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  • A la recherche de l’Homme révolté

    A la recherche de l’Homme révolté

    L’économie européenne est de plus en plus soumise à un régime de douche écossaise au gré des va et vient de l’épidémie. Après l’arrêt sur image du début de l’année, la crainte d’un monde vivant au ralenti pour de nombreux mois se fait prégnante. La nécessité de réduire la voilure, le temps nécessaire à l’épidémie de passer ou de trouver un remède ou un vaccin, s’impose progressivement dans les esprits. Entre la peur de contracter la maladie et celle de la perte de revenus, les démocraties semblent désarmées, impuissantes à juguler le virus tout en maintenant l’activité économique à un niveau acceptable. 

    Le pouvoir politique n’est plus maître des horloges. Devant la nécessité de s’adapter en permanence en fonction des informations communiquées quotidiennement, le temps se raccourcit. L’urgence prend le pas sur le long terme mais, les confinements, les couvre-feux, les contraintes de circulation l’allongent. Les projets d’investissement sont retardés ou reportés.

    Tout décideur est contraint de faire acte de contrition 

    Cette crise sanitaire impromptue révèle certaines caractéristiques des pays avancés. Au fil des décennies, les démocraties ont conçu des systèmes complexes de pouvoirs et de contrepouvoirs. La conciliation des principes de liberté, d’égalité réelle, de protection des minorités et de précaution, combinée à l’affirmation de droits individuels et collectifs multiples et variés ne facilite pas la prise rapide de décisions. Celles-ci sont suspectes par nature. Tout décideur est tenu de s’auto-analyser, de faire acte de contrition ou de repentance y compris pour les erreurs qu’il n’a pas commises. 

    La mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur la crise sanitaire avant que celle-ci ne soit achevée symbolise cette évolution. Autrefois, la confession suffisait pour obtenir l’absolution, aujourd’hui, elle est permanente devant les chaines d’information et sur les réseaux sociaux. Le déballage psychanalytique s’accompagne d’une défiance sans précédent envers les gouvernements au sein des pays occidentaux. 

    La machine à consensus en panne

    En Chine, pays du contrôle social et à l’origine de l’épidémie, le pouvoir bénéficie d’un soutien très large de l’opinion publique. L’Occident est malade de sa fragmentation, la machine à consensus étant tombée en panne. La juxtaposition des communautés souligne avec acuité que la somme des intérêts particuliers ne débouche pas toujours sur l’intérêt général. 

    Promettre un monde plus dur

    Ce manque de consensus vaut à l’intérieur comme à l’extérieur. L’Europe orpheline de son allié américain, enfermé dans ses contradictions, peine à surmonter ses divisions et à prendre les rênes de la lutte contre l’épidémie. En 1918 et en 1945, les pays occidentaux étaient mus d’idéaux. Ils voulaient ne pas revivre les horreurs de la guerre. Ils aspiraient à un monde plus juste, plus harmonieux, plus libre. Face à l’épidémie de coronavirus, les gouvernements semblent promettre « du sang et des larmes » avec comme ligne d’horizon un monde plus dur, soumis au problème du réchauffement climatique et à la violence des extrémismes en tout genre. 

    La décadence commence souvent par la démission intellectuelle et par la soumission. Les défis qu’ils soient sanitaires, économiques ou politique supposent un esprit critique, un esprit d’innovation voire un esprit de révolte. 

  • Dix ans bientôt, la Tunisie attend toujours le printemps

    Dix ans bientôt, la Tunisie attend toujours le printemps

    Le Printemps arabe est né il y a dix ans, en Tunisie. Un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi s’était immolé par le feu le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, de désespoir. Sa mort avait déclenché un soulèvement populaire d’abord en Tunisie, puis dans la plupart des pays arabes. Le premier effet de cette révolte fut la chute de Ben Ali et une effervescence politique qui n’a quasiment pas cessé depuis. La Tunisie est sans doute le seul pays « arabe » où la révolution politique a été suivie d’effets démocratiques

    Pour autant, une certaine nostalgie de l’ancien régime se fait entendre, d’une part à cause d’une situation économique qui n’en finit pas d’empirer, d’autre part à cause du rejet grandissant de la principale force politique tunisienne, le parti islamiste Ennahda. Dans un premier temps, ce parti islamiste avait profité de l’effondrement du régime autoritaire. S’il n’a pas réussi à prendre le pouvoir, il a empêché ce la Tunisie d’évoluer vers une société moderne.

    L’impasse économique

    Depuis le printemps arabe tunisien, le revenu moyen a baissé et le chômage n’est jamais descendu en dessous de 15%. L’émigration, représente l’espérance de la moitié de la jeunesse tunisienne, notamment des plus diplômés qui ne trouvent pas de travail à la mesure de leurs capacités.

    Si la Tunisie était déjà en crise économique avant le Coronavirus, celui-ci a empiré la situation. L’émigration a été stoppée. Le gouvernement a décidé du confinement du pays de mars à mai dernier. Le tourisme, qui commençait à reprendre des couleurs, s’est effondré. L’économie devrait se contracter de 6.5% et le déficit budgétaire plonger à 7% du PIB.

    Rien ne permet  aux Tunisiens de fêter les dix ans du déclenchement de la révolution, et rien d’ailleurs n’est prévu pour cela. 

    Le Président Saïed aimerait de nouvelles élections en 2020 

    Pourtant la démocratie fonctionne. Ennhada qui avait gagné les premières élections et qui a placé son chef historique Rachid Ghanouchi à la Présidence du Parlement, n’a pas pu prendre le contrôle du pays. Aujourd’hui le Président Kaïs Saïed, élu triomphalement sur un discours d’austérité de morale et de justice, a constitué un gouvernement de technocrates sans vraie majorité à l’Assemblée, mais sans qu’Ennadha ne cherche à le renverser, craignant que de nouvelles élections ne diminue son influence. 

    La démocratie fonctionne, avec des élections régulières, et a évité guerre civile et répression. C’est un cas assez rare pour être souligné. Pourtant la situation économique de la Tunisie reste désespérante. C’est pourquoi personne ne cite la Tunisie en exemple. 

    La visite de Le Drian

    La France suit ce qui s’y passe de près. Jean Yves Le Drian s’est rendu à Tunis le 22 octobre. A cette occasion, un prêt de l’AFD de 350 millions d’euros a été confirmé. Il fait suite à l’engagement d’Emmanuel Macron lors de la réception à Paris du Président tunisien. 100 M seront disponibles dés cette année, le reste échelonné en fonction des besoins et des réformes entreprises jusqu’en 2022. Un autre prêt de 38 M a été signé pour financer l’approvisionnement en eau du grand Tunis.

    Jean Yves Le Drian a aussi débloqué une aide médicale d’urgence de 500.000 € pour aider la Tunisie à faire face à l’épidémie de Coronavirus. La France serait disposée aussi à financer un hôpital à Gafsa.

    Les discussions avec le Président Saïed ont porté évidemment sur la lutte contre le terrorisme, sur la prochaine rencontre du dialogue inter-libyen, au début du mois de novembre à Tunis, enfin sur le prochain sommet de la francophonie qui aura lieu à Djerba en novembre 2021.

    L’appui de la France et des Européens est stratégique, non seulement pour le terrorisme, l’immigration ou la Libye, mais pour la réussite de la démocratie en Tunisie. Le printemps s’y fait toujours attendre. Si la démocratie réussit à s’implanter -déjà dix ans- et que l’économie se relève, alors la Tunisie sera un exemple pour l’Afrique et le Moyen-Orient. C’est pourquoi la France entraine avec elle la Banque Mondiale, le FMI, la coopération allemande et européenne. C’est un enjeu aussi important que l’était l’aide européenne aux ex-pays de l’est devenus des démocraties après l’implosion du bloc soviétique. Une Tunisie démocratique et florissante changerait la donne en Méditerranée.

  • Brexit. Chaque jour compte, selon Michel Barnier

    Brexit. Chaque jour compte, selon Michel Barnier

    « Chaque jour compte », a déclaré Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, tandis que les discussions en face à face reprennent avec son homologue britannique, David Frost.

    Londres a accepté de reprendre les discussions à la suite de la déclaration prononcée par Michel Barnier aux députés européens mercredi (21 octobre) selon laquelle « des compromis de la part des deux parties » étaient nécessaires pour conclure les négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE.

    Retrouver le chemin du dialogue

    S’adressant aux journalistes, M. Barnier a indiqué qu’« il était très important de se retrouver de nouveau autour de la table des négociations », car les deux parties à l’accord partagent une « responsabilité commune immense ».

    Plus tôt cette semaine, le porte-parole du Premier ministre Boris Johnson a également reconnu que la date butoir se rapprochait à vitesse grand V.

    Les négociations se dérouleront au Royaume-Uni jusque dimanche (25 octobre), avant de reprendre à Bruxelles et Londres, et ce en présentiel.

    « Les pourparlers se poursuivront simultanément autour de toutes les tables de négociations »

    10 Downing Street.

    Malgré la percée et la reprise des discussions, organisées désormais sur la base de textes juridiques, il ne reste que quelques semaines aux deux parties pour parvenir à un accord et pour que celui-ci soit ratifié d’ici à la fin de l’année, dernière limite. En cas d’échec, les relations commerciales UE-GB tomberont sous l’égide de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC).

    Le sommet européen de la semaine dernière avait longtemps été perçu comme la date butoir pour la conclusion de l’accord. Toutefois, à présent, les représentants concernés semblent l’avoir reportée à mi-novembre, ce qui donnerait aux 27 États membres et au Parlement européen assez de temps pour finaliser la procédure de ratification.

    « Nous avons expliqué à maintes reprises que tout accord devait être trouvé avant la fin de la période transitoire », a rappelé le porte-parole de Boris Johnson, ajoutant qu’« il incombait au bloc de définir la durée nécessaire pour la ratification ».

    le porte-parole de Boris Johnson

    Boris Jonhson prépare le no-deal

    Entre-temps, le gouvernement Johnson a dévoilé un train de mesures jeudi (22 octobre) en cas de « no-deal » à la fin de la période de transition dans le but de minimiser l’imbroglio possible à la frontière britannique.

    D’ailleurs, des lois visant à mettre en œuvre l’Opération Brock – un plan de gestion de trafic à Kent – ont été présentées lors de la campagne « time is running out » (le temps presse), lancée plus tôt cette semaine afin d’encourager le secteur commercial à « agir maintenant » pour que des changements soient garantis d’ici à la fin de l’année.

    Avec ces nouvelles règles les poids lourds empruntant les routes commerciales de la Manche devront obtenir un permis d’accès électronique spécifique à Kent : une stratégie pour faire face aux perturbations et retards occasionnés aux ports de la région.

  • Tribune du Vice-président de la conférence des Imams de France.

    Tribune du Vice-président de la conférence des Imams de France.

    Insulter notre président, c’est insulter la France

    La Conférence des Imams de France condamne fermement les propos injurieux du Président turc Erdogan, envers la France et notre Président de la République Emmanuel Macron. 

    Les Français musulmans n’ont jamais mandaté le président turc pour qu’il s’exprime en leurs noms La majorité des Français musulmans sont patriotes.

    Ils pratiquent leur religion librement et en toute dignité dans leur pays qui est la France. La France est un pays démocratique et laïc qui protège les droits fondamentaux de tous ses citoyens sans aucune distinction religieuse, de race ou d’ethnie. 

    Les propos du Président turc sont inadmissibles, ils visent à nuire à l’unité nationale ainsi qu’à la place des musulmans en France. La Conférence des Imams de France appelle de son côté, le Président turc à reconnaître les droits des minorités au sein de son propre pays et de s’abstenir de donner des leçons de démocratie à la terre entière. Il devrait d’ailleurs s’inspirer de l’expérience française très riche et exemplaire dans le domaine des droits de l’homme et de la reconnaissance des droits des minorités religieuses et ethniques vivant sur notre sol. 

    Le Président Emmanuel Macron n’est pas l’ennemi de l’Islam. 

    La majorité des Français musulmans ont voté pour lui lors des dernières élections présidentielles et il reste très populaire au sein des français musulmans. Les Français musulmans souhaitent que le Président turc cesse d’intervenir sur le sujet de la place de l’islam en France et dans le monde et du traitement réservé à cette foi que partagent certains français en toute liberté. Nous sommes tout à fait conscients que l’instrumentalisation de l’Islam et des musulmans français de la part d’Erdogan est une vielle ficelle politique dont il est coutumier. Sa situation politique dans son pays est fragilisée et pour régler ses problèmes intérieurs, il se cherche des ennemis et le sujet délicat, fédérateur et majeur du monde musulman, est le traitement qui est réservé aux communautés musulmanes dans les pays non-musulmans dont la France fait partie. 

    Les citoyens Français musulmans ne sont pas dupes de ses manœuvres et ne se laisseront pas influencer par ce dictateur d’opérette. 

    Dr Hocine Drouiche

    Dr Hocine Drouiche  – Vice president de la Conference des Imams de France.

  • Les expatriés en danger dans les pays musulmans?

    Les expatriés en danger dans les pays musulmans?

    Les prises de position de certains médias et gouvernements du Proche-Orient contre la France se multiplient. L’émoi suscité par les propos du président Emmanuel Macron au sujet des caricatures du Prophète Mahomet ne faiblit pas.

    « Nous porterons haut la laïcité. Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d’autres reculent. Nous continuerons ce combat pour la liberté et pour la raison […] »

    Emmanuel Macron, Président de la République

    S’ajoute la sortie de Gérard Darmanin sur les produits Halal lors de l’émission sur BFM. Elle a été interprétée comme une attaque directe contre le mode de vie des musulmans.

    « Ça m’a toujours choqué de rentrer dans un hypermarché et de voir qu’il y avait un rayon de telle cuisine communautaire et de telle autre à côté […] C’est comme ça que ça commence le communautarisme »

    Gérald Darmanin, Ministre de l’intérieur

    La Turquie à la manœuvre

    En conséquence, sur les réseaux sociaux, les appels au boycott de produits français se sont multipliés depuis vendredi, à travers des hashtags en arabe. Certains pays, comme le Qatar, ont même décidé de retirer les produits français de leurs magasins.

    La Turquie, l’Iran, la Jordanie ou encore le Koweït ont dénoncé la publication des caricatures du Prophète. Erdogan, le chef d’Etat turc est à la manoeuvre.

    « Tout ce qu’on peut dire d’un chef d’État qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c’est: allez d’abord faire des examens de santé mentale »

    Recep Tayyip Erdogan, Président de la république turque

    La France a réagi immédiatement par le rappel de l’Ambassadeur de France à Ankara. C’est la première fois de la longue histoire des relations diplomatiques franco-turques qui se sont ouvertes sous François Ier. L’acte, dit l’entourage d’Emmanuel Macron, se veut “un signal très fort”.

    Ces tensions s’ajoutent au conflit en Méditerranée pour le pétrole découvert au large de la Grèce, et aux renvois de centaines de professeurs turcs dans leurs pays pour soupçon d’embrigadement islamiste, en classe, des jeunes Français.

    Un boycott relayé et suivi

    Sous l’impulsion, donc des Turcs, c’est petit à petit tout le Proche-orient qui s’embrase contre la France. Al-jazeera, mais aussi ses web-tv à destination des jeunes, relayent ces appels aux quatre coins du monde musulman.

    Au Qatar, comme dit plus haut, les chaînes de distribution Al-Meera et Souq al-Baladi ont annoncé qu’elles « retireraient » les produits français des magasins jusqu’à nouvel ordre. Dans l’un des magasins d’Al-Meera, un correspondant de l’AFP a vu des employés retirer des étagères des confitures de la marque St. Dalfour. l’Université du pays a annoncé vendredi sur Twitter le report de la semaine culturelle française à la suite de « l’atteinte délibérée à l’islam et ses symboles ».

    Au Koweit, une soixantaine de sociétés coopératives, qui sont de grands distributeurs dans l’émirat, ont annoncé un boycott des produits français, a précisé à l’AFP le vice-président de la Fédération des coopératives, Khaled al-Otaibi. « Nous avons retiré tous les produits français, à savoir les fromages, crèmes et cosmétiques des rayons et les avons restitués aux agents agréés de ces marques au Koweït », a-t-il expliqué. Tandis que quelque 430 agences de voyages ont par ailleurs suspendu les réservations de vols vers la France, a indiqué à l’AFP le chef de la Fédération des agences de voyages koweïtiennes, Mohammad al-Motairi.

    Le mouvement s’étend

    Au delà de la Turquie et des pays du Golf, le mouvement prend de l’ampleur. Des milliers d’internautes ont réagi, depuis le Maroc, l’Algérie, la Tunisie en retweetant des séquences qui demandent à répondre aux attaques lancées contre les symboles religieux de l’islam en France.

    L’Organisation de coopération islamique, qui réunit les pays musulmans, a déploré « les propos de certains responsables français […] susceptibles de nuire aux relations franco-musulmanes ». A Tel-Aviv, cette déclaration a été suivie d’une manifestation réunissant 200 personnes Arabes israéliens devant l’Ambassade de France.

    Y-a-t-il un risque pour les Français dans ces pays ?

    Mountassir Hamada, du centre marocain des études et recherches sur le Maghreb (CMEM), indique dans l’Hespress (site marocain) que les campagnes de boycott « s’inscrivent dans un cadre de réaction émotionnelle, naturellement suscitée dans des situations pareilles». Pour lui, ce mouvement devrait s’estompé au fil des semaines. Mais en Algérie, les journaux reviennent sur une France qui en déclarant la guerre à l’islamisme politique sur son territoire s’en prendrait finalement au Prophète de l’Islam et à donc à la religion dans sa globalité. Les vidéos virales qui circulent dans les différents pays sont extrêmement virulentes contre la France et les Français.

    L’amalgame que dénoncent tous ces pays, ne risque-t-il pas aussi de s’appliquer à nos compatriotes ? C’est la question qui se murmure dans tous les postes diplomatiques. Mais aussi dans les communautés françaises installées dans les pays à forte proportion de musulmans. Pour l’instant, elles se murent dans le silence.

    Comme les autorités consulaires qui font profil bas de peur de rajouter de l’huile sur le feu. Aucune consigne n’a été donnée lorsque nous publions ces lignes, le dimanche 25 octobre à 07h45 (UTC). Les élus consulaires restent, eux aussi, silencieux sur leurs réseaux sociaux. L’inquiétude est de voir les pays basculer de la chasse aux produits français à la stigmatisation de nos compatriotes sur place, avec les risques pour la sécurité que cela entrainerait.

    L’autre risque c’est l’embrasement des banlieues françaises. Hier soir, dans un quartier périphérique d’Annecy, le couvre-feu a été accueilli par des tirs de mortier et des chants coraniques. Il est donc important que les campagnes à l’internationale soient endiguées.

    Et les expatriés peuvent être un relais pour expliquer la laïcité et transmettre un message de paix. Car si la France est attachée à la laïcité, elle est aussi attachée à la liberté de culte, elle n’est l’ennemie d’aucune religion et ne le sera jamais tant qu’elle sera, justement, laïque.

  • Clément Beaune, le Ministre aux affaires européennes plaide pour un contrôle des plate-formes numériques par l’UE – interview

    Clément Beaune, le Ministre aux affaires européennes plaide pour un contrôle des plate-formes numériques par l’UE – interview

    Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Clément Beaune, a plaidé pour trouver une solution « d’ici la fin de l’année » afin d’imposer aux plate-formes numériques de retirer rapidement les contenus terroristes en ligne.

    Ce sujet sera porté par Jean Castex qui se rend ce vendredi 23 octobre à Bruxelles pour rencontrer pour la première fois la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à qui il présentera également le plan de relance français.

    Euractiv: Après la décapitation d’un enseignant en banlieue parisienne, le sujet de la haine en ligne et de la diffusion des contenus terroristes est revenu sur le devant de la scène. Or, l’UE semble peiner à réguler les plate-formes numériques. Que peut porter la France ?

    Clément Beaune : « Deux choses. A court terme, il y a un règlement européen qui est sur la table, qui est bon car il permet de demander en cas d’attaque terroriste le retrait des contenus dans un délai d’une heure. Mais cela est bloqué entre le Parlement européen et les Etats membres, avec des questions légitimes sur la liberté d’expression, sur les moyens donnés aux plate-formes. Mais lutter contre le terrorisme en ligne, c’est la meilleure arme pour préserver la liberté d’expression. Donc, on appelle à se remobiliser pour débloquer le sujet, sachant que cela fait déjà deux ans que ce règlement a été proposé. Il faudrait que d’ici la fin de l’année, on ait trouvé un accord.

    Et il y a une proposition que fera la Commission début décembre, sur la question de la régulation du monde numérique en général, mais qui doit aussi comporter un renforcement des règles de lutte contre les contenus terroristes ou violents. Aujourd’hui les plate-formes ne sont pas responsables de leurs contenus et c’est quelque chose qu’il faut changer. »

    Euractiv: Quarante milliards d’euros sur les 100 du plan de relance français doivent être apportés par l’Union européenne. Où en est-on du processus pour que ces fonds soient débloqués, alors que les discussions achoppent avec le Parlement européen sur le budget et le plan de relance européen?

    Clément Beaune: « On a été le premier pays à dévoiler notre plan de relance. Chaque pays pouvait envoyer à partir du 15 octobre son plan à la Commission pour le présenter et on voulait marquer cet engagement rapide par cette rencontre entre le Premier ministre et la présidente de la Commission.

    On essaye d’avoir un accord avec le Parlement européen. Ça met quelques semaines, un peu plus que ce qu’on aurait aimé. J’espère que dans les 2-3 semaines qui viennent, on pourra avoir un accord qui permettra d’avoir un budget pour 2021-2027 et un plan de relance en place début 2021. C’est un objectif atteignable.

    Ensuite, il y aura une coordination de ces plans de relance lors d’une discussion qui aura lieu tout début 2021 entre la Commission et les Etats membres. »

    Euractiv: Il existe aussi des désaccords au sein des Etats membres, certains voulant conditionner les aides versées au respect de l’état de droit, ce que la Pologne et la Hongrie refusent. A force de débats, y a-t-il un risque que ces fonds n’arrivent pas ou trop tard ?

    Clément Beaune: « J’espère que l’on trouvera un compromis d’ensemble d’ici la mi-novembre. On est engagé avec les Allemands là-dessus et c’est notre objectif pour ne pas ralentir l’ensemble du budget et le plan de relance au niveau européen. Il y a un intérêt commun de démontrer l’efficacité de l’Union européenne. On a été très rapide pour trouver un accord en juillet entre Etats membres, il ne faut pas perdre cet élan. Puis beaucoup de pays qui ont des débats ou qui bloquent ont un intérêt majeur à avoir des fonds rapidement. Il y a un épisode de tension normal car on est dans une négociation, il y a des montants jamais vus. Que tout cela mette quelques semaines à atterrir n’est pas une aberration démocratique et politique. »

  • Le Lycée français de Los Angeles fête le cinéma d’animation en ligne

    Le Lycée français de Los Angeles fête le cinéma d’animation en ligne

    A l’occasion de la journée internationale, la section culturelle du Lycée Français de Los Angeles célèbre le film d’animation.

    Grace au soutien de nombreux sponsors dont, ELMA, TV5 Monde et la filiale locale de la banque BNP Paribas, Pierre Loup, le directeur artistique mettra en avant l’art de l’animation cinématographique dans l’espace culture du Lycée, le Théâtre Raymond Kabbaz.

    Cette année, le directeur artistique a décidé de mettre en avant les réalisatrices avec trois courts métrages sur sept réalisés par des femmes.

    «Le film d’animation est l’un des meilleurs moyens de transmettre intuitivement une gamme d’émotions, d’attitudes, de pensées, et de sentiments. Cette série présente un point de vue européen sur le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, imprégné d’espoir, d’humour et d’optimisme pour l’avenir. Elle s’adresse à tous ceux qui aiment non seulement le médium créatif de l’animation, mais aussi à tous ceux qui aiment les scénarios surprenants, émouvants, honnêtes, bref les histoires humaines »

    Pierre Loup, directeur artistique

    7 courts métrages

    Organisée autour d’une soirée (Pacific Time), le mercredi 28 octobre à 20h, la fête comprendra une variété de courts métrage d’animation (films de 2019 et 2020), avec une sélection issue de France, de Belgique et du Portugal.

    7 courts métrages seront présentés. Ils ont été sélectionnés pour leur capacité à reflèter notre temps. Les oeuvres capturent ainsi l’esprit de l’époque dans laquelle nous vivons, le tout imprégné d’humour et d’une force poétique.

    Si vous êtes en Californie, vous pouvez acheter des tickets en cliquant ICI. Pour les autres, il sera possible d’acquérir des pass pour visionner en ligne les films pendant une durée de 3 heures (Attention il faut être sur le territoire de l’Etat californien ou utiliser un VPN – l’utilisation d’un VPN peut être considéré dans certains Etats dans le monde comme un délit).

    L’animation ? Un marché porteur pour les artistes français ?

    Pourquoi le Lycée français, niché dans la capitale du Cinéma, s’intéresse donc spécifiquement à l’animation ?

    Car, il y a un engouement des Américains pour les professionnels français de l’animation !

    D’abord par la qualité de leur travail, bien sûr, mais aussi par la mise en place, depuis 2016, d’un crédit d’impôt international (C2I), jusque-là inexistant. Quand la production est étrangère mais que tout ou partie de la fabrication s’effectue en France, ce crédit peut représenter jusqu’à 30% des dépenses du film sur le territoire, avec un plafond à 30 millions d’euros. Du coup, aux yeux des producteurs américains, « streamers » en tête (les Netflix et consorts), le dispositif a relancé l’attrait de la France face à d’autres pays, même si la Grande-Bretagne, le Canada, ou l’Australie offrent encore des aides plus avantageuses.

    « On est vraiment dans une logique de concurrence internationale et, avec cette mesure, nous sommes revenus sur la carte mondiale ».

    Stephan Bender, chargé des relations avec les Industries techniques et Communication à FILM FRANCE, à l’AFP en 2017

    Plus que les longs-métrages, les films d’animation ont été les premiers à bénéficier du boom en raison d’une application plus large de l’avantage fiscal.

    En tout cas, avec ce coup de pouce, Hollywood s’est mis à redécouvrir les multiples talents cinématographiques des Frenchies. Certains en étaient déjà convaincus, comme Steven Spielberg, dont le studio londonien, fondé en 1989, employait une foule de Français. Idem pour Disney, qui à la même période avait posé ses valises à Montreuil. Quand le père d’E.T. a cessé son activité européenne pour retourner en Californie y lancer DreamWorks, des Parisiens l’ont accompagné.

    On souhaite donc aux lycées de Los Angeles de s’inspirer de ces réussites et de revenir en France faire vivre leur talent. Cette initiative s’inscrit pleinement dans le renforcement du pont entre les USA, le premier producteur de films au monde, et la France, qui inventa le Cinéma, 4ème producteur mondial (3ème dans l’animation).

  • 54 départements sous couvre-feux en France

    54 départements sous couvre-feux en France

    Après l’Ile-de-France et huit métropoles françaises, 38 nouveaux départements vont devoir respecter un couvre-feu à partir de ce samedi, a annoncé Jean Castex ce jeudi lors de la conférence de presse hebdomadaire liée au coronavirus.

    « La circulation atteint un niveau extrêmement élevé », s’inquiète le Premier ministre, ajoutant qu’il y a eu « un doublement du nombre de cas en 15 jours » et que « le nombre de cas chez les plus de 65 ans a triplé en 6 semaines. »

    Jean Castex, Premier ministre, lors de sa conférence de Presse ce 22 octobre 2020

    Quels départements concernés?

    Dans ces territoires, un couvre-feu devra être appliqué de 21 heures à 6 heures du matin et « normalement pur une durée de six semaines ». « Il faudra pour sortir après 21h se munir d’une attestation », rappelle Jean Castex. Avec les territoires de samedi dernier, 46 millions de Français seront au total concernés par le couvre-feu.

    Voici la liste des départements qui étaient déjà concernés par les mesures de couvre-feu:

    Bouches-du-Rhônes,

    Essonne,

    Haute-Garonne,

    Hauts-de-Seine,

    Hérault,

    Isère,

    Loire,

    Nord,

    Paris,

    Rhône,

    Seine-et-Marne,

    Seine-Maritime,

    Seine-Seint-Denis,

    Val-de-Marne,

    Val-d’Oise,

    Yvelines.

    Voici les 38 nouveaux départements:

    Ain,

    Alpes-Maritimes,

    Ardèche,

    Ardennes,

    Ariège,

    Aube,

    Aveyron,

    Bas-Rhin,

    Calvados,

    Corse du Sud,

    Côte-d’Or,

    Drôme,

    Gard,

    Haute-Corse,

    Haute-Loire,

    Haute-Savoie,

    Haute-Vienne,

    Hautes-Alpes,

    Hautes-Pyrénées,

    Ille-et-Vilaine,

    Indre-et-Loire,

    Jura,

    Loiret,

    Lozère,

    Maine-et-Loire,

    Marne,

    Meurthe-et-Moselle,

    Oise,

    Pas-de-Calais,

    Puy-de-Dôme,

    Pyrénées-Atlantiques,

    Pyrénées-Orientales,

    Saône-et-Loire,

    Savoie,

    Tarn,

    Tarn-et-Garonne,

    Var,

    Vaucluse.

    La Polynésie Française est également concernée.

  • Delphine Petit est Kraamzorg aux Pays-bas !(?)

    Delphine Petit est Kraamzorg aux Pays-bas !(?)

    Pour ce nouvel entretien sur le site Les français.press, l’expatpreneure Adeline Verdier-Velten, fondatrice de The Musettes , a interrogé Delphine Petit, expat à Amsterdam.

    Un métier qui n’existe qu’aux Pays-Bas

    Ce n’est ni une doula, ni une sage-femme mais une Kraamzorg!…Que se cache derrière ce mot particulier qui ne trouve aucune autre définition ou équivalent dans le monde? Mettons ensemble un pied dans le monde de la naissance. Une naissance pour qui? Et bien pour le bébé mais une naissance aussi pour les parents, pour le couple. Delphine nous confie les subtilités de ce métier qui n’existe qu’ici en Hollande. Et si les autres pays s’en inspirait?

    C’est une histoire d’amour et d’expatriation

    Parfois la vie réserve de belles surprise… Si Delphine s’est installée aux Pays-Bas c’est qu’il en a été décidé ainsi… Enfin son amour de jeunesse a mis son grain de sel tout de même… Désormais, Delphine aime sa vie hollandaise et nous parle avec tendresse et expérience de l’expatriation. Des différences culturelles entre la France et le plat pays, de la qualité de vie qu’offre son nouveau chez soi. On écoute cette jolie histoire?

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    Les meilleurs moments de la rencontre avec Delphine Petit

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  • Les lycées français de l’étranger rendent hommage à Samuel Paty

    Les lycées français de l’étranger rendent hommage à Samuel Paty

    Le vendredi 16 octobre, Samuel Paty, professeur d’histoire du collège du Bois d’Aulne à Conflans Sainte-Honorine a été lâchement assassiné parce qu’il enseignait à des élèves la liberté d’expression, la liberté de croire et de ne pas croire.

    Victime d’un attentat terroriste islamiste caractérisé, il a été tué parce qu’il remplissait avec engagement, compétence et humanité sa mission, l’une des plus élevées de notre République.

    À travers lui, ce sont les valeurs les plus fondamentales de la République qui sont attaquées.

    Des valeurs partagées dans tous les lycées français

    Si les représentants de la République à l’étranger ont salué la mémoire de Samuel Paty, c’était également le cas des établissements français à l’étranger. Les hommages furent planétaire, comme à Shanghai (Chine), à Malabo (Guinée Équatoriale), au Luxembourg, à Bruxelles (Belgique), Madrid (Espagne) ou encore à Prague (République Tchèque) mais aussi à Los Angeles (USA), etc. Les écoles françaises à l’étranger, qui n’étaient pas en vacances, ont, donc, organisé une minute de silence entre le mercredi 21 et le vendredi 23 octobre 2020 . Ces moments de recueil furent l’occasion d’échanger avec les élèves sur la liberté d’expression et la laïcité. Des valeurs qui ne sont pas évidentes dans tous les pays.

    Hommage à Bruxelles en présence de 3 élus consulaires (Agir/LREM, LR, UDI) et de Mme L’Ambassadrice Hélène FARNAUD – DEFROMONT le jeudi 22 Octobre 2020

    Si aucun incident n’a été à regretter, les débats sur la laïcité à l’école sont plus complexes à tenir à l’étranger. C’est pourtant une des missions prioritaires de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger, même si certains déplorent une équation à variables comme au Qatar où le programme fait l’impasse sur ces sujets.

    « Elle (la laïcité) est bien comprise puisque nous nous adaptons aux contextes locaux mais nous restons forts sur les valeurs qui la fondent et notamment, la formation de l’esprit critique (…) c’est l’un des enjeux majeurs pour nos établissements d’enseignement français à l’étranger. »

    Olivier Brochet, directeur de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE) sur France Culture.

    Les mêmes difficultés qu’en France

    « On demande aujourd’hui aux professeurs d’être les hussards de la République, dans un temps inédit de tentation obscurantiste et d’interventionnisme des parents quand ce n’est pas de collectifs religieux ou politiques. »

    Mehdi Benlahcen, professeur à Lisbonne, et Président du groupe ADFE, solidarité et écologie à l’Assemblée des Français de l’étranger

    Pour de nombreux spécialistes, cet attentat va marquer un tournant pour l’enseignement de l’esprit critique et sur la place de la religion dans la société française… mais ailleurs ?

    En effet, encore plus qu’en France, les professeurs sont confrontés à des remises en question du contenu du programme. Faut-il le rappeler ? Le cloisonnement de la foi à la sphère privée est une spécificité française. Dans de nombreux pays, pas seulement musulmans, la place de Dieu est dans la sphère publique. On peut citer, pour exemple, le voisin allemand, le cousin canadien ou américain sans oublier évidemment les pays d’Amérique du Sud où l’Eglise règne sans partage sur les valeurs comme les mosquées dans les pays de confession musulmane.

    A l’heure de la pandémie et de la crise financière, au moment où le rapport du député Frédéric Petit sonne l’alarme sur l’état du réseau culturel français à l’étranger, tous se demandent comment les établissements vont pouvoir renforcer leur enseignement civique et leur sécurité.

    Car si le monde pleure avec nous, Samuel Paty, il est sur que les établissements français risquent de devenir une cible privilégiée pour les intégristes de tous poils sur la planète.

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