctionnant l’intégralité de ce qui restait dans sa soulte (7,5 millions d’euros), l’agence a aussi procédé au dégel de la réserve (6 millions) et a eu recours à l’augmentation de la Cotisation Progressive de Solidarité (CPS), une taxe prélevée sur les bourses de moins de 80% pour récupérer environ 3 millions d’euros de financement. Au final l’AEFE consacrera en 2023 environ 120 millions d’euros aux bourses scolaires. Et pourtant le gouvernement a inscrit 118 millions d’euros pour le budget 2024… Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre les conséquences prévisibles sur le niveau des quotités d’exonération qui pourront être attribuées sur la prochaine campagne de bourse ! Les publics les plus menacés sont les classes moyennes modestes qui bénéficient d’exonérations inférieures à 80%. Je crains que ces familles ne soient prises en étau entre la hausse des écolages et la baisse des quotités de bourses. »

    Jérémy Michel : « Nombreux sont nos compatriotes à déplorer que le réseau consulaire ne réponde pas à leurs demandes par faute d’effectifs suffisants, ce budget permettra-t-il réellement d’embaucher du personnel dans les ambassades et consulats? »

    Karim Ben Cheikh : « Encore une fois je dois malheureusement répondre non, il n’y a pas dans ce budget de création de postes en nombre suffisant pour remédier de manière structurelle au problème d’accessibilité au service public consulaire. Le budget 2024 n’est pas à la hauteur de cet enjeu même si certains mettront en avant l’extension du service téléphonique « France consulaire » dont je précise qu’il ne peut pas traiter les dossiers individuels. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a perdu 30% de ses effectifs depuis 10 ans et la qualité du service public s’en ressent. Aujourd’hui le gouvernement et la majorité se réjouissent d’une hausse qu’ils qualifient d’historique du budget du ministère en 2024 en soulignant que pour la première fois depuis 30 ans on récrée des postes dans la diplomatie. Certes mais je remarque que l’essentiel des créations d’emplois annoncées pour 2024, une centaine de postes environ, n’est pas consacré aux services consulaires. Seulement une vingtaine de créations en tout pour le réseau consulaire est prévue.  Nous ne savons pas non plus si nous nous inscrivons dans une perspective de hausse pluriannuelle puisque nous n’avons pas d’autre engagement que des déclarations du Président de la République à l’issue des « États généraux de la diplomatie ». Je constate aussi que le gouvernement et la majorité refusent le principe d’une loi de programmation pluriannuelle comme il en existe pourtant pour tous les autres domaines régaliens. Aucune création d’emplois, et en particulier dans le consulaire, n’est donc garantie dans l’avenir. A ce stade, je pense donc que ce budget 2024 est une réponse ponctuelle pour apaiser le conflit social qui s’est déclenché au quai d’Orsay en 2022 avec une grève sans précédent des diplomates. Par ailleurs je rappelle que pour les raisons que j’évoque, le budget 2024 pour les Français de l’étranger a fait l’objet d’un avis défavorable en Commission des Finances à l’Assemblée nationale mais il a également été rejeté par une motion unanime de l’Assemblée des Français de l’Étranger, y compris donc par le groupe « macroniste ». Les élus des Français de l’étranger ne s’y trompent pas, ils ont bien constaté que ces quelques hausses de crédit pour l’outil diplomatique ne leur sont pas destinées. »

    « Cette politique ne voit l’éducation qu’en tant que marché économique.»

    Karim Ben Cheikh

    Jérémy Michel: «Le rayonnement culturel français est intégré dans le réseau diplomatique, quelles sont les avancées financières en la matière pour l’année prochaine?»

    « L’outil principal de notre rayonnement éducatif et culturel est l’AEFE. Je considère que c’est aujourd’hui un opérateur sous-financé pour mener à bien la mission qui lui a été assigné. Rappelons-nous l’ambition déclarée de doubler le nombre d’élèves dans les classes de programme français. Il est significatif de voir que cet objectif est poursuivi sans même doter l’AEFE de nouveaux moyens. L’enveloppe budgétaire pour 2024 ramène l’agence peu ou prou au budget dont elle bénéficiait en 2012 alors qu’elle a connu depuis dix ans baisses et stagnation… La croissance attendue du nombre d’élèves se fait par des créations d’établissements privés homologués. Cette politique ne voit l’éducation qu’en tant que marché économique et se tourne vers les enfants de l’élite économique et financière pendant que nous perdons ce qui faisait la force de notre politique d’influence dans de nombreux pays : les familles de classes moyennes à fort capital culturel et intellectuel. Dans les établissements gérés directement par l’Agence je constate que l’extension ou la rénovation à travers des projets immobiliers est devenue quasiment impossible pour la trésorerie de l’Agence si ce n’est à élever massivement les frais de scolarité et faire financer les travaux par les familles. De même de nombreuses écoles à gestion parentale en croissance pensent pouvoir attendre de l’agence un coup de pouce décisif pour grandir et se stabiliser, ce dont l’AEFE n’a aujourd’hui pas les moyens.

    Dans les autres secteurs de la politique d’influence, le budget 2024 propose une hausse de budget sur les bourses étudiantes. C’est louable mais il faut la mettre en perspective avec les effets incertains de la loi récemment votée sur l’immigration, un texte condamné par plus 70 présidents d’université et de nombreux établissements d’enseignement supérieur français qui imposent de nouvelles conditions pour l’accès à l’université française. J’ai enfin posé dans mon rapport quelques réflexions sur les outils que nous avons pour développer notre politique d’influence. Campus France est un instrument qu’il faut améliorer et préserver comme un véritable outil d’orientation. Il faut cependant voir que les Campus France dépendent statutairement des Instituts français et dans certains endroits ces espaces Campus France génèrent l’essentiel des recettes qui sont consacrées par la suite à la programmation culturelle des instituts français. Je suis frappé de voir l’ampleur de cette dépendance financière et l’absence de subvention directe de fonctionnement depuis Paris pour les instituts culturels qui se financent pour beaucoup uniquement sur recettes locales. A mon sens cela pose un problème structurel et de cohérence de notre politique d’influence. »

    Jérémy Michel : « Qu’auriez-vous souhaité avoir dans ce budget 2024 pour nos compatriotes à l’étranger, et qui n’y figure pas ? »

    Karim Ben Cheikh : « Au-delà des critiques que j’ai émises sur le nombre d’emplois consacrés aux affaires consulaires et aux budgets sociaux des Français de l’étranger, il y a une préoccupation majeure que ce gouvernement ne traite pas : la couverture sociale des Français de l’étranger. Le seul outil que nous avons aujourd’hui pour permettre à ceux d’entre eux qui vivent hors de l’Union européenne d’être correctement couverts en France et dans leur pays de résidence est la Caisse des Français de l’étranger dont les tarifs deviennent hors de portée pour de très nombreux Français tant sur le plan de l’assurance santé que sur l’assurance vieillesse. L’État a failli à ses engagements de financer la prise en charge par la CFE de ses missions de service public notamment les tarifs aidés pour les plus vulnérables dits « catégorie aidée », mais aussi la prise en charge des plus de 65 ans ou les affections longue durée. Cette mission de service public de la CFE lui coûte beaucoup et déséquilibre ses comptes ce qui contraint son conseil d’administration à prendre des décisions difficiles de dégrader encore le niveau de remboursement et la couverture sociale que la Caisse propose. Je rappelle qu’il y a plus de 190 000 Français couverts aujourd’hui par la CFE dans le monde. Avec une politique publique à la hauteur il est possible de penser la façon dont il est possible de répondre aux besoins de santé et à l’inquiétude de nos compatriotes installés à l’étranger. Avec de nombreux parlementaires de tous bords nous avons demandé que la Présidente de l’Assemblée nationale et le Président du Sénat convoquent des « assises de la protection sociale des Français de l’étranger » comme ils en ont la prérogative. Il faut remettre à plat ce sujet de manière approfondie et sérieuse. »

    « Le 49.3 est une violence pour le débat parlementaire, c’est une évidence »

    Karim Ben Cheikh

    Jérémy Michel : « Le 49.3 a été utilisé pour le vote final du budget. Pour autant, avez-vous pu effectuer en amont votre travail de parlementaire ? »

    Karim Ben Cheikh : « Le 49.3 est une violence pour le débat parlementaire, c’est une évidence. Ce dispositif permet que des amendements votés par une majorité en Commission des Finances soient in fine rejetés du budget final. L’an dernier ce fut le cas d’un de mes amendements consacrés à la sécurisation et la reconstruction de l’Institut français et du consulat à Ouagadougou. Cette année les amendements de crédits votés au bénéfice de l’UNRWA et le HCR ont disparu du budget final.

    En tant que rapporteur budgétaire du budget de l’Action extérieure de l’État, j’ai conduit mes auditions avec les services de l’administration et les dirigeants des agences à mission de service public dès le mois de septembre, bien avant les premières séances de la commission des finances. La qualité du rapport que j’ai présenté à mes collègues de la commission des finances a été saluée par tous les bancs, y compris ceux qui défendent la ligne du gouvernement et j’estime que le débat en commission des finances a été utile, intéressant et approfondi concernant les budgets consacrés aux Français de l’étranger. Cependant on ne peut se satisfaire de ce fonctionnement de la démocratie parlementaire et du pouvoir exorbitant donné au gouvernement à travers le 49.3. »

    Jérémy Michel: «Une fois ce budget adopté, comment allez-vous suivre son exécution?»

    Karim Ben Cheikh : « En mai prochain, le « printemps de l’évaluation » permettra d’organiser de nouvelles auditions consacrées au suivi du budget. Ce qui me préoccupe particulièrement est le suivi et la conclusion de la campagne de bourses scolaires 2023 et d’évaluer les effets des contraintes budgétaires sur la campagne 2024. Je crains, et je ne suis pas le seul, que de plus en plus de familles ne sortent du système d’enseignement français pour des raisons financières. C’est déjà ce qu’on observe dans certains pays, en Espagne par exemple mais pas seulement. Dans d’autres pays, là où les familles françaises estiment qu’elles ne peuvent pas mettre leurs enfants dans le système d’enseignement local, elles choisissent de revenir en France. » 

    Jérémy Michel : « Et la CSG ? Malgré la proposition d’amendement d’Anne Genetet, celle-ci est toujours exigée aux non-résidents hors UE ? Quelle est votre position sur ce serpent de mer de la fiscalité des Français de l’étranger ? »

    Karim Ben Cheikh : « Pour ma part je n’avais pas vu qu’Anne Genetet avait défendu cette année une proposition d’amendement sur l’exonération de CSG-CRDS pour les Français résidents hors UE en Commission des Affaires sociales. Je sais en revanche que j’ai proposé cette exonération l’an dernier puis de nouveau cette année et que je l’ai défendue en personne en commission. Ce que je constate c’est que les députés NUPES ne se sont pas opposés à ma proposition en commission, voire ont voté pour mais que la rapporteure de la commission des affaires sociales, qui fait partie de la majorité à laquelle la députée Genetet appartient l’a refusée. Ce que je sais aussi, c’est que si les bancs de la majorité présidentielle et ceux de la NUPES votent favorablement cet amendement, alors il serait adopté dans la loi. Mais je constate que les groupes parlementaires de la majorité présidentielle ont d’ailleurs voté contre à plusieurs reprises, en commission et à l’hémicycle. Il appartient donc aux parlementaires des Français de l’étranger du camp présidentiel de tirer les conclusions qui s’imposent de cette situation et de s’expliquer là-dessus avec leurs électeurs. »

    Budget pour les Français de l’étranger
    Alexandre Holroyd
    Jérémy Michel : « Concrètement, dans le budget 2024 adopté, quels financements sont destinés directement aux Français de l’étranger ? »

    Alexandre Holroyd : « Les financements destinés concrètement aux Français de l’étranger sont à un niveau jamais atteint, par aucun gouvernement français. La France est l’un des seuls pays au monde qui dédie autant de ressources à ses ressortissants à l’étranger. Des moyens destinés directement aux écoles françaises, aux services consulaires, au rayonnement de notre culture. Le budget de la seule administration consulaire augmente par exemple de 22 millions d’euros, et c’est loin d’être la seule augmentation du budget destinée aux Français établis hors de France ! »

    Jérémy Michel : « Pensez-vous que les crédits alloués aux bourses scolaires soient suffisants pour permettre au plus grand nombre d’intégrer nos établissements français à l’étranger ? »

    Alexandre Holroyd : « Cette année, près de 15 millions supplémentaires viendront financer les exonérations partielles ou totales de frais de scolarité pour les élèves français à l’étranger. D’aucuns dénoncent un sous-financement, mais n’en déplaise à M. Ben Cheikh, ce niveau de financement est imputable au gouvernement Hollande dont faisaient partie les écologistes. Notre gouvernement, lui, est à la manœuvre pour compenser ces coupes budgétaires et permettre au plus grand nombre de bénéficier de l’excellence de l’éducation française à l’étranger. »

    « Il est absurde qu’en 2023, un Français d’Édimbourg ait encore besoin de voyager jusqu’à Londres pour refaire son passeport. »

    Alexandre Holroyd

    Jérémy Michel : « Nombreux sont nos compatriotes à déplorer que le réseau consulaire ne réponde pas à leurs demandes par faute d’effectifs suffisants, ce budget permettra-t-il réellement d’embaucher du personnel dans les ambassades et consulats ? »

    Alexandre Holroyd : « Le sujet des effectifs ne résoudra pas à lui seul la problématique de réponse à la demande. Il en va de la modernisation de nos services consulaires, dont la dématérialisation. Il est absurde qu’en 2023, un Français d’Édimbourg ait encore besoin de voyager jusqu’à Londres pour refaire son passeport – y compris écologiquement. C’est pourquoi je salue les 3 millions d’euros dédiés par ce budget à la modernisation du service consulaire, et j’espère que cela continue dans cette voie. »

    Jérémy Michel: «Le rayonnement culturel français est intégré dans le réseau diplomatique, quelles sont les avancées financières en la matière pour l’année prochaine?»

    Alexandre Holroyd : « Le niveau du soutien public à la culture est une exception française et c’est vrai aussi à l’étranger. Dans le budget de cette année, nous dédions plus de 560 millions d’euros à notre diplomatie et notre réseau culturel, c’est-à-dire une augmentation de plus de 8 %. C’est énorme ! Ce réseau d’Instituts français, d’Alliances et d’autres centres culturels publics est bien sûr un pilier essentiel de ce rayonnement, mais c’est le cas aussi de nos associations françaises à l’étranger, et c’est la raison pour laquelle j’ai défendu le dispositif STAFE dans ce budget. »

    Jérémy Michel : « Qu’auriez-vous souhaité avoir dans ce budget 2024 pour nos compatriotes à l’étranger, et qui n’y figure pas ? »

    Alexandre Holroyd : « J’aurais aimé voir encore davantage de moyens dédiés à la modernisation des services et la dématérialisation, car je suis convaincu que cet investissement permettrait à la fois d’améliorer le service public consulaire, et de soulager les services de manière efficace. Plus qu’une augmentation des effectifs qui ne prenne pas en compte tous les facteurs. »

    « Le 49.3 ne signifie pas que le travail parlementaire est à l’arrêt. »

    Alexandre Holroyd

    Jérémy Michel : « Le 49.3 a été utilisé pour le vote final du budget. Pour autant, avez-vous pu effectuer en amont votre travail de parlementaire ? »

    Alexandre Holroyd : « De toute évidence ! Le 49.3 ne signifie pas que le travail parlementaire est à l’arrêt. Il ne peut de toute façon pas intervenir avant l’examen du texte en commission des finances, et les milliers d’amendements déposés par tous les députés ont donc été examinés en commission, pendant de longues heures. » 

    Jérémy Michel: «Une fois ce budget adopté, comment allez-vous suivre son exécution?»

    Alexandre Holroyd : « L’examen de ce budget ne se limite pas aux quelques mois qui précèdent son adoption. Je suis son exécution et son déploiement toute l’année, avec la volonté politique d’assurer qu’il va dans la bonne direction pour les Français de l’étranger et sur les sujets qui me tiennent particulièrement à cœur. Je suis convaincu de l’importance et la nécessité de moderniser nos services consulaires, et c’est un sujet que je continuerai de pousser. » 

    Jérémy Michel : « Et la CSG ? Malgré la proposition d’amendement d’Anne Genetet, celle-ci est toujours exigée aux non-résidents hors UE ? Quelle est votre position sur ce serpent de mer de la fiscalité des Français de l’étranger ? »

    Alexandre Holroyd : « Dès mon arrivée en 2017, je me suis engagé pour l’équité fiscale pour tous les Français de l’étranger. Tous les Français de ma circonscription sont exonérés depuis 2019 de cotisations de CSG et CRDS. Je me suis battu pour que les Français du Royaume-Uni continuent de bénéficier de cette exonération à la suite du Brexit. De toute évidence, je reste donc engagé en ce sens pour tous les Français de l’étranger. »

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 22.12.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 22.12.23

    Bonjour à tous et nous voilà au dernier flash quotidien des expatriés 2023. On vous accompagne ainsi chaque matin ou soir depuis 2021. Merci à tous d’être toujours plus nombreux à nous écouter. Pour finir l’année, on fera un dernier point sur le budget des Français de l’étranger 2024 et on s’intéressera aux derniers couacs induits par le vote de la loi immigration avant de conclure par la grève surprise à Eurotunnel. 

    Un budget deux visions 

    Dans une interview croisée des deux députés des Français de l’étranger membres de la commission finance que vous pouvez retrouver sur Lesfrancais.press, soit Alexandre Holroyd pour Renaissance et Karim Ben Cheïkh pour la NUPES, on constate que la vision des moyens affectés aux Français de l’étranger est bien différente. Pour le député de la IXème circonscription, soit l’Afrique du Nord et de l’Ouest, M. Ben Cheïkh, « Le budget consacré aux Français de l’étranger est indubitablement le parent pauvre des budgets consacrés au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. » Tandis que pour l’élu des îles britanniques et des pays scandinaves, M. Holroyd « La France est l’un des seuls pays au monde qui dédie autant de ressources à ses ressortissants à l’étranger. » Alors qui dit vrai ? Faites-vous votre opinion en consultant nos nombreux articles qui y sont consacrés. 

    Budget pour les Français de l’étranger
    Alexandre Holroyd et Karim Ben Cheïkh

    Une loi qui colle aux baskets du Président de la Républqiue 

    Après l’interview d’Emmanuel Macron ce mercredi soir pour tenter de sortir de l’ornière politique, le Rassemblement national tout comme la droite continuent de se féliciter de l’adoption de la loi immigration. Sylvie Retailleau, en charge des universités, a présenté sa démission pour protester contre la caution des étudiants étrangers. Emmanuel Macron l’a refusée.

    Sylvie Retailleau ©AFP

    La grève a été déclenchée par les syndicats français et a entraîné « l’interruption complète du service et la fermeture de nos terminaux en France et au Royaume-Uni », a indiqué Getlink – la maison mère d’Eurotunnel – dans un communiqué. « Les organisations syndicales ont rejeté la prime exceptionnelle de 1.000 euros annoncée en fin d’année par la direction et appelé à la grève pour en demander le triplement », a poursuivi la direction. Aucun train ne circule « jusqu’à nouvel ordre », causant ainsi la panique gare du Nord, à Paris, et à Saint-Pancras, à Londres. Les passagers sont invités à reporter leur voyage au lendemain.

    tunnel sous la Manche
    Sortie du tunnel coté français ©Getlink

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve lundi 08 janvier. D’ici là, passez de bonnes fêtes et Laurent Dominati, Fabien Ferasson de Quental, comme toute la rédaction et l’équipe technique, se joignent à moi pour vous souhaiter de belles fêtes de fin d’année. 

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Qui boit le plus de café en Europe ?

    Qui boit le plus de café en Europe ?

    Plongeons dans le riche univers de la consommation de café en Europe, un voyage à travers les traditions, les préférences et les rituels uniques qui animent cette boisson emblématique. Découvrons ensemble les particularités de cette culture caféinée qui façonne les habitudes quotidiennes de nombreux pays européens.

    Café : qui en boit le plus en Europe ?

    L’Europe est un continent où la consommation de café est ancrée dans la culture de nombreux pays. Parmi eux, les 10 pays qui se distinguent le plus par leur consommation de cette boisson sont principalement du nord de l’Europe comme la Finlande à la première place, l’Allemagne, la Suède ou encore le Danemark et la Norvège. Selon une étude de l’International Coffee Organization, les pays scandinaves et d’Europe du Nord consomment jusqu’à douze kilos de café par personne et par an.

    Ces nations affichent une préférence marquée pour le café pour diverses raisons. En Finlande, par exemple, le café est bien plus qu’une boisson : c’est un rituel social. Les Finlandais se réunissent fréquemment pour partager une tasse de café et discuter. Cette habitude sociale a propulsé la Finlande au sommet de la liste des grands consommateurs de café en Europe.

    En termes de type de café consommé, les expressos et les cafés filtres dominent dans de nombreux pays européens. Cependant, des particularités existent : par exemple, les Pays-Bas ont une préférence pour le café filtre, tandis que les Italiens et les Français optent davantage pour l’expresso.

    café en Europe
    © LP/Delphine Goldsztejn

    Comment les Français consomment leur café ?

    Pour les Français, la consommation de café est aussi une affaire sérieuse et ils en boivent en moyenne 5,4 kg par personne chaque année (selon l’Observatoire du Café). Leurs préférences varient selon les régions et les individus. L’expresso corsé reste très populaire, apprécié pour ses arômes et dégusté sans sucre ni lait. Mais il existe d’autres typologies comme le café allongé, serré ou même le café noisette.

    Le café au lait, composé souvent de parts égales de café et de lait, est une alternative prisée, souvent accompagnée d’une viennoiserie ou de pain-beurre-confiture, dans la pure tradition française. La culture du café diffère d’une personne à l’autre : certains ont des rituels réguliers à la maison, au bureau ou en terrasse, tandis que d’autres accordent une grande importance aux labels et à l’éthique du café, le considérant même comme un produit de luxe.

    La provenance du café et le choix de la machine sont des critères importants pour certains, favorisant les grains à moudre et un type de machine bien particulier comme par exemple les machines à café à grains de la marque italienne De’Longhi, pour un aspect plus écoresponsable. En somme, le café est un incontournable de la vie quotidienne française, et chacun le savoure à sa manière.

    Conseils pour préparer un bon café

    Préparer un café parfait demande attention et précision. Voici quelques conseils pour atteindre cette excellence :

    • Choisir des grains de qualité : Optez pour des grains frais et de qualité pour un café plein de saveurs.
    • Moudre juste avant : La fraîcheur des grains est cruciale. Moudre le café juste avant l’infusion garantit une meilleure extraction des arômes.
    • Contrôler la température de l’eau : L’eau à la bonne température (environ 90-95°C) permet une extraction optimale des arômes.
    • Maîtriser le temps d’infusion : Le temps d’infusion détermine l’intensité du café. Contrôlez-le avec précision pour obtenir le goût désiré.
    • Utiliser du matériel adéquat : Des machines ou des méthodes de préparation adaptées permettent de sublimer les qualités du café.

    En combinant ces conseils avec votre préférence personnelle en matière de type de café, vous pourrez savourer une tasse délicieuse à chaque préparation.

    Cette exploration de la consommation de café en Europe, des habitudes françaises et des conseils pour une préparation parfaite illustre la diversité et l’importance de cette boisson dans nos sociétés.

  • Les spectacles à faire en famille à Paris pour les vacances de Noël 2023

    Les spectacles à faire en famille à Paris pour les vacances de Noël 2023

    Les vacances de Noël 2023 sont là ! Plus que quelques jours pour en profiter et comme de nombreux Français de l’étranger, vous prenez sûrement la direction de l’hexagone avec toute votre petite famille. Mais une fois sur place que faire ?

    Si vous n’avez pas prévu de ski et que les longues balades en famille vous ennuient, la rédaction vous a déniché quelques spectacles à faire en famille dans la capitale. 

    Cette année, les théâtres et cirques sont prêts à donner leurs meilleurs spectacles de Noël aux enfants et aux grands. Spectacles féériques et extraordinaires, pièces de théâtre drôles, Lesfrancais.press vous aiguille pour faire vibrer la magie de Noël dans le cœur des enfants en 2023, dans les salles de spectacle.

    vacances de Noël 2023 Paris
    Notre Dame de Paris au Palais des Congrès

    La comédie musicale « Notre-Dame de Paris » est de retour au Palais des Congrès

    Starmania et Notre-Dame de Paris reprennent le pouvoir en 2023… Que de succès pour Luc Plamondon, dont les spectacles ne cessent d’émerveiller toutes les générations. Pour le second, on fête cette année les 25 ans de la comédie musicale inspirée du roman de Victor Hugo. Pour l’occasion, de nouvelles représentations ont lieu là où tout a commencé, au Palais des Congrès, du 15 novembre 2023 au 7 janvier 2024, avant d’entamer une tournée dans toute la France.

    Avec plus de 5.000 représentations (ce seuil a été atteint le 5 janvier 2019) dans 20 pays différents et dans 9 langues, le spectacle a déjà attiré plus de 10 millions de spectateurs dans le monde entier. Notre-Dame de Paris est incontestablement devenue la référence du spectacle musical français. Rappelons que cette comédie musicale a notamment révélé Garou, Hélène Ségara, Patrick Fiori ou encore Julie Zenatti.

    vacances de Noël 2023 Paris
    Dirty Dancing

    La comédie musicale du film culte Dirty Dancing « The Classic Story on Stage »

    Le rendez-vous est pris : du 12 au 23 décembre 2023, les passionnés de danse et de musique sont conviés aux Folies Bergère pour assister à la représentation parisienne de Dirty Dancing « The Classic Story on Stage ». Cette comédie musicale, ayant conquis des millions de spectateurs à travers le globe, est un véritable phénomène et a rencontré un vif succès à Londres. On file plonger dans l’histoire enivrante de Baby et Johnny, deux jeunes issus de mondes différents, mais qui vont vivre l’été le plus intense de leur existence.

    vacances de Noël 2023 Paris
    Les féeries de Casse-Noisette, le conte musical ou rêver en famille pendant les fêtes

    Casse-Noisette, le ballet magique sur les airs de Tchaïkovsky

    Composé par Piotr Ilitch Tchaïkovski en 1892, Casse-Noisette raconte l’histoire de Marie, une jeune fille qui reçoit en cadeau un casse-noisette en forme de soldat lors d’une fête de Noël. Dans un monde féérique, son casse-noisette prend vie, et Marie se retrouve plongée dans une aventure magique où elle affronte le Roi des Souris, visite le Royaume des Délices et danse avec le Prince Casse-Noisette. Le ballet mélange le monde de l’enfance et de l’imagination, offrant un spectacle régressif aux doux airs d’enfance, qui fait de Casse-Noisette l’un des ballets les plus appréciés et joués au monde, particulièrement pendant la saison des fêtes.

    Du 26 au 31 décembre 2023, pile pendant les vacances de Noël 2023, découvrez ou redécouvrez l’histoire de Casse-Noisette, le célèbre ballet féérique composé par Tchaïkovski, lors d’un ballet dansé qui reprend les célèbres airs du spectacle iconique, à l’Auditorium de la Seine Musicale

    vacances de Noël 2023 Paris
    La comédie musicale Le Roi Lion au Théâtre Mogador

    La comédie musicale « Le Roi Lion » a fait son grand retour au théâtre Mogador

    Depuis 1997, la comédie musicale Le Roi Lion a envoûté le public mondial. Fort de ses débuts à Minneapolis, elle a charmé plus de 110 millions de spectateurs, de Broadway à Londres, Paris, Hambourg, Tokyo et Singapour, marquant sa présence triomphante à l’international.

    La fusion du talent musical de Hans Zimmer, des paroles profondes de Tim Rice, et des chorégraphies captivantes de Garth Fagan façonne cette pièce magistrale. Toutefois, ce qui distingue ce spectacle, ce sont les marionnettes et les costumes, ingénieusement conçus par Julie Taymor, qui ressuscitent la faune de la savane.

    Le Roi Lion relate le périple de Simba, un lionceau prédestiné au trône. Suite à la mort déchirante de son père, Mufasa, Simba s’exile, trouvant consolation auprès de ses fidèles amis, Timon et Pumbaa. Leur enseignement souligne la valeur de l’amitié et du devoir. Son destin prend un nouveau tournant lorsqu’il recroise Nala, son premier amour, l’incitant à retrouver son héritage. A travers ses aventures, le musical explore des notions comme l’identité, la rédemption et la quête personnelle, célébrant parallèlement les liens familiaux et le cycle naturel de la vie.

    Suite à une ovation méritée l’an dernier, Le Roi Lion retrouve les projecteurs du Théâtre Mogador pour une troisième saison mémorable. Un événement familial à ne pas manquer, du 20 septembre 2023 au 5 mai 2024. Embarquez pour une soirée magique en réservant vos sièges, et redécouvrez l’épopée de Simba et sa compagnie au cœur de Paris.

    Panique à Noël, un spectacle à voir avec les enfants à la Manufacture des Abbesses

    Ce 24 décembre au soir, un immense problème se pose : le Père Noël, censé distribuer les cadeaux à tous les enfants, est tombé malade… C’est une véritable catastrophe, comment faire pour que la tournée de Noël soit maintenue ? Qu’à cela ne tienne, Mère Noël et Lutin se portent volontaires pour remplacer le Père Noël, mais le défi s’avère de taille : réussiront-ils à réaliser toute la tournée de cadeaux ?

    Pendant les vacances de Noël 2023, retrouvez le Père Noël dans un spectacle familial à la Manufacture des AbbessesDu 25 novembre 2023 au 7 janvier 2024, les enfants devront aider le Père Noël dans sa mission lors d’un spectacle interactif accessible pour toute la famille, dès 4 ans. 

    vacances de Noël 2023 Paris
    Viktor Vincent au Théâtre de la Tour Eiffel

    Viktor Vincent, le mentaliste français incontournable

    Envie de vous laisser émerveiller par les tours et mystères de Viktor Vincent sur scène ? Alors, direction le Théâtre de la Tour Eiffel entre le 6 octobre 2023 et le 7 janvier 2024. Il y présentera son dernier spectacle : Fantastik, un mélange entre de l’imaginaire fantastique et du surnaturel.

    Après Mental Circusle sixième spectacle du mentaliste joué jusqu’à fin 2022, mais également D’un esprit à l’autreSynapsesArcanesEmprise et Les liens invisibles, c’est donc dans un tout nouvel univers qu’il promet de nous immerger. Viktor Vincent nous plongera dans des mondes mystérieux et merveilleux, où l’imagination est reine. De quoi ravir les plus et les moins jeunes !

    vacances de Noël 2023 Paris
    Noël au Château de Chantilly

    Noël s’installe au Château de Chantilly

    La magie de Noël s’installe au Château de Chantilly pour ces fêtes de fin d’année 2023. À cette occasion, le château se pare de ses plus belles décorations et nous propose une programmation magique. Entre visites de Noël, nouveau spectacle équestre, veillée, Marché de Noël gourmand et rencontre avec le Père Noël, les animations sont encore au rendez-vous pour vous offrir de belles découvertes.

    Visiter le Château de Chantilly en période de fête, c’est un vrai conte de fées. En balade dans les jardins en admirant l’architecture incroyable du fameux monument ou en intérieur pour vous imprégner de la magie de Noël, on se laisse séduire en cette période hivernale. 

    LIGHTS in the DARK – Electro-Luminiscence Squad

    LIGHTS in the DARK est le spectacle unique au monde signé de la troupe E.L Squad, pour Electro-Luminiscence Squad. Dirigée par le chorégraphe Yokoi, référence mondiale de la scène hip-hop, elle vous fera découvrir une technologie qui permet à des danseurs évoluant dans une obscurité totale de créer des effets fantasmagoriques et lumineux extraordinaires.

    LIGHTS in the DARK s’adresse aux amateurs de performances physiques, de danse urbaine, de technologie et d’univers manga et jeux vidéo, mais aussi à tous ceux qui veulent partager en famille ou entre amis un spectacle fort en émotions.

  • Quand le travailleur devient de l’or !

    Quand le travailleur devient de l’or !

    Contrairement à de nombreuses allégations, les machines, les robots et, sans nul doute demain, l’intelligence artificielle, ne suppriment pas le travail. Bien au contraire, au sein des pays occidentaux, les travailleurs se monnaient de plus en plus chers car ils deviennent rares. 

    Le vieillissement démographique a, en quelques années, changé le rapport de force. Dans de nombreux secteurs d’activité, les pénuries de main-d’œuvre se multiplient. Les entreprises éprouvent les pires difficultés à recruter des travailleurs manuels, ce qui induit des hausses de salaires. 

    Le recours à la haute technologie devrait, de son côté, également faciliter l’augmentation des salaires en générant des gains de productivité. La mondialisation est intervenue à une période où les pays asiatiques avaient un avantage démographique important. La population active, des années 1980 jusqu’aux années 2010, était en forte augmentation. Avec l’élévation de son niveau de compétences le pays a réussi à s’industrialiser à grande vitesse. Depuis plusieurs années, la population chinoise en âge de travailler diminue.

    Les avantages des délocalisations s’estompent

    Avec l’augmentation des risques géopolitiques, la lutte contre les émissions des gaz à effet de serre, les avantages des délocalisations s’estompent. Mais, en parallèle, les pays dits avancés faute de main-d’œuvre sont à la peine pour relocaliser certaines activités. La population active de l’OCDE est également en baisse. Selon une enquête menée, en 2023, dans 41 pays par la société d’intérim, Manpower Group, 77 % des entreprises ont du mal à pourvoir les postes vacants, soit deux fois plus qu’en 2015. 

    Les deux tiers des entreprises industrielles polonaises déclarent que la pénurie de main-d’œuvre est l’un des principaux freins à la production. En Allemagne, les services de transports publics ont été réduits en raison du manque de chauffeurs de bus et de train. Ce fut le cas également en région parisienne en 2022. En Corée du Sud, les personnes âgées restent de plus en plus longtemps en activité. 59 % des 55 à 79 ans travaillent, contre 53 % il y a dix ans. Ce phénomène est imputable également à la dégradation du pouvoir d’achat des pensions.

    travailleur
    ©Stockadobe Larosoire

    Pénuries de main-d’œuvre

    La main-d’œuvre est devenue si précieuse que les entreprises commencent à la thésauriser. Même en période de faible activité, elles hésitent à licencier de peur de ne pas pouvoir embaucher en cas de retournement de la conjoncture. Une enquête auprès des petites entreprises américaines a révélé qu’en 2023, plus de 90 % d’entre elles cherchent à fidéliser leurs employés. En Allemagne, malgré la récession en 2023, 730 000 postes sont vacants, un niveau record. Selon l’Agence allemande pour l’emploi, en 2023, 48 professions ont été ajoutées à la liste des 152 en manque de main-d’œuvre. Les pénuries étant plus pressantes dans le secteur de la construction et des soins de santé. 

    Le Japon, jusqu’à maintenant averse à l’immigration, offre des visas à durée limitée aux travailleurs étrangers dans une douzaine de domaines, notamment la fabrication de pièces de machines et la construction navale. Les salaires du pays augmentent plus rapidement qu’à aucun autre moment au cours des trois dernières décennies. Changement notoire, les salaires des travailleurs manuels augmentent plus vite que ceux des diplômés de l’enseignement supérieur. 

    Au Japon, ces derniers enregistrent même une baisse de leur rémunération. Le caractère tendu du marché du travail encourage également les syndicats à exiger de nouvelles réductions du temps de travail. Les métallurgistes allemands réclament une semaine de travail de 32 heures, contre 35 heures actuellement. En Espagne, le nouveau gouvernement souhaite réduire de deux heures et demie la semaine de travail standard, fixée actuellement à 40 heures. 

    Dans la zone euro, le temps de travail est en baisse, les salariés rechignent à accepter des emplois à horaire décalés et à effectuer des heures supplémentaires. Si aux États-Unis, le nombre d’heures de travail par salarié ne baisse pas, des demandes se font jour en la matière. La raréfaction de la main-d’œuvre donne l’espoir que les salaires augmenteront.

    La croissance économique dépend fortement de l’évolution de la population active

    Cette loi de l’offre et de la demande n’est, toutefois, pas sans limite. Faute de débouchés, le marché peut s’étioler. Si aujourd’hui, certains se réjouissent de la montée du protectionnisme censé protéger l’emploi, ils pourraient vite déchanter car celle-ci devrait réduire les possibilités d’exportation. La transition énergétique, la multiplication des mesures protectionnistes et la rareté du personnel disponible favorisent la hausse des prix et pèseront sur le pouvoir d’achat des ménages. 

    Les pays occidentaux sont menacés d’une implosion de leur économie faute de main-d’œuvre d’autant plus que le recours à l’immigration suscite une hostilité de plus en plus importante au sein des populations résidentes. Or, la croissance économique dépend fortement de l’évolution de la population active. 

    L’Italie, un des pays les plus touchés par le vieillissement démographique, est celui dont la croissance potentielle est la plus faible. L’absence d’emplois signifie moins de ressources pour financer les dépenses publiques et en premier lieu les retraites. 

    La bonne tenue des marchés de l’emploi actuels n’est pas sans lien avec l’application de politiques d’inspiration keynésienne. Les États subventionnent de nombreux investissements (énergies renouvelables, production de batteries ou de microprocesseurs) et aident les ménages ainsi que les entreprises ayant subi les effets de la hausse des prix après le déclenchement de la guerre en Ukraine. Ces aides ont succédé à celles attribuées durant l’épidémie de covid. Le recours à l’endettement public contribue à un flux de créations d’emplois mais un ajustement pourrait se produire à moyen terme. Tant que des épargnants acceptent des titres publics, ce système économique peut se maintenir. Si, en revanche, ces derniers commencent à douter des capacités de remboursement des États ou si leurs moyens financiers viennent à se restreindre, des tensions apparaîtront avec de possibles effets sur l’emploi. 

    Aujourd’hui, l’effort d’épargne repose essentiellement sur les plus de 55 ans. Or, avec la baisse à venir des pensions, ces derniers seront amenés à vendre tout ou partie de leur patrimoine. Pour attirer les épargnants, les États seront condamnés d’accepter des taux d’intérêt plus élevés ce qui limitera leur possibilité d’investissement. 

    La haute technologie est-elle la solution aux pénuries de main-d’œuvre ?

    Depuis le début de la révolution industrielle, le recours aux machines a permis de décupler la force physique. Désormais, grâce à l’intelligence artificielle, les capacités intellectuelles de l’être humain sont également démultipliées. Face au manque de personnel, face aux demandes d’augmentation des salaires et de réduction du temps de travail, les employeurs espèrent que l’intelligence artificielle générera d’importants gains de productivité mais cela ne signifiera pas qu’ils pourront se passer de leurs salariés. 

    Une étude réalisée par Dean Alderucci de l’Université Carnegie Mellon, à partir des données sur les brevets américains de 1990 à 2018, a révélé que les entreprises qui innovaient en recourant à l’intelligence artificielle connaissaient une croissance de l’emploi 25 % plus rapide et une croissance des revenus 40 % plus rapide que les entreprises similaires n’ayant pas fait ce choix.

    L’IA contribuera à une montée en compétences de nombreux métiers

    L’intelligence artificielle devrait permettre d’accroître la productivité au sein des services. Une étude récente réalisée par Erik Brynjolfsson du MIT souligne ainsi que les salariés des centres d’appels parviennent à résoudre 14 % de problèmes en plus par heure quand ils sont assistés par une application d’intelligence artificielle. Selon une enquête de l’OCDE, environ 80 % des travailleurs du secteur manufacturier et des services financiers utilisant l’intelligence artificielle déclarent que leur production augmente. Une large majorité affirme également que cela est positif sur leurs conditions de travail. 

    L’intelligence artificielle contribuera à une montée en compétences de nombreux métiers. Les infirmiers ou les médecins pourront être épaulés par des robots pour réaliser des diagnostics et pour sélectionner des solutions appropriées à leurs patients. L’intelligence artificielle supprimera sans nul doute des emplois mais moins qu’elle n’en créera. Des emplois de rédaction basique pourraient disparaître au profit d’emplois d’analyse plus poussée. 

    La question de la transmission des gains de productivité liés à l’intelligence artificielle est cruciale pour la croissance des prochaines années. Ils peuvent être soit conservés par les entreprises de la haute technologie sous forme de rente, soit redistribués à l’ensemble des secteurs d’activité. Dans le premier cas, les effets sur la croissance et l’emploi seront moindres que dans le second.

  • Pacte migratoire : les discussions sur le «mécanisme de solidarité» progressent

    Pacte migratoire : les discussions sur le «mécanisme de solidarité» progressent

    Les ministres de l’UE veulent financer la construction de murs et la mise en place de clôtures et de barbelés dans des pays tiers ainsi qu’un renforcement de la surveillance aux frontières de l’UE pour empêcher les migrants d’atteindre le territoire de l’Union. C’est ce qu’il ressort des négociations à huis clos menées par les législateurs européens lundi et mardi (18-19 décembre) sur le mécanisme de solidarité du nouveau pacte sur la migration et l’asile.

    Le nouveau pacte sur la migration et l’asile a été présenté en 2020 par la Commission européenne. Il est composé de plusieurs dossiers législatifs qui établiront un nouveau régime uniformisé de gestion des migrations dans les États membres.

    Ce pacte conserve le système actuel en vertu duquel le premier État membre dans lequel est arrivé un demandeur d’asile est responsable du dossier de ce dernier, mais cherche à introduire un mécanisme de solidarité obligatoire.

    Selon le mécanisme envisagé, en cas d’afflux migratoire dans un État membre, les autres doivent contribuer en prenant en charge des demandeurs d’asile (système de relocalisation) ou bien en apportant un soutien financier ou matériel au pays en difficulté.

    Toutefois, le mécanisme de solidarité pourrait être radicalement modifié par un ensemble de mesures proposées visant à rendre les frontières de l’UE plus hermétiques.

    En outre, la Commission européenne et les ministres de l’UE souhaitent que les informations relatives aux contributions dans le cadre du mécanisme de solidarité (quel pays contribue et dans quelle mesure) restent confidentielles. Un représentant de la Commission a expliqué que la divulgation de ces informations pourrait constituer un « facteur d’attraction » pour les migrants.

    Gestion de crise

    Un dossier clé sur la table des négociateurs est le règlement sur les situations de crise, qui prévoit certaines règles devant être mises en place en cas de «crise» migratoire.

    Pour l’instant, trois scénarios sont envisagés : une crise déclenchée par un « afflux massif » de personnes arrivant aux frontières de l’UE ; une situation de « force majeure » (une arrivée massive due à des guerres, au climat ou à toute autre urgence humanitaire) ; et une situation d’« instrumentalisation » — lorsqu’un État ou un acteur non étatique facilite le passage des migrants.

    La Commission européenne, mais surtout les États membres de l’UE, auront probablement un important pouvoir décisionnel dans la gestion des crises, notamment en ce qui concerne la désignation d’une situation comme étant une situation de «crise».

    La durée de la période de crise devrait être limitée à un maximum de 12 mois, et les États membres devraient pouvoir choisir eux-mêmes la manière dont ils aideront les pays en difficulté.

    En cas de crise, des procédures d’urgence aux frontières seront appliquées. Plusieurs organisations de la société civile pensent que les procédures d’urgence seront défavorables aux demandeurs d’asile, car les garanties offertes aux personnes à la recherche d’une protection seront revues à la baisse en situation de crise.

    « Les discussions en cours sur les propositions de crise et d’instrumentalisation sont extrêmement alarmantes. Les propositions visant à permettre aux États de ne pas respecter les normes en matière d’asile dans un ensemble vague et extensible de situations représenteraient une attaque sévère au droit d’asile en Europe », a expliqué à Euractiv Olivia Sundberg, porte-parole d’Amnesty International pour les questions migratoires au sein de l’UE.

    « Cela exposerait les personnes en quête de sécurité à davantage de risques, compromettrait les réponses communes aux frontières et ferait des mesures d’urgence une norme sur l’ensemble du territoire de l’UE », a-t-elle ajouté.

    Un autre débat en cours concerne des garanties que les ONG ne seront pas identifiées comme des acteurs non étatiques responsables d’une « instrumentalisation », ce qui les mettrait dans la même catégorie que la Russie ou encore la Biélorussie, qui ont déjà utilisé les migrants pour faire pression sur l’UE.

    Le Parlement européen demande que des précisions soient apportées pour protéger les ONG (en particulier celles qui mènent des activités de recherche et de sauvetage en mer) d’une telle classification.

    Pacte migratoire
    Le nouveau pacte sur la migration et l’asile a été présenté en 2020 par la Commission européenne. Il est composé de plusieurs dossiers législatifs qui établiront un nouveau régime de gestion des migrations entre les États membres. [EPA-EFE/Marcin Obara]

    Règlement sur les procédures d’asile

    Un autre dossier épineux du pacte est le règlement sur les procédures d’asile, qui règlementerait les procédures aux frontières pour certaines catégories de migrants.

    Cette procédure frontalière serait obligatoire pour les demandeurs d’asile dont le taux de reconnaissance de la protection internationale est inférieur à 20 %, pour les demandeurs d’asile qualifiés de « risque pour la sécurité » (y compris les mineurs non accompagnés) et pour les demandeurs d’asile qui cherchent à « induire les autorités en erreur ».

    Il n’y aura probablement pas d’assistance juridique et de représentation gratuites au niveau administratif, y compris lors de procédures frontalières. En revanche, il est probable que des conseils juridiques gratuits (financés par l’UE) seront offerts aux demandeurs d’asile.

    Un autre point de discussion porte sur la question de savoir si une demande doit être considérée comme « irrecevable » en fonction du pays d’origine et sur la possibilité d’utiliser des centres de rétention dans certains cas.

    « Les discussions en cours laissent entrevoir un recours accru et obligatoire aux procédures aux frontières pour certains groupes, ce qui implique moins de garanties juridiques, plutôt qu’une évaluation juste et complète de leurs demandes d’asile », a déclaré Mme Sundberg, d’Amnesty International.

    « Les personnes seraient très probablement détenues de facto et ne seraient pas considérées comme étant sur le territoire de l’UE pendant toute la durée de leur détention, qui pourrait durer plusieurs mois. Même les familles avec enfants n’en seraient pas exemptées », a-t-elle expliqué.

    Ce « tri » en fonction de la nationalité  est « contraire à la convention de Genève, qui prévoit des examens individuels », a dénoncé l’eurodéputé écologiste Damien Carême, cité par l’AFP.

    Un autre point sensible des discussions est la relocalisation provoquée par le regroupement familial. Les ministres de l’UE ne semblent pas vouloir reconnaître les fratries comme éligibles au regroupement familial.

    « Les dirigeants européens tentent de restreindre l’accès au regroupement familial, en excluant les familles résidant légalement dans l’UE sans protection internationale », a déclaré à Euractiv Federica Toscano, de l’ONG Save the Children.

    « Ce pacte met en danger les familles et enfreint de manière flagrante les droits de l’enfant. Il autorise non seulement la détention systématique des familles arrivant ensemble en Europe, mais il sépare également les enfants de leurs parents et divise les fratries », a ajouté Mme Toscano.

    La dimension politique du pacte

    Les eurodéputés et les ministres ont entamé la dernière étape du processus législatif, les négociations interinstitutionnelles, connues sous le nom de trilogues lundi (18 décembre).

    La présidence espagnole du Conseil de l’UE a pour objectif de faire approuver l’ensemble du paquet avant de passer le flambeau à la Belgique, soit avant la fin de l’année. Toutefois, de nombreux points restent en suspens, ce qui pourrait repousser la conclusion d’un accord au début de l’année 2024.

    Si un accord provisoire ne peut être conclu entre les institutions sous la présidence espagnole, les législateurs européens souhaitent y parvenir d’ici février prochain.

    Le pacte sur la migration et l’asile est une nouvelle tentative de refonte des règles de l’UE en matière de migration, visant à mettre en place un système européen de gestion des flux migratoires, après l’échec d’une précédente proposition. Ces règles sont de plus en plus réclamées par les États membres au vu de l’augmentation des flux migratoires.

    L’UE observe en effet une hausse des arrivées irrégulières, ainsi que des demandes d’asile.

    Sur les onze premiers mois de l’année 2023, l’agence Frontex a enregistré plus de 355.000 traversées des frontières extérieures de l’UE, soit une hausse de 17%, rapporte l’AFP.

    Les demandes d’asile quant à elles pourraient atteindre plus d’un million d’ici la fin 2023, selon l’Agence de l’UE pour l’asile (EUAA).


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  • Loi immigration : la division jusqu’aux élus Renaissance des Français de l’étranger

    Loi immigration : la division jusqu’aux élus Renaissance des Français de l’étranger

    En toute confidence - podcast politique

    En toute confidence

    En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.

    Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.

    Animé par Caroline Ettori.

    La loi sur l’immigration vient d’être adoptée à l’Assemblée nationale. « En toute confidence » reçoit deux parlementaires du Groupe Renaissance. Leur particularité : bien qu’appartenant à la majorité présidentielle, ils ont voté différemment sur ce texte. 

    Eléonore Caroit (Renaissance), députée de la 2eme circonscription des Français établis hors de France (Amérique du Sud / Caraïbes) s’est abstenue. Quant à Stéphane Vojetta (App. Renaissance), député de la 5eme circonscription des Français de l’étranger (Andorre, Espagne, Monaco, Portugal), il s’est prononcé en faveur de ce texte.

    Ont-ils subi des pressions politiques ?

    Qu’est ce qui explique cette différence ? La majorité (relative) présidentielle au Palais Bourbon survivra-t-elle ? Emmanuel Macron sort-il affaibli de ce scrutin ? Les deux élus nationaux répondent à ces questions dans cette interview. Écoutez ce podcast pour savoir pourquoi deux élus aux sensibilités politiques similaires se prononcent différemment sur une même loi.  

    Loi immigration
    Eléonore Caroit et Stéphane Vojetta

    Loi immigration : un vote en conscience

    Stéphane Vojetta l’affirme : « j’ai voté en faveur de ce texte en conscience. Non pas par discipline ». Le député a d’ailleurs réalisé une enquête sur la politique d’immigration. Il a ainsi interrogé nos compatriotes Français de son territoire. Résultat de sa consultation, la majorité de nos ressortissants qui ont répondu attendaient un texte plus strict pour gérer les flux migratoires. Du côté d’Éléonore Caroit, elle se déclare « en désaccord avec un certain nombre de points du texte final ». Elle a « préféré s’abstenir ». L’élue des Français d’Amérique du Sud et des Caraïbes a voté « en conscience et en connaissance de cause ». Elle rappelle aussi qu’il y a de nombreux binationaux dans sa circonscription.  Et certaines dispositions du projet de loi ne correspondant pas à leurs attentes. 

    Loi immigration
    Les députés sont réunis pour débattre du projet de loi immigration le 11 décembre 2023 © Maxppp – Alexis Sciard

    Aucune sanction pour les députés indisciplinés, vraiment ?

    Le Président Macron avait interpellé les représentants de son camp avant le vote dans l’hémicycle. Le chef de l’Etat avait alors indiqué que le texte se conformait aux valeurs qu’il défendait. Le Président semblait vouloir ainsi mettre en garde les éventuels parlementaires récalcitrants. Selon le député Vojetta, « aucune sanction » ne devrait être prise à l’encontre de celles et ceux qui n’ont finalement pas voté en faveur du projet de loi. C’est tout du moins ce qui avait été déclaré en réunion du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale avant le début du scrutin. Cela se confirmera-t-il ? « La politique est faite de compromis » assure quant à elle Eléonore Caroit. 

    L’Union européenne légifère en même temps sur la politique migratoire

    Ce texte ne s’arrête pas aux frontières de la France. En effet, l’Union européenne se prononce actuellement sur plusieurs textes concernant la politique migratoire. Les négociations aboutissent en ce moment. L’un des pouvoirs des parlementaires est de contrôler l’action du gouvernement. Aussi, les membres du groupe présidentiel devront être attentifs à la position de notre pays au Conseil des ministres européens. Une sorte « d’en même temps » institutionnel. À la fois à Paris, à la fois à Bruxelles.  

    En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes










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