Les Etats-Unis sont vraiment un grand pays. Ils peuvent avoir des Présidents médiocres, voire vraiment mauvais, et engranger des succès. Trump en est le meilleur exemple, la caricature des caricatures, « le pire des Présidents » selon Obama. Pendant son mandat, l’image des Etats-Unis s’est dégradée dans la quasi-totalité des pays du monde. Selon un récent sondage du Pew Research Center, il ne reste que 26% des Allemands qui ont une bonne image des Etats-Unis, encore 31% des Français, 35% des Canadiens, et seulement 41% des Britanniques, l’allié par excellence.Rarement un Président n’aura suscité autant de rejet, y compris aux Etats-Unis, y compris dans son parti.
Pourtant, le bilan de Donald Trump n’est pas aussi mauvais que son image internationale. Difficile, de l’extérieur, de juger son action en politique intérieure, d’autant que le système américain ne laisse pas le Président décider de tout, loin de là.
Ce qui explique d’ailleurs que les critiques qui lui sont faites quant à la gestion du Covid tiennent plus à la polémique, qu’il a souvent lui-même lancée, que d’une véritable évaluation. Maires et gouverneurs ont autant de latitude dans la gestion de l’épidémie que le Président.
En ce qui concerne la réponse économique et sociale à la crise, l’administration Trump a été rapide et efficace. Les plans de relance sont massifs, -2.200 milliards de dollars- et si les Démocrates en veulent plus, c’est qu’ils sont dans le rôle confortable de l’opposition. On peut expliquer que la Fed et le Congrès y ont leur part de responsabilité, ce qui est vrai, mais la Présidence aussi.
Une croissance économique inédite
Dans cette surenchère de dépenses publiques et d’ « helicopter money », plus personne ne reproche à Trump ce qui reste pourtant une tache inquiétante sur sa politique économique : l’abyssal déficit budgétaire. Hors Covid, le déficit s’était déjà accru de 1000 milliards de dollars, -4.6% du PIB, pire que la France. C’est aussi ce qui a permis le grand succès de Donald Trump : une croissance de 2.5%, supérieure en rythme à celle connue sous Obama et prolongée, malgré tous les pronostics. Jamais les Etats-Unis n’avaient connu une telle période de croissance. On peut toujours dire qu’il n’y est pour rien, si cela avait été une récession, on le lui reprocherait. D’autant que sa politique de baisses d’impôts n’est pas étrangère à ce succès. L’impôt sur les sociétés a baissé de 35% à 21% et cela eu un effet considérable sur l’économie américaine.
Il lui a été beaucoup reproché d’avoir baissé l’impôt des riches, sans relever que le chômage est à son plus bas, il est descendu de 4.7 à 3.5%. Le taux de pauvreté a baissé de 12.5% à 10.5% avant la coronacrise, soit son taux le plus faible jamais enregistré aux Etats-Unis. L’accroissement du pouvoir d’achat des plus pauvres a été le plus important jamais enregistré. Les salaires ont augmenté de 3% par an en moyenne. Ce qui explique un soutien populaire qui reste élevé à la grande surprise des commentateurs européens, qui enregistrent surtout le talent de Trump pour mettre de l’huile sur le feu des maux de la société américaine. Trump aime le conflit, en politique intérieure comme en politique extérieure.
Des baisses d’impôts efficaces, le protectionnisme en échec
Ce succès économique se double d’une rhétorique agressive et d’une politique protectionniste. Elle n’a quasiment eu aucun effet sur le commerce extérieur. Elle aurait couté, selon Oxford Economics, 500.000 emplois et 0.5% de croissance. Ce ne sont pas les Chinois qui paient les droits de douane mais les contribuables et les entreprises américaines. Le déficit commercial américain n’a pas diminué, malgré le fait, pour les Etats-Unis, d’être devenu en 2018 exportateur net d’hydrocarbures grâce au gaz et au pétrole de schiste.
Les attaques contre l’Union européenne ont resserré les liens entre les pays membres. Ils n’ont pas renoncé à la taxe Gafa, engrangent les surplus commerciaux, continuent de signer des accords de libre échange.
La renégociation des accords Alena avec le Mexique et le Canada n’a pas provoqué de relocalisation d’emplois industriels. La guerre commerciale avec la Chine non plus. Elle n’a même pas diminué le déficit commercial bilatéral.
Le conflit avec la Chine, un axe stratégique
Il n’empêche : Personne ne reproche à Trump le durcissement de la politique américaine vis-à-vis de la Chine. Les Européens commencent à le suivre, surtout depuis les pressions sur Hong Kong et Taïwan. Joe Biden, s’il est élu, ne reviendra pas sur ce qui est désormais perçu comme un axe stratégique de la politique étrangère américaine, qui fait consensus dans l’opinion publique américaine. La Chine communiste remplace la Russie comme rival géopolitique, idéologique et économique.
Sans doute Joe Biden reviendra-t-il sur l’attitude agressive vis-à-vis de l’Europe. Mais il n’est pas certain qu’il revienne sans négocier dans le cadre des accords de Paris, ni qu’il change d’attitude sur la taxe numérique ou Nordstream2.
Pas sûr non plus qu’il change fondamentalement d’attitude vis-à-vis de l’Iran. Au Moyen-Orient, Trump n’a pas été plus fiable qu’Obama avec ses alliés et soutiens, et le retrait américain, dans le désordre, a laissé le champ libre aux Russes, Iraniens et Turcs. Avec, en sous main, l’intérêt et l’appui de la Chine.
Mais Trump peut se targuer de succès qu’aucun président depuis Clinton n’avait obtenu, de quoi se moquer du prix Nobel d’Obama. Alors qu’on prédisait le pire après l’installation à Jérusalem de l’ambassade américaine, la question palestinienne est devenue un conflit quasiment local. Après l’Egypte et la Jordanie, de nouveaux pays arabes ont établi des relations diplomatiques avec Israël. Minimiser cette nouvelle donne serait de l’aveuglement. Elle est structurelle, c’est un changement considérable, historique, pour la région.
Succès pour la paix entre Israël et les pays arabes
Ce qui a marché au Moyen-Orient (ce qui ne signifie pas qu’il y tout réussi, mais quel dirigeant américain peut se targuer d’avoir réussi au Moyen Orient ?) n’a pas vraiment fonctionné en Corée et en Asie, mais explique peut-être cette audace qu’ont les inconscients ou les matamores et qu’illustre sa tentative avec la Corée du Nord. Comme si Trump avait refusé de voir que la Corée était un pays vassal de la Chine ; comme si, sûr de son charme, il croyait pouvoir chiper la fiancée de son rival Xi Jinping. Il s’est fait manipulé, il reste le seul à ne pas le voir. Sur le fond, ce n’est pas très grave, la stratégie américaine dans le bassin pacifique et en mer de Chine ne repose pas sur la Corée du nord, même si cette connivence surprenait et inquiétait ses alliés.
Son retrait du Traité de Partenariat a laissé la place à la Chine. De même que son hostilité aux organisations internationales a permis à la Chine de développer une vraie stratégie d’alliances et de points d’appui. Biden, s’il est élu, reviendra sans aucun doute sur les retraits américains, il aura l’avantage de négocier le retour de l’Amérique en position de force, que ce soit à l’OMS, OMC ou l’Unesco, car il faut aussi reconnaitre que les critiques américaines ne sont pas toujours infondées. L’influence de la Chine sur l’OMS lors de la crise du Coronavirus l’a montré.
Sa politique mieux jugée que sa personnalité
Au total, l’Amérique de Trump est sans doute plus divisée qu’auparavant, elle est plus isolée, elle a refroidi ses alliés et inquiété ses amis, elle fait moins rêver, mais elle n’est pas moins attirante, son économie est structurellement plus forte.
Comme la crise du coronavirus a plongé l’économie américaine, comme les autres, dans la récession, Trump n’en profitera pas. Le virus chinois l’a cloué. D’autant qu’à force de donner des coups de boutoir dans le système, il est vu comme une vraie menace pour le système démocratique.
Rares sont ceux qui le regretteront sur la scène internationale. Son caractère imprévisible inquiète ses alliés et maintient ses adversaires en alerte, voire leur a laissé le champ libre. Mais tout n’est pas à jeter dans la politique de Trump, et certains axes forts resteront. Quand on aura oublié sa personnalité, sa politique sera jugée plus objectivement.
Le savoir faire de Biden
Pour l’instant, à quelques jours du vote final, il semble qu’il a perdu toute chance de l’emporter. De nombreux analystes s’aventurent même à prédire un raz de marée démocrate. Biden semble avoir réussi à unifier -grâce à Trump- les Démocrates. Après 45 ans de vie publique son plus grand talent est de ne pas laisser voir trop précisément ce qu’il fera une fois Président. Il ne faut pas forcément le lui reprocher, c’était pareil pour Kennedy. Il ne faut donc pas mésestimer son savoir faire politique.
La principale certitude que l’on peut avancer sur l’élection américaine, c’est donc que certaines des politiques définies sous la présidence Trump ne seront pas remises en cause par Biden, ni par le successeur de Biden, quel qu’il soit. Ce qui permettra à Trump de continuer à se prendre pour un génie, au moins sur Twitter.
Pour la France, la réglementation sur les contenus en ligne dans le cadre du prochain paquet relatif aux services numériques (DSA) ne devrait pas se limiter uniquement au matériel illégal, mais devrait également couvrir la désinformation et les publications nuisibles.
« D’après les autorités françaises, la limitation de la portée du DSA aux seuls contenus illégaux serait une erreur, car elle n’assurerait pas une lutte efficace contre les contenus illégaux ni ne garantirait la liberté d’expression », peut-on lire dans un document non officiel.
« Au contraire, le champ d’application de la réglementation devrait couvrir l’ensemble de la fonction de modération assurée par les plateformes en ligne, y compris les contenus illégaux ainsi que tout contenu interdit par la plateforme, comme les publications nuisibles, mais légales et la désinformation. »
La France souhaite la suppression du principe du pays d’origine
D’après le texte, le « principe du pays d’origine » de la directive de 2000 sur le commerce électronique, selon lequel les fournisseurs de services ne doivent se conformer qu’aux lois de l’État membre dans lequel ils sont légalement établis lorsqu’ils opèrent à travers le bloc, devrait éventuellement être abandonné.
« Au sein de l’UE, les prestataires devraient également respecter la législation nationale de l’utilisateur en matière de contenus illicites, quel que soit le pays d’établissement de la plateforme, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’UE »,indique le document.
Les autorités françaises ont récemment relevé la barre en ce qui concerne la future réglementation des contenus en ligne, après avoir appris qu’une campagne avait fait surface sur les médias sociaux contre l’enseignant Samuel Paty, avant son assassinat.
En effet, d’après les procureurs antiterroristes, M. Paty avait fait l’objet d’une campagne de haine en ligne après une de ses leçons pendant laquelle il avait montré des caricatures du prophète Mahomet, et ce dans le cadre d’un cours sur de la liberté d’expression.
Cependant, le texte non officiel français aurait été rédigé par les autorités avant la tragédie, et serait donc en cours de modification.
La loi sur les services numériques constitue un plan ambitieux à l’échelle européenne visant à réglementer les services en ligne. Elle couvrira plusieurs domaines de l’économie des plateformes, notamment la responsabilité pour le contenu, la dominance du marché, la publicité, la sécurité, les contrats intelligents, le travail indépendant en ligne et les prochains cadres de gouvernance.
Le paquet de mesures doit être dévoilé par la Commission européenne le 2 décembre.
De son côté, l’industrie numérique a tenu des mots durs à l’encontre de la position française.
Dans une prise de position publiée début octobre, EDiMA, une association regroupant les principaux acteurs de l’économie des plateformes en Europe, a demandé que la prochaine loi européenne sur les services numériques introduise une « base juridique pour agir » sur l’hébergement de contenus illégaux, tout en évitant, pour l’instant, de réglementer les publications nuisibles.
« En cas d’activité dite “nuisible”, mais pas illégale, un fournisseur de services devrait définir la limite entre la liberté d’expression et le droit à l’information et le préjudice éventuel causé aux utilisateurs », indique le document, soutenu par les membres de l’EDiMA tels que Google, Amazon, Facebook et Apple.
La tension continue de monter autour des caricatures alors que la France se prépare à se reconfiner. La sécurité, des expatriés et des rares touristes, est menacée selon le Ministère des Affaires étrangères français.
Mardi 27 octobre, 40.000 personnes ont défilé contre la France au Bangladesh. En Libye comme à Gaza, les photographies d’Emmanuel Macron et le drapeau ont été brûlés. L’Algérie et le Maroc ont condamné les caricatures comme une « insulte à l’Islam ».
Le boycott des produits français s’étend lui aussi. Lundi, le président turc Recep Tayyip Erdoğan avait appelé sa population à boycotter les produits français, boycott déjà effectif dans d’autres pays tels que la Jordanie ou le Qatar.
Des manifestations qui peuvent déraper
Les manifestations qui ont eu lieu dans certains pays musulmans inquiètent les autorités françaises. Ce mercredi, le Quai d’Orsay a mis à jour ses conseils voyages.
« Dans plusieurs pays se sont développés au cours des derniers jours des appels au boycott de produits français, notamment agro-alimentaires, ainsi que plus généralement des appels à manifester contre la France «
Le ministère français des Affaires étrangères sur son site.
Les mises à jour concernent déjà sept pays musulmans : Soudan, Bahreïn, Koweït, Turquie, Indonésie, Bangladesh et Mauritanie.
le Quai d’Orsay qui recommande aux Français de faire preuve de vigilance notamment dans les lieux fréquentés par les touristes et les communautés expatriées.
« Il convient d’éviter les zones où se tiennent ces manifestations, de rester à l’écart de tout rassemblement et de suivre les consignes de l’ambassade de France »
Le ministère français des Affaires étrangères sur son site
la Syrie, la Cisjordanie ou encore l’Irak ont aussi connu des manifestations. Attisée depuis Istanbul, la haine anti-français va-t-elle s’installer ?
Une des plus vieilles associations françaises à l’étranger
Le 31 août 1845, Ferdinand de Lesseps, Consul de France à Barcelone, créa une association ayant pour but d’aider nos ressortissants en difficulté sous la dénomination « Société Française de Bienfaisance ». Réunis ce 27 octobre pour l’assemblée générale, c’est l’occasion pour lesfrancais.press de souhaiter un joyeux anniversaire à l’association et à ses membres.
Le 18 février 1852 y fut ajouté une Caisse de Prévoyance qui fonctionna comme section de la Société Française de Bienfaisance qui assurerait aux membres de l’association des soins en cas de maladie et des secours pour infirmité ou vieillesse.
Le 1er février 1857, l’association va plus loin. En constituant «les Écoles Françaises de Barcelone» qui fonctionnent sous forme d’une section de la Société de Bienfaisance, elle participe à l’essor du réseau.
Enfin, le 18 février 1898 une Assemblée Générale de l’ensemble des trois sections : Bienfaisance – Prévoyance – Écoles décide de créer la « Société Générale Française de Bienfaisance » qui englobe lesdites sections.
La Société Générale Française de Bienfaisance est gérée par un Conseil d’Administration dont les membres sont élus pour 4 ans. 5 membres du conseil constituent le bureau exécutif.
Le Consul Général de France en poste à Barcelone est automatiquement Président d’Honneur de la Société Générale Française de Bienfaisance. Coté opérationnel, c’est Serge Bourgeois qui préside à la destinée de l’association depuis plus de 6 ans.
Mais ancrée dans son siècle
En 2009, l’association crée la « Fondation privée École Française Ferdinand de Lesseps » dirigée par 6 membres « patronos » dont le Président et le Vice Président de la Société Générale Française de Bienfaisance.
L’École française Ferdinand-de-Lesseps, scolarisant les enfants de la petite section de maternelle au cours moyen deuxième année (CM2), est une école privée appartenant au réseau de l’Aefe (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). Elle a signé une convention avec l’agence, à ce titre, elle respecte scrupuleusement le programme de l’Education nationale française.
Aujourd’hui, l’association continue en plus de ses missions éducatives à soutenir nos compatriotes en difficulté en Espagne. Elle apporte une assistance mensuelle à plus de 30 familles sur la région catalane. Les membres de l’association interviennent aussi de façon épisodique auprès de Français en grande précarité. Ainsi, ils ont pu aider au rapatriement, mais aussi reloger des compatriotes condamnés aux locations à courte durée.. Plus que des services, ils peuvent aussi contribuer à un mieux vivre pour les plus faibles expatriés, en aidant, par exemple, à l’achat d’appareils auditifs pour nos ainés ou porter assistance dans les démarches administratives.
Disposant d’un site internet, l’association est facilement identifiable. Les citoyens français qui participent aux actions sont aussi accessibles et disponibles et ne comptent pas leurs heures.
Une association historique qui a su réinventer à chaque époque. Un exemple pour les nombreuses associations qui se constituent dans le monde au fil des arrivées de Français aux quatre coins de la planète.
Placées sous la responsabilité et le contrôle de l’ambassade de France dans leurs pays, les agences consulaires étendent le réseau consulaire au plus près des ressortissants français. Elles sont gérées par un(e) consul(e) honoraire.
Les consul(e)s honoraires sont des personnalités, françaises ou non, qui ont accepté d’exercer localement des fonctions de représentation et une mission générale d’appui à l’action diplomatique, culturelle et économique de la France. Ils ou elles apportent également une assistance aux Français résidents ou de passage.
Les consul(e)s honoraires ne sont pas des agents de l’État mais des particuliers qui exercent leurs fonctions à titre bénévole.
Quels services dans les agences consulaires ?
Une agence consulaire a pour mission essentielle la protection des français et de leurs intérêts dans la localité de sa résidence et le devoir de rendre compte aux autorités consulaires françaises des événements intéressant ces autorités. Par l’attribution de certaines compétences, il peut, en outre, délivrer ou faciliter l’obtention de documents administratifs.
Des interventionsauprès :
de la police lors de l’arrestation d’un Français ou d’un litige, accident
des prisons détenant des Français
des hôpitaux
des autorités administratives pour la délivrance de certificats (de décès par exemple)
L’établissement de documents :
certificat d’existence
certificat administratif
N’hésitez pas à vous adresser à votre agence consulaire qui saura vous conseiller, vous aiguiller dans vos démarches en vous redirigeant, si nécessaire, vers le Consulat général.
Quel statut pour les consuls honoraires ?
Le statut des fonctionnaires consulaires honoraires français est déterminé par le décret n° 76-548 du 16 juin 1976 relatif aux consuls généraux, consuls et vice-consuls honoraires et aux agents consulaires.
Les fonctions consulaires honoraires étant exercées à titre bénévole, les intéressés ne perçoivent pas de traitement du ministère des affaires étrangères, mais ils conservent les droitsde chancellerie, « à titre de frais de bureau et d’honoraires ». Le cas échéant, ils peuvent percevoir une subvention pourinsuffisance de recettes. C’est notamment le cas lorsqu’ils louent des bureaux ou emploient un salarié. Cependant, cette subvention étant versée avec retard, certaines agences doivent faire l’avance de leurs frais de fonctionnement à l’État, de sorte que les fonctionnaires consulaires honoraires sont parfois contraints de faire peser sur leur activité professionnelle des charges de trésorerie liées à leur fonction consulaire.
Cette situation engendre des difficultés, notamment de recrutement.
Créer un cadre juridique rassurant
Avec la crise sanitaire, les Consuls honoraires ont souvent été sollicités pour apporter assistance aux Français de l’étranger. Face aux mesures liées à la pandémie, ils ont du se mobiliser pour informer, mais aussi aider à déposer des demandes d’aides auprès des Etats locaux ou auprès du Consulat dans le cadre du Fonds d’Urgence aux Français hors de France. Etant habilités à remettre des passeports, ils furent souvent au coeur des dispositifs de rapatriement. Enfin, ils ont été appelés dans les hôpitaux pour assurer des tâches de traduction.
Toutes ces missions sont indispensables et entrainent des responsabilités morales mais aussi légales du Consul honoraire envers le citoyen français mais aussi l’Etat de résidence. Et pourtant ces fonctionnaires bénévoles ne disposent d’aucune protection juridique et ne peuvent se reposer que sur eux-même en cas de mise en cause devant un tribunal.
Face à ce constat, en juin, le sénateur Olivier Cadic (UDI), à la demande de plusieurs consuls honoraires, avait requis auprès du ministère des affaires étrangères la mise en place d’une assurance d’Etat pour couvrir la responsabilité civile des Consuls honoraires. Le sénateur en profitait pour demander aussi la création d’une garantie individuelle pour les risques liées à la maladie et aux accidents. Ancien résident en Grande-Bretagne, Olivier Cadic soulignait dans sa question au gouvernement que le Royaume-uni a mis en place un tel dispositif pour ses Consuls honoraires.
Ce 22 octobre le gouvernement a repoussé l’idée en donnant sa réponse au sénateur. Il indique que le système mis en place par le Royaume-Uni “n’a pas vocation à être répété ni étendu”. Le ministère rappelle que les consuls honoraires “ne relèvent pas du statut d’agent de droit public de l’Etat”. Ils ont donc juste le droit de servir la France… en silence.
La Finlande qui a jusqu’à maintenant plutôt bien géré l’épidémie, fait figure d’exception en Europe. Le taux de mortalité compte parmi les plus bas d’Europe avec environ cinquante décès par million d’habitants, soit deux fois moins qu’en Allemagne et dix fois moins qu’en Suède ou en France.
Peu de restrictions dues à la covid
Les mesures de restriction y ont été plus faibles que dans la plupart des autres pays d’Europe. L’économie a été ainsi moins touchée. Au deuxième trimestre, le PIB s’est contracté de 4,5%, soit moitié moins que la moyenne des pays européens.
Le gouvernement finlandais a décidé malgré tout la mise en place d’un plan de soutien à son économie. Il a ainsi mis en place des mesures de soutien comportant des mesures d’aides directes aux entreprises, une augmentation de l’indemnisation du chômage et des prestations sociales ainsi qu’une baisse temporaire des cotisations retraite du secteur privé. Le ministère des Finances finlandais estime que ces mesures s’élèveront à un total de 6 milliards d’euros en 2020, soit environ 2,5 % du PIB de 2019. Comme dans les autres pays européens, le gouvernement a mis en œuvre des garanties de prêts pour plus de 10 milliards d’euros (4,2 % du PIB). Il a aussi prévu de recapitaliser certaines entreprises et d’assouplir le calendrier de paiement des impôts.
Un plan de relance massif
Le FMI estime que l’ensemble des mesures (fiscales, de liquidité et réglementaires) du gouvernement pourrait représenter un stimulus équivalant à près de 30 % du PIB. Si la situation économique de la Finlande reste correcte au regard de la situation, elle demeure fragile car le pays est très dépendant des échanges de biens intermédiaires, ce qui le rend vulnérable aux perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Le ralentissement du commerce international pourrait peser durablement sur la Finlande qui s’est fait une spécialité d’exportateur de produits à forte valeur ajoutée. Comme les autres pays européens, le pays devra gérer durant des années la facture covid-19. Le déficit public devrait atteindre, cette année, plus de 8 % du PIB et le ratio de dette publique sur PIB devrait s’accroitre de plus de douze points, à plus de 70%. Ce ratio demeure néanmoins bien plus faible que celui de la moyenne européenne.
La retraite indexée sur l’espérance de vie
En Finlande, la question des retraités est également au cœur des débats en raison du vieillissement démographique. En 2014, le gouvernement a mis en place des réformes pour relever l’âge de la retraite à 65 ans et l’indexer sur l’espérance de vie à partir de 2027.
Le ratio de dépendance démographique des personnes âgées – défini comme le ratio entre le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans et celui de personnes en âge de travailler –, est de l’ordre de 36% en 2020. Il est parmi les plus élevés d’Europe, et, d’après Eurostat, il devrait atteindre près de 50% en 2050 et plus de 60% en 2100.
La Finlande apparait en bonne position au-delà de sa dépendance au commerce extérieure et du vieillissement démographique, pour rebondir rapidement à la fin de l’épidémie. La présence d’entreprises de haute technologie qui sont les gagnantes de la crise actuelle constitue un réel atout pour ce pays de 5 millions d’habitants qui est toujours classé triple A par les agences de notation.
Alors que le Président turc Erdogan a pris la tête de la campagne pour le boycott des produits français (liée aux caricatures), les pays européens ne sont pas les seuls à se montrer solidaires de la France. En Arabie saoudite, en Egypte et aux Emirats, une contre campagne s’organise.
Le Conseil des Oulémas du royaume saoudien a publié un communiqué pour constater que « diffamer les prophètes et les messagers ne leur fera jamais de mal, mais ne servira que les extrémistes qui veulent répandre des appels à la haine parmi les communautés ». Une position modérée quand on se rappelle les termes de la condamnation du Danemark.
Modération en Arabie
Elle rejoint celle exprimée par le Secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, Mohammed Al Issa, ancien ministre de la justice saoudien, qui a déclaré à la chaine de télévision Al Arabiya : « les caricatures sont juste des bulles sans valeur ». « La place de la religion ne sera pas affectée par la folie et les guerres menées contre elle par la satire ignorante » a ajouté ce proche du Prince Ben Salman.
Mohamed Al Issa expliquait, après l’assassinat du Professeur Paty: «Des musulmans -ou ceux qui prétendent l’être- ont donné une mauvaise image de notre religion par leur extrémisme, leur fanatisme ou la violence du terrorisme. Ils ne sont en rien des représentants de l’islam et si nous leur trouvions des excuses, nous serions comme eux».
En septembre 2019, à Paris il avait déclaré : «Tous les musulmans d’Europe doivent respecter les constitutions, les lois et les cultures des pays dans lesquels ils vivent. Ils ne doivent pas accepter l’importation de fatwas et d’idées étrangères».
Ne pas jeter d’huile sur le feu
Aux Emirats arabes unis, le conseiller du Prince Mohamed Ben Zayed, Abdelkhalek Abdellah, n’a pas hésité à accuser les Frères musulmans et la Turquie d’être derrière la campagne contre l’économie française.
En Egypte, des chaines de télévision rappellent l’importance des entreprises et des investissements français et ont repris l’intervention d’Al Issa.
Cette modération s’explique d’une part par la volonté de ne pas jeter de l’huile sur le feu, mais aussi par la volonté de faire barrage à la Turquie. Egypte, Arabie, Emirats, sont en lutte avec l’alliance formée par les Frères musulmans sunnites, la Turquie et l’Iran.
Ambigüité marocaine
La position du Maroc est ambiguë. Le gouvernement marocain est proche de la Confrérie, mais proche aussi de la France. Le Royaume a évité de s’en prendre directement au Président français et à la France mais a condamné « vigoureusement la poursuite de la publication des caricatures outrageuses à l’Islam et au prophète » dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. « Le Royaume du Maroc dénonce ces actes qui reflètent l’immaturité de leurs auteurs (…) La liberté d’expression ne saurait, sous aucun motif, justifier la provocation insultante et l’offense injurieuse de la religion musulmane ».
Maisle gouvernement marocain rappelle sa « condamnation de toutes les violences obscurantistes et barbares prétendument perpétrées au nom de l’Islam ». Il appelle enfin à « cesser d’attiser le ressentiment et à faire preuve de discernement et de respect de l’altérité ». Rien, en tout cas, qui légitime un boycott des produits français ou de la France.
Fragilités turques
Quant à la Turquie, elle peut craindre un boycott en retour de la part de l’Union Européenne, car, normalement, toute mesure prise contre un des membres de l’Union entraine la réaction de l’ensemble de l’Union. L’économie turque ne supporterait pas des sanctions européennes. La Livre turque continue de s’effondrer. L’économie turque est au bord du gouffre, ce qui explique d’ailleurs la tentative d’Erdogan d’utiliser la religion pour rassembler autour de lui et trouver des boucs émissaires.
La Quai d’Orsay a lui aussi publié un communiqué dénonçant les appels au boycott qui « dénaturent les positions défendues par la France en faveur de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de la liberté de religion et du refus de tout appel à la haine».
À la suite d’une réunion avec les ministres européens à la Concurrence, le ministre allemand de l’Économie Peter Altmaier s’est prononcé en faveur de l’ouverture des frontières à travers le navire européen. Un article d’Euractiv Allemagne.
La fermeture des frontières n’était pas la bonne réaction à adopter face au nombre grandissant des cas d’infections par le nouveau coronavirus, a déclaré Peter Altmaier lors d’une réunion informelle des ministres européens à la Concurrence qui s’est tenue vendredi 23 octobre et dont il était le président. Des propos appuyés par le commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton, selon qui une nouvelle fermeture des frontières ne devrait avoir lieu « sous aucun prétexte », car le marché intérieur de l’UE ne peut pas être démembré.
Ce n’est pas la première fois que le gouvernement allemand met en garde contre la fermeture des frontières. La chancelière allemande Angela Merkel a d’ailleurs admis que la fermeture des frontières allemandes plus tôt dans l’année en réaction à la pandémie était « un réflexe national » et « surtout déraisonnable ».
Toutefois, la Bavière n’exclut pas de réinstaurer des contrôles à ses frontières, comme l’a annoncé le ministre bavarois de l’Intérieur Joachim Herrmann (CSU) la semaine dernière. « Les discussions sur les contrôles aux frontières pourraient reprendre si la situation échappe à tout contrôle dans les pays voisins », avait-il indiqué dans un entretien avec Funke Mediengruppe.
Tandis que le taux d’infection augmente fortement dans toute l’Europe, la situation devient également particulièrement préoccupante dans le Land allemand. La circonscription de Berchtesgaden a d’ailleurs imposé un confinement de deux semaines à ses 105 000 habitants, ordonnant la fermeture des commerces, restaurants et écoles. Le ministre de la Santé Jens Spahn (CDU) a salué les mesures prises, tout en admettant, lors d’un entretien avec ZDF, que les prochaines semaines seraient difficiles pour la population.
Exclusion en demi-teinte ?
En outre, lors de la réunion, les ministres se sont accordés sur l’importance de la souveraineté technologique du bloc, notamment dans le cadre du développement de la 5G. « Nous disposons de bons fournisseurs, nous sommes bien préparés », a souligné M. Breton. Parallèlement, celui-ci a déclaré ne pas vouloir exclure les prestataires de pays tiers d’emblée, avançant que « nous accueillons tout le monde, mais ils doivent connaître nos règles », également en matière de sécurité.
Le commissaire européen fait ici référence aux débats actuels concernant les fournisseurs de 5G chinois, en particulier Huawei. Plusieurs acteurs européens craignent que le matériel de ces firmes soit utilisé par Pékin à des fins d’espionnage ou de sabotage.
Les discussions à cet effet sont toujours en cours en Allemagne : Berlin joue les funambules. Tandis qu’Angela Merkel ne veut exclure personne – contrairement à Boris Johnson -, les sociaux-démocrates partenaires de la coalition au pouvoir appellent à la mise en place de mesures de sécurité strictes.
Les constats préliminaires de ces entretiens devraient aboutir sur une réforme de la loi concernant la sécurité informatique, selon laquelle les fournisseurs 5G seront non seulement soumis à un examen d’ordre technique, mais également d’ordre politique. En cas de risque d’ingérence de la part du prestataire, le gouvernement peut décider de l’exclure. Le projet devrait bientôt être débattu par le cabinet ministériel, reste à voir si et quel ministère opposerait son veto. Par ailleurs, il incombe aux autres États membres d’emboîter le pas, ou non.
Nouveaux projets communs
L’année prochaine, la Commission européenne devrait également présenter une nouvelle stratégie industrielle afin de garantir la concurrence du bloc à l’avenir. De plus, Peter Altmaier souhaite renforcer les projets importants d’intérêt européen commun – des projets soutenus financièrement par les 27 afin de faire avancer la recherche dans le domaine des sciences et du développement.
Dernièrement, le ministre allemand de l’Économie a notamment utilisé cet instrument dans le cadre du projet « Gaia-X », visant à mettre en place une infrastructure de « cloud » à l’échelle européenne. La France y avait d’ailleurs largement pris part. Désormais, M. Altmaier entend utiliser les projets susmentionnés afin de stimuler la production d’énergie à partir de l’hydrogène. À l’issue de la réunion, cette initiative a été saluée par Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission européenne chargée de l’ère numérique.
« Voir la bêtise élevée aux plus hautes situations »[1] disait l’Ecclésiaste. Nous n’en sommes pas loin.
Ainsi, sur une chaîne de télévision, un journaliste populaire, Eric Zemmour, pousse à la fin de sa diatribe : « L’humanisme tue ». Si l’humanisme tue, qu’est ce qui sauve : l’inhumain ? A l’autre extrême du spectre politico médiatique, Mediapart explique qu’une « justice policière expéditive », en abattant le terroriste, a fait preuve de « barbarie »[2]. La Barbarie ne serait-elle pas de laisser les terroristes couper des têtes ?
De la bêtise à la défaite
Après l’odieux massacre du professeur Paty, les uns voudraient montrer des caricatures de Mahomet dans toutes les classes, les autres suspendre les Droits de l’homme, qui gêneraient notre combat. Les premiers oublient que le respect des enfants suppose de ne pas chercher à les heurter, les autres que parmi les «valeurs» de la France, les Droits de l’homme occupent cette place de choix qui fait son honneur, sa grandeur, son unité aussi. S’en affranchir à chaque fois qu’une horreur se produit revient à donner victoire à ceux qui la haïssent.
Un franc-tireur, Dupont-Moretti, qui se demande parfois ce qui l’a amené au ministère de la justice, a le bon sens de rappeler :
« Ce qui distingue la civilisation de la barbarie, c’est l’Etat de droit […]. S’en affranchir, sous le coup de l’émotion, signifierait que les terroristes ont gagné ».
Dupont-Moretti – Garde des sceaux
La facilité avec laquelle la colère engendre la haine est banale et stupéfiante. Ici comme dans les pays musulmans.
Respect de l’autre, primauté de la raison
Notre civilisation se distingue de celles par cette conjugaison de primauté de la raison et du respect d’autrui. Le respect de l’autre s’affirme par les règles de droit, l’affirmation de la personne, de sa dignité, de sa liberté. La primauté de la raison rayonne par la confiance en la science, l’étude, la valorisation des connaissances, l’esprit critique. Conjuguer les deux est un exercice permanent, délicat, difficile, qui fait honneur à ceux qui l’exercent, et à ceux qui le transmettent, en première ligne : les enseignants.
Les enseignants à l’étranger en première ligne
Et ceux qui l’enseignent à l’étranger sont dans une situation plus difficile et plus délicate que les autres. (C’est pourquoi le gouvernement devrait écouter les multiples alertes sur la ruine qui menace notre réseau d’enseignement à l’étranger).
Aujourd’hui, dans beaucoup de pays musulmans, suite aux propos du Président de la République, les produits français sont boycottés. Beaucoup de Français ont peur.
Les enseignants expliqueront que si la liberté d’expression est la loi fondamentale, elle n’autorise pas l’insulte. L’injure est condamnable (in-juria signifie ce qui n’est pas dans le droit). « Ne pas renoncer aux caricatures », comme l’a dit Emmanuel Macron, ne veut pas dire que l’on en fait la promotion. Dire « je suis Charlie » ne signifie pas qu’on apprécie Charlie-hebdo. On peut même détester tel journal ou tel journaliste et défendre son droit à exister. La liberté d’expression suppose de laisser s’exprimer ce que l’on désapprouve.
De même, la laïcité n’est pas une lutte contre les religions. Elle installe un principe de neutralité, affirme la suprématie des règles de droit par rapport aux règles religieuses : c’est vrai pour le mariage, l’avortement, l’héritage, l’égalité entre les hommes et les femmes… elle différencie la censure et le blasphème.
Il n’y a pas d’affrontement entre la France et le monde musulman
La laïcité respecte toutes les convictions religieuses. Ce serait une tragédie stupide que de souhaiter l’affrontement de la République et de l’Islam, de la France et du monde arabe. Ce serait la victoire du terrorisme.
Et cela n’aura pas lieu.
Qu’un Erdogan profite de cet état de crise pour insulter la France et se rêver en leader des islamistes révèle sa cause, son objectif et sa faiblesse. Il déteste la laïcité parce que la Turquie moderne a été bâtie sur elle. Les laïcs turcs sont ses adversaires. Les Frères musulmans agitent le monde arabe, mais la majorité du monde arabe ne veut ni des Frères, encore moins de la Turquie. Les déclarations des dirigeants de la ligue arabe de l’Egypte, d’Arabie saoudite, de Tunisie, après l’assassinat de Samuel Paty, le montrent clairement.
Aujourd’hui la vindicte place les Français en première ligne, du Maroc à l’Indonésie. Les provocations, les conflits et les haines alimentent les extrémistes. La France gagnera avec ses armes : la confiance, celle qu’inspire l’humanisme, la liberté, l’ouverture d’esprit, la culture, une modernité qui apaise, renforce, enrichit.
La tâche de ceux qui enseignent à l’étranger est donc d’autant plus belle qu’elle est devenue de plus en plus difficile.
Enseigner l’humanisme
Beaucoup ont cité l’émouvante lettre d’Albert Camus remerciant son instituteur quand il reçut le prix Nobel. Il faut aussi rappeler la Lettre aux instituteurs de Jules Ferry[3], qui a créé l’enseignement républicain pour « assurer la liberté de conscience et des maîtres et des élèves ».
Ferry reste un bon guide: « Parlez (…) avec la plus grande réserve dès que vous risquez d’effleurer un sentiment religieux dont vous n’êtes pas juge ». « Ce que vous allez communiquer à l’enfant, ce n’est pas votre propre sagesse, c’est la sagesse du genre humain, c’est une de ces idées d’ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l’humanité. » Ce sont ces principes là qui abaisseront le fanatisme, l’injure et la bêtise.
Laurent Dominati
Editeur de lesfrancais.press. Ancien Ambassadeur de France au Conseil de l’Europe, ancien député de Paris.
[1] « Il y a un mal que j’ai vu sous le soleil, Comme une méprise échappée au souverain : La sottise élevée aux plus hautes situations. » Qohelet, X, 5
[2]« Applaudir une police qui tue de façon aussi sommaire et systématique les individus suspectés de terrorisme, c’est applaudir une barbarie c’est encourager la spirale mortifère des violences policières. », Mediapart,
[3] Lettre du 17 novembre 1883 adressée aux instituteurs par M. Jules Ferry sur l’application de la loi du 28 mars 1882.
L’épidémie de Covid-19 a fait plus d’1,1 million de morts dans le monde et environ 40 millions de personnes ont été officiellement contaminées, selon l’OMS.
Les États-Unis déplorent 221 000 victimes du coronavirus. Suivent le Brésil avec 155 000 morts, l’Inde (115 000), le Mexique (86 000), et le Royaume-Uni (44 000). Le Pérou et la Belgique sont les deux pays les plus touchés au monde pour le nombre de morts en proportion de leur population.
Lesfrancais.press fait le tour du monde à travers plus de 30 pays sur les mesures en place contre la Covid-19. Alors que l’Asie retrouve une vie normale, comme l’Océanie, l’Europe et l’Amérique du Nord s’enfoncent dans une deuxième vague qui s’annonce meurtrière.
Pour les expatriés, le retour a une situation normale s’éloigne toujours un peu plus.
En Europe, la seconde vague s’abat avec force sur le continent
Carte des cas en Union Européenne mise à jour le 25 octobre 2020
Royaume-Uni
Les rassemblements de plus de six personnes sont interdits sur l’ensemble du territoire. Les mesures sont encore plus restrictives dans le nord-est de l’Angleterre puisque sont désormais interdites les rencontres entre personnes de différents foyers. Dans la région de Liverpool, le Premier ministre a conclu un accord pour fermer les bars et pubs face à la hausse du nombre de nouvelles contaminations.
Autre annonce ? La mise en place d’un test de dépistage une heure avant de prendre l’avion, destiné aux voyageurs quittant le Royaume-Uni depuis l’aéroport londonien d’Heathrow. Objectif ? Favoriser la reprise des liaisons aériennes internationales.
Irlande
Un reconfinement a été décrété dans tout le pays. Il est entré en vigueur le 21 octobre au soir pour une durée de six semaines. Aussi, tous les commerces non essentiels devront fermer. Quant aux bars et aux restaurants, ils seront uniquement autorisés à servir de la nourriture à emporter. En revanche, les écoles resteront ouvertes. Enfin, les Irlandais pourront sortir de chez eux pour faire du sport, mais dans un rayon de cinq kilomètres autour de leur lieu de résidence.
Italie
De nouvelles mesures restrictives ont aussi été prises, comme l’interdiction, pour les 30 prochains jours, des fêtes privées. Le président du Conseil, Giuseppe Conte, va encore plus loin en recommandant très fortement de ne pas organiser de dîner de plus de 6 personnes à domicile. Concernant les cérémonies de baptêmes, de mariages ainsi que les enterrements, le gouvernement a limité le nombre d’invités à 30.
Autres annonces conséquentes ? La fermeture des bars et des restaurants à 18h, mais aussi l’interdiction de se rassembler en groupe debout devant les bars et restaurants, les parcs ou dans les rues. Par ailleurs, les cinémas, les théâtres, les salles de sport et les piscines vont fermer leurs portes jusqu’au 24 novembre prochain.
Face à la hausse des nouvelles contaminations dans le pays (plus de 5 000 nouveaux cas de Covid-19 par jour), le gouvernement italien a également décidé de prolonger l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 31 janvier 2021. Des couvre-feux sont désormais en vigueur à Naples, dans le Latium (la région de Rome) et en Lombardie (la région de Milan).
Pays-Bas
La situation se complique également. Le 13 octobre, le gouvernement néerlandais a annoncé un reconfinement partiel du pays. Concrètement, depuis le 14 octobre au soir, les restaurants et cafés sont fermés pour une durée de deux semaines minimum. Concernant les magasins de détail, ils doivent baisser le rideau à 20h. La vente d’alcool et de drogues douces est interdite entre 20h et 7h du matin.
Espagne
le Premier ministre Pedro Sanchez a annoncé dimanche 25 octobre l’instauration d’un état d’urgence sanitaire jusqu’au début du mois de mai, qui s’accompagne d’un couvre-feu dans tout le pays, à l’exception des îles Canaries. Le couvre-feu sera en place de 23h à 6h du matin, avec la possibilité pour les régions d’avancer ou de retarder localement d’une heure son début.
Belgique
Le gouvernement fédéral a imposé un cadre commun aux 3 régions soit un couvre-feu de 23h à 05h du matin ainsi que la fermeture des bars et restaurants. En Wallonie et à Bruxelles, face à l’urgence de la situation, le couvre-feu est en vigueur dès 22h et jusqu’à 6h. Les salles de sport y sont aussi fermées et le télétravail y est obligatoire. Les visites dans les commerces dans les deux régions sont limitées à 2 personnes et même 1 personne dans la région capitale. Les vacances ont été prolongées dans les 3 régions d’une semaine.
Portugal
Afin de limiter les nouvelles contaminations au Coronavirus, le gouvernement a pris de nouvelles mesures depuis le 15 septembre dernier, comme l’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes et la fermeture des commerces entre 20h et 23h. Autre mesure ? La généralisation à l’ensemble du pays de l’interdiction de la vente de boissons alcoolisées dans les supermarchés et les stations-services. Le pays a décidé de prolonger l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 14 octobre.
Grèce
les deux principales villes du pays, Athènes et Thessalonique, sont désormais soumises, depuis le 24 octobre, à un couvre-feu nocturne, et le masque y est obligatoire à l’intérieur comme à l’extérieur.
Allemagne
Certains s’inquiètent de la situation sanitaire dans la Bavière. Ainsi, à Munich, le port du masque est désormais obligatoire dans une partie du centre-ville. Autre mesure ? Limiter, dans tout le pays, le nombre de participants à des fêtes dans l’espace public et privé. Concernant les réunions privées, il est « urgemment conseillé » de ne pas dépasser 25 personnes, a expliqué Angela Merkel lors d’une conférence de presse. En revanche, lorsque le plafond atteint 50 cas sur 100 000 habitants, alors le nombre de participants devra passer sous la barre des 25 dans l’espace public, et si possible à 10 à la maison.
Islande
Ce pays, pourtant isolé, aaussi décidé de durcir les mesures sanitaires face à la hausse importante des nouvelles contaminations au Covid-19 dans le pays. Depuis le 5 octobre, les salles de sport, bars et discothèques sont ainsi fermés. Autre annonce ? L’interdiction des rassemblements de plus de 20 personnes pour « deux à trois semaines ».
République tchèque
Le gouvernement a pris la décision de fermer, depuis le 14 octobre, les restaurants et bars dans tout le pays. Est également annoncée l’interdiction de la consommation d’alcool dans les lieux publics, et un confinement partiel jusqu’au 3 novembre.
Pologne
Face à la hausse des contaminations, l’ensemble du territoire est passé samedi 24 octobre en « zone rouge », entrainant des restrictions : télé-travail encouragé, écoles primaires partiellement fermées, piscines et clubs de sport fermés. Les rassemblements sont, quant à eux, limités à 5 personnes ; les restaurants, cafés et bars ne peuvent servir que de la nourriture à emporter ; les mariages sont interdits, et le nombre de clients ou d’usagers est désormais restreint dans les commerces, les transports et les églises.
Slovénie
Il a été mis en place un couvre-feu depuis le 20 octobre jusqu’au 1er novembre prochain.
Asie, les pays résistent au confinement et maitrisent la propagation
TOKYO, JAPAN
Japon
Depuis le 1er octobre, Tokyo a assoupli les mesures qui empêchaient les visiteurs étrangers d’entrer sur le territoire japonais. Une bonne nouvelle pour les entreprises, même si les séjours dans le pays restent soumis à des conditions strictes. Il existe encore quelques districts sous mesures spécifiques.
Taïwan
On aurait initialement pu croire Taïwan voué au pire face à l’émergence du nouveau coronavirus chez le voisin chinois, son premier partenaire commercial. Mais trois mois plus tard, le bilan de l’île s’établit à 376 cas confirmés et cinq décès. Ses restaurants, bars, écoles, commerces et bureaux sont toujours ouverts. Cet Etat dont le vice-président est épidémiologiste a pris des mesures décisives au tout début de la crise pour en éviter à sa population d’autres, bien plus douloureuses, quelques semaines plus tard.
D’emblée, les autorités ont contrôlé les arrivées, multiplié les tests et enquêté sur les personnes entrées en contact avec les malades. Très tôt, l’île a pris la décision lourde d’interdire l’entrée des voyageurs de Chine, alors même que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) déconseillait de telles mesures. L’ironie est d’ailleurs que Taïwan, l’un des meilleurs élèves au monde dans la lutte contre le Covid-19, n’est pas membre de l’OMS, en raison des pressions chinoises.
Corée du Sud
Si la Corée du Sud est exemplaire également, c’est parce qu’elle a su «aplatir» la courbe des nouveaux cas. C’est fin février que l’épidémie a explosé dans la ville de Daegu, à partir d’un foyer au sein d’une organisation considérée par certains comme une secte. Au pire de la crise, 909 nouvelles infections furent enregistrées en une seule journée. Le total dépasse aujourd’hui les 10.000 cas, et 192 personnes ont succombé à la maladie.
Dans tout le pays, la vie suit un cours à peu près normal. Les consignes de distanciation sociale sont largement suivies, sans résulter d’un ordre du gouvernement.
Hongkong et Singapour
Les deux territoires sont désormais aux prises avec une deuxième vague due aux nombreux retours d’Europe et des Etats-Unis. Ces deux mégalopoles avaient été promptes à contrôler étroitement les arrivées de Chine et à réaliser des investigations poussées sur les personnes ayant été en contact avec les malades. Et les deux villes ont évité les mesures de confinement généralisé décidé ailleurs dans le monde.
Mais la hausse des cas ces dernières semaines a poussé Hongkong (935 cas et quatre décès) et Singapour (1375 cas et six décès) a durcir leur politique. Singapour vient d’annoncer la fermeture de ses écoles et lieux de travail, et placé près de 20.000 travailleurs migrants en quarantaine.
A Hongkong, depuis fin janvier les écoles sont fermées et la plupart des fonctionnaires travaillent de chez eux. Les habitants ne sont pas tenus de rester confinés, mais le gouvernement vient de fermer bars, karaokés ou encore salles de mahjong. Il est interdit de se réunir en public à plus de quatre.
Thailande
Les autorités thaïlandaises imposent aux étrangers voyageant vers la Thaïlande de présenter un test Covid-19 négatif avant l’embarquement. Les mesures liées à la Covid-19 entrainent de nombreux mouvements de foules. La population reproche au gouvernement d’avoir profité de la pandémie pour instaurer une surveillance massive de la population.
Vietnam
Le Vietnam a rapidement pris des mesures de lutte contre le coronavirus. Actuellement, 1 094 cas de contaminations y ont été recensés ainsi que 35 décès (au 30 septembre 2020). Bien que le Vietnam compte également des décès liés à la COVID-19, il reste l’un des pays qui ont su le mieux maîtriser l’épidémie de coronavirus. Les mesures prises par le gouvernement visent non seulement à stopper l’épidémie actuelle à l’intérieur des frontières du Vietnam, mais aussi à empêcher l’entrée des personnes infectées sur le territoire.
De manière générale et jusqu’à nouvel ordre, aucun étranger ne peut se rendre au Vietnam. Cette mesure s’applique également aux voyageurs qui ont reçu un visa du service de l’Immigration indiquant qu’ils sont autorisés à entrer dans le pays. Les personnes de nationalité vietnamienne sont, quant à elles, toujours admises. Des exceptions peuvent également être faites pour les personnes qui souhaitent entrer dans le pays pour fournir une assistance médicale ou toute autre assistance spécialisée.
Chine
Les Chinois ne craignent plus le coronavirus. Il ne circule quasiment plus dans le pays. Avec seulement une dizaine de contaminations officiellement répertoriées par jour sur l’ensemble du territoire lors des derniers mois, a Chine dit en avoir terminé avec le virus. Et la vie y a repris « normalement », expriment les Chinois: on fait la fête, on part en vacances, on ne porte plus le masque partout.
Pour arriver à ce résultat, les autorités chinoises n’ont pas lésiné sur les moyens et ont instauré des mesures draconiennes. Les nouvelles contaminations au Covid étant souvent détectées chez des voyageurs ayant séjourné à l’étranger, toute personne qui entre sur le territoire chinois est placée en quarantaine directement, dans un hôtel désigné par le gouvernement. Le tout aux frais du voyageur, explique l’homme d’affaires flamand Dirk Van Laer au Laatste Nieuws: « Personne n’y échappe. Quiconque arrive à l’aéroport est pris en charge et emmené à l’hôtel. La nourriture est déposée devant la porte de la chambre et, via une application, la personne doit signaler sa température une fois par jour ».
Inde
En Inde, le deuxième pays le plus peuplé du monde avec 1,3 milliard d’habitants, 100.842 décès ont été enregistrés, selon le ministère de la Santé, ce qui la fait figurer à la troisième place pour le nombre des morts derrière les Etats-Unis et le Brésil.
Et, avec ses 6,47 millions de personnes contaminées, elle devrait dans les prochaines semaines dépasser les Etats-Unis (plus de 7,3 millions de cas).
Toutefois, le fait qu’il y ait quatre fois plus d’Indiens que d’Américains, mais que les Etats-Unis aient recensé deux fois plus de morts (208.731) que l’Inde, suscite des doutes sur l’exactitude des chiffres indiens. »Nous ne savons pas quelle est la fiabilité des taux de mortalité en Inde », a déclaré à l’AFP le virologue T. Jacob John. Le million de tests par jour annoncé reste, en pourcentage de la population, cinq fois moins élevé qu’aux Etats-Unis, selon le site internet de statistiques mondiales Worldometer.
L’accès est au territoire est limité et les provinces ont mis en place des confinements localisés.
Océanie, une pandémie maîtrisée grâce à l’isolement
Distance physique à Melbourne
Australie
Les 5 millions d’habitants de Melbourne étaient soumis depuis plus de 100 jours à des restrictions drastiques, destinées à lutter contre une vague incontrôlée de cas de Covid-19.
Les autorités australiennes ont annoncé dimanche un assouplissement des mesures de restriction en vigueur à Melbourne, la deuxième plus grande ville du pays, après une baisse régulière du nombre des nouvelles contaminations. Le gouvernement a notamment levé la mesure qui limitait à deux heures le temps que pouvaient passer les gens hors de leur domicile afin de se livrer à des activités autorisées.
Les autorités ont également étendu à 25 kilomètres la distance pouvant être parcouru pour pratiquer des exercices physiques, acheter des produits de première nécessité et exercer les professions jugées essentielles à la société.
Nouvelle-Zelande
La Nouvelle-Zélande – cinq millions d’habitants – a enregistré 25 décès dus au coronavirus et la stratégie du gouvernement a été saluée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
La première vague de coronavirus avait vraisemblablement été complètement endiguée fin mai à la faveur d’un strict confinement national. Et l’archipel a enregistré dans la foulée une remarquable série de 102 jours sans contamination locale.
Mais un nouveau foyer épidémique a été découvert en août dans la plus grande ville du pays, ce qui a poussé les autorités à ordonner un nouveau confinement à Auckland, un million et demi d’habitant, qui a duré trois semaines, jusque début septembre. Aucune mesure n’est actuellement en cours sauf l’interdiction de voyage à destination de l’île.
Amérique du Nord, déjà au coeur d’une troisième vague
Centre de dépistage aux Etats Unis d’Amérique
USA
Alors que la France fait face à une seconde vague, les États-Unis ont bien du mal à lutter contre l’épidémie. Ils comptent 88 973 nouveaux cas en 24 heures, selon les données de l’université Johns Hopkin, et le virus a fait 224 751 morts. Les hôpitaux n’ont plus de places pour accueillir les nouveaux malades et 90% des lits en soins intensifs dans le Wisconsin sont occupés par des patients atteints du Covid-19, explique L’Express. L’épidémiologiste Eleanor Murray parle donc d’une « third wave » (troisième vague) avec des taux de contaminations « beaucoup plus haut » que les précédents, rapporte le média.
L’accès au territoire américain est strictement controlé. Les voyages sont limités aux impératifs et sous condition de test négatif.
Canada
Chaque province et territoire a adopté un système d’alerte de couleurs, de niveaux ou de paliers pour indiquer l’état de la pandémie et les mesures sanitaires qui y sont associées. Des mesures ont été prises jusqu’au 28 octobre et devraient être prolongées.
Trois régions du Québec, dont les villes de Montréal et Québec, sont présentement au palier rouge. Parmi les restrictions en zone rouge :
Interdiction aux particuliers de recevoir des convives chez eux, à la maison comme au chalet (des exceptions sont prévues pour les proches aidants)
Fermeture des bars, restaurants (à l’exception des commandes à emporter ou à livrer), des musées, des bibliothèques, des cinémas, des salles de spectacle et casinos
Télétravail fortement conseillé
Amériques du sud, progressif retour à la normale
Magasin en Argentine
Argentine
Le président Alberto Fernandez a décrété l’isolement préventif, social et obligatoire depuis le vendredi 20 mars.
Après une phase de “ flexibilisation ” qui avait été initiée dans une grande partie du pays, le vendredi 9 octobre le président a annoncé la onzième prolongation de la quarantaine qui se poursuit, actuellement, suite à une augmentation du nombre de cas dans les dernières semaines. Cette quarantaine sera appliquée dans 18 provinces du pays (sur 24 au total).
Bolivie
Le 1er octobre, le gouvernement a adopté un décret qui assouplit les mesures de confinement. La circulation des piétons est plus souple et les horaires de fonctionnement du transport public sont élargies. Cependant le pouvoir exécutif a indiqué qu’il laissait aux régions le choix d’ajuster le décret selon la situation sanitaire de la région. Les frontières et l’espace aérien restent fermés.
Brésil
Le Brésil est le seul pays de la zone dont le gouvernement n’a pas de positionnement clair. À noter qu’en plus de la crise sanitaire et économique, le Brésil doit également faire face à une crise politique liée aux agissements et déclarations de son président Jair Bolsonaro (limogeage du ministre de la santé le 16 avril, démission du ministre de la justice le 24 avril, démission du nouveau ministre de la santé le 15 mai, 1 mois après sa prise de fonction).
Le Brésil a recensé 30.914 nouveaux cas confirmés de contamination au coronavirus au cours des vingt-quatre dernières heures, a indiqué vendredi 16 octobre, Eduardo Pazuello, le ministère de la Santé. Par ailleurs, le pays a franchi le cap des 150 000 morts.
Chili
Le lundi 19 octobre, le ministère de la santé a annoncé, dans un communiqué officiel, une série de modifications concernant les mesures de prévention de la COVID-19 dans le pays. Dorénavant, toute personne souhaitant se rendre sur le territoire chilien sera exempté de quarantaine, si elle a réalisé un test PCR qui s’est révélé négatif et datant de moins de 72 heures. Les théâtres et cinémas sont de nouveaux ouverts, mais l’accueil du public est limité à 50% de leur capacité. La consommation de boissons et de nourriture est interdite.
Aujourd’hui, le Chili fait état de 493 305cas confirmés et 13 635 morts.
Colombie
e 1er octobre, le gouvernement national a entamé la deuxième phase de réactivation de l’opération internationale pour les vols commerciaux, qui comprendra le fonctionnement des aéroports suivants : l’aéroport Ernesto Cortissoz à Barranquilla, l’aéroport El Edén en Arménie, l’aéroport Palonegro à Bucaramanga et l’aéroport Matecaña à Pereira. Les aéroports de Bogota, Cali, Rio Negro et Cartagena sont réouverts depuis le 21 septembre 2020.
Les autorités colombiennes ont décidé de prolonger la fermeture des frontières terrestres et maritimes jusqu’au 1er novembre.
En raison de l’augmentation soutenue du taux d’occupation des lits de soins intensifs, qui dépasse les 80 % de disponibilité, la mairie de Rionegro (dans le département d’Antioquia) a déclaré une alerte rouge pour l’hôpital. La totalité du département pourrait passer en “alerte rouge hospitalière” dans les heures qui viennent.
Actuellement, le pays compte 959 572 cas confirmés et 28 970 morts.
Équateur
Depuis la fin de l’État d’urgence, annoncé le 13 septembre par le président Lenín Moreno, l’Equateur a levé la majorité des restrictions. Le 9 octobre, à l’occasion de la fête coloniale de la fête de l’indépendance dans la ville portuaire de Guayaquil, l’Association des municipalités de l’Équateur (AME) a suspendu les restrictions à la circulation des véhicules afin de soutenir la relance économique et touristique du pays.
La ministre du tourisme, Rosi Prado, a souligné, lors d’une conférence de presse virtuelle, l’opportunité que représente pour le secteur la suspension des mesures de restriction du trafic, tout en appelant à la « coresponsabilité » de la population.
À ce jour, le pays fait état de 153 289 cas confirmés et 12 387 morts. Toutefois, les statistiques officielles ne tiennent pas compte des personnes qui meurent sans avoir été testées (nombreuses dans le pays).
Paraguay
Le 16 octobre, le président de la République du Paraguay, Mario Abdo, a affirmé que le pays était sur la bonne voie et que les chiffres de la covid étaient “bons” en comparaison à d’autres pays de la région. Il a également incité les citoyens à ne pas baisser la garde concernant les mesures sanitaires contre le virus.
Une évaluation de la situation est prévue le 13 novembre. Le Paraguay compte 54 729 cas de personnes contaminées et 1 188 morts.
Pérou
La “quarantaine localisée” dans les provinces d’Abancay (dans la région d’Apurímac), de Huamanga (Ayacucho) et de Huánuco (Huánuco) a pris fin le 5 octobre. Il n’existe donc plus de “régime de quarantaine” dans le pays cependant une quarantaine sera maintenue les dimanches pour les régions de Cusco, Puno, Moquegua et Tacna et les trois provinces citées ci-dessus.
Les vols internationaux ont repris depuis le 5 octobre. Des vols directs entre Lima et Paris étaient programmés les 9, 16 et 23 octobre. Un autre vol devrait avoir lieu le 30 octobre.
À ce jour, le Pérou compte 33 702 morts et 865 549 cas confirmés. C’est le deuxième pays le plus touché en Amérique du Sud (après le Brésil), et ce malgré des mesures strictes prises très tôt. En termes de nombre de morts par millions d’habitant le Pérou est le premier pays au monde (devant la Belgique).
Uruguay
Le vendredi 2 octobre, le ministre de la santé uruguayen, Daniel Salinas, a annoncé que la situation sanitaire du pays était “sous contrôle”.
À ce jour, il y a eu 51 morts et 2 531 cas confirmés positifs au coronavirus dans le pays. Plus aucune mesure n’est en vigueur.
Venezuela
Le président vénézuélien Nicolás Maduro a déclaré, ce dimanche 11 octobre, qu’un vaccin chinois arrivera dans le pays « dans les prochains jours » pour la phase 3 des essais, à laquelle participeront « des milliers de volontaires ».Le vaccin sera “accessible à toute la population” et “totalement gratuit” a assuré Maduro.
Le gouvernement vénézuélien et l’autorité aéronautique ont décidé de prolonger jusqu’au 12 novembre l’interdiction des vols commerciaux sur l’ensemble du territoire en raison de la pandémie.
À ce jour, le pays compte 86 636 contaminées et 731 morts. Les chiffres officiels sont cependant mis en doute par l’ONG Human Rights Watch et l’Université John Hopkins qui ont rendu un document expliquant que le président Nicolas Maduro n’était pas transparent concernant l’impact de la pandémie (tout comme la Corée du Nord et le Brésil).
Afrique, le continent épargné
Communication vers la population en Afrique francophone
De nombreux pays africains ont été félicités pour avoir mené une campagne efficace de lutte contre la propagation du coronavirus, malgré la réputation de fragilité de leurs systèmes de santé publique.
Le continent, qui compte plus d’un milliard d’habitants, a enregistré environ 1,5 million de cas, selon les données compilées par l’université John Hopkins.
Ces chiffres sont bien inférieurs à ceux de l’Europe, de l’Asie ou des Amériques, et les cas signalés continuent de diminuer.
L’Afrique a enregistré environ 37 000 décès, contre environ 580 000 dans les Amériques, 230 000 en Europe et 205 000 en Asie.
L’âge de la population dans la plupart des pays africains a probablement aussi joué un rôle dans la limitation de la propagation de Covid-19.