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  • Être Français, c’est quoi ? Résultat de notre consultation

    Être Français, c’est quoi ? Résultat de notre consultation

    Cette semaine, nous avons posé la question à nos lecteurs, Français de l’étranger, qu’ils soient expatriés, binationaux, « pour vous c’est quoi être Français ». Non que nous eussions particulièrement envie d’évoquer le sujet mais parce que celui-ci est de retour sur la scène politique française et fracture toujours autant nos compatriotes installés dans l’hexagone. Vous avez d’ailleurs été 4020, et on vous en remercie, à participer à cette consultation qui s’est déroulée anonymement du 10 au 14 février sur notre site.

    Ce débat est, même, remonte jusqu’aux plus hautes autorités de l’Etat, puisque les ministres Bruno Retailleau (Intérieur) et Gérald Darmanin (Justice) appellent à la tenue d’un débat public sur le droit du sol, ouvrant la porte à sa remise en question. D’ailleurs, François Bayrou s’est prononcé, vendredi 7 février, pour se pencher collectivement sur une question « plus large« , à savoir « qu’est-ce qu’être Français ?« .

    Ce qu’en pensent les Français de l’hexagone !

    Avant de se pencher sur les résultats de notre consultation, on vous rappelle un sondage publié en 2019 par le quotidien Le Parisien qui avait la même thématique.

    On y découvre, sans surprise, que davantage qu’un territoire commun, une langue commune, c’est l’attachement aux valeurs de la République qui définissent plus que tout le fait d’être un Français selon les sondés ayant participé à l’étude d’Ipsos en 2019.

    Ainsi, 63% des personnes interrogées, il y a près de 6 ans, étaient d’avis qu’être « Français aujourd’hui » passe d’abord par le fait d’être « attaché aux valeurs de la République ». Venait ensuite la nationalité française (33%), le partage d’un mode de vie (33%), le fait de parler une langue commune (28%), de se sentir héritier de l’histoire de France (24%) et de vivre sur un même territoire (18%).

    Des Français de l’étranger, très exigeants

    Étonnamment, les Français de l’étranger sont encore plus exigeants que ceux de métropole. En effet, l’attachement aux valeurs de la République est aussi le socle fondamental, ils sont même 73,27% à considérer que c’est indispensable pour se dire Français.

    S'informer sur la France ? Indispensable pour être Français ?

    À la différence de nos compatriotes, la seconde condition pour se dire Français, c’est la maîtrise de la langue française. 63,36% des consultés considèrent que la langue est un vecteur commun aux idées de la République, un chiffre bien plus important que les 28% du sondage du Parisien. On comprend mieux ainsi, le développement des associations FLAM qui dispensent des cours, quasi gratuitement, aux jeunes Français qui ont accompagné leurs parents en expatriation ou nés sur place et qui sont malheureusement souvent privés d’accès à l’éducation française (coûts d’écolages trop élevés et bourses mal calibrées).

    S'informer sur la France ? Indispensable pour être Français ?

    Troisième condition selon les consulats, c’est de disposer de la nationalité française. Ils rejoignent ainsi le gros de tiers de Français de l’hexagone qui conditionnent le fait d’être français à la détention du passeport. Là aussi, l’attachement est bien plus important qu’en métropole. Une information qui explique que le moindre retard dans la délivrance d’une pièce d’identité par nos consulats soit vécu comme un affront par les Français de l’étranger.

    Vivre à la française

    Les valeurs, la langue, le passeport, sont des réponses attendues dans ce genre de consultation. Mais nous avions envie d’aller plus loin et vous avons proposé aussi de balayer le champ culturel.

    Et la première leçon, c’est que la moitié des Français de l’étranger sont attachés à leur baguette, leurs saucissons et leurs fromages sans oublier les vins. En effet, apprécier la gastronomie française comme nos traditions sont une valeur fondamentale pour 56,16% des consultés.

    S'informer sur la France ? Indispensable pour être Français ?

    Ensuite, c’est le lien maintenu avec la France qui s’impose. Près de 50% des répondants ont estimé que continuer à s’intéresser à la vie de notre pays est aussi important que le reste. C’est d’ailleurs la vocation de votre site Lesfrancais.press qui tente, modestement, de vous informer sur l’actualité qui vous concerne mais aussi sur l’information nationale en la traitant avec le regard des Français à l’étranger.

    S'informer sur la France ? Indispensable pour être Français ?

    Enfin, dernière valeur culturelle mise en avant par 42,64% des consultés, c’est l’Histoire de France. Celle avec un grand H qui a façonné des philosophies, des Etats sur tous les continents et qui continue de s’écrire chaque jour.

    S'informer sur la France ? Indispensable pour être Français ?

    Vive ou ne pas vivre en France ?

    Enfin, il se glissait parmi les réponses proposées, un item qui fâche. Est-ce que vivre en France ou y avoir vécu est indispensable pour être Français. Sans surprise, mais d’ailleurs comme nos compatriotes ayant répondu au Parisien en 2019, le partage d’une expérience de vie sur un territoire n’est pas fondamental au sentiment d’être Français, même si pour certains, avoir vécu en France, façonne l’esprit. Ainsi, ils ne sont que 6,10% à considérer que c’est une condition indispensable.

    Avoir vécu en France ?

  • L’île des Faisans : un territoire binational

    L’île des Faisans : un territoire binational

    Il n’y a pas que les expatriés qui peuvent avoir une double nationalité ! C’est aussi le cas de certains territoires. Comme l’île de Faisans, qui tous les 6 mois, change de nationalité. 6 mois française, 6 mois espagnole. On vous raconte son histoire.

    1526

    Au début de ce mois de février, comme chaque année l’île des Faisans a hissé le pavillon espagnol. Mais pourquoi ?

    Pour comprendre, il faut remonter très loin dans l’histoire des deux pays. Car ce bout de territoire, minuscule de 3000 m2, coincé entre les rives du fleuve côtier la Bidassoa, est bien échangé tous les 6 mois depuis des siècles.

    Île des faisans Hendaye
    Île des faisans Hendaye

    Tout commence en 1526, lorsque dans une barque au milieu de la Bidassoa, il fut procédé à l’échange de François 1er, prisonnier de Charles Quint contre ses deux fils. Puis en 1615, les ambassadeurs Français et Espagnols y firent l’échange des deux fiancés royaux, Elizabeth, fille du Roi de France Henri IV destinée à Philippe IV d’Espagne et la soeur de ce dernier, Anne d’Autriche, infante d’Espagne promise à Louis XIII de France, frère d’Elizabeth et fils d’Henri IV.

    C’est sur cette ile aussi, qu’en 1659, lors d’une conférence qui dura trois mois que fut négociée par le Cardinal Mazarin et Don Luis Menendez de Haro y Sotomayor, le mariage de Louis XIV avec la fille du Roi d’Espagne, Philippe IV et signé le traité de paix des Pyrénées. Les 5 et 6 juin 1660, Louis XIV et Philippe IV s’y rencontrèrent et confirmèrent le traité et la conclusion du mariage. En 1861, un monument commémoratif de cette conférence y fut érigé. Depuis la signature du traité des Pyrénées, l’îlot est un condominium. Il se place sous l’autorité de la France et de l’Espagne, autorité changeant tous les 6 mois.

    Interdite au public

    L’île des Faisans, au cœur du fleuve Bidassoa, marque donc la frontière entre la France et l’Espagne. Ce minuscule territoire de 130 mètres de long et 15 mètres de large reste inhabité. Une simple stèle, érigée pour commémorer le traité des Pyrénées signé en 1659, s’y dresse.

    Carte de l'Île des Faisans
    Carte de l’Île des Faisans

    Les ragondins et les palmipèdes visitent parfois l’île, mais les faisans sont absents, malgré son nom. Cette terre verdoyante repose au milieu des eaux calmes du fleuve. Les autorités interdisent tout accès public. Seuls les employés municipaux d’Hendaye et d’Irún entretiennent ce lieu paisible, symbole vivant de la solidarité entre deux nations.

    Pour l’anecdote, ce confetti se dirige officiellement par deux vice-rois, qui sont, côté français, le commandant de la station navale de la Bidassoa à Hendaye, et son homologue basé à Saint-Sébastien, côté espagnol. Si la passation se fait le plus souvent par notes diplomatiques, elle se déroule bien tous les six mois depuis plus de 170 ans.

  • Dire « Je t’aime », d’une culture à l’autre

    Dire « Je t’aime », d’une culture à l’autre

    Parler d’Amour au XXIe siècle, à l’heure où les correspondances épistolaires sont remplacées par des messages sur les smartphones, n’est pas spontané et naturel que cela devrait l’être. Et pourtant la formulation de l’Amour est un indispensable à la réussite d’un couple, car il y a un langage pour chaque étape de l’amour : de « j’ai rencontré quelqu’un » à « il faut qu’on parle ». Petit tour d’horizon des façons de se dire « Je t’aime » dans le monde.

    Anglophones : « I love you »

    Au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Canada et dans d’autres pays anglophones, c’est la formule « I love you » qui permet d’exprimer son amour pour quelqu’un. En ce qui concerne la Saint-Valentin, ces pays ont tendance à célébrer le romantisme le 14 février de chaque année, en échangeant des cadeaux et en sortant pour des dîners en tête à tête. Les cadeaux les plus populaires sont des chocolats, des cartes, des bijoux et des fleurs, généralement des roses. Et si vous souhaitez en savoir plus, il y a toujours un prof d’anglais pour vous sur Preply.

    Anglophones : « I love you »
    Anglophones : « I love you »

    Les roses sont en effet depuis longtemps associées à l’amour et à la romance, ce qui en fait un choix populaire pour les cadeaux de la Saint-Valentin. La tradition d’offrir des roses à la Saint-Valentin vient de la Rome antique, où les roses étaient utilisées dans des célébrations religieuses et séculières. La rose rouge était particulièrement significative, car elle représentait l’amour et le désir. Selon la Society of American Florists, plus de 250 millions de roses sont produites pour la Saint-Valentin, la majorité de ces roses étant des roses rouges.

    Hispanophones : « Te quiero »

    Dans les pays hispanophones, la manière la plus courante de dire « je t’aime » est « te quiero » (prononcé : tè kie-ro) ou « te amo » (prononcé : tè a-mo).

    Les deux expressions sont utilisées pour exprimer l’amour romantique. Cependant, « te quiero » est plus propre aux conversations quotidiennes et est considéré comme moins intense que « te amo », qui est utilisé lors d’occasions plus spéciales ou pour exprimer des sentiments d’amour profonds.

    La Saint-Valentin, ou « Día de San Valentín » en espagnol, est célébrée le 14 février en Espagne, tout comme dans de nombreux autres pays. C’est une occasion populaire pour les couples d’exprimer leur amour et leur affection l’un pour l’autre. Certains couples échangent également des lettres d’amour ou des poèmes pour exprimer leurs sentiments. Offrir un livre en cadeau est également considéré comme un symbole d’amour en Espagne.

    Hispanophones : « Te quiero »
    Hispanophones : « Te quiero »

    En Argentine, la Saint-Valentin est célébrée de manière similaire. Mais les Argentins ont également leur propre célébration de l’amour qui dure… une semaine entière ! La « Semana de la Dulzura » (Semaine de la Douceur) a lieu en juillet. C’est un moment où les gens expriment leur amour et leur affection les uns pour les autres. Le tout en échangeant des bonbons et des friandises.

    Au Pérou, le jour de la Saint-Valentin est bien célébré. Mais au lieu d’offrir des roses comme dans les pays occidentaux, les gens s’offrent des orchidées.

    Au Guatemala, la Saint-Valentin est célébrée avec une immense parade de chars qui traverse la ville de Guatemala. Appelée la « Old Love Parade » (Parade de l’Amour Ancien), cette dernière est animée par des personnes âgées déguisées en costumes colorés.

    La République dominicaine et le Salvador célèbrent tous les deux la Saint-Valentin. Avec un échange de cadeaux appelé « Amigo Secreto », sur le même modèle que le Secret Santa.

    En Europe du Nord et de l’Est

    En Allemagne, pour dire à quelqu’un qu’on l’aime, on utilise « Ich liebe dich ». Le jour de la Saint-Valentin, les Allemands offrent traditionnellement à leurs partenaires des biscuits au gingembre. Mais aussi des chocolats ou des porte-bonheurs en forme de cochon, considérés comme un symbole de chance.

    En Estonie, pour déclarer son amour, il faut utiliser la formule « ma armastan sind », et « Minä rakastan sinua » en Finlande. Dans ces deux pays, la Saint-Valentin ne tourne pas autour des relations romantiques mais autour des liens amicaux et familiaux.

    Quelques expressions pour déclarer votre flamme :

    • Estonie – Ma armastan sind
    • Finlande – Minä rakastan sinua
    • Allemagne – Ich liebe dich
    • Autriche – Ich liebe dich
    • Danemark – Jeg elsker dig
    • Pays-Bas – Ik hou van jou

    En Asie, les femmes à la manœuvre

    En Corée du Sud, en Chine, à Taïwan, au Vietnam et au Japon, la Saint-Valentin voit les rôles traditionnels de l’Occident inversés, avec les femmes qui offrent des chocolats aux hommes. Le chocolat n’est pas seulement offert aux partenaires romantiques, il est également donné à des amis, des membres de la famille ou encore des collègues.

    Un mois plus tard, le 14 mars, ces pays célèbrent également le “White Day” (Journée Blanche) où les hommes retournent la faveur de la Saint-Valentin aux femmes en leur offrant du chocolat blanc et des guimauves.

    Aux Philippines, à l’occasion de la Saint-Valentin, des centaines de couples se marient en masse, à travers tout le pays, en se disant “oui” au même moment.

    Quelques expressions pour déclarer votre flamme :

    • Japon – 愛してる (Ai shiteru)
    • Corée du Sud – 사랑해 (Saranghae)
    • Chine et Taïwan – 我愛你 (Wǒ ài nǐ)
    • Vietnam – Em yêu anh (Em yew anh)
    • Thaïlande – ฉันรักเธอ (chǎn rák khun)
    • Philippines – Mahal kita

    En Afrique, l’amour avec un grand A

    L’Égypte célèbre l’amour deux fois, le moment parfait pour dire  » انا احبك » (Ana uhibbuka), à la Saint-Valentin et le “Eidel-Hob el-Masri” (Journée de l’amour égyptien) le 4 novembre. Pendant ces deux jours, les couples sortent en amoureux et s’offrent des cadeaux et des chocolats.

    En Afrique, l’amour avec un grand A
    En Afrique, l’amour avec un grand A

    La Saint-Valentin a une importance particulière au Nigeria et les gens ne manquent jamais l’occasion de dire « Mo ni fẹ́ rẹ ». Ils s’assurent de commencer la journée en se souhaitant une « Joyeuse Saint-Valentin » et les rues sont couvertes de décorations blanches, rouges et roses. Il est d’usage de confectionner des gâteaux en forme de cœur pour les offrir à sa moitié.

    En Afrique du Sud, pour dire « je t’aime », on dit « Ek het jou lief » en afrikaans. À la Saint-Valentin, les femmes ont l’habitude de porter des cœurs et le nom de leur amoureux sur leurs manches. Les couples sortent également en rendez-vous et échangent des cadeaux.

    Quelques expressions pour déclarer votre flamme :

    • Afrique du Sud – Ek het jou lief
    • Éthiopie – ē wĕd hä′ lō (ewedihale lehu)
    • Égypte – Ana uhibbuka (انا احبك)
    • Maroc – Ana uhibbuka (انا احبك)
    • Nigeria – Mo ni fẹ́ rẹ
  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 14.02.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 14.02.2025

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le vendredi 14 février et vous écoutez le dernier flash quotidien des expatriés de la semaine. Dans les titres de cette édition : L’horreur à Munich – L’ADFE, une association qui vous accompagne – PSG : mise en accusation du président

    Attentat à Munich

    À Munich, une voiture a foncé dans la foule faisant au moins 28 blessés dont certains très graves. Un homme, un Afghan de 24 ans, demandeur d’asile, a délibérément percuté avec son véhicule un groupe de personnes qui étaient en train de manifester. Cet événement intervient en pleine campagne électorale. Les élections en Allemagne se tiendront le 23 février prochain, et les sondages indiquent une poussée de l’extrême droite outre-Rhin. Cet « attentat » comme l’a qualifié le Chancelier Scholz intervient également dans une ville, Munich, qui accueille à partir de ce 14 février une conférence internationale sur la sécurité. Lesfrancais.press s’en était d’ailleurs fait l’écho en raison de réunions sur la défense européenne organisées par des compatriotes Français. 

    Une voiture a percuté la foule jeudi 13 février à Munich, en Allemagne. ©dpa Picture-Alliance via AFP
    Une voiture a percuté la foule jeudi 13 février à Munich, en Allemagne. ©dpa Picture-Alliance via AFP

    Coup de projecteur sur l’association Français du Monde – Adfe

    Depuis 45 ans, cette association anime le réseau de nos compatriotes expatriés. Dans un podcast publié par Lesfrancais.press, Stéphane Arnoux, délégué général nous présente les grandes actions prévues pour 2025, avec un accent particulier porté sur la solidarité envers nos Français de l’étranger. Autre sujet mis à l’honneur par l’ADFE, celui de la Francophonie. Et c’est la présidente de la section au Royaume Uni, Catherine Smadja-Froguel, qui nous explique pourquoi la défense de la langue française reste un sujet d’actualité. Une interview engagée à retrouver sur notre site.

    Qatar, je t’aime moi non plus

    En cette journée des amoureux, on revient sur un nouvel épisode de la relation franco-qatarienne. Cette fois, c’est le PSG qui est au cœur des discordes. En effet, le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi a été mis en examen le 5 février des chefs de « complicité d’achat de vote et d’atteinte à la liberté du vote » et « complicité d’abus de pouvoirs au préjudice de la SCA Lagardère ». Si ce dernier n’a pas été placé sous contrôle judiciaire, cette mise en examen a rapidement eu une résonance à Doha, où se trouve depuis mercredi soir le dirigeant qatari. Une affaire à suivre

    Nasser Al-Khelaïfi
    Nasser Al-Khelaïfi

    C’est tout pour le flash quotidien des expatriés de ce vendredi 14 février 2025. Toute la rédaction se joint à moi pour souhaiter une très belle ST Valentin aux amoureux et à toutes et à tous un très beau week-end. On se retrouve lundi.

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Solidarité et Francophonie : l’engagement de Français du monde – ADFE

    Solidarité et Francophonie : l’engagement de Français du monde – ADFE

    Écouter le podcast avec Stéphane Arnoux & Catherine Smadja-Froguel

    Depuis 45 ans, l’association Français du monde – ADFE joue un rôle essentiel pour les Français résidant à l’étranger. L’organisation présente dans 79 pays grâce à un réseau dynamique de 120 sections locales, accompagne les expatriés aussi bien dans leur quotidien qu’en situation de crise. Un lien privilégié qui passe aussi par un magazine, Français du monde, dont le dernier numéro est consacré à la francophonie. Stéphane Arnoux, délégué général de l’association et Catherine Smadja-Froguel, membre du Bureau national de l’association et présidente de la section Royaume-Uni, reviennent sur leur engagement.

    Représentation, animation, réflexion : le triptyque de l’ADFE

    « Français du monde – ADFE répond à une mission qui pourrait se résumer en trois mots : représentation, animation et réflexion » souligne Stéphane Arnoux. Un triptyque qui se décline de manière très concrète tout au long de l’année que cela soit au sein d’instances institutionnelles ou lors de rencontres plus conviviales.

    Stéphane Arnoux, délégué général Français du monde - ADFE
    Stéphane Arnoux, délégué général Français du monde – ADFE

    S’agissant de la mission de représentation certains membres de l’ADFE, association reconnue d’utilité publique, ont notamment la possibilité de siéger dans diverses commissions touchant, par exemple, aux bourses scolaires, à l’action sociale ou encore au tissu associatif. Cette représentation permet une meilleure information essentiellement à travers des rencontres en ligne sur les différents organismes et dispositifs d’accompagnement à destination des expatriés.

    « Nous avons de nombreuses sections qui organisent des permanences pour répondre aux questions des Français. »

    Stéphane Arnoux, délégué général, Français du Monde – ADFE

    Afin de remplir pleinement sa mission d’animation, l’ADFE (Association Démocratique des Français à l’Étranger) s’efforce par ailleurs de fédérer la communauté française à l’étranger. « Il peut s’agir de rencontres festives, conviviales ou informatives. Nous avons de nombreuses sections qui organisent des permanences pour répondre aux questions des Français. » Sans oublier les actions de solidarité : « Je pense notamment à la bouquinerie solidaire, aux mobilisations effectuées avec nos partenaires associatifs comme le Téléthon des Français de l’étranger ou encore aux actions écologiques dans le cadre de la campagne Avril pour la planète. »

    Bouquinerie solidaire au Vietnam - Français du Monde-ADFE /@ADFE
    Bouquinerie solidaire au Vietnam – Français du Monde-ADFE /@ADFE

    Enfin, Stéphane Arnoux revient sur la partie « réflexion » de l’association. Une réflexion qui porte notamment sur les politiques menées à l’égard des Français de l’étranger. « Nous avons d’ailleurs deux rencontres importantes sur ce sujet en mai : l’Université Français du monde Asie le week-end du 10 et 11 mai à Hô Chi Minh Ville ; puis le Printemps de la 9e pour la neuvième circonscription des Français de l’étranger, du 29 mai au 1er juin où adhérents, élus locaux, parlementaires se réuniront au Sénégal pour réfléchir ensemble à la situation des Français de ces régions. »

    Des besoins variés, un soutien adapté

    Avec plus de 120 sections à travers le monde, l’ADFE est en prise direct avec les Français et leurs besoins qui inévitablement diffèrent selon les régions. « Nous avons constaté, grâce à une enquête que nous avons menée l’année dernière, que les Français ont un besoin accru d’informations pour comprendre leurs droits et quelles peuvent être les possibilités qui leur sont offertes. » précise Stéphane Arnoux, qui ajoute : « En ce sens, nous essayons  de mettre en place un certain nombre d’actions pour mieux les informer à travers notre site internet, notre magazine ou à travers de rencontres que nous organisons, que ce soit en ligne ou en présentiel. »

    Catherine Smadja-Froguel, membre du Bureau national et présidente de la section Royaume-Uni des Français du monde-ADFE
    Catherine Smadja-Froguel, membre du Bureau national et présidente de la section Royaume-Uni des Français du monde-ADFE

    Pour Catherine Smadja-Froguel, présidente de la section Royaume-Uni, le Brexit a illustré l’importance cruciale de l’association : « Le Royaume-Uni compte l’une des plus importantes communautés de Français installés à l’étranger. Et le Brexit a représenté un changement total des conditions d’entrée, de séjour et de travail dans le pays. La demande d’information était alors énorme. » Et notre invitée poursuit en constatant que « Les Français pouvaient bien sûr s’adresser au consulat mais les services étaient débordés. Nous avons pu leur fournir des informations fiables et là, nous avons vraiment pu mesurer à quel point c’est important d’avoir une association proche des gens qui peut les aider en temps de crise. »

    Francophonie : un enjeu culturel et géopolitique

    Ce lien de confiance se voit renforcé par la publication d’un magazine trimestriel, Français du monde, dont le dernier numéro sorti en fin d’année est consacré à la francophonie. Préserver et construire la francophonie, un sujet ô combien d’actualité. Catherine Smadja-Froguel, membre du comité de rédaction de la revue, revient sur ces enjeux : « Quand on est Français à l’étranger, surtout deuxième génération ou qu’on élève ces enfants, la question du français est extrêmement importante. Comment pouvons-nous faire pour que nos enfants, nos petits-enfants, apprennent la langue ? Il ne faut pas oublier que la langue véhicule notre culture mais aussi nos valeurs. La défense du français est culturellement, économiquement, géopolitiquement indispensable. »

    « II est indispensable que notre langue française continue à être une langue de la diplomatie et de l’économie.. »

    Catherine Smadja-Froguel, Présidente Français du Monde – ADFE Royaume Uni

    D’autant plus quand le français doit rivaliser avec la langue anglaise. Catherine Smadja-Froguel poursuit : « J’ai été représentante du gouvernement britannique dans des commissions européennes et dans des conseils européens. Ce que je peux vous dire, c’est qu’il était essentiel de s’exprimer parfaitement en anglais parce que très souvent, mes collègues français n’étaient pas bien traduits. Il y avait une différence notable dans le traitement des idées véhiculées par les anglophones et celles véhiculées par les Français. Donc oui, c’est absolument indispensable que notre langue continue à être une langue de la diplomatie et de l’économie. »

    Au Maroc : Conférence Français du monde-ADFE @ADFE
    Au Maroc : Conférence Français du monde-ADFE @ADFE

    Une voix qui doit également s’intensifier dans la sphère numérique à travers, entre autres, l’intelligence artificielle selon Catherine Smadja-Froguel. « Il faut que les contenus dont se nourrit l’intelligence artificielle ne soient pas uniquement américains ou chinois. Il faut que nous puissions absolument donner notre avis, notre impulsion et que nos idées, nos valeurs, ne soient pas perdues par l’intelligence artificielle. C’est ça la diversité culturelle. » La culture qui sera d’ailleurs mise à l’honneur dans le prochain numéro de Français du monde prévu en mars.

    2025 : une année de célébrations et de réflexion

    L’année 2025 marquera le 45ème anniversaire de l’association. Les 120 sections locales fêteront cet engagement tout au long de l’année. Au-delà du travail de fond entrepris par l’association pour améliorer la vie des Français de l’étranger, des rencontres, des échanges avec les expatriés sur le terrain, Stéphane Arnoux évoque quelques surprises en préparation mais nous n’en saurons pas plus… pour le moment. « J’ai déjà mentionné les événements du mois de mai à Hô Chi Minh-Ville et au Sénégal. Nous organiserons également les Journées associatives Français du monde du 21 au 23 août prochain. » Et Stéphane Arnoux de conclure : « Ces festivités seront l’occasion de revenir sur quatre décennies d’histoire, d’engagements, de relations internationales et intergénérationnelles. ». Une année 2025 plus que jamais solidaire.

  • De nouveaux membres de l’académie culinaire de France seront intronisés  à Bruxelles.

    De nouveaux membres de l’académie culinaire de France seront intronisés  à Bruxelles.

    C’est la plus vieille académie culinaire du monde. Et elle est française. L’académie culinaire de France a été fondée en 1884. Cette noble institution est dédiée depuis plus un siècle et demi à la valorisation des métiers de bouche dans toute leur diversité. Elle réunit donc des cuisiniers de talent et des pâtissiers principalement. Mais aussi des fromagers, des écaillers, des charcutiers en passant par des bouchers et autres artisans du bien mangé.  Le symbole de cette académie est une étoile à 16 branches. Pour 16 métiers participant au rayonnement français et international de notre patrimoine culinaire.

    L’objectif est bel et bien de pérenniser une tradition et de la développer aux quatre coins du globe.

    Photo des membres de l'Académie Culinaire de France
    Photo des membres de l’Académie Culinaire de France

    Forte de ses 2000 membres l’académie possède ainsi un réseau de délégations à l’étranger. Il s’étend des USA au Japon en passant par la Belgique et le Luxembourg. De nouveaux membres de l’académie culinaire de France seront bientôt intronisés  à Bruxelles. Un évènement dans les cercles gastronomiques. Le nouveau président de la délégation d’outre-quiévrain, Charles Sassiat, pilotera les festivités. Le restaurant « chez Hau » de Woluwe Saint Pierre aura le plaisir d’accueillir ce moment convivial et symbolique.

    Charles Sassiat, nouveau président de la délégation de Belgique et du Luxembourg

    La délégation Belgo-luxembourgeoise a été créée en 1981. 

    Charles Sassiat en préside les destinées depuis janvier. Formé à la maison Kayser à Saint-Germain-en-Laye de 2009 à 2011 il a ensuite connu un parcours de globe-trotter pour parfaire sa formation.  À Londres, ses pâtisseries ont même eu le rare privilège de trôner à la table de la Reine. Membre de la pâtisserie Didier, fournisseur de la cour, il a connu l’exigence de haut niveau au service de clients de prestige. Il poursuit ensuite sa formation à Le Saint-Aulaye, boulangerie de référence chez les Français d’Uccle.

    Charles Sassiat
    Charles Sassiat

    Chez Paul Wittamer c’est ensuite une pâtisserie chocolaterie de renom qui l’accueille toujours à Bruxelles. Puis son profil international s’étoffe en Corée du Sud comme auprès de la maison Kayser à New-York, une boulangerie artisanale au cœur de Broadway. C’est tout naturellement qu’il ouvrira sa première pâtisserie à Bruxelles en 2018 fort d’une expérience conséquente. Un établissement au nom qui tombe sous le sens : Gâteau.

    L’engagement d’un passionné sur les traces de Joseph Favre une légende de la gastronomie

    Son engagement au service de l’académie culinaire est avant tout celui d’un passionné. Il inaugure cette présidence pour « pérenniser, développer et conserver la gastronomie française« . Il se place sous les bons auspices de Joseph Favre, une légende de la gastronomie. Ce suisse de naissance ayant vécu en France a créé l’académie culinaire et a publié le premier dictionnaire universel de cuisine.

    Joseph Favre
    Joseph Favre

    Également fondateur du premier journal culinaire édité par un chef cuisinier il affirma dès le 19eme siècle des principes philanthropiques pour la promotion de la gastronomie en France et à l’international : « C’est avec un sentiment de générosité, que vous devez vous armer pour convaincre vos collègues et les amener à une appréciation plus juste et plus saine de la cause que nous défendons ». 

    Un réseau de solidarité et de convivialité

    Le réseau de l’académie culinaire se veut donc aujourd’hui un lieu d’échange des pratiques et une instance où règne la solidarité entre ses membres.

    Pour la recherche d’apprentis, les métiers de bouche pâtissent parfois de l’exigence de métiers où on ne compte pas ses heures et où l’on vit en décalé. La gastronomie exige des sacrifices et les vocations  manquent parfois. 

    Sandwich
    Sandwich

    Entre collègues on échange donc bons plans et conseils d’aînés pour faciliter l’embauche ou motiver les plus jeunes. 

    « Comme certains collectionnent des timbres ou d’autres vont à la chasse, notre passion s’exprime par le travail« .

    Croissants
    Croissants

    La question du goût est centrale

    Charles Sassiat est très attaché à la question du goût qui est culturelle et centrale dans sa démarche. 

    Les produits et le savoir-faire français sont habituellement reconnus à l’international. « Quand c’est bon les ventes sont exponentielles« . Une formule qui résume la dimension économique d’une activité de bouche tournée vers le haut niveau. La qualité France est donc une exigence à toutes les étapes de la fabrication. « Les meilleurs ingrédients alliés aux meilleures techniques ».

    L’académie culinaire de France est logiquement soutenue par la diplomatie française. Et nombre d’intronisations ont lieu d’ailleurs dans les locaux des Ambassades. « On est heureux de s’y sentir les bienvenus ».

    Logo ACF
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    La cérémonie du 17 février est la première dans un agenda 2025 qui verra aussi d’autres moments de rassemblement conviviaux dont un dîner de gala. Nous souhaitons la pleine réussite de cet évènement alléchant aux maîtres artisans de notre gastronomie.

  • La Saint-Valentin dans le monde en 2025

    La Saint-Valentin dans le monde en 2025

    Entre Français, célébrez la Saint-Valentin est assez simple en général, tout se passe autour d’un dîner romantique au restaurant ou chez soi, on s’offre une rose et des chocolats puis on passe le reste de la soirée dans les bras l’un de l’autre… Mais si vous êtes en couple avec une personne issue d’une autre culture ou si tout simplement vous désirez vivre la Saint-Valentin différemment, il existe bien d’autres traditions pour célébrer l’amour dans le monde. Pour les Français de l’étranger, on fait le tour de quelques traditions.

    Saint-Valentin énigmatique au Danemark

    Au Danemark, les hommes écrivent puis envoient des petits poèmes amusants à leur Valentine, simplement signés par le même nombre de points que de lettres dans leur prénom. 

    Saint-Valentin énigmatique au Danemark
    Saint-Valentin énigmatique au Danemark

    Chaque femme qui reconnaît l’auteur du poème reçoit un œuf de Pâques en cadeau. Deux fêtes pour le prix d’une !

    Saint-Valentin festive en Afrique du Sud

    L’Afrique du Sud est sans conteste le meilleur pays d’Afrique où passer la Saint-Valentin. Pour l’occasion, les locaux partent faire la fête dans les bars et discothèques du Cap ou de Johannesburg. 

    Saint-Valentin festive en Afrique du Sud
    Saint-Valentin festive en Afrique du Sud

    Les femmes, conformément aux traditions insufflées de la Rome Antique, épinglent le nom de leur moitié sur les manches de leur haut.

    Saint-Valentin spéciale célibataires à Singapour

    Vous êtes encore célibataire ? Changez votre destinée en vous envolant pour Singapour ! Là-bas, ce sont les célibataires qui sont mis à l’honneur le jour de la Saint-Valentin. Ils écrivent des messages accompagnés de leur numéro de téléphone sur des mandarines puis les jettent dans la rivière. Cette tradition porterait chance aux personnes en quête de l’âme sœur.

    Saint-Valentin estivale en Israël

    Durant l’été, les Israéliens célèbrent une vieille cérémonie juive appelée Tou Béav, qui ressemble un peu à la Saint-Valentin.

    Saint-Valentin estivale en Israël
    Saint-Valentin estivale en Israël

    Les couples célèbrent leur amour avec des fleurs et des gâteries en forme de cœur, et les gestes romantiques ne se font pas attendre, puisque c’est, semble-t-il, la journée parfaite pour se marier.

    Saint-Valentin en deux temps en Corée du Sud comme au Japon

    Les coutumes de la Corée du Sud ressemblent un peu à celles du Japon : les femmes offrent des chocolats à leur amoureux le 14 février, puis les hommes donnent un présent à leur douce le 14 mars. 

    Il existe également une tradition appelée le Black Day, qui se tient le 14 avril, durant lequel les célibataires se vêtent de noir, se rassemblent et mangent un mets de nouilles appelé jjajangmyeon.

    Saint-Valentin fleurie en Thaïlande

    En Thaïlande, la Saint-Valentin fait partie des jours les plus importants de l’année. Très populaire à travers tout le pays, elle est aussi très fleurie puisque le nombre de roses que l’on offre à sa moitié dépend entièrement du message que l’on souhaite faire passer. Attention donc à bien les compter, puisqu’offrir 108 roses en Thaïlande correspond à une demande en mariage !

    Saint-Valentin hasardeuse en Écosse

    Notre tour du monde de la Saint-Valentin se poursuit en Écosse où, selon la tradition, la première personne du sexe opposé que l’on croise de la journée devient notre âme-sœur.

    Rassurez-vous, vous n’aurez pas à lui offrir un cadeau ni à l’inviter au restaurant, à moins qu’il ou elle ne vous plaise, bien sûr !

  • Derrière les droits de douane, la lutte contre l’impôt mondial

    Derrière les droits de douane, la lutte contre l’impôt mondial

    Le déficit commercial américain est abyssal, plus de 700 milliards de dollars en 2024. Face à ce déficit, Donald Trump accuse les partenaires des États-Unis de pratiques commerciales déloyales. Pour les punir, il a décidé de recourir à l’arme des droits de douane. Ces derniers, dans les faits, touchent avant tout les consommateurs américains. Force est de constater, en outre, que vis-à-vis du Mexique et du Canada, la menace des droits de douane visait avant tout à lutter contre l’immigration illégale. Punir ces deux États, membres d’une union douanière avec les États-Unis, n’a que peu de sens. Les trois pays ont développé des relations économiques étroites ces vingt dernières années.

    Le problème américain est avant tout celui de l’éclatement des chaînes de production et de la localisation des bénéfices. Les États-Unis possèdent les plus puissantes entreprises mondiales dans les secteurs de la haute technologie, de la santé et de la pétrochimie. Pour autant, le pays accumule déficit sur déficit. La question n’est donc pas uniquement celle du déficit commercial. Mais aussi celle des stratégies mises en place par les États pour attirer les investissements et capter les bénéfices des multinationales.

    Sur le premier point, les gouvernements se livrent à une surenchère. Les États-Unis en tête, avec l’Inflation Reduction Act, conçu pour inciter les entreprises à produire sur le sol américain. Sur le second point, et pour éviter une course vers le moins-disant fiscal, 136 pays ont signé en 2021, sous l’égide de l’OCDE, un accord prévoyant un taux d’imposition minimum de 15 % sur les bénéfices des entreprises multinationales. Or, Donald Trump souhaite soustraire son pays à cet accord.

    Un accord mondial sur un taux d’imposition minimum de 15 % sur les bénéfices des entreprises multinationales

    Le cadre fiscal de l’OCDE n’est pas un traité formel dont les États-Unis pourraient simplement se retirer. Contrairement au retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé ou de l’Accord de Paris sur le climat. Cet accord repose sur une approche commune. Chaque gouvernement devant adopter des lois instaurant une taxe supplémentaire pour les entreprises payant un impôt inférieur à 15 %. Si certains pays appliquent une fiscalité plus basse, d’autres peuvent réclamer la différence. Les Républicains s’opposent à cet accord, estimant qu’il empiète sur les prérogatives du Congrès. À l’inverse, Joe Biden encourageait les États à adapter leur législation afin d’inciter le Congrès à faire de même.

    Les impôts des citoyens et des entreprises de tout pays contrevenant pourraient être doublés sur le territoire américain.   

    Si les États-Unis refusaient de ratifier l’accord, les pays signataires pourraient appliquer une surtaxe sur les revenus des entreprises américaines. Donald Trump entend torpiller cet accord en promettant des représailles brutales. Pour son administration, tout pays imposant une taxe supplémentaire à une entreprise américaine serait coupable d’une atteinte extraterritoriale. Par des décrets exécutifs publiés le 20 janvier, jour de son investiture, Donald Trump a prévu que les impôts des citoyens et des entreprises de tout pays contrevenant pourraient être doublés sur le territoire américain. Cette loi, qui permet de doubler les impôts des étrangers, existe depuis neuf décennies, mais n’a jamais été appliquée.

    La décision de Donald Trump risque de faire échouer l’accord de l’OCDE. Aux États-Unis, l’impôt sur les sociétés représente 7 % des recettes fiscales du gouvernement. Bien en-dessous de la moyenne de 12 % dans les autres pays de l’OCDE. Ce chiffre peut encore baisser si Donald Trump obtient gain de cause et réduisait à nouveau le taux d’imposition des sociétés, comme lors de son premier mandat. Le Président américain souhaite que les entreprises de son pays rapatrient plus fortement leurs bénéfices mondiaux. Afin d’atteindre son objectif, il pourrait instituer une incitation fiscale forte.

    Les impôts des citoyens et des entreprises de tout pays contrevenant pourraient être doublés sur le territoire américain.   
    Les impôts des citoyens et des entreprises de tout pays contrevenant pourraient être doublés sur le territoire américain.   

    « Une option de représailles plus modérée »

    En 2025, une quarantaine de pays, dont la Grande-Bretagne, l’Allemagne et le Japon, ont déjà adopté des lois sur l’imposition complémentaire. Si ces pays appliquent ces taxes et si Donald Trump met ses menaces à exécution, leurs ressortissants et entreprises seraient soumis à un doublement de leurs impôts aux États-Unis.

    Conscients de la violence d’une telle mesure, les Républicains de la Chambre des Représentants ont présenté un projet de loi proposant une option de représailles plus modérée. Les taux d’imposition sur les revenus américains des investisseurs et entreprises des pays ciblés augmenteraient de cinq points de pourcentage par an pendant quatre ans maximum. Contrairement aux droits de douane, qui touchent principalement les exportateurs de biens, ces taxes frapperaient des dirigeants d’entreprise. Mais aussi des banquiers, des avocats et même des artistes.

    Un retour des taxes sur les services numériques ?

    Si l’accord sur le taux d’imposition minimal des bénéfices venait à être remis en cause, certains États pourraient réactiver la taxe sur les services numériques. Donald Trump critique également cette taxe qu’il juge injuste et pourrait prendre des mesures de rétorsion contre les pays qui l’appliqueraient. Ironiquement, le régime fiscal américain n’est pas si éloigné des normes fixées par l’OCDE. La réforme fiscale de Donald Trump en 2017 a inspiré l’accord international, en introduisant une version américaine d’un impôt minimum mondial, fixé à 10,5 % des bénéfices mondiaux. Toutefois, l’approche américaine ne s’applique qu’aux bénéfices consolidés, alors que celle de l’OCDE impose une taxation pays par pays.

    Vers un compromis ?

    Des négociations entre les Etats membres de l’OCDE sont possibles mais Donald Trump privilégiera un rapport de force. L’accord de l’OCDE inclut une clause de « sphère de sécurité ». Cette dernière repousse l’application de l’impôt complémentaire jusqu’en 2027 pour les pays où l’impôt sur les sociétés atteint 20 %. À ce jour, cela inclut encore les États-Unis. Cette disposition pourrait être prolongée pour éviter un affrontement frontal. Dans le même temps, le taux minimal américain devrait passer de 10,5 % à un peu plus de 13 % en 2026, réduisant ainsi l’écart avec les autres pays.

    Le problème des compromis fiscaux internationaux est qu’ils nécessitent une volonté de dialogue et de coopération. Or, Donald Trump adopte une posture de confrontation, rendant un consensus difficile. Le reste du monde n’aura aucun intérêt politique à montrer que l’intimidation a fonctionné.

    Vers un nouveau front économique ?

    Le déficit commercial des États-Unis, qui a atteint un niveau record en 2024, est au cœur des tensions économiques et fiscales de l’administration Trump. Si l’ex-président accuse les partenaires commerciaux de pratiques déloyales et entend utiliser les droits de douane comme arme de dissuasion, les causes réelles du déséquilibre sont plus profondes. Éclatement des chaînes de production, localisation optimisée des bénéfices des multinationales et différenciation des politiques fiscales entre États. Dans ce contexte, la tentative de Donald Trump de remettre en cause l’accord de l’OCDE sur l’imposition minimale des multinationales illustre une volonté de reterritorialiser les bénéfices au détriment d’un cadre multilatéral. Toutefois, la réponse du reste du monde, qui pourrait imposer des taxes supplémentaires aux entreprises américaines, risque d’ouvrir un nouveau front économique.

    Si les États-Unis s’engagent dans une confrontation fiscale avec leurs principaux partenaires commerciaux, les conséquences pourraient être lourdes. Tant pour leurs entreprises que pour les relations économiques internationales. La posture de Donald Trump, basée sur la menace et le rapport de force, soulève ainsi des incertitudes majeures quant à l’avenir des échanges commerciaux et de la coopération fiscale mondiale.

  • Le Royaume-Uni et les États-Unis refusent de signer la déclaration de Paris sur l’IA

    Le Royaume-Uni et les États-Unis refusent de signer la déclaration de Paris sur l’IA

    Seuls 61 pays sur plus de 100 ont signé la déclaration phare du Sommet de Paris sur l’Intelligence artificielle (IA) ce mardi, un document que les États-Unis et le Royaume-Uni ont notamment refusé de parafer. 

    La déclaration commune du sommet visait à engager les pays signataires à un développement responsable de l’IA, mais le texte final est loin d’avoir fait l’unanimité, et ce malgré la suppression de certaines dispositions.

    L’Union européenne (UE), l’Inde, la Chine et la Commission de l’Union africaine notamment ont paraphé une version du texte légèrement différente de celle consultée par Euractiv.

    « Nous reconnaissons la nécessité de dialogues pluripartites inclusifs et d’une coopération sur la gouvernance de l’IA », peut-on lire dans l’accord.

    Ni les États-Unis ni le Royaume-Uni n’ont en revanche signé le document, ni expliqué les raisons de leur refus.

    Washington devait s’abstenir de signer la déclaration, car les formulations « inclusion » et « durabilité » vont à l’encontre de la politique américaine de déréglementation.

    Lors d’un briefing ce mardi, le porte-parole du Premier ministre britannique a de son côté déclaré que le gouvernement de Londres « ferait toujours passer en premier l’intérêt national », rapporte The Guardian.

    Le Premier ministre indien Narendra Modi et le président français Emmanuel Macron arrivent à une session plénière du Sommet d'action pour l'intelligence artificielle (IA) au Grand Palais à Paris, France, le 11 février 2025. [Bureau d'information de la presse indienne (PIB) ©Anadolu via Getty Images
    Le Premier ministre indien Narendra Modi et le président français Emmanuel Macron arrivent à une session plénière du Sommet d’action pour l’intelligence artificielle (IA) au Grand Palais à Paris, France, le 11 février 2025. [Bureau d’information de la presse indienne (PIB) ©Anadolu via Getty Images

    Le Royaume-Uni avait accueilli un sommet sur la sécurité de l’IA fin 2023 et s’était positionné comme un précurseur dans ce domaine. Mais l’approche défendue par Londres a visiblement été mise de côté à Paris, où les participants se sont concentrés sur l’investissement et l’innovation.

    La chercheur Max Tegmark, grand défenseur de la sécurité en matière d’IA, a sur X appelé les gouvernements du monde entier à ne pas signer cet accord, car il ignore « le consensus scientifique et politique qui existe autour des risques posés par les systèmes d’IA ».

    Le Royaume-Uni souhaite certainement aussi gagner la faveur des États-Unis, afin de stimuler le développement de l’IA sur son territoire et de maintenir une bonne collaboration entre Londres et Washington, dans le domaine des tests de sécurité des modèles d’IA des entreprises américaines.

    Selon The Guardian, une source du gouvernement britannique avait déclaré espérer que les négociations permettraient au cours du sommet d’aboutir à la signature de la déclaration.

    L’Inde espère quant à elle trouver une place dans le nouveau monde de l’IA, alors qu’Emmanuel Macron a invité sur scène le Premier ministre Narendra Modi pour le dernier discours du Sommet de Paris.

    « L’Inde serait heureuse d’accueillir le prochain sommet », a annoncé Narendra Modi.

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