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  • Faites la guerre, pas l’amour.

    Faites la guerre, pas l’amour.

    Ah, les femmes, toujours les femmes ! En ces temps guerriers, divorces politiques et géopolitiques se multiplient. De zélés Trumpistes souhaitaient évincer le mot « femme » des travaux de recherche des universités. La guerre au wokisme justifierait les chasses aux sorcières, avant, sans doute, d’en venir aux autodafés. Avec un Président qui se vante de ne jamais lire, la culture se protégerait donc en interdisant les livres. Pen America, une association d’écrivains fondée en 1922 pour défendre la liberté d’expression, a recensé 10 046 livres interdits dans les bibliothèques scolaires aux États-Unis, contre 25, quatre ans auparavant.

    Censurez les livres, pas les tweets. Elon, le père d’X Musk, en dicterait 26.000 par an. Machine à Tweets, robot ? Existe-t-il seulement ou a-t-il des jumeaux pour en écrire tellement ? S’est-il, déjà transhumain, cloné ? Pas étonnant que l’IA soit déjà considérée plus « intelligente » que la moyenne de la population mondiale.

    Le sexe est-il une affaire de civilisation ?

    Back to basics : La guerre à la Cancel culture passe par le sexe. Mélange de vulgarité et de puritanisme, le suprémachisme succède à MeToo.

    Le sexe est-il une affaire de civilisation ? Aucun doute. La fracture entre l’Occident et les autres parties du monde est marquée par le statut des femmes. La révolution industrielle, qu’on devrait cesser d’appeler ainsi tant elle fut avant tout une révolution religieuse, provoqua, entre autres libérations, une révolution radicale, celle des femmes. De l’accouchement sans douleur au vote, de l’égalité des droits à la libération sexuelle, l’Occident est le seul moment qui a connu un tel bouleversement dans la condition des femmes. Et cette révolution n’est pas terminée, elle est en cours. Si, comme aux États-Unis, elle connaît des à-coups et reculs, cela prouve que c’est une révolution fondamentale, voire fondatrice. Une révolution qui change les relations entre hommes et femmes, bouleverse le mariage et les structures familiales, légitime les ex « déviants sexuels », reconnaît le droit au plaisir, y compris celui des femmes.

    De nombreux régimes jugent l’Occident décadent, en raison de sa « féminisation », signe de faiblesse. La reconnaissance – et donc la promotion- de l’homosexualité en est la signature, logique. La querelle du Genre, avec les excès et les ridicules du wokisme, achève le verdict. Pour l’Église orthodoxe, les Frères musulmans, les communistes néoconfucianistes chinois, le fruit est mûr, il va tomber : Ève a pourri le paradis européen. Trump et Vance acquiescent.

    © Envato

    Les femmes sont libérées ? Et elles lisent. Quoi ? Des romans érotiques ! Le vrai danger, ce n’est ni la Russie, ni le radicalisme islamique, c’est l’affranchissement féminin, un virus européen.

    Selon The Guardian, les ventes de littérature érotiques auraient doublé aux États-Unis entre 2020 et 2024.  Une littérature crue, où l’on nomme par leur nom, vulgaire, les objets du désir. Les « Bijoux indiscrets » sont volubiles. Selon The Economist, depuis l’an 2000, l’apparition du terme «orgasme » a quintuplé, celui du « clitoris » a été multiplié par quatorze. L’ère victorienne, sauf en Afghanistan, est morte. Qui achète et lit cette littérature autrefois mise l’Index ? La majorité des lecteurs sont … des lectrices ! Et les auteurs ? Des autrices !  Fermez le ban.

    Selon Apollinaire, c’est Napoléon qui avait créé « l’Enfer » à la bibliothèque nationale, ce refuge des livres qui devaient être brûlés, et qui mis au secret.

    Derrière le divorce de l’Amérique et de l’Europe une histoire de sexe.

    Après les mots, les robots.  À la guerre, les drones révolutionnent le champ de bataille. Au lit, les sextoys sont rois. En 2020, la moitié de la population française a déjà utilisé un sextoy. La proportion n’était que de 9% en 2007 (IFOP). En 2024, un quart des Français possède le sien. L’ingéniosité française s’illustre : Le Womanizer,  sextoy inventé par Patrick Pruvot, un Français, s’est vendu, sans publicité, par le bouche à oreille, à des millions d’exemplaires. Tusk, un génie ? Laissez-nous rire. Un frustré plutôt. Plutôt Pruvot !

    Derrière le divorce de l’Amérique et de l’Europe une histoire de sexe : Les États-Unis sont les héritiers des puritains. L’affiliation à la religion y reste beaucoup plus forte qu’en Europe. Les Européens sont les enfants des libertins. Nulle part au monde l’incroyance n’est autant affirmée qu’en Europe. Là où l’Amérique crie liberté, elle pense notamment à la liberté religieuse. Les différences entre l’Europe du Nord protestante et celle du sud catholique compliquent le paysage, mais partout la libération sexuelle a triomphé. La réaction masculiniste, est difficilement compréhensible en Europe, dans l’Europe latine comme dans les pays nordiques.

    L’impérialisme machiste américain est bien compris partout ailleurs dans le monde. Ce qui explique la popularité de Trump en Inde, en Chine, en Afrique, alors qu’il l’est peu en Europe.

    L’Europe est une anomalie. La guerre, sa possibilité, est un prétexte pour la faire aux femmes. Dès qu’un conflit survient, les femmes sont premières victimes. Mais dès que la légitimité d’un recours à la violence survient, alors les femmes la subissent. Légitimer la guerre comme un moyen normal de régler les conflits légitime partout la violence comme mode de vie.

    Toute menace est suivie d’effet. La coutume de la dot de mariée, en inde, fait 7000 morts par an selon l’ONU. Les familles paient, quand elles peuvent, malgré la loi.

    Une femme meurt toutes les 10 minutes, victime dans son foyer. Faut-il interdire la famille ?  

    Le dernier rapport de l’ONU compte 85 000 féminicides dans le monde en 2023. Féminicide, vieux mot français, désigne le meurtre d’une femme parce que c’est une femme. C’est le genre de mot qui est sur la liste des trumpistes, celui qui déclenche l’arrêt des subventions dans une université. Ne pas nommer, ne pas savoir, ne pas reconnaître. 51 000 meurtres, de femmes parce qu’elles sont femmes ou filles, soit 60 %, sont  commis par leur compagnon ou un membre de la famille. Chaque jour, 140 femmes ou filles meurent au foyer, une femme toutes les 10 minutes.Faut-il interdire la famille ?

    Le taux de féminicide dans le monde est de 1,1 pour 100 000. Il varie selon les continents : 2,5 en Afrique, 1, 6 en Russie, 1,4 dans les Amériques, 0,8 en Asie et 0,6 en Europe.

    Les viols, les violences : des armes de guerre, des récompenses.

    L’Europe est bien un cas à part. Pourtant, les taux d’homicides, hommes et femmes, varient plus fortement entre les continents. Les hommes s’entretuent plus qu’ils ne tuent les femmes. (80% des victimes de meurtres sont des hommes). Bref, la violence est mâle. Dans toute guerre, la guerre faite aux femmes s’accroît, à tel point que les viols, les violences faites aux femmes et aux enfants, sont considérés comme des armes de guerre. Elles sont plus que cela : des récompenses. La guerre est une licence, le fait de sortir du droit.

    Beaucoup pensent que toute paix vaut mieux que n’importe quelle guerre. À une condition seulement ; que la paix ne soit pas la consécration de la violation du droit. Aujourd’hui, il existe une sorte d’accord pour utiliser le bellicisme à la fois comme une arme légitime dans les relations entre les Nations, et une arme interne dans une guerre faite aux femmes.

    © Envato

    Si l’Europe est à part dans le concert des nations, c’est une identité qu’il vaut la peine de défendre.

    Et c’est là l’enjeu de tout combat comme de toute politique, un enjeu de civilisation. Si l’enjeu n’est pas la civilisation, quel est-il ? La place des femmes, le contrôle de la sexualité (des hommes et des femmes) par une autorité, un juge ou un prêtre, n’est-ce pas le cœur de toute civilisation ? Si l’Europe est à part dans le concert des nations et dans l’histoire du monde, c’est une identité qu’il vaut la peine de défendre, face aux « modèles » iraniens, indiens, chinois ou africains. La bataille, en grande partie, se passe aux États-Unis, déchirée, comme d’habitude. Voilà un enjeu qui vaut la peine, au-delà de Trump et des Wokistes, d’y réfléchir, et qui est de la responsabilité de chacun, puisqu’il passe par le comportement de chacun.

  • Mobilisation générale pour la défense

    Mobilisation générale pour la défense

    Les États européens se sont engagés à accroître sensiblement leur effort de défense pour atteindre a minima 2 % du PIB, voire 3 %. La marche à franchir est haute et suppose une forte mobilisation financière.

    La réaction de l’Europe face au défi américain

    Présenté le mardi 4 mars dernier à la presse, le plan de la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a été adopté par le Conseil européen exceptionnel du 6 mars. Ce plan prévoit de mobiliser près de 800 milliards d’euros. « L’Europe est prête à fortement augmenter ses dépenses pour la défense, devant les urgences à court terme, l’urgence à soutenir l’Ukraine, mais aussi à faire face aux besoins à long terme d’assumer une plus grande responsabilité pour notre propre sécurité européenne », a déclaré la présidente de la Commission européenne. Elle a confirmé sa volonté de suspendre les règles du Pacte de stabilité et de croissance afin que les États membres puissent augmenter leurs dépenses pour la défense sans engager un processus de déficit excessif. La France qui est déjà placée sous la contrainte de ce processus n’est, de ce fait, pas concernée.

    © Envato

    La Présidente de la Commission a annoncé la création d’un « nouvel instrument permettant de dégager 150 milliards de prêts aux États membres » pour investir « mieux et ensemble » dans la défense antiaérienne, les systèmes d’artillerie, les missiles, les munitions, les drones, les systèmes de défenses anti-drones, mais aussi pour faire face à d’autres besoins dans le domaine cyber et dans la mobilité militaire.

    L’UE veut aussi proposer « des possibilités et des incitations supplémentaires pour les États membres afin qu’ils puissent décider eux-mêmes s’ils souhaitent utiliser les programmes de politiques de cohésion pour renforcer leurs dépenses en matière de défense ».

    Des mesures visant à mobiliser les capitaux privés sont également prévues avec une accélération de la mise en place d’un grand marché des capitaux et de l’épargne au niveau européens. Le mandat de la Banque européenne d’investissement devrait évoluer afin qu’elle puisse fournir des prêts en matière de défense.

    Mobilisation générale de l’épargne

    La loi de finances pour 2025 a prévu 60 milliards d’euros pour la défense, soit 2 % du PIB (dont 9 milliards de contributions aux pensions de retraite des militaires). La Loi de Programmation Militaire prévoit une augmentation des dépenses de 3 milliards d’euros par an jusqu’en 2030. Or, cette montée en puissance devra être accélérée afin de pouvoir relever à 3,5 % du PIB l’effort de défense comme le demande le Président de la République. Pour respecter cet objectif, chaque année, les dépenses pour les armées devront donc augmenter d’environ 10 milliards d’euros. Elles atteindraient ainsi 100 milliards d’euros en 2029. Or, dans le même temps, l’État doit ramener le déficit public de 6 à 3 % du PIB. Les pouvoirs publics espèrent sans nul doute qu’une partie de l’effort puisse reposer sur l’Union européenne. Des fonds de cohésion structurels et des fonds de programmes existants non utilisés pourraient être utilisés.

    La possibilité pour la Commission de lancer des emprunts communs ou d’avoir recours au Mécanisme européen de stabilité a été évoquée. La piste de l’appel à l’épargne des Français a été avancée par Emmanuel Macron. Plusieurs pistes sont possibles. La première consisterait à reprendre le fléchage du Livret A vers l’industrie de la défense. Cette proposition a déjà fait l’objet d’amendements dans le cadre de la loi de programmation militaire et de la loi de finances pour 2024, amendements adoptés mais annulés par le Conseil Constitutionnel pour une raison de forme car ils n’avaient pas lieu d’être dans les textes en question (cavaliers législatif et budgétaire). Le sénateur Pascal Allizard a déposé une proposition de loi qui reprend le principe de ce fléchage du Livret A ainsi que du Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) en faveur de la défense, proposition qui a été adoptée au Palais du Luxembourg fin 2023 mais qui attend toujours une première lecture à l’Assemblée nationale.

    Le fléchage proposé est censé de ne pas réduire l’enveloppe de prêts destinés aux bailleurs sociaux. Le ministère de l’Économie n’est guère favorable à ce fléchage. Il considère que rien n’interdit aux banques de prêter à partir des ressources du Livret A aux PME de la défense. Il craint la multiplication des demandes corporatistes et une gestion de plus en plus complexe du Livret A.

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    Un Livret Bleu Blanc Rouge ou vert kaki

    À défaut du fléchage, l’idée de la création d’un Livret d’épargne défense, LED ou Livret Bleu Blanc Rouge à défaut d’être vert kaki, a été avancée. Ce Livret pourrait reprendre la philosophie du Livret A. Les ressources collectées pourraient servir de base à des prêts aux entreprises de la défense. Néanmoins, l’équation d’un tel livret n’est pas évidente. Pour attirer les épargnants, un taux de rémunération convenable doit être proposée. Plus celui-ci est élevé, plus le coût de la ressource l’est. Or, les entreprises doivent pouvoir bénéficier de prêts avec des taux compétitifs. L’exonération fiscale et sociale qui pourrait être associée à ce type de produit est, de son côté, un manque à gagner pour l’État au moment où il recherche des recettes pour réduire son imposant déficit public.

    La création d’un ou plusieurs supports de placement « défense nationale »

    La création d’un fonds « défense nationale » prendrait la forme d’un Organisme de Placement Collectif. Les investisseurs institutionnels pourraient être appelés à souscrire à ce fonds qui pourrait être également proposé aux épargnants (unités de compte dans l’assurance vie ou le Plan d’Épargne Retraite, parts d’OPC sur les comptes titres ou PEA). Ce fonds pourrait prendre notamment des participations dans des entreprises de la défense ou souscrire à des obligations émises par ces dernières. Les épargnants bénéficieraient des revenus de ce fonds.

    Au côté du Label ISR pour la protection de l’environnement pourrait être imaginé un label « souveraineté nationale » qui aurait vocation à inciter les épargnants à choisir les fonds concernés.

    Actuellement, selon les chiffres de l’Otan seuls les Pays baltes, la Pologne et la Grèce consacrent plus de 3 % de leur richesse nationale aux dépenses militaires. De leur côté, l’Italie ou l’Espagne réalisent un effort inférieur à 1,5 % de leur PIB.

    Les grands emprunts « une fausse bonne idée »

    Les gouvernements dans les périodes de conflit militaire ont fait appel public à l’épargne. En novembre 1915 fut lancé le Premier emprunt de la Défense nationale (novembre 1915). Un taux de 5 % était alors offert. Un deuxième fut lancé en octobre 1916 et a rapporté 11 milliards de francs à l’État. Lancé en novembre 1917, le troisième emprunt de la Défense nationale a rapporté près de 15 milliards de francs. Enfin, un quatrième fut lancé en octobre 1918 à la fin de la guerre. Il a permis à l’État de récupérer plus de 20 milliards de francs. Ces emprunts étaient soutenus par des campagnes de communication avec des affiches et des slogans patriotiques destinés à convaincre les Français de soutenir l’effort de guerre.

    Après la guerre, les gouvernements mobilisèrent l’épargne des ménages en faveur de la reconstruction. Durant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement de Vichy lança également des grands emprunts notamment pour financer les contributions imposées par l’Allemagne nazie. Après 1945, des emprunts pour la modernisation du pays et de l’armée ont été lancés. En 1952, Antoine Pinay, Président du Conseil, décide la création d’un emprunt pour rassurer les épargnants et stabiliser la monnaie. Cet emprunt est indexé sur l’or, garantissant aux souscripteurs une protection contre l’inflation. La hausse du cours de l’or dans les années suivantes a alourdi le remboursement, rendant cet emprunt très coûteux pour l’État. Il en sera de même avec l’emprunt Giscard d’Estaing de 1973.

    Avec l’augmentation de ses besoins financiers et la mutation des marchés financiers avec notamment leur digitalisation, l’État a abandonné le recours aux grands emprunts publics, préférant recourir à des émissions d’Obligations assimilables du Trésor qui sont souscrites par les établissements financiers de la place. Ces derniers les replacent sur le marché secondaire. Les particuliers n’accèdent aux obligations d’État que de manière indirecte (fonds euros, parts d’Organismes de Placements Collectifs). Le lancement d’un grand emprunt national pourrait s’avérer coûteux pour l’État tant au niveau de sa distribution que de sa gestion. Le gouvernement pourrait avoir l’idée d’un emprunt obligatoire auquel devraient souscrire tous les contribuables. Cette option a été utilisée en 1976 avec l’impôt sécheresse qui était remboursé l’année suivante et en 1983. Ce type d’opération n’est pas, pour le moins, très populaire.

  • L’Ambassadrice de la chanson française en Pologne

    L’Ambassadrice de la chanson française en Pologne

    Ecoutez cet épisode de Vagabondage avec Justyna Bacz-Kazior

    Aujourd’hui « Vagabondage » va vous faire fredonner quelques classiques du répertoire. Notre invitée, Justyna Bacz-Kazior, est à la fois chanteuse et musicienne, autrice et traductrice mais aussi enseignante. Cette femme orchestre est une des voix marquantes de la chanson française en Pologne. Ce grand pays d’Europe de l’est réserve toujours un accueil bienveillant aux chanteurs hexagonaux comme aux artistes talentueux qui font vivre la chanson de qualité en français ou en polonais. La France tient là sans doute une de ses meilleures ambassadrices de la chanson française en Pologne. Elle fait autant pour la promotion de la culture française que bien des institutions plus classiques.

    Un amour de la chanson française qui vient de loin

    La chanteuse est venue à notre langue très jeune, ses parents l’ayant encouragée à prendre des cours privés de français. Mais le déterminant de sa vocation fut sans doute ce 45 tours d’Edith Piaf reçu en cadeau.  Cela scella définitivement son amour pour notre langue.

    Un amour de la chanson française qui vient de loin
    Un amour de la chanson française qui vient de loin

    Après une formation à l’université de Varsovie l’histoire d’amour linguistique s’est approfondie.  Cette polyglotte a été prise par l’envie de traduire les textes de ses chanteurs favoris dans la langue polonaise. À l’époque, les spectacles de Gibert Bécaud ou de Juliette Gréco permettent au public polonais qui vit sous le communisme d’avoir accès à quelques artistes internationaux. Les talents français de la chanson sont remarqués et appréciés. Justyna s’en inspire.

    Un répertoire de classiques de la chanson française

    Justyna puisera dans ses souvenirs d’enfant mais aussi dans son talent musical le goût pour l’interprétation de ces grands classiques que sont Piaf, Brassens, ou Dalida. Ses spectacles remettent au goût du jour ces chanteurs. Ses récitals sont autant de sélections du meilleur de notre culture chantée. Padam, padam – concert au Centre culturel de Varsovie

    La chanson française est encore prise ici en Pologne très au sérieux. Si l’influence des chanteurs français est moindre que sous le communisme, un public d’aficionado de la chanson existe. Poésie chantée pour les francophones, la chanson française célèbre l’amour des belles lettres mis en musique. Elle s’adresse donc à un public souvent cultivé et tournée vers une France qui demeure un phare culturel.

    Un répertoire de classiques de la chanson française
    Un répertoire de classiques de la chanson française

    Les mélomanes polonais apprécient ces refrains inoubliables qui tels l’hymne à l’amour ou l’aigle noir permettent à Justyna de jeter des ponts entre deux cultures, française et polonaise. Nous partageons clairement un même amour pour la beauté de la langue et les chansons à message.

    Traduire les classiques de la chanson française en polonais

    Justyna continue de se frotter à l’art subtil de la traduction qui lui a permis de traduire en polonais, en autre, des chansons de Brassens ou de Baby La pointe. Ce sont des auteurs dont on connaît pourtant la subtilité des textes. Elle a réalisé là un vrai petit tour de force artistique. Vous pourrez écouter ici un classique de Dalida traduit par l’artiste.

    Écoutez « Mourir sur scene » (żejść ze sceny) dans sa traduction polonaise :

    Son métier d’enseignante à l’institut français de Pologne à Varsovie lui offre également une autre façon de faire vivre la francophonie et de transmettre notre langue commune à un public de jeunes polonais. Elle a été applaudie tout récemment par une salle conquise, au théâtre de Cracovie, pour son spectacle, sur les femmes et la chanson, qui met en lumière des femmes autrices et musiciennes.

    8 albums enregistrés et des concerts marquants

    Justyna c’est aujourd’hui 8 albums enregistrés. C’est une interprétation panoramique qui va des grands standards de la chanson jusqu’aux morceaux les plus contemporains, de Zaz à Louane.

    8 albums enregistrés et des concerts marquants
    8 albums enregistrés et des concerts marquants

    Nous l’écoutons ainsi parler de sa passion au micro de Vagabondage en ce mois de mars, celui de la Francophonie. La France doit lui dire merci. Ce qu’elle a fait en lui octroyant la médaille méritée de chevalier des arts et lettres. Mais le plus bel hommage reste celui du public qui vient assister nombreux à ses concerts.

    Découvrir son œuvre en chanson :

    Retrouvez les albums de Justyna de la Librairie Polonaise  à Paris, 123 Bd Saint-Germain où sont disponibles tous ses albums CD.

    Les commander à l’adresse mail suivante:  [email protected]

    Enfin, un classique de Serge Lama repris par Justyna « Je suis malade » au Theatre Kamienica à Varsovie.

    Écoutez la reprise de Serge Lama « Je suis malade » par Justyna Bacz

  • Cérémonie des Palmes de l’EFE : fierté et émotions

    Cérémonie des Palmes de l’EFE : fierté et émotions

    Initiés par la sénatrice Samantha Cazebonne, les palmes du réseau d’enseignement français à l’étranger (EFE) ont connu leur apogée à la Sorbonne, avec la cérémonie des récompenses. Pour une fois, on n’a quasiment pas parlé de chiffres concernant le nombre d’élèves dans les établissements ou de budget manquant ! Au contraire, ce sont bien des histoires d’hommes et de femmes qui ont été mises en avant. La remise de ces palmes restera, sans doute, un moment fort de cette année scolaire. À voir les sourires sur les visages et entendre les applaudissements du public, cette soirée a été un véritable succès, placée entre fierté et émotions. Lesfrancais.press est d’ailleurs heureux de s’être associé à cet événement passionnant en tant que partenaire media.

    Les palmes de l’EFE : une reconnaissance pour ce réseau

    En octobre 2024, la sénatrice Samantha Cazebonne avait lancé le défi d’organiser les palmes du réseau d’enseignement français à l’étranger (EFE). Interviewée par Lesfrancais.press, la parlementaire constatait alors que nos établissements hors de France et les initiatives prises au sein de ce réseau « souffraient d’un manque de visibilité ». Ce jeudi 13 mars 2025, communauté éducative, partenaires économiques et représentants politiques étaient tous présents lors de la cérémonie des palmes EFE pour célébrer les projets venus des quatre coins de la planète.

    « Les palmes de l’EFE c’est offrir à ce réseau la reconnaissance qu’il mérite. »

    Samantha Cazebonne, sénatrice des Français établis hors de France

    Et c’est une véritable mise en lumière des acteurs de l’enseignement français à l’étranger qui s’est opérée au cours de cette soirée de remise des prix organisée à la Sorbonne. Laurent Saint-Martin, ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger, a d’ailleurs déclaré que cette « initiative fait écho à une conviction acquise » depuis sa nomination. Celle que « nos compatriotes établis hors de France font des choses formidables. » Et, c’est avec des événements comme celui des palmes EFE que seront « cassés les stéréotypes sur les Français de l’étrange » a-t-il ajouté. Et cette soirée a également pu rapprocher des personnes au parcours  divers et de nationalités différentes, unies autour d’un idéal commun, celui véhiculé au sein de nos établissements scolaires situés hors de France. 

    Samantha Cazebonne, sénatrice et organisatrice des Palmes EFE; Claudia Scherer-Effosse, directrice générale de l'AEFE; Laurent Saint-Martin, ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l'étranger.
    De gauche à droite : Samantha Cazebonne, sénatrice et organisatrice des Palmes EFE; Claudia Scherer-Effosse, directrice générale de l’AEFE; Laurent Saint-Martin, ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger.

    Ainsi, Claudia Scherer-Effosse, directrice générale de l’AEFE (Agence française pour l’enseignement français) a souligné « l’enseignement singulier » dispensé au sein du réseau, lui-même « riche de ses spécificités ». Elle a également mis en avant « le multilinguisme comme une réponse à un monde monolithique ». En moyenne, ce sont, par établissement, près de 40 nationalités qui partagent ensemble leur quotidien.

    Revivez la cérémonie 2025 des Palmes de l’EFE

    Les Palmes de l’EFE : les projets récompensés

    Au cours de la cérémonie, brillamment menée par la journaliste Dominque Tchimbakala, ce sont 12 palmes qui ont été décernées. Un choix cornélien à faire parmi les 291 candidatures réceptionnées, provenant de 181 établissements, situés dans 79 pays. « Je suis encore habitée par certains de ces projets et leurs vidéos » a partagé avec émotion à la tribune Sophie Tardy, inspectrice générale de l’éducation nationale, membre du jury des palmes de l’EFE.

    Sophie Tardy, inspectrice générale de l'éducation nationale et membre du jury des palmes de l'EFE; Dominique Tchimbakala, maîtresse de cérémonie des Palmes EFE;
    De gauche à droite : Sophie Tardy, inspectrice générale de l’éducation nationale et membre du jury des palmes de l’EFE; Dominique Tchimbakala, maîtresse de cérémonie des Palmes EFE.

    Les projets ainsi récompensés ont notamment valorisé des  hommes et des femmes qui, chaque jour, donnent de leurs temps et communiquent leur passion pour « construire un monde un peu meilleur », comme l’a déclaré Claudia Scherer-Effosse, la directrice générale de l’AEFE au cours de son intervention. Toutes celles et ceux qui se sont exprimés à la tribune ont aussi relevé la grande qualité de toutes les initiatives qui ont concouru à ces palmes. Toutes auraient pu mériter un prix, mais il a tout de même fallu honorer certaines. Voici la liste complète des récompenses attribuées. Chacune d’entre elles étant liée notamment à un sponsor qui soutenait l’organisation des Palmes du réseau d’enseignement français à l’étranger (EFE).

    Cérémonie des palmes EFE à la Sorbonne
    Cérémonie des palmes EFE à la Sorbonne

    Les projets récompensés par les Palmes du réseau de l’EFE

    La Palme de la lutte contre la discrimination parrainée par la MAIF a été attribuée au Lycée Français Jules Verne situé au Guatemala, pour son action « Ensemble sans barrières ». Une initiative visant à sensibiliser la communauté scolaire sur le handicap pour « changer les regards et abattre des murs » comme l’a expliquée la représentante de ce projet au moment de recevoir son prix. Une récompense qui, selon Yves Pellicier, Président de la MAIF, et sponsor de cette palme  » résonne puissamment avec les valeurs d’humanisme » défendues par sa mutuelle.

    Représentante du Lycée Français Jules Verne au Guatemala; Yves Pellicier - Maif
    De gauche à droite : Représentante du Lycée Français Jules Verne au Guatemala; Yves Pellicier – MAIF.

    La Palme de l’action culturelle parrainée par LDE (Libraire scolaire) a été décernée à la petite école d’Hô Chi Minh au Vietnam pour son projet « Éveil culturel : l’Art en francophonie à la petite école », montrant ainsi que « l’art à toute sa place » dans les écoles selon les organisateurs. Du côté du sponsor, LDE, outre la fierté de participer à ces palmes,  Pierre-Alban Villeroy de Galhau, son directeur à l’export, a rappelé que « les établissements n’avaient pas manqué de (nous) surprendre » par la créativité des projets présentés.

    Catherine Lespine Groupe Odyssey Education représente la petite école d'Hô Chi Minh; Pierre-Alban Villeroy de Galhau de LDE
    De gauche à droite : Catherine Lespine Groupe Odyssey Education représente la petite école d’Hô Chi Minh; Pierre-Alban Villeroy de Galhau de LDE.

    La Palme de l’inclusion parrainée par Index Éducation, n’a pu départager 3 projets, ainsi ce sont 3 récompenses qui ont été remises : une au collège Elysée Hazmieh au Liban pour son action « des chaussettes qui détricotent les préjugés » ; une autre palme a été décernée au Lycée Français international Théodore Monod situé aux Émirats Arabes Unis pour son projet « la semaine des Dys-férences » ; et une troisième a été attribuée au Lycée Français de Madrid pour son initiative « espaces de ressources EBEP ». Pour Fabien Ferrazza le directeur général d’Index Éducation, « quand on parle d’inclusion, on parle d’émotion », et des frissons ont parcouru le public de la Sorbonne au cours du visionnage des vidéos proposées par les différents vainqueurs.

    Prix index éducation Palmes
    Fabien Ferrazza le directeur général d’Index Éducation et les titrés des 3 palmes

    La Palme de la promotion linguistique et/ou de l’ouverture sur le pays d’accueil parrainée par Vatel a récompensé le lycée Français Santa Cruz de la Sierre en Bolivie pour son « voyage de la Cueca » ou se mêle danse et écriture. Il s’agissait de « sortir des habitudes scolaires » comme l’a présenté le porteur de cette action, mettant en avant la langue française. Langue française qui a aussi une place importante pour Karine Sebban-Benzazon, Présidente du groupe Vatel : dans chacune des écoles hôtelières du groupe, partout dans le monde, on apprend le français. « Bon appétit  ou amuse-bouche ne peuvent pas se dire dans une autre langue » a-t-elle partagé au moment de la remise du prix.

    Karine Sebban-Benzazon, Présidente du groupe Vatel
    Karine Sebban-Benzazon, Présidente du groupe Vatel

    La Palme de l’Action innovante parrainée par l’Edhec Business School est revenue à l’école américaine de San Diego aux États-Unis pour son action « produire des fruits et légumes », avec la mise en avant de la problématique de l’eau sur un territoire ou les températures sont très élevées. Laurent Peries, le directeur marketing et recrutement de la célèbre école de commerce a mis en avant la qualité du réseau de l’EFE et de ses élèves, dont il peut mesurer l’engagement parmi celles et ceux qui poursuivent leurs études supérieures au sein de l’Edhec.

    directeur marketing et recrutement Edhec Business School
    De gauche à droite : Représentante de l’école américaine de San Diego aux États-Unis et Laurent Péries Directeur marketing et recrutement de l’EDHEC Business School.

    La Palme de l’engagement parrainée par la Banque Transatlantique a récompensé le lycée Français de Tananarive à Madagascar pour son action « un sourire pour tous » qui vise à soutenir les enfants des rues d’Antananarivo. Jean-Hervé Fraslin, élu consulaire de Madagascar et président de la Commission Éducation de l’AFE constate que « ces palmes valorisent la grande diversité des talents du réseau ». Odile Le Goc, membre du directoire de la Banque Transatlantique, qui sponsorise cette thématique de l’engagement, était fière de remettre ce prix à cet établissement. D’autant plus à la Sorbonne, université où elle a étudié la philosophie il y a quelques années. 

    De gauche à droite,Jean-Hervé Fraslin élu AFE de Madasgascar qui remettra la palme EFE de lEngagement au lycée français de Tananarive et Odile Le Goc, membre du directoire de la Banque Transatlantique.

    La Palme de l’orientation parrainée par Paris 1 Panthéon Sorbonne a été décernée au Lycée Franco-Mexicain pour son projet « Orientation au LFM : une équipe, des intervenants, un carrefour des universités exceptionnel ». Ce projet vise, entre autres, à faciliter l’accès à Parcoursup, et faire en sorte que « l’orientation ne soit pas une formalité administrative mais bien un travail de chaque jour » depuis l’entrée à l’école de l’élève, comme le soulignent les initiateurs de cette action récompensée. Béatrice Piazza-Paruch, directrice partenariat entreprise – insertion professionnelle de la Sorbonne, qui accueillait la première cérémonie de remise des palmes, a envoyé un message pour que la prochaine soirée de remise de prix se tienne aussi dans les murs de la prestigieuse université, en 2026 ? 

    De gauche à droite : 2 étudiantes du Lycée Français Anne de Kyiv en Ukraine; Béatrice Piazza-Paruch directrice partenariat entreprise – insertion professionnelle de la Sorbonne.

    Enfin, 5 palmes d’honneur ont été remises à des établissements ayant eu à faire face à un contexte exceptionnel, à savoir :

    • Le lycée Guy de Maupassant au Maroc « solidarité et séisme »
    • Le lycée international Le Clezio à Vanuatu « Nabanga un orchestre unique » après le séisme qu’a connu l’île
    • Le Lycée français de Valence en Espagne pour son action « solidaire post Dana », nom de la tempête qui a causé les terribles inondations
    • L’ensemble des établissements du Liban
    • Et le Lycée Français Anne de Kyiv (Kiev) en Ukraine

    D’ailleurs, deux élèves de l’école Française de Kyiv sont venus directement d’Ukraine chercher leur prix. La palme qui leur a été décernée fut accompagnée d’un tonnerre d’applaudissements et d’un public debout.  Déjà riche en émotions, cette première cérémonie de remise des palmes du réseau d’enseignement français à l’étranger (EFE) l s’est ainsi close sur ce frisson supplémentaire. 

    Le public de la Sorbonne debout pour célébrer les vainqueurs des Palmes d'Honneur de l'EFE
    Le public de la Sorbonne debout pour célébrer les vainqueurs des Palmes d’Honneur de l’EFE

    Et si avant la création de ces palmes EFE, la communauté qui forme le réseau des établissements français à l’étranger « souffraient d’un manque de visibilité », cette cérémonie a mis en avant toute la créativité de nos compatriotes vivant hors de France. En attendant la suite, sans doute l’organisation d’une deuxième édition de ces palmes pour éclairer encore un peu plus ces belles initiatives portées par des Françaises et Français  de l’étranger. Et faire en sorte que leurs projets deviennent aussi une véritable source d’inspiration…pour l’hexagone.

    En attendant, « bravo et merci » à tous les participants et aux organisateurs de cette première cérémonie placée sous le double signe de la fierté et de l’émotion. 

  • Un roman entre grand vin et grands sentiments : une étrange rumeur d’Eric Remus.

    Un roman entre grand vin et grands sentiments : une étrange rumeur d’Eric Remus.

    Un romancier enraciné dans le terroir bordelais ; voici la description très sommaire d’Eric Remus. L’homme, un humaniste tourné vers les autres, un esthète du vin, mérite davantage que cette trop rapide présentation. Pour le découvrir, nous vous invitons à partir à la rencontre de son univers de fiction.

    Car cet ardent défenseur de Saint Emilion, où il a été propriétaire d’un domaine, reprend la plume. « Une étrange rumeur » est un roman construit « entre grands vins et grands sentiments ». Puisqu’il met en scène pour la deuxième fois le personnage de Victor Soubéran. Un double de l’auteur, sommelier de génie que nous avions découvert à travers « Iouréléguy mon amour » un premier opus publié voilà quatre ans.

    Un livre mieux qu’un roman. Une découverte documentée de la fabrication du vin.

    Dans cette nouvelle fiction Victor vient au secours d’Audrey, héritière de Château Phoebus.  Ce domaine prestigieux de Saint Emilion est en difficulté. Et Victor va participer au redressement de la situation tout en découvrant l’amour et la quiétude qu’offrent les sentiments partagés. Mais c’est sans compter sur les nuages qui vont s’accumuler au-dessus de l’idylle.

    © Serge Thébaud 2025
    © Serge Thébaud 2025

    Il ne sera pas question de spoiler le récit et son intrigue captivante. Mais de simplement rappeler que les grands vins de Bordeaux font, dans la vraie vie aussi, parfois les frais d’esprits mal avisés. À l’ombre plusieurs fois centenaire de ces temples du vin, des esprits mercantiles sont parfois prêts à sacrifier les traditions du terroir sur l’autel de l’argent. L’étrange rumeur du titre est celle de la diffamation. Qui menacera la relation d’amour de Victor et Audrey. A l’image d’une époque qui, hélas, fait le lit de toutes les diffamations dont les réseaux sociaux sont hélas la vitrine quotidienne.

    Le vin en France : Une affaire de passion et de tradition

    Cependant, ce livre est justement mieux qu’un roman. Il nous offre une découverte documentée de la fabrication du vin. Avec ses aléas climatiques, ses incertitudes et la profonde satisfaction de produire un nectar unique issu de terroirs singuliers à la profonde subtilité géologique. Le vin ne sera jamais en France un produit de plus sur les rayons de vente. Mais une affaire de passion et de tradition.

    Le livre est écrit par un connaisseur. Qui a produit du vin amoureusement. Qui sait aussi que ce processus de création est aussi fragile que celui d’un roman. Que les romans « longs en bouche » sont les meilleurs et qu’ils réclament un sens de l’architecture pour tenir en haleine le lecteur comme l’amateur de Bordeaux. C’est la grande histoire du vin que narre aussi ce récit à la fois simple dans son motif et colorée dans son déroulement. Il peut se lire indépendamment du premier opus.  Nous avons interrogé le romancier viticulteur sur son roman charpenté.

    Lesfrancais.press : « Eric, nous vous retrouvons pour ce nouvel opus qui replonge le lecteur dans l’univers familier du vin et reprend la figure machiavélique de Malfroy découverte dans Irouléguy mon amour (2021). Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire cette suite intitulée « Une étrange rumeur » ? »

    Eric Remus : « Quand je gérais un domaine à Saint-Emilion, Château Edmus, j’étais toujours surpris par l’intérêt que le vin suscite dans des publics extrêmement divers. Mettez un vigneron à une table et c’est généralement lui qui est le centre de l’attention et attire les questions. Après avoir cédé mon domaine, j’avais voulu partager mon expérience tout en assouvissant mon plaisir pour inventer et raconter des histoires.

    « L’univers du vin combine plaisir, culture et travail »

    Eric Remus

    Au départ, je pensais plus à des histoires indépendantes qui auraient le monde du vin comme dénominateur commun. Ce n’est qu’après avoir achevé Irouléguy mon amour, et même après sa publication, que je me suis rendu compte qu’on pouvait considérer que l’aventure se terminait sur un point d’interrogation. Alors, comme j’avais encore des choses à dire sur mon expérience, j’ai décidé de poursuivre l’intrigue dans Une étrange rumeur en la situant à Saint-Emilion au cœur d’une propriété viticole, la rivalité entre Victor, jeune sommelier devenu viticulteur, et Malfroy, négociant vindicatif, étant rythmée par les travaux à accomplir tout au long de l’élaboration d’un millésime, en l’occurrence le 2005. »

    Lesfrancais.press : « Qu’est-ce qui suscite selon vous cet intérêt pour l’univers du vin ? »

    Éric Remus : « Il combine plaisir, culture, et travail. Plaisir de savourer, suivant les circonstances, un vin de soif gouleyant ou un grand cru d’exception. Culture car on déguste rarement un vin sans s’interroger sur sa région de provenance et, avec la géographie, on en vient rapidement à vouloir comprendre l’histoire, et elle vient de loin, qu’on évoque un vin de bourgogne, un claret bordelais, ou un pinotage de Stellenbosch.

    Éric Remus - © Serge Thébaud 2025
    Éric Remus – © Serge Thébaud 2025

    Travail enfin, parce qu’on devine, avec un verre en main, toutes les opérations que le vigneron doit accomplir pour parvenir au résultat final avec toujours la nécessité de composer avec l’impondérable qu’est la météo. Les caprices de la météo jouent d’ailleurs un rôle important dans le déclenchement de l’intrigue dans Une étrange rumeur. »

    Lesfrancais.press : « C’est formellement votre troisième roman publié. Est-ce que la technique de l’écrivain, comme avec les bons vins, s’aiguise et prend de la valeur avec le temps ? »

    Éric Remus : « La valeur attend-elle le nombre des années ? Il faut distinguer le style de l’écriture et l’architecture d’un récit. La qualité et l’originalité d’un style sont à mon avis innées. Ce talent, on l’a ou pas. En revanche, la construction de l’intrigue, c’est peut-être ce que vous appelez la technique de l’écrivain, peut se perfectionner, notamment par la lecture analytique des auteurs reconnus. Je ne lis plus de la même façon qu’il y a quelques années.

    « Plus que promouvoir une région, c’est d’abord les métiers du vin que j’ai voulu présenter. »

    Eric Remus

    Il m’arrive souvent, quand j’ai terminé un livre captivant, de le parcourir à nouveau pour comprendre le cheminement de l’histoire, en apprécier les rebondissements et reconnaître les cailloux semés ici ou là pour aider ou dérouter le lecteur. Cet exercice répété a certainement influencé ma façon d’organiser la progression de l’intrigue et l’a sans doute améliorée.

    Lesfrancais.press : « Le bordelais est une région qui fait rêver à travers la planète et en particulier le vignoble de Saint Emilion qui vous est cher. Au-delà de la posture de l’écrivain, y a-t-il en vous aussi un promoteur d’une région française et d’un patrimoine culturel avec le vin ? »

    Éric Remus : « Je connais bien Saint-Emilion pour y avoir travaillé et mieux le Bordelais que d’autres régions viticoles françaises. Le Bordelais est le théâtre d’Une étrange rumeur alors que, dans Irouléguy mon amour, la cavale de Victor l’avait amené à parcourir les vignobles du monde. Mais, plus que promouvoir une région, c’est d’abord les métiers du vin que j’ai voulu présenter dans leur diversité, sommelier dans Irouléguy mon amour, viticulteur dans Une étrange rumeur avec les différentes tâches qu’il doit accomplir dans les vignes, dans le chai et pour vendre le vin.

    Éric Remus - © Serge Thébaud 2025
    Éric Remus – © Serge Thébaud 2025

    Et plus encore que cette présentation initiatique, c’est la confrontation entre Victor et Malfroy, sous forme d’une chasse à l’homme où la proie, pour sa survie, devient chasseur, qui doit aiguiser la curiosité le lecteur et lui donner envie de tourner les pages. L’univers du vin est omniprésent mais contextuel. Un professeur de sommellerie m’avait dit qu’il conseillerait la lecture d’Irouléguy mon amour à tous ses étudiants pour qu’ils s’imprègnent de l’atmosphère du métier sans s’en rendre compte et en se distrayant. C’était pour moi un beau compliment car c’était bien mon intention. J’espère qu’un professeur d’œnologie réagira de même après avoir lu Une étrange rumeur. »

    Lesfrancais.press : « En tant qu’observateur du monde du vin, de la mondialisation de ce marché qui connaît une concurrence certaine et ne permet plus aux vins français de se reposer sur leurs lauriers, comment voyez-vous l’avenir pour nos vins à l’exportation ? Le marché américain risque d’être plus inaccessible si des barrières douanières s’élèvent … »

    Éric Remus : « Le monde des vins fins est en plein bouleversement. Le marché chinois s’est nettement contracté par rapport à ce qu’il était il y a encore quatre-cinq ans et le marché russe est de l’histoire ancienne. Les Etats-Unis sont un marché important et, en dépit de droits de douane augmentés, devraient le rester grâce au prestige des grands vins français, au pouvoir d’achat des Américains et au niveau de prix élevés des vins californiens.

    « En matière d’achat de vin, La fidélité qu’on pouvait avoir pour tel ou tel domaine disparait au profit de la recherche d’une « expérience. »

    Eric Remus

    Outre ces tendances macro-économiques, le comportement des consommateurs change. La fidélité qu’on pouvait avoir pour tel ou tel domaine disparaît au profit de la recherche d’une « expérience », condition pour accepter un niveau de prix qui rémunère convenablement le producteur. Cette expérience peut être un séjour œnologique, une association « met-vin » validée par un grand chef ou un grand sommelier, l’apparition de son vin dans un film ou une série que l’on fera rebondir sur ses propres réseaux sociaux ou encore le lancement d’une cuvée unique et limitée. Les grands châteaux se démènent pour trouver une « story » originale accentuant le fossé entre les propriétés qui peuvent dédier des ressources au marketing et ceux qui n’en ont ni le temps ni les moyens et peinent à écouler leur production à des niveaux de prix satisfaisants. »

    Vers une trilogie possible…

    Lesfrancais.press : « Vous êtes en phase de promotion de ce livre qui nous l’espérons rencontrera son public. Continuez-vous à écrire ? »

    Éric Remus : « Merci de vos encouragements. Les prochaines semaines, je vais en effet les consacrer à trouver les « stories » originales pour promouvoir Une étrange rumeur ! Ensuite, j’espère retrouver la discipline pour m’atteler à la suite et fin de ce qui formerait une trilogie. Cette fois, j’en ai consciemment ouvert la possibilité dans la conclusion d’Une étrange rumeur. »

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    Couverture du livre d'Eric Remus "Une étrange rumeur"
    Couverture du livre d’Eric Remus « Une étrange rumeur »


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  • Vincent Caure, un député engagé

    Vincent Caure, un député engagé

    En toute confidence - podcast politique

    En toute confidence

    En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.

    Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.

    Animé par Caroline Ettori.

    Écouter le podcast avec Vincent Caure

    Dans ce nouvel épisode du podcast « En Toute Confidence », Vincent Caure, député de la troisième circonscription des Français établis hors de France, aborde les enjeux liés à son mandat. Il est d’ailleurs en ce moment rapporteur du texte pour lutter contre le narcotrafic. Élu en juillet 2024, il partage son expérience à l’Assemblée nationale. Il s’y sent « très heureux », malgré les difficultés inhérentes à la représentation des Français vivant à l’étranger. Et aussi dans un contexte des plus incertains.

    La France et le narcotrafic

    « Ce n’est pas plus dur de représenter les Français de l’étranger, c’est parfois différent. » précise Vincent Caure qui insiste sur l’importance de la pédagogie et de l’explication auprès de ses collègues sur les réalités de l’expatriation. Au cours de ce podcast, il rappelle qu’il existe encore des clichés tenaces sur les expatriés. Le parlementaire affirme alors que la clé réside dans la communication. « Il y a un travail de pédagogie à faire pour que mes collègues comprennent ce que vivent nos compatriotes hors de France. »

    « La France est de plus en plus menacée par le narcotrafic. »

    Vincent Caure, député des Français établis hors de France (Europe du Nord, îles britanniques, Pays baltes)

    En tant que co-rapporteur de la proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic, le député est bien conscient des enjeux : « la France est de plus en plus menacée par le narcotrafic. » Vincent Caure évoque ainsi les mutations des réseaux criminels et l’importance d’accroître les moyens d’enquête des forces de l’ordre pour faire face à ces menaces. Le texte de loi vise à « redonner des moyens aux policiers et gendarmes pour qu’ils puissent enquêter mieux et plus rapidement face à ces réseaux. »

    Vincent Caure, député à la rencontre des Français expatriés de sa circonscription
    Vincent Caure, député à la rencontre des Français expatriés de sa circonscription

    La proposition de loi a été adoptée rapidement par le Sénat. Mais le processus à l’Assemblée nationale est plus complexe, avec un débat vif et de nombreux amendements. Le parlementaire souligne l’importance d’un consensus : « Il y a un besoin que l’on vote de manière rassemblée ce texte, car il concerne les grandes villes, les villes moyennes, et les campagnes. » Cette loi, selon lui, vise à répondre à une crise qui n’épargne aucune région et qui a des conséquences importantes sur la délinquance et sur la santé publique.

    « On prend beaucoup de dispositions du droit italien, car ils ont beaucoup travaillé sur la mafia. »

    Vincent Caure, député des Français établis hors de France (Europe du Nord, îles britanniques, Pays baltes)

    Le député aborde également la nature des amendements proposés, qui proviennent de différents groupes politiques. « Il y a des amendements du groupe La France Insoumise qui visent souvent à supprimer des dispositions introduites au Sénat. Il y a aussi des amendements du Rassemblement National qui cherchent à durcir des dispositifs déjà très durs. » Malgré ces divergences, il reste optimiste quant à la possibilité de trouver un terrain d’entente : « Je suis certain qu’on aura un large consensus, peut-être pas l’unanimité, mais il faut qu’on s’écoute. »

    Vincent Caure, député des Français d'Europe du Nord

    Vincent Caure, député des Français d’Europe du Nord

    Vincent Caure évoque l’importance d’apprendre des expériences étrangères, notamment en matière de lutte contre le crime organisé : « Par exemple, on prend beaucoup de dispositions du droit italien, car ils ont beaucoup travaillé sur la mafia. » Il met également en lumière les innovations numériques en Europe du Nord qui pourraient inspirer des réformes en France.

    Des expatriés qui restent optimistes

    En ce qui concerne la couverture de sa circonscription, Vincent Caure a opté pour une approche itinérante, sans permanence fixe. Il souligne l’importance de se déplacer régulièrement pour rencontrer les expatriés : « J’essaye au moins une fois tous les dix jours de me rendre en circonscription. »

    « Quel que soit le regard qu’ils portent sur l’expatriation, c’est une forme d’optimisme pour l’avenir. »

    Vincent Caure, député des Français établis hors de France (Europe du Nord, îles britanniques, Pays baltes)

    Interrogé sur ce qui l’a le plus surpris dans ses rencontres avec les expatriés, Vincent Caure salue leur optimisme face aux défis. « Quel que soit le regard qu’ils portent sur l’expatriation, c’est une forme d’optimisme pour l’avenir. » Cet optimisme contraste avec les préoccupations globales actuelles et rappelle l’importance de la résilience.

    Enfin, si une loi Vincent Caure devait émerger, elle serait axée sur la numérisation des services publics pour les Français de l’étranger. Ainsi, insiste-t-il sur les avancées réalisées depuis 2017, comme le vote en ligne. Il espère que ces dispositifs pourront être étendus à l’ensemble des citoyens en France. À l’instar de notre média, Lesfrancais .press, le député a créé un canal whatsapp pour informer de ses actions. Et depuis quelques jours il enregistre même des messages vocaux pour faire le point sur ses activités et expliquer ses positions.

    En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes










  • L’héritage et le rentier 

    L’héritage et le rentier 

    « Travaillez dur et vous réussirez » : ce conseil que les parents aimaient à répéter à leurs enfants est-il encore d’actualité ? Depuis plusieurs années, le rôle des héritages joue un rôle croissant dans les parcours de vie. Les sociétés occidentales se rigidifient socialement. Sans capital initial, les jeunes ont plus de difficultés à devenir propriétaires de leur résidence principale et à vivre au cœur des grandes agglomérations qui offrent le plus d’opportunités au niveau professionnel. En 2024, les habitants de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). devraient hériter de 6 000 milliards de dollars, soit environ 10 % du PIB, contre 7 % en 1960.

    Le poids des héritages par rapport au PIB a doublé en France en soixante ans. En Allemagne, entre 1970 et 2024, il a triplé. En Italie, les héritages ont représenté 15 % du PIB en 2023. Cette progression résulte à la fois de l’enrichissement et du vieillissement. Les habitants des pays aisés accumulent du patrimoine sur des périodes plus longues. La forte valorisation des actifs financiers et immobiliers, ces dernières années, a contribué à augmenter de manière sensible les héritages. Le ralentissement de la croissance depuis une génération et la faiblesse des gains de pouvoir d’achat ont conduit à une forte hausse du rapport patrimoine/revenus.

    En France, le patrimoine représente aujourd’hui plus de huit fois le revenu annuel, contre seulement quatre fois il y a cinquante ans. Au Royaume-Uni, une personne sur six née dans les années 1960 devrait recevoir un héritage supérieur à dix années de revenus annuels moyens de sa génération. Pour les personnes nées dans les années 1980, ce ratio atteint un tiers.

    Les héritages façonnent de plus en plus les sociétés occidentales.  

    L’inégalité des héritages est, quant à elle, frappante. Un cinquième des 35-45 ans hériteraient de moins de 10 000 livres, tandis qu’un quart recevrait plus de 280 000 livres. Selon la Réserve fédérale, un Américain faisant partie des 5 % les plus aisés reçoit, en moyenne, plus de 50 000 dollars d’héritage, contre environ 5 000 dollars pour un Américain médian en termes de revenus.

    Les baby-boomers des années 1950 et du début des années 1960 ont pleinement profité des Trente Glorieuses. Ils ont réussi à se constituer un patrimoine immobilier en empruntant à une époque où l’inflation jouait en leur faveur. Le remboursement des emprunts a été facilité par l’érosion monétaire, d’autant que, dans les années 1970, les salaires étaient indexés sur l’inflation. Par la suite, ces baby-boomers ont bénéficié de la hausse des prix de l’immobilier et des actifs financiers. Les Allemands de plus de 65 ans, qui représentent un cinquième de la population, détiennent un tiers de la richesse nationale. Aux États-Unis, les baby-boomers, qui représentent également un cinquième de la population, possèdent la moitié de la richesse nette du pays, soit 82 000 milliards de dollars. Avec leur montée en âge, ces générations commencent à disparaître, ce qui conduit à des successions plus importantes que dans le passé.

    Par le jeu des héritages, les fortunes se concentrent de plus en plus au sein de l’OCDE. Aux États-Unis, en 2023, 53 personnes sont devenues milliardaires grâce à un héritage, tandis que 84 l’ont été par leur activité professionnelle. D’année en année, le nombre d’héritiers milliardaires augmente, tandis que celui des milliardaires « self-made » diminue, du moins dans les pays riches.

    Au-delà du cas particulier des milliardaires, les héritages façonnent de plus en plus les sociétés occidentales. À New York, Paris ou Londres, l’achat de logements dans les quartiers les plus huppés est réservé à ceux qui disposent d’un patrimoine important. Les salaires ne permettent plus de rembourser des emprunts portant sur un ou deux millions d’euros. Dans les pays de l’OCDE, les inégalités patrimoniales tendent à s’accroître au point de ressembler à celles qui avaient cours au XIXe siècle.

    La notion de « beau mariage » retrouve toute son acuité.

    Aujourd’hui, comme il y a une centaine d’années, le meilleur moyen de devenir riche est d’hériter ou d’épouser une personne fortunée. C’est le grand retour de Balzac. La notion de « beau mariage » retrouve toute son acuité. Désormais, les familles aisées sont plus regardantes sur le pedigree des heureux élus. Dans les régions les plus riches des États-Unis, selon The Economist, les jeunes de 20 à 30 ans parlent de plus en plus ouvertement de la nécessité d’épouser une personne fortunée. Le phénomène de « l’accouplement assortatif », où les individus choisissent leur partenaire parmi ceux qui leur ressemblent socialement et économiquement, tend à s’intensifier.

    @Adobestock
    @Adobestock

    La plupart des recherches se concentrent sur l’éducation ou le revenu, mais des travaux plus récents suggèrent que les héritiers sont également susceptibles de se marier entre eux. Étienne Pasteau, ancien membre de l’École d’économie de Paris, et Junyi Zhu, de la Bundesbank, estiment que l’héritage est deux fois et demie plus influent que le revenu du travail pour expliquer les choix matrimoniaux des Allemands. Une autre étude centrée sur le Danemark montre que, au fil du temps, l’héritage joue un rôle de plus en plus déterminant dans les unions matrimoniales.

    Une rupture par rapport au XXe siècle

    Après la Première et la Seconde Guerre mondiale, la valeur de la richesse par rapport au revenu national s’est effondrée. Les destructions liées à la guerre et l’inflation élevée ont eu raison des rentiers. A la recherche de financements, les États ont alors augmenté les impôts sur le patrimoine. Depuis quarante ans, l’immobilier a enregistré une forte augmentation de sa valeur, en partie à cause des politiques d’urbanisme restrictives qui limitent l’offre.

    La valeur des immeubles possédés par les Britanniques est passée d’un peu plus de 1 000 milliards de livres (130 % du PIB) au milieu des années 1990 à un peu moins de 7 000 milliards de livres (270 % du PIB) ces dernières années. À Paris, le prix des logements a été multiplié par cinq entre 1995 et 2023. Le patrimoine immobilier des ménages français a atteint 5 000 milliards d’euros en 2024. De 1995 à 2023, les prix à la consommation ont progressé de 59 %, tandis que les salaires réels (déduction faite de l’inflation) n’ont augmenté que de 13 %.

    La baisse des droits de succession explique en partie le poids croissant de l’héritage au sein des familles. En 2024, les droits de succession représentaient bien moins de 1 % des recettes publiques dans les pays de l’OCDE. Plusieurs pays, dont l’Australie, le Canada, l’Inde, la Norvège et la Russie, les ont entièrement supprimés. Plus de vingt États américains ont mis fin à l’imposition des successions depuis 1976. Les pays qui ne suppriment pas les droits de succession introduisent souvent des échappatoires. En France, bien que les taux restent relativement stables, il est possible de les contourner par le biais de montages légaux, souvent éloignés du droit commun. Les Pactes Dutreil, dont l’objectif est d’assurer la pérennité des entreprises familiales, permettent ainsi aux héritiers de bénéficier d’une exonération non négligeable des droits de succession. La quasi-totalité des États ont supprimé leur impôt sur la fortune.

    La faiblesse de la croissance a accentué les inégalités patrimoniales

    La faiblesse de la croissance a accentué les inégalités patrimoniales. En analysant de nombreuses données, les économistes Thomas Piketty (École d’économie de Paris) et Gabriel Zucman (London School of Economics) ont démontré en 2014 que les pays à croissance lente accumulent davantage de richesses (mesurées par rapport au revenu national) que ceux à forte croissance. Les ménages qui le peuvent épargnent à un rythme relativement constant dans le temps. Mais, dans un contexte de faible croissance du PIB, leur patrimoine s’accroît mécaniquement en proportion.

    @Adobestock
    @Adobestock

    Ces dernières années, par peur de l’avenir, les ménages aisés ont même accru leur effort d’épargne, creusant davantage l’écart de richesses. Les pays comme les États-Unis, où la croissance est plus dynamique, sont moins soumis à la « loi de l’hérédité » que les pays européens. La possibilité de s’enrichir par son travail est plus élevée outre-Atlantique qu’en France ou en Italie. En 2023, les revenus des 1 % des héritiers les plus riches en France ont à nouveau dépassé ceux des 1 % des travailleurs les plus riches.

    La possibilité de s’enrichir par son travail est plus élevée outre-Atlantique

    Quelles solutions pour endiguer la montée des inégalités patrimoniales ? Pour les partisans du libéralisme, contrairement à certains préjugés, le poids croissant de l’héritage n’est pas positif sur le plan économique.

    Cette situation favorise l’essor d’une nouvelle classe de rentiers, susceptibles de mal allouer leur épargne. N’ayant pas eu à gagner l’argent hérité, ils ont tendance à être de mauvais gestionnaires. Les rentiers sont souvent conservateurs et peu enclins à l’innovation. Ils se montrent généralement réticents à l’arrivée de nouveaux investisseurs dans les entreprises et s’opposent à la création de nouveaux logements, craignant que cela ne diminue la valeur de leur patrimoine.

    À l’inverse, les non-possédants, estimant que le fruit de leur travail ne leur permettra pas d’acquérir un logement décent ni de réussir socialement, développent des comportements pessimistes. Ils peuvent considérer que le travail n’est plus une source d’enrichissement, ce qui les pousse parfois à s’en détourner. Dans certains cas, cette frustration peut favoriser des comportements déviants, y compris des activités illicites.

    Deux voies permettent de casser la concentration des fortunes : taxer plus fortement les successions ou endiguer la valorisation du patrimoine en construisant plus de logements. L’augmentation des droits de succession, combinée à la suppression des dispositifs dérogatoires, permettrait aux États d’augmenter leurs recettes tout en freinant le processus d’accumulation des richesses. Toutefois, une large majorité des électeurs reste opposée à une telle politique.

    L’augmentation du volume du foncier constructible, la majoration des impôts sur les terrains non bâtis et non exploités constituent d’autres solutions pour favoriser la construction de logements neufs et ainsi peser sur les prix. Cependant, les pouvoirs publics devraient alors s’opposer aux électeurs qui, soucieux de préserver la valeur de leur patrimoine, préfèrent stabiliser le nombre de logements à proximité de leur domicile.

    Logiquement, avec l’augmentation du nombre de décès chez les baby-boomers, la valeur du patrimoine devrait baisser. En effet, la remise sur le marché d’un important stock de logements devrait entraîner une baisse des prix, surtout si la population n’augmente pas, voire décline. Il en va de même pour les titres financiers. Pour le moment, cette corrélation ne se vérifie pas, même dans les pays les plus avancés dans le processus de vieillissement démographique. La concentration du patrimoine, par le jeu des héritages et de la fiscalité, peut expliquer cette situation. Les rentiers captent une part croissante du patrimoine au détriment du reste de la population. Par ailleurs, les locations traditionnelles se raréfient car les propriétaires privilégient les locations saisonnières via les plateformes. Enfin, la disparition des gains de productivité ne permet pas une hausse des salaires, ce qui contribue au maintien des écarts patrimoniaux.

  • L’Ukraine accepte la proposition américaine d’un cessez-le-feu de trente jours

    L’Ukraine accepte la proposition américaine d’un cessez-le-feu de trente jours

    L’Ukraine a annoncé mardi qu’elle était prête à accepter un cessez-le-feu immédiat de 30 jours, après une rencontre à huis clos entre des responsables ukrainiens et américains en Arabie saoudite.

    Les deux délégations ont convenu de « commencer immédiatement les négociations en vue d’une paix durable qui assure la sécurité de l’Ukraine à long terme », selon un communiqué conjoint des pourparlers bilatéraux en Arabie saoudite.

    Il s’agissait de la première rencontre directe entre les deux parties depuis la dispute publique entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président américain Donald Trump le 28 février, qui a perturbé les relations entre Washington et Kiev et d’autres partenaires occidentaux.

    Les États-Unis et l’Ukraine ont convenu de « conclure dès que possible » l’accord tant débattu « sur le développement des ressources minérales essentielles de l’Ukraine afin de renforcer l’économie ukrainienne et d’assurer la prospérité du pays », indique le communiqué.

    Kiev a déclaré qu’elle accepterait la proposition américaine d’ « un cessez-le-feu temporaire immédiat de 30 jours, qui pourrait être prolongé par consentement mutuel des parties, sous réserve de l’acceptation et de la mise en œuvre simultanée par la fédération de Russie ».

    Washington, à son tour, a déclaré qu’il « lèverait immédiatement la pause sur le partage des renseignements et reprendrait l’assistance en matière de sécurité à l’Ukraine », selon la déclaration commune.

    Une délégation américaine dirigée par le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, est en Arabie saoudite pour assister à une réunion décisive avec des responsables ukrainiens, dans le but de jeter les bases de négociations de paix pour mettre fin à la guerre de la Russie en Ukraine. [Salah Malkawi/Getty Images]
    Une délégation américaine dirigée par le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, est en Arabie saoudite pour assister à une réunion décisive avec des responsables ukrainiens, dans le but de jeter les bases de négociations de paix pour mettre fin à la guerre de la Russie en Ukraine. [Salah Malkawi/Getty Images]

    L’Ukraine a longtemps refusé tout accord de cessez-le-feu qui n’inclurait pas les garanties de sécurité des États-Unis. Il n’a pas été immédiatement précisé si Kiev avait reçu des engagements.

    Après les pourparlers, Volodymyr Zelensky a expliqué que la « proposition de son pays pour cette rencontre avec les Américains comportait trois points : le silence dans le ciel — c’est-à-dire pas de missiles, de bombes ou de drones à longue portée — et en mer ; et de véritables mesures pour établir la confiance dans toute cette situation, dans laquelle la diplomatie est en cours, ce qui signifie, avant tout, la libération des prisonniers ».

    « La partie américaine comprend nos arguments et tient compte de nos propositions, je tiens à remercier le président Donald Trump pour la nature constructive du dialogue entre nos équipes », a-t-il ajouté.

    Volodymyr Zelensky a déclaré que l’Ukraine considérait la proposition de cessez-le-feu comme « positive » et que son pays était « prêt à faire ce pas », mais qu’il appartenait aux États-Unis de « convaincre la Russie de faire de même ».

    Washington s’est engagé à discuter des propositions avec ses homologues russes. L’envoyé américain au Proche-Orient, Steve Witkoff, devrait se rendre à Moscou dans le courant de la semaine et rencontrer le président Vladimir Poutine.

    « Le meilleur geste de bonne volonté que les Russes puissent faire est de dire oui, d’accepter l’offre que les Ukrainiens ont faite pour arrêter les tirs, pour cesser les combats et se mettre à la table des négociations », a réagi le secrétaire d’État américain Marco Rubio après les pourparlers, aux côtés de Steve Witkoff.

    « La balle est dans le camp de la Russie », a-t-il conclu.

  • Festival de la Francophonie au Vietnam

    Festival de la Francophonie au Vietnam

    Comme l’écrivait Victor Hugo, « la langue française n’est point fixée et ne se fixera point ». Elle traverse ainsi les frontières, elle ne connaît pas de limite. On la célèbre à travers le monde. Et c’est ce que nous propose, entre autres, le Festival de la Francophonie au Vietnam le 29 mars prochain. Quel sera le programme ? Quelles sont les ambitions des organisateurs ? Et comment font-ils vivre la langue française au Vietnam toute au long de l’année ? Lesfrancais.press donne la parole à ces amoureux de la langue de Molière.  

    La langue française : un pont entre les pays

    Le Vietnam entretient une relation historique et culturelle avec la francophonie. Ce pays est d’ailleurs membre de l’OIF (Organisation internationale de la francophonie) depuis 1970, et joue un rôle actif dans la promotion du français en Asie. Et nos compatriotes vivant sur place entretiennent cette flamme. C’est en ce sens que depuis 5 ans le Festival de la Francophonie s’organise dans le cadre des activités de l’association « Culture et espace francophones » (CET). Alexandra Rendall et Jaime Peypoch en sont d’ailleurs les deux fondateurs.

    La jeune génération présente pour échanger sur la Francophonie
    La jeune génération présente pour échanger sur la Francophonie

    Créée en 2020, cette association œuvre pour renforcer les échanges culturels et linguistiques entre les communautés françaises et vietnamiennes. Son action se concentre notamment sur les liens entre les départements de français des universités de Ho Chi Minh-Ville et les écoles vietnamiennes où le français est enseigné comme deuxième langue.

    Le 29 mars : Jour J du festival de la francophonie à Ho Chi Minh-Ville

    L’association « Culture et espace francophones » (CEF) organise également depuis cinq ans le festival de la Francophonie de Ho Chi Minh-Ville. Celui de 2024 a attiré plus de 1 000 visiteurs. Cette année, ce Festival de la Francophonie au Vietnam se tiendra le 29 mars 2025, à la « French Vietnamese School of Management » (CFVG) (n’ayons pas peur de l’anglicisme parfois) dirigée par Fabien De Geuser. Cet événement offre notamment une plateforme pour mettre en lumière la diversité culturelle, favoriser les échanges et renforcer les liens entre les communautés, en célébrant la langue française.

    Le festival de la Francophonie avec ses stands
    Le festival de la Francophonie avec ses stands

    En organisant ce festival, l’association s’engage à offrir un espace d’expression et de découverte, reflétant la vitalité et la diversité du monde francophone. Au programme de cette édition 2025, un concours d’éloquence, une table ronde sur la jeunesse et la francophonie, l’œuvre théâtrale de Molière, le concours des Ambassadeurs de la francophonie et également d’autres ateliers, des spectacles, musique et danse, sans oublier la restauration. Une journée soutenue par TV5MONDE, et divers acteurs institutionnels dont le consulat général de France.

    Un des stands du festival de la Francophonie
    Un des stands du festival de la Francophonie

    Lesfrancais.press a interrogé l’un des fondateurs de l’association « Culture et espace francophones », et organisateur de ce Festival de la Francophonie au Vietnam, Jaime Peypoch, pour qu’il nous partage sa vision de la francophonie : « Le défi principal pour le français au Vietnam est d’éviter de devenir une langue purement académique ou élitiste »

    Lesfrancais.press : « Pourquoi la Francophonie est-elle importante pour vous ? »

    Jaime Peypoch : « La Francophonie est bien plus qu’un simple ensemble de pays partageant une langue commune : elle incarne un espace d’échanges culturels, d’éducation et de coopération internationale. Au Vietnam, elle joue un rôle particulier. Car elle permet de maintenir un lien historique avec la langue et la culture françaises, tout en offrant des opportunités aux jeunes générations. Elle représente aussi un atout dans les relations diplomatiques et économiques entre le Vietnam et les pays francophones. »

    Lesfrancais.press : « Face à l’anglais, la langue française est-elle en voie de perdition au Vietnam ? »

    Jaime Peypoch : « Il est vrai que l’anglais domine aujourd’hui le paysage linguistique mondial, et le Vietnam ne fait pas exception. Il est souvent perçu comme la langue des affaires et des études internationales, ce qui pousse de nombreux étudiants et professionnels à le privilégier. Cependant, le français conserve une présence significative. Notamment grâce aux écoles bilingues, aux départements universitaires de français et aux nombreux partenariats éducatifs et culturels.

    Un festival de la Francophonie avec de la bonne humeur
    Un festival de la Francophonie avec de la bonne humeur

    Le défi principal pour le français au Vietnam est d’éviter de devenir une langue purement académique ou élitiste. Pour cela, il est essentiel de le rendre plus attrayant et utile dans la vie quotidienne et professionnelle.

    « Le Vietnam a une histoire riche avec la langue française, et il est possible de préserver cet héritage en l’adaptant aux attentes et aux besoins des nouvelles générations. »

    Jaime Peypoch

    Heureusement, des institutions comme l’Institut français, l’AUF, (Agence universitaire de la francophonie) l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie) et des associations comme Culture et Espace Francophones jouent un rôle important en proposant des événements, des concours et des échanges qui favorisent la Francophonie au Vietnam. »

    Lesfrancais.press : Comment mieux défendre la Francophonie au Vietnam et dans le monde ?

    Jaime Peypoch : « Pour renforcer la présence du français au Vietnam, plusieurs actions sont essentielles :

    Participants au festival de la Francophonie en 2024
    Participants au festival de la Francophonie en 2024
    • Développer l’enseignement du français : Augmenter le nombre d’écoles et de classes bilingues, renforcer la formation des enseignants et moderniser les méthodes pédagogiques pour rendre l’apprentissage du français plus interactif et motivant.
    • Créer plus d’opportunités professionnelles : Encourager les entreprises francophones à recruter des Vietnamiens parlant français, développer des stages et des programmes d’échanges pour montrer aux jeunes que le français peut être un atout dans leur carrière.
    • Valoriser la culture francophone : Multiplier les événements culturels (cinéma, musique, gastronomie, littérature) pour montrer que le français n’est pas qu’une langue d’étude, mais aussi une langue vivante, créative et inspirante.
    • Renforcer la coopération avec les pays francophones : Encourager les universités à nouer plus de partenariats avec des institutions francophones, faciliter les échanges étudiants et promouvoir la recherche scientifique en français via Erasmus francophone.
    • Utiliser les nouvelles technologies : Créer des contenus numériques en français adaptés aux jeunes Vietnamiens, comme des vidéos, des podcasts ou des applications d’apprentissage interactives.

    Le Vietnam a une histoire riche avec la langue française, et il est possible de préserver cet héritage en l’adaptant aux attentes et aux besoins des nouvelles générations. D’ailleurs, cette influence se retrouve toujours dans la langue vietnamienne avec des mots d’origine française comme cà phê (café), pho mát (fromage) ou encore ga (gare). La Francophonie ne doit pas être perçue comme un héritage du passé, mais comme une opportunité pour l’avenir. »

    Pour s’inscrire et participer au Festival de la Francophonie au Vietnam le 29 mars 2025 :


    Logo du festival de la Francophonie 2025


    S’inscrire

  • Lancement des assises de la protection sociale

    Lancement des assises de la protection sociale

    Cette 42eme session plénière de l’AFE marque le lancement des Assises de la protection sociale pour les Français de l’étranger. Ce débat s’ouvre notamment grâce à une initiative des élus consulaires soutenue par le gouvernement. C’est d’ailleurs la première fois qu’une telle organisation se déploie sur le sujet des aides aux expatriés. D’autant plus que les mesures de soutien à destination de nos ressortissants à l’étranger restent une exception dans le monde. Lesfrancais.press vous explique pourquoi ces dispositifs sont uniques, et vous partage également ce qu’il fallait retenir de cette séance inaugurale à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE).

    La protection sociale des expatriés, une exception française ?

    C’est en effet à l’AFE que le coup d’envoi des Assises de la protection sociale pour nos compatriotes hors de France a été donné. Et c’est le ministre délégué aux Français de l’étranger Laurent Saint-Martin qui les a inaugurées. Dès les premiers mots, il a souligné l’importance de ce débat qui s’ouvre : « c’est un enjeu structurant pour mon action à la tête de ce ministère », la protection sociale constituant une de ses priorités.

    « Nos dispositifs d’accompagnement et de protection sociale des Français de l’étranger n’ont pas d’équivalent dans le monde »

    Laurent Saint-Martin, ministre délégué aux Français de l’étranger

    Le soutien « social » accordé par la France à ses expatriés est cependant une exception : « nos dispositifs d’accompagnement et de protection sociale des Français de l’étranger n’ont pas d’équivalent dans le monde » a souligné le membre du gouvernement en ouverture de ces Assises.

    Laurent Saint-Martin ministre délégué aux Français de l'étranger
    Laurent Saint-Martin ministre délégué aux Français de l’étranger

    En effet, en France, le principe de territorialité s’applique normalement pour les prestations sociales sur la base d’un modèle contributif. Chacun y participant, soit par des cotisations directes, soit par l’impôt et des taxes. Ainsi, le principe de solidarité nationale s’applique aux personnes résidant sur le territoire national, conformément au code la sécurité sociale.

    « En 2025, 132 M€ sont destinés à la protection sociale des Français de l’étranger »

    Laurent Saint-Martin, ministre délégué aux Français de l’étranger

    Or, une dérogation aux principes exposés précédemment existe pour que nos ressortissants vivant hors de France puissent accéder à certaines aides. Que ce soit au niveau social, ou dans le domaine de la santé, celui de l’éducation ou bien du handicap par exemple. Si bien qu’une ligne budgétaire existe dans les Finances de l’État. Ainsi, en 2025, 132 M€ sont destinés à la protection sociale des Français de l’étranger. 

    Protection sociale des expatriés, un modèle à repenser ?

    Mais ce modèle à destination des expatriés semble vieillissant au regard de l’évolution démographique de nos compatriotes qui ont tenté l’aventure à l’international. Comme l’a ainsi déclaré la présidente de l’AFE, Hélène Degryse (élue du Benelux), à la tribune : « il est grand temps d’adapter les mécanismes existants. »

    Hélène Degryse présidente de l'AFE
    Hélène Degryse présidente de l’AFE

    Ouvrant également les travaux des Assises, l’élue venant des Pays-Bas s’est réjouie « d’écrire un nouveau chapitre », de pouvoir « organiser ce moment unique d’expression collective ». Et cela dans l’objectif de proposer des mesures « justes et réalistes pour la protection sociale » des Français de l’étranger.

    « Les assises de la protection sociale : une caisse de résonnance des citoyens français partout dans le monde »

    Florian Bohème, Président commission Affaires sociales AFE

    Son collègue, Florian Bohême, président de la Commission des Affaires sociales de l’AFE et co-instigateur de ces Assises, souhaite également que ce débat qui s’ouvre soit une « caisse de résonance des citoyens français partout dans le monde ». Mais le budget viendra sans doute contraindre certaines idées. D’ailleurs le ministre délégué en charge des Français de l’étranger a mentionné, au cours de son allocution, que la réflexion sur les aides devait « tenir compte des réalités budgétaires qui s’imposent » à la France, et qu’il s’agissait surtout « d’optimiser les dispositifs existants ».

    « Il est grand temps d’adapter les mécanismes existants. »

    Hélène Degryse, présidente de l’AFE

    Toutefois, en réponse au membre du gouvernement, Florian Bohême (élu Asie et Océanie) a insisté pour que l’on ne s’astreigne pas uniquement à ce que « coûte la protection sociale mais aussi savoir combien cela rapporte à la France. » Le débat est donc lancé avec un objectif commun. Aboutir à des « propositions utiles, réalistes et opérationnelles », et « ne pas avoir de tabou ni de totem », pour « faire de ces Assises un succès » comme l’ambitionne aussi Laurent Saint-Martin. Les conclusions sont attendues pour le 10 octobre 2025, date de la 43eme session plénière de l’AFE.

    Quelle organisation pour les Assises de la protection sociale ?

    Pour mener à bien les travaux de ces Assises de la protection sociale des Français de l’étranger et permettre au plus grand nombre de s’exprimer. Trois grands thèmes ont été retenus et trois rapporteurs issus de l’AFE ont été désignés pour chacun d’entre eux, à savoir :

    • Alexandre Barrière-Izard (Groupe Solidaire et Indépendants) pour le sujet des aides sociales,
    • Franck Barthelemy (Groupe Indépendants, démocrates et progressistes) pour les travaux concernant la Caisse des Français de l’étranger (CFE)
    • Chantal Picharles (Groupe Écologie & Solidarité) sur la thématique des bourses scolaires, y compris les bourses AESH (Accompagnement des élèves en situation de handicap).
    Élus, experts et associations impliqués dans les Assises de la protection sociale
    Élus, experts et associations impliqués dans les Assises de la protection sociale

    Outre ces élus, une équipe d’experts a aussi rejoint le pôle de ces Assises de la protection sociale, notamment :

    • Clément Cadoret, Directeur général délégué du Cnous (Centre national des œuvres universitaires et scolaires)
    • Serge Mucetti, ancien ambassadeur de France
    • Catherine Pajares Y Sanchez, membre du CESE (Conseil économique social et environnemental)
    • Marie-Christine Peltier-Charrier, Ainsi, docteure en anthropologie sociale
    • Eric Signarbieux, délégué général de l’Unccas (Union nationale des centres communaux d’action sociale)

    Afin de permettre le plus d’interactivité possible avec les expatriés qui le souhaiteront, la Commission nationale du débat public (CNDP) apporte également son concours aux Assises pour garantir une consultation ouverte et transparente.

    Assises : Inscrivez-vous pour participer à la prochaine réunion du 13 mars

    Dans la continuité de cette ouverture officielle, un premier débat s’est notamment tenu. Il s’agissait d’auditionner la Cour des comptes qui a publié un rapport sur les services consulaires. Et dès ce jeudi 13 mars à 11h (heure de Paris), une nouvelle réunion se tiendra sur le thème « Aides sociales directes et indirectes pour les Français de l’étranger – État des lieux, retours d’expériences et perspectives d’amélioration. ». Parmi les intervenants, Amélia Lakrafi, et Karim Ben Cheikh, Députés des Français de l’étranger. Si vous souhaitez participer en visioconférence, inscrivez-vous en amont en cliquant ici.

    Retenez également la date du 24 mars. C’est ce jour que seront mis en ligne sur le (nouveau) site de l’AFE les éléments pour participer activement à la consultation citoyenne des Assises. 

    Les prochains rendez-vous seront communiqués dans les jours qui arrivent. Lesfrançais.press, partenaire media de ces Assises de la protection sociale des Français de l’étranger, vous relayera toutes les informations utiles.

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