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  • Etre Français en Amérique sous Donald Trump

    Qu’est ce que vivre dans l’Amérique de Donald Trump?
    Les 150 000 Français inscrits sur les listes consulaires et les 900 000 francophones à travers le pays connaissent bien le milliardaire new yorkais.

    Depuis les années 80, Donald Trump est une célébrité nationale dans le pays d’oncle Sam. D’abord à travers sa vie privée compliquée, 3 mariages et 2 divorces qui furent tous médiatisés, et via une ambition permanente de se mettre en avant. Ensuite à travers ses affaires, dont un certain nombre de faillites.

    Est-il toujours aussi facile de s’installer dans la big Apple?

    Multi-millionaire, pas encore milliardaire, il acheta dans sa jeunesse une page entière du New York daily, un tabloïd à ne pas confondre avec le prestigieux New York Times, pour appeler à la peine de mort pour plusieurs Afro américains accusés, à tort, d’un meurtre à Central Park. Le long chemin pour défendre leur innocence pourtant évidente prendra plusieurs décennies. Ils n’ont été libéré que récemment. Le, depuis, Président Trump conteste encore leur innocence à ce jour.

    Et les Français sur place?

    Qu’en pensent les Français et les francophones sur place?
    Pour Josselin, qui travaille pour une start-up à New York et à développé un site aidant les francophones à trouver un emploi aux USA, la situation est claire: « beaucoup d’employeurs ont peur des formalités pour donner des visas à des personnes ne résidant pas aux États Unis ». Il n’est pas facile de travailler chez oncle Sam.

    Jane, franco américaine spécialiste des réseaux sociaux et de l’application « Nation Builder » est plus radicale. Rentrée en France pour soutenir un candidat à la présidentielle, elle n’envisage pas de retourner aux USA.

    « Je n’aime pas l’Amérique de Trump, ce n’est pas mon Amérique et j’attends de voir le résultat de novembre avant d’envisager y retourner » nous a t-elle indiqué.

    L’Amérique, version Trump, est clivante. Les européens, Français y compris, ne la reconnaissent pas. Ils ne reconnaissent pas des valeurs autrefois communes. Pour autant, l’Amérique est diverse. La Californie et New York, pourtant lieux fréquentés régulièrement par Donald Trump, sont plus cosmopolites que ses terres d’élection. Ce sont précisément les lieux où les Français veulent s’expatrier. Philippe Labro a un jour dit qu’il n’y avait pas une amérique mais mille. L’élection de M. Trump le montre sans doute.

    L’élection présidentielle de novembre sera un enjeu majeur. Pour les Français des États Unis, le choix fut clair, en faveur d’Emmanuel Macron. Les prochaines consulaires reflèteront elles cela? La réponse le 16 mai

  • Londres durcit les règles pour les Européens qui souhaitent travailler au Royaume-Uni

    À l’avenir, les ressortissants européens insuffisamment qualifiés et qui ne pourvoient pas un poste bien payé ne pourront venir travailler au Royaume-Uni, conformément à un nouveau système d’immigration « à points » strict qui entrera en vigueur fin 2020.

    Au travers de ce nouveau système présenté le 19 février, le gouvernement de Boris Johnson cherche à attirer des travailleurs « hautement qualifiés » au Royaume-Uni, où la liberté de mouvement depuis et vers l’UE prend fin en décembre 2020. La nouvelle législation facilite l’obtention d’un visa pour les migrants en provenance de pays tiers, mais rend la tâche nettement plus difficile pour les citoyens européens.

    1er janvier 2021 – de nouvelles règles

    De nouvelles routes d’immigration s’ouvriront à l’automne 2020 pour les personnes qui souhaitent travailler, vivre ou étudier au Royaume-Uni à partir du 1er janvier 2021. Ces dispositions ne s’appliqueront pas aux citoyens irlandais, dont l’accès au Royaume-Uni restera inchangé sous le régime de la « zone de voyage commune ».

    Les personnes qui souhaitent s’établir au Royaume-Uni et y travailler devront trouver un emploi dont le salaire brut annuel s’élève au minimum à 25 600 ₤ (environ 30 600 €). Elles devront aussi posséder un diplôme de baccalauréat (d’un niveau équivalent au « A level », que les étudiants britanniques passent à 18 ans) et pouvoir parler anglais.

    Pour obtenir un visa britannique, les candidats devront marquer 70 points dans le nouveau système. Ils ne pourront bénéficier des prestations sociales avant de recevoir le droit au « séjour permanent » au Royaume-Uni, une procédure de cinq ans.

    Un contrat avec un salaire minimum de 25 000 euros

    Le salaire minimum requis peut baisser à 20 480 ₤ (24 470 €), à condition que les candidats disposent de qualifications supplémentaires ou postulent pour des emplois « en pénurie ». Ceux-ci incluent un éventail plus large de métiers, comme celui d’infirmier, de professeur, de docteur, d’ingénieur, de chef cuisinier, d’informaticien ou d’artiste.

    Priti Patel, la secrétaire d’État à l’Intérieur, affirme que le gouvernement britannique veut « favoriser les personnes [qui disposent] du talent nécessaire » et « diminuer le nombre d’arrivants faiblement qualifiés au Royaume-Uni ».

    Elle encourage aussi les entreprises britanniques à privilégier la formation et le recrutement de ce qu’elle décrit comme environ huit millions de travailleurs « inactifs économiquement » au Royaume-Uni.

    Dans le cadre de la réforme de l’immigration, Londres prévoit aussi de mettre en place une procédure de visa accélérée pour les docteurs et infirmiers étrangers qui souhaiteraient travailler pour le National Health Service (NHS), le système de santé publique du Royaume-Uni.

    Les candidats qui seront employés au NHS recevront un traitement de faveur sous forme de points supplémentaires dans le système à points, et le nombre de travailleurs potentiels n’y sera pas limité.

    Le gouvernement Johnson a effectué une série de concessions en matière de revenu minimum — qui était initialement fixé à 30 000 ₤, ou 36 000 € — et de qualifications, après que des chefs d’entreprise de différents domaines ont averti qu’ils ne pourraient pourvoir les postes vacants et satisfaire la demande sans les travailleurs européens.

    Mais ces chefs d’entreprise émettaient encore des doutes.

    « Dans un climat étouffant de pénurie de main-d’œuvre, de croissance économique faible et de population vieillissante, nous devons à tout prix faire les choses correctement, en particulier dans des délais si serrés », a prévenu Mike Cherry, président de la fédération britannique des petites entreprises.

    Le nouveau système est particulièrement controversé en Écosse, dont l’économie dépend davantage des travailleurs européens dans les secteurs public et du tourisme que dans le reste du Royaume-Uni.

    Nicola Sturgeon, la Première ministre écossaise et dirigeante du Parti national écossais, qualifie ces plans de « dévastateurs » pour l’économie de l’Écosse.

    « La croissance démographique de l’Écosse au cours des 25 prochaines années dépend entièrement de la migration », a indiqué la ministre écossaise de l’Europe, Fiona Hyslop, à Euractiv.

  • L’avion franco-allemand en piste.

    La nouvelle la plus importante pour l’Europe est passée presqu’inaperçue. Pourtant, elle engage la France et l’Allemagne dans une alliance à long terme, plus que les discours.

    Les députés allemands ont approuvé les premiers crédits de 77 millions d’euros nécessaires au développement du futur avion de combat européen, le Scaf, (système de combat serait plus approprié, puisqu’il mettra en réseau avion, drones, satellites, etc…), qui remplacera le Rafale et l’Eurofighter, vers 2040.

    Les députés Verts et Die Linke, sont lesseuls à avoir voté contre. Alors que la décision était en souffrance depuis six mois, Le gouvernement allemand a fait valoir qu’un rejet signifierait un refus d’une conception franco allemande de la défense européenne, et donc d’une Europe politique.

    Comment construire des armes ensemble si on ne peut les exporter ?

    Les incertitudes sur l’engagement allemand sur une politique européenne de défense sont nombreuses. Lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, malgré les appels du Président Allemand, Frank Walter Steinmeier, elles n’ont pas été clarifiées. L’offre d’Emmanuel Macron, d’associer les Européens, c’est-à-dire l’Allemagne, à la stratégie de dissuasion française, n’a pas non plus provoqué d’enthousiasme.

    La Chancelière Angela Merkel avait sévèrement critiqué la provocation d’Emmanuel Macron selon laquelle l’Otan était en état de mort cérébrale. La politique allemande concernant les exportations d’armement gêne leurs partenaires français. Comment construire des armes ensemble si on ne peut les exporter ? Les Allemands sont plus regardant que les Français sur ce point.

    Certaines voix en Allemagne s’élèvent contre la part trop belle qui aurait été faite aux Français dans le contrat du Scaf, pour lequel Dassault et Airbus défense sont leaders. Un accord pour créer une société 50/50 a été trouvé entre Safran et MTU, le motoriste allemand, ce qui a débloqué les réticences. Si le projet de char franco allemand (projet MGCS : Main Groundcombat System) penche plutôt du coté des industriels allemands, ce projet accuse du retard.

    Les chefs d’Etat-major des forces aériennes françaises et allemandes et espagnols (L’Espagne a rejoint le projet commun) avait publié une tribune commune pour appuyer la nécessité d’engager sans tarder les études pour l’avion de combat commun.

    Objectif : une industrie militaire commune

    Si les Allemands et les Français créent une industrie militaire commune, ce qui est en train de se faire, alors les autres Européens pourront (et devront) lesrejoindre, ce qui permettra à l’Europe d’avoir non seulement une industrie de défense, ce qu’elle a encore, mais surtout une capacité de défense autonome. Les lobbys s’agitent dans tous le sens, aussi bien du coté des Russes que des Américains, qui redoutent plus encore une Europe politique et militaire que commerciale.

  • Allemagne : double fusillade – le terrorisme d’extreme-droite

    Neuf personnes ont été tuées mercredi soir à Hanau, près de Francfort dans le centre de l’Allemagne, dans deux fusillades dont l’auteur présumé a ensuite été retrouvé mort à son domicile, a annoncé la police.

    Ces fusillades ont visé des bars à chicha et fait également plusieurs blessés graves, selon des médias locaux. «À ce stade, la police peut seulement confirmer que huit personnes ont été mortellement blessées», ont indiqué dans la nuit les autorités dans un communiqué. Une personne grièvement blessée a succombé jeudi matin, portant le bilan de ces fusillades à neuf tués, selon un porte-parole.

    Une personne soupçonnée d’être l’auteur de la tuerie a été retrouvée morte quelques heures plus tard, aux côtés d’un autre corps non identifié.

    «L’auteur présumé a été trouvé sans vie à son domicile à Hanau. Les forces d’intervention spéciale de la police y ont de plus découvert un autre corps. L’enquête se poursuit. Actuellement il n’y a pas d’indication selon laquelle il y aurait d’autres auteurs», a écrit sur Twitter la police du sud-est du Land de Hesse, où se trouve Hanau.

    Les enquêteurs ont également retrouvé sa voiture qui contenait des munitions et chargeurs, a précisé la presse locale, ajoutant que le suspect était muni d’un permis de chasse et serait allemand.

    Un important dispositif policier avait été déployé après les fusillades à Hanau, ville située à une vingtaine de kilomètres de Francfort. Un journaliste de l’AFP sur place a vu une trentaine de voitures de police partir du commissariat de Hanau et, selon des témoins, des policiers lourdement armés ont été déployés dans la ville.

    «Choc»

    Une première fusillade a visé un bar à chicha, le Midnight, au coeur de cette ville d’environ 90 000 habitants. Selon la police, au moins une personne a été grièvement blessée sur ce premier site vers 22H00. Des témoins, cités par des médias locaux, ont rapporté avoir entendu une dizaine de coups de feu.

    L’auteur présumé a ensuite quitté en voiture ce premier site en direction de la Kurt-Schumacher Platz, dans le quartier de Kesselstadt, selon la police.

    Une seconde fusillade s’est alors produite, qui a fait «au moins cinq blessés graves» d’après le bilan initial des autorités. Selon les médias locaux, trois personnes ont été tuées devant le premier bar à chicha et cinq devant le deuxième, L’Arena Bar.

    Le tireur aurait sonné à la porte du deuxième bar et tiré sur des personnes présentes dans la zone fumeur, tuant cinq personnes dont une femme, selon des informations de Bild, ajoutant que des victimes sont d’origine kurde.

    «Les victimes sont des gens que nous connaissons depuis des années», a réagi le fils du gérant du bar, cité par l’agence DPA. Deux employés figurent parmi les victimes, selon ce témoin, absent comme son père au moment des tirs. «C’est un choc pour tout le monde.»

    «C’est un véritable scénario d’horreur», a déploré la députée conservatrice de la circonscription, Katja Leikert. Le maire social-démocrate de Hanau, Claus Kaminsky, a lui évoqué une «soirée terrible», qui nous hantera certainement pendant très, très longtemps. Il a demandé d’éviter toute «spéculation» et appelé les habitants à la «prudence».

    Menace

    Le mobile de ces attaques n’est pas encore connu, a précisé un porte-parole de la police.

    L’Allemagne a été ciblée ces dernières années par plusieurs attaques jihadistes, dont une avait fait 12 victimes dans le coeur de Berlin en décembre 2016.

    Mais c’est la menace d’un terrorisme d’extrême droite qui inquiète le plus les autorités allemandes, depuis notamment le meurtre d’un élu allemand pro-migrants, membre du parti de la chancelière Angela Merkel, en juin dernier.

    Vendredi, 12 membres d’un groupuscule d’extrême droite ont été arrêtés dans le cadre d’une vaste enquête antiterroriste. Ils sont soupçonnés d’avoir planifié des attaques de grande ampleur contre des mosquées sur le modèle de l’auteur de l’attaque de Christchurch en Nouvelle-Zélande, qui en mars 2019 avait tué 51 personnes dans deux mosquées en se filmant en direct. Ils ont été placés en détention.

    En octobre, un extrémiste de droite négationniste avait tenté de commettre un attentat dans une synagogue de Halle, un massacre n’étant évité que de justesse. Faute de pouvoir pénétrer dans l’édifice religieux dans lequel les fidèles s’étaient barricadés, il avait abattu une passante et le client d’un restaurant de kébabs, diffusant en direct sur internet ses forfaits.

    À Dresde, dans l’ex-RDA, huit néonazis sont également jugés depuis près de cinq mois pour avoir planifié des attentats contre des étrangers et des responsables politiques.

    L’association Ditib, principale organisation de la communauté turque musulmane d’Allemagne, a réclamé plus de protection pour ses fidèles qui ne «se sentent plus en sécurité».

  • Un job pour Alex: l’application qui vous aide à trouver un job aux USA

    Nombreux sont ceux qui pensent bien connaitre les Etats-Unis, en raison des séries, des films et de tous les éléments de la culture américaine qui inondent les autres pays.

    Pour autant, quand il s’agit de franchir le pas, et donc de trouver un stage ou mieux encore un emploi, les Français se heurtent très souvent à des refus voir à aucune réponse.

    Qui ne rêve pas de vivre à Manhattan?

    Et si l’une des principales raisons était des erreurs, petites ou grandes, lors de la recherche d’emplois ? C’est ce que pense Josselin Petit-Hoang. Le jeune homme, à New York depuis 6 ans et qui y gère l’équipe marketing d’une start-up, eut lui aussi des difficultés pour trouver un premier stage à New York pendant une année de césure. Il en a tiré plusieurs enseignements et a développé un site .

    Le visa : 1er blocage

    Le premier problème est le visa. Il en existe de plusieurs sortes aux Etats-Unis. Pour certains, l’employeur doit prouver la plus-value qu’apporterait le demandeur d’emploi étranger par rapport à un travailleur américain ou résidant déjà sur le territoire américain avec un visa permanent.

    « le visa est le premier blocage » Josselin Petit-Hoang

    D’autres visas sont plus ouverts mais souvent les employeurs ne veulent pas s’embêter avec des tracasseries administratives qui coutent de l’argent nous a expliqué Josselin Petit-Hoang.

    Il n’y a pas en revanche, selon cet expert, de problèmes spécifiques concernant les diplômes : les employeurs américains acceptent sans problème d’embaucher des étudiants d’écoles de commerce par exemple françaises et qui ont un bachelor (bac +3) ou un master.

    Les différences de pratiques concernant les CV

    Les visas, blocage numéro 1

    Autre problème et véritable différence culturelle : le CV. Aux Etats-Unis, celui-ci doit le plus neutre possible. Les autorités américaines sont particulièrement vigilantes sur de possibles discriminations à l’embauche en raison de l’origine, de l’âge, de la religion … Par conséquent, les CV ne contiennent aucune information personnelle, pas même l’adresse de la personne, et bien sûr pas de photos du candidat.

    « les différences culturelles sur les Cv sont absolument essentielles »

    Les candidats français privilégient les grandes métropoles : New York, Boston, Miami, Chicago et sur la côte ouest Los Angeles, San Francisco et Seattle. Un job pour Alex propose des cours gratuits. Depuis son lancement il y a 2 ans, ce sont pas moins que 7 000 personnes qui se sont inscrites. Il existe aussi par ailleurs un programme avancé qui lui est payant et qui s’axe notamment sur la stratégie visa.

    Au cœur de la stratégie également : identifier les entreprises et les personnes en leur sein à contacter plutôt que parfois le service RH, et la façon de contacter ces personnes. Josselin Petit-Hoang a développé une base de données de 5 000 entreprises et contacts en leur sein.

    Si il est souvent dit que chercher un emploi est en soit un emploi à temps plein, beaucoup oublient qu’à l’étranger, cette recherche doit s’accompagner d’une compréhension du marché et des pratiques. Un job pour Alex aide en ce sens sur le marché américain.

  • États-Unis, zone euro : le pétrole de schiste contre la récession.

    L’époque est à la décarbonisation. La transition énergétique doit aboutir à l’abandon des énergies fossiles au profit des énergies dites renouvelables. Pour autant, la dépendance des économies au pétrole est forte.

    Les cycles économiques s’expliquent par le pétrole

    La hausse du prix du baril a provoqué la rupture de la croissance à maintes reprises que ce soit en 1973, en 1980, en 1990, en 2000 et en 2008. À chaque fois, la hausse du prix du pétrole a provoqué une recrudescence de l’inflation conduisant à une augmentation des taux d’intérêt et un recul du revenu réel qui affaiblissaient l’activité. Lors de ces cinq crises, la corrélation entre hausse du prix du pétrole et chute de la croissance est nette. La forte hausse du cours du pétrole est à l’origine de la crise de 2008. Avec un baril de Brent à 140 dollars, les banques centrales augmentent leurs taux entraînant un ralentissement de l’économie. Les souscripteurs à taux variables sont touchés ce qui conduit à une hausse des défaillances et à la mise sur le marché de biens immobiliers acquis par emprunts. La titrisation des emprunts immobiliers a permis à des personnes à revenus modestes d’acquérir un logement. Cette catégorie de la population est la plus vulnérable en cas de retournement conjoncturel. La mise sur le marché de nombreux biens immobiliers provoqua une baisse de leur valeur. Avec le jeu de la titrisation, la crise se répandit comme une traînée de poudre sur l’ensemble de la planète. La crise de la demande, de facture classique, se mua en crise immobilière puis en crise financière de grande ampleur.

    La crise grecque de 2010/2012 est également en partie due au prix du pétrole. La remontée des cours au-delà de 100 dollars le baril pèse sur la croissance de ce pays dont le solde extérieur est fortement dégradé. Les investisseurs commencent à douter de la capacité du pays à rembourser les dettes accumulées et retirent leur soutien financier.

    Baisse du prix du baril, retour de la croissance.

    A contrario, la chute des cours a permis le retour de la croissance en Europe à partir de 2016. Le baril atteint un point bas en février 2016, à 26 dollars le baril de Brent. Les principales économies européennes enregistrent leur meilleur taux de croissance en 2017. L’expansion de la France atteint alors 2,2 % du PIB. La chute des cours a généré un surcroit de revenus de l’ordre de 1 000 euros par ménage entre 2016 et 2017.

    Une des explications du long cycle de croissance de l’économie mondiale depuis la crise de 2009 se trouve en partie dans la faiblesse devenue structurelle des cours du pétrole. La forte augmentation de la production de pétrole de schiste a modifié en profondeur l’équilibre du marché pétrolier. La production américaine de pétrole est passée de 6 à 13 millions de barils jour de 2002 à 2019.

    Pétrole de schiste, faiblesse des cours.

    Les prix du pétrole restent faibles malgré l’expansion économique. Cette situation concourt au maintien d’une inflation et de taux d’intérêt faibles. Le prix du baril est d’autant plus faible que le contenu de la croissance en énergie tend à diminuer. Par ailleurs, l’essor des énergies renouvelables ralentit la progression de la demande de pétrole. La faible inflation générée par le prix du pétrole se répercute sur les coûts du travail. Ces derniers constituent un facteur important dans les spirales inflationnistes. La faible inflation actuelle réduit les pertes de pouvoir d’achat des ménages. En 1973 comme en 1980, en 2000 et en 2007/2008, les salaires réels avaient enregistré des diminutions du fait de l’augmentation rapide des prix. Depuis dix ans, leur augmentation est faible mais le pouvoir d’achat progresse. Dans le premier cas, la demande avait été pénalisée avec la perte de pouvoir d’achat quand dans le second cas, elle peut poursuivre sa progression.

    Les États-Unis bénéficient de manière plus importante des cours faibles du pétrole car ce dernier est moins taxé qu’en Europe. Une chute du prix de pétrole brut s’y répercute plus nettement. Par ailleurs, l’économie américaine profite également de l’essor du pétrole de schiste en tant que producteur. Les autorités américaines souhaitent un cours du pétrole à un niveau intermédiaire, ni trop élevé pour favoriser les consommateurs ni trop bas pour ne pas pénaliser les producteurs de pétrole.

    Dix ans de croissance en Europe et aux Etats-Unis

    Malgré plus de dix ans de croissance, les pays occidentaux et, en premier lieu, les États-Unis, ne connaissent pas réellement d’augmentation des prix tout en étant en situation de plein emploi. Cette absence d’inflation explique en grande partie le caractère atypique du cycle de croissance actuelle et sa longévité. La très grande sensibilité des pouvoirs politiques face à toute menace de ralentissement économique joue également un rôle non négligeable en empêchant une remontée des taux d’intérêt.

    En 2019, les deux grandes banques centrales, BCE et FED, ont été contraintes d’abaisser leurs taux à la simple annonce d’une décélération de la croissance. Ce cycle reposant sur un pétrole bon marché et sur des taux d’intérêt faibles permettant une croissance médiocre mais réelle peut s’interrompre soit du fait d’une augmentation rapide du cours du pétrole, soit de celle des taux d’intérêt provoquée par une crise de défiance.

    Risques politiques

    Le relèvement des cours du pétrole pourrait être provoqué par une crise majeure au sein du Moyen Orient. Les derniers évènements (attentat contre une raffinerie en Arabie Saoudite et tensions entre les États-Unis et l’Iran) ont eu peu d’impact sur le cours. La menace la plus réelle est celle liée à une guerre préventive contre l’Iran en cas de mise au point manifeste de leur bombe nucléaire. Parmi les autres menaces militaires figure une tentative de déstabilisation de l’Arabie saoudite par l’Iran mais cela aurait pour conséquence une rapide implication des États-Unis.

    Le deuxième risque est une stagnation de l’offre de pétrole par sous-investissement. Les faibles prix conduit les entreprises pétrolières à différer leurs programmes de recherche de nouveaux gisements. Par ailleurs, ces derniers exigent des moyens de plus en plus importants pour l’extraction. Compte tenu des cours actuels, leur rentabilité n’est pas assurée. Aux États-Unis, les producteurs de pétrole de schiste ont néanmoins réalisé d’importants gains de productivité afin de contrecarrer les conséquences de la baisse des cours. Une concentration des producteurs est également en cours afin de permettre une mutualisation des investissements.

    Une croissance faible de longue durée possible

    Du fait de la pression des ONG et de l’opinion publiques en faveur de la décarbonisation de l’économie, les compagnies pétrolières pourraient manquer de fonds propres pour assurer leur développement. La pénurie de capitaux pourrait amener celle de pétrole à moyen et long terme. Concernant les taux d’intérêt, la forte surveillance des banques centrales empêche pour le moment un réel dérapage. Le maintien des taux bas contribue peut-être à celui d’une faible inflation. La relation inflation/taux d’intérêt pourrait s’être inversée. En fixant des taux bas sur de longue période, les banques centrales auraient convaincu les investisseurs que l’inflation ne sera pas de retour de sitôt. Dans ces conditions, le cycle de croissance pourrait perdurer et continuer à battre les records de longévité.

  • Le Royaume-Uni dévoile son système d’immigration post-Brexit

    Le gouvernement britannique a dévoilé ce mercredi le nouveau système d’immigration à points qui sera utilisé dans le Royaume-Uni post-Brexit, privilégiant les « brillants » cerveaux au détriment des « travailleurs peu qualifiés ».

    « Nous répondons aux priorités des citoyens en introduisant un nouveau système à points qui fera baisser le nombre d’immigrés », a déclaré dans un communiqué envoyé mardi soir la ministre de l’Intérieur Priti Patel, saluant un «moment historique » qui « met fin à la libre-circulation ».

    « Les visas ne seront plus accordés qu’à ceux qui auront obtenu suffisamment de points »

    Le système attribuera des points selon les compétences, les qualifications et les niveaux de salaires et traitera les citoyens européens et non européens « de manière égale ». Il devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2021, après la fin de la période de transition qui a débuté après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne le 31 janvier dernier.

    « Les visas ne seront plus accordés qu’à ceux qui auront obtenu suffisamment de points », précise le communiqué, afin de « donner la priorité aux meilleurs talents », comme les « scientifiques, ingénieurs et universitaires ».

    Le ministère estime ainsi se conformer au « message clair » envoyé par le peuple britannique lors du référendum de 2016 sur le Brexit et des élections législatives de décembre dernier. Le contrôle de l’immigration avait été un des principaux sujets lors des campagnes de ces deux scrutins.

    Pour obtenir un visa de travail, il faudra présenter des compétences spécifiques, parler anglais et avoir déjà une proposition d’emploi avec un salaire minimum annuel de 25 600 livres (30 820 euros). Le niveau de diplôme requis a été abaissé d’une licence à l’équivalent du baccalauréat, pour permettre « une plus grande flexibilité ».

    Ces exigences ont suscité des inquiétudes au sein de services publics britanniques, comme celui de la santé (NHS), qui fonctionnent grâce à des travailleurs étrangers parfois peu rémunérés.

    Le ministère de l’Intérieur estime que 70 % de la main-d’œuvre européenne actuelle, peu qualifiée, ne répondrait pas aux nouvelles exigences, « ce qui contribuera à faire baisser le nombre (d’immigrés) dans le futur ».

    Concernant les visas étudiants, ils seront aussi basés sur un système de points et ouverts aux « talents du monde entier », à condition d’avoir reçu une proposition d’un établissement britannique, de parler anglais et de pouvoir subvenir à ses besoins.

    Les citoyens de l’UE et d’autres pays ayant des accords avec le Royaume-Uni n’auront pas besoin de visas pour un séjour de moins de 6 mois.

  • « Il n’y a pas de guerre d’égo car nous devons à gauche être collectivement responsable. » Mehdi Benlahcen – Président du Groupe d’Union de la Gauche à l’AFE

    A 8 semaines des élections consulaires, la rédaction du site Lesfrancais.press lance une série de rencontres avec les élus représentant les Français de l’Etranger. Députés, Sénateurs, mais aussi ceux que vous, électeurs inscrits sur la liste électorale consulaire, allez renouveler le 17 Mai : les conseillers des Français de l’étranger ,dans chacune des circonscriptions consulaires. En charge localement d’animer et de gérer la vie commune des expatriés français, ils vont aussi élire parmi eux les Conseillers de l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE). Informant et conseillant le gouvernement, ils sont vos relais à Paris. Pour inaugurer le format, nous accueillons donc le président du Groupe d’Union de la Gauche à l’AFE, Mehdi Benlahcen. Nous recevrons dans les prochains jours, pour vous informer au mieux avant vos élections, des acteurs de la vie politique des Français de l’Etranger, EELV, LFI, UDI, majorité présidentielle, etc.. 

    Lesfrancais.press : M. Benlahcen, nous tenions à vous remercier d’avoir accepté notre invitation. A quelques semaines des élections consulaires, et alors que nous entamons la deuxième moitié du mandat du Président Emmanuel Macron, nous aimerions aborder pour commencer la réforme de la fiscalité. En effet, celle-ci est au cœur des préoccupations de certains Français de l’étranger, et en particulier ceux du Portugal, votre pays de résidence où vous exercez le mandat de conseiller consulaire. Les transfrontaliers seront aussi particulièrement touchés comme les retraités. 

    Mehdi Benlahcen : Ce qui est difficilement compréhensible pour les élu.es du groupe FDM-ES c’est que la majorité présidentielle se comporte comme s’il n’y avait rien eu avant elle sur le Français de l’étranger, et comme si elle ne lisait pas les travaux de l’AFE. C’est bien dommage cela permettrait d’éviter de faire certaines erreurs. La réforme fiscale sur l’imposition des non-résidents est à mon sens emblématique de ces travers.

    « La réforme que l’on nous propose aujourd’hui est particulièrement injuste »

    Sous l’ancienne législature les députés PS des Français de l’étranger avait fait adopter un amendement qui permettait aux non-résidents de bénéficier de la progressivité sur leur revenu mondial.

    comparaison sur un foyer composé d'un célibataire sans enfant
    comparaison sur un foyer composé d’un célibataire sans enfant

    Aujourd’hui qu’avons-nous ? Des Français non-résidents imposables dès la 1er € à 20 et 30% à partir de 27500€ par an. Nous nous avons toujours défendu l’instauration d’une plus grande progressivité pour les revenus des non-résidents taxables en France. La réforme que l’on nous propose aujourd’hui est particulièrement injuste. Les hauts revenus se voient ainsi offrir un plafond à 30% alors qu’avec la progressivité ils paieraient sans doute plus. Au contraire, les classes moyennes seraient les grandes perdantes, puisqu’elles retrouvent plus imposées. 20% dès le 1er€ au lieu d’une progressivité qui leur donnerait sans aucun doute un taux plus bas.

    Le RNH est une loi portugaise, qui a été établie sans aucune coopération avec les autres pays de l’Union Européenne. La pression diplomatique de certains pays, comme la Suède ou la Finlande, était forte pour amender le dispositif. La France s’appuyait elle sur les jurisprudences du Conseil d’Etat pour re domicilier fiscalement certains retraités installés au Portugal. En partant du fait que la convention fiscale entre deux pays ne s’applique qu’en cas de risque de double imposition, les services fiscaux français ont commencé à requalifier fiscalement une partie des retraités installés au Portugal. En effet ces derniers n’étant pas imposés au Portugal, ils ne pouvaient se prévaloir de la convention fiscale entre les deux pays pour se domicilier fiscalement au Portugal. Le nouveau statut RNH (10% d’imposition pour tous les nouveaux retraités arrivant à compter du 31 mars 2021) est donc un mal pour un bien. Payer 10% d’impôts sur le revenu au Portugal activera la convention fiscale, ce qui entrainera de fait la domiciliation fiscale des retraités Français au Portugal. Il n’y aura plus de débat.

    Des fonctionnaires à l’étranger amputés de presque 30% de leur prime d’éloignement.

    Lesfrancais.press : La réforme des retraites est particulièrement lourde pour les fonctionnaires expatriés, vous avez lancé une pétition, il y a quelques jours, pouvez-vous nous en dire plus ?

    À la lecture du projet de loi sur les retraites, j’ai découvert sans une certaine stupéfaction l’article L.722-2. Celui-ci énonce que « les éléments de rémunération destinés à compenser la cherté de la vie et les charges liées aux conditions locales d’existence en France et à l’étranger ainsi que, pour les fonctionnaires servant dans des établissements d’enseignement situés à l’étranger, à l’expatriation et aux conditions de vie locale, sont soumis à la cotisation prévue à l’article L. 722-1, dans la limite d’un plafond. Les modalités d’application de ce plafonnement et les éléments de rémunération auxquels celui-ci s’applique sont déterminés par décret. »

    En somme, les fonctionnaires Français en poste à l’étranger se retrouvent frappés d’une triple peine : Tout d’abord ils voient leur pouvoir d’achat amputer tous les mois de presque 30%. Ensuite ils doivent cotiser plus longtemps, âge d’équilibre oblige. Enfin leur pension de retraite avant et après la réforme connaitra une forte chute. En somme, travailler plus pour gagner moins dans l’immédiat, et dans le futur.

    J’ai donc initié une pétition dont les premiers signataires sont les élu.es du groupe FDM-ES en charge des thématiques éducatives et fiscales, la présidente de Français du monde-adfe et les responsables du SE-Unsahdf.

    Ceux qui veulent se joindre à nous, peuvent signer la pétition (si vous le désirez cliquer ICI)

    Diminution de 33 Millions d’euros de l’enveloppe budgétaire de l’AEFE en 2017

    Lesfrancais.press : Autre sujet qui est important pour chaque Français, l’Education. Au cœur du brassage républicain, l’AEFE et consorts se retrouvent aujourd’hui confronter à une baisse des dotations, et ce malgré un réajustement en 2019 de la chute des crédits décrétée en 2018.  Imaginez-vous une nouvelle correction et dans le cas contraire, est-ce le temps de faire une place plus importante au secteur privé ?

    Mehdi Benlahcen :  L’AEFE connait en effet certaines difficultés. Les – 33 millions € de juillet 2017 se font encore sentir, et ce malgré l’augmentation de la dotation de cette année. Comme je l’ai expliqué lors de la session d’octobre 2019 au final il manque toujours les 33 millions.

    Courant janvier ont eu lieu dans la plupart des EGD les CE présentant le bilan financier. La plupart sont en difficultés. C’est assez net, la baisse de la dotation en 2017 et les mesures d’ajustement décidées, notamment le remplacement de professeurs résidents par des contrats locaux, vient faire augmenter dangereusement la masse salariale des établissements. C’est très clair chez moi à Lisbonne. Le lycée perd de l’argent en 2018 et 2019, sous l’effet de l’augmentation de la masse salariale. La réalité vient malheureusement contredire les conclusions hasardeuses de certains rapports parlementaires.

    Meilleure prospection des besoins de scolarisation et ouverture de sites

    Au groupe FDM-ES, nous avons développé une série decontre-propositions en mars 2019. Elles portent à la fois sur une meilleure prospection des besoins de scolarisation et d’ouverture de sites ; mais également sur une meilleure coopération éducative notamment en s’appuyant sur l’expertise de mes collègues conseillers consulaires pour rechercher des meilleures synergies en matière d’offres d’enseignement.

    Il nous apparait également nécessaire d’avoir une réflexion sur la politique d’homologation des établissements scolaires, en introduisant des critères de bonne gestion (notamment sur les frais de scolarité), et en refusant les homologations à des nouveaux établissements qui pourraient mettre en péril des établissements conventionnés ou en EGD déjà installés.

    Nous pensons également que l’agence doit revoir sa politique de ressources humaines. À titre d’exemple il nous semble indispensable de viser l’équité entre les établissements en instaurant un objectif de présence d’au moins 50% de titulaires dans tous les établissements du réseau. Pour cela il convient de rendre le réseau attractif en revoyant l’ISVL (attaqué par ailleurs par la réforme des retraites), en finançant le déménagement des enseignants, en instaurant la gratuité pour les personnels résidents (l’avantage familial a des effets d’aubaine couteux) …

    Des bourses scolaires plus efficaces

    Par ailleurs la question des bourses scolaires est extrêmement importante. Pour qu’elles soient plus efficace cela passe par associer encore plus les conseillers consulaires, notamment au dialogue de gestion afin d’abonder l’enveloppe au plus près des besoins. Cela sous-entend un changement de logique administrative. Il nous faut sortir de la logique d’enveloppe pour aller vers une logique des besoins, et permettre ainsi à toutes les familles de pouvoir envisager sereinement un parcours scolaire complet dans le réseau. Sur ce point, je rajouterai la nécessité de garantir l’anonymat des familles. J’ai posé dernièrement une question écrite à ce sujet à l’AFE et j’espère obtenir rapidement une réponse. C’est une question qui préoccupe les familles, et un certain nombre ne dépose pas de dossier car il est selon elles trop intrusif. Mais je sais que l’AEFE a constitué un groupe de travail sur les bourses scolaires et que trois réunions auront lieu au printemps. Espérons que nous puissions collectivement améliorer le système.

    Pour en finir avec cette question primordiale de l’éducation, j’ajouterai qu’il est essentiel d’abonder le financement de l’AEFE afin de couvrir la dépense réelle de la part patronale des pensions civiles, et accrocher cette subvention aux évolutions du réseau.

    Lesfrancais.press : Enjeu national de nos élections locales :  les sénatoriales d’octobre 2020. Les conseillers et délégués des Français de l’Etranger élus en mai seront les grands électeurs de 6 sénateurs renouvelés cet automne. Que pensez vous de la réforme institutionnelle ? 

    « Nous sommes attachés à la proximité des députés. Nous perdrions cette dernière avec une circonscription monde. »

    Mehdi Benlahcen : Je pense que vous faites allusion à la réforme du scrutin législatif et du passage de 11 circonscriptions législatives à une circonscription unique à la proportionnelle.

    Le débat n’est pas tranché en interne car chaque solution a ses avantages et ses inconvénients. Un scrutin proportionnel évitera par exemple qu’un seul et même parti truste tous les postes de députés de Français de l’étranger. Nous voyons les limites de ce système depuis 2017. Tous les amendements budgétaires sont retirés en échange de pseudo moratoires, et il n’y a aucune voix dissonante chez les Français de l’étranger.

    D’un autre côté nous sommes attachés à la proximité des députés. Nous perdrions cette dernière avec une circonscription monde.

    La gauche à l’étranger a subit les mêmes avaries que la gauche en France

    Lesfrancais.press : Vous dirigez le groupe d’Union de la Gauche à l’Assemblée des Français de l’étranger, premier groupe à l’origine, deuxième aujourd’hui,  pourquoi tant de départs ?

    Mehdi Benlahcen : Le groupe a subi les mêmes avaries que la gauche française. Le fait de militer à l’étranger ne nous rend pas étanche. Je dois dire que le groupe réussisse aussi longtemps (3 ans) à 34 élu-es relevait déjà d’une forme d’exploit. En octobre 2014, il existait déjà une fracture à gauche matérialisée par deux listes de gauche à la sénatoriale 2014. Malgré cela nous avons su vivre ensemble relativement bien pendant 3 ans, et nous avons même commencé par gagner la présidence de l’AFE.

    Deux cassures qui ont divisé profondément le groupe

    La première cassure s’est produite en octobre 2017 après l’élection d’Emmanuel Macron. Les élu-es du groupe ayant soutenu sa candidature ont souhaité quitté FDM-ES, car ils nous reprochaient d’être trop dans l’opposition. À la même date, un autre conseiller a souhaité quitter le groupe car il était en désaccord avec le nom du groupe !

    La seconde cassure est liée à l’assemblée générale 2019 de Français du monde-adfe et n’a pas grand-chose à voir avec la vie politique interne du groupe.

    Lesfrancais.press :  En France, un sondage d’Odoxa commandé par BFMTV et publié le vendredi 14 février tend à démontrer que la rupture est consommée entre les Français et le Parti socialiste ? Ne pensez-vous pas que votre groupe risque, aussi, de passer de mode en mai ?

    « je n’en fait pas du tout la même lecture sensationnaliste que vous. »

    Mehdi Benlahcen : Le problème du sondage, c’est les gros titres que l’on essaie de faire ressortir et non pas l’analyse précise et méticuleuse des informations que renferme le dit sondage.

    Pour ma part je n’en fait pas du tout la même lecture sensationnaliste que vous. Qu’observe-t-on lorsque l’on y regarde de plus près :

    1- Le PS connait la progression la plus importante en terme de bonnes opinions depuis septembre 2019 : + 8 points.
    2- Le taux de très mauvaises opinions 22% est relativement faible en comparaison des autres formations politiques. Ainsi LR est à 23% de très mauvaises opinions, LREM à 31%, LFI 35% et RN 45% ; pourtant on ne s’arrête que sur le chiffre du PS !
    3- De la même manière si la popularité du PS est à 32%, celle des LR est à 34% et celle de LREM à 35%. Autrement dit dans un mouchoir de poche.
    4- Enfin, sur l’aspect sensationnel du sondage, à savoir la question sur la disparition du PS, que remarque-t-on ? Les 74% d’avis positif cachent en fait l’agrégation de situations pourtant très disparate. On retrouve en effet ceux qui pensent que la disparition est définitive (21%) et ceux qui pensent que la disparition n’est que temporaire (53%). Pourquoi regrouper deux réponses aussi différentes ?

    Ce sondage est la manière dont il est interprété sont un parfait exemple des critiques formulées par Pierre Bourdieu dans son célèbre article « l’opinion publique n’existe pas ». On oriente la perception du sondage par les masses, alors que sa réalité est toute autre, c’est bien dommage.

    Pour les sénatoriales, un souhait : une liste d’union élaborée en collaboration avec les partenaires de toute la gauche

    Lesfrancais.press : Comme nous le disions l’autre enjeu des élections locales que sont les consulaires, celui lié aux sénatoriales ? Certains disent que vous allez nommer la tête de liste avec les résultats du 17 mai ? Symptôme d’une guerre d’égo entre Cecila Gondard, en charge de la fédération des Français de l’Etranger au PS, sa chalengeuse de la péninsule italienne Gaëlle Barré ou celui de la péninsule ibérique, vous ?

    Mehdi Benlahcen : Tout d’abord permettez-moi de vous dire qu’au PS nous n’avons pas pour habitude de nommer les candidats. Contrairement à d’autres partis à droite et à gauche se sont toujours les militant-es qui choisissent la tête de liste. Par ailleurs, nous avons toujours été partie intégrante de listes d’union élaborée en collaboration avec nos partenaires de toute la gauche

    « Il n’y a pas encore eu d’appel à candidature donc il n’y a pas de candidate »

    La sénatoriale de 2020 offrira une configuration nouvelle à gauche. C’est la première fois depuis longtemps qu’il n’y aura pas de sortants à gauche. En revanche à droite les sortant-es y retournent ainsi que Jean-Pierre Bansard qui après son année d’inéligibilité, veut retrouver le siège de sénateur invalidé par le Conseil Constitutionnel.

    le maintien de la gauche française à l’étranger.

    Il n’y a pas encore eu d’appel à candidature donc il n’y a pas de candidat(e). La démocratie interne des partis n’est pas une question de guerre d’ego. Nous avons beaucoup de belles candidatures potentielles, et qui dépasse le cadre des 3 noms que vous citez : des personnes qui sont au service des français depuis plusieurs années, qui consacrent de leur temps, bénévolement, pour les aider, et qui ont bâti une expertise qui permettra de défendre leurs intérêts, à l’AFE dans les associations, dans leur mandat de conseillers consulaires. C’est le sens de notre engagement de proximité.

    Il n’y a pas de guerre d’égo car nous devons à gauche être collectivement responsable. Ce qui se joue ce n’est ni plus ni moins que le maintien de la gauche française à l’étranger. Il nous faudra donc dépasser l’intérêt individuel pour aller vers la recherche de l’intérêt collectif de toute la gauche.

     

  • Une ville française rompt ses relations avec sa jumelle polonaise après ses arrêtés homophobes

    Comme d’autres communes polonaises, Tuchow a adopté des textes homophobes visant à discriminer les personnes LGBT+. Lors de son dernier conseil municipal, sa jumelle Saint-Jean-de-Braye a décidé à l’unanimité de suspendre leurs relations. Un article de notre partenaire, Euractiv.

    Encouragées par le parti d’extrême droite au pouvoir Loi et Justice, plus de quatre-vingts communes polonaises ont adopté des « zones sans idéologie LGBT ». C’est le cas de Tuchow, à plus de 90 kilomètres de Cracovie.

    Cette nouvelle législation incite les élus à « s’abstenir de toute action visant à encourager la tolérance à l’égard des personnes LGBT+ et à ne pas fournir d’aide financière aux ONG qui œuvrent en faveur de l’égalité des droits », a déploré le Parlement européen en décembre.

    Dans ces communes parmi les plus conservatrices du pays, principalement situées dans le sud-est de la Pologne, n’importe qui peut refuser de servir ou recruter une personne LGBT+ sous prétexte que cela limiterait leur « liberté religieuse » et mettrait en danger les valeurs traditionnelles polonaises

    « L’histoire se répète »

    En réaction, la ville de Saint-Jean-de-Braye, dans le Loiret, a voté à l’unanimité la suspension des relations avec Tuchow, avec qui elle a signé un accord de jumelage en 2000. Les échanges ou stages ne sont pas concernés.

    « On a tout de suite réalisé la gravité de cette prise de position, en se disant que l’histoire, hélas, se répétait », a expliqué la maire Colette Martin-Chabbert à France 3 Centre Val-de-Loire, soulignant que des homosexuels avaient été internés dans des camps dans le Loiret pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Les Polonais surpris et offusqués

    Christophe Desportes, secrétaire du Groupe Action Gay et Lesbien du Loiret, s’est félicité d’un tel vote. Le jumelage doit aussi être porteur de valeurs, qui ne peuvent pas être qu’économiques ou culturelles. La question des droits humains nous semble absolument indispensable, a-t-il soutenu.  Selon l’édile, les autorités de Tuchow n’ont pas très bien réagi. […] Ils étaient surpris, offusqués, de notre prise de position.