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  • Vivre Cannes 2025 avec les antennes du groupe TV5MONDE

    Vivre Cannes 2025 avec les antennes du groupe TV5MONDE

    Depuis mardi 13 mai, le Festival du film bat son plein sur la Croisette. Les antennes du groupe TV5Monde vous invite à vous immerger dans l’univers cannois avec une série de programmes dédiés sur ses chaînes classiques et bien évidemment sur sa plateforme gratuite (dans 95% des pays) TV5MONDEplus. Alors en route pour Cannes 2025.

    TV5MONDE sur la Croisette… Cannes sur vos écrans

    On commence en se plongeant dans la programmation exceptionnelle qui sera diffusé sur les 8 canaux de TV5MONDE pendant cette quinzaine.

    Bien sûr, dans son émission « L’Invité », Patrick Simonin, qui se délocalise exceptionnellement sur la Croisette, nous invite à découvrir une série d’entretiens inédits, pris sur le vif, avec les talents du cinéma francophone présents à Cannes cette année. Il rencontrera, entre autres, les créateurs des films soutenus par TV5Monde, comme « Promis le Ciel » réalisé par Erige Sehiri. Portée par Aïssa Maïga, Laetitia Ky et Mohamed Grayaa, cette comédie dramatique franco-tunisienne poignante, explore avec humanité les destins croisés de femmes migrantes à Tunis.

    Promis le ciel
    Promis le ciel

    Continuant à naviguer au cœur du processus créatif, la direction des programmes du groupe TV5MONDE a sélectionné 4 documentaires qui vous éclaireront sur les grandes figures et histoires du cinéma. Au programme : une plongée dans la vie de Romy Schneider, une tentative pour comprendre le cinéaste iconique de la nouvelle vague, Jean-Luc Godard, etc.

    Mais c’est surtout le Cinéma qui sera à l’honneur, tout naturellement pour cette programmation Cannes 2025. Pendant toute la durée du Festival, TV5MONDE diffuse une cinquantaine de films emblématiques, répartis sur l’ensemble de ses chaînes illustrant l’excellence et la diversité du cinéma célébré à Cannes. Chaque chaîne offre ainsi un panorama riche et exigeant : grands classiques, œuvres contemporaines et découvertes. Au menu : Papicha, À perdre la raison, Roubaix : une lumière, Alice et le Maire, Ama Gloria, etc.


    Découvrir TV5MONDE


    la chaîne youtube TV5MONDE

    30 films en libre accès sur TV5MONDEplus

    La chaîne de télévision francophone mondiale TV5MONDE, vous le savez, dispose d’une plateforme en ligne sur laquelle peuvent être visionnées films, séries et émissions en langue française, avec des sous-titres en plusieurs langues. Cette plateforme s’appelle TV5MONDEplus, elle est, le plus souvent, gratuite et disponible dans le monde entier. En effet, vous pouvez visionner les 7000 heures de programmes disponibles dans 214 pays. Et évidemment, pour Cannes 2025, la plateforme TV5MONDEplus a déroulé le tapis rouge avec plus de 30 films sélectionnés ou primés à Cannes : De rouille et d’os, Un petit frère, Les Harkis, Trois souvenirs de ma jeunesse, Jacky Caillou… ainsi qu’une quinzaine de documentaires, principalement des portraits d’actrices et d’acteurs marquants.

    Parmi les films cannois, on retrouve « Chouf » présenté à Cannes en 2016. Chouf, ça veut dire « regarde » en arabe. C’est le nom des guetteurs des réseaux de drogue de Marseille. Le film nous raconte le destin de Sofiane, 24 ans, brillant étudiant, qui intègre le business de son quartier après le meurtre de son frère, un caïd local. Pour retrouver les assassins, Sofiane est prêt à tout. Il abandonne famille, études et gravit rapidement les échelons. Aspiré par une violence qui le dépasse, Sofiane découvre la vérité et doit faire des choix.

    Chouf
    Chouf

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    Il n’y a pas que Cannes en mai

    Sur la plateforme mondiale TV5MONDEplus, ils ont aussi pensé à ceux que les paillettes cannoises n’attirent pas. Ainsi, parmi les nouveaux programmes qui rejoignent le vaste catalogue de TV5MONDEplus, on découvrira les meilleurs DJ africains qui s’affrontent en 8 épisodes de 52 minutes dans DJ Battle Africa.


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    Autre programme de saison, « Pignon sur rue », une téléréalité canadienne qui va suivre 7 jeunes adultes quittant leur région natale pour s’installer ensemble à Montréal.  Alors que les futurs bacheliers rêvent de quitter le nid familial, cette émission enchantera les jeunes et offrira aux parents une vision de la vie étudiante en 2025.


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    Enfin, TV5MONDE n’oublie pas sa mission : la Francophonie. Et pour cela, le groupe finance de nombreux programmes originaux comme « Heureux qui communique ». Avec humour et poésie, les personnages de cette série explorent les bizarreries de la langue française au détour de quiproquos, de silences et de mots qui dérapent. Après la saison 1, où ils voyageaient, dans la saison 2, qui débarque sur la plateforme ce mois-ci, les héros s’ancrent au bord de la mer

    Heureux qui communique
    Heureux qui communique


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  • Taïwan : l’ambiguïté en sursis

    Taïwan : l’ambiguïté en sursis

    Dans les années 1960, les points de crispation entre les deux grandes puissances de l’époque, les États-Unis et l’URSS, s’appelaient Berlin — avec le fameux blocus — et Cuba — avec la crise des missiles. Aujourd’hui, la Chine a pris la place de l’URSS comme principal rival de l’Oncle Sam et leur point de tension pourrait être Taïwan.

    Pékin revendique Taïwan comme une province chinoise. À ses yeux, cette île a toujours été une partie intégrante du territoire national. Elle aurait fait sécession de manière illégale en 1949. C’est un problème de sécurité intérieure devenu une affaire internationale. Les autorités chinoises se sont fixées pour objectif de mettre un terme à cette sécession d’ici 2049, année du centenaire de la prise du pouvoir par les communistes. Elles n’excluent pas une invasion si l’île venait à proclamer son indépendance. Même si l’étouffement progressif ou la négociation restent leurs voies privilégiées.

    Les Taïwanais ont choisi le Parti démocrate progressiste (DPP), favorable à l’indépendance

    Taïwan, de son côté, souhaite préserver son statut de démocratie autonome. Depuis la visite officielle de Nixon à Pékin en 1972 et la reconnaissance de la Chine populaire en 1979, les États-Unis ont adopté une stratégie d’ambiguïté délibérée. Ils s’efforcent d’empêcher une déclaration formelle d’indépendance. Le tout en s’opposant à toute intervention militaire, avec à la clé des livraisons régulières d’armes à Taïwan, sans pour autant garantir explicitement sa sécurité ultime.

    Ces dernières années, les tensions entre la Chine et Taïwan se sont accrues. Lors des trois dernières élections présidentielles, les Taïwanais ont choisi le Parti démocrate progressiste (DPP), favorable à l’indépendance. Depuis 2010, l’importance stratégique de l’île s’est renforcée, notamment grâce à l’essor du premier producteur mondial de semi-conducteurs, TSMC. Cette entreprise est devenue incontournable dans la production de puces avancées, y compris celles destinées à l’intelligence artificielle. Parallèlement, les dépenses militaires chinoises ont triplé, au point de remettre en cause la suprématie des États-Unis en Asie.

    La capacité dissuasive américaine s’effrite

    À Washington, le Département d’État continue de miser sur l’effet dissuasif d’une éventuelle intervention américaine. Une guerre pour Taïwan serait potentiellement un désastre pour la Chine, qui pourrait faire l’objet de sanctions internationales. Le rapport de force entre la Chine et les États-Unis est en pleine évolution, ce qui pourrait entraîner des conséquences importantes pour Taïwan.

    Premièrement, la capacité dissuasive américaine s’effrite. Le président américain actuel, isolationniste, s’est prononcé contre l’interventionnisme. La seule guerre qu’il entend mener est commerciale.

    La capacité dissuasive américaine s’effrite
    La capacité dissuasive américaine s’effrite

    En 2024, Donald Trump a déclaré que si la Chine tentait d’envahir Taïwan, il riposterait par des droits de douane : « Je vous imposerai des taxes entre 150 et 200 %. » Aujourd’hui, ces droits atteignent déjà 145%. La Chine a décidé de résister en répliquant par une hausse des droits de douane sur les produits américains. Elle joue sur le temps long, convaincue que les États-Unis finiront par reculer.

    La guerre commerciale distend les relations des États-Unis avec leurs alliés traditionnels en Asie : non seulement l’Australie, le Japon et la Corée du Sud, mais aussi Taïwan, dont les droits à l’export pourraient passer, faute d’accord, à 32%. TSMC est fortement incité à délocaliser certaines de ses usines sur le sol américain. Le Japon et la Corée du Sud ont quant à eux décidé de signer un accord commercial avec la Chine afin de favoriser les échanges entre ces trois pays.

    Saper la souveraineté de Taïwan et semer le doute parmi sa population

    Deuxièmement, la Chine élabore de nouveaux scénarios concernant Taïwan, évitant le pari risqué d’une invasion totale. Elle continue de se préparer à une conquête militaire, comme l’illustrent les récentes manœuvres « Foudre du Détroit », mobilisant 38 navires de guerre autour de l’île. Elle expérimente aussi des tactiques dites de « zone grise ». Quarantaines maritimes temporaires, inspections douanières de navires dans les eaux taïwanaises, intimidations, etc. L’objectif est de saper la souveraineté de Taïwan et de semer le doute parmi sa population quant à la capacité et à la volonté des États-Unis d’intervenir en cas de crise.

    La Chine cherche à faire reconnaître ses droits sur l’île au niveau international. Sur ce sujet, elle a déjà reçu le soutien d’environ 70 pays.

    Troisièmement, Pékin cherche à tirer parti du dysfonctionnement chronique de la démocratie taïwanaise. Peu de Taïwanais souhaitent vivre sous le joug communiste, mais la vie politique de l’île est minée par la polarisation et l’inertie. Depuis les dernières élections, le président Lai Ching-te doit composer avec un parlement dominé par le Kuomintang (KMT), favorable à un apaisement avec Pékin, et un tiers parti soutenu par une jeunesse désillusionnée par le DPP au pouvoir.

    Ce blocage institutionnel empêche toute avancée sérieuse sur l’augmentation du budget de défense, la réduction de la dépendance énergétique ou la préparation à une crise majeure. Les initiatives du président Lai Ching-te, pour contrer les infiltrations chinoises, ont accentué la polarisation. Si les États-Unis donnent le sentiment de se désengager, les Taïwanais pourraient douter de leur propre capacité à se défendre. Le risque d’un basculement progressif de l’île dans l’orbite chinoise — sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré — n’est pas à exclure à long terme.

    Le retour de Taïwan dans le giron de la Chine continentale ne signifierait pas nécessairement la fin de la prééminence militaire américaine dans le Pacifique. Mais un effort important serait nécessaire pour la préserver. Le Japon, la Corée du Sud ou les Philippines seraient évidemment les plus menacés par une telle évolution. L’Armée populaire de libération de la Chine pourrait redéployer ses forces vers d’autres objectifs. L’armée américaine pourrait être amenée à se retirer de la « première chaîne d’îles », proche des côtes chinoises, pour se repositionner sur la « deuxième chaîne », entre le Japon et Guam. Les alliés asiatiques exigeraient de nouveaux traités économiques et militaires pour être rassurés. Faute de quoi, certains pourraient envisager l’option nucléaire. Cette réflexion est déjà engagée, notamment en Corée du Sud.

    Plus qu’un contentieux territorial : une ligne de faille

    Dans le grand désordre stratégique du XXIe siècle, Taïwan concentre plus qu’un contentieux territorial. Elle incarne la ligne de faille entre deux modèles de puissance : Pékin veut faire plier l’histoire. Washington tente d’en contenir le cours sans le brusquer. Mais au-delà des discours diplomatiques, c’est l’économie mondiale qui vacille sur ce rocher de 36 000 km².

    Dans ses usines, TSMC grave les circuits les plus fins du globe, indispensables à nos smartphones, à nos armes intelligentes, à nos véhicules électriques. Le moindre coup de semonce dans le détroit de Formose menace la fluidité des chaînes d’approvisionnement d’un grand nombre d’entreprises. Ce n’est donc pas seulement la souveraineté d’une démocratie insulaire qui est en jeu. C’est l’équilibre d’un capitalisme mondialisé qui repose sur quelques points névralgiques.

  • « Emmanuel Macron : les défis de la France », ce qu’il fallait retenir

    « Emmanuel Macron : les défis de la France », ce qu’il fallait retenir

    Ce mardi 13 mai, Emmanuel Macron s’est exprimé sur TF1 dans une émission au format inédit. Pendant près de 3 heures, il a balayé les sujets d’actualités qui occupent l’hexagone.  Ils étaient 5 785 000 téléspectateurs en moyenne, soit 29,7 % de parts d’audience, selon Médiamétrie à écouter le Président de la République. Vous en faisiez peut-être parti. Mais la grande la majorité des Français de l’étranger, n’ont pas voulu ou pu suivre le chef de l’État, alors que fallait-il retenir de l’émission « Emmanuel Macron : les défis de la France ».

    Politique étrangère

    On commence par les sujets qui fâchent et qui peuvent avoir des conséquences directes pour les Français résidant hors de France : la Politique étrangère de la Nation française.

    Le parapluie nucléaire étendue à l’Union européenne ?

    La France est le seul pays d’Europe occidentale, avec le Royaume-Uni, doté de l’arme nucléaire. Les autres pays européens membres de l’Otan sont jusqu’ici sous le parapluie nucléaire américain.

    À la tête de l’une des deux puissances nucléaires en Europe, Emmanuel Macron s’était dit déjà prêt le 28 février à « ouvrir la discussion » sur la dissuasion nucléaire à ses partenaires européens. Un déploiement déjà mis en œuvre de longue date par les Américains dans un certain nombre de pays européens.

    Le président de la République a souligné combien de telles discussions ne modifieraient pas, selon lui, la doctrine française. Propos qu’il a confirmés ce mardi 13 mai, en apportant même des précisions quant au côté opérationnel, imaginant le déploiement de Rafales dotés de l’arme nucléaire sur tout le continent.

    Une idée que Moscou ne voit pas d’un bon œil. Ce mercredi 14 mai, le Kremlin a réagi, indiquant que l’éventuel déploiement en Europe d’avions français dotés d’armes nucléaires, évoqué la veille par le président Emmanuel Macron, n’apportera pas « de sécurité » au continent européen.

    « Le déploiement d’armes nucléaires sur le continent européen, ce n’est pas ce qui apportera de la sécurité, de la prévisibilité et de la stabilité au continent européen »

    Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe

    Ukraine : « Rester libre »

    « Le défi des défis est, dans un monde de plus en plus dangereux, incertain, de rester libre », a lancé le chef de l’État. Dans ce contexte, Emmanuel Macron a longuement exposé sa position sur l’Ukraine. « Notre volonté, c’est de prendre des sanctions » dans les prochains jours si la Russie « confirme le non-respect » d’un cessez-le-feu, a-t-il assuré.

    Emmanuel Macron a notamment évoqué des « sanctions secondaires » pour les « revendeurs » de « services financiers » ou d’ »hydrocarbures », alors que Moscou n’a toujours pas répondu à la proposition des Européens, relayée par les États-Unis, d’un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours en Ukraine.

    Emmanuel Macron favorable a un renforcement des pouvoirs de police municipale
    Emmanuel Macron favorable a un renforcement des pouvoirs de police municipale

    Un tel cessez-le-feu doit ouvrir la voie à des négociations « territoriales », a-t-il ajouté, pointant des choix douloureux à venir pour les Ukrainiens déjà évoqués par l’administration de Donald Trump.

    « Même les Ukrainiens eux-mêmes ont la lucidité de dire (…) qu’ils n’auront pas la capacité de reprendre l’intégralité de ce qui est pris depuis 2014 » par la Russie, a déclaré le chef de l’État.

    Gaza : « c’est une honte »

    « Ce que fait aujourd’hui le gouvernement de Benjamin Netanyahu (à Gaza) est inacceptable », « c’est une honte », a estimé Emmanuel Macron, considérant par ailleurs que « ce n’est pas à un président de la République de dire ‘Ceci est un génocide’, mais aux historiens ».

    Le chef de l’État a rappelé qu’il avait été « l’un des seuls dirigeants à aller à la frontière » entre l’Égypte et Gaza, « l’une des pires choses qui (lui) aient été données de voir », déplorant que « toute l’aide que la France et d’autres pays acheminent » soit « bloquée par les Israéliens ».

    Le président de la République a également estimé que la question d’une révision des « accords de coopération » entre l’UE et Israël était « ouverte ».

    Conférence sociale, réseaux sociaux, places de prison, etc

    Le second volet de l’émission a été consacré aux problèmes intérieurs. Là aussi, les Français sont restés sur leur faim. Les commentaires, comme eux, attendaient des annonces fortes qui ne sont pas venues entrainant un sentiment de déception que tous les médias partageaient mercredi matin. On fait le point pour les expatriés sur les sujets nationaux abordés lors de l’émission « Emmanuel Macron : les défis de la France ».

    Louer des places de prison à l’étranger

    Confronté au maire de Béziers, Robert Ménard, sur les questions d’insécurité et d’immigration, M. Macron a dit vouloir une loi étendant les pouvoirs des polices municipales.

    Il s’est également dit favorable à une participation des détenus à leurs frais de détention, idée défendue par le garde des sceaux, Gérald Darmanin, et à la location, « si besoin était », de places de prison à l’étranger.

    Une conférence sociale

    Alors que les Assises sociales des Français de l’étranger se sont ouvertes il y a quelque jour, Emmanuel Macron propose la tenue « dans les prochaines semaines » d’une « conférence sociale ». Le « financement de notre modèle social » repose « beaucoup trop sur le travail », a jugé M. Macron, qui souhaite également l’ouverture d’une « négociation sociale » sur « la qualité » et « l’évolution des formes de travail ».

    Un sujet, le seul, qui a trouvé écho chez les parlementaires des Français de l’étranger. D’ailleurs, soyons honnête, malgré nos recherches et nos prises de contact, les élus des Français de l’étranger n’ont pas fait preuve de solidarité avec le Président de la République. En effet, seul Stéphane Vojetta, député des Français de la Péninsule ibérique et de Monaco indépendant mais affilié au bloc central, a pris sa plume pour réagir aux propos d’Emmanuel Macron.

    Pour le député Stéphane Vojetta, c’est le bon sens qui doit primer quant à l’utilisation des fonds publics dans le domaine social.

    Tweet de Stéphane Vojetta
    Tweet de Stéphane Vojetta
    Tweet de Stéphane Vojetta
    Tweet de Stéphane Vojetta

    Les réseaux sociaux et les jeunes Français

    Interpellé par plusieurs intervenants, M. Macron a réitéré sa position sur certains sujets de société. Il a notamment confirmé vouloir que soit imposée aux adolescents une vérification de leur âge pour s’inscrire sur les réseaux sociaux, estimant qu’il y a « une jeunesse qui a été percutée » par ces plateformes.

    Il s’est aussi prononcé contre le port de signes religieux, comme le voile islamique, dans les compétitions sportives. Mais il a jugé que, pour la pratique sportive hors compétitions, c’était aux fédérations sportives « de décider ».

  • Léon XIV n’est pas Français ! L’importance de transmettre la nationalité française

    Léon XIV n’est pas Français ! L’importance de transmettre la nationalité française

    Robert Francis Prevost a été sacré pape sous le nom de Léon XIV ce 08 mai. Ce cardinal américain est le premier Saint Père made in USA, mais pas totalement… Avec ce prénom et ce nom, en quelques minutes, tous les médias français partaient sur les traces des origines du nouveau souverain pontife. Pourtant, malgré ce qu’on a pu penser dans l’hexagone, le nouvel évêque de Rome n’est pas Français. La faute à qui ? À ces ancêtres qui n’ont pas transmis la nationalité 😉

    C’est l’occasion pour nous de faire un point sur les démarches à accomplir pour transmettre ou récupérer la nationalité française. Mais avant, revenons tout de même quelques instants sur la généalogie de Léon XIV.

    Des origines normandes

    C’est Ouest-France, le premier média régional français, qui a sorti l’info dès le 09 mai au matin : Suzanne Fontaine était la grand-mère paternelle de Robert Francis Prevost ! Mais en réalité, c’est le site de la Revue française de généalogie qui dévoile ses origines, tout en s’émerveillant de la rapidité avec laquelle les internautes du monde entier ont trouvé le nom des ancêtres du nouveau pape, sourcant toutes les informations sur l’encyclopédie collaborative en ligne Wikipédia, un travail « qui semble crédible » selon le site spécialisé.

    Ainsi, Suzanne, grand-mère paternelle, née le 2 février 1894 au Havre (Seine-Maritime), a le droit à une célébrité posthume grâce à son petit-fils. Un éloignement générationnel bien modeste qui n’aurait pas du empêcher Sa Sainteté de détenir un paseport français. Mais voilà, à son arrivée aux USA et même lors de son décès en 1979, le réseau consulaire, quoi que déjà important, était peu développé et ceux qui avaient quitté la France, si loin à l’époque, ne pensaient qu’à vivre le rêve américain après les années de privation des guerres mondiales.

    Mais aujourd’hui, il est beaucoup plus facile de transmettre sa nationalité à ses descendants même nés hors de France. On vous explique comment créer une longue lignée de Français de l’étranger.

    Transmettre la nationalité française à ses enfants

    Si dans certains pays, aucun parent n’oublie d’aller au consulat déclarer la naissance de son enfant pour des raisons politiques, économiques ou pratiques (le passeport français étant un de ceux permettant de voyager le plus sans avoir à demander de visa), dans les États proches culturellement ou alliés, les papas et les mamans peuvent avoir la tentation de repousser la démarche.

    Transmettre la nationalité française à ses enfants
    Transmettre la nationalité française à ses enfants

    Grave erreur ! Au plus, l’enfant sera âgé (et ça se jour à quelques jours au début) au plus la procédure sera complexe. On détaille pour les expatriés les situations possibles.

    La déclaration de naissance

    La démarche la rapide, facile, on pourrait même dire « comme à la maison ». Au cours des 15 premiers jours suivant la naissance de l’enfant, il suffit de se présenter à l’officier de l’état civil consulaire territorialement compétent au même titre que par les services de l’état civil du pays de résidence. Les papiers de l’hôpital seront simplement à présenter. Et si uniquement la maman est Française, le papa (même non Français) peut se rendre au consulat avec la pièce d’identité et le livret de famille (d’où l’importance en amont d’avoir fait enregistrer son mariage si c’est le cas).

    Dans le cas où votre enfant est né hors mariage, la filiation s’établit différemment à l’égard du père et de la mère. Elle peut, par ailleurs, intervenir avant la naissance, au moment de la déclaration de naissance où après celle-ci. Renseignez-vous auprès de la représentation française de votre pays de résidence pour déterminer si une reconnaissance par le père doit être souscrite en sa faveur et, éventuellement, par la mère lorsqu’elle est étrangère.

    À noter que le délai de 15 jours est porté à 30 jours hors d’Europe et, en Europe, dans les pays suivants : Albanie, Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Espagne, Estonie, Finlande, Géorgie, Grèce, Kazakhstan, Kirghizstan, Kosovo, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Moldavie, Monténégro, Norvège, Ouzbékistan, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Russie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Tadjikistan, Turkménistan, Turquie, Ukraine.

    Faire reconnaitre son enfant mineur comme Français

    Au-delà des 15/30 jours, les parents devront avoir recours à la transcription de l’acte de naissance local par l’officier d’état civil de l’ambassade ou du consulat. Une procédure plus longue et un plus complexe, par le nombre de documents à remettre, mais largement à la portée de tous.

    Ainsi pour faire une demande de transcription d’un acte de naissance local en acte de naissance français, il faut contacter le consulat ou la section consulaire de l’ambassade pour obtenir le bon formulaire qui devra être accompagné :

    • de la copie de l’acte de naissance étranger et sa traduction ;
    • d’un justificatif de nationalité française pour l’un des parents au moins ;
    • du livret de famille pour mise à jour ;
    • pour les enfants nés hors mariage, d’une copie de l’acte relatif à la reconnaissance souscrite par le père, lorsque ce dernier est français ;

    À noter, que l’ambassade ou le consulat peut demander des documents supplémentaires selon le contexte.

    Nous vous recommandons, là aussi, de prendre l’attache de la représentation diplomatique ou consulaire de votre pays de résidence pour faire les vérifications nécessaires préalables à la naissance.

    Demander la nationalité française une fois adolescent ou adulte

    Enfin, revenons au cas de la famille du nouveau Pape, si le fils de Suzanne Fontaine avait réclamé la nationalité française, une fois adulte, il aurait pu le faire. Alors si vous êtes dans ce cas ou que vous connaissez quelqu’un dans cette situation, on vous rassure, c’est encore possible.

    Car pour rappel, la loi est limpide, un enfant acquiert la nationalité française dès lors que l’un de ses parents est Français à sa naissance.

    Demander la nationalité française une fois adolescent ou adulte
    Demander la nationalité française une fois adolescent ou adulte

    Ainsi, un enfant est Français de naissance si l’un de ses parents est Français, et ce, qu’il soit né en France ou à l’étranger. Le statut marital des parents n’a aucune incidence sur la nationalité de l’enfant. Toutefois, il est indispensable d’établir légalement la filiation de l’enfant. La nationalité d’un parent est prise en considération le jour de la naissance de l’enfant et également durant sa minorité. Dans le cas où le parent ne possède plus la nationalité française à la majorité de l’enfant, il n’y a aucune incidence sur la nationalité de l’enfant.

    Afin d’obtenir son certificat de nationalité (qui se substitue à l’acte de naissance français), il existe donc une procédure. On la détaille ci-dessous :

    Documents à fournir :

    • Acte de naissance de l’enfant,
    • Preuve de la nationalité française du parent (carte d’identité, décret de naturalisation, CNF du parent, etc.),
    • Justificatif de filiation (livret de famille, acte de reconnaissance).

    Où déposer la demande :

    • En France : auprès du tribunal judiciaire compétent de votre lieu de résidence.
    • À l’étranger : auprès du tribunal judiciaire de Paris.

    Démarches supplémentaires :

    • Si la filiation n’est pas encore établie légalement, une reconnaissance en justice peut être nécessaire avant d’obtenir le CNF.
    • Pour les demandes entre 13 et 18 ans, le formulaire Cerfa n°16237 doit être rempli et joint au dossier.
    • Une fois les documents vérifiés, si le dossier est complet, le CNF est délivré.
    • La demande de CNF est instruite sous 6 mois, renouvelable jusqu’à 18 mois maximum en cas de besoin.

    Il est bon de savoir que la délivrance d’un certificat de nationalité française est gratuite et n’a pas de durée de validité.

    Filiation par les grands-parents

    Alors Léon XIV serait finalement un Français qui s’ignore ? Car oui, depuis 2023, il est possible d’obtenir la nationalité française si un de ses grands-parents était Français, même si le père ou la mère n’a pas réclamé sa nationalité. La Cour de cassation par un arrêt du 17 mai 2023 a précisé ce principe et les conditions d’exécution.

    Car attention, cet arrêt n’entraîne pas la reconnaissance automatique de la nationalité française aux petits-enfants d’un(e) citoyen(ne) français(e). Pour obtenir la nationalité, il faut donc bien prouver que les parents des personnes demandeuses avaient bien le droit d’être français et qu’ils se seraient retrouvés privés de ce droit de façon abusive.

    En sus, comme le précise l’arrêt de la Cour de cassation, il faut que lesdits grands-parents aient résidé en France de façon pérenne au cours des cinquante dernières années. Pour cela, il faut fournir des preuves de vie, comme la détention d’une carte vitale, des avis d’imposition, etc.

    Ainsi, en conclusion on ne peut qu’accepter le fait que, non, Robert Francis Prevost, n’est pas Français.

  • En France, obtenez les apostilles auprès d’un notaire en ligne

    En France, obtenez les apostilles auprès d’un notaire en ligne

    Les Français de l’étranger qui ont besoin d’un document certifié par les autorités françaises connaissent bien les apostilles et la problématique que l’obtention de ces coups de tampons peut être. Car les procédures de légalisation des documents français destinés à l’étranger étaient jusqu’ici traitées par les parquets généraux des cours d’appel. Vous imaginez bien la complexité et les délais surtout quand on n’habite plus en France. Mais depuis le 1er mai 2025, les notaires sont officiellement compétents pour délivrer les apostilles, et proposent même un service en ligne. On décrypte tout ça pour les expatriés français.

    L’apostille, ça sert à quoi ?

    Rappelons-le, l’apostille permet d’attester de la véracité de la signature, de la qualité du signataire et de l’authenticité du sceau ou timbre apposé sur un document public français, afin qu’il puisse être utilisé dans un pays étranger membre de la Convention de La Haye. L’apostille sera indispensable dans de nombreux cas comme pour une procédure d’adoption ou une procédure judiciaire et peut parfois être exigé pour la signature d’un contrat.

    Apostille français
    Apostille français

    Ainsi, l’apostille est une procédure simplifiée de légalisation. Elle remplace la légalisation pour les pays où elle s’applique. La légalisation comme l’apostille attestent les informations suivantes :

    • Véracité de la signature de l’auteur du document
    • Qualité en laquelle le signataire du document a agi
    • Si nécessaire, identité du sceau ou du timbre qui est mentionné sur le document.
    • En pratique, la légalisation et l’apostille sont un cachet officiel ajouté sur le document.

    Mais attention, seuls les documents suivants sont considérés comme des actes publics et pourront donc recevoir une apostille :

    • Acte d’une juridiction judiciaire ou administrative. Par exemple, un jugement.
    • Acte du parquet. Par exemple, un jugement.
    • Acte établi par un greffier. Par exemple, un extrait de casier judiciaire.
    • Acte établi par un commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire). Par exemple, un procès-verbal de constat.
    • Acte de l’état civil établi par un officier de l’état civil. Par exemple, un acte de naissance.
    • Acte établi par une autorité administrative. Par exemple, un avis d’imposition, une attestation de droits sociaux, un diplôme, un certificat de scolarité.
    • Acte notarié. Par exemple, un acte de notoriété, une procuration, un testament, une donation.
    • Déclaration officielle apposée sur un acte sous signature privée. Par exemple, une certification de signature, une mention d’enregistrement, un visa pour date certaine.

    Une apostille notariée et dématérialisée

    Initialement prévue pour le 1ᵉʳ septembre 2023, la nouvelle apostille aura finalement démarré le 1ᵉʳ mai 2025, avec 19 mois de retard

    Un arrêté du 10 avril 2025 a fixé les prix de la nouvelle apostille dématérialisée et notariée, soit 3 semaines avant l’ouverture. On a pu constater que les tarifs sont beaucoup plus raisonnables que ce que l’on pouvait craindre :

    • 12 € TTC par document pour les personnes physiques,
    • 24 € TTC pour les personnes morales.

    Ces tarifs sont doublés si on demande un traitement accéléré.

    Malheureusement, ce qui dans la loi est un distinguo personne physique/ personne morale s’est traduit sur le nouveau site apostille.notaires.fr par un distinguo entre particuliers et professionnels. Ce qui n’est évidemment pas la même chose et provoque une surtaxe malencontreuse pour les auto-entrepreneurs.

    Visuel légalisation
    Visuel légalisation

    Nous recommandons, comme de nombreux experts judicaires, aux avocats ayant le statut de micro-entreprise ainsi qu’aux experts traducteurs et autres nomades digitaux, qui sont à 99% autoentrepreneurs, de cliquer pour le moment sur « particulier » et non sur « professionnel », au risque de payer le double de ce qu’ils devraient.

    Cependant il y a encore un souci qui gêne la fluidité de la démarche, le site apostille.notaires.fr nous indique qu’il doit le résoudre dans les prochaines semaines. Car pour l’instant, dans la rubrique « Comment ça marche » accessible en cours de saisie, il est précisé que « Seuls les documents comportant une signature électronique doivent être télétransférés ». Mais, dans la pratique, il n’y a aucune possibilité de télécharger les documents à apostiller, il faut obligatoirement les envoyer par la Poste.

    Espérons que cette première implémentation va rapidement s’affiner, car comme les Cours d’Appel ont toutes fermé leurs anciens services de délivrance des apostilles, le site apostille.notaires.fr est désormais le seul et unique moyen d’obtenir une apostille.


    Accéder à apostilles.notaires.fr

  • Les agriculteurs descendront dans les rues de Bruxelles pour s’opposer à la refonte du budget de l’UE

    Les agriculteurs descendront dans les rues de Bruxelles pour s’opposer à la refonte du budget de l’UE

    Les lobbys agricoles de l’UE descendront dans les rues de Bruxelles aux côtés des organisations belges mardi 20 mai pour protester contre un projet visant à fusionner les fonds de la Politique agricole commune (PAC) en un mégafonds qui serait géré au niveau national.

    En février, la Commission européenne a présenté un nouveau modèle pour le cadre financier pluriannuel (CFP) — le budget pluriannuel de l’UE.

    Parmi les propositions phares de de l’exécutif pour le budget 2028-2034 figure la rationalisation des instruments financiers. Les fonds de la PAC et le Fonds de cohésion — qui représentent plus des deux tiers des dépenses actuelles de l’Union — seraient notamment fusionnés et mis en œuvre via des plans nationaux.

    Chaque pays devrait élaborer un « plan national unique » regroupant l’ensemble des réformes et investissements à effectuer et le versement de fonds européens serait conditionné à l’atteinte d’objectifs précis. Ce modèle reprendrait l’architecture utilisée dans le cadre de la Facilité pour la reprise et la résilience, le fonds de relance post-pandémie de l’UE.

    La Copa-Cogeca, qui regroupe les principales organisations agricoles de l’Union européenne, a annoncé mardi 13 mai son opposition ferme à toute réforme qui conduirait à « la dissolution de la PAC dans un fonds unique » et à « une renationalisation accrue » de cette politique. Dans un communiqué, l’organisation affirme qu’elle se mobiliserait contre de telles évolutions.

    Les tensions dans le secteur agricole de l'UE couvent depuis des semaines, à l'approche du premier débat entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les commissaires sur le budget 2028-2034. [Getty Images/Dursun Aydemir_Anadolu]
    Les tensions dans le secteur agricole de l’UE couvent depuis des semaines, à l’approche du premier débat entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les commissaires sur le budget 2028-2034. [Getty Images/Dursun Aydemir_Anadolu]

    Le mois dernier, son président, Massimiliano Giansanti, avait déjà indiqué à Euractiv qu’une manifestation n’était pas exclue.

    Les associations ont appelé à une « action flash paneuropéenne » avec « des actions similaires […] menées au niveau national » en Belgique. Elles soutiendront un rassemblement organisé mardi prochain par la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA), l’Union des agricultrices wallones (UAW) et le BoerenBond.

    Les tensions dans le secteur agricole de l’UE couvent depuis des semaines, à l’approche du premier débat entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les commissaires sur le budget 2028-2034, qui se tiendra ce mercredi 14 mai.

    Un haut fonctionnaire de la Commission a indiqué lundi 12 mai que la réforme de la PAC serait présentée le 16 juillet. Soit en même temps que la proposition principale du budget de l’UE, soit peu après.

    Selon le communiqué de la Copa-Cogeca, cette réforme constitue une nouvelle mesure que les agriculteurs « ne peuvent accepter ». En particulier « sans clarté sur les ressources, la gouvernance, ni consultation adéquate du secteur agricole » sur la question.

  • Quel remplaçant pour le dollar ?

    Quel remplaçant pour le dollar ?

    Donald Trump estime que le dollar, monnaie mondiale de référence, est un poids pour l’économie américaine. Il répète que les autres pays tirent avantage du dollar sans payer les services que celui-ci rend. L’isolationnisme du président américain concerne non seulement les importations de biens mais aussi la monnaie. Avec la politique économique que Donald Trump mène depuis son retour au pouvoir en janvier dernier, le dollar peut-il perdre son statut de monnaie de réserve dominante et, dans cette hypothèse, quelle devise pourrait alors le remplacer ?

    Même si son poids dans les réserves de change mondiales décline depuis plusieurs années, le dollar reste la première monnaie de réserve. 57 % des réserves mondiales de devises sont libellées en dollars en 2024, contre 65 % en 2014. L’application des sanctions contre la Russie et des règles d’extraterritorialité a conduit certains pays à réduire leur exposition au dollar. Néanmoins, le billet vert devance de loin les autres devises. L’euro occupe la deuxième position, représentant 20 % des réserves en devises.

    La dépréciation du dollar pour réindustrialiser les États-Unis

    L’administration républicaine estime que la dépréciation du dollar est nécessaire pour réindustrialiser et améliorer leur compétitivité. Le taux de change du dollar par rapport aux autres grandes monnaies est assez proche de sa moyenne de longue période (2002-2024). De 2002 à 2014, la monnaie américaine a connu une phase de dépréciation marquée, compensée par une appréciation entre 2015 et 2024. En 2025, son taux de change est environ 10 % supérieur à son niveau de 2006. L’appréciation s’est surtout produite après 2020 avec l’épidémie de COVID-19 et la guerre en Ukraine, le dollar jouant pleinement son rôle de valeur refuge.

    La dépréciation du dollar peut intervenir spontanément, en raison de la politique menée par Donald Trump, ou volontairement, par des mesures spécifiques.

    Plusieurs éléments de la politique en place depuis janvier contribuent à la baisse du dollar. La montée des incertitudes liées aux décisions et contre-décisions de Trump incite les investisseurs à la prudence. Ceux-ci réduisent leurs achats en dollars. Les prévisions de ralentissement de la croissance, liées à la hausse des droits de douane, provoquent un effet similaire. Le niveau élevé du déficit public, autour de 7 points de PIB, pèse également sur le dollar. Le recul des cours boursiers depuis le début de 2025 incite les investisseurs étrangers à réduire leur exposition aux actions américaines, d’autant que le dollar s’est déjà déprécié.

    Un « Mar-a-Lago Accord » pour coordonner une dépréciation du dollar

    Au sein de l’équipe de Donald Trump, certains membres souhaitent adopter » des mesures favorisant explicitement la dépréciation du dollar. Stephen Miran, président du Council of Economic Advisors à la Maison-Blanche, propose une stratégie visant à affaiblir le dollar. Il soutient que la surévaluation chronique du billet vert découle de son statut de monnaie de réserve mondiale. Pour y mettre fin, il suggère un nouvel accord international, surnommé le « Mar-a-Lago Accord », inspiré du Plaza Accord de 1985. Cet accord viserait à coordonner une dépréciation du dollar en échange de concessions tarifaires et d’un accès maintenu à la protection militaire américaine. À défaut d’un accord multilatéral, Miran envisage plusieurs mesures unilatérales :

    • Imposer des droits de douane élevés pour forcer les partenaires commerciaux à réévaluer leurs devises ;

    • Convertir la dette américaine à court terme en obligations très long terme (jusqu’à 100 ans), pour réduire la pression sur les taux d’intérêt ;

    • Appliquer des « frais d’utilisation » aux détenteurs étrangers de dette américaine, pour compenser les coûts liés au rôle du dollar.

    Ces propositions ont suscité des critiques d’économistes et d’investisseurs qui les jugent risquées et potentiellement déstabilisantes pour les marchés financiers. Certains estiment qu’elles pourraient être perçues comme un défaut de paiement déguisé, nuisant à la confiance dans le dollar.

    Des facteurs extérieurs peuvent également provoquer une dépréciation du dollar. En Europe, la transition écologique, la modernisation des infrastructures et le réarmement nécessitent des financements massifs. Cela pourrait mobiliser l’épargne européenne, aujourd’hui en partie placée aux États-Unis. Les flux d’achats de dollars en provenance d’Europe pourraient ainsi se tarir. Depuis le 1er janvier, le dollar a perdu 10 % par rapport à l’euro — une dépréciation jugée encore insuffisante par Donald Trump qui souhaite voir la Réserve fédérale abaisser ses taux directeurs.

    Aucune autre monnaie n’est en mesure de se substituer rapidement au dollar.

    Pour l’instant, le président de la Fed temporise. À ce jour, aucune menace systémique ne remet sérieusement en cause le rôle dominant du dollar. Il représente 57,5 % des réserves de change mondiales ; 61,6 % des prêts bancaires internationaux sont libellés en dollars ; 69,7 % des émissions de dette en devises sont réalisées en dollars. La moitié des exportations mondiales sont facturées en dollars, et 88 % des transactions de change impliquent le dollar. Au premier trimestre 2025, 50 % des transactions Swift étaient libellées en dollars.

    Aucune autre monnaie n’est aujourd’hui en mesure de se substituer rapidement au dollar.

    Deuxième devise de réserve mondiale, l’euro repose sur un marché intégré, un commerce extérieur dynamique et une stabilité politique relative. Il est largement utilisé dans les paiements internationaux, notamment en Afrique, en Europe de l’Est et au Moyen-Orient. Mais son talon d’Achille reste son incomplétude institutionnelle : pas d’union budgétaire, pas de Trésor commun, pas de dette fédérale comparable aux Treasuries. Cela limite sa liquidité. La BCE jouit certes d’une indépendance reconnue, mais l’absence d’un État fédéral demeure un obstacle. Cette faiblesse pourrait aussi être perçue comme une force, car elle protège l’euro d’influences politiques directes.

    @Adobestock
    @Adobestock

    La Chine, deuxième puissance économique mondiale, promeut l’usage du yuan dans ses échanges, notamment via la Belt and Road Initiative. L’inclusion du yuan dans le panier des DTS du FMI en 2016 fut symbolique. Le développement du yuan numérique témoigne d’une volonté de jouer un rôle mondial. Mais une monnaie internationale suppose des marchés ouverts, prévisibles et transparents. Or, le système chinois reste centralisé, bureaucratique, contrôlé. Le manque de démocratie nuit aussi à l’internationalisation du yuan.

    Nés du rejet des banques centrales et de la crise de 2008, les cryptoactifs ont émergé mais ne sont pas de vraies monnaies. Leur extrême volatilité, leur usage encore marginal, l’absence de régulation homogène et leur exposition à la spéculation limitent leur rôle.

    l’e-euro ou le Fedcoin sont des hypothèses crédibles d’ici la fin de la décennie

    Les stablecoins, comme l’USDT ou l’USDC, offrent une alternative plus stable, adossée à des monnaies classiques. Leur succès est réel, notamment auprès des acteurs non bancarisés, mais ils restent sous surveillance. L’échec du projet Libra/Diem montre que la souveraineté monétaire reste un enjeu majeur. Les monnaies numériques de banque centrale (MNBC) apparaissent comme une réponse institutionnelle. La Chine teste son yuan numérique à grande échelle. La BCE et la Fed avancent plus prudemment, mais l’e-euro ou le Fedcoin sont des hypothèses crédibles d’ici la fin de la décennie. Ces MNBC pourraient transformer le commerce international, en réduisant les coûts de transaction et en renforçant la souveraineté monétaire.

    Parmi les alternatives évoquées, mais sans perspective concrète, figurent les Droits de tirages spéciaux (DTS) du FMI. Créés en 1969, ils visaient à :

    • Compléter les réserves officielles ;

    • Réduire la dépendance au dollar (et à l’or) ;

    • Favoriser la stabilité monétaire mondiale.

    Les DTS ne sont pas une monnaie, mais peuvent être échangés entre États. Leur valeur est indexée sur un panier de monnaies (dollar, euro, yuan, yen, livre). Leur rôle est marginal, faute de liquidité, de convertibilité directe et de véritable usage commercial. Les États-Unis s’opposent à leur généralisation.

    L’idée d’une monnaie mondiale remonte à John Maynard Keynes qui proposa en 1944 la création d’une monnaie supranationale, le bancor, émise par une Union internationale de compensation. Elle aurait permis d’éviter les déséquilibres chroniques et les politiques déflationnistes. Ce projet fut écarté au profit du plan américain (plan White) qui fit du dollar le pivot du système monétaire.

    Un système fondé sur l’or reste théorique

    Certains rêvent d’un retour à l’étalon-or. Même sans rôle officiel, le métal précieux conserve son attrait. Ces dernières années, la Chine, la Russie ou la Turquie ont accru leurs réserves d’or. Mais un système fondé sur l’or reste théorique : manque de flexibilité, inégalités de répartition, faible capacité à refléter la croissance mondiale.

    Le dollar ne sera probablement pas détrôné du jour au lendemain. Sa résilience repose sur des piliers solides : la taille de l’économie américaine, la profondeur de ses marchés financiers, son rôle dans les dettes privées et publiques. Mais le temps du monopole monétaire touche à sa fin. Des alternatives émergent. Or, dans l’histoire, la coexistence de plusieurs devises dominantes a souvent été synonyme d’instabilité. Le déclin progressif du dollar pourrait ainsi générer de nouvelles tensions financières.

  • Cannes 2025 : les Français en haut des marches

    Cannes 2025 : les Français en haut des marches

    Chaque année, à Cannes en mai, le tapis rouge devient le lieu de rassemblement des plus grandes stars, des acteurs et actrices du monde entier. En 2025, ils marqueront, encore une foi, de leur présence la Croisette pour cette édition exceptionnelle. Alors que le Festival du Film 2025 s’ouvre ce mardi 13 mai, on fait un zoom sur les artistes français en compétition pour ce Cannes 2025. 

    Juliette Binoche, une présidente pour apaiser les esprits

    En 2025, certains prédisent une quinzaine à la « mai 68 », car le Festival de Cannes se déroulera cette année sur fond de bouleversements géopolitiques, culturels et sociaux d’une ampleur inédite, qui seront difficiles à éviter dans les salles de projection et en dehors. Et pour gérer tout ça, la présidence du jury a été confiée à Juliette Binoche.

    L’actrice est une des seules françaises à être connue internationalement, ayant reçu un oscar à Hollywood pour le Patient anglais. Mais cette artiste est bien plus complète, elle compte quelque 70 films et 40 années de curiosité artistique depuis son premier grand rôle dans Rendez-vous d’André Téchiné, présenté sur La Croisette en 1985. Quatre décennies l’ont transformée en star internationale, initiant collaborations inattendues et scénarios qui lui tiennent à cœur. Elle est récompensée du Prix d’interprétation à Cannes en 2010 pour son rôle dans Copie Conforme d’Abbas Kiarostami. Après ce cinquième film avec la comédienne présenté en Sélection officielle, quatre suivront jusqu’à La Passion de Dodin Bouffant de Trần Anh Hùng en 2023. Après une pause en 2024, elle revient donc sur la Côte d’Azur.

    Juliette Binoche
    Juliette Binoche

    Depuis la scène de l’amphithéâtre des frères Lumière,  elle ouvrira le rendez-vous international le plus médiatique au monde (depuis 30 ans, hors année des JO) avant de laisser place à Mylène Farmer qui interprétera un titre inédit. Cette cérémonie, décidément très bleu, blanc, rouge, se conclura avec la comédie romantique Partir un jour, premier long-métrage d’Amélie Bonnin, avec Bastien Bouillon et Juliette Armanet.

    3 films trois en langue française en compétition

    Dès le lendemain, le marathon des projections commencera pour les festivaliers. Et on note que cinq films français ou de coproduction majoritaire française représenteront le cinéma français en compétition, parmi lesquels trois en langue française, et deux réalisés par des femmes.

    Julia Ducournau, Palme d’or 2021 avec Titane, présentera ainsi son 3e long-métrage, Alpha, avec Tahar Rahim et Golshifteh Farahani.

    Alpha de Julia Ducournau
    Alpha de Julia Ducournau

    Pour la troisième fois en compétition après Harry, un ami qui vous veut du bien (2000) et Lemming (2005), Dominik Moll, encore auréolé du triomphe public de La Nuit du 12 (Cannes Première 2022), présentera Dossier 137, un polar avec Léa Drucker.

    Hafsia Herzi revient de son côté, quatre ans après Bonne mère (Un certain regard), avec La Petite Dernière, adaptation du roman éponyme de Fatima Daas.

    Des cinéastes issus de tous les continents présenteront également en compétition des films coproduits – minoritairement – par la France : Luc et Jean-Pierre Dardenne, Tarik Saleh, Chie Hayakawa, Bi Gan, Mario Martone, Kleber Mendonça Filho, Joachim Trier, Oliver Laxe et Jafar Panahi.



    Découvrir la sélection officielle

    Cannes, au-delà du tapis rouge

    Le saviez-vous, il y a plusieurs tapis à Cannes, le rouge que l’on connait tous qui se déploie sur l’entrée principale donnant accès au principal amphithéâtre consacré aux inventeurs (français) du 7ème art, les frères lumières. Mais il en existe aussi des bleu, vert et même jaune, chaque couleur étant attachée à une compétition dite des sections parallèles. On en fait un rapide tour pour les Français de l’étranger qui auraient la chance d’être la baie cannoise.

    Côté Quinzaine des Cinéastes, après l’ouverture en hommage à Laurent Cantet, dont le film réalisé par Robin Campillo, Enzo, sera présenté, la sélection permettra de découvrir les nouveaux films de Antony Cordier,  Julia Kowalski et Thomas Ngijol, ainsi que deux premiers films, signés Louise Hémon et Prïncia Car.

    Dossier 137 de Dominik Moll
    Dossier 137 de Dominik Moll

    À la Semaine de la Critique, qui s’ouvrira et se conclura par deux films français (L’Intérêt d’Adam de Laura Wandel en ouverture, et Planètes de Momoko Seto en clôture), la sélection proposera notamment deux premiers films français majoritaires, Nino de Pauline Loquès et Imago de Déni Oumar Pitsaev.

    Enfin, à l’ACID (association du Cinéma indépendant pour sa diffusion), signalons le retour de Sophie Letourneur et Philippe Katerine avec L’Aventura, les seconds longs-métrages d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux et du trio Anton Balekdjian/Mattéo Eustachon/Léo Couture, ainsi que deux documentaires signés Sepideh Farsi et Sylvain George.

  • Eurovision 2025 : comment les Français de l’étranger peuvent soutenir Louane ?

    Eurovision 2025 : comment les Français de l’étranger peuvent soutenir Louane ?

    Cette année, la France n’ambitionne pas seulement de briller sur les pelouses de la Ligue des champions : le défi se joue aussi sur scène, à l’Eurovision ! Samedi 17 mai, direction Bâle, en Suisse, pour le grand rendez-vous de la chanson européenne. Et si Louane, notre représentante tricolore, était celle qui rapporterait enfin le trophée en France ? Pour l’aider dans cette quête, les Français de l’étranger peuvent la soutenir, notamment en votant pour elle. On vous explique comment faire.

    Louane : le visage de la chanson française

    Derrière le nom de Louane se cache Anne Peichert, née le 26 novembre 1996 à Hénin-Beaumont. Propulsée sur le devant de la scène en 2013 grâce à son passage remarqué dans « The Voice », elle avait alors ému le jury et le public avec sa reprise d’« Un homme heureux » de William Sheller. Mais c’est au cinéma, l’année suivante, qu’elle confirme son talent dans « La Famille Bélier », décrochant au passage le César du meilleur espoir féminin.

    Louane à Bâle le 11 mai 2025
    Louane à Bâle le 11 mai 2025

    Depuis, Louane enchaîne les albums et les succès discographiques. Elle s’est ainsi imposée sur la scène française. C’est fort de cette expérience, qu’elle se lance ce défi de conquérir l’Europe.

    « Maman » : la chanson gagnante ?

    En effet, cette année, c’est avec un challenge de taille que se lance Louane : faire triompher la France à l’Eurovision, un concours qui échappe à notre pays depuis 1977, soit près d’un demi-siècle. Sur la scène de Bâle, elle interprétera « Maman », une chanson dévoilée en avant-première lors de la mi-temps du match France-Écosse au Stade de France le 15 mars dernier. Ce titre qui se veut poignant, coécrit avec Tristan Salvati, est un hommage à sa maman disparue en 2014, mais aussi à sa fille, Esmée.

    À travers cette ballade intimiste, Louane retrace son propre parcours, de l’enfance à la maternité, évoquant la transmission, l’absence aussi, ainsi que la force de l’amour intergénérationnel. Sa voix pourrait-elle toucher le cœur des votants européens et faire de « Maman » la chanson gagnante de l’édition 2025 ? La réponse dépendra aussi de la mobilisation des Français du monde entier, prêts à faire résonner leur soutien là où ils se trouvent.

    Comment soutenir Louane depuis l’étranger ?

    Chaque expatrié français peut jouer un rôle déterminant dans le succès de Louane lors de l’Eurovision. Voici ce qu’il faut savoir, les règles, et quelques recommandations pour maximiser ses chances de victoire :

    Le vote en ligne : mode d’emploi

    Le vainqueur de l’Eurovision est désigné grâce à un système de double vote, combinant à parts égales (50/50) les points attribués par les jurys nationaux et celles du public international. Les Français établis à l’étranger peuvent donc appuyer Louane, mais il faut rester vigilant. Généralement, on ne peut pas voter pour son propre pays. Mais quand on se trouve hors de France,…

    vote en ligne des expatriés
    vote en ligne

    Cette année, les lignes téléphoniques seront ouvertes dès la première chanson, quant aux spectateurs vivant en dehors des 37 pays représentés, ils pourront exprimer leurs choix en ligne dès la veille effective de la finale, afin de tenir compte des différents fuseaux horaires à travers la planète. Il est à noter que le vote des ressortissants des Français vivant dans des pays non-participants sera cumulé, et ne comptera que pour un seul « pays ».

    Pour pouvoir voter, c’est ici :


    Vote en ligne

    D’autres façons de soutenir Louane

    Mobiliser votre entourage en France : Invitez famille, amis et connaissances vivant en France à soutenir massivement Louane lors de la finale, et relayer son passage en direct.

    S’activer sur les réseaux sociaux : Partagez et commentez largement les prestations de Louane sur les plateformes sociales (X, Facebook, Instagram, Bluesky, etc.). En utilisant les hashtags officiels de l’Eurovision et de la France, vous contribuez à accroître sa visibilité à l’international.

    Organiser des événements collectifs : Pourquoi ne pas créer l’événement dans votre pays de résidence ? Rassemblez-vous entre Français, visionnez la finale et vibrez ensemble pour Louane, renforçant ainsi la présence française à l’international. N’hésitez pas à envoyer directement à notre média Lesfrancais.press, vos photos et vidéos de ces soirées placées sous le signe du partage et du soutien national.

    Quelles chances de victoire pour Louane ?

    Outre toute votre mobilisation, quelle est aujourd’hui la tendance ? Quelles sont, selon les experts, les chances de Louane d’emporter cette 69eme édition de l’Eurovision ? Selon les bookmakers, notre chanteuse figure parmi les favorites de cette édition, avec une probabilité de victoire estimée à 13 %, derrière la Suède (24 %) et l’Autriche (15 %).

    Quelles chances de victoire pour Louane ?
    Quelles chances de victoire pour Louane ?

    Son expérience sur scène, la puissance émotionnelle de sa chanson « Maman » et le soutien massif du public, tant en France qu’à l’étranger, pourrait faire la différence lors du vote final. Le compte à rebours est lancé. Rendez-vous est pris pour ce 17 mai. Avec votre soutien, Louane parviendra peut-être à décrocher le trophée tant convoité, et rapporter ainsi « la coupe à la maison » !

  • Les Fauristes : Quand un chœur francophone séduit Londres

    Les Fauristes : Quand un chœur francophone séduit Londres

    Deux concerts lumineux dans une église londonienne ont confirmé l’excellence du chœur francophone Les Fauristes, porté par la cheffe Blandine de Raulin. Un programme romantique à travers l’Europe, qui a séduit le public outre-Manche.

    Un voyage choral à travers l’Europe

    Après l’émotion du Requiem de Fauré en juin 2024, Les Fauristes ont de nouveau fait vibrer le cœur de Londres. La troupe francophone s’est en effet produite les 10 et 11 mai derniers à l’église protestante française de Londres, offrant deux concerts d’une grande richesse musicale, à la croisée du sacré et du romantisme.

    Un voyage choral à travers l’Europe
    Un voyage choral à travers l’Europe

    Cette fois, la lumière était au rendez-vous avec la Messe n° 4 en Do majeur de Schubert, œuvre joyeuse et pleine d’élan, soutenue par une sélection de motets envoûtants signés Bruckner, Grieg, Rheinberger et Stanford. Un programme pensé comme un voyage choral à travers l’Europe du XIXe siècle, porté par la finesse de leur orchestre de chambre et la voix de quatre solistes d’exception : Blandine Pinget (soprano, Chœur de Radio France), Verónica Chacón (mezzo-soprano), Tim Kingston (ténor) et John Holland-Avery (baryton). À la tête de cet ensemble passionné et exigeant, Blandine de Raulin, cheffe du chœur, que Lesfrancais.press a pu rencontrer.

    Un chœur francophone unique à Londres

    Fondés en 2010 par un petit groupe de mélomanes réunis autour de leur passion pour le chant, Les Fauristes sont aujourd’hui bien plus qu’un ensemble vocal : ils incarnent une communauté francophone soudée, exigeante et vivante, au cœur de la capitale britannique.

    « Au début on était une demi-douzaine à peine. C’était intime, modeste… puis on a rêvé d’un projet plus ambitieux »

    Blandine de Raulin, cheffe du chœur, Les Fauristes

    « Notre premier concert a eu lieu en 2011. L’année prochaine, cela fera déjà quinze ans », raconte Blandine de Raulin avec émotion. À l’origine, le groupe assurait l’animation liturgique du samedi soir à l’église Notre-Dame-de-France, sous le nom d’Ensemble vocal de Notre-Dame-de-France. « On était une demi-douzaine à peine. C’était intime, modeste… puis on a rêvé d’un projet plus ambitieux : un concert du Requiem de Fauré », se rappelle la cheffe du chœur.

    Ainsi, rapidement, le petit ensemble s’étoffe. Des choristes issus d’autres églises londoniennes rejoignent l’aventure. « Un ami du chœur de St Martin-in-the-Fields, à Trafalgar Square, a participé. On a uni nos forces, et c’est ainsi que sont nés Les Fauristes. ». Le chœur connaît une croissance régulière : de 15 à 20 membres à ses débuts, il atteint près de 40 chanteurs entre 2016 et 2020. La pandémie impose une pause, un repli. Mais aujourd’hui, la moyenne se stabilise autour de 25 à 30 choristes, dans une ambiance résolument francophone. « Je n’ai pas que des Français pure souche », précise la cheffe. « J’ai aussi des francophones, des francophiles britanniques, ou d’autres nationalités. La seule règle : on parle français. »

    « Mon genre de musique est plutôt rock, mais avec Les Fauristes, la musique classique devient accessible »

    Solène, une Française de Londres

    Même le public le plus éloigné du classique s’est laissé emporter. Solène, guide touristique chez Voyages à Londres, était dans le public du dimanche soir : « J’y suis allée pour soutenir une amie à la base, et je ne pensais pas que ce concert serait d’une telle envergure. Chœurs, solistes, orchestre… c’est vraiment un spectacle total. J’avoue que mon genre de musique est plutôt rock, mais avec Les Fauristes, la musique classique devient accessible et est servie dans un écrin. »

    Une programmation au service du lieu, du sens… et de l’émotion

    Depuis plusieurs années, Les Fauristes enchaînent les projets ambitieux. Gloria de Vivaldi, Requiem de Gabriel Fauré, motets variés… toujours portés par un souci d’équilibre entre les voix et les instruments. Mais aussi entre le choix de l’œuvre et la capacité acoustique des lieux. « Le programme de chaque concert est pensé en fonction de la taille du chœur, de la place disponible pour l’orchestre, mais aussi d’un fil conducteur artistique », explique Blandine de Raulin. Pour les concerts de mai, la cheffe voulait explorer une pièce de Schubert moins connue, et l’inscrire dans une thématique romantique européenne. Pari réussi.

    Une programmation au service du lieu, du sens… et de l’émotion
    Une programmation au service du lieu, du sens… et de l’émotion

    Celui qui s’est déroulé ce 11 mai était conçu pour être accessible aux familles, accueillant parents et enfants dans une atmosphère détendue, mais toujours musicale. Une partie du programme devrait être reprise prochainement à Notre-Dame-de-France pour un concert de soutien. Celui-ci visera à récolter des fonds afin de financer les travaux de la maison de Pierre Chanel, lieu souvent utilisé pour les répétitions.

    Blandine de Raulin, la cheffe au cœur du chœur

    Née à Paris, Blandine de Raulin débute son parcours musical dès l’enfance avec le piano. Installée à Londres depuis 2001, elle découvre rapidement sa vocation : la direction de chœur. Elle chante d’abord avec l’Ensemble Vocal Français, avant de cofonder en 2002 l’Ensemble vocal de Notre-Dame-de-France, dont elle prend la direction.

    « Ce qui me touche le plus, c’est de voir les choristes progresser, prendre confiance, et créer ensemble quelque chose qui nous dépasse »

    Blandine de Raulin, cheffe du chœur, Les Fauristes

    En 2010, elle crée Les Fauristes, dont la première performance publique est un Requiem de Fauré interprété à la NDF et à St James Spanish Place.

    Une voix pour la francophonie
    Une voix pour la francophonie

    Depuis, elle a dirigé le chœur dans des lieux aussi prestigieux que la cathédrale de Westminster, St Paul’s Knightsbridge, ou la basilique Sainte-Clotilde à Paris. Son répertoire est large. De l’Exsultate Jubilate de Mozart au Magnificat de Bach, en passant par le Dido and Aeneas de Purcell ou le Concerto no 8 de Vivaldi. Toujours avec une rigueur douce et une passion communicative. « Ce qui me touche le plus, c’est de voir les choristes progresser, prendre confiance, et créer ensemble quelque chose qui nous dépasse. »

    Une voix pour la francophonie

    Les Fauristes sont aussi des ambassadeurs de la culture française au Royaume-Uni. Ils interprètent ainsi annuellement les hymnes français et britannique à la résidence de l’ambassadeur pour le 14 juillet.

    Cette année, ils fêteront leurs 15 ans d’existence à Londres. Nul doute que ces noces de cristal résonneront auprès de nos compatriots installées outre-Manche, et même au-delà. En effet, comme le disait Beethoven, « la musique est la langue des émotions. », et chaque note de ces Fauristes touche ainsi nos cœurs.

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