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  • Première victime de la guerre douanière : le commerce agricole

    Première victime de la guerre douanière : le commerce agricole

    L’UE se retrouve dans une situation délicate alors que le président américain Donald Trump met à exécution ses menaces de droits de douane qui ont déjà perturbé les flux commerciaux agricoles et alimentaires, et pourraient déclencher une guerre commerciale mondiale.

    Le Canada a rapidement riposté aux droits de douane généraux de 25 % décrétés par Donald Trump, également appliqués au Mexique, en ciblant un large éventail de produits agroalimentaires.

    Le Premier ministre Justin Trudeau a annoncé des droits de douane immédiats sur 30 milliards de dollars (28 milliards d’euros) de marchandises américaines. Notamment des produits agricoles comme les légumes, les fruits, les noix, les épices, les produits laitiers, les céréales, les oléagineux, le café, le thé, la volaille, les œufs, les œufs fécondés et les jaunes d’œuf.

    Des droits de douane canadiens supplémentaires d’un montant de 125 milliards de dollars (118 milliards d’euros) devraient entrer en vigueur dans 21 jours.

    Des ripostes de droits de douane de la Chine

    La Chine a aussi riposté à une nouvelle taxe de 10 % imposée par les États-Unis, en imposant des droits de douane réciproques de 10 à 15 % sur 21 milliards de dollars (20 milliards d’euros) de produits agroalimentaires américains, y compris le soja, la plus grande exportation agricole des États-Unis vers le géant asiatique, qui devraient entrer en vigueur la semaine prochaine.

    Le Mexique devrait annoncer des tarifs douaniers de rétorsion dimanche, selon l’agence AP.

    En réponse aux droits de douane américains, le porte-parole de la Commission européenne chargé du commerce, Olof Gill, a pointé le fait que les tarifs douaniers imposés au Mexique et au Canada « menacent les chaînes d’approvisionnement profondément intégrées, les flux d’investissement et la stabilité économique de part et d’autre de l’Atlantique ».

    Les droits de douane imposés par l'administration Trump sur les produits canadiens auront une incidence sur les prix et la disponibilité de certains aliments dans les épiceries. (Nick Lachance/Toronto Star via Getty Images)
    Les droits de douane imposés par l’administration Trump sur les produits canadiens auront une incidence sur les prix et la disponibilité de certains aliments dans les épiceries. (Nick Lachance/Toronto Star via Getty Images)

    Au-delà des mesures spécifiques à certains pays, Donald Trump a laissé entendre qu’il instaurerait des droits de douane sur les importations de produits agroalimentaires à partir du 2 avril.

    « Aux grands agriculteurs des États-Unis : Préparez-vous à commencer à fabriquer beaucoup de produits agricoles destinés à être vendus À L’INTÉRIEUR des États-Unis. Les tarifs douaniers s’appliqueront aux produits extérieurs le 2 avril. Amusez-vous bien »a publié le président américain sur sa plateforme de médias sociaux Truth Social.

    Toutefois, l’approche autosuffisante de Donald Trump pourrait s’avérer contraignante dans certains secteurs, notamment celui des œufs et de la volaille. Les États-Unis sont confrontés à des prix records pour les œufs et à des pénuries dues à une épidémie généralisée de grippe aviaire qui a durement touché la production.

    L’UE doit suivre…

    En Europe, les producteurs de denrées alimentaires s’inquiètent des droits de douane potentiels, car Donald Trump a dénoncé à plusieurs reprises le déséquilibre commercial agricole entre l’UE et les États-Unis.

    L’association des agriculteurs italiens Coldiretti a averti mardi que les droits de douane sur les produits alimentaires italiens, des pâtes au fromage, pourraient alimenter le marché américain des produits de contrefaçon fabriqués en Italie. « Nous craignons qu’un droit de douane de 25 % sur les produits alimentaires italiens n’entraîne une hausse des prix pour les consommateurs américains et ne les pousse à acheter des produits moins chers, à commencer par les « faux » produits italiens », a déclaré Coldiretti, faisant allusion aux produits fabriqués dans le Wisconsin, en Californie et dans l’État de New York.

    L’association a ajouté que, durant la première administration Trump, les exportations agroalimentaires italiennes vers les États-Unis. Comme les fruits, le fromage, la viande, les confitures, le vin et les spiritueux, ont diminué en valeur.

    Spirits Europe a déclaré à Euractiv qu’elle avait appelé l’UE et les États-Unis mardi à travailler ensemble pour maintenir le commerce transatlantique de spiritueux sans droits de douane.

    « Les États-Unis représentent un marché critique — plus d’un quart de nos exportations y sont destinées », a rappelé à Euractiv le secrétaire général de l’association européenne de l’industrie du vin, Ignacio Sanchez Recarte. « Nous sommes évidemment très inquiets de l’imposition potentielle de droits de douane et de l’effet négatif qu’ils auraient sur un secteur qui ne connaît pas ses meilleurs moments. »

  • La lutte pour les droits des femmes : un combat universel et quotidien

    La lutte pour les droits des femmes : un combat universel et quotidien

    Écouter le podcast avec Mélanie Vogel

    Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, est une date symbolique. Toutefois, celle-ci ne doit pas faire oublier que la lutte pour l’égalité est un combat de tous les jours. Pour Lesfrancais.press, Mélanie Vogel, sénatrice « les écologistes » représentant les Français établis hors de France, revient sur les enjeux. Au cours de son interview, elle pointe aussi les avancées nécessaires pour les droits des femmes en France et dans le monde.

    Un droit à l’avortement protégé mais encore fragile

    Concernant le 8 mars, pour notre invitée, « cette journée est essentielle car elle permet aux féministes du monde entier de se rassembler et de perpétuer un mouvement de mobilisation ». Consciente que la lutte est loin d’être terminée, Mélanie Vogel explique « notre combat ne s’arrête pas le 8 mars. Il s’agit à la fois de résister aux reculs des droits des femmes et d’en conquérir de nouveaux. »

    Mélanie Vogel, sénatrice des Français de l'étranger
    Mélanie Vogel, sénatrice des Français de l’étranger

    Alors qu’il y a tout juste un an, le 4 mars 2024, la France inscrivait dans sa Constitution la liberté pour les femmes de recourir à l’interruption volontaire de grossesse. La sénatrice a souhaité porter ce combat au cœur de l’Union européenne. « Depuis le départ, nous avions en tête que cette bataille nous dépassait largement puisque nous vivons dans un moment où une forme d’Internationale des Réactionnaires, comme je l’appelle, qui va des États-Unis de Trump à la Russie de Poutine, veut s’attaquer à notre modèle de société et s’attaque en priorité aux droits des femmes et en particulier au droit à l’avortement. »

    « Les Françaises vivant à l’étranger sont confrontées à des difficultés supplémentaires en cas de violences sexistes et sexuelles. »

    Mélanie Vogel, sénatrice des Français établis hors de France

    Dans ce contexte, Mélanie Vogel souhaite que le France soit le phare qui éclaire un chemin de progrès et plaide pour que le droit à l’IVG intègre la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. « C’est une initiative complexe car elle nécessite l’unanimité des États membres, ce qui implique le vote de dirigeants comme Viktor Orban ou Giorgia Meloni. Cependant, l’initiative citoyenne européenne My Voice, My Choice a déjà récolté un million de signatures. Elle vise à garantir un accès gratuit à l’IVG pour les femmes vivant dans des pays européens où l’avortement est interdit. J’invite tout le monde à la soutenir. »

    Violences à l’étranger, les femmes face à des difficultés accrues

    En tant que représentante des Français de l’étranger, Mélanie Vogel reste particulièrement vigilante aux situations de vulnérabilité rencontrées par les femmes expatriées. « Les Françaises vivant à l’étranger sont confrontées à des difficultés supplémentaires en cas de violences sexistes et sexuelles : isolement, barrières linguistiques, dépendance économique, absence d’accès à des structures d’aide, voire un cadre légal défavorable. Et si les violences sont un fléau universel, les subir à l’étranger rend les choses encore plus difficiles », partage-t-elle à notre micro.

    « Nous travaillons avec le ministère de la Justice et celui de l’Intérieur pour rendre certains services accessibles aux Françaises de l’étranger, comme entre autres, le dépôt de plainte en ligne. »

    Mélanie Vogel, sénatrice des Français établis hors de France

    Pour mieux accompagner les femmes, la sénatrice milite pour une adaptation des dispositifs français : « Nous travaillons avec le ministère de la Justice et celui de l’Intérieur pour rendre certains services accessibles aux Françaises de l’étranger, comme entre autres, le dépôt de plainte en ligne. »

    Mélanie Vogel sénatoriales
    Mélanie Vogel sénatoriales

    Elle insiste également sur le rôle des consulats : « Il faut former les agents, identifier les associations locales, les avocats, les psychologues et surtout, sensibiliser et mettre à disposition des informations claires et actualisées. »

    Des priorités claires pour l’avenir

    « J’ai deux grands combats en ce moment » affirme Mélanie Vogel. « D’abord, faciliter l’accès à l’IVG pour les femmes à l’étranger, notamment en délivrant des visas pour celles qui en ont besoin ou en mettant en place des aides pour leur rapatriement si l’IVG est interdite dans leur pays de résidence. Ensuite, je milite pour une modification de la définition pénale du viol. Il est temps de passer de la culture du viol à une culture du consentement en affirmant dans la loi qu’un acte sexuel non consenti est un viol. »

    Définitivement engagée, la sénatrice Mélanie Vogel poursuit inlassablement son combat pour les droits des femmes, en France, en Europe et au-delà.

  • 250 Jeunes musiciens et chanteurs fêteront à Lisbonne les 11 ans de l’orchestre de l’AEFE

    250 Jeunes musiciens et chanteurs fêteront à Lisbonne les 11 ans de l’orchestre de l’AEFE

    250 Jeunes musiciens et chanteurs accueillis à partir du 3 avril à Lisbonne au lycée français fêteront les 11 ans de la création de l’orchestre de l’AEFE.

    L’Orchestre des lycées français du monde est devenu l’Orchestre et Chœur des lycées français du monde (OCLFM). Le dernier concert triomphal de celui-ci s’est déroulé en avril dernier à Bruxelles. Il a scellé définitivement ce changement d’appellation : les instrumentistes sont désormais accompagnés de choristes sur scène. Un choix d’ouverture pour permettre à des élèves moins chevronnés musicalement de connaître leur première expérience artistique de haut niveau.

    Édition 2024 du concert à Bruxelles
    Édition 2024 du concert à Bruxelles

    À la baguette, une passionaria de la musique : Adriana Tanus, fondatrice et animatrice de cette formation musicale qu’elle entraîne vers un nouveau défi.  Les élèves du réseau de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) retenus dans l’OCLFM auront cette année un grand rendez-vous à honorer. Du 3 au 14 avril 2025 le lycée français de Lisbonne accueillera les jeunes talents de l’orchestre de l’AEFE. Formation, répétitions et concerts s’enchaîneront pour un moment d’avance riche en émotion. 

    Quel que soit leur niveau tous progresseront

    400 candidatures ont été enregistrées depuis octobre pour 73 musiciens et 43 choristes finalement retenus. Un nombre record d’aspirants. 5 instrumentistes et 3 choristes issus du Portugal ont été sélectionnés. S’ajouteront à eux les membres de la chorale de CM2 et du lycée lisboète pour plus de 250 participants qui connaîtront la scène.

    La formation musicale intégrera comme chaque année un large panel géographique d’élèves issus des 5 continents. Avec des contingents importants venant de la zone ibérique, de l’Allemagne et de l’Europe centrale pour les plus représentés.

    « La musique est ce passeport universel qui permet à tous ces élèves d’oublier un état du monde souvent anxiogène »

    Parmi eux des musiciens qui tutoient déjà le haut niveau et se destinent à des carrières musicales. Mais la formation compte surtout des musiciens qui poursuivront des parcours scolaires classiques. À leur côté, et parmi les choristes, des élèves qui se jettent à l’eau poussés par le défi de la scène. Mais également des chanteurs occasionnels et des musiciens qui joueront pour la première fois en orchestre.

    Quel que soit leur niveau tous progresseront sous la direction de professeurs de musiques qui ne ménagent pas leur temps et leur énergie pour être au rendez-vous le jour J. La musique est ce passeport universel qui permet à tous ces élèves d’oublier un état du monde souvent anxiogène pour prendre du plaisir ensemble sur scène.

    Un orchestre qui fête ses dix ans

    Le projet de réunir des jeunes du réseau AEFE dans un orchestre a été lancé en 2015 à l’initiative d’Adriana Tanus, professeur d’éducation musicale au lycée français de Madrid. Les élèves qui le composent sont scolarisés de la 6ème à la Terminale.

    « Cet Orchestre et Chœur des lycées français du monde est une expérience fondatrice pour des jeunes en développement personnel et artistique. »

    L’objectif est de créer des interactions entre enfants et adolescents issus d’établissements et de cultures différents. De les préparer pour une prestation sur scène de haut niveau. Entre fraternité et exigence artistique, entre multiculturalité et rencontres francophones, cette initiative est devenue très vite emblématique pour l’AEFE. Une vitrine. Une expérience fondatrice pour des jeunes en développement personnel et artistique.

    Le concert de 2023 à Vienne
    Le concert de 2023 à Vienne

    Au départ les premières éditions étaient accueillies à Paris avec un partenariat noué avec l’orchestre de Radio France. L’orchestre est désormais itinérant et un lycée est choisi chaque année pour accueillir l’évènement.

    De Bruxelles à Lisbonne.

    La dernière édition de l’OLFM à Bruxelles a vu une salle debout acclamer une prestation haut de gamme. Chacun s’est dépassé et a donné son meilleur. Et tous ces jeunes sont repartis avec des souvenirs pour la vie après un moment catalyseur.

    Pour les établissements du réseau AEFE volontaires pour l’organisation de l’édition annuelle de l’orchestre, les exigences ne sont pas minces. Professeurs et équipes de direction sont sur le pont pour imaginer la meilleure configuration, trouver les salles de concert, et solliciter les familles.  L’accueil de ces jeunes issus du monde entier se fait sur la base du bénévolat.  La coordination logistique est intense et les répétitions s’enchaînent à distance avant de se retrouver sur place. À un mois de l’évènement à Lisbonne une saine pression est là et l’adrénaline monte.

    Une chose est sûre pour ces jeunes venus de tous les coins du monde : Ils convergeront tous vers la capitale portugaise le cœur battant.

    Nous avons interrogé la fondatrice et promotrice de ce formidable orchestre, Adriana Tanus. La professeur et chef d’orchestre nous explique la dimension francophone de ce projet et présente l’ensemble des valeurs qui le sous-tendent.

    Lesfrancais.press : « La dernière édition de l’orchestre des lycées français du monde à Bruxelles a été un succès. Quel est le projet de cette année ? »

    Adriana Tanus : « L’AEFE a fait de l’année scolaire 2024-2025 dans le réseau une Année de la francophonie. Il est donc naturel que le projet de cette année ait été construit en prenant en compte une majorité de compositeurs français ou francophones. Par ailleurs, nous avons également mis l’accent sur l’opéra, notamment avec des œuvres d’Offenbach et Gounod en corpus, où le travail vocal sera accompagné par un travail de mise en scène, qui, même s’il n’est pas trop ambitieux, permet de travailler ces éléments. »

    Lesfrançais.press : « Vous aviez innové en associant un chœur à l’orchestre classique. Cette formule sera t-elle reconduite ? »

    Adriana Tanus : « Non seulement a-t-elle été reconduite, mais officialisée. Désormais, l’OLFM est devenu l’Orchestre et Chœur des Lycées Français du Monde, OCLFM, ce qui me rend particulièrement heureuse car j’ai toujours associé les chœurs aux ensembles que je dirige.

    « L’idéal serait d’introduire la musique instrumentale dans le sein même du parcours pédagogique de nos élèves, au même titre que les mathématiques. »

    Adriana Tanus, chef d’orchestre OCLFM

    De plus, cette formule facilite l’intégration dans le projet de pays dont la tradition musicale classique n’est pas suffisante pour permettre d’avoir des candidatures d’instrumentistes, mais qui ont de très belles voix. »

    Lesfrancais.press : « Le projet attire une jeunesse qui possède une formation musicale solide et une jeunesse qui parfois fait ses premiers pas sur scène à travers le chant. Comment démocratiser encore l’accès à la musique ? »

    Adriana Tanus : « En y rajoutant une chorale, d’abord. Je dirais plus, en créant une chorale dans toutes les écoles. Mais, surtout, l’idéal serait d’introduire la musique instrumentale dans le sein même du parcours pédagogique de nos élèves, au même titre que les mathématiques, le français, l’histoire ou que le sport.

    Adriana Tanus, la chef d'orchestre
    Adriana Tanus, la chef d’orchestre

    Comme ce dernier, la musique permet de renforcer des éléments clés, tels que le travail en équipe, le respect des différences ou le savoir-vivre ensemble, mais aussi l’importance de l’écoute active, de la connaissance de soi, de l’effort et de la discipline. L’apprentissage d’un instrument implique un travail de motricité, coordination, intellectuel… Mais il nécessite aussi d’une implication émotionnelle et d’un travail de la sensibilité. Le secret consiste à faire que ce chemin soit aussi amusant que sérieux. »

    Lesfrancais.press : « Vous êtes la fondatrice de cet orchestre. Votre énergie et votre enthousiasme sont entraînants. Les élèves vous suivent et vous font confiance. Quels sont les moteurs de cette ambition musicale et de la volonté de transmettre puisque vous êtes aussi professeur de musique ? »

    Adriana Tanus : « Ce sont justement les éléments qui sont au cœur de la pédagogie : la volonté de transmettre, mais surtout de partager avec ces musiciens. Certains deviendront des instrumentistes, d’autres suivront des chemins bien différents. Mais, pour tous eux, la musique les accompagnera tout de long de leur vie d’une façon particulière. »

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 07.03.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 07.03.2025

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés du 7 mars. Dans les titres de l’édition de ce vendredi : un baromètre pour mieux connaître les expatriés, les dernières actualités de la Caisse des Français de l’étranger et Sommet européen extraordinaire sur la défense

    Un baromètre pour mieux connaître les besoins des expatriés

    Pour mieux connaître les expatriés, le parti de François Bayrou, le MoDem a lancé un baromètre. Grâce à cette initiative, la formation politique du Premier ministre souhaite identifier les besoins des Français(es) résidents à l’étranger. Les sujets abordés sont multiples, allant de la santé à la vie consulaire, en passant par l’attachement ou non des interrogés avec la France. Pour la Présidente du Mouvement Démocrate des Français à l’Étranger, Marianne Magnin, cette initiative devrait permettre «de faire émerger des thématiques insoupçonnées et des propositions novatrices en vue de contribuer au bien-être de nos concitoyens. » Les résultats de ce baromètre seront diffusés par Lesfrancais.press, En attendant cette publication, les premières tendances ont été partagées ce 6 mars à Laurent Saint-Martin, le ministre délégué en charge des Français de l’étranger.

    Baromètre MoDem pour les expatriés
    Baromètre MoDem pour les expatriés

    Démission à la Caisse des Français de l’étranger

    Depuis plusieurs mois, la Caisse des Français de l’étranger est au centre de toutes les attentions. La question de sa survie a même été posée. L’idée d’une réforme est en cours. C’est dans ce contexte que Khadija Belbachir-Belcaid, élue des Français du Maroc, a démissionné de son poste au conseil d’administration de la CFE. Dans une interview au média Lesfrancais.press, elle explique sa position. Pour l’élue consulaire, « il est hors de question qu’une réforme serve d’alibi pour liquider une dimension de solidarité à laquelle nous sommes attachés. » Elle estime aussi que « la participation de l’État au budget de la CFE est aujourd’hui indigente ». De quoi alimenter le débat des Assises de la protection sociale des expatriés » qui s’ouvre le 10 mars, et au cours de laquelle une session sur l’avenir de la Caisse des Français de l’étranger est programmée.

    Caisse des Français de l’étranger : Khadija Belbachir-Belcaid explique sa démission du CA
    Caisse des Français de l’étranger : Khadija Belbachir-Belcaid explique sa démission du CA

    Sommet européen extraordinaire sur la défense à Bruxelles

    Après son allocution aux Français, le Président Macron s’est rendu à Bruxelles pour un sommet extraordinaire sur la Défense. Les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont notamment reçu le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Alors que de nouveaux rapprochements s’opèrent entre Vladimir Poutine et Donald Trump, l’UE a voulu afficher son unité. Au-delà de cette image, l’investissement massif dans le développement de la défense européenne a aussi été évoqué. Mais cela sera-t-il pour autant suffisant pour faire face à toutes les menaces actuelles ?

    C’est tout pour le flash quotidien des expatriés de ce vendredi. On se retrouve lundi, en attendant passez le meilleur des week-ends possibles.

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Caisse des Français de l’étranger : Khadija Belbachir-Belcaid explique sa démission du CA

    Caisse des Français de l’étranger : Khadija Belbachir-Belcaid explique sa démission du CA

    Alors que la Caisse des Français de l’étranger (CFE) est au centre de toutes les attentions, nous recevons l’ancienne membre du conseil d’administration (CA), madame Khadija Belbachir-Belcaid. Elue locale des Français du Maroc, elle siégeait au CA de la CFE depuis 2022. Elle vient d’annoncer sa démission. Pourquoi ce choix ? Quel est son objectif ? Pour Lesfrancais.press, elle s’explique et nous a répondu sans détour : « il est hors de question qu’une réforme serve d’alibi pour liquider une dimension de solidarité à laquelle nous sommes attachés. »

    Lesfrancais.press :« Madame Khadija Belbachir-Belcaid, vous étiez membre du conseil d’administration de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) suite à l’élection de 2022 à laquelle vous vous étiez présentée. Quelle était votre vision de l’institution et quels étaient les objectifs de votre candidature ?

    Khadija Belbachir-Belcaid : « Ma candidature était soutenue par l’association Français du monde et portée par le groupe Écologie & solidarité qui à l’Assemblée des Français de l’étranger, rassemble tous les élus de la gauche et de l’écologie, encartés ou non. C’est un mandat qui s’inscrit dans une démarche collective.

    Khadija Belbachir-Belcaid, élue des Français du Maroc (Rabat)
    Khadija Belbachir-Belcaid, élue des Français du Maroc (Rabat)

    Notre vision et nos objectifs étaient clairs pour la Caisse des Français de l’étranger (CFE) : une caisse de sécurité sociale vraiment solidaire, qui assure une mission de service public et réalise une véritable solidarité nationale pour les Français de l’étranger. Elle est un support essentiel à la solidité de nos communautés à l’étranger et l’État doit le comprendre.

    « Notre vision et nos objectifs étaient clairs pour la Caisse des Français de l’étranger : une caisse de sécurité sociale vraiment solidaire. »

    Khadija Belbachir-Belcaid, CdFe du Maroc (Rabat), Membre de l’AFE

    Cette vision est toujours la nôtre et nos objectifs sont toujours de renforcer la caisse pour maintenir une offre de couverture-santé pour les Français de l’étranger avec une composante solidaire indispensable. La CFE propose des services uniques : la continuité de la couverture santé avec la France, la collecte de cotisations de retraite françaises. » 

    Lesfrancais.press : « Il y a quelques semaines, de nouvelles contraintes ont été décidées par le conseil d’administration de la CFE, notamment la suspension du 1/3 payant pour les contrats historiques, la hausse des cotisations, etc. Ces décisions sont-elles à l’origine de votre démission ? »

    Khadija Belbachir-Belcaid : « Avec notre groupe Écologie et Solidarité à l’AFE, nous regrettons ces mesures et j’ai souhaité marquer un désaccord franc à travers cette démission. Nous déplorons que l’État, faute d’action, mette la caisse dos au mur, dans une situation où pour sauver une jambe on doit en sacrifier une autre.

    « Nous n’admettons plus que l’État se défausse sur le conseil d’administration de la CFE. »

    Khadija Belbachir-Belcaid, CdFe du Maroc (Rabat), Membre de l’AFE

    Ma démission est une première alerte que nous adressons à l’État. Nous n’admettons plus qu’il se défausse sur le conseil d’administration qui n’a pas mandat pour liquider la mission de solidarité de la caisse, celle-ci est inscrite dans ses statuts et dans le code de la Sécurité sociale.

    CFE
    CFE

    Les choses sont claires, la participation de l’État au budget de la caisse est aujourd’hui indigente, loin de couvrir la mission de service public qu’elle assume. C’est d’ailleurs ce que dit aussi l’association Français du monde à travers sa pétition lancée il y a quelques jours. D’autres actions viendront bientôt s’y ajouter pour sensibiliser les Français et les assurés. »

    Lesfrancais.press : « Cependant avec les faibles marges de manœuvre liées au statut si particulier de cette caisse, le gel des tarifs des clients dits historiques, la compétition internationale, le conseil d’administration de la CFE avait-il d’autres choix ? »

    Khadija Belbachir-Belcaid : « Encore une fois, le conseil d’administration n’a pas de mandat pour décider l’abandon de la mission de service public de la CFE. Les décisions qu’il a prises sont contraintes par un contexte financier, comme vous le dites.

    « La participation de l’État au budget de la CFE est aujourd’hui indigente, loin de couvrir la mission de service public qu’elle assume. »

    Khadija Belbachir-Belcaid, CdFe du Maroc (Rabat), Membre de l’AFE

    Il est essentiel et primordial que l’État prenne sa part financièrement aux missions de service public qu’il a délégué à la caisse et qui font sa spécificité. Partant de cette hypothèse, la caisse peut équilibrer ses comptes sans avoir à dégrader la couverture de ses assurés. »

    Lesfrancais.press : « Finalement, est-ce que le corps politique national ne devrait pas prendre en charge ce dossier en faisant évoluer le statut de la CFE comme certains le demandent ou pour mieux subventionner celle-ci comme l’a proposé Karim Ben Cheikh lors de l’étude du budget 2025 ? »

    Khadija Belbachir-Belcaid : « Les deux approches ne sont pas antagonistes. Aujourd’hui l’inertie de la décision publique condamne la caisse car, comme je le disais plus tôt, le modèle économique sur lequel s’était construit l’équilibre de la caisse n’est plus. Elle doit se transformer et utiliser cette épreuve pour se réinventer et au contraire devenir plus forte.

    « La participation de l’État pour conforter cette dimension solidaire ne me paraît pas une demande irréaliste. »

    Khadija Belbachir-Belcaid, CdFe du Maroc (Rabat), Membre de l’AFE

    Mais pour nous il est hors de question qu’une réforme serve d’alibi pour liquider une dimension de solidarité à laquelle nous sommes attachés. La participation de l’État pour conforter cette dimension solidaire ne me paraît pas une demande irréaliste. Et pour ce faire, il nous faut alerter nos compatriotes pour qu’ils ne se fassent pas confisquer un débat important. »

    Lesfrancais.press : « Savez-vous qui vous succédera comme administrateur au conseil d’administration de la CFE ? Qu’allez-vous lui dire ? »

    Khadija Belbachir-Belcaid : « Le suivant de la liste Écologie et solidarité est Florian Bohême, élu des Français au Cambodge et président de la commission des Affaires sociales de l’AFE. Il est justement à l’initiative et le coordinateur des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger. C’est une personnalité libre, très engagée et qui a une voix forte, il est par ailleurs adhérent de la CFE.

    Khadija Belbachir-Belcaid et Florian Bohême en session à l'AFE
    Khadija Belbachir-Belcaid et Florian Bohême en session à l’AFE

    Comme je le disais, notre participation au Conseil d’administration de la caisse comme notre alerte aujourd’hui forment une démarche collective. Si Florian accepte ce mandat, je sais qu’il représentera les convictions défendues par notre groupe à l’Assemblée des Français de l’étranger et qu’il s’inscrira dans ce que j’ai toujours défendu. Il pourra compter sur moi et sur mon expérience passée au CA de la caisse. »

    Lesfrancais.press : « Comment imaginez-vous continuer d’œuvrer pour cette institution et nos compatriotes ou tournez-vous la page laissant la main au futur conseil d’administration ? Participerez-vous activement aux assises de la protection sociale dont un des sujets est axes quel avenir pour la CFE ?

    Khadija Belbachir-Belcaid : « Je continuerai d’œuvrer pour une sécurité sociale forte pour tous les Français de l’étranger. Je continuerai en tant qu’élue locale et à l’AFE, en tant que bénévole associative à Français du monde et au sein de l’association de Bienfaisance de Rabat, en tant que citoyenne. Et j’appelle chaque Français de l’étranger à faire connaître ses idées et sa vision d’une couverture santé à l’étranger à cette occasion ; Nous sommes tous concernés, et les Assises seront un moyen de le faire savoir. »

  • Le MoDem a lancé un baromètre des Français de l’étranger

    Le MoDem a lancé un baromètre des Français de l’étranger

    Mais quelles sont réellement les attentes de nos compatriotes vivant à l’étranger ? Quels sont leurs besoins ? Vivant hors des frontières nationales, sont-ils encore fiers d’être Français ? Ce ne sont en effet pas les interrogations qui manquent quand il s’agit de mieux comprendre le quotidien des expatriés. Et c’est pour apporter des éléments de réponse que le MoDem a lancé un baromètre des Français de l’étranger.

    Pour savoir pourquoi cette consultation a été créée et connaître la suite qui lui sera réservée, Lesfrancais.press a interrogé Marianne Magnin, la Présidente du Mouvement Démocrate des Français à l’Étranger (MDFE). Les résultats seront prochainement à découvrir. Et cette étude sera aussi envoyée au Premier Ministre, François Bayrou et aux membres du gouvernement concernés. De quoi transformer des idées en futures réformes ?

    ⁠Lesfrancais.press : « La section MoDem des Français de l’étranger réalise une consultation sur « les besoins et opinions des Français(es) résidents à l’étranger », pourquoi avoir entrepris cette démarche ? »

    Marianne Magnin : « Il ne s’agit pas de la première consultation des Français de l’étranger (FDE), notamment sur la qualité des services consulaires ou leurs préoccupations spécifiques. Cependant, notre objectif va au-delà : il s’agit de faire émerger, grâce à une large place laissée aux commentaires, des thématiques insoupçonnées et des propositions novatrices en vue de contribuer au bien-être de nos concitoyens et de la réforme de la France. Nous Français à l’étranger observons des contextes très variés et pouvons apporter une vision précieuse souvent négligée par une approche centralisée.

    « Il s’agit de faire émerger des thématiques insoupçonnées et des propositions novatrices en vue de contribuer au bien-être de nos concitoyens. »

    Marianne Magnin, Présidente MDFE

    Faire remonter auprès des décideurs des enjeux invisibles, ignorés ou des idées innovantes est une responsabilité politique. Loin d’une vision strictement ministérielle, ce sont les préoccupations locales qui mobilisent nos compatriotes. Il est donc essentiel de cerner avec précision leurs attentes et besoins, dans toutes leurs nuances et géolocalisation. Par exemple, la question des bourses scolaires à Madagascar revêt une importance critique, alors qu’elle est moins pertinente dans des pays à revenu moyen ou élevé.

    Baromètre MoDem pour les expatriés
    Baromètre MoDem pour les expatriés

    Le baromètre vise ainsi à mesurer ces disparités et à proposer des réponses adaptées plutôt que génériques. Nous avons également mis l’accent sur l’inclusivité, en veillant à ce que les voix de ceux qui se sentent « à la marge » soient entendues. La méthodologie retenue reflète cet engagement. »

    Lesfrancais.press « Concernant cette méthodologie, comment et par qui sont contactés les expatriés pour répondre à ce sondage ? »

    Marianne Magnin : « Nous avons fait appel au cabinet de conseil Weidemann, spécialisé dans la réalisation d’études pour les entreprises et acteurs publics. Il était essentiel d’adopter une méthodologie rigoureuse, tant pour la conception du questionnaire que pour sa diffusion, afin d’éviter les biais propres à certains réseaux et garantir la confidentialité des réponses grâce à une anonymisation totale des données, un point particulièrement sensible. Par ailleurs, pour assurer l’intégrité des résultats, l’accès a été limité aux citoyens enregistrés auprès de l’administration française, avec un seul questionnaire par répondant. L’adresse électronique renseignée dans la Liste Électorale Consulaire (LEC) a servi d’identifiant unique.

    @Adobestock
    @Adobestock

    Nous avons conscience que cette approche exclut certains de nos concitoyens non inscrits auprès de leur consulat ou ayant fourni une adresse erronée. Il leur appartient d’effectuer les démarches nécessaires pour être consultés. Afin de favoriser l’inclusion, nous avons également pris en compte la diversité linguistique des Français de l’étranger. Le questionnaire a ainsi été proposé en français, anglais, espagnol et allemand, reconnaissant le fait que certains binationaux ou expatriés de longue date maîtrisent mieux leur langue quotidienne que le français.

    « Nous avons cherché à comprendre ce qui constitue aujourd’hui le lien avec la France »

    Marianne Magnin, Présidente MDFE

    L’enquête, envoyée à l’ensemble de la LEC depuis l’une des adresses électroniques @lesdemocrates.fr, s’est déroulée du 20 février au 6 mars, sur une période volontairement courte pour limiter l’influence d’événements extérieurs sur les réponses. (Le lien était dirigé sur ce site du baromètre). Faire appel à un cabinet expert permet aussi de bénéficier d’outils d’analyse et de visualisation sophistiqués pour exploiter efficacement et rapidement des données quantitatives et qualitatives complexes. »

    Lesfrancais.press « Quels sont les sujets sur lesquels les Français de l’étranger sont interrogés ? »

    Marianne Magnin : « En filigrane, le questionnaire est construit autour de l’enjeu du lien, le constat étant que l’ordre du monde se fragmente et se barricade, que nos sociétés se fracturent et qu’une proportion grandissante de personnes souffre de désocialisation chronique.  Les deux premières thématiques concernent le sentiment d’appartenance, exploré sous deux angles : l’identité française et l’identité européenne. Alors que la diaspora française est dispersée de l’Albanie au Zimbabwe, en passant par le Kirghizistan, le Timor oriental, Trinité-et-Tobago, et le Togo, nous avons cherché à comprendre ce qui constitue aujourd’hui le lien avec la France et l’Europe. Ce lien existe-t-il encore ? Comment s’exprime-t-il et avec quelle intensité ? Quelle place l’Union européenne occupe-t-elle dans l’identité des Français de l’étranger, à une époque où l’Europe est menacée de toutes parts ?

    « Les résultats du sondage constituent une ressource précieuse pour le gouvernement et nourriront les échanges avec les ministères concernés.»

    Marianne Magnin, Présidente MDFE

    Les troisième et quatrième thématiques sont en apparence plus classiques. Elles traitent de la vie à l’étranger en termes de qualité de vie et de besoins spécifiques, mais aussi du lien entre Français et de leur intégration dans leur pays de résidence. Enfin sont abordés les services de l’État – consulaires quotidiens et en situation d’urgence, et quels sont les interlocuteurs privilégiés sollicités pour apporter de l’aide. »

    Lesfrancais.press « Les résultats sont attendus pour quand ? »

    Marianne Magnin : « Les premiers résultats chiffrés sont présentés dès ce jeudi 6 mars à notre ministre de tutelle, M. Laurent Saint-Martin. Grâce aux outils professionnels mis en place, nous disposons instantanément de ces premiers indicateurs. Il va de soi que l’analyse détaillée des données qualitatives, les croisements statistiques et la synthèse des résultats nécessiteront un temps supplémentaire.

    François Bayrou lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale le 18 février 2025
    François Bayrou lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale le 18 février 2025

    Nous avons pris l’engagement de partager ces conclusions de manière transparente. Il nous tient à cœur d’honorer cet engagement envers les milliers de répondants, dont près de 45 % ont sollicité un suivi, un taux d’engagement particulièrement élevé. Nous relayerons également les analyses saillantes sur nos réseaux sociaux (LinkedIn, IG, X, BlueSky, Threads, FB, sites du MDFE et de ses 11 territoires….), et bien sûr auprès de Lesfrancais.press ! »

    Lesfrancais.press : « Le Premier ministre François Bayrou est aussi MoDem, les résultats de ce sondage pourraient-ils servir de « boîtes à idées » pour le gouvernement ? »

    Marianne Magnin : « Absolument. Les résultats du sondage constituent une ressource précieuse pour le gouvernement et nourriront les échanges avec les ministères concernés. Toutefois, notre ambition dépasse cette seule dimension. Nous voyons ce baromètre comme une première étape : les pistes qui en émergeront devront être approfondies en concertation avec nos concitoyens.

    « François Bayrou a lancé une initiative visant à organiser des conventions citoyennes décentralisées (…) Nous attendons que ces conventions incluent les Français de l’étranger. »

    Marianne Magnin, Présidente MDFE

    Par ailleurs, cette démarche s’inscrit pleinement dans la dynamique annoncée récemment par le Premier ministre François Bayrou. La semaine dernière, il a lancé une initiative visant à organiser des « conventions citoyennes décentralisées » sur le thème : « Qu’est-ce qu’être français ? ». Nous attendons que ces conventions incluent les Français de l’étranger et qu’elles puissent être étendues à d’autres thématiques. Cette approche de gouvernance décentralisée et “bottom-up” nous semble être un levier essentiel pour rapprocher les citoyens de leurs gouvernants, administrations et représentants élus. C’est une forme de démocratie participative que nous voulons promouvoir activement au sein du MDFE. »

  • Ce qu’il fallait retenir de l’Allocution d’Emmanuel Macron

    Ce qu’il fallait retenir de l’Allocution d’Emmanuel Macron

    Écouter le sujet de la French Radio

    Le chef de l’État a pris la parole, hier, à 20 heures depuis l’Élysée « dans ce moment de grande incertitude où le monde est confronté aux plus grands défis ».

    « Rester spectateur serait une folie ».

    Emmanuel Macron a tenu une allocution ce mercredi 5 mars dans un contexte « de grande incertitude » et alors que « le monde est confronté à ses plus grands défis ». Cette prise de parole du président de la République survient la veille d’un sommet spécial de l’Union européenne qui cherche une réponse commune aux rapprochements entre les États-Unis et la Russie.

    Le président américain Donald Trump, qui a suspendu l’aide militaire américaine à Kiev après son accrochage avec Volodymyr Zelensky, a affirmé la nuit dernière que l’Ukraine est « prête » à négocier un accord avec la Russie.

    « La Russie est devenue une menace pour la France »

    Le président de la République, qui a estimé que nous entrons dans « une nouvelle ère » sur le plan international, a affirmé que les États-Unis « ont changé de position » sur la guerre en Ukraine.

    Pour le chef de l’État, « la Russie est devenue au moment, où je vous parle et pour les années à venir, une menace pour la France et pour l’Europe ». Il a également expliqué que Moscou « a déjà fait du conflit ukrainien un conflit mondial », « viole nos frontières pour assassiner des opposants, manipule les élections en Roumanie, en Moldavie », « organise des attaques numériques contre nos hôpitaux » et « tente de manipuler nos opinions avec des mensonges diffusés sur les réseaux sociaux ». Pour lui, « cette agressivité ne semble pas connaître de frontières ».

    Une réunion de chefs d’état-major de plusieurs pays

    Emmanuel Macron annonce que la France réunira la semaine prochaine à Paris les chefs d’état-major des pays prêts à garantir une future paix en Ukraine.

    Les réactions des Français à Londres
    Les réactions des Français à Londres

    La paix en Ukraine « passera aussi, peut-être, par le déploiement de forces européennes. Celles ci n’iraient pas se battre aujourd’hui, elles n’iraient pas se battre sur la ligne de front, mais elles seraient là, au contraire, une fois la paix signée, pour en garantir le plein respect », a déclaré le chef de l’État.

    Vers des « investissements supplémentaires » pour la défense

    Le président de la République déclare souhaiter des « investissements supplémentaires » dans le domaine de la défense « compte tenu de l’évolution des menaces ». Mais sans augmenter les impôts des Français.

    « Nous aurons à faire de nouveaux choix budgétaires et des investissements supplémentaires qui sont désormais devenus indispensables », a déclaré le chef de l’État. « Ce seront de nouveaux investissements qui exigent de mobiliser des financements privés, mais aussi des financements publics (…) pour cela, il faudra des réformes, des choix, du courage », a-t-il martelé.

    Un débat sur la dissuasion nucléaire élargie aux alliés

    Emmanuel Macron assure que la dissuasion nucléaire, « souveraine, française de bout en bout », « a toujours été et restera entre les mains du président de la République ». Il promet toutefois un débat stratégique sur la protection « de nos alliés européens » par la dissuasion nucléaire.

    Les taxes douanières américaines « incompréhensibles »

    Emmanuel Macron a jugé les taxes douanières américaines sur les marchandises européennes « incompréhensibles », et a dit « espérer en dissuader » le président américain Donald Trump.

    Le chef de l’Etat a indiqué qu’il fallait « nous préparer à ce que les Etats-Unis décident de tarifs douaniers sur les marchandises européennes ». Comme ils viennent de le confirmer à l’encontre du Canada et du Mexique. « Cette décision, incompréhensible tant pour l’économie américaine que pour la nôtre, aura des conséquences sur certaines de nos filières », a-t-il prévenu, et « ne restera pas sans réponse de notre part ».

  • L’étranger, bouc émissaire, enjeu de conquête.

    L’étranger, bouc émissaire, enjeu de conquête.

    Donald Trump a confirmé son intention d’imposer aux produits d’origine européenne des droits de douane de 25 % en affirmant que l’Union européenne « a été conçue pour entuber les États-Unis ». Jean Monnet, un des pères fondateurs de l’Europe, doit se retourner dans sa tombe. Lui qui fut accusé, à l’époque, par certains en Europe d’être atlantiste et stipendié par les Américains pour avoir lancé, après la Seconde Guerre mondiale, le processus de construction européenne.

    L’étranger – produits ou personnes immigrées – éternel bouc émissaire

    Le recours à la thèse du complot est une vieille tradition pour justifier des politiques déraisonnables. L’étranger – produits ou personnes immigrées – est pointé du doigt comme source de tous les problèmes en jouant le rôle d’éternel bouc émissaire.

    L’étranger - produits ou personnes immigrées - éternel bouc émissaire
    L’étranger – produits ou personnes immigrées – éternel bouc émissaire

    Le rapport qu’entretient une société avec l’étranger est un bon indicateur de mesure de sa confiance dans l’avenir. Dans l’histoire, les pays qui ont opté pour la fermeture de leurs frontières sur le plan tant commercial qu’humain ont bien souvent connu un irrémédiable déclin. Protectionnisme et déclin sont intimement liés en s’auto-alimentant. Certes, les États-Unis ont un problème de balance commerciale lié à un fort mouvement de désindustrialisation. Les grandes multinationales américaines ont pratiqué l’éclatement de leurs chaînes de production. Si la recherche et le marketing restent made in USA, la production est externalisée. Par ailleurs, pour des raisons fiscales, les bénéfices ont été souvent logés dans des pays tiers, en particulier, en Irlande. La nécessité d’un rééquilibrage des échanges commerciaux n’est pas en soi incompréhensible.

    Éviter une spirale protectionniste

    Le retour sur le devant de la scène du protectionnisme et la focalisation sur l’immigration nous ramènent aux années 1930. Pour éviter les coups de force et les spirales protectionnistes, les Alliés avaient décidé, après 1945, de privilégier le multilatéralisme. Le tout dans le cadre des Accords du Gatt. En 2025, il ne serait pas absurde qu’une discussion soit engagée sur le statut de la nation la plus favorisée dont bénéficie la Chine au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce. En raison du poids que ce pays a pris au niveau des échanges internationaux.

    De même, une réflexion sur la nature des excédents commerciaux vis-à-vis des États-Unis ne serait pas inutile. Pour certains secteurs d’activités, l’Union européenne est plus protectionniste que les États-Unis, contrairement à ce que de nombreux Européens prétendent. Le recours à une négociation a été préconisée à juste titre par Christine Lagarde, la Présidente de la BCE. Il serait, en revanche, dangereux de s’engager dans une spirale protectionniste en répondant de manière manichéenne aux coups de force de Donald Trump.

    L’étranger honni à l’intérieur redevient un espace de conquête à l’extérieur

    Ces derniers jours, la rémanence des années 1930 ne se limite pas au commerce international avec le retour d’une certaine forme de néocolonialisme. Le temps de la prédation serait-il revenu ? La course aux terres rares en Ukraine ou en République Démocratique du Congo ressemble à celle du pétrole dans l’entre-deux-guerres. L’étranger honni à l’intérieur redevient un espace de conquête à l’extérieur. Donald Trump le prouve en évoquant la possibilité d’annexer le Groenland, le Panama voire le Canada. Le changement d’appréciation de « l’étranger » est un signe de fragilité des démocraties. De plus en plus de gouvernements optent pour des politiques illibérales voire autoritaires. Gouvernement et population devraient garder à l’esprit cette phrase de Friedrich Nietzche « celui qui lutte avec des monstres doit prendre garde à ne pas devenir monstre lui-même ».

  • 800 Milliards pour les armées européennes

    800 Milliards pour les armées européennes

    BRUXELLES — Mardi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté un plan « Réarmer l’Europe » en cinq points, pour stimuler les dépenses de défense du continent.

    L’annonce de la présidente de la Commission européenne est intervenue quelques heures seulement après que le président américain Donald Trump a gelé l’aide militaire à l’Ukraine, renforçant ainsi la pression sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky après l’âpre épreuve de force qui s’est déroulée à la Maison-Blanche vendredi dernier.

    « Nous sommes dans une ère de réarmement », a déclaré Ursula von der Leyen à Bruxelles, ajoutant que le plan « Rearm Europe pourrait mobiliser près de 800 milliards d’euros de dépenses de défense pour une Europe sûre et résiliente. »

    Un plan ambitieux pour renforcer la défense européenne

    Une somme qui représente une augmentation des besoins d’investissement initiaux de 500 milliards d’euros que la Commission européenne avait estimés l’année dernière comme étant nécessaires au cours de la prochaine décennie pour stimuler la production et l’acquisition d’armes dans l’UE et en Ukraine.

    « La question n’est plus de savoir si la sécurité de l’Europe est menacée ou si l’Europe doit assumer une plus grande part de responsabilité dans sa propre sécurité », a poursuivi la présidente de la Commission.

    « La véritable question qui se pose à nous est de savoir si l’Europe est prête à agir de manière aussi décisive que la situation l’exige et si l’Europe est prête et capable d’agir avec la rapidité et l’ambition nécessaires ».

    Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, s'adresse aux médias à la fin d'un dialogue stratégique sur l'avenir de l'industrie automobile européenne au Berlaymont, le siège de la Commission européenne, le 3 mars 2025 à Bruxelles. [Getty Images]
    Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, s’adresse aux médias à la fin d’un dialogue stratégique sur l’avenir de l’industrie automobile européenne au Berlaymont, le siège de la Commission européenne, le 3 mars 2025 à Bruxelles. [Getty Images]

    Les cinq axes stratégiques du plan « ReArm Europe »

    À Bruxelles, Ursula von der Leyen a précisé qu’elle avait présenté son plan « Rearm Europe » en cinq points dans une lettre adressée aux dirigeants de l’UE, consultée par Euractiv.

    La première étape consisterait à activer la clause de sauvegarde du pacte de stabilité et de croissance de l’UE, qui limite les déficits budgétaires entre les pays de l’UE. Le but ? Permettre une augmentation des dépenses nationales de défense sans déclencher la procédure de surendettement de l’Union.

    Dans un deuxième temps, l’UE proposera 150 milliards d’euros de prêts afin d’augmenter les dépenses de défense pour des achats conjoints dans un large éventail de capacités telles que la défense aérienne, les drones, la mobilité militaire ou la cyberdéfense.

    Une troisième option consisterait à proposer « des possibilités et des incitations supplémentaires » aux États membres de l’UE s’ils décident d’utiliser les programmes de cohésion pour augmenter les dépenses de défense.

    Les quatrième et cinquième solutions impliqueraient la mobilisation de capitaux privés par l’intermédiaire de l’Union européenne de l’épargne et de l’investissement et de la Banque européenne d’investissement (BEI).

    Les propositions de la présidente de la Commission européenne surviennent également avant le sommet d’urgence des dirigeants européens prévu jeudi, au cours duquel les pays de l’UE devraient discuter des options de financement.

    La prise de décision, qui prendrait normalement des mois, devra être accélérée en raison de l’urgence de la situation et des récents développements, selon les diplomates de l’UE.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 06.03.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 06.03.2025

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés du 6 mars. Dans les titres de l’édition de ce jeudi : L’allocution d’Emmanuel Macron – Scolaide, ça cale – Cap vers la fête de la francophonie

    « La Russie est une menace pour la France »

    Le président de la République a pris, la parole ce mercredi 5 mars, à 20 heures. Une intervention diffusée sur TF1, France 2 ainsi que sur toutes les chaînes tout d’informations en continu. Emmanuel Macron a martelé « « L’avenir de l’Europe n’a pas à être tranché à Washington ou à Moscou » et pour cela il a décidé d’ouvrir un débat stratégique quant au partage de la dissuasion nucléaire de la France avec ses voisins européens. Et tout en rassurant les Français sur la non-augmentation de la charge fiscale, il a clairement appelé nos concitoyens à se préparer à faire des choix, tout ne sera possible.

    Gérer les aides à la scolarité

    Disponible depuis le 16 janvier 2025, Scolaide est un nouvel outil mis à disposition des familles, des postes consulaires et des établissements d’enseignement français à l’étranger, pour le dépôt, le suivi et la gestion des aides à la scolarité à l’échelle locale. L’objectif de l’AEFE en lançant Scolaide est de permettre aux familles de disposer d’outil facilitant le dépôt des dossiers pour les aides qu’ils sollicitent et le suivi de leurs demandes. Cependant, cette numérisation ne modifiera pas les différentes étapes du parcours ainsi les familles et les postes diplomatiques seront toujours amenés à se rencontrer dans le cadre d’échanges et de réunions. Les postes consulaires continuent de fixer le calendrier local des démarches et poursuivent le travail d’aide et d’accompagnement aux familles dans la réalisation de leurs dossiers.

    Gérer les aides à la scolarité
    Gérer les aides à la scolarité

    10 jours avant la fête de la langue française

    La Semaine de la langue française et de la Francophonie est organisée du 15 au 23 mars 2025. Cette semaine permet de célébrer la langue française à travers de nombreuses animations organisées partout en France et à l’étranger. Dans les consulats et dans tous les médias dédiés aux Français de l’étranger, il est possible d’obtenir le programme des festivités. Nous en reparlerons la semaine prochaine.

    La langue française en fête - édition macaron
    La langue française en fête – édition macaron

    C’est tout pour le bulletin des Français de l’étranger de ce jeudi. On se retrouve demain pour la dernière édition de la semaine.

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

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