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  • 2026 : une année électorale ! Êtes-vous bien inscrit sur votre liste électorale ?

    2026 : une année électorale ! Êtes-vous bien inscrit sur votre liste électorale ?

    Depuis la mise en place du Répertoire Électoral Unique (REU) en 2019, il est possible de s’inscrire tout au long de l’année et jusqu’au sixième vendredi précédant une élection. Plus simple, plus efficace, ce système permet une gestion nationale coordonnée et sécurisée. Pour les Français de l’étranger, il existe deux possibilités d’inscription sur une liste électorale. En effet, ils peuvent soit s’inscrire sur celle dite consulaire soit demander à être rattachés à une commune en France. On vous explique tout.

    L’inscription sur la liste électorale d’une commune de France

    Cette solution peut paraitre comme la plus pratique et la plus simple. En effet, sans aucune démarche, vous pouvez rester sur la liste sur laquelle vous étiez inscrit lors de votre départ de France. Mais en tant qu’expatrié, mais surtout pour ceux qui n’ont jamais résidé en France, il existe d’autres possibilités comme s’inscrire sur la liste électorale de la :

    • Commune de naissance ;
    • Commune de leur dernier domicile ;
    • Commune de leur dernière résidence, à condition que cette résidence ait été de six mois au moins ;
    • Commune où est né, est inscrit ou a été inscrit un de leurs ascendants ;
    • Commune sur la liste électorale de laquelle est inscrit ou a été inscrit un de leurs parents jusqu’au quatrième degré.

    Par ailleurs, l’article L.14 du code électoral prévoit que les Français inscrits au registre des Français établis hors de France de la circonscription consulaire dans laquelle ils ont leur résidence et les conjoints des militaires de carrière ou liés par contrat peuvent également, sur justification des liens du mariage, demander leur inscription sur la liste électorale sur laquelle est inscrit leur conjoint.

    Cependant, il y a des contraintes car pour voter il faudra soit prévoir un déplacement en France soit donner une procuration. Et la démarche peut être complexe. Ainsi, la personne qui souhaite faire établir une procuration (mandant) doit se présenter personnellement auprès de l’une des autorités habilitées, munie d’une pièce d’identité. Elle doit fournir les renseignements suivants : nom, prénoms, date de naissance et adresse de son mandataire (personne à qui le mandant donne procuration). Le mandataire doit jouir de ses droits électoraux. 

    Les demandes de procurations peuvent être faites en ligne sur le portail Maprocuration :

    • Il n’y a plus d’attestation sur l’honneur
    • Le mandant doit fournir son NNE et celui de son mandataire
    • Le mandataire n’a plus l’obligation d’être inscrit sur la même liste électorale que le mandant

    La procuration peut être établie :

    • À l’étranger, par l’ambassadeur pourvu d’une circonscription consulaire, le chef de poste consulaire ou un consul honoraire de nationalité française ;
    • Ou en France, au tribunal d’instance, au commissariat de police ou à la gendarmerie du lieu d’inscription.

    En sus, si vous pouvez voter, en restant sur une liste de « résident », aux élections municipales de mars 2026, vous ne pourriez pas participer aux élections consulaires, qui auront lieu en mai 2026. Il en sera de même pour l’élection du député, pour participer aux législatives et ainsi élire celle ou celui qui vous représentera à l’Assemblée nationale en tant qu’expatrié(e). L’inscription à la liste électorale consulaire ou non, est donc le reflet de votre choix personnel d’implication ou non dans la vie française de son pays de résidence.

    C’est quoi les élections consulaires ?

    Le conseiller consulaire, c’est votre conseiller municipal mais avec moins le pouvoir de décision…). Élus pour six ans, ils ont vocation à représenter les Français de leur circonscription électorale. Ils sont consultés au moins deux fois par an par le Consul sur des questions relatives aux Français de la circonscription (éducation, santé, sécurité, formation…). Les 442 conseillers des Français de l’Étranger sont élus au suffrage universel direct dans chaque circonscription consulaire : il y a un à neuf conseillers par circonscription en fonction du nombre de Français inscrits dans la circonscription.

    Le Conseil consulaire de la circonscription de Washington
    Le Conseil consulaire de la circonscription de Washington s’est réuni jeudi 19 mai 2022 ©MAE

    Ces élus n’ont qu’un rôle consultatif, et aucun pouvoir décisionnaire, à une exception près : ils font partie des “grands électeurs” en charge d’élire les douze Sénateurs des Français de l’étranger. C’est aussi parmi ces conseillers consulaires que seront élus les représentants à l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE), une assemblée consultative elle aussi, qui siège à Paris deux fois par an.

    Comment s’inscrire à la liste électorale consulaire ?

    Si vous vous inscrivez sur la liste électorale consulaire (LEC) en tant que Français établis hors de France, vous pourrez voter directement dans un bureau de vote ouvert dans l’ambassade ou le poste consulaire situé dans la circonscription consulaire mais surtout il sera possible de voter en ligne depuis chez vous. Un dispositif qui n’existe que pour les Français de l’étranger.

    Pour rejoindre les 1,5 million d’expatriés qui ont fait ce choix, le plus simple c’est de s’inscrire au registre des Français établis hors de France de la circonscription consulaire. Vous serez inscrits sur la liste électorale consulaire de leur circonscription consulaire. Pour les Français qui ne sont pas inscrits au registre des Français établis hors de France, l’inscription se fait à la demande des électeurs à l’ambassade ou au consulat qui se situe dans la circonscription consulaire où ils ont leur résidence.

    C’est à la demande expresse des usagers qu’ils sont inscrits sur la liste électorale consulaire, ce n’est pas « automatique ».
    L’inscription sur liste électorale consulaire sans s’inscrire au Registre ne peut se faire qu’au guichet, pas en ligne.

    Vote d'un Français installé à l'étranger
    Vote d’un Français installé à l’étranger ©MAE

    Ainsi, si vous vous inscrivez pour la première fois au registre, vous pouvez simultanément vous inscrire à LEC. En effet, Lors de la démarche d’inscription au registre, il vous sera proposé de vous inscrire à la liste électorale consulaire, vous pourrez alors saisir l’adresse électronique qui sera utilisée par l’administration pour l’organisation des scrutins et qui vous servira également pour le vote en ligne.

    Si, vous êtes déjà inscrit(e) au registre mais qu’à l’époque, vous aviez préféré rester sur une liste de l’hexagone, vous pouvez modifier, aussi en ligne, la situation. Pour cela, il faut vous connecter au service en ligne du registre des Français de l’étranger et vous pourrez demander un changement de votre situation sur la liste électorale consulaire et solliciter votre inscription.

    Un doute ? N’hésitez pas à vérifier votre situation et surtout vos coordonnées afin de vous assurer de recevoir les identifiants afin de voter en ligne depuis chez vous.

  • Initiatives expats à Vienne : Le Cercle crée des ponts entre citoyens, science et diplomatie

    Initiatives expats à Vienne : Le Cercle crée des ponts entre citoyens, science et diplomatie

    Épisode après épisode, le podcast « Initiatives Expats » met en lumière les engagements des Français de l’étranger. Cap sur l’Autriche avec Flora Babin, présidente de l’association « Le Cercle », et Charles Coudoré, en charge de la communication. Autour de la francophonie, leur credo à Vienne est celui créer des passerelles entre les citoyens, le monde scientifique et la diplomatique, autour de diverses activités.

    Écouter le podcast avec Flora Babin et Charles Coudoré

    Tous les chemins mènent-ils à Vienne ?

    Pour Flora Babin, l’Autriche n’était pas une destination évidente, comme elle le confie au cours de ce podcast « Initiatives expats » en revenant sur son itinéraire d’expatriée. « J’ai eu la chance de faire une école merveilleuse qui s’appelle l’ISTOM et on avait beaucoup de stages à l’international (…) A Vienne, c’était plutôt pour un passage. Et comme la plupart des Français à l’étranger, j’y suis restée un petit peu plus longtemps ». Notre compatriote y réside depuis 2018.

    « Le STAFE, c’est une reconnaissance de notre action associative, et ça permet d’apporter la crédibilité à notre association »

    Flora Babin, présidente le Cercle Vienne

    Quant à Charles Coudoré, lui, est arrivé après un chapitre belge : « Avant l’Autriche, je vivais en Belgique avec ma compagne, aujourd’hui ma femme… et nous avions des envies d’ailleurs. Nos destinées professionnelles nous ont conduits en Autriche. » Floran et Charles, deux trajectoires complémentaires qui se croisent aujourd’hui au service d’une même communauté francophone en proposant une programmation dense au sein du « Cercle Vienne ».

    Le Cercle à Vienne : une association active

    Créée en 2018, l’association association a été créée par les étudiants de l’académie diplomatique. À Vienne, nous rappelle Flora, « il y a un superbe compromis entre les Nations Unies, la diversité culturelle européenne (…) Il y a tout un bouillon qui est très propice » au débat notamment, et à toutes autres formes de découvertes. Les activités du Cercle répondent à cette attente et sont multiples (programmation ici). Entre les conférences, les concerts, les visites guidées et autres ateliers thématiques, cette association est des plus actives.

    Conférence "Sport et égalité des genres" organisée par le Cercle à l'Ambassade de France en Autriche
    Conférence « Sport et égalité des genres » organisée par le Cercle à l’Ambassade de France en Autriche

    Parmi les événements récents les plus marquants figurent ceux organisés à l’occasion de la Journée de la Francophonie. Autre temps fort : une conférence « Sport et égalité des genres », tenue en partenariat avec l’Ambassade de France en Autriche. Cette rencontre a rassemblé « responsables politiques, scientifiques, psychologues et sportifs afin de parler tous ensemble de ce sujet ». Un débat qui, selon Flora, « représentait très bien l’ADN de l’association ». Cette réunion avait pu être organisée grâce à l’apport du STAFE, une aide financière accordée par les autorités françaises.

    L’apport du STAFE pour l’association

    Cette saison, Le Cercle prépare un autre cycle soutenu par le dispositif STAFE (Soutien au tissu associatif des Français de l’étranger) sur la transition écologique. Celui s’intitule : « des conférences vertes : repenser l’impact environnemental, de la terre aux océans ». La programmation est à suivre.

    Echange organisé par Le Cercle dans le cadre des Journées européennes vertes de Vienne 2025
    Echange organisé par Le Cercle dans le cadre des Journées européennes vertes de Vienne 2025

    Au-delà du financement, le label STAFE compte : « c’est une reconnaissance de notre action associative, et ça permet d’apporter la crédibilité à notre association », nous déclare Flora, la présidente du Cercle Vienne. Le soutien apporté par ce programme est également clairement mis en avant lors des événements, comme le souligne Charles : « Oui, absolument, c’est mentionné pendant la conférence », et aussi sur les documents de communication de l’association.

    Conseils aux futurs expatriés en Autriche

    Comme de tradition, à la fin du podcast « Initiatives Expats » nous demandons à nos invités quelle chose faut-il savoir absolument avant de venir s’installer en Autriche ? Et quels conseils très pratiques donneriez-vous aux Françaises et Français qui envisagent de venir vivre à Vienne ? Flora n’hésite pas une seule seconde dans sa réponse : « Parler allemand. »

    « Ne pas se refroidir face au caractère qui peut être
    un peu rude des Autrichiens »

    Charles Coudoré, chargé communication Le Cercle Vienne

    Quant à Charles, outre l’apprentissage de la langue de Goethe, il propose de briser la glace avec les Viennoises et Viennois en indiquant de ne surtout « pas se refroidir face au caractère qui peut être un peu rude des Autrichiens, mais de continuer à aller vers eux, parce qu’une fois contact pris, l’Autrichien est très agréable et très chaleureux. »

     Si, après avoir écouté le podcast « Initiatives Expats », vous souhaitez en savoir plus sur Le Cercle Vienne, participer à l’une de leurs rencontres, proposer des invités ou une activité, adhérer à l’association et/ou contacter Flora et Charles, cliquez ici

     

  • Budget 2026, c’est pas gagné !

    Budget 2026, c’est pas gagné !

    Élus comme citoyens avaient en tête que le premier vote du budget aurait lieu la semaine prochaine le 04 novembre. Et, ce 29 octobre, le gouvernement se rend à l’évidence, la lecture de la partie 1 du Projet de loi de finances (PLF) ne sera pas terminée à temps. Ce qui chamboulera le planning de l’Assemblée nationale mais donnera aussi plus de temps au gouvernement Lecornu II d’affiner sa copie. Car avec ce report, les députés passeront donc à l’examen du Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) avant de reprendre l’examen de la partie recettes du PLF après le 12 novembre, date du vote solennel du PLFSS.

    La taxe Zucman

    Premier sujet de discordes, ayant entrainé le dépôt de centaines d’amendements, la taxe Zucman. A gauche, les mesures dites de justice fiscale sont au cœur du bras de fer entre le gouvernement et les socialistes. Cette passe d’armes devrait continuer d’alimenter les débats dans les prochains jours, notamment en ce qui concerne cette fameuse taxe qui sera examinée probablement vendredi. Qu’elle soit adoptée ou non, Olivier Faure, patron du PS, a prévenu qu’un refus du gouvernement de taxer les hauts patrimoines serait un motif de censure.

    Une taxe sur les holdings patrimoniales

    Cette taxe vise à faire échec à ces stratégies de contournement par la thésaurisation de revenus. Une mesure présentée comme une lutte contre l’optimisation fiscale par Sébastien Lecornu durant son discours de politique générale.

    La contribution différentielle sur les hauts revenus

    La CDHR mise en place lors à l’occasion du budget 2025 est prolongée. Il s’agit d’une surtaxe appliquée aux ménages dont les revenus dépassent 250 000 euros pour un célibataire et 500 000 euros pour un couple. Elle fixe un taux minimal d’imposition de 20 % (égale donc à l’imposition libératoire forfaitaire). Elle s’ajoute en réalité à la contribution exceptionnelle pour les hauts revenus (CEHR) qui cible les mêmes foyers fiscaux ainsi qu’à leurs impôts sur le revenu pour qu’ils soient bien imposés d’au moins 20 %. Pensée pour durer une année, cette mesure pourrait finalement être pérennisée jusqu’au retour du déficit à 3% du PIB, soit jusqu’en 2029 selon les projections gouvernementales.

    Image illustration
    Image d’illustration ©Depositphotos

    Avez-vous bien inscrit vos enfants nés à l’étranger à l’état civil français ?

    Quel rapport avec le budget 2026 ? Tout simplement, qu’ils risquent de ne pas bénéficier de certaines aides s’ils ne sont pas Français ou s’ils ne disposent pas d’une des 27 nationalités de l’UE. Car à compter du 1er juillet 2026, les étudiants internationaux extra-communautaires non-boursiers ne seront plus éligibles à l’APL (l’aide personnalité au logement). « Cette mesure ciblée ne concernera que 3 % des 3 millions d’étudiants en France, et permettra de mieux flécher les moyens vers les publics réellement fragiles », justifie le ministère de l’enseignement supérieur dans un communiqué que BFMTV a pu consulter. Petit détail important, cette disposition ne concerne pas les étudiants boursiers, « quelle que soit leur nationalité« , ainsi que l’ensemble des étudiants originaires de l’Union européenne, précise le ministère.

    Niches fiscales
    Image illustration ©adobestock

    23 niches fiscales supprimées

    Si la suppression de certaines des niches visées, jugées obsolètes, inefficaces ou touchant trop peu de personnes, ne devrait pas faire polémique, d’autres suppressions vont avoir des conséquences directes sur les Français. Voici quelques exemples :

    • La fin de la réduction d’impôt sur les frais de scolarité dans le secondaire et le supérieur
    • La baisse ou la fin de l’exonération des cotisations pour les apprentis
    • La hausse des charges patronales de 8% sur les avantages en nature comme les tickets-restaurants ou les chèques-vacances.
    • La réduction progressive de l’avantage fiscal sur les biocarburants comme le E85
    • La fiscalisation des indemnités journalières des affections longue durée.

    Le retour de l' »exit taxe » dans sa forme de 2019

    Cette disposition vise à freiner l’évasion fiscale. Il est question de taxer un contribuable domicilié fiscalement en France et détenant des actions lorsqu’il transfère son domicile fiscal hors de France sur la plus-value latente qui résulterait de la vente de ses actions.


    Tous les détails dans l’article dédié ICI.

  • Le nouvel âge du luxe : quand l’exclusivité s’évapore

    Le nouvel âge du luxe : quand l’exclusivité s’évapore

    En 2023, une bouteille de Château d’Yquem valait 60 % de plus qu’en 2015. À l’époque, tous les produit de luxe connaissait des augmentations à deux chiffres faisant le bonheur des grands groupes comme LVMH, Kering ou Hermès. De 2015 à 2023, l’indice des investissements de luxe publié par le cabinet immobilier Knight Frank s’était envolé de 70 %. Depuis son sommet de 2023, l’indice a reculé de 6 %. Les grands crus classés de Bordeaux — Lafite-Rothschild, Margaux et consorts — ont perdu près de 20 %. Aux États-Unis, les prix des jets privés et des yachts ont baissé de 6 %. Les Rolex d’occasion se négocient près de 30 % en-dessous de leurs niveaux de 2022. Le marché de l’art contemporain est en berne. À Londres comme à Paris, les logements “prime” reculent. À San Francisco, une villa de la fameuse Billionaires’ Row, affichée 32 millions de dollars il y a deux ans, cherche aujourd’hui preneur à 26 millions.

    La banalisation du luxe

    La baisse du marché du luxe ne s’explique pas par celle du nombre de milliardaires ni par le recul de leurs revenus. Selon Forbes, leur nombre est de plus de 3 000 dans le monde, contre 2 800 l’an dernier. Les 0,1 % d’Américains les plus riches détiennent désormais 14 % du patrimoine des ménages — un record depuis plusieurs décennies.

    Contrairement aux ménages modestes, les 3,3 % d’Américains les plus aisés ont accru leurs dépenses depuis 2022. Le ralentissement ne vient donc pas d’un appauvrissement des riches, mais de l’économie même du luxe en mutation rapide.

    Le marché du luxe repose sur deux piliers : la rareté et la rivalité. Un bien n’est véritablement luxueux non pas parce qu’il est cher, mais parce que sa possession empêche les autres de l’obtenir. Le problème, pour les ultra-riches, est que les biens d’exception ne le sont plus vraiment. Des dizaines de domaines produisent désormais d’excellents vins. Le meilleur Bordeaux vaut-il encore tant mieux que les autres ? Les diamants de laboratoire sont identiques aux naturels.

    Avec un peu d’argent, il est possible de s’offrir une veste Kiton d’occasion ou d’affréter un jet privé pour quelques heures. Le monde de l’art expérimente la “fractionnalisation” : plusieurs centaines d’investisseurs peuvent désormais détenir ensemble un fragment d’un tableau de Rembrandt. La tokenisation de l’art aboutit à la banalisation des œuvres. Les plaisirs jadis réservés à quelques-uns se sont démocratisés et, surtout, affichés sur les réseaux sociaux. Le raffinement est devenu reproductible. Ces biens ne sont plus rares, ni vraiment enviables. Le luxe en se banalisant ne relève plus du « luxe », et avec lui, le désir qu’il suscitait s’amoindrit.

    L’exclusivité d’un service ou d’un produit

    Les riches se tournent donc vers d’autres horizons : plus grands, plus exclusifs, plus personnels. Les riches comme le reste de la population se détournent des biens matériels pour des services et des univers plus immatériels. Assister à un concert des Rolling Stones en statut VIP offrant droit à une rencontre avec Mick Jagger prime désormais sur la possession d’une Ferrari ou d’une Porsche. Les billets du Super Bowl ont doublé en quelques années. La hausse des prix des services de luxe obéit à la même logique que le déclin des objets de luxe : la rareté absolue.

    Image d'illustration Restaurant
    Image d’illustration Restaurant

    L’hôtellerie de luxe l’a bien compris. Les palaces offrent des suites avec des piscines privées et avec des vues impossibles comme sur la Tour Eiffel ou l’Arc de Triomphe à Paris. Avec moins de 200 chambres, le Bristol à Paris illustre cette soif d’identité de la part des riches, la demande excède largement l’offre, ce qui a permis de multiplier par deux le prix d’une nuit en six ans. En période de déclin démographique et de lutte contre l’immigration, le personnel de maison devient une denrée rare aux États-Unis. Aux États-Unis, le salaire d’un employé de maison a ainsi augmenté de 50 %. À Palm Beach, en Floride, certains gagnent plus de 150 000 dollars par an. Les Philippins sont particulièrement recherchés.

    La finale de la prochaine coupe du monde devrait être l’occasion d’une nouvelle envolée des tarifs. Il en sera de même pour les prochains concerts de Taylor Swift ou des Stones. Pour ces derniers, la rareté sera d’autant plus présente que la probabilité que cela soit la dernière tournée augmente.

  • Suisse : plus d’école pour les enfants des frontaliers en 2026

    Suisse : plus d’école pour les enfants des frontaliers en 2026

    Faut-il le rappeler mais la Suisse n’est pas membre de l’Union européenne, et cela a un impact sur les relations entre la France et ce petit pays à la réussite insolente. Car malgré, les nombreux accords qui fluidifient les échanges des deux côtés de la frontière, les Français sont considérés comme des immigrés profitant du système (cela devrait peut-être faire réfléchir certains en France ?). Et pour cette rentrée scolaire 2025/2026, Le ton est monté jour après jour entre la France et Genève. En cause, l’arrêt de la scolarisation en 2026 de 2 500 enfants domiciliés en France, et inscrits dans des écoles genevoises.

    Une décision jugée « unilatérale » du Conseil d’Etat de Genève

    Le Conseil d’Etat de Genève est resté inflexible lors d’une rencontre organisée le mois dernier par la préfète de région et la rectrice académique. En conséquence, plusieurs milliers d’élèves, essentiellement suisses, risquent de se retrouver dans des établissements scolaires français déjà saturés. Car les Suisses n’hésitent pas à passer la frontière pour venir vivre chez nous où tout est moins cher.

    En 2018 déjà, les règles avaient changé. Mais jusqu’ici, une tolérance était accordée. Les élèves frontaliers pouvaient ainsi terminer leur scolarité obligatoire à Genève. Les enfants qui avaient déjà un frère ou une sœur scolarisée dans le canton étaient admis dans les écoles genevoises, pour autant qu’un des parents soit imposé à la source à Genève. Mais aujourd’hui, le ton a changé. Le canton veut « exclure les élèves frontaliers, des enfants« , s’agace Yves Krattinger, papa d’un enfant de 10 ans, concerné par la situation, et interviewé sur la RCF.

    Pour une fois, notons que les expatriés français ne sont pas concernés puisqu’ils sont résidents en Suisse. C’est plutôt les expatriés suisses qui se retrouvent au pied du mur soit ils rentrent pour que leurs enfants puissent continuer leur parcours scolaire « chez eux », soit ils devront les scolariser en France. La double peine pour notre pays qui n’impose pas ses résidents travaillant en Suisse mais qui devra prendre en charge leur scolarité.

    Elèves à Genève
    Dès 2026, 329 élèves se répartiront sur 90 communes, dont Annemasse (notre photo) et 1200 au total. © Le DL/Elisa Ginevra

    Les élus de Savoie mobilisés

    Virginie Duby-Müller, Anne-Cécile Violland, députées de Haute-Savoie, Loïc Hervé, sénateur de Haute-Savoie, et Florent Benoit, maire de Vulbens et président de la communauté de communes du Genevois ne cachent pas leur agacement. Dans une déclaration commune, ils s’expriment sans détour :

    « Nous souhaitons le dire sans aucun ménagement, c’est une honte.
    C’est un mépris, principalement pour les enfants qui vont être expulsés de leur école, C’est un mépris pour les familles, C’est un mépris pour les élus locaux français, C’est un mépris du canton de Genève pour la France. Madame HILTPOLD doit avoir honte. Honte de prendre de telles mesures et de s’enfermer dans un mutisme insupportable ! Nous parlons d’enfants et de leur développement, nous parlons de familles. Qu’ils habitent d’un côté ou de l’autre de la frontière, ils ne méritent pas d’être ainsi stigmatisés. C’est une indignité »

    Virginie Duby-Müller, Anne-Cécile Violland, députées de Haute-Savoie, Loïc Hervé, sénateur de Haute-Savoie, et Florent Benoit, maire de Vulbens et président de la communauté de communes du Genevois

    En réponse, le Conseil d’État a « proposé la mise en place d’un groupe de suivi, notamment pour disposer d’une estimation quantitative et géographique des impacts sur les différentes communes françaises et évaluer de manière continue les effets de cette décision ». C’est la seule petite concession qui est en plus une disposition qui ne signifie pas grand-chose en l’état. Marc Ferracci, de nouveau député des Français de Suisse, pourrait-il faire le conciliateur ? Pour l’instant, il ne s’exprime pas sur le sujet

  • Pour Denis Jacquet, « la confiance reste le moteur le plus fort de l’économie américaine »

    Pour Denis Jacquet, « la confiance reste le moteur le plus fort de l’économie américaine »

    Dix mois après le retour de Donald Trump au pouvoir et malgré les prédictions d’un effondrement, l’économie américaine continue de surprendre. Dans cet entretien, Denis Jacquet, entrepreneur français à succès installé aux États-Unis, nous livre sa propre lecture des mécanismes de résilience économique du pays, de la stratégie du président Trump sur les secteurs d’avenir, et nous parle de l’impact de la politique commerciale américaine ainsi que de ses mesures sur l’immigration qualifiée.

    10 mois après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche

    Lesfrancais.press : « Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, de nombreux commentateurs annonçaient un effondrement économique aux États-Unis. Dix mois plus tard, ce scénario ne s’est pas produit. Selon vous, quels mécanismes expliquent que l’économie américaine continue de fonctionner malgré ces pronostics catastrophiques ? »

    Denis Jacquet : « Cela peut paraître immatériel et un peu cliché, mais la confiance reste le moteur le plus fiable de l’économie. Quand les acteurs économiques et le peuple pensent que leur pays s’inscrit dans une dynamique d’avenir, ils cessent d’épargner et préfèrent respectivement investir ou consommer.
    Bien entendu, il y a deux Amériques, comme dans tous les pays occidentaux désormais. Et il y a deux catégories : Ceux qui y croient encore et ceux qui n’y croient plus, ces derniers étant une majorité en Europe. Cela s’explique par le personnel politique catastrophique que nous subissons, notamment en France ces derniers mois.

    « Qu’on l’aime ou non, il a compris qu’un électeur vote pour un président
    qui met les intérêts de son peuple avant ceux du reste du monde »

    Denis Jacquet, entrepreneur français à succès installé aux États-Unis

    Pour revenir aux USA, nous avons l’Amérique des grandes villes qui fait vivre la totalité des États-Unis, qu’elle soit ou non opposée à Trump. D’ailleurs, lors de la dernière présidentielle, un nombre incroyable d’électeurs démocrates ont voté Trump parce qu’ils pensaient qu’économiquement, il avait plus de légitimité et de vision que Kamala Harris. L’une des raisons étant que la plupart des villes démocrates sont dans un état économique et social épouvantable — San Francisco, Los Angeles —, tandis que la plupart des villes ou États républicains fonctionnent plutôt bien —Texas, Floride.

    Et il y a le reste de l’Amérique, comme celles des régions et petites villes en Europe, qui n’y croient plus du tout, et se révolte ou se révoltera, par le vote ou par la violence. La confiance c’est un pied dans l’avenir, son absence un retour au passé : dès que la confiance est là, la consommation et l’investissement restent au sommet. Prenons l’exemple de New York où le moindre kiwi ou avocat est au prix du caviar. Et pourtant chacun reste, persuadé que l’avenir est à portée de main. Et s’ils y croient, c’est parce qu’ils croient au message de Trump, America First. Qu’on l’aime ou non, il a compris qu’un électeur vote pour un président qui met les intérêts de son peuple avant ceux du reste du monde. Trump est perçu comme celui qui pense et agit pour les Américains. Égoïste ? Peut-être. Efficace, surtout. »

    Le pragmatisme des Américains

    Lesfrancais.press : « Au-delà de la confiance, quels autres facteurs soutiennent aujourd’hui l’économie américaine ? »

    Denis Jacquet : « Un autre facteur essentiel quand on compare à une Europe en panne, sclérosée, en déclin, c’est l’investissement massif sur les secteurs stratégiques d’avenir. Pendant que l’Europe, discute ou régule, les USA — et la Chine — avancent. Une avance impossible à rattraper désormais.

    Les Etats Unis investissement massivement dans l'intelligence artificielle
    Les Etats Unis investissement massivement dans l’intelligence artificielle @adobe

    L’intelligence artificielle ? Bonne nouvelle pour les États-Unis : c’est le pays qui y investit le plus et qui va dominer le monde avec la Chine.
    Les terres rares, que la Chine, principale source au monde, utilise comme instrument de chantage contre l’occident ? Que fait Trump ? Il propose d’annexer le Groenland pour se servir en terres rares, et rééquilibrer son rapport de force avec la Chine, et servir ses industriels. Brutal ? Anormal ? Il fait tout haut ce que la Chine fait tout bas. Tout le monde s’est moqué de lui, mais sans terres rares, s’en est fini du monde digital. Certes, d’un point de vue environnemental et des relations internationales, c’est déplorable, mais d’un point de vue économique, l’avenir le remerciera.

    « Les Américains, qu’ils soient démocrates ou républicains, savent faire des additions »

    Denis Jacquet, entrepreneur français à succès installé aux États-Unis

    La crypto-monnaie et la blockchain ? Sujet crucial. Qui sera le leader mondial ? Le panorama est simple : l’Europe régule pour occuper ses députés à nos frais, la France interdit quasiment, et pendant ce temps, les États-Unis se présentent comme l’Eldorado des cryptos. Bien entendu, avec Trump, il y a toujours quelque chose de caché —mais très visible : sa famille s’enrichit copieusement avec les cryptos, mais le positionnement de l’administration sur le sujet devient un atout précieux pour enrichir le pays tout entier.

    Au final, les Américains, qu’ils soient démocrates ou républicains, savent faire des additions : ils regardent les chiffres, évaluent les décisions et savent prendre du recul. Ce n’est pas le taux de chômage qui les inquiète qui, de toute façon, est deux fois moins élevé qu’en France. Ce qui compte pour eux, c’est leur croyance en une économie qui leur apportera emploi et avenir, même si trop nombreux sont ceux qui vivent à crédit. Ils pensent encore majoritairement, eux, que le lendemain chantera plus qu’aujourd’hui.

    Droits de douane : Trump seul contre tous ?

    Lesfrancais.press : « Les droits de douane imposés par l’administration Trump sont très critiqués à l’international. Selon vous, quel est leur véritable impact sur l’économie américaine et sur les investissements faits sur le sol américain ? »

    Denis Jacquet : « Ne penser qu’à soi, ce n’est pas très bien pour le reste du monde, pas politiquement correct, mais Trump n’est pas un politique, et pour ceux qui vous entourent et votent pour vous, ça fonctionne plutôt pas mal. Tout ce que Trump fait aujourd’hui aura un impact positif sur l’avenir des États-Unis. Quand il met des barrières tarifaires, ce n’est pas pour ériger un mur autour d’un pays d’où rien ne rentrerait ni ne sortirait, mais pour envoyer un message clair aux acteurs internationaux : si vous voulez investir quelque part dans le monde, c’est aux États-Unis que vous devez le faire. Sinon, vos droits de douane vous coûteront une fortune ! »
    Résultat ? Aucun pays au monde n’a recueilli autant d’investissements industriels, étrangers ou nationaux, depuis que Trump s’est lancé dans cette bataille. Les États-Unis ont ainsi dérouté aux USA des décisions initialement prévues pour s’investir ailleurs. Mieux encore, certains acteurs américains, y compris Apple, qui ne voulaient pas se mettre Trump à dos, ont préféré réaliser leurs investissements sur le sol américain plutôt qu’en Asie. Lorsqu’une usine se construit aux États-Unis, ce n’est pas pour un an ou deux, mais pour dix, quinze ou vingt ans.

    La réindustrialisation des Etats-Unis par Donald Trump
    La réindustrialisation des Etats-Unis par Donald Trump, @Adobe

    Ces décisions sont assez dures et très critiquées, comme celles de Margaret Thatcher ou de Gerhard Schröder à une autre époque sur d’autres thèmes. Mais dans une décennie, les commentateurs constateront que la réindustrialisation de l’Amérique, même partielle, est due à Trump, celui que tout le monde moque aujourd’hui. Il faut savoir défier l’opinion et le court terme, pour entrer dans l’histoire. »

    Lesfrancais.press : « Les déficits commerciaux, les prix des produits importés et les marges excessives de certains fabricants ne risquent-ils pas de peser sur le consommateur américain ? »

    Denis Jacquet : « Une théorie ancienne, remonte depuis peu à la surface, qui voudrait que les excédents d’un pays sur un autre devraient être corrigés, de gré ou de force. On devrait considérer que tout est question d’équilibre : quand on a trop exporté vers un pays ou un continent, il faudrait accepter de rétablir la balance et d’exporter moins. Mais expliquer cela à la Chine semble ambitieux ! La vraie question est de savoir pourquoi nous avons de tels chiffres du déficit de commerce extérieur. Surtout en France, car l’Allemagne ou l’Italie récemment, ont su y remédier.

    Leur apparition et leur croissance est liée au fait que nous, occidentaux, sous prétexte de prix bas — mais en réalité une obsession du profit à tous prix — avons délocalisé nos emplois et notre avenir dans des pays à bas coûts. Aujourd’hui, nous en payons le prix. À mon sens, en France, Michel-Édouard Leclerc est l’un des grands responsables de cette politique : depuis vingt ans, il défend le prix bas sans expliquer qu’un produit moins cher en rayon, c’est un emploi de moins dans notre pays et un emploi de plus à l’étranger. S’il vend un t-shirt à un euro, c’est parce qu’il est fabriqué par un Chinois et non par un Français. Il a contribué à décimer l’industrie française en anéantissant, selon moi, un nombre ahurissant de PME-PMI françaises qui ne pouvaient plus lutter. Il a beau jeu de dire désormais qu’il maintient les prix bas pour aider les plus pauvres, mais c’est lui qui leur a volé leur emploi et contribué à leur indigence. Avec la complicité des politiques qui pouvaient vendre le mirage du pouvoir d’achat. Au moins, ses concurrents, de la grande distribution, ont eu le courage de le reconnaître. Pas lui.

    On devrait revoir l’équilibre des échanges mondiaux. Trump le tente. A son profit. Beaucoup de commentateurs prédisaient une inflation insupportable aux États-Unis, une récession, l’effondrement de la bourse. Il ne manquait que le tremblement de terre ! En réalité, beaucoup de produits ne sont pas concernés par les tarifs. Par ailleurs, des rééquilibrages de marge entre distributeurs, grossistes et importateurs évitent que la taxe ne se répercute sur le consommateur. Peut-être que nous le paierons plus tard, avec un appauvrissement de la chaîne de valeur du fait de marges comprimées pour certains, mais pour l’instant, force est de constater que la méga-crise annoncée n’a pas eu lieu et que l’inflation continue à baisser ou se stabiliser. Il faut cesser d’écouter les économistes.

    Enfin, il y a de la marge, « du gras » à récupérer sur certains produits : les fabricants s’étaient largement servis pendant le Covid en augmentant les prix sans raison et doivent désormais s’adapter, en restituant ainsi une partie des bénéfices réalisés à cette période.

    Donald Trump un réveil pour l’Europe ?

    Lesfrancais.press : « Quels risques potentiels voyez-vous pour l’économie américaine à moyen et long terme, notamment face aux crises internationales et aux choix politiques de Trump ? »

    Denis Jacquet : « La meilleure façon d’avancer est de rester en mouvement. Les États-Unis sont une économie internationale. Ils ne vivent pas en autarcie, ils vendent chez eux, mais surtout au reste du monde. Tout le monde se tient par la barbichette, certains — la Chine — plus que d’autres. Que vous soyez Apple aux USA ou Vuitton en France, vous toussez dès que l’Asie s’enrhume. Donc même, les USA sont dépendants, et devraient se rapprocher de l’Europe. Mais ils ne lui font pas confiance.

    « L’Europe est devenue une machine bureaucratique à briser le talent »

    Denis Jacquet, entrepreneur français à succès installé aux États-Unis

    L’administration Trump a une défiance, voire une forme de mépris pour l’Europe. Mais vu notre inaction et notre personnel politique, j’aurais tendance à lui donner raison. Et je dis vraiment malheureusement, parce que l’Europe est devenue une machine bureaucratique à briser le talent. Je pense que nous remercierons Trump, un jour, pour nous avoir réveillés, et nous rappeler que nous aurions les moyens d’être autonomes et ambitieux. Sur la défense par exemple. On devrait lui dire merci.

    Trump ne respecte que les puissants. Tant que l’Europe reste handicapée, Trump ne fera que la moquer et la délaisser. En cela, il nous pousse à un sursaut nécessaire : indépendance, investissement dans l’IA, le quantique, l’espace, tout ce qui fait le futur, au lieu de simplement réguler et lutter en France contre quelques mois de travail en plus pour préserver nos retraites et notre modèle social.

    « Il y aura des crises, mais je ne pense pas que ce soit à cause de la politique de Trump. Au contraire, elle réveille l’Europe, agresse la Chine »

    Denis Jacquet, entrepreneur français à succès installé aux États-Unis

    Les Européens devraient tenir compte du terrible constat fait par Mario Draghi, même si nous l’avions fait bien avant lui, avec mes amis entrepreneurs. Et en deux pages seulement. Les États-Unis ont besoin d’une Europe forte. Trump nous montre que nous sommes faibles, ne veut plus payer pour nous, et nous rappelle que sauf changement majeur, nous ne serons pas traités en égaux.

    Alors oui, il y aura des crises, mais je ne pense pas que ce soit à cause de la politique de Trump. Au contraire, elle réveille l’Europe, agresse la Chine et pousse certains dirigeants à adopter des politiques similaires : réduction des dépenses publiques, rééquilibrage des modes de pensée dans le monde universitaire, la presse et dans la magistrature, qui, dans beaucoup de pays, luttent contre leur propre pays sur la base d’une idéologie très à gauche.

    Le seul danger, à mon sens, concerne la bourse qui pourrait nous offrir une purge provisoire, comme elle les aime, notamment à cause des dégâts que nous prépare le « shadow banking ». Nous avons d’ailleurs assisté récemment à une faillite spectaculaire qui en est un révélateur. Il faut vite mettre le nez dans leur activité, sinon nous risquons, d’ici deux ou trois ans, de connaître une nouvelle crise de cette nouvelle forme de « subprimes » et nous refaire un joli feu d’artifice comme en 2008.

    La politique des visas des États-Unis et ses conséquences

    Lesfrancais.press : « Quelle lecture faites-vous de la nouvelle politique de ladministration Trump sur les visas H1B ? »

     Denis Jacquet : « Je pense que c’est une annonce dont Trump a le secret : il lance brutalement une mesure qui sera certainement adoucie ou supprimée, une fois le problème réglé. Les plus gros demandeurs de ces visas, sont l’Inde et la Chine. C’est là qu’il veut faire mal.  C’est un outil de plus pour imposer à l’Inde et à la Chine, de cesser d’acheter du pétrole sous le manteau à la Russie. Le but est d’affaiblir Moscou, qui s’en sort plutôt bien économiquement malgré la guerre contre l’Ukraine, et les pousser à signer la paix.

    Denis Jacquet
    Denis Jacquet, entrepreneur (Top Cream), auteur ( Pourquoi votre patron sera chinois, Eyrolles) et speaker

    L’Inde et la Chine achètent du pétrole russe qu’elles revendent ailleurs dans le monde, y compris en France, après avoir changé de pavillon, malgré les blocus contre Moscou. Comme Trump est vexé et agacé que Poutine ne cède pas à son plan de paix, et qu’il ne puisse pas annoncer qu’il a mis fin à la guerre en Ukraine comme il l’avait prévu, il cherche à le faire plier. Tout se passait très bien entre les États-Unis et l’Inde, qui était un excellent partenaire, mais tout d’un coup, il les a sabrés pour les faire plier sur cette question.

    Je crois donc que cette nouvelle réglementation est temporaire : une fois signée la paix en Ukraine, il l’annulera et, au passage, pourra revendiquer à nouveau le prix Nobel de la paix.

    « Je n’aurais aucune hésitation à échanger Trump contre Macron ou nombre de dirigeants Européens, malgré le peu d’admiration pour l’homme »

    Denis Jacquet, entrepreneur français à succès installé aux États-Unis

    Tous les milliardaires qui l’entourent savent très bien que les talents les plus fins viennent souvent de Chine ou d’Inde. La plupart des dirigeants des plus grandes sociétés digitales des USA viennent d’ailleurs. Tout le monde sait qu’on a besoin d’eux. Ses conseillers le lui rappellent chaque jour, y compris Musk. Et comme le taux de chômage grimpe un peu en ce moment, c’est pour lui l’occasion de faire embaucher des talents américains plutôt qu’étrangers — ce qui peut, provisoirement, l’arranger.

    Je parie que cette mesure est purement contextuelle. En conclusion, et je l’ai déjà déclaré dans les médias, je n’aurais aucune hésitation à échanger Trump contre Macron ou nombre de dirigeants Européens, malgré le peu d’admiration pour l’homme. Je préfère un détestable qui réussit et avance, que celui qui nous dirige vers l’enfer.


    Retrouvez Denis Jacquet en cliquant ici

  • Mélanie Vogel veut garantir le droit à l’IVG pour les Françaises de l’étranger

    Mélanie Vogel veut garantir le droit à l’IVG pour les Françaises de l’étranger

    Sénatrice écologiste des Français établis hors de France, Mélanie Vogel poursuit son combat pour l’égalité d’accès à l’avortement. Après avoir contribué à l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution française, elle défend désormais une proposition de loi pour rendre ce droit effectif au-delà des frontières. Une initiative qui répond à une préoccupation croissante : comment protéger les ressortissantes françaises vivant dans des pays où l’interruption volontaire de grossesse est restreinte, voire interdite ?

    Écouter le podcast avec Mélanie Vogel

    Une approche républicaine mais critique du gouvernement

    Interrogée sur la situation politique actuelle et la nouvelle équipe gouvernementale menée par Sébastien Lecornu, Mélanie Vogel rappelle la position de son groupe : « Nous avions discuté avec Sébastien Lecornu de manière républicaine, de manière sincère, en essayant de voir s’il pouvait y avoir une manière de gouverner le pays. »
    Mais face à ce qu’elle décrit comme une absence d’« alternance politique réelle », les écologistes ont voté la censure. La sénatrice déplore un manque de vision économique à long terme : « Si nous sommes dans cette situation budgétaire très grave, c’est parce que nous avons appauvri l’État en renonçant à un certain nombre de recettes fiscales. »

    Pour elle, la stabilité budgétaire ne peut venir que d’une fiscalité plus juste : « Quand on réduit les dépenses, on s’appauvrit, parce qu’on a moins de richesse nationale et parce qu’on n’investit pas dans ce qui crée notre richesse : l’éducation, les services publics, la transition écologique. »

    Mélanie Vogel
    Mélanie Vogel, Sénatrice écologiste des Français établis hors de France

    Rendre l’IVG accessible à toutes les Françaises, où qu’elles soient

    Le cœur de l’entretien porte sur la proposition de loi qu’elle vient de déposer. Celle-ci vise à rendre effectif le droit à l’IVG pour les Françaises de l’étranger, dans le respect des législations locales. Mélanie Vogel explique : « Nous avons inscrit le droit de l’IVG dans la Constitution, ce qui veut dire que la France considère que c’est un droit fondamental. Nous devons faire en sorte qu’il soit mieux accessible, y compris à l’extérieur de nos frontières. »

    Sa démarche se veut pragmatique. La sénatrice ne cherche pas à modifier les lois étrangères, mais à « améliorer l’accès à l’IVG à l’étranger dans le cadre du droit français ». Elle propose plusieurs leviers : renforcer l’information disponible dans les consulats, faciliter les rapatriements pour soins en France, et permettre l’envoi sécurisé de pilules abortives. « Clarifier quels sont les médecins qui acceptent de pratiquer des IVG de la part des consulats serait déjà d’une grande aide », ajoute-t-elle.

    Une “boîte à outils” pour toutes les situations

    Le texte prévoit aussi un soutien accru aux associations qui accompagnent les femmes en difficulté et introduit des dispositifs innovants. Parmi eux : la création d’un visa sanitaire pour permettre à des femmes étrangères d’accéder à une IVG en France et la possibilité d’obtenir l’asile en cas de persécution. « On doit pouvoir garantir aux femmes le droit d’asile lorsqu’elles sont condamnées parce qu’elles ont accédé illégalement à l’IVG ou aidé d’autres à le faire », plaide Mélanie Vogel.

    Face aux craintes d’une mise en danger des agents consulaires dans certains pays, la sénatrice rassure : « Le texte n’a pas d’effet extraterritorial. Il a vocation à assurer, en fonction du contexte local, le mieux que l’on puisse faire. » Elle souligne que ces situations existent déjà, souvent gérées dans la plus grande discrétion : « Aujourd’hui, on a déjà des agents qui aident, parfois en rapatriant les personnes. On n’expose pas publiquement pourquoi cette personne entre en France, ce qui permet de protéger l’agent et la personne. »

    Mélanie Vogel
    Mélanie Vogel, Sénatrice écologiste des Français établis hors de France

    40 % des femmes dans le monde sans accès libre à l’avortement

    La sénatrice dresse un constat alarmant : « Sur les 200 et quelques pays dans le monde, une vingtaine interdisent totalement l’IVG, mais beaucoup d’autres la restreignent tellement que l’accès réel est quasi impossible. »
    Elle rappelle qu’« environ 40 % des femmes dans le monde ne peuvent pas accéder librement à l’IVG », soit quelque 20 millions de femmes au sein même de l’Union européenne. Cette réalité pousse Mélanie Vogel à agir : « Il y a une forme de logique à ce que la défense de ce droit dans notre Constitution trouve des répercussions dans notre politique envers les Françaises de l’étranger. »

    Un espoir de consensus politique

    Mélanie Vogel croit en une possible convergence des forces politiques sur ce sujet sensible. « Depuis qu’on a inscrit le droit de l’IVG dans la Constitution, il y a une logique à prolonger ce combat. C’est un sujet qui peut faire consensus, y compris avec la ministre actuelle, attachée au droit à l’avortement », affirme-t-elle, évoquant ses échanges avec la nouvelle ministre des Français de l’étranger, Éléonore Caroit.

    D’autres priorités pour les expatriés

    Outre ce texte, la sénatrice écologiste veut défendre plusieurs dossiers essentiels pour les Français établis hors de France : la pérennité de la Caisse des Français de l’étranger (CFE), le financement du réseau d’enseignement AEFE, et la réduction du délai de carence de trois mois avant l’accès à la sécurité sociale lors d’un retour en France. « Il faut qu’on améliore les conditions de retour en France. Ça devient urgent », insiste-t-elle.

    Enfin, Mélanie Vogel réaffirme son engagement pour la proportionnelle aux élections législatives, qu’elle considère comme un levier de sortie de crise démocratique. « Ce n’est pas le seul élément, mais c’est un des éléments de sortie de crise que nous vivons en ce moment », conclut-elle.

  • La téléconsultation médicale en France

    La téléconsultation médicale en France

    En France, la pratique de la téléconsultation chez les médecins généralistes s’est développée à partir de l’épidémie de covid en 2020. Selon l’INSEE, les médecins généralistes libéraux ont effectué 13,5 millions de téléconsultations en 2020, dont 3,6 millions en avril 2020 et 2,0 millions en mai 2020. Depuis, les téléconsultations se sont installées en complément des consultations en cabinet et des visites à domicile. Leur part dans l’activité des médecins généralistes reste néanmoins faible. En 2023, les médecins généralistes libéraux ont effectué 5,4 millions de téléconsultations, après 7,6 millions en 2022 et 9,4 millions en 2021.

    Une goutte d’eau dans l’univers médical

    La pratique de la téléconsultation est plus fréquente chez les jeunes médecins, mais les écarts sont moins marqués en 2023 qu’en 2020. Ainsi, les praticiens de moins de 50 ans ont réalisé 2,9 % de leur activité en téléconsultation en 2023, contre 1,8 % pour leurs confrères de 50 ans ou plus.

    À la différence des téléconsultations effectuées par des médecins libéraux, le nombre de téléconsultations réalisées dans des centres de santé augmente fortement et de manière continue depuis 2020, passant de 600 000 à 3,8 millions en 2023. Leur part dans l’ensemble des téléconsultations de médecins généralistes atteint 41 % en 2023, contre 23 % en 2022 et 4 % en 2020. Cette progression s’explique par la montée en puissance des plateformes de téléconsultation spécialisées dans ce type de prise en charge, qui n’effectuent pas ou très peu de consultations en cabinet ou de visites à domicile. En moyenne, ces centres réalisent plus de 80 % de leur activité en téléconsultation. 92 % des téléconsultations sont en France désormais réalisées par des centres de santé en 2023.

    Les consultations à distance s’adressent davantage à des jeunes patients adultes. En 2023, 59 % des téléconsultations ont été effectuées avec des patients âgés de 15 à 44 ans (contre 29,2 % des consultations en cabinet). La surreprésentation de cette tranche d’âge est plus forte parmi les téléconsultations de médecins salariés en centres de santé que parmi celles de médecins libéraux (73 % contre 50 %).

    En 2022, parmi les médecins libéraux généralistes ayant réalisé des téléconsultations, 50 % déclarent avoir utilisé un outil de vidéotransmission proposé par une plateforme du marché comme Doctolib ou Qare, 31 % avoir eu recours à des outils de communication grand public comme WhatsApp ou Zoom et 18 % à l’outil proposé par leur agence régionale de santé. Par ailleurs, les médecins généralistes libéraux sont de plus en plus nombreux à se doter d’un outil de prise de rendez‑vous en ligne : 36 % d’entre eux disposent d’un outil de prise de rendez‑vous en ligne comme Doctolib, KelDoc ou Maiia en 2022, contre 23 % en 2019.

    Télémédecine
    Télémédecine

    Expatrié(e) et télémédecine en France

    Le saviez-vous ? Désormais la CFE prend en charge la téléconsultation dès lors que les expatriés auront recours à des médecins basés en France et que ces derniers seront dûment habilités par les pouvoirs publics (ARS…).

    Ainsi avec ce service, les expatriés qui le souhaitent, pourront conserver un lien avec les médecins français. La téléconsultation vers un professionnel de santé français est assimilée à un soin en France.

  • Malgré l’opposition belge, l’UE veut saisir les avoirs russes au profit des Ukrainiens

    Malgré l’opposition belge, l’UE veut saisir les avoirs russes au profit des Ukrainiens

    La présidente de la Commission et des dirigeants européens ont réitéré mardi 28 octobre leur soutien à un plan de prêt de 140 milliards d’euros pour l’Ukraine basé sur les actifs russes immobilisés, alors que la Belgique refuse catégoriquement de soutenir la proposition et évoque le recours à la dette commune de l’UE à la place.

    S’adressant aux journalistes à Stockholm à l’issue d’une réunion avec des dirigeants européens, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a déclaré que le prêt de réparation pour l’Ukraine, qui s’appuierait sur les actifs souverains russes détenus par la chambre de compensation Euroclear basée à Bruxelles restait « juridiquement valable ».

    Elle a toutefois reconnu que certaines « questions techniques » devaient encore être résolues afin d’apaiser les craintes de la Belgique concernant les risques juridiques et financiers potentiels pour Euroclear et pour la stabilité de la zone euro.

    La présidente de la Commission a également refusé de commenter l’option alternative proposée par la Belgique consistant à utiliser la dette commune de l’UE pour financer un tel prêt. Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a évoqué cette idée après le sommet houleux des dirigeants de l’UE la semaine dernière, où la question a occupé une grande place.

    « Je pense que c’est une avancée importante que
    nous nous penchions sur les actifs russes immobilisés »

    Ursula von der Leyen

    Pas d’alternative ?

    Aux côtés de la cheffe de l’exécutif européen mardi, les dirigeants suédois, finlandais et danois ont fait écho aux propos de la présidente de la Commission.

    La Première ministre danoise Mette Frederiksen a insisté sur le fait qu’il n’y avait « pas d’alternative au prêt de réparation » pour Kiev. « J’aime beaucoup l’idée que la Russie paie pour les dommages qu’elle a causés et commis en Ukraine », a ajouté celle dont le pays assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE.

    Elle a aussi estimé qu’il était « nécessaire » que les dirigeants de l’UE s’accordent sur ce prêt lors du prochain sommet européen, qui aura lieu les 18 et 19 décembre.

    De son côté, le Premier ministre finlandais Petteri Orpo a souligné que ce prêt était « la seule solution raisonnable » pour combler les besoins de financement de l’Ukraine, que le Fonds monétaire international (FMI) estime à environ 55 milliards d’euros pour 2026 et 2027.

    Petteri Orpo s’est dit « optimiste » quant à la prise en compte par la Commission des préoccupations belges.

    Les commentaires des dirigeants de pays nordiques font suite à la décision de la Belgique d’édulcorer les conclusions du sommet du Conseil européen de la semaine dernière, au cours duquel les dirigeants européens auraient dû donner le feu vert à l’exécutif pour transformer son projet en une proposition législative.

    La plupart des actifs qui ont été immobilisés dans l’UE peu après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022 sont détenus en Belgique. Le pays se méfie particulièrement des risques que cela représente pour la réputation d’Euroclear si les États membres ne fournissent pas de garanties de remboursement à Moscou en cas de levée soudaine des sanctions de l’Union contre la Russie — une crainte est également partagée par la Banque centrale européenne (BCE).

    Selon la proposition actuelle de l’exécutif, le prêt ne devra être remboursé que si la Russie verse des réparations à l’Ukraine après la guerre.

    La Belgique exige également que les autres États de l’UE s’engagent à utiliser les actifs russes détenus sur leur propre territoire pour financer le projet. La France, le Luxembourg et Chypre font partie des autres pays de l’UE qui détiendraient des actifs souverains russes dans diverses banques privées.

    La Première ministre danoise Mette Frederiksen (à droite) et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (à gauche).
    La Première ministre danoise Mette Frederiksen (à droite) et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (à gauche). ©Getty Images/Dursun Aydemir_Anadolu

    Dette commune ou actifs immobilisés ?

    Lors d’une conférence de presse qui a suivi le sommet de jeudi dernier (23 octobre), Bart De Wever a suggéré le recours à la dette commune contractée pendant la pandémie de Covid-19 pour financer ce prêt. Il s’agirait selon lui d’une alternative préférable au financement basé sur les avoirs immobilisés. Cette option nécessiterait également le soutien unanime de tous les États membres.

    « Le grand avantage de la dette, c’est que vous la connaissez. Vous savez combien elle s’élève. Vous savez combien de temps vous devrez la supporter. Vous savez exactement qui en est responsable. L’inconvénient de l’argent russe, c’est que vous n’avez aucune idée de l’issue du litige, de sa durée et des problèmes que vous rencontrerez »

    Bart De Wever

    Il a toutefois admis que cela serait « très problématique » sur le plan politique, compte tenu de la forte opposition de nombreux pays « frugaux » peu friands de dette, qui sont relativement influents au sein de l’UE, tels que l’Allemagne et les Pays-Bas.

    Selon des personnes proches du dossier, la Commission devrait présenter différentes options pour aider financièrement l’Ukraine dans les semaines à venir.

    Parmi ces options, on retrouve le maintien de la proposition initiale tout en apaisant les préoccupations juridiques et financières soulevées par la Belgique, l’élargissement du programme afin d’encourager d’autres États de l’UE à exploiter les actifs souverains russes détenus dans leurs propres juridictions, et l’émission de dettes communes ou même de subventions pour financer Kiev.

    Les ambassadeurs de l’UE doivent se réunir, aujourd’hui, mercredi 29 octobre dans la matinée à Bruxelles et devraient discuter plus en détail de cette question.

  • La France, terre d’émigration ?

    La France, terre d’émigration ?

    Le ministère des Affaires Étrangères nous dit qu’au 31 décembre 2024 le nombre d’inscrits au Registre des Français établis en dehors de leur pays s’élevait à 1 741 942 personnes, soit +2,8% sur un an. Mais, comme cette inscription n’est en rien obligatoire, on estime plutôt que le nombre total de Français vivant hors frontières, inscrits ou pas, tournerait plutôt autour des 2,5 millions. Ce qui finalement n’est pas si mal vu de la réputation « casanière » qu’ont les Français. Même s’il est vrai aussi que presque un tiers de ces expatriés sont des binationaux, il est intéressant de noter que la France est devenue en 2 décennies une terre d’émigration, car les expatriés deviennent petit à petit des émigrés ! Et oui, les Français prennent racine ailleurs et rentrent de moins en moins. Mais pourquoi ?

    70% des expatriés le sont toujours après 5 ans

    En effet, la durée hors de France, contrairement à ce que l’on pourrait croire depuis l’hexagone, a tendance à augmenter. Beaucoup semblent apprécier leur nouvelle vie au point que l’on peut même dire que la communauté française vivant à l’étranger est installée de façon plutôt durable. Sur les 1 741 942 personnes inscrites au Registre, 1 232 097 l’étaient depuis plus de 5 ans au dernier recensement pour celui-ci.

    Enfin, on notera qu’il y a autant de femmes (et même légèrement plus avec 50,18%) que d’hommes d’inscrites comme résidentes à l’étranger. Ou encore que la pyramide des âges indique que 23% des inscrits ont moins de 18 ans, 10% sont dans la tranche 18-25 ans, 22% ont entre 26 et 40 ans, 29% entre 41 et 60 ans et 16% ont plus de 60 ans ; ces derniers étant pour l’immense majorité ces retraités ayant décidé de passer leur retraite sous d’autres cieux comme au Portugal ou au Maroc.

    Français vivants à l'étranger
    Image d’illustration ©Stockadobe

    Les jeunes et les créateurs partent

    Pour les chambres de commerce et d’industrie, le déclencheur de ce phénomène c’est le choc fiscal de 2012/2013 avec l’arrivée de François Hollande.

    Cependant, les CCI font un premier constat ainsi si la tendance à l’expatriation des Français s’accentue, le phénomène est moins marqué que dans les pays voisins. Ainsi, la population des Français à l’étranger est estimée de 2,5 à 3 millions avec une croissance annuelle de 3 à 4 % depuis 10 ans (hors Covid). Mais l’idée d’un mouvement massif de fuite des talents, spécifique à la France, ne semble donc pas correspondre à la réalité.

    Par contre, second constat, il y a bien un changement majeur de comportements chez les jeunes générations, avec une nette accélération de leur mobilité, ce qui est une caractéristique marquante de ce début de XXIe siècle. On ne peut, pour l’instant, parler de développement de l’émigration permanente mais simplement une augmentation de la mobilité globale.

    Dernier point mis en avant par les CCI : la crise économique qui a transformé structurellement la population des expatriés français, qui sont devenus plus indépendants avec un moindre recours aux contrats d’expatriation et de détachement et un accroissement de l’entrepreneuriat. Ainsi, 2 sur 10 expatriés sont des créateurs d’entreprises contre 1 sur 10 il y a 10 ans.

    L’intégration à l’espace européen

    Enfin, il faut aussi prendre en compte que l’Union européenne, chez les moins de 50 ans, est désormais totalement intégré comme faisant parti de l’horizon normal de la vie. Ainsi, c’est logiquement l’Europe qui attire le plus avec presque un expat français sur deux (48,3%) qui a choisi de rester sur le continent. Normal, entre proximité de la « mère patrie » et surtout facilités administratives offertes par l’Union Européenne à tous ses ressortissants désireux de bouger.

    La France et l'Europe
    Image d’illustration ©Stockadobe

    Après cinquante ans de construction européenne, de mise en place d’une monnaie commune, d’appel à un approfondissement du marché intérieur, de politiques publiques encourageants les échanges universitaires, peut-on assimiler cette mobilité accrue au sein de l’espace européen à de l’« expatriation » ? Ne faudrait-il pas plutôt s’en réjouir et y voir une forme d’émergence de citoyenneté européenne ?