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  • L’uniforme à l’école crée débat et polémique au Maroc

    L’uniforme à l’école crée débat et polémique au Maroc

    Principal du collège Anatole France de Casablanca (Maroc) depuis 4 ans, Didier Aribaud a décidé d’instaurer l’obligation du port de l’uniforme à l’école à partir de la rentrée prochaine. Une décision qui fait débat et polémique. Pourtant celle-ci fait suite à plus d’un an de réflexion partagée (et validée) avec les principales associations de parents d’élèves (UCPE / PEEP).

    Mais, ce choix est réprouvé par la CIPE (Coordination Indépendante des parents d’élèves Anatole France), minoritaire lors du vote, cependant déterminée à faire entendre sa voix. Pour comprendre la situation, nous avons interrogé la direction de l’établissement, une représentante de la PEEP (Parents d’Élèves de l’Enseignement Public) et on a fait le point avec les parents contestataires.

    La tenue officielle : une identité commune

    Lesfrancais.press : « Au collège Anatole France de Casablanca, comment expliquez-vous les crispations
    sur fond de colère de certains parents d’élèves suite à votre décision
    de rendre obligatoire le port de l’uniforme à l’école pour la rentrée scolaire prochaine ? »

    Didier Aribaud : « Je comprends tout à fait les réticences de certaines familles. Celles-ci nous rapportent le ressenti de leur enfant qui, en tant qu’adolescent, craint que la tenue officielle n’efface sa personnalité et porte atteinte à l’expression de son originalité.

    Didier Aribaud Principal du Collège Anatole France de Casablanca
    Didier Aribaud Principal du Collège Anatole France de Casablanca

    C’est la raison pour laquelle nous avons constitué un groupe de travail qui a étudié les habitudes vestimentaires de nos élèves. La grande majorité d’entre eux porte déjà jogging et tee shirt. C’est ce que nous avons proposé en partant de l’existant et en proposant des modèles proches de la tendance actuelle. »

    Lesfrancais.press : « Qu’est-ce qui a motivé votre décision ? »

    Didier Aribaud : « J’ai pu constater que nos élèves, lors des événements sportifs ou culturels organisés par le collège, sont fiers d’arborer la tenue sportive de leur établissement. Porter un uniforme à l’école renforce une identité commune, leur rappelle qu’ils appartiennent à un même groupe et cela peut les motiver à s’impliquer davantage et à respecter les règles du « vivre ensemble ».

    « Notre intention n’est pas d’imposer sans dialogue mais de répondre à un objectif pédagogique »

    Didier Aribaud, Principal du collège Anatole France de Casablanca

    Dans la situation actuelle, ils peuvent se sentir dévalorisés par leur tenue, par la qualité ou la marque de leur vêtement, peuvent se sentir fragilisés dans leur estime d’eux-mêmes. Porter la même tenue que tous leurs camarades les aide à développer la confiance en eux-mêmes. De manière plus pragmatique, les parents présents dans le groupe de travail ont mis en avant la facilité du choix vestimentaire du matin, les polémiques et disputes évitées au sujet du vêtement choisi par leur enfant et à sa conformité à une tenue qui respecte la bienséance. »

    L’uniforme : décision unilatérale ou collective ?

    Lesfrançais.press : « Du côté des parents d’élèves contestataires regroupés au sein d’une coordination (CIPE), on qualifié cette décision « d’unilatérale » « sans écoute réelle de l’administration, est-ce le cas ? »

    Didier Aribaub : « Contrairement à ce qui a été avancé, la démarche a été faite de manière collaborative. Les parents d’élèves sont invités à se fédérer, par vote, autour d’une association de parents d’élèves qui portera leur voix aux différents conseils d’établissement qui régissent la vie d’un établissement scolaire., comme le port de l’uniforme à l’école.

    « L’instauration de l’uniforme est le fruit d’une démarche collaborative et a été adoptée par le vote des parents d’élèves »

    Didier Aribaud, Principal du collège Anatole France de Casablanca

    Lors de celui du 17 octobre, il a été constitué un groupe de travail réunissant une vingtaine de personnes parmi des parents d’élèves, des enseignants, des élèves et de l’équipe de direction. La proposition faite par ce groupe de travail a été envoyée à tous les parents qui devaient se rapprocher de leur fédération en vue du vote opéré le 13 mars 2025. »

    Lesfrançais.press : « Autres griefs et critiques exprimés par ces parents d’élèves, l’impact économique de votre décision alors que les frais de scolarité ne cessent d’augmenter chaque année ? Certaines familles allant jusqu’à dépenser jusqu’à 70 % de leurs revenus pour financer la scolarité de leurs enfants, quelle est votre réponse par rapport à ces situations ? »

    Didier Aribaud : Le cahier des charges indiquait que le montant maximum des frais à engager ne devait pas excéder 1500 dirhams (environ 150 euros) pour 12 pièces. À titre comparatif, pour 9 pièces, d’autres établissements de la place facturent entre 2500 dirhams (environ 250 euros) et 3000 dirhams (environ 300 euros). Le prestataire prend directement les commandes sur son site et le collège Anatole France ne fait aucun bénéfice sur les ventes.

    Collège Anatole France de Casablanca
    Collège Anatole France de Casablanca

    Le collège s’engage à prendre en charge, pour les familles françaises bénéficiant de bourses, 80% de leur taux de bourse. A titre d’exemple, le reste à charge pour une famille boursière à 100% est donc de 300 dirhams (environ 30 euros) pour les 12 pièces, consituant l’uniforme à l’école. »

    Lesfrancais.press : Quel a été le modus operandi utilisé pour la prise de décision, il se murmure que cela fait plus d’un an qu’elle serait dans l’air du temps ?

    Didier Aribaub : « La décision de la mise en place du port de l’uniforme à l’école a été mûrement réfléchie au regard de la tendance française, d’une part, qui la propose dans bon nombre d’établissements publics de l’hexagone, mais aussi de la majorité des établissements français de Casablanca à la rentrée 2025. Le port de l’uniforme n’est pas une simple mesure vestimentaire. C’est un symbole qui permet de développer un sentiment d’appartenance fort, et de valoriser l’image du collège. Quand les élèves portent l’uniforme, ils portent aussi les valeurs de l’établissement. Cela peut être source de fierté, de cohésion, et de motivation. »

    L’uniforme : une phase d’expérimentation à la rentrée 2025 ?

    Lesfrancais.press : « Alors que la fin de l’année scolaire pointe, est-ce à dire que la décision est irrévocable et que le dialogue est rompu avec les parents d’élèves contestaires ? »

    Didier Aribaub : « Le dialogue n’est bien entendu pas rompu. J’ai pu rencontrer, à plusieurs reprises, les familles mécontentes qui m’ont exprimé leur désaccord.

    « La rentrée 2025 / 2026 est une phase d’expérimentation constructive qui permettra d évaluer ensemble les effets de cette mesure »

    Didier Aribaud, Principal du collège Anatole France de Casablanca

    Nous avons pris en compte certaines des demandes, réfléchissons à d’autres, et sommes toujours à l’écoute des pistes d’amélioration que nous pourrions mettre en place. L’année 2025-2026 sera une phase d’expérimentation constructive qui nous permettra d’évaluer ensemble les effets de cette mesure et d’en tirer les enseignements utiles. »

    Lesfrançais.press : « Qu’est-ce qui est prévu pour tout élève non muni de l’uniforme scolaire obligatoire à la rentrée prochaine ? »

    Didier Aribaud : « Comme le stipule notre règlement intérieur, le port de l’uniforme à l’école sera obligatoire à la rentrée prochaine. Une période d’adaptation permettra aux élèves qui auraient effectué leur commande et qui ne l’aurait pas reçue, de rentrer en classe. Nous espérons sincèrement que la mise en place de cette tenue officielle sera comprise des quelques familles en désaccord et que la majorité de ceux qui y sont favorables saura les convaincre. Notre intention n’est en aucun cas d’imposer sans dialogue, mais de répondre à un objectif pédagogique et éducatif : favoriser l’égalité, renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté scolaire et promouvoir les valeurs humanistes du Collège Anatole France de Casablanca. »

    Tenue unique : quel dialogue avec les parents d’élèves

    Lesfrancais.press : « Que pensez-vous des « frictions » entre la direction du collège Anatole France et des parents d’élèves qui contestent la décision prise du port de l’uniforme obligatoire à partir de la rentrée prochaine ? »

    Nathalie Rocamora : « Dans tout changement, il y a des réticences dont le port de l’uniforme à l’école, comme au collège Anatole France, ne fait pas exception. Certains parents s’y opposent et le font savoir mais la majorité des parents y sont favorables. Le collège Anatole n’est pas le premier et ne sera pas le dernier à mettre en place une tenue unique pour ses élèves.

    Nathalie Rocamora_ Représentante PEEP Collège Anatole France de Casablanca
    Nathalie Rocamora_ Représentante PEEP Collège Anatole France de Casablanca

    C’est une idée nouvelle comme l’a été la mise en place de la réforme sur le choc des savoirs (certains parents aussi étaient réticents). Et cette réforme est un réel succès pour les apprentissages.

    Lesfrancais.press : « Qu’en est-il de la participation des différentes associations de parents d’élèves ( UCPE, PEEP, APEF…) à la prise de cette décision ? »

    Nathalie Rocamora : « En tant que représentante de la PEEP, je ne peux pas parler au nom des autres associations. En revanche ce que je peux vous dire c’est que nous avons travaillé ensemble dans un groupe de projet avec toute la communauté éducative.

    «Les associations ont été associées ainsi que les parents et les élèves»

    Nathalie Rocamora, représentante de la PEEP

    Les associations ont été associées ainsi que les professeurs, les élèves. Cette décision a été votée lors d’un CE extraordinaire. 

    Lesfrancais.press : « Manque d’écoute, irrégularité dans le processus de prise de décision, charge financière supplémentaire alors que les frais de scolarité augmentent constamment… Autant de griefs avancés par les parents contestaires envers la direction de l’établissement scolaire ? »

    Nathalie Rocamora :  Le manque d’écoute n’est pas recevable car les associations de parents ont été non seulement consultées mais associées au projet. Il est évident que l’établissement n’allait pas demander l’avis à plus de 750 familles. Les associations sont là pour échanger avec l’établissement sur le bien-être des enfants dans leur scolarité. Concernant une irrégularité dans le processus de décision, je ne vois pas de quoi il s’agit.

    « Les frais de scolarité augmentent sans arrêt…voilà le vrai combat »

    Nathalie Rocamora, représentante de la PEEP

    Pour ce qui est de la charge financière, le pack essentiel est proposé à environ 1500 dh. C’est le prix d’une paire de basket de marque. Si vous comparez ce tarif avec ce qui est pratiqué dans d’autres établissements, vous verrez qu’il est très compétitif. Le budget habillement auprès des franchises dépassent largement ce montant.

    Collège Anatole France situé à Casablanca - Maroc
    Collège Anatole France situé à Casablanca – Maroc

    Pour les parents boursiers, le pack sera pris en charge par le collège et ils n’auront même pas à faire d’avance. Les frais de scolarité augmentent sans arrêt…voilà le vrai combat. Je fais le vœu d’autant de mobilisation des parents contestaires pour ce sujet.

    Lesfrancais.press : « Pensez-vous que cette situation sous « tensions » pourrait perturber la prochaine rentrée scolaire ? »

    Nathalie Rocamora : « La décision de la tenue unique est une décision souveraine du collège inscrite dans le règlement intérieur. Si les parents ne veulent pas respecter le règlement intérieur, ils sont libres d’aller dans un autre établissement. Je ne sais pas si la rentrée scolaire sera perturbée mais en tout état de cause je ne le souhaite pas à nos enfants. »

    Qui s’opposent à la tenue unique au collège Anatole France de Casablanca ?

    Regroupé au sein d’un collectif CIPE (Coordination Indépendante des parents d’élèves) Collège Anatole France de Casablanca, les parents « contestataires » et « mécontents » poursuivent leur mobilisation contre la décision du collège Anatole France de Casablanca d’imposer un uniforme obligatoire qui selon eux est « entaché par un processus entaché d’irrégularités et non concerté ».

    Une pétition a été initiée pour tenter d’inverser la tendance. Les membres du Collège CIPE ont souhaité répondre à nos questions via un communiqué que nous publions dans son intégralité :

    L’ « Uniforme de la Discorde »

    « La Coordination Indépendante des Parents d’Élèves (CIPE), collectif des parents d’élèves de la Mission Francaise, Collège Anatole France, informe les parents et l’opinion publique de son opposition ferme à la décision unilatérale prise par l’administration du Collège Anatole France de Casablanca d’imposer le port de l’uniforme scolaire à compter de la prochaine rentrée scolaire de septembre 2025.

    Cette mesure adoptée sans aucune concertation préalable avec les parents ni les élèves, a été communiquée aux parents après la signature du règlement financier garantissant l’inscription pour l’année prochaine.

    Coordination indépendante des parents d'élèves
    Coordination indépendante des parents d’élèves

    Une procédure contestée : La CIPE dénonce une procédure expéditive, une décision sans consultation des premiers concernés, l’envoi de mails menaçants d’exclusion de la part de l’administration et la modification du règlement intérieur le 10 juin soit après prise de la décision. Au-delà d’un processus entaché d’irrégularités, la CIPE s’oppose fermement à l’impact économique de cette décision, alors que les frais de scolarité ne cessent d’augmenter, mettant les familles sous pression financière.

    Par ailleurs, cette obligation porte atteinte à la liberté des élèves et risque d’engendrer des discriminations sociales. La CIPE déplore la politique de la « sourde oreille » de l’administration qui souhaite imposer sa décision sans se soucier du refus de la majorité des élèves et des parents.

    La CIPE reste déterminée à utiliser tous les moyens légaux à sa disposition, afin de défendre l’intérêt des élèves et des parents, et à concrétiser les objectifs de ce mouvement juste, indépendant et historique. »

    C’est donc un véritable « face à face » distanciel que mène actuellement la direction du collège Anatole France de Casablanca et le collectif CIPE. Un « bras de fer » qui, espérons-le, tournera, avant tout, à l’avantage des élèves et de leur scolarité.

  • Julien Lanquetin : les coulisses du cours Florent de Bruxelles

    Julien Lanquetin : les coulisses du cours Florent de Bruxelles

    Aujourd’hui Lesfrancais.press fait escale à Bruxelles, où le théâtre bat au rythme des passions francophones. Nous partons à la rencontre de Julien Lanquetin , directeur du Cours Florent à Bruxelles, en lien avec la maison parisienne .

    La petite sœur belge de la célèbre école de formation d’acteurs/actrices parisiennes a vu le jour en 1993. Elle a à sa tête un directeur expérimenté, artiste autant que manageur moderne. Il a participé au développement de cette antenne immergée dans le terreau artistique local.

    Professeurs, intervenants techniques, réalisateurs, acteurs, actrice : La Belgique regorge de talents.  Le cours Florent de Bruxelles les mobilise. Pour transmettre ce qui est d’abord une passion : celle de jouer et d’incarner sur scène. Les formations font le plein. Cinéma, théâtre, Stand-up, improvisation, ici ont peu apprendre en français, naturellement.

    Les élèves du cours Florent de Bruxelles

    Mais aussi en néerlandais ou en anglais.   L’école est un carrefour international au service du jeu. L’initiation commence dès 13 ans. Et les stages d’été bruissent des rires et des éclats de voix de passionnés déjà prêts à brûler les planches.

    Apprendre à jouer et à gérer sa carrière

    Au côté de l’artistique, la dimension professionnelle n’est pas oubliée. On apprend ici aux futurs actrices et acteurs comment gérer leur carrière, naviguer dans le maquis juridique des contrats, rentrer dans les spécificités des statuts. Si l’école a une force d’attraction c’est aussi grâce au réseau où elle s’intègre. Aux côtés du site parisien, on compte désormais une antenne à Montpellier ou à Bordeaux.

    Les grands noms qui sont passés par le cours Florent en France trônent au firmament de la profession. Qu’on songe à la passionnante Isabelle Adjani, au roi des planches Jacques Weber ou au séduisant Pierre Niney.

    Si tous les élèves ne deviendront pas des stars, beaucoup rêvent de le devenir ou de simplement jouir du plaisir de jouer face à un public, de partager sa culture. D’aller chercher en eux l’authenticité, la fantaisie, la puissance qui leur permettra de rentrer dans un rôle. Ces élèves qui font au bout du cursus s’insèreront dans un secteur économique varié, qui en Belgique possède une authentique vitalité.

    Entre scènes, rêves et transmission, Julien Lanquetin nous ouvre aujourd’hui les coulisses d’un temple de la formation artistique.

    Lesfrancais.press : « Une première question : Si ma fille veut devenir la nouvelle Isabelle Adjani, est-ce que je peux l’inscrire au Cours Florent à Bruxelles ? »

    Julien Lanquetin : « Nous avons des cours pour les adolescents. On va aborder avec ces élèves le théâtre sous la forme périscolaire, sans leur mettre une pression excessive, pour avant tout leur donner d’abord l’envie d’aller au théâtre, de s’intéresser au répertoire. »

    Lesfrancais.press : « Quelle est la spécificité de ce site de Bruxelles ? »

    Julien Lanquetin : « On va travailler avec notre environnement belge. Des cinéastes et formateurs locaux. On est une petite entreprise. Avec cinq salariés seulement.

    Julien Lanquetin directeur du Cours Florent Bruxelles

    Mais avec de nombreux artistes qui vont dispenser des cours sur des missions bien précises et des compétences propres : Animations de marionnettes, cours de voix, d’improvisation. »

    Les élèves du cours Florent de Bruxelles

    Travail et théâtre, itinéraire du directeur du Cours Florent Bruxelles

    Lesfrancais.press : Qui êtes-vous, plutôt artiste ou manageur ?

    Julien Lanquetin : « Un peu les deux. Assez jeune, j’ai commencé par le théâtre à Nancy, j’ai passé un bac littéraire. Et à 18 ans j’étais le premier de promo pour rentrer dans une école de commerce. À Paris j’ai fait des lettres modernes et le Cours Florent.

    « Même si on est dans une filière artistique on parle de management »

    Julien Lanquetin , directeur du Cours Florent Bruxelles

    Ce que j’ai appris sur l’organisation du travail dans mes études m’a beaucoup servi dans le théâtre. Même si on est dans une filière artistique on parle de management. On donne les clés aux acteurs pour gérer une carrière. Pour répondre à des mails et se servir d’un tableau Excel.

    Ils apprennent également à monter des dossiers de demande de subvention, se familiarisent avec le statut de droit d’auteur et des ASBL. Ils réfléchissent aussi à comment rendre plus exploitable et vendable mon projet artistique. Nous avons aussi des cours en néerlandais et en anglais pour étendre les compétences linguistiques de nos élèves. La formation est très complète. »

    Lesfrancais.press : « Combien coûtent les études au Cours Florent à Bruxelles ? »

    Julien Lanquetin : « Sur le tarif de base c’est 5000 euros l’année. L’élève peut payer par mois ou pour une année. Nous sommes loin d’être les plus chers en Europe. Et nous sommes surtout derrière nos élèves. On ne leur vend pas du rêve mais un contrat entre eux et nous pour qu’ils aillent jusqu’au bout de la formation. »

    Le phénomène Metoo et la déontologie du cours Florent

    Lesfrancais.press : « Nous allons maintenant parler d’un sujet grave. Celui des violences sexuelles et sexistes. Et des Metoo cinéma et théâtre. Il y a une attention nécessaire à ces sujets. Comment l’école fait-elle passer le message de l’éthique de comportement à ses élèves ? »

    Julien Lanquetin : « En tant que père de famille j’estime que tout ce qui s’est passé au moment de Metoo a été totalement libérateur et vertueux. Le cours Florent avait déjà anticipé sur ces questions-là.

    « On ne leur vend pas du rêve mais un contrat entre eux et nous pour qu’ils aillent jusqu’au bout de la formation »

    Julien Lanquetin , directeur du Cours Florent Bruxelles

    On a une charte déontologique propre au cours Florent. On a des formations pour les professeurs. Nous avons aussi des référents pédagogiques pour que les professeurs ne travaillent plus seuls.

    Les élèves du Cours Florent Bruxelles en répétition

    Nous avons une référente écoute égalité et respect. Un numéro d’alerte existe en cas de situation de détresse. On met tout en place pour travailler sur le dialogue et sur l’écoute. »

    Lesfrancais.press : « Avez-vous des souvenirs récents de représentations portées par des élèves qui vous ont particulièrement marquées ? »

    Julien Lanquetin : « Une pièce de Fassbinder représentée au Théâtre Marini qui parlait de la montée de l’extrême droite en Europe est mon souvenir le plus récent. 

    « Faire du théâtre est un acte politique. Je ne pense pas que les acteurs soient prêts à tout jouer et dans n’importe quelles conditions »

    Julien Lanquetin , directeur du Cours Florent Bruxelles

    Elle évoquait la nécessité d’un fort engagement politique face à une pensée dangereuse. Faire du théâtre est un acte politique. Je ne pense pas que les acteurs soient prêts à tout jouer et dans n’importe quelles conditions. Parler au nom de ceux qu’on n’entend pas, parler de classes sociales c’est politique. Le théâtre a cela en lui. L’acteur n’a pas les solutions politiques face à la montée des extrêmes, mais il va pouvoir conscientiser et exprimer une catharsis. L’acteur est là pour raconter le monde. »

  • Les mirages de la réindustrialisation 

    Les mirages de la réindustrialisation 

    Donald Trump estime que le salut des États-Unis passe par la réindustrialisation. Le président dénonce avec emphase « les dirigeants étrangers qui ont volé les emplois, pillé les usines américaines ». Son conseiller au commerce, Peter Navarro, promet que les droits de douane « rempliront toutes les usines à moitié vides ». Howard Lutnick, secrétaire au Commerce, affirme que des millions de petites mains construiront, sur le, sol américain, des iPhones.

    Depuis des années, aux États-Unis comme dans d’autres pays dits avancés, des responsables politiques et des économistes associent le déclin de l’emploi industriel à la stagnation des salaires, à l’effondrement des villes moyennes, voire à la crise des opioïdes. Depuis les années 2000, les États-Unis ont perdu 5 millions d’emplois manufacturiers. En un quart de siècle, la France a de son côté vu disparaître 900 000 emplois industriels. Le nombre d’emplois dans l’industrie a ainsi diminué d’un tiers aux États-Unis et de 25 % en France. Ces postes offraient aux jeunes sans diplôme universitaire une voie vers une existence stable, avec des perspectives de promotion. Des villes, voire des régions entières, en vivaient. Aux États-Unis, l’industrie était dominante à Detroit, à Pittsburgh — surnommée « Steel City » — ou à Akron. En France, Le Creusot, Saint-Étienne, Roubaix, Longwy ou Montluçon ont connu leurs heures de gloire grâce à l’industrie, notamment la sidérurgie.

    La réindustrialisation : aucun effet sur l’emploi ?

    Au-delà des pétitions de principe, la réindustrialisation est un mirage. L’industrie moderne, comme l’agriculture avant elle, produit davantage avec moins de main-d’œuvre. Le travail d’atelier accessible et rémunérateur, tel qu’il existait à l’âge d’or du fordisme américain, a presque disparu. La robotisation a profondément modifié le travail en usine : l’activité principale tourne désormais autour de la programmation et de la maintenance des machines. L’industrie du XXIᵉ siècle est constituée de techniciens et d’ingénieurs qualifiés. Depuis 2013, malgré une hausse de 5 % de la valeur ajoutée industrielle mondiale, le nombre d’emplois manufacturiers a reculé de 20 millions, soit une baisse de 6 %.

    Les métiers encore accessibles aux non-qualifiés en quête d’ascension sociale se trouvent désormais dans le bâtiment : électriciens, plombiers, serruriers, chauffagistes. Les usines employant plusieurs milliers de salariés ont quasiment disparu. Si un quart des Américains travaillaient dans l’industrie en 1970, ils sont aujourd’hui moins d’un sur dix. Ces proportions s’appliquent également à la France. Plus de la moitié des emplois industriels relèvent désormais de fonctions support ou d’innovation : recherche, ressources humaines, communication, marketing. Moins de 4 % des salariés américains travaillent effectivement sur une chaîne de production.

    Entre 2013 et 2023, la Chine elle-même a supprimé plus de 20 millions d’emplois industriels. Selon une estimation récente, rapatrier une part suffisante de la production pour combler le déficit commercial américain ne créerait qu’environ 1 % d’emplois supplémentaires.

    L’industrialisation : un concept daté et dépassé ?

    Le FMI qualifie ce processus de « conséquence naturelle du développement économique ». À mesure que les pays s’enrichissent, l’automatisation accroît la productivité, la consommation se déplace vers les services, et la production à forte intensité de main-d’œuvre s’externalise.

    Pourtant, cela ne signifie pas un effondrement de la production industrielle : en volume réel, l’industrie américaine produit aujourd’hui deux fois plus qu’au début des années 1980. Elle dépasse même, à elle seule, les productions de l’Allemagne, du Japon et de la Corée du Sud réunies. En France, malgré une désindustrialisation marquée, la production industrielle a progressé de 15 % en vingt cinq ans.

    La désindustrialisation résulte d’une logique d’avantages comparatifs. Les pays se spécialisent dans les secteurs où ils disposent d’un avantage relatif. La France s’est tournée vers les services — banque, assurance, tourisme, aéronautique, construction navale, défense — tandis que les États-Unis se sont imposés dans les technologies de l’information, l’armement et l’aviation. La relocalisation de l’industrie serait, dans bien des cas, contre-productive. Elle mobiliserait des capitaux qui pourraient être plus utiles ailleurs, créerait peu d’emplois et entraînerait une hausse des prix des biens manufacturés, réduisant le pouvoir d’achat et, par ricochet, la consommation de services, donc l’emploi.

    Croire que l’industrie est une condition indispensable à la croissance est une illusion. L’objectif du Premier ministre indien, Narendra Modi, de faire passer la part de l’industrie à 25 % du PIB est resté lettre morte. Pourtant, portée par les services, l’Inde affiche l’une des croissances économiques les plus élevées du monde. À l’inverse, malgré sa domination dans de nombreux secteurs manufacturiers, la Chine voit sa croissance vaciller.

    Le souverainisme économique : une erreur économique

    Depuis la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, la réindustrialisation est présentée comme un impératif de souveraineté économique. Les tensions géopolitiques ont mis en lumière des dépendances critiques. Le choc logistique mondial a révélé la nécessité de sécuriser certaines chaînes d’approvisionnement. Disposer de stocks de munitions ou lancer, en temps de paix, la production de biens à longs délais de fabrication peut sembler pertinent. Mais tout ne peut être produit localement.

    L’expérience ukrainienne montre qu’une économie de guerre bien organisée peut adapter ses capacités industrielles rapidement : des entreprises sont parvenues à produire en masse des drones et des missiles. Subventionner ne suffit pas à faire émerger une industrie. La domination industrielle de la Chine s’explique avant tout par la taille de son marché intérieur (1,3 milliard d’habitants), plus que par son interventionnisme. Sa part dans la production manufacturière mondiale s’élève à 29 %. Toutefois, son modèle montre des signes d’essoufflement : si les exportations ont crû de 70 % depuis 2006, leur poids dans son PIB a été divisé par deux.

    Pour contrebalancer cette puissance, il serait plus judicieux de bâtir un vaste marché commun englobant l’Union européenne, les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud que de multiplier les barrières douanières. Donald Trump aurait gagné à proposer cette alliance, plutôt que d’instaurer des droits de douane.

    Hélas, par facilité ou par populisme, les dirigeants optent pour une stratégie inefficace de relocalisation, qui affaiblit salaires, productivité et innovation. L’idée selon laquelle l’industrie offre de meilleurs salaires que les autres secteurs est dépassée. Les rémunérations y sont inférieures à celles des services financiers ou des technologies de l’information. Selon une étude de The Economist, fondée sur les données du Department of Commerce et de l’Economic Policy Institute, les salaires dans les métiers peu qualifiés de l’industrie sont désormais inférieurs à la moyenne.

    Aux États-Unis, les salaires qui ont le plus progressé concernent les métiers techniques du bâtiment : électriciens, menuisiers, techniciens solaires, dont le salaire médian atteint 25 dollars de l’heure. En France, les artisans du bâtiment ont vu leurs revenus augmenter de 40 à 70 % en dix ans, quand ceux des ouvriers de l’industrie ont crû de seulement 20 % (en valeurs réelles).

    Le mythe industriel masque une mutation irréversible.

    L’industrie reste un mythe fondateur : elle a façonné villes et territoires dès la fin du XVIIIᵉ siècle. Clermont-Ferrand s’identifiait à Michelin, Detroit à l’automobile. Aujourd’hui, il n’existe pas de villes bâties autour de la climatisation ou de la fibre optique. La Silicon Valley aux Etats-Unis, ou le plateau de Saclay en France, en sont néanmoins des héritiers. Mais les nouvelles activités sont plus diffuses, moins aptes à régénérer des territoires entiers. Pourtant, elles créent plus d’emplois qu’hier et offrent des rémunérations plus attractives. Surtout, elles sont perçues comme moins aliénantes : les cadences infernales du travail à la chaîne ont laissé de lourds souvenirs.

    Selon les projections, l’emploi industriel ne devrait pas croître dans les années à venir. Ce sont les secteurs de la santé et de l’aide à la personne, portés par le vieillissement démographique, qui seront les premiers pourvoyeurs d’emplois, avec des hausses attendues respectivement de 15 % et 6 %.

    Autrefois pilier des économies avancées, l’industrie conserve une place centrale dans l’imaginaire collectif, mais non dans la réalité économique du XXIᵉ siècle. Le mythe industriel masque une mutation irréversible. C’est désormais dans les services, la santé, l’économie verte et les nouvelles technologies que s’écrit le futur du travail et de la croissance.

    La vraie souveraineté ne passe plus par la relocalisation forcenée de chaînes de production, mais par la capacité d’adaptation, d’innovation et de coopération économique à grande échelle.

  • Au mondial des clubs FIFA, L’Expérience Paris remporte déjà la coupe 

    Au mondial des clubs FIFA, L’Expérience Paris remporte déjà la coupe 

    La coupe du monde des clubs de la FIFA a donc emmené le Paris Saint-Germain outre-Atlantique.  Alors que le PSG gagnait son match 2-0 contre les Seattle Sounders, la France n’était pas présente uniquement sur le terrain. En effet, en tribune, un de nos compatriotes, Julien Hervet, a également porté haut le drapeau tricolore. Mieux encore, il a pu installer un stand « parisien » dans l’une des allées du Lumen Field à Seattle. Là, il a pu proposer aux spectateurs des produits typiquement français, comme le fameux jambon beurre. Au mondial des clubs, son enseigne, L’Experience Paris remporte déjà la coupe selon les gourmands présents au stade. Alors au pays du roi hamburger, comment ce pari gustatif parisien a-t-il réussi ?

    La double victoire à Seattle, celle du PSG et des produis français

    Pour le savoir Lesfrancais.press a pu interroger Julien Hervet, cet entrepreneur culinaire originaire d’Indre et Loire. Arrivé aux États-Unis en 2002, c’est un véritable passionné du PSG, de vin et de produits français. Tout au long de l’année, notre compatriote régale ainsi les habitants de Seattle dans son établissement, justement nommé, « l’Expérience Paris ».

    Julien Hervet

    Outre ses établissements de restauration en ville, cet inconditionnel du Paris Saint-Germain déploie toute son énergie lors des matchs. Il a donc ouvert une annexe pour proposer sa cuisine tricolore aux supporters présents dans le stade de Seattle. Nous avons rencontré cet homme rayonnant de bonheur, le jour où, à la fois, le PSG et son stand ont triomphé.

    Le mariage de marque entre l’« Expérience Paris » et le PSG

    Lesfrancais.press : « Julien Hervet, vous aimez le vin, les produits français et le PSG, quand les 3 sont réunis que ressent-on ?

    Julien Hervet : « C’est une superbe opportunité pour nous de recevoir le PSG. Au quotidien, nous sommes les ambassadeurs de la France, de Paris, de l’art de vivre à la française avec des produits iconiques que nous apportons, ou que nous produisons localement dans les règles de l’art. Le PSG est maintenant une marque extrêmement connue mondialement, et notre association de marque fait sens. »

     

    Lesfrancais.press : « La victoire en ligue des champions du PSG a-t-elle touché la communauté française à Seattle ? »

    Julien Hervet : « Bien entendu, nous étions plus d’une centaine à l’ »Expérience Paris » à Bellevue ou le match entre le Paris Saint-Germain et l’Inter de Milan a été projeté sur grand écran. 

    Les supporters du PSG à lExperience Paris lors de la finale de la Ligue des Champions

    C’était une journée formidable – le match pour nous débutait à midi, nous avons célébré de nombreuses heures… si vous recherchez un « bout de France » à Seattle, c’est à L’Expérience Paris qu’il faut être ! »

    Lesfrancais.press : « Ce club, le PSG, c’est donc aussi un lien que vous gardez avec la France ?

    Julien Hervet : « Bien sûr, nous représentons la marque France et Paris au quotidien, le PSG est en alignement direct avec cette approche. Leur venue à Seattle est malheureusement courte, mais nous avons quelques surprises de prévues avec les joueurs. Et les spectateurs du match pourront prendre sur notre booth une photo avec notre « nounours des gobelins » et la réplique du trophée de la Ligue des Champions. »

    L’Experience Paris : sa présence au stade Lumen Field à Seattle

    Lesfrancais.press : « Avec « l’Expérience Paris », vous êtes présent au stade Lumen Field, comment avez-vous pu proposer ce stand à Seattle ? »

    Julien Hervet : « Nous avons tissé des relations avec les propriétaires du stade, les Seattle Seahawks, et il était naturel de diversifier leur offre lors de l’accueil de la Club World Cup en 2025, puis de la Coupe du Monde en 2026 vu l’accueil de supporters étrangers qui attendent autre chose de l’expérience stade.

    Le jambon beurre proposé par LExperience Paris au Lumen Field Stade des Seattle Seahawks

    Nous avons donc décidé d’apporter les traditionnels sandwiches « jambon beurre » et « merguez » avec la baguette de L’Experience Paris qui est constamment prime la « meilleure baguette de Seattle ». Vu le feedback du public, nous allons aussi proposer cette offre également pendant les matchs des Seahawks. »

    Lesfrancais.press : « Avec la venue du Paris Saint germain à Seattle, avez-vous pu avoir un contact direct avec le club et les joueurs du PSG ? »

    Julien Hervet : « Oui nous travaillons en partenariat très proche, avec le Club des Supporters du PSG de Seattle et le club. Le club des supporters de Seattle est très actif.

    PSG Seattle Fan Club

    Vous avez peut-être vu leur banderole en mondovision pendant la finale de la ligue des champions derrière le poteau de corner. »

     

    Lesfrancais.press : « Vous êtes présents au Lumen Field à Seattle pendant les rencontres, alors entre deux commandes, prenez-vous tout de même le temps de regarder le match, surtout que le PSG joue ? »

    Julien Hervet : « Ça dépend… mais l’essentiel est la joie de partager ce moment, et de profiter de l’expérience. »

    Le PSG, futur vainqueur la coupe du monde des clubs de la FIFA ?

    Lesfrancais.press : « Entre nous, c’est lequel votre joueur préféré dans l’équipe actuelle du PSG ? »

    Julien Hervet : « Le collectif ! C’est la beauté de cette équipe, des joueurs du PSG qui s’inscrivent dans une belle aventure. Comment ne pas se réjouir de voir tous ces parcours récompensés ! »

    Lesfrancais.press : « Pensez-vous que Le PSG va remporter la coupe du monde des clubs de la FIFA ? »

    Julien Hervet : « Je l’espère ! La finale est sur la Côte Est, ce sera à midi pour nous. Une autre occasion de se réunir dans notre location de Bellevue pour voir le match ensemble. »

    L’Experience Paris à Seattle avec la mascotte aux couleurs du PSG

    Lesfrancais.press : « et si le Paris Saint6Germain remporte ce mondial des clubs, allez-vous proposerer un menu spécial PSG pour les supporters à « L’Experience Paris » ? »

    Julien Hervet : « Notre menu est parisien au quotidien… et puisque ce sera un dimanche un midi, je présume que notre délicieux Croque-Monsieur et nos bières de micro-brasseries françaises seront populaires ! »

  • Les pensions des enseignants sèment la zizanie à l’AEFE

    Les pensions des enseignants sèment la zizanie à l’AEFE

    Le Conseil d’administration de l’AEFE du jeudi 26 juin a été annulé suite à la visite du ministre des Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin, ce mercredi 25 juin. En effet, lors d’une réunion d’échanges avec les syndicats de l’AEFE (FSU, UNSA, CFDT), le ministre et son cabinet ont découvert une mesure aux conséquences potentiellement explosives pour les établissements conventionnés du réseau. La directrice générale, Claudia Scherer-Effosse, désirait mettre en place un changement quant au financement des pensions des personnels enseignants détachés sous statut de résidents. Elle œuvrait pour transférer une plus grande partie de la charge aux établissements permettant à l’agence de continuer à se désengager, sous couvert de mesures budgétaires. Le ministre n’est pas opposé à l’idée d’une réforme mais il considère que toute décision doit être arbitrée politiquement et pas seulement en interne. Logiquement la direction de l’AEFE et Laurent Saint Martin ont décidé, conjointement, de reporter le conseil d’administration afin d’étudier les options sur la table. 

    Alors, les pensions des enseignants seront-elles la nouvelle bombe budgétaire de l’AEFE ? Ou une autre piste de financement du déficit de l’Agence sera-t-elle explorée ?

    Surtout que les répercussions de ce transfert de charge, comme proposé par Claudia Scherer-Effosse, peuvent être profondes et multiples. C’est probablement une vingtaine de millions d’euros par an qui seraient à répercuter sur les budgets locaux et donc, in fine, pris en charge par les familles.

    Le risque de déconventionnement des établissements est, aussi, réel. Ces établissements seraient sollicités pour signer de nouvelles conventions intégrant la prise en charge des pensions. Entre bras de fer et résignation, de nombreux établissements pourraient être alors tentés par le déconventionnement. Renonçant certes à des emplois de professeurs formés en France mais allégeant la facture en pariant sur le seul emploi local. L’enseignement « à la française », assuré par des professionnels formés et recrutés par concours en France puis affectés par l’opérateur est d’ores et déjà menacé. 

    Une rupture dans le modèle de financement

    Jusqu’ici, les pensions civiles des personnels résidents (enseignants, CPE, directeurs) étaient prises en charge centralement par l’AEFE. Cette charge était budgétairement très lourde : Le transfert des pensions du budget de l’État vers celui de l’agence avait été opéré en 2009. Avec un alourdissement de son poids lié au glissement vieillesse technicité (GVT). Le taux de cotisation ayant lui aussi augmenté, passant de 50 % d’un salaire indiciaire brut à 75 %, la situation était devenue critique pour l’agence avec des pensions représentant le chiffre record de 180 millions d’euros cette année.

    Ce sont ces pensions qui expliquent en grande partie le déficit structurel de l’agence. Les syndicats de l’agence, FSU, UNSA, CFDT, avaient pourtant tiré la sonnette d’alarme depuis longtemps sur l’absence de compensation par l’État de ces pensions en augmentation.

    Il faut mesurer combien cette potentielle opération de transfert sera pénalisante pour les établissements : Pour prendre un exemple concret d’un professeur certifié avec une vingtaine d’années d’expérience c’est près de 26 000 € annuels qui doivent être déboursés pour la seule pension de ce professeur.

    Dans un établissement dont le taux de participation AEFE est de 55 % (la moyenne du réseau), le surcoût immédiat pour un seul poste atteint plus de 14 000 € par an. Multipliez cela par le nombre de personnels résidents, et vous obtenez une pression inédite sur les budgets des établissements.

    « C’est un désengagement clair de l’État et une bombe à fragmentation. Cette mesure va déséquilibrer financièrement de nombreux établissements, et risque d’entraîner une vague de déconventionnements. Nous allons nous battre pour mobiliser les établissements »

    Boris Faure, représentant syndical de l’UNSA Éducation.

    Carte du réseau AEFE année scolaire 2023-2024
    Carte du réseau AEFE année scolaire 2023-2024

    Un risque de fracture dans le réseau

    Cette mesure ne concernerait que les établissements conventionnés et les établissements de la mission laïque française, qui sont pourtant tous déjà dans une position fragile. Les établissements en gestion directe (EGD), eux, resteraient épargnés par cette réforme, accentuant une fracture entre les différentes composantes du réseau AEFE.

    « Cette inégalité de traitement compromet la cohérence du réseau. Elle affaiblit encore davantage les conventionnés et va créer des crispations entre établissements voisins. On risque de rentrer dans des logiques de concurrence et de survie »

    Un chef d’établissement sous couvert d’anonymat.

    Les personnels résidents seraient aussi directement impactés et la facture sera avant tout humaine : dans les établissements qui pourraient déconventionner, ils se retrouveraient face à un choix dramatique : retour précipité en métropole ou reclassement en contrat local, sans droit à pension française. Une calamité sociale, une instabilité de gestion annoncée.

    Lycée Simone Veil Allemagne
    Lycée Simone Veil en Allemagne
    Lycée français à Séoul
    Lycée français à Séoul
    Lycée français Denis Diderot kenya
    Lycée français Denis Diderot au Kenya

    Et maintenant ?

    Un nouveau modèle de convention intégrant cette disposition est prêt à la signature des établissements conventionnés. Mais le véto de Laurent St Martin a tout remis en cause. Personne n’est encore en mesure de connaitre réellement l’échéance que se donnerait l’agence pour mener à bien cette campagne de signatures. Et les syndicats ont déjà prévenu « Nous serons à vos côtés pour vous faire entendre à Paris. Nous lançons un appel à témoignages sur les conséquences concrètes de cette mesure, établissement par établissement », affirme l’UNSA.

    Des actions collectives sont à l’étude. Les familles sont évidemment inquiètes et ont fait connaître leurs réserves vis-à-vis d’une mesure trop brutale décidée sans aucune concertation. Les frais de scolarité ont déjà connu des hausses très nettes ces dix dernières années et cette nouvelle facture d’un État employeur qui se défausserait potentiellement sur les familles passe mal.

    On raconte pourtant au sein de l’agence que d’autres scénarios budgétaires existaient, le cabinet du ministre des Français de l’étrange va-t-il s’en emparer. L’agence reprendra-t-elle sa copie sous la pression collective qui est en train de s’organiser ?

    Affaire à suivre.

    •  •⁠ Rémunération brute d’un certifié ou PE (échelon 8, sans HSA) : 33 204 €
    • •⁠  ⁠Taux de pension civile : 78,28 %
    • •⁠  ⁠Montant des pensions civiles : 25 992 €
    • •⁠  ⁠Surcoût pour un établissement avec un taux de participation AEFE à 55 % : 14 295 € par personnel
  • Donald Trump et les limites de la disruption

    Donald Trump et les limites de la disruption

    Donald Trump et les limites de la disruption

    Depuis le 20 janvier dernier, jour de son investiture, Donald Trump n’a pas manqué de jouer de l’effet de surprise en multipliant les annonces chocs pour tenter de déplacer les lignes. Que ce soit en matière de droits de douane, d’immigration ou de dépenses publiques, le président américain a souvent été contraint de reculer par la suite, soit en raison de l’hostilité de l’opinion ou de ses alliés, soit par calcul politique. Ces revirements sont désormais de plus en plus anticipés par les acteurs économiques et politiques.

    Il a ainsi promis des droits de douane pouvant atteindre 145 % sur les importations de produits chinois, jusqu’à 50 % sur celles d’acier ou d’aluminium, et jusqu’à 25 % sur les voitures importées. Il a également déclaré vouloir imposer des droits de 50 % sur les produits européens. Parallèlement, il a annoncé un frein brutal à l’immigration, la suppression du droit d’asile, et la suspension du système de protection des réfugiés. Son projet de budget initial prévoit une aggravation du déficit d’au moins 330 milliards de dollars, en raison notamment de la prolongation du Tax Cuts and Jobs Act, de la défiscalisation des pourboires, des heures supplémentaires et des intérêts sur les crédits automobiles.

    Donald Trump s’est spécialisé dans les annonces spectaculaires.

    Il envisage aussi une taxation de 10 % des revenus générés aux États-Unis par les résidents de pays pratiquant des politiques commerciales jugées « distorsives ». Cette mesure vise en particulier les pays européens ayant instauré une taxe sur les services numériques. Il a, en outre, promis des coupes budgétaires massives dans les crédits fédéraux alloués aux organismes de recherche (NIH, NSF, NASA…) et aux universités, malgré leur rôle essentiel dans l’attractivité du pays et dans l’innovation technologique.

    Le président américain a été contraint de composer, notamment sur la question des droits de douane, en reportant leur application au 9 juillet. Il a accepté leur réduction dans le cadre de discussions avec la Chine, et a accordé plusieurs dérogations pour ménager certains secteurs clés (médicaments, microprocesseurs, etc.). Sur l’immigration, bien qu’il ait accentué la pression sur les grandes métropoles, notamment en Californie, il a assoupli ses positions pour certains secteurs (comme l’agriculture) ou certains États. Ses allers-retours suscitent une interrogation croissante des investisseurs sur la crédibilité des annonces présidentielles. Donald Trump a tendance à corriger systématiquement, et dans des délais très courts, les mesures qu’il annonce avec fracas.

    Les marchés financiers réagissent de moins en moins aux déclarations présidentielles.

    Les marchés financiers réagissent désormais de moins en moins aux déclarations présidentielles, comme en témoigne l’évolution récente de l’indice S&P 500. Après le choc du 2 avril, surnommé « Liberation Day », les actions américaines ont repris leur trajectoire, indépendamment des discours. Les indices n’ont ainsi pas été significativement affectés par l’annonce de droits de douane de 50 % sur l’acier et l’aluminium, ni par celle d’une taxe sur les revenus des entreprises ou investisseurs issus d’États accusés de pratiques anticoncurrentielles. Le taux d’intérêt à 10 ans des obligations d’État américaines a d’abord reculé après le 2 avril, sous l’effet d’anticipations de ralentissement économique, avant de remonter à la faveur de craintes inflationnistes liées aux droits de douane. Il s’est ensuite stabilisé autour de 4,40 %-4,50 %, malgré la poursuite d’annonces imprévisibles en matière de fiscalité et de commerce extérieur.

    L’indifférence croissante des investisseurs à l’égard des déclarations de Donald Trump est-elle justifiée ? Sur les droits de douane, des compromis seront probablement trouvés, car l’économie américaine reste fortement dépendante des importations. Des droits de douane élevés induiraient une hausse des prix, une baisse du pouvoir d’achat et un ralentissement de la croissance — un scénario incompatible avec une campagne de réélection efficace en 2026.

    Un risque amplifié si la taxation des revenus des non-résidents — notamment européens — venait à se concrétiser.

    En revanche, les marchés semblent sous-estimer les risques d’un dérapage budgétaire massif qui pourrait engendrer une hausse durable des taux d’intérêt avec, à la clé, une déstabilisation des marchés actions. Ce risque serait amplifié si la taxation des revenus des non-résidents — notamment européens — venait à se concrétiser. L’hyperactivité verbale de Donald Trump et ses volte-face permanentes ont, en apparence du moins, désensibilisé les marchés financiers. Mais sous cette apparente indifférence se cache une fragilité. Si les annonces protectionnistes trouvent des contreparties négociées, le risque budgétaire, lui, est structurel et croissant. En promettant plus de baisses d’impôts et moins de recettes, tout en fragilisant l’économie de la connaissance, le président américain joue avec la soutenabilité de la dette publique de son pays. Une remontée durable des taux d’intérêt pourrait être le vrai talon d’Achille du modèle économique américain version Donald Trump.

  • La députée Caroline Yadan sur la situation des Français en Israël

    La députée Caroline Yadan sur la situation des Français en Israël

    Caroline Yadan, députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France, a accepté de répondre à nos questions. Nous avons abordé la situation critique des ressortissants français en Israël dans le cadre du conflit actuel. La députée a précisé les mesures d’évacuation mises en place et le soutien apporté aux citoyens.

    Écouter le podcast avec Caroline Yadan

    Évacuation des ressortissants

    La députée du groupe Renaissance, Caroline Yadan pose lors d’une photo de séance dans le jardin de l’Assemblée nationale, le 25 octobre 2022 à Paris, France. Photo by David Niviere/ABACAPRESS.COM

    Concernant l’évacuation organisée par nos services consulaires, Caroline Yadan a déclaré : « Un vol de rapatriement a été affrété hier, dimanche. Ce vol comptait 180 passagers qui sont arrivés épuisés. » Elle a également annoncé qu’un premier avion militaire partira demain à 9h de l’aéroport Ben Gourion, ainsi qu’un vol affrété par la France depuis Amman.

    Accueil en France

    À l’arrivée en France, des mesures spécifiques sont mises en place. Yadan a expliqué : « Il y a un accueil psychologique, avec un lieu dédié où les Français peuvent parler à des psychologues formés. » Cela montre l’engagement du gouvernement à fournir un soutien émotionnel à ceux qui rentrent.

    Une femme est accueillie à son arrivée à l’aéroport de Paris-Orly, dans la soirée de dimanche, après un vol de rapatriement de ressortissants français quittant Israël via la Jordanie. | ©GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

    Réaction de la France

    Interrogée sur la rapidité de la réponse française, elle a affirmé : « Ça a été compliqué au départ. L’espace aérien était fermé. Je suis ravie qu’il y ait des rapatriements par voie militaire, car cela devrait débloquer la situation. » Elle a exprimé l’espoir que des vols réguliers permettront de désengorger la situation.

    Positionnement politique

    Sur la position de la France face au conflit, la députée a exprimé des opinions fermes : « Pendant deux décennies, nous avons cherché à régler la situation de l’Iran par voie diplomatique, mais ça n’a pas marché. À un moment donné, il faut agir. » Elle a souligné l’importance de la sécurité d’Israël et la nécessité d’une réponse forte face aux menaces.

    Protection des ressortissants

    En ce qui concerne les mesures de protection pour ceux qui restent en Israël, elle a mentionné : « Des mesures de protection sont prises pour tous les citoyens. Les résidents peuvent télécharger une application d’alerte pour se mettre à l’abri. » Le Dôme de fer, système de défense israélien, joue également un rôle crucial dans la sécurité des citoyens.

    Message aux Français

    Pour conclure, Caroline Yadan a souhaité adresser un message aux Français en Israël :

    « Je suis pleinement mobilisée avec mes équipes pour aider tous ceux qui en ont besoin. Nous centralisons les demandes et faisons tout notre possible pour les soutenir. Je ne lâcherai rien tant qu’ils ne seront pas tous rentrés à la maison. »

    La Députée Caroline Yadan

  • États-Unis : des Français hésitent à voyager, par crainte de ne pas pouvoir revenir

    États-Unis : des Français hésitent à voyager, par crainte de ne pas pouvoir revenir

    Alors que l’été débute, de nombreux Français établis aux États-Unis s’interrogent : est-il bien raisonnable de quitter le pays quelques semaines ? Aucun texte officiel ne limite leur liberté de mouvement, mais la peur d’un retour compliqué s’installe. Entre prudence administrative et incertitudes politiques, l’idée même de partir en vacances devient un sujet de réflexion.

    Du 18 au 20 juin 2025, Lesfrancais.press a mené une consultation en ligne* auprès de ses lecteurs vivant aux États-Unis. 1070 lecteurs volontaires ont répondu à notre première question :

    Avez-vous prévu de quitter temporairement les États-Unis dans les prochaines semaines (vacances, famille) ? 

    Ils n’étaient plus que 690 à répondre à la seconde :

    Ce départ vous fait-il hésiter en raison d’incertitudes sur les conditions de retour aux États-Unis ?

    Une majorité de Français resteront sur place

    Plus d’un tiers prévoit de quitter les États-Unis… mais beaucoup avec retenue. Premier enseignement de notre consultation : 36,45 % des répondants déclarent avoir prévu de quitter temporairement les États-Unis dans les prochaines semaines, pour des raisons familiales ou de congés. Une large majorité (63,55 %) indique toutefois rester au pays de l’oncle Sam cet été. Ce chiffre peut sembler élevé, surtout au regard de l’idée largement répandue selon laquelle les expatriés rentrent naturellement en France pendant la période estivale. Mais les résultats de notre consultation révèlent une prudence nouvelle.

    Avez-vous-prevu-de-quitter-temporairement-les-USA-dans-les-prochaines-semaines

    En effet, lorsqu’on leur demande si ce départ les fait hésiter en raison d’incertitudes sur les conditions de retour, plus d’un Français sur cinq (21,74 %) exprime clairement des craintes ou des doutes. Plus largement, 39,13 % affirment ne pas être inquiets, mais rester prudents. À l’inverse, 24,64 % assurent ne ressentir aucune inquiétude, tandis que 14,49 % disent ne pas comprendre pourquoi ils devraient s’inquiéter. Autrement dit, près de deux répondants sur trois envisagent leur départ avec prudence, compte tenu des incertitudes entourant les conditions actuelles de réadmission sur le territoire américain.

    Ce départ vous fait-il hésiter en raison dincertitudes sur les conditions de retour aux États-Unis

    Des contrôles plus stricts à l’entrée des États-Unis

    Ce climat de prudence s’inscrit dans un contexte plus large : depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, des témoignages signalent un durcissement des contrôles migratoires envers des étrangers en règle. Étudiants, enseignants-chercheurs, conjoints de citoyens américains, détenteurs de visas professionnels, résidents permanents : tous peuvent se retrouver confrontés à des questions inhabituelles à la frontière, à une fouille de leur téléphone, ordinateurs, réseaux sociaux, voire à un refus temporaire d’entrée s’ils ne peuvent justifier certains éléments de leur dossier.

    Aucun changement réglementaire majeur n’a été officiellement annoncé pour l’instant. Mais les inquiétudes croissent au sein des communautés expatriées, qui observent une application plus politique, plus idéologique, de la politique migratoire américaine. Un climat d’autant plus pesant que le flou demeure : il n’est pas toujours clair pourquoi tel ou tel voyageur est inquiété, ni comment anticiper les signaux rouges aux yeux de l’immigration. La Suisse a d’ailleurs pris les devants. Son Département fédéral des affaires étrangères a conseillé à ses ressortissants de rester vigilants lors de déplacements aux États-Unis, évoquant les risques liés à d’éventuelles tensions politiques ou sociales.

    Douane US

    Ce que disent des élus français sur la situation

    Franck Bondrille, Conseiller des Français de l’étranger en Floride, confirme avoir été sollicité par plusieurs compatriotes inquiets de ne pas pouvoir revenir aux États-Unis après un séjour à l’étranger : « J’ai eu plusieurs cas de Français qui m’ont contacté car ils s’interrogeaient sur les conditions de retour. Chaque année, nous organisons un conseil de sécurité avec le consulat général de France à Miami. Cette fois-ci, nous avons exceptionnellement invité un avocat spécialisé en immigration, justement parce que de nombreuses personnes exprimaient leurs inquiétudes. »

    Selon les échanges menés à cette occasion, la situation reste généralement stable pour les personnes en règle. « D’après les avocats et les cas traités par le consulat, les problèmes concernent essentiellement des voyageurs qui ont eu, à un moment ou un autre, une difficulté administrative ou un incident passé. Mais pour ceux qui ont un visa en cours de validité, qui n’ont jamais eu de souci, il n’y a en principe aucune raison d’être inquiété », explique l’élu floridien. Et de rajouter : « Un problème judiciaire, même mineur comme une condamnation, un vol, une affaire de stupéfiants… Ce sont souvent ces éléments, parfois anciens, qui peuvent ressortir au moment du contrôle. »

    Franck Bondrille

    Annie Michel, conseillère des Français de l’étranger dans la circonscription de New York, constate également une montée des inquiétudes : « J’ai reçu de nombreux appels de Français de la circonscription qui s’interrogent, des professeurs, notamment, qui sont sous visa et qui se demandent s’ils pourront re-rentrer après un séjour à l’étranger. La crainte est partagée au-delà des seuls détenteurs de visas, même les binationaux et les résidents permanents  s’inquiètent. »

    Et d’évoquer un cas concret en Floride qui illustre les propos de Franck Bondrille : celui d’un jeune Français de 25 ans détenteur d’une carte verte, parti visiter son père malade en France. « Il avait terminé sa probation après une petite erreur de jeunesse, il avait été arrêté en possession de moins d’un gramme de marijuana. Il se demandait s’il pouvait sortir et revenir sans encombre, ce que l’immigration lui avait confirmé. Mais à son retour, il a été arrêté par ICE et emprisonné. C’est un exemple qui montre bien que même lorsqu’on pense être en règle, on peut être exposé. » 

    À Los Angeles, Patrick Caraco, Conseiller des Français de l’étranger pour la circonscription de Los Angeles, reconnaissait dans notre podcast du 18 juin dernier une part d’incertitude : « Oui, il y a un risque, estime l’élu. Même avec un visa ou une carte verte, rien n’est complètement garanti : tout dépend de l’appréciation de l’agent d’immigration au moment de l’entrée sur le territoire. » Il appelle notamment à la vigilance des Français qui multiplient les allers-retours en pensant pouvoir bénéficier indéfiniment des 90 jours d’exemption de visa accordés aux ressortissants de pays comme la France. « C’est une zone grise : certains abusent de cette souplesse, mais cela peut leur coûter cher. » Autre facteur de risque évoqué : des séjours passés dans certains pays jugés sensibles par les autorités américaines, comme Cuba ou des États du Moyen-Orient. « Là encore, tout est dans les mains de l’officier d’immigration. Ils ont un pouvoir discrétionnaire total. »

    Dans une interview accordée à notre média le 20 juin dernier, Roland Lescure, député des Français d’Amérique du Nord, confirmait une montée des inquiétudes parmi les expatriés français des États-Unis : « Je suis régulièrement en contact avec des Françaises et des Français qui sont inquiets. Inquiets pour le monde, inquiets pour l’Amérique, mais aussi inquiets pour eux-mêmes. » Selon lui, la première source d’angoisse concerne la mobilité. « Ceux qui ne sont pas franco-américains redoutent de partir en France, par crainte de ne pas pouvoir revenir aux États-Unis, » explique le député.  Sans nier les inquiétudes, Roland Lescure invite tout de même à ne pas verser dans l’alarmisme.

    Roland Lescure

    « Les cas de Français empêchés de revenir aux États-Unis restent, à ce stade, anecdotiques. Tout dépend bien sûr du statut de chacun. Les franco-américains peuvent rentrer, c’est leur pays. Ils seront peut-être un peu bousculés s’ils ont pris publiquement position contre l’administration, mais ils rentreront. En revanche, les titulaires de carte verte, de permis de travail ou de visa étudiant doivent faire preuve de prudence. Il est fortement recommandé d’éviter les prises de parole publiques. Un douanier peut consulter vos réseaux sociaux avant de vous autoriser à entrer. Il a un pouvoir discrétionnaire total. Il faut être humble, courtois, coopératif. Et dans 99,9 % des cas, tout se passera bien. Il faut simplement être plus vigilant que d’habitude. »

    Roland Lescure, député des Français d’Amérique du Nord

    Une recommandation paradoxale, reconnaît-il, dans un pays historiquement fondé sur l’immigration et la libre circulation.

    Le point de vue d’un avocat d’immigration

    Pour Me. Hervé Linder, avocat associé spécialisé en droit de l’immigration au sein du cabinet Ernst & Linder LLC à New York, et Conseiller du Commerce Extérieur de la France, aucun changement légal n’est intervenu ces derniers mois concernant le droit d’entrée sur le sol américain pour les ressortissants européens : « La règle reste la même pour tout le monde. » Les détenteurs de visas ou de cartes vertes conservent donc, en principe, le droit de revenir aux États-Unis, à condition de remplir les exigences de leur statut. « En général, s’ils ont un visa valide, il n’y a aucune raison qu’ils ne puissent pas ré-entrer, sauf circonstances indépendantes de leur visa, type arrestation ou présence partisane sur les réseaux sociaux, » explique l’avocat. Les résidents permanents, eux, doivent pouvoir démontrer qu’ils continuent à remplir leurs obligations : résidence principale aux États-Unis, fiscalité, etc.

    Immigration US New York

    Mais les tensions récentes s’expliquent, selon lui, par quelques cas concrets de refoulement à la frontière, notamment après l’examen de publications critiques sur les réseaux sociaux : « Il y a eu quelques cas d’étudiants, de personnes sous carte verte qui ont été refoulés. » Cette vigilance numérique touche désormais tous les statuts, qu’ils soient citoyens américains, résidents permanents ou simples titulaires de visa. À la frontière, rappelle Me. Linder, aucune protection juridique ne s’applique tant que l’entrée n’est pas validée : « Vous n’avez droit à aucune assistance d’un avocat ou d’une quelconque autorité. Vous demandez à entrer, vous n’êtes pas encore sur le territoire. »

    C’est dans ce flou juridique que les agents de la Customs and Border Protection disposent d’une large marge de manœuvre : « Ils ont tout à fait le droit de fouiller vos téléphones, ordinateurs, tablettes… Et si vous ne leur donnez pas le code d’accès, ils gardent l’objet. » Pour les non-citoyens, « ça peut être compliqué », ajoute-t-il. D’où la stratégie adoptée par certaines grandes entreprises : « J’ai des clients qui conseillent à leurs employés de voyager avec un téléphone vide ou d’effacer WhatsApp, Facebook, les images dans le cloud… C’est de la prévention. »

    Les nouvelles consignes de contrôle ont aussi touché certains types de visas. L’émission de visas J-1 et F-1 a été temporairement suspendue, le temps de mettre en place une procédure de vérification renforcée des comptes personnels : « Les ambassades et consulats américains peuvent à nouveau émettre ces visas avec un contrôle renforcé des réseaux sociaux des demandeurs. C’est la conséquence des mouvements étudiants dont nous avons tous entendu parler. »

    Et les situations sensibles ne sont pas rares, Me. Linder cite le cas d’un journaliste britannique ayant écrit des articles engagés sur la Palestine, inquiet de ne pouvoir entrer sur le territoire américain. Mais il insiste : « La majorité des voyageurs, en dehors de situations très visibles ou polémiques, ne rencontrent aucun problème. Si on ne s’affiche pas de façon flagrante sur les réseaux sociaux, et qu’on n’a rien fait de mal, on n’aura aucun problème à revenir cet été. » Cette position est d’ailleurs celle de l’administration américaine elle-même : « Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez aucune crainte à avoir. »

    Air France USA

    Reste que l’évaluation finale dépend du bon vouloir de l’agent au poste-frontière. « Les agents ont une discrétion absolue. Mais attention, ce n’est pas propre aux États-Unis, c’est pareil en France. » Ce pouvoir d’interprétation concerne aussi les enseignants : « Ceux des écoles françaises ne rencontrent pas de difficulté, mais pour les professeurs d’université, la situation peut se tendre selon la nature des réponses données à l’arrivée », explique l’avocat.

    Quant aux détenteurs de visas professionnels (E-2, L-1, H-1B…), Me. Linder affirme n’avoir constaté aucun refoulement, même si certains renouvellements se révèlent un peu plus exigeants.

    En résumé, selon lui, la loi n’a pas changé, mais la subjectivité des contrôles s’est accrue : « Il ne faut pas céder à la panique. Nous sommes encore dans un État de droit. »

    Mais le conseil reste de prendre le moins de risques possibles.  

    *Nous avons lancé cette consultation en ligne, à laquelle de nombreux lecteurs ont choisi de répondre librement ; il ne s’agit pas pour autant d’un sondage au sens strict, et nous n’affirmons pas que les réponses recueillies forment un échantillon représentatif de l’ensemble de la population.

  • La Belgique, 11ème pays à rétablir ses frontières 

    La Belgique, 11ème pays à rétablir ses frontières 

    La Belgique s’apprête à réintroduire cet été des contrôles à ses frontières avec les pays voisins, infligeant un nouveau revers au principe de libre circulation dans l’espace Schengen — quelques jours seulement après les célébrations marquant le 40 anniversaire de l’accord.

    La ministre belge à l’Asile et la Migration, Anneleen Van Bossuyt (Nouvelle Alliance flamande, NV-A/Conservateurs et Réformistes européens/CRE), a annoncé cette mesure jeudi 19 juin, la présentant comme une réponse ferme à « l’immigration illégale » et au « shopping de l’asile ».

    « Nous ne tolérerons plus que la Belgique soit un aimant pour ceux qui sont rejetés ailleurs »a écrit la ministre sur X.

    Généralisation du contrôle aux frontières…

    Les contrôles ciblés toucheront les principaux axes routiers, les aires de repos sur les autoroutes, les lignes de bus internationales, certains trains (notamment à la gare de Bruxelles-midi), ainsi que les vols en provenance de pays de l’espace Schengen comme la Grèce ou l’Italie.

    Cette mesure place la Belgique parmi les onze pays de l’espace Schengen, dont la France, l’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas, qui ont rétabli les contrôles aux frontières.

    …. 40 ans après Schengen

    Une décision qui contraste fortement avec l’ambiance des festivités de la semaine dernière : réunis sur le bateau même où fut signé l’accord en 1985, les ministres européens célébraient les 40 ans de Schengen. « Peut-être le pire moment pour l’espace de libre circulation »confiait alors un diplomate européen.

    Conçu pour permettre à quelque 450 millions de citoyens de circuler librement en Europe, l’espace Schengen continue néanmoins de s’élargir : en décembre dernier, les ministres de l’UE ont donné leur feu vert à l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, portant à 29 le nombre de pays membres. Cette décision s’inscrit dans une dynamique générale au plat pays dont les Français sont désormais aussi victimes.

  • Le XXIe siècle sera-t-il féminin ? 

    Le XXIe siècle sera-t-il féminin ? 

    Dans une vidéo devenue virale sur TikTok, un couple américain organise une fête de révélation du sexe de leur futur enfant. « C’est un garçon ! », s’exclament-ils. Mais l’émotion qui envahit la future mère n’est pas celle qu’on attend. Elle s’effondre en larmes, blottie dans les bras de son compagnon, visiblement bouleversée. Celui-ci tente de la rassurer : « La prochaine fois, nous aurons une fille, un jour. » Trop éprouvés, ils quittent la pièce, laissant leurs invités seuls.

    Aux États-Unis, sur les réseaux sociaux, une nouvelle tendance émerge : celle de parents affichant leur tristesse de ne pas attendre une fille. Des millions de vues, des milliers de témoignages et un motif récurrent : « Je suis triste, je n’aurai pas de petite fille. » Pendant des siècles, les fils furent préférés. Héritiers du nom et du patrimoine, les garçons jouissaient de nombreux privilèges. Dans de nombreuses cultures, cette préférence s’est traduite par des avortements sélectifs massifs. En Chine, durant la période de l’enfant unique, ainsi qu’en Inde, les filles étaient avortées, tuées ou bannies. Il en résultait des cohortes déséquilibrées, marquant durablement les structures démographiques de ces pays. La donne a changé depuis.

    Le ratio naturel : 105 garçons pour 100 filles

    Dans les pays en développement, la préférence pour les garçons décline rapidement. Dans les pays riches, les filles sont de plus en plus perçues comme des valeurs sûres, quand les garçons deviennent des fardeaux. Dans la nature, la naissance de 105 garçons pour 100 filles reflète une forme d’adaptation évolutive à une mortalité masculine plus élevée. Ce ratio a été bouleversé à partir des années 1980, avec la démocratisation de l’échographie. L’accès à l’information sur le sexe du fœtus, couplé à une baisse de la natalité, a favorisé des pratiques sélectives à grande échelle. Selon The Economist, environ 50 millions de filles « manquent à l’appel » depuis 1980. L’année 2000 fut la plus sombre, avec 1,7 million de naissances masculines excédentaires. En 2015 encore, le chiffre dépassait le million. En 2025, la surreprésentation masculine n’est plus que de 200 000. Ce basculement statistique traduit un revirement culturel majeur : les sociétés les plus marquées par une discrimination envers les filles s’alignent peu à peu sur des ratios naturels.

    En Corée du Sud, pays emblématique de cette évolution, le ratio était de 116 garçons pour 100 filles en 1990. Parmi les troisièmes naissances, il dépassait 200 garçons. Il approche aujourd’hui l’équilibre. L’Inde et la Chine suivent la même pente, à un rythme plus lent. En Chine, le ratio est passé de 117 dans les années 2000 à 111 en 2023. En Inde, de 109 à 107 en treize ans.

    Une volonté croissante d’avoir une répartition équilibrée entre filles et garçons

    Les sondages montrent une volonté croissante d’avoir une répartition équilibrée entre filles et garçons. Au Bangladesh, les femmes sans enfants expriment des préférences quasi identiques pour les deux sexes. En Afrique subsaharienne, cette recherche de complémentarité domine également. Un basculement culturel dans les pays développés En Corée du Sud, entre 1985 et 2003, la part des femmes jugeant « nécessaire » d’avoir un fils est passée de 48 % à 6 %. Désormais, près de la moitié souhaitent une fille. Au Japon, la part des couples préférant une fille unique est passée de 48,5 % en 1982 à 75 % en 2002. Dans certaines régions des Caraïbes et d’Afrique subsaharienne, le ratio des naissances penche légèrement en faveur des filles.

    Des familles aisées paient jusqu’à 20 000 dollars pour choisir le sexe, et dans 80 % des cas, optent pour une fille.

    Dans un certain nombre de pays, le coût du mariage étant supporté par les hommes, les filles sont plus attrayantes économiquement. Dans les cliniques de fertilité comme New York City IVF, des familles aisées paient jusqu’à 20 000 dollars pour choisir le sexe — et dans 80 % des cas, optent pour une fille. Les adoptions n’échappent pas à la nouvelle préférence pour les filles. Aux États-Unis, les familles étaient prêtes à verser jusqu’à 16 000 dollars supplémentaires pour adopter une fille. Une étude de 2009 montrait que les couples hétérosexuels et les lesbiennes préféraient en majorité les filles. En Corée du Sud, les adoptions concernent majoritairement des filles.

    Pour certains pères, les filles seraient plus calmes, moins exigeantes physiquement, plus raffinées émotionnellement. Ce basculement s’inscrit aussi dans un contexte plus large : celui d’un malaise masculin grandissant. Si les hommes continuent de dominer en politique et dans les affaires, ils accumulent aussi les échecs sociaux. Dans de nombreux pays riches, les garçons sont surreprésentés parmi les auteurs et les victimes de violences, les suicidés, les élèves en échec scolaire ou exclus du système éducatif.

    En France, 58 % des diplômés du supérieur sont des femmes. 96 % des détenus sont des hommes.

    À l’école, les filles ont de meilleurs résultats que les garçons. En France, 94,3 % des filles ont obtenu le baccalauréat en 2023, contre 90,3 % des garçons. Dans le classement PISA mesurant le niveau scolaire moyen au sein des États de l’OCDE, le score des filles dépasse celui des garçons en lecture : 487 points (2022) contre 452, soit un écart de 35 points. Il atteint 40 points pour la France. En mathématiques, les garçons demeurent en tête, mais l’écart se réduit (10 points en 2022). En France, 58 % des diplômés du supérieur sont des femmes (2023). Les hommes sont majoritairement impliqués dans les actes de violence, les délits et les infractions pénales.

    En France, selon le ministère de l’Intérieur (2023), 84 % des personnes mises en cause pour homicide sont des hommes, 91 % pour des violences sexuelles, 87 % pour des violences volontaires et 82 % pour des vols avec violence. En détention, 96 % des détenus sont des hommes (environ 68 000 personnes sur 70 800 au 1er janvier 2024).

    Les hommes adoptent plus fréquemment des comportements déviants ou à risque, notamment en lien avec la consommation de substances psychoactives.

    Selon L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT – 2023), 50 % des hommes ont, au cours de leur vie (consommé du cannabis, contre 39 % des femmes. 7,4 % des hommes ont consommé de la cocaïne, contre 3,8 % des femmes. Sur les routes, 80 % des décès imputables à l’alcool ou à une vitesse excessive concernent des conducteurs masculins.

    Aux États-Unis, les hommes représentent 73 % des arrestations totales et plus de 90 % des auteurs de crimes violents (FBI, 2023). En Europe, les hommes forment plus de 93 % de la population carcérale (Council of Europe Annual Penal Statistics, 2023). Dans une logique d’accompagnement et de soutien, les filles sont privilégiées. Elles sont jugées attentionnées et proches de leurs parents, quand les garçons sont considérés comme distants ou rebelles. En Scandinavie, où l’égalité des sexes est poussée à son paroxysme, les couples expriment néanmoins une préférence pour avoir au moins une fille, souvent perçue comme un futur soutien affectif et logistique.

    Un homme américain sur cinq vit encore chez ses parents, contre une femme sur dix.

    Les garçons s’émancipent de plus en plus tardivement. Le phénomène « Tanguy » est une réalité. Au Japon, les jeunes hommes reclus (les hikikomori) témoignent d’un retrait préoccupant du masculin dans la vie adulte. Un homme américain sur cinq, âgé de 25 à 34 ans, vit encore chez ses parents, contre une femme sur dix. En France, les femmes quittent en moyenne le domicile parental à 22,1 ans, contre 23,8 ans pour les hommes (2023). 32 % des hommes de 25 ans vivent chez leurs parents, contre 18 % des femmes. À 29 ans, ces taux sont respectivement de 12 % et 7 %.

    Les difficultés d’insertion des jeunes garçons expliquent en partie cet écart. Les parents ont tendance à accepter plus facilement qu’un garçon reste chez eux, tandis que les filles sont poussées à prendre leur autonomie plus rapidement.

    Les garçons font l’objet d’un désamour en lien avec les conséquences du mouvement #MeToo, qui a révélé la prédation masculine dans de nombreux secteurs. Des figures comme Harvey Weinstein, Jeffrey Epstein ou Andrew Tate incarnent une masculinité toxique mondialisée. La série Netflix Adolescence, qui met en scène un adolescent accusé de féminicide, a relancé le débat sur les comportements masculins à risque. En France, la députée Sandrine Rousseau appelle à la déconstruction de l’esprit masculin.

    La Norvège a lancé une commission pour l’égalité des hommes

    Afin de garantir une égalité entre hommes et femmes, les pouvoirs publics ont longtemps mis en œuvre des politiques de discrimination positive en faveur des secondes. La question se pose aujourd’hui de politiques orientées en faveur des hommes. Le Parlement britannique a engagé des études pour déterminer les causes de l’échec scolaire des garçons. En 2022, la Norvège a lancé une commission pour l’égalité des hommes. Aux États-Unis, des gouverneurs républicains comme Spencer Cox (Utah) ou démocrates comme Wes Moore (Maryland) plaident pour des initiatives ciblées en faveur des garçons. Même si les ratios de naissance demeurent naturels, le phénomène mérite l’attention. L’avortement sélectif de millions de filles dans les pays du Sud a révélé un profond déséquilibre social. De même, la préférence montante pour ces dernières dans les pays du Nord est porteuse de nouveaux déséquilibres.

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