Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés du mardi 18 février 2025. Dans les titres de cette édition : Les Français de l’étranger inquiétés par la crise internationale – Hospitalisation prolongée du Pape – L’Ultra-droite se dévoile en France
Laurent Saint Martin à l’écoute des Français de l’étranger
Si les chancelleries sont inquiètes après les déclarations du week-end, les Français de l’étranger, qui s’étaient habitués à vivre dans un monde où les bruits de bottes s’étaient tus et où les frontières s’ouvraient petit à petit, vivent les réunions de Munich et de Paris comme une déflagration capable de remettre en cause la sécurité dans de nombreux pays. D’ailleurs, hasard du calendrier, Laurent Saint Martin, le ministre des Français de l’étranger, issu du parti présidentiel, Renaissance, participait ce lundi 17 février 2024 à deux réunions avec les militants hors de France du camp d’Emmanuel Macron. Dès le début de la réunion, selon les personnes présentes à celle organisée à 11h (CET), la députée des Français de l’Europe de l’Est, de l’Asie et de l’Océanie, Anne Genetet, alerte tout de suite le ministre sur l’anxiété de ses administrés. De retour à Singapour, ce lundi, après son passage au ministère de l’Éducation nationale, elle dévoile que les premières questions concernées Munich.
Un sujet qui est bien au cœur des préoccupations Laurent Saint Martin, qui arriva en retard, suite à une réunion gouvernementale impromptue sur le thème. Et pour le ministre des Français de l’étranger c’est évidemment une question centrale car pour lui, et bien d’autres, les « propos tenus à Munich font date » et créent de « d’énormes défis ». Il en profita, ambiance militante oblige, de rappeler que « le président de la République avait raison avant tout le monde ».
Le ministre Laurent Saint-Martin
Un « tableau clinique complexe »
C’est ainsi que le Saint-Siège a décrit, avec pudeur, l’état du souverain pontife. Bruni. Avant son hospitalisation vendredi, le pape François, à qui on a retiré une partie d’un poumon quand il était jeune, était apparu affaibli, le visage gonflé, la voix essoufflée, et avait à plusieurs reprises délégué la lecture de ses discours à ses assistants. Si son état est la conséquence d’un agenda bien rempli, le Saint-Siège a déclaré «qu’il n’y a pas d’alarmisme». A suivre
Le pape François lors d’une réunion avec des membres de la communauté catholique à la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg, le 26 septembre 2024
Une association de travailleurs immigrés de Turquie ciblée par l’ultra-droite en France
Aux alentours de 17h20, une vingtaine de personnes cagoulées et munies de tessons de bouteille ont pénétré dans la cour d’un immeuble où se situe l’association, indique la préfecture de police. Le parquet de Paris communique sur « une trentaine d’individus » ayant « forcé la porte de l’immeuble ». Les faits se sont déroulés alors qu’un film d’un collectif antifasciste, Young Struggle Paris, était diffusé au sein de l’association. Une heure après le début de la session, des bruits se sont fait entendre dans la rue. Sur la vidéo d’un témoin, filmant l’agression dans la cour de l’immeuble, une victime, à terre, est frappée par plusieurs individus et reçoit entre autres un violent coup de pied à la tête. Une autre vidéo, relayée sur X, montre le groupe vêtu de noir prendre la fuite dans la rue. L’un d’eux lance alors: « Paris est nazi! »
C’est sur ce fait divers consternant que le bulletin des Français de l’étranger de ce mardi 18 février 2025 se conclut. Passez une belle journée et en sécurité où que vous soyez !
Ce lundi 17 février, Emmanuel Macron a accueilli à Paris les dirigeants du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Italie, de la Pologne, des Pays-Bas et du Danemark pour une « réunion d’urgence » portant sur l’Ukraine et l’implication des pays européens dans le processus de paix. L’événement s’inscrit dans un contexte tendu, alors que les initiatives diplomatiques de Donald Trump sur l’Ukraine inquiètent ses partenaires. Un sentiment de fébrilité qui inquiète les Français de l’étranger qui ont été nombreux à interroger le ministre des Français de l’Étranger, Laurent Saint-Martin, lors de réunions partisanes organisées ce jour avec les expatriés membres du parti présidentiel.
Une réunion montée en urgence
Vendredi 14 février 2025, le chef de l’État avait déjà réclamé, dans une interview au Financial Times, que l’Europe soit à la table des négociations entre l’Ukraine et la Russie, s’opposant aux initiatives de son homologue américain, Donald Trump. Et dimanche, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dévoilé les contours de cette réunion des principales puissances européennes pour évoquer « la sécurité européenne », mais surtout l’avenir de l’Ukraine.
Les 8 pays représentés au niveau de leur chef d’État ou de gouvernement — qui sont tous, à l’exclusion du Royaume-Uni, membres de l’Union européenne — représentent près de 65 % du total des dépenses de défense de l’Europe « géographique », qui s’étend jusqu’à la Turquie et à l’Ukraine.
Ensemble, ils doivent surmonter le défi et imposer l’Europe à la table des négociations. L’enjeu : maitriser l’ogre russe ! Car les Américains ont clairement fait comprendre qu’ils ne voulaient plus s’engager dans la guerre en Ukraine. Les Européens avaient heureusement anticipé un tel désengagement américain depuis plusieurs années : il y a eu la création d’un fonds européen de la défense, la facilité européenne pour la paix, l’achat en commun de munitions, l’envoi de matériel militaire européen en Ukraine, dont des missiles longue portée, des canons Caesar, des chars Léopard et la fabrication d’un million de munitions en Europe.
Mais pour continuer cette aide, il faut de l’argent. Le 14 février à Munich, Ursula von der Leyen a annoncé que toutes les dépenses de défense seraient désormais retirées des critères de Maastricht, qu’elles ne compteront plus dans les chiffres du déficit de chaque pays. Une décision que Paris demandait depuis plusieurs années et qui modifie en profondeur la structure du déficit français.
Paris a déjà identifié les domaines sur lesquels il faut accélérer : les drones, la défense anti-drone, le transport des militaires, les missiles longue portée, l’intelligence artificielle. Ils réfléchissent aussi à un grand emprunt en commun, comme pendant le Covid, soit pour acheter des armes américaines et sud-coréennes, soit pour construire nos propres usines sur le territoire européen.
Une inquiétude palpable chez les Français de l’étranger
Si les chancelleries sont inquiètes, les Français de l’étranger, qui s’étaient habitués à vivre dans un monde où les bruits de bottes s’étaient tus et où les frontières s’ouvraient petit à petit, vivent la réunion de Munich comme une déflagration capable de remettre en cause la sécurité dans de nombreux pays.
D’ailleurs, hasard du calendrier, Laurent Saint Martin, le ministre des Français de l’étranger, issu du parti présidentiel, Renaissance, participait ce lundi 17 février 2024 à deux réunions avec les militants hors de France du camp d’Emmanuel Macron. Car ces derniers sont nombreux, comme en France, il y a eu, bien sûr, une érosion, mais ils sont encore 1500 à être inscrits, dont la moitié est à jour de cotisations, glissant la fédération des non-résidents dans le top 3 de celles de Renaissance.
Si les sujets classiques comme la délivrance des pièces d’identité, la mise en place de l’état civil digital ou le déploiement du nouveau mode de sollicitation des bourses scolaires, dès le début de la réunion, selon les personnes présentes à celle organisée à 11h (CET), la députée des Français de l’Europe de l’Est, de l’Asie et de l’Océanie, Anne Genetet, alerte tout de suite le ministre sur l’anxiété de ses administrés. De retour à Singapour, ce lundi, après son passage au ministère de l’Éducation nationale, elle dévoile que les premières questions concernées Munich.
Un sujet qui est bien au cœur des préoccupations de Laurent Saint Martin, qui arriva en retard, suite à une réunion gouvernementale impromptue sur le thème. Et pour le ministre des Français de l’étranger c’est évidemment une question centrale car pour lui, et bien d’autres, les « propos tenus à Munich font date » et créent « d’énormes défis ». Il en profita, ambiance militante oblige, de rappeler que « le président de la République avait raison avant tout le monde ».
Cette semaine sera cruciale pour l’avenir de l’Europe qui se joue sur le front ukrainien ! Quels seront les impacts à long terme sur le plan international ? Quelles conséquences sur les conditions de vie un peu partout dans le monde ? Les réponses se révéleront au cours des prochains mois voire années.
Le calendrier fiscal de février pour les non-résidents tient en une seule et même date, le 17 février, ce lundi, pour 3 échéances distinctes. On fait le point pour les Français de l’étranger, encore contribuables en France.
Taxe foncière et taxe d’habitation sur les résidences secondaires
Vous avez choisi de mensualiser vos impôts locaux ? Cela vous permet en effet d’étaler la facture, en 10 paiements distincts de janvier à octobre, avec un éventuel bonus en novembre en cas de hausse, au lieu de tout payer en une fois à l’automne après avoir reçu votre avis de taxe foncière ou de taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Le prélèvement mensuel intervient, aujourd’hui, lundi 17 février 2025.
Si vous regrettez de ne pas avoir mensualisé votre taxe foncière, sachez qu’il n’est pas trop tard : une demande effectuée d’ici la fin de ce mois peut être prise en compte dès le mois suivant. Les mensualités de janvier et février seront récupérées sur les 3 prochains mois. Ainsi votre impôt annuel sera étalé de mars à octobre, et avant un éventuel solde en novembre.
Impôt sur le revenu : acompte fiscal mensuel ou trimestriel
Vous touchez des revenus fonciers tirés de la location d’un bien immobilier, situé en France, à long terme ? Le prélèvement mensuel de votre acompte fiscal intervient le 17 février lui aussi. Ce système d’acompte fonctionne comme le prélèvement à la source. Mais le fisc ne ponctionne pas directement son dû sur les loyers que vous percevez chaque mois. Raison pour laquelle un acompte mensuel est prélevé directement sur votre compte bancaire.
Sont aussi concernés les travailleurs indépendants, agriculteurs, les professions libérales, les commerçants. Mais également les bénéficiaires de pensions alimentaires, de rentes viagères ou de revenus de source étrangère en complément du prélèvement à la source réalisé sur votre salaire, pension de retraite ou autre allocation.
Pour ceux qui ont choisi, l’acompte fiscal trimestriel, c’est le même principe que le prélèvement fiscal mensuel évoqué ci-dessus. Mais vous pouvez, chaque année en septembre, réclamer un paiement trimestriel. Si c’est votre cas, le premier paiement trimestriel de l’année 2025 intervient… ce lundi 17 février.
C’est le 23 février 2025 que les électeurs allemands se rendront aux urnes pour élire les membres du Bundestag, leur parlement fédéral. Ces élections anticipées font suite à l’effondrement de la précédente coalition gouvernementale dirigée par le chancelier Olaf Scholz. Mais comment fonctionne le scrutin à la proportionnelle outre-Rhin ? Quelles sont les tendances actuelles ? Et quelles conséquences possibles pour nos Français expatriés et pour le couple franco-allemand ?
La montée de l’extrême droite allemande
À quelques jours du scrutin fédéral, quelles tendances se dessinent ? Actuellement, les sondages indiquent une progression notable de l’extrême droite allemande représentée par l’Alternative für Deutschland (AfD), qui pourrait devenir la deuxième force politique du pays. Selon une enquête de l‘institut INSA, la CDU/CSU (conservateurs menés par Friedrich Merz) est créditée de 29 % des intentions de vote, suivie par l’AfD à 20 %, tandis que le SPD d’Olaf Scholz se situe à 16 % et les Grünen (écologistes) 14%.
Cette montée en puissance de l’AfD est attribuée à divers facteurs, notamment une attention accrue sur les questions migratoires. Toutefois, malgré sa position renforcée, l’AfD reste isolée politiquement, aucun autre parti n’envisageant une coalition avec elle. Cette situation pourrait compliquer la formation d’un gouvernement après les élections, prolongeant les négociations pour établir une majorité stable au Bundestag.
Bundestag à Berlin
Parallèlement, Friedrich Merz, leader de la CDU et favori pour le poste de chancelier, a récemment adopté une position plus ferme sur la politique migratoire, marquant un fort virage à droite pour son parti. Il a notamment proposé des mesures visant à refouler systématiquement les migrants sans papiers aux frontières allemandes et à renforcer les contrôles frontaliers. Cette approche a suscité des critiques, y compris au sein de son propre camp, certains estimant qu’elle pourrait affaiblir le « cordon sanitaire » traditionnellement maintenu entre les partis démocratiques et l’extrême droite en Allemagne.
« Une radicalisation du discours politique »
En outre, F. Merz a présenté une motion au Bundestag visant à durcir la politique d’asile, qui a été certes refusée par le Bundestag mais qui a reçu le soutien de l’AfD. Cette collaboration implicite a provoqué une onde de choc politique. Certains y voyant une rupture avec le consensus d’après-guerre consistant à isoler l’extrême droite. Angela Merkel, ancienne chancelière et figure emblématique des chrétiens-démocrates de la CDU, a critiqué cette initiative, la qualifiant d’erreur.
Ces développements reflètent une radicalisation du discours politique en Allemagne, où les questions migratoires occupent une place centrale dans le débat public. La stratégie de Merz vise à reconquérir les électeurs tentés par l’AfD. Mais elle comporte le risque de légitimer davantage cette dernière et de fracturer le paysage politique allemand.
Quelles conséquences pour les Français expatriés en Allemagne ?
L’analyse des sondages par circonscription montre clairement que la montée spectaculaire de l’AfD est principalement soutenue par un électorat des Länder de l’ex-RDA. Ce clivage entre l’Est et l’Ouest de l’Allemagne est souvent expliqué dans les médias par des différences sociales. Telles que le chômage et la structure économique. L’écart de salaires est également notable. En 2024, le salaire médian à l’Est est inférieur de 16 % à celui de l’Ouest. Et l’écart cumulé sur les dix dernières années est encore plus important. Par ailleurs, les électeurs de l’Est, ayant vécu sous un régime autoritaire avec un parti unique avant la chute du mur, pourraient-ils également ressentir une certaine nostalgie ? Cette question est souvent posée.
Porte de Brandebourg Berlin
Cependant, selon l’importance de l’AfD au Bundestag, les efforts menés par les gouvernements français et allemand pour renforcer la coopération franco-allemande pourraient en pâtir. Très vite, nous pourrions réaliser que ce que nous appelons le couple franco-allemand en français n’est traduit en Allemagne que par « Freundschaft » (amitié). Et cette différence de perception pourrait avoir des conséquences notables. Ainsi, une telle évolution pourrait entraîner un ralentissement des projets communs dans les domaines de la défense, de la recherche, et un éloignement au sein de l’Union Européenne.
Et si l’extrême droite devenait le seul parti de coalition capable d’offir une majorité à une coalition ?
À ce jour, la place future de l’extrême droite fait débat. L’AfD (Alternative für Deutschland) pourrait-il devenir le seul parti de coalition capable de faire basculer une majorité ? À la lecture des sondages et par le mode de scrutin actuel, ce scénario semble peu probable et celui d’un gouvernement minoritaire encore moins. Depuis 1949, l’Allemagne n’a connu que cinq gouvernements sans majorité au Bundestag, et dans aucun de ces cas, cette minorité n’était le résultat direct des urnes, mais plutôt la conséquence d’une défection d’un membre de la coalition. Un tel scénario serait donc une nouveauté difficilement tenable.
Et si l’extrême droite devenait le seul parti de coalition capable d’offir une majorité à une coalition ?
C’est ici que le scrutin proportionnel personnalisé en Allemagne pourrait se distinguer par rapport au scrutin majoritaire à deux tours que nous connaissons en France. En effet, contrairement au système majoritaire à deux tours, qui nécessite souvent des alliances avant les élections, le scrutin proportionnel n’exige des alliances qu’après. Il serait ainsi tout à fait possible que CDU/CSU, SPD (Sozialdemokratische Partei Deutschlands) et les Verts forment une coalition pour maintenir l’AfD dans l’opposition. Le système proportionnel et la tradition politique allemande rendent un tel scénario crédible. Même si le mode de scrutin reste encore opaque pour de nombreux observateurs.
Le système électoral allemand : une proportionnelle personnalisée complexe
Le mode de scrutin allemand, souvent qualifié de « proportionnelle personnalisée », combine des éléments de représentation proportionnelle et de scrutin majoritaire. Chaque électeur dispose de deux voix distinctes sur un même bulletin :
Première voix (Erststimme) : Elle permet de voter pour un candidat dans sa circonscription. L’Allemagne est divisée en 299 circonscriptions, chacune élisant un député au scrutin majoritaire uninominal à un tour “avant ajustements”. Le candidat obtenant le plus de voix remporte le siège, assurant ainsi une représentation locale directe.
Deuxième voix (Zweitstimme) : Elle est attribuée à une liste de parti au niveau du Land (région). C’est cette seconde voix qui détermine la répartition proportionnelle des sièges au Bundestag entre les partis, reflétant le soutien global à chaque formation politique.
Ce système permet aux électeurs de soutenir un candidat local avec leur première voix et un parti différent avec leur seconde voix, offrant une flexibilité dans le choix électoral.
Répartition des sièges et ajustements
Après le décompte des voix, la répartition des sièges au Bundestag s’effectue en plusieurs étapes :
Attribution des sièges proportionnels : Le nombre total de sièges (actuellement fixé à 630) est réparti entre les partis proportionnellement aux secondes voix obtenues au niveau national.
Mandats directs : Les candidats ayant remporté leur circonscription avec la première voix obtiennent un « mandat direct » et occupent en priorité les sièges attribués à leur parti.
Mandats excédentaires et compensatoires : Si un parti obtient plus de mandats directs que le nombre de sièges qui lui est proportionnellement dû, ces sièges supplémentaires sont appelés « mandats excédentaires » (Überhangmandate). Pour rétablir l’équilibre proportionnel, des « mandats compensatoires » (Ausgleichsmandate) sont attribués aux autres partis, ce qui peut augmenter le nombre total de sièges au Bundestag.
Ce mécanisme vise à assurer une représentation fidèle des forces politiques tout en maintenant un lien étroit entre les députés et leurs circonscriptions.
Seuil électoral et particularités allemandes
En mars 2023, une réforme électorale a été adoptée pour limiter l’augmentation constante du nombre de députés au Bundestag, qui avait atteint 736 membres en 2021. Soit 138 de plus que le nombre légalement prévu de 598. Cette inflation était principalement due aux mandats excédentaires (Überhangmandate) et aux mandats compensatoires (Ausgleichsmandate), résultant du système électoral combinant scrutin majoritaire et proportionnel.
« Le système électoral complexe, combinant proportionnelle personnalisée et scrutin majoritaire, pourrait permettre à une coalition des partis traditionnels de maintenir l’AfD à l’écart du pouvoir, malgré la polarisation croissante. »
La réforme vise à stabiliser le nombre de sièges à 630, en supprimant ces mandats supplémentaires. Désormais, la répartition des sièges dépendra strictement du pourcentage des secondes voix obtenues par chaque parti au niveau national. Ainsi, même si un candidat remporte sa circonscription avec la première voix, il ne siégera au Bundestag que si son parti dispose d’assez de secondes voix pour couvrir ce mandat. Cette mesure renforce le caractère proportionnel du scrutin tout en maintenant une représentation locale.
Seuil électoral et particularités allemandes
Toutefois une « clause des mandats de base » permet à un parti qui remporterait au moins trois mandats directs d’être représenté au Bundestag, même s’il n’atteignait pas le seuil de 5 % des secondes voix au niveau national. Cela ouvrira certainement la porte du Bundestag aux partis d’extrême gauche.
Des résultats attendus par nos compatriotes et par l’Europe
En conclusion, les élections anticipées du 23 février marqueront sans doute un tournant politique majeur en Allemagne. Avec, les sondages le disent aujourd’hui, une montée significative de l’AfD et un bouleversement des dynamiques traditionnelles. Le système électoral complexe, combinant proportionnelle personnalisée et scrutin majoritaire, pourrait permettre à une coalition des partis traditionnels de maintenir l’AfD à l’écart du pouvoir, malgré la polarisation croissante.
Pour les expatriés Français en Allemagne, les conséquences directes devraient être limitées. Mais un affaiblissement des relations franco-allemandes serait une hypothèse à envisager si l’extrême droite gagnait davantage de poids au Bundestag. Si le scénario d’une coalition dominée par l’AfD semble peu probable, pour les raisons présentées précédemment, les discussions et compromis qui en découleront redéfiniront sans doute les priorités politiques de l’Allemagne à l’échelle européenne.
Le « deutsche Michel », une personnification nationale comme l’Oncle Sam américain, John Bull britannique ou Monsieur Dupont en France, est un homme prudent, buvant une chope de bière. Il est peu enclin aux bouleversements. Mais il était, jusqu’à présent, fier de la réussite industrielle de son pays. Michel est aujourd’hui désappointé : l’économie allemande a enregistré un recul de son PIB pour la deuxième année consécutive. Ce dernier n’ayant progressé que de 0,1 % au cours des cinq dernières années. Cette situation économique peu reluisante risque de peser lourd dans les résultats des élections législatives prévues le 23 février prochain.
L’Allemagne a déjà connu une situation similaire au début des années 2000, après la réunification. À l’époque, tout comme aujourd’hui, la Chine avait gagné d’importantes parts de marché à l’exportation, déstabilisant l’industrie européenne. En 2025, l’Allemagne semble plus fragile qu’en 2000. Les États-Unis, autrefois gardiens et protecteurs de l’économie mondiale fondée sur des règles multilatérales, se sont engagés dans une série de rapports de force. La Chine, autrefois adepte des équipements allemands, s’en passe désormais au profit de ceux qu’elle fabrique elle-même.
Le rapprochement de Mercedes avec Renault pourrait redevenir d’actualité.
La remise en cause est sévère pour l’industrie automobile, symbole de la puissance industrielle allemande qui traverse des difficultés sans précédent depuis 1945. Le secteur a perdu quelque 10 000 emplois en 2024. L’idée d’une fusion avec des groupes étrangers n’est plus exclue, ce qui était impensable il y a encore quelques années. Le rapprochement de Mercedes avec Renault pourrait redevenir d’actualité. Tesla, le constructeur de véhicules électriques d’Elon Musk, a ouvert une usine à 50 km de Berlin, avec des projets d’expansion. De plus, des concurrents chinois envisageraient d’acheter certaines usines de Volkswagen.
Dans les années 1970, lorsque les fabricants allemands d’appareils photo, leaders mondiaux, ont été concurrencés par des entreprises rivales japonaises, ils se sont recentrés sur d’autres types d’équipements optiques. Cette réorientation a été gagnante, car ce secteur a créé 2 000 emplois de juin 2023 à juin 2024. Ces entreprises fournissent aujourd’hui l’industrie des semi-conducteurs et celle de l’aérospatiale.
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Des sources de croissances ?
Certaines entreprises de l’industrie automobile pourraient se réorienter vers l’aérospatiale. Mais aussi vers la défense ou le secteur médical, des domaines en forte croissance, qui requiert un haut niveau de recherche.
La transition écologique pourrait être une autre source de croissance. Infrastructures de recharge, électrolyseurs d’hydrogène, électrification industrielle, réseaux électriques intelligents : l’Allemagne dispose d’avantages comparatifs certains dans tous ces domaines. Même dans le secteur de l’intelligence artificielle, elle pourrait jouer un rôle plus important, compte tenu de son intégration progressive dans les processus industriels. Le Mittelstand allemand, composé d’entreprises de taille moyenne spécialisées dans des niches industrielles, est réputé pour ses relations avec les clients et sa connaissance fine de leurs besoins et de leurs données. Chose qui a été un atout pendant la révolution Internet. Les entreprises de fabrication et de construction de machines sont susceptibles d’ajouter davantage de services à leurs portefeuilles pour aider leurs clients à adopter les nouvelles technologies. Ces services liés à l’industrie ont créé 35 000 emplois entre 2023 et 2024.
En 2024, plus de 2 700 start-ups ont été créées en Allemagne, soit environ 11 % de plus qu’en 2023.
De nouvelles entreprises émergent pour répondre aux besoins changeants de l’économie mondiale. En 2024, plus de 2 700 start-ups ont été créées en Allemagne, soit environ 11 % de plus qu’en 2023. Entre 2015 et 2019, les investisseurs en capital-risque ont investi moins de 5 milliards de dollars (soit environ 0,14 % du PIB) par an en Allemagne. Depuis, ce chiffre est passé à 11 milliards de dollars (soit 0,2 % du PIB) en moyenne par an.
La transformation de l’économie allemande pourrait cependant pénaliser certaines régions. Les zones industrielles risquent d’être perdantes, en particulier celles qui abritent des entreprises ayant du mal à réduire leurs émissions. Tirschenreuth, en Bavière, où se trouvent des producteurs de papier, et le Haut-Sauerland, près de Dortmund, où est implantée l’industrie du bois, seront confrontés à des difficultés. À l’inverse, les zones urbaines, où talents et idées ont tendance à se concentrer, devraient en profiter. Tesla a ainsi décidé d’implanter son usine en périphérie de Berlin.
La Saxe est devenue le premier pôle de fabrication de microprocesseurs en Europe
À l’est de l’Allemagne, la Saxe est également susceptible de prospérer. En partie grâce à la politique industrielle du gouvernement est-allemand dans les années 1980, qui cherchait à développer une expertise dans les semi-conducteurs afin de réduire la dépendance à l’égard de l’Ouest capitaliste, la région est aujourd’hui devenue le premier pôle de fabrication de microprocesseurs en Europe, avec plus de 80 000 emplois. En août 2024, la construction d’une nouvelle usine de semi-conducteurs a commencé à Dresde. Dans le cadre d’un projet mené par TSMC, un fabricant taïwanais, constituant l’investissement le plus important en Saxe depuis 1990.
Dans le même temps, le nord-est de l’Allemagne, région venteuse, bénéficie d’une demande croissante en énergie renouvelable. Une étude de l’institut de recherche IWH révèle que l’est de l’Allemagne perd actuellement moins d’emplois que le sud plus riche. La destruction créatrice est rarement agréable, surtout pour une population peu encline aux changements brutaux. Elle est néanmoins nécessaire pour garantir, à terme, la pérennité du modèle allemand. La densité du tissu industriel, le haut niveau de compétences des salariés et la renommée de qualité sont des atouts pour réussir la réorientation de l’économie germanique.
ROME — Plus d’une centaine de travailleurs de l’organisation qui gère les centres de migrants installés en Albanie par l’Italie ont été licenciés « jusqu’à nouvel ordre », selon des informations parues dans la presse italienne.
La lettre de licenciement obtenue par le journal Il Domani indique que tous les employés de l’Organisation non gouvernementale (ONG) italienne MediHospes, qui gère actuellement le centre, seront licenciés à partir du 15 février 2025, « jusqu’à nouvel ordre ».
Alors qu’il n’y a pas eu d’appel d’offres public, MediHospes a remporté l’année dernière le contrat de 151,5 millions d’euros pour la gestion des centres de Gjader et de Shengjin. Pourtant, au mois dernier, aucun contrat n’avait été signé entre l’ONG et la préfecture.
« une nouvelle confirmation de l’échec de cette opération »
Les licenciements interviennent après la dernière tentative du gouvernement de limiter les centres aux expulsions uniquement. Après des mois de revers judiciaires qui bloquent leur mise en œuvre depuis octobre.
Interrogé jeudi sur la question de savoir si le gouvernement avait commencé à vider les centres en Albanie, le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a répondu par un « non » catégorique.
Les lettres de licenciement sont « une nouvelle confirmation de l’échec de cette opération », a déclaré Elly Schlein, dirigeante du Partito Democratito (Socialistes et Démocrates européens). Une opération qui « viole les droits fondamentaux et les lois italiennes et européennes », a précisé la responsable politique.
Pendant ce temps, le gouvernement travaille sur un nouveau décret pour les centres de migrants en Albanie. Un décret qui devrait être présenté prochainement.
Francesco Ferri, expert en migration chez ActionAid et membre de la délégation du Tavolo Asilo e Immigrazione (TAI), qui surveille les conditions des migrants dans les centres d’Albanie, a rejeté l’idée de réaffecter les installations pour détenir d’autres catégories de migrants. Le tout en avertissant que cela ne ferait qu’entraîner de nouvelles violations des droits fondamentaux.
« Une telle reconversion créerait de nouvelles violations supplémentaires des droits fondamentaux, ce qui n’a pas sa place dans un système démocratique », a-t-il ajouté.
La Commission européenne garde un œil sur la situation
Depuis le début, les centres suscitent un vif intérêt en Europe. Dès le mois d’octobre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, les a décrits comme une expérience dont la Commission pourrait « tirer des leçons pratiques » avant la réunion de l’EUCO d’octobre.
« Indépendamment de toute opinion légitime, il est clair que l’Europe soutient cette initiative », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, lors d’une intervention au Parlement italien cette semaine.
Cet intérêt n’a pas faibli, même après que trois refus d’autoriser la détention ont conduit au renvoi des migrants en Italie et au blocage effectif du projet.
Les centres ont également fait l’objet d’un débat lors du Conseil informel « Justice et affaires intérieures » à Varsovie, le premier sous la présidence polonaise.
Matteo Piantedosi a noté que le document de réflexion de la présidence polonaise inclut « une référence explicite au protocole [Italie-Albanie] » comme exemple de « coopération innovante avec un pays tiers ».
Prochaine étape
L’avenir des centres ne sera pas seulement décidé le 25 février, lorsque la Cour de justice européenne — saisie par les tribunaux italiens — rendra son arrêt, mais aussi par les élections albanaises prévues le 11 mai.
L’ancien président albanais Sali Berisha, qui se présente contre Edi Rama, qui a signé l’accord avec l’Italie, a déclaré que s’il gagnait, « une fois les cinq ans écoulés, le contrat avec l’Italie ne serait pas renouvelé ».
Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le lundi 17 février et vous écoutez le premier flash quotidien des expatriés de la semaine. Dans les titres de cette édition : Ukraine : l’Europe tente de réagir ce lundi à Paris – Quand les scandales pédophiles servent les intérêts politiques – le NFP se déchire en France
Alerte sur « la sécurité européenne »
Cette rencontre est organisée en urgence au lendemain de la Conférence sur la sécurité de Munich (Allemagne), marquée par un discours hostile du vice-président américain JD Vance à l’encontre de l’Union européenne, accusée notamment de ne pas respecter la « liberté d’expression » et par la confirmation que les Américains envisageaient des négociations sur l’Ukraine sans les Européens. La commission européenne, les chefs d’Etat ou de gouvernement des 7 premières armées de l’Union européenne et le secrétaire général de l’Otan, le néerlandais Mark Rutte. Les bruits de bottes n’avaient jamais autant résonné sur le vieux continent depuis 80 ans.
J. D. Vance, le vice-président américain, à la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC), en Bavière, dans le sud de l’Allemagne, le 14 février 2025. LEAH MILLIS / REUTERS
La campagne de Mélanie Vogel contre Stéphane Vojetta
La sénatrice des Français de l’étranger, écologiste, très marquée à gauche et fer de lance des élus affiliés à LFI au Sénat, s’est engagée dans une campagne sur les réseaux sociaux contre Stéphane Vojetta. Suite à son post en début de semaine dernière, sous-entendant, que les accusations d’omerta, qui sont portées contre François Bayrou dans le cadre du scandale des agressions pédophiles au pensionnat Notre-Dame de Bétharram dans les années 1990, n’étaient qu’une opération téléguidée par la France Insoumise, Mélanie Vogel se lâche sur les réseaux sociaux. Elle a ainsi déclaré : « Ce monsieur, qui empile relativisation de crimes sexuels et outrances sexistes, est député macroniste de la 5ème circonscription des Français•es de l’étranger, notamment été touchée il y a 2 ans par une vaste affaire de pédocriminalité au sein lycée français de Barcelone. » Pour l’instant Stéphane Vojetta se réserve le droit de porter cette affaire devant les tribunaux. À suivre.
Une interview de Jean-Luc Mélenchon au vitriol
Dans un long entretien accordé à l’hebdomadaire La Tribune Dimanche du dimanche 16 février, le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a acté la rupture avec le Parti socialiste alors que les deux partis sont alliés sous l’égide du Nouveau Front populaire. « Nous devons tourner la page d’une alliance toxique avec les Socialistes » annonce-t-il ? Malgré nos sollicitations, les responsables des fédérations LFI, Ecologistes et Socialistes des Français de l’étranger n’ont pas répondu sur les conséquences pour les actions communes prévues par l’ex-alliance du Nouveau Front Populaire.
Le Nouveau Front populaire (NFP) en juillet 2024
C’est tout pour le flash quotidien des expatriés de ce lundi 17 février 2025. Passez un beau début de semaine où que vous soyez !
Dans la rivalité exposée avec la Chine, les États-Unis disposent de tous les atouts. La capacité financière, l’innovation technologique, une culture dominante, une démographie positive, des alliés nombreux, un système politique consensuel. Systématiquement, la nouvelle administration sape ces avantages. Tandis que Trump menace ses alliés, laisse les Chinois investir les organisations internationales, il déclare la paix aux Russes. Pactiser avec l’ennemi dispense d’aimer ses amis.
Il en est des déclarations de guerre comme des déclarations d’amour. Dire « Je t’aime » : l’amour est là. « Je déclare la guerre » : c’est la guerre. Soit, il est possible d’aimer sans le dire, de faire la guerre sans déclaration. Les Russes n’ont toujours pas reconnu qu’il y avait une guerre en Ukraine. Y a-t-il seulement des déclarations de paix ? Dites:« Je fais la paix », vous mettez bas les armes. Le résultat porte un nom : capitulation. En 40, Pétain demanda de cesser le combat. Les soldats français obéirent, pas les Allemands. Il y eut des masses de prisonniers, forcément. L’armistice, pire que n’importe quelle capitulation, entraîna mécaniquement une collaboration.
Pactiser avec l’ennemi dispense d’aimer ses amis
Ainsi Trump déclare-t-il la paix. Son envoyé spécial a expliqué que l’Ukraine ne recouvrerait pas ses territoires occupés, n’entrerait pas dans l’Otan, n’aurait pas d’accord de défense avec les Etats-Unis. « Youpi » a crié Poutine en lui-même. Que peut-il espérer d’autre ? Être reçu en Arabie comme un maître du monde ? Ce sera fait. Virer Zelenski ? Ce sera fait. D’autant que Zelenski a refusé le contrat unilatéral proposé sur les minéraux rares.
France, Allemagne, Espagne, Italie, Pologne, Royaume Uni, Union européenne ont publié une déclaration pour assurer l’Ukraine de leur soutien,« jusqu’à ce qu’une paix juste, globale et durable soit atteinte » ajoutant : « la sécurité du continent européen est notre responsabilité commune. Nous travaillons donc ensemble pour renforcer nos capacités de défense commune. » Une déclaration, encore. L’envoyé spécial américain a fait savoir que les Européens ne participeraient pas aux négociations, mais qu’ils participeraient plus tard, en payant.
Se déclare-t-on « puissance » ? L’Europe génère un PIB de 17.000 milliards d’euros. La Russie, moins de 2000. L’Europe représente 21% du PIB mondial, les États-Unis: 24%. L’Europe n’a aucune raison de trembler devant la Russie, de s’incliner devant les États-Unis. Et l’Europe s’effacerait des affaires de l’Europe ? Youpi.
L’Europe n’a aucune raison de trembler devant la Russie, de s’incliner devant les États-Unis.
« Vous ne pouvez pas supposer que la présence américaine durera éternellement», a déclaré le nouveau secrétaire d’Etat, Pete Hegseth. Jusqu’à présent, chaque pays choisissait sa dépendance et la payait. Pas assez.
Il n’est pas certain que Trump abandonne l’Ukraine. Il a lâché l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie. Ces pays n’intéressent plus les Américains depuis qu’ils ont du pétrole et du gaz à en revendre. Abandonner l’Ukraine, c’est abandonner les alliances européennes, fondamentales pour les États-Unis. Quel pays verrait dans les États-Unis un soutien fiable ?
Que se passera-t-il si la Russie engrangeait le deal de Trump ? Quoiqu’en disent les renseignements danois ou britanniques, la Russie n’envahira pas l’Europe. Il n’y aura pas de guerre « conventionnelle ». Elle procédera par grignotage et infusion. Grignotage de territoires des Pays baltes, enserrée entre saint Pétersbourg et Kaliningrad. Infusion en Slovaquie, Hongrie, Bulgarie, Roumanie, Moldavie. Et même l’Allemagne, l’Italie, la France : Poutine a tant d’amis ! Il ne cherche pas à renverser les régimes européens, mais à avoir des complices dans ces régimes, à reconstituer son aire d’influence.
N’est-il pas logique qu’un pays pauvre et surarmé soit payé pour ne pas utiliser ses armes? Que demandent les Etats-Unis ? Qu’on leur achète des armes et du gaz. N’est-il pas logique que celui qui vous protège soit payé en retour ? Mieux vaut payer les deux.
La France doit bouger, entraîner. Ou choisir le destin d’une Suisse pauvre et manipulée.
Personne ne pense l’Europe comme une alliance militaire. 80% des armements européens sont américains. La France en sait quelque chose. Parce que personne ne pense que la France pourrait apporter une garantie supérieure à celle des Etats-Unis.
Longtemps, le pré carré africain qui assura la place de la France dans le concert géopolitique mondial fut un obstacle à une diplomatie conjointe européenne. La France n’était pas considérée comme fiable parce qu’elle prétendait à une politique autonome, notamment en Afrique.
Chassée (par les Russes) de l’Afrique, la France peut repenser ses engagements. La France est la première puissance de la Méditerranée. À l’est aussi, la France peut prendre l’initiative. Elle ne peut être menacée par la Russie, sinon par des déstabilisations internes, déjà en cours. « Avec le recul, nous nous reprocherons de ne pas avoir aidé l’Ukraine assez tôt et suffisamment » dit Friedrich Merz, potentiel futur chancelier allemand. Un cessez-le-feu provisoire fera de l’Ukraine un foyer permanent de risque pour la Pologne et l’Allemagne.
Des troupes ? Bonne question. Pourquoi s’impliquer demain et pas aujourd’hui ?
Aujourd’hui, les Européens, selon la déclaration conjointe, seraient prêts à bouger. Alors la France doit bouger, entraîner. Si la première puissance militaire européenne ne le fait pas, qui le fera ? Ou choisir le destin d’une Suisse pauvre et manipulée.
Les États-Unis ont demandé à chaque pays européen ce qu’il apporterait comme garanties de sécurité pour l’Ukraine, notamment en termes de troupe. Un accord de cessez-le-feu, qui n’est pas la paix, nécessiterait une force d’intervention mobile, garantie de sécurité, de 25.000 hommes.
Des troupes ? Bonne question. Pourquoi s’impliquer demain et pas aujourd’hui ? La France vient d’envoyer des Mirages, elle pourrait, dès maintenant, envoyer des détachements sur la frontière biélorusse, des batteries de protection pour protéger Kiev, Odessa, Kharkov, Kherson.
Si nous devons être seuls en Ukraine, soyons le dès maintenant, à nos conditions de cessez-le-feu.
Défendre l’Ukraine par des actes. Avant la négociation, puisque les États-Unis ne veulent pas s’investir, curieusement, se constituera une force européenne, avec un commandement unifié, une organisation politico-militaire. Trump conduit l’Europe à son autonomie stratégique. Si nous devons être seuls en Ukraine, soyons le dès maintenant, à nos conditions de cessez-le-feu.
Devancer cette obligation modifiera la discussion : Les États-Unis devront compter avec nous, en Ukraine et ailleurs. L’accord doit être global. Sinon ne pas lever les sanctions. Mener des contre-attaques aux cyberattaques russes, puisque la cyberguerre est un fait depuis trois ans et plus. Les Russes ne sont pas en position de force. Les Ukrainiens peuvent tenir, l’Europe aussi, la Russie coule. Sans le miracle Trump, ils ont perdu.
Nous sommes dans une situation de « ni guerre, ni paix. Tant que l’Europe ne déclarera pas la paix, faire savoir qu’il n’y aura pas de paix. Une vraie paix, justement, est à ce prix. On peut laisser la Corée du Nord dans un coin. On ne peut laisser une Russie pauvre, armée et belliqueuse. On ne peut laisser les Russes désespérer : Navalny a été assassiné il y a un an.
Tant que l’Europe ne déclarera pas la paix, faire savoir qu’il n’y aura pas de paix. Une vraie paix, justement, est à ce prix.
Cessons de maudire le lâchage de Trump. C’est à l’Europe de défendre l’Europe. Les erreurs diplomatiques sont plus meurtrières que les batailles perdues. Toute déclaration de paix qui ne désarme pas l’agresseur est un leurre. Changer la mauvaise donne maintenant, avant toute discussion dans notre dos, sur notre dos. Et montrer au monde qu’il existe une autre voie entre la Chine et les Etats-Unis.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app bancaire France Pay
Vagabondage reçoit Vanessa Fragoso, une enfant du Nord partie faire escale au Portugal. Au cours de ce podcast, découvrez le talent de notre invité pour qui l’art nomade permet de surfer sur la vie. Chercheuse, elle “n’est pas née enracinée ou fixée quelque part”. Elle ouvre des portes. Et c’est ce parcours dans lequel Vanessa “s’est toujours sentie mobile dans son identité” que nous vous proposons.
Le nomadisme comme mode de vie
Le mouvement est naturel pour cette enfant du Nord de la France qui a passé beaucoup de temps sur le port de Dunkerque à suivre les allées et venues des navires. Le nomadisme semble être partie intégrante de l’enfant devenu adulte. Elle qui a du sang portugais et s’inscrit dans la lignée de ce peuple de navigateurs qui a conquis les océans du monde entier.
Une escale prolongée à Lisbonne
Vanessa a fait escale voilà une vingtaine d’années à Lisbonne à la faveur d’une mission de recherche. Lisbonne c’est ce coin de l’Europe tourné vers l’Atlantique, c’est ce lieu de culture et d’émerveillement où l’historienne d’art de formation a établi son camp de base. C’est ici que notre invitée poursuit un cheminement personnel qui lui tient lieu de philosophie et de spiritualité, où elle est en recherche permanente.
Vanessa Fragoso
Son sésame pour ouvrir toutes les portes culturelles, c’est l’art sous toutes ses formes. L’art du 17ème dont elle est une spécialiste en tant qu’une historienne d’art et chercheuse. Elle a d’ailleurs travaillé pour le CNRS (Centre national de la recherche scientifique), l’université de Lille et l’université Evora. Mais également à l’université de Montréal à travers une chaire sur la lusophonie à laquelle elle est très attachée.
Une passion pour le nomadisme et l’interculturalité
Sa passion pour le nomadisme lui permet de naviguer entre les époques. C’est son appétence pour l’interculturalité qui engendre la rencontre féconde entre les cultures et entre les mondes, puisqu’elle est placée au carrefour du monde francophone et du monde lusophone. Elle pratique ainsi de façon heureuse les arts, la danse et le mannequinat comme une découverte d’elle-même à travers le regard des photographes.
Une passion pour le nomadisme et l’interculturalité
Sa recherche permanente d’une esthétique mais aussi d’une morale dans ses pratiques artistiques et culturelles correspond à son souhait d’ouverture sur l’Autre. À son respect de la nature et à sa profonde empathie envers autrui. Elle est une mère de famille qui transmet à ses deux enfants l’humilité face au savoir. Mais aussi l’ambition de toujours approfondir la connaissance du monde.
Sa passion pour la mer elle la vit à travers sa pratique du surf ou de la plongée. Elle l’explore à travers les îles portugaises des Açores ou de Madère. Elle la vit désormais de façon intime à travers son lien pour le Cap Vert.
Ainsi, « Vagabondage » est très heureux de lui tendre le micro et de recueillir ses mots précieux et sa pensée profonde.