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  • Un chancelier fort de ses fragilités

    Un chancelier fort de ses fragilités

    Friedrich Merz a commencé, son mandat de chancelier dans la douleur le 6 mai dernier. A la surprise générale, deux tours furent nécessaires pour qu’il soit élu par le Bundestag. Lors du vote d’investiture, il lui a manqué six voix pour atteindre la majorité absolue. Au moins 18 des 328 députés de sa propre coalition – composée des conservateurs de la CDU et des sociaux-démocrates du SPD – se sont abstenus de le soutenir, en dépit de sa victoire aux élections de février, une première en Allemagne depuis 1949.

    Ce qui devait être une formalité parlementaire s’est transformé en chemin de croix. Cette défection marque un début chaotique pour un homme qui avait promis de mettre un terme au « désordre » imputé à la précédente coalition menée par le SPD. La formule « Ainsi Dieu me vienne en aide », prononcée par Friedrich Merz en levant la main droite au moment de son serment devant le Bundestag, prend toute sa valeur.

    Resserrer les liens avec les partenaires-clés de l’Allemagne

    Avec des déplacements en France et en Pologne, le nouveau chancelier allemand a voulu, afficher d’emblée, dès son premier jour complet à la chancellerie, sa volonté de resserrer les liens avec les partenaires-clés de l’Allemagne. Il entend redonner à son pays une voix forte dans les débats européens et internationaux. Il a d’ailleurs centralisé la politique étrangère à la chancellerie, confiant le ministère des Affaires étrangères à Johann Wadephul, un de ses proches.

    Friedrich Merz est convaincu que la seule garantie d’une Europe libre, prospère et en paix passe par une union bien plus étroite qu’actuellement.

    Avant même son entrée en fonction, le nouveau chancelier a initié une réforme constitutionnelle pour accroître les investissements dans la défense et les infrastructures. L’initiative a été accueillie avec optimisme dans de nombreuses capitales européennes.

    Des initiatives conjointes dans les domaines de la défense, de l’énergie et de l’innovation

    Après des relations compliquées avec Olaf Scholz, le président Emmanuel Macron espère pouvoir relancer le couple franco-allemand. Il a demandé à son gouvernement d’analyser l’accord de coalition allemand pour identifier les pistes de coopération. Lors de leur rencontre à l’Élysée, le 7 mai dernier, les deux hommes ont affiché une réelle proximité, qui s’est également manifestée lors de leur voyage commun à Kiev. Des initiatives conjointes dans les domaines de la défense, de l’énergie et de l’innovationapparaissent à nouveau possibles. Avec la Pologne, Friedrich Merz ambitionne de réanimer une relation dégradée sous le mandat d’Olaf Scholz. Il mise sur l’ancrage commun de la CDU et de la Plateforme civique – le parti du Premier ministre polonais Donald Tusk – au sein du Parti populaire européen, qu’il considère comme un levier essentiel dans l’architecture politique européenne.

    @Adobestock
    @Adobestock

    Avec le Royaume-Uni, il souhaite capitaliser sur la volonté du gouvernement travailliste d’un « reset » post-Brexit. Le chancelier propose la création d’un groupe de contact européen – Allemagne, France, Pologne, Royaume-Uni – pour soutenir l’Ukraine. Fidèle aux valeurs de la CDU, il a toutefois précisé à Paris l’attachement de l’Allemagne aux États-Unis. Il entend rapidement organiser une rencontre avec Donald Trump.

    Des différends sur le commerce ou les migrations

    Des tensions avec ses alliés européens sont encore possibles. Le nouveau chancelier défend l’accord commercial UE-Mercosur qu’il juge d’autant plus nécessaire que les États-Unis se ferment aux importations. Or, la France et la Pologne s’opposent à la ratification de cet accord. À Berlin, de plus en plus de voix s’élèvent sur le danger que représenterait l’endettement public français, ainsi que sur le risque de crise politique. À Varsovie, les promesses de Friedrich Merz de durcir les contrôles aux frontières, notamment pour freiner l’immigration irrégulière, sont mal perçues. Quelques heures avant son arrivée en Pologne, le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, annonçait un renforcement des dispositifs de surveillance. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, n’a pas dissimulé son mécontentement. Les différends sur le commerce ou les migrations ne sont pas nouveaux au sein de l’Union européenne. Ils font partie du quotidien.

    Le nouveau chancelier allemand doit également relever plusieurs défis en politique intérieure. Il lui faut parvenir à l’adoption du budget pour 2025, retardée en raison de la crise politique. Il a pour mission de relancer une économie ayant connu deux années consécutives de recul de son PIB, au moment même où les États-Unis relèvent leurs tarifs douaniers.

    Une coalition fragile oblige à trouver des consensus.

    Face à ces défis, la coalition CDU/CSU/SPD apparaît fragile. Les tensions sur plusieurs sujets – immigration, fiscalité, salaire minimum – sont probables au vu des positions divergentes des partis membres. Le chancelier ne dispose, par ailleurs, que d’une faible majorité – à peine 12 sièges – avec des élus manifestement indisciplinés. Le débat politique risque en outre d’être empoisonné par la possible interdiction du parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD), désormais officiellement classé comme mouvement d’extrême droite par les services de renseignement. Friedrich Merz y est plutôt opposé, mais plusieurs députés, y compris au sein de la CDU, y sont favorables.

    Le revers initial subi au Bundestag par le nouveau chancelier pourrait, en un sens, jouer un rôle salutaire. Il oblige la nouvelle équipe à chercher des consensus et à bien préparer en amont ses projets. Ce revers rappelle qu’en Europe, aucun gouvernement ne bénéficie d’un blanc-seing, pas plus celui de l’Allemagne que ceux de la France, de l’Espagne, du Portugal, des Pays-Bas ou de la Belgique. Les pouvoirs fragiles sont parfois à l’origine d’avancées car ils se doivent d’être créatifs pour perdurer.

  • Accord fiscal franco-belge : la fin d’un avantage vieux de 60 ans

    Accord fiscal franco-belge : la fin d’un avantage vieux de 60 ans

    Depuis plusieurs jours, l’inquiétude monte chez certains de nos compatriotes. La raison : une information envoyée par le service des impôts qui annonce un accord fiscal franco-belge … sonnant la fin d’un avantage vieux de 60 ans. Lesfrancais.press vous explique la situation en détail.

    D’une situation fiscale privilégiée…

    Jusqu’à récemment, les agents publics français résidant en France mais exerçant en Belgique bénéficiaient d’une situation fiscale privilégiée : leurs rémunérations échappaient à toute imposition en Belgique. Cette exception reposait sur l’article 10 §3 de l’ancienne convention fiscale franco-belge du 10 mars 1964, qui permettait l’imposition exclusive dans l’État de résidence si l’agent possédait la nationalité de celui-ci.

    … à une décision administrative brutale

    Cette règle visait à respecter le principe de réciprocité entre États et à préserver la neutralité fiscale. Dans les faits, les frontaliers français, souvent soumis à une fiscalité plus clémente en France, y trouvaient un avantage net. Nombreux étaient ceux qui, tout en travaillant pour des institutions publiques belges (établissements scolaires, collectivités, hôpitaux publics), déclaraient leurs revenus en France, évitant ainsi le précompte professionnel belge. Cette asymétrie profitait principalement aux Français travaillant en Belgique, étant donné le nombre limité de Belges dans la situation inverse. Un accord amiable franco-belge sonne donc la fin de cet avantage vieux de soixante ans avec une brutalité administrative étonnante.

    Un accord conforme aux normes internationales et une réponse à une impasse juridique

    Dans le sillage de la signature d’une nouvelle convention fiscale franco-belge le 9 novembre 2021, les deux administrations ont conclu un accord amiable en mars 2025. Cet accord interprétatif porte sur l’article 18 de la nouvelle convention, qui remplace l’ancien article 10. Il confirme désormais une lecture plus stricte du principe d’imposition à la source. Même pour les agents résidant dans l’autre État.

    @Adobestock
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    En d’autres termes, sauf exceptions strictement définies, les traitements publics sont imposables dans l’État payeur. Y compris lorsque le fonctionnaire concerné réside de l’autre côté de la frontière. Cela répond à une volonté commune de mise en conformité avec les principes de l’OCDE. C’est notamment l’un des objectifs du cadre BEPS (Base Erosion and Profit Shifting) et de l’Instrument multilatéral (MLI) signé à Paris en 2017, qui vise à faire en sorte que les revenus soient imposés là où la valeur est effectivement créée.

    L’arrêt Schumacker (CJCE, 14 février 1995, C-279/93) avait pourtant consacré un principe d’égalité de traitement fiscal pour les non-résidents tirant l’essentiel de leurs revenus dans un État membre, permettant l’octroi d’avantages similaires à ceux des résidents. Cependant, la Cour n’a pas remis en cause les accords bilatéraux fondés sur la nationalité, dans la mesure où ces derniers ne constituaient pas une discrimination directe prohibée par le droit communautaire.

    Le nouvel accord franco-belge évite donc la critique juridique en se fondant sur la légitimité de conventions internationales et en s’alignant sur le modèle OCDE de 2017, auquel les deux États ont adhéré. Toutefois, cette clarification tardive rompt brutalement avec une pratique de plus de 60 ans, sans mesure transitoire.

    Un accord à effet potentiellement rétroactif

    L’accord du 17 mars 2025 est appliqué par l’administration belge aux revenus perçus en 2024, soit avant même sa signature. Cette rétroactivité de fait soulève une série de critiques juridiques et politiques, d’autant plus qu’aucune clause transitoire n’est prévue. Plusieurs éléments accentuent le caractère problématique de cette application immédiate :

    • Le changement de doctrine intervient après l’année fiscale concernée, alors que les agents ont déjà organisé leur déclaration sur la base des règles antérieures.
    • Contrairement au régime du secteur privé, qui prévoit une transition jusqu’en 2033 pour les anciens frontaliers, aucune période d’adaptation n’a été envisagée ici.
    • Les retenues de précompte professionnel en Belgique ont été opérées rétroactivement dès le printemps 2025 sur les traitements de 2024.
    • Cette rupture remet en cause la sécurité juridique des contribuables et pourrait entraîner des doubles impositions si les revenus ont d’ores et déjà été déclarés en France.
    @Adobestock
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    Quelles voies de recours pour les contribuables concernés ?

    Face à cette requalification fiscale soudaine, les agents publics concernés disposent de recours limités mais existants :

    • Recours administratif en Belgique : ils peuvent contester la retenue à la source en invoquant l’inapplicabilité immédiate de l’accord amiable ou une mauvaise interprétation de la convention.
    • Procédure amiable entre États : prévue à l’article 24 de la convention, elle permet aux deux administrations fiscales de résoudre un cas de double imposition. Cette voie est peu rapide et sans garantie.
    • Recours juridictionnel : ils peuvent saisir les juridictions fiscales nationales, en France ou en Belgique, mais les chances de succès sont incertaines en l’absence de jurisprudence européenne contraignante dans ce contexte.
    • Mobilisation politique : plusieurs élus français ont attiré l’attention du gouvernement sur les effets de ce changement. Deux questions parlementaires, notamment celles de Michelle Gréaume (Sénatrice du Nord-CRCE) du 9 février 2023 et de Véronique Guillotin (Sénatrice Meurhe et Moselle – RDSE) du 10 juin 2023, ont souligné les conséquences sociales pour les familles frontalières. Une demande de période transitoire a été formulée, notamment pour le personnel infirmier.

    Un besoin criant de clarté et d’équité

    L’accord du 17 mars 2025 met donc fin à une ambiguïté juridique ancienne. Mais il le fait dans une forme qui ébranle la confiance des agents publics frontaliers. Sans communication claire, sans période de transition, et sans mécanisme d’accompagnement, il frappe de plein fouet des familles qui avaient fondé leur stabilité financière sur un régime légalement établi.

    Toutefois, côté belge, le gouvernement a réagi aux annonces de son administration. Ainsi  le Vice-premier ministre et ministre des Finances et des Pensions, Jan Jambon, a expliqué qu’il n’y aurait pas d’imposition pour cette année et 2024. « Les administrations ont effectivement conclu un accord interprétatif qui pose de nombreux problèmes. J’ai demandé de prévoir des mesures transitoires. Il ne peut pas y avoir de rétroactivité. Une période transitoire sera mise en place jusqu’à la fin de l’année au moins », a déclaré le Ministre devant ses parlementaires. Mais qu’elle sera la position de la France ? Pour obtenir un accord, il faut être deux.

    Autre acteur, la « Task Force Frontaliers 3.0 de la Grande Région », financée entre autres par la Chancellerie d’État du Land de Sarre, le Ministère du travail du Luxembourg, la Région Grand Est, ou par les chambres de représentants du Grand Est, a analysé cette convention fiscale. Elle appelle à la prudence, à l’information des agents concernés et, surtout, à une clarification rapide des effets du télétravail sur l’imposition des traitements publics. Il est impératif d’éviter que des divergences d’interprétation entre les deux États ne donnent lieu à des doubles impositions ou à des contentieux interminables.

    Ce qui est certain, c’est que la modification fiscale semble bel et bien entérinée. Plus qu’une affaire technique, cette réforme soulève des enjeux humains, politiques et sociaux majeurs des deux côtés de la frontière, soulevant des inquiétudes légitimes chez nos compatriotes français.

  • Stéphane Vojetta dénonce un « mensonge comptable » sur les retraites

    Stéphane Vojetta dénonce un « mensonge comptable » sur les retraites

    Écouter le podcast avec Stéphane Vojetta

    Le député des Français d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et de Monaco s’attaque aux zones d’ombre des finances publiques. Dans une interview accordée à notre media, Lesfrancais.press, Stéphane Vojetta se livre à une critique directe et argumentée de la gestion financière de l’État français. Selon lui, un tour de passe-passe budgétaire dissimule près de 70 milliards d’euros de déficit. À notre micro, le parlementaire dénonce un « mensonge comptable » sur les retraites. Explications !

    Un système de retraites en équilibre… fictif

    « C’est un combat que je mène depuis quelques mois déjà », confie le député, fort de son expérience passée dans la gestion de crise financière aux côtés du gouvernement espagnol. Il dénonce un manque de transparence dans les comptes publics, qui masque l’impact réel du financement des pensions sur la dette de la France.

    Stéphane Vojetta
    Stéphane Vojetta

    Pour Stéphane Vojetta, le mensonge est bien établi : « Malgré ce que dit la comptabilité nationale, malgré ce que dit la Cour des comptes qui parle d’équilibre du système des retraites, on creuse la dette d’une cinquantaine, soixantaine de milliards d’euros ». Ce déficit réel serait, selon lui, dissimulé par une organisation comptable opaque, qui empêche de saisir l’origine véritable de l’augmentation de la dette.

    « Le budget de l’éducation nationale […] se voit ponctionné d’une vingtaine de milliards afin d’aller financer le paiement des retraites »,

    Stéphane Vojetta, député des Français établis hors de France

    L’un des mécanismes dénoncés concerne les surcotisations patronales imposées aux ministères, notamment celui de l’Éducation nationale. Ainsi, explique-t-il : « Le budget de l’éducation nationale […] se voit ponctionné d’une vingtaine de milliards afin d’aller financer le paiement des retraites ». Ces sommes, votées pour l’éducation, sont en réalité réaffectées à d’autres postes, sans débat ni transparence.

    L’AEFE également touchée : les familles à la caisse

    Cette logique budgétaire a aussi un impact direct sur le réseau des établissements français à l’étranger, via l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE). Vojetta tire la sonnette d’alarme : « Chaque année, l’AEFE doit payer sa part à ces surcotisations […], cette année (elle) va être de 180 millions d’euros ». Or, seuls 120 millions sont compensés par l’État, générant un déficit structurel.

    Stéphane Vojetta
    Stéphane Vojetta

    « Ce sont 60 millions d’euros que déjà, on ne peut pas mettre sur les investissements immobiliers, mais qu’en plus, on ne peut plus mettre sur le salaire des enseignants, en particulier des résidents. » La conséquence ? Une hausse inévitable des frais de scolarité pour les parents des lycées français à l’étranger.

    Un combat solitaire que celui de dire la vérité aux Français ?

    Bien que rattaché au groupe « Ensemble pour la République », le député se revendique indépendant et lucide quant à la réception de ses alertes à l’Assemblée nationale : « Certains me reprochent d’avoir un discours qui est peut-être un peu trop clair et un peu trop anti-système ». Il reconnaît néanmoins un début d’écoute, même de la part d’Amélie de Montchalin, ministre du Budget : « Elle reconnaît aussi […] que mon combat est juste ».

    « Le but du jeu, c’est d’arriver à se dire la vérité entre nous, entre Français »

    Stéphane Vojetta, député des Français établis hors de France

    Notre invité plaide aussi pour une refonte des règles comptables, indispensable selon lui pour rétablir un débat démocratique sain : « Le but du jeu, c’est d’arriver à se dire la vérité entre nous, entre Français. Pour que le gouvernement, le Parlement, les acteurs sociaux, le conclave et les Français, le jour où ils devront décider par leur vote, puissent prendre leur décision en connaissance de cause et non pas sur la base de la fable actuelle selon laquelle on aurait un système à l’équilibre. C’est une fable, c’est de l’économie-fiction. »

    Une image à l’international en jeu

    Élu des Français d’Andorre, d’Espagne, de Monaco et du Portugal, Stéphane Vojetta met également en garde contre le risque d’un discrédit international. « Le déficit ou la dette, en France, il est élevé, mais il est réel. Le problème, c’est qu’on ne sait pas actuellement d’où vient ce déficit. »  Selon lui, plus de clarté rassurerait même les agences de notation.

    Réseaux sociaux : protéger les mineurs

    Outre les finances publiques, le député s’investit dans la régulation des réseaux sociaux. Il soutient la proposition présidentielle d’Emmanuel Macron d’interdire leur accès aux moins de 15 ans : « On parle simplement de protection », affirme-t-il, évoquant les risques liés à l’exposition précoce à des contenus inadaptés.

    « Il y a un lien direct entre la santé mentale de nos jeunes et leur exposition trop jeune aux réseaux sociaux »

    Stéphane Vojetta, député des Français établis hors de France

    Il établit un lien clair avec la santé mentale des jeunes : « Il y a un lien direct entre la santé mentale de nos jeunes et leur exposition trop jeune aux réseaux sociaux ». Un constat qu’il espère voir suivi d’effets législatifs rapides.

    Retrouvez l’intégralité de cet échange en écoutant le podcast. Une interview sans ambages, qui dénonce un mensonge au plus haut niveau au sein duquel les chiffres, jusqu’ici dissimulés, sont des plus alarmants !

  • Propriétaire en France ? Au premier aout, Linky est obligatoire

    Propriétaire en France ? Au premier aout, Linky est obligatoire

    À partir du 1er août 2025, tous les logements en France devront être équipés du compteur Linky. Au-delà de cette date, les propriétaires refusant l’installation d’un compteur Linky devront s’acquitter de frais supplémentaires. Faites-vous parti des 2 millions de foyers en France qui continuent de s’opposer à la pose du petit boîtier vert d’Enedis (le gestionnaire du réseau électrique) ? On fait le point pour les non-résidents propriétaires en France.

    Pourquoi refuser le compteur Linky ?

    Parmi les préoccupations les plus fréquemment évoquées : la protection des données personnelles car via le boitier, Enedis collecte des données sur la consommation électrique. Cette collecte permet une meilleure anticipation de la consommation et ainsi d’adapter la production. D’autres aspects dérangent, notamment le risque de pollution électromagnétique, qui reste à prouver.

    D’autres personnes évoquent la question de l’emplacement imposé du boîtier à l’intérieur des habitations. Certaines s’opposent à une installation dans le salon., d’autres que compteur soit placé dans la chambre ou à proximité des toilettes.

    Compteurs électriques EDF dont des compteurs Linky
    Compteurs électriques EDF dont des compteurs Linky

    Pour finir, la transmission des données par le réseau électrique via la technologie CPL (courant porteur en ligne) suscite, aussi, des inquiétudes. Pourtant l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) s’est penchée sur la question sanitaire des compteurs Linky. En mai 2023, l’agence rappelait que les compteurs Linky « communiquent de façon filaire, via le réseau de distribution d’électricité, par la technologie du courant porteur en ligne (CPL), avec des points relais rassemblant les informations de consommation ». Comprenez, les données sont transmises directement par les câbles électriques, et non par Wi-Fi ou ondes hertziennes.

    95% des foyers équipés

    Malgré les réticences, souvent nées dans les réseaux complotistes, en France près de 95% des foyers sont équipés du compteur Linky, soit 37,2 millions de petits boîtiers verts installés. Les calculs sont donc simples : 5% des habitations, soit environ 2 millions, n’en disposent toujours pas.

    Jusqu’à présent, les personnes refusant l’installation du compteur proposé par Enedis pouvaient transmettre elles-mêmes leur index de consommation une fois par an, échappant ainsi à des pénalités financières. Mais cette tolérance prendra fin le 1er août 2025.

    Au-delà de cette date, des frais de relève seront facturés, afin de couvrir notamment le maintien des systèmes informatiques et les interventions manuelles nécessaires. Ainsi, les réfractaires devront payer des frais supplémentaires, tous les deux mois : une part fixe de 6,48 euros (hors taxes) sera facturée pour la gestion de leur ancien compteur. S’ajouteront à cela 4,14 euros (hors taxes) si aucun relevé de consommation n’a été transmis depuis plus d’un an. Enfin, il est important de noter qu’en cas de cession, le diagnostic de performance énergétique (obligatoire lors de toute vente) sera dévalué sans la présence du boitier vert.

  • ChooseFrance :  derrière ces investissements étrangers, un champion aux pieds d’argile ?

    ChooseFrance :  derrière ces investissements étrangers, un champion aux pieds d’argile ?

    La huitième édition du sommet Choose France, qui s’est tenue le lundi 19 mai 2025, a confirmé son statut d’événement majeur pour l’économie française. Lors de cette rencontre, le Président Macron a annoncé près de 20 milliards d’euros d’investissements étrangers en France. En le comparant aux précédentes éditions, ce chiffre est un véritable record. Cependant, malgré ce succès, certains défis restent encore à relever pour la France. Ainsi, derrière ces bons résultats, notre pays ne reste-t-il cependant pas un champion aux pieds d’argile ?

    ChooseFrance : entre réformes et attractivité

    Si les gouvernements précédents et les responsables politiques français ont toujours cherché à rendre le pays attractif, Emmanuel Macron a poursuivi cette ambition. En 2018, il a ainsi lancé l’initiative appelée Choose France. Ce programme vise à présenter et à expliquer aux investisseurs internationaux les réformes menées pour favoriser l’activité économique en France. Ainsi, chaque année, les dirigeants d’entreprises étrangères se réunissent autour du chef de l’État français, comme ce fut le cas ce 19 mai 2025 à Versailles.

    « Dans les décisions d’investissements que nous cherchons à attirer, la connaissance personnelle a beaucoup de valeur pour les patrons »

    Emmanuel Macron, président de la République

    Pour le chef de l’État « dans les décisions d’investissements que nous cherchons à attirer, la connaissance personnelle a beaucoup de valeur pour les patrons ». Accompagné de son équipe gouvernementale, le Président de la République a aussi expliqué le choix de Versailles pour ces rencontres économiques. Selon Emmanuel Macron, les dirigeants d’entreprises apprécient « de pouvoir passer du temps de qualité avec les décideurs, dans un endroit magnifique ».

    Emmanuel Macron au sommet ChooseFrance
    Emmanuel Macron au sommet ChooseFrance

    Lors de l’édition précédente de Choose France, 15 milliards d’euros d’investissements étrangers avaient été annoncés, avec 56 projets programmés sur le territoire national. Cette année, ce sont plus de 20 milliards d’euros qui sont à l’ordre du jour, marquant une progression significative. « La France n’a jamais été aussi attractive », a déclaré Emmanuel Macron, soulignant que le pays est resté, pour la sixième année consécutive, le plus attractif d’Europe pour les investissements étrangers en 2024, selon le baromètre publié par EY.

    La France : championne d’Europe

    Selon la dernière étude du cabinet d’audit financier et de conseil Ernst & Young, la France s’affirme comme un leader européen dans plusieurs secteurs clés. Notre pays conserve ainsi sa position de tête en Europe pour le nombre de projets industriels accueillis, avec 415 initiatives enregistrées. Près de 40% des projets industriels s’implantent notamment dans des communes de moins de 50 000 habitants.

    Dans le domaine de la Recherche et Développement (R&D), l’étude confirme la première place de la France au sein de l’Union européenne, avec 104 projets recensés. Un chiffre qui baisse légèrement par rapport à l’an dernier.

    « La France conserve ainsi sa position de tête en Europe pour le nombre de projets industriels accueillis, avec 415 initiatives enregistrées »

    Baromètre 2025 EY

    Outre ces secteurs, celui de l’Intelligence Artificielle (IA) est un autre domaine où la France semble exceller. En effet, à la lecture des données de cette étude d’EY, notre pays se hisse aussi sur la plus haute marche du podium au sein de l’Union européenne avec 41 projets, et se prépare également à accueillir 109 milliards d’euros d’investissements dans ce secteur, chiffre annoncé lors du Sommet sur l’IA en février 2025.

    Les défis à relever pour la France

    Cependant, malgré ces succès et l’attractivité mise en avant lors de ce sommet, la France ne peut pas s’endormir sur ses lauriers. Selon les observateurs et les données présentées dans le baromètre précédemment cité, plusieurs défis de taille subsistent pour maintenir son attractivité.

    « Les coûts salariaux élevés, le manque de terrains disponibles et de certaines infrastructures, la complexité réglementaire sont autant d’obstacles à la compétitivité et à l’investissement »

    Selon l’enquête réalisée auprès de 200 dirigeants, interrogés en mars 2025, les atouts de la France (taille du marché, innovation, compétences, infrastructures et qualité de vie) se heurtent aux impératifs du court terme (rentabilité, stabilité, énergie et moyens disponibles pour la transition écologique).

    Les coûts salariaux élevés, le manque de terrains disponibles et de certaines infrastructures, la complexité réglementaire sont autant d’obstacles à la compétitivité et à l’investissement. Par exemple, dans l’industrie pharmaceutique, après une forte période d’investissements, la courbe des projets revient au niveau d’avant-Covid et la concurrence en Europe s’intensifie pour ce secteur.

    Emmanuel Macron au sommet ChooseFrance
    Emmanuel Macron au sommet ChooseFrance

    De surcroît, la faiblesse de la croissance tricolore et la consommation des ménages en berne sont également des préoccupations majeures. La stabilité politique et budgétaire est également un sujet de préoccupation, notamment après les turbulences qui ont secoué le Parlement français en 2024, lorsque le gouvernement de Michel Barnier a été renversé sur les questions de recettes et de dépenses de l’État, retardant ainsi le vote de la loi de finances.

    Dans un monde incertain, ce sommet Choose France s’est voulu une occasion de montrer la solidité et la crédibilité de notre nation. Si la France a des atouts, ses capacités de rebond (croissance atone, finances publiques dégradées, capacité d’investissement et non d’épargne…) sont fragiles. Mais notre pays peut aussi compter sur notre diaspora à l’étranger. Souvent considérés comme les premiers ambassadeurs de la France à l’international, nos expatriés concourent aussi à cette attractivité nationale. Et parfois, c’est bien de le rappeler.

  • Investissements internationaux : la France toujours attractive

    Investissements internationaux : la France toujours attractive

    En 2024, selon le baromètre du cabinet EY, malgré la crise politique survenue au mois de juin, la France est restée le pays européen le plus attractif en matière d’investissements internationaux. L’an passé, le nombre de projets internationaux sur le sol européen a reculé, en raison notamment de la concurrence accrue des États-Unis. Ces derniers attirent les entreprises étrangères grâce au programme d’incitations fiscales connu sous le nom d’Inflation Reduction Act (IRA) mis en place par Joe Biden. Si la France a enregistré une baisse notable des investissements étrangers, elle est néanmoins parvenue à conserver la première place en Europe.

    En 2024, les décisions d’investissements internationaux sur son sol ont diminué de 14%, avec 1025 projets recensés. L’Allemagne a connu un recul de 17% (607 projets), et le Royaume-Uni de 13% (853 projets). Les projets d’investissement d’origine allemande en France ont chuté de 34%. Les États-Unis, premier investisseur dans l’Hexagone, ont réduit leurs investissements de 12%, tout comme la Chine (-11%). L’image de la France, malgré les tensions politiques et les déséquilibres budgétaires, demeure globalement positive. À trois ans, 70% des investisseurs interrogés considèrent que l’attractivité du pays s’améliorera; un chiffre en baisse de 5 points sur un an.

    109 milliards sur l’IA

    La France conserve plusieurs atouts majeurs : sa position géographique centrale, son énergie décarbonée, et la qualité de ses infrastructures. Elle bénéficie également d’une bonne image dans des secteurs d’avenir comme la défense, le quantique et l’intelligence artificielle. Lors du sommet sur l’IA, un programme d’investissement de 109 milliards d’euros a été annoncé en février.

    Concernant l’implantation d’usines, un quart des investissements internationaux en Europe en 2024 ont été réalisés en France (415 projets, dont 74 dans l’énergie).

    Un faible contenu en emploi

    Toutefois, les investissements industriels portés par des capitaux étrangers ont reculé de 22% par rapport à 2023, en raison notamment des difficultés rencontrées dans des secteurs comme la chimie et l’automobile. Dans les faits, les projets menés par des investisseurs étrangers sont majoritairement des extensions ou des réaménagements d’installations existantes. Seuls 15% des projets relèvent de créations ex nihilo. De plus, ces investissements génèrent peu d’emplois : 29 000 créations annoncées pour 2024, soit une baisse de 27% par rapport à 2023. En moyenne, chaque projet d’investissement en France crée 30 emplois, contre 48 au Royaume-Uni et en Allemagne, et 125 en Espagne. Ce faible contenu en emplois s’explique notamment par le coût du travail et la complexité des règles sociales.

    Un faible contenu en emploi
    Un faible contenu en emploi

    D’après Rexecode, le coût horaire du travail en France dans l’industrie et les services s’élevait à 44,11 euros en 2024, contre 43,97 euros en Allemagne, 25,79 euros en Espagne et 16,70 euros en Pologne. Ces deux derniers pays ont enregistré une progression significative des projets d’investissements internationaux (+15 % pour l’Espagne, +13 % pour la Pologne).

    La France reste en tête en Europe pour l’accueil de centres de R&D, même si le nombre de projets y a baissé de 15 %. En revanche, pour l’implantation des sièges sociaux, elle reste nettement devancée par le Royaume-Uni. Malgré le Brexit et les efforts des autorités françaises, la place financière de Paris ne parvient pas à concurrencer celle de Londres.

    Un leadership fragile

    Si la France conserve sa première place en Europe en matière d’attractivité pour les investissements étrangers, ce leadership est désormais plus fragile. La baisse du nombre de projets, leur moindre intensité en emploi et la faible part des créations ex nihilo traduisent un essoufflement structurel. Plusieurs freins pèsent encore sur l’attractivité française : l’accès au foncier, le coût de l’énergie, le niveau de qualification moyen des actifs, et la faible robotisation des sites industriels. L’atonie de la croissance économique et de la consommation intérieure constitue également un sujet d’inquiétude.

    À l’heure où la compétition mondiale s’intensifie, notamment sous l’effet des stratégies offensives des États-Unis et des pays d’Europe centrale, la France doit impérativement lever les freins persistants : complexité administrative, coût du travail, faible productivité industrielle. Le pari d’une montée en gamme dans les secteurs d’avenir, comme l’intelligence artificielle, la défense ou l’aéronautique, ne pourra pas être gagné sans un effort en matière de formation, d’innovation et d’efficacité de l’action publique.

  • 5 ans après le Brexit, Londres rouvre le tunnel ?

    5 ans après le Brexit, Londres rouvre le tunnel ?

    Plusieurs années sont passées depuis le Brexit et le Royaume-Uni semble prêt à retisser des liens avec l’Union européenne. C’est ainsi que Le Premier ministre, Keir Starmer, s’apprête à conclure un nouvel accord multisectoriel avec Bruxelles. Il s’agirait alors de relancer la coopération et ouvrir une nouvelle ère de dialogue. Ce lundi 19 mai à Londres, c’est d’ailleurs un sommet inédit qui se réunit, en présence de plusieurs chefs d’État, dont Emmanuel Macron. 5 ans après le Brexit, Londres rouvre le tunnel ?

    Mais au-delà du geste politique envers l’Union Européenne, ce sommet intervient dans un contexte géopolitique marqué par l’urgence : la guerre en Ukraine. Paris continue d’œuvrer pour un cessez-le-feu immédiat et une paix fondée sur le respect de la souveraineté ukrainienne. Emmanuel Macron défendra cette ligne à Londres, convaincu que seule une voix européenne unie peut faire bouger les lignes.

    Le président français Emmanuel Macron avec le Roi du Royaume Uni Charles III
    Le président français Emmanuel Macron avec le Roi du Royaume Uni Charles III

    Outre ce rendez-vous diplomatique, c’est également la perspective de la visite d’État du président de la République qui se profile à l’horizon. En effet,  du 8 au 10 juillet prochains, Emmanuel Macron et son épouse Brigitte seront présents au Royaume-Uni, à l’invitation du roi Charles III. Reçus à Windsor, c’est une volonté commune de renouer plus officiellement encore une relation d’amitié et de coopération entre Paris et Londres qui se dessine. Plusieurs dossiers seront aussi abordés avec le gouvernement de K Starmer, notamment la jeunesse, la reconnaissance des diplômes, mobilité, la politique des visas, l’avenir de la communauté française au Royaume-Uni.

    Dans ce contexte Lesfrançais.press a rencontré Vincent Caure, député des Français établis hors de France, qui représente notamment à l’Assemblée nationale nos expatriés d’outre-Manche pour décrypter les enjeux de ces rencontres.

    Vincent Caure, député des Français d'Europe du Nord
    Vincent Caure, député des Français d’Europe du Nord

    Vincent Caure : « Notre communauté souffre encore de trop nombreux irritants hérités du Brexit »

    Lesfrancais.press : « Vincent Caure, une nouvelle réunion de chefs d’État se tient à Londres ce lundi 19 mai pour discuter du conflit en Ukraine. Le président Macron œuvre en faveur d’un
    cessez-le-feu. Pensez-vous qu’une interruption prochaine des hostilités soit rapidement
    envisageable ? »

    Vincent Caure : « Un cessez-le-feu en Ukraine est l’objectif numéro un. Ce que la France, à travers la voix du président de la République, cherche à construire, avec ses alliés, ce sont les conditions d’une paix juste. Une paix juste c’est une paix qui n’entérine ni l’agression, ni l’occupation de tout ou partie de l’Ukraine. La balle est aujourd’hui dans le camp de Vladimir Poutine afin que commencent des négociations de bonne foi, c’est-à-dire accompagné d’un arrêt réel et immédiat des combats. »

    Lesfrancais.press : « Au Royaume-Uni, le Premier ministre K. Starmer a récemment prononcé un discours qualifié de ferme sur l’immigration. Cette prise de position vous a-t-elle surpris ? Quelles pourraient en être les conséquences pour les Français expatriés ? »

    Vincent Caure : « Comme vous le savez, je m’interdis de commenter les décisions politiques des Gouvernements des dix pays de la circonscription, que ces décisions m’attristent ou non.

    « Notre communauté souffre encore de trop nombreux irritants hérités du Brexit »

    Vincent Caure, député des Français établis hors de France

    Cependant, je serai bien entendu extrêmement attentif aux conséquences concrètes que pourront avoir ces annonces pour nos concitoyens, notamment en ce qui concerne, l’accès au marché du travail britannique. Notre communauté souffre encore de trop nombreux irritants hérités du Brexit. Nous devons nous employer à recréer de nombreux liens entre nos deux pays. C’est à ce quoi je travaille. »

    Emmanuel Macron et Keir Starmer, premier ministre du Royaume-Uni
    Emmanuel Macron et Keir Starmer, premier ministre du Royaume-Uni
    Lesfrancais.press : « La visite d’État du président Macron au Royaume-Uni est prévue du 8 au 10 juillet prochains. Parmi les sujets liés à la présence des Français(es) vivant outre-Manche, quels sont, selon vous, les dossiers prioritaires que le chef de l’État devrait aborder avec les autorités britanniques ? »

    Vincent Caure : « Une visite du Président de la République est toujours un moment très fort dans notre relation bilatérale. Le contexte international que nous connaissons ne fait que renforcer l’importance de ce genre de rencontres. Paris et Londres doivent parler d’une voix commune sur de nombreux sujets comme l’Ukraine.

    « Il y a la question de la hausse de la TVA sur les écoles privées qui pèse sur les écoles françaises »

    Vincent Caure, député des Français établis hors de France

    Une telle visite est aussi l’occasion d’échanger sur les sujets du quotidien de nos concitoyens. Je pense notamment aux questions de libre circulation, en particulier celles des jeunes et des étudiants et chercheurs, les questions de visas ou encore de reconnaissance mutuelle des diplômes. Enfin, il y a bien entendu la question de la hausse de la TVA sur les écoles privées qui pèse sur les écoles françaises. »

    Lesfrancais.press : « Un temps de rencontre entre Emmanuel Macron et la communauté française du Royaume-Uni est-il prévu lors de cette visite ? Et si vous aviez l’opportunité de faire découvrir un lieu de votre circonscription au Président, lequel choisiriez-vous et pourquoi ? »

    Vincent Caure : « Le programme de la visite est encore en cours d’organisation. J’ai fait part au Président de la République d’idées qui pourraient nourrir le programme de la visite. Il est trop tôt pour que le programme soit dévoilé, et il ne faut pas oublier toute la partie diplomatique et formelle d’une telle visite d’État. De très nombreuses structures à Londres mais aussi ailleurs au Royaume-Uni méritent d’être mises à l’honneur dans le cadre d’une telle visite. Difficile donc de vous donner un lieu en particulier. Si je devais choisir une structure à Londres, peut-être que je choisirais le Dispensaire français. C’est une structure essentielle qui assure un accompagnement médical et psychologique à de nombreux compatriotes. Ce lieu incarne ce que notre réseau associatif et médical peut offrir de plus précieux. »

  • Jour J pour la déclaration d’impôts des Français de l’étranger

    Jour J pour la déclaration d’impôts des Français de l’étranger

    Accessible depuis le 10 avril, la campagne 2025 de déclaration de l’impôt sur le revenu touche à sa fin. Il reste encore quelques heures pour certains, quelques semaines pour d’autres, puisque la date de clôture s’échelonne du 22 mai au 5 juin. Pour les non-résidents, c’est ce mardi 20 mai à 23 :59, heure de Paris pour les déclarations en version papier.

    Les non-résidents

    La date butoir du mardi 20 mai est donc celle pour les usagers non-résidents pour le format papier. Celle de la déclaration en ligne est fixée au jeudi 22 mai 2025.

    Comment se connecter à impots.gouv.fr ?

    Pour avoir accès à votre espace particulier sur le site impots.gouv.fr, Vous aurez besoin de votre numéro fiscal (disponible en haut de vos avis d’impôt) et de votre mot de passe. Si vous avez oublié votre mot de passe, vous pouvez le réinitialiser facilement.

    Si c’est votre première déclaration, vous pouvez vous connecter en utilisant

    • France Identité, pour ceux qui ont la nouvelle carte d’identité (CNIe)
    • L’identité numérique de la Poste (attention prévoir 24h de délai pour la validation de votre passeport ou de votre carte d’identité émise avant la diffusion des CNIe)
    • Trustme (attention prévoir 24h de délai pour la validation de votre passeport ou de votre carte d’identité émise avant la diffusion des CNIe)
    • Yris (La promesse du délai de traitement est de 5 minutes)
    • Vos accès à un autre service de l’état comme Ameli

    Enfin, si vous n’avez pas encore d’espace particulier, il est temps d’en créer un. Consultez la page « Je suis non-résident, comment créer mon espace particulier ? » pour plus d’informations.

    Prévoir un compte bancaire SEPA

    L’ouverture d’un compte bancaire à votre nom dans un établissement de la zone SEPA est obligatoire pour le paiement de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux. Assurez-vous que votre banque adhère à la norme « SEPA DIRECT DEBIT » avec l’option SDD CORE (ou B2C).

    Fiche de déclaration de revenus
    Fiche de déclaration de revenus

    Si vous résidez en dehors d’Europe, il est fort probable que votre établissement bancaire ne dispose pas de cette norme. En effet, elle est propre à la zone Euro ainsi qu’aux États associés soit l’Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse et aussi au Royaume-Uni (qui était encore membre de l’UE lors de la mise en place du système SEPA). Pour obtenir un compte, vous pouvez vous tourner vers des établissements spécialisés comme le service dédié aux expatriés de la BNP (pour ceux qui ont encore des attaches en France), ou ceux de la BRED avec Planet + (plutôt dédié aux salariés détachés), et enfin l’app bancaire ouverte à tous les Français de l’étranger (quel que soit le pays de résidence et sans condition de revenus ou d’attache en France) France Pay.

    Quelle imposition ?

    Les non-résidents percevant des revenus de source française sont imposés au taux minimum de 20 % jusqu’à un seuil de 28 797 € de revenu net imposable et au taux minimum de 30 % au-delà. Il s’agit là de taux minimum, si les revenus donnent lieu à un taux d’imposition supérieur à ces taux minimum, le taux de droit commun sera appliqué.

    Toutefois, si le contribuable non-résident peut justifier que le taux moyen résultant de l’application du barème progressif sur l’ensemble de ses revenus mondiaux (revenus de source française et de source étrangère) serait inférieur aux taux minimums de 20 % et 30 %, il peut demander à ce que ce taux soit appliqué à ses revenus de source française (seuls les revenus de source française seront effectivement imposés).

    Pour en bénéficier, vous devez cocher, la « Bénéficier du taux moyen » en bas de l’étape 3 dans la rubrique « non-résident ». Dans le cas où certains de vos revenus ont été soumis à la retenue à la source des non-résidents (traitements et salaires, pensions, rentes…), il convient également de cocher dans cette même rubrique « Retenue à la source des non-résidents ».

    Pour vous aider, le groupe Facebook des Non-résidents contribuables en France, sous le contrôle de la Direction national des impôts des non-résidents, avec le concours de votre site Lesfrancais.press et de l’app bancaire France Pay, a mis en ligne un simulateur, le seul qui existe, vu que celui officiel n’est pas paramétré pour les contribuables résidant hors de France. N’hésitez pas à comparer.

    Risque de sanction en cas de retard

    Une déclaration effectuée en retard entraîne une majoration du montant de l’impôt dû, pouvant aller de 10 à 40 % en fonction des délais. Loin d’être négligeable.

    Pour ceux qui déclarent leurs revenus au format papier, en cas de retard, le montant peut être majoré de 10 % dès le 21 mai.

    Pour ceux qui font la démarche en ligne, les 10 % de pénalités s’appliquent pour les non-résidents à partir du 23 mai.

    Dans tous les cas de figure, déclaration papier ou en ligne, résident sur le territoire ou non, la pénalité passe à 20 % dans les 30 jours suivant la mise en demeure, puis à 40 % dès 30 jours après la réception d’une mise en demeure.

  • Comment financer les déficits publics en zone euro ?

    Comment financer les déficits publics en zone euro ?

    Rendu public en 2024, le rapport de Mario Draghi sur la compétitivité de l’Union européenne souligne que la moitié de la hausse de l’investissement nécessaire en zone euro, évaluée à 4,5 % du PIB, sera à la charge du secteur public. Les États devront réaliser d’importants investissements dans la transition énergétique, dans le numérique, ainsi que dans le financement d’innovations de rupture. Par ailleurs, l’effort de défense devrait être accru de 1,6 point de PIB. Potentiellement, les besoins de financement public dépasseraient 6 points de PIB.

    Or, compte tenu du niveau élevé des prélèvements obligatoires, du refus des ménages de supporter de nouvelles hausses d’impôts, et des difficultés à réaliser des économies budgétaires — d’autant plus que les dépenses sociales augmentent naturellement avec le vieillissement démographique — le recours à l’emprunt semble être la voie naturelle. Ce recours pourrait conduire à une forte hausse des taux d’intérêt à long terme. Les dépenses publiques en zone euro pourraient augmenter de 4 points de PIB dans les prochaines années et atteindre, en moyenne, 54 % du PIB.

    Un besoin d’investissements publics

    Les dépenses de santé devraient croître de 2 points de PIB, celles liées à la dépendance de 1,5 point. Au mieux, celles liées aux retraites se stabiliseront, à condition toutefois de dégrader le pouvoir d’achat des retraités. Compte tenu des piètres résultats des systèmes éducatifs, les États sont condamnés à accroître leurs efforts en matière de formation. Les marges de manœuvre sont inexistantes non seulement sur le plan des dépenses, mais aussi sur celui des recettes. La pression fiscale est élevée : 41 % du PIB en zone euro, contre 38 % au Royaume-Uni et 26 % aux États-Unis.

    Les gouvernements éprouvent les plus grandes difficultés à relever les impôts. Or, l’objectif de ramener la dette publique en-dessous de 60 % du PIB au sein de la zone euro suppose, en moyenne, une réduction des dépenses publiques de 5 points de PIB dans les prochaines années.

    La nécessité de réduire les dépenses.

    Depuis 2025, la Commission européenne autorise les États à dépasser le critère des 3 % de déficit public en cas d’augmentation des dépenses militaires. Quoi qu’il en soit, le risque de dérapage des déficits publics reste important dans la zone euro. Il pourrait entraîner une nouvelle hausse des taux d’intérêt à long terme. Le taux sur les emprunts d’État à 10 ans est déjà passé de 0 à 3 % entre 2022 et 2024. Des taux plus élevés signifient un service de la dette plus coûteux pour les États.

    @Adobestock
    @Adobestock

    En 2025, la charge de la dette de l’État français est estimée à 53,5 milliards d’euros, en hausse par rapport aux 49,9 milliards d’euros de 2024. Elle pourrait atteindre environ 75 milliards d’euros en 2027, soit 2,4 % du PIB. Cette progression résulte d’une combinaison entre la hausse des taux d’intérêt et l’augmentation de l’encours de dette. Le poids du service de la dette deviendra équivalent à celui de l’impôt sur le revenu.

    Éviter une hausse des taux d’intérêts

     Pour éviter une hausse des taux d’intérêt, un recours accru à l’épargne des ménages européens est nécessaire. Actuellement, une part importante de cette épargne est prêtée au reste du monde, notamment aux États-Unis. Chaque année, 2 à 3 points de PIB sont ainsi prêtés à l’étranger. À cette fin, comme le suggère le rapport de Mario Draghi, l’Europe devrait accélérer l’unification de ses marchés de capitaux. L’émission de titres publics européens en lieu et place de ceux émis par les États membres constituerait une solution.

    L’Union européenne bénéficie d’une notation triple A, ce qui lui permet d’emprunter à faible coût. La réorientation de l’épargne des Européens vers l’Europe serait facilitée si les investissements financés offraient une rentabilité élevée (investissements dans la transition numérique, dans les innovations de rupture). La politique non coopérative de Donald Trump et les incertitudes entourant l’économie américaine pourraient également encourager cette réallocation de l’épargne vers le Vieux Continent.

    La BCE réduit son bilan

    L’autre moyen d’éviter une hausse sensible des taux d’intérêt passe par une réouverture du quantitative easing par la Banque centrale européenne (BCE). Celle-ci pourrait, comme entre 2015 et 2024, souscrire des titres publics. Si la BCE achète des dettes publiques et les renouvelle à l’échéance, les profits étant reversés aux gouvernements de la zone euro, les intérêts versés ont peu d’incidence sur les finances publiques. Or, actuellement, la banque centrale pratique le quantitative tightening visant à réduire la taille de son bilan. La base monétaire est ainsi passée de plus de 6 000 milliards à 4 500 milliards d’euros entre 2022 et 2025. Cette contraction conduit mécaniquement à une hausse des taux d’intérêt.

    Face à l’ampleur des investissements à engager pour préserver sa compétitivité, l’Union européenne se trouve à un carrefour budgétaire, financier et institutionnel. L’arbitrage est inévitable : ou bien elle mobilise de manière coordonnée son épargne et approfondit son intégration financière, ou bien elle s’en remettra à des marchés financiers plus volatils, au risque d’un renchérissement durable du coût de sa dette souveraine.

    Ni le statu quo budgétaire ni le repli national ne répondront aux défis du numérique, de la transition énergétique ou de la défense. L’union des marchés de capitaux, l’émission de dettes européennes communes et une politique monétaire réactive sont les trois leviers qui pourraient permettre à l’Europe de rester maîtresse de son destin économique.

  • Sanofi : l’investissement massif aux États-Unis passe mal en France

    Sanofi : l’investissement massif aux États-Unis passe mal en France

    Sanofi a essuyé de vives critiques jeudi 15 mai en France au lendemain de sa décision d’investir massivement aux États-Unis, Bercy y voyant un « mauvais signal » et les syndicats redoutant un « désengagement industriel et social » du secteur pharmaceutique en Europe.

    « L’ampleur des investissements aux États-Unis, c’est sûr que c’est un mauvais signal à un moment où nous considérons et nous sommes convaincus que […] l’Europe et la France, c’est l’endroit où il faut investir », a déclaré le ministre de l’Économie Eric Lombard sur BFM Business.

    Le groupe tricolore a annoncé mercredi vouloir investir « au moins 20 milliards de dollars aux États-Unis » sur cinq ans, consacrés à « une augmentation significative des dépenses de recherche et développement » dans ce pays et « à la production américaine ».

    Sanofi est l’un des derniers géants pharmaceutiques à vouloir y renforcer sa présence, répondant aux pressions du président des États-Unis.

    « Parce que [le président américain Donald]Trump s’agite, Sanofi sort les chiffres », a fulminé Fabien Mallet, CGT Sanofi France, interrogé par l’AFP, anticipant que « la recherche va basculer aux États-Unis ».

    « En investissant massivement aux États-Unis, le groupe cherche à se positionner comme un acteur domestique , ce qui pourrait constituer un avantage stratégique dans les négociations tarifaires à venir », a commenté à l’AFP Adrien Chantereine, expert du secteur pharmaceutique de Circle Strategy.

    Sanofi dispose de plusieurs usines américaines, dans la région de New-York et celle de Boston, comme celle de Framingham (photo), ultra-moderne et digitalisée, centrée sur les médicaments les plus innovants du laboratoire français.
    Sanofi dispose de plusieurs usines américaines, dans la région de New-York et celle de Boston, comme celle de Framingham (photo), ultra-moderne et digitalisée, centrée sur les médicaments les plus innovants du laboratoire français.

    Avec ses menaces de droits de douane sur les importations de médicaments, le nouveau pouvoir à Washington a déjà fait changer de pied d’autres grands noms du secteur : Eli Lilly, Johnson & Johnson, Novartis ou encore Roche se sont dits prêts à lancer des investissements de très grande envergure aux États-Unis.

    « Perte totale de souveraineté »

    Sanofi, « 20 milliards pour les USA : qui dit mieux ? », a ironisé la CGT du groupe dans un communiqué, ajoutant que « c’est la France qui finance et c’est l’Amérique qui encaisse » et que « ce n’est pas un virage, c’est une délocalisation massive de la recherche » aux États-Unis.

    L’industrie pharmaceutique, jusqu’ici épargnée par le protectionnisme, voit le climat changer depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et ses menaces de droits de douane pour accélérer la relocalisation de la production.

    Le président américain a aussi affiché son intention de réduire les prix des médicaments de 50 à 80 %. Cette mesure affecterait les marges bénéficiaires des fabricants, mais « cela n’a pas empêché Sanofi de lâcher un investissement aussi massif en si peu de temps » outre-Atlantique, s’est étonné Adil Bensetra, de la CFDT.

    Avec leur choix stratégique tourné vers le marché américain, les laboratoires « n’ont même pas laissé le temps aux Européens de trouver une solution alternative », s’est indigné le syndicaliste, redoutant « une perte totale de notre souveraineté sanitaire dans les 4 à 6 ans ».

    En avril, profitant des menaces latentes de Donald Trump, les dirigeants d’une trentaine de champions pharmaceutiques ont écrit à la Commission européenne pour réclamer un cadre plus attractif en matière de prix des médicaments et de fiscalité.

    Un « rééquilibrage géographique » ?

    Pour Sanofi, le « rééquilibrage géographique apparaît cohérent » à Adrien Chantereine, vu qu’il génère la moitié de son chiffre d’affaires aux États-Unis et y réalise 25 % de sa production.

    Le groupe a aussi cédé tout récemment la moitié de sa filiale de produits sans ordonnance, dont le Doliprane au fonds d’investissement américain CD&R.

    « En dix ans, il a détruit des milliers d’emplois à travers quatre plans de licenciements. Il vend le Doliprane aux Américains, veut se séparer du site d’Amilly mais compte investir 20 milliards aux USA. Que fait l’État ? Rien ! », a condamné mercredi 14 mai sur X le rapporteur de la commission d’enquête du Sénat sur les aides publiques aux grandes entreprises, le communiste Fabien Gay, rappelant qu’« en dix ans, Sanofi a obtenu plus d’un milliard de crédit impôt recherche ».

    Sanofi, qui investit plus de 2,5 milliards d’euros chaque année en France, a reconnu devant cette commission une réduction d’environ un millier d’emplois dans la R&D en France sur dix ans, mais insisté sur l’absence de licenciements.

    Si aucune réduction des investissements en France n’a été annoncée à ce stade, « un basculement progressif des priorités vers les zones les plus stratégiques et rentables est plausible à moyen terme », a estimé Adrien Chantereine.

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