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  • Qui sont les deux nouveaux députés des Français de l’étranger ?

    Qui sont les deux nouveaux députés des Français de l’étranger ?

    Quand un député devient ministre, son siège à l’Assemblée nationale ne reste pour autant pas vaquant. C’est donc son suppléant qui vient le remplacer au Palais Bourbon. Pour les Français de l’étranger, deux circonscriptions, sont concernées, à savoir la 6eme et la 11eme. Ainsi, Marc Ferracci devenu ministre délégué à l’industrie cède sa place à Marie-Ange Rousselot. Et c’est Rémi Provendier qui occupera le banc d’Anne Genetet, nommée ministre de l’Education nationale. Qui sont ces deux nouveaux députés des Français de l’étranger ?

    Député remplaçant, de virtuel à titulaire

    Bien souvent, le suppléant, ou plus récemment appelé le « député remplaçant » apparaît en médaillon sur les professions de foi des candidats titulaires. Depuis la parité,  il devient habituel de proposer une femme quand c’est un homme qui se présente à l’élection législative, et inversement, de choisir un homme quand c’est une femme qui est la candidate. Dans de nombreux cas, son existence restera juridiquement virtuelle. Cependant, leur rôle devient essentiel quand le parlementaire titulaire est alors appelé à siéger au gouvernement comme le stipule le code électoral :

    « Les députés qui acceptent des fonctions gouvernementales sont remplacés, jusqu’à l’expiration d’un délai d’un mois suivant la cessation de ces fonctions, par les personnes élues en même temps qu’eux à cet effet. »

    article LO 176 du code électoral

    Et c’est bien ce qui arrive à deux d’entre eux, à savoir Marie-Ange Rousselot qui remplace Marc Ferracci, et Remi Provendier qui succède donc à Anne Genetet. Quasi du jour au lendemain, ils doivent quitter leurs activités professionnelles pour venir siéger à l’Assemblée nationale. Qui sont ces deux nouveaux arrivants ?

    Marie-Ange Rousselot : une franco-suisse à l’Assemblée nationale

    Née à Bogota (Colombie), Marie-Ange Rousselot est franco-suisse. Formée en sciences politiques à l’Université de Genève et en communication politique à La Sorbonne, elle a intégré l’institut de sondage IFOP pendant un an avant de reprendre l’entreprise familiale en 2018.

    Politiquement, elle a connu les différents échelons administratifs. Lors d’un retour en France, elle fut conseillère municipale de la ville de Touques en Normandie avant de rejoindre l’équipe parlementaire de la députée de la 3ème circonscription de Haute-Garonne en 2014, Laurence Arribagé, puis de l’ancien député de la sixième circonscription des Français de l’étranger (Suisse et Liechtenstein) Joachim Son-Forget.

    Qui sont les deux nouveaux députés des Français de l’étranger ?
    Marie Ange Rousselot, nouvelle députée des Français de l’étranger en Suisse et du Liechtenstein

    Depuis 2018, elle s’est engagée auprès d’Emmanuel Macron en rejoignant En Marche. Très impliquée au sein du mouvement, elle gravit les échelons pour devenir responsable communication et référente territoriale En Marche pour la Suisse et le Liechtenstein. Logiquement, elle a mené plusieurs campagnes pour les élections européennes, consulaires, sénatoriales et présidentielles auprès des Français de Suisse et du Liechtenstein.

    Pour Marie-Ange Rousselot devenir députée, « c’est tout d’abord un honneur et une grande responsabilité que je mesure pleinement. Les électeurs français en Suisse et au Liechtenstein ont exprimé en 2022 et en 2024 leur confiance dans le camp présidentiel, en votant à deux reprises pour Marc Ferracci et moi-même en tant que suppléante » nous a-t-elle déclaré. Ajoutant,

    « Il s’agit désormais de se montrer à la hauteur de leur confiance ». Je mettrai toute mon énergie à défendre leurs intérêts et faire entendre leur voix dans l’hémicycle et auprès du Gouvernement. »

    Marie-Ange Rousselot, députée des Français de l’étranger

    Quant au sujet qu’elle souhaite porter dans l’hémicycle, la nouvelle parlementaire des Français de Suisse et du Liechtenstein nous indiqué : « je serai bien entendu particulièrement attentive aux enjeux qui concernent nos compatriotes établis hors de France, tant sur l’enseignement français à l’étranger, l’accès aux services publics, que sur les volets fiscaux ».

    Tout en insérant son action dans une dimension également nationale. « Pour autant en tant que députée de la Nation, je souhaite également m’investir dans la lutte contre toutes les formes de discriminations et les questions sociétales, telles que la fin de vie, question restée en suspens lors de la précédente législature malgré les attentes fortes des Français sur le sujet. » nous a-t-elle confié.

    Rémi Provendier : de l’engagement associatif au banc de l’Assemblée nationale

    Rémi Provendier est élu consulaire à Singapour. C’est un expatrié de longue date qui a rejoint la cité-état depuis San Francisco en 2016, avec épouse et enfants. Spécialiste de la fintech, son parcours professionnel est une subtile combinaison d’emplois dans des sociétés internationales et de ses ambitions entrepreneuriales dans des start-up.

    Comme beaucoup, il a découvert l’engagement citoyen auprès de fédérations de parents d’élèves de l’AEFE où ses enfants sont scolarisés depuis la maternelle. Il s’est d’ailleurs mobilisé afin que tous les enfants puissent accéder à la cantine. Aussi, il a créé un collectif pour aider des personnes à se faire régulariser et soutenu des associations de solidarité en France et à l’international.

    Qui sont les deux nouveaux députés des Français de l'étranger ?
    Remi Provendier, nouveau député des Français d’Asie et d’Océanie

    Un engagement associatif qui s’est transformé en engagement politique lorsqu’en 2016, il rencontre Emmanuel Macron à San Francisco avec un groupe d’entrepreneurs. Et ce fut le coup de foudre politique comme il l’écrivait dans la profession de foi d’Anne Genetet aux dernières élections législatives : « Sa vision progressiste, sa compréhension de la place de la France en Europe et dans le monde, son approche du numérique et du climat, ainsi que son énergie positive m’ont alors convaincu de rejoindre En Marche ! En arrivant à Singapour, c’est donc tout naturellement que j’ai participé à sa campagne présidentielle, puis à celle d’Anne Genetet, notre députée. »

    Comme conseiller des Français de Singapour, il est reconnu pour sa proximité et son accessibilité, qu’en sera-t-il depuis l’Assemblée nationale ? Gardera-t-il son attachement à résoudre des problèmes concrets ? Nous lui poserons toutes ces questions dans une interview à venir dans les prochains jours.

    Deux députés qui siégeront au groupe « Ensemble pour la République »

    Rémi Provendier devrait siéger au groupe « Ensemble pour la République » présidé par l’ancien Premier Ministre Gabriel Attal, comme l’était Anne Genenet. Sa collègue Marie-Ange Rousselot rejoindra également les mêmes rangs. Marc Ferracci était également membre de ce groupe parlementaire. Cet engagement est en effet scruté au sein des instances nationales des partis politiques.

    En effet, lors de la nomination au gouvernement d’un député titulaire, il s’agit aussi de faire en sorte que son remplaçant ne renforce pas un autre groupe politique à l’Assemblée nationale. Dans le cas de ces deux nouveaux arrivants représentant les Français à l’étranger, l’affiliation est donc assurée. Mais combien de temps siégeront-ils au Palais Bourbon ? Les néo-députés Marie-Ange Rousselot et Rémi Provendier vont exercer leur mandat de députés avec une épée de Damoclès au-dessus d’eux. En effet, en cas de motion de censure adoptée ou de remaniement ministériel, et si Marc Ferracci et Anne Genetet n’étaient alors pas renouvelés au gouvernement, les deux nouveaux parlementaires redeviendraient alors, du jour au lendemain, des députés… remplaçants. Les titulaires reprendraient, dès lors, leur place respective dans l’hémicycle.

  • L’économie mondiale sous le feu des incertitudes

    L’économie mondiale sous le feu des incertitudes

    Dans son rapport « Perspectives économiques » de septembre 2024, l’OCDE souligne que l’économie mondiale continue de faire preuve de résilience, tout en mettant en lumière les nombreuses incertitudes persistantes. Le rapport mentionne des risques de résurgence de l’inflation ainsi qu’une menace financière liée au surendettement de certains États.

    Une croissance de plus de 3 % pour l’économie mondiale

    La croissance de l’économie mondiale serait relativement stable, avec un taux de 3,2 % en 2024 et en 2025. Cependant, cette stabilité masque des divergences notables entre les régions et les pays. Aux États-Unis, la croissance du PIB est évaluée à 2,6 % en 2024, avant de ralentir à 1,6 % en 2025. La consommation privée continue de soutenir l’activité économique, en partie grâce à des gains de salaires réels et à une baisse progressive de l’inflation. Dans la zone euro, la croissance reste faible avec une prévision de 0,7 % pour 2024, légèrement supérieure à son niveau de 2023 (0,5 %).

    En France, la croissance du PIB est attendue à 1,1 % en 2024, soit un niveau comparable à 2023. En Allemagne, la croissance pourrait ne pas dépasser 0,1 % en 2024 après un recul du PIB de 0,1% en 2023. Cette stagnation s’explique par la faiblesse de la demande intérieure et une baisse de la production industrielle.

    En Chine, la croissance continue de ralentir avec des prévisions à 4,9 % en 2024 et 4,5 % en 2025, marquée par la faible demande intérieure et des problèmes récurrents dans le secteur immobilier. Le PIB du Royaume-Uni devrait augmenter de 1,1 % en 2024 et de 1,2 % en 2025. Au Japon, l’atonie de l’activité constatée au premier trimestre réduit la projection de croissance annuelle en 2024 à -0,1 %, mais la vigueur des gains de salaire réels devrait compenser l’effet du resserrement des politiques macroéconomiques, si bien que la production devrait augmenter de 1,4 % en 2025. La croissance devrait être stable en Corée, s’établissant à 2,5 % cette année et à 2,2 % en 2025, les exportations bénéficiant de la vigueur persistante de la demande mondiale de semi-conducteurs. En Australie, la croissance devrait s’accélérer, passant de 1,1 % cette année à 1,8 % en 2025, la consommation des ménages étant soutenue par le redressement du revenu disponible réel.

    Dans les économies de marché émergentes du Groupe des Vingt (G20), l’expansion économique devrait rester globalement stable, même si les projections de croissance sont contrastées. En Inde, le PIB devrait augmenter de 6,7 % au cours de l’exercice budgétaire 2024-2025 et de 6,8 % en 2025-2026, tandis que l’Indonésie devrait enregistrer une croissance de 5,1 % en 2024 et de 5,2 % en 2025. La dynamique économique solide observée au Brésil tout au long du premier semestre de 2024 devrait être en partie préservée, grâce à la hausse des dépenses budgétaires. Au Mexique, le taux de croissance du PIB devrait se réduire à 1,4 % en 2024 puis à 1,2 % en 2025.

    L’inflation en recul mais avec des pressions résiduelles

    L’inflation mondiale est sur une trajectoire descendante. Pour les économies du G20, l’inflation globale devrait passer de 5,4 % en 2024 à 3,3 % en 2025, avec des baisses attendues dans la plupart des pays avancés. Cependant, des tensions subsistent, notamment dans le secteur des services. En France, l’inflation est estimée à 2,4 % en 2024 et à 1,9 % en 2025. Aux États-Unis, l’inflation devrait passer de 3,7 % en 2023 à 2,4 % en 2024 puis à 1,8 % en 2025. La baisse des prix de l’énergie et la stabilisation des coûts de la main-d’œuvre y sont les principaux facteurs de cette amélioration.

    Tensions sur le marché du travail et rémunérations

    Le chômage demeure faible malgré la baisse de la croissance. Cependant, il a augmenté de 0,5 point ou plus en Afrique du Sud, en Argentine, au Canada, aux États-Unis et en Turquie. Cette hausse reflète en partie la modération de la demande. Depuis le début de 2023, la croissance de la population active est principalement attribuable à l’augmentation du nombre de travailleurs nés à l’étranger en Australie, au Canada, aux États-Unis et dans de nombreux pays européens.

    En France, la croissance des salaires est plus modérée que dans d’autres pays de la zone euro, avec une augmentation prévue de 2,5 % en 2024. En Allemagne et au Royaume-Uni, la croissance des salaires reste élevée, respectivement à 3,2 % et 3,7 % en 2024, contribuant à une inflation plus résistante dans ces pays.

    Assouplissement des politiques monétaires

    Les banques centrales ont commencé à assouplir leurs politiques monétaires après une période de resserrement. Cependant, les taux d’intérêt réels restent élevés par rapport à la décennie précédente, ce qui continue de peser sur l’investissement et la consommation. Aux États-Unis et dans la zone euro, les taux d’intérêt devraient diminuer respectivement de 1,5 et 1,25 points de pourcentage d’ici la fin de 2025.

    Des déficits publics élevés

    L’OCDE souligne les dangers du niveau élevé des déficits publics et insiste sur la nécessité de réformer les retraites pour maîtriser les dépenses publiques. En France, avec un ratio de dette publique supérieur à 110 % du PIB, des réformes budgétaires sont urgentes. Volatilité et tensions géopolitiques Le rapport de l’OCDE identifie plusieurs risques majeurs pour l’économie mondiale, notamment la guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient et les relations entre les États-Unis et la Chine, qui pourraient peser sur les prévisions de croissance et d’inflation.

  • Le Premier ministre roumain rejette la nécessité de protéger légalement les couples de même sexe

    Le Premier ministre roumain rejette la nécessité de protéger légalement les couples de même sexe

    Le Premier ministre roumain Marcel Ciolacu a remis en question la nécessité d’introduire des partenariats civils, affirmant que les citoyens LGBTQ jouissaient déjà de droits égaux, malgré une condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg à l’encontre du pays pour non-protection des couples de même sexe.

    Dans un entretien avec Hotnews, un partenaire d’Euractiv, Marcel Ciolacu a été invité à répondre à une question posée par une lectrice qui avait quitté la Roumanie et qui demandait pourquoi elle devrait retourner dans un pays où sa relation n’était pas légalement reconnue.

    La Roumanie est le pays « le plus tolérant », a-t-il répondu, après avoir déclaré dans un premier temps qu’il ne comprenait pas tout à fait « la prémisse sous-jacente de la question ».

    Le Premier ministre roumain rejette la nécessité de protéger légalement les couples de même sexe

    « J’ai des amis LGBT, dont certains sont venus chez moi avec leur partenaire du même sexe. Cela ne me pose aucun problème », a-t-il ajouté.

    Lorsqu’on lui a dit que les couples de même sexe avaient besoin d’une protection juridique, il a mis en doute la nécessité d’une telle protection, faisant remarquer qu’il ne bénéficiait pas non plus d’une « protection supplémentaire ».

    « Ne sommes-nous pas tous égaux ? N’entrons pas dans la discrimination positive. Je le répète : je n’ai pas de problème, je ne vous juge pas et vous ne me jugez pas. Vous êtes musulman, je suis orthodoxe. En Roumanie, les minorités religieuses et ethniques sont représentées au parlement, et nous sommes souvent cités en exemple pour notre inclusivité », a-t-il indiqué.

    L’association MozaiQ, qui défend les droits des personnes LGBTQ, a condamné les propos de Marcel Ciolacu, estimant qu’ils révélaient « une grave méconnaissance des besoins des citoyens LGBTQ en Roumanie et de la manière dont l’État roumain viole leurs droits en refusant d’adopter des partenariats civils ».

    L’association a rappelé au Premier ministre plusieurs droits dont les couples de même sexe sont privés, notamment le droit d’hériter, le droit de prendre des décisions médicales pour leur partenaire, le droit de bénéficier de la pension de leur partenaire s’ils leur survivent, et le droit de posséder des biens ensemble.

    En mai 2023, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la Roumanie pour ne pas avoir reconnu les couples homosexuels. Bien que le pays soit désormais tenu d’introduire un cadre juridique pour reconnaître les familles homoparentales, le gouvernement a retardé son action, invoquant le manque de préparation de la société et la forte opposition de l’Église orthodoxe roumaine.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 30.09.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 30.09.2024

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le dernier jour du mois de septembre et vous écoutez le flash quotidien des expatriés, dans les titres de ce lundi 30 septembre : Liban : quel avenir pour la communauté française ? – Jean-Noël Barrot au Liban – Sophie Primas : les expatriés en attente

    1 million de déplacés au Liban

    On estime que plus de 23 000 Français vivent au Liban dont 21 500 Français et ayants droit inscrits sur les listes consulaires. Pour l’instant, aucun appel à quitter le pays n’a été lancé pour les ressortissants français, contrairement aux Philippines ou à la Thaïlande. La situation est pourtant difficile pour nos ressortissants sur place. Le conseiller consulaire Lucas Lamah dans un podcast exclusif publié ce dimanche sur Lesfrancais.press et La French Radio nous révèle que si aucun dispositif n’a été mis en place par notre pays, les Français du Liban sont très nombreux à avoir regagné la France par leur propre moyen.

    Quelle est la situation de la communauté française au Liban ? Pour y répondre, nous recevons Lucas Lamah, à Beyrouth, élu consulaire.

    Le ministre des Affaires étrangères à Beyrouth

    Le ministre a atterri dans la soirée et restera jusqu’à lundi, pour « échanger avec les autorités locales et apporter un soutien français, notamment humanitaire ». Il s’entretiendra ainsi avec Najib Mikati, le Premier ministre libanais, avec le Général Joseph Aoun, commandant en chef de l’armée et les agents de l’ambassade de France. La France a demandé samedi 28 septembre « la cessation immédiate des frappes israéliennes au Liban« , indiquant être « opposée à toute opération terrestre » dans le pays. Un message transmis par le ministre à Najib Mikati, Premier ministre du Liban, lors d’une conversation téléphonique.

    Jean-Noël Barrot

    Sophie Primas : les résultats de notre consultation

    Dans un climat politique tendu, la défiance aurait pu être au rendez-vous pour Sophie Primas. Mais à une courte majorité (56,34%), les participants à notre consultation, qui s’est déroulée du samedi 21 au jeudi 26 septembre, ont décidé de laisser le temps à la nouvelle ministre de faire ses preuves. Ils ne sont que 8% à se satisfaire de cette nomination, preuve que la sénatrice n’est pas vraiment connue des 3 millions de Français de l’étranger. Pour 22% des consultés, c’est l’attentisme assumé, tandis que près de 15% des participants sont catégoriquement opposés à cette nomination s’inscrivant ainsi dans le mouvement porté par la gauche reniant la légitimité du gouvernement Barnier.

    Résultats de la consultation sur Sophie Primas et le portefeuille des Français de l'étranger

    C’est ainsi qu’on termine l’édition de ce lundi, on se retrouve demain pour un nouveau flash quotidien des expatriés. Belle journée où que vous soyez !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Notre consultation sur Sophie Primas, la nouvelle ministre des Français de l’étranger

    Notre consultation sur Sophie Primas, la nouvelle ministre des Français de l’étranger

    Samedi 21 septembre, le gouvernement Barnier se dévoilait enfin. Parmi les nouveaux membres du gouvernement, la députée des Français d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Océanie, Anne Genetet (Renaissance), à l’Éducation, et l’élu des résidents français en Suisse, Marc Ferracci (Renaissance), à l’Industrie, tandis que le portefeuille des Français de l’étranger est confié à la sénatrice des Yvelines, Sophie Primas (LR), avec le tourisme et le commerce extérieur. Ce fut l’occasion pour la rédaction du site Lesfrancais.press de vous interroger sur la nouvelle ministre des Français résidents hors de France et sur le périmètre de son ministère.

    Vous avez été quatre mille et une personnes à répondre à notre consultation qui s’est déroulée du samedi 21 au jeudi 26 septembre. Découvrons ensemble les résultats !

    Les Français de l’étranger en attente

    Alors que les dossiers se sont accumulés pendant la vacance de pouvoir, que des sujets sont laissés à l’abandon depuis de longs mois comme la résidence de replis ou le pass culture pour les jeunes Français de l’étranger, c’est donc une spécialiste des échanges commerciaux internationaux qui prend en charge le ministère des Français de l’étranger.

    Dans un climat politique tendu, la défiance aurait pu être au rendez-vous pour Sophie Primas. Mais à une courte majorité (56,34%), les participants à notre consultation ont décidé de laisser le temps à la nouvelle ministre de faire ses preuves. Ils ne sont que 8% à se satisfaire de cette nomination, preuve que la sénatrice n’est pas vraiment connue des 3 millions de Français de l’étranger.

    Pour 22% des consultés, c’est l’attentisme assumé, tandis que près de 15% des participants sont catégoriquement opposés à cette nomination s’inscrivant ainsi dans le mouvement porté par la gauche reniant la légitimité du gouvernement Barnier.

    Résultats de la consultation sur Sophie Primas
    Résultats de la consultation sur Sophie Primas

    3 millions d’expatriés et pas de ministère dédié

    Comme toujours, le portefeuille des Français de l’étranger ne constitue pas un ministère à lui tout seul. Depuis plusieurs années, les dossiers des expatriés sont liés soit au tourisme soit au commerce extérieur soit aux deux comme dans le gouvernement Barnier.

    Une situation qui pouvait se comprendre quand les expatriés n’étaient que 500/600 000 mais depuis près de 15 ans, la population a explosé. S’ils ne sont que 1,700 000 à être inscrits sur le registre national, la population globale est estimée à 2,5/3 millions de citoyens français résidant hors de France soit presque la population de Paris et Marseille réunies.

    On s’étonne à la rédaction que pour gérer cette population aux besoins si spécifiques et particuliers que les dossiers des Français de l’étranger soient noyés au milieu de dossiers importants et urgents conne la résorption du déficit de la balance commerciale française (abyssale !). Nous avons donc voulu connaître votre avis.

    Et 56,63% des personnes ayant répondu à la consultation partage notre avis. Pour 18,61%, il faudrait même un ministère de plein exercice libéré de ses attaches du Quai d’Orsay. Cependant pour un gros ¼ des participants (27,76%), relié le portefeuille des Français de l’étranger à celui du tourisme et du commerce extérieur est logique, toutes ses missions étant liées aux relations françaises avec le reste du monde.

    Résultats de la consultation sur le porteuille des Français de l'étranger
    Résultats de la consultation sur le portefeuille des Français de l’étranger

    Dans tous les cas, les sujets sont nombreux et attendent les arbitrages ministériels pour avancer et permettre aux 3 millions de Français de l’étranger de continuer leur expatriation tout en maintenant un lien fort avec la France. Sophie Primas devrait donner sa feuille de route lors de l’ouverture de l’Assemblée des Français de l’étranger le 14 octobre 2024. Nous serons là !

  • Liban : le point sur la situation des Français avec un élu consulaire

    Liban : le point sur la situation des Français avec un élu consulaire

    Le Liban est toujours sous les frappes israéliennes, quelques jours après la mort du leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Il est fait état de près d’un million de personnes qui auraient été déplacées. Quelle est la situation de la communauté française ? Pour y répondre, nous recevons Lucas Lamah, à Beyrouth, élu pour les Français du Liban.

    Écouter le podcast avec Lucas Lamah

    La difficile situation des Français installés dans le Sud

    Comme les Libanais, nos compatriotes ont fui la région sud du pays. Surtout depuis la mort d’une ressortissante française de 87 ans dans son village jeudi dernier et d’un deuxième Français comme le Quai d’Orsay l’a annoncé ce dimanche soir.
    Lucas Lamah nous décrit des situations difficiles pour ses familles qui essaient de trouver des refuges comme elles le peuvent. Surtout que comme le conseiller consulaire nous le précise, il est quasiment impossible de quitter le pays. Si Air France et sa filiale low cost Transavia ont décidé de suspendre la desserte de Beyrouth jusqu’au 1er octobre inclus, la plupart des autres compagnies ont fait de même ou proposent des billets à plus de 3000 dollars. Il reste, cependant, la voie maritime en tentant de rejoindre Chypre.

    Lycée franco-libanais Mlf Nahr-Ibrahim – Al Maayssra Jounieh
    Lycée franco-libanais Mlf Nahr-Ibrahim – Al Maayssra Jounieh

    Maintenir un semblant de vie ailleurs

    Dans le reste du territoire, la vie n’est pas rythmée par les bombes mais elle est pourtant désorganisée. C’est en particulier le cas dans l’environnement scolaire, les établissements affiliés à l’AEFE sont nombreux au Liban. Pour les élèves, c’est le retour du dispositif qui avait été mis en place pour la COVID avec des cours en ligne. L’expertise acquise par le réseau de la Mission Laïque française, qui prédomine dans le pays, sera particulièrement utile.

    Vers une évacuation ?

    Lucas Lamah lors d'une réception dans l'enceinte diplomatique française à Beyrouth
    Lucas Lamah lors d’une réception dans l’enceinte diplomatique française à Beyrouth

    Des situations difficiles et une instabilité qui s’installe poussent certains à imaginer une évacuation du Liban. D’ailleurs, le consulat s’y prépare, il a réactivé le réseau des îlotiers. Un dispositif mis à mal car de nombreux chefs d’îlots, chargés de regrouper les Français d’un secteur urbain, sont des membres du personnel administratif des établissements scolaires ou consulaires, et certains ont été rappelés en France.

    Mais pour Lucas Lamah, une évacuation n’est pas utile à ce jour. Les populations civiles ne sont pas ciblées, les bombardements étant extrêmes localisés. Pour autant, l’élu alerte nos compatriotes sur leur situation administrative. Il rappelle que lui comme ses collègues, que le consulat a mis en place un numéro d’urgence et tout est mis en place pour que chaque Français ait des papiers en règle s’il doit quitter le pays.

    Quelles perspectives ?

    Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s’est entretenu par téléphone ce samedi 28 septembre après-midi avec le Premier ministre libanais. Selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères français, Paris a demandé « la cessation immédiate des frappes israéliennes au Liban », et a indiqué être « opposé à toute opération terrestre » dans le pays.

    L’armée israélienne a annoncé de son côté, toujours samedi, mener une nouvelle attaque sur la banlieue sud de Beyrouth. 

    Ce dimanche soir, Jean-Noël Barrot a rejoint Beyrouth, une médiation française permettra-t-elle de mettre fin aux hostilités ?

  • Viser la tête, épargner des vies

    Viser la tête, épargner des vies

    La mort de Nasrallah vient peut-être trop tard. Des civils perdent inutilement leurs vies. Est-ce la fin de la guerre ou le début ? « Les mois ne sont pas longs ni les jours, ni les nuits, c’est la guerre qui est longue ». Pendant qu’à l’ONU discourent les menteurs, les guerres imbéciles continuent leurs massacres. « Il n’y a pas plus de folie chez celui qui jette les grenades que chez celui qui plume les patates », glissait sournoisement l’artilleur Apollinaire. Les guerres peuvent-elles finir, avec ces plumeurs de patate ? 

    Pour l’Ukraine, chacun y va de son plan de paix, si secret qu’on ne le voit que dans la défaite. Pour Israël, la paix serait le renoncement ou l’embrasement. Pour le Soudan, l’indifférence. Étranges impossibles, qui prouvent qu’une guerre que l’on ne peut gagner est une impasse, la paix espérée qu’une trêve. En vérité, chacun attend l’élection américaine.

    Les Russes attendent Trump, parce qu’ils pensent que Trump cessera toute aide à l’Ukraine. Possible. Mais Trump est imprévisible. Zelenski espère la victoire d’Harris. Avec l’autorisation d’utiliser les armes dans le territoire russe, il mettra la Russie à genoux. Pourquoi donner des armes si c’est pour limiter leur emploi ? Les Iraniens, qui fournissent des armes à la Russie, espèrent pourtant eux aussi la victoire de Harris. La guerre d’Ukraine les rend utiles aux Russes, et les « Démocrates » sont considérés comme mous vis-à-vis de l’Iran. Obama avait reculé sa « ligne rouge » face à Assad. Biden empêche Israël d’attaquer l’Iran, il redoute un embrasement en Mer Rouge, être contraint à une intervention pour l’Arabie saoudite. En contrepartie, il laisse Israël frapper les Palestiniens Gaza, le Liban sud et le Hezbollah.

    Nasrallah aurait dû être éliminé depuis longtemps, surtout par les Libanais.   

    Éliminer les terroristes est légitime. Nasrallah aurait dû être éliminé depuis longtemps, surtout par les Libanais. Parmi les victimes de l’opération « bippers », Ibrahim Akil chef d’état-major du Hezbollah après la mort de Fouad Shuker. Tous deux avaient organisé avec les Syriens l’assassinat en 1983 de 241 marines et de 55 parachutistes français dans l’attentat du Drakkar.

    Les débris d'un bipeur explosé dans une photo circulant sur les réseaux sociaux, le 17 septembre 2024. (Capture d'écran via telegram)
    Les débris d’un bipeur explosé dans une photo circulant sur les réseaux sociaux, le 17 septembre 2024. (Capture d’écran via télégramme)

    Éliminer les chefs terroristes est une nécessité. Bombarder des villes ne l’est pas.

    Il fallait les empêcher de nuire au plus tôt. Éliminer les chefs terroristes est une nécessité. Bombarder des villes ne l’est pas. C’est parce que l’alliance contre le terrorisme ne fonctionne pas qu’Israël tue sans discernement, bombarde écoles et immeubles parce que le Hamas et le Hezbollah s’y cachent. Les « boucliers humains ne protègent plus. La guerre d’Irak, puis de Syrie, enfin la guerre d’Ukraine, ont ce tabou, si c’en était un.

    Depuis la deuxième guerre mondiale, les civils meurent plus que les soldats. Pour éviter les massacres, le droit international, avec les Conventions de Genève, impose des restrictions à l’emploi des armes et des bombes, exige que toute puissance occupante prenne soin des populations, que toute rétorsion respecte un principe de proportionnalité, épargnant au maximum les victimes civiles. Israël ne le fait pas. Israël a tort. Le Hezbollah tire des roquettes depuis des mois, le Hamas s’enorgueillit de pogroms, ce qui en fait des terroristes. Israël devrait respecter le droit. C’est le droit qui l’a créé.

    Israël ne peut agir comme si toute la population était responsable. Le Liban a été dépecé et ruiné par la milice chiite aux ordres de Téhéran, mais bombarder le Liban unit les Libanais contre Israël, alors que la survie du Liban, à terme, celle d’Israël, dépend d’un accord entre les deux pays.

    Éradiquer le Hamas et le Hezbollah est un objectif légitime, mais les légitimer en protecteurs des Palestiniens, et maintenant des Libanais, est une aberration. Une stupidité déjà démontrée dans la deuxième guerre du Liban. Pourquoi n’apprend-on jamais ?

    Déjà, pour le réseau des Frères musulmans, le prochain objectif est fixé : la Jordanie.

    Comment sortir de ces impasses ? En coupant les vivres, comme le propose Trump pour contraindre les Ukrainiens à la paix ?  Comme le propose Keith Starmer contre Israël ? Ce ne sont pas les armes qui comptent, mais les cibles. Nasrallah est une cible. Gaza en l’est pas, pas plus que le Liban. Qui coupera les vivres à Poutine et à l’Iran ?

    Déjà, pour le réseau des Frères musulmans, le prochain objectif est fixé : la Jordanie. Les dirigeants iraniens mènent une stratégie indirecte. Jamais de confrontation directe. Malgré leurs menaces, ils n’ont jamais riposté aux Israéliens. Ils craignent la riposte à la riposte. Ils disent depuis des lustres à Biden qu’ils sont prêts à négocier. Raison pour laquelle les Saoudiens, eux, veulent Trump et regardent avec une satisfaction muette les pertes du Hezbollah. Alors que les Chinois, alliés de l’Iran, veulent Harris, jugée moins anti chinoise que Trump.

    La police jordanienne en mission alors que les manifestants brandissent des drapeaux palestiniens et des Frères musulmans lors d'une manifestation contre la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, dans la capitale jordanienne d’Amman, le 29 décembre 2017. (Khalil Mazraawi / AFP)
    La police jordanienne en mission alors que les manifestants brandissent des drapeaux palestiniens et des Frères musulmans lors d’une manifestation contre la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, dans la capitale jordanienne d’Amman, le 29 décembre 2017. (Khalil Mazraawi / AFP)

    Couper les vivres, c’est utiliser les sanctions financières. Les Russes en rient jaune. La Russie est passée en économie de guerre : un tiers du budget de l’Etat est militaire. L’inflation dépasse les 10%, les taux d’intérêt 18%. Malgré les communiqués, l’économie russe souffre. Mais aucune sanction ne mettra Poutine à genoux. Ce qui le menace, ce sont les failles internes. Les purges dans l’armée continuent. Les rivalités internes, réseaux concurrents, menacent. Le pacte russe avec l’Arabie, qui consistait à limiter la production de pétrole pour en maintenir le cours, craque. Le cours du pétrole chute à moins de 70$. L’Arabie a besoin d’argent. La Chine, en mode mineur économique, consomme moins. L’Arabie lâche les vannes. L’Europe et la Chine ont investi dans les nouvelles énergies. L’Europe ne craint plus l’hiver sans gaz russe. Les rentiers du pétrole souffrent.

    Les civils morts au Liban et à Gaza rendent la paix impossible.  

    Au Moyen-Orient, les Américains se satisferaient d’un équilibre de la peur. Tous, Iraniens, Turcs, Jordaniens, Saoudiens, Egyptiens, ont peur d’une guerre totale. Israël rêve d’une double paix : éliminer le Hamas et le Hezbollah, normaliser les relations avec les Pays arabes, processus en cours avant le 7 octobre. Les civils morts au Liban et à Gaza rendent la paix impossible. Israël se perd en rejetant le droit international, qui est sa légitimité.

    Frapper le Hezbollah à la tête, c’est juste. Mais la vraie tête est en Iran. C’était le seul moyen d’éviter la guerre à Gaza et au Liban. Constituer une alliance internationale contre le terrorisme, organiser un fonds international pour construire de vrais Etats à Gaza et en Cisjordanie, étaient les seules solutions pour construire la paix plutôt que des ruines. Est-ce encore possible ?

    Evolution des frontières d'Israël depuis 1947
© Jochen GEBAUER, AFP AFP
    Évolution des frontières d’Israël depuis 1947 © Jochen GEBAUER, AFP AFP

    Les Palestiniens rêvent désormais d’une Palestine débarrassée des Israéliens, un appel au génocide. Les Libanais ne rêvent plus, pas plus que les Syriens. La question est toujours la même : comment se débarrasser des Iraniens ? Même Assad le voudrait.

    La résolution de ces deux guerres, en Ukraine et au Moyen-Orient, n’est pas à Washington. Ce ne sont pas des enjeux pour les États-Unis. Ce sont des enjeux vitaux pour l’Europe, Mais l’Europe s’est retirée de tout. Les Américains ont signé avec l’Irak un accord mettant fin à la coalition contre Daech. Ils se retirent.

    La seule arme véritable de l’Europe n’est ni économique, ni militaire. Elle ne mettra ni la Russie, ni l’Iran à genoux par des sanctions. Elle ne mettra pas les armes qu’elle n’a pas en action. La clé de la guerre d’Ukraine est en Russie. Seul le peuple russe, les oligarques russes, le FSB russe peut arrêter la guerre de Poutine. La Russie a déjà perdu la guerre : elle ne reprendra pas l’Ukraine, Mais Poutine, lui n’a pas perdu. Tant qu’il sera là, la menace pèsera sur l’Europe. Mais seuls les Russes peuvent s’en débarrasser.

    En Iran, le système est presque identique, sauf que ce n’est pas un homme la clé de voûte du système. Comment changer de régime ? L’Iran a besoin d’un état perpétuel de guerre, sans aller à une confrontation à laquelle il ne résisterait pas, parce que le peuple iranien ne veut pas soutenir un régime qu’il méprise.  Certains gouvernements ont intérêt à ce que les guerres durent.

    Il est impossible d’éradiquer l’adversaire. Sinon de l’intérieur.  

    Dans le bouleversement mondial, la guerre et la paix changent. Les bombes, les missiles, les sabotages, les assassinats ciblés, sont des actes de guerre, parfois des crimes de guerre. Mais la guerre ne se gagne pas ainsi, parce qu’il est impossible d’éradiquer l’adversaire. Sinon de l’intérieur. Mettre en place un modèle qui menace les régimes de l’intérieur, cela s’appelle l’espérance de la paix. Sans proposer un espoir de paix aux peuples, pourquoi se débarrasseraient de leurs régimes, de leurs bourreaux ? La Paix est un combat. Aussi contre soi-même, contre la tentation de régler la politique par la seule force. Frapper à la tête, c’est mieux que frapper les villes. Faire surgir de nouvelles têtes à qui parler, c’est la seule solution. On n’élimine que ce que l’on remplace. Qui après Nasrallah ?

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Éléonore Caroit à l’ONU : à quoi sert la diplomatie parlementaire ?

    Éléonore Caroit à l’ONU : à quoi sert la diplomatie parlementaire ?

    En toute confidence - podcast politique

    En toute confidence

    En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.

    Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.

    Animé par Caroline Ettori.

    Écouter l’interview d’Éléonore Caroit

    C’est depuis New-York que notre invitée, Eléonore Caroit a répondu aux questions d’« En toute confidence ». La députée des Français d’Amérique Latine et des Caraïbes se trouve en effet à l’ONU qui s’est réuni en Assemblée générale. Si la guerre au Liban inquiète, le travail se poursuit aussi sur d’autres sujets comme celui de la protection des océans ou bien de l’alimentation durable. Au cours de ce podcast, Eléonore Caroit explique notamment à quoi peut servir la diplomatie parlementaire lors de ces rencontres internationales. Une interview Lesfrancais.press.

    Liban, Gaza, Ukraine,…l’ONU sous pression

    La 79eme Assemblée générale de l’ONU vient de se tenir. Emmanuel Macron, Joe Biden, Lula, et bien d’autres chefs d’Etat et de gouvernement, sont ainsi venus s’exprimer à la tribune et négocier des positions stratégiques et diplomatiques.

    Éléonore Caroit avec Emmanuel Macron et Lula à l'ONU @ Ricardo Stucker
    Éléonore Caroit avec Emmanuel Macron et Lula à l’ONU @ Ricardo Stucker

    La guerre au Liban est d’ailleurs sur toutes les lèvres. Notre invitée, présente à New-York, a-t-elle ressenti des tensions particulières dans les couloirs de l’ONU ?

    « À l’ONU, plus que des tensions, j’ai senti qu’il y avait une volonté de relancer le multilatéralisme »

    Eléonore Caroit, députée des Français d’Amérique Latine et des Caraîbes

    Notre invité a d’ailleurs pu suivre l’intervention du Président Zelensky sur la situation en Ukraine. « Un discours très émouvant » partage-t-elle.

    2025 : l’année des Océans en France

    En écoutant ce podcast, vous serez plongé au cœur des négociations internationales à travers la protection de l’environnement. La parlementaire apparentée au groupe « Ensemble pour la République » à l’Assemblée nationale nous explique ainsi son rôle, et la raison de sa présence à l’ONU. 

    « Depuis le début de mon mandat, je suis particulièrement engagée sur la protection des océans »

    Eléonore Caroit, députée des Français de l’étranger

    Dans la continuité des réunions qui se tiennent à New-York sur ce sujet, la ville de Nice accueillera un sommet sur la protection des océans en juin prochain. Cette prochaine Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC) aura notamment pour but de poursuivre la mise en œuvre des objectifs de développement durable. 2025 sera d’ailleurs l’année des Océans et de la biodiversité marine en France.

    Alimentation durable : Nutrition for Growth à Paris en mars 2025

    Au cours de cette semaine à l’ONU, la question de l’alimentation durable a également été abordée. Notre invitée a ainsi participé à une rencontre organisée par l’Unicef et UN Women. A l’instar du Somment sur les océans qui se tiendra dans les alpes maritimes l’an prochain, la France sera aussi l’hôte de « Nutrition for Growth » en mars 2025 à Paris. D’ores et déjà, les travaux sont tournés vers cette prochaine réunion, d’ailleurs nous dit notre invitée :

    « J’ai créé un groupe parlementaire transpartisan pour préparer le sommet Nutrition for Growth »

    Eléonore Caroit, députée des Français d’Amérique Latine et des Caraîbes

    Alors que l’on pourrait croire que la France n’est pas touchée par la malnutrition, « ce sujet est aussi présent dans notre pays » constate la parlementaire. En effet, les excès de soda par exemple participent au phénomène du « mal se nourrir »  

    Éléonore Caroit débat à l'ONU Together for Nutrition
    Éléonore Caroit débat à l’ONU Together for Nutrition

    Comment dès lors mieux réguler ? Comment également aider les pays à mettre en place, au besoin, des normes ou bien des actions de prévention ? Éléonore Caroit partage, à notre micro, des exemples au cours de ce podcast, notamment dans les écoles. La députée de la 2eme circonscription des Français établis hors de France a d’ailleurs préparé un rapport sur l’alimentation au sein de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Celui-ci vise, entre autres, à « Renforcer l’éducation à l’alimentation ». Des propositions seront prochainement publiées. 

    Le rôle diplomatique des parlementaires : une action à renforcer

    Que ce soit sur la question des océans ou celle liée à l’alimentation durable, les échanges au sein de coalitions internationales peuvent ensuite se décliner concrètement dans les législations nationales. Au sein des instances mondiales, la présence de membres de l’exécutif est essentielle. Pour autant, l’apport de députés et de sénateurs dans ces réunions diplomatiques peut être un atout. Or,  

    « Je trouve que l’on ne fait pas assez de diplomatie parlementaire »

    Eléonore Caroit, député des Français de l’étranger

    Ces sommets permettent également de s’inspirer de bonnes pratiques développes dans d’autres pays et de le partager en France. Et, « in fine », ce sont bien les « parlementaires qui proposent et/ou votent » les lois, rappelle notre invitée.

    Pour conclure cet échange, Eléonore Caroit évoque la nomination du gouvernement de Michel Barnier. Alors notre invitée accorde-t-elle toute sa confiance à la nouvelle équipe de Ministres ? Pour le savoir, et comprendre aussi les enjeux mondiaux liés aux océans et à l’alimentation, écoutez l’intégralité du podcast Lesfrancais.press d’Eléonore Caroit, députée des Français de l’étranger, qui prône notamment la diplomatie parlementaire.

    En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes










  • Europe : le retour de l’histoire

    Europe : le retour de l’histoire

    Dans les années 1990, avec la fin de l’URSS et l’essor de la mondialisation, l’Union européenne a appliqué à la lettre les thèses de Fukuyama sur la « fin de l’histoire ». Sans ennemi, elle s’est spécialisée dans son avantage comparatif : les échanges commerciaux. Les attentats islamistes ont certes rappelé que l’histoire pouvait être tragique, mais les États européens ont choisi de récolter les dividendes de la paix, laissant volontiers aux États-Unis le rôle de gendarme du monde et de défenseur des valeurs démocratiques. Les chantiers intracommunautaires, comme la création de l’euro, ont monopolisé toutes les énergies, occultant les dangers d’un monde de plus en plus multipolaire.

    Au fil du temps, les États-Unis sont, de moins en moins les réassureurs de l’Europe. Depuis l’élection de Barack Obama, leurs dirigeants s’éloignent progressivement de cette dernière, leur priorité étant désormais le Pacifique. L’élection de Joe Biden pourrait n’être qu’un simple intermède avant un retour à cette tendance lourde.

    L’Europe est menacée sur deux fronts extérieurs et en son sein.

    Avec la pandémie de Covid et la guerre en Ukraine, l’Europe a pris conscience de sa vulnérabilité et de sa dépendance économique et militaire. En 2021, le Brexit a souligné la fragilité de la construction européenne qui, pendant 70 ans, n’avait jamais connu de recul. La crise au Proche et Moyen-Orient, même si les États-Unis y jouent encore leur rôle de gendarme, concerne en premier lieu l’Europe, qui importe une grande partie de son pétrole et de son gaz des pays du Golfe.

    Les États-Unis, de leur côté, ont retrouvé une autonomie énergétique leur permettant d’avoir un avantage comparatif dans la production de biens. L’Europe est menacée sur deux fronts extérieurs et en son sein. Son économie est anémiée, comme l’a souligné le rapport de Mario Draghi. Longtemps, l’Union européenne a reposé sur le couple franco-allemand, chacun jouant une partition distincte mais complémentaire. L’Allemagne a réussi sa reconstruction puis son unification grâce à la force de son industrie et de ses exportations. Contrairement à la France, elle a été contrainte à un effacement diplomatique façonné par Konrad Adenauer. Ce partage des rôles a été rendu possible par le poids économique relativement proche des deux États. Cependant, la réunification allemande a créé un déséquilibre au détriment de la France qui s’est accru avec la désindustrialisation de cette dernière.

    Europe : le retour de l’histoire
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    De part et d’autre du Rhin, Aujourd’hui, en Europe, ces deux pays ne font plus rêver. La France croule sous les dettes et a perdu de son influence. Elle doit régler ses problèmes internes avant d’espérer se faire entendre à nouveau des 26 autres États de l’Union. L’Allemagne, quant à elle, doit se réinventer. La hausse des prix de l’énergie et la concurrence chinoise dans des secteurs clés, comme l’automobile et les machines-outils, remettent en cause son modèle de croissance. Spécialisée dans la production de biens à forte empreinte carbone, elle doit accomplir sa transition écologique rapidement. La désagrégation du paysage politique, tant en Allemagne qu’en France, ne facilite pas l’élaboration de projets communs. À terme, l’Europe ne peut plus reposer sur le seul couple franco-allemand. La montée en puissance de l’Espagne et de la République tchèque doit s’accompagner d’un pouvoir mieux partagé.

    L’Europe a progressé pas à pas, parfois dans la douleur mais toujours avec de grands projets.

    Depuis plus de 70 ans, l’Europe a progressé pas à pas, parfois dans la douleur mais toujours avec de grands projets. Du marché de l’acier et du charbon en 1951 à la monnaie unique en 1999, de nombreuses étapes ont été franchies grâce à la volonté de femmes et d’hommes d’État qui croyaient au destin d’une Europe unie. Depuis l’échec du Traité constitutionnel en 2005, l’Union européenne ne fait plus rêver, même si une large majorité de la population est consciente des effets négatifs incommensurables qu’aurait sa déconstruction. Les autorités européennes ont longtemps pensé que la transition écologique pourrait être une « nouvelle frontière » ; or, pour de nombreux citoyens, elle est synonyme de contraintes et d’augmentation des taxes.

    Des projets ambitieux doivent guider la construction européenne. La défense, les nouvelles technologies, l’énergie et la protection sociale sont autant de domaines qui pourraient permettre à l’Union européenne de se réinventer.

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