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  • Ahmed Mernissi : une convention entre Alumni, AEFE et CCI France international pour quoi faire ?

    Ahmed Mernissi : une convention entre Alumni, AEFE et CCI France international pour quoi faire ?

    Écouter le podcast avec Ahmed Mernissi

    Depuis plusieurs années, Ahmed Mernissi préside l’Union-ALFM. Cette association réunie tout particulièrement les alumni des lycées français dans le monde. Elle propose de nombreuses actions aux quatre coins du globe. Avec un triple objectif : celui de transmettre les valeurs de citoyenneté, de développer un réseau à l’international et de soutenir les élèves actuels dans leurs parcours. C’est d’ailleurs dans cet esprit que vient d’être signée une convention entre les alumni, l’AEFE et la CCI France international. Au micro Lesfrancais.press, Ahmed Mernissi nous explique les raisons de ce partenariat. Il nous donne aussi le lieu du prochain Forum Mondial des Alumni (FOMA) prévu en 2026.

    Mieux connecter les entreprises et les élèves

    Comment améliorer les connexions entre le monde professionnel, les lycéens, les établissements scolaires et les alumni des lycées français dans le monde ? C’est pour répondre à cette question que l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), la CCI France International (Chambres de Commerce et d’Industrie) et l’Union-ALFM (alumni/anciens élèves des lycées français) ont signé en ce mois de février une convention tripartite. L’objectif de celle-ci : faciliter et renforcer les liens entre les élèves, les alumni et les entreprises.

    « Faciliter et renforcer les liens entre les élèves, les alumni et les entreprises»,

    Objectif de la convention AEFE, CCI France International et Union ALFM

    Née d’exemples d’actions concrètes réalisées dans certains établissements (forum des métiers, interventions de professionnels en classe, stages,…), cette convention permettra d’étendre ces expériences partout dans le monde. L’AEFE représente en effet 400 000 élèves scolarisés dans 600 établissements situés dans 138 pays. Les Chambres de Commerce et d’Industrie Françaises à l’Internationale comptent 120 antennes dans 95 pays. Et les alumni des lycées français dans le monde s’appuient sur 126 associations locales présentes dans les lycées du réseau AEFE. Ainsi, ce partenariat développera des liens privilégiés et favorisera des initiatives communes entre le monde professionnel, celui des lycées français à l’étranger et leurs associations d’alumni.

    Union-ALFM : les alumni « citoyens du monde »

    C’est en effet bien le mot « alumni » et plus « anciens » qui se cache derrière le A du sigle ALFM, comme nous le signale le Président Ahmed Mernissi au cours de son interview. « Un terme dans le vent » nous dit-il en souriant. Et il rappelle aussi la vocation de l’Union-ALFM, une « association qui promeut l’amitié entre les générations ». C’est d’ailleurs tout l’objectif du partenariat signé avec l’AEFE et la CCI France International. L’entraide intergénérationnelle, sans distinction.

    Ahmed Mernissi President de l'Union-ALFM
    Ahmed Mernissi President de l’Union-ALFM

    C’est ainsi que présentant la ligne directrice de l’Union-ALFM, notre invité souligne que les « lycées français ont fait (de nous) tous des citoyens du monde (…) l’autre n’existe pas dans les lycées français du monde, nous sommes tous égaux dans l’instruction ». Et cette égalité, cette équité, c’est aussi le sens de ce partenariat. Jusqu’à ce jour certains élèves pouvaient être « pistonnés » pour leur stage de 3eme ou de 2nde. L’idée de cette convention est de permettre d’offrir les mêmes possibilités à toutes et tous, partout sur la planète. L’« ascenseur social » est aussi évoqué par notre interlocuteur.

    Quelles actions de l’Union des alumni pour 2025-2026 ?

    Différents réseaux d’alumni existent à travers le monde, et notamment les structures anglo-saxonnes. Aujourd’hui où se situe celui des lycées français dans le monde a-t-on demandé à notre invité ? Via ce partenariat, son positionnement pourrait-il être renforcé ? Ahmed Mernissi constate qu’il ne dispose « pas des mêmes moyens que ces entreprises ». En effet, les associations d’alumni anglo-saxonnes sont constituées comme de véritables entreprises. Cependant, au cours de ce podcast, le Président de l’Union-ALFM met en avant les avantages de son association et partage la programmation des prochaines actions.

    « Le prochain forum mondial des Alumni des lycées français dans le monde aura lieu à Madrid, au printemps 2026. »

    Ahmed Mernissi, Président Union-ALFM

    Celui qui vient d’être réélu en décembre dernier à la tête des alumni des lycées français dans le monde nous informe notamment que le Forum Mondial des Alumni 2026 (FOMA) aura lieu à… Madrid. Nul doute que les liens entre monde professionnel, élèves actuels et alumni seront mis à l’honneur.

    Signature de la convention entre l'AEFE la CCI France Internationale et l'Union ALFM
    Signature de la convention entre l’AEFE la CCI France Internationale et l’Union ALFM

    Mais au fait, comment devient-on membre de l’Union-ALFM ? Ahmed Mernissi nous donne tous les détails dans son interview. D’ores et déjà nous vous invitons à aller sur ce lien. À savoir également, avoir son bac, être bachelier, n’est pas une condition pour devenir alumni.  En effet, toutes celles et ceux qui ont effectué au moins une année scolaire dans le réseau sont bienvenu(e)s. D’autant plus si vous avez envie de vous investir dans ce partenariat Union-ALFM, AEFE et CCI France International.

  • Journée mondiale de la justice sociale : quelles aides pour les non-résidents ?

    Journée mondiale de la justice sociale : quelles aides pour les non-résidents ?

    Le saviez-vous ? Les Français expatriés peuvent bénéficier de plusieurs aides sociales, bien que leur accès soit plus limité que pour les résidents en France. En cette journée mondiale de la justice sociale, on a décidé de faire un point sur les principaux dispositifs en place. Ces derniers pourraient évoluer, le gouvernement ayant accepté l’organisation d’assises de la protection sociale des Français de l’étranger. Une initiative du groupe d’élus réunis dans le cadre de l’Assemblée des Français de l’étranger dédié à ce thème grâce à l’engagement de son président Florian Bohème.

    Les aides consulaires

    Tout d’abord, on vous présente les aides consulaires, ce sont des aides spécifiques aux Français non-résidents.

    Allocation de Solidarité (AS)

    Pour les personnes âgées de plus de 65 ans (ou 60 ans en cas d’inaptitude au travail) avec de faibles revenus.

    Allocation Adulte Handicapé (AAH)

    Destinée aux personnes de plus de 20 ans titulaires d’une carte d’invalidité française avec un taux d’incapacité d’au moins 80%.

    Journée mondiale de la justice sociale
    Journée mondiale de la justice sociale

    Allocation à Durée Déterminée (ADD)

    Une aide ponctuelle pour soutenir temporairement les Français en difficulté suite à des bouleversements personnels ou familiaux récents.

    Allocation Enfant Handicapé

    Pour les enfants de moins de 20 ans avec un taux d’incapacité d’au moins 50%.

    Quelles sont les conditions pour en bénéficier ?

    Pour être éligible à ces aides, il faut :

    • Être de nationalité française
    • Être inscrit au registre des Français de l’étranger
    • Résider dans la circonscription consulaire concernée

    Il est important de noter que ces aides sont des mesures gracieuses de l’État. Elles sont versées par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères via les postes consulaires. Les demandes sont examinées lors du conseil consulaire pour la protection et l’action sociale, qui se tient généralement une fois par an.

    Quelles sont les modalités d’attribution ?

    Le processus d’attribution des aides sociales par les consulats français se déroule principalement à travers le Conseil Consulaire pour la Protection et l’Action Sociale (CCPAS).

    Aides sociales consulaires
    Aides sociales consulaires

     Voici les étapes principales de ce processus :

    • Ouverture de la campagne annuelle : Les consulats ouvrent généralement la campagne d’aides sociales pour l’année suivante vers la fin de l’année en cours. Par exemple, la campagne pour 2025 est actuellement ouverte.
    • Dépôt des demandes : Les Français résidant à l’étranger doivent déposer leur demande d’aide sociale auprès du consulat dont ils dépendent. Ils doivent remplir un formulaire et fournir les justificatifs nécessaires.
    • Examen des dossiers : Les services consulaires examinent les dossiers reçus et mènent une enquête pour vérifier l’éligibilité des demandeurs et préciser les motifs justifiant la demande ainsi que le montant des ressources du requérant.
    • Réunion du CCPAS : Le Conseil Consulaire pour la Protection et l’Action Sociale se réunit une fois par an, généralement en fin d’année (par exemple, le 21 novembre 2024 pour les aides de 2025). Ce conseil est présidé par le Consul général et réunit les élus locaux, des représentants des associations de Français de l’étranger et des associations d’entraide.
    • Décision de la Commission permanente : Les propositions du CCPAS sont ensuite examinées par une Commission permanente qui se tient à Paris, généralement en mars de l’année suivante (mars 2025 pour les aides de 2025).
    • Communication des décisions : Le consulat communique les décisions relatives aux demandes d’aide sociale au cours du mois d’avril.

    Concernant le versement des aides, les modalités sont différentes selon l’antériorité. Ainsi, pour les bénéficiaires de l’année précédente ayant renouvelé leur demande, le même montant est versé de janvier à mars, avec une régularisation en avril si nécessaire. Tandis que pour les nouveaux bénéficiaires, le premier versement est effectué en avril, avec un rattrapage rétroactif depuis janvier.

    Il ne faut pas oublier que les demandes doivent être renouvelées chaque année. Car ces allocations ne sont pas automatiquement reconductibles.

    Les aides à l’éducation

    Être Français, c’est partager un bassin de valeurs comme vous l’avez rappelé lors de la consultation organisée la semaine dernière par Lesfrancais.press. Et vous le savez, c’est souvent l’école de la République qui est le creuset où s’acquièrent les valeurs fondamentales de notre pays : Liberté, Égalité, Fraternité sans oublier la laïcité. Pourtant le réseau des écoles françaises, si dense dans le monde, est peu accessible aux expatriés. Le coût d’écolage est un réel frein. Ce malgré des bourses scolaires que nous allons vous décrire mais dont les modalités sont fortement décriées depuis des années.

    Tout d’abord, les aides à la scolarité sont réservées aux les enfants de 3 ans et plus scolarisés dans le réseau de l’AEFE.

    Conseil consulaire pour la protection et l'action sociale (CCPAS)
    Conseil consulaire pour la protection et l’action sociale (CCPAS)

    Celles-ci sont accordées sous conditions de ressources et en fonction de la situation patrimoniale des familles. L’attribution n’est pas automatique et dépend du budget annuel alloué à l’AEFE. En sus, les demandes doivent être renouvelées chaque année. Enfin, les bourses sont versées directement aux établissements scolaires, qui les déduisent des frais de scolarité dus par les familles.

    Pour en bénéficier, les demandes doivent être déposées auprès du consulat du lieu de résidence dans les délais fixés. Ensuite, les dossiers sont examinés par une commission consulaire des bourses scolaires (CCB) constituée des élus locaux. Mais, la décision finale est prise par l’AEFE après avis de la commission nationale des bourses (CNB).

    Et le RSA ?

    Il est possible de bénéficier du RSA en tant qu’expatrié. Mais il faut respecter des conditions strictes de résidence en France. C’est donc plutôt une expatriation à tiers temps.  Mais quelles sont les principales conditions à remplir ?

    1. Âge : Vous devez avoir au moins 25 ans, sauf exceptions (par exemple, si vous avez un enfant à charge ou si vous avez travaillé un certain temps)
    2. Résidence en France : Vous devez résider en France de manière stable et effective. Cela signifie que :
      • Vos séjours à l’étranger ne doivent pas dépasser 3 mois par année civile.
      • Si vous séjournez plus de 3 mois à l’étranger, vous ne pourrez percevoir le RSA que pour les mois complets de présence en France.

    Il est aussi possible de faire bénéficier sa ou son conjoint ne disposant de la nationalité française du RSA dans les mêmes conditions auxquelles s’en rajoutent des spécifiques selon la nationalité :

    Pour les ressortissants européens (UE, EEE, Suisse) :

    • Avoir un droit de séjour en France et y vivre depuis au moins 3 mois au moment de la demande.
    • Ou avoir travaillé en France et être actuellement sans emploi, en arrêt maladie, ou en formation professionnelle.

    Pour les ressortissants non-européens :

    • Avoir un titre de séjour valide permettant de travailler en France depuis au moins 5 ans (sauf pour les Algériens).
    • Ou avoir le statut de réfugié, être reconnu apatride, ou bénéficier de la protection subsidiaire.

    En sus, les ressources mensuelles ne doivent pas dépasser un certain seuil défini par la CAF dont vous dépendrez.

    Cependant pour rappel, le RSA n’est pas conçu pour être perçu à l’étranger de façon permanente. Il est destiné aux personnes résidant principalement en France, avec des séjours à l’étranger limités.

  • Une pétition pour sauver la CFE ?

    Une pétition pour sauver la CFE ?

    La Caisse des Français de l’étranger, vous connaissez ? C’est un organisme français de Sécurité sociale. La CFE assure une mission de service public pour le compte de l’État au bénéfice des Français de l’étranger. Sous la tutelle conjointe des ministères en charge de la Sécurité sociale et du Budget, la Caisse des Français de l’étranger a l’obligation, par la loi, d’équilibrer ses comptes avec pour seule ressource les cotisations de ses adhérents.

    Pourtant celles-ci ne sont pas suffisants pour assurer ses missions obligatoires. Alors que Karim Ben Cheick, le député des Français de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, avait proposé de refinancer la CFE à hauteur de 50 millions d’euros, les parlementaires, en pleine crise budgétaire, ont préféré écarter cet amendement. Alors quid de l’avenir pour la CFE ?

    Un danger immédiat ?

    Rassurons déjà les affiliés ou les personnes intéressées par les offres de la CFE, la Caisse des Français de l’étranger ne va pas faire faillite ni à court terme ni à moyen terme.

    Un danger immédiat ?
    Un danger immédiat ?

    Celle-ci dispose de larges réserves financières qui lui permettent d’assurer plusieurs années de prestation. Mais c’est la pérennité du modèle qui est aujourd’hui remise en cause.

    Ainsi, pour préparer l’avenir, le Conseil d’Administration a été dans l’obligation de prendre des décisions qui ont eu parfois des conséquences lourdes pour les plus affiliés les plus fragiles.

    La catégorie aidée

    Héritage de sa création par la Sécurité sociale française, la Caisse des Français de l’étranger a aussi une mission de service public qui se concrétise par le maintien d’une catégorie aidée.  Car contraint par la loi, la CFE se doit de proposer une couverture sociale à nos compatriotes hors de France ayant de faible revenus. Elle est logiquement dotée d’une subvention de l’État mais celle-ci ne couvre que partiellement le financement de cette catégorie « sociale ».

    Afin de maintenir l’équilibre financier de la caisse, il a été décidé de supprimer, pour les bénéficiaires des contrats dits « EX », soit ceux signés avant 2019, le Tiers Payant Hospitalier dans certains pays. Et c’est cette décision que conteste une pétition qui a été lancée par l’ADFE ce 19 février. Plus largement, l’association des Français de l’étranger demande :

    Si vous désirez participer à ce mouvement citoyen, rien de plus simple. Il suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous et de confirmer votre soutien à la pétition.

    Pétition CFE

    Signer la Pétition

    • À l’État de s’engager à prendre en charge les missions de service public de la CFE.
    • Au gouvernement de clarifier sa politique de santé pour les Français de l’étranger.
    • À la CFE de suspendre les mesures d’augmentation et de dégradation des remboursements prises.
  • Quand les mafias se mettent au digital

    Quand les mafias se mettent au digital

    Le crime organisé a envahi Internet. Exploitant la naïveté et la cupidité des internautes à travers le monde, les criminels peuvent faire fortune en quelques clics. Le tout sans s’exposer à des risques exagérés. En France, une femme pensant entretenir une liaison virtuelle avec Brad Pitt a abandonné plusieurs dizaines de milliers d’euros. Aux États-Unis, sur LinkedIn, un salarié d’une société canadienne de logiciels, Edgar, a noué une relation avec Rita, une Singapourienne qui travaillait dans un grand cabinet de conseil.

    Après avoir discuté en ligne, Rita a proposé à Edgar de lui apprendre à trader des cryptoactifs et l’a orienté vers une plateforme de négociation. Les premiers jours, il a gagné des sommes importantes. Mais après avoir investi 78 000 euros, il s’est retrouvé dans l’impossibilité de récupérer sa mise et ses gains. Il a tout perdu. Le site de cryptomonnaies était évidemment un faux. Rita était en réalité un Philippin, victime d’un réseau mafieux et retenu prisonnier dans un complexe au Myanmar.

    Le chiffre d’affaires de la cybercriminalité a été évalué à 8000 milliards de dollars à l’échelle mondiale.  

    Dans le Kansas rural, une banque s’est effondrée lorsque son directeur général a détourné 47 millions de dollars pour investir dans la crypto-monnaie. Le tout sous l’influence d’une fausse femme en ligne nommée Bella. Les cybercriminels jouent sur les sentiments ou l’urgence. En se faisant passer pour un conseiller bancaire ou un membre de la famille, ils accèdent rapidement aux comptes bancaires et transfèrent des sommes importantes. En permettant de manipuler les images, les vidéos et les voix, l’intelligence artificielle décuple les possibilités de fraude. Selon Cybersecurity Venture, le chiffre d’affaires de la cybercriminalité a été évalué à 8000 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Cette estimation inclue divers aspects tels que la destruction de données, le vol d’argent, la perte de productivité. Mais aussi le vol de propriété intellectuelle, la fraude, les enquêtes judiciaires, la restauration des systèmes et les atteintes à la réputation.

    Le chiffre d’affaires de la cybercriminalité a été évalué à 8000 milliards de dollars à l’échelle mondiale.  
    Le chiffre d’affaires de la cybercriminalité a été évalué à 8000 milliards de dollars à l’échelle mondiale.  

    Le « dépeçage de porcs », ou « sha zhu pan », est un terme d’argot criminel chinois. Les escrocs construisent d’abord une « porcherie » avec de faux profils sur les réseaux sociaux. Ensuite, ils choisissent leur « porc », en identifiant une cible. Puis ils l’« élèvent » en passant des semaines, voire des mois, à établir une relation de confiance. Enfin, ils l’incitent à investir avant de lui soutirer le maximum d’argent.

    À l’échelle mondiale, plus de 1,5 million de personnes travailleraient dans ces escroqueries.

    L’ONU affirme qu’en 2023, cette industrie employait environ 250 000 personnes au Cambodge et au Myanmar. À l’échelle mondiale, plus de 1,5 million de personnes travailleraient dans ces escroqueries, ciblant principalement les internautes occidentaux, qui disposent d’un pouvoir d’achat plus élevé. Au Nigeria, en Côte d’Ivoire et en Éthiopie, des « fermes » ont été créées dans le but exclusif de rançonner des victimes à travers le monde. Les fichiers de victimes s’achètent sur le « dark web ».

    En taille et en ampleur, les escroqueries en ligne sont désormais comparables à l’industrie illégale des drogues. Tout le monde peut devenir une cible potentielle. Récemment, aux États-Unis, un docteur en neurosciences ainsi que des proches d’enquêteurs du FBI spécialisés dans la traque de la cybercriminalité en ont été victimes. Sur Internet, des manuels détaillant les méthodes de racket pullulent. Les escrocs utilisent des logiciels malveillants avancés pour récolter des données sensibles sur les téléphones portables de leurs victimes.

    Les personnes travaillant dans ces fermes sont souvent exploitées et faiblement rémunérées. Le cybercrime est devenu une activité de diversification pour les mafias. Ces fermes ressemblent à des camps de prisonniers, souvent situés en périphérie des grandes villes dans des pays en développement, afin d’échapper à tout contrôle.

    Au Cambodge, au Laos et au Myanmar, la cybercriminalité est un pilier de l’économie.

    Ces activités gangrènent les pays concernés. Ainsi, selon The Economist, une ressortissante chinoise nommée Alice Guo est devenue maire d’une petite ville délabrée et y a construit un complexe d’escroquerie d’une trentaine de bâtiments. Plus de 400 millions de dollars ont transité par ses comptes bancaires entre 2019 et 2024. Au Cambodge, au Laos et au Myanmar, la cybercriminalité est un pilier de l’économie. Les États escrocs sont susceptibles de devenir encore plus difficiles à traiter que les États narcotiques.

    Au Cambodge, au Laos et au Myanmar, la cybercriminalité est un pilier de l’économie.
    Au Cambodge, au Laos et au Myanmar, la cybercriminalité est un pilier de l’économie.

    Cette activité repose sur une série de métiers spécialisés. Un groupe de criminels peut se charger de la prise de contact avec les cibles. Un autre du coaching pour les inciter à investir dans la cryptomonnaie, et un troisième du blanchiment de l’argent volé. Les criminels ont éclaté leur chaîne de production, rendant le phénomène encore plus difficile à démanteler.

    La fracturation numérique de la fragilité humaine est hautement évolutive. Les cryptomonnaies permettent aux escrocs de transférer de l’argent rapidement et anonymement dans le monde réel. La politique de dérégulation de Donald Trump a été une aubaine pour eux.

    Un employé du bureau de Hong Kong a versé 25 millions de dollars après un appel vidéo avec un faux directeur financier généré par IA

    L’intelligence artificielle constitue également un allié de choix : 15 secondes de la voix d’une personne suffisent à produire un clone vocal que les criminels peuvent utiliser pour se substituer à elle. Un employé du bureau de Hong Kong d’Arup, une société d’ingénierie britannique, a ainsi été dupé et a versé 25 millions de dollars après un appel vidéo avec un faux directeur financier généré par IA. Avec la multiplication des vols de données, les criminels disposent d’une matière première infinie pour développer leurs activités. En recoupant les informations, ils peuvent cerner en quelques secondes les caractéristiques de leurs victimes. Les escroqueries en ligne sont difficiles à enrayer, car elles se réalisent à distance. Les pays où résident les cybercriminels ne sont généralement pas motivés pour les arrêter, car ces délits n’ont pas lieu sur leur territoire. De plus, ces activités contribuent souvent à enrichir une partie de leur population.

    Jusqu’à présent, les services de police des États occidentaux consacraient peu de moyens à la lutte contre la cybercriminalité, privilégiant la lutte contre la drogue. Mais la montée en puissance du cybercrime change la donne. Les forces de l’ordre sont désormais amenées à collaborer avec les banques, les plateformes d’échange de cryptomonnaies, les fournisseurs d’accès à Internet, les sociétés de télécommunications, les plateformes de médias sociaux et les entreprises de commerce électronique. Singapour a créé un centre névralgique où la police, les banques et les entreprises de commerce électronique peuvent suivre et geler instantanément l’argent lorsqu’il est déplacé d’un compte à l’autre par des escrocs. Les donneurs d’ordre des réseaux de cybercriminalité se trouvent en général dans des pays qui n’extradent pas vers les États occidentaux. Beaucoup sont originaires de Chine. Cependant, les autorités chinoises ont récemment décidé d’arrêter en masse les chefs de réseaux mafieux en ligne.

    Le cybercrime est devenu une industrie mondiale à part entière, structurée et hautement spécialisée.

    Malgré les conflits commerciaux en cours, les gouvernements chinois, américain et européens coopèrent pour tenter de limiter la propagation de la cybercriminalité.

    Le cybercrime est devenu une industrie mondiale à part entière. Structurée et hautement spécialisée, dont les ramifications s’étendent bien au-delà du simple cadre de la fraude individuelle. Désormais comparable à l’industrie de la drogue en termes de rentabilité et d’impact, il repose sur un écosystème de réseaux mafieux qui exploitent les nouvelles technologies. Notamment les cryptomonnaies et l’intelligence artificielle, pour maximiser leur portée et leur efficacité.

    Le cybercrime est devenu une industrie mondiale à part entière, structurée et hautement spécialisée.
    Le cybercrime est devenu une industrie mondiale à part entière, structurée et hautement spécialisée.

    Face à cette menace, les États occidentaux, longtemps focalisés sur la lutte contre les trafics traditionnels, doivent repenser leur approche. La coopération entre autorités publiques, institutions financières, plateformes technologiques et experts en cybersécurité devient essentielle pour identifier, tracer et neutraliser ces réseaux. L’extraterritorialité du cybercrime impose également une refonte des mécanismes de gouvernance internationale afin d’harmoniser les cadres juridiques et de renforcer les capacités d’intervention transfrontalières. Toutefois, le défi est immense. Tant que des États ou des territoires continueront à servir de sanctuaires aux cybercriminels, et que la cybercriminalité demeurera une source de financement parallèle pour certaines économies émergentes, son éradication restera difficile.

    L’enjeu n’est pas seulement sécuritaire. Il est aussi géopolitique et économique. À l’heure où l’intelligence artificielle et l’analyse des données offrent de nouvelles armes aux fraudeurs, la réponse devra être tout aussi sophistiquée et anticipatrice. La lutte contre le cybercrime est un combat d’adaptation permanente, qui nécessitera des investissements massifs et une coopération sans précédent entre les acteurs privés et publics.

  • Le plan de dépenses de défense d’Ursula von der Leyen déroute les diplomates de l’UE

    Le plan de dépenses de défense d’Ursula von der Leyen déroute les diplomates de l’UE

    Ursula von der Leyen a pris de court les hauts diplomates de l’Union européenne (UE) en exprimant son souhait d’augmenter les dépenses européennes en matière de défense et en assouplissant les règles budgétaires du bloc.

    Vendredi, la présidente de la Commission européenne a annoncé que Bruxelles chercherait à atténuer le faible engagement des États-Unis en faveur de la sécurité européenne. Et ce, en activant la « clause de sauvegarde » du cadre budgétaire de l’UE, permettant ainsi aux États membres d’« augmenter considérablement » leurs dépenses de défense.

    À noter, huit des 27 États membres de l’Union — parmi lesquels la France, l’Italie et la Pologne — font actuellement l’objet d’une procédure de déficit excessif (PDE) de la Commission pour avoir dépassé le seuil budgétaire de 3 % du PIB annuel.

    von der Leyen dans le flou

    À peine deux jours avant, Donald Trump avait surpris les dirigeants mondiaux en annonçant que les négociations pour mettre fin à la guerre en Ukraine commenceraient « immédiatement » et sans l’UE ni Kiev. La proposition d’Ursula von der Leyen n’a fait qu’augmenter la surprise des capitales.

    « Nous n’avons rien entendu de la Commission, ils ont été extrêmement discrets », a déclaré un diplomate sous couvert d’anonymat, ajoutant que « personne ne connaît » les détails du plan.

    Le fait que les règles actuelles contiennent deux « clauses échappatoires » — une « générale » et une « nationale » — suggère qu’Ursula von der Leyen elle-même n’a pas d’idée précise, selon plusieurs responsables de l’UE.

    D’après un fonctionnaire, sa proposition révèle également une mauvaise compréhension des questions économiques de la part de la présidente de la Commission, ainsi que son manque de transparence et sa tendance à centraliser le pouvoir.

    Cet avis a été partagé par le commissaire à l’Économie, Valdis Dombrovskis. Lundi, il a rappelé qu’aucune décision finale n’avait encore été prise quant à la clause dérogatoire que la Commission envisage d’activer, le cas échéant.

    « Nous travaillerons sur ces modalités dans les semaines à venir, puis nous les présenterons », a-t-il affirmé avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles.

    En vertu du droit de l’UE, la clause dérogatoire générale peut être activée « en cas de chocs majeurs dans la zone euro ou dans l’ensemble de l’Union ». La clause dérogatoire nationale, quant à elle, peut être utilisée « si des circonstances exceptionnelles échappant au contrôle de l’État membre ont une incidence majeure sur ses finances publiques ».

    Clause dérogatoire nationale ou générale ?

    Par exemple, la clause dérogatoire générale a été invoquée lors du ralentissement économique généralisé déclenché par la pandémie de Covid-19. La clause dérogatoire nationale, en revanche, n’a été introduite que l’année dernière et n’a encore jamais été utilisée.

    La présidente de l'Union européenne, Ursula Von Der Leyen, arrive à l'Élysée le 17 février 2025 à Paris, France. ©Remon Haazen/Getty Images
    La présidente de l’Union européenne, Ursula Von Der Leyen, arrive à l’Élysée le 17 février 2025 à Paris, France. ©Remon Haazen/Getty Images

    Les deux clauses nécessitent le soutien d’une « majorité qualifiée » d’États membres, c’est-à-dire d’au moins quinze des 27 pays de l’Union, représentant collectivement minimum 65 % de la population de l’UE.

    Avant la réunion de lundi, le ministre allemand des Finances, Jörg Kukies, a exprimé une forte préférence pour la clause dérogatoire nationale plutôt que générale.

    « Nous sommes sceptiques quant à l’utilisation de la clause dérogatoire générale, car elle nécessiterait un grave ralentissement économique pour être justifiée », a confié le ministre. Il a ajouté que Berlin était « déjà en pourparlers avec la Commission » sur « la forme spécifique » de la proposition d’Ursula von der Leyen.

    Le plan de la Commission a suscité des réactions mitigées de la part des autres ministres européens, et tous ont souligné la nécessité de clarifier les détails de la proposition.

    Le ministre belge du Budget, Vincent Van Peteghem, s’est dit « très, très favorable » au plan, mais a averti que « nous devons bien sûr examiner comment nous allons procéder ». La Belgique fait partie des huit États membres actuellement soumis à une « procédure de déficit excessif ».

    Eelco Heinen, le ministre néerlandais des Finances, s’est de son côté montré beaucoup plus circonspect. « Je n’ai encore vu aucune proposition sur la table, donc, pour moi, je ne peux pas encore y réagir », a-t-il déclaré.

    Une contradiction déroutante

    La confusion s’est encore accrue lundi en raison d’un profond désaccord entre les ministres de l’UE quant à l’impact de la proposition d’Ursula von der Leyen sur les dépenses budgétaires nettes de la zone euro cette année.

    Dans une déclaration publiée en décembre, l’Eurogroupe avait déclaré qu’une « politique budgétaire restrictive » en 2025 serait « appropriée » en raison des « niveaux élevés de déficit et de dette dans la zone euro », et du fait que l’inflation reste supérieure au taux cible de 2 % de la Banque centrale européenne (BCE).

    Lundi, cependant, Valdis Dombrovski a laissé entendre que la position antérieure de l’Eurogroupe pourrait être réexaminée.

    « Si nous proposons plus de flexibilité en matière de défense concernant les budgets des États membres, cela changera certainement l’orientation budgétaire vers plus d’expansion », a-t-il expliqué.

    Les remarques du commissaire à l’Économie et à la Productivité ont ensuite été contredites par le président de l’Eurogroupe, Paschal Donohoe, également ministre irlandais des Finances, qui a assuré que « l’approche de la dernière déclaration de l’Eurogroupe reste inchangée ».

    Vers plus de clarté ?

    Certains responsables de l’UE ont noté qu’en l’absence de proposition concrète, il est probable que la Commission cherche simplement à maximiser la flexibilité des règles actuelles. Bruxelles pourrait, par exemple, être plus disposée à citer les dépenses de défense comme facteur potentiel d’atténuation lorsqu’il s’agit de déterminer s’il convient d’ouvrir une PDE à l’encontre d’un État membre pour violation de la limite de 3 % du PIB pour le déficit public fixée par l’Union.

    Une autre option, selon les responsables, consisterait à autoriser davantage de pays qui investissent massivement dans la défense à prolonger de quatre à sept ans leurs plans budgétaires « à moyen terme » — qui doivent être soumis et approuvés par la Commission dans le cadre des règles budgétaires récemment remaniées.

    Lundi, Balazs Ujvari, porte-parole de la Commission, a laissé entendre que le Livre blanc sur la défense, prévu pour le 19 mars, contiendrait plus de détails sur la proposition de la Commission.

    « Cela pourrait être un point important dans notre calendrier », a-t-il indiqué, ajoutant « vous pouvez donc vous attendre à plus de précisions très bientôt ». 

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 20.02.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 20.02.2025

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés du jeudi 20 février 2025. Dans les titres de cette édition : Richard Ferrand au Conseil constitutionnel – 3 hommes en garde à vue dans l’affaire Bétharram – La France, sans influence ?

    Le successeur de Laurent Fabius est désormais connu.

    À l’issue de deux auditions, à l’Assemblée nationale, puis au Sénat, la nomination de Richard Ferrand a la présidence du Conseil constitutionnel a été approuvée ce mercredi. L’ancien président du Palais Bourbon, proposé à ce poste par Emmanuel Macron, prendra ses fonctions en mars prochain. Interrogé par les députés dans la matinée, Richard Ferrand a pu clarifier sa position sur certains sujets. Le candidat du chef de l’Etat a d’ailleurs déclaré n’avoir jamais «pensé que le président de la République puisse effectuer un troisième mandat», démentant certaines accusations.

    richard ferrand
    richard ferrand

    L’affaire Pétarade : premières arrestations

    Celles-ci surviennent quelques jours après la rencontre entre François Bayrou et les membres de l’association de victimes à la mairie de Pau. Le Premier ministre est également maire de Pau et a eu pendant des décennies des responsabilités politiques au cours desquelles il aurait pu avoir connaissance des violences commises à Bétharram, que ce soit en tant que ministre de l’Éducation nationale de 1993 à 1997 ou comme président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques de 1992 à 2001, par exemple. Ce qu’il dément. Concernant, les gardes à vue, les trois hommes, nés en 1931, 1955 et 1965, sont entendus sous le régime de la garde à vue pour « viols aggravés, agressions sexuelles aggravées et/ou violences aggravées susceptibles d’avoir été commis entre 1957 et 2004 ».

    Bétharram

    De Washington à Moscou, le sévère constat des élus consulaires

    La semaine dernière, un appel téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine a secoué la scène géopolitique. C’est dans ce contexte mondial inédit que Lesfrancais.press s’est entretenu, en interview croisée, avec deux élus des Français de l’étranger : Frank Ferrari, qui vit en Russie, et Olivier Piton, qui réside aux États-Unis. Le podcast est disponible sur le site et toutes les plateformes de streaming. Sur la question de l’influence de la France, les deux élus des Français des deux capitales partagent une réflexion : notre pays, ne conserve qu’une influence culturelle, notamment grâce à ses institutions dans le monde mais il a perdu son pouvoir économique et diplomatique. Partagez-vous ce constat ? N’hésitez pas à répondre à la consultation sur le site Lesfrancais.press

    C’est ainsi que se termine le flash quotidien des expatriés du jeudi 20 février 2025. Très belle journée à toutes et à tous !  

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Frank Ferrari / Olivier Piton : « la France n’a plus aucune influence » !

    Frank Ferrari / Olivier Piton : « la France n’a plus aucune influence » !

    Écouter le podcast avec Franck Ferrari et Olivier Piton

    Ces derniers jours, un appel téléphonique historique entre Donald Trump et Vladimir Poutine a secoué la scène géopolitique. C’est dans ce contexte mondial inédit que Lesfrancais.press s’est entretenu, en interview croisée, avec deux élus des Français de l’étranger : Franck Ferrari, qui vit en Russie, et Olivier Piton, qui réside aux États-Unis. Au menu : guerre en Ukraine, place de l’Europe dans les négociations de paix et avenir des relations internationales. À notre micro, tous les deux livrent leur regard d’expatrié sur l’évolution de la situation.  Et ils partagent le même constat acide : « la France n’a plus aucune influence » !

    Trump remet Poutine au centre de la scène internationale

    En Russie, qu’elles ont été les retombées de l’appel de Donald Trump à Vladimir Poutine ? Est-ce que l’image du président Russe traitant d’égal à égal avec le président des Etats-Unis a été mise en avant ? Franck Ferrari répond d’emblée : « Oui, cela a été bien mis en avant. (…) La Russie qui s’assoit à la table des États-Unis (…) les deux grandes puissances du monde. » Il souligne ainsi que via cet appel la Russie n’est pas ou plus isolée, mais bien en pleine interaction avec les États-Unis.

    « Pour un Européen, on pense que la Russie est isolée. On n’a absolument pas cette vision ou ce sentiment quand on vit en Russie. »

    Franck Ferrari, élu des Français de Russie

    Au cours du podcast, l’élu consulaire rappelle qu’en Russie, la perception de l’isolement n’a jamais été vraiment palpable : « Franchement, c’est clair que pour un Européen, on pense que la Russie est isolée ou était isolée. On n’avait absolument pas cette vision ou ce sentiment quand on vit en Russie. »

    Les États-Unis et l’engagement de Trump

    Dans le camp d’en face, Olivier Piton depuis Washington, nous partage son analyse de la situation avec un regard américain. Est-ce pour lui cet engagement de Donald Trump en Russie, c’est la mise en action de sa volonté impérialiste ? D’ailleurs le président américain a parlé de la « destinée manifeste » dans son discours d’investiture à la maison Blanche.

    Les États-Unis et l’engagement de Trump
    Les États-Unis et l’engagement de Trump

    Notre invité depuis Washington nuance cette l’idée : « Les Américains se considèrent comme la première colonie qui s’est libérée du colonisateur en 1776-1783. Donc on est déjà dans une logique où, justement, c’est l’anti-impérialisme. » Selon Olivier Piton, les États-Unis ne considèrent pas leur rôle dans cette guerre comme une action impérialiste, mais comme une démarche visant à stabiliser le monde en négociant directement avec Poutine.

    « Les Américains se considèrent comme la première colonie qui s’est libérée du colonisateur (…) Pour Trump, sa démarche vise à stabiliser le monde. »

    Olivier Piton, élu des Français des Etats-Unis

    À propos du sommet de paix en Arabie saoudite, Olivier Piton explique que pour les États-Unis, ce n’est même pas un sujet que l’Europe soit absente : « les débats sur la paix qui ont débuté entre Donald Trump et Vladimir Poutine sont des débats en vue d’aboutir à un accord. » Les médias américains se focalisent sur le résultat concret, celui d’un début de négociation entre les deux puissances, plutôt que sur les discussions européennes.

    L’absence de la France sur la scène diplomatique

    Sur la question de l’influence de la France, Franck Ferrari déplore le déclin de la voix française en Russie : « La voix de la France comptait il y a quelques années, et c’est clair que depuis le début de cette opération spéciale, la voix de la France et des Européens, malheureusement, n’est plus audible. » Et ii poursuit : « La France n’a pas d’ambassadeur sur place », un signe de l’influence réduite de la France dans un pays comme la Russie, pourtant historiquement proche. Franck Ferrari exprime son regret face à ce vide diplomatique : « Il a été nommé par les Français, mais il n’est pas sur place, ça reste quand même un petit peu léger, je trouve. »

    « La France n’a pas d’ambassadeur sur place en Russie »

    Franck Ferrari, Conseiller des Français de Russie

    Du côté d’Olivier Piton, le constat est similaire, bien que la situation soit différente aux États-Unis. « La France bénéficie toujours aux Etats-Unis d’une cote d’amour tout à fait exceptionnelle. » Toutefois, il fait également remarquer que cette affection n’a pas d’impact diplomatique réel : « On n’a plus aucune influence, ou alors elle est vraiment à la marge. »

    « La France n’a plus aucune influence, ou alors elle est vraiment à la marge. »

    Olivier Piton, Conseiller des Français de Washington

    Et cela ne date pas d’hier, Olivier Piton rappelle que même en période de crise diplomatique avec les États-Unis, comme lors de la crise des sous-marins australiens, la réaction française n’a eu que peu d’écho dans les médias américains.

    Un manque d’unité européenne face à la crise

    Les deux élus font écho à un même constat : l’Europe, malgré son financement et son implication derrière à soutenir Kiev, semble être reléguée au rang de spectateur dans cette guerre. Franck Ferrari insiste : « la voix de la France comptait il y a quelques années, mais aujourd’hui, elle est devenue complètement inaudible. » Il explique que notre pays, bien qu’il garde une influence culturelle, notamment grâce à des institutions comme l’Alliance française, a perdu de son pouvoir économique et diplomatique en Russie.

    Un manque d’unité européenne face à la crise
    Un manque d’unité européenne face à la crise

    Pour Olivier Piton, cette absence d’impact est symptomatique d’un problème plus large concernant l’Europe. Selon lui, les États-Unis ne se préoccupent pas de l’implication de l’Europe dans la crise ukrainienne. « L’Europe, la place de l’Europe, l’influence de l’Europe, ce que fait l’Europe, n’intéresse absolument pas les Américains sur l’Ukraine. » Cette situation révèle un déséquilibre flagrant dans les relations internationales actuelles, où les États-Unis jouent un rôle central, et l’Europe reste en retrait.

    La culture française comme consolation ou relique d’un passé ?

    Consolons-nous, Franck Ferrari parle de la culture française en Russie et note que l’attrait pour la langue française reste fort, avec des cours qui affichent complets dans certaines villes de Russie. Cependant : « Il est clair que la voix de la France, comme elle était avant, a décliné. »

    Un manque d’unité européenne face à la crise
    Un manque d’unité européenne face à la crise

    De son côté, Olivier Piton met en avant les efforts continus des diplomates français aux États-Unis pour maintenir l’influence culturelle et linguistique, mais aux États-Unis aussi, l’impact diplomatique reste minimal : « En termes d’influence pure, non, aucune. » Aussi, « notre pays doit bouger, entraîner. Ou choisir le destin d’une Suisse pauvre et manipulée » comme le soulignait l’édito Lesfrancais.press de dimanche dernier.  

    Un message d’espoir et de solidarité bien français !

    Notre échange se termine par un message de soutien à David Franck, le représentant des Français en Ukraine. Olivier Piton exprime son soutien aux Ukrainiens, soulignant leur courage face à la guerre : « Un grand message de soutien à lui et d’amitié. » Franck Ferrari, quant à lui, souhaite que les négociations aboutissent à une solution pacifique : « On espère que ça se réglera, que les pays qui nous hébergent arriveront à trouver une solution pacifique. » Mais où se situera alors la France… ?

  • Où rencontrer des Français à Milan ?

    Où rencontrer des Français à Milan ?

    Comme environ 20 000 Français, vous avez décidé d’emménager à Milan ? Vous avez raison, cette magnifique ville aura énormément à vous offrir, aussi bien culturellement que socialement ! Mais comme dans toutes les villes du globe, rencontrer des Français expatriés n’est pas toujours simple à Milan…Lesfrancais.press vous partage quelques astuces et des lieux.

    Milan Accueil : une association à connaître absolument

    Pour se faire des amis sur place, il y a une association à contacter en priorité : Milan Accueil. Cette structure est une association à but non lucratif créée en 1979 qui soutient les expatriés francophones à Milan. Son action est soutenue par des institutions françaises telles que l’Institut Français. Grâce à ses bénévoles, l’association joue un rôle clé en créant un réseau de solidarité et d’échange.

    Sortie en groupe avec Milan Accueil
    Sortie en groupe avec Milan Accueil

    Avec plus de 350 familles adhérentes en 2024, elle rassemble des membres de diverses nationalités. Qu’ils soient de passage à Milan ou installés durablement. Milan Accueil a trois missions principales : accompagner les nouveaux arrivants dans leur intégration, favoriser les rencontres entre adhérents et promouvoir la culture italienne. Pour cela, elle propose divers services. Notamment des cafés-rencontres, des aperitivi, et des plateformes pour proposer ses propres sorties et découvrir les activités organisées par les autres membres.

    L’association communique principalement via sa newsletter et ses réseaux sociaux, et son local est situé au 17 viale Ranzoni, une rue facilement accessible par plusieurs stations de métro.

    Notez aussi que l’organisation InterNations propose de rencontrer des expatriés de tous pays, dans le monde entier. Sur leur site, il existe une page spécialement réservée aux expatriés français à Milan !

    Où habiter à Milan pour rencontrer des Français ?

    Vous vous en doutez, il n’y a pas à proprement parler de quartier français à Milan… Néanmoins, il y a un endroit dans lequel vous êtes plus susceptible d’en rencontrer plus qu’ailleurs : près de l’école française de Milan. Il s’agit du lycée Stendhal, un établissement intégré au réseau de l’AEFE, l’Agence pour l’enseignement en français à l’étranger.

    Intérieur du Lycée Stendhal à Milan

    Intérieur du Lycée Stendhal à Milan

    Situé à l’ouest de la ville, on peut y suivre sa scolarité de la petite section jusqu’à la terminale. De nombreuses familles françaises décident donc d’élire domicile près de Stendhal. Malheureusement, le quartier est légèrement excentré. Il se situe près de San Siro, donc assez loin des points touristiques comme le Château des Sforza présenté ici par Bonjour Milan.

    Un restaurant sympathique à essayer

    Généralement, quand nous rédigeons ce genre d’article pour aider les expatriés à rencontrer d’autres Français dans les villes européennes, nous recherchons des restaurants et des bars tenus par nos ressortissants… Cela peut permettre de tisser du lien de façon plus naturelle qu’en passant par une association.

    Davide de la Maison Bretonne

    Davide de la Maison Bretonne

    Malheureusement, il n’y en a pas beaucoup dans ce chef-lieu de la région Lombardie. Mais si vous voulez avoir une chance de croiser des compatriotes, vous pouvez vous rendre à la Maison Bretonne. Située sur la Via Giulio Cesare Procaccini, cette crêperie traditionnelle est tenue par Davide, un fan de la Bretagne en général, et du Stade Rennais en particulier ! Vous pourrez donc échanger avec lui sur le football dans une ville ou les clubs du Milan AC et de l’Inter de Milan ont déjà une très forte renommée en Europe.

    Vivre à Milan, c’est aussi s’emparer de son histoire et de sa culture. Le couvent Santa Maria delle Grazie, qui abrite la fresque de Léonard de Vinci, La Cène, en est un des témoins les plus symboliques. Chaque jour, des Français viennent visiter ce lieu. Comme ils sont également nombreux à débarquer lors des événements organisés en lien avec la mode, dont la ville de Milan est considérée comme une des capitales mondiales.

  • Quelles sont les différentes législations encadrant l’accompagnement en fin de vie dans le monde ?

    Quelles sont les différentes législations encadrant l’accompagnement en fin de vie dans le monde ?

    En France, Emmanuel Macron avait lancé en décembre 2022 une convention citoyenne sur la fin de vie. Après moults rebondissements, une première proposition de loi avait été déposée et devait être adoptée en juin 2024. Mais voilà, la dissolution est intervenue, mettant fin au processus législatif en cours. Depuis, l’exécutif a changé, et son opinion aussi, car désormais, le très catholique, François Bayrou envisage de séparer soins palliatifs et aide à mourir en deux textes distincts. C’est l’occasion pour nous de faire un point sur les législations encadrant l’accompagnement en fin de vie dans le monde.

    Des législations très diverses d’un pays à l’autre

    Les législations sur la fin de vie varient considérablement à travers le monde. Certains Etats, très peu, autorisent l’euthanasie active, d’autres l’encadrent, certains valident le suicide assisté mais la grande majorité des pays n’ont pas traité cette phase si particulière dans la vie d’un être humain, sa conclusion.

    Fin de vie : première étape vers une nouvelle modification de la loi
    Fin de vie : première étape vers une nouvelle modification de la loi

    Euthanasie active légale

    L’euthanasie active est légale dans cinq pays, elle consiste en le fait d’abréger intentionnellement les souffrances d’une personne. Un médecin ou un tiers va par exemple injecter une substance entraînant directement la mort du patient.

    • Pays-Bas (depuis 2001
    • Belgique (depuis 2002)
    • Luxembourg (depuis 2009)
    • Colombie (depuis 2015)
    • Espagne (depuis 2021)

    Cependant, dans ces pays, l’euthanasie est encadrée par des conditions strictes, notamment la présence d’une maladie incurable et de souffrances insupportables.

    Suicide assisté autorisé

    Dans le langage commun, le suicide assisté désigne ce que les spécialistes appellent en fait «assistance au suicide». À la différence de l’euthanasie, c’est la personne elle-même qui accomplit le geste fatal, et non un tiers. «L’assistance au suicide consiste à donner les moyens à une personne de se suicider elle-même. »

    Dans le monde certains pays autorisent le suicide assisté sans légaliser l’euthanasie active :

    • Suisse : L’assistance au suicide est tolérée depuis longtemps, encadrée par des associations comme Exit.
    • Allemagne : Le suicide assisté est dépénalisé
    • Autriche : Le suicide assisté est autorisé depuis 2022 pour les personnes atteintes de maladies graves ou incurables
    • Italie : Le suicide assisté est dépénalisé depuis 2019 dans certaines conditions spécifiques

    Pays ayant récemment légalisé l’aide à mourir

    Enfin, ce sujet, qui est par essence universel, est étudié dans de nombreux pays dont la France comme nous l’évoquions en début d’article. Certains États ont décidé d’adopter une position intermédiaire comme le Portugal avec une loi autorisant la « mort médicalement assistée » qui a été approuvée en 2021.

    Maîtriser sa vie jusqu'à la fin
    Maîtriser sa vie jusqu’à la fin

    En Nouvelle-Zélande, l’euthanasie est légale depuis 2021 pour les patients en phase terminale, tandis qu’en Équateur, la Cour constitutionnelle a dépénalisé l’euthanasie en février 20244

    Pays interdisant l’euthanasie active

    Enfin de nombreux pays, dont la France, interdisent l’euthanasie active. Cependant, certains ont adopté des lois encadrant la fin de vie :

    • France : La loi Claeys-Léonetti de 2016 autorise la sédation profonde et continue jusqu’au décès, mais interdit l’euthanasie active.
    • Alors qu’en Norvège, l’euthanasie passive est autorisée sur demande du patient agonisant ou d’un proche si le patient est inconscient.

    Évolutions récentes

    Plusieurs pays envisagent ou débattent actuellement de l’évolution de leur législation sur la fin de vie, comme la France où un projet de loi sur l’aide à mourir était en discussion.

    Cette diversité de législations reflète la complexité et la sensibilité du débat sur la fin de vie à l’échelle mondiale.

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