La croissance américaine avoisine les 3 % quand celle de la zone euro peine à dépasser 1 %. Depuis plusieurs années, cette dernière est dans l’impossibilité de réduire cet écart de deux points. La politique économique de Donald Trump pourrait réduire la croissance de l’économie américaine mais elle pourrait également porter atteinte à celle de la zone euro qui dépend des exportations notamment vers les États-Unis. Au-delà des vicissitudes de la politique du Président américain, l’écart de part et d’autre de l’Atlantique est lié à quatre facteurs : le capital, le travail, la technologie et l’énergie.
Depuis vingt ans, un fossé se creuse entre les États-Unis et la zone euro. Entre 2002 et 2024, le PIB a crû de 65 % aux États-Unis, contre 30 % pour la zone euro. Cette différence de croissance repose sur un déficit de gains de productivité en zone euro. La productivité par tête a, en effet, augmenté, de 48 % de 2002 à 2024 aux États-Unis contre 10 % en zone euro. Par ailleurs, chez cette dernière, la productivité est étale depuis 2017 voire en léger déclin.
Faiblesse du capital et de la formation en Europe.
L’Europe est pénalisée par la faible augmentation de son capital productif. Celui-ci augmente de 2,5 % par an aux États-Unis contre moins de 2 % en zone euro. Entre 2002 et 2024, il a progressé, en cumulé, de 75 % chez les premiers, contre 50 % en zone euro.
Les États-Unis créent plus d’emplois que la zone euro. Entre 2002 et 2024, l’emploi y a augmenté de 20 % contre 17 % en zone euro. Les États-Unis peuvent compter sur une population plus jeune. Celle en âge de travailler continue à augmenter quand elle décline en zone euro. En termes de compétences de leurs salariés, les États-Unis font aussi bien ou aussi mal que les Européens. Le système éducatif américain n’est pas plus performant que celui de l’Europe. En revanche, les États-Unis attirent les meilleurs chercheurs de la planète. Les immigrés s’installant aux États-Unis sont, en moyenne, d’un niveau de formation plus élevé que ceux optant pour l’Europe.
Avantage technologique aux États-Unis.
Les États-Unis disposent d’un avantage comparatif élevé dans le domaine des hautes technologies. L’investissement dans les technologies de l’information et de la communication (hors logiciels) représentaient, en 2023, 3,8 % du PIB, contre 2,2 % en zone euro. Les dépenses totales en Recherche & Développement s’élevaient, toujours en 2023, à 3,7 % du PIB aux États-Unis contre 2,2 % en zone euro.
Les États-Unis peuvent compter sur une énergie à faible prix. Cela concerne avant tout le gaz. Il était deux fois plus élevé en zone euro qu’aux États-Unis en 2024. L’Europe achète de plus en plus de gaz liquéfié notamment en provenance des États-Unis qui est plus cher que le gaz naturel auparavant acheminé par gazoduc. L’écart pour le prix du pétrole n’est pas déterminant en ce qui concerne le brut mais, en raison des taxes, il est plus cher à l’achat en Europe.
La production manufacturière a baissé fortement en zone euro depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, surtout en Allemagne. Le recul atteint 10 % en moyenne. L’avantage coût énergie aux États-Unis pour l’énergie ne s’est pas traduit malgré tout par une hausse de la production manufacturière. Ce sont les pays émergents et en premier lieu la Chine qui ont profité des difficultés de production de la zone euro.
Entre 2002 et 2022, l’écart de croissance est d’un point par an, puis de deux depuis 2022. Cet écart peut être attribué, selon l’économiste Patrick Arthus, à 25 % par la progression plus rapide du stock de capital aux États-Unis et à 75 % par le rôle du progrès technique.
Mais que se passe-t-il en Israël ? Le gouvernement de Benyamin Netanyahou organise à Jérusalem une conférence internationale sur la lutte contre l’antisémitisme. Fait notable, Jordan Bardella et Marion Maréchal y sont conviés. Ce geste des autorités israéliennes pose question : s’agit-il d’une reconnaissance de l’influence de l’extrême droite française dans la défense de la cause juive sur notre territoire national ? Assiste-t-on alors à un tournant historique ?
Face à LFI, le RN ?
De nombreux Français estiment que le parti d’extrême gauche, La France Insoumise (LFI), adopte des positions hostiles envers la communauté juive. Ainsi, la députée des Français de l’étranger, Caroline Yadan, représentant nos compatriotes en Israël, avait dénoncé cette tendance lors d’une interview accordée à notre média en octobre dernier : « LFI est devenu le premier parti antisémite de France », avait-elle affirmé à notre micro. Mais qu’en est-il alors de l’extrême droite ? Est-ce qu’à trop viser la France Insoumise, le passé du parti de Marine Le Pen disparaîtrait ?
Caroline Yadan et Meyer Habib
Du côté de l’ancien parlementaire de cette circonscription, Meyer Habib, celui-ci avait également mis en lumière le positionnement controversé de la formation politique dirigée par Jean-Luc Mélenchon. Et si l’ancien membre de l’Assemblée nationale nous avait confié lors des dernières élections législatives de 2024 que « pour des questions d’ADN » il ne pouvait « pas avoir le RN comme étiquette politique », il avait reconnu avoir eu des échanges avec Marine Le Pen, la qualifiant de « beaucoup plus fréquentable que cette extrême gauche antisémite ».
Et c’est peut-être cette même démarche qu’ont suivie les autorités israéliennes, en conviant ce jour l’extrême droite à la table de ce colloque à Jérusalem.
Quels impacts sur la politique française ?
De nombreuses polémiques ont émergé concernant les invitations adressées à Jordan Bardella et Marion Maréchal. C’est en effet la toute première fois qu’un membre du Rassemblement national est convié à un tel événement dans l’État hébreu. Que penserait de cette situation le fondateur du FN, Jean-Marie Le Pen, lui qui fut l’objet de nombreuses poursuites pour des faits d’antisémitisme ? L’histoire basculerait-elle ?
Une image réhabilitée du RN ?
En effet, cette invitation marque un véritable impact sur la scène politique française. Tout d’abord elle semble œuvrer à l’exercice de réhabilitation de l’image du parti présidé aujourd’hui par Jordan Bardella. S’exprimer à une telle tribune constitue une occasion sans précédent de se démarquer des propos controversés tenus en 1987 par Jean-Marie Le Pen, qui avait qualifié les « chambres à gaz » de « point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ».
Pour le Rassemblement national, cette démarche permet également de se positionner sur la scène internationale comme un soutien d’Israël dans la lutte contre l’antisémitisme, tout en envoyant un message directement à ses électeurs en France. Au-delà de cette stratégie d’image, ce geste pourrait aussi poser la question de l’efficacité des actions menées en France pour lutter contre toutes formes de discrimination.
Une opposition entendue ?
Certes, des figures importantes, comme Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), ont exprimé leur désaccord avec cette invitation. Celui-ci a d’ailleurs indiqué que « cette décision émane d’Israël et n’engage pas les institutions juives de France ». De même, des personnalités comme le grand rabbin du Royaume-Uni, Ephraim Mirvis, ont choisi de ne pas participer à l’événement par crainte des répercussions.
Une répercussion dans les urnes ?
Toutefois, l’intervention de Jordan Bardella lors de la conférence sur l’antisémitisme s’annonce comme un tournant pour le Rassemblement National (RN) et, plus largement, pour la politique en France. Quels seront les échos de cette démarche auprès de notre diaspora française à l’étranger ? Jusqu’à présent, auprès des Français(es) de l’étranger, les candidats affiliés à l’extrême droite n’atteignent pas les scores obtenus par le RN sur le territoire national. Lors du second tour de l’élection présidentielle de 2022, Marine Le Pen avait obtenu 13,86 % des voix parmi les expatriés, alors que son score global avait atteint 41,45 %.
Cependant, une évolution avait été constatée chez certains Français vivant à l’étranger durant les derniers scrutins 2024, où des résultats en croissance ont été enregistrés dans certains pays, notamment auprès de nos ressortissants vivant dans l’État hébreu. Aussi, la présence officielle de Jordan Bardella en Israël soulève des questions sur l’impact que cela pourrait avoir sur la perception que les expatriés auront prochainement du Rassemblement National. Ce changement de perspective parmi les électeurs de la diaspora pourrait-il être significatif ? Le verdict des urnes pourra le mesurer.
Le 5 mars 2025, le Président de la République, Emmanuel Macron, a ravivé un débat sensible en France. Au cours de son allocution aux Français il a déclaré : « Face à ce monde de dangers, rester spectateur serait une folie, la patrie a besoin de vous et de votre engagement. » Cette annonce a immédiatement résonné dans l’opinion publique, réactivant la question du retour à la conscription obligatoire. Outre les dispositions qui seraient alors prises en France pour un retour du service militaire, quelle place celui-ci pourrait-il faire pour les Français de l’étranger ?
Selon un sondage Ipsos-CESI du 15 mars, 53 % des Français se disent favorables à un retour du service national obligatoire. Cependant, l’adhésion varie selon les générations : 41 % des moins de 35 ans y sont favorables, contre 63 % chez les 60 ans et plus. Seuls 14 % des sondés s’y opposent fermement. Ce sondage induit plus de questions qu’il ne donne de réponses. Qu’en est-il de la capacité de l’État et de son armée à accueillir des jeunes appelés ou volontaires ? La réserve opérationnelle peut-elle être renforcée d’un coup de baguette magique ? Comment l’État compte-t-il atteindre les jeunes français de l’étranger pour qu’ils participent à ce mouvement ?
Le service militaire obligatoire : un retour en arrière complexe
Malgré l’engouement dans l’opinion publique (surtout chez les plus âgés), de nombreux experts et responsables politiques soulignent la difficulté de réintroduire un service militaire obligatoire. Rappelons que la France n’a plus la base nécessaire, ni la logistique adaptée à la formation de centaines de milliers de jeunes français.
Revenir en arrière n’est absolument pas un schéma réaliste à court terme
En effet, depuis octobre 1997, l’armée française est entièrement professionnalisée, et restaurer une structure de « conscription » impliquerait une refonte complète de l’organisation militaire et des infrastructures d’accueil. De plus, le plan Fillon, repris en partie par François Hollande, a réduit de 50.000 hommes les effectifs militaires qui servaient aussi d’encadrement du service national.
Retour du service militaire en France
La réintroduction du service militaire en France ne se ferait pas sans une organisation méticuleuse et des moyens considérables. Un tel projet nécessiterait une refonte législative, une réactivation des infrastructures militaires et un financement massif.
Décryptage des étapes clés d’un tel chantier :
Un cadre législatif à reconstruire
Avant toute mise en œuvre, une loi devrait être adoptée pour instaurer ce service national. Il faudrait en définir les contours : s’agira-t-il d’un service purement militaire ou élargi à des missions civiles ? Qui sera concerné ? Quelle durée prévoir ? Des exemptions seront-elles possibles ? Autant de questions qui nécessitent un cadre juridique précis.
Des infrastructures à réhabiliter
Les casernes, pour beaucoup fermées ou reconverties, devraient rouvrir leurs portes ou être remplacées par de nouvelles structures. Il en va de même pour la logistique : hébergement, restauration, uniformes, équipements, tout serait à prévoir pour accueillir des centaines de milliers de jeunes chaque année.
Former et encadrer les appelés
Un service militaire ne s’improvise pas. Il nécessiterait le recrutement massif d’instructeurs : anciens militaires, réservistes, experts en sécurité ou en instruction civique. Un parcours modulable devrait être mis en place, adapté aux aptitudes et aux aspirations des jeunes appelés, allant de la formation militaire à des missions de secours ou de cybersécurité.
Un budget colossal à débloquer
Le coût d’un tel dispositif s’élèverait à plusieurs milliards d’euros par an. Le financement pourrait provenir d’une réallocation budgétaire, de nouvelles taxes ou d’une participation des entreprises sous forme d’exonérations ou de compensations. Une charge financière non négligeable pour l’État.
Une mise en œuvre progressive
Impossible d’imposer une telle réforme du jour au lendemain. Un déploiement par étapes serait indispensable : lancement de programmes pilotes dans certaines régions, montée en puissance sur plusieurs années, ajustements progressifs en fonction des retours d’expérience.
Un défi d’adhésion populaire
Enfin, reste la question de l’acceptabilité sociale. Il faudrait convaincre la jeunesse des bénéfices de ce service : acquisition de compétences, esprit de cohésion nationale, ouverture vers des opportunités professionnelles.
« Il faut que nous ajoutions sans doute à cette armée professionnelle une armée de réserve. » François Bayrou, Premier Ministre
La mise en place d’alternatives comme un service civil serait sans doute nécessaire pour éviter un rejet massif. Ramener le service militaire en France relèverait donc d’un véritable défi logistique, financier et politique. Mais dans un contexte d’incertitudes géopolitiques et de quête de repères pour la jeunesse, le débat mérite, à long terme, d’être posé.
Le renforcement de la réserve, une alternative plausible
Au cours d’une interview sur France-Inter le 16 mars dernier, le Premier Ministre, François Bayrou, s’est positionné contre le retour du service militaire obligatoire mais a plaidé pour un renforcement de la réserve opérationnelle : « Il faut que nous ajoutions sans doute à cette armée professionnelle une armée de réserve. » Emmanuel Macron et le ministre des Armées Sébastien Lecornu ont aussi soutenu cette idée. Le président de la République souhaite mobiliser davantage de jeunes volontaires dans l’armée et vise 80 000 réservistes pour 210 000 militaires actifs d’ici 2030. Quant au membre du gouvernement en charge de la défense, il est allé encore plus loin, suggérant d’atteindre 100 000 réservistes pour avoir un ratio d’un réserviste pour deux militaires d’active.
Militaires français en manoeuvre
Avec cet objectif ambitieux de 80 000 à 100 000 réservistes d’ici 2030, l’État doit désormais résoudre une équation essentielle :
Comment convaincre une jeunesse diplômée, formée et ultra-connectée de s’engager dans cette réserve ?
Un engagement modernisé et valorisé
Les conflits contemporains l’ont démontré : la guerre ne se joue plus uniquement sur le terrain, mais aussi dans les laboratoires, les salles de contrôle et les réseaux numériques. Ingénieurs, analystes en cybersécurité, experts en intelligence artificielle ou en logistique : ces profils sont devenus indispensables aux armées modernes. Dès lors, la réserve ne peut plus être perçue comme une simple prolongation de l’armée d’active, mais comme un espace d’innovation et de montée en compétences.
Premier levier de motivation : une reconnaissance accrue. Cela passe par une valorisation concrète de l’engagement dans la réserve sur le marché du travail. Il pourrait s’agir d’accords avec des entreprises pour intégrer cet engagement dans les parcours professionnels, voire de certifications reconnues dans les secteurs stratégiques comme la défense, la cybersécurité ou la gestion de crise.
Un modèle flexible et attractif: L’un des principaux freins à l’engagement des jeunes actifs reste la contrainte de temps. Beaucoup hésitent à s’engager par crainte d’un impact sur leur carrière ou leurs études. Inspirons-nous des modèles scandinaves ou israéliens : un format plus souple, avec des missions adaptées aux disponibilités des réservistes, permettrait de lever ces réticences.
Deuxième levier : une intégration modulable. Des missions de courte durée, un engagement progressif et un modèle hybride combinant présence physique et téléopération (notamment pour la cybersécurité et le renseignement) pourraient séduire des profils hautement qualifiés.
Une incitation financière et statutaire adaptée: Si le patriotisme et le sens du devoir restent des moteurs d’engagement, la motivation financière ne peut être ignorée. Aujourd’hui, l’indemnisation des réservistes reste limitée, ce qui freine l’implication de nombreux talents.
Troisième levier : des incitations matérielles. Pourquoi ne pas proposer des avantages fiscaux, des primes spécifiques pour les compétences clés ou encore des dispositifs de mécénat de compétences entre l’État et les entreprises ? Un système où les employeurs valorisent l’expérience militaire comme un atout managérial pourrait aussi renforcer l’attractivité de la réserve.
Un récit national à réinventer: L’engagement dans la réserve ne doit pas être perçu comme un simple devoir citoyen, mais comme une opportunité unique de contribuer à la sécurité nationale tout en développant des compétences rares. À l’image des grandes campagnes de communication des armées américaines ou britanniques, la France doit moderniser son discours pour capter l’attention de cette jeunesse diplômée en quête de sens.
Quatrième levier : une narration inspirante. Mettre en avant des témoignages de réservistes issus de milieux variés, montrer les réussites et les compétences acquises grâce à cet engagement, et créer une véritable communauté de la réserve pourraient être des leviers puissants.
Jeunes Français de l’étranger et Défense : un lien à (re)construire
Les Français de l’étranger sont entre deux et trois millions, répartis aux quatre coins du globe, parfois binationaux, parfois éloignés des institutions françaises, et pourtant, ils demeurent une ressource précieuse pour la Nation. Les Français établis hors de France constituent un vivier de compétences et de talents sous-exploité par les forces armées, notamment en matière de réserve opérationnelle.
« La mobilisation des expatriés dans la réserve pourrait s’avérer hautement stratégique. »
Mais comment les mobiliser efficacement quand ils échappent aux dispositifs traditionnels de sensibilisation et d’engagement citoyen ?
Une invisibilité problématique
L’un des premiers obstacles à leur intégration dans la réserve est d’ordre purement administratif : nombre d’entre eux ne sont pas inscrits au registre consulaire, rendant leur identification complexe. À cela s’ajoute l’absence de Journée Défense et Citoyenneté (JDC) pour les jeunes Français expatriés, contrairement à leurs homologues résidant en métropole. Sans ce passage obligatoire qui marque souvent le premier contact avec les armées, le lien entre jeunesse expatriée, Nation et Défense se distend inexorablement.
Laurent Saint-Martin ministre délégué aux Français de l’étranger devant les élus de lAFE
Face à cette situation, le gouvernement semble conscient du problème, mais la réponse proposée jusqu’ici reste largement insuffisante. L’idée d’une JDC en ligne, évoquée par Laurent Saint-Martin, Ministre délégué chargé du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, lors de l’Assemblée des Français de l’Étranger tenue à Paris en mars dernier, apparaît comme un compromis minimaliste, incapable de recréer l’expérience immersive et fédératrice que permettait le service national d’antan, ni même celle crée par la JDC dans l’hexagone.
Un levier stratégique sous-exploité
Loin d’être une simple question de symbolisme, la mobilisation des expatriés dans la réserve pourrait s’avérer hautement stratégique. Beaucoup d’entre eux disposent de formations pointues dans des domaines cruciaux : cybersécurité, ingénierie, renseignement, diplomatie… Des compétences qui font aujourd’hui la différence sur les champs de bataille modernes. De plus, leur implantation à l’étranger leur confère un atout majeur : la connaissance fine des dynamiques locales, un avantage non négligeable pour les missions de renseignement et de diplomatie militaire.
Des solutions à explorer
Si l’État souhaite réellement intégrer ces citoyens éloignés, plusieurs pistes mériteraient d’être approfondies :
Un recensement proactif : Plutôt que d’attendre une inscription spontanée au registre consulaire, les ambassades et consulats pourraient jouer un rôle plus actif en identifiant les jeunes expatriés dès leurs études secondaires via les lycées français à l’étranger et les associations locales.
Une JDC adaptée : Plutôt qu’une simple version numérique standardisée, une JDC en présentiel pourrait être organisée dans les principales ambassades et alliances françaises. Des sessions adaptées aux réalités culturelles et stratégiques locales permettraient d’inscrire ces jeunes dans un cadre plus concret
Des passerelles avec l’armée : Développer des programmes spécifiques permettant aux expatriés de s’engager ponctuellement dans des formations militaires en France ou de participer à des missions adaptées à leurs compétences et à leur implantation géographique.
Valorisation professionnelle : Associer la réserve opérationnelle à des parcours professionnels internationaux via des partenariats avec des entreprises françaises implantées à l’étranger. Une expérience militaire pourrait être perçue comme un atout en management, cybersécurité ou gestion de crise.
Une question d’inclusion nationale
Au-delà de l’enjeu purement militaire, il s’agit d’un défi d’inclusion nationale. Dans un monde où les conflits ne se jouent plus uniquement sur le terrain mais aussi dans l’espace numérique et économique, ces citoyens du monde pourraient devenir des relais stratégiques pour la Défense nationale.
Réintroduire un service national à grande échelle nécessiterait une refonte complète de l’organisation militaire, un budget colossal et un cadre législatif complexe, des obstacles majeurs qui rendent une telle décision irréaliste à court terme. La mise en place d’un recensement proactif, la création de programmes dédiés ou l’adaptation de la Journée Défense et Citoyenneté (JDC) à l’international seraient des solutions nécessaires pour tisser de nouveaux liens entre ces jeunes expatriés et la France.
« Face à l’activité importante que l’on demande à l’armée française, il est certain que nous n’avons pas assez de réservistes » a déclaré Sébastien Lecornu, le renforcement de la réserve opérationnelle apparaît comme une alternative plus viable et pertinente.
Cependant, un tel projet se heurte également à des défis, notamment la nécessité de convaincre une jeunesse diplômée, ultra-connectée et engagée dans d’autres projets professionnels de s’investir dans cette réserve. Les profils modernes, tels que les ingénieurs ou les experts en cybersécurité, deviennent essentiels dans les armées contemporaines, et il est important d’offrir un modèle d’engagement flexible et valorisé pour attirer ces jeunes talents.
Au final, alors que le retour à un service militaire obligatoire semble difficile à réaliser, l’avenir de la Défense nationale pourrait reposer sur une réserve opérationnelle plus large et mieux intégrée, qui inclut à la fois la jeunesse de France métropolitaine et celle de l’étranger. Une telle transformation nécessiterait de réinventer les modes d’engagement et d’investissement civique, en donnant à ces jeunes un rôle essentiel dans la défense du pays, tout en assurant leur épanouissement personnel et professionnel.
Et vous qu’en pensez-vous ? Quelle est votre position sur le service miliaire ? Comment mieux intégrer les Français de l’étranger à une armée réserve nationale ? N’hésitez pas à commenter cet article et à proposer vos idées.
BRUXELLES – Malgré les troubles politiques internes, le moment choisi par Ankara pour resserrer ses liens avec l’UE et obtenir l’accès aux fonds de défense du bloc ne pouvait pas mieux tomber.
Face aux protestations massives suscitées par l’emprisonnement du maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, le principal opposant au président turc Recep Tayyip Erdoğan, ce dernier met en œuvre une stratégie courante dans les régimes autoritaires : saisir le changement géopolitique pour étouffer le soulèvement démocratique dans son pays et tenter de marquer des points à l’étranger.
Depuis des années, les relations d’Ankara avec l’UE sont tendues, en raison notamment des frictions avec la Grèce et Chypre, mais aussi des inquiétudes suscitées par le virage autoritaire de Recep Tayyip Erdoğan, qui a gelé les perspectives de rapprochement du pays avec le bloc.
Mais la Commission européenne a décidé d’ouvrir la porte à certains pays tiers, dont la Turquie, le Royaume-Uni et la Norvège, pour collaborer plus étroitement avec l’UE sur son tout nouveau programme de défense de 150 milliards d’euros, Security Action for Europe (SAFE), et Ankara s’est engouffré dans la brèche.
En raison de ses ennemis jurés, la Grèce et Chypre, la récente tentative de la Turquie d’accéder au financement de la défense de l’UE se heurte à deux obstacles familiers, et elle n’a jamais été incluse dans aucune des initiatives du bloc nécessitant l’unanimité.
Mais le retour du président américain Donald Trump et les derniers bouleversements géopolitiques ont changé la donne pour reconsidérer un rapprochement avec Ankara, ont déclaré plusieurs diplomates de l’UE.
Au cours des dernières semaines, la Turquie a été de plus en plus impliquée dans les sommets européens sur la sécurité et les hauts fonctionnaires ont clairement indiqué leur intérêt.
Dans les couloirs du pouvoir bruxellois circule désormais l’idée que la Turquie reste un partenaire et un allié partageant les mêmes valeurs, et que les intérêts de sécurité à long terme devraient l’emporter sur les intérêts à court terme de quelques-uns.
L’influence de la Turquie
Ankara comprend bien qu’elle est nécessaire aux plans de défense de l’Europe.
Comme par le passé, Recep Tayyip Erdoğan sait qu’il dispose de tous les leviers de pression et pourrait être prêt à les utiliser, comme il l’a fait par le passé avec l’accord UE-Turquie sur les réfugiés, et plus récemment en concluant un pacte bilatéral sur les réfugiés avec l’Italie.
Cette fois-ci, l’accord pourrait impliquer une coopération plus étroite avec l’UE en matière de défense et d’économie en échange de la sécurité régionale.
Après tout, la Turquie possède la deuxième plus grande armée permanente de l’OTAN après les États-Unis. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, aurait fait pression sur l’UE pour qu’elle cherche à renforcer sa coopération avec Recep Tayyip Erdoğan.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan quitte la scène après avoir prononcé une déclaration nationale lors de la conférence sur le climat COP29 de au stade de Bakou, le 12 novembre 2024 à Bakou, en Azerbaïdjan. [Sean Gallup/Getty Images]
Ankara s’est déjà heurtée à des portes closes concernant un projet qui améliorerait la mobilité militaire des troupes et des équipements à travers l’Europe et l’Amérique du Nord, et qui nécessiterait l’unanimité.
La situation géographique stratégique de la Turquie la place au cœur du contrôle du détroit du Bosphore, une importante voie de navigation et de commerce qui assure l’accès de la mer Noire à la mer Méditerranée, qu’elle n’a pas hésité à fermer aux navires de guerre russes dès les premiers jours de la guerre.
Si, à l’avenir, les navires de guerre européens devaient avoir besoin d’accéder à la mer Noire, Ankara détiendrait la clé. Une péninsule de Crimée russe permanente, dont les originaires Tatars de Crimée avaient une série de liens historiques avec l’Empire ottoman, pourrait ne pas être dans son intérêt.
Les effectifs de l’armée turque pourraient également s’avérer utiles si un futur accord de paix avec l’Ukraine incluait des soldats de la paix européens pour garantir un cessez-le-feu.
Ankara a déjà déclaré qu’elle serait prête à envoyer des forces de maintien de la paix en Ukraine après avoir déjà joué un rôle important en tant que médiateur dans l’accord sur le blé de la mer Noire.
Selon des diplomates de l’UE, l’équipement militaire turc fait partie des options les moins chères qui peuvent être acquises en dehors du bloc et a été testé sur le terrain dans des zones de guerre, notamment en Ukraine et en Azerbaïdjan.
Parmi les matériels les plus importants figure le drone turc Bayraktar TB2, l’un des plus achetés à Ankara dans la région. Avec le premier projet turc d’avion de combat de cinquième génération, le KAAN, Ankara cherche également à remplacer sa flotte vieillissante d’avions de chasse F-16 de fabrication américaine.
Les produits de défense turcs sont déjà achetés en grande quantité par certains pays d’Europe du Sud, l’Espagne et le Portugal, ainsi que par des pays d’Europe de l’Est tels que la Pologne, la Roumanie et l’Estonie.
Le diable est dans les détails
En ce qui concerne l’accès au financement de la défense de l’UE, un nombre croissant de diplomates européens estiment que ce n’est qu’une question de temps avant que l’Europe ne soit obligée de regarder la réalité en face et d’élargir sa base de partenaires pour remplacer la dépendance vis-à-vis des États-Unis.
Un diplomate de l’UE a déclaré que le bloc « devra, à un moment donné, parvenir à une évaluation pragmatique de la situation, à savoir que nous avons besoin de ces pays et de leurs industries si nous voulons vraiment nous réarmer rapidement ». De plus en plus de voix concordent vers ce point de vue à Bruxelles
Malgré l’approche « Achetez européen » de la France en matière de défense, « au contraire, nous nous rapprochons de tous ces pays en matière de défense », a déclaré un responsable de l’UE à Euractiv.
Ce sentiment est de plus en plus partagé par un certain nombre d’États membres de l’UE qui affirment qu’il pourrait y avoir des moyens de contenir les griefs de longue date de la Grèce et de Chypre.
La participation de pays tiers au programme SAFE dépend de la conclusion d’un accord de sécurité et de défense avec l’UE, ce que ni le Royaume-Uni ni la Turquie n’ont fait.
Un accord commercial dans le secteur de la défense, quant à lui, ne nécessiterait qu’une majorité qualifiée des États membres pour être adopté, ce qui signifie que la Grèce et Chypre, qui se sont traditionnellement opposées à l’adhésion d’Ankara à tout programme européen lié à la défense et à la sécurité, pourraient être mises sur la touche.
Ce dernier serait signé directement entre le pays tiers et la Commission européenne, selon le projet de texte présenté en début de semaine, qui peut maintenant être modifié par les États membres pour renforcer — ou assouplir — les exigences.
Si le vent tourne en Turquie, la présidence polonaise de l’UE pourrait abandonner la recherche d’un consensus unanime en faveur d’un accord plus rapide, selon certains diplomates de l’UE.
Le fait que la Turquie ait joué à la corde raide entre l’alignement avec l’Occident et la Russie semble être une préoccupation secondaire.
Ankara n’a pas rejoint les sanctions occidentales contre Moscou en réponse à son invasion à grande échelle de l’Ukraine, pérennisant ainsi ses liens économiques et énergétiques forts.
Fermer les yeux
Si le virage autoritaire de Recep Tayyip Erdoğan pourrait constituer un obstacle majeur au resserrement des liens avec l’UE, Bruxelles pourrait de son côté ne pas être en position de repousser la Turquie.
L’arrestation récente du maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, de l’opposition, quelques jours avant qu’il ne soit choisi comme candidat à la présidence pour défier le président turc sortant Recep Tayyip Erdoğan, a suscité l’étonnement des dirigeants de l’UE.
Mais malgré les vives critiques du chancelier allemand Olaf Scholz, les responsables politiques allemands ont rapidement souligné que Berlin ne ferait pas obstacle à une coopération plus étroite en matière de défense. En France, l’Élysée s’est abstenue de tout commentaire public.
De hauts responsables de l’UE ont appelé les autorités turques à respecter les normes démocratiques, le « respect des droits fondamentaux et de l’État de droit » étant « essentiel pour le processus d’adhésion à l’UE ».
Mais la majorité des dirigeants de l’UE sont restés discrets dans leurs critiques.
Bruxelles pourrait bientôt être confrontée à un exercice d’équilibrisme. Certains diplomates pensent qu’elle pourrait fermer les yeux sur la question au profit de la nécessité stratégique.
La situation semble différente concernant l’impasse politique sur le resserrement des liens entre l’UE et la Turquie dans d’autres domaines.
La modernisation de l’Union douanière UE-Turquie et la libéralisation des visas, deux demandes clés d’Ankara depuis des années, ont peu de chances d’avancer en raison du manque de réformes, selon des personnes proches des négociations.
Et un changement de ton serait difficile à justifier par rapport à d’autres pays candidats à l’adhésion à l’UE qui ont entrepris de plus grands efforts.
Le 30 août 1954, l’Assemblée nationale française rejetait le projet de création de la Communauté Européenne de Défense (CED), pourtant initié par le président du Conseil, René Pleven, en 1950. Cet échec mit un terme à l’idée d’une Europe de la défense et fit des États-Unis le défenseur en dernier ressort du Vieux Continent à travers l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord). La Communauté Européenne de Défense (CED) était un projet de coopération militaire entre les pays européens, porté par le contexte de la Guerre froide et la nécessité d’intégrer l’Allemagne de l’Ouest dans un cadre sécurisé.
Ce projet s’inscrivait dans le prolongement de l’OTAN, institué en 1949, et visait à résoudre la question sensible du réarmement allemand, rendu nécessaire par l’acuité de la menace soviétique. Les États-Unis et le Royaume-Uni souhaitaient intégrer la RFA dans une alliance militaire pour renforcer la défense de l’Europe. La France, encore traumatisée par les deux guerres mondiales, redoutait ce réarmement et cherchait un cadre strictement européen pour l’encadrer.
La CED de Pleven : Un projet ambitieux d’armée européenne intégrée
Le projet de Pleven s’inspirait de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) et prévoyait :
Une armée européenne intégrée, avec des unités nationales sous un commandement unique ;
Un budget commun et une autorité supranationale.
Le réarmement allemand devait être limité et placé sous contrôle européen. Ce projet était soutenu par les États-Unis et accepté par l’Allemagne de l’Ouest, qui y voyait un moyen de recouvrer une souveraineté militaire sous supervision européenne. En mai 1952, les six membres de la CECA (France, RFA, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) signent le traité de la CED à Paris. Ce dernier prévoit une subordination de la CED à l’OTAN, garantissant ainsi la protection américaine. À peine signé, le projet suscite toutefois de nombreuses oppositions, en particulier en France.
Les Gaullistes dénoncent une perte de souveraineté nationale et refusent que l’armée française soit soumise à une autorité supranationale. Les Communistes considèrent que ce projet constitue une menace dirigée contre l’URSS. Une partie des socialistes et des militaires s’inquiètent de la perte d’autonomie stratégique de la France. Après deux ans de débats, le Parlement français refuse de ratifier le traité de la CED.
La population française, initialement favorable, devient progressivement hostile au projet. L’échec de la CED fut perçu comme un revers pour les États-Unis et les partisans d’une Europe intégrée. Ironie de l’histoire, il aboutit à l’intégration de l’Allemagne dans l’OTAN en 1955.
Malgré cet échec, les Européens décident de créer en 1954 l’Union de l’Europe occidentale (UEO), dont l’objectif est de renforcer la coopération militaire entre les pays européens dans un cadre intergouvernemental, sans supranationalité. À partir de là, la défense de l’Europe occidentale repose presque exclusivement sur l’OTAN et les États-Unis qui confirment leur place centrale dans la sécurité européenne.
Une Europe de la défense toujours inachevée
Depuis cinquante ans, plusieurs initiatives ont été lancées pour renforcer la coopération militaire européenne. La Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) de l’Union européenne et la Coopération Structurée Permanente (PESCO) reprennent partiellement l’idée d’une intégration militaire, mais sous une forme plus souple et intergouvernementale.
Pourtant, les Européens restent incapables de s’accorder sur le développement d’armements sophistiqués communs, qu’il s’agisse de l’aviation, des drones ou des chars. De nombreux États privilégient l’achat d’équipements militaires américains. Les déclarations de Donald Trump sur la guerre russo-ukrainienne ont relancé le débat sur la création d’une Europe de la défense. Ironie du sort, le président américain réclame un renforcement des dépenses militaires européennes, sans peut-être imaginer que cet effort puisse se faire contre les États-Unis.
Pourtant, l’autonomie de la défense européenne est un défi considérable, compte tenu des habitudes prises depuis quatre-vingts ans et des intérêts divergents des États du Vieux Continent. Les perceptions de la menace russe varient selon les pays. Entre l’Espagne et les pays baltes ou la Pologne, le rapport à la Russie est profondément différent d’un point de vue géographique et historique.
La remise en cause du parapluie américain est un choc pour l’Allemagne.
L’Allemagne, première économie de l’Union européenne, est particulièrement exposée. Jusqu’en 1990, des forces soviétiques étaient stationnées en ex-RDA. La remise en cause du parapluie américain est un choc pour un pays qui s’est reconstruit, depuis 1949, dans le cadre d’une coopération atlantiste étroite. Le futur chancelier Friedrich Merz a tiré les leçons des déclarations de Donald Trump.
En février, il a affirmé sa volonté d’émanciper l’Allemagne des États-Unis avec qui la confiance semble rompue. Il a également appelé à une réponse à l’offre de dialogue stratégique d’Emmanuel Macron, notamment sur la protection que les armes nucléaires françaises pourraient offrir aux alliés européens.
La dissuasion nucléaire française étendue à l’Europe, une option crédible ?
L’idée d’élargir la dissuasion nucléaire française au reste de l’Europe n’est pas nouvelle. En 1992, avant la signature du traité de Maastricht, François Mitterrand avait évoqué une possible « doctrine européenne » de dissuasion.
En 1996, le Premier ministre Alain Juppé proposait une « dissuasion concertée » avec l’Allemagne, précisant que la dissuasion française participait à la sécurité du continent. À l’époque, l’Allemagne avait refusé cette perspective, préférant s’en remettre aux États-Unis et à la présence d’armes nucléaires américaines sur son sol.
Aujourd’hui, la donne a changé, mais la France a-t-elle vraiment les moyens d’offrir à l’Europe une alternative crédible au parapluie américain ? Au-delà de cette proposition, dans les faits, la protection du territoire français ne se limite pas à ses frontières.
Pendant la guerre froide, la défense des intérêts de la France concernait, par exemple, les troupes françaises stationnées en Allemagne. La dimension européenne tenait aussi au fait que la menace soviétique, massive, pesait sur l’ensemble de l’Europe de l’Ouest.
Avec la suppression des missiles balistiques du Plateau d’Albion, la France ne dispose plus que de deux composantes nucléaires : les missiles lancés depuis les avions Rafale et ceux qui équipent les sous-marins. Les missiles des Rafale ont une portée de 500 kilomètres. Pour atteindre la Russie, ils devraient être tirés depuis un pays d’Europe de l’Est, ce qui suppose une coopération.
L’idée que des Rafale porteurs de missiles nucléaires puissent être positionnés sur une base d’un État membre de l’Union européenne constituerait une réponse européenne. Jusqu’à présent, sur le plan théorique, le président de la République française est le seul habilité à enclencher l’arme nucléaire en cas d’atteinte vitale aux intérêts de la France. Cependant, compte tenu des conséquences de son usage sur l’ensemble de l’Europe et des partenaires immédiats de la France, nul n’imagine que le président français ne les informe pas au minimum.
Certes, au nom de la dissuasion, la France est censée ne jamais utiliser ses missiles, mais la menace fait partie intégrante du jeu stratégique.
Le défi des boucliers antimissiles en Europe
Le développement des systèmes antimissiles n’est pas sans conséquence sur la crédibilité de la dissuasion. La France a longtemps fait le choix de ne pas se doter d’armes antimissiles, estimant que la possession de l’arme nucléaire devait dissuader tout adversaire de l’attaquer.
Cependant, l’efficacité croissante des dispositifs antimissiles pourrait fragiliser la logique de dissuasion. Des experts estiment que 40 à 60 % des missiles français pourraient être détruits en cas d’attaque de la Russie avant d’atteindre leur cible. Cette situation pousse la France à augmenter le nombre de sous-marins en mer.
Pour éviter une remise en cause de la dissuasion, la France prévoit de se doter de missiles hypersoniques. Toutefois, en l’état actuel des recherches, ces derniers ne seraient disponibles qu’après 2030.
Le Patriot américain préféré au Mamba franco-italien.
La mise en place de boucliers antimissiles a longtemps été un sujet de tensions entre les partenaires européens. L’Allemagne a lancé un projet dénommé « Sky Shield » (Bouclier du ciel), qui regroupe vingt autres pays européens. Ce système s’inspire du Dôme de fer israélien et repose sur trois niveaux d’interception : courte, moyenne et exo-atmosphérique. Dans le projet initial Sky Shield, l’Allemagne ne prévoyait aucun recours aux équipements de fabrication française. Sur la défense de moyenne portée, le Patriot américain a été préféré au Mamba franco-italien.
Pour la défense exo-atmosphérique, le bouclier européen s’appuie sur l’expérience du système israélien. Berlin estime que les dispositifs français ne sont pas encore opérationnels, alors qu’elle souhaite disposer de son bouclier au plus vite. De son côté, la France cherche à promouvoir le SAMP/T (Sol-Air Moyenne Portée/Terrestre) – Mamba, un système développé par MBDA et Thales en coopération avec l’Italie. Ce dispositif est actuellement le seul système européen conçu pour intercepter des missiles balistiques de théâtre (portée inférieure à 3 000 km). Il utilise le missile Aster 30, capable d’intercepter des missiles balistiques à courte portée ainsi que des avions et des drones. Une nouvelle version, le SAMP/T NG (Nouvelle Génération), devrait être déployée cette année avec des améliorations face aux missiles hypersoniques. En parallèle, la France mise également sur ses Rafale qui peuvent emporter des missiles air-air Météor, capables d’intercepter des cibles aériennes à longue portée, y compris des missiles.
Contrairement aux États-Unis (système Aegis) ou à Israël (Dôme de Fer, Arrow), la France ne possède pas, en l’état, de bouclier national contre les missiles balistiques de longue portée.
Entre dépendance et autonomie stratégique
L’histoire de la défense européenne est marquée par des ambitions contrariées et une dépendance persistante vis-à-vis des États-Unis. L’échec de la Communauté européenne de défense (CED) en 1954 a figé, pour plusieurs décennies, le rôle central de l’OTAN comme pilier de la sécurité du Vieux Continent, reléguant les tentatives d’autonomie stratégique au second plan. Pourtant, la question de la défense européenne demeure un enjeu crucial, régulièrement ravivé par les crises internationales et les mutations de l’ordre mondial. Aujourd’hui, alors que la guerre en Ukraine a profondément bouleversé les équilibres géopolitiques, le débat sur l’émancipation militaire de l’Europe prend une nouvelle ampleur.
Face aux incertitudes sur l’engagement américain, certains États membres, notamment la France et l’Allemagne, tentent d’insuffler une dynamique de coopération renforcée à travers le développement de capacités militaires communes et l’élaboration d’une stratégie plus cohérente. Cependant, plusieurs obstacles freinent encore l’émergence d’une véritable défense européenne autonome. Des divergences de perception sur l’évolution de la défense existent entre les États membres de l’Union. Entre l’Espagne, les pays baltes et la Pologne, le rapport à la Russie est par nature différent en raison de réalités géographiques et historiques contrastées. Les intérêts économiques et industriels peuvent également diverger.
Les préférences nationales en matière d’équipements militaires freinent la standardisation et l’uniformisation des armements tout comme l’espoir de maintenir le parapluie américain. Le dilemme entre sécurité nationale et intégration européenne demeure. Chaque État européen, et notamment la France, reste attaché au contrôle de ses forces armées.
Le défi auquel est confrontée l’Union européenne n’est pas seulement militaire, il touche aussi à sa crédibilité politique en tant qu’acteur global. Si l’Europe veut peser dans les rapports de force du XXIe siècle, elle devra trancher la question de son autonomie stratégique, sous peine de devenir un acteur marginalisé face à la montée des puissances impérialistes.
Partir vivre à l’étranger ce n’est pas couper son lien personnel avec la France. Ce n’est pas non plus rompre avec l’État. D’ailleurs, il est crucial de ne pas négliger certaines formalités. Parmi elles, l’inscription au registre des Français établis hors de France est une formalité essentielle pour les expatriés. Démarche vivement recommandée, découvrez pourquoi l’effectuer et comment s’inscrire ?
Qu’est-ce que le Registre des Français établis hors de France ?
Tout d’abord, l’inscription au recensement des Français établis hors de France n’est pas obligatoire. C’est pourquoi l’estimation du nombre de Français vivant à l’étranger diffère souvent du chiffre officiellement communiqué. Ainsi, au 31 décembre 2024, les inscrits au recensement s’élevaient à 1 741 942. Pourtant, lorsqu’on évoque le nombre de nos compatriotes vivant à l’étranger, c’est plutôt le chiffre de 2,5 millions qui est le plus souvent cité. Les raisons pour lesquelles tous les expatriés ne sont pas inscrits sont multiples : négligence, oubli, désintérêt, « phobie administrative »,… Pourtant, cela entraîne des conséquences non négligeables.
Un nombre qui conditionne les budgets pour les expatriés
En effet, cette différence peut avoir de nombreuses implications. Le chiffre officiel permet aux autorités françaises d’adapter les réponses aux besoins des citoyens vivant à l’étranger. Ainsi, les crédits alloués aux différents programmes concernant notre diaspora s’appuient sur le quota officiel d’expatriés. Il en est de même pour le personnel présent dans les ambassades ou les consulats, ainsi que dans d’autres services administratifs de l’État en lien avec les Français de l’étranger. Ce chiffre peut également conditionner le nombre de vos élus par pays d’accueil, les dits conseillères/conseillers des Français de l’étranger.
Des prochaines incitations pour s’inscrire au registre ?
Ainsi, Laurent Saint-Martin, ministre délégué actuel au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger a déclaré vouloir créer des incitations spécifiques pour encourager les expatriés à s’inscrire. En tant qu’ancien ministre du Budget, il a rapidement compris l’intérêt pour son administration de connaître le nombre exact d’expatriés français. Mais rappelons également les avantages que nos compatriotes vivant à l’étranger ont à s’inscrire à ce registre.
Comment s’inscrire au registre des Français établis hors de France ?
Inscription en ligne
L’inscription au registre est gratuite et valable pour une durée de cinq ans. Il est recommandé de s’inscrire via internet en utilisant la page dédiée, disponible sur le site du service public français. Cette méthode est rapide et efficace, permet de gagner du temps et d’éviter les déplacements.
Inscription sur place
Toutefois, si vous rencontrez des difficultés à effectuer la démarche en ligne, vous pouvez toujours vous rendre directement à l’ambassade ou au consulat de France situé dans votre pays de résidence.
Quels sont les avantages de cette inscription au registre ?
Outre que les discussions budgétaires puissent s’effectuer à terme sur la base du nombre réel d’expatriés, s’inscrire au registre facilite :
La prise de rendez-vous au consulat ou à l’ambassade pour faire ou renouveler ses papiers d’identité
La constitution de votre dossier pour une demande de bourses scolaires
L’accès à des aides sociales proposées par le consulat
Le recensement et sa conformité avec la journée citoyenneté et défense (JDC) pour les moins de 25 ans
Les aides aux associations, STAFE (soutien au tissu associatif des Français de l’étranger)
Actuellement, la France mène une campagne visant à pouvoir renouveler un passeport sans comparution. Expérimentée au Portugal et au Canada, cette initiative devrait s’étendre à 10 autres pays en Juin 2025. Dans ce cas, l’inscription au registre sera une condition sine qua non pour en bénéficier.
Autre avantage, les consulats ou ambassades proposent aux personnes inscrites au registre des réductions des tarifs pour les demandes de légalisations ou de copies conformes.
En cas de crise ou d’événement grave dans votre pays de résidence, avec votre inscription au registre, les autorités françaises peuvent lors plus facilement vous contacter par des messages d’alertes et d’informations, et aussi vous assister en cas de besoins et mettre en place une assistance consulaire par exemple.
Qu’en est-il du droit de vote ?
Une inscription au registre des Français établis hors de France vous permet aussi d’exercer votre droit de vote depuis l’étranger. Vous saurez alors inscrit sur la liste électorale consulaire (LEC). Vous pourrez voter pour les différentes élections concernant à la fois les Français de l’étranger (élection consulaire, législative) – et parfois même par internet -, mais aussi pour les scrutins nationaux (présidentielle, européennes). Toutefois, il vous sera possible, dans certains cas, de demander à rester rattaché(e) à un lieu de résidence en France, et donc de voter pour les élections communales, départementales et régionales.
Faut-il renouveler son inscription ?
N’oubliez pas de maintenir votre dossier à jour. L’inscription est valable 5 ans. Vous pouvez actualiser vos informations, renouveler votre inscription ou demander votre radiation directement en ligne. Certains consulats pratiquent aussi un renouvellement automatique de votre inscription. Si le renouvellement n´est pas fait, les données personnelles du registre sont effacées dans un délai d’un an à compter de la date d’échéance de l´inscription. Alors, toute demande de renouvellement ne pourra pas aboutir. Dans ce cas, il faudra se réinscrire au registre des Français établis hors de France comme s’il s’agissait d’une première demande.
Toutefois, faites bien attention au lien entre registre et liste électorale consulaire. En effet, une élue des Français d’Allemagne, Nadine Fouques-Weiss, a dernièrement signalé cette situation : « si le renouvellement de l´inscription au registre n´a pas été effectué et que les données personnelles sont effacées, l´inscription sur la LEC, elle, si elle avait été demandée lors de la première inscription, perdure. Elle ne peut être effacée que sur demande ou automatiquement via le fichier INSEE si le résident déménage et s´inscrit sur une autre LEC ». Il y aurait donc des circonscriptions ou le nombre d’inscrits à la LEC serait bien supérieur à celui enregistré au registre. Soyez donc vigilants !
L’inscription au registre présente donc des avantages quand on s’expatrie. Faites-le. Mais celle-ci reste de votre responsabilité. N’hésitez pas à commenter et à partager la façon dont s’est déroulée votre inscription : Facile ? Difficile ? Utile ? Quelles améliorations à apporter ? Vos témoignages sont précieux.
En marge de la dernière session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger, l’AFE s’est dotée d’un nouveau site internet. Ce nouvel outil numérique vise, entre autres, à rendre plus attractif les travaux menés par les élu(e)s. Il s’agit aussi d’améliorer la communication et l’information entre les Français(es) vivant à l’étranger et les élus, Conseillères et Conseillers des Français établis hors de France. Alors pari réussi ?
L’AFE : un besoin de mieux faire connaître cette assemblée d’élus
Représentant nos compatriotes Français vivant en dehors du territoire national, l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) est une instance politique consultative. Composée de 90 membres élus au suffrage universel indirect, l’AFE adopte des avis, des résolutions et des motions. Les sujets qu’elle traite sont en lien avec le quotidien de nos expatriés, allant de la santé à la sécurité, sans oublier l’éducation, la fiscalité ou bien encore la protection sociale pour ne prendre que ces exemples.
Mieux communiquer avec le grand public
Et c’est notamment pour mieux partager avec le grand public les travaux effectués par cette instance, que l’AFE a souhaité moderniser son site internet. Accessible à l’adresse www.assemblee-afe.fr , ce nouvel espace numérique entend donc renforcer le lien entre l’Assemblée des Français de l’étranger et les expatriés.
Comme il est d’ailleurs précisé sur une des pages mis en ligne, ce site se veut « plus moderne, plus intuitif et plus complet », et il « a été conçu pour répondre aux besoins des Français de l’étranger et leur offrir un accès direct aux travaux de l’AFE ».
Que pensez-vous de ce nouveau site ?
Mais, vous pourriez vous interroger : pourquoi rédiger cet article ? Et bien Lesfrancais.press répond à une invitation visible sur l’une des pages de ce nouvel espace web mis à jour: « naviguez dès maintenant sur notre site et dites-nous ce que vous en pensez ! » Alors c’est ce que l’on a fait.
Un site qui suscite la curiosité
Tout d’abord, reconnaissons que le nouveau site est plus beaucoup plus attractif que le précédent. Une fois connecté sur la première page, on a tout de suite envie de parcourir les différentes rubriques. Celles-ci permettent notamment de (re)découvir l’AFE, son histoire et connaître les diverses activités en cours ou à venir.
Les travaux de l’AFE mis en avant
On peut également cliquer sur les « travaux » pour se documenter sur les textes adoptés et visualiser les comptes rendus des 6 commissions thématiques qui composent aujourd’hui l’AFE. Ou bien encore se diriger vers la partie « blog », autre nouveauté de ce site. Au sein de cette rubrique vous y trouverez notamment quelques articles sur l’actualité de l’Assemblée des Français de l’étranger.
Une rubrique dédiée aux assises de la protection sociale
Autre nouveauté, depuis ce 24 mars, vous trouverez sur ce site l’essentiel des « Assises de la protection sociale des Français de l’étranger ». Grande première dans l’histoire de l’AFE, ce chantier à ciel ouvert de la refonte de certains dispositifs de soutiens aux expatriés est ouvert jusqu’en Octobre 2025. Trois thèmes ont notamment été retenus : tout d’abord celui des aides sociales, puis un débat sur l’avenir de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) est enfin, un autre sur les bourses scolaires (AEFE et AESH).
Capture d’écran de la page https://www.assemblee-afe.fr/les-assises-de-la-protection-sociale/ du site de l’AFE
Tous les expatriés sont invités à donner leur avis et partager des idées. Ce site internet devrait permettre cette interaction. D’ores et déjà les dates des prochains débats y sont postées, ainsi que les modalités de participation.
Un site qui atteint son objectif, avec quelques améliorations possibles
Dans l’ensemble l’objectif de ce nouvel espace numérique est atteint. Il reste encore çà et là quelques petits bugs. Par exemple, quand vous cliquez sur la page « blog », il est ensuite difficile de retourner sur la page d’accueil. Même en vous acharnant avec votre souris sur l’onglet « accueil », vous ne retrouvez pas d’un seul clic la home-page. Sans doute cela sera-t-il rapidement rectifié.
Un manque d’illustrations
Nous invitons également les « webmasters » à poster quelques photos. S’il est toujours très intéressant de connaître la genèse de cette assemblée, quelques illustrations d’archives pourraient rendre plus attractives les pages sur l’historique et sur le fonctionnement de l’AFE. L’accès à l’annuaire des élus, aux 442 conseillères/conseillers des Français de l’étranger, pourrait aussi être plus simple, ou tout du moins plus intuitif sur le site.
Quelques photos à mettre à jour
Autre point, si depuis 2021, pas moins de 5 ministres en charge des Français de l’étranger se sont succédé, quelques prises de vues ne sont pas encore à jour sur le site. Ainsi, dans la rubrique « actualités », c’est encore celui qui a quitté ce portefeuille gouvernemental en 2022 qui apparaît. L’idée d’une section vidéo dédiée aux témoignages et aux retours d’expérience des Français de l’étranger pourrait être ajoutée pour enrichir le contenu et offrir une perspective plus « humaine ». De plus, des fonctionnalités supplémentaires, telles que des alertes personnalisées ou des notifications par e-mail, pourraient être intégrées pour mieux informer les utilisateurs des mises à jour et des événements importants.
Aurélie Gregori SGA de l’AFE et Julien Larzillière PDG de Tercium
Toutefois, ce site internet fait vraiment « peau neuve ». Il est plus attractif que le précédent. Il a été conçu pour être plus facilement accessible, et il remplit cette fonction. Sa structure est plus claire et il rend la lecture plus agréable. Il se veut aussi informatif, et devenir un pont utile entre les expatriés et leurs représentants dans les conseils consulaires et à l’Assemblée des Français de l’étranger.
Et s’il y a encore quelques ajustements encore à effectuer, ils seront sans doute prochainement réalisés. En effet, comme l’a indiqué la secrétaire générale adjointe de l’AFE, Aurélie Gregori, lors de la présentation officielle aux élus de cette nouvelle plateforme, « cette versionest évolutive. ». Position partagée par Julien Larzillière, le PDG du groupe Tercium qui a reconstruit le site : « rien n’est figé, tout est modulable ». Mais d’ores et déjà, les paris de la modernité et d’une meilleure attractivité sont gagnés.
La Norvège et l’Islande sont sur le point de mettre fin à un retard de vingt-deux ans dans l’adoption des règles de l’UE sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), le plus long blocage de toute la législation de Bruxelles dans les pays nordiques.
Depuis que l’UE a adopté sa législation de 2003 sur l’autorisation de mise sur le marché des denrées alimentaires et des aliments pour animaux génétiquement modifiés, les voisins du nord ont traîné les pieds pour la mettre en œuvre.
La réglementation soumet les OGM à une procédure d’autorisation stricte qui rend très difficile la commercialisation des semences, l’Espagne et, dans une moindre mesure, le Portugal étant les seuls pays à cultiver du maïs transgénique. Néanmoins, l’Union autorise l’importation de plusieurs produits génétiquement modifiés destinés à l’alimentation humaine et animale en provenance de pays tiers, tels que le Brésil et les États-Unis.
En tant que membres de l’Espace économique européen (EEE), la Norvège et l’Islande sont tenues d’intégrer plusieurs lois de l’UE liées au marché unique, notamment les normes alimentaires. Mais la question des OGM est restée en suspens pendant plus de deux décennies.
Drapeau de l’Union européenne, drapeau national de la Norvège, du Liechtenstein et de l’Islande sur le mât lors du sommet du Conseil européen. [NurPhoto/Getty Images]
« Si les réglementations sur les OGM étaient des jeunes personnes, elles auraient déjà terminé leur licence, donc cela fait bien trop longtemps que le dossier traîne », a déclaré le ministre norvégien des Affaires étrangères, Barth Eide, lors d’une réunion parlementaire au début du mois, ajoutant qu’Oslo était en pourparlers avec Reykjavík sur la question afin de la faire passer devant le Comité de l’EEE.
Bruxelles perd également patience.
L’année dernière, le commissaire européen au commerce, Maros Sefcovic, a décrit le retard dans l’adoption des règles sur les OGM comme « l’exemple le plus ancien et le plus extrême » de l’arriéré de lois européennes qui n’ont pas été intégrées à l’EEE.
Le ministère islandais de l’Industrie, en charge de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, a confirmé à Euractiv qu’il travaillait sur la législation relative aux OGM, déclarant qu’il avait récemment « renouvelé son attention sur cette question ».
Le pays est prêt à renforcer ses liens avec Bruxelles après le changement de gouvernement en décembre dernier, lorsqu’une coalition pro-européenne dirigée par le parti social-démocrate a remplacé les conservateurs. Le parti a même lancé l’idée d’un référendum sur l’adhésion à l’UE d’ici à 2027.
Les deux faces d’une même médaille
Si la Norvège et l’Islande ont toutes deux résisté à la réglementation de Bruxelles sur les OGM, préférant mettre en œuvre leurs propres règles, elles l’ont fait pour des raisons différentes.
« L’Islande a hésité parce qu’elle ne voulait pas d’une réglementation aussi stricte, tandis que la Norvège était d’un avis contraire ; la réglementation était trop laxiste », a résumé Sigrid Bratlie, experte en biosécurité au Langsikt Policy Center et ancienne conseillère du Conseil norvégien de la biotechnologie.
Sigrid Bratlie a expliqué que le secteur agricole norvégien était particulièrement critique à l’égard des OGM. Le pays a interdit plusieurs OGM approuvés dans l’UE et n’a jusqu’à présent validé qu’une huile de colza génétiquement modifiée importée pour l’alimentation des poissons d’élevage.
La semaine dernière, l’organisation paysanne Norges Bondelag a appelé le gouvernement à défendre la « liberté d’action » du pays et à veiller à ce qu’il puisse toujours interdire les OGM. Le ministre Barthe Eide a laissé entendre que l’accord sur l’EEE permettait de telles restrictions.
Pendant ce temps, les chercheurs n’ont cessé de critiquer le « fondamentalisme de précaution » de la Norvège et ont averti que l’interdiction des OGM pourrait entraîner des coûts supplémentaires pour les producteurs alimentaires.
« Il s’agit en réalité de barrières commerciales, car le secteur agricole norvégien est très protecteur », a déclaré Sigrid Bratlie. Elle a ajouté qu’elle avait déposé une plainte auprès des autorités de l’Association européenne de libre-échange (AELE) concernant les interdictions d’OGM.
L’Islande a été plus souple. Elle n’est pas aussi restrictive sur les OGM et importe plusieurs produits américains contenant des ingrédients génétiquement modifiés. La chaîne publique islandaise RUV aindiqué que les intérêts commerciaux jouaient un rôle important dans l’opposition aux règles de l’UE à Reykjavík.
Le porte-parole de la Commission pour le commerce, Olof Gill, a indiqué que Bruxelles attendait des pays de l’EEE qu’ils intègrent pleinement la législation pertinente — telle que le règlement de 2003 sur les OGM — dans l’accord sur l’EEE, « sous réserve de toute adaptation convenue » et « en temps utile ».
Pour la Norvège, l’alignement sur Bruxelles n’a pas toujours été sans controverse. Plus tôt cette année, le Parti du centre, agrarien et eurosceptique, a quitté la coalition au pouvoir à la suite d’un différend sur la réglementation énergétique de l’UE.
Débats à venir
Mais même si l’impasse sur les OGM prend fin, une autre tempête se prépare. L’UE négocie des règles plus souples pour les cultures obtenues à l’aide de nouvelles techniques génomiques (NGT), qui sont actuellement soumises à une législation stricte sur les OGM.
« La mise en œuvre de la réglementation sur les OGM légitime également la discussion à venir sur les NGT, il sera alors plus facile pour la Norvège de les adopter également », a ajouté Sigrid Bratlie.
Après des mois de négociations au point mort, les ambassadeurs de l’UE ont soutenu le texte de compromis sur les NGT de la présidence polonaise la semaine dernière. Les négociations entre le Parlement et les États membres pourraient commencer dans les prochaines semaines, la brevetabilité des cultures NGT étant le principal sujet de discorde.
La mobilisation européenne en faveur de la défense s’est traduite par une forte augmentation du cours des valeurs de ce secteur d’activité. En Allemagne, les annonces du 4 mars de Friedrich Merz, le prochain chancelier allemand, ont eu un effet direct sur les cours. Son objectif est, en effet, d’exempter les dépenses de défense supérieures à 1 % du PIB des règles budgétaires européennes et de créer un fonds d’infrastructure de 500 milliards d’euros.
Jusqu’à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, les entreprises de défense étaient peu attractives sur le plan boursier. En Allemagne, le conglomérat spécialisé dans le militaire, Rheinmetall, ne faisait même pas partie des 40 membres de l’indice boursier DAX. Les fonds européens utilisant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) refusaient, par nature, les actions des entreprises de défense. Celles-ci étaient également rejetées des fonds labellisés ISR ou article 8 selon la taxonomie européenne. Les entreprises de l’armement européennes ne pouvaient pas, non plus, compter sur la demande intérieure, relativement faible. À l’exportation, l’obtention des marchés est âpre et obéit à des considérations géopolitiques complexes.
Dassault produisait un ou deux Rafale par mois ; il doit passer à cinq.
Après des années de vaches maigres, les entreprises de l’armement sont désormais confrontées à un nouveau défi : l’augmentation des cadences de production. Devenues des artisans, elles doivent renouer avec leur passé industriel. En France, Dassault produisait un ou deux Rafale par mois ; il doit passer à cinq. En 2022, la production des canons français CAESAR était d’environ deux unités par mois. Cette cadence a été augmentée à six unités par mois en octobre 2023 et devrait atteindre la douzaine en 2025.
Ce relèvement des cadences de production crée des tensions sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Le manque de compétences humaines est également un frein à l’augmentation de la production.
Même si l’objectif des Européens est de favoriser les entreprises du Vieux Continent, ces derniers sont contraints de faire appel aux sociétés américaines. Afin de répondre à la demande et de substituer une production européenne à celle des États-Unis, plusieurs projets d’envergure ont été lancés. En février dernier, l’entreprise franco-allemande du secteur de la défense KNDS (ex-Nexter) a repris une usine de production de trains d’Alstom pour construire des chars (Leopard 2 et véhicules blindés Boxer). L’entreprise allemande spécialisée dans l’électronique militaire, KNDS, a conclu un accord avec l’entreprise norvégienne Ritek pour la construction d’une usine également dédiée à la fabrication de chars de combat Leopard 2.
La Direction générale de l’armement (DGA) française a signé un accord-cadre de sept ans avec KNDS France et Safran Electronics & Defense pour développer le programme DROIDE. Ce programme vise à moderniser les capacités militaires françaises en intégrant des systèmes autonomes et des plateformes robotiques terrestres, avec des applications prévues entre 2030 et 2035.
Une augmentation de 20 à 50 % du chiffre d’affaires.
Hensoldt est en pourparlers avec deux grands fournisseurs de pièces détachées automobiles, Bosch et Continental, pour embaucher une partie de leur personnel. Tous deux suppriment des emplois et ferment des usines car la production de véhicules est en forte baisse. Rheinmetall a également conclu un accord avec Continental pour offrir des emplois dans sa nouvelle usine de munitions d’Unterlüss, en Basse-Saxe.
Les entreprises de défense européennes affichent des objectifs ambitieux, visant une augmentation de 20 à 50 % de leur chiffre d’affaires. Hensoldt prévoit même de doubler son chiffre d’affaires, passant de 2,2 milliards d’euros l’année dernière à 5 milliards d’euros d’ici 2030. Rheinmetall vise un volume de ventes de 20 milliards d’euros en 2027, contre 10 milliards en 2024. À terme, l’entreprise ambitionne d’atteindre 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Pour financer leur développement, ces entreprises comptent sur les commandes publiques, mais aussi sur des capitaux privés et européens, avec l’intervention de la Banque européenne d’investissement. La création de fonds dotés par les institutionnels et faisant appel à l’épargne publique est une piste de plus en plus évoquée.
L’industrie de la défense européenne, longtemps marginalisée par des contraintes budgétaires et des exigences ESG (Les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance), connaît une profonde mutation sous l’effet des tensions géopolitiques et de la volonté des États de renforcer leur souveraineté stratégique. L’accélération des cadences de production, la restructuration industrielle et la recherche de financements adaptés sont autant de défis à relever pour garantir une autonomie militaire européenne. La question de la coordination entre les différents pays et acteurs industriels demeure toutefois un enjeu majeur pour assurer la cohérence et l’efficacité de cet effort de réarmement.
Le syndicat des enseignants de l’UNSA (SE-UNSA) a tenu son congrès du 18 au 20 mars à Lille. Celui-ci occupe la deuxième position en termes de représentativité à l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE). L’Agence, qui est sous tutelle du ministère des Affaires étrangères, accueille des milliers de personnels détachés de l’éducation nationale sur des contrats de 5 ans (pour les personnels de direction et les administratifs) ou de 6 ou 9 ans (pour les enseignants). Les syndicats de l’éducation nationale y sont donc présents. Ils sont trois principaux à être représentés dans ce secteur du « hors de France ». La FSU, la CFDT et l’UNSA. Nous avons souhaité rencontrer leurs principaux responsables pour mieux comprendre leur structuration à l’étranger et pour identifier leur positionnement à l’intérieur des grandes centrales syndicales. Défendre les personnels à l’étranger n’est pas une activité banale quand c’est à l’échelle du globe qu’il faut agir. Cet article Lesfrancais.press vous invite à découvrir les coulisses syndicales de l’AEFE et des secteurs hors de France.
A L’AEFE, une action syndicale hors norme
Secteur hors norme, l’action syndicale à l’AEFE couvre l’ensemble du globe et s’exerce autour de plus de 10 000 personnels aux statuts plus diversifiés qu’en France. À côté d’environ 5000 fonctionnaires on trouve le même contingent de personnels de droit local, eux-mêmes soumis à des règles d’embauche et de travail très hétérogènes.
« L’action syndicale à l’étranger doit donc s’adapter à des situations professionnelles plus diversifiées que dans l’hexagone »
L’action syndicale à l’étranger doit donc s’adapter à des situations professionnelles plus diversifiées que dans l’hexagone dans un environnement en grande mutation ; chaque année, de nouveaux établissements partenaires apparaissent, et le réseau compte désormais plus de 600 établissements scolaires. Leurs statuts et leurs gouvernances diffèrent et si les syndicats français agissent naturellement dans les établissements à gestion directe (EGD) ou dans les conventionnés, ils ne sont habituellement pas présents dans les établissements partenaires, totalement privatisés et n’obéissant pas aux mêmes règles de représentation des personnels.
Logos des syndicats CFDT, UNSA, FSU
C’est aussi un terrain syndical mouvant : les crises internationales qui se succèdent aboutissent régulièrement à des fermetures d’établissement par exemple en Afrique Subsaharienne ou à la mise sous pression d’établissements comme en Turquie ou à Téhéran où la scolarisation est désormais limitée aux élèves français suite au choix des autorités politiques locales.
Un point commun aux trois syndicats : la défense de l’opérateur public et la défense de tous
Les trois syndicats ont pour point commun de défendre l’opérateur public AEFE contre toutes les tentatives de privatisation. Ils s’attachent aussi à la défense de l’ensemble des personnels quand ils sont confrontés à la souffrance au travail ou aux inégalités. Ils conseillent au quotidien leurs collègues dans leurs parcours de carrière et volonté d’évolution. Interviennent dans les conflits et jouent de leur influence pour peser sur l’employeur. Nous avons interrogé les syndicats sur leur structuration interne et leurs moyens. Pour savoir s’ils étaient suffisants pour couvrir un champ d’action très vaste.
Des secteurs hors de France bien intégrés dans les syndicats nationaux
La FSU est le syndicat majoritaire à l’AEFE. Pour son responsable hors de France, Patrick Soldat :
« En tant que secrétaire national je représente à la fois l’étranger, Mayotte (jusqu’à ce qu’il devienne rectorat), toutes les collectivités d’outre-mer qui n’ont pas de rectorat de plein droit. Et tout ce qui relève des détachés où qu’ils soient ». Et il ajoute « on a par essence un périmètre tellement étendu que, bien sûr, les déplacements coutent chers mais on est assez bien traité dans nos fédérations et syndicats »
Patrick Soldat (FSU), Pascale Canova (CFDT) et Djamel Souiah (UNSA)
Même son de cloche pour Djamel Souiah, Secrétaire général de la section Hors de France du SE-UNSA (syndicat des enseignants) « Nous avons une section à part entière ce qui nous donne de l’autonomie dans notre fonctionnement quotidien. Je suis secrétaire général de cette section depuis 2020 et consacre tout mon temps à l’AEFE. Nous avons les moyens suffisants pour gérer les affaires courantes mais parfois des moyens pas totalement suffisants pour faire du développement »
« Nous sommes vus parfois comme les rock stars du syndicalisme » Patrick Soldat (FSU)
A la CFDT Pascale Canova précise « Notre syndicat a la même structure et la même organisation que tous les syndicats de la CFDT. La seule différence est que nous couvrons la terre entière. Nous avons eu de ce fait de l’avance par rapport aux autres syndicats pour faire face au Covid : tout était en place ; transfert de ligne, bureau virtuel partagé, visioconférence…Deux aspects nous différencient cependant dans notre organisation : avoir à gérer du tout distanciel quasi-systématique, gérer les décalages horaires et les différences de jours chômés ou fériés en France et ailleurs ! » « Nous faisons partie d’une grande confédération, la CFDT, pour qui les liens de solidarité à l’international comptent. Nous disposons donc d’un secteur international et d’un institut, l’institut Belleville, pour la coopération internationale. Nous comptons dans ce contexte d’ouverture sur le monde dans la grande constellation CFDT en tant que syndicat tourné vers l’international. Et nous ne sommes pas abandonnés ! »
Les syndicats hors de France sont-ils des OVNI ?
Sur le sujet de la perception interne de ces secteurs hors de France dans les appareils syndicaux nationaux, les réponses sont également proches. On peut considérer ce secteur comme celui des OVNI du syndicalisme tant les particularités sont grandes.
Patrick Soldat (FSU) » Ce n’est pas facile de ne pas être considéré comme un OVNI. Car notre travail est peu connu. Une des missions est de faire connaitre l’activité en interne. Pour la rendre plus visible. Djamel Souiah (UNSA) « oui nous sommes vus comme des OVNI avec des stéréotypes qui sont ceux des expatriés. Nous ne sommes jamais là, nous avons toujours une valise à la main, nous sommes vus parfois comme les rock stars du syndicalisme ».
« Dans les appareils syndicaux nationaux, on peut considérer ce secteur Hors de France comme celui des OVNI du syndicalisme tant les particularités sont grandes »
Pascale Canova nuance ce propos : « Nous nous retrouvons sur les questions éducatives avec la fédération mais nos préoccupations statutaires sont différentes en raison des statuts des personnels. Les personnels de l’étranger ont des emplois plus précaires : le détachement donne un sentiment de précarité, les personnels recrutés locaux se sentent souvent plus fragiles d’autant qu’ils sont le plus souvent moins bien rémunérés à travail égal.
Ecole du réseau AEFE – Crédit Alvaro Portillos
« Par ailleurs », poursuit l’une des secrétaires nationales de la SGEN -CFDT, « pour ces personnels majoritaires dans le réseau, lorsqu’un conflit lié au travail survient, nous agissons pour ainsi dire comme dans le secteur privé. À ce titre, le fait d’être dans une grande confédération constitue une force car nous avons des ressources. Nous sommes une richesse».
Il y a néanmoins un sentiment collectif d’utilité et de sens dans le service des personnels à l’étranger :
Djamel Souiah « je me rappelle de deux missions en particulier, hors de l’Europe. En Bolivie ou au Ghana. Notre visite était très attendue. Nous avons pu être reçu par tous les décideurs de l’Ambassade sans exception. Nous avons pu formuler des propositions utiles à tous et le dialogue social a été optimal. Faire plusieurs heures d’avion, arriver dans des pays qu’on connait peu mais auprès d’établissements français où les syndicats ont leur rôle, cela vaut vraiment le coup. Nous participons à ce qu’il y ait moins d’isolement des personnels et nous pouvons par notre expérience aider à la résolution de situations en apparence bloquée ».
« Le détachement donne un sentiment de précarité, les personnels recrutés locaux se sentent souvent plus fragiles d’autant qu’ils sont le plus souvent moins bien rémunérés à travail égal », Pascale Canova (CFDT)
Patrick Soldat quant à lui « attache beaucoup d’importance à la formation syndicale. Beaucoup de sujets méritent une formation. Sur des secteurs qui ont bcp évolué comme l’égalité professionnelle ou la souffrance au travail. A l’étranger on n’est pas enfermé dans un domaine, c’est notre force en comparaison du mode de fonctionnement dans l’hexagone qui est souvent plus spécialisé. On est très polyvalents ».
« Faire plusieurs heures d’avion, arriver dans des pays qu’on connait peu mais auprès d’établissements français où les syndicats ont leur rôle, cela vaut vraiment le coup » Djamel Souiah (SE-UNSA)
Pascale Canova insiste sur l’action en matière d’hygiène et de sécurité : « autant de normes à respecter que de pays, de réalités politiques que de pays, avec des catastrophes naturelles, des tensions politiques voire des conflits armés qui ont des conséquences sur les personnels et donc sur notre action. Ces formats sont inédits au MEN (Ministère de l’éducation nationale) qui traverse aussi, selon un angle différent, des situations critiques. Mais le MEN ne rapatrie personne. À l’étranger, ça arrive hélas.
En période de crise, nos collègues recrutés locaux ou détachés doivent être particulièrement accompagnés. Là, oui, nous sommes des OVNI ! »
Nous remercions ces trois responsables syndicaux pour leur disponibilité et de nous avoir partagé leur vision et perception du syndicalisme au sein de l’AEFE. Une véritable plongée dans leurs coulisses.