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  • L’avenir de la guerre, le Pape et Napoléon.

    « L’Utilisation de l’énergie atomique à des fins militaires est immorale. Comme est immorale la possession d’armes atomiques » avait déclaré le Pape François à Nagasaki, rompant ainsi avec la position traditionnelle de l’Eglise catholique, qui voyait dans l’arme atomique une arme, plus destructrice que les autres, mais qui jouait aussi un rôle de dissuasion. C’était aussi l’avis des analystes et des historiens.

    Est-ce encore le cas ? Le Président français a annoncé sa décision de continuer à moderniser l’outil de la force nucléaire française. 300 têtes, pour 36 milliards d’euros. 36 milliards de dollars, c’est le budget annuel de l’arme nucléaire américaine. On doit être inquiet pour les bombesrusses : ont-ils vraiment les moyens de les entretenir ?

    Qui oserait renoncer à la bombe ? Mais qui oserait prétendre qu’elle garantit la paix, comme si l’accession de nouveaux pays à l’arme atomique pacifierait la planète entière ? Quand on sait que l’Iran pourrait avoir l’arme nucléaire en deux ans, qu’Israël l’a, que la Corée, le Pakistan et l’Inde en sont dotés, en plus de la Chine et de la Russie, sommes-nous rassurés ? Quand on voit que Poutine bombarde les hôpitaux civils en Syrie dans un effrayant silence, qu’il parle aux Ukrainiens tout en laissant les séparatistes du Donbass lancer une offensive heureusement repoussée, est-on en confiance ? Quand on mesure la capacité de chantage des Turcs, des Russes, des Coréens, et de tous ceux qui rêvent de les imiter, oserait-on vraiment se passer de l’arme nucléaire ?

    Les armes du siècle dernier

    Et pourtant : le pape n’est-il pas simplement en avance ? L’arme nucléaire est l’arme absolue des années cinquante. Aujourd’hui, la plupart des guerres ne sont pas des guerres conventionnelles. L’armée française, une des plus interventionnistes de la planète (avec les Etats-Unis), ne combat depuis plus d’un demi siècle que des forces non conventionnelles. Nous gagnerions certainement la dernière guerre. D’ailleurs nous l’avons gagnée, avec nos alliés et la bombe en bandoulière : c’était la guerre froide.

    Comme s’il y avait au moins deux niveaux de guerre, assez étrangères l’une à l’autre. La théorique : la nucléaire, qui n’a jamais lieu parce que sa possibilité est impensable (la stratégie nucléaire américaine s’appelait MAD, ce qui faisait rire les généraux), mais qui est existe stratégiquement. Et puis la pratique : la guerre quotidienne, celle du Sahel, de la Syrie, du Yémen, de la Lybie, du Donbass, avec des drones sophistiqués, des pick-up de bandes armées, de la contrebande de tous cotés, sous-étatique et interétatique ; armes, drogue et pauvres gens mêlées. Le coût annuel de l’intervention Barkhane équivaut à peu près aux budgets militaires conjoints des cinq pays du Sahel concernés. Une guerre dont la solution ne peut être militaire. Est-ce moral, néocolonialiste, humanitaire, ou simplement d’une irréflexion mécanique?

    La guerre à venir sera la guerre cybernétique, celle des virus, du renseignement, de l’électromagnétisme. Plus de blocus, mais la ruine technologique, économique, financière. Combien coûte un bombardement de fakes news pour changer un régime, aider un Brexit, provoquer une panique boursière, une panne électronique, un chaos dans les ordinateurs d’un Etat-major, rendre un porte-avion aveugle, etcMoins cher que Barkhane.

    Effort d’imagination en temps de paix

    Peu d’organisations doivent innover plus vite que les armées. Surtout en temps de guerre. En temps de paix, il faut un effort d’imagination.L’arme nucléaire, – comme le porte-avion – sont des armes de la dernière guerre mondiale. Cela ne signifie pas qu’il faut les abandonner, mais il ne faut pas que les budgets alloués aux outils d’aujourd’hui empêchent d’investir dans ceux du futur. Les opérations « Sentinelle » ou larécréation d’un mini-service national sont militairement inutiles voire néfastes. On devrait décompter ces coûts du budget des armées.

    Avec une croissance économique de 1.5%, il est impensable que le budget militaire augmente plus vite que la croissance elle-même. On peut le promettre, cela ne sera jamais tenu. La raison est assez simple : rarement la France a été aussi peu menacée. Ses faiblesses les plus criantes ne sont pas militaires. Elles sont de l’ordre du déclassement créatif, y compris en matière de stratégie militaire.

    Le budget militaire n’augmentera pas

    A court terme, il n’y que deux solutions : conforter les alliances, diminuer les interventions. Comme nos alliés, Américains et Allemands sont de moins en moins interventionnistes, il est impératif de se concentrer sur la guerre de demain, pas celle dont on n’a pas les moyens. « La guerre va devenir un anachronisme. (…) Il y a deux systèmes, le passé et l’avenir. Le présent n’est qu’une transition pénible. Qui doit triompher, selon vous ? L’avenir, n’est-ce pas ? L’avenir, c’est l’intelligence, l’industrie et la paix ; le passé, c’était la force brute, les privilèges et l’ignorance. (…) Les victoires s’accompliront un jour sans canons et sans baïonnettes ! Ne me parlez plus de la guerre. » Quel est le moraliste qui a dit cela, le Pape ? Non, Napoléon. Il y aura des guerres et des victoires, mais peut-être sans bombe et sans canon. Elles ne seront pas forcément morales.

    Bombe ou machette : qui tient le manche ?

    On ne renoncera pas au nucléaire parce qu’il est immoral (La flèche aussi était jugée immorale en Occident), on y renoncera quand on l’aura rendu obsolète par des armes intelligentes qui le rendront trop dangereux pour ceux qui le possèdent. Puisse-t-on découvrir alors des armes qui dissuadent encore d’utiliser d’autres bombes. Et qui rouillent les machettes. Elles ont tué au Rwanda plus que les bombes atomiques au Japon. La question morale est : Qui tient le manche ? Et la réponse est politique.

    Laurent Dominati

    Ancien Ambassadeur de France,

    Ancien Député de Paris.

  • Français en Italie : que faire face au coronavirus ? Le point sur les fermetures des transports et des administrations

    3 morts, 130 cas, le carnaval de Venise stoppé, la fashion Week de Milan perturbée, 11 villes quasi complètement coupées du monde, l’Italie est, de loin, le pays le plus frappé en Europe par le coronavirus

    Les autorités italiennes avaient annoncé la suspension de toutes les liaisons aériennes directes avec la Chine depuis le  1er février et un contrôle de température aux aéroports de tous les voyageurs en provenance de l’étranger.

    Avec l’explosion des cas depuis le 22 février, elles ont également pris des mesures de restriction dans les 11 communes suivantes : Codogno ; Casapusterlengo ; Castiglione d’Adda ; Maleo ; Fombio ; Bertonico ; Castelgerundo ; Somaglia ; San Fiorano ; Terranova dei Passerini ; Vo Euganeo.

    Pour ces communes, les autorités publiques italiennes ont décidé :

    • La suspension de toutes les manifestations publiques ;
    • La fermeture des activités commerciales (hormis celles de première nécessité) ;
    • La suspension des activités dans les entreprises des zones concernées ;
    • La suspension des activités sportives.

    Ces villes ne sont par ailleurs plus accessibles par les moyens de transport public.

    En outre,

    • les écoles et installations sportives, publiques et privées, de la province de Plaisance (en Emilie-Romagne) resteront fermées jusqu’au 25 février ;
    • les universités de Lombardie seront fermées jusqu’au 2 mars, celle de Venise et celle de Ferrare jusqu’au 29 février.
    • à Milan, les services ouverts au public seront fermés à partir de lundi 24 février jusqu’à nouvel ordre.

    Il est recommandé de suivre les consignes des autorités locales (notamment sur le site du ministère de la santé, en italien), de s’informer au numéro vert d’information 1500 et de consulter le site internet et les réseaux sociaux de l’OMS et de l’ambassade de France en Italie.

    A ce jour, ni l’ambassade ni le consulat n’ont donné de consignes spécifiques aux Français d’Italie en dehors de celles générales transmises aux voyageurs. Aucun rapatriement n’est envisagé.

    Certains conseillers consulaires informent sur leur page en temps réel de l’évolution de l’épidémie et des consignes comme Alexandre Bezardin qui est aussi le suppléant du député de la circonscription Meyer Habib (UDI).

    En tout état, il ne faut pas oublier les règles de base, éviter les endroits de promiscuité, se laver les mains régulièrement, s’équiper de masques prévus à cet effet dans les zones de contamination ou à proximité.

    Fermeture des services publics à Milan jusqu’à nouvel ordre

    Dans la capitale Lombarde, dans la région la plus touchée de la péninsule par le coronavirus, cette fermeture des services publics risque de fort perturber la vie des habitants.

    Le lycée français de Milan sera-t-il affecté?

    L’ambassade et les services consulaires ne  communiquent pas par hasard : 45 000 Français résident en Italie. Nombreux d’entre eux résident dans le nord de la péninsule, région la plus riche du pays. Milan compte notamment un lycée français qui n’a pas, pour le moment, annoncé de mesures spécifiques.

    La situation inquiétante de l’autre côté des Alpes pourrait-elle avoir des conséquences en France ? Oui si elle perdure et qu’elle s’étend. La France est le 2ème client et le 2ème fournisseur de l’Italie. La France est aussi le 1er investisseur étranger du pays avec 22% des investissements totaux.

    Les médias italiens, eux, ne parlent presque que de cela. Au risque de provoquer la psychose ?

    Les prochains jours permettrons de voir si les mesures spectaculaires qui ont été mises en place portent leurs fruits.

  • L’UE rêve d’un espace unique pour les cartes bancaires européennes

    La Commission présentera cet automne une stratégie destinée à instaurer un marché européen intégré des paiements. Le but : faciliter l’utilisation des services de paiement nationaux en Europe et réduire la dépendance vis-à-vis des opérateurs tels que Visa ou Mastercard.

    L’espace unique de paiement en euros (SEPA) permet à plus de 500 000 citoyens dans l’UE d’effectuer des virements et des prélèvements uniformes.

    La mise en place d’un SEPA pour les cartes est encore à l’état de projet cependant, car les systèmes nationaux de cartes et les banques ne voient toujours pas l’intérêt économique de surmonter les obstacles liés à la connectivité et à l’interopérabilité et de fixer des normes communes.

    D’après la Banque centrale européenne (BCE) cependant, l’évolution rapide du secteur des paiements instantanés, bousculé par les nouvelles entreprises technologiques, pourrait permettre de mettre en place plus vite un espace unique pour les cartes européennes, ce qui, en fin de compte, profiterait aux titulaires de cartes et aux commerçants.

    Dans ce contexte, la Commission devrait présenter à l’automne une stratégie destinée à instaurer « un secteur des paiements de détail innovant, intégré et compétitif en Europe, pour concurrencer les entreprises mondiales », a fait savoir un fonctionnaire de l’UE à Euractiv.com sous couvert de l’anonymat.

    Selon le programme de travail de l’exécutif de l’UE, le collège présentera également une nouvelle stratégie de financement numérique.

    Afin de préparer le terrain pour la nouvelle législation, une consultation publique sur les paiements sera bientôt lancée, a indiqué la Commission.

    Le fonctionnaire de l’UE a expliqué qu’en raison de la fragmentation des systèmes de cartes nationaux, même les opérateurs européens les plus puissants offrent des services qui ne fonctionnent qu’au sein de tel ou tel État membre, indépendamment des autres.

    En conséquence, « il leur faut s’associer à de grands opérateurs internationaux hors d’Europe s’ils veulent offrir des paiements paneuropéens », a-t-il ajouté.

    La volonté de réduire la dépendance vis-à-vis des acteurs mondiaux, tels que Visa ou Mastercard, répond au nouvel objectif global de l’UE, qui est de promouvoir la souveraineté européenne.

    La Banque centrale européenne a déjà esquissé la voie à suivre. Son système de paiement instantané TARGET (TIPS), lancé en novembre 2018, pourrait insuffler « l’élan » nécessaire pour faire voler les cloisonnements nationaux en éclat, a-t-elle fait valoir.

    Dans un rapport publié en avril dernier, l’institution basée à Francfort affirme que le TIPS « pourrait être un moyen de soutenir l’interconnexion et l’interopérabilité des systèmes de cartes nationaux et, si une couverture paneuropéenne complète [était] assurée, il constituerait une alternative possible à la création d’un système de cartes européen ».

    La BCE a suggéré d’utiliser un logo européen commun pour signaler l’acceptation de la nouvelle carte paneuropéenne de l’UE.

    Un monde compétitif

    La création d’une carte paneuropéenne serait la dernière nouveauté dans le secteur des paiements, qui évolue très vite.

    Les fonctionnaires de l’UE, les banques et les startups du secteur financier s’accordent à dire que la deuxième directive sur les services de paiement a changé la donne en ouvrant ce secteur.

    La législation européenne a forcé les banques à partager les données de leurs clients avec de nouvelles entreprises et des fournisseurs de services financiers. Dès lors, le marché des paiements s’est ouvert aux nouveaux venus, offrant de nouveaux services et des prix plus bas.

    Tout comme les législateurs et les eurocrates, les fonctionnaires européens estiment que les moteurs du changement dans l’écosystème des paiements sont les attentes des consommateurs, ainsi que le rôle toujours plus important joué par les géants du numérique.

    Le dernier coup de théâtre a été l’annonce du lancement par Facebook de sa propre monnaie numérique cette année encore. Une « sérieuse » préoccupation pour les pays du G7.

    La BCE a déclaré que le Libra constituait un rappel à l’ordre pour les banques centrales, car la cryptomonnaie de Facebook propose une option de paiement innovante et moins chère aux utilisateurs.

    Six banques centrales, dont la BCE, et la Banque des règlements internationaux évaluent la potentielle utilisation transfrontalière de ces monnaies numériques.

    « Nous voulons en particulier déterminer si la monnaie numérique d’une banque centrale pourrait servir un objectif clair en faveur du public et soutenir les objectifs de la BCE », a souligné Christine Lagarde, la présidente de la BCE, dans une interview le mois dernier.

    Face aux attrayantes réductions des coûts offerte par les nouveaux venus, les opérateurs historiques soulignent la valeur ajoutée qu’ils apportent.

    Les cartes de crédit, qui restent le moyen de paiement électronique le plus utilisé, représentent environ 52 % de toutes les transactions autres qu’en espèces au sein de l’UE. Les opérateurs soulignent les avantages qu’elles offrent aux consommateurs en termes de commodité, de rapidité, de sûreté et de sécurité.

    En raison de la saturation du marché, toujours plus forte, la BCE soulignait dans son rapport du mois dernier que « l’approfondissement de la coopération et du dialogue entre les acteurs du marché, en particulier entre les opérateurs historiques et les nouveaux venus, bénéfici[ait] d’un soutien fort ».

    La BCE souhaite que la concurrence croissante se transforme en coopération, afin qu’un véritable espace unique de paiement en euros puisse voir le jour à l’avenir.

  • Coronavirus : le point sur l’épidémie dans le monde

    Deuxième décès en Italie, des foyers de la maladie qui se multiplient – premiers cas confirmés au Liban et en Israël, dix nouveaux cas en Iran, 109 décès supplémentaires vendredi en Chine… L’épidémie de coronavirus poursuit sa progression à travers le monde. Elle touche désormais 26 pays et territoires en dehors de la Chine continentale et a fait une dizaine de morts.

    Pour la première fois, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé que la période propice pour enrayer l’épidémie due au nouveau coronavirus « se rétrécit » et s’alarme de l’absence de « lien épidémiologique clair » dans des cas apparus en dehors de la Chine.

    Deuxième mort en Italie

    Après un premier décès en Italie – celui d’un homme de 78 ans –, une deuxième personne testée positive au coronavirus est morte dans le pays, ont annoncé, samedi 22 février, les agences d’information. Il s’agit d’une Italienne qui était hospitalisée depuis une dizaine de jours et résidait en Lombardie, dans le nord. Ce sont les premiers Européens a succombé après avoir été infectés par le nouveau coronavirus. Plus de cinquante cas de contamination ont été répertoriés jusqu’à présent en Italie.

    Cette vague de contaminations a contraint les autorités à prendre des mesures drastiques. Bars, écoles, églises ou encore stades : les lieux publics ont été fermés vendredi pour une semaine dans onze villes du nord de l’Italie. La mesure touche aussi les bibliothèques, les mairies, les magasins ainsi que les nombreux défilés de carnavals organisés en cette période de l’année. Les écoles étaient fermées samedi dans la grande ville proche de Cremona.

    La décision de semi-confinement d’une dizaine de villes a été prise par le ministère de la santé après qu’un premier foyer autochtone italien a été identifié à Codogno, près de Lodi, avec la contamination de 14 personnes. Dans cette zone située à environ 60 km au sud-est de Milan, plus de 50 000 personnes sont priées de rester chez elles et d’éviter les lieux fermés. Au total, 40 stades et salles de sports seront fermés aux compétitions amateurs ainsi que les lieux de culte.

    229 nouveaux cas en Corée du Sud

    Le nombre de contaminations au coronavirus a quasiment doublé en une seule journée en Corée du Sud, avec 229 nouveaux cas, pour un total porté désormais à 433, ont annoncé les autorités samedi. Une deuxième personne est morte de la maladie Covid-19, a ajouté le Centre coréen de contrôle et de prévention des maladies dans un communiqué.

    Parmi les nouveaux malades figure un employé d’une usine Samsung Electronics à Gumi, à 200 kilomètres au sud-est de Séoul, ce qui a amené le géant technologique à annoncer une suspension des activités sur ce site jusqu’à lundi. L’un des deux principaux foyers de contamination du pays reste l’hôpital de Cheongdo, dans le sud du pays : 95 des dernières contaminations rapportées sont « liées », selon le KCDC, à des patients ou du personnel de cet établissement, où les deux personnes décédées avaient été admises.

    Autre lieu particulièrement touché par le virus : l’Eglise de Shincheonji de Jésus, une secte chrétienne de la ville de Daegu, non loin de Cheongdo, dont plus de 200 membres ont été infectés.

    En Chine, 109 décès supplémentaires

    L’épidémie de coronavirus a causé 109 décès supplémentaires vendredi en Chine continentale, ont rapporté samedi les autorités sanitaires locales, ce qui porte à 2 345 le nombre de décès liés à l’épidémie depuis que celle-ci s’est déclarée dans le centre du pays.

    Dans son bilan quotidien, la Commission nationale de la santé a fait état de 397 nouveaux cas de contamination vendredi en Chine continentale, où 76 288 personnes ont été diagnostiquées porteuses du virus depuis son apparition. Il s’agit d’un nombre de cas supplémentaires inférieur à celui rapporté la veille. Selon les données officielles, 889 nouveaux cas d’infection avaient été recensés jeudi dans le pays.

    L’Iran et le Moyen-Orient touchés

    L’Iran a annoncé samedi un décès de plus parmi dix nouveaux cas de coronavirus dans le pays, portant le nombre total de morts à cinq et celui des personnes contaminées à 28. Les autorités ont décidé de fermer écoles, universités et centres éducatifs dans deux villes, dont Qom, dans le centre du pays, où ont été enregistrées les deux premières contaminations, a annoncé samedi la chaîne de télévision d’Etat.

    Les établissements de Qom seront fermés deux jours et ceux d’Arak une semaine à partir de dimanche, a-t-elle précisé.

    Le Liban a quant à lui annoncé vendredi son premier cas de pneumonie virale Covid-19, et Israël a indiqué qu’un de ses ressortissants placé en quarantaine sur le paquebot Diamond Princess avait été testé positif. Auparavant, plusieurs cas avaient été recensés en Egypte et dans les Emirats arabes unis.

    Des Britanniques du « Diamond Princess » rapatriés

    Des passagers à bord du bateau de croisière en quarantaine « Diamond Princess », à Yokohama, le 21 février.
    Des passagers à bord du bateau de croisière en quarantaine « Diamond Princess », à Yokohama, le 21 février. Eugene Hoshiko / AP

    Le Royaume-Uni a rapatrié samedi trente Britanniques et deux Irlandais, qui étaient des passagers du bateau de croisière Diamond Princess, placé en quarantaine à Yokohama, au sud de Tokyo, depuis le 5 février. Leur avion, à bord duquel se trouvaient également des soignants et des représentants du gouvernement, a atterri aux environs de 11 h 30 (12 h 30, heure de Paris) sur la base militaire de Boscombe Down près de Salisbury, dans le sud-est de l’Angleterre. Ils vont être placés 14 jours en quarantaine.

    Les 78 Britanniques qui se trouvaient parmi les croisiéristes ont tous pu quitter le navire, certains ont embarqué à bord de vols affrétés par d’autres pays, d’autres ont regagné Hongkong où ils résident, d’autres enfin sont restés au Japon.

    Tokyo a reconnu samedi que 23 passagers avaient pu quitter le navire de croisière sans passer tous les examens médicaux requis pour déceler le nouveau coronavirus. « Nous regrettons profondément l’erreur opérationnelle de notre part qui a causé cette situation », a déclaré le ministre de la santé, Katsunobu Kato, lors d’une conférence de presse, affirmant que les personnes concernées seraient testées à nouveau.

    Le Diamond Princess reste le plus important foyer de contagion hors de Chine. Sur 3 711 personnes se trouvant initialement dans le paquebot, plus de 630 ont été infectées.

    L’OMS s’inquiète

    Selon l’OMS, la « fenêtre d’opportunité » permettant de contenir la propagation internationale de l’épidémie du nouveau coronavirus est en train de se refermer.

    « Même si la fenêtre d’opportunité se rétrécit, nous avons encore une possibilité de contenir l’épidémie, a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Si nous gâchons cette occasion, nous aurons alors un sérieux problème entre les mains. »

    L’OMS est également très préoccupée par l’apparition de cas en dehors de Chine « sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage et les contacts avec un cas confirmé »« Nous voyons que la situation évolue », a souligné Sylvie Briand, la directrice du département Préparation mondiale aux risques infectieux à l’OMS : « Non seulement le nombre des cas augmente mais nous voyons aussi différents modèles de transmission dans différents endroits. » L’OMS refuse pour l’instant de parler de pandémie, mais considère qu’il y a « des épidémies différentes, montrant des phases différentes », a-t-elle expliqué.

    Au cours d’une réunion des ministres de la santé des pays de l’Union africaine à Addis-Abeba (Ethiopie), Tedros Adhanom Ghebreyesus a appelé à « faire front commun pour être plus agressifs » dans la lutte contre le nouveau coronavirus. « Notre principale [source de] préoccupation continue d’être le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires », a déclaré le chef de l’OMS dans une liaison vidéo depuis Genève. Jusqu’à présent, l’Egypte est le seul pays d’Afrique à avoir enregistré un cas confirmé de contamination.

  • Les plus beaux carnavals du Monde

    Parades, costumes, lumières et paillettes… la saison des carnavals approche à grands pas !

    Considérés comme un rite de passage des ténèbres à la lumière, de l’hiver à l’été ainsi qu’une célébration de la fertilité, les carnavals sont inscrits dans le folklore depuis des siècles. Et bien que leur origine puisse être discutable, leur capacité à attiser les foules en laissant des souvenirs impérissables ne l’est pas.

    Alors enfilez votre déguisement et laissez-vous porter par l’allégresse qui règne dans les rues, voici notre sélection des plus beaux carnavals du monde !

    Mardi Gras – La Nouvelle-Orléans, LA, États-Unis

     Pour Mardi Gras, les costumes excentriques sont à l’ordre du jour
    Pour Mardi Gras, les costumes excentriques sont à l’ordre du jour © Carnaval.com Studios CC BY 2.0

    Mardi Gras puise ses origines aux 17e et 18e siècles et fut introduit aux États-Unis par les colons français. C’était autrefois une fête réservée aux gens les plus riches, mais elle est aujourd’hui ouverte à toute la population. L’édition 2020 promet d’être explosive, le carnaval célébrant son 302ème anniversaire !

    Costume sage ou farfelu, laissez parler vos envies et profitez de cette occasion hors du commun. Pensez à prendre un sac afin de ramasser les goodies jetés çà et là par les carnavaliers lors des parades.

     

    Le Carnaval de Binche — Binche, Belgique

     Costumes étranges et merveilleux — le carnaval de Binche est un grand terrain de jeu pour ceux qui aiment s’amuser
    Costumes étranges et merveilleux — le carnaval de Binche est un grand terrain de jeu pour ceux qui aiment s’amuser © ines s. CC BY 2.0

    En Belgique aussi nous fêtons le carnaval ! L’UNESCO a d’ailleurs classé le Carnaval de Binche comme « chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité ». Alors que la Belgique organise d’autres carnavals à la même période, celui de Binche sort du lot, avec ses Gilles (des danseurs), son lancer d’oranges à la foule et tout un tas d’autres pratiques curieuses.

    Il existe une controverse quant aux origines de cette fête. Une théorie populaire soutient que l’un des Gilles du 14ème siècle était d’origine inca et portait un costume dont l’apparence exotique lui donna une popularité locale retentissante par la suite. Cela peut expliquer les grands chapeaux de plumes portés par les Gilles d’aujourd’hui… ou pas !

     

    Le Carnaval de Venise – Venise, Italie

     Venise ne se limite pas aux ponts et aux canaux - mettez votre masque et joignez-vous à la fête
    Venise ne se limite pas aux ponts et aux canaux – mettez votre masque et joignez-vous à la fête

    Le Carnaval de Venise est l’un des plus anciens au monde. Des traces de cette fête apparaissent dès le début du 10e siècle tandis qu’elle permettait de célébrer les derniers jours précédant le carême. Les festivités ont bien évolué depuis bien que le port d’un masque en reste la composante principale. Un symbole fort qui inspira de nombreux autres carnavals à travers le monde.

    Choisissez parmi les différents masques que sont le Bauta, le Colombina et le Medico della Peste et partez à travers les rues et les canaux pour explorer une facette insolite de Venise.

     

    Le Carnaval de Santa Cruz de Tenerife – Tenerife, Îles Canaries

     Le Carnaval de Tenerife est l’un des plus explosifs au monde
    Le Carnaval de Tenerife est l’un des plus explosifs au monde © Jose Mesa  / CC BY 2.0

    Bien que Tenerife organise de nombreuses fêtes toute l’année, aucune d’elles n’égale le carnaval. Généralement considéré comme le deuxième plus gros carnaval du monde après celui de Rio, le Carnavale de Santa Cruz de Tenerife colore la capitale des îles Canaries depuis de nombreux siècles.
    15 jours d’extravagance transforment la ville en une grande fête bigarrée, dont les points forts sont les hymnes satiriques et le gala pour élire la reine du carnaval.

    Le Carnaval de Cologne – Cologne, Allemagne

     Le Carnaval de Cologne vous tiendra éveillé toute la nuit
    Le Carnaval de Cologne vous tiendra éveillé toute la nuit © Martin Terber CC BY-ND 2.0

    Alors que la saison du Carnaval de Cologne (appelée par les locaux la «cinquième saison») lui débute en novembre avec la journée d’émancipation des femmes, moment où les femmes de la ville se déguisent pour aller au travail, avant de rejoindre les nombreux bals masqués et autres soirées organisées pour l’occasion.

    Fanfares et gaieté augmentent à l’approche du week-end et atteignent leur paroxysme lors du défilé des roses qui se déroule le lundi gras. Cette immense parade à travers Südstadt (la partie sud de Cologne) est composée de dizaines de chars recouverts de cadeaux qui sont jetés à la foule tout au long du parcours.

    Le Carnaval de Rio – Rio De Janeiro, Brésil

     Le Carnaval de Rio est bien sûr l’un des symboles forts de la ville
    Le Carnaval de Rio est bien sûr l’un des symboles forts de la ville © Leandro Neumann Ciuffo / CC BY 2.0

    Certainement le plus connu des carnavals du monde et souvent considéré comme le plus beau de tous, le Carnaval de Rio remonte au 18e siècle et attire chaque jour deux millions de personnes. La samba est à l’honneur, avec près de 200 écoles qui défendent leurs couleurs durant ces quelques jours.

    Réservez une place au Sambodrome pour être au cœur de l’action ou déguisez-vous et rejoignez la foule qui se presse dans tous les quartiers de la cité. D’autres villes organisent elles aussi leur propre carnaval à la même période, alors tant que vous y êtes, n’hésitez pas à découvrir d’autres destinations où fêter le carnaval brésilien.

    Le Carnaval d’Oruro – Oruro, Bolivie

     Le Carnaval d’Oruro est un mélange coloré de tradition et de modernité
    Le Carnaval d’Oruro est un mélange coloré de tradition et de modernité © maurimendoza122

    Cette fête aux origines andines s’est progressivement transformée en une célébration de la Pachamama (la Terre mère) et du Tio Supay (le Dieu des enfers). Ces deux icônes forment la toile de fond du festival au cours duquel se produit la célèbre « danse des diables » représentant le triomphe du bien sur le mal.

    Arborant de nombreux mythes folkloriques, légendes et traditions curieuses, ce carnaval secoue la vie quotidienne telle qu’on la connaît habituellement dans ces régions. Reprenez ensuite vos esprits en passant quelques jours de plus dans le pays et explorez ses forêts, ses lacs et autres paysages fascinants.

    Le Carnaval de Trinité-et-Tobago – Port d’Espagne, Trinité-et-Tobago

     Joignez-vous aux résidents de Port d’Espagne lors du Carnaval de Trinité-et-Tobago
    Joignez-vous aux résidents de Port d’Espagne lors du Carnaval de Trinité-et-Tobago © Mark Morgan CC BY 2.0

    Toute la vigueur des Caraïbes se retrouve au Carnaval de Trinité-et-Tobago, une fête explosive qui démarre à 4h du matin le lundi, « J’Ouvert », tandis que la foule descend dans la rue pour des défilés et des parades en musique.

    Enfilez votre costume et remplissez-vous le ventre de streetfood tout en dansant au rythme des nombreuses fanfares qui animent les rues. Prenez ensuite quelques jours tandis que la fiesta perdure à Port d’Espagne et filez plutôt à Tobago où les plages paisibles et les eaux cristallines offrent un repos mérité.

    Le Carnaval de Nice – Nice, France

     Des décorations enflammées illuminent le ciel nocturne au Carnaval de Nice
    Des décorations enflammées illuminent le ciel nocturne au Carnaval de Nice © HrodebertRobertus / CC BY-ND 2.0

    Six défilés, 17 chars et des milliers de danseurs et de musiciens venus du monde entier – le Carnaval de Nice est une fête explosive. Assistez à la Bataille des fleurs durant laquelle paradent de nombreux chars fleuris pour le plus grand plaisir des badauds et tentez vous aussi d’attraper l’un des bouquets jetés dans la foule pour l’occasion !

    Le Carnaval de Bâle – Bâle, Suisse

     Les rois du disco se pavanent dans les rues de Bâle
    Les rois du disco se pavanent dans les rues de Bâle © Carnaval.com Studios CC BY 2.0

    Le Carnaval de Bâle est le plus grand festival populaire de Suisse avec près de 20 000 participants masqués qui défilent dans les rues de la ville au rythme de la musique et en jetant des confettis. À Bâle, comme dans les autres villes de Suisse où l’on fête carnaval, le thème est dévoilé plusieurs mois à l’avance, ce qui donne aux carnavaliers le temps de se préparer à la grande débauche. Ce carnaval emblématique vient d’ailleurs d’être ajouté à la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

    Le carnaval en lui-même, cependant, n’est pas aussi structuré, mis à part la parade du Morgestraich le lundi matin à 4h et le cortège du mercredi, alors que les cliques envahissent les rues et les commerces en chantant et en déclamant des poèmes satyriques, les Schnitzelbängg pendant les 72h que dure le Basler Fasnacht. Goûtez également à la Mählsuppe, la spécialité bâloise consommée pendant le carnaval.

    Le Carnaval de Copenhague – Copenhague, Danemark

     Le carnaval de Copenhague apporte chaque printemps un peu de couleur et de chaleur aux rues de la ville
    Le carnaval de Copenhague apporte chaque printemps un peu de couleur et de chaleur aux rues de la ville © Søren Bie / CC BY-SA 2.0

    Le Carnaval de Copenhague est l’un des derniers à avoir vu le jour, même s’il n’a cessé de croître au fil des années. Créé en 1982, l’événement rassemble à présent plus de 100 000 spectateurs pour trois jours de défilés et de festivités autour de la musique du monde et de la samba.

    Il se déroule au printemps, période à laquelle les températures commencent à se radoucir et les soirées s’allonger, figurant ainsi un cadre agréable et festif.

    Le Carnaval de Notting Hill – Londres, Royaume-Uni

     Les costumes scintillent au Carnaval de Notting Hill
    Les costumes scintillent au Carnaval de Notting Hill © A Pillow of Winds / CC BY-ND 2.0

    La plus grande fête de Londres fut initiée en 1966 par les immigrés noirs en écho au Carnaval de Trinidad. Bombez le torse et réchauffez-vous au rythme des sound systems qui crachent du calypso, de la soca et du reggae tout en grignotant ici et là quelques spécialités des Caraïbes.

    Quarante sound systems sont installés dans les rues pour l’occasion, et la fête se poursuit jusqu’au petit matin dans les afters. Profitez-en un maximum avant de vous accorder une petite session shopping.

  • L’agriculture française veut changer d’image auprès des consommateurs

    A l’approche du Salon de l’agriculture, l’image du secteur est au cœur des préoccupations de ses représentants qui peinent à recruter et se plaignent d’«agribashing».

    Au sein des nombreux enjeux de l’agriculture française, la question du recrutement des travailleurs agricoles commence à poser un sérieux problème. La saisonnalité et la pénibilité de l’emploi agricole peut parfois décourager les candidats potentiels.

    « Notre secteur recrute, nous proposons chaque année un million de contrats à durée déterminée, 32.000 contrats à durée indéterminée, et nous formons 80.000 apprentis, mais nous avons toujours 70.000 postes non pourvus », a assuré Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, le principal syndicat agricole français, lors d’une conférence de presse.

    Axe de communication positif pour motiver les vocations !

    Le syndicat veut tenter de motiver des vocations, et mettre en avant les nombreuses formations proposées en France, qui peinent à trouver preneurs. Lors du salon, il organisera ainsi une session de « job dating » pour permettre à des employeurs et des candidats de se rencontrer.

    Le secteur a aussi opté pour cet axe de communication positif pour tourner le dos à l’avalanche d’enjeux complexes et de problèmes souvent évoqués quand on parle d’agriculture.

    Autre expérience récemment née pour parler d’agriculture autrement, des jeunes agriculteurs ont ouvert une ligne directe pour répondre aux questions des consommateurs. Lancé en septembre 2019, Ici la Terre est un numéro vert qui permet de parler à des agriculteurs. Une centaine d’agriculteurs répondent aux questions, dans l’optique de tordre le bras aux idées reçues sur l’agriculture.

    Agribashing

    Le collectif rassemble surtout des agriculteurs du grand bassin parisien, autour d’un ton vindicatif : ils veulent en finir avec l’ «agribashing », le fait de dénigrer les agriculteurs et leurs pratiques.

    Ils dénoncent aussi à l’occasion des choix politiques, comme celui d’autoriser l’huile de palme pour les biocarburants, qui pénalise potentiellement les producteurs de colza, qui eux contribuent à la filière biodiesel.

    Le collectif rassemble un peu plus de 400 personnes sur sa page Facebook, et moins sur Twitter.

    Le terme même d’agribashing est toutefois contesté. D’une part, les Français ont une bonne image de l’agriculture et des agriculteurs, comme en témoigne une sondage Odoxa pour le Figaro réalisé en 2019, puisque 8 Français sur 10 ont soit une bonne soit une très bonne image du secteur.

    Et d’autre part, les incidents d’accrochages ou de violence envers les agriculteurs ont tendance à être instrumentalisés par deux syndicats, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, contre un troisième, la Confédération paysanne. Des regroupements qui représentent deux modèles d’agriculture radicalement différents : l’un intensif et traditionnel, l’autre plus artisanal et environnemental. Deux approches diamétralement opposées, qui pose une vraie question sur le modèle agricole de demain.

    Un débat qui n’est pas seulement franco-français. A la Commission européenne aussi, la DG Environnement propose une vision de protection de la biodiversité et du climat bien lointaine de ce que la DG Agriculture défend de son côté.

  • « Les défis sont devant nous » – Alexandre Chateau Ducos – Responsable des Français hors de France pour EELV

    A 8 semaines des élections consulaires, la rédaction du site Lesfrancais.press lance une série de rencontres avec les élus représentant les Français de l’Etranger. Députés, Sénateurs, mais aussi ceux que vous, électeurs inscrits sur la liste électorale consulaire, allez renouveler le 17 Mai : les conseillers des Français de l’étranger ,dans chacune des circonscriptions consulaires. En charge localement d’animer et de gérer la vie commune des expatriés français, ils vont aussi élire parmi eux les Conseillers de l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE). Informant et conseillant le gouvernement, ils sont vos relais à Paris. Après le format le président du Groupe d’Union de la Gauche à l’AFE, Mehdi Benlahcen, nous recevons, aujourd’hui, Alexandre Château Ducos, Conseiller élu à l’AFE et Co-secrétaire EELV  (Europe Ecologie Les Verts) de la région Hors de France. Dans les prochains jours, pour vous informer au mieux avant vos élections,  nous recevons d’autres acteurs de la vie politique des Français de l’Etranger, LFI, UDI, majorité présidentielle, LR etc.. 

    Les francais.press : Quel avenir pour la communauté des Français de l’étranger après une phase d’accroissement inédite au cours des années 2010, depuis l’élection d’Emmanuel Macaron, le phénomène s’est tassé voir dans certains pays un reflux s’est amorcé. Comment expliquez-vous cette évolution et quelles perspectives anticipez-vous pour notre communauté ?

    « Les défis sont devant nous ». La planète est monde et de fait, les français-es comme les autres nationalités s’expatrient par opportunité professionnelle, par goût de l’aventure, par amour, par recherche de sens, par découverte de nouvelles expériences de vie et par dévouement pour aider les populations en difficulté. Il n’y a pas de profil particulier pour favoriser le départ de France. Non, on ne quitte pas la France pour des raisons fiscales ! C’est ça la diversité des Français-es de l’étranger – que nous préférons appeler « hors de France » -,, des parcours et des vies singulières.

    « Les défis sont devant nous car le péril est grand de voir de nombreux compatriotes revenir en France suite aux bouleversements qui nous attendent : climatiques et environnementaux, sanitaires, industriels ou encore sécuritaires. »

    Or en France, rien ou très peu est fait pour les accueillir. Au contraire, on observe des délais de carence pour avoir droit à la sécurité sociale, les refus de prestations de chômage du fait de documents locaux absents ou non acceptés par l’administration française… Un exemple récent est la réaction de certain-e-s français-es de France face à la quarantaine ordonnée pour les Français-es revenant du foyer du corona virus. Nous sommes donc loin de l’image du retour de l’enfant prodigue. Partir évidemment, mais revenir simplement.

    Lesfrancais.press : Cependant les Français de l’étranger sont particulièrement dynamiques et trouvent souvent la réussite à l’étranger ? Comment expliquez-vous cette situation souvent à l’opposé du stéréotype véhiculé par nos compatriotes  ? Le bagage scolaire et universitaire, l’approche culturelle…

    « Nous nous devons de continuer à porter ces messages de liberté, d’égalité et de fraternité »

    Il est indéniable que la France conserve son aura de nation émérite. Une communauté de talents liés à son système d’universités et d’écoles d’excellences, c’est certain : dans les domaines des sciences dures par exemple (mathématiques, physique, informatique) ou des sciences humaines (philosophie, sociologie), de la création ludique (univers du jeu) ou artistique (expertise dans le monde de l’art, musique, architecture…), du savoir-faire (artisanal, luxe ou gastronomie) etc.. Mais la France de la République permet également de transmettre dans la société les notions essentielles d’universalisme, de respect du droit et des personnes dans leur simple expression. Cette conception holistique du monde est grandement appréciée des autres communautés nationales. Nous nous devons de continuer à porter ces messages de liberté, d’égalité et de fraternité qui nous caractérisent tout en faisant en sorte que ce ne soient pas seulement des incantations, de ne pas laisser cette devise accrochées aux frontons de nos mairies, et qu’elles correspondent à de vrais engagements soutenus par une intervention publique forte avec les budgets adéquats.

    Lesfrancais.press : Le risque d’une « diaspora » qui réussit, n’est-ce pas l’effilement du lien avec la France ? Mais avec nous, FdE, qui par essence, avons peu d’attitudes communautaires, comment entretenir une « envie de France » ?

    Nous touchons ici un des points intéressants de la campagne consulaire. Jamais les Français-es vivant hors de France n’ont senti le besoin de créer une communauté à part dans leurs pays de résidence. La réalité nous montre que l’intégration et l’immersion sont des traits du caractère français. Elles s’expriment par de nombreux mariages binationaux, l’apprentissage de la langue locale, l’investissement dans des associations du pays, l’acquisition de la double nationalité, l’investissement politique local…. Cependant, ells et ils aiment à se retrouver à certaines occasions comme lors de la fête nationale ou pour les commémorations, ou à apprécier les actions de promotion et de representation de la culture française.

    « L’état confie aux conseillers consulaires le softpower alors que ce n’est pas leur rôle. » 

    Depuis tellement longtemps, nous  assistons au désengagement à marche forcée du lien avec la France. Je pense aux fermetures des Instituts Français, à la réduction des dotations de ceux qui subsistent au profit de l’autofinancement, à la vente de bâtiments historiques dans les pays qui nous accueillent et qui concourrent pourtant à l’image de la France. Ah oui, L’état confie aux conseillers consulaires le softpower alors que ce n’est pas leur rôle. Nous arrivons au bout de la logique néolibérale du désengagement total de l’État et c’est un drame culturel. Il n’y a plus de vision globale mais des économies à faire partout. Il est donc certain que c’est l’Etat et les collectivités publiques, en créant des synergies avec l’immense potentiel d’auto-organisation des Français qui vivent hors de France, qui doivent reprendre en main la politique culturelle de la France par des moyens financiers à la hauteur de l’envie de France des Français-es hors de France mais aussi de l’envie de France des pays qui nous accueillent.

    Lesfrancais.press : A mi-mandat, que retenir de l’action de la majorité présidentielle ?  Au cœur des préoccupations des Français de l’étranger, et en particulier au Luxembourg, votre pays de résidence où vous exercez le mandat de conseiller consulaire, la fiscalité ! Combiné à l’amendement de la convention fiscale en cours d’adoption au Grand-Duché, les transfrontaliers seront particulièrement impactés par la réforme avec des impositions doublées, voir quadruplées, quelle solution, votre mouvement pourrait imaginer ? Autre victime, les retraités sans personne à charge. Ils sont nombreux à partir au Maroc, en Tunisie et aussi au Portugal mais là le RNH est lui aussi attaqué, quelle solution pour cette tranche d’âge ?

    « j’ai moi-même été frontalier durant 5 années »

    La fiscalité, superbe sujet de discorde. Mais je ne crois pas du tout que ce soit au cœur des préoccupations des Français-es hors de France. Pour nous, écologistes, notre credo en la matière est fondé sur la solidarité, la justice sociale et la baisse des inégalités. Ceux qui parlent le plus de fiscalité sont ceux qui veulent payer le moins possible mais veulent des services publics efficaces, des équipements modernes et bien entretenus, une école sans 25 enfants par classe, des hôpitaux qui fonctionnent etc. J’ai plaidé en tant que conseiller consulaire à ce que nous soyons consulté dans les travaux du Groupe de Travail Intergouvernemental Franco-Luxembourgeois car nous sommes les mieux à même de connaître les réalités terrains, j’ai moi-même été frontalier durant 5 années. Nous n’y avons jamais été invités. Les décisions sont prises par Paris, encore une limite du mandat de conseiller consulaire.

    En matière fiscale, ce qui est indéniable, c’est que ce ne doit plus devenir un tabou pour la gauche. Nous devons la vérité aux Français-es. Il va falloir trouver de l’argent, beaucoup d’argent pour changer notre mode de vie qui ronge la planète, beaucoup d’argent pour construire mieux, pour innover, pour produire autrement, pour ne plus polluer, pour ne plus accentuer le dérèglement climatique, pour accompagner la transition, pour réparer et sauvegarder… Entreprises, individus, tout le monde va devoir contribuer à la hauteur et en proportion de sa richesse propre afin que nous respections les accords de Paris qui sont déjà dépassés. Et plus nous attendons, plus l’effort devra être important au risque même de mettre en péril nos démocraties. Il est donc absolument scandaleux, irresponsable et purement démagogique de promettre des baisses drastiques en matière fiscale. Evidemment, et c’est également ce qui nous différentie des autres forces politiques, cette réforme profonde de la fiscalité doit être européenne, avec la suppression des trop fortes disparités fiscales, avec la mise en place de minima sociaux décents et de salaires minima, de taxations des entreprises coordonnées…

    Lesfrancais.press : La réforme des retraites est particulièrement lourde pour les fonctionnaires expatriés, le groupe Solidarité et Écologie (affilié PS) a lancé une pétition , il y a quelques jours, partagez-vous l’analyse ? Quelle est votre anticipation de cette réforme pour les FdE ?

    « Dogmatisme libéral du siècle passé » 

    Je ne m’arrêterai pas aux seuls fonctionnaires mais tout le monde va être touché par la réforme inique, mal préparée, honteusement habillé de questions de justice. Personne n’est dupe, la retraite par points est un énième coup de boutoir de ce modèle néo-libéral qui prône l’austérité budgétaire et ne cherche qu’à faire fondre les domaines de l’intervention de l’Etat en livrant aux fonds de pensions étrangers la mane des retraites françaises et en accentuant les inégalités. La question que chacun se pose est « combien vais-je perdre » ? Nous sommes typiquement dans le dogmatisme libéral du siècle passé. 80 % des nouvelles embauches sont en CDD, la précarité augmente, les chômeurs sont radiés ou découragés à chercher un nouvel emploi, les indemnités sont baissées, les prudhommes muselés, et le gouvernement parle d’une réforme sur base des carrières longues de 40 années et plus de cotisations. Mais dans quel siècle vivent-ils? C’est sans parler des nouveaux choix de vie, en particulier des parcours internationaux, de ne pas tout sacrifier à l’Entreprise mais à élever ses enfants, prendre un congé parental ou de formation, de vivre une expérience solidaire dans un pays en crise…. Il faut leur dire que le monde change plus vite que leurs théories économiques. La majorité des carrières sera des carrières hachées, en dents de scie. Nous, Français-es hors de France, qui bougons pour la plupart beaucoup, sommes déjà confronté-e-s à ce phénomène de hausse ou de baisse de revenus ou pas de revenus du tout pendant un temps. Le calcul du montant de la retraite de base française est toujours en proportion du nombre de trimestres validés en France. Pour ceux qui ont travaillé toute leur carrière en France, la retraite est fonction des salaires des 25 meilleures années, les plus mauvaises sont donc éliminées du calcul du salaire annuel moyen (SAM). Pour ceux qui ont moins de 25 ans de carrière en France, la retraite est fonction de toutes les plus mauvaises années, dont aucune n’est éliminée. Mais surtout, les années les plus faibles par un effet pervers peuvent non seulement ne pas augmenter la retraite mais au contraire la baisser. Bref, une réforme inutile et en total décalage par rapport aux préoccupations des français-es.

    Lesfrancais.press : Autre sujet qui est important pour chaque Français, l’éducation. Au cœur du brassage républicain, l’AEFE et consorts se retrouvent aujourd’hui confronter à une baisse des dotations, et ce malgré un réajustement en 2019 de la chute des crédits décrétée en 2018, mais aussi à une remise en cause de l’association qui facilite la création d’établissement en se portant garant des encours. Imaginez-vous une nouvelle correction et dans le cas contraire, est-ce le temps de faire une place plus importante au secteur privé ?

    Il est clair que depuis la Présidence Sarkozy, dont le bilan a été en partie prolongé sans complexe par le Président Hollande, l’Etat veut se désengager de l’AEFE. A rogner les budgets, à modifier le système de calcul des bourses, à augmenter les frais d’accès à l’enseignement à distance, à supprimer les supports pour les enseignants et les personnels titulaires, à labéliser aveuglement des établissements à tour de bras pour faire du chiffre, nous assistons comme pour l’action culturelle à un saccage de ce bel outil de la France. Le privé n’est pas la solution car, on le voit dans les pays qui ont voulu donné les clefs à ce type de structures (USA, Royaume-Uni…), c’est évidemment la recherche du profit qui prime en excluant tout un pan de la société, en captant les meilleurs professeurs payés au mérite, en oubliant le brassage social ou l’enseignement commun à tous, à reproduire les inégalités de naissance etc. Est-ce notre modèle Républicain ? Nous ne le pensons pas et au contraire, il faudrait compenser ce vaste désengagement qui a fait partir tant de compatriotes du système en doublant a minima l’enveloppe des bourses et dans des établissements en gestion directe. Il faudrait inclure des engagements clairs en matière de construction ou d’hébergement dans des locaux respectueux de l’environnement, il faudrait inciter les établissements AEFE à obtenir le label E3D comme certains établissements pilotes l’ont déjà fait…

    Lesfrancais.press : Enjeu national de nos élections locales, les consulaires du 17 mai 2020 : les sénatoriales d’octobre 2020. Les conseillers et délégués consulaires élus en mai seront les grands électeurs de 6 sénateurs renouvelés cet automne. Quelle sera la position des sénateurs issus de votre mouvement sur la réforme institutionnelle, et en particulier sur la circonscription unique avec un scrutin à la proportionnelle intégrale par liste ?

    « Nous sommes favorables et depuis longtemps à un scrutin proportionnel à tous les étages »

    Concernant la réforme Institutionnelle, de la même façon que le scrutin proportionnel pour la Sénatoriale, nous sommes favorables et depuis longtemps à un scrutin proportionnel à tous les étages. A ceux qui redoutent le retour d’un système partisan comparable à celui de la IVe République, nous rétorquons que la République a grandi et que les électrices et les électeurs, lassé-e-s de la Ve République qu’une minorité peut accaparer, s’en détournent. Allons continuez à voir se déliter le taux de participation aux grands rendez-vous électoraux ? L’hyper-présidentialité de la Ve République, outre qu’elle concentre en une seule main des pouvoirs considérables, ne représentent plus l’expression de la communauté nationale mais le souhait des plus intégré-e-s socialement (par l’argent, la connaissance ou le milieu). Les classes les plus défavorisées se sont détournées de leur droit civique avec l’argument qu’ils ne seront de toute façon pas représentés. Le scrutin proportionnel rend de la dignité à l’électeur et à l’électrice et l’assure que son vote sera entendu et comptabilisé. Le vote blanc est un exemple flagrant de la continuation coute que coute du système actuel par les partis que cela favorise. A force de tergiverser et de prendre le risque de voir le système désavoué, il n’est toujours pas pris en considération. Ainsi, depuis des années, EELV prône une VIe République plus inclusive, plus participative, plus démocratique, bref, plus représentative.

    « Nous ne sommes pas défavorables à la baisse du nombre de parlementaires »

    Concernant la circonscription législative des Français-e-s hors de France, les avis sont partagés au sein de la région écologiste Hors de France. Certain-e-s voient dans un scrutin à une seule circonscription un facteur globalisant des problèmes des français-e-s hors de France ainsi qu’une réelle représentativité générale des composantes des français-e-s résident-e-s hors de France, d’autres voient dans le système actuel des circonscriptions l’expression de particularismes continentaux particulièrement intéressants pour la richesse des opinions. Nous prendrons pleinement part au débat le moment venu en faisant ressortir un consensus le plus favorable à la défense des intérêts des français-e-s hors de France.

    Enfin, nous ne sommes pas défavorables à la baisse du nombre de parlementaires à la condition évidente de les doter de moyens à la mesure du surcroît de travail occasionné par cette baisse des effectifs. Nous sommes également attachés au bicaméralisme qui permet de faire vivre le contre pouvoir du sénat. Nous le voyons pleinement dans la période actuelle ou seul le Sénat est en capacité de mettre sur pied des commissions d’enquêtes ou de réaliser des rapports permettant de contrebalancer les avis d’une majorité pléthorique et aux ordres de l’exécutif. En outre, Assemblée Nationale et Sénat ne disposent pas des mêmes rythmes d’étude ni des mêmes compétences. A l’Assemblée des proposer les lois, au sénat d’en vérifier la pertinence via les rapports a posteriori. Les deux assemblées n’ont donc pas le même rôle, l’une doit représenter la diversité politique des opinions des citoyen-nes, l’autre la diversité territorial (ce qui de fait devrait amener à des modes de scrutin différents). Ce sont deux respirations différentes mais complémentaires d’une même conception d’un pouvoir législatif.

    Lesfrancais.press : Votre mouvement EELV est le grand favori pour cette élection, en particulier en où les succès des formations locales, soutiennent votre progression, quelles sont vos ambitions pour les élections consulaires ?

    « Nous défendons des idées qui ont pour but la défense de la planète, la solidarité internationale entre les peuples »

    Grand Favori ? Je ne comprends pas cette qualification. Au-delà de notre score et même de notre parti politique, nous défendons des idées qui ont pour but la défense de la planète, la solidarité internationale entre les peuples, la réduction des inégalités liées au système de production et de consommation actuel. Nous espérons que c’est la sauvegarde de la planète qui sera toujours la grande favorite. Malheureusement, les enjeux des partis traditionnels qui ont si longtemps soutenu le système économique actuel et la mondialisation des échanges, continuent complaisamment à soutenir des politiques nocives pour l’avenir de l’humanité, des politiques en total décalage par rapport à la réalité climatique et environnementale que nous constatons tous.

    De façon très prosaïque, beaucoup de militant-e-s du climat, du maintien ou de la sauvegarde de la biodiversité, du respect des peuples premiers, de l’arrêt de la déforestation ou de l’accaparement des terres … s’engagent dans de véritables sacerdoces de combat sur le terrain et se sont détourné-e-s de l’action politique institutionnelle. L’effet de la Ve République effaçant la représentation des minorités et l’expression des différences, les scandales à répétition d’hommes et de femmes politiques sans morale, le système perçu comme une grande machine impossible à arrêter …bref, peu veulent s’engager «en politique» et il est difficile de trouver des candidat-e-s. C’est la raison pour laquelle nous ne serons malheureusement pas présent-e-s partout, parfois pourtant dans des circonscriptions dont les électeurs et les électrices ont favorisé Europe Ecologie Les Verts comme jamais auparavant (par exemple Vancouver, Toronto, Mauritanie, Pondichéry, Laos…). Pour ce cru 2020, nous espérons cependant doubler notre score de 2014, en passant de 25 à 50 conseillers ou délégués consulaires. Si votre journal pouvait faire naître des vocations tardives pour cette élection, avant la semaine du 2 mars, alors nous aurions au moins fait progresser la cause de l’écologie.

    Lesfrancais.press : Certains pensaient qu’au vu des résultats du PS lors des élections précédentes, de l’effritement de la dynamique LFI, que des listes de rassemblement derrière votre parti se constitueraient naturellement. Finalement, ça semble plutôt être l’exception. Quelles en sont les raisons ?

    « Nous avons essayé d’y faire participer l’association Français du Monde-AdFE (FdM) dirigée en sous-mains par le PS, mais ils ont préféré écrire la mandature 2014-2020 sous la seule hégémonie du PS et de FdM en faisant même élire sous leurs couleurs un sénateur devenu LREM! »

    Le parti EELV est à la base de la reconstruction de la gauche et ce depuis l’élection consulaire nouvelle formule issue de la réforme de 2014. Devant le virage déjà Macroniste du changement de gouvernement de Ayrault à Vals, nous avons pris le parti de fédérer les énergies, de rassembler et de recomposer la gauche saccagée par un PS sans boussole. Nous avons essayé d’y faire participer l’association Français du Monde-AdFE (FdM) dirigée en sous-mains par le PS, mais ils ont préféré écrire la mandature 2014-2020 sous la seule hégémonie du PS et de FdM en faisant même élire sous leurs couleurs un sénateur devenu LREM ! Nous avons tenté, après la déroute du PS à la Présidentielle et aux Législatives de proposer une nouvelle fois une alliance à l’élection sénatoriale de 2017, et avons essuyé de nouveau un nouveau refus, le PS ne privilégiant que les petits calculs immédiats au détriment d’une vision politique, celle du changement d’un système à bout de souffle.

    Notre volonté présente est toujours de rassembler la gauche. C’est donc la stratégie qui a été renouvelée par le Bureau Politique Régional d’EELV en juin 2019 lorsque nous avons commencé à entamer les discussions consulaires. Nous y avons réussi dans un certains nombre d’endroits en privilégiant l’approche locale, en faisant confiance aux militant-e-s de gauche, encarté-e-s ou non mais désireux-euses de travailler ensemble à plus d’écologie politique, à plus de justice sociale, à briser les carcans et les codes. Ainsi, des listes comportant des militant-e-s du PS, de FdM, d’EELV, de la nouvelle association de gauche CISE (Confédération Internationale Solidaire et Ecologiste), de non encarté-e-s, d’insoumis-ses etc. ont vu le jour. C’était sans compter le travail de sape du PS et du Bureau National de FdM qui, il y a quelques jours, a décidé d’imposer aux listes d’union ainsi créées localement, en échange du soutien de cette association, la signature d’une charte obligeant tous les premiers candidat-e-s des listes à adhérer à FdM, à reverser une partie des indemnités consulaires, à siéger en tant qu’élu-e dans le groupe FdM de la future AFE et enfin de voter pour la liste sénatoriale qu’aura choisi le bureau national de FdM qui a toujours choisi évidemment des têtes de liste encartées au PS. Il n’est nul besoin de dire qu’il s’agit bien pour le PS et FdM de casser une dynamique qui fonctionnait en bonne intelligence au niveau local. On ne peut donc parler d’exception concernant des listes d’union, mais il y en aura évidemment beaucoup moins que ce qui aurait pu naître d’une réelle volonté commune à tous et toutes de lutter contre les politiques dépassées du Président de la République.

    Lesfrancais.press : L’autre enjeu des élections locales que sont les consulaires, comme nous le disions, ce sont les sénatoriales ? Ferez-vous là aussi des listes autonomes ? Serez-vous la tête de liste cet automne ? Sinon quelle personnalité pourrait venir porter au niveau de la circonscription mondiale vos idées ?

    « Notre approche sera celle qui a prévalu depuis 2014, le rassemblement »

    Vous avez raison, et c’est aussi là que le bât blesse. La réforme ratée de 2014 n’a fait qu’augmenter le nombre de conseillers sans donner aucunes prérogatives aux élu-e-s de terrain. La réforme a créé une fusée à plusieurs étages : les délégués consulaires dont le seul rôle est de voter aux sénatoriales, les conseillers consulaires bridé-e-s dans leur volonté de travailler pour l’intérêt de la communauté résidente, les conseillers AFE dont les travaux sont de faible qualité et ignorés du gouvernement. En octobre 2019, a même été proposée par le Ministre Lemoyne, la création de supers conseillers AFE, ceux qui siègent au bureau de l’AFE (une dizaine de personnes) et qui discuteront avec le ministre 2 fois par an des sujets préoccupants les Français-es hors de France. C’est une caricature. Non ! Nous souhaitons pour notre part des conseillers consulaires avec de réelles prérogatives, des prérogatives légitimes en tant que représentant-e-s élu-e-s, autour de l’action culturelle, de l’éducation et du social. Nous les déclinerons lors de la campagne qui s’annonce.

    Evidemment, cette réforme n‘ayant pour but que de faire élire des sénateurs et des sénatrices, il faut en parler. Notre approche sera celle qui a prévalu depuis 2014, le rassemblement. Nous ne souhaitons pas faire de listes autonomes, ce n’est pas dans nos gênes lorsque l’on ne nous y contraint pas. Nous proposerons alors de reconduire la plateforme de rassemblement de la gauche qui est en place depuis l’élection sénatoriale de 2014. Comme nous sommes des militant-e-s responsables et soucieux-euses du seul intérêt que constitue la sauvegarde de la planète et des générations futures, des préoccupations des Français-es hors de France, du combat contre toutes les sortes de discrimination et contre l’injustice sociale, nous y convierons une nouvelle fois le PS et l’association FdM afin qu’une seule liste de gauche puisse se présenter.

    Concernant notre tête de liste, nous ne sommes pas encore entrés dans cette séquence. En outre, s’agissant d’une élection nationale, c’est le Bureau Exécutif d’EELV à Paris qui est en charge du choix des personnalités écologistes qui porteront les orientations politiques du parti pour cette élection. Il est cependant évident que la région Hors de France d’EELV proposera au BE des candidat-e-s issu-e-s de ses propres forces militantes.

  • Rapatriement, quarantaine, le point sur le Covid-19 – France – Chine – Japon – Corée du Sud

    Le coronavirus (Covid-19) a touché 75 751 personnes et fait 2130 morts depuis le mois de décembre. Plusieurs chercheurs s’activent dans le monde entier à mieux connaître ce virus meurtrier pour arrêter sa propagation.

    Nouveau vol Wuhan – Paris

    Un avion rapatriant 28 Français et 36 ressortissants d’autres pays de l’Union européenne a décollé vendredi de Wuhan, a appris l’AFP de source diplomatique.

    Affrété par Paris pour acheminer 17 tonnes de fret d’équipement médical à l’intention du personnel soignant chinois, l’appareil, un Airbus A380, est arrivé à Wuhan dans la nuit avant de décoller à 5H57 heure locale (soit jeudi 21H57 GMT) à destination de la France, a précisé cette source. Les Français évacués seront placés en quarantaine dans un village de vacances du Calvados, avaient indiqué jeudi les autorités.

    En Chine

    La commission nationale de la Santé a fait état de 115 décès supplémentaires en Chine en 24 heures, ce qui porte à 2 233 le nombre total des morts au niveau national (hors Hong Kong et Macao). Quelque 75 000 personnes ont été infectées par le Covid-19 en Chine, et des centaines ailleurs dans plus de 25 pays.

    La Chine a déclaré jeudi qu’elle avait à nouveau modifié la méthode de comptage des patients atteints du nouveau coronavirus et qu’elle inclura désormais uniquement ceux diagnostiqués par des tests de laboratoire.

    Selon une enquête chinoise, jusqu’à 39 ans, le taux de mortalité du Covid-19 reste très bas, à 0,2 %, mais s’élève progressivement avec l’âge.

    Au Japon

    Deux Australiens qui avaient été évacués du paquebot Diamond Princess, en quarantaine au Japon, ont été testés positifs au nouveau coronavirus après leur retour en Australie, ont annoncé vendredi les autorités locales.

    « Ces deux personnes ont des symptômes de gravité moyenne », a déclaré Dianne Stephens, responsable par intérim de la Santé dans le Territoire du Nord, la plus grande subdivision territoriale australienne.

    Ce développement est de nature à susciter des questions sur les procédures employées par les autorités japonaises.

    3 français sont toujours hospitalisés, tandis que le quatrième est resté à bord contaminé.

    QUE S’EST-IL PASSÉ EN CORÉE DU SUD?

    Alors que le nombre de cas ont doublé en 24 h en Corée du sud, ils seraient majoritairement liés à une seule femme qui ignorait avoir contracté le virus. Membre d’une secte chrétienne, elle est soupçonnée d’avoir contaminé à elle seule une quarantaine de personnes. Participant à des offices religieux de « l’Eglise Shincheonji de Jésus », la femme de 61 ans ignorait en effet avoir contracté la pneumonie virale.

    Alors qu’elle avait de la fièvre le 10 février dernier, elle a refusé à deux reprises de se soumettre à un test de dépistage, au prétexte qu’elle n’était pas récemment allée à l’étranger. Résultat : elle a assisté à au moins quatre offices religieux avant d’être diagnostiquée porteuse du virus. En tout, elle pourrait avoir touché 1001 fidèles de cette secte, selon la municipalité de Daegu, ville dans laquelle elle vivait.

    L’Eglise Shincheonji, dont le fondateur a endossé les habits de Jésus Christ et dit qu’il emmènera au paradis 144.000 personnes le jour du Jugement dernier, a fermé toutes ses structures dans le pays. Dans un communiqué, elle s’est dite désolée que l’un de ses membres « ait contaminé de nombreux membres de notre église, suscitant l’inquiétude au sein de la communauté locale ».