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  • Donald Trump ouvre la porte à un accord commercial avec le Royaume-Uni

    Donald Trump ouvre la porte à un accord commercial avec le Royaume-Uni

    Le président américain Donald Trump a confirmé hier vouloir appliquer des taxes sur les marchandises de l’Union européenne (UE). Mais a semblé ouvrir la porte à un accord avec le Royaume-Uni, lors de la visite à Washington du Premier ministre Keir Starmer. 

    « Quelles que soient les taxes qu’ils nous imposent, nous allons leur en imposer », a annoncé Donald Trump lors d’une conférence de presse à Washington hier. Mais les taxes de l’UE qu’il a qualifiées de « droits de douane » étaient la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) — qui s’applique également aux marchandises européennes —, et les amendes infligées à Apple.

    Le président américain répondait à une question sur les propos qu’il avait tenus mercredi, lorsqu’il avait déclaré que « l’Union européenne avait été créée pour arnaquer les États-Unis » et avait fait part de son intention d’annoncer des droits de douane de 25 % sur les produits européens, en particulier sur les voitures.

    Hier, la Commission européenne a nié « arnaquer » les États-Unis, mais s’est montrée réticente quant à la manière dont elle réagirait à ces nouveaux droits de douane, car Donald Trump a donné peu de détails sur la forme qu’ils prendraient.

    « Nous nous apprécions »

    Plus tard dans la journée, en fin de soirée en Europe, Donald Trump a tenu deux conférences de presse à la Maison-Blanche avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, en marge de discussions entre les deux hommes sur le commerce, la défense et l’Ukraine.

    Lors de la première de ces conférences de presse, le président a déclaré que les États-Unis « imposeront des droits de douane réciproques » à l’UE. L’Américain a éludé les questions sur son intention éventuelle d’imposer des droits de douane au Royaume-Uni. Mais il a parlé chaleureusement de Keir Starmer et de la Grande-Bretagne, en disant que c’était un « endroit très différent ».

    « Nous nous apprécions, honnêtement, et nous apprécions le pays de l’autre », a confié Donald Trump.

    « J’y ai des investissements », a-t-il dit à propos de la Grande-Bretagne, en mentionnant ses terrains de golf à Turnberry et Aberdeen, ainsi qu’à Doonbeg en Irlande, qui ne fait pas partie du Royaume-Uni.

    Avant les événements à la Maison-Blanche, Andrew Feinberg, de The Independenta partagé un e-mail de la Maison-Blanche confirmant qu’il avait été invité à assister à la conférence de presse avec le « Premier ministre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande ».

    Ce nom a cessé de s’appliquer au Royaume-Uni après la reconnaissance de l’indépendance irlandaise en 1922.

    Lors de la conférence de presse qui a suivi, Donald Trump a indiqué qu’il espérait conclure un accord commercial avec la Grande-Bretagne, qui supprimerait tout besoin de droits de douane. « Nous allons conclure un excellent accord commercial », a-t-il affirmé. « Nous y travaillons en ce moment même. »

    Le président américain, Donald Trump. [EPA-EFE/CHRIS KLEPONIS / POOL]
    Le président américain, Donald Trump. [EPA-EFE/CHRIS KLEPONIS / POOL]

    Lorsqu’on lui a demandé plus tôt s’il était « inquiet » des efforts de Keir Starmer pour resserrer les liens avec l’UE, Donald Trump a répondu par la négative. Il a d’ailleurs ajouté que le Brexit était « la bonne chose à faire ».

    « Ça va s’arranger tout seul. […] Je pense que ça s’est déjà arrangé tout seul. »

    Un « soutien » américain à l’Ukraine n’est pas exclu

    Le Premier ministre britannique s’était rendu dans la capitale américaine dans l’espoir de persuader Donald Trump de fournir un « soutien » militaire aux forces de maintien de la paix britanniques et européennes qui pourraient être déployées en Ukraine pour faire respecter un futur accord de paix.

    Lors de la deuxième conférence de presse, après leur rencontre, Keir Starmer a déclaré qu’ils avaient discuté d’un « plan pour parvenir à une paix qui soit ferme et juste ».

    Donald Trump a également affirmé qu’il soutenait l’article 5 de l’OTAN, qui lie tous les membres de l’alliance à la défense mutuelle. Mais il a ajouté : « Je ne pense pas que nous aurons de raison de l’appliquer ».

    Cependant, le président américain a jusqu’à présent rejeté l’idée que les États-Unis fournissent des garanties militaires à l’Ukraine. « Je ne vais pas donner de garanties de sécurité, nous allons laisser l’Europe le faire », a-t-il expliqué mercredi.

    Lors de la première conférence de presse avec Keir Starmer hier, Donald Trump a donné des réponses ambiguës aux questions sur la possibilité de fournir un soutien militaire. Il semblait parfois soutenir qu’une présence civile américaine pour les ressources minières constituerait un « soutien ».

    Lorsqu’il a été interrogé pour la première fois par Chris Mason de la BBC, il a commencé par parler de son prochain accord minier avec l’Ukraine.

    Selon lui, la présence de travailleurs américains dans le pays dissuaderait une nouvelle attaque russe. « C’est un soutien, pourrait-on dire : je ne pense pas que quiconque va jouer avec nous si nous sommes là-bas avec beaucoup de travailleurs. »

    Mais, interrogé à nouveau par le Financial Times, il a demandé au journaliste : « Vous voulez dire un soutien psychologique, militaire ou autre ? »

    « Nous sommes un soutien, car nous serons là-bas. Nous travaillerons dans le pays. »

    « Ai-je dit cela ? Je n’arrive pas à croire que j’ai dit cela. »

    Donald Trump a également semblé revenir sur son accusation selon laquelle Volodymyr Zelensky est un « dictateur » — accusation qu’il avait proférée après que le président ukrainien eut rejeté son offre initiale pour l’accord sur les minerais.

    Interrogé sur ses précédentes déclarations, le président américain a répondu : « Ai-je dit ça ? Je n’arrive pas à croire que j’ai dit ça. »

    Il a posé la même question lorsque Beth Rigby, de la chaîne britannique Sky News, l’a interrogé sur son affirmation selon laquelle l’UE avait été créée pour « arnaquer » les États-Unis.

    Au début de la première conférence de presse, Keir Starmer a remis à Donald Trump une lettre du roi Charles III, l’invitant à effectuer une deuxième visite d’État en Grande-Bretagne . Du jamais vu, selon le Premier ministre.

    La première visite d’État de Donald Trump au Royaume-Uni a eu lieu en 2019, alors que la Première ministre conservatrice, Theresa May, était encore en fonction. Lors de cette visite, il a enfreint l’étiquette royale britannique en marchant devant la reine de l’époque, Elizabeth II — la mère de Charles III —, dont le décès est intervenu en 2022.

    « C’est vraiment spécial », a confié Keir Starmer à propos de l’invitation à une deuxième visite hier. « Cela ne s’est jamais produit auparavant. C’est sans précédent. »

    Donald Trump a déclaré qu’il acceptait l’invitation.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 04.03.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 04.03.2025

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés du 04 mars. Dans les titres de l’édition de ce mardi : Le Kremlin en appelle à une paix forcée – Bétharram : François Bayrou hors de cause – 2 chaînes de télévision en moins en France

    Forcer Zelensky à signer la paix

    « Quelqu’un doit forcer Zelensky à changer d’avis. Il ne veut pas la paix. Quelqu’un doit le forcer à vouloir la paix », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d’un point de presse auquel participe l’Agence France-presse. « Si les Européens le font, honneur et gloire à eux », a-t-il ajouté, en référence à un sommet des alliés européens de Kiev qui a eu lieu dimanche à Londres. Dmitri Peskov a par ailleurs rejeté la responsabilité sur le dirigeant ukrainien d’une spectaculaire passe d’armes avec le président américain Donald Trump, qui s’est produite lors de leur rencontre à Washington.

    Les réactions des Français à Londres

    Affaire classée

    Les députés LFI Mathilde Panot et Jean-François Coulomme avaient saisi la Cour de Justice de la République, estimant que François Bayrou n’avait pas dénoncé les faits de violences sur mineurs dont il avait été informé lorsqu’il était ministre de l’Éducation. Et ce lundi, Le procureur général de la Cour de cassation a classé sans suite les signalements, estimant qu’aucune infraction ne peut être caractérisée à l’encontre de l’actuel Premier ministre.

    C8 et NRJ12 ont tiré leur révérence

    Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, C8 et NRJ12 ont cessé pour toujours leur diffusion sur la TNT après une ultime soirée, conformément à la décision de l’Arcom de ne pas renouveler leur fréquence. Sur C8, La dernière image aura été celle de Cyril Hanouna s’adressant à ses fans et leur donnant rendez-vous, dès lundi, sur différentes plateformes, pour la suite de son émission quotidienne « Touche pas à mon poste ». Sur NRJ12, la soirée a été riche en émotion et a permis à la dizaine d’animateurs de se dire au revoir, et adieu aux téléspectatrices et téléspectateurs, sur un petit plateau, devant une paire de caméras.

    C’est tout pour le flash quotidien des expatriés de ce mardi. Passez une belle journée où  que vous soyez ! On se retrouve demain pour une nouvelle édition.

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Sommet à Londres : les réactions de nos Français vivant au Royaume-Uni

    Sommet à Londres : les réactions de nos Français vivant au Royaume-Uni

    Alors que le monde vacille, plusieurs dirigeants européens se sont réunis au Royaume-Uni. En effet, le Premier Ministre Keir Starmer, a accueilli à Londres ce dimanche 2 mars, un certain nombre de ses homologues, chefs d’État ou de Gouvernement. Ce sommet s’est déroulé dans un contexte particulièrement tendu, après l’échange virulent entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche. En marge de ces discussions, Lesfrancais.press a interrogé les représentants des Français vivant au Royaume-Uni. Quelles sont leurs réactions ? Comment vivent-ils la situation actuelle ? Entre espoir et inquiétude…

    Les réactions des Français à Londres

    Avant l’ouverture officielle des discussions, le Président français, Emmanuel Macron s’est entretenu avec le Premier Ministre du Royaume-Uni, pour réaffirmer la solidarité franco-britannique envers l’Ukraine. Mais c’est dans un climat d’incertitude que s’est tenu le week-end dernier à Londres ce sommet. 

    « Ce qui se joue aujourd’hui, c’est notre capacité à assurer notre sécurité collective. »

    Vincent Caure, député des Français établis hors de France

    Pour Vincent Caure, le député (Renaissance) des Français établis hors de France dans la 3e circonscription (îles Britanniques, pays nordiques et pays baltes) : « cette rencontre est un signe fort de soutien à nos amis ukrainiens. Depuis la confrontation entre Trump et Zelensky vendredi dernier, nous vivons un moment clé pour l’unité européenne. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est notre capacité à assurer notre sécurité collective. »

    Les réactions des Français à Londres
    Les réactions des Français à Londres

    « Après les événements de Washington, les discussions de Londres sont plus cruciales que jamais », nous a déclaré Patricia Connell, conseillère des Français de l’étranger (Angleterre, Pays de Galles, Irlande du Nord.)

    « Nous sommes à la croisée des chemins de l’histoire »

    Keir Starmer, Premier Ministre du Royaume-Uni

    Pour l’élue consulaire, « L’Europe doit intensifier son soutien à l’Ukraine. Nous ne pouvons pas laisser l’administration Trump imposer un accord de paix qui menacerait la souveraineté et la sécurité des Ukrainiens ». Elle attend une issue positive de ces échanges et « compte sur Emmanuel Macron et Keir Starmer pour défendre cette position »

    Un plan franco-britannique pour la paix

    Sur la BBC, Keir Starmer a confirmé que le Royaume-Uni et la France travaillaient à l’élaboration d’un plan pour mettre fin aux combats. « Nous sommes à la croisée des chemins de l’histoire », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’une approche européenne unie. Au cours de cette rencontre à Londres, les dirigeants présents ont, entre autres, défini quatre axes prioritaires :

    • Maintenir l’aide militaire à l’Ukraine ;
    • Assurer la présence de Kiev à la table des négociations de paix ;
    • Dissuader toute future agression russe ;
    • Former une « coalition des volontaires » pour garantir la sécurité de l’Ukraine.
    Un plan franco-britannique pour la paix
    Un plan franco-britannique pour la paix

    Outre ce plan, le Royaume-Uni a également annoncé une aide supplémentaire de 1,6 milliard de livres sterling (soit 2,01 milliards de dollars) pour permettre à l’Ukraine d’acquérir de nouveaux missiles. « L’Europe doit prendre ses responsabilités dans la négociation d’un accord de paix », a insisté le Premier Ministre britannique, tout en reconnaissant la nécessité d’un appui américain.

    Une diplomatie européenne renforcée ?

    Mais cet appui de la Maison blanche ne semble pas être le souhait de Charlotte Minvielle, candidate du Nouveau Front Populaire aux élections législatives de 2024 en Europe du Nord, et coprésidente d’EELV au Royaume-Uni. En effet, elle dénonce l’attitude de Washington : « Les États-Unis adoptent une approche offensive vis-à-vis des dirigeants européens, comme l’a montré l’entretien entre Trump et Zelensky, qui était humiliant. Nous devons redoubler de soutien à l’Ukraine et affirmer nos valeurs démocratiques et les droits de l’Homme », a-t-elle indiqué à notre média Lesfrancais.press.

    « Nous devons redoubler de soutien à l’Ukraine et affirmer nos valeurs démocratiques et les droits de l’Homme »,

    Charlotte Minvielle, co-président Les ecologistes au Royaume-Uni

    En marge de ce sommet, une rencontre entre Volodymyr Zelensky et le roi Charles III a pu s’organiser. « L’agression russe est une menace existentielle pour l’Europe, et le roi Charles en est conscient. C’est pourquoi il a accordé une audience privée au président Zelensky tout au long du week-end. » », souligne un proche de Buckingham. Et « La famille royale excelle dans l’art du soft power », poursuit cette même source.

    L’ensemble de ces démarches permettront-elles une issue positive ? Aujourd’hui l’inquiétude demeure. Nos Français à Londres partagent pour certains del’optimisme, quand d’autres doutes encore de l’influence de notre pays sur la scène mondiale. Ce sommet de Londres marque en effet une étape importante dans la construction d’une stratégie européenne face à la guerre en Ukraine. Reste à savoir si ces initiatives auront un impact sur la position américaine et entraîneront rapidement des avancées concrètes, tant diplomatiques que militaires ?

  • Repenser la relation État-Citoyen : la démocratie directe

    Repenser la relation État-Citoyen : la démocratie directe

    Alors que la nation française traverse une crise de confiance envers ses politiciens et ses institutions. Ils sont nombreux à évoquer une VIème république sollicitant plus régulièrement les citoyens. Mais déjà dans la Vème république, il existe un dispositif, lourd à activer, de démocratie directe : le Référendum.

    Un outil que François Bayrou comme Emmanuel Macron veulent remettre au goût du jour. Sur des sujets institutionnels mais aussi pour des thèmes plus pragmatiques comme la réforme des retraites.

    Mais comment les autres pays ont injecté une part de démocratie directe dans leurs institutions ?

    Mais qu’est-ce que la démocratie directe ?

    La démocratie directe c’est la participation directe des citoyennes et citoyens aux décisions qui les concernent. La Grèce antique, en particulier la cité d’Athènes, et la commune de Paris sont deux références majeures de la démocratie directe dans l’imaginaire collectif. Mais pour les défenseurs de la république, les limites de ces exemples historiques discréditent la démocratie directe pour gérer un État moderne. Pour autant, celle-ci reste une source d’inspiration concrète d’auto-gouvernement du peuple dans quelques pays.

    Mais qu’est-ce que la démocratie directe ?
    Mais qu’est-ce que la démocratie directe ?

    Ainsi, dans nos démocraties, dont la France, on retrouve souvent une forme de démocratie directe comme :

    • Le droit d’initiative : les citoyennes et citoyens ont la possibilité de proposer les sujets à l’ordre des jours des assemblées.
    • Assemblées populaires : les citoyennes et citoyens se réunissent pour discuter et décider des lois et affaires publiques.
    • Référendums : les référendums sont des mécanismes courants dans la démocratie directe, permettant aux citoyens de voter sur des questions spécifiques ou des changements législatifs.

    Le champion Suisse

    La Suisse est le pays du monde qui pratique la démocratie directe de la manière la plus avancée. Les citoyens suisses peuvent proposer des initiatives populaires pour modifier la Constitution et sont fréquemment appelés à voter sur des sujets locaux et nationaux.

    L’initiative populaire permet aux citoyens suisses de rédiger un texte créant ou modifiant un article constitutionnel. Ils doivent ensuite récolter 100 000 signatures (soit environ 2,1 % du corps électoral) en 18 mois, pour qu’il fasse l’objet d’une votation.

    Les référendums sont obligatoires pour les modifications constitutionnelles. C’est ce qu’on appelle le référendum obligatoire, qui occasionne des votations. Les représentants ne peuvent pas décider de changer des choses dans la constitution sans déclencher un référendum, où tous les citoyens peuvent voter. Le référendum est contraignant : ce qui en ressort s’impose aux élus.

    Pour autant, dans le monde francophone, la Suisse Romande fait figure d’exception. Car dans les pays où l’on parle français le référendum est le seul outil présent. Il  est essentiellement utilisé à l’initiative des autorités, et souvent comme une arme supplémentaire de présidents puissants et désireux de contourner le contrôle du parlement.

    Le champion Suisse
    Le champion Suisse

    Dans cet espace linguistique, les seuls pays dont la constitution permette aux citoyens d’initier un processus législatif ou d’exercer un pouvoir de veto institutionnalisé par le référendum obligatoire sont des autocraties. La Constitution du Togo permet à 25 % des électeurs de soumettre à référendum une proposition de loi. Tandis qu’au Burkina Faso, 1 % des citoyens peut initier une révision constitutionnelle soumise à l’appréciation du parlement. Dans les deux cas, cependant, ces procédures n’ont jamais abouti.

    En ce qui concerne le référendum obligatoire, seuls Madagascar et le Mali disposent de cet outil. Mais là encore, la dernière fois que les Malgaches et les Maliens se sont exprimés par référendum a été pour approuver la constitution qui mettait en place le référendum obligatoire. Comparés à d’autres pays d’Afrique, les pays francophones sont particulièrement rétifs au développement des outils de démocratie directe, bien qu’ils soient recommandés par l’Union Africaine dans sa charte de 2007.

    Uruguay : la Suisse latine

    En Amérique du Sud, l’Uruguay se distingue par sa forte tradition de démocratie directe. Comme la Suisse, c’est d’ailleurs aussi l’un des pays le plus riche de son continent. Et le seul de son continent à permettre ces 2 droits politiques aux citoyens :

    • le droit d’initier des modifications de la constitution ;
    • le droit de voter par référendum toute modification de cette dernière.
  • La fiscalité italienne pour les retraités français

    La fiscalité italienne pour les retraités français

    À un jet de pierre de la France, disposant d’un climat et d’une culture plus qu’agréable, l’Italie attire de plus en plus de retraités français. Mais il peut avoir des surprises sur la fiscalité. C’est d’ailleurs un sujet complexe qui a connu des évolutions récentes. Alors quelle est la fiscalité italienne pour les retraités français ?

    La flat tax de 7%

    Une des sources de la confusion est la mise en place d’un régime de flat tax à 7% sur les pensions de retraite étrangères pendant 5 ans pour ceux qui s’installant dans certaines régions d’Italie

    La Flat tax à 7%
    La Flat tax à 7%

    En effet, la convention fiscale entre la France et l’Italie est un traité internationale, dans la hiérarchie des textes, elle prime donc sur les dispositions nationales italiennes. Le taux de 7% s’applique donc sur le delta d’impôts que l’Italie pourrait réclamer. Pour mieux comprendre, faisons le point sur la convention fiscale franco-italienne.

    Imposition des pensions de retraite

    La France et l’Italie sont liées par une convention fiscale en matière d’impôts sur le revenu et sur la fortune signée le 5 octobre 1989. Quelles sont les dispositions pour les retraités français.  

    Les pensions de retraite obligatoires françaises sont en principe imposées en France, selon la convention fiscale franco-italienne1. Cependant, depuis 2021, l’administration fiscale italienne demande aux retraités français résidant en Italie de déclarer également ces revenus.

    Imposition des pensions de retraite
    Imposition des pensions de retraite

    Cette situation entraîne une double imposition potentielle, qui a déjà fait quelques victimes. Il faut donc être attentif car si les pensions sont imposées en France au régime normal de l’impôt sur le revenu, l’Italie impose également ces revenus, mais doit accorder un crédit d’impôt correspondant à l’impôt payé en France, dans la limite de l’impôt italien. Mais de nombreuses différences d’interprétation, en particulier en cas d’usage de niches fiscales françaises, ont été remontées.

    En effet, des difficultés sont apparues depuis 2021, avec des redressements fiscaux effectués par l’administration italienne, parfois de manière rétroactive. Cette situation a créé du stress et de l’anxiété chez de nombreux retraités français résidant en Italie.

    Que faire si on s’installe en Italie en tant que retraités ?

    Face à cette situation parfois trouble, il est conseillé aux retraités français résidant en Italie de :

    • Déclarer leurs revenus de retraite dans les deux pays.
    • Se tenir informés des évolutions de la convention fiscale franco-italienne.
    • Consulter un expert fiscal pour optimiser leur situation.
  • Les voitures chinoises à la conquête du monde.

    Les voitures chinoises à la conquête du monde.

    À la fin des années 2000, les voitures chinoises laissaient à désirer. Les constructeurs comme BYD n’espéraient pas exporter dans les pays occidentaux avant de nombreuses années. Depuis lors, l’industrie automobile mondiale a été remaniée. La société américaine Tesla est devenue la première capitalisation boursière du secteur. Laissant loin derrière les constructeurs traditionnels comme Ford, Toyota ou Stellantis. La Chine s’est imposée comme premier pays producteur d’automobiles en 2009 devançant le Japon. En 2023, elle a également dépassé ce dernier comme premier exportateur. Le nombre de voitures exportées depuis la Chine a atteint 4,7 millions l’an dernier, soit trois fois plus qu’il y a trois ans. Selon Citigroup, en 2030, les ventes à l’étranger atteindront 7,3 millions. BYD fabrique désormais plus de voitures électriques que Tesla. L’entreprise a pris des parts de marché importantes en Chine au détriment des marques occidentales.

    Les constructeurs automobiles chinois comme BYD, Chery, Geely et SAIC aspirent désormais à détrôner Volkswagen et Toyota au sommet de l’industrie automobile mondiale. Les exportations de véhicules chinois au sein des pays occidentaux provoquent de vives réactions de la part de leurs gouvernements. Même si la majeure partie de ces véhicules – près des trois quarts l’an dernier – n’est pas destinée à l’Europe, ni aux États-Unis mais au reste du monde. Les constructeurs chinois exportent de plus en plus afin de compenser le manque de croissance du marché intérieur. En 2024, 23 millions de véhicules de tourisme ont été vendus l’année dernière en Chine, marché détenu désormais à plus de 60 % par les constructeurs automobiles nationaux. La création d’une industrie automobile locale a été rendue possible grâce à des subventions et à des aides fiscales. En la matière, l’industrie chinoise n’a pas l’exclusivité des mesures de soutien…

    D’importantes surcapacités de production

    Compte tenu de l’évolution de la demande intérieure et extérieure, le secteur automobile chinois souffre d’importantes surcapacités de production. La production des usines chinoises pourrait atteindre près de 45 millions de voitures par an. Soit environ la moitié de toutes les ventes mondiales de véhicules, mais elles ne fonctionnent qu’à 60 % de cette capacité.

    L’offre excédentaire a conduit à une guerre des prix féroce. À la recherche de débouchés, les constructeurs automobiles chinois se sont tournés vers l’étranger. BYD, Geely et Great Wall ont déclaré que les marges étaient de cinq à dix points de pourcentage plus élevées sur les ventes à l’étranger. Les exportations de véhicules chinois risquent d’être de plus en plus bridées par la multiplication des sanctions commerciales.

    En 2024, l’Union européenne a imposé des droits de douane sur les véhicules électriques fabriqués en Chine pour lutter contre des pratiques de dumping. La part des marques chinoises dans les ventes de véhicules électriques en Europe était passée d’environ 4 % en 2021 à 10 % en 2024. Les droits de douane de 100 % imposés pendant la présidence de Joe Biden interdisent dans les faits aux véhicules électriques chinois d’entrer aux États-Unis. Aussi, une taxe supplémentaire de 10 % sur les produits chinois récemment imposée par Donald Trump n’aura pas beaucoup d’incidences pour les exportations de véhicules.

    Evincer les constructeurs occidentaux

    Parmi les pays résistants aux exportations chinoises figurent le Japon, la Corée du Sud et l’Inde. Cela s’explique par la loyauté des consommateurs aux marques nationales et aux relations diplomatiques parfois difficiles avec l’Empire du Milieu. En 2024, les constructeurs chinois ont réussi à vendre 20 millions de véhicules. Le tout en Asie du Sud-Est, au Moyen-Orient, en Amérique latine ou en Afrique. Les constructeurs automobiles chinois progressent à toute allure ailleurs. Ils détiennent désormais 8 % du marché au Moyen-Orient et en Afrique, 6 % en Amérique du Sud et 4 % en Asie du Sud-Est. La demande au sein des pays de ces différentes zones économiques est en forte croissance.

    En quelques années, la Chine a réussi à évincer les constructeurs occidentaux. Les constructeurs chinois ont fait preuve d’opportunisme. Après l’épidémie de covid, en pleine période de pénurie de microprocesseurs, les constructeurs automobiles occidentaux se sont concentrés sur les véhicules les plus chers et les plus rentables et sur leurs marchés intérieurs. Permettant à ceux de Chine de conquérir des parts de marché dans les pays en développement.

    La Chine s’impose de plus en plus comme le producteur de véhicules électriques de référence.  

    Les sanctions contre la Russie ont également favorisé la montée en puissance de l’industrie automobile chinoise. Le plus grand importateur de voitures chinoises est désormais la Russie. La part des marques chinoises dans ce pays est passée de 9 % en 2021 à 61 % en 2023, selon Rhodium Group, un cabinet de conseil. Cette progression spectaculaire a été mal perçue par les autorités russes, le pays disposant de sa propre industrie automobile. En 2024, le gouvernement russe a introduit une « taxe de recyclage » importante sur les voitures importées, en substance un tarif douanier.

    La Chine s’impose de plus en plus comme le producteur de véhicules électriques de référence.
    La Chine s’impose de plus en plus comme le producteur de véhicules électriques de référence.

    La Chine s’impose de plus en plus comme le producteur de véhicules électriques de référence. En Amérique latine, les voitures électriques représentent désormais 6 % des ventes totales, après avoir doublé en 2024, selon le cabinet d’études Bloomberg. Au Brésil, sixième marché automobile mondial, elles représentent près de 7 %, neuf véhicules électriques sur dix provenant de marques chinoises. Au Mexique, ils atteignent 8 % et en Thaïlande environ 15 %. Le poids des véhicules électriques dans les ventes aux États-Unis est de 8 %. Cette hausse devrait se poursuivre.

    Les constructeurs automobiles chinois veulent construire des usines à l’étranger.

    Les véhicules électriques pourraient atteindre plus des trois quarts des exportations de voitures chinoises en 2030, contre environ un quart en 2023.

    Les constructeurs automobiles chinois ne se contenteront pas d’exporter depuis leur pays. Ils veulent s’implanter en construisant des usines à l’étranger pour contourner les droits de douane qui augmentent en Occident et éviter les frais d’expédition. L’entreprise BYD fabrique des véhicules en Thaïlande et en Ouzbékistan. Elle a des projets d’implantation au Brésil, en Hongrie, en Indonésie, en Turquie, aux États-Unis et peut-être au Mexique. D’autres, comme Chery, Changan, Great Wall et SAIC, ont déjà des usines à l’étranger en activité ou en construction.

    Les entreprises chinoises devraient fabriquer 2,5 millions de voitures à l’étranger d’ici 2030. Dont environ la moitié en Europe et le reste dans les pays en développement. Certains projets d’usines à l’étranger pourraient ne pas se concrétiser. Certains suggèrent que le gouvernement chinois obligera les entreprises à ralentir les investissements étrangers pour maintenir les installations nationales occupées et pour protéger la technologie chinoise des regards indiscrets.

    Les constructeurs automobiles chinois se transforment en entreprises mondiales prenant des parts de marchés aux acteurs en place dans des endroits qu’ils considéraient jusqu’à maintenant comme acquis. Les entreprises japonaises ou sud-coréennes sont fortement concurrencées en Asie et au Moyen-Orient. Les constructeurs automobiles comme VW, General Motors ou Stellantis le sont en Amérique du Sud.

    Dans cette nouvelle ère, marquée par l’électrification et la transition technologique, la bataille ne fait que commencer.

    Les marchés nationaux des grands constructeurs occidentaux sont également attaqués. En Allemagne, des plans de licenciements ont été engagés de la part des constructeurs nationaux ce qui est sans précédent. Longtemps, le marché du haut de gamme était l’apanage des marques allemandes. Or, elles sont challengées par celles des grands constructeurs chinois. Ces deniers proposent désormais des modèles avec des carrosseries élégantes. Mais aussi des motorisations puissantes et des équipements sophistiqués à des prix compétitifs.

    L’essor des constructeurs automobiles chinois redéfinit les équilibres de l’industrie mondiale. Soutenus par une politique industrielle volontariste et un marché intérieur en mutation, ces acteurs sont passés du statut de challengers à celui de leaders. Bousculant les positions acquises des constructeurs occidentaux et asiatiques. Face à la montée en puissance de marques comme BYD, Chery ou Geely, les réponses des États-Unis et de l’Union européenne oscillent entre protectionnisme et quête d’une compétitivité renouvelée.

    Cependant, au-delà des barrières douanières et des tensions géopolitiques, c’est bien l’évolution des préférences des consommateurs et la capacité d’innovation des entreprises qui façonneront le paysage automobile de demain.

    Après avoir imposé ses standards en matière de véhicules électriques, la Chine cherche désormais à s’ancrer localement dans les grandes économies mondiales. L’Europe et l’Amérique du Nord pourront-elles opposer une riposte industrielle efficace ou assisteront-elles à une redéfinition du leadership automobile ? Dans cette nouvelle ère, marquée par l’électrification et la transition technologique, la bataille ne fait que commencer.

  • L’UE n’est pas l’arnaque de Donald Trump 

    L’UE n’est pas l’arnaque de Donald Trump 

    BRUXELLES — Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, et la Commission européenne ont réfuté aujourd’hui l’accusation de Donald Trump selon laquelle l’Union européenne (UE) a été créée pour « arnaquer » les États-Unis.

    « L’UE n’a pas été créée pour arnaquer qui que ce soit »a réagi Donald Tusk sur X aux propos du président américain. « Elle a été créée pour maintenir la paix, instaurer le respect entre nos nations, créer un commerce libre et équitable et renforcer notre amitié transatlantique. »

    En effet, la construction européenne a été lancée en réponse aux deux guerres mondiales, dont les conséquences catastrophiques ont poussé les Européens à s’allier pour maintenir une paix durable sur le continent — une construction européenne que les États-Unis ont favorisée en finançant en grande partie la reconstruction du Vieux Continent en ruine avec le Plan Marshall.

    Pourtant, mercredi, à Washington, Donald Trump a déclaré aux journalistes que l’UE « avait été créée pour arnaquer les États-Unis », ajoutant qu’« ils ont bien réussi », en référence à l’excédent commercial de l’UE en matière de biens. Il a ensuite déclaré qu’il annoncerait « très bientôt » une taxe de 25 % sur les voitures.

    le Premier ministre polonais Donald Tusk s'adresse aux médias lors d'un point presse à l'aéroport Okecie de Varsovie, en Pologne, le 17 février 2025. ©EPA-EFE/PAWEL SUPERNAK
    le Premier ministre polonais Donald Tusk s’adresse aux médias lors d’un point presse à l’aéroport Okecie de Varsovie, en Pologne, le 17 février 2025. ©EPA-EFE/PAWEL SUPERNAK

    Interrogé aujourd’hui par Euractiv pour savoir si l’UE avait effectivement réussi à « arnaquer » les États-Unis, le porte-parole de la Commission européenne Olof Gill a répondu qu’« il est parfois difficile de croire que nous devons répondre à ce genre de choses », avant de lire une déclaration préparée à l’avance.

    L’UE, « une aubaine pour les États-Unis »

    « Nous pensons que l’UE, depuis sa création, a été une aubaine pour les États-Unis », a soutenu le porte-parole. Il a fait valoir que, grâce au fait que l’UE a harmonisé les normes et les réglementations dans ses États membres, « les investissements américains en Europe sont très rentables ».

    « Les entreprises américaines ont pu investir et générer des revenus substantiels précisément parce que l’UE est un grand marché unifié favorable aux affaires. »

    Le commerce transatlantique est « la plus grande relation bilatérale de commerce et d’investissement au monde », d’une valeur d’environ 1 500 milliards d’euros par an.

    « Nous sommes prêts à nous associer à vous, à condition que vous respectiez les règles », a poursuivi Olof Gill, s’adressant apparemment à Donald Trump.

    Le porte-parole a hésité à donner des détails sur la manière dont l’UE réagira aux droits de douane américains, soulignant que le président n’avait encore révélé aucun détail.

    Il a toutefois déclaré que l’UE « protégera également [ses] consommateurs et [ses] entreprises à chaque instant ». « Ils n’en attendent pas moins de nous et ils ne méritent pas moins de nous. »

    Dans une déclaration écrite hier soir, la Commission a déclaré que « l’UE réagira fermement et immédiatement aux obstacles injustifiés au commerce libre et équitable », y compris les droits de douane.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 03.03.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 03.03.2025

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le premier flash quotidien des expatriés du mois de mars 2025. Dans les titres de cette édition du 03 mars : les alliés unis contre Trump – Le projet de remise des passeports par voie postale en pause – Le César de Julia Roberts

    L’Europe, la Turquie et le Canada réunis à Londres

    Une quinzaine de dirigeants alliés de l’Ukraine ont tenu ce dimanche à Londres un sommet crucial pour imaginer de nouvelles garanties de sécurité en Europe face aux craintes de lâchage par Washington, accentuées après l’altercation de vendredi entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky. Il réunissait notamment le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz, les Premiers ministres canadien Justin Trudeau, polonais Donald Tusk, la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte et les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen, Ursula von der Leyen et Antonio Costa. Une semaine cruciale s’ouvre pour les équilibres mondiaux.

    La quinzaine de dirigeants européens réunis pour le sommet de Londres sur le sécurité européenne a posé pour une photo de famille, le 2 mars 2025 © BFMTV
    La quinzaine de dirigeants européens réunis pour le sommet de Londres sur le sécurité européenne a posé pour une photo de famille, le 2 mars 2025 © BFMTV

    Plus d’expérimentation pour la remise des passeports sans comparution.

    Laurent St Martin l’a annoncé dans un message aux élus vendredi 28 février, l’expérimentation permettant le renouvellement des passeports sans comparution au Canada et au Portugal s’est achevée. Malgré son succès, celle-ci sera en pause, le temps de prendre un nouveau décret en Conseil des ministres et de consulter la CNI. Le ministre des Français a annoncé viser juin 2025 pour une généralisation à tous les consulats.

    passeport français

    Julia Roberts honorée lors de la 50ᵉ cérémonie des César

    Tout juste faite Chevalier des Arts et des Lettres au ministère de la Culture par Rachida Dati, Julia Roberts, l’actrice hollywoodienne, a reçu un César d’honneur. Dans une atmosphère empreinte de respect, Julia Roberts a également exprimé son admiration pour le cinéma français. Lors du discours d’ouverture prononcé par Catherine Deneuve, Julia Roberts,visiblement émue par l’icône du cinéma français, n’a pu retenir un « Wahou ! » spontané, captant immédiatement l’attention des spectateurs. L’actrice s’est lâchée, montrant sa joie de faire face à la comédienne.

    Julia Roberts sur le tapis rouge de la 50ème cérémonie des César ©AFP
    Julia Roberts sur le tapis rouge de la 50ème cérémonie des César ©AFP

    C’est ainsi que s’achève ce flash quotidien des expatriés. Passez un bon lundi où que vous soyez ! On se retrouve demain pour une nouvelle édition.

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Un homme fait la loi

    Un homme fait la loi

    À la Maison blanche, un homme fait la loi. Ce n’est pas celui que l’on croit. «Celui qui peut être insulté et répondre par un sourire a l’âme d’un chef. » Aussi Zelensky a-t-il remercié le peuple américain après avoir été chassé de la Maison Blanche. « Historique », s’est exclamé l’homme d’affaires de Poutine, Kirill Dmitriev. Pour briser l’Alliance des Démocraties, pas besoin de Brics et de broc. Japonais, Australiens, Coréens, Taïwanais, plus stupéfaits encore que les Européens, envoient des messages de solidarité à Zelenski. Même les Soviétiques respectaient les  traités. En sapant l’ordre international, Trump mine les fondements de la puissance américaine. Ses alliances, mais aussi son économie. Qui investit dans un système instable ? La bourse rechute. L’imprévisibilité a un coût. La politique protectionniste affaiblit les entreprises américaines, ponctionne le contribuable américain. Risque supplémentaire : Trump est capable de détruire l’ordre interne comme il détruit l’ordre international. Ce qu’il fait à ses alliés, il le fera aux Américains.

    Parfois l’armée prend le pouvoir, cette fois, ce sont les vendeurs de faux passeports, de faux billets, les trump coins.  

    « Make America great again » ? La grande Amérique se déployait à travers le monde, de Roosevelt à Reagan en passant par Kennedy. Elle soutenait ses alliés, se voulait garante de l’ordre international, faisait la promotion du libre-échange et de la démocratie. Les deux vont souvent ensemble. Certains économistes disent qu’ils expliquent l’explosion des connaissances et des richesses. Trump agit comme un prédateur mafieux, qui, pourtant, ne pense qu’au repli. Trump vend les passeports américains. La citoyenneté américaine est-elle à ce point dévaluée que tous les truands de la terre, oligarques, trafiquants peuvent se la payer? Parfois l’armée prend le pouvoir, cette fois, ce sont les vendeurs de faux passeports, de faux billets, les trump coins. La Réserve Fédérale pourrait être obligée de constituer des réserves de bitcoins, un hold-up magnifique.

    « Tout gouvernement n’est qu’une association secrète de voleurs et d’assassins » résumait Lysander Spooner. Cette fois, le vol, le chantage, la trahison sont érigés en mode de gouvernement, vantés, exaltés.

    « Le premier roi qui se soit déclaré roi de droit divin n’était sans doute ni un escroc ni même un ambitieux dans le sens habituel du mot. Il se croyait roi de droit divin. Beaucoup, autour de lui, ont cru qu’il l’était, quelques-uns vraisemblablement, ont fait semblant de le croire, par intérêt. Et ils ont découvert ensuite que c’était leur devoir de continuer à faire semblant Leur devoir de servir. » C’est du belge, du Simenon. Certains se croient roi une fois élu. Trump, aux gouverneurs des États américains : « We are the Law » : « Je suis la loi », avec un « nous » de majesté.  Selon The Economist et Yougov, 7% des Américains – dont 15% des Républicains – pensent que Trump devrait être « roi ». Il a bon espoir.

    La majorité de l’humanité vit sous l’autorité de doux dingues qui ne sont pas toujours doux.

    Beaucoup pensent être « la loi ». À regarder la carte du monde, la majorité de l’humanité vit sous l’autorité de doux dingues qui se prennent pour des génies de droit divin et ne sont pas toujours doux.

    À se demander si le penchant naturel des sociétés n’est pas la soumission. « Le meilleur gouvernement est celui d’un seul chef » écrivait Thomas d’Aquin. L’angélique docteur ajoutait : « Tout le monde doit participer au gouvernement, car il y a là une garantie de paix civile ». La paix civile, comme la paix internationale, se fait par la participation de tous. Saint  Thomas prévient : « Le roi, institué par le peuple, peut être justement déposé par lui, ou son pouvoir refréné, s’il abuse en tyran de son autorité royale ». Or, ici et là, il y a de l’abus.

    Ce qui est vrai pour la société politique interne l’est pour la société internationale. Pour la première fois depuis 1942, les États-Unis disent : la loi internationale n’a pas d’importance, les organisations internationales sont sans intérêt, la coopération internationale est inutile et dangereuse ; les traités internationaux ne valent rien. Non seulement les États-Unis ne veulent plus être les gendarmes du monde, mais ils prennent volontiers le rôle de brigands, votent avec la Russie et la Biélorussie contre l’Ukraine à l’ONU.

    Pour créer des alliances, l’intérêt ne suffit pas. Si seul l’intérêt commande, alors à chaque moment, un intérêt divergent peut supplanter l’intérêt passé. Il faut définir les intérêts à long terme. Aucun ne s’installe mieux que dans le partage des mêmes principes. Ce que sont les sociétés de confiance dans l’ordre interne, existe dans l’ordre international. Le bénéfice d’une société de confiance est immense. Tout comme le bénéfice d’une société internationale de confiance est incommensurable.

    C’est l’heure des voleurs. C’est aussi l’heure des gendarmes. C’est pourquoi il faut s’armer.  

    Les tyranneaux locaux s’inquiètent. Si les grands ne respectent plus les règles, ils ne nous respecteront pas, même si nous sommes des brigands. Brigands comme nous, ils ne seront jamais rassasiés. Alors même les tyranneaux réclameront un ordre, pas forcément juste, mais stable. Encore faut-il que quelqu’un puisse répondre et l’organiser. Voilà un enjeu passionnant pour la France et l’Europe. C’est l’heure des voleurs, c’est aussi le moment de ne pas l’être. C’est aussi l’heure des gendarmes. C’est pourquoi il faut s’armer. Se faire à travers le monde, les porte-parole d’un ordre international fondé sur le droit. C’est le principe autour duquel se fera la politique de défense européenne. C’est utile, rassembleur, prometteur. C’est une vision du monde qui intéresse tout le monde, y compris en Asie et en Afrique.

    Dans le bureau ovale, Trump voulait que Zelensky signe un partage de minerais. Un jeu de dupe, personne ne sait ce que valent ces minerais. Zelensky, lui, voulait que Trump s’engage à en garantir la sécurité. Autre jeu de dupe, puisque les États-Unis sont censés la garantir depuis le mémorandum de Varsovie. Comme les Russes ! Tout cela devait se faire devant les caméras. Mais Zelensky n’a pas voulu servir de faire-valoir. Son costume, moqué, rappelait que des milliers de soldats ukrainiens meurent en le portant. Les soldats russes, morts, blessés  ou vivants demanderont un jour des comptes à Poutine et aux oligarques, comme les moujiks l’avaient demandé au tsar et aux aristocrates.

    Ce n’est que le début de l’histoire. Le Nouveau Monde peut être laid, bête et méchant. Il est aussi riche, étonnant, prometteur.

    Trump se trompe. Il n’est pas roi. La Russie est faible. Les Ukrainiens se battent. Même occupés, ils se battraient. S’il veut limiter l’influence de la Chine ; il a besoin d’alliés. La Russie ? Quelle blague. L’Europe ?

    Les Européens se montrent unis. L’Europe a un message à donner au monde. L’Europe est  désormais le seul pôle de puissance à ne pas être impérialiste. Si la diversité des systèmes et des populations, l’échange des connaissances et des modèles est un avantage dans le développement des sociétés, alors les Européens ont des atouts plus performants que la Chine ou les États-Unis.

    Qui fait la loi ? Entre celle de Trump, la force, et celle de Zelensky, le droit.

    Ce n’est que le début de l’histoire. Le nouveau Monde peut être laid, bête et méchant. Il est aussi riche, étonnant, prometteur. Jamais l’humanité n’a été si solidaire, si proche de découvertes au potentiel presque inimaginable. Ne jamais répondre à la bêtise par la bêtise. Au chantage par le chantage. À long terme, cela ne marche pas. Toujours cultiver l’espérance, autre façon de pratiquer la leçon quotidienne des Ukrainiens : le courage.

    La scène du bureau ovale est historique : Qui fait la loi ? Entre celle de Trump, la force, et celle de Zelensky, le droit, le choix est d’évidence. Si les États-Unis ne veulent plus être les leaders du monde libre, que l’Europe le soit. S’en donner les moyens n’est pas une question morale, mais de vie.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app bancaire pour expatriés France Pay

  • Consultation : L’influence française dans le monde

    Consultation : L’influence française dans le monde

    Alors que le « désordre du monde », selon les mots d’Emmanuel Macron, s’accentue depuis le retour de Donald Trump, nous vous avons interrogé sur l’influence française dans le monde Une consultation née après la publication d’un débat entre Franck Ferrari, conseiller des Français de Moscou et Olivier Piton, élu des Français de Washington D.C où le seul constat, qu’ils partageaient, fut la perte d’influence de notre nation. Conduite du 22 au 28 février 2025 auprès de 5503 Français de l’étranger, notre consultation demandait à nos compatriotes qui vivent hors de France de donner leur avis sur l’influence de notre pays dans leur pays de résidence et plus globalement dans le monde.

    Recul de l’influence globale française

    Pour rappel, l’État français occupe, en tant que membre fondateur, une place spécifique au sein de l’Union européenne et en est l’un des principaux acteurs et contributeurs.

    Comptant parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU depuis l’après-guerre (avec les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni et la Chine), elle est, aussi, en mesure d’influer sur les prises de décisions grâce à un droit de véto dont elle peut user envers les résolutions qui iraient à l’encontre de ses principes ou de ses intérêts stratégiques. En 2003, par exemple, les États-Unis ont proposé une intervention en Irak, la France a menacé de poser son véto, donc les États-Unis ont renoncé à leur idée. Preuve qu’elle exerce une influence réelle, la France est à l’origine de 23% des résolutions (décisions) adoptées par le Conseil de Sécurité de l’ONU.

    Pour autant, les difficultés économiques, la perte d’influence en Afrique, la difficile marche pour moderniser notre armée, et l’incapacité de relancer le moteur franco-allemand, plombent la capacité globale de notre pays. Au point que pour certains, comme nos élus des capitales américaine et russe, la France n’a plus aucune influence en dehors d’un champ culturel, un peu dépassé.

    Et ce dur constat, les répondants étaient 51,19% à le partager pleinement.

    Un réseau diplomatique qui fait de la résistance

    Mais si la moitié des consultés balayent toute capacité de la France à influer sur le cours du monde, 21% des répondants font confiance dans la force de frappe de votre diplomatie.

    Et si, il est vrai, elle est peut-être un peu moins flamboyante qu’au siècle dernier, notre réseau diplomatique a encore des atouts. En effet, la France possède le 3e réseau diplomatique au monde avec 163 ambassades, 16 représentations permanentes et 89 consulats généraux et consulats. En plus, le français est la 5e langue la plus parlée au monde avec 300 millions de locuteurs et que son rayonnement s’appuie sur le 1er réseau culturel mondial avec 125 Instituts français et 830 Alliances françaises.

    Une économie qui a encore des ressorts

    Rappelons que la France reste la 7ᵉ puissance économique mondiale en termes de PIB nominal et la 2ᵉ dans l’Union européenne, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. Des données qu’une partie des consultés considèrent comme fondamentales.

    Pour 11% d’entre-deux, la France peut donc encore s’appuyer sur son économie. Notre pays restant une valeur pilier dans de nombreux secteurs comme le luxe, l’agriculture mais aussi l’innovation avec des pépites comme Mistral avec son IA « le Chat ».

    15% d’irréductibles

    Enfin, 15% des répondants ont fait un acte de foi. Malgré les déboires qui s’accumulent, ils gardent, en espérant que leur analyse sera la bonne, confiance dans la capacité de la France a resté un acteur majeur de l’échiquier.

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