La liste électorale consulaire... une mine d'infos ! L'exemple de Toronto.

La liste électorale consulaire... une mine d'infos ! L'exemple de Toronto.

Données démographiques tirées d’une liste électorale consulaire.

 

Comme tous mes collègues conseillers consulaires, désormais conseillers des Français de l’étranger, nous avons le droit d’obtenir une copie de la Liste Électorale Consulaire (LEC) pour fins de communications. Cette même LEC peut aussi être obtenue par les candidates et candidats aux élections pour fins de propagande. Permettez-moi de vous indiquer ce qu’on y trouve et ce qu’on peut faire dire à la LEC avec quelques outils de base.

La liste électorale consulaire, le plus souvent livrée par le poste au format Excel, contient les éléments suivants : nom de naissance, nom d’usage, prénoms, date de naissance, lieu de naissance, pays de naissance, adresse de résidence, le code postal, la ville et l’adresse de courrier électronique.

Passionné par ma circonscription et particulièrement intéressé par sa composition et sa répartition, je m’adonne depuis plusieurs années à une analyse approfondie de cette fameuse LEC. En premier lieu, avant tout traitement informatique, je retire de suite toutes les données nominatives, il ne me reste plus que des données brutes sans nom, donc sans identité propre. À partir de celles-ci je peux, en utilisant les fonctions de base dans Excel, appliquer des filtres et fonctions afin d’en extraire des informations utiles.

 

Un outil puissant

Première opération : extraire tous les codes postaux dans un fichier unique. Au Canada, nous avons la chance d’avoir un système de code postal d’inspiration britannique, au format A0A 0A0. Ainsi, je peux, après avoir imposé un filtre de classement alphabétique, obtenir une liste ordonnée m’indiquant par exemple combien de compatriotes vivent dans une région avec un code postal commençant par K1, K2, K3 ou K4 : ici les Françaises et Français installés dans la capitale fédérale canadienne d’Ottawa.

 

Avec diverses ressources en ligne, je peux créer des cartes détaillées, code postal par code postal. C’est ainsi que j’ai pu créer une infographie qui indique que dans la circonscription de Toronto, 20 % habitent Ottawa, 20 % la grande banlieue de Toronto, 50 % vivent à Toronto et 10 % se retrouvent dans le reste de la circonscription, ce qui inclut l’immense province du Manitoba.

 

 

Deuxième opération : les pays de naissance. Avec un logiciel tableur, on peut prendre une liste des pays du monde et y associer le nombre de fois que ce pays apparaît dans la LEC grâce à une petite formule. Bien entendu, il faut d’abord écumer la liste, l’administration fait parfois des erreurs lors de la saisie et un accent de plus ou de moins peut créer des duplicatas. Par cette opération, j’ai pu constater que 63 % des Françaises et Français de la circonscription sont nés en France métropolitaine, 2 % en Outre-mer et 33 % sont nés à l’étranger. Cette dernière classe inclut 16% de nés au Canada, le plus souvent des Français de 2e, 3e génération nés hors de France dans leur pays d’accueil ou des personnes ayant acquis la nationalité du conjoint par exemple. Quant au 17 % restant, ni nés au Canada, ni nés en France, on retrouve à la fois des Français nés à l’étranger et ceux qui ont acquis la nationalité française. Aucune donnée nominative n’étant conservée, ces données sont à prendre avec les précautions qui s’imposent, mais ils brossent un portrait intéressant des compatriotes de la circonscription.

 

 

Troisième opération : les classes d’âge. N’ayant pas de colonne indiquant le genre, il est impossible de savoir quelle en est la proportion relative. Une opération manuelle pourrait être effectuée, mais ce serait fastidieux. En revanche, avec quelques fonctions du logiciel tableur, on peut transformer la date de naissance en année de naissance, puis en soustrayant l’année en cours, obtenir l’âge et le nombre de fois que cette donnée apparaît. C’est ainsi que j’ai pu trouver qu’il y a 173 personnes ayant 19 ans dans la circonscription et que le doyen ou la doyenne a 98 ans. Bien entendu, ce qui est plus intéressant, c’est de savoir qu’il y a 35 % des Françaises et Français de la circonscription qui ont moins de 35 ans, que 40 % ont entre 36 et 55 ans et que 25 % constituent ceux qui ont plus de 56 ans.

 

 

Interpellé sur les réseaux sociaux, suite à la publication de quelques données choisies, j’ai dû préciser qu’en effet, ces données ne concernent que les inscrits sur la LEC, ce qui d’une part ne constitue pas le registre intégral des Français de l’étranger et que de surcroit, près d’un Français sur deux ne s’inscrit pas auprès du Consulat.

 

Ces données constituent donc un portrait imparfait de la population Française de la circonscription consulaire, mais ils ont au moins le mérite d’exister.

 

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Marc Albert Cormier est élu des Français de Toronto.

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