Le transport aérien a connu une forte évolution ces trente dernières années avec la montée en puissance des compagnies low cost. L’avion s’est largement popularisé à toutes les catégories sociales, invalidant ainsi l’idée d’un mode de transport réservé aux « riches » et aux « hommes d’affaires ».
2/3 des Français
En 2025, deux Français sur trois déclarent voyager en avion et 33 % au moins une fois par an. Le nombre de passagers dans les aéroports français a ainsi augmenté de 20 millions depuis 2016, pour atteindre 203 millions de voyageurs annuels en 2024, dont 62 % de Français, selon la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). En quarante ans, une féminisation des passagers s’est réalisée. La proportion de femmes est passée de 25 % dans les années 1980 à 55 % aujourd’hui.
La catégorie sociale la plus représentée dans les avions est désormais celle des employés qui représentaient 28 % des passagers en 2024 (et même 43 % des passagers de la population active), selon la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), devant les cadres supérieurs, les chefs d’entreprise et les professions libérales (26 %), les cadres moyens et professions intérimaires (15 %), puis les étudiants (14 %).
Les catégories sociales employés et ouvriers et les « inactifs » (étudiants, retraités et sans emploi) représentent 52 % à 56 % des passagers, contre 44 % à 46 % pour les cadres, professions libérales, chefs d’entreprise, commerçants, artisans et agriculteurs. Sur 100 sièges d’avion, 53 sièges seraient occupés par la classe moyenne, 33 par des catégories sociales plus modestes et seulement 14 % par des catégories CSP+.
Proportion de personnes par CSP prenant l’avion et poids des CSP dans la population globale en France en %
Les jeunes pas si écolos que ça !
Depuis le milieu des années 2010, les jeunes prennent de plus en plus l’avion. La part des 15 à 34 ans est ainsi passée de 38 % à 46 % des passagers entre 2016 et 2024, selon l’étude FNAM-UAF, tandis que celle des plus de 65 ans s’est réduite de 8 % à 6 % quand le poids démographique des derniers a progressé. Les jeunes de 15 à 24 ans et de 25 à 34 ans sont de ce fait aujourd’hui largement surreprésentés à bord des avions. Ils représentent respectivement 27 % et 19 % des passagers quand leur poids démographique n’est que de 12 %.
A l’inverse, les plus de 65 ans, qui représentent 22 % de la population, ne comptent que pour 7 % des passagers à bord des avions au départ des aéroports français. Paradoxalement, les jeunes sont pourtant ceux qui se disent le plus sensible à la problématique environnementale du transport aérien. Les étudiants représentent 9 % de la clientèle des TGV et 15 % de celle de l’avion, tandis que les retraités représentent 17 % des passagers des TGV et 7 % de celle de l’avion.
Les jeunes utilisent l’avion pour retourner dans la famille. C’est le cas des étudiants étrangers ou des Corses. Les jeunes partent plus loin en vacances que leurs aînés et sont de ce fait davantage adeptes de l’avion. A contrario, la part des voyages professionnels a baissé, passant de de 25 % à 19 % de 2016 à 2024.
Proportion de personnes par classe d’âge en France prenant l’avion et poids au sein de la population globale en %
Et donc l’écologie n’est pas au cœur des préoccupations, car pour 79 % des passagers interrogés par l’IFOP, le prix du billet d’avion reste le principal frein au voyage. 40 % indique devoir économiser « plusieurs mois » pour se payer son billet.
Le premier ministre grec espère réunir autour de la table Chypre, l’Égypte, la Turquie et la Libye. L’objectif étant d’explorer des solutions aux désaccords de longue date sur les zones maritimes, qui sont cruciales pour l’exploration des réserves de gaz et de pétrole. Mais, compte tenu de l’instabilité de l’une des régions les plus sensibles du monde, l’optimisme reste limité.
Les États-Unis ont toujours manifesté un grand intérêt pour l’équilibre de la région, car les grandes entreprises énergétiques américaines y ont investi massivement. Pour l’Europe, l’enjeu est encore plus important : les ressources énergétiques potentielles pourraient aider l’UE à évoluer vers une plus grande autonomie stratégique.
Le principal point de tension porte sur la question de savoir si les îles — qui sont au nombre de 3 000 à 4 000, dont environ 300 sont habitées — peuvent revendiquer des zones économiques exclusives (ZEE) qui leur donnent le droit d’explorer et d’exploiter les ressources marines.
La CNUDM affirme qu’elles le peuvent, à condition que les îles soient habitées. Ankara rejette toutefois cette interprétation, car elle promeut ce qu’elle appelle une « délimitation équitable » des zones maritimes, fondée sur des principes géographiques généraux.
En pratique, la Turquie affirme que les petites îles grecques proches de sa côte, telles que Kastellorizo, ne devraient pas automatiquement générer des ZEE, car cela réduirait « injustement » la zone maritime de la Turquie. Elle propose plutôt de tracer la frontière à peu près au milieu de la mer Égée, en n’accordant des droits de ZEE complets qu’à la partie continentale de la Grèce.
La Grèce, en revanche, maintient que les îles jouissent des mêmes droits que les territoires continentaux en vertu du droit international et insiste pour que les frontières maritimes soient tracées entre les îles grecques les plus éloignées et la côte turque.
Pour étayer ses revendications, la Turquie a signé en 2019 un accord maritime avec le gouvernement d’entente nationale (GNA) de Libye, qui était alors l’autorité internationalement reconnue à Tripoli. Cet accord ne tient pas compte de la présence d’îles grecques, dont la Crète, ce qui a suscité la controverse.
L’UE, les États-Unis et l’Égypte ont tous condamné l’accord maritime turco-libyen et refusent de le reconnaître comme valide au regard du droit international.
Dans le même temps, le général Khalifa Haftar, commandant de l’armée nationale libyenne basée à Benghazi et allié de longue date de la Grèce, n’a jamais ratifié l’accord. Des rapports suggèrent cependant qu’il pourrait maintenant reconsidérer sa position suite aux pressions exercées par le président turc Recep Tayyip Erdoğan.
Un tel revirement compliquerait encore la situation, car l’accord maritime obtiendrait le soutien de l’ensemble de la Libye, ce qui accroîtrait la pression sur Athènes.
En représailles, la Grèce et l’Égypte ont signé leur propre traité de délimitation maritime en août 2020, chevauchant directement les revendications turco-libyennes. Chypre et l’Égypte avaient déjà conclu un accord similaire en 2003. Cependant, la Grèce et Chypre se sont abstenues depuis lors de formaliser pleinement les limites de leur propre ZEE, craignant de provoquer une forte réaction turque.
Les points d’achoppement
Ce n’est pas la première fois que la Méditerranée orientale tente de s’organiser. L’UE a lancé une initiative similaire en décembre 2020, qui n’a donné aucun résultat, et les analystes ne sont pas plus optimistes cette fois-ci.
L’un des principaux obstacles reste le refus de la Turquie de s’engager avec Chypre, qu’Ankara ne reconnaît pas suite à son invasion de 1974 et à l’occupation subséquente d’environ un tiers de l’île. La Turquie estime que le gouvernement chypriote grec ne peut pas représenter l’ensemble de l’île.
« Si la Turquie accepte la participation de la République de Chypre à un forum multilatéral pour la Méditerranée orientale, elle s’éloignera clairement de sa principale position de négociation », a déclaré George Tzogopoulos, chercheur principal à la Fondation hellénique pour la politique européenne et étrangère (ELIAMEP).
« Si ce n’est pas le cas, les questions énergétiques autour de Chypre ne pourront pas être réglées de manière pratique »
George Tzogopoulos
Selon Costas Ifantis, expert en relations internationales, il existe de nombreux facteurs de rupture, bien qu’il qualifie la pression de la Grèce pour des négociations multilatérales comme étant « logique », étant donné que les discussions bilatérales entre les acteurs locaux demeurent dans une impasse.
« Pour que cette initiative progresse, la Libye ou la Turquie — ou les deux — devraient abandonner leur accord bilatéral surréaliste », a-t-il déclaré à Euractiv. « Et, bien sûr, la Turquie devrait au moins tolérer — voire reconnaître — la présence de Chypre. À l’heure actuelle, il est difficile d’imaginer comment cela pourrait se produire. »
Le facteur américain
Washington n’a pas encore soutenu publiquement l’initiative de la Grèce, bien qu’elle ait des intérêts importants dans la région. Les géants américains de l’énergie, dont Chevron et ExxonMobil, sont impliqués dans des projets d’exploration, notamment les récents contrats de Chevron pour l’exploration de gaz et de pétrole dans des eaux politiquement sensibles au sud de la Crète.
« La présence d’entreprises américaines est très importante et ne doit pas être sous-estimée », a souligné Costas Ifantis, estimant qu’elle envoie à la Turquie et à la Libye le message que les États-Unis partagent largement l’approche de la Grèce en ce qui concerne les zones maritimes.
Il a toutefois averti qu’Athènes ne devait pas s’attendre à ce que les entreprises américaines — ou Washington — prennent parti dans une escalade potentielle avec la Turquie.
Si la position des États-Unis sur les zones maritimes est généralement plus proche de l’interprétation de la Grèce, les administrations successives ont évité de prendre parti dans les différends entre la Grèce et la Turquie, toutes deux alliées de l’OTAN.
Le parallèle du dragon
Un autre défi potentiel pour Washington est le précédent juridique qu’une solution politique non fondée sur la CNUDM pourrait créer concernant les revendications de la Chine en mer de Chine méridionale. Si les États-Unis soutenaient la position de la Turquie dans la mer Égée, ils affaibliraient leur argument en Asie, où Pékin utilise les « revendications historiques » pour justifier une approche sélective des îles et des ZEE.
La fameuse «ligne à neuf tirets » est la frontière revendiquée par la Chine pour affirmer sa souveraineté sur de vastes portions de la mer de Chine méridionale. Cette revendication concerne six pays voisins et reflète la position de la Chine selon laquelle seules ses îles peuvent générer des ZEE, tout en refusant des droits similaires aux autres.
Cependant, l’analyste George Tzogopoulos estime que les Américains sont susceptibles de mener les deux sujets séparément.
« Même si une conférence sur la Méditerranée orientale était organisée sous les auspices des États-Unis, elle n’aurait guère d’impact sur la mer de Chine méridionale. La Méditerranée est un bassin favorable à l’Occident. »
George Tzogopoulos
Malgré des demandes répétées de commentaires, la Commission européenne n’a pas confirmé si Bruxelles avait été informée à l’avance par Athènes de cette initiative. Dans le cas de Chypre, une source gouvernementale a confirmé à Euractiv que Nicosie n’avait pas été informée.
Jeudi 30 octobre, l’Assemblée nationale a voté une résolution dénonçant l’accord franco-algérien de 1968. Un scrutin emporté de justesse, par 185 voix contre 184 sur les députés présents, avec la totalité des troupes d’extrême droite de Marine Le Pen et de son allié UDR Éric Ciotti, mais aussi de la moitié des groupes LR. En commissions sur le budget, les députés du bloc central étaient quasiment tous absents à l’exception de la moitié des députés Horizons qui ont suivi le mouvement initié par Marine Le Pen.
Mais quel est la portée de cette résolution et que contiennent ces fameux accords qui font régulièrement l’objet de l’attention d’une frange de la classe politique. On fait le point pour les Français de l’étranger.
L’accord franco-algérien de 1968 ?
Cet accord bilatéral entre la France et l’Algérie a été signé le 27 décembre 1968 afin de créer un statut unique pour les ressortissants algériens en matière de circulation, de séjour et d’emploi sur le territoire français, qui prime sur le droit commun. Il a fait l’objet de trois révisions depuis (en 1985, 1994 et 2001), sans que les grands principes du texte ne soient supprimés.
L’accord offre aux Algériens un régime d’immigration plus favorable que celui des autres non-européens. Il leur permet notamment de solliciter un titre de séjour, permettant de résider en France, sans avoir besoin d’être entré dans le pays grâce à un visa de long séjour. Ils peuvent s’établir librement pour exercer une activité de commerçant ou une profession indépendante, et accèdent plus rapidement que les ressortissants d’autres pays à un titre de séjour de 10 ans, ajoute le ministère de l’Intérieur. L’accord de 1968 facilite également le regroupement familial : les membres de la famille reçoivent également un certificat de résidence de 10 ans dès leur arrivée si la personne qu’ils rejoignent possède ce titre.
Michel Debré, ministre des Affaires étrangères (à droite), et son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, en 1968 à Paris. (AFP)
En revanche, puisque leur statut est régi par ce seul accord, les Algériens ne peuvent pas prétendre à certains dispositifs avantageux créés plus récemment pour les étrangers souhaitant entrer en France, comme la carte de séjour talent ou la carte de séjour étudiant « programme de mobilité ». Ces visas, délivrés par la France dans ce cadre aux Algériens, ne leur permettent pas, aussi, de s’installer librement dans les autres États de l’Espace Schengen.
Dix à douze millions de résidents ont un lien avec l’Algérie
Et au fil des années, cet accord, qui a permis à la France de se reconstruire rapidement dans les années 50 et 60, a eu un impact important sur la démographie française. Aujourd’hui, l’intégration entre les populations de l’hexagone et celle de son ancienne colonie n’a jamais été aussi forte. Près de deux millions de migrants nés en Algérie sont enregistrés en France au début du XXIᵉ siècle) alors qu’au moment de l’indépendance, seuls 400 000 d’entre eux résidaient dans l’hexagone.
Outre les deux millions de migrants algériens, il faut ajouter les descendants de ces personnes migrantes et celles issues d’unions mixtes, qui le multiplient plusieurs fois. Selon le chercheur Azize Nafa, dans ses publications universitaires, les estimations varient mais concordent sur le fait qu’au moins six millions de personnes constituent cette population transnationale et que dix à douze millions de personnes ont un lien passé et/ou présent avec l’Algérie, en France – soit entre un et deux Français sur dix. Le cas est exceptionnel dans le monde, seuls les États-Unis d’Amérique et le Mexique peuvent être comparés au binôme franco-algérien.
Ainsi, les deux pays se révèlent être démographiquement et socialement imbriqués. Ils conforment un continuum sociétal bien éloigné d’une représentation, politique et imaginaire, de séparation.
La résolution du 30 octobre 2025
Un vote surprise qui embarrasse l’exécutif, alors que la diplomatie française espérait ces derniers temps une discrète reprise du dialogue avec Alger, actuellement au point mort. « Je ne savais pas que la politique étrangère était une compétence du Parlement », grince un conseiller haut placé auprès du Figaro. Cependant, il est important de noter que le texte voté est sans impact juridique immédiat. Mais il revêt une portée politique forte car c’est la première fois qu’une majorité relative de députés reconnaît le caractère inéquitable d’un dispositif hérité de la décolonisation.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a réagi à l’adoption par les députés de la résolution dénonçant l’accord franco-algérien de 1968, sur proposition du RN. Même si le locataire de Matignon a rappelé que « la politique étrangère de la France n’est pas faite par des résolutions au Parlement » et qu’au regard de la constitution, « c’est le président de la République qui est garant des traités« , il a ajouté qu’il « respectait » tout de même le vote de ce jeudi matin. S’exprimant devant la presse, Sébastien Lecornu a appelé à « renégocier » le texte qui, selon lui, « appartient à une autre époque« .
Le Parti socialiste, comme les autres partis de gauche, ont largement critiqué l’absence d’une grande partie des députés Ensemble pour la République, dont le chef du groupe Gabriel Attal, qui était en déplacement à un forum sur la transformation durable du tourisme. Au total, seuls 30 députés macronistes étaient présents pour voter contre la résolution du RN, trois autres se sont abstenus.
« Ils étaient où les macronistes ? Gabriel Attal absent ! »
Olivier Faure, patron des socialiste sur X.
Sur le fond, Karim Ben Cheikh, député des Français de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, partage l’analyse de ses collègues et s’indigne d’un tel vote. Le parlementaire des Français de l’étranger s’est aussi engagé à lutter contre une série de mesures qui devront être débattues à l’Assemblée nationale.
Un calendrier qui heurte Alger
En Algérie, la première réaction vient de la part du député de la diaspora, Abdelouahab Yagoubi, l’un des quatre parlementaires élus pour représenter la communauté algérienne en France. Selon lui, « l’accord algéro-français de 1968 est né dans un contexte historique particulier, au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, afin de donner un cadre à ce que prévoyaient les Accords d’Évian (1962) en matière de libre circulation totale des ressortissants des deux pays ». Précisant que le document « a été vidé de sa substance », le député algérien a dénoncé son instrumentalisation actuelle en France.
Mais le plus choquant pour Alger, c’est que l’adoption de la motion est intervenue le 30 octobre, à la veille de la commémoration du déclenchement de la guerre d’indépendance algérienne. Ce calendrier a été perçu comme un élément sensible dans la relation entre Paris et Alger.
Les médias algériens rappellent, aussi, qu’à ce jour, l’accord franco-algérien de 1968 n’est pas annulé. Toute modification ou renégociation nécessiterait des discussions bilatérales entre la France et l’Algérie, sous la responsabilité des présidents des 2 Républiques, tous deux garants des traités internationaux.
Jour historique comme le clame le RN ou simple nouvel accident dans les relations entre les deux pays ? Seul l’avenir le dira.
Après l’annonce des résultats de l’alliance de gauche Verts-Travaillistes, inférieurs aux attentes, le chef de la formation et ancien vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, a annoncé sa démission.
D66 grand vainqueur ?
Avec 95 % des bulletins dépouillés jeudi matin, D66 et le Parti de la liberté (PVV) devraient chacun remporter 26 des 150 sièges de la chambre basse. Ce résultat signe un net recul pour Geert Wilders après sa victoire record en 2023, tandis que cette fois-ci, D66 a presque triplé sa représentation.
Les premiers sondages de sortie des urnes publiés mercredi soir par la NOS peu après la fermeture des bureaux de vote indiquaient que le D66, dirigé par l’ancien ministre du climat et des affaires économiques, Rob Jetten, obtiendrait 27 sièges sur les 150 que compte le parlement, contre neuf actuellement.
Le PVV de Geert Wilders, en tête des sondages pendant une grande partie de la campagne, s’apprête à perdre des sièges. Si la rhétorique résolument anti-UE et pro-Trump de la tête de file de l’extrême droite néerlandaise a fait les gros titres des journaux, celle-ci ne s’est pas traduite par un élan soutenu le jour de l’élection.
En troisième position, le parti conservateur-libéral VVD devrait quant à lui remporter 23 sièges — un de moins qu’auparavant — sous la houlette du ministre de la justice Dilan Yeşilgöz. Le parti a appartenu aux gouvernements successifs depuis 2010 avec l’ancien premier ministre Mark Rutte, aujourd’hui secrétaire général de l’OTAN.
Il est peu probable que ce changement modifie forme de la prochaine coalition gouvernementale. Le VVD devrait chercher à intégrer une coalition centriste pour empêcher la droite populiste d’accéder au pouvoir. Un tel scénario impliquerait logiquement D66, les démocrates-chrétiens et, éventuellement, l’alliance de gauche Verts-Travaillistes (GroenLinks-PvdA).
Le bloc de gauche Verts-Travaillistes, dirigé par l’ancien vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, a obtenu des résultats inférieurs aux attentes, passant de 25 à 20 sièges. Après ces scores décevants, Frans Timmermans a annoncé qu’il se retirait de la tête de l’alliance.
« Je suis extrêmement déçu de notre résultat. J’en assume l’entière responsabilité. C’est pourquoi je souhaite passer les rênes à la prochaine génération ».
Frans Timmermans
À Leyde, où se trouve la plus ancienne université des Pays-Bas, les partisans de D66 ont fait la fête avec des drapeaux néerlandais et européens, tandis qu’à Rotterdam, l’ambiance chez les verts et les travaillistes était plus calme.
Ce devait être le sommet du siècle. Entre King Donald et Xi, le Fils du ciel, la rencontre de Séoul devait entrer dans l’histoire au même titre que le combat de Kinshasa entre Mohamed Ali et Georges Foreman. Trump, le tout-puissant Président de la première puissance mondiale défendait son titre face à Xi Jinping, le génie d’un milliard quatre cents millions de Chinois. Résultat ? Pschitt. Pour rester poli. Chacun a fait un petit pas de côté, l’un sur le soja, l’autre sur les douanes. Sitôt le dos tourné, l’un annonce qu’il reprendra des essais nucléaires, l’autre souffle des ronds dans l’eau de Taïwan, histoire d’épicer un sommet bien fade, à vrai dire très très plat. Et si ces monstres de puissance avaient leurs petits poings liés comme les pieds des Chinoises du siècle passé ? Et si, finalement, le monde se passait d’eux ?
Le monde peut vivre sans les maîtres du monde
Impossible ? Le monde peut vivre sans les maîtres du monde. Depuis que Trump a décidé de déclencher sa guerre commerciale, les importations américaines ont augmenté, le dollar a baissé, le commerce international mondial continue de progresser. Malgré le tango de Trump avec Poutine, l’Ukraine résiste, touche les villes russes et les installations pétrolières, les Européens s’engagent à la place des Américains.
Sans la Chine, la Russie ne pourrait pas continuer la guerre. Les Chinois pourtant diminuent leurs approvisionnements russes, mais continuent à être les meilleurs clients des Iraniens, voire les seuls. L’Iran a beaucoup perdu mais n’a pas renoncé. La Chine glisse petit à petit vers l’enlisement. La surproduction détruit les marges, la déflation guette, l’endettement, même camouflé, enfle. La pouvoir se raidit.
À force d’observer le jeu des grandes puissances, on oublie les petites. Le bénéfice majeur de la mondialisation, outre le progrès économique, réside en mille liens qui maintiennent petits et grands dans un même écheveau de contraintes. Quand Trump dit que l’Europe et les pays tiers profitent des États-Unis, il a raison. Comme les États-Unis profitent réciproquement de l’Europe et des tiers. L’échange n’est pas un jeu à somme nulle, mais un multiplicateur, il divise les coûts de production.
L’échange n’est pas un jeu à somme nulle, mais un multiplicateur
Les pays les moins développés ont le plus profité de la mondialisation, en Asie du sud-est, en Amérique latine, en Asie centrale. Les niveaux de vie ont cru de manière exceptionnelle. Relativement, les pays développés, notamment l’Europe, en ont moins profité, d’où le sentiment du déclin, tout relatif. Le protectionnisme américain, s’il se confirme, ce qui n’est pas si simple, leur portera un coup. À moins qu’ils ne s’organisent autrement : après tout, les États-Unis ne représentent que 13% du commerce mondial. Le premier dommage sera aux États-Unis, ce qui explique pourquoi toute rétorsion serait stupide, et que l’Europe a bien fait d’accepter 15% de droits de douane sans répliquer. Quand votre voisin fait une bêtise pourquoi l’imiteriez-vous ?
La confrontation entre la Chine et les États-Unis oblige à chercher de nouvelles opportunités. Tant mieux. L’Inde, le Vietnam, la Thaïlande, l’Indonésie, le Brésil montrent comment se glisser entre les grands. Ils n’adhèrent ni à la vision américaine, ni au rêve chinois. Courbant facilement l’échine ou jouant au fier, ils alternent les postures et jouent avec les deux grands, qui ont besoin d’eux. Restent, sur l’échiquier mondial, trois perdants et une inconnue.
Sur l’échiquier mondial, trois perdants et une inconnue
Premier perdant, tragique : l’Afrique. Depuis le départ de la France, le Sahel sombre. Bamako est à portée des Djihadistes, s’ils sont djihadistes. La France, débarrassée du Sahel, l’Algérie offre un intérêt moindre, ou autre. C’est parce que la France n’avait plus besoin de la coopération au Sahel qu’elle a pu reconnaître la solution marocaine au Sahara occidental.
Au sud du Sahara aussi, les guerres s’étendent. Le Soudan n’en finit pas de banaliser les atrocités. Les guerres du Congo se réalimentent. Les deux plus grands pays d’Afrique, Nigeria et Afrique du Sud, dérivent. Comme si le continent, seule progression démographique de la planète, devenait malade de l’humanité. Comme si l’Afrique pouvait ignorer le cours du monde, comme si le monde pouvait l’ignorer.
Deuxième perdant, pathétique, la Russie. Elle ne se remettra pas de sa guerre en Ukraine, quelle qu’en soit l’issue. Elle a perdu l’Europe (Et l’Ukraine). Elle est devenue vassale, économiquement, de la Chine. Son influence mondiale rétrécit. Son recul démographique, s’accentue par les pertes humaines et l’exil. Rarement le régime poutinien n’est apparu aussi faible. À l’intérieur, la paranoïa frappe, emprisonne, exécute.
Troisième perdant, cynique, le Moyen-Orient. La paix impossible de Trump n’y fera rien, personne ne fait confiance à personne. Règnent le mensonge et le mépris perpétuels, quand ce n’est la haine. Chacun s’arme. Les peuples au mieux désespèrent, quand ils espèrent c’est pour la guerre. Nulle part il n’y a de vainqueurs, ni d’espoir paisible. Ni en Israël, ni à Gaza bien sûr ; ni au Liban, en Syrie, en Iran. L’Arabie saoudite, les Émirats, la Jordanie, le Qatar, l’Égypte, malgré les richesses apparentes, accentuent les failles. Face à de telles frustrations, l’incertitude américaine allume ses cigares avec du pétrole.
L’Europe invente ce miracle : un empire constitué de républiques
Reste la grande inconnue, l’Europe. Jamais le devoir d’union ne s’est imposé aussi clairement. Ses plus grands adversaires ne sont ni la Chine, ni les États-Unis, mais les Européens. Comme si le salut pouvait naître de la rivalité, la division, la revendication identitaire. Dans une petite planète gigantesquement bouleversée, l’Europe invente ce miracle : un empire constitué de républiques, une République d’états libres. Elle a les atouts des petits, comme l’Irlande, l’Estonie, les Pays-Bas, et ceux des petits grands, comme la France et l’Allemagne, le tout additionné.
Les institutions des Européens, en y intégrant les institutions de chaque Etat, sont vraisemblablement les meilleures du monde. Leur force est leur souplesse et leur diversité. Leur faiblesse leur fragilité.
Que la France et l’Allemagne s’écartent et l’Europe se déchire
Que la France et l’Allemagne s’écartent et l’Europe se déchire. Bêtement, de forts partis, encouragés par les Russes et les Américains, en forment le vœu. Bêtement, la commission croit qu’elle est la garante de l’unité au risque de jouer la France contre l’Allemagne et vice versa. L’enjeu n’est pas que pour la France, l’Allemagne, l’avion du futur, le Mercosur, les droits de douane ou la voiture électrique. L’indépendance -ou non– de l’Europe aura des répercussions mondiales. Les tiers pays ont besoin de l’Europe autant que l’Europe ne peut construire son indépendance et sa sécurité sans eux.
Les grands sommets réunissent de petits esprits étouffés d’egos. D’Europe, des plats pays, des mers, des chaînes de montagnes, s’élancent des millions de Marco Polo. Ce sont les passe-murailles qui font l’histoire. Les clés ne sont ni chez Trump, ni chez Xi. Elles sont ici. Et dans les mille mondes du vaste monde.
Vous connaissiez l’ISF qui fut muté en un impôt sur la fortune immobilière (IFI) avec Emmanuel Macron. Vendredi 31 octobre, les députés de l’Assemblée nationale ont inventé l’« impôt sur la fortune improductive ». Qu’est ce qui se cache derrière ce terme ? Quelles conséquences pour les résidents ? Et pour les expatriés ? On fait le point pour les Français de l’étranger sur cette mesure fiscale qui fait peur.
Placements et immobilier dans le viseur !
La réforme de la fiscalité du patrimoine est de plus en plus confuse, entre taxe sur les holdings patrimoniales, l’« hystérie pour Zucman », et désormais un impôt sur la fortune improductive, le citoyen peut être déboussolé voir paniqué par cette inflation fiscale.
Car l’un des changements majeurs qui se dégage de ce volet « recettes » du budget 2026 c’est la réintégration dans l’assiette fiscalisée d’une partie du capital financier. Jusqu’ici, l’IFI ne taxait que l’immobilier. Désormais, certains capitaux jugés « non productifs » y seraient ajoutés. Ainsi, sont visés les dépôts non investis, les fonds en euros des assurances-vie, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas placés en actions, et, apparemment, même les placements sur livret.
Concernant l’immobilier, les biens loués, qui dans le projet initial, étaient exclus, sont finalement, suite à un amendement des socialistes, concernés. Enfin, l’exonération lors de la cession de sa résidence principale sera plafonnée. Concrètement, si le bien concerné est vendu pour plus d’un million d’euro, les sommes, au-delà de ce seuil, seront soumises à la taxation sur la plus-value immobilière. L’impact sur les niches concédées aux expatriés n’est pas encore connu. Nous y reviendrons après l’adoption ou non du budget 2026 !
Liquider le patrimoine artistique
Autre nouveauté 2026, l’imposition des œuvres d’art, métaux précieux et meubles ! Jusqu’ici, ces valeurs avaient toujours été exclues afin d’éviter d’encourager les ventes à l’étranger. Si la disposition est retenue dans le texte final, il vaudra mieux vendre son œuvre d’art et placer l’argent. Par un « effet d’aubaine », la France pourrait perdre une partie de son patrimoine artistique. D’autant que la valeur de marché des œuvres d’art est, intrinsèquement, très incertaine.
Comment accepter une taxation à 1% de la valeur du bien si celle-ci peut changer de simple au triple selon les modes ou l’actualité ?
Les bijoux sont aussi dans traqués par les députés. Selon le texte, il faudra aussi intégrer leur valeur dans le calcul qui déterminera si votre foyer fiscal dépasse le seuil des 2,6 millions d’euros. Cette mesure, alertent les experts comme Olivier Babeau au Figaro, pourrait installer « une transgression massive » avec une absence généralisée de déclaration. Cependant, lors de la valorisation des actifs au moment d’une succession, ce vide entraînerait potentiellement un rappel fiscal très sévère.
Les députés ont également modifié le barème de l’IFI, en remplaçant la progressivité (de 0,5 à 1,5% en fonction des tranches) par un taux unique de 1% « par souci de lisibilité et d’efficacité« . Mais, le texte prévoit qu’un bien par foyer fiscal puisse échapper à l’IFI, dans la limite d’1 million d’euros.
Et c’est finalement avec cette disposition que les Français de l’étranger pourraient trouver une planche de salut. Puisque sauf précision à venir, cela permettrait de défiscaliser au moins 1 million d’euros de patrimoine détenu en France. Alors qu’aujourd’hui, n’ayant plus de résidence principale en France, les Français de l’étranger étaient taxés sur l’ensemble du patrimoine présent dans l’hexagone. Pour ceux qui détiennent des biens en France pour une valeur proche du seuil de déclenchement (2,6 millions), mécaniquement, ils sortiraient de ce nouvel impôt. Une solution qui n’encourage, donc, pas certains à rétablir leur résidence fiscale en France mais qui permet de rétablir une égalité entre Français. Ce que tentaient de faire, avec un succès mitigé, les sénateurs et députés des Français de l’étranger avec le projet de résidence de repli.
Dans ce maelstrom, il y a tout de même une bonne nouvelle. Le rapporteur général du budget, Philippe Juvin (LR), a convaincu le bloc central et le RN de réduire la taxe sur les holdings à sa plus simple expression. Seuls, les biens de luxe inclus dans ces sociétés seront taxés, et à hauteur de 20 % de leur valeur. Au grand dam de la gauche, car il suffira de créer une société fille hors de France pour y loger ledit bien…
Philippe Juvin (LR) ce 31 octobre 2025 à l’Assemblée nationale
RN, PS, MoDEM et Liot ?
Pour finir, revenons quelques instants, sur le plan politique. En effet, l’alliance, qui a donc permis l’adoption de cet impôt, entre le RN, le PS, le Modem et le groupe centriste Liot a surpris.
Le gouvernement, lui, était et reste contre, comme le rappelait ce dimanche dans une interview dans la Tribune du dimanche, le ministre de l’Économie et député des Français d’Amérique du nord, Roland Lescure. Tandis que la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, estime qu’on ne sait pas combien cette taxe rapporterait. Enfin la gauche radicale, comme les Insoumis, juge le texte trop timide et s’est donc abstenue.
La baguette française a le vent en poupe à Miami. Inscrite depuis novembre 2022 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, elle a trouvé en Floride un public fidèle, porté notamment par Corinne Ouelhadj Engel, présidente de la French American Association of Crafts and Trades (FAACT FL). Elle vient d’ailleurs d’organiser la 4eme édition du concours de la Meilleure Baguette. Et que les amateurs de viennoiseries se rassurent, le meilleur croissant a aussi été couronné. Lesfrancais.press vous emmène à ce rendez-vous des gourmands, où l’apprentissage se marie aussi avec le plaisir.
Baguettes et apprentissage : un pont gourmand entre la France et Miami
Ce dimanche 26 octobre, un parfum de croissants chauds et de baguettes croustillantes planait sur Miami, attirant des centaines de curieux venus partager une journée aux accents français. Pour la quatrième année, la Floride accueillait le concours de la Meilleure Baguette et du Meilleur Croissant (Best Baguette & Best Croissant), un rendez-vous rendu possible grâce à Corinne Ouelhadj Engel, présidente de la French American Association of Crafts and Trades (FAACT FL). Au-delà des gourmandises, cette artisane pâtissière et maître-confiturière porte une ambition claire. Celle transmettre le savoir-faire français et promouvoir la formation et l’apprentissage.
« En favorisant la mobilité, la découverte et le dialogue, nous contribuons à l’enrichissement mutuel des compétences (…) des liens d’amitié entre la France et les États-Unis »
Thierry Fromentin, le vice-président de la CMA IDF, Président de la CMA 77
Ainsi, une délégation française de jeunes boulangers a pu découvrir les États-Unis pour la première fois et nouer des contacts tant amicaux que professionnels. Six jeunes apprenants en boulangerie du CFA 77 (Seine-et-Marne), âgés de 18 ans, se sont donc envolés pour la Floride avec l’aide de la FAACT FL, de la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) Île-de-France par l’action de son président, Thierry Fromentin et d’Élisabeth Auffray, la directrice des relations extérieures et le soutien de la ville de Miami Beach.
Jeunes apprentis Boulangerie
Pour Thierry Fromentin, président de la CMA 77 « ces échanges sont essentiels pour l’avenir de nos métiers. En favorisant la mobilité, la découverte et le dialogue, nous contribuons à l’enrichissement mutuel des compétences et au renforcement des liens d’amitié entre la France et les États-Unis. » Une semaine en totale immersion pour ces jeunes « à travers un programme mêlant échanges éducatifs et exploration culturelle », selon les organisateurs.
Le palmarès 2025 Meilleure Baguette – Meilleur croissant Miami
Outre la découverte de Miami et des métiers de l’artisanat, les jeunes apprentis ont participé à la 4e édition de la Meilleure Baguette et du Meilleur Croissant 2025 (Best Baguette & Best Croissant), un rendez-vous qui a rencontré un vif succès. Seize boulangers‑pâtissiers venus de toute la Floride se sont affrontés devant un jury d’experts bénévoles originaires de l’ensemble des États‑Unis.
« Le concours de la meilleure Baguette et du meilleur croissant (…) c’est faire rayonner le savoir-faire français ici, aux États-Unis »
Corinne Ouelhadj Engel, présidente de la FAACT FL
Pour Corinne Ouelhadj Engel, cet événement est « un véritable élan pour les artisans et le savoir-faire français, que (notre) association The French American Association of Crafts and Trades (FAACT) s’engage à soutenir au quotidien ». Dans un échange avec Lesfrancais.press, elle ajoute qu’il s’agit de « faire exister nos artisans (…) et faire rayonner le savoir-faire français ici, aux États-Unis, ainsi qu’un accompagnement sur mesure » tout au long de l’année.
Le palmarès cette année, a été difficile à départager tant la qualité était au rendez‑vous. Il a toutefois fallu trancher : la Meilleure Baguette 2025 revient à Yusel Montelongo (Baker 305), suivi de Laura Vital et Joris Allain (Bakery X), sur la troisième marche, on retrouve Mathieu Cartron (La Croquantine de Mathieu).
Côté croissant, c’est Yann Couvreur (Guillaume Munier) qui a remporté les suffrages du jury. Yusel Montelongo (Baker 305) est passé tout près du doublé avec une belle deuxième place dans cette catégorie, et Roxana Alvarez (Gustazio) complète ce magnifique podium.
Les prix ont été remis par le maire de Miami Beach, Steven Meiner, aux six artisans lauréats de la Meilleure Baguette et du Meilleur Croissant. Un petit regret pour Corinne : qu’aucun officiel français ne se soit déplacé pour la cérémonie : « Cette initiative n’a malheureusement pas pu accueillir le sénateur des Français de l’étranger, M. Olivier Cadic, retenu par un agenda trop chargé ! nous le déplorons », nous a‑t‑elle confié. En revanche, Franck Bondrille, conseiller des Français de Miami, était bien présent, a précisé l’organisatrice.
Un échange gagnant-gagnant entre la France et les États-Unis
Outre le palmarès de cette 4e édition, et le succès auprès du public, Corinne Ouelhadj Engel souhaite mettre en avant la synergie des apprentis des deux côtés de l’Atlantique : « ce projet de formation nous tient particulièrement à cœur. Après avoir reçu les Français, des étudiants américains en boulangerie partiront ainsi en France en mai 2026 pour visiter un CFA (Centre de Formation d’Apprentis) ».
« Aux États-Unis, les boulangeries connaissent une forte expansion, mais ils manquent cruellement de main-d’œuvre qualifiée »
Corinne Ouelhadj Engel, présidente de la FAACT FL
L’objectif est aussi de développer un réservoir de jeunes talents qui rejoindront les pâtisseries et boulangeries présentes en Floride, Actuellement aux États-Unis, ces commerces « connaissent une forte expansion, mais ils manquent cruellement de main-d’œuvre qualifiée ». Quant aux jeunes français venus à Miami, cette expérience s’avère exceptionnelle, marquante et également formatrice. Elle leur ouvre aussi un horizon professionnel.
À Miami, la baguette et le croissant ne sont plus de simples symboles. Ils sont devenus des vecteurs de transmission, d’emploi et de rayonnement culturel.Portée par la FAACT FL et sa présidente Corinne Ouelhadj Engel, plébiscitée par le public comme par les professionnels, cette 4e édition confirme l’existence d’un pont durable entre artisans des deux rives de l’Atlantique. Ainsi des talents émergent, des réseaux se tissent et des perspectives s’ouvrent. Et pour les gourmands, le plaisir est bien au rendez‑vous… comme celui que nous prenons déjà pour 2026 afin de vous faire vivre la 5e édition de cet événement désormais incontournable.
Chaque automne, des millions de chrétiens se rendent dans les cimetières pour fleurir les tombes de leurs proches. Pourtant, beaucoup confondent deux fêtes bien distinctes : la Toussaint, célébrée le 1er novembre, et le jour des défunts, commémoré le lendemain. On fait le point pour les Français de l’étranger.
La fête des Saints
La Toussaint rend hommage à tous les saints, connus ou anonymes, qui ont consacré leur vie à la foi et à l’Évangile. Cette fête t ne trouve pas son origine dans la Bible mais dans la dévotion des premiers chrétiens envers les martyrs. Au VIIᵉ siècle, le pape Boniface IV institue une fête dédiée à tous les saints, d’abord fixée au 13 mai. Deux siècles plus tard, Grégoire III la déplace au 1er novembre, une date choisie pour coïncider avec la fête celte de Samain, symbole du passage à la saison sombre.
Ainsi dans la liturgie, la Toussaint ne célèbre pas la mort, mais la vie éternelle et la vocation universelle à la sainteté.
La fête des morts : une « exclusivité » catholique
Le 2 novembre, lendemain de la Toussaint, les catholiques commémorent les défunts. Ce jour des morts n’est pas un jour de tristesse, mais un moment de recueillement et d’espérance : les croyants prient pour leurs proches disparus et fleurissent leurs tombes.
Cette tradition remonte au XIᵉ siècle, lorsque l’abbaye de Cluny, en Bourgogne, instaura une journée de prière pour les âmes du purgatoire. L’initiative de l’abbé Odilon de Cluny s’étendit rapidement à toute la chrétienté et fut officialisée au XIIIᵉ siècle par l’Église de Rome.
Aujourd’hui encore, cette date symbolise le lien entre les vivants et les morts, dans la continuité spirituelle entre la terre et le ciel.
Les fêtes, un héritage païen christianisé
Le choix du 1er novembre n’est pas un hasard. L’Église a voulu « évangéliser » les fêtes païennes existantes, notamment la fête celte de Samain, qui marquait la fin de l’été et le début de l’hiver.
De la même façon que Noël fut placé près du solstice d’hiver, la Toussaint a remplacé les rituels celtiques liés à la mort et à la fertilité. Cette fusion des traditions explique pourquoi, aujourd’hui encore, Halloween (le 31 octobre), la Toussaint (le 1er novembre) et le jour des morts (le 2 novembre) forment un triptyque culturel autour du passage du temps et du souvenir.
Où la Toussaint est fériée ?
Cette fête est célébrée dans plusieurs pays, majoritairement catholiques. Ainsi, dans 52 pays à travers le monde le 1er novembre est férié.
Le mois de septembre a été riche en rebondissements : près de 20 drones russes ont violé l’espace aérien polonais le 9 septembre, suivis par d’autres incursions de drones non identifiés au Danemark et en Roumanie, et par des avions de combat russes en Estonie. La Pologne et l’Estonie ont tiré la sonnette d’alarme de l’OTAN en invoquant l’article 4 de l’alliance.
Alors que les dirigeants européens se réunissaient à Copenhague au début du mois d’octobre, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a souligné le besoin urgent d’un « mur de drones » européen, c’est-à-dire un réseau coordonné de radars, d’équipements de brouillage et d’intercepteurs de drones destinés à neutraliser les menaces avant qu’elles n’atteignent l’espace aérien sensible.
Le projet, rebaptisé « Initiative européenne de défense contre les drones », ne couvre pas seulement le flanc oriental de l’UE, comme prévu initialement, mais l’ensemble de l’espace aérien de l’Union.
Dans le même temps, un projet bien plus ambitieux gagne du terrain, qui pourrait intégrer le « mur de drones » dans un réseau de défense à l’échelle du continent. Le bouclier aérien européen prévoit un système de défense aérienne à plusieurs niveaux, inspiré du dôme de fer israélien, pour tout intercepter, des drones aux missiles balistiques.
Mais après des décennies de sous-investissement et de dépendance à l’égard de la protection américaine, l’Europe est confrontée à une question difficile : à quelle échéance un tel bouclier pourra-t-il devenir une réalité ? Et si les gouvernements décident d’aller de l’avant, à quoi cela ressemblerait-il en pratique ?
Le mur des drones
Les récentes incursions de drones russes, considérées comme un stratagème pour tester les défenses aériennes et la détermination politique de l’OTAN, ont mis en lumière certaines vérités gênantes.
La guerre moderne n’est plus une question de nombre, mais de précision à grande échelle. Des frappes coordonnées associant des drones bon marché à des armes haut de gamme peuvent désormais porter des coups dévastateurs aux civils et aux infrastructures critiques.
L’Ukraine en est un exemple frappant. Au cours de l’été, les attaques de drones et de missiles russes ont atteint le siège du gouvernement ukrainien et la délégation de l’Union européenne à Kiev.
L’asymétrie est brutale : la précision de masse est bon marché pour les attaquants, mais coûteuse pour les défenseurs. La réponse de l’OTAN aux récentes incursions a été efficace, mais coûteuse. L’alliance militaire a utilisé des missiles Patriot d’une valeur de 3 millions d’euros pour abattre des drones dont la fabrication ne coûte pas plus de… 20 000 euros. Un scénario qui n’est clairement pas viable à long terme.
Pour lutter contre les attaques bon marché, un système de défense aérienne à plusieurs niveaux pourrait constituer la meilleure solution. Les systèmes peu coûteux seraient d’abord déployés contre les petites menaces, les avions de chasse et les missiles haut de gamme étant réservés aux attaques plus dévastatrices, telles que les frappes balistiques et hypersoniques.
Selon cette logique, le « mur de drones » constituerait la première couche défensive du bouclier aérien élargi. Son rôle serait de détecter, de suivre et de neutraliser les drones et les munitions qui traînent. Les abattre à l’aide d’intercepteurs cinétiques et d’armes à énergie dirigée (DEW) — des lasers dont le coût n’excède pas 1 à 10 euros par tir — serait une option avantageuse par rapport au prix des Patriots.
Pour faire du « mur de drones » une réalité, certains à Bruxelles regardent vers l’Est.
« Nous avons beaucoup à apprendre de l’Ukraine, et en même temps, nous devons lui fournir une protection et un soutien financier, car en retour, elle nous aide dans la guerre des drones », a déclaré l’eurodéputée estonienne Riho Terras. « C’est un investissement dans notre propre défense. »
Le bouclier aérien européen
La mise en place d’un bouclier aérien européen ne sera ni facile ni bon marché. L’UE devra surmonter les divergences politiques, les problèmes de stockage et les coûts.
En outre, le bloc ne peut pas se contenter de reproduire le dôme de fer israélien qui protège un petit territoire avec des centres de population denses contre des menaces essentiellement à courte portée. En revanche, les populations européennes sont dispersées sur un vaste territoire et sont confrontées à l’ensemble de l’arsenal russe, des missiles Iskander à courte portée aux Avangard hypersoniques à longue portée.
Un dôme unique s’étendant sur tout le continent relève du fantasme. Le plan prévoit plutôt une mosaïque de « bulles » de défense, c’est-à-dire de multiples systèmes couvrant différents territoires, reliés entre eux pour assurer une couverture efficace de l’espace aérien de l’Europe.
La défense aérienne est une question de timing : détecter, suivre et intercepter en quelques secondes. Cela exige de la précision et une coordination transfrontalière en temps réel, les radars d’un pays transmettant des données aux lanceurs d’un autre pays.
Si des projets tels que l’initiative européenne de bouclier aérien (ESSI), menée par l’Allemagne, sont déjà en cours comme pour des achats et une maintenance conjoints, les défis ne se limitent pas au matériel. Ces systèmes doivent s’intégrer de manière transparente dans une architecture commune : la défense aérienne et antimissile intégrée (IAMD) de l’OTAN.
C’est un principe familier, bien qu’inconfortable, pour les États membres. Même s’ils conservent une totale autonomie en matière de décisions d’achat, ils devront choisir des configurations qui privilégient l’interopérabilité avec les systèmes alliés. C’est là que la politique européenne prend tout son sens.
Surmonter les vulnérabilités
Selon Chris Kremidas-Courtney, chercheur au European Policy Centre, un centre de réflexion à Bruxelles, l’Europe est confrontée à un dilemme en matière d’acquisition.
La dépendance de l’Europe à l’égard des systèmes de défense étrangers, principalement américains et israéliens, est à double tranchant. Elle peut accélérer le déploiement, mais risque d’éroder l’autonomie stratégique de l’Europe. Bien qu’il existe des options locales pour la plupart des menaces, il n’y a toujours pas de véritable substitut à l’Arrow-3 d’Israël, un intercepteur hypersonique conçu pour arrêter les missiles balistiques.
Pour ajouter à ces préoccupations, l’industrie européenne de la défense reste fragmentée. « Berlin soutient IRIS-T et Patriot dans le cadre de l’initiative européenne Sky Shield, tandis que Paris et Rome défendent SAMP/T, et qu’Oslo et d’autres pays s’appuient sur NASAMS », a relevé Chris Kremidas-Courtney. En clair, chaque nation est réticente à abandonner son propre « champion », ce qui rend l’acquisition et l’intégration communes bien plus difficiles qu’elles ne devraient l’être.
Le défi n’est donc pas seulement technologique, mais aussi politique. Un système de défense multicouche crédible exige non seulement des milliards d’investissements, mais aussi un niveau de coordination que l’Europe a toujours eu du mal à atteindre. Le rêve du bouclier aérien n’est donc pas pour demain.
Présenté le 16 octobre dernier par Ursula von der Leyen, Présidente de la commission Européenne, le Pacte pour la Méditerranée va s’ouvrir à 10 pays partenaires méditerranéens (1) dont le Maroc. Celui-ci prévoit d’inclure les étudiants des pays concernés au programme d’échange universitaire européen Erasmus +. Premiers pas concrets à Fès entre l’UFE-Monde et l’université Euromed.
Plus de mobilité académique et culturelle entre la France et le Maroc
L’objectif majeur du Pacte pour la Méditerranée est la création d’un environnement plus intégré et inclusif pour l’enseignement supérieur et le développement des compétences au sein de l’espace méditerranéen commun au travers du lancement d’une nouvelle plateforme Méditerranéenne de l’enseignement supérieur. Il vise également à renforcer la mobilité des étudiants, du personnel académique et des chercheurs.
Dans cet esprit et cette nouvelle dynamique impulsée entre les 2 rives, l’associationUFE Monde et l’université EuroMed de Fès (Maroc) ont signé une convention de coopération ce 21 octobre qui fixe plusieurs objectifs, dont celui de resserrer les liens éducatifs et culturels entre la France et le Maroc. Alain Pierre Mignon, Président UFE Monde, était présent pour apposer sa signature à côté de celle de Mustapha Bousmina, le Président de l’Université EuroMed.
« Ces jeunes vont bénéficier d’un accompagnement logistique humain mais également d’un réseau local solide »
Myriam Geneviève Benkerroum Devidet, Présidente UFE Fès, Conseillère des Français du Maroc
À l’initiative de ce projet, Myriam Geneviève Benkerroum Devidet, présidente de l’UFE de Fès – Meknès – Nadir- Oujda indique que « ce partenariat facilite l’accueil et l’intégration des étudiants français au sein de l’université Euromed de Fès », laquelle rappelle-t-elle « a été classée 1ere université du Maroc ». Grâce à l’appui de l’UFE, « Ces jeunes vont bénéficier non seulement d’un accompagnement logistique humain mais également d’un réseau local solide pour favoriser leur insertion et réussite », a-t-elle déclaré au correspondant Lesfrancais.press.
Signature de la convention de coopération éducative et culturelle entre Alain Pierre Mignon, Président UFE Monde et Mustapha Bousmina, Président de l Université Euromed de Fès
Ainsi, les étudiants français, désireux de bénéficier de ce partenariat, pourront poursuivre leurs études supérieures du côté sud de la Méditerranée au sein d’un établissement d’excellence qui assure une éducation de haut niveau, Master et Doctorat.
Les Français de l’étranger, acteurs de la coopération éducative et culturelle
Le démarrage du partenariat UFE – Université Euromed Fès est prévu pour cette année universitaire avec un premier groupe d’étudiants français à Fès. Ils seront encadrés conjointement par l’UFE Fès et l’université marocaine au travers d’un suivi personnalisé.
Sur le moyen terme, l’objectif est d’accueillir tous les étudiants intéressés par une expérience à l’international dans le cadre de ce partenariat et à terme de développer des échanges dans les deux sens. Pour les promoteurs du partenariat, l’enjeu est d’offrir une formation ouverte sur la Méditerranée, combinant excellence académique, diversité culturelle et engagement citoyen.
Myriam Geneviève Benkerroum Devidet, Presidente de l’UFE Fès et Conseillère des Français de l Etranger de la 2eme circonscription du Maroc
« Ce partenariat montre que les Français de l’étranger sont acteurs de la coopération éducative et culturelle. Il place l’UFE au cœur du développement de la jeunesse francophone et démontre que l’expatriation peut être une source d’opportunités et d’innovation » ajoute Myriam Geneviève Benkerroum Devidet, également conseillère des Français pour la 2eme circonscription du Maroc, avant de conclure « ce partenariat est avant tout une aventure humaine, il incarne la volonté de rapprocher les peuples par la connaissance et le partage ».
Mustapha Bousmina Président de l’université EuroMed de Fès nous a accordé une interview sur les enjeux de la convention de coopération signée entre l’UFE Monde qu’il préside
Mustapha Bousmina, Président de l’Université Euromed de Fès
Lesfrancais.press : « Que représente pour vous le nouveau partenariat entre l’université Euromed de Fès et l’UFE Monde ? »
Mustapha Bousmina : « Ce partenariat s’inscrit dans la continuité de la vocation fondatrice de l’Université Euromed de Fès (UEMF), qui est de constituer un pôle régional d’intégration académique, scientifique et culturelle entre les deux rives de la Méditerranée. En s’associant à l’Union des Français à l’Étranger – Monde, l’UEMF renforce sa dimension internationale et consolide son rôle d’acteur de la diplomatie universitaire, au service du dialogue interculturel et de la circulation des savoirs.
D’un point de vue institutionnel, cet accord traduit la volonté partagée d’inscrire la coopération universitaire dans une logique de réseau, à la fois francophone et méditerranéenne. Les universités jouent aujourd’hui un rôle central dans la construction de ce qu’on appelle désormais le « Global Knowledge Network », un espace transnational où la mobilité des idées et des acteurs devient un vecteur de développement. Dans ce sens, le partenariat UEMF–UFE Monde symbolise leur engagement stratégique en faveur d’une internationalisation porteuse de valeurs humanistes, de co-développement et d’excellence académique. Pour rappel, l’Université Euromed de Fès (UEMF) est une institution à but non lucratif et d’utilité publique placée sous la Haute Présidence d’Honneur de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui en est l’Initiateur.
« Nous plaçons le dialogue entre les cultures au cœur de notre mission »
Mustapha Bousmina Président de l’université EuroMed de Fès
L’UEMF revêt un caractère régional qui s’étend sur tout le pourtour Euro-Méditerranéen, avec un prolongement naturel vers l’Afrique sub-saharienne, contribuant ainsi au développement et au renforcement de l’intégration régionale, favorisant la promotion du dialogue interculturel et du partenariat académique dans l’espace euro-méditerranéen/Afrique. En plus de sa volonté d’assurer une pédagogie basée sur l’innovation, l’entreprenariat et la maîtrise des langues et des nouvelles technologies, l’UEMF s’attache à construire des partenariats solides et durables avec des acteurs institutionnels, économiques et culturels, au Maroc comme à l’international. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le nouveau partenariat entre l’UEMF et l’Union des Français de l’Étranger (UFE). Cette alliance est d’une importance stratégique et symbolique, car elle repose sur des valeurs partagées : l’ouverture, la solidarité et la coopération internationale. En tant qu’Université euro-méditerranéenne, nous plaçons le dialogue entre les cultures au cœur de notre mission. Cette convention vient donc renforcer notre engagement à tisser des ponts durables entre les deux rives de la Méditerranée, au service de la jeunesse, de la connaissance et du développement. »
Les attentes du partenariat entre l’UEMF et l’UFE Monde
Lesfrancais.press : « Qu’est-ce que ce partenariat va induire pour votre Université ? »
Mustapha Bousmina : « Pour notre université, ce partenariat constitue une opportunité de synergie à plusieurs niveaux. Sur le plan académique, il ouvrira la voie à de nouveaux programmes conjoints, à la co-construction de formations interculturelles, et à l’élargissement du réseau de partenaires européens et francophones. Sur le plan institutionnel, il renforcera la visibilité internationale de l’Université et favorisera sa contribution à la coopération éducative méditerranéenne. Au-delà des retombées symboliques, cette collaboration induit un effet structurant : elle soutient la mise en œuvre de dispositifs de mobilité étudiante et enseignante, de partage d’expertise et de projets de recherche conjoints. Ces dynamiques sont essentielles pour faire évoluer les universités vers un modèle « d’internationalisation intégrée », où l’ouverture internationale n’est plus une activité périphérique mais un levier transversal d’amélioration institutionnelle. L’UEMF, à travers ce partenariat, s’inscrit pleinement dans cette logique qui vie à amplifier sa dynamique internationale déjà très forte.
Convention de coopération éducative et culturelle
Concrètement, nous pourrons accueillir des étudiants issus des pays où l’UFE est implantée pour des formations, des stages ou des séminaires. Nous disposons pour cela d’un écosystème unique : un éco-campus disposant de nombreux espaces d’études, de vie et de loisirs, un complexe sportif de 12 000 m² avec un terrain de football aux normes Fifa, une piscine olympique et une deuxième semi-olympique, un mur d’escalade et plus de 15 zones d’entrainements, une plateforme de recherche et d’innovation, des laboratoires de nanotechnologie, d’énergie renouvelable, de biotechnologie, de biomédical et matériaux, une plateforme d’impression 3D, une plateforme digitale 3D expérience, fruit d’un partenariat stratégique avec Dassault Systèmes, première du genre en Afrique, ainsi qu’un incubateur universitaire qui soutient les projets entrepreneuriaux de nos étudiants et chercheurs. De plus, ce partenariat favorisera la visibilité de nos lauréats sur les marchés de l’emploi internationaux, notamment en Europe et en Afrique, où les représentations de l’UFE peuvent jouer un rôle de relais et d’accompagnement. »
Faire de la Francophonie, un moteur de mobilité et de dialogue pour les jeunes générations
Lesfrancais.press : « La promotion de la Francophonie, des échanges culturels et pédagogiques, de la mobilité des étudiants comme espace de valeurs partagée figure comme un des objectifs du partenariat, qu’est-ce que cela vous inspire ? »
Mustapha Bousmina : « L’objectif rejoint la philosophie même de l’UEMF, fondée sur la valorisation de la diversité linguistique et culturelle comme moteur d’innovation et de cohésion. La Francophonie, dans sa dimension académique, n’est pas seulement un espace linguistique, elle constitue un espace de valeurs partagées, fondé sur la solidarité, la réciprocité et la transmission des savoirs. La langue devient ainsi un vecteur de coopération intellectuelle et de circulation des modèles pédagogiques entre le Nord et le Sud. Ainsi, promouvoir les échanges culturels et pédagogiques, c’est contribuer à la formation de citoyens méditerranéens ouverts et critiques, capables de penser les enjeux globaux dans une perspective plurielle.
« À travers cette convention, nous voulons offrir aux étudiants francophones et francophiles, (…) un cadre académique stimulant où la diversité culturelle devient une source de créativité »
Mustapha Bousmina Président de l’université EuroMed de Fès
Ce partenariat favorisera la mise en œuvre de programmes d’échanges, de séminaires conjoints et de chaires francophones qui renforceront la place du français comme langue du savoir, de la science et du dialogue interculturel. Cela rejoint parfaitement la mission de notre université. L’UEMF est une institution euro-méditerranéenne et africaine par essence, mais également francophone, plurilingue et ouverte sur le monde.
Nous accueillons dans notre campus des étudiants et des professeurs-chercheurs de plus de 50 nationalités. À travers cette convention, nous voulons offrir aux étudiants francophones et francophiles, qu’ils soient du Maroc, d’Afrique, d’Europe ou d’ailleurs, un cadre académique stimulant où la diversité culturelle devient une source de créativité. C’est aussi un moyen de réaffirmer que la Francophonie doit être un moteur de mobilité, d’ouverture et de dialogue, notamment pour les jeunes générations. »
Une communauté euro-méditerranéenne du savoir
Lesfrancais.press : « Favoriser et fluidifier la mobilité des étudiants entre les 2 rives de la Méditerranée est l’objectif majeur du programme, comment comptez-vous procéder pour en faire profiter l’Université Euromed ? »
Mustapha Bousmina : « Nous disposons déjà d’une expérience solide en matière de mobilité. L’UEMF a développé de nombreux programmes conjoints avec des universités européennes, notamment françaises, espagnoles, italiennes et portugaises. Nos étudiants bénéficient de doubles diplômes avec des institutions prestigieuses telles que l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, qui s’est implantée à l’université Euromed de Fès via une formation délocalisée en droit des affaires, l’université de Nantes, l’Université de Cagliari ou encore l’université de Porto. Grâce à l’UFE Monde, nous pourrons étendre cette dynamique à un réseau plus vaste, facilitant les passerelles pour les stages, les formations professionnelles et la recherche.
« Transformer la mobilité académique en un levier de co-développement, où chaque échange contribue à bâtir une communauté euro-méditerranéenne du savoir et de la solidarité »
Mustapha Bousmina Président de l’université EuroMed de Fès
Nous comptons également capitaliser sur nos programmes Erasmus+ et sur notre pôle d’innovation pour créer des synergies entre les étudiants de l’UEMF et les jeunes talents issus de la diaspora française à l’étranger. L’objectif est clair : transformer la mobilité académique en un levier de co-développement, où chaque échange contribue à bâtir une communauté euro-méditerranéenne du savoir et de la solidarité. Notre Université envisage plusieurs leviers concrets pour matérialiser et renforcer cet objectif. D’une part, l’université compte intégrer les dispositifsde mobilité UFE Monde dans ses programmes de double diplomation et de stages internationaux. D’autre part, elle projette de développer un guichet unique de la mobilité pour accompagner les étudiants, de la préparation au départ jusqu’à leur intégration à l’étranger.
Sur le plan institutionnel, il s’agira également de négocier des accords bilatéraux de reconnaissance mutuelle des crédits et des diplômes, conformément aux recommandations de l’UNESCO (2023) sur la reconnaissance des qualifications dans l’enseignement supérieur. En outre, des bourses de mobilité co-financées pourraient être instaurées pour garantir l’inclusivité du dispositif, en veillant à ce que les échanges bénéficient aussi aux étudiants issus de milieux moins favorisés. L’approche adoptée sera donc à la fois académique, sociale et interculturelle, fidèle à la mission de l’UEMF, à savoir faire de la mobilité un droit académique et un vecteur d’équité, au service de la compréhension mutuelle et de la construction d’un espace euro-méditerranéen du savoir. »