Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Opérations extérieures : soldats et marins comme ambassadeurs.

    Opérations extérieures : soldats et marins comme ambassadeurs.

    La France est un des pays du monde qui a le plus de soldats engagés à l’extérieur de ses frontières. Plus de dix mille hommes, sans compter les forces navales, environ 4500 marins.

    Les Opérations extérieures proprement dites sont les missions Barkhane au Sahel, qui mobilise à elle seule 4500 soldats, et Chamal, en Syrie et en Irak.

    Barkhane au Sahel, 18 soldats tués.

    La force Barkhane agit dans l’ensemble du Sahel et fait suite à l’opération Serval, décidée par François Hollande. Elle intervient contre les groupes terroristes, en partenariat avec la Mauritanie, le Mali, le Burkina-Faso, le Niger et le Tchad, qui se sont engagés à créer « la force conjointe G5 Sahel », qui tarde à gagner en efficacité.

    Le bilan actuel de l’opération est de 600 terroristes abattus, selon le Ministère de la Défense, et de 18 soldats français tués. Des engagements ont lieu régulièrement, appuyés par des forces aériennes pour le transport, l’attaque ou le ravitaillement. Près de cent sorties aériennes sont effectuées chaque semaine. Le 22 juillet, une attaque suicide a été maitrisé au Camp de Gao, partagé avec la Minusma et les forces armées tchadiennes.

    Le Général Lecointre, Chef d’Etat-major des Armées, disait à l’Assemblée nationale en février dernier : «  Je ne pense pas qu’il soit possible de régler le problème du Mali en moins de dix à quinze ans. La situation au Mali n’est guère satisfaisante. »

    Les populations du nord et du sud sahéliens sont en conflit depuis des siècles, quelles que soient les religions. La popularité de la présence française fluctue d’ailleurs en fonction de la lecture que se font les uns et les autres de l’appui ou du frein à leurs ambitions que constitue la France.

    Chammal en Syrie et en Irak contre  Daech

    L’opération Chammal est engagée depuis 2014 contre Daech. Elle appuie les Forces Démocratiques Syriennes, et, en Irak les Forces de sécurité irakiennes. L’essentiel de l’activité en Syrie consiste désormais en des opérations aériennes. En Irak, ce sont des actions de formation de l’armée irakienne (Blindés, artillerie, actions en zones urbaines) Depuis janvier 2019 les avions de chasse français ont réalisé plus de 450 sorties aériennes et 1000 ravitaillement en vol.

    Cependant les critiques se sont exprimées au sein de l’armée : le colonel Legrier, commandant de l’artillerie, a été sanctionné par le gouvernement, pour un article critiquant « une victoire poussive à un prix exorbitant et au prix de nombreuses destructions ». Ce serait pourtant plus utile de répondre que de sanctionner.

    D’autres forces militaires sont déployées de façon permanente au Gabon (350 hommes), en Côte d’Ivoire (900), au Sénégal (350), sur les bases françaises de Djibouti (1450) et des Emirats Arabes Unis (650).

    D’autres soldats français sont engagés dans le cadre de missions de l’ONU, comme au Liban.

    Forces navales

    Quant aux forces navales, le groupe Jeanne d’Arc a réalisé au cours de son parcours de plusieurs mois des exercices militaires conjoints avec des pays amis ou alliés comme l’Egypte, l’Afrique du Sud, le Brésil, le Mexique ou les Etats-Unis.

    Le Groupe Aéronaval du Charles de Gaulle, avec 3000 marins, a réalisé au cours d’une mission de cinq mois des opérations conjointes avec l’Australie, les Etats-Unis, l’Inde,  l’Indonésie, le Japon, la Malaisie et l’Egypte.

    « Un navire de guerre est le meilleur des Ambassadeurs » disait Cromwell, repris par Hervé Coutau-Begarie dans son livre sur la stratégie navale. Chaque passage d’un navire est l’occasion non seulement de montrer l’excellence française, mais aussi de développer des relations de travail et de confiance. Mais un ambassadeur, comme un navire, comme des troupes, ne sont là que pour des buts politiques. Il faut se méfier des guerres sans fin, elles signifient simplement que ce sont des guerres auxquelles on a oublié de fixer des objectifs politiques.

  • La justice européenne encadre l’utilisation par les sites du bouton « J’aime » de Facebook

    Les sites qui intègrent sur leurs pages le bouton « J’aime » de Facebook doivent avertir les internautes de la transmission de leurs données personnelles au réseau social américain et obtenir leur consentement, conformément aux lois sur la protection des de l’Union européenne, a considéré lundi la Cour européenne de justice (CEJ).

    Le bouton « J’aime » permet aux sites commerciaux de promouvoir leurs produits mais certains redoutent que cette transmission de données aille à l’encontre de la loi en matière de respect de la vie privée.

    L’institution, basée à Luxembourg, avait été saisie par un tribunal allemand amené à se prononcer sur une plainte déposée par une association de consommateurs. Cette dernière accusait le site de vente de vêtements Fashion ID de transmettre des données à Facebook via l’utilisation de ce bouton « J’aime », sans l’autorisation des internautes.

    Données à caractère personnel

    La justice allemande avait donc demandé à la CEJ d’interpréter plusieurs dispositions de l’ancienne directive de 1995 sur la protection des données, remplacée depuis par le RGPD (règlement européen sur la protection des données), entré en vigueur en mai 2018.

    Dans un communiqué publié lundi, la CEJ estime que « le gestionnaire d’un site internet équipé du bouton ‘J’aime’ de Facebook peut être conjointement responsable avec Facebook de la collecte et de la transmission à Facebook des données à caractère personnel des visiteurs de son site ».

    Elle ajoute toutefois qu’il n’est, en principe, pas responsable du traitement ultérieur de ces données par le réseau.

    « Nous examinons attentivement la décision de la cour et travaillerons en étroite collaboration avec nos partenaires pour nous assurer qu’ils peuvent continuer à bénéficier de nos plugins sociaux et autres outils commerciaux en pleine conformité avec la loi », a déclaré Jack Gilbert, un des avocats de Facebook, dans un communiqué.

    De son côté, la Verbraucherzentrale NRW, l’association de consommateurs qui a poursuivi Fashion ID en justice, s’est félicitée de cette décision. « Les entreprises qui tirent profit des données des utilisateurs doivent désormais assumer leurs responsabilités », a commenté son directeur Wolfgang Schuldzinski.

  • « Couvrez ce CETA que je ne saurais voir ! »

    Le traité de ratification de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada a été adopté par l’Assemblée nationale le mardi 23 juillet 2019.

    Cette ratification a donné lieu à un important débat public. Parmi les arguments soulevés contre cet accord figurent son impact sur l’environnement, ses effets sur les revenus des agriculteurs et le manque de transparence des procédures d’arbitrage en cas de conflits. L’accord économique et commercial global (AECG) ou Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) est le traité établi entre le Canada et l’Union européenne. Les négociations ont été conclues le 18 octobre 2013 et il a été signé par les représentants des parties prenantes le 30 octobre 2016.

    L’application provisoire de l’accord, concernant plus de 90 % de ses dispositions, est intervenue le 21 septembre 2017. Une clause prévoit qu’en cas de rejet par l’un des Parlements des États membres, l’accord s’applique provisoirement durant trois années.

    La peur que suscite le Canada est inversement proportionnelle à son poids démographique. En effet, ce pays est peuplé de 37 millions d’habitants contre 70 millions pour la France et plus de 500 millions pour l’Union européenne. Le Canada est la dixième puissance économique mondiale avec un PIB par habitant comparable de celui de la France. L’accord commercial est appliqué de manière temporaire depuis le 21 septembre 2017 sans que cela ait généré d’importantes perturbations sur les marchés agricoles européens.

    Le CETA permet aux parties prenantes d’aller plus loin en termes de baisses des barrières commerciales que le cadre prévu par l’Organisation Mondiale du Commerce. Il supprime les droits de douane pour presque tous les produits, soit près de 98 % des droits de douanes entre les deux régions, dès la mise en œuvre de l’accord. Les droits de douane sont déjà très faibles entre les deux zones économiques. Ils passent en moyenne de 1,2 à 0%. Certes, certains secteurs étaient soumis à des tarifs plus importants comme ceux en vigueur sur les produits chimiques et plastique (en moyenne de 4,9 % avec un maximum de 6,5 %). Pour les produits manufacturés, les taux de 1,8 et 3,3 % disparaissent. Il est à noter que certains produits industriels pouvaient être soumis à des taux de 22 %.

    Sont également supprimés les droits de douanes sur les produits miniers et métalliques comme ceux sur l’aluminium et ses dérivés qui étaient de 6,3 %, sur le nickel et ses dérivés qui étaient de 3,3 % ou encore sur le cuivre, le zinc, le plomb et l’étain et leurs dérivés qui étaient de 3,1 % en moyenne.

    Pour certains produits l’élimination des droits de douanes est progressive sur 3, 5 ou 7 ans. Cela concerne notamment le secteur automobile, certains produits de la mer et quelques produits agricoles. Cependant, même dans ces catégories, une large majorité des produits voient leurs droits de douane supprimés immédiatement avec, par exemple, des droits de douanes sur les produits de la mer qui pouvaient aller jusqu’à 20 %, ou encore pour les produits agricoles des droits de douanes européens de 12% sur les cerises, de 9% sur les pommes, ou encore de 17,3% sur le miel.

    Certains produits agricoles voient la suppression de droits de douanes variables comme le blé dur qui avait des droits de douanes compris entre 190 dollars/tonne et zéro selon la situation de marché, ou le blé commun avec des droits de douane maximum de 122 dollars/tonne, l’avoine avec des droits de douane fixes de 89 euros/tonne, l’orge et le seigle avec des droits de douane fixes de 93 euros/tonne.

    En revanche, contrairement à ce qui a pu être affirmé par certains, les viandes de volailles et les œufs sont exclus de l’accord dans les deux sens, et les viandes bovines et porcines dans le sens allant du Canada vers l’Union. Des contingents d’accès exemptés de droits sont toutefois introduits de manière progressive sur 3, 5 ou 7 ans. Les quotas de viandes bovines passeront de 4 162 à 45 840 tonnes par an quand ceux des quotas de viandes porcines passeront de 5 549 à 75 000 tonnes par an.

    Par ailleurs, les produits laitiers au départ de l’Union européenne sont exclus. Un contingent tarifaire est toutefois introduit et s‘ajoute à celui qui existe déjà. Le traité oblige le Canada à reconnaître 145 appellations d’origines contrôlées européennes non viticoles sur les 1 500 que compte l’Union européenne.

    Il faut également souligner que les produits agricoles ou alimentaires non conformes aux règles de l’Union tels que le bœuf aux hormones ou le poulet au chlore sont exclus de l’accord, de même que les OGM qui ne sont pas approuvés par l’Union.

    L’accord prévoit également l’ouverture des marchés publics. Pour le Canada, le taux d’ouverture passera de 10 à 30% des marchés publics. Les marchés publics européens ne devraient pas être plus ouverts aux entreprises canadiennes car 90% des marchés publics le sont déjà ouverts. Comme dans une grande majorité des accords commerciaux, une procédure d’arbitrage des conflits spécifique existe. Ce recours à l’arbitrage permet de résoudre rapidement les problèmes commerciaux sans passer par la voie judiciaire classique.

    Le traité comporte également un volet sur le développement durable, l’environnement et le droit du travail. Des reconnaissances de qualifications et de diplômes sont également incluses et rationalisées dans le traité.

    Depuis la mise en place temporaire du traité, les exportations européennes vers le Canada ont augmenté de 7% en valeur (en euros), par rapport à la même période l’année précédente, alors que les exportations du Canada vers l’Union européenne sur cette même période ont diminué de 3%. Selon les données de la Commission européenne, sur la période d’octobre 2017 à juin 2018, l’augmentation des exportations vers le Canada par rapport à l’année précédente concerne des produits comme les machines, appareils et engins mécaniques (+8%), les produits pharmaceutiques (+10%), les produits cosmétiques (+11%), les vêtements (+11%), les fruits (+29%), le chocolat (+34%) ou encore les vins pétillants (+11%).

    Pour les seuls échanges agroalimentaires bilatéraux France-Canada, dans les 12 mois suivant la mise en application provisoire de l’accord, les importations canadiennes de produits français se sont élevées à 1 174 millions de dollars canadiens, par rapport à 1 036 millions de dollars canadiens pour la période de 12 mois immédiatement antérieure, soit une progression de 13,3%. Parallèlement, les importations françaises de produits agroalimentaires canadiens se sont élevées à 314 millions d’euros, par rapport à 431 millions d’euros pour la période de 12 mois immédiatement antérieure, soit une diminution de 27,2%. Le solde commercial bilatéral de la France pour les produits agro-alimentaires, déjà très excédentaire, s’est encore accru depuis la mise en application provisoire du CETA notamment pour le fromage et dans une moindre mesure pour le vin.

    Le protectionnisme est une tradition française. Le libre échange est toujours perçu contre nature, imposé par des élites déconnectées du terrain. Ainsi, Napoléon III fut critiqué quand il imposa le traité franco-britannique en 1860. De même, le Traité de Rome créant le marché commun, entraîna une forte contestation de la part des agriculteurs. Depuis une trentaine d’années, qu’ils soient négociés dans le cadre de l’OMC ou de manière bilatérale, les accords de commerce donnent lieu à une cristallisation des oppositions de nature agricole, écologique ou anticapitaliste.

    Les réactions au CETA sont d’autant plus étonnantes qu’il a été prouvé que les échanges entre pays ayant des états de développement voisins engendrent des flux fructueux et moins déstabilisants pour les économies respectives. Les coûts de production sont proches tout comme les besoins de consommation de la population. Les accords permettent de faire jouer les avantages comparatifs avec des transferts faibles d’activités.

    Initialement, il était imaginé de créer un grand espace commercial entre l’ensemble de l’Amérique du Nord et l’Union européenne. L’objectif était de réunir les deux plus grands marchés de consommation et de faire contrepoids à l’Asie du Sud Est. La dégradation des relations avec les États-Unis et la crainte qu’un tel accord permette au Royaume-Uni de profiter du marché commun européen a entraîné l’arrêt des négociations.

    Dans l’histoire économique, il n’y a pas un exemple où des États ayant mis en œuvre des politiques protectionnistes en soient ressortis gagnants, de la Chine du XVIe siècle dont les Empereurs refusaient le commerce avec les barbares, à l’URSS en passant par les États fraichement décolonisés d’Afrique.

  • Pollution : les villes du monde qui nous empoisonnent – La carte mondiale en temps réel de la pollution

    L’été 2019 est l’occasion de constater des records de chaleur partout dans le monde. Notamment dans le sous-continent indien et la ville de Delhi. Cette dernière, classée ville la plus polluée du monde, suffoque littéralement sous un nuage permanent et toxique.

    Les expatriés, notamment Français, qui bénéficient de conditions de vie bien plus confortables que la majorité de la population locale, se sont adaptés : masques anti-pollution, filtreurs d’air dans les logements et le moins de temps possible passé à l’extérieur. Le Lycée français de Delhi compte non moins de 65 purificateurs  installés dans toutes les parties de l’établissement.

    Plus de difficultés que par le passé pour recruter des expatriés

    La place Tian’Anmen sous la pollution

    Malgré toutes ces mesures, les entreprises internationales ont plus de mal que par le passé à recruter parmi les expatriés, en particulier quand ils ont des familles. Parmi les 20 villes considérées comme les plus polluées au monde, outre Paris à la 17ème place, il y a de nombreuses villes qui attirent traditionnellement les expatriés comme Tokyo, Pékin, Séoul, Rio et New York.

    Les expatriés se voient ainsi proposer de meilleurs salaires mais de nombreux cadres et ingénieurs qualifiés refusent. Les chasseurs de tête ont tendance à privilégier des personnes jeunes sans famille.

    Une menace pour le tourisme aussi

    La pollution et le changement climatique, au-delà des conditions de vie des personnes résidant dans ces métropoles, a aussi un effet sur le tourisme. Les images de plus en plus fréquentes des inondations à Bangkok, par ailleurs classée 13ème ville la plus polluée du monde, ont tendance à avoir une influence, négative, sur sa capacité à attirer des touristes.

    La Nouvelle-Orléans sous les eaux pendant l’épisode Katrina

    Pékin subit également les images fréquentes de la Place Tian’anmen sous une purée de pois. Au point que les autorités du régime ferment les usines pour les grandes manifestations du régime. Séoul aussi cherche à présenter une image verte et positive, et à se placer parmi les leaders de l’économie verte, avec les batteries, et la recherche dans les énergies renouvelables.

    La pollution, en particulier dans les centres urbains, est outre un problème en termes de santé, un problème pour l’attractivité des métropoles. Leur image, leur capacité d’attirer les talents, d’évoluer, dépend aussi de ces questions. Parmi les villes les plus sujettes à la montée des eaux, trois métropoles, et non des moindres, des Etats-Unis, New-York, Miami et la Nouvelle Orléans. De quoi, peut-être, faire réfléchir Donald Trump …

    La carte en temps réel de la pollution (cliquez sur l’image)

  • Gare aux Gafas, Le Maire versus Trump.

    Bruno Le Maire avait fait de la taxation des Gafas une bataille stratégique dés son entrée à Bercy. A chaque fois, avec l’Allemagne, les Pays-Bas, la Commission Européenne, les désaccords paraissaient insurmontables, puis, à force, s’aplanissaient. A chaque succès, un nouvel obstacle, une nouvelle initiative. Cette fois, Le Maire fit adopter par le Parlement une taxation des Gafas à la française : 3% sur le chiffre d’affaire des services numériques. Un impôt dont la mise en œuvre parait difficile, tant l’assiette de l’impôt est incertain. Un impôt provisoire puisque la France renoncera à sa taxe dés que l’OCDE aura permis un accord au niveau mondial.

    Cela a produit son effet. Négatif d’abord. Trump, furieux, décide de lancer une enquête sur les pratiques françaises contre les entreprises américaines. La même procédure que contre la Chine. Si l’enquête conclut à des pratiques visant directement des entreprises américaines, l’exécutif américain serait en droit de prendre des mesures de rétorsion contre le pays considéré comme coupable.

    Arrive la réunion des ministres des Finances du G7 à Chantilly. Charme du château ou de la crème qui y vit le jour, les ministres, dont l’ami américain, décident du « principe d’un accord mondial sur la taxation du numérique », même quand elles n’ont pas de « présence physique » dans le pays concerné. La surprise du chef.

    Selon Le Maire, le vote de la loi française, loin d’avoir braqué les Américains, leur a montré que le mouvement allait suivre dans d’autres pays et que leurs menaces ne prendraient pas. C’est notamment l’intention du Royaume-Uni, de l’Autriche, de l’Espagne et de l’Italie. D’autant que le Trésor américain, fit remarquer Le Maire, y perd lui aussi. L’annonce de la création d’une monnaie « Facebook », la Libra, qui effraie les banquiers centraux et les départements fiscaux de tous les pays a également joué.

    Soit, le principe retenu par les ministres du G7 ne devrait pas être celui retenu par la loi française, qui prévoit une taxation en fonction du chiffre d’affaire. Le critère serait une taxation minimale sur les bénéfices des entreprises. Si, par exemple, un pays devait taxer les bénéfices à 5% et que la taxe minimale était fixée à 10%, chaque pays dans lequel l’entreprise réalise des bénéfices aurait la possibilité de recouvrir les 5% manquants. Cette taxation minimale concerne toutes les multinationales et vise l’évasion fiscale légale. Mais une mention spécifique a été ajoutée pour les entreprises de l’économie numérique. Tel fut le nœud de l’accord.

    Steve Mnuchin, le Secrétaire d’Etat américain au Trésor a accepté le principe, à partir du moment « où il ne visait pas spécifiquement les entreprises américaines ». En fait, la plupart d’entre elles sont américaines, mais elles échappent aussi au Trésor américain.

    Les ministres se sont mis d’accord sur trois principes, que pouvaient difficilement contester les Américains puisqu’ils les défendent chez eux :

    1. Un niveau minimal d’imposition. Aux Etats-Unis, le « Global Intangible low-taxed Income Regime » Gilti, consiste à taxer à 10.5% les bénéfices à l’étranger des entreprises américaines.
    2. Un droit à taxer sans présence physique de l’entreprise. Cela vise particulièrement les entreprises numériques qui peuvent exercer leur activité dans un territoire sans y avoir une présence effective.
    3. Une échéance précise. Les Ministres se sont mis d’accord sur une date : d’ici fin janvier 2020 un accord global sur les grandes lignes de l’architecture des règles devra être proposé et adopté.

    Le but de Bruno Le Maire, en finir avec les niches fiscales territoriales dont bénéficient les Gafa, n’est pas encore atteint, mais l’engagement est pris. Joli coup. Mais la partie n’est pas finie : les Gafas n’ont pas dit leur dernier mot.

     

  • Emmanuel Macron reçoit Vladimir Poutine dans la résidence estivale de Brégançon

    Lors d’un bain de foule à Bormes-les-Mimosas, où il est en vacances, le chef de l’État en a profité pour faire une annonce d’ordre diplomatique.

  • Boris Johnson – le Premier Ministre britannique au « No Deal « 

    Le nouveau Premier ministre britannique s’accroche à un « no deal » le 31 octobre. Un avis qui n’impressionne pas les Européens.

    Quel début de mandat !  Comme on pouvait s’y attendre compte tenu de la personnalité et des positions de Boris Johnson, il est rentré dans le vif du sujet immédiatement et s’impose comme le chantre du Brexit . Figure emblématique de la campagne pour le Brexit en 2016, il n’a cessé depuis trois ans de critiquer les efforts de Theresa May pour obtenir une sortie raisonnée et négociée du Royaume-Uni de l’Union européenne.

    ©Justin Ng/AFP – London ; UK ; 24/07/2019 

    Après avoir refusé le poste, au lendemain du référendum et avoir laissé May se consumer à la tête du gouvernement, « BoJo » a fini par s’installer à Downing Street. Au pied du symbole du pouvoir britannique, le nouveau Premier ministre a répété avec superbe que son pays sortira quoi qu’il arrive de l’UE le 31 octobre.

    « No ifs, not buts » (pas de si ni de mais) a-t-il marte

    Jeudi, le nouveau chef des conservateurs ne s’était montré pas moins exharbé devant les députés en affirmant que les termes de l’accord de retrait sont « inacceptables pour ce gouvernement et ce pays ».

    Un gouvernement de « hard-brexiters »

    Au terme de ce que la presse anglaise a qualifié de « nuit des longs couteaux », Johnson a constitué entre mercredi et jeudi une équipe gouvernementale en forme de commando, peuplée de tout ce que le royaume compte de « hard-brexiters » les plus en vue, doublés d’ultra-conservateurs sur le plan sociétal.

    « Nous devons tous être prêts pour tous les scénarios » – Michel Barnier – Négociateur Brexit de l’UE

    Les réactions sur le continent ne se sont pas fait attendre.

    La demande de réouverture de négociations d’un nouvel accord a été jugée « inacceptable » par Michel Barnier . En reprenant sciemment le même mot que Boris Johnson, le négociateur en chef de l’UE sur le Brexit lui oppose donc une très sèche fin de non-recevoir. « Nous devons tous être prêts pour tous les scénarios », martèle le négociateur français. Sous entendu : y compris le « no deal ».

    Il semble avoir pris la décision délibérée de placer le Royaume-Uni sur la voie d’un choc frontal avec l’Union européenne » – Simon Coveney – Ministre des affaires étrangères irlandais

    « Aucun partenaire européen n’a été particulièrement surpris »

    A ce jour, aucune capitale des 27 n’a tendu la main au nouveau Premier ministre britannique. « Il semble avoir pris la décision délibérée de placer le Royaume-Uni sur la voie d’un choc frontal avec l’Union européenne », a au contraire réagi le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney. « Il a fait des déclarations qui concordent avec ce qu’il affichait, aucun partenaire européen n’a été particulièrement surpris », commente-t-on, presque blasé, dans l’entourage d’Emmanuel Macron.

    Lors d’un premier entretien par téléphone jeudi soir, le président français a félicité avec une pointe d’humour Boris Johnson pour sa nomination et s’est « réjoui » de leur coopération « sur les sujets bilatéraux, européens et internationaux. »

    Invité par Macron

    Invité par Macron à venir en France « dans les toutes prochaines semaines », le numéro un britannique pourrait éventuellement profiter — comme d’autres chefs d’Etats — du sommet du G7 à Biarritz pour faire au préalable un crochet par Paris, à moins qu’il ne rende visite à Emmanuel Macron à Brégançon.

    Il faut cependant que le Premier Ministre Britannique, qui s’est dit « surpris » que son arrivée n’ait pas provoqué de geste d’ouverture de la part des partenaires européens, réalise que la position des Européens n’était pas une posture par rapport à la négociation et  que les européens ont dit ce que ils pensaient à travers leur négociatueur Michel Bernier.

  • Les anciens élèves célèbres des Lycées français de l’étranger – Episode 2/2

    Comme indiqué dans un précédent article , de très nombreux Français célèbres sont passés par le réseau unique des Lycées français de l’étranger.

    Ce réseau, dont les anciens élèves sont réunis en association compte également dans ses rangs de nombreux anciens élèves célèbres d’autres nationalités. Tour d’horizon.

    Le Lycée de Los Angeles, nid de célébrités hollywoodiennes

    Jodie Foster, ancienne du Lycée français de Los Angeles

    Outre les cousins français Michael Vartan et David Hallyday, le très chic Lycée français de Los Angeles a eu l’occasion d’accueillir quelques célébrités d’Hollywood. Citons les acteurs de télévision Shannen Doherty et Kiefer Sutherland, ainsi que la célébrissime et particulièrement francophile Jodie Foster, qui eu également l’occasion de fréquenter l’établissement.

    Toujours aux Etats-Unis, le Lycée français de New York compte plusieurs écrivains parmi ses anciens élèves : le franco-américain Jonathan Littell, l’auteure belge Amélie Nothomb et la légende des romans d’amour Danielle Steel.

    Politiques, princesses, people et universitaires

    Le Lycée Charles De Gaulle de Londres, lui, compte parmi ses anciens élèves des personnes d’horizons très variés. La princesse Caroline de Monaco, sœur de l’actuel souverain de la principauté, y est notamment passée. Tout comme le chanteur libanais Mika et l’actrice hollywoodienne oscarisée Angelica Huston, ancienne compagne de Jack Nicholson et connue pour ses rôles dans la famille Addams et la vie aquatique.

    Caroline de Monaco fréquenta le Lycée français de Londres

    Le Lycée franco-mexicain de Mexico, outre Arielle Dombasle, eu également comme élève Thalia, méconnue en France mais superstar des telenovelas et chanteuse à l’immense succès dans toute l’Amerique Latine. A Montréal, c’est l’ancien Premier Ministre québécois Philippe Couillard qui a fréquenté les bancs de l’établissement français.

    Parmi les Canadiens célèbres, citons aussi Marc Tessier-Lavigne, chercheur et actuel président de l’Université de Stanford.

    L’excellente réputation des Lycées français à l’étranger joue très clairement dans l’attractivité qu’ils apportent. Nul doute que parmi les actuels étudiants, de nombreuses autres futures célébrités

  • Petit livre blanc chinois: défier les Etats-Unis dans la guerre intelligente

    Il y avait « les routes de la soie », qui promettent pour la Chine des comptoirs amicaux, sur terre et sur mer. Chaque pays veut en être, y voyant commerce et investissements. De l’Iran au Sénégal en passant par le Maroc, la Grèce ou l’Italie, les Nouvelles Routes de la Soie font toujours rêver. Quelques bontés chinoises devaient naturellement trouver d’autres bontés en échange, bien naturel.

    Il y avait ces revendications en Mer de Chine, ces navires de guerre qui patrouillaient, ces îlots occupés par la marine, une volonté  nouvelle de montrer sa force. La marine française y patrouilla bravement, question de principe.

    Il y a aujourd’hui « le Petit livre blanc de la Défense », qui définit pour les années à venir la stratégie chinoise en matière de défense nationale. La Chine ne se cache pas. A quoi bon, puisque les Etats-Unis lui ont ouvertement déclaré la guerre commerciale.

    La franchise du petit livre blanc de la défense

    La Chine répond. « La rivalité au niveau mondial s’accentue ».Traduire : Nous sommes entrés dans un confit global avec les Etats-Unis. « Les Etats-Unis ont provoqué et intensifié la rivalité entre les principaux pays, augmenté de manière significative les dépenses de défense (…) et sapé la stabilité stratégique mondiale ». Traduire : Nous construirons des alliances et augmenterons le budget militaire.

    Le budget militaire chinois, désormais le deuxième du monde, a augmenté de 7.5%. Rien d’anormal : L’armée chinoise est le pilier du régime, choyée comme dans tous les régimes autoritaires. Il ne s’agit pourtant pas que de rhétorique ou d’appeler à serrer les rangs face à l’ennemi. La Chine assume ses ambitions et se propose de défier les Etats-Unis en matière militaire. C’est écrit.

    On peut sourire tant l’écart est gigantesque entre le budget américain et les reste du monde. Mais les Chinois l’affirment avec raison : les prochains conflits prendront des formes différentes : « La guerre intelligente ».Le moment est venu, dit le Livre Blanc, de « bâtir une armée moderne ».Deux millions de militaires, cela ne veut rien dire. L’Armée Populaire de Libération entend renforcer son arsenal technologique : Intelligence artificielle, traitement des bases de données, stockage de l’information.

    Transformer l’Armée Populaire en leader de la Guerre intelligente

    Annonces classiques, qui tranchent par leur franchise. Et sonnent comme un aveu quand on pense aux accusations lancées contre Huaweï.  Comme des menaces, tant la Chine a les moyens technologiques et économiques de cette transformation. Elle est d’ailleurs pour l’instant la seule, avec les Etats-Unis, à avoir suffisamment investi dans ces technologies de pointe, et utilise largement ces systèmes pour contrôler, politiquement et socialement, sa propre population. Avec ces données, on s’effraie de ce qu’aurait pu faire un Mao au moment de la Révolution culturelle.

    Le Petit Livre blanc ne tait pas non plus ses missions traditionnelles : réprimer le séparatisme tibétain, réprimer les révoltes Ouïghours au Xinjiang, maintenir la pression sur Taiwan. « La Chine doit être réunifiée » rappelle le document stratégique. Ce que les autorités taïwanaises ont interprété comme un « prétexte à une intervention militaire ».

    Organisations criminelles…

    On peut ne pas prendre au sérieux cette crainte taïwanaise, la Chine n’est jamais intervenue nulle part directement. A Hong Kong, face au refus de la population de se soumettre à la Chine, celle-ci lui envoie, non son armée, (ce serait un cataclysme financier pour la Chine) mais les Triades, organisations criminelles chargées de faire la chasse aux mauvais esprits et aux manifestants. Outre Taïwan, la Corée du Sud et le Japon, s’inquiètent. Ce dernier va réformer sa Constitution pour s’autoriser à construire une armée. Un mois à peine après le pied physique et symbolique de Donald Trump posé en Corée du Nord, son nouvel ami, Kim Jong Un, a lancé deux missiles balistiques. Après la visite de dirigeants chinois.

    … et enceintes internationales.

    Cela n’a rien à voir, croit-on, mais récemment, un vice-ministre chinois  a été élu à la direction générale de la FAO, l’organisme de l’ONU chargé de l’agriculture et de l’alimentation. Il a battu, contre les pronostics, une Française. Notamment grâce aux voix des pays africains, qui, dans cette enceinte, faisaient traditionnellement bloc avec la France. D’après les diplomates français, promesses de dons et d’annulations de dettes auraient convaincu. Les Chinois auraient même demandé la photo des bulletins de vote, et pisté les conversations téléphoniques des français.

    Les Chinois veulent donc des positions dans les organisations internationales. Ils sont prêts à y mettre le prix. Ils ont les moyens de leurs ambitions. Ils visent la première place mondiale. Est-ce réaliste ?

    Les Etats-Unis ont à ce pont l’avantage qu’on se demande ce qui motive les Chinois à s’affirmer aussi crument. Orgueil, fierté nationale ? Plutôt le risque d’un affaiblissement. Les Etats-Unis peuvent s’appuyer sur leurs armes principales : la force militaire, celle du dollar, celle de la technologie. L’économie chinoise patine, l’endettement des entreprises, est trop élevé, les revendications ne demandent qu’à éclore face à l’affirmation du pouvoir sans partage de Xi Ping. Mais La puissance chinoise a pris un tel élan que tout est possible.

    A condition d’appliquer vraiment, à l’ensemble du pays, la nouvelle stratégie de défense, celle de la transformation : à guerre intelligente, société intelligente, c’est-à-dire ouverte. Une société sous contrôle orientera toutes les capacités de défense du système vers l’interne. Son coût sera exponentiel. Le maintien du pouvoir chinois tel qu’il s’exerce est à terme antinomique avec la montée en puissance de la Chine.

    A guerre intelligente, société ouverte

    Cela doit pourtant nous interroger. Et la France ? Et l’Europe ? Sommes-nous indépendants dans le domaine de la guerre intelligente ? Où sont nos entreprises phares dans le domaine de l’intelligence artificielle, du traitement des données, du stockage ?

    Il n’est pas nécessaire de lire le petit livre blanc pour faire la liste de ce qui nous manque. Pour rester dans la course, non à la puissance – ça c’est la guerre bête- mais à l’indépendance.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Gastronomie : ces Chefs français qui brillent à l’étranger

    Durant plusieurs années, le Chef Français Eric Ripert a, sur la chaine publique PBS, fait saliver des millions d’Américains avec ses recettes délivrées dans l’émission « Avec Eric », en français dans le texte.

    Le Chef du restaurant le bernardin , 3 étoiles au Michelin, niché au cœur de Manhattan, fait partie des « French cooks » célébrissimes outre-Atlantique. Y compris durant la pire période de francophobie aux Etats-Unis, pendant la guerre en Irak quand les French fries étaient rebaptisées Liberty fries dans la cantine du Congrès, la haute -gastronomie française a été plébiscitée.

    De véritables empires, aux quatre coins du monde

    Le chef Jean-Georges

    La cuisine française est, et demeure, une des meilleures ambassadrices de l’Hexagone à l’international. Certains ont compris que la marque France en matière culinaire était un moyen efficace de construire un empire. Le Monégasque d’origine française Alain Ducasse a su ainsi créer des lieux d’exception partout dans le monde , du Japon au Royaume-Uni, en passant par la Principauté, la Chine, les Etats-Unis et les pays du Golfe. Avec un succès indéniable, 120 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016 et 2.000 collaborateurs dans le monde.

    Jean-Georges Vongerichten compte lui une quarantaine d’établissements aux Etats-Unis principalement, dont la moitié à New-York avec 4 000 collaborateurs et une bourse institué pour inciter les jeunes du Bronx à devenir chefs. Feu Joël Robuchon participait de la même logique et était notamment une véritable star au Japon.

    De très nombreux produits français stars à l’international

    Des centaines de points de vente dans le monde distribuent notre célèbre baguette

    Outre les restaurateurs, de très nombreux produits français sont champions à l’international, y compris dans des budgets plus modestes. Les boulangeries Paul sont présentes dans 600 points de vente à travers le monde, le beaujolais nouveau est un produit phare au Japon et le cognac contribue grandement aux bénéfices du groupe LVMH.

    Si d’autres cuisines du monde, notamment la cuisine italienne, ont su également séduire à l’international, la France et sa gastronomie n’est pas en reste, une situation qui ne semble pas s’atténuer.

     

    Vous trouverez ci-dessous quelques adresses de restaurants, parfois mythiques, parfois récents, à travers le monde, pour toutes les papilles!

    Europe

    -Roux at Parliament Square

    11 Great George St, Westminster, London SW1P 3AD, Royaume-Uni

    +44 20 7334 3737

    https://www.rouxatparliamentsquare.co.uk/

     

    -Le Louis XV

    Hôtel de Paris, Place du Casino, 98000 Monaco

    +377 98 06 88 64
    -Enoteca Pinchiorri
    Via Ghibellina, 87 – 50122 Firenze, Italie
    +39.055.26311
    -Café Caron
    Frans Halsstraat 28 H
    1072 BS Amsterdam
    Amériques
    -Jean-Georges
    1 Central Park West
    New-York
    -Olympe
    Rua Custódio Serrão 62, Lagoa – RJ -Brésil
    -Atelier Crenn
    3127 Fillmore St,
    San Francisco, CA 94123
    415-440-0460
    Asie
    -Ultraviolet by Paul Pairet
    Waitan, District de Huangpu, Shanghai, Chine
    -Joël Robuchon – Tokyo
    Yebisu Garden Place
    1-13-1 Mita, Meguro-ku
    Tokyo 153-0062, Japon
    +81 (0)3 524-1347
    -Racines
    9 Wallich Street, 078885 Singapore