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  • Yaël Braun-Pivet à Londres : « J’ai moi-même vécu plusieurs années à l’étranger »

    Yaël Braun-Pivet à Londres : « J’ai moi-même vécu plusieurs années à l’étranger »

    La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet était à Londres le 11 juin 2025 pour rencontrer, entre autres, les Français établis outre-Manche. Au cours de ce déplacement la députée des Yvelines a aussi été accueillie à la Chambre des Communes britannique par Sir Lindsay Hoyle, le Speaker du Parlement. Ils ont, ensemble, ouvert une page nouvelle de l’amitié franco-britannique. D’autant plus que le Président Emmanuel Macron se rendra en visite d’État prochainement au Royaume-Uni. Pour Lesfrancais.press Yaël Braun-Pivet est revenu sur l’ensemble de ces sujets, tout en n’oubliant pas qu’elle a elle-même « vécu plusieurs années à l’étranger ».

    Les Français du Royaume-Uni : un atout pour la France

    Lesfrançais.press: « Yaël Braun-Pivet, vous étiez à Londres récemment. Vous êtes venue pour rencontrer les expatriés ? Que pensez-vous des Français qui choisissent de faire leur vie ici ? »

    Yaël Braun-Pivet : « C’était important pour moi de venir à la rencontre de nos compatriotes ici à Londres. J’ai tenu à le faire aux côtés de Vincent Caure, le député de la circonscription, qui connaît très bien les réalités du terrain et m’a permis d’échanger avec une grande diversité de profils. Vous savez, les Français de l’étranger sont une vraie richesse pour notre pays. Ils portent notre culture, nos valeurs, et ils contribuent aussi à faire rayonner la France à l’international.

    « Les Français de l’étranger sont une vraie richesse pour notre pays »

    Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale

    Lesfrançais.press: « La Grande-Bretagne et l’Union européenne ont conclu il y a quelques semaines un nouveau pacte de défense et de sécurité, dans le cadre d’un vaste “reset” des relations après le Brexit. Les deux parties ont décidé d’entamer des discussions sur la mobilité des travailleurs et la réintégration du Royaume-Uni dans Erasmus+. Que pensez-vous ? »

    Yaël Braun-Pivet: « C’est une excellente nouvelle ! On a tous vu à quel point le Brexit a compliqué la vie de beaucoup de personnes, notamment les jeunes et les entrepreneurs. Je comprends très bien leur choix : vivre à Londres, c’est s’ouvrir à d’autres horizons, à d’autres opportunités, J’ai moi-même vécu plusieurs années à l’étranger et je mesure à quel point cette expérience est formatrice et enrichissante, tant sur le plan personnel que collectif. »

    Yaël Braun-Pivet_ Vincent Caure et Lindsay Hoyle à Londres
    Yaël Braun-Pivet Vincent Caure et Lindsay Hoyle à Londres

    Revoir la question de la mobilité, c’est essentiel, surtout dans un monde où les échanges sont la clé de l’innovation et de la compréhension mutuelle. Pour Erasmus+, je ne peux qu’être enthousiaste : c’est un programme qui a changé la vie de milliers de jeunes. Si le Royaume-Uni revient dans Erasmus+, ce sera un vrai signal d’ouverture. »

    Emmanuel Macron et la communauté française à Londres

    Lesfrançais.press: « Avez-vous parlé de la visite d’Etat que le président de la République française Emmanuel Macron effectuera au Royaume-Uni du 8 au 10 juillet ? »

    Yaël Braun-Pivet: « Oui, nous avons abordé cette prochaine visite, qui marquera une nouvelle étape dans la relance de la relation franco-britannique, comme d’ailleurs le Sommet franco-britannique. Elle sera l’occasion de poser des actes concrets de coopération, notamment en matière économique, de sécurité et de défense à l’heure où nous avons besoin d’une Europe forte et solidaire. Je crois que c’est aussi un moment fort pour la communauté française ici, qui se sent parfois un peu oubliée depuis le Brexit. J’espère que cette visite permettra d’avancer concrètement sur des sujets qui touchent la vie quotidienne des Français au Royaume-Uni. »

    Lesfrançais.press: « Vous avez aussi visité le Dispensaire Français, qui accompagne nos compatriotes et francophones en situation de précarité. Que pensez-vous de ce type de lieux ? »

    Yaël Braun-Pivet: « J’ai été très touchée par ce que j’ai vu au Dispensaire français, c’est le député de la circonscription, Vincent Caure qui a tenu à m’y emmener, et je l’en remercie vivement.

    « On oublie parfois que l’expatriation peut aussi rimer avec précarité ou isolement »

    Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale

    C’est un lieu de solidarité, d’écoute, où chacun peut trouver un soutien, qu’il soit médical, social ou simplement humain. On oublie parfois que l’expatriation peut aussi rimer avec précarité ou isolement. Ces structures sont essentielles, et je veux vraiment saluer le travail des bénévoles et des professionnels qui s’y investissent au quotidien. Cela montre que, même loin de l’Hexagone, la solidarité nationale ne s’arrête pas aux frontières. »

    Les expatriés et l’Assemblée nationale

    Lesfrançais.press: « Lors de vos déplacements à l’étranger, avez-vous un réflexe pour organiser une rencontre avec la communauté française vivant dans le pays visité ? »

    Yaël Braun-Pivet: « Toujours ! C’est même la première chose que je demande à mon équipe. Rien ne remplace le contact direct, les échanges informels, les témoignages de vie.

    Yaël Braun-Pivet_ présidente de lAssemblée nationale avec le député Vincent Caure à la rencontre des Français de Londres
    Yaël Braun-Pivet_ présidente de lAssemblée nationale avec le député Vincent Caure à la rencontre des Français de Londres

    Ça me permet de mieux comprendre leurs attentes, leurs difficultés, mais aussi leurs réussites. Les Français de l’étranger sont très divers : ils viennent de tous horizons, de tous les territoires de France et de toutes générations, ces rencontres sont très riches. »

    Lesfrançais.press: « De nombreuses lois françaises ont un impact direct sur nos compatriotes vivant à l’étranger. Comment faire pour qu’ils soient davantage pris en compte lors des débats ? »

    Yaël Braun-Pivet: « C’est un vrai sujet, et je pense qu’on peut encore progresser. La démocratie représentative ne peut ignorer les Français qui vivent hors de l’Hexagone.

    « La démocratie représentative ne peut ignorer les Français qui vivent hors de l’Hexagone »,

    Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale

    D’abord, il faut renforcer les outils d’évaluation des impacts extraterritoriaux de nos lois. Ensuite, nous devons institutionnaliser davantage la consultation des Français de l’étranger, en particulier sur les textes les concernant directement : fiscalité, éducation, protection sociale. Enfin, je plaide pour une meilleure articulation entre les députés des Français de l’étranger et les commissions permanentes, afin que leur expertise ne reste pas périphérique, mais irrigue pleinement le travail parlementaire. »

  • Affluence record pour la Gay pride à Budapest

    Affluence record pour la Gay pride à Budapest

    Si aucun chiffre officiel n’est disponible, les organisateurs ont estimé à près de 200 000 le nombre de participants à la Gay pride à Budapest, les places et avenues le long du parcours étant noires de monde. Pour le Premier ministre Viktor Orbán et son parti Fidesz, ce succès de la Pride est très embarrassant et aura surement des répercussions politiques.

    Une ambiance festive

    Le cortège s’est ébranlé vers 15 h (13 h GMT) près de l’hôtel de ville de la capitale parée de couleurs arc-en-ciel, sous un soleil de plomb, et les derniers sont arrivés à destination quatre heures plus tard.

    Parmi les manifestants, il y avait aussi des élus des Français de l’étranger comme Mélanie Vogel mais aussi beaucoup de simples Hongrois comme Zoltan, 66 ans qui déclare à l’AFP « Je suis fier d’être gay et j’ai très peur que le gouvernement veuille nous rabaisser. Je suis surpris qu’il y ait autant de monde ». Marcell Szanto, un étudiant de 22 ans et « allié hétéro » de la communauté LGBT+, salue « une expérience formidable », loin de « la haine caractérisant habituellement l’ambiance en Hongrie ».

    Mélanie Vogel avec des acteurs locaux lors de la pride à Budapest ce 28 juin 2025 ©Mélanie Vogel
    Mélanie Vogel avec des acteurs locaux lors de la pride à Budapest ce 28 juin 2025 ©Mélanie Vogel

    « Défendre les droits du peuple »

    « La liberté et l’amour ne peuvent être interdits ! » : le message s’affiche en grand dans une ville en pleine effervescence, sous la surveillance de la police et sans tensions à ce stade, alors que les contre-manifestants d’extrême droite étaient peu nombreux. Viktor Orbán voulait éviter les images de répression violentes : vendredi 27 juin, il avait écarté toute intervention des forces de l’ordre, tout en menaçant les éventuels participants de conséquences légales a posteriori.

    Car dans toute l’Europe, les yeux sont braqués sur ce pays de 9,6 millions d’habitants qui s’est attiré les foudres de la Commission européenne avec cette interdiction rappelant celles de Moscou en 2006 et d’Istanbul en 2015. « Le danger est là. Une internationale réactionnaire arrive sous nos yeux, aux États-Unis, en Hongrie, en Italie, en Russie », a lancé le représentant de l’association Aides pendant une marche des fiertés à Paris, où des milliers de participants se sont rassemblés samedi.

    Après le soutien affiché par 33 pays à cette manifestation, le ministre de la Justice a prévenu les diplomates en poste à Budapest que s’ils participaient à cet évènement interdit, ils devraient en assumer les conséquences.

    Au moins 70 eurodéputés ont annoncé leur présence « pour dire à Viktor Orbán qu’on ne tolérera pas qu’il démantèle le projet européen », selon les mots du Français Raphaël Glucksmann, qui a appelé Bruxelles à « mettre un stop » au dirigeant nationaliste.

    « Le Parlement européen est à vos côtés », a affirmé l’eurodéputé roumain Nicolae Ștefănuță, vice-président du Parlement européen (Verts/ALE), après avoir participé à la marche. La commissaire européenne à l’Egalité, Hadja Lahbib, s’est rendue en Hongrie et s’est exprimée en faveur de la Pride vendredi.

    Des caméras avaient été installées en amont et la reconnaissance faciale pourrait permettre aux autorités de distribuer des amendes pouvant aller jusqu’à 500 euros, tandis qu’organiser ou appeler à y participer est passible d’un an de prison.

    Selon le gouvernement, il ne faut pas exposer les mineurs à l’homosexualité et à la transidentité, et encore moins à des scènes de « débauche ». Outre la loi adoptée mi-mars visant à interdire de tels rassemblements, il est allé jusqu’à modifier la Constitution pour assurer ses arrières. Il y affirme l’intérêt supérieur de l’enfant pour justifier sa remise en cause de la liberté de manifester.

    Pride de Budapest, en Hongrie, le 28 juin 2025. ©EPA/ZOLTAN BALOGH HUNGARY OUT
    Pride de Budapest, en Hongrie, le 28 juin 2025. ©EPA/ZOLTAN BALOGH HUNGARY OUT

    « But contre son camp »

    « Merci, Viktor Orbán, d’avoir fait la promotion d’une société plus tolérante », a ironisé sur Facebook le maire écologiste de Budapest, Gergely Karacsony, qui avait décidé de maintenir la Pride envers et contre tout. « Au lieu de marquer des points », le gouvernement « a marqué un énorme but contre son camp en tentant d’empêcher l’évènement aujourd’hui », a renchéri un autre opposant, Peter Magyar (Tisza), en tête dans les sondages avant les législatives du printemps 2026.

    Gergely Karacsony à la pride de Bucarest ce 28 juin 2025 ©AFP
    Gergely Karacsony à la pride de Bucarest ce 28 juin 2025 ©AFP

    Encouragé par l’offensive de Donald Trump contre les programmes de promotion de la diversité, Viktor Orbán espérait « polariser la société », selon les politologues, une recette qui avait bien fonctionné par le passé. Avant le retour au pouvoir en 2010 de Viktor Orbán, la Hongrie était l’un des pays les plus défenseurs des droits des LGBT+ dans la région : l’homosexualité y avait été dépénalisée dès le début des années 1960 et l’union civile entre conjoints de même sexe reconnue dès 1996. Mais le chef de gouvernement, chantre de  « l’illibéralisme », a petit à petit changé la donne.

  • La Haine vous va si bien

    La Haine vous va si bien

    Difficile, a priori, d’être un partisan de la haine. Chacun y va de sa bonté, de son droit, de son humanité. Chacun se scandalise des offenses faites à sa foi, sa chair, son identité, voire à celle d’autrui, par empathie. Cela est juste et bon. Il n’est pas une idée du bien qui n’ait justifié des massacres. Toujours tuer, au nom du bien. Comme il n’est pas si facile que cela de tuer, mieux vaut haïr son ennemi. Encore un petit peu : s’il vous plaît, faites un effort. La haine vous va si bien.

    Comment raser Gaza si l’on ne désespère pas de l’humanité des Palestiniens ? Comment honorer le Hamas si l’on ne considère pas les Israéliens comme des Untermenschen ? Raser Gaza est légitime, au nom du droit à la sécurité, de la vraie paix, de la justice. Détruire Israël est légitime, puisqu’Israël rase Gaza, et rêve depuis toujours de le raser. Il faut donner une autre définition à l’antisémitisme, pour permettre à ceux qui veulent raser Israël de la carte de ne pas être antisémite. Puisqu’au-delà d’Israël, tous les juifs sont coupables, puisqu’a priori, solidaires. Ils méritent la haine, les bombes, depuis toujours. Le grand rabbin de Russie se voit obligé de recommander encore une fois aux Juifs de s’en aller. Ils avaient quitté la Russie soviétique les premiers. Le Parti les laissait partir contre rançon. Comme le faisaient les pays arabes, y compris le roi du Maroc. Payer pour partir. La liberté a un prix.

    Mais ce sont les Ukrainiens les Nazis. C’est pourquoi il est légitime de dénazifier l’Ukraine. Une fois dénazifiés, les Ukrainiens redeviendront ce qu’ils ont toujours été : des Russes. La bonté commande d’accueillir les enfants ukrainiens, de leur donner un nouveau nom, de nouveaux parents, de bons parents. Et la Justice de bombarder les villes ukrainiennes, les écoles, les hôpitaux, qui cachent, comme à Gaza, des terroristes. Terroristes ? Étrange guerre, quand on a toléré si longtemps le financement de ces organisations, à commencer celle du Hamas. Un Prince du Qatar défile sur les Champs-Elysées à Paris, Netanyahou finance une milice islamiste, réalisme, sans doute.

    À partir de 6 h 55 le 07/10/23, les commandos fondent sur plusieurs villages agricoles et sur un rave où des centaines de jeunes sont venus s’amuser en ce dernier jour de la fête juive de Souccot. ©PHOTO JACK GUEZ, AGENCE FRANCE-PRESSE
    À partir de 6 h 55 le 07/10/23, les commandos fondent sur plusieurs villages agricoles et sur un rave où des centaines de jeunes sont venus s’amuser en ce dernier jour de la fête juive de Souccot.
    ©PHOTO JACK GUEZ, AGENCE FRANCE-PRESSE
    Des membres d’une unité de défense civile palestinienne s’apprêtaient à transporter le corps de l’une des 44 personnes civiles tuées lors de l'effondrement de trois immeubles résidentiels à Gaza, à la suite de frappes aériennes israéliennes menées le 16 mai 2021. © 2021 Rizek Abdeljawad/Xinhua via Getty Images
    Des membres d’une unité de défense civile palestinienne s’apprêtaient à transporter le corps de l’une des 44 personnes civiles tuées lors de l’effondrement de trois immeubles résidentiels à Gaza, à la suite de frappes aériennes israéliennes menées le 16 mai 2021. © 2021 Rizek Abdeljawad/Xinhua via Getty Images

    Pourquoi tant de bourreaux ?

    Les Musulmans sont de mauvais Indiens. Les vrais Indiens sont hindous. Les vrais Musulmans sont chiites, du moins en Iran, inversement selon les pays dans lesquels mieux vaut être sunnite. Encore faut-il regarder de plus près Salafistes, Frères musulmans, vrais berbères, faux arabes, Peuls, Chrétiens du Soudan, Coptes, Musulmans déviants du nord … Ce n’est pas la religion qui anime les conflits, elle fournit les drapeaux. Le dieu de la guerre n’a pas besoin d’autre dieu. Mais si certains veulent participer à la curée, bienvenue à tous les prêtres bâtisseurs d’enfer, à tous les excommuniants et autres fatweurs.

    Comment devient-on bourreau ? Il y a ceux qui tuent, ceux qui commandent, ceux qui incitent. Ceux qui tuent sont coupables. Ce ne sont pas toujours les plus coupables. Comme dans les prisons syriennes, ils sont pris dans un processus de terreur, font comme les autres, se pensent soldats, atteignent des résultats. Les bourreaux sont souvent des gens ordinaires, agissent en bande. La foule couvre tout et tous.

    Mais avant un massacre, il faut une idée. Le bourreau du bureau manipule des milliers de braves gars qui deviennent tortionnaires. Il faut croire au parti, à la cause, à la révolution, à la nation. Il faut détruire l’autre. La torture sert à cela, à déshumaniser, à casser le miroir. Que le bourreau ne se voit pas dans la victime. Qu’il ait bien assimilé que la victime, de toute façon, était en trop. Les Israéliens sont en trop. Ou les Palestiniens. Ou les Albanais, les Bosniaques, les Tutsis, les Indiens, les Rohingyas, les Latinos, les Roms. Il y a beaucoup de voisins en trop. Les désigner, les marquer, les éliminer. Le discours l’explique, la guerre l’autorise. Parfois la loi le justifie. Chaque exécuteur a un supérieur. Il fait son travail. Il agit en groupe.

    Avant un massacre, il faut une idée. Le bourreau du bureau manipule des milliers de braves gars qui deviennent tortionnaires.

    Tuer, torturer, violer n’est pas seulement profiter d’une impunité, c’est accomplir un travail nécessaire. Éliminer tous ceux, hommes, femmes, enfants, jeunes, vieux, parce qu’ils sont en trop. Effrayer, parce que la terreur nettoie, sert d’exemple. Elle est nécessaire, efficace. La terreur devient un acte utile. La politique peut tout justifier.

    Tout cela semble loin, d’un autre âge, d’une autre humanité. Plus jamais ça, a-t-on dit cent fois. Et la barbarie revient sans cesse. L’idée d’éliminer l’autre. Il y a toujours au départ l’idée que la violence est légitime, nécessaire. Un mal pour le bien. Eux ou nous. Quand l’État s’en mêle, c’est pire, parce que seul l’État peut empêcher les massacres entre groupes.

    Quand est-ce que cela survient ? En temps de crise, chaque crise en amenant une autre, extérieure ou interne. Qu’est-ce qui l’empêche ? Seulement les États qui respectent certains principes de droit, le droit universel. On peut se moquer des droits de l’homme tant qu’on veut, enlevez-les et les remplacent mille idoles au nom desquels aucun ne sera digne d’un autre.

    Tribunal international de la Haye ©AFP
    Tribunal international de la Haye ©AFP

    La politique est justement cela : éviter le massacre, inventer des règles communes pour repousser le bonheur cannibale.

    Ils ont beau visage, ceux qui se croient réalistes, qui acceptent la violence et les tueries inutiles comme des maux nécessaires, massacreurs de salon qui dissertent sur le bien, toujours le bien, ils n’oublient pas seulement la vraie réalité, le vrai sang, la chair, ils oublient que la politique est justement cela : éviter le massacre, inventer des règles communes pour repousser le bonheur cannibale. Que le monde soit violent est une évidence. Que la guerre est plus ancienne que l’histoire aussi. Il est même possible de douter du progrès. À ceci près que le constat est sans appel : sur le long terme, les peuples qui subsistent sont ceux qui respectent les règles.

    Les civilisations qui prospèrent sont celles qui respectent l’humanité de l’homme. Elles commencent par les respecter dans l’ordre interne, ce qui évite la guerre civile. Toutes les autres ont disparu. Les héritiers de Gengis khan et de Tamerlan n’ont duré qu’en devenant peintres et poètes.

    Enlevez cet effort, le respect du droit, ne restent que l’assassinat, le massacre, l’heureux tyrannicide.

    Le réalisme oblige à considérer tout aussi ce qu’il a d’humain dans l’humanité : la violence, la haine, la raison aussi. L’aspiration à la paix, et même la fraternité. Des mots ? Des principes transcris dans le droit. Enlevez cet effort, le respect du droit, ne restent que l’assassinat, le massacre, l’heureux tyrannicide. Le principe de toute civilisation est de mettre la haine hors-la-loi. Qui ne respecte pas ce principe disparaît tôt ou tard. Il n’y a pas de victoire, si, à la fin, il n’y a pas un document de paix. C’est vrai pour l’Iran, pour les Palestiniens, pour tous. Tant que l’adversaire n’admet pas une nouvelle règle, il n’y a pas de paix, personne n’a gagné. La seule guerre légitime est celle qui permet d’obtenir la paix.

    Haïr son ennemi permet peut-être de mieux combattre. Mais il n’est pas nécessaire de l’aimer pour faire la paix. Il suffit de réfléchir : Seul subsiste celui qui admet ses voisins, proches ou lointains. Cela vaut pour la Russie, l’Iran, Israël, le Rwanda, le Soudan, l’Inde… Aujourd’hui, tous sont voisins de tous. Bienheureux monde qui oblige sous peine de destruction massive de se supporter les uns les autres ! On dit que le mal est malin. Il se déguise sous la forme du bien. Mais le bien aussi est malin. 

    Laurent Dominati 

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app bancaire France Pay.

    Laurent Dominati

  • Samantha Cazebonne : quelles réponses aux tensions montantes au sein du réseau AEFE ?

    Samantha Cazebonne : quelles réponses aux tensions montantes au sein du réseau AEFE ?

    Un conseil d’administration annulé in extremis. Une réforme budgétaire qui suscite de vives réactions. Des enseignants inquiets. Des parents d’élèves qui s’interrogent de plus en plus. Dans cette situation, quelles réponses apporter aux tensions montantes au sein du réseau AEFE ? Lesfrancais.press s’est entretenu, « En toute confidence », avec la sénatrice Samantha Cazebonne, qui livre un diagnostic et propose des pistes pour sortir de la crise.

    Ecouter le podcast avec Samantha Cazebonne

    AEFE : Une décision reportée, un réseau en suspens

    C’est un fait rarissime dans le fonctionnement administratif français : le conseil d’administration de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), a été suspendu à la dernière minute. À l’origine de cette décision, une proposition qui a semé l’émoi dans le réseau scolaire français à l’étranger et au cabinet du ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin : le transfert d’une part de la charge salariale des enseignants vers les établissements, et donc indirectement, vers les familles.

    Samantha Cazebonne intervenant au printemps de la recherche en éducation
    Samantha Cazebonne intervenant au printemps de la recherche en éducation

    Cette initiative a alors été perçue comme précipitée. « Non, je n’ai pas connaissance d’un précédent », admet la sénatrice membre du parti Renaissance (fondé par Emmanuel Macron) Samantha Cazebonne, avant d’ajouter : « Je ne vous cache pas ma surprise, mais c’est une intervention légitime. Le ministre a voulu comprendre les conséquences d’une mesure qui relève d’une décision politique. »

    L’AEFE sous pression budgétaire

    Ainsi, l’agence qui pilote les lycées français à l’étranger n’est pas exempte de critiques, mais pour la sénatrice, il ne s’agit pas de chercher des coupables. « L’AEFE répond à une situation provoquée par des restrictions budgétaires. Ce n’est pas elle la responsable directe. »

    « Nous avons tous à être inquiets. Les enseignants, bien sûr, mais aussi les parents et les élèves. Nous avons un modèle à sauver »

    Samantha Cazebonne, sénatrices des Français établis hors de France

    Le fond du problème ? Un déficit aggravé. La subvention de l’État à l’AEFE est de 120 millions d’euros, mais la somme à financer s’élève à près de 190 millions. « Il y a un différentiel que l’agence ne peut plus combler », explique Samantha Cazebonne, évoquant une coupe budgétaire supplémentaire de 25 millions d’euros votée au Sénat, qu’elle désapprouve ouvertement.

    Au cours de cet entretien, la sénatrice rappelle que le système est déjà inégalitaire. « Il y avait déjà une école à trois vitesses » : les établissements partenaires sans aide, les établissements conventionnés aidés jusqu’à 1 700 euros par élève sans condition de ressources, et les EGD (établissements en gestion directe) fortement subventionnés. Ce déséquilibre est aujourd’hui insoutenable. Ce qui explique plus largement les tensions actuelles, outre celle des pensions qui a secoué la communauté scolaire ces derniers jours.

    Pour elle, tout le monde est concerné par cette crise. « Nous avons tous à être inquiets. Les enseignants, bien sûr, mais aussi les parents et les élèves. Nous avons un modèle à sauver. »

    Une piste de sortie : le détachement direct des enseignants

    « En toute confidence », la sénatrice ne se contente pas de pointer les failles : elle propose une solution concrète, plus équitable selon elle. Plutôt que de faire peser le coût sur les familles, elle suggère d’élargir le détachement direct. « L’enseignant serait détaché directement par le ministère de l’Éducation nationale, qui prendrait en charge la part patronale des pensions civiles. »

    Samantha Cazebonne
    Samantha Cazebonne

    Les établissements français à l’étranger : une vigilance constante à l’international

    Ce système, déjà utilisé dans certains établissements partenaires, permettrait d’alléger la charge de l’AEFE. « Pour le ministère, c’est l’épaisseur du trait. Pour nous, c’est fondamental. » Mais elle insiste : cela doit se faire « dans une concertation étroite avec les syndicats » pour garantir le respect du statut des enseignants.

    Handicap : vers une meilleure inclusion à l’étranger

    Autre combat de la sénatrice : le soutien aux élèves à besoins particuliers. Une récente proposition de loi vise à améliorer le parcours des enfants en situation de handicap, y compris à l’étranger.

    « Ce ne sont pas aux familles de faire les sacrifices. C’est à nous de trouver les moyens publics pour aider ces enfants, comme en France »

    Samantha Cazebonne, sénatrices des Français établis hors de France

    Pour Samantha Cazebonne milite pour une formation accrue des AESH, des référents MDPH dans chaque établissement, et une équité de financement avec la métropole. « Ce ne sont pas aux familles de faire les sacrifices. C’est à nous de trouver les moyens publics pour aider ces enfants, comme en France » nous dit-elle.

    Les Palmes EFE : la Sorbonne comme tremplin

    Enfin, la sénatrice confirme une deuxième édition des Palmes du réseau d’enseignement français à l’étranger, avec des nouveautés. « Nous irons en région, dans le monde, pour mettre en lumière les spécificités locales du réseau. »

    Samantha Cazebonne lors de la cérémonie des palmes EFE à la Sorbonne
    Samantha Cazebonne lors de la cérémonie des palmes EFE à la Sorbonne

    Elle promet aussi une cérémonie plus dynamique et chargée de sens : « Cette année, nous rendrons hommage aux femmes afghanes, privées de tout droit. Les Palmes seront aussi un porte-voix. »

    Les établissements français à l’étranger : une vigilance constante à l’international

    Alors qu’elle revient de mission en Asie centrale et en Inde, la parlementaire rappelle que le contexte international rend le rôle des établissements français d’autant plus crucial. « Nos enseignants sont des experts de l’adaptation. Je veux les protéger, eux, les élèves, et les familles, face aux crises. »

    AEFE : vers une réforme importante ?

    Dans un moment charnière pour l’enseignement français à l’étranger, Samantha Cazebonne ne se veut ni alarmiste, ni complaisante, elle appelle avant tout à une réforme de fond et à une solidarité renforcée pour préserver un modèle d’excellence… aujourd’hui en péril.

  • Les musées à visiter en France cet été 2025

    Les musées à visiter en France cet été 2025

    Comme chaque année (hors Covid), les Français de l’étranger reprennent le chemin de la France, l’occasion de retrouver la famille et les amis, mais aussi de faire découvrir le pays aux petits Français nés à l’étranger mais pas que… Et comme vous le savez, la France, par sa géographie, son histoire dispose d’un large patrimoine, ce n’est pas un hasard si la France est le pays le plus visité au monde. Pour vous aider nous avons fait une petite sélection ! Alors, quels sont les musées à visiter en France cet été 2025 ?

    Musée du Louvre
    Musée du Louvre

    Le Musée du Louvre

    On commence par le célébrissime Musée du Louvre, à ce jour, il est le plus grand musée d’art et d’antiquités au monde, mais aussi le plus visité. Construit comme forteresse pendant le règne de Philippe Auguste, il fut relié au Palais des Tuileries, demeure royale française, à l’initiative d’Henri IV vers la fin du 16e siècle. Si le projet de faire du Louvre un lieu de conservation d’œuvres d’art est né sous le règne de Louis XIV, ce n’est qu’après la Révolution française qu’il sera transformé en musée. Plus de 500 000 œuvres y sont aujourd’hui conservées, des antiquités égyptiennes, grecques et romaines à l’art occidental du Moyen-Âge au XIXe siècle. L’un des catalogues les plus riches et les plus variés au monde.

    Les incontournables : La Joconde de DaVinci, bien sûr, mais aussi Les trois Grâces de Lucas Cranach, Le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault, La Grande Odalisque de Jean-Auguste-Dominique Ingres, la Vénus de Milo, le Grand sphinx de Tanis, les statues d’Ain Ghazal et le Sacre de Napoléon de David.

    Vent des Forêts dans la Meuse

    Cela fait maintenant 26 ans que ce lieu d’art contemporain à ciel ouvert existe. Il est composé de 45 kilomètres de sentiers forestiers et dispose de plus de 120 œuvres d’art disséminées dans les 7 circuits balisés. Vent des Forêts accueille plasticiens, sculpteurs, designers, nationaux et internationaux logés directement chez l’habitant. Tous ensemble, ils unissent leur savoir-faire afin de créer de magnifiques œuvres in situ, qui peuvent se mêler discrètement au décor naturel ou bien s’établir en œuvre monumentale. Gros coup de cœur !

    Vent des Forêts dans la Meuse
    Vent des Forêts dans la Meuse

    Marinette et Henri Cueco à Lyon

    Couple inséparable, Marinette et Henri Cueco avaient des pratiques artistiques aux antipodes l’une de l’autre. Henri Cueco (1929-2017) fut un des ténors d’une période où, à la suite du Salon de la jeune peinture puis du mouvement de la Figuration narrative, il cofonda, en 1972, la Coopérative des Malassis, regroupant des artistes engagés vigoureusement en politique. Marinette Cueco (1934-2023) fut longtemps enseignante tout en pratiquant la tapisserie et le tissage, techniques qu’elle appliqua vite à une forme particulière de land art. Elle utilisait ainsi des végétaux, soit sous forme d’installations au sol, soit de panneaux accrochés aux murs, des abstractions (on peut en voir des beaux exemples jusqu’au 26 juillet à la galerie Ceysson & Beynetière, à Lyon), œuvres fort différentes des peintures.

    Le Musée de l’Orangerie

    Construit en 1852 sous Napoléon III, l’actuel Musée de l’Orangerie doit son joli nom aux orangers du jardin du Palais des Tuileries (détruit en 1871) qu’il abritait durant l’hiver. À la façon d’une serre, il a été pensé pour capter la lumière et la chaleur du soleil. Il faudra attendre 1921, pour qu’il devienne un lieu d’expositions d’artistes vivants. Et c’est Claude Monet qui ouvre le bal, selon l’idée de Georges Clémenceau, président du Conseil, qui souhaite exposer le grand ensemble des Nymphéas que l’artiste est en train de peindre et a offert à l’État. Huit compositions monumentales de deux mètres de haut sont exposées entre les murs du Musée de l’Orangerie, et montrées au public en 1927, quelques mois après la mort de Monet. Depuis, le musée a exposé les plus grands, de Rubens à Degas en passant par Van Gogh.

    Le Musée de l'Orangerie

    Un Été au Havre en Normandie

    Au Havre, la ville se transforme en véritable centre d’art extérieur l’été. Au programme d’un Été au Havre : œuvres et installations dans l’espace public, parcours d’art dans la ville et expositions. Les œuvres d’artistes de renommée internationale sont renouvelées chaque année, apportant avec eux un vent de fraîcheur sur la ville du Havre. Cette dynamique est d’ores et déjà un succès depuis 2017 pour la ville et ses habitants. Pour les retardataires, filez voir aussi la collection permanente qui rassemble des œuvres des éditions précédentes. Venez découvrir ce que le Havre a dans le ventre !

    Un Été au Havre en Normandie
    Un Été au Havre en Normandie

    Le Partage des Eaux en Ardèche

    Le Partage des Eaux est une initiation à l’art sur plus de 100 kilomètres. Cette aventure formidable en Ardèche vous permettra de découvrir des paysages magnifiques à pied, à vélo, ou à cheval grâce au GPS artistique qui jalonne le GR7 ! Lors de vos randonnées, vous trouverez des œuvres in situ, du mobilier et des Mires. Le site est une véritable source d’inspiration dans la région, notamment grâce à son patrimoine naturel et à l’installation d’œuvres exceptionnelles. Rando, expo, dodo !

    L’écomusée sous-marin à Cannes

    On avait dit en plein air, mais en pleine mer ça compte ? Composé de 6 statues submergées de Jason de Caires Taylor, l’écomusée sous-marin est accessible à tous : un masque un tuba et c’est parti ! Attention, il est proscrit de s’en approcher de trop près. Cet écomusée a été installé près du rivage sud de l’île Sainte-Marguerite. Objectif ? Sensibiliser les visiteurs à la protection de la Méditerranée. On nage en plein film de science-fiction. Effet waouh assuré !

    L'écomusée sous-marin à Cannes
    L’écomusée sous-marin à Cannes
  • Ces quatre Français condamnés à mort dans le monde

    Ces quatre Français condamnés à mort dans le monde

    En attendant le jugement de Tom Felix en Malaysie et après le retour de Serge Atlaoui, condamné à mort pour trafic de drogue en Indonésie cet hiver, il reste quatre Français condamnés à mort dans le monde. Qui sont-ils ? Que peut faire la France pour eux et leurs proches ?

    Nora Lalam 19 ans sans information

    En Algérie, une Française, la seule femme de cette liste, se trouve dans le couloir de la mort depuis 2005. Ou c’est en tout cas ce que supposent les ONG, puisque très peu d’informations ont filtré depuis l’arrestation de cette personne, dont même le prénom relève du mystère. « Le nom de Nora Lalam est ressorti, mais on n’est pas parvenu à le confirmer », nous révèle Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général de l’ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM). Même les causes de son arrestation ne sont pas connues, ni même si sa peine de mort a été exécutée ou si elle est toujours en vie. Aucune information n’est remontée en 19 ans.

    Cellule Maroc
    Cellule Maroc

    Chan Thao Phoumy, un Français de l’étranger

    Français né au Laos, il a été condamné à mort en août 2010, par un tribunal de Canton, dans le sud de la Chine, pour fabrication, transport, contrebande et trafic de méthamphétamine. En revanche, les autorités chinoises ne communiquent pas à propos des condamnés à mort dans ses cellules. Difficile même d’assurer que l’homme est toujours en vie et enfermé en Chine. Selon le consulat de Pékin qui suit son dossier, il est dans une situation de fort isolement avec uniquement des visites consulaires.

    Chan Thao Phoumy
    Chan Thao Phoumy

    Stéphane Aït-Idir et Redouane Hammadi, les dealers de Courbevoie

    Les deux hommes originaires de La Courneuve, en banlieue de Paris, ont été condamnés à mort au Maroc en janvier 1995 pour leur participation à l’attaque d’un hôtel de Marrakech qui avait fait deux morts parmi des touristes espagnols en août 1994. À noter que les peines de mort continuent d’être prononcées dans le pays, mais un moratoire est appliqué de facto depuis 1993. Aussi, un débat national existe sur la peine de mort, et le 17 décembre dernier, le Maroc a voté à l’ONU en faveur d’une résolution pour un moratoire sur la peine de mort dans le monde.

    Stéphane Aït Idir
    Stéphane Aït Idir
    Redouane Hamad
    Redouane Hamad

    Transfèrement ?

    L’État français ayant pour politique de lutter contre la peine de mort dans le monde et dans toutes circonstances, chaque condamnation devient quelque part un enjeu diplomatique.  La France, pour beaucoup de crimes, notamment ceux en Asie, est très présente. Les consulats y ont bien conscience de leur rôle et répondent présents !

    En revanche, sur des sujets comme le terrorisme, particulièrement au moment de la condamnation à mort des onze ressortissants français en Irak, alors même que l’Hexagone a été durement touché par des attaques, « le pays a été moins exemplaire », selon des associations comme Amnesty.

    Tom Felix

    Globalement, la lutte contre la peine de mort concernant les ressortissants français se résume en quelques points. De la prévention aux voyageurs qui se rendent dans les pays où les questions de drogue peuvent être passibles de peine de mort, à la réactivité des consulats sur place pour mettre à disposition des concernés, qui ne connaissent que rarement la législation et la langue locale, des moyens de se défendre.

    Après, ça se joue dans le dialogue entre les États concernés afin, au meilleur des cas, de pouvoir mettre en place une mesure de transfèrement, qui reste encore trop exceptionnelle.

  • Bagages à main en avion dans l’UE 

    Bagages à main en avion dans l’UE 

    Bagages à main en avion : les voyageurs aériens devraient pouvoir emporter gratuitement en cabine un petit sac ainsi qu’un bagage de 7 kg, ont estimé mardi 24 juin les membres de la commission des Transports (TRAN) du Parlement européen — une mesure vivement contestée par les compagnies aériennes.

    Cette disposition a été adoptée dans le cadre d’un ensemble d’amendements proposés par la Commission européenne aux règles sur les droits des passagers. Elle s’appliquerait à tous les vols au départ ou à destination de l’UE.

    Une écrasante majorité de députés européens de la commission des Transports (TRAN) s’est prononcée en faveur de la modification prévue de la législation européenne sur les droits des passagers, par 38 voix pour, 2 contre et 2 abstentions.

    Sans surprise, l’association professionnelle Airlines for Europe a vivement dénoncé le vote, accusant les eurodéputés d’introduire « par la petite porte » des amendements qui « priveraient les passagers de leur liberté de choix et de leur capacité à décider des services pour lesquels ils souhaitent ou non payer ».

    Le groupe de pression avait déjà critiqué le compromis trouvé par les groupes politiques de l’hémicycle quelques jours avant le vote, arguant qu’il entraînerait une augmentation des coûts pour les voyageurs.

    Mais pour les eurodéputés, la mesure vise à épargner aux passagers des « coûts supplémentaires injustifiés », a déclaré l’eurodéputé social-démocrate Matteo Ricci, l’un des initiateurs du texte, cité par l’AFP.

    Actuellement, de nombreuses compagnies à bas coût n’incluent dans le billet qu’un petit objet personnel en cabine et facturent en supplément tout autre bagage à main.

    L’organisation européenne de défense des consommateurs BEUC s’est elle aussi félicitée du vote, saluant une « position sans équivoque » des eurodéputés de la commission des Transports en faveur de la gratuité du bagage cabine.

    « Il s’agit d’une attente fondamentale des consommateurs, qui est pleinement conforme à l’arrêt de la Cour de justice selon lequel les bagages à main de taille raisonnable ne peuvent faire l’objet de frais supplémentaires »

    Steven Berger, responsable juridique du BEUC.

    En mai, le BEUC avait déposé plainte auprès de la Commission européenne et des autorités de protection des consommateurs contre plusieurs compagnies — EasyJet, Norwegian Airlines, Ryanair, Volotea, Vueling, Transavia et Wizz Air —, les accusant de pratiques tarifaires illégales sur les bagages à main.

    Encadrer les intermédiaires

    Parallèlement à cela, les eurodéputés ont voté l’introduction d’un formulaire commun pour les demandes d’indemnisation et de remboursement, ainsi qu’une liste de circonstances exceptionnelles — comme les catastrophes naturelles ou les conflits armés — permettant aux compagnies de refuser ces compensations.

    Ils ont également déclaré que les vendeurs de billets devraient informer les clients du coût total du vol, y compris tous les frais d’intermédiation, administratifs, de service et d’annulation, au moment de la réservation.

    Dans un texte législatif distinct, les législateurs ont aussi renforcé la protection des passagers pour les voyages multimodaux, c’est à dire qui impliquent un changement de mode de transport.

    Contrairement à la règle sur les bagages à main, les compagnies aériennes ont salué les dispositions relatives aux vendeurs de billets.

    Le Parlement européen prend enfin « des mesures contre le parasitisme en ligne en précisant les obligations et les responsabilités de toutes les entreprises qui vendent des voyages », a déclaré Airlines for Europe.

    Le groupe a souligné « la croissance rapide des intermédiaires en ligne désireux de commercialiser des voyages tout en évitant d’assumer leurs responsabilités en cas de problème ».

    La commission des Transports a décidé de passer directement aux négociations finales avec les gouvernements nationaux sur les amendements proposés.

    Bien que le Parlement puisse encore demander à se prononcer dans son ensemble lors de sa plénière de juillet, cela semble peu probable compte tenu du soutien quasi unanime exprimé lors du vote de mardi.

  • Racisme au Lycée Charles-de-Gaulle de Londres ?

    Racisme au Lycée Charles-de-Gaulle de Londres ?

    En cette semaine de fin d’année scolaire, une élève affirme avoir été victime d’insultes racistes répétées au Lycée Français Charles-de-Gaulle de Londres, symbole d’excellence académique.

    Gabrielle, élève de terminale dans l’établissement en gestion directe de l’AEFE, située dans le South Kensington, dénonce, dans le journal de l’établissement, avoir été la cible, tout au long de sa scolarité, de stigmatisations liées à sa couleur de peau. Parmi les insultes, le mot « singe », aurait été répété au fil des années ainsi que d’autres termes dégradants.

    L’adolescente décrit une culture scolaire toxique, où les blagues racistes circulaient librement sur les groupes WhatsApp de classe. Des élèves d’origines caucasiennes, écrit-elle, allaient jusqu’à solliciter la permission d’employer le mot commençant par “N” — une allusion transparente au terme “nègre” ou à son équivalent anglais ironisant et méprisant la portée symbolique de cette désignation qui renvoie aux pires heures de l’histoire humaine. Elle précise que certains élèves non noirs emploient cette insulte raciale « sans discernement, quand ils le souhaitent ».

    « Le racisme et la xénophobie sont répandus à tous les niveaux. En réfléchissant à mon expérience personnelle, je réalise que j’ai toujours évolué dans un environnement scolaire où le racisme persiste »

    Gabrielle – élève au Lycée Charles-de-Gaulle à Londres.

    Lycée Français CDG

    Quand le racisme devient un quotidien banalisé

    Plus inquiétant encore, Gabrielle affirme, dans les médias britanniques, que certains enseignants auraient eux aussi tenu des propos à caractère raciste ou xénophobe. Selon elle, des remarques telles que « roi de la jungle » ou « proche du singe » auraient été adressées à des élèves non blancs, contribuant à installer une culture insidieuse de racisme ordinaire au sein de l’établissement.

    « Il pourrait y avoir une corrélation entre les commentaires grossiers des enseignants et le comportement des élèves. On observe désormais une tendance à faire des blagues désobligeantes sur ce qu’ils qualifient de sales Arabes ou d’immigrés noirs. »

    Gabrielle – élève au Lycée Charles-de-Gaulle à Londres.

    Dans les différents articles relayés par la presse anglaise, elle indique que ces mots l’ont marqué durablement. Après sept années dans cet environnement toxique, Gabrielle confie avoir été profondément atteinte et avoir dû, pour continuer à avancer, apprendre à se protéger.

    Lycée Français CDG à Londres
    Lycée Français CDG à Londres

    Un témoignage qui fait écho

    Le récit de Gabrielle a résonné bien au-delà de son cercle immédiat, trouvant un écho puissant auprès d’autres élèves et parents d’élèves. La mère d’un enfant métis scolarisé au lycée rapporte que la prise de parole dans la presse britannique de Gabrielle a déclenché un débat intense au sein de la communauté scolaire. Plusieurs familles, notamment celles issues de minorités, envisagent de retirer leurs enfants, à cause du racisme au lycée qui sévit depuis des années.

    Cette mère, qui témoigne sous le couvert de l’anonymat, pointe également du doigt une frange de la communauté scolaire, évoquant des parents « catholiques parisiens, plutôt conservateurs et de droite », convaincus, selon elle, qu’il y a « trop d’Arabes et d’immigrés en France ». Une vision qui, combinée à une inertie institutionnelle, nourrit le climat délétère dénoncé.

    Elle déplore aussi ce qu’elle qualifie de « culture du silence » qui prévaut dans l’établissement, une forme de peur héritée du passé historique de la France, notamment de la période de l’Occupation. Cette crainte d’être stigmatisé comme « mouchard » dissuaderait beaucoup de dénoncer les faits, laissant ainsi perdurer une forme d’impunité qui alimente le racisme systémique.

    À la suite de ce cri du cœur, les premiers échos institutionnels se sont fait entendre.

    Prise de conscience de la communauté française

    Cet épisode a eu le mérite de libérer la parole et fera surement évoluer les positions. Ainsi, selon leur communiqué publié, on apprend que “le Lycée Français Charles de Gaulle prend en considération avec la plus grande vigilance le témoignage publié récemment concernant des faits de racisme au sein de l’établissement. ». L’occasion pour l’établissement de rappeler son attachement aux valeurs de la République en indiquant dans son courrier qu’ « aucune forme de racisme, d’antisémitisme, de xénophobie ou de discrimination n’a sa place dans la communauté scolaire et l’établissement tient à exprimer son soutien à la famille concernée.”

    Par ailleurs, le Collectif Indépendant des Parents du Lycée (CIPL), fraîchement créé, et qui représente la diversité des voix parentales sur des questions comme le racisme, salue le courage de Gabrielle et la transparence de la direction qui a permis la publication de son témoignage dans Rond-Point, le journal du lycée.

    Mais les réactions sont allées au-delà du monde scolaire, comme Samy Ahmar, élu des Français de l’étranger, qui tenait à saluer le courage de la proviseure, Catherine Bellus, qui a autorisé la publication du reportage.

    « Elle a pris la bonne décision et fait preuve d’un certain courage. Si cette jeune fille a ressenti le besoin de s’exprimer sur le racisme subi de la part de certains élèves, apparemment dans une relative impunité, il est essentiel qu’elle soit écoutée et que sa parole puisse en libérer d’autres. »

    Samy Ahmar, élu des des Français de l’étranger pour l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord

    Lycée Français CDG de Londres
    Lycée Français CDG de Londres

    De son côté, Patricia Connell, élue du centre ralliée au groupe Ensemble ! (soutien d’Emmanuel Macron) apporte aussi son soutien à l’ « initiative, discrète mais déterminante » de la directrice du Lycée mais rappelle aussi sur une réalité qui pour elle est incontournable.

    « Le racisme, les discriminations, l’intolérance existent. Ils traversent nos sociétés, nos écoles, nos lieux de vie. Les établissements français à l’étranger n’y échappent pas. Le témoignage de Gabrielle est un révélateur, qui nous oblige à regarder la réalité en face. »

    Patricia Connell, conseillère des Français de l’étranger pour l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord

    Pour l’élue, ce témoignage révèle aussi et surtout « un déficit plus large d’écoute, d’empathie, de tolérance envers ceux qui sortent des normes attendues ». Un point où elle retrouve l’élu socialiste Samy Ahmar qui tient à saluer « le travail mené par le lycée, ainsi que d’autres établissements du réseau, sur les questions d’antiracisme depuis plusieurs années. »

    En 2025, le Collectif Indépendant des Parents du Lycée nous pose une question en conclusion de son message en réaction au témoignage de Gabrielle .

    « Que reste-t-il de la promesse d’égalité, quand des enfants noirs doivent apprendre à se taire pour survivre — dans un établissement censé incarner les valeurs de la République ? »

    Gabrielle – élève au Lycée Charles-de-Gaulle à Londres.

  • L’Europe soulagée après le sommet de l’OTAN

    L’Europe soulagée après le sommet de l’OTAN

    Les membres de l’OTAN se sont accordés pour porter les dépenses de défense de 2 % à au moins 3,5 % de leur PIB national, avec 1,5 % supplémentaires dédiés aux infrastructures. Mais l’exploit réel, côté européen, aura peut-être été d’avoir su composer avec celui qui a un jour qualifié l’Alliance d’« obsolète » : le président américain Donald Trump.

    Le bon déroulement des discussions doit beaucoup au secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, fin connaisseur des ressorts diplomatiques et des exigences de son hôte. Il a soigneusement cadré le programme du sommet, qu’il a adapté à la capacité d’attention réputée fluctuante de Donald Trump, et n’a pas ménagé ses efforts pour flatter le président américain. Ce dernier a notamment été logé dans une suite du palais royal néerlandais.

     » Les dirigeants de l’OTAN ont commencé à construire une Alliance plus forte, plus juste et plus efficace.  »

    Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte

    «[Donald] Trump a clairement indiqué que les États-Unis étaient attachés à l’OTAN», a-t-il ajouté. Mais le président américain a également «clairement indiqué que les États-Unis attendaient des alliés européens et du Canada qu’ils contribuent davantage. Et c’est exactement ce que nous les voyons faire».

    Fidèle à lui-même, Donald Trump n’a pas tardé à revendiquer l’intégralité du succès : selon lui, cette hausse budgétaire est une conséquence directe de ses pressions répétées sur les alliés européens, qu’il accuse depuis des années de profiter de la protection américaine sans en assumer les coûts. Il a salué l’accord comme une « victoire monumentale » pour Washington.

    La veille, le président américain avait semé la confusion en remettant une nouvelle fois en question l’engagement des États-Unis envers la clause de défense mutuelle de l’OTAN alors qu’il se rendait à La Haye à bord de l’Air Force One présidentiel.

    Puis, le lendemain, il a adopté un ton plus conciliant, affirmant que Washington était avec les alliés « jusqu’au bout». Selon des témoignages provenant de la salle où se tenait la réunion des dirigeants, Donald Trump s’est montré très amical avec ses homologues.

    Cette brève accalmie n’a pas dissipé les tensions, car la satisfaction du président américain se fait au détriment des autres. Le nouvel engagement des membres de l’OTAN prévoit une révision des dépenses d’ici 2029 qui tiendra compte d’une réévaluation de la menace sécuritaire posée par la Russie, laissant la porte ouverte à de nouveaux ajustements à l’avenir.

    Donald Trump arrivant au sommet de l'OTAN aux Pays-Bas
    Donald Trump arrivant au sommet de l’OTAN aux Pays-Bas

    Dérogation pour l’Espagne

    Le texte semble laisser à l’Espagne une marge de manœuvre suffisante pour maintenir ses dépenses à 2,1 %, à condition que l’armée espagnole fournisse les capacités requises par l’Alliance. Les deux parties peuvent se targuer d’avoir remporté une victoire, du moins pour l’instant.

    Donald Trump a toutefois clairement indiqué mercredi qu’il ne laisserait pas le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s’en tirer à bon compte. Il a promis des représailles commerciales si Madrid continuait à traîner les pieds.

    « Nous négocions un accord commercial avec l’Espagne. Nous allons leur faire payer deux fois plus cher. Et je suis très sérieux à ce sujet. Ils veulent profiter un peu du système, mais je ne vais pas les laisser faire »

    Donald Trump, Président des États-Unis d’Amérique

    Et l’Ukraine ?

    Contrairement au sommet de Vilnius en 2023 ou à celui de Washington en 2024, le président Volodymyr Zelensky a été écarté de la session principale, une concession apparente aux préférences de Donald Trump.

    Les relations entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky sont depuis longtemps tendues et ont dégénéré en une catastrophe avec un violent affrontement public lors de la visite du dirigeant ukrainien à la Maison-Blanche fin février.

    Mais la rencontre très attendue entre les deux hommes à La Haye s’est déroulée sans incident, et Donald Trump et Volodymyr Zelensky ont tous deux qualifié leur conversation de «bonne».

    Cette rencontre n’a débouché sur aucun résultat concret, mais même une conversation agréable peut constituer un modeste succès diplomatique lorsque la chimie entre deux personnalités peut dicter l’issue des relations internationales.

    Tout semble aller pour le mieux dans l’Alliance de Donald Trump. «Je suis venu ici parce que c’était mon devoir, mais je repars avec un sentiment différent», a expliqué Donald Trump aux journalistes avant de monter à bord de l’avion du retour.

    « Je pars en disant que ces gens aiment vraiment leur pays, que ce n’est pas une arnaque, et que nous sommes ici pour les aider à protéger leur pays. »

    Donald Trump, Président des États-Unis d’Amérique

  • Vote par internet : Français de l’étranger participez au grand test

    Vote par internet : Français de l’étranger participez au grand test

    Contrairement à nos compatriotes de l’Hexagone, les Français de l’étranger peuvent souvent voter en ligne, depuis leur ordinateur ou leur smartphone. Encore faut-il que le système soit fiable, sécurisé et simple d’utilisation. Pour progresser dans ce sens, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères lance une grande simulation de scrutin électoral en conditions réelles. Alors, Français de l’étranger, participez au grand test du vote par internet. On vous explique comment faire.

    Le vote en ligne : une nécessité

    L’année prochaine les Français de l’étranger seront appelés à voter. Outre une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale qui déclencherait un nouveau scrutin, les élections consulaires sont d’ores et déjà programmées pour mai 2026.  Nos ressortissants vivants hors de France renouvelleront ainsi leurs élus locaux, appelés Conseillers et Conseillères des Français de l’étranger. Le vote par internet sera possible.

    Scrutin électronique
    Scrutin électronique

    Aussi, pour répondre à cette demande, l’objectif du test est d’améliorer le dispositif du vote en ligne et d’éviter également les contentieux potentiels. En effet, en 2022, le conseil constitutionnel avait dû annuler deux élections législatives concernant les Français établis hors de France en raison des dysfonctionnements intervenus lors du vote électronique. Il s’agissait de la 2eme (Amérique Latine et Caraïbes) et de la 9eme circonscription (Maghreb, Afrique de l’Ouest).

    Pour beaucoup de Français établis hors de France, ce scrutin électronique est une nécessité. C’est le cas, par exemple, des Français de Madagascar qui, en raison de l’éloignement des bureaux de vote, n’avaient pas pu tous se rendre aux urnes lors des dernières élections européennes. Lesfrancais.press avait partagé cette problématique dans un précédent article. Nul doute que vote par internet aurait permis à ces électeurs de faciliter leur participation.

    Voter via le web : pour toutes les élections ?

    Aussi, pour ne plus connaître ce type de situation, Jean Noël Barrot, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, avait déclaré lors de la conférence des ambassadrices et des ambassadeurs en janvier 2025 : « Le vote par internet sera étendu à tous les scrutins, et la propagande électorale deviendra entièrement numérique ». Pour cela, les solutions techniques doivent être adaptées, et les services de l’État ont donc pour mission de préparer d’ores et déjà les prochaines échéances électorales.

    Appel à volontaires pour le vote par internet Français de l’étranger

    Vote par internet : le grand test

    Pour que le vote par internet se déroule ainsi dans les meilleures conditions, les autorités nationales ont décidé de faire un grand test. Il s’agit de simuler une élection et de proposer aux électrices et aux électeurs inscrits à l’étranger de participer à cette opération électorale fictive grandeur nature. Pour cela, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères recherche donc des volontaires.

    Français de l’étranger, inscrivez-vous à ce test électoral en ligne

    Alors Français de l’étranger, vous pouvez participer à cette opération de « test grandeur nature de la nouvelle solution de vote par internet », comme l’indique la communication du ministère.

    Pour cela vous avez avec jusqu’au 11 juillet pour vous inscrire.

    Quelle condition pour participer :

    • L’électeur – électrice volontaire doit être inscrit sur la LEC (Liste électorale consulaire)
    • Nous vous invitons aussi à vérifier vos coordonnées téléphoniques (téléphone portable) et électroniques (adresse courriel) renseignées sur le Registre des Français établis hors de France. Cette vérification peut se faire en ligne en se rendant sur le portail www.service-public.fr

    Comment s’inscrire à ce grand test électoral ?

    • Chaque Française ou Français qui souhaite s’inscrire pour ce grand test du vote par internet doit contacter son consulat de rattachement : soit par courriel, soit en se rendant sur la page internet de son consulat, nombreux sont ceux qui ont créé un formulaire en ligne pour les volontaires.

    Identité numérique, les informations à savoir :

    • Grande nouveauté : ce test du vote par internet permettra à l’électeur de s’authentifier directement grâce à l’identité numérique certifiée, sans passer par la procédure habituelle qui nécessitait un identifiant reçu par courriel et un mot de passe reçu par SMS.
    • Si vous n’avez pas encore fait certifier votre identité numérique, vous pouvez le faire auprès de votre consulat avec votre carte nationale d’identité électronique (CNIe)
    • Les électeurs ne disposant pas de carte nationale d’identité électronique (CNIe) ou d’identité numérique certifiée recevront un identifiant par courriel et le mot par SMS comme lors des précédents scrutins.

    Date de ce scrutin fictif par internet :

    Ce test grandeur nature du vote par internet sera réalisé du 19 au 22 septembre 2025.

    En tant que Française ou Français de l’étranger, vous avez donc l’opportunité de contribuer à l’amélioration du système de vote par internet. Votre participation serait un signal positif envoyé à notre pays, témoignant ainsi du sens civique de nos ressortissants hors de France. Chaque volontaire permettra notamment de sécuriser, simplifier et moderniser ce mode de scrutin adapté à la vie nos expatriés. Ne manquez donc pas cette occasion de façonner le futur du vote en ligne.

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