Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Tarification du carbone : Bruxelles proposera cette année un soutien aux entreprises européennes exportatrices 

    Tarification du carbone : Bruxelles proposera cette année un soutien aux entreprises européennes exportatrices 

    Les entreprises européennes exportant des marchandises soumises au prix du CO2 de l’Union européenne pourraient bénéficier d’un soutien conformément à une proposition de loi présentée cette année, a annoncé la Commission européenne.

    Lorsque l’UE a négocié son premier tarif mondial sur le CO2, le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF), ou Carbon Border Adjustment Mechanism (CBAM) en anglais, la Commission a déclaré qu’il faudrait mettre fin au système existant, dans le cadre duquel les entreprises européennes peuvent émettre gratuitement certains gaz à effet de serre afin de rester compétitives par rapport aux entreprises étrangères non soumises à la tarification du carbone.

    Mais comme le CBAM ne protège que les entreprises concurrentes en Europe, les exportateurs se retrouveraient sans système de soutien. Les demandes de système de secours ont été rejetées comme étant incompatibles avec l’OMC. Les hauts fonctionnaires de la Commission ont estimé qu’il s’agissait d’une « ligne rouge » en 2021.

    Aujourd’hui, il est devenu « urgent, important et nécessaire » d’introduire un régime de soutien aux exportateurs, a déclaré hier Maria Scoppio, qui s’occupe du CBAM au sein de l’unité douanière de la Commission, au Parlement européen.

    L’entrée du bâtiment Berlaymont de la Commission européenne, à Bruxelles. © EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS [EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS]

    Les eurodéputés peuvent être sûrs que cela « sera fait dès que possible », a insisté Maria Scoppio, ajoutant que ces derniers pouvaient s’attendre à une « proposition législative cette année ».

    L’annonce a été faite au cours d’un débat sur une proposition du 26 février visant à exempter 90 % des entreprises du régime, ce qui nécessiterait de rouvrir la loi. Les députés du PPE de centre-droit avaient considéré les exceptions comme un moyen d’introduire des rabais à l’exportation, mais l’idée s’est avérée impopulaire auprès de leurs collègues du Parlement.

    « Nous n’y arriverons jamais » si le Parlement va au-delà de la proposition de la Commission, a déclaré Pascal Canfin de Renew. Il a proposé un accord écrit pour simplifier le régime au lieu de le modifier fondamentalement.

    Les subventions à l’exportation, qui pourraient être contestées à l’OMC, devraient être discutées plus tard dans l’année, suggèrent les principaux acteurs du secteur.

    Les solutions pour les exportations doivent « venir de la Commission européenne, quelque chose de noir sur blanc », a indiqué Bernard Lombard, directeur de la politique commerciale de l’association de l’industrie papetière Cepi.

  • La dette, les taux et la croissance.

    La dette, les taux et la croissance.

    Pour la dette publique l’important, c’est le taux d’intérêt réel et le taux de croissance. Toute hausse des taux d’intérêt donne lieu à des cris d’orfraie. Pour beaucoup, elle est synonyme d’augmentation du coût des emprunts, notamment pour les États. Or, ce qui importe, c’est le taux d’intérêt réel, c’est-à-dire après prise en compte de l’inflation et l’écart avec le taux de croissance en volume à long terme de l’économie.

    Par le passé, et en particulier en France, les ménages ont supporté des taux d’intérêt plus élevés qu’aujourd’hui sans que cela constitue un réel problème. Depuis la fin du troisième trimestre 2024, les taux d’intérêt à long terme sont orientés à la hausse dans les pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

    Les annonces des États européens concernant l’augmentation de leurs dépenses militaires se sont traduites par une hausse des taux. Cette montée inquiète de nombreux investisseurs et observateurs, car elle est censée entraîner une augmentation des paiements d’intérêts sur la dette publique. Aux États-Unis, le service de la dette représente 4,2 % du PIB, contre 3,7 % en Italie, 3,3 % au Royaume-Uni, 2,4 % en Espagne, 1,8 % en France et 1 % en Allemagne. Ces ratios pourraient s’accroître de 1 à 2 points dans les prochaines années.

    Dette soutenable, une question simple. 

    Pour évaluer la soutenabilité de la dette, ce n’est pas le niveau absolu des taux d’intérêt nominaux à long terme qui compte, mais leur hiérarchie par rapport à la croissance nominale à long terme. De manière équivalente, il convient de comparer les taux d’intérêt réels à long terme à la croissance en volume sur la même période.

    Tant que le taux d’intérêt réel à long terme reste inférieur à la croissance du PIB à long terme, le taux d’endettement public converge vers une limite finie, égale au ratio du déficit public primaire sur l’écart entre le taux de croissance en volume à long terme et le taux d’intérêt réel à long terme. Même en cas de déficit public primaire élevé, le taux d’endettement public se stabilise à long terme, garantissant ainsi la soutenabilité de la dette publique.

    © Envato

    En revanche, si le taux d’intérêt réel à long terme dépasse la croissance à long terme du PIB, la stabilisation du taux d’endettement public suppose l’existence d’un excédent budgétaire primaire supérieur au produit du taux d’endettement public par l’écart entre le taux d’intérêt réel et le taux de croissance à long terme.

    Il est essentiel de comparer les taux d’intérêt aux taux de croissance et au taux d’inflation. Pour être totalement rigoureux, il faudrait projeter ces variables sur une période de dix ans.

    L’Espagne et les États-Unis bénéficient d’une forte croissance, ce qui agit favorablement sur leur niveau d’endettement. L’inflation est plus élevée en Allemagne et en Espagne, ce qui contribue à l’érosion de la dette publique. Elle est plus faible en revanche en France.

    Interrogations au Royaume-Uni et en France.

    Le taux d’intérêt nominal à 10 ans au mois de février (avant la hausse en Europe intervenue au cours du mois de mars) était de:

    • 4,25 % aux États-Unis ;
    • 4,50 % au Royaume-Uni ;
    • 3,20 % en France ;
    • 3,10 % en Espagne ;
    • 2,45 % en Allemagne.

    La croissance nominale du PIB est sur la période courte est de :

    • 5,2 % aux États-Unis ;
    • 5,9 % en Espagne ;
    • 3,7 % en Italie ;
    • 3,4 % au Royaume-Uni ;
    • 3,0 % % en France
    • 2,0 % en Allemagne.

    Le problème de soutenabilité de la dette pourrait se poser à terme au Royaume-Uni et en France. Aujourd’hui, seule l’Italie a un excédent budgétaire primaire. Tous les autres pays ont des déficits budgétaires primaires, notamment le Royaume-Uni, les États-Unis et la France.

    La décision des États européens d’augmenter leurs dépenses de défense a provoqué une hausse des taux d’intérêt du fait qu’elle accentue les déséquilibres financiers et augmente le risque d’emballement des dettes publiques surtout si la croissance reste faible.

    Pour certains, la relance des dépenses militaires pourrait alimenter la croissance et pour d’autres l’inflation, ce qui réduirait l’acuité du problème du financement de la dette…

  • Proposition de paix universelle pour servir aux imbéciles

    Proposition de paix universelle pour servir aux imbéciles

    « Et il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue, et toute nation. » dit Jean de « la Bête » dans l’Apocalypse. Quelle est l’arme de la Bête ? La bêtise, bien sûr ! Alors que l’explosion démographique devrait multiplier les Einstein et les Mozart, des études récentes alertent sur une épidémie de crétinisme.

    Dans tous les pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), les « performances de raisonnement et de résolution de problèmes déclinent ». La proportion d’adultes ayant une compétence « limitée » est passée de 15% de la population en 2006 à 25% en 2023. Aux États-Unis, en calcul, la proportion est de 35%. Comment font-ils pour le pourboire ? 30% des jeunes américains ont des difficultés à raisonner ou à se concentrer. Le double par rapport à 1990. Pour la première fois, le nombre d’Américains ayant lu un livre dans l’année est tombé à moins de 50%.

    « Les gens, ils sont quand même plus cons que la moyenne ».

    Les causes ? Les Haïtiens qui mangent des chats, dirait Trump. Pas si bête : son succès électoral ne vient-il pas, comme dans bien d’autres pays du monde, du rejet de l’immigration ? Mise en cause, aussi, la malbouffe. Une consommation excessive de sucre détériore la mémoire et perturbe les fonctions cognitives.  

    Jeune devant TV avec malbouffe/sucre
    © Envato

    Les écrans, évidemment. Si la télé abrutit, quel mot choisir pour les réseaux asociaux ? Heureuse mécanique compensatoire, l’IA serait « plus intelligente » que la moyenne mondiale. Difficile de mesurer le QI d’une IA : « Les gens, ils sont quand même plus cons que la moyenne », avouait un micro-trottoir. Est-ce grave ? À regarder la carte du monde, gravissime.

    De coups de menton en coups d’État, la Russie se réduit en attaquant l’Ukraine, Israël se détruit en rasant Gaza, les États-Unis s’abîment en reniant la statue de la Liberté « éclairant le monde » Le Moyen-Orient se terrorise, l’Afrique s’entretue. Les gangs gouvernent certains gouvernements, tous s’enchantent des abus de pouvoir. Preuves de malignité ou de bêtise ? L’intelligence avec l’ennemi n’est pas de l’intelligence. La Bête !

    Conséquences immédiates, partout, ici. L’Algérie officielle tape sur la France ; la France répond sur le même ton : « ah, on va voir ce qu’on va voir ». Est-ce l’intérêt de la France, de l’Algérie ? Taper sur l’étranger, est-ce intelligent ? Répondre à la stupidité par la stupidité, est ce malin ? Compter sur soi, c’est plus difficile.

    Les dirigeants ne sont que des maux provisoires.  

    Quelle serait la bonne réponse ? Jouer le peuple. Les Algériens plébiscitent la France, en rêvent, ils y sont plus libres qu’en Algérie. Mobiliser les Algériens, les Russes, les Turcs, les Américains, sur des idées, des projets, des ambitions,  – la paix en est une – plutôt que les dirigeants, qui ne sont que des maux provisoires.

    Erdogan enferme son principal opposant, le maire d’Istanbul ? Une manifestation permanente envahit Istanbul. Trump trahit l’Ukraine et les Européens ?  L’opinion publique américaine soutient de plus en plus l’Ukraine : +10%. Effet démago immédiat : Trump autorise à nouveau les transferts d’armes, jusqu’à sa prochaine foucade. Les Européens se voient abandonnées par l’allié américain ? L’opinion publique européenne plébiscite une défense commune à 70%. Du jamais vu.

    Les gouvernements suivent. Le nouveau gouvernement allemand fait sauter le verrou budgétaire pour investir dans la défense. La Commission lance un emprunt de 150 milliards et accélère l’union des marchés de capitaux.

    Newton et le Tao ont raison : Toute action engendre réaction. Toute bêtise produit une force de réaction proportionnelle qui la surmonte. Il faut remercier Trump : sans lui, l’Europe tomberait en capilotade. Même le Canada aspire à la rejoindre, 29ème état européen plutôt que 51ème américain ! Et voilà le capitalisme américain qui se dresse pour sauver le monde : la bourse chute, le dollar aussi, la Tech décroche: Wall Street espère calmer la bête.

    Toute bêtise produit une force de réaction proportionnelle qui la surmonte.

    La démocratie « illibérale » se multiplie, surprend, effraie, oblige à réagir. Avec intelligence ? Avec un certain bon sens, ce qui, en politique, est le maximum de ce que l’on peut espérer. Il n’y a pas de génie en politique. Les grands hommes sont ceux des grands massacres et des grandes erreurs. Se contenter de gouvernements moyens évite les cauchemars.

    Paix et guerre
    © Envato

    Comment, alors, répondre à la Bête, qui n’en finit pas d’user de la force, de la terreur, de la corruption ? Ce sont les ambitions des grands, des grands États, qui provoquent les guerres. Limiter la puissance des gouvernements est la meilleure garantie de toute paix. Pourquoi Netanyahou poursuit la guerre ? Pas pour libérer les otages ni vaincre le terrorisme, mais pour éviter les poursuites judiciaires et museler la Cour.

    Ce n’est pas Gaza qui pourrait être une Riviera paradisiaque, mais bien Israël, si un gouvernement israélien revenait à ce que voulaient les Begin, Sharon : une paix globale. À qui s’en prend Trump ? Aux juges. Comme Orban, Erdogan, Netanyahou. Comme toujours et partout. Rien n’est pire qu’un mauvais juge, certes, sinon un juge soumis.

    Aujourd’hui, le gendarme a rejoint les voleurs. Quel autre système pour une paix perpétuelle ?

    Entre les États, c’est pareil. Le système a fonctionné dans l’équilibre de la terreur avec le gendarme américain. Aujourd’hui, le gendarme a rejoint les voleurs. Quel autre système pour une paix perpétuelle ?

    L’alliance des démocraties est morte, l’alliance des petits prendra sa place. Dans quels pays du monde vit-on le mieux ? Islande, Luxembourg, Singapour, Dubaï, Uruguay, Irlande, Pays-Bas, Danemark, Finlande, Suisse, Nouvelle-Zélande, Corée, Costa Rica, sur tous les continents, les petits font mieux que les grands. Les petits doivent faire attention à leurs voisins. Les petits doivent maximiser leurs ressources.

    Les petits ne peuvent compter que sur eux. Les petits doivent forger des alliances. Ils savent qu’ils ne comptent pas face aux gros. Les petits n’ont pas de visée expansionniste. Les petits sont prudents, courageux, humbles. Ne jouent ni les va-t-en guerre ni les va-t-en paix. Les petits ont appris à dompter la bête, parce qu’ils ne se croient pas plus malins que les prétentieux qui gouvernent le monde.

    Les Démocraties font peur quand elles soutiennent les démocrates.

    La paix perpétuelle viendra de l’alliance des petits. Ce sont les petits États qui tiennent les clés de la démocratie la plus vivante, la plus proche. Ne jamais renoncer à combattre ceux qui se croient grands en soutenant les démocrates, partout dans le monde. Les démocraties ne feront pas peur avec des canons. Même si elles doivent en avoir pour se défendre. Elles font peur quand elles soutiennent les démocrates, autant que cela puisse se faire. C’est cela qui les gêne. En Algérie, en Iran, en Russie, en Azerbaïdjan, à Cuba, au Salvador, au Mali, partout où c’est possible, ne pas hésiter.

    Un plan de réarmement est indispensable, un effort de réarmement moral aussi; c’est-à-dire politique. Peste soit des « grands hommes », donnez-nous les opprimés, les courageux, les humbles « car le royaume des cieux est à eux ». Pan sur la bête ! La bêtise, qui, comme le bon sens, « est la chose du monde la mieux partagée; car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux mêmes qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. » À malin, malin et demi.

  • FC Expat avec Enzo Loiodice : le footballeur pilote

    FC Expat avec Enzo Loiodice : le footballeur pilote

    podcast foot - FC EXPAT

    FC EXPAT

    Le podcast dédié à la sphère football des français à l’étranger.
    Chaque épisode s’ouvre sur les dernières actualités puis vous propose une interview d’un joueur professionnel qui joue dans un championnat étranger. Nous donnons également la parole aux responsables des clubs de supporter installés pour nous expliquer comment ils arrivent à faire vivre leur passion loin de la France.
    Animé par Caroline Ettori et Jérémy Michel.

    Écouter le podcast avec Enzo Loiodice

    Le FC Expat, le podcast incontournable pour suivre les parcours des footballeurs français à l’étranger, revient avec un nouvel épisode captivant. Cette fois, c’est Enzo Loiodice, milieu de terrain de l’UD Las Palmas, qui se prête au jeu de l’interview.

    Direction les Canaries pour découvrir le quotidien d’un jeune expatrié, un footballeur pilote, qui a osé sortir de sa zone de confort. Avec comme bagage un bac scientifique, une passion de l’aviation et … pour Charles Aznavour. Une rencontre comme on n’en fait pas tous les jours ! 

    Un départ précoce vers l’Espagne

    Formé à Dijon, Enzo Loiodice n’a pas tardé à faire parler de lui. Dès 17 ans, il dispute son premier match en Ligue 1. Il porte aussi le maillot bleu blanc rouge chez les jeunes. Trois ans plus tard, il fait le grand saut et quitte la France pour tenter l’expérience à l’étranger.

    « A mon arrivée, j’étais le seul Français. C’était une véritable immersion »

    Enzo Loiodice, milieu de terrain de l’UD Las Palmas

    Son choix ? Un passage éclair en Angleterre puis l’Espagne et le jeu technique de Las Palmas, un club historique qui lui permet d’exprimer son talent dans un championnat fait pour lui. « J’avais cette envie de partir, de découvrir autre chose », confie-t-il au micro du FC Expat.

    Un cadre de vie idyllique, mais un véritable challenge

    Si les plages des Canaries font rêver, c’est avant tout le projet sportif qui motive le jeune Parisien.

    Enzo Loiodice notre Français milieu de terrain de lUD Las Palmas
    Enzo Loiodice notre Français milieu de terrain de lUD Las Palmas

    Mais s’installer sur une île, intégrer un groupe 100% espagnol et apprendre une nouvelle langue sont autant de défis qu’il a su relever avec brio. « Maintenant, on a plus de joueurs internationaux, mais à mon arrivée, j’étais le seul Français. C’était une véritable immersion », se rappelle-t-il.

    Un mental en acier trempé

    Passé brièvement par Wolverhampton en Angleterre en pleine période Covid, Enzo Loiodice a vite compris que l’adaptabilité était la clé d’une carrière réussie. Il a su s’appuyer sur une préparation mentale initiée très tôt : « Depuis mes 15 ans, je travaille avec un préparateur mental. Au centre de formation de Dijon on avait la chance d’en avoir un », partage-t-il.

    Au cours de ce podcast du FC Expat, notre invité souligne ainsi l’importance de cet exercice mental dans une carrière de sportif de haut niveau. Une force qui lui permet de toujours rebondir et d’avancer.

    Une passion d’altitude : l’aviation

    Mais Enzo Loiodice n’est pas qu’un footballeur talentueux. Le joueur, est aussi un passionné d’aviation.

    « Si je n’avais pas été footballeur, j’aurais voulu devenir pilote de chasse »

    Enzo Loiodice, milieu de terrain de l’UD Las Palmas

    Pilote en devenir, il suit actuellement une formation pour obtenir son brevet. « Si je n’avais pas été footballeur, j’aurais voulu devenir pilote de chasse », révèle-t-il. Un homme aux multiples facettes, qui, nous lui souhaitons, lui permettra d’aller toujours plus haut.

    L’expatriation, une école de la vie

    En Espagne, Enzo Loiodice a découvert un autre rapport au football, mais aussi une autre façon de voir la vie. « Ici, tout est plus détendu. On apprend à relativiser, à lâcher prise. » Une expérience enrichissante qui devrait inspirer bien des jeunes joueurs français en quête d’aventures.

    Footballeur Enzo Loiodice en Liga à lUD Las Palmas
    Footballeur Enzo Loiodice en Liga à lUD Las Palmas

    Dans cet épisode du FC Expat, Enzo Loiodice partage sans filtre son expérience de joueur expatrié. Une plongée fascinante dans le quotidien d’un footballeur qui trace son chemin loin des sentiers battus. Son parcours est sans aucun doute un bon exemple à suivre pour les apprentis footballeuses et footballeurs.

    Et si Enzo écoute des morceaux de musique contemporaine, il n’en oublie pas la transmission. Charles Aznavour a ainsi une place importante dans son cœur. Quand on vous dit que ce garçon est aussi attachant que surprenant. Qui l’eut cru quand commençant cette interview elle se terminait sur l’air de « La Bohème ».

    Un épisode du FC Expat à ne vraiment pas manquer, disponible sur Lesfrancais.press !

  • À l’institut français de Munich, une exposition puissante : « Déporté, j’avais ton âge… »

    À l’institut français de Munich, une exposition puissante : « Déporté, j’avais ton âge… »

    Du 19 mars au 6 mai 2025, la photographe Karine Sicard Bouvatier expose à l’Institut français de Munich. Le projet « Déporté, j’avais ton âge : une histoire européenne » présente les portraits de témoins de l’Holocauste – des femmes et des hommes de toute l’Europe, déportés pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Aux côtés de ces témoins, de jeunes Européennes et Européens sont photographiés. Ils ont le même âge qu’elles et eux avaient au moment de leur déportation.

    2025, année des 80 ans de la libération des camps

    Nous célébrons cette année les 80 ans de la libération des camps. Le monde découvrait alors l’horreur concentrationnaire. Des corps décharnés et des morts par millions. La machine de mort nazie était dévoilée et les survivants commençaient leur lent retour à la vie.

    Aujourd’hui leur parole témoigne de ce qu’ils ont vécu. Elle se fait rare. Il reste encore 245 000 survivants de l’holocauste dans environ 90 pays. Mais la mémoire vivante se perd avec leur disparition. L’antisémitisme connaît un regain de puissance en Europe et les partis extrémistes et populistes     aux discours discriminants ont le vent en poupe. Le « plus jamais ça » doit être martelé et le message passé par tous les canaux de transmission.

    Mikaela Vidlakova & Julia Wallash

    Dans ce contexte, « Déporté, j’avais ton âge… » est une exposition au titre du devoir de mémoire par une photographe engagée. Une exposition puissante et nécessaire.

    Karine Sicard Bouvalier, des livres et une exposition itinérante

    Après la publication de ses livres Déportés, leur ultime transmission et Déporté, j’avais ton âge (parus en français aux Éditions de la Martinière), Karine Bouvatier a donné à son travail une dimension européenne avec cette nouvelle exposition itinérante en France et en Europe.

    « Les rescapés ont en commun la souffrance de la déportation, la douleur de la mort d’un frère ou d’une sœur, d’un parent. »

    Karine Sicard Bouvalier

    L’exposition a d’ailleurs été présentée avec succès à l’Assemblée nationale en janvier. Parlant de celle-ci, Karine Sicard Bouvalier nous le dit : « 5, 16 ou 17 ans, 18 ­­­quelque fois 19 ans…  Un âge que l’on n’oublie jamais lorsque l’on revient des camps de la mort. Trois ans après mon premier projet « Déportés, leur ultime transmission », j’ai ressenti un sentiment d’inachevé et une nécessité de prolonger mon travail en Europe. Les rescapés ont en commun la souffrance de la déportation, la douleur de la mort d’un frère ou d’une sœur, d’un parent ».

    C’est grâce à la découverte du film de Claude Lanzmann « Shoah » qu’elle est sensibilisée aux thèmes de l’enfer concentrationnaire et de la déportation. Elle a alors 15 ans. Ses études de communication réussies, elle s’oriente vers la photographie après une expatriation à New-York.

    Karine Bouvalier
    Karine Bouvalier

    Le travail de Karine Bouvalier se caractérise par un engagement au service de la mémoire mais aussi de thèmes plus sociaux. Elle a notamment représenté des prisonniers et des médecins et infirmiers de l’Hôtel-dieu. C’est par des expositions dans des mairies d’arrondissements parisiennes qu’elle a acquis une première notoriété artistique. En 2022 elle présente « les voix de la paix » un projet photo entre Israel et les Territoires Palestiniens où elle construit des passerelles symboliques entre les deux peuples.

    Elle est soutenue pour son exposition actuelle par le mémorial de la Shoah et le réseau des instituts français de l’étranger.

    Une ode à la transmission et à la tendresse

    Dans l’exposition présentée à l’institut français de Munich, aucun dolorisme mais une ode à la transmission et à la tendresse qui demeure malgré le poids de l’horreur. Le lien entre les aînés déportés et les jeunes qui les accompagnent est visuel. Les regards se croisent rarement mais sont tournés ensemble vers l’objectif de la photographe ou vers des lignes de fuite extérieures.

    Entre gravité, émotion, détermination et dignité la vie palpite sur ces photos. Dans le regard de certains adolescents le doute est toutefois présent. Comme si le « plus jamais ça » manquait désormais d’évidence dans une époque où le fracas des armes et la montée des tensions communautaristes font parfois craindre le pire. Les ainés sont des tuteurs, des repères, le vivant rappel que la parole des survivants continuera encore à porter mais qu’elle devra être reprise et relayée par les plus jeunes.

    On retiendra notamment la photo de la déportée Julia Wallash aux côtés d’une adolescente au regard altier. L’élégance de ces deux femmes et leur caractère bien trempé qui transparaît sur la photo est un pied de nez aux extrémistes d’hier et d’aujourd’hui.

    La transmission opère. Le combat contre l’antisémitisme continue. Les photos de Karine Sicard Bouvalier font œuvre utile.

    Otto Fulop
    Leon Weintraub

    Tout savoir sur l’exposition en cliquant ici

    L’exposition est visible pendant les horaires d’ouverture de l’Institut français :
    Lundi au vendredi : 9h – 12h et 14h30 – 18h30
    Samedi : Seulement les samedis d’ouverture de la médiathèque de 9h30 à 13h (22/03, 26/04)


    Découvrir l’exposition

  • Un appel de Karim Ben Cheikh pour préserver la CFE

    Un appel de Karim Ben Cheikh pour préserver la CFE

    Alors que l’avenir de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) est au cœur de nombreux débats, certaines initiatives sont prises pour tenter, dans un premier temps, de garantir son activité. Entre une inspection de l’IGAS commandée par le Gouvernement et une mission flash demandée à la Cour des comptes par l’Assemblée des Français de l’étranger, son futur de reste cependant encore flou.

    Aussi, Karim Ben Cheikh, député de la 9e circonscription des Français établis hors de France, interpelle le gouvernement, en lançant un appel pour préserver la CFE. Une centaine d’élus locaux et d’associations ont déjà signé ce texte. Son objectif alerter le pouvoir exécutif pour que celui-ci n’abandonne pas cet outil solidaire à destination de nos compatriotes de l’étranger.

    Lesfrancais.press fait le point avec le parlementaire membre du Ecologiste et Social à l’Assemblée nationale, sur la situation actuelle, ainsi que sur l’objectif de cet appel « Refusons l’abandon programmé de la mission de solidarité de la CFE ! ».

    Karim Ben Cheikh, député de la 9e circonscription des Français établis hors de France
    Karim Ben Cheikh, député de la 9e circonscription des Français établis hors de France

    Lesfrancais.press : « Monsieur le député, depuis plusieurs mois, nombreux sont celles et ceux qui s’inquiètent de l’avenir de la Caisse des Français de l’Etranger, mais dans quelle situation se trouve-t-elle actuellement ? »

    Karim Ben Cheikh : « La Caisse des Français de l’étranger (CFE) couvre près de 200 000 Français dans le monde, soit presque 10% de toute notre communauté. C’est un outil unique qui permet aux Français de s’assurer, ainsi que leurs familles, à l’étranger et en France quel que soit leur âge ou leur état de santé. Elle est administrée par des élus des Français de l’étranger sous la tutelle du Ministère des Finances et du Ministère des Affaires Sociales. L’Etat impose à la CFE de nombreuses missions de service public : des tarifications réduites pour ceux dont les revenus sont moindres, l’obligation d’accepter tout Français qui veut souscrire sans condition médicale ou d’âge, ou encore faire le lien avec la Sécurité sociale pour la création des numéros de Sécu des Français nés à l’étranger.

    « Je porte un regard sévère sur la façon dont les derniers gouvernements ont traité le dossier de la CFE »

    Karim Ben Cheikh, député de la 9e circonscription des Français établis hors de France

    Cette dimension de service public est nécessaire, souhaitable, mais elle a un coût pour la CFE qui ne lui est pas compensé par le budget de l’Etat. Cette charge est une des raisons pour laquelle la branche maladie de la CFE affiche régulièrement des déficits. Le Conseil d’Administration augmente donc régulièrement les tarifs des contrats ou diminue le niveau de prise en charge pour rester à l’équilibre. Au point que la CFE devient financièrement inaccessible, notamment pour les adhérents les plus modestes, et que son équilibre économique est précaire. Le Conseil d’Administration de la CFE a d’ailleurs alerté les parlementaires et le gouvernement à plusieurs reprises depuis plusieurs mois. Il est temps de sortir la tête du sable ! »

    Lesfrancais.press : « Les assises de la protection sociale des Français de l’étranger s’ouvrent, la CFE est un des trois thèmes qui va être abordé pour réfléchir à de nouvelles solutions, mais le gouvernement actuel demande que les futures propositions n’entraînent pas de nouvelles dépenses, soutenez-vous cette position ? »

    Karim Ben Cheikh : Je porte un regard sévère sur la façon dont les derniers gouvernements ont traité le dossier. Lorsque les parlementaires ont posé le débat sur le financement public de la CFE pendant les discussions budgétaires en 2023 et 2024, le gouvernement n’était pas attentif à leurs propositions.

    Site web CFE (Caisse Français de l'Etranger)
    Site web CFE (Caisse Français de l’Etranger)

    Pour couper court à cette impréparation, le gouvernement a missionné en mai 2024 les inspections des deux ministères de tutelle pour lui fournir un rapport sur le “modèle économique de la CFE”. C’est cette mission que le gouvernement a réactivé peu après les débats sur le budget 2025 pendant lesquels il a de nouveau refusé toute subvention d’équilibre.

    « Lorsque les parlementaires ont posé le débat sur le financement public de la CFE, le gouvernement n’était pas attentif à leurs propositions »

    Karim Ben Cheikh, député de la 9e circonscription des Français établis hors de France

    Un tel rapport pourrait nourrir le débat d’idée pour peu que ses conclusions ne soient pas écrites à l’avance. Or, le gouvernement a spécifiquement missionné les hauts fonctionnaires de l’IGAS (Inspection générale des Affaires Sociales) et de l’IGF (Inspection générale des Finances) pour proposer des pistes de réformes pour la Caisse des Français de l’étranger (CFE) qui n’impliquent aucune augmentation de la participation de l’Etat. Je rappelle qu’actuellement celle-ci est indigente, entre 380 000 et 760 000 euros par an à mettre en perspective avec les 25 millions d’euros du coût de la mission de service public de la CFE ou les 150 millions d’euros de recettes propres de la CFE. »

    Lesfrancais.press : « Vous avez lancé un appel « refusons l’abandon programmé de la mission de solidarité de la CFE », pourquoi cette démarche ? Et par qui avez-vous été soutenu ? »

    Karim Ben Cheikh : « Cet appel part du constat que cette demande de rapport était biaisée dès le départ. Plus de 80 conseillers des Français de l’étranger, les représentants des deux grandes associations des Français de l’étranger que sont FDM-ADFE et l’UFE, trois députés, trois sénatrices, un sénateur, venant de tous bords et sensibilités politiques, les dirigeants de plusieurs grandes OLES, estiment dans cet appel que cette méthode n’est pas acceptable et expriment leur attachement à des outils qui nous permettent d’avoir une action sociale sur le terrain.

    « Nous voyons le sens que prend la commande du gouvernement : préparer une réforme qui aboutit à ce que la CFE abandonne sa dimension de solidarité »

    Karim Ben Cheikh, député de la 9e circonscription des Français établis hors de France

    Or, nous voyons le sens que prend la commande du gouvernement : préparer une réforme qui aboutit à ce que la CFE abandonne sa dimension de solidarité, qu’elle devienne une sorte d’assurance privée. Les élus de terrain ont été choqués de prendre connaissance des termes de la lettre de mission. La couverture santé est le seul instrument permettant de garantir des conditions de vie dignes et la CFE est un outil qui a fait ses preuves. Il permet de développer une politique publique efficace, peu coûteuse, solidaire pour nos compatriotes qui vivent hors de l’Union européenne. Il est juste qu’elle ne soit pas la seule caisse de Sécurité sociale dont l’Etat se désintéresse. »

    Lesfrancais.press « Enfin, selon vous, la CFE pourrait-elle réellement disparaître ? »

    Karim Ben Cheikh : « S’il n’a pas le souci de préserver la CFE, l’Etat pourrait être le grand responsable de sa disparition à moyen terme. C’est un scénario possible, il faut être clair. Le sujet a une dimension technique. C’est aussi un sujet interministériel et le fond de l’affaire est un choix politique : quelle protection sociale pour les Français de l’étranger ? Solidaire ou totalement privée ? Le ministère des Affaires sociales connaît mal la CFE. Le ministère des Finances cherche des économies. Par contre, les conséquences d’une disparition de la CFE retomberaient sur le ministère des Affaires étrangères et les services consulaires.

    « Les Assises de la protection sociale sont une opportunité pour les Français de l’étranger et leurs représentants d’exprimer clairement leur choix »

    Karim Ben Cheikh, député de la 9e circonscription des Français établis hors de France

    Il nous faut être réaliste et cohérent : il n’existe aucune formule magique qui permettrait à la fois d’équilibrer le budget de la CFE, de préserver sa mission de solidarité, sans augmenter la participation de l’Etat. Il est possible de le faire de différentes manières, soit en subvention soit en affectant des cotisations sociales déjà perçues.

    Je rappelle que les Français de l’étranger établis hors de l’Union européenne paient des cotisations sur leurs revenus fonciers qui abondent les caisses d’assurance-maladie en France. J’ai proposé par exemple d’allouer à la CFE une fraction minime de la CSG sur les revenus du patrimoine et les revenus de placement. Une mesure de la sorte transformerait la CFE, sa qualité de service, sa tarification, l’accessibilité de la couverture de santé des Français les plus modestes, sa capacité de faire des partenariats avec des réseaux de soin.

    Les Assises de la protection sociale sont une opportunité pour les Français de l’étranger et leurs représentants d’exprimer clairement leur choix, leur vision de la protection sociale. Il faut se saisir de ce moment pour ne pas laisser le débat être confisqué par des arguments budgétaires ou techniques de court terme.

    Découvrez le texte complet de cet appel et les premiers signataires :


    Accédez au texte et signataires ici

  • Une pétition pour rétablir la JDC à l’étranger

    Une pétition pour rétablir la JDC à l’étranger

    Depuis l’étranger, la JDC reste parfois un concept flou. Connue sous cette appellation depuis 2010, la « Journée Défense et Citoyenneté » est pourtant un passage « obligatoire pour les citoyens de nationalité française résidant en France ou à l’étranger, garçons et filles, nés en 1980 ou ensuite ».

    Mais pour nos expatriés, elle n’est quasiment plus organisée hors de France. Outre, l’absence de recevoir les enseignements partagés au cours de cette journée, la JDC cause parfois un tracas administratif lors du retour d’un(e) jeune sur le territoire national. Aussi, deux de nos compatriotes résidants ou ayant vécu outre-Manche proposent de signer une pétition pour rétablir la JDC à l’étranger. Explications !

    La crise du Covid a sonné le glas de la JDC

    Lors d’un retour en France, de nombreuses démarches administratives sont à effectuer. Par exemple signaler son départ au consulat ou bien régulariser sa situation avec les services fiscaux et l’assurance maladie. Mais pour les jeunes moins de 25 ans, il existe une autre obligation à remplir : se mettre en règle avec la « Journée Défense et Citoyenneté » (JDC). La négliger peut vous causer de nombreux ennuis.

    JDC au Lycée Français de Dublin organisée en 2017
    JDC au Lycée Français de Dublin organisée en 2017

    En effet, alors que la JDC était organisée en « physique » quasiment partout dans le monde pour nos jeunes expatriés français, depuis la crise de la Covid, elle n’est plus proposée à l’étranger. Depuis, l’adolescent(e) reçoit à ses 16 ans un certificat de recensement de la part de son consulat ou de son ambassade. Sur celui-ci figure un identifiant défense qu’il/elle doit conserver. Il lui sera en effet demandé lors d’un retour en France avant ses 25 ans pour s’inscrire à une JDC, tout en passant par le Centre du Service National (CSN) pour les résidents à l’étranger situé à Perpignan. Lors d’un retour sur le territoire national, il est impératif de les contacter : [email protected]

    Une pétition pour un retour de la JDC pour les jeunes expatriés

    Ainsi, c’est pour éviter ce tracas, et également pour pouvoir recevoir les informations délivrées au cours de cette JDC, dont celles sur les enjeux et objectifs généraux de la défense nationale, ainsi que sur le civisme, que deux jeunes compatriotes expatriés ou ayant connu l’expatriation, Solenn et Céléstin, lancent un appel : celui de rétablir « la Journée Défense et Citoyenneté (JDC) en présentiel pour nos jeunes compatriotes établis hors de France. » Pour comprendre leurs motivations, Lesfrancais.press les a interrogés.

    Solenn Hughes et Celestin Labbé-Gillet
    Solenn Hughes et Celestin Labbé-Gillet

    Solenn Hughes est franco-irlandais et s’implique beaucoup sur les questions de défense, notamment à travers les jeunes IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale). Il est aujourd’hui enseignant en mathématiques à l’université Dorset College située à Dublin. Quant à Célestin Labbé-Gillet, il est actuellement étudiant en dernière année de licence d’histoire à Strasbourg. Tout comme Solenn, il est très actif au sein des Jeunes IHEDN. Ils se sont rencontrés lors de son échange universitaire au Trinity College à Dublin.

    Interview avec les initiateurs de cette pétition

    Lesfrancais.press : « Solenn : pourquoi lancez-vous cette pétition ? »

    Solenn Hughes : « J’ai participé à l’élaboration de cet appel avec Célestin afin de demander le rétablissement de la JDC en présentiel pour les jeunes français de l’étranger car elle joue un rôle clé dans la transmission des valeurs républicaines, la sensibilisation aux enjeux de défense et le renforcement du lien avec la France. »

    Lesfrancais.press : « Célestin : quattendez-vous de cette pétition ? »

    Célestin Labbé-Gillet : « J’espère qu’avec notre appel au maintien de la JDC, il y aura une prise de conscience chez nos différents élus et acteurs de l’abandon d’une journée pourtant si importante au développement citoyens chez nos jeunes.

    « J’espère qu’avec notre appel au maintien de la JDC les différents acteurs réhabiliteront son organisation »

    Célestin Labbé-Gillet, co-initiateur de la pétition pour le retour de la JDC à l’étranger

    En particulier dans le contexte actuel, où le rôle de notre armée mérite d’être mieux connu chez nos jeunes compatriotes. J’espère qu’avec notre appel au maintien de la JDC les différents acteurs réhabiliteront son organisation dans la mesure du possible. »

    Lesfrancais.press : « Solenn : en quoi cette JDC est-elle importante pour vous et les jeunes ? »

    Solenn Hughes : « J’ai déménagé en Irlande en 2015 et devais effectuer ma JDC en 2019. Malheureusement, à cause d’une tempête de neige, cette journée a été reportée. L’année suivante, elle a été annulée en raison du COVID. J’ai finalement pu faire ma JDC en 2023 en m’inscrivant à Bayonne. Cette journée a été très instructive, non seulement pour découvrir les opportunités de carrière dans l’armée, mais aussi pour mieux comprendre les engagements de la France sur la scène internationale. Cependant, j’ai eu accès à ces informations à 22 ans, bien après la période où j’aurais pu orienter mes choix professionnels en conséquence. De plus, j’ai dû entreprendre des démarches supplémentaires pour pouvoir y participer.

    « La JDC ne se limite pas à une simple sensibilisation aux métiers militaires, mais elle permet aussi de renforcer le lien entre les Français de l’étranger et leur pays d’origine »

    Solenn Hughes, co-initiateur de la pétition pour le retour de la JDC à l’étranger

    Beaucoup de mes amis français en Irlande, eux, n’ont jamais pu faire leur JDC à cause de ces obstacles. En conséquence, certains se sont détachés de leur identité française. C’est pourquoi je suis attachée à la JDC : elle ne se limite pas à une simple sensibilisation aux métiers militaires, mais elle permet aussi de renforcer le lien entre les Français de l’étranger et leur pays d’origine.

    JDC à l’étranger
    JDC à l’étranger

    Si elle est réalisée uniquement en ligne, ce lien sera considérablement affaibli. L’absence d’une rencontre physique non seulement réduit l’interaction humaine avec les institutions françaises, mais prive aussi les jeunes Français de l’étranger d’un moment de partage entre eux. Cette journée m’a permis de me reconnecter avec la France, et je suis convaincue que son maintien en présentiel est essentiel pour préserver et renforcer les liens des expatriés avec leur pays d’origine.

    Lesfrancais.press : « Célestin, seriez-vous favorable à lorganisation dune JDC en ligne pour les Francais(es) de l’étranger ? »

    Célestin Labbé-Gillet : « Oui, je suis favorable à un dispositif dans le cas où il serait impossible aux jeunes de se rendre physiquement au lieu d’accueil. Je pense notamment aux jeunes qui habitent loin du lieu de rendez-vous (la JDC ayant souvent lieu à l’ambassade ou dans un consulat donc dans les grandes villes ou la capitale). Les conditions ou contextes locales peuvent également rendre difficile l’organisation d’une session, c’est donc pourquoi il faudrait au minimum l’organisation d’une session en ligne pour nos concitoyens limités par leurs environnements. »

    Quel soutien des élus Conseillers des Français de l’étranger ?

    Outre le soutien des jeunes français expatriés, Solenn et Célestin demandent aux élus de se mobiliser. Depuis 2014, des Conseillers consulaires représentent nos Français de l’étranger, notamment auprès des consulats, des ambassades, des parlementaires et du gouvernement. En Irlande, ils sont aujourd’hui au nombre de 4. Nous avons questionné l’un d’entre eux, Nicolas Nouelle, qui, lui aussi, est favorable au retour de la JDC à l’étranger.

    Nicolas Nouelle, conseiller des Français d'Irlande
    Nicolas Nouelle, conseiller des Français d’Irlande

    Lesfrancais.press : « Nicolas Nouelle, pourquoi soutenez-vous cette pétition ? »

    Nicolas Nouelle : « Lors d’un échange avec deux jeunes français d’Irlande, nous avons partagé notre désarroi devant la disparation de la disparition des JDC en Irlande depuis le COVID. Nous nous sommes aperçus que c’est le cas dans la plupart des pays.

    « Cette JDC n’est pas importante, elle est indispensable »

    Nicolas Nouelle, conseiller des Français d’Irlande

    Nous avons cherché ensemble une solution sur la manière de les rétablir. Nous nous sommes dit qu’avec le soutien d’un maximum d’élus de France, nous arriverions à avoir plus de poids sur cette question qui concerne pleinement les Français et de l’étranger. »

    Lesfrançais.press « En quoi cette JDC est-elle importante ? »

    Nicolas Nouelle : Cette journée n’est pas importante, elle est indispensable. C’est l’unique opportunité pour nos jeunes d’entendre parler de défense nationale. D’autre part pour la grande majorité des jeunes Français qui ne sont pas scolarisés dans les établissements français, c’est aussi la seule opportunité d’entendre parler de nos valeurs républicaines. Avec cette journée, ce qui est formidable c’est qu’on on fait d’une pierre de nombreux coups : promouvoir les métiers de la défense bien évidemment mais également ceux de la diplomatie en présentant le rôle des ambassades et des consulats. Il s’agit aussi de promouvoir la citoyenneté, et donc le rôle des conseillers des Français de l’étranger. Comment pouvons-nous abandonner cela dans le contexte international actuel. C’est aussi un formidable outil de soft power auprès de jeunes dont beaucoup seront les leader de demain.»

    Lesfrancais.press « Pensez-vous possible le rétablissement de cette JDC à l’étranger ? »

    Nicolas Nouelle : « Je me sentais un peu seul au début mais plus j’avance plus je suis persuadé de sa réussite, notamment parce que les implications financières de ce projet sont faibles. Avec l’implication des conseillers, connaisseurs du terrain on peut trouver des solutions locales pour minimiser les coûts, principalement les locaux pour accueillir les jeunes. À chaque fois que je parle de ce sujet, je trouve une unanimité enthousiaste. Je suis certain que nous allons réussir. Il faut se mobiliser chacune et chacun car le jeu en vaut la chandelle. »

    Nicolas Nouelle conseiller des Français d'Irlande et Laurent Saint-Martin, ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l'étranger
    Nicolas Nouelle conseiller des Français d’Irlande et Laurent Saint-Martin, ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger

    Lesfrancais.press « Le Ministre des Armées, Sébastien Lecornu, et le ministre délégué aux Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin, travaillent sur une version en ligne de la JDC, y êtes-vous favorable ? »

    Nicolas Nouelle : « La mise en place d’une solution annoncée par notre ministre n’est pas satisfaisante. C’est tout d’abord une perte du cadre solennel de cette expérience collective qui marque une étape dans le parcours citoyen des jeunes.

    « Une JDC en ligne ne doit pas être la règle. Elle pourrait se justifier de manière exceptionnelle »

    Nicolas Nouelle, conseiller des Français d’Irlande

    Vivre seul cette journée derrière un écran fait perdre toute l’interaction et la richesse des échanges. Elle réduit considérablement l’impact et la sensibilisation de cette journée de socialisation. Il y a également les difficultés de contrôle, car l’identification numérique n’est pas encore en place et donc les possibilités de fraude. Cette solution entraînerait une perte d’efficacité pédagogique, de contrôle, et de valeur symbolique. Elle pourrait se justifier de manière exceptionnelle, dans de très grands pays pour les jeunes trop éloignés d’un consulat, mais ça ne doit pas être la règle. »

    Si vous souhaitez soutenir cette démarche et signer cette pétition :


    Je participe à cette pétition

  • Journée internationale de la Francophonie :« Prenez la parole ! »

    Journée internationale de la Francophonie :« Prenez la parole ! »

    Avec près de 321 millions de locuteurs répartis aux quatre coins de la planète, la langue française est la cinquième la plus parlée dans le monde (après l’anglais, le chinois, l’hindi et l’espagnol), et la quatrième employée sur Internet. Et ce 20 mars, c’est la journée internationale de la Francophonie. Celle-ci s’inscrit également dans la semaine de la langue française qui, cette année, a pour thème « Prenez la parole ! »

    À cette occasion, Lesfrancais.press laisse libre tribune à deux de nos compatriotes : Anne Boulo et Philippe Loiseau. Anne est conseillère des Français de l’Étranger au Congo, quant à Philippe, il occupe ce même mandat pour les Français d’Allemagne et il siège aussi à l’AFE. Il est également membre fondateur du cercle de réflexion « la france et le monde en commun ». À eux deux, ils avaient publié une étude en septembre 2024 : « La France au cœur de la Francophonie ? »

    La semaine de la francophonie : un rendez-vous incontournable

    « La 30e semaine de la francophonie, cette année, s’est ouverte par ce slogan, « Prenez la parole ! ». Comme tous les ans les centaines de millions de francophones partagent jeux et réflexions autour de la langue française. Ce rendez-vous est devenu incontournable… et le plus partagé sans doute de la grande famille francophone.

    La francophonie face aux mutations mondiales

    « Depuis ses origines… notre monde est en constante mutation, faisant face à des évolutions de toutes sortes, voire des révolutions protéiformes nées dans l’intelligence humaine qu’elle soit positive ou négative. Parmi ces mutations, l’adaptation nécessaire de nos sociétés à des formes d’échanges toujours plus exigeantes, requiert que (…) les francophonies s’adaptent, pour faire face ça et là à certaines disgrâces, pour s’affirmer sans se refermer. »

    Couverture Etude sur la Francophonie - la france et le monde en commun

    Telle était la conclusion de notre étude parue en septembre 2024. Elle interrogeait à la fois la place de la francophonie dans le cœur des Français et la place de la France au cœur de cette francophonie. Nos recherches nous ont montré que si l’action de la France en matière de promotion et de développement de la francophonie est réelle (dans une acception très large du concept), elle est cependant difficilement lisible et manque peut-être de coordination entre les différents acteurs. Nous avions donc formulé un ensemble de propositions, qui sont toujours d’actualité six mois après le sommet de la Francophonie de Villers-Côtterêts et Paris.

    Anne Boulo et Philippe Loiseau
    Anne Boulo et Philippe Loiseau

    À l’heure où l’équilibre géopolitique mondial a basculé dans une nouvelle ère, bien plus instable, violente et anxiogène, il nous semble que toutes les politiques – et pas seulement celle de la France – visant à souder les communautés francophones, à vivifier les échanges économiques entre pays francophones, à soutenir la recherche et développer les actions culturelles, sont essentielles. Mais en prend-on le chemin en Algérie, dans les pays du Sahel, au Moyen-Orient ? Quelle place auront demain nos opérateurs dans ces économies exsangues, dans les conflits ? On peut s’interroger et d’autant plus que le contexte de ce printemps met en exergue le nécessaire réveil de l’Europe notamment du point de vue militaire alors même que des mouvements nationalistes voire post-fascistes gagnent du terrain.

    « Il ne faudrait pas que les citoyens et citoyennes engagés en francophonie se laissent intimider par des budgets contraints »,

    Anne Boulo et Philippe Loiseau

    En octobre 2024 l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie ) a accueilli la Sarre, région d’Allemagne limitrophe à la Lorraine, avec le statut d’observateur, c’est une région qui vise le bilinguisme dans son système d’enseignement. Un signe prometteur ! Un signe prometteur car les politiques éducatives bilingues sont l’avenir des enfants, et pas seulement ceux qui ont la chance d’être en mobilité internationale. Des signes, il en faudrait d’autres… Oui, il ne faudrait pas que les citoyens et citoyennes engagés en francophonie se laissent intimider par des budgets contraints ou de funestes soubresauts, ils ont pour garder leur courage besoin de la sincérité du monde politique. Est-ce trop demander ?

    Soutenons et encourageons un réveil de la Francophonie dans les domaines culturels, économiques bien sûr mais aussi dans la promotion du développement, de l’égalité des droits et de la Paix. Soutenons et encourageons la prise de parole ! »

    Anne Boulo et Philippe Loiseau

    Retrouvez l’étude sur la Francophonie du think tank « la france et le monde en commun » :


    Pour télécharger l’étude

    Les auteurs :

    Anne Boulo est conseillère des Français de l’étranger, établie au Congo depuis mai 2021, après avoir été également élue pour le même mandat au Vietnam. Elle a également été membre de l’Assemblée des Français de l’Étranger. En 2018, elle a co-écrit une étude “Handicap et vie à l’étranger” pour la commission des affaires sociales de cette assemblée.

    Philippe Loiseau est depuis 2009 conseiller des Français de l’étranger établis en Allemagne et membre de l’Assemblée des Français de l’Étranger, membre-fondateur de La France et le monde en commun. Il a écrit une étude “2013-2023 : Regards sur la représentation politique des Français établis hors de France” pour le cercle de réflexion La France et le monde en commun.

  • Confrontés à une flambée du prix des œufs, les Américains sollicitent l’aide des Européens 

    Confrontés à une flambée du prix des œufs, les Américains sollicitent l’aide des Européens 

    Alors que les Américains connaissent une flambée des prix des œufs, les États-Unis ont sollicité l’aide des producteurs européens, mais ces derniers n’ont pas grand-chose à offrir.

    « Les États-Unis ont sollicité pratiquement tous les pays d’Europe », a indiqué le représentant danois de la filière des œufs, Jørgen Nyberg Larsen.

    Jørgen Nyberg Larsen a précisé que des fournisseurs et des groupes industriels en Allemagne, en Espagne, en France, aux Pays-Bas, en Italie et dans les autres pays nordiques ont reçu des demandes similaires.

    Ces demandes interviennent dans un contexte de conflit commercial croissant entre les États-Unis et leurs partenaires européens, sous l’impulsion de Donald Trump.

    Fin février, le bureau du ministère américain de l’Agriculture (USDA) à La Haye a contacté les pays européens au sujet d’éventuelles livraisons, a encore abondé Jørgen Nyberg Larsen.

    Début mars, l’USDA a demandé à chaque pays d’évaluer les quantités qu’il pouvait fournir.

    « Depuis, nous n’avons plus eu de nouvelles », a remarqué Jørgen Nyberg Larsen.

    Inondation du marché

    Les consommateurs américains ont connu une forte augmentation du coût des produits de première nécessité, et des œufs en particulier, alimentant le mécontentement économique qui a joué un rôle clé dans le résultat des élections américaines de l’année dernière.

    © Envato

    En outre, une flambée de la grippe aviaire en Amérique du Nord a fait monter les prix. Le coût des œufs a été un sujet fréquent pendant la campagne électorale et est resté une question politiquement sensible aux États-Unis depuis l’investiture de Donald Trump en tant que président en janvier.

    La semaine dernière, le président américain a déclaré que les prix des œufs étaient en baisse, bien que l’Associated Press ait rapporté que les prix des œufs aux États-Unis étaient en réalité les plus élevés depuis le début du millénaire.

    Alors que la Finlande a refusé d’envoyer des œufs, d’autres pays sont prêts à apporter leur aide. La Turquie a accepté de fournir aux États-Unis 15 000 tonnes d’œufs pour faire baisser les prix. D’autres pays continuent de se concentrer principalement sur l’approvisionnement des consommateurs au sein de l’UE.

    « Nous n’avons pas grand-chose à offrir », a lâché Jørgen Nyberg Larsen.

    Un autre obstacle majeur pour les exportateurs potentiels est que les États-Unis lavent leurs œufs, une pratique qui est rare dans la plupart des pays de l’UE et même illégale dans certaines parties du bloc. Par conséquent, toutes les exportations d’œufs de l’UE devraient subir un traitement supplémentaire avant d’atteindre les consommateurs américains.

  • Le modèle social européen est-il performant ?

    Le modèle social européen est-il performant ?

    Les Européens sont fiers de leur modèle social qui se caractérise par des politiques redistributives et une forte protection de l’emploi. Différant de celui des États-Unis, plus brutal et moins équitable, le modèle européen est néanmoins accusé de porter atteinte à la croissance et à l’innovation. La situation serait cependant moins manichéenne qu’il n’y paraît.

    Les dépenses publiques de protection sociale en zone euro s’élevaient à 20 % du PIB, en 2023, et à 8 % aux États-Unis. En France, elles dépassaient 25 % du PIB. Les politiques de redistribution réduisent fortement les inégalités de revenus en zone euro. L’indice de Gini est de 0,3 après redistribution en zone euro et de 0,4 aux États-Unis. Avant redistribution, l’indice de Gini est quasi identique dans les deux grandes régions économiques.

    La protection de l’emploi est également plus forte en Europe qu’aux États-Unis. Le taux de pauvreté aux États-Unis est neuf points au-dessus de celui de la zone euro (25 % contre 16 %), ce taux étant calculé par rapport au seuil de 60 % du revenu médian. Aux États-Unis, sur ces dix dernières années, le taux de pauvreté tend à augmenter, tandis qu’il demeure stable en zone euro. La faiblesse des politiques redistributives et de la protection de l’emploi aux États-Unis, par rapport à la zone euro, favoriserait la croissance et permettrait de peser sur le taux de chômage.

    Les États-Unis disposent d’une capacité de financement des investissements risqués bien plus importante que l’Europe.

    Le faible niveau des prélèvements obligatoires faciliterait le financement de l’innovation. Il était de 41 % du PIB en 2023 en zone euro, contre 25 % aux États-Unis. Les dépenses de Recherche & Développement s’élevaient à 3,8 % du PIB aux États-Unis en 2023, contre 2,2 % en zone euro. Ces dépenses sont en hausse constante depuis 2016 aux États-Unis, alors qu’elles sont orientées à la baisse en zone euro.

    L’écart est également sensible en ce qui concerne les investissements dans les technologies de l’information et de la communication. Ceux-ci représentaient, outre-Atlantique, 1,1 % du PIB en 2023, contre 0,6 % en zone euro. L’économie américaine peut également compter sur d’importants fonds de pension pour le financement des entreprises, la retraite par capitalisation y jouant un rôle bien plus important qu’au sein de la zone euro. Les fonds de pension américains représentent 142 % du PIB aux États-Unis, contre 24 % du PIB dans la zone euro.

    © Envato

    Les fonds levés par le capital-risque (venture capital) ont atteint 22 milliards d’euros en 2023 en Europe et 280 milliards de dollars aux États-Unis. La capitalisation boursière des États-Unis (S&P 1500) représente 165 % du PIB, contre 50 % pour celle de l’Europe (STOXX Europe 600). Les États-Unis disposent ainsi d’une capacité de financement des investissements risqués bien plus importante.

    Le chiffre d’affaires de l’industrie centrée sur les nouvelles technologies a dépassé 1 900 milliards de dollars en 2023 aux États-Unis, contre 400 milliards de dollars en zone euro. Le poids des industries des nouvelles technologies aux États-Unis explique une part importante de l’écart de productivité avec la zone euro. De 2010 à 2024, la productivité par tête ne s’est accrue que de 6 % en zone euro, contre 21 % aux États-Unis. Elle tend à diminuer en zone euro depuis 2017, alors qu’elle continue de progresser outre-Atlantique.

    Plusieurs économies nord-européennes se démarquent en combinant dynamisme et égalité.

    Plusieurs économies nord-européennes se démarquent en combinant dynamisme et égalité. Les indices de Gini de la Suède et du Danemark figurent parmi les plus faibles de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques ), tout comme leur taux de pauvreté.

    Or, ces deux pays sont présents dans des secteurs porteurs, avec des entreprises comme Assa Abloy, Electrolux, Ericsson, H&M, IKEA, Skanska, Spotify, Maersk, Novo Nordisk, Vestas ou Carlsberg. La productivité par tête du Danemark et de la Suède progresse plus vite que dans l’ensemble de la zone euro : +18 % de 2010 à 2024 au Danemark et +10 % en Suède, contre +5 % en zone euro.

    Le dynamisme de la Suède et du Danemark est imputé à l’existence d’un système de retraite reposant en partie sur la capitalisation, permettant de drainer des capitaux en faveur des grandes entreprises. Le poids élevé des dépenses en recherche et développement y joue également un rôle non négligeable. Ces dépenses représentent, en 2024, 3,5 % du PIB en Suède et 3 % au Danemark, contre 2,2 % en zone euro.

    Le modèle social de l’Europe du Nord apparaît vertueux.

    La réglementation du marché du travail de ces deux pays a pour objectif non pas la protection de l’emploi, mais celle des salariés. Les entreprises peuvent licencier facilement. Les demandeurs d’emploi subissent des contraintes fortes les incitant à revenir rapidement sur le marché du travail, mais les indemnités de chômage sont élevées (90 % du salaire antérieur). Les demandeurs d’emploi ont accès à un vaste système de formation, ce qui conduit à un chômage de longue durée faible, surtout au Danemark. Au Danemark, en 2024, 12 % des demandeurs d’emploi sont au chômage depuis plus d’un an, contre 20 % en Suède et plus de 30 % en France. Le taux d’emploi est de 77 % au Danemark et en Suède, contre 69 % en France. Le passage d’une protection forte de l’emploi à une protection forte des salariés améliore les compétences des travailleurs et accélère la rotation sur le marché du travail, ce qui permet aux salariés de passer plus facilement d’emplois peu qualifiés à des emplois plus qualifiés.

    Le poids des dépenses publiques en Suède et au Danemark est élevé mais reste néanmoins inférieur à celui de la France : respectivement 50 %, 46 % et 56 % du PIB en 2024.

    ©Envato

    Dans ces conditions, le modèle social de l’Europe du Nord apparaît vertueux. Souvent critiqué pour son coût et son impact sur la compétitivité, le modèle social européen n’est pas condamné à l’immobilisme. L’exemple des pays nordiques prouve qu’il est possible de conjuguer protection sociale, innovation et dynamisme économique. La flexisécurité danoise, l’investissement massif dans la recherche en Suède et l’importance de la capitalisation dans les retraites sont autant de pistes à explorer pour d’autres États membres de la zone euro, et en particulier la France.

    À l’inverse, le modèle américain, plus libéral et propice à la croissance, s’accompagne d’inégalités accrues et d’une précarité plus marquée. Si les États-Unis bénéficient d’un écosystème performant pour financer l’innovation et l’entrepreneuriat, c’est aussi grâce à une fiscalité plus légère et à une régulation plus souple, soit autant d’éléments difficilement transposables en Europe sans une remise en cause profonde des fondements du contrat social. Entre ces deux extrêmes, le défi pour l’Europe est donc de trouver un équilibre entre inclusion et compétitivité. Un modèle social plus agile, favorisant la formation et l’adaptation des travailleurs plutôt que la protection statique de l’emploi, pourrait être une voie d’avenir. De même, un meilleur fléchage de l’épargne vers l’investissement productif et l’innovation pourrait renforcer la compétitivité du continent. L’enjeu est de taille : sans adaptation, l’Europe risque de voir son retard s’accentuer face aux États-Unis et aux puissances émergentes.

● Radio en direct
En pause