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  • L’été 2025 : chaud en France et ailleurs

    L’été 2025 : chaud en France et ailleurs

    Alors que les Français expatriés observent, parfois de loin, les bouleversements climatiques qui frappent l’Hexagone et le monde, l’été 2025 s’impose comme un tournant. Canicules record, incendies géants, inondations meurtrières : les événements extrêmes se multiplient, dessinant un nouveau visage de la planète. Entre urgence sanitaire, défis environnementaux et adaptations forcées, cet été marque un avant et un après. Tour d’horizon d’une saison qui a mis la France et l’hémisphère nord à genoux, et interroge sur les risques à venir pour le sud de la planète.

    La France encore sous la canicule

    L’été 2025 restera dans les mémoires comme l’un des plus extrêmes (le 3ème) qu’ait connu la France. Dès le mois de juin, les météorologues et climatologues tiraient la sonnette d’alarme : jamais un début d’été n’avait été aussi sec et chaud, avec des températures dépassant largement les moyennes saisonnières et des vagues de chaleur précoces et intenses. Les prévisions se sont malheureusement confirmées : juillet a enregistré des excédents thermiques de +2 à +2,5 °C par rapport aux normes historiques, et plus de 266 stations météo ont relevé des températures supérieures à 40 °C entre le 9 et le 12 août.

    Les épisodes caniculaires, désormais quasi annuels, ont saturé les hôpitaux et poussé les autorités à transformer des patinoires en centres de rafraîchissement d’urgence, rappelant les tragédies sanitaires de 2003 ou 2019. La sécheresse et les risques d’incendie, notamment dans le sud-est, ont maintenu le pays en alerte maximale, avec des feux de forêt ravageant des milliers d’hectares et des restrictions d’eau généralisées.

    Canicule en France
    L’été 2025 – chaud en France et ailleurs

    Face à cette situation, le gouvernement a activé le plan Canicule et renforcé les dispositifs d’adaptation, comme le recensement des îlots de fraîcheur ou la sensibilisation des organisateurs d’événements. Pourtant, malgré ces mesures, le bilan humain est lourd : plus de 2 300 décès sont attribués aux vagues de chaleur en Europe, dont une majorité directement liée au réchauffement climatique. Les scientifiques insistent : ces événements extrêmes, plus fréquents et plus violents, sont une conséquence directe de l’élévation des températures et de l’accumulation de gaz à effet de serre.

    Un hémisphère nord en ébullition

    L’été 2025 n’a pas seulement frappé la France. Dans tout l’hémisphère nord, les records climatiques se sont enchaînés : mégafeux au Canada, moussons meurtrières au Pakistan, typhons dévastateurs en Asie, et des vagues de chaleur sans précédent de l’Écosse à l’Arizona. En Méditerranée, jusqu’à 68 % du bassin a été touché par des vagues de chaleur marine extrême, avec des températures dépassant de +3 à +6 °C les normales saisonnières. En Grèce, en Espagne ou au Portugal, les incendies ont détruit des centaines de milliers d’hectares, forçant des milliers de personnes à évacuer. Les scientifiques soulignent que chaque degré supplémentaire augmente le risque de précipitations extrêmes et d’inondations, comme celles qui ont frappé Hong Kong ou le nord de Pékin, où des pluies records ont causé des dizaines de morts.

    Feu forêts
    Des pompiers travaillent à éteindre un feu de forêt en périphérie d’Abejera de Tabara, Zamora, Espagne, le 13 août 2025. ©SUSANA VERA / REUTERS

    Ces phénomènes, amplifiés par le changement climatique, ont aussi révélé des situations inédites : des nuits tropicales (où la température ne descend pas sous 20 °C) ont concerné près de la moitié de la planète, et des régions comme la Laponie finlandaise ont battu des records de chaleur avec 26 jours consécutifs au-dessus de 25 °C. Les experts sont unanimes : « nous sommes désormais au cœur d’une ère où les événements extrêmes deviennent la norme, avec des conséquences dramatiques pour les écosystèmes et les populations. »

    L’hémisphère sud en ligne de mire

    Alors que l’hémisphère nord sort à peine d’un été historique, les regards se tournent vers le sud, où la saison estivale approche. Les prévisions sont alarmantes : les modèles climatiques anticipent une intensification des vagues de chaleur, des sécheresses prolongées et des risques accrus d’incendies, notamment en Australie, en Afrique australe et en Amérique du Sud.

    Les océans, déjà surchauffés, pourraient favoriser des cyclones plus intenses et des pluies diluviennes, comme celles qui ont frappé le Mozambique ou Madagascar ces dernières années. Les autorités locales et les organisations internationales appellent à une préparation renforcée, alors que les infrastructures et les systèmes de santé restent souvent fragiles face à ces défis.

    Pour les Français de l’étranger, ces perspectives rappellent l’urgence d’adapter les modes de vie et de renforcer la solidarité internationale. L’été 2025 aura été un électrochoc : le climat ne connaît plus de frontières, et les solutions doivent être globales.

  • La France dans l’œil du cyclone

    La France dans l’œil du cyclone

    La France replonge dans une crise politique qui pourrait, dès le 10 septembre, se doubler d’un blocage social. L’incapacité chronique du pays à régler ses problèmes financiers sur fond de croissance atone devient chaque jour plus visible.

    En cette rentrée, le nihilisme semble l’humeur dominante d’un peuple gagné par la défiance. Fragmentée, l’opinion hésite entre deux obsessions : d’un côté la lutte contre les inégalités et l’augmentation des impôts sur les « riches » ; de l’autre, la dénonciation de l’immigration, perçue comme la source de tous les maux. Plus qu’un simple désaccord, c’est une crise profonde d’altérité qui mine la Nation.

    Latente depuis des décennies, cette crise plonge ses racines dans l’incapacité du pays à s’adapter aux mutations du monde. La tentation d’un retour en arrière idéalisé domine : hier, c’était mieux. Jamais à court de paradoxe, les Français consomment sans retenue des technologies qu’ils récusent dans le discours : le progrès, oui, mais à condition d’en effacer les conséquences.

    Chaque difficulté a été confiée à l’État, devenu béquille
    permanente de la société.

    Dans le même temps, l’explosion de la dette publique — la plus lourde d’Europe en valeur absolue — illustre une démission collective : chaque difficulté a été confiée à l’État, devenu béquille permanente de la société. Les aides, prestations et subventions se sont accumulées sans jamais être remises en cause, y compris dans les périodes fastes.

    La responsabilité est partagée : une population nourrie d’égalitarisme forcené et des dirigeants succombant aux délices du populisme. Les Français ne peuvent pas ignorer que, dans leur grande majorité, ils profitent d’un système de protection sociale généreux. Le reste à charge pour les ménages en matière de santé est le plus faible d’Europe. Le niveau de vie des retraités y est un des plus élevés et la prise en charge des dépenses d’éducation parmi les plus importantes.

    Aux États-Unis, les étudiants sont obligés de s’endetter pour des années afin de financer leurs études. Le réseau de transports publics en France est l’un des plus développés de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Le parc d’HLM et les aides aux logements sont également enviés à l’étranger.

    La France en colère
    La France en colère ? ©AFP

    Malgré des atouts indéniables, la France s’enlise. La croissance disparaît, étouffée sous le poids des prélèvements, de la bureaucratie et d’une méfiance viscérale envers le progrès technique et les élites. Tandis que la productivité progresse aux États-Unis et au Canada, elle stagne, voire recule, chez nous.

    La France se contente de consommer les technologies de l’information sans en produire.

    Faute de réallocation des ressources, la France se contente de consommer les technologies de l’information sans en produire. Un fossé se creuse de part et d’autre de l’Atlantique.

    L’intelligence artificielle n’est certes pas la solution miracle, mais elle alimente déjà une part substantielle de la croissance américaine. La France, elle, a choisi l’attrition. L’argent y circule mal, figé dans des actifs stériles. La consommation est bridée, l’investissement productif insuffisant. Derrière le chiffre flatteur de créations d’entreprises se cache une réalité plus modeste : plus de 60 % sont des micro-activités à faible valeur ajoutée, souvent choisies par nécessité, pour compléter des revenus en berne. Le pays se fragilise, glissant lentement dans une forme de tiers-mondialisation économique et sociale.

    La France n’est pas condamnée. Mais la porte de sortie de la spirale passe par une rupture essentiellement sur le terrain mental et collectif. La volonté de s’en sortir collectivement doit prendre le dessus sur l’individualisme et le repli sur soi qui caractérisent actuellement la société française.

  • Vote de confiance de Bayrou : quel impact pour les expatriés ?

    Vote de confiance de Bayrou : quel impact pour les expatriés ?

    Le 8 septembre prochain, les députés se prononceront sur le sort de François Bayrou et de son gouvernement. Si la confiance que le Premier Ministre sollicite ne lui est pas accordée, il démissionnera avec ses ministres. Au-delà de l’instabilité politique en France, cette situation aura des répercussions pour les expatriés, notamment en raison de discussions en cours ou des réformes programmées. Explications.

    Quel avenir pour le projet de loi en faveur des expatriés ?

    En mars 2025, lors de la session plénière de l’AFE (assemblée des Français de l’étranger), le ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin, avait annoncé le dépôt d’un projet de loi en faveur de nos compatriotes vivant hors de France. Ce texte s’inspirait notamment d’une proposition commune déposée par deux députés issus de sensibilités politiques différentes : Éléonore Caroit (Renaissance, 2e circonscription des Français établis hors de France) et Karim Ben Cheikh (écologiste, 9e circonscription).

    Valeur également de symbole en ces temps politique ou les divergences sont mises en avant, l’expatriation rassemble. Ainsi le député des Français du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest avait déclaré à notre média Lesfrançais.press « Quand il s’agit des Français à l’étranger, nos clivages politiques s’estompent souvent face à des réalités très concrètes et partagée ». Propos dont se faisait également écho sa collègue représentant nos compatriotes d’Amérique latine et des Caraïbes pour qui « le plus important, c’est vraiment de défendre les Français de l’étranger dans leur ensemble ».

    En effet ce texte parlementaire est l’aboutissement d’un travail transpartisan. Il a pour ambition de « renforcer les droits et les services publics des Français établis hors de France », allant de la retraite à la scolarité en passant par l’entrepreneuriat, la fiscalité ou bien encore la culture pour ne prendre que ces exemples.

    Assemblée nationale
    Assemblée nationale
    et ses 577 députés réunis dans l’hémicycle @assemblée nationale

    Cet effort commun devait donc se traduire par le dépôt d’un projet de loi dédié aux Français de l’étranger. Au delà de la clarification et de la création de certains dispositifs, ce texte offrait aussi l’occasion de mieux définir qui sont les Français de l’étranger, dont l’image demeure floue dans l’Hexagone. C’était l’occasion d’expliquer, par des situations concrètes, ce qui se vit derrière les chiffres du rapport annuel publié par le gouvernement sur la situation de nos compatriotes établis hors de France. Ce texte devait être présenté à l’automne devant les parlementaires. Que deviendra-t-il si François Bayrou est contraint à la démission ?

    Les assises de la protection sociale impactées par le vote de confiance
    de François Bayrou ?

    Lancées également en mars 2025, les Assises de la protection sociale des Français de l’étranger pourraient, elles aussi, être affectées par la situation politique actuelle. Cette grande consultation sur les aides sociales, les bourses scolaires et la CFE (Caisse des Français de l’étranger) doit rendre ses conclusions à la mi octobre, afin de les transmettre au ministre chargé des Français de l’étranger et, plus largement, au gouvernement, pour que ses recommandations débouchent sur des mesures concrètes.

    Assises protection sociale des Français de l'Etranger
    Assises protection sociale des Français de l’Etranger

    Le résultat du vote de confiance du 8 septembre pourrait en atténuer la portée, malgré la dimension transpartisane du processus. Six mois de discussions, d’échanges, de réunions et de débats,… finiront-ils dans un tiroir du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) ? La question se pose. Toutefois, la continuité de l’État existe, et les élus des Français de l’étranger ne manqueront pas de faire entendre leur voix.

    Qui pour piloter la réforme de l’AEFE ?

    Autre dossier en cours : la réforme du réseau des établissements français à l’étranger. Lors d’un récent webinaire de la plateforme ReflexeS, l’avenir de l’AEFE a été posé sans détour. Présent à cet échange, le ministre délégué Laurent Saint-Martin a déclaré vouloir “repenser et réformer un modèle à bout de souffle”. Cette urgence partagée par de nombreux acteurs de la communauté éducative saura-t-elle surmonter l’instabilité politique actuelle ? Dans quelles conditions les réformes destinées à moderniser le réseau des écoles françaises à l’étranger pourront-elles alors aboutir ?

    Avec ce lien entre le vote de confiance des députés au Premier ministre François Bayrou et ses effets pour les expatriés, l’objectif n’est en aucun cas de défendre telle ou telle action gouvernementale. Il s’agit surtout de souligner que des mesures, au-delà des clivages partisans, sont en cours pour améliorer le quotidien de nos compatriotes établis hors de France.

    Ces évolutions concernent l’ensemble des Français de l’étranger, des plus jeunes aux retraités. Quel que soit le résultat du vote à l’Assemblée nationale le 8 septembre, la prise en compte des réalités vécues par nos compatriotes hors de l’Hexagone doit se poursuivre. Faute de quoi, le travail engagé pour les reconnaître pleinement comme partie intégrante de la communauté nationale serait fragilisé.

  • La Fabrique de la diplomatie : une immersion inédite au cœur de la politique étrangère française

    La Fabrique de la diplomatie : une immersion inédite au cœur de la politique étrangère française

    Saviez-vous que chaque année, des milliers de décisions prises dans l’ombre façonnent la place de la France sur la scène internationale ? Et souvent par ricochet, celles-ci ont un impact important sur votre vie de Français de l’étranger. Ce 5 septembre, la Fabrique de la diplomatie ouvre ses portes à Paris, à la Sorbonne Nouvelle – campus Nation, pour révéler ces mécanismes.

    Cet événement organisé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a comme objectif d’expliquer le rôle de la diplomatie française, ses enjeux et ses métiers. Pendant deux jours, la Fabrique de la diplomatie réunira expatriés, fonctionnaires consulaires, étudiants et professionnels de l’international. Au programme : des visites guidées, des ateliers, des rencontres avec des diplomates, des expositions interactives, etc.

    Pourquoi y aller ?

    Vivre à l’étranger, c’est une aventure enrichissante, mais aussi un défi au quotidien : démarches administratives, questions de sécurité, accès aux soins, ou encore accompagnement des projets professionnels.

    La Fabrique de la diplomatie est une occasion unique de découvrir comment le réseau diplomatique et consulaire français travaille concrètement pour vous. Vous y apprendrez comment les consulats protègent et soutiennent les Français à l’étranger, qu’il s’agisse de vous aider en cas de crise, de faciliter vos démarches administratives, ou de vous accompagner dans vos projets personnels et professionnels.

    Si vous êtes à Paris ou si vous avez la possibilité d’y aller, venez rencontrer ceux qui œuvrent en coulisses pour défendre vos intérêts, posez vos questions sur les services disponibles, et repartez avec des outils pratiques pour simplifier votre vie d’expatrié. Que vous soyez installé depuis des années ou en partance pour une nouvelle destination, cet événement vous donnera les clés pour mieux comprendre et tirer parti du soutien de la France, où que vous soyez dans le monde.

    © Ministère des Affaires étrangères 2025
    © Ministère des Affaires étrangères 2025

    Un programme riche et varié pour décrypter la diplomatie française

    Ainsi, les 5 et 6 septembre 2025, la Fabrique de la diplomatie investit le campus Nation de la Sorbonne Nouvelle à Paris pour deux jours d’échanges, d’ateliers et de rencontres autour des grands enjeux de l’action internationale de la France.

    Au menu : des conférences animées par des diplomates, des parlementaires, des experts d’ONG et des universitaires, qui aborderont des thèmes aussi variés que la protection des Français à l’étranger, les défis de la diplomatie économique, ou encore le rôle de l’Union européenne sur la scène mondiale.

    © Ministère des Affaires étrangères 2025
    © Ministère des Affaires étrangères 2025

    Les participants pourront notamment assister à des tables rondes sur l’agroécologie et les systèmes alimentaires durables, animées par des institutions comme le Cirad, ou découvrir des innovations pédagogiques comme le « Parcours Géopolitique Immersif », qui plonge le public dans les mécanismes de la diplomatie française à travers des jeux et des simulations interactives. Des stands tenus par des acteurs clés du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères permettront aussi de mieux comprendre les métiers et les missions du Quai d’Orsay, ainsi que les outils concrets mis à disposition des expatriés et des fonctionnaires consulaires.

    Des temps forts à ne pas manquer

    Parmi les moments phares de l’événement, ne manquez pas les débats sur l’intelligence artificielle et son impact sur la diplomatie, organisés en partenariat avec Le Grand Continent, ou encore les ateliers proposés par l’Académie diplomatique et consulaire pour décrypter les enjeux géopolitiques actuels. Les Clionautes présenteront également leur jeu « Diplomatie : Crise & Souveraineté », une façon ludique et immersive d’appréhender les défis de la politique étrangère.

    Enfin, des rencontres informelles avec des ambassadeurs et des conseillers diplomatiques offriront une occasion rare de poser vos questions et d’échanger sur les réalités du terrain. Que vous soyez expatrié(e) en quête d’informations pratiques ou fonctionnaire souhaitant approfondir vos connaissances, ces deux jours promettent de « changer le regard sur la politique étrangère de la France » et de renforcer le lien entre les citoyens et leurs représentants.

    Informations pratiques

    Date et lieu : 5 et 6 septembre 2025

    Lieu : Campus de Nation de l’Université Sorbonne Nouvelle – 8 avenue de Saint-Mandé, 75012, Paris.

    Accès : Ouvert à tous. Entrée libre et gratuite.

  • Rima Hassan donne son nom à une promotion d’Université belge

    Rima Hassan donne son nom à une promotion d’Université belge

    Depuis 2018, les étudiants de la faculté de droit et de criminologie de l’Université libre de Bruxelles (ULB) votent pour choisir une figure qui représentera leur promotion. L’année dernière par exemple, Robert Badinter avait été désigné. Pour 2025, le choix — purement symbolique et ne figurant sur aucun document officiel — s’est porté sur Rima Hassan.

    Qui est Rima Hassan ?

    Arrivée en France enfant en tant que réfugiée palestinienne, Rima Hassan est juriste de formation. Elle a rejoint La France Insoumise (LFI) en 2023 en vue des Européennes de 2024, à l’issue desquelles elle est entrée au Parlement européen, où elle siège au sein du groupe de La Gauche (GUE/NGL). Elle a été choisie par les étudiants de l’ULB pour son engagement sur la question palestinienne, alors que la guerre continue de faire rage à Gaza, que le bilan humain s’alourdit et que la Belgique peine à adopter une position sur la reconnaissance de l’État palestinien ou à établir des sanctions contre Israël.

    L’eurodeputée était notamment à bord de la Flotille pour la Liberté visant à acheminer de l’aide vers Gaza, en compagnie de Greta Thunberg. Elle participe à de nombreuses manifestations en soutien à la cause et s’exprime largement sur celle-ci.

    Un choix, des polémiques

    Ce choix a été porté en juin par 42 % des 331 étudiants votants, selon Le Soir. Elle a devancé les autres personnalités proposées, à savoir Gisèle Pelicot (32 %), Michèle Grégoire (20,2 %) et Typhanie Afschrift (5,7 %). 51,6 % des étudiants de la faculté ont participé au vote.  Depuis cette annonce, la polémique enfle. Entre soupçons de problèmes de procédures lors des votes, et pressions externes à l’université contre ce choix. Elle a enflé à tel point que le conseil facultaire de l’ULB s’est réuni jeudi midi pour examiner le dossier. L’ULB a finalement décidé de laisser la liberté aux étudiants de choisir le nom de leur promotion. La RTBF a rappelé qu’invalider ce choix aurait été une première en huit ans. La rectrice de l’ULB, Annemie Schaus, a toutefois précisé qu’« il ne s’agit ni d’un choix institutionnel, ni même facultaire », mais d’une décision des étudiants prise de manière « démocratique ». Elle a tenu à lever les doutes sur le vote, assurant que « le doyen de la faculté a veillé à ce que l’organisation du vote soit irréprochable ».  Le doyen, Pierre Klein, rappelle que le choix appartient aux étudiants et « témoigne de leur besoin de s’engager face aux drames qui se déroulent actuellement à Gaza ». « Nous nous devons de la respecter. »  Le conseil de la faculté a également ajouté qu’il allait instaurer « des lignes directrices et un règlement visant à définir un cadre clair et transparent pour le choix du nom » des prochaines promotions.

    ULB Campus
    Photo du campus de l’ULB à Liège ©ULB

    Des pressions en Belgique…

    Dans un communiqué publié juste avant la réunion du conseil facultaire jeudi, plusieurs organisations étudiantes de l’université ont défendu le choix des étudiants. Ils ont dénoncé « une vague inacceptable de menaces, d’intimidation, de harcèlement et d’acharnement, émanant notamment de milieux politiques et des réseaux sociaux » et appelé les autorités de l’ULB à protéger la communauté étudiante. Les associations estiment qu’une « campagne de désinformation » circule autour de de Rima Hassan et expliquent que le choix estudiantin a été fait en soutien à la cause palestinienne, son peuple étant « confronté depuis 77 ans à la colonisation et à un régime d’apartheid, ainsi qu’à un génocide en cours à Gaza » — une « réalité documentée et dénoncée » par des experts des Nations unies et des ONG internationales, insistent-elles. Les organisations étudiantes ont aussi souligné le fait que les étudiants n’ont pas eu de garantie de sécurité de la part de l’établissement, notamment pour l’organisation de la remise des diplômes sur la Grand-Place qui aura lieu en octobre. La semaine dernière, le chef du Mouvement Réformateur (parti membre de la coalition gouvernementale), Georges-Louis Bouchez, a exprimé sa désapprobation sur X.
    « En tant qu’ancien étudiant de l’ULB, en tant que démocrate libéral, en tant que citoyen, mais aussi comme responsable politique, je demande sans ambiguïté aux autorités de l’ULB de rejeter le nom de Rima Hassan […]. On ne peut accepter qu’une femme qui livre quotidiennement sa haine de l’Occident, son soutien à peine voilé à des organisations terroristes et qui milite dans un parti dangereux pour notre démocratie, puisse incarner une promotion de citoyens qui devraient incarner exactement l’inverse. » – Georges-Louis Bouchez, président du parti Mouvement Réformateur (MR)
     Parallèlement à cela, l’université a confirmé mercredi avoir décidé de porter plainte contre Alain Destexhe, ancien sénateur MR, pour incitation à la haine, en réponse à un message publié sur les réseaux sociaux révélant les prénoms d’une vingtaine d’étudiants du master 2023- 2024. Il y affirmait que le fait qu’« une partie très significative » des étudiants étant « désormais d’origine arabo-musulmane, à l’image de la population bruxelloise », cela expliquait le choix de Rima Hassan.

    …et en France

    La polémique dépasse la Belgique et est parvenue jusqu’aux oreilles des Français. Lundi 25 août, cinquante intellectuels — dont des Français tels que l’avocat Arno Klarsfeld et les anciens ministres Bernard Kouchner (aux Affaires étrangères sous Nicolas Sarkozy) et Luc Ferry (à l’Éducation sous Jacques Chirac) — ont signé une lettre ouverte demandant à l’ULB de refuser le choix de ses étudiants.

    « Rima Hassan, à l’instar de ses amis au sein de LFI, n’a jamais condamné, pour cet innommable massacre [du 7 octobre 2023 en Israël], ce même Hamas, qu’elle considère, au contraire, comme le légitime bras armé de ce qu’elle nomme encore […] la “Résistance” des Palestiniens, dans la bande de Gaza […] » – Extrait de la lettre ouverte demandant à l’ULB de refuser le choix de ses étudiants.

    En France, l’eurodéputée franco palestinienne qui a rejoint le monde politique en 2023 a fait couler beaucoup d’encre. Elle a par exemple suscité des plaintes de l’eurodéputé du Parti populaire européen (PPE) François-Xavier Bellamy (LR) pour « menace et incitation à commettre un crime ou un délit contre un élu » et, plus récemment, de l’imam Hassen Chalghoumi, qui dénonce une « fatwa » qui le viserait.

    Rima Hassan
    Rima Hassan lors d’une manifestation place de la République à Paris, le 12 juin 2025. ©Getty Images/Umit Donmez_Anadolu

    En février 2024, la juriste de formation avait également déclaré sur Sud Radio que le Hamas menait « une action légitime du point de vue du droit international », ce qui a été perçu comme une justification des actes du groupe islamiste. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau avait signalé ces déclarations « relevant de l’apologie du terrorisme » à la justice.  De son côté, Rima Hassan avait salué dès juillet le choix des étudiants belges. Ce jeudi, elle a accueilli favorablement la décision du Conseil facultaire. « Le Conseil facultaire de la fac de droit et de criminologie de l’ULB valide le vote des étudiants et étudiantes […]. Je remercie toutes celles et tous ceux qui ont tenu bon face à l’acharnement médiatique et politique et en particulier les étudiants et étudiantes qui ont été infantilisés, dénoncés et calomniés. Honorée de marrainer cette nouvelle promo ! » – Rima Hassan – Eurodéputée LFI 

  • L’Europe et la fin des vacances

    L’Europe et la fin des vacances

    Deux semaines de vacances estivales constituent une anomalie de part et d’autre de l’Atlantique, mais pour des raisons diamétralement opposées. À Wall Street comme dans la Silicon Valley, s’octroyer quinze jours consécutifs de farniente équivaut presque à renoncer à toute ambition professionnelle. À Stockholm, Rome ou Paris, la méfiance est d’un autre ordre : deux semaines seulement, cela signifie une dangereuse dépendance au travail. C’est jugé, sur le plan mental, comme préoccupant.

    En Europe, le droit à la déconnexion est de mise. Aux États-Unis, les messages automatiques des messageries invitent l’expéditeur à patienter quelques heures, le temps que le destinataire sorte brièvement de sa torpeur balnéaire pour répondre. En Europe, le message prie poliment l’émetteur d’attendre la rentrée pour convenir d’un rendez-vous. Cette rentrée intervient aux États-Unis dès le mois d’août, quand en Europe il faut attendre que les enfants aient repris l’école et que les achats scolaires aient été réalisés par les parents. Dans les faits, la véritable rentrée professionnelle s’effectue après le 8 septembre…

    L’Europe cultive son style de vie : meilleure alimentation, espérance de vie plus longue que celle des Américains. Mais le continent est aujourd’hui gagné par l’anxiété.

    L’Europe est menacée sur tous les fronts : économique,
    géopolitique, militaire.

    Les crises politiques se multiplient dans de nombreux États, dont la France. Le déclin économique, sur fond de déficits publics et de dettes, devient de plus en plus prégnant. Les tensions géopolitiques croissantes ont dévoilé la faiblesse militaire de l’Europe. Faute de moyens financiers et de véritable volonté politique, lors du sommet de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) de juin dernier, les dirigeants européens ont fait allégeance, une fois de plus, au président américain, sous l’œil embarrassé d’un secrétaire général néerlandais.

    Sommet UE
    Somment UE – Chine à Pekin source commission européenne

    En juillet, le sommet marquant le 50e anniversaire des relations diplomatiques entre l’Union européenne et la Chine s’est tenu à Pékin, Xi Jinping ayant signifié sans détour qu’il ne viendrait pas à Bruxelles, marquant ainsi une forme de dédain à l’égard des Européens. À Gaza, la guerre se poursuit malgré les protestations des chancelleries européennes. Celles-ci ont également dû avaler les diktats américains en matière de commerce. Le 15 août, Donald Trump a reçu Vladimir Poutine en Alaska pour discuter de l’Ukraine. Les Européens, eux, n’ont eu droit qu’à un débriefing à Washington. L’Europe est menacée sur tous les fronts : économique, géopolitique, militaire..

    Vu de l’extérieur, l’Europe est devenue un continent
    indolent

    L’idée selon laquelle le continent doit reconquérir une part « d’autonomie stratégique » est de plus en plus partagée, mais reprendre son destin en main exige un effort soutenu en matière de défense, de recherche, de formation, d’innovation.
    Dans ce contexte, l’Europe peut-elle conserver son modèle social, qui repose sur le temps libre et sur un fort volant de protection sociale ? Aujourd’hui, aucun Européen, et en premier lieu les Français, ne souhaite sacrifier son mode de vie. Vu de l’extérieur, l’Europe est devenue un continent indolent.

    Dans la quasi-totalité des pays européens, l’employé malade peut suspendre ses congés, garantissant que les jours d’arrêt ne le privent pas de vacances. Les Européens travaillent moins d’heures par semaine que la plupart des habitants de la planète, que ce soit par contrainte légale ou par goût pour le temps partiel (près d’un tiers d’entre eux travaillent moins de 35 heures, un record mondial). Ils travaillent aussi moins de semaines par an, en raison non seulement des congés d’été, mais aussi des congés parentaux – jusqu’à 480 jours en Suède. L’Allemand moyen prend 15 jours d’arrêt maladie par an, le Français 21 jours.  Les Européens travaillent moins d’années au cours de leur vie active, tout en vivant plus longtemps. Un Français passe en moyenne 23 années à la retraite, soit plus de cinq ans de plus qu’un Japonais ou un Américain. Les Européens achètent en quelque sorte du temps libre, plutôt que de sacrifier encore des heures pour acquérir davantage de biens et de services.

    Faut-il choisir entre les canons et les pensions de retraite
    ?

    Pour autant, les Européens estiment que leur niveau de vie n’est pas à la hauteur de leurs aspirations. Les finances publiques européennes sont sous tension, d’autant plus que le vieillissement démographique s’accélère. Les engagements militaires pris en juin constituent un dilemme : faut-il choisir entre les canons et les pensions de retraite ? Or, l’Europe n’aurait peut-être pas à choisir entre la défense et les dépenses sociales si elle avait le même taux de croissance que les États-Unis. Cela est-il envisageable sans travailler plus ? Friedrich Merz, le chancelier allemand, a prévenu que la « conciliation entre vie professionnelle et vie privée » et les semaines de quatre jours faisaient obstacle à la prospérité nationale.  Depuis vingt ans, tous les dirigeants politiques qui ont exhorté à travailler davantage ont été remerciés. Le projet visant à supprimer deux jours fériés en France est rejeté par plus de quatre Français sur cinq, et est, en partie, à l’origine de la crise politique qui a débuté le 25 août dernier. Jusqu’aux années 1960, les Européens travaillaient davantage que les Américains, et comptaient un peu plus sur l’échiquier mondial. Ce n’était pas un hasard. S’ils veulent retrouver leur place à la table des grandes puissances, les Européens pourront-ils longtemps ignorer cette réalité ? 

  • L’AEFE, se réformer ou disparaître ?

    L’AEFE, se réformer ou disparaître ?

    Alors même que les élèves reprennent le chemin de l’école, ce douzième rendez-vous « ReflexeS » pose déjà la question de l’avenir des établissements tricolore hors de France. Cette plateforme collaborative dédiée à l’enseignement français à l’étranger, coordonnée par la sénatrice des Français établis hors de France Samantha Cazebonne, vient en effet d’organiser son webinaire de reprise. Le titre de celui-ci : « l’AEFE, dos au mur ? ». Provocation dans un climat déjà sensible ou réalité du réseau ? Pour les participants, l’alternative est claire : l’AEFE, se réformer ou disparaître ?

    Les écoles françaises à l’étranger : une situation financière complexe

    Organisé en partenariat avec la FAPEE (Fédération des associations de parents d’élèves des établissements d’enseignement français à l’étranger), ce rendez-vous de la plateforme ReflexeS poursuivait un double objectif : d’une part, rappeler la situation financière actuelle du réseau de l’enseignement français à l’étranger (AEFE) ; d’autre part, lancer un appel à toutes les bonnes idées de réforme.

    « La situation budgétaire actuelle du pays a un impact direct sur
    les Français de l’étranger, et l’AEFE n’y échappe pas »

    Samantha Cazebonne, sénatrice des Français établis hors de France

    Comme l’a indiqué la sénatrice des Français établis hors de France, Samantha Cazebonne, dans ses propos introductifs, « la situation budgétaire actuelle du pays a un impact direct sur les Français de l’étranger, et l’AEFE n’y échappe pas ». C’est ainsi que lors du dernier exercice budgétaire, une baisse des crédits alloués au réseau de l’enseignement français à l’étranger a été adoptée et intégrée au budget 2025.


    Samantha Cazebonne

    Pour faire face à cette situation, l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) a, en juillet dernier, proposé de transférer aux établissements la charge des pensions de retraite des personnels enseignants, ce qui aurait notamment entraîné une hausse des frais de scolarité. Cette proposition avait toutefois heurté plusieurs partenaires de la communauté éducative. Alerté, Laurent Saint-Martin, ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger, avait alors reporté la tenue du conseil d’administration de l’AEFE. Avant l’été, Lesfrancais.press avait révélé cette séquence dans un article intitulé « le calme avant la tempête ».

    Une AEFE en danger : quel dialogue possible ?

    Deux mois après cet ajournement, la situation financière demeure inchangée et des solutions doivent donc être trouvées. À l’occasion du webinaire de rentrée de ReflexeS, le ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin était invité à s’exprimer. Il a alors rappelé que « le trésor de la France à l’étranger, c’est son réseau d’enseignement », tout en affirmant que, « à ce jour » au regard du contexte, un objectif guide son action : « le sauvegarder et le renforcer »

    « Une AEFE en risque (…) nous devons réformer
    en prenant grand soin d’assurer les échanges pour le faire
     »

    Laurent Saint-Martin,
    ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger

    Au cours de son intervention, le membre du gouvernement a insisté sur la nécessité de garantir la « pérennité du modèle économique » de l’AEFE, en lui donnant « une trajectoire de recettes et de dépenses soutenable, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui », a-t-il affirmé. Aussi, il appelle l’ensemble des acteurs de l’enseignement français à l’étranger (et d’ailleurs) à contribuer à une réflexion d’ensemble tout en voulant favoriser le dialogue. Laurent Saint-Martin a déclaré ceci dans un contexte d’« une AEFE en risque » dans lequel « (nous) devons réformer en prenant grand soin d’assurer les échanges pour le faire ».

    Laurent Saint-Martin ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l étranger

    L’évolution du réseau de l’enseignement français à l’étranger s’impose donc en cette rentrée 2025. Comme l’a également rappelé le ministre délégué lors de son intervention, si « la réforme ne se fait pas toujours de façon simple », l’objectif prioritaire reste « la sauvegarde de (notre) réseau ».

    Pour conduire ces transformations, Laurent Saint-Martin appelle à « une remontée (de terrain) pour recueillir les meilleures idées possibles », en s’appuyant notamment « sur des initiatives locales qui coûtent moins cher et qui marchent mieux ». Parallèlement, un groupe de travail a été lancé, réunissant des représentants du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), de l’Éducation nationale et de Bercy. Au cours de ce webinaire, le ministre délégué a également annoncé le recours à une mission d’accompagnement extérieure pour cette réforme afin d’aborder, entre autres, les sujets des statuts, des relations AEFE–établissements, des priorités diplomatiques de la France, des frais de scolarité, pour « repenser et réformer un modèle à bout de souffle ».

    Vers une réforme de l’AEFE sans tabou ?

    Pour Samantha Cazebonne, « on a tous à balayer devant notre porte avant de critiquer les autres », ajoutant que « nous avons tous une part de responsabilité ». Il s’agirait alors de proposer des évolutions concrètes dans un contexte budgétaire resserré. Du côté des parents, Brice Bultot, président de la Fédération des associations de parents d’élèves des établissements d’enseignement français à l’étranger (FAPEE), demande « qu’il n’y ait pas de tabou dans les solutions à proposer » pour l’évolution de l’AEFE. Il affirme que sa structure entend aussi « préserver le réseau d’enseignement français à l’étranger face à la concurrence » et donc réfléchir à « mieux vendre » les établissements auprès des familles, afin d’en renforcer l’attractivité.

    Professeur gréviste à Bangkok
    Professeur gréviste à Bangkok ©SNES Hors de France

    Était également présent au cours de ce webinaire, Jean Dayet, proviseur au lycée franco péruvien de Lima, et qui représente les chefs d’établissement au sein du syndicat UNSA. Ce dernier « partage le constat lié au contexte budgétaire dégradé de l’agence » et « veut que l’humain soit aussi une priorité » incluse dans la réforme de l’AEFE. En effet, « les ressources humaines » sont aussi une part importante à « gérer pour les chefs d’établissements », partout dans le monde. Aucun représentant de l’Agence n’était présent lors de ce webinaire, « afin de laisser à l’AEFE le temps de la réflexion », a indiqué la sénatrice Samantha Cazebonne.
    Si le débat est ouvert et que tout un chacun à la possibilité de faire remonter des nouvelles idées, quelques pistes ont déjà été évoquées en conclusion de ce webinaire. Pour la sénatrice Samantha Cazebonne « le risque à éviter » serait « de réduire la réforme à une seule équation budgétaire ».
     Le maintien de l’attractivité du réseau, la question de la mixité sociale, ou bien encore le renforcement des passerelles avec l’enseignement supérieur français (universités, grandes écoles, écoles spécialisées) sont des évolutions possibles, l’AEFE est également attendue prochainement pour être aussi une force de propositions. Et si cette question de l’avenir de notre réseau d’enseignement français à l’étranger revêt une importance particulière pour nos compatriotes hors de France, une autre interrogation se pose au regard du contexte politique : le gouvernement de ce jour sera-t-il le même lors du prochain conseil d’établissement de l’AEFE prévu en novembre ?

  • Conseil des ministres franco-allemand : un couple en quête d’un nouvel élan

    Conseil des ministres franco-allemand : un couple en quête d’un nouvel élan

    Ce vendredi 29 août se tenait à Toulon le 25ème Conseil des ministres franco-allemand. Un rendez-vous présenté par le chancelier allemand comme un « redémarrage du moteur franco allemand », mais qui demeure largement symbolique et dont l’efficacité réelle est de plus en plus contestée. Derrière les déclarations d’unité et les appels à « un message clair », nombreux sont ceux qui pointent une réalité dérangeante : depuis des années, ce format n’a pas produit de projet d’envergure mené à son terme. La France et l’Allemagne, réunies à Toulon, semblaient plus que jamais un couple en quête d’un nouvel élan.

    Des appels à un cap clair

    À chaque réunion, le scénario se répète : de grandes annonces, des intentions ambitieuses, mais peu de réalisations concrètes. Aujourd’hui, l’alchimie entre les deux États paraît plus difficile à retrouver. Entre divergences économiques, priorités électorales et pressions internationales, Paris et Berlin peinent à parler d’une seule voix.

    Pourtant, les attentes restent immenses. Plusieurs parlementaires des deux rives du Rhin ont insisté : le message de Toulon devait être limpide.

    • Sur la défense : renforcer l’industrie européenne et privilégier les
      acquisitions sur le continent.
    • Sur le numérique : accélérer les programmes conjoints pour
      réduire la dépendance aux géants américains et chinois.
    • Sur l’économie : développer de nouveaux accords de libre-
      échange afin d’affirmer la place de l’Europe sur la scène mondiale.
    • Sur la sécurité : afficher une volonté ferme de renforcer les
      capacités face à l’agression russe et à la fragilisation de l’ordre de
      paix européen.

    L’idée maîtresse reste inchangée : oui aux partenariats transatlantiques, mais non à la dépendance stratégique.

    Toulon, un test grandeur nature

    Le rendez-vous varois s’annonçait donc comme un test. Le communiqué de presse de l’Élysée a souligné que le conseil des ministres du 29 août «
    a permis d’acter un certain nombre de projets phares », couvrant l’industrie, l’énergie, le commerce, les technologies de pointe et la souveraineté numérique.
    Le président de la République a parlé de « huit textes communs » et de « vingt projets décidés ». Mais une interrogation persiste : cette coopération a-t elle réellement besoin d’être insufflée par un conseil des ministres, qui n’a aucune influence directe sur les acteurs économiques… encore moins en Allemagne qu’en France ? 

    Couple Franco Allemand
    Le couple franco allemand une dynamique à retrouver pour l’Union européenne

    Alors qu’en France, une partie de la presse salue la reprise du couple franco-allemand et la bonne entente entre Emmanuel Macron et Friedrich Merz, la communication officielle allemande est restée plus sobre. Outre-Rhin, il est question d’un « moteur relancé » ou d’« amitié retrouvée », une sémantique prudente, empreinte de réalisme, bien éloignée du lyrisme hexagonal.

    L’urgence d’un projet phare

    Face à la multiplication des résolutions générales, une idée revient avec insistance : le Conseil doit se fixer un seul projet structurant et le mener à
    bien durant une législature. Un chantier concret, lisible et visible, qui incarne enfin la coopération franco-allemande du XXIᵉ siècle.
    Car le risque est grand : à force de se disperser, le tandem perd en crédibilité. L’Europe, ballottée entre les États-Unis et la Chine, fragilisée par la guerre en Ukraine et par ses dépendances énergétiques et industrielles, ne peut plus se contenter de déclarations d’intention.

    Les grands jalons de la coopération… furent le fruit d’une
    décision politique assumée par un président et un chancelier

    Par le passé, les grands jalons de la coopération (Airbus, Ariane, l’euro) ne sont pas nés de ce Conseil bi-national ni de l’Assemblée parlementaire
    franco-allemande (APFA). Ils furent le fruit d’une décision politique assumée par un président et un chancelier, deux volontés fortes.
    Aujourd’hui, la politique franco-allemande claudique faute de choix clairs au plus haut niveau.

    Des projets qui auraient pu changer la donne

    Les opportunités ne manquaient pourtant pas. En économie comme en défense, il aurait été possible de marquer l’histoire. Deux exemples parmi tant d’autres concernant la défense, le numérique et l’industrie :

    • Accélération du drone européen. L’Eurodrone, programme porté par Airbus avec Dassault Aviation (France), Leonardo (Italie) et le constructeur espagnol, vise à doter l’Europe d’un drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) capable de surveillance et de frappe sans dépendance technologique américaine ou israélienne. Premier vol prévu en 2026, livraisons en 2028 : un calendrier ambitieux mais réaliste, à condition d’un soutien politique clair. Faute de cela, Airbus s’est tourné vers des partenariats américains, comme avec Kratos pour adapter le drone furtif Valkyrie à la Luftwaffe. L’Eurodrone aurait pu devenir le symbole fort d’une souveraineté technologique européenne assumée.
    • L’initiative Bridging the Scale-up Gap. Autre projet phare qui aurait mérité un mandat politique : l’initiative visant à combler le fossé entre start-up et scale-up. L’Europe regorge de jeunes pousses, mais trop peu franchissent le cap pour devenir des leaders. mondiaux. L’idée : faciliter l’accès au financement, simplifier la réglementation, accélérer l’intégration des innovations dans les marchés publics et coordonner un appui franco-allemand. Un signal clair aurait montré que l’Europe croit en sa capacité à créer non seulement des innovations, mais aussi des champions.

    Un couple face à l’histoire

    L’intérêt stratégique commun dépasse largement les divergences nationales. Mais l’histoire rappelle une vérité crue : sans volonté politique forte au sommet, le moteur franco-allemand cale. Or, dans un monde de plus en plus polarisé, où les États-Unis et la Chine se livrent une compétition acharnée, où la Russie défie ouvertement l’ordre européen, l’Europe ne peut plus se permettre l’immobilisme.

    Recherche d'un nouveau souffle Franco Allemand
    Un couple franco-allemand à la recherche d’un nouveau souffle

    À Toulon, il ne s’agissait donc pas seulement de montrer une entente cordiale entre Paris et Berlin, mais d’assumer une responsabilité historique : celle de redonner à l’Europe une place centrale sur l’échiquier mondial. Cela suppose de dépasser les compromis de façade et de transformer les promesses en réalisations concrètes. Les projets structurants existent, la matière industrielle et technologique aussi, ne manque que l’audace politique.

    Un couple qui ne choisit pas ses batailles finit
    par perdre
    son rôle moteur.

    Car un couple qui ne choisit pas ses batailles finit par perdre son rôle moteur. Les générations passées ont su hisser la coopération franco- allemande au rang de catalyseur de l’intégration européenne. Les dirigeants actuels sauront-ils, à leur tour, relever ce défi ?

    Le message doit être sans ambiguïté : Nous, Européens, refusons d’être relégués dans l’insignifiance géopolitique.

  • Rentrée scolaire 2025/2026 du réseau AEFE

    Rentrée scolaire 2025/2026 du réseau AEFE

    La rentrée scolaire en France métropolitaine a lieu ce lundi 1er septembre 2025. Et c’est aussi le cas pour la plupart des 400 000 écoliers, collégiens et lycées inscrits dans un des 615 établissements du réseau AEFE répartis sur près de 140 pays. Quelques établissements ont déjà ou vont réaliser leur rentrée scolaire 2025/2026 dans le cadre des adaptations locales qui sont possibles dans certains pays comme au Québec où les cours ont repris dès le 22 août.

    Pour les Français de l’étranger, petit panorama des innovations mises en place par le réseau AEFE. Mais il y aura aussi des défis à relever, en particulier sur la gouvernance et le budget.

    Toujours plus de bilinguisme

    Tous les établissements homologués par le ministère de l’Éducation nationale française dispensent les programmes français, mais intègrent aussi l’enseignement de la langue et de la culture du pays d’accueil, souvent dès la maternelle.

    Cette approche bilingue ou multilingue est une caractéristique centrale du réseau, permettant aux élèves de maîtriser à la fois le français et la langue locale (arabe, anglais, espagnol, portugais, etc.), selon le pays. Par exemple, au Maroc, 50 % des écoles primaires du réseau enseignent l’amazighe en plus du français et de l’arabe, et dans de nombreux pays, des sections bilingues ou internationales sont proposées.

    Photo lycée français à Rabat ©AEFE
    Photo lycée français à Rabat ©AEFE

    Autre terre de bilinguisme, le Canada, où cette année les cours seront renforcés en français et en anglais. Des échanges culturels avec les écoles locales sont aussi prévus comme des ateliers artistiques et scientifiques en partenariat avec des institutions québécoises.

    Maintenir la présence quoi qu’il en coûte

    Dans le monde, le réseau AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger).  est présent dans près de 140 pays, dont certains connaissent des situations de crise ou de guerre (Liban, Ukraine, Sahel, etc.). Cependant, la continuité de l’enseignement est toujours privilégiée mais des conditions de sécurité peuvent amener les autorités locales et françaises à fermer des établissements. Dans ce cas, des solutions alternatives (comme le Label FrancÉducation ou le programme FLAM) peuvent être mises en place pour assurer la continuité pédagogique en français, même en l’absence d’établissement physique.

    Car la priorité n°1, c’est la sécurité des élèves et des personnels. Les décisions de maintien ou de fermeture sont prises au cas par cas, en lien avec les autorités diplomatiques.

    Ainsi en Ukraine, Depuis le début du conflit en 2022, l’établissement a mis en place des dispositifs d’enseignement à distance et hybride pour assurer la continuité pédagogique, en coordination avec l’AEFE et l’ambassade de France. Aussi, des bourses sociales et des aides spécifiques sont proposées aux élèves français et ukrainiens, en partenariat avec les autorités locales et les ONG.

    Lycée français de Kiev
    Lycée français de Kiev ©AEFE

    De l’autre côté de la ligne de front, à Moscou, depuis 2022, et malgré les tensions rencontrées dans les relations franco-russes, les établissements du réseau sont restés ouverts, avec un suivi accru des autorités diplomatiques françaises. Mais les effectifs ont légèrement diminué en raison des départs de familles expatriées. Les directions essayent de maintenir le lien avec les autorités russes en organisant dans la mesure du possible des projets culturels franco-russes.

    En Israël, les écoles renforcent leurs mesures de sécurité (contrôles d’accès, exercices de confinement) en raison des tensions régionales. L’AEFE et l’ambassade de France assurent un suivi rapproché. Surtout qu’une école de Management France-Israël ouvrira, début 2026, à Tel Aviv, avec un enseignement bilingue français-anglais (hébreu optionnel).

    Enfin, dans les pays du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger), les lycées français font face à des défis majeurs en raison de l’insécurité liée aux groupes jihadistes et au sentiment anti-français qui a prospéré sur ce continent. Pourtant, le réseau AEFE est très présent en Afrique, avec des établissements dans des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Maroc, mais aussi dans des zones plus instables comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Certains établissements ont réduit leurs effectifs ou adapté leurs modalités d’enseignement (cours en ligne, partenariats avec des écoles locales sécurisées).

    Crise de gouvernance à l’AEFE

    L’AEFE subit une baisse de 14 millions d’euros de ses subventions en 2025, puis une coupe supplémentaire de 24 millions en 2026, dans un contexte de rigueur budgétaire imposée par l’État. Cela conduit à la suppression de 100 postes vacants en 2025, puis 50 en 2026 et 2027, et à une remise en cause de la prise en charge des pensions civiles des personnels détachés, ce qui crée un déficit structurel estimé entre 50 et 80 millions d’euros.

    En avril 2025, les syndicats (FSU, UNSA, CFDT) ont boycotté le Comité Social d’Administration (CSA) de l’AEFE, dénonçant un mépris du dialogue social et l’absence de concertation sur les réformes. Les représentants des personnels critiquent une gouvernance « autoritaire » et un manque de transparence.

    Grève du 19 mai 2022 dans le réseau AEFE – FSU-SNUipp HDF - Photo prise en Espagne © FSU-SNUipp HDF
    Grève du 19 mai 2022 dans le réseau AEFE – FSU-SNUipp HDF – Photo prise en Espagne © FSU-SNUipp HDF

    En sus, un rapport publié en 2025 souligne les dysfonctionnements de la gestion des ressources humaines, notamment la limitation des détachements et le manque de cohérence dans les carrières des personnels. Les élus et syndicats demandent la suspension des réformes actuelles, jugées « néfastes » pour le réseau. Les établissements conventionnés sont particulièrement touchés par le transfert de charges (ex. : pensions civiles), tandis que les établissements partenaires ou privés en sont exemptés, créant des tensions au sein du réseau.

    Une crise multidimensionnelle

    En réponse, la direction de l’AEFE évoque une nécessaire « refonte de la gouvernance », mais les modalités restent floues. Les syndicats et élus réclament une concertation élargie pour éviter une « crise majeure » du réseau.

    Cependant il est difficile de cacher que l’AEFE soit aujourd’hui confrontée à une crise multidimensionnelle :

    • Financière (baisse des subventions, déficit structurel).
    • Sociale (suppressions de postes, dialogue complexe).
    • Managériale (remise en cause du modèle de détachement et de la gouvernance centrale).

    Cette situation menace la pérennité du réseau et son attractivité, tant pour les personnels que pour les familles expatriées.

  • Tourisme, des résultats encourageants au deuxième trimestre

    Tourisme, des résultats encourageants au deuxième trimestre

    Les professionnels du tourisme se plaignent d’une saison estivale en demi-teinte. Les premiers résultats semblent indiquer une baisse de la fréquentation notamment des restaurants. Ce ressenti pourrait, comme souvent, ne pas être confirmé par les statistiques. Quoi qu’il en soit, la France continue de bénéficier des retombées des Jeux Olympiques et Paralympiques ainsi que de la réouverture de Notre-Dame-de-Paris qui est redevenue, en quelques semaines, le premier monument le plus visité.

    Les non-résidents sauvent la saison touristique

    Au deuxième trimestre 2025, en France, la fréquentation dans les hébergements collectifs touristiques hors campings, exprimée en nombre de nuitées, a été, selon l’INSEE supérieure de 5,4 % à son niveau du deuxième trimestre 2024. La fréquentation augmente à la fois dans les hôtels (+5,2 %) et dans les autres hébergements collectifs de tourisme (AHCT, +6,1 %). Sur un an, la fréquentation de la clientèle non-résidente augmente davantage que celle de la clientèle résidente.

    Au deuxième trimestre, la fréquentation hôtelière atteint 60,3 millions de nuitées, soit près de 3 millions de nuitées de plus qu’au deuxième trimestre 2024. Sur un an, la fréquentation de la clientèle résidente s’accroît de 1,9 %et celle de la clientèle non-résidente de 10,9 %.

    Seule la fréquentation des hôtels non classés diminue (-13,0 %), du fait de la désaffection des clients résidents comme des non-résidents. Dans toutes les autres catégories d’hôtels, la fréquentation augmente, d’autant plus fortement que le niveau de gamme s’élève (+2,3 % dans les hôtels classés 1 ou 2 étoiles, +6,6 % dans les hôtels 3 étoiles et +10,7 % dans les 4 ou 5 étoiles). La fréquentation est en hausse dans toutes les zones touristiques (+3,6 % sur le littoral, +3,0 % dans les massifs de montagne et +6,1 % en dehors de ces territoires). Elle augmente aussi quelle que soit la densité du territoire, mais plus fortement dans l’urbain dense (+7,3 %) que dans l’urbain intermédiaire (+3,2 %) et dans les communes rurales (+1,6 %).

    Le tourisme d’affaires dans les hôtels est toujours en recul (‑9,9 % par rapport à la même période de 2024, soit deux millions de nuitées hôtelières en moins). Cette baisse touche à la fois les communes urbaines et rurales. Ce tourisme est en déclin depuis la crise sanitaire de 2020 en lien avec le développement de la vision au sein des entreprises.

    illustration ©AdobeStock
    illustration ©AdobeStock

    Les Français se sont serré la ceinture

    Au deuxième trimestre 2025, la fréquentation dans les autres hébergements collectifs de tourisme (résidences hôtelières de tourisme, villages de vacances et maisons familiales de vacances, auberges de jeunesse et centres internationaux de séjour, centres sportifs.) s’établit à 23,2 millions de nuitées. Elle augmente de 6,1 % par rapport à son niveau du deuxième trimestre 2024, soit 1,3 million de nuitées supplémentaires. Cette hausse est due à l’augmentation de la fréquentation de la clientèle résidente (+5,2 %) ainsi qu’à celle de la clientèle non-résidente (+10,0 %). La fréquentation progresse à la fois dans les résidences de tourisme (+7,0 %) et dans les autres types d’hébergements (+3,8 %). La fréquentation augmente dans toutes les zones touristiques (+2,6 % sur le littoral, +3,5 % dans les massifs de montagnes et +9,8 % en dehors de ces territoires). Les nuitées sont également en hausse quelle que soit la densité du territoire : +8,0 % dans l’urbain dense, +3,7 % dans l’urbain intermédiaire et +5,9 % dans le rural.

    Cette année, la France devrait accueillir plus de 100 millions de touristes. En raison de séjours plus courts, les dépenses de ces derniers restent nettement inférieures à celles des touristes se rendant en Espagne.

     

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