Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Le FC Expat à la rencontre de Mathis Lachuer

    Le FC Expat à la rencontre de Mathis Lachuer

    podcast foot - FC EXPAT

    FC EXPAT

    Le podcast dédié à la sphère football des français à l’étranger.
    Chaque épisode s’ouvre sur les dernières actualités puis vous propose une interview d’un joueur professionnel qui joue dans un championnat étranger. Nous donnons également la parole aux responsables des clubs de supporter installés pour nous expliquer comment ils arrivent à faire vivre leur passion loin de la France.
    Animé par Caroline Ettori et Jérémy Michel.

    Écouter le podcast avec Mathis Lachuer

    Aujourd’hui, c’est la péninsule ibérique qui accueille le FC Expat. En effet, c’est en Espagne qu’évolue actuellement notre invité. Depuis 2023, Mathis Lachuer porte les couleurs du CD Mirandes en Liga2. Au cours de ce podcast, il nous raconte son arrivée épique dans la province de Burgos. Il partage aussi avec nous diverses anecdotes sur son métier de footballeur et sur sa vie personnelle. Il nous dévoile même son rêve le plus fou en fin d’émission, loin des Ferrari, et autres paillettes. Lesfancais.press vous invite ainsi à découvrir cet homme qui garde les pieds sur terre. Mathis Lachuer fait assurément partie des belles rencontres du FC Expat.  

    L’acclimatation à l’Espagne

    Direction le nord de l’Espagne, et plus précisément la ville de Miranda de Ebro où vit Mathis Lachuer. Milieu de terrain formé par le Stade Rennais, c’est à Amiens, sa ville natale, que notre invité a signé son premier contrat professionnel. Après 3 saisons passées avec le club picard, il rejoint les rangs du Club Deportivo Mirandès, en deuxième division espagnole. Âgé de 24 ans, Mathis nous livre son objectif footballistique pour cette année : « se maintenir ». Au regard du classement actuel, on peut dire que c’est déjà fait.

    « En Espagne, j’ai pris des leçons tactiques. »

    Mathis Lachuer

    Au cours de cet entretien, Mathis Lachuer revient sur ses premiers jours en Espagne. Il nous parle de son adaptation : « comme vous le savez, ici, ils parlent très vite. Donc au début, c’était compliqué de se comprendre ». Il se souvient notamment d’une anecdote particulière avec son oncle, l’ancien joueur professionnel Yann Lachuer, qui l’avait accompagné au moment de son installation. Une histoire de taxi…Qui, avec le recul, fait bien rire notre invité.

    Mathis Lachuer, le Français du Club Deportivo Mirandes
    Mathis Lachuer, le Français du Club Deportivo Mirandes

    Mais depuis « je me suis adapté. Donc maintenant, tout va bien » nous informe-t-il. Et côté football, celui qui conserve le cœur à Brest, s’est bien acclimaté à la Liga2. « En Espagne, j’ai pris des leçons tactiques » partage-t-il au micro Lesfrancais.press.

    Un amoureux du foot entouré par sa famille

    Et c’est avec passion que Mathis parle de son métier et du sport qu’il pratique.  « Personnellement, je suis un amoureux du foot. Je suis passionné par ça depuis tout petit » nous dit-il. Il est vrai qu’il a été élevé dans une famille au sein de laquelle le ballon rond avait son importance. Un oncle, Yann, et un père, Julien Lachuer qui ont connu les terrains de haut niveau. Les deux sont encore actifs dans le milieu du football. Julien est notamment l’entraîneur adjoint du Stade Brestois, pensionnaire de Ligue 1, et qui a connu cette année la ligue des Champions.

    « Ma mère dit parfois à mon père de me laisser tranquille, de me laisser profiter de la vie »

    Mathis Lachuer

    En plus d’être un fan de football, Mathis a de l’ambition. « Ce que je veux, c’est découvrir les plus gros championnats du monde ». Tout en gardant les pieds sur terre. Il sait que sa famille observe ses performances, et s’assure aussi que le milieu de terrain du CD Mirandes reste bien entouré. Des conseils lui sont ainsi prodigués par ses proches « bien dormir, bien manger ». Peut-être sont-ils parfois trop répétés ?  « Ma mère dit parfois à mon père de me laisser tranquille, de me laisser profiter de la vie » s’amuse-t-il à nous dire. Mais, concernant son père, il poursuit immédiatement : « je sais qu’il veut le meilleur pour son fils ». Mathis aime d’ailleurs retourner, quand il le peut, dans le cocon brestois, comme il nous le décrit.

    La Liga 2 : un championnat de pépites

    Même loin de sa base, Mathis Lachuer est un homme et un footballeur heureux en Espagne. Et il prend plaisir a évolué en Liga2 où le public est présent à chaque rencontre. « Ce qui m’a impressionné, ce sont les stades », des enceintes de 30.000 personnes. Mais est-ce mieux que Francis le Blé, le stade de Brest ? La réponse, vous l’aurez en écoutant ce podcast.

    « En Liga2, ce qui m’a impressionné, ce sont les stades »

    Mathis Lachuer

    Pour les passionnés du jeu Football Manager, Mathis nous dévoile les noms des pépites qui évoluent dans son championnat. À vos stylos pour les noter et les incorporer dans votre équipe, en plus de notre invité, pour vous faire gagner vos prochaines rencontres.

    Mathis Lachuer sous les couleurs du Club Deportivo Mirandés
    Mathis Lachuer sous les couleurs du Club Deportivo Mirandés

    Enfin, dans les arrêts de jeu de cette interview, nous avons demandé à Mathis Lachuer de nous partager son rêve le plus fou, hors football. Sa réponse est à la belle image de l’homme que le FC Expat a reçu. Loin des paillettes, son bonheur n’est pas uniquement qu’à Brest, mais il reste bien ancré à sa famille. Découvrez ce rêve, et l’ensemble du parcours de Mathis Lachuer, en écoutant l’intégralité de ce podcast du FC Expat, l’émission qui parle de nos footballeurs français évoluant à l’étranger.

    FC Expat est en écoute sur plusieurs plateformes












  • Les résidences de France, c’est quoi et pour qui ?

    Les résidences de France, c’est quoi et pour qui ?

    Les résidences de France à l’étranger, également appelées villas culturelles françaises, servent plusieurs objectifs importants. Elles sont pourtant méconnues tant par les Français de l’étranger que par nos compatriotes dans l’hexagone.

    Accueil d’artistes et de chercheurs

    Ces résidences permettent d’accueillir des artistes et des chercheurs français qui poursuivent des projets en lien avec les pays d’accueil. Elles constituent des dispositifs essentiels pour la projection internationale des artistes français en favorisant.

    Ces villas culturelles incarnent l’évolution de la diplomatie française. Elles se tournent davantage vers l’ouverture au territoire local, le travail en partenariat et la co-construction. Le programme des Résidences de France peut se comparer à un incubateur pour les Instituts français ou les alliances françaises qui veulent créer une villa culturelle française.

    Innovation et transmission

    Ainsi, les résidences offrent, ainsi, des espaces propices à l’innovation, notamment dans les domaines du design et de l’artisanat d’art. Permettant, par exemple, d’élaborer de nouveaux matériaux durables et de mettre au point de nouveaux processus de fabrication.

    En favorisant une mobilité longue et une installation dans un territoire, ces résidences s’inscrivent dans une démarche plus durable en phase avec la nouvelle doctrine du Soft Power à la française.

    Innovation et transmission
    Innovation et transmission

    En plus, malgré la crise budgétaire, la France soutient activement le développement de ces résidences à travers divers programmes. Comme celui de la Cité internationale des arts à Paris et la « Fabrique des résidences » qui accompagne le réseau culturel français à l’étranger dans la création de programmes de résidences artistiques.

    Toujours plus de projets

    Depuis sa création en 2018 et à travers 6 éditions, La Fabrique des résidences a permis de développer 40 programmes de résidences dans 29 pays. En 2024, 7 nouveaux projets ont été sélectionnés pour bénéficier d’un accompagnement structurant sur trois ans dès 2025.

    Le dispositif la Fabrique des résidences s’adresse à tous les postes du réseau. Instituts français, Alliances Françaises et centres binationaux, quelle que soit leur géographie. Il a pour objectif d’accompagner le réseau culturel de la conception. Le tout jusqu’à la mise en œuvre de nouveaux programmes de résidences pérennes, ou sur une phase d’évolution d’un programme existant.

    Le dispositif propose un financement pluriannuel sur trois ans pour permettre aux institutions :

    • De mettre en œuvre un ensemble de bonnes pratiques autour de l’accueil en résidence d’artistes, de créateurs ou de créatrices ;
    • De structurer leur programme de résidence dans le temps et sur leur territoire ;
    • De mettre en œuvre une dynamique de développement et une construction partenariale au service de la pérennisation du programme de résidence ;
    • De rejoindre à moyen terme une résidence au sein du réseau diplomatique. Expériences, compétences et actions de communication y seront partagées.

    Les 7 projets de 2025

    Pour finir, on vous présente les 7 projets qui entament leur première année de financement en 2025.

    Les résidences EXTRA

    Premier réseau de résidences en Belgique, SCAC de l’Ambassade de France en Belgique. Disciplines : art numérique, jeu vidéo artistique, arts visuels, design, métiers d’art

    Résumé du projet : Le projet souhaite connecter les artistes français et françaises à la scène expérimentale et européenne de Bruxelles, mais aussi à l’écosystème créatif de la Flandre, en créant un réseau de cinq résidences en Belgique à destination d’artistes émergents et émergentes dans les domaines des arts visuels, de l’art numérique, du jeu vidéo artistique, du design et des métiers d’art. Ce réseau de résidences est porté en partenariat avec cinq structures culturelles belges. Mais aussi deux structures françaises pour la partie résidence croisée du programme. Le réseau de résidences intégrera le programme « EXTRA » de soutien et de promotion de la création contemporaine française en Belgique porté par l’Ambassade de France.

    Villa N’Zuo

    Institut français de Côte d’Ivoire. Disciplines : arts visuels, pratiques curatoriales, design

    Résumé du projet : Le projet consiste à créer un programme de résidence en Côte d’Ivoire à destination d’artistes français et françaises ayant un lien historique ou artistique avec le continent africain (artistes issus du continent, afro-descendants, des Caraïbes ou ayant des projets fortement ancrés sur le territoire ivoirien). La Villa N’Zuo se déploiera entre Abidjan et Grand-Bassam, en lien avec deux structures partenaires locales. L’artiste, collectif d’artiste ou artiste en famille sera accueilli pour une résidence de recherche d’un à deux mois en arts visuels, pratiques curatoriales ou design.

    Creacolombia

    Résidences d’artistes en Colombie, Institut français de Colombie. Disciplines : littérature, bande dessinée, arts visuels, danse, arts urbains

    Résumé du projet : Le projet ambitionne de créer un réseau de résidences en Colombie pour des artistes français et françaises, dans les villes de Bogota, Medellin, Cali et Baranquilla, en partenariat avec des structures culturelles et artistiques de chaque ville. Le programme se déploiera donc en sept résidences annuelles. Celles-ci permettant à sept artistes français et françaises par an de bénéficier de résidences de recherche d’un mois minimum. Chaque résidence est spécialisée sur une discipline. Celle-ci pouvant se croiser avec une autre discipline ou avec une thématique spécifique propre au lieu partenaire ou au contexte d’accueil.

    Ateliers du Nil

    Institut français d’Égypte. Disciplines : métiers d’art, architecture/patrimoine, nouvelles créations numériques, commissariat d’art

    Résumé du projet : Le projet consiste à relancer un programme de résidences sur le territoire égyptien à destination des artistes, créateurs et créatrices français et françaises. Le programme entend favoriser la rencontre entre acteurs français et égyptiens et accueillera au moins trois artistes par an. Il sera déployé par la suite en partenariat avec deux structures locales, l’une au Caire et l’autre à Alexandrie. Pour des résidences de recherche et de création en métiers d’art, artisanat, architecture et patrimoine, nouvelles créations numériques et commissariat d’art.

    Nouveau Grand Tour / Roumanie

    Un programme professionnalisant de résidences destiné aux artistes français récemment diplômés d’écoles d’art, Institut français de Roumanie. Discipline : arts visuels

    Résumé du projet : Le projet consiste à créer un programme de résidences national en Roumanie, en collaboration avec six lieux culturels de Bucarest, Cluj, Timisoara et Iasi pour permettre à six artistes récemment diplômés d’écoles d’art par an de bénéficier d’une résidence de recherche au sein d’une structure roumaine innovante. Les artistes bénéficieront également d’un programme de séminaires de rencontres. Le but étant de les sensibiliser aux enjeux de la résidence et les mettre en contact avec les acteurs de l’écosystème culturel roumain.

    Institut Français

    Institut Français

    Nouveau Grand Tour

    Institut français d’Italie. Discipline : pluridisciplinaire

    Résumé du projet : Le Nouveau Grand Tour est un programme de résidence pluridisciplinaire qui s’adresse aux jeunes talents européens de moins de trente ans de tous les champs de la création artistique. Le projet déposé consiste à renforcer plusieurs axes du Nouveau Grand Tour. Le tout en améliorant d’une part les conditions de résidence des artistes. Création d’une durée minimale de résidence, mise en place d’une allocation forfaitaire et d’une bourse écologique, développement de l’accompagnement des artistes pendant et après la résidence. Et d’autre part en structurant le réseau de partenaires pour renforcer la visibilité et la cohérence du programme.

    Se brancher nature

    Alliance Française de San José au Costa Rica. Disciplines : arts visuels, arts numériques, créations sonores, sound art, sound design

    Résumé du projet : Ce projet ambitionne de créer un programme de résidence au Costa Rica à destination d’artistes émergents ou émergentes souhaitant mener une recherche liée aux thèmes de la nature, de l’écologie, de la préservation des écosystèmes et de la biodiversité. Le programme propose d’accueillir un ou une artiste par an pour une résidence de recherche et de création de trois mois. Résidence déployée en partenariat avec l’Université du Costa Rica et la plateforme Dos Mares.

  • Ramadan 2025, la nuit du doute

    Ramadan 2025, la nuit du doute

    Pour cette année 2025, l’année 1446 du calendrier hégirien, la nuit du doute est prévue le vendredi 28 février à partir de 18 heures. La période du ramadan démarrant alors le 1er mars, c’est l’occasion pour nous de revenir sur les origines et les défis de cette période pour les Français musulmans comme pour ceux installés dans un pays l’appliquant.

    Le Ramadan, quatrième pilier de l’islam

    Le ramadan est le neuvième mois du calendrier lunaire musulman. Il est considéré par les musulmans comme « le meilleur des mois » de l’année. Ce qui en fait le quatrième, sur cinq, pilier de l’islam. C’est lors de ce mois qu’Allah [Dieu en arabe] a choisi de révéler, au prophète Mohamed, le livre le plus important de l’islam : le Coran.

    Le Ramadan, quatrième pilier de l’islam
    Le Ramadan, quatrième pilier de l’islam

    Le jeûne est, entre autres, perçu par les musulmans comme un moyen d’acquérir la piété ou de la fortifier. Mais aussi de s’exercer à cesser les péchés et autres désobéissances. Ainsi que de se rappeler des démunis, en expérimentant notamment la privation et la faim dont souffrent les personnes dans le besoin toute l’année.

    La nuit du doute, le début du ramadan

    C’est justement lors de la « nuit du doute » que le jour de début du Ramadan doit être confirmé. En France, c’est la Grande Mosquée de Paris qui fait foi pour les musulmans. Cela veut dire que la date de début n’est pas unanime à travers le monde et qu’il arrive que des divergences voient le jour en fonction de l’observation de la Lune.

    En effet, certains assurent qu’il faut absolument voir l’astre à l’oeil nu, soit le tout premier croissant de Lune, dans le ciel. Alors que d’autres préfèrent faire confiance à la science astronomique pour confirmer le début du nouveau mois lunaire. Ces derniers considèrent notamment que le recours à l’astronomie serait plus simple afin d’unifier les dates du ramadan dans le monde entier.

    C’est d’ailleurs ce que tente de faire valoir, depuis 2022, la commission théologique de la Grande Mosquée de Paris. L’institution souhaiterait trouver un compromis afin que l’observation de la Lune ainsi que « les résultats des travaux sur l’adoption du calcul scientifique et des données astronomiques universelles » cohabitent et soient « deux méthodes complémentaires ».

    Comprendre l’esprit du mois de ramadan

    Qu’il soit ou non institutionnalisé par la loi, le jeûne du ramadan est l’un des cinq piliers de l’Islam et un ferment d’unité pour la communauté (Ouma). Pendant cette période, les fidèles doivent s’abstenir de boire, manger, fumer et d’avoir des relations sexuelles. Le tout entre le lever et le coucher du soleil. Les enfants sont dispensés jusqu’à la puberté de même que certaines catégories (malades, voyageurs, femmes enceintes, allaitantes ou en période de règles) sous réserve de rattraper les jours non jeûnés.

    Mois de recueillement, de charité et de purification (les fidèles se doivent d’être exemplaires), le ramadan est aussi une période de partage en famille ou entre amis. À l’appel du muezzin au coucher du soleil (parfois du canon en ville), les fidèles se rassemblent à la mosquée pour l’avant-dernière prière de la journée et rompent le jeûne. Des dattes, un verre de lait pour commencer avant l’iftar (ou ftour) plus ou moins sophistiqué selon l’occasion Suivi d’un deuxième repas plus copieux. Comme pour les fêtes de Noël, on met les petits plats dans les grands, et le festin se poursuit tard dans la nuit. Une grande fête, l’Aïd-el-Fitr, qui peut durer trois jours, clôture le mois.

    Partager avec les fidèles de son pays hôte

    Si vous êtes invités à un repas, n’hésitez pas à accepter. C’est une belle expérience gustative qui vous permettra de vous immerger dans la culture de votre pays d’accueil. N’omettez pas de saluer vos hôtes (on se souhaite ramadan kareem ou ramadan moubarak), d’apporter un cadeau, et de faire honneur à la table.

    Dans les lieux touristiques, les restaurants, notamment ceux des hôtels, élaborent des menus de fête pour l’iftar/ftour et parfois le suhur (repas avant l’aube). Une bonne occasion de déguster des spécialités : harira, (soupe accompagnée de gâteaux au miel) au Maroc, thareed (ragoût de légumes et viande) au Qatar, chaque pays a ses coutumes. Informez-vous sur les festivités organisées : feu d’artifice ou festival de street food à Dubaï, illuminée pour l’occasion, « nuits du Ramadan » dans les instituts français du Maroc avec concerts de musique soufie, gnaoua ou du désert, etc.

    Partager avec les fidèles de son pays hôte
    Partager avec les fidèles de son pays hôte

    Et pourquoi ne pas visiter une mosquée si elle est accessible aux non-musulmans ? Vous ne pourrez vraisemblablement pas assister aux prières. Mais vous imprégner de l’atmosphère souvent grandiose comme dans la Mosquée Hassan II à Casablanca (seule ouverte aux non-musulmans au Maroc, avec celle de Tinmel), les mosquées d’Istanbul en Turquie, ou la Grande Mosquée Sheikh Zayed à Abu Dhabi. Nos compatriotes musulmans pourront eux, bien sûr, participer à l’ensemble des rituels, il est même vivement conseillé d’y participer activement.

    À retenir

    Dans l’ensemble du monde musulman, il est donc généralement recommandé d’éviter de manger, boire et fumer en public pendant la journée par respect pour ses hôtes. Dans les pays où les services de restauration sont dispensés à l’abri des regards durant cette période, cette recommandation est impérative. Certaines destinations touristiques conservent des terrasses de cafés ou de restaurants accessibles en journée.

    Aussi, vous le remarquerez sans doute, toute marque ostentatoire est prohibée durant ce mois pour les musulmans, comme le maquillage, le parfum ou les vêtements voyants.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 28.02.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 28.02.2025

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le dernier flash quotidien des expatriés du mois de février 2025. Dans les titres de l’édition du 28 février : Décès du dernier otage français du Hamas – Emmanuel Macron, le sauveur de Zelensky ? – Le roi de la belle arrêté en Belgique

    Le corps d’Ohad Yahalomi rendu à sa famille

    Retenu à Gaza depuis le 7 octobre 2023, Ohad Yahalomi ne retrouvera pas sa famille, ni la liberté, ni la France, il est mort dans les geôles du Hamas. Le kibboutz Nir Oz, dont il était membre, a confirmé ce jeudi 27 février, son décès. Sa dépouille a été rendue dans le cadre d’un échange de corps d’otages contre la libération de prisonniers Palestiniens détenus par Israël.

    Le voyage de Zelensky à Washington

    La visite de Volodymyr Zelensky ce vendredi 28 février à Washington a été annulée par les Américains avant d’être finalement confirmée après un appel d’Emmanuel Macron, selon une source diplomatique française. Mercredi, le président ukrainien a reçu un message de l’administration américaine lui disant de ne pas venir aux États-Unis pour rencontrer Donald Trump. Volodymyr Zelensky a alors appelé Emmanuel Macron qui a lui-même joint Donald Trump, lui demandant de recevoir son homologue et ajoutant qu’il s’en portait garant. Volodymyr Zelensky sera donc bien dans la capitale américaine ce vendredi.

    Antonio Ferrara retourne en prison

    Condamné à six reprises et acquitté trois fois, l’homme aujourd’hui âgé de 51 ans, et connu notamment pour son évasion spectaculaire de la prison de Fresnes en 2003, le « roi de belle » a été interpellé en Belgique jeudi 27 février après avoir tenté la nuit passée, en compagnie de sept autres personnes, d’attaquer un centre fort, indique le parquet de Paris. Les braqueurs ont dans un premier temps été découragés par la police allemande, qui était postée devant le lieu ciblé. De plus, les policiers de l’OCLCO (Office central de lutte contre le crime organisé) et la BRI nationale française (Brigade de recherche et d’intervention) les surveillaient également.

    C’est ainsi que s’achève ce mois de bulletins des Français de l’étranger. Toutes les rédactions se joignent à moi pour vous souhaiter un bon week-end. À lundi 03 mars !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • CFE : Pourquoi le 1/3 payant a été supprimé pour certains affiliés ?

    CFE : Pourquoi le 1/3 payant a été supprimé pour certains affiliés ?

    Depuis quelques semaines, on voit fleurir un peu partout des messages d’alerte sur la santé financière de la Caisse des Français de l’étranger. L’origine de cet affolement se trouve dans une décision du conseil d’administration, présidé par Isabelle Frej (Maroc). En effet, les élus représentant les Français de l’étranger comme les trois administrateurs délégués par la mutualité et le Medef, qui constituent cet organe de décision, n’ont pas eu le choix que de supprimer cet avantage aux contrats dits historiques, soit souscrits avant la réforme de 2018. Pour les expatriés, on fait le point.

    Contrat avant réforme 2018

    En 2018, une réforme a été appliquée, suite à une décision du parlement, afin de libérer la CFE de contraintes commerciales qui l’empêchaient d’être concurrentielle face aux géants mondiaux de la santé. Pour simplifier, avant la réforme, les cotisations étaient calculées sur une base déclarative des revenus mondiaux (avec toutes les incertitudes qu’on imagine, la Caisse des Français de l’étranger n’ayant pas de pouvoir de vérification auprès des administrations des autres pays). C’était donc un duplicata du système français de la sécurité sociale.

    Depuis, la CFE a pu repenser son offre et créer de nouveaux forfaits dont le montant est calculé selon la situation personnelle de l’affilié (âge, nombre de personnes constituant le foyer). Ainsi l’organe parapublic est ainsi bien plus concurrentiel même si les moins fortunés peuvent, eux, avoir légèrement perdu au change. Cependant, la modularité des offres, mises en place par les deux derniers conseils d’administration, permet d’adapter la couverture à son usage. Il est ainsi possible de limiter celle-ci à la France. Ce qui est très utile pour les nombreuses personnes qui vivent dans un pays avec une bonne couverture mais qui se font soigner régulièrement  en France.

    Caisse des Français de l'étranger
    Caisse des Français de l’étranger

    Pourtant la décision de mettre fin de la facilité accordée avec le tiers payant aux affiliés historiques s’est imposée. Pourquoi ? Car depuis 2018, les coûts de santé dans le monde ont explosé. Et pourtant la loi, qui a permis la réforme, a verrouillé le montant des cotisations de ces derniers en accordant une marge de manœuvre limitée au conseil d’administration comme au directeur général Eric Pavy avec qui nous nous sommes entretenus.

    Un déficit de 12 millions d’euros en 2023

    En effet, les affiliés d’avant la réforme bénéfice de la méthode de calcul précédante, et la CFE ne peut augmenter leur tarif de plus de 5% par an avec un plafond maximum de 50% sur une période donnée. Et désormais les cotisations sont figées à vie, il n’est même pas autorisé de suivre l’inflation mondiale ou française. Mécaniquement, le déficit engendré par ces contrats s’est donc creusé et pas à la marge. En effet pour 100€ collectés, la Caisse des Français de l’étranger dépense 140 euros. Ainsi, les 15 000 bénéficiaires sur près de 200 000 affiliés génèrent à eux seuls une perte qui en 2023 se chiffrait à 12 millions d’euros.

    Et rappelons, que les statuts de la CFE obligent, celle-ci, à être autonome financièrement. Elle ne peut donc pas, comme ses cousines de France, s’appuyer sur le déficit abyssal de la sécurité sociale. Et l’État, qui délègue pourtant une mission de service publique à la CFE, est plutôt radin en fournissant une subvention, pour ces contrats, inférieure, en général, à 500 000 euros. Et ce malgré la mobilisation d’Isabelle Frej, de députés comme Karim Ben Cheik ou d’associations comme l’ADFE. L’État, empêtré dans sa crise budgétaire, fait la sourde oreille. Conclusion, ce sont les autres adhérents qui paient le différentiel, grevant la compétitivité de la CFE. Et au moins, il y aura de clients, au plus l’avenir de la Caisse des Français de l’étranger s’annonce chaotique.

    Pour autant, celle-ci dispose de généreuses réserves financières qui lui permettront d’assurer ses obligations contractuelles pendant de nombreuses années. Mais il était du devoir du conseil d’administration comme de la direction générale de la CFE d’anticiper l’avenir et de minorer les pertes.

    Car si le tiers payant a été supprimé, la couverture et les droits au remboursement n’ont pas été modifiés (hors variation réglementaire). La Caisse des Français de l’étranger tient donc ses engagements. Elle n’abandonne aucun Français de l’étranger malgré ce qu’on peut lire à droite et à gauche.

    S’ouvrir à tous pour financer les couvertures des Français expatriés ?

    Pour certains, l’avenir de la CFE est déjà gravé dans le marbre, et celle-ci courrait à la catastrophe.

    Pourtant l’analyse des bilans fait ressortir une toute autre vérité. Tout d’abord les actifs sont largement supérieurs au passif, la croissance du parc de clients est constante. L’exploitation est aussi adaptée et utilise les nombreuses opportunités offertes par le secteur privé. Tandis que les variations à la baisse de certains placements, qui ont été constatés au cours des derniers exercices, sont aussi à relativiser. Tant que ces derniers ne sont pas liquidés la perte n’est pas tangible en termes de liquidité. Et le marché peut évoluer à la hausse.

    CFE
    CFE

    C’est donc sur des bases saines qu’Eric Pavy construit la CFE de demain. Tout d’abord, les équipes commerciales ciblent, de nouveau, les entreprises. Et grâce aux produits plus en phase avec le marché mondial, elles peuvent proposer toute une panoplie de solutions. Soit prise en charge par l’entreprise européenne, soit prise en charge par l’entreprise locale ou directement par le salarié. C’est grâce à cette modularité que la CFE pourra regagner des parts de marché dans un univers de l’expatriation. Ce dernier est en pleine mutation, la part de cadres détachés (la vache à lait de la CFE pendant des décennies), avant majoritaire, n’est plus une petite tranche de la population des Français de l’étranger. Il est donc impératif de se renouveler.

    Une démarche à laquelle chaque échelon de la Caisse des Français de l’étranger participe activement. Du téléopérateur à la présidence, chacun apporte sa contribution. Ainsi la CFE est désormais reconnue par le cercle Magellan (reconnaissance d’entreprises mobilités internationales), un service dédié aux directions des ressources humaines des entreprises a été créé, etc.

    Mais les particuliers ne sont pas oubliés, car il faut rappeler que depuis quelques années la CFE est ouverte à tous, Français ou non. Une bonne idée, en élargissant le marché, Eric Pavy espère pouvoir mutualiser davantage les risques des assurés pour équilibrer le système. 

    Est-ce la bonne méthode, le bon cap, on le saura rapidement. Un audit dont les conclusions seront connues ce semestre est en cours. On aura l’occasion d’en reparler.

  • Portugal : quelles évolutions depuis la fin du régime RNH ?

    Portugal : quelles évolutions depuis la fin du régime RNH ?

    Le Régime des Non-résidents Habituels mis en place de 2009 à 2021 permettait à tous citoyens, quelle que soit sa nationalité, de bénéficier d’une exonération d’imposition sur leurs revenus mondiaux (dans la limite des conventions fiscales) pendant 10 ans. Logiquement, ce fut un appel d’air, un effet d’aubaine que bon nombre de nos compatriotes ont saisi, en particulier les retraités, faisant passer la population française résidente au Portugal de moins de 15 000 personnes en 2009 à plus de 80 000 actuellement. Mais depuis la fin de ce régime que se passe-t-il pour les anciens bénéficiaires et pour les nouveaux arrivants ?

    Une évolution étape par étape de la fiscalité

    Le régime fiscal des Résidents Non Habituels (RNH) au Portugal a pris fin le 1er janvier 2024. Ce régime, créé en 2009, visait à attirer des professionnels hautement qualifiés, des particuliers fortunés et des retraités étrangers en offrant des avantages fiscaux significatifs. Il est important de noter que le régime a été abrogé à cause des pressions des autres États européens mais aussi des Portugais qui ont vu dans les villes, les prix de l’immobilier comme des services bondir.

    La crise du logement et l’explosion des loyers ont conduit les Portugais à l’exaspération. Ils sont descendus par milliers dans la rue en octobre 2023. © Crédit photo : PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP
    La crise du logement et l’explosion des loyers ont conduit les Portugais à l’exaspération. Ils sont descendus par milliers dans la rue en octobre 2023. © Crédit photo : PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP

    Mais la fin du régime RNH a été accompagné des mesures transitoires qui ont été mises en place :

    • Les personnes devenues résidentes fiscales au Portugal avant le 31 décembre 2023 pouvaient encore demander à bénéficier du régime RNH jusqu’au 31 mars 2024.
    • Ceux qui s’installent au Portugal jusqu’au 31 décembre 2024 peuvent demander le statut RNH jusqu’au 31 mars 2025, sous certaines conditions (promesse d’embauche, visa, etc.)

    RNH 2.0

    Depuis 2024, un nouveau dispositif, appelé RNH 2.0, a été introduit pour remplacer l’ancien régime. Ce dernier offre un taux réduit de 20% d’impôt sur le revenu des personnes physiques pour les professionnels qualifiés dans des domaines stratégiques. Il est donc moins généreux et plus restrictif.

    Ce nouveau statut s’applique pendant 10 ans aux personnes qui deviennent résidentes au Portugal et qui n’y ont pas résidé au cours des cinq dernières années. Ce statut entraine un potentiel changement dans le profil des immigrants, avec une orientation vers des professionnels qualifiés dans des domaines spécifiques, ciblés par le nouveau régime RNH 2.0. C’est donc la fin de l’Eldorado portugais pour les retraités.

    Cependant, ils n’ont pas été oubliés, les anciens bénéficiaires du RNH ont pu profiter d’une flat tax égale à 10% des revenus. Applicable depuis le 1er euro, ce régime reste souvent plus avantageux face à la fiscalité française. A noter, que le régime fiscal des biens immobiliers détenus en France reste celui français. Il s’applique de plein droit aux retraités qui s’installent au Portugal depuis la fin de la période transitoire.

  • Ohad Yahalomi, le dernier otage français du Hamas est mort

    Ohad Yahalomi, le dernier otage français du Hamas est mort

    Retenu à Gaza depuis le 7 octobre 2023, Ohad Yahalomi ne retrouvera pas sa famille, ni la liberté, ni la France, il est mort dans les geôles du Hamas. Le kibboutz Nir Oz, dont il était membre, a confirmé ce jeudi 27 février, son décès. Sa dépouille a été rendue dans le cadre d’un échange de corps d’otages contre la libération de prisonniers Palestiniens détenus par Israël.

    Qui était Ohad Yahalomi ?

    Amoureux des grands espaces, Ohad Yahalomi travaillait à l’Autorité des parcs et de la nature. Il était spécialiste des scorpions et avait écrit un guide à leur sujet. Le kibboutz a salué la mémoire de ce « passionné de sport et de randonnée », qui « connaissait chaque sentier et chaque recoin du désert qu’il chérissait tant ».

    L’enlèvement de toute une famille

    Le 7 octobre 2023, lors de l’attaque du Hamas contre Israël, toute la famille d’Ohad Yahalomi avait tenté de se réfugier dans le mamad, la pièce sécurisée de leur maison, selon le témoignage de Bat-Sheva Yahalomi, veuve d’Ohad, citée par l’AFP. La porte ne fermant pas correctement, Ohad s’était posté devant avec un pistolet pour protéger ses proches – en vain. 

    Hommage spontané de Parisiens devant l'ambassade d'Israël ©AFP
    Hommage spontané de Parisiens devant l’ambassade d’Israël ©AFP

    Blessé lors d’un échange de tirs, il avait été enlevé et emmené dans la bande de Gaza. Sa femme et ses trois enfants finalement capturés, avaient été emmenés séparément. Bat-Sheva Yahalomi et ses deux filles avaient réussi à s’enfuir, laissant le garçon derrière elles. Eitan, 12 ans, avait été libéré le 27 novembre 2023 lors de la première trêve.

    Dépouille contre prisonniers

    La restitution de sa dépouille s’inscrit dans le cadre de la dernière vague de libérations d’otages. 600 prisonniers palestiniens ont été libérés. Prévue par la première phase du cessez-le-feu entre le Hamas et Israël, cette première phase doit prendre fin ce samedi 1er mars. Mais es négociations concernant la suite du processus, censées débuter début février, n’ont toujours pas commencé.

    Émotions de Paris à Tel-Aviv

    Du plus haut niveau de l’État aux conseillers consulaires des Français d’Israël, l’émotion est lourde, marquant un peu plus l’atrocité de la nouvelle du décès de notre compatriote dans des conditions qu’on ne connait pas encore. Ainsi, Emmanuel Macron a dit partager « la douleur immense » de la famille de l’otage Franco-Israélien Ohad Yahalomi, dont la mort a été annoncée jeudi, et affirmé que « la barbarie du Hamas doit prendre fin ».

    « La France a perdu cinquante de ses enfants dans l’infamie du 7-Octobre »,

    Emmanuel Macron, ce jeudi sur le réseau social X

    Le Premier ministre a aussi évoqué le décès de Ohad Yahalomi, un Français de l’étranger comme chacun d’entre nous.

    « Emotion et recueillement devant le retour des derniers corps des otages assassinés par le Hamas. Parmi ces martyrs, notre compatriote Ohad Yahalomi. Notre peine est immense »

    Le premier ministre, François Bayrou, sur X.

    La conseillère des Français de Tel-Aviv,  Daphna Poznanski-Benhamou, s’est, elle aussi, exprimée, mais sur Facebook, partageant avec nous l’état d’esprit de tous les résidents en Israël qui voient les jours s’enchainer avec son lot d’horreurs quotidiennes. Au lendemain de l’enterrement de la famille Bibas, dont un nourrisson, c’est donc une nouvelle terrible épreuve qui se confirme ce jeudi 27 février pour la communauté française d’Israël.

    « Encore un de ces jours terribles. Il a commencé hier soir quand la chaîne de TV israélienne 12 a diffusé une vidéo montrant des terroristes du Hamas s’emparant de la base de Nahal Oz. Une sorte de film d’horreur insoutenable à regarder. Et puis ce matin, le long périple des dépouilles de Shiri, Ariel et Kfir depuis Rishon le Tsion jusqu’à leur kibboutz de Nir Oz, l’enterrement, de ces innocents, avec eux, peut-être bien l’enterrement de l’idée de paix , et ce soir, le retour de quatre corps d’otages sans doute, l’un d’entre eux, le 49eme Français tués par les terroristes du Hamas le 7 octobre ou plus tard assassiné dans les tunnels du Hamas. »

    Daphna Poznanski-Benhamou, conseillère des Français de Tel-Aviv sur Facebook.

  • Donald Trump, l’imprévisible

    Donald Trump, l’imprévisible

    Donald Trump a engagé son second mandat, tonitruant, en multipliant les annonces spectaculaires sur les droits de douane, l’immigration, les revendications territoriales, l’environnement, l’Europe, l’Ukraine, la bande de Gaza, etc.. Quitte à en démentir certaines quelques heures ou jours plus tard. Cette politique, ou cette non-politique, génère un climat d’incertitude susceptible de peser sur l’économie américaine.

    L’incertitude accrue sur les politiques économique, climatique et étrangère des États-Unis pourrait décourager l’investissement des entreprises. Les investisseurs surréagissent en cas d’inquiétude quant à l’évolution du chiffre d’affaires et des bénéfices des entreprises. L’investissement non résidentiel qui était au plus haut en 2024, atteignant 14 % du PIB, connaît un effritement depuis trois mois.

    Le contexte économique instable aux États-Unis pèse également sur les décisions des chefs d’entreprise des pays alliés. L’investissement est en baisse depuis le milieu de l’année dernière au Canada, en zone euro ainsi qu’au Mexique. L’incertitude accrue pourrait se traduire par un recul des indices boursiers, avec une hausse de la prime de risque due à une prévision de baisse des profits futurs.

    « L’indice de la peur » remonte

    L’indice VIX, aussi appelé « indice de la peur », oscille aujourd’hui entre 15 et 19. Ce qui est plus élevé que son niveau du premier semestre 2024. Cet indicateur mesure la volatilité implicite du S&P 500 sur une période de 30 jours. Il est calculé par le Chicago Board Options Exchange (CBOE) et repose sur les prix des options sur le S&P 500. Le Nasdaq et le S&P sont à la peine depuis la fin de 2024.

    Certes, l’élection de Donald Trump n’explique pas à elle seule cette stagnation qui est également la conséquence de l’annonce de la startup chinoise DeepSeek concernant la commercialisation d’un nouveau robot conversationnel moins coûteux que celui d’OpenAI.

    « L’indice de la peur » remonte
    « L’indice de la peur » remonte

    L’augmentation des inquiétudes provoque un report des investisseurs sur les actifs sans risque, comme les obligations d’État ou l’or. Les taux d’intérêt des emprunts d’État à 10 ans tendent à baisser, malgré les craintes d’un rebond de l’inflation. Les investisseurs se détournent des actions et préfèrent les obligations, ce qui fait baisser les taux. De même, les achats d’or augmentent, contribuant à sa hausse. L’once d’or a progressé de plus de 10 % du 1er au 17 février et a dépassé 2 900 dollars.

    La poursuite des annonces disruptives pourrait provoquer un ralentissement de la croissance. Non seulement aux États-Unis, mais aussi dans le reste du monde. Les risques commerciaux, la hausse des prix et la volatilité accrue des valeurs boursières pourraient inciter les investisseurs à l’attentisme.

    L’incertitude est devenue une variable économique à part entière sous la présidence de Donald Trump

    Les effets économiques et financiers liés aux variations d’humeur du président pourraient être tout aussi importants que ceux générés par les mesures réelles. L’incertitude est devenue une variable économique à part entière sous la présidence de Donald Trump. Pesant autant sur les décisions des investisseurs que sur les fondamentaux macroéconomiques. Dans un monde où les marchés réagissent en temps réel aux déclarations présidentielles, l’instabilité politique peut avoir des effets aussi déstabilisants qu’une crise économique majeure.

    Si cette volatilité nourrit, à court terme, une dynamique de repli vers les actifs refuges, elle pourrait, à moyen terme, affaiblir la croissance en limitant l’investissement productif. Face à cette nouvelle donne, la Fed et la BCE devront arbitrer entre soutien à l’activité et maîtrise des tensions financières. Le tout dans un contexte où la politique américaine devient un facteur d’incertitude structurel. Reste à savoir si cette imprévisibilité, érigée en mode de gouvernance, finira par provoquer un choc économique d’ampleur.

  • Londres va consacrer 2,5 % de son PIB à la défense dès 2027

    Londres va consacrer 2,5 % de son PIB à la défense dès 2027

    Le Premier ministre britannique Keir Starmer a promis de porter les dépenses de défense du Royaume-Uni à 2,5 % de son produit intérieur brut (PIB) d’ici 2027.

    L’objectif de 2,5 % n’est pas nouveau, mais l’échéance de 2027 l’est : le gouvernement britannique avait jusqu’à présent toujours hésité à s’engager sur une date précise.

    Le Royaume-Uni, comme d’autres pays européens, cherche à renforcer son armée, dans le contexte de la guerre russe en Ukraine et alors que le soutien américain pourrait s’évanouir sous la présidence de Donald Trump.

    « Le gouvernement va lancer la plus forte augmentation des dépenses de défense depuis la fin de la Guerre froide », a déclaré Keir Starmer devant le Parlement britannique à Westminster, ce mardi après-midi.

    « Défi générationnel »

    « Si vous m’aviez dit que de mon vivant nous verrions à nouveau des chars russes entrer dans les villes européennes, je ne vous aurais pas cru », a confié le Premier ministre britannique, en évoquant la chute du mur de Berlin en 1989.

    « Pourtant, nous voilà dans un monde où tout a changé, car c’est exactement ce qui s’est produit il y a trois ans », a-t-il ajouté, faisant référence à l’invasion de l’Ukraine en 2022.

    « Nous devons changer notre posture de sécurité nationale, car un défi générationnel nécessite une réponse générationnelle », a poursuivi le Premier ministre.

    Keir Starmer a donc annoncé que 13,4 milliards de livres sterling (16,2 milliards d’euros) supplémentaires seraient dépensés chaque année pour la défense, afin d’arriver à 2,5 % du PIB.

    Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, lors d'une réunion sur la situation en Ukraine et les questions de sécurité en Europe à l'Élysée le 17 février 2025 à Paris, France. ©Tom Nicholson/Getty Images
    Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, lors d’une réunion sur la situation en Ukraine et les questions de sécurité en Europe à l’Élysée le 17 février 2025 à Paris, France. ©Tom Nicholson/Getty Images

    « Cet investissement permettra au Royaume-Uni de renforcer sa position de leader au sein de l’OTAN et de participer activement la défense de notre continent. »

    Selon Keir Starmer, cette augmentation sera entièrement financée par une réduction du budget britannique consacré à l’aide au développement, qui passera de 0,5 % du revenu national brut à 0,3 % en 2027.

    « Ce n’est pas une annonce que je suis heureux de faire », a-t-il assuré aux députés. « Mais dans des moments comme celui-ci, la défense et la sécurité du peuple britannique doivent toujours passer en premier. »

    Le Premier ministre a aussi annoncé que son ambition serait de porter le budget de la défense à 3 % du PIB lors de la prochaine législature, à condition bien sûr que ce dernier remporte les législatives qui devront au plus tard avoir lieu à l’été 2029.

    Pas de « mauvais choix » entre l’Amérique et l’Europe

    Alors que le président Donald Trump semble décidé à adopter une posture belliqueuse contre l’Europe, Keir Starmer s’est engagé à maintenir des liens des deux côtés de l’Atlantique. « Nous rejetons fermement tout mauvais choix entre nos alliés, d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique », a-t-il déclaré.

    « Les États-Unis sont notre alliance bilatérale la plus importante. Elle englobe tout, de la technologie nucléaire à l’OTAN, en passant par les Five Eyes, l’AUKUS, et bien plus encore. »

    Les « Five Eyes » sont une alliance de partage de renseignements entre cinq pays anglophones : le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. L’AUKUS est un partenariat de sécurité indo-pacifique entre le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Australie.

    Le Premier ministre doit rencontrer Donald Trump à Washington jeudi. Il a promis aux députés qu’il dirait au président qu’il veut « que cette relation se renforce de plus en plus ».

    « La force dans ce monde dépend également d’une nouvelle alliance avec l’Europe », a-t-il ajouté. « Notre engagement envers la défense et la sécurité européennes est inébranlable, mais il est temps de l’approfondir. »

    Le Parti travailliste de centre gauche de Keir Starmer est arrivé au pouvoir après une écrasante victoire électorale, en juillet de l’année dernière.

    Lors de son discours au Parlement ce mardi, il a rappelé que c’est sous le gouvernement travailliste du Premier ministre Clement Attlee que le Royaume-Uni était devenu membre fondateur de l’OTAN en 1949.

    « Nous devons puiser du courage dans notre histoire, dans ce que nous sommes en tant que nation, car c’est ce que notre époque exige de nous », a-t-il conclu.

● Radio en direct
En pause