Les écoles de Dubaï rouvrent en présentiel après six semaines de fermeture

Les écoles de Dubaï rouvrent en présentiel après six semaines de fermeture

Alors que les établissements scolaires étaient fermés depuis le début du conflit, les autorités émiraties ont confirmé que les écoles de Dubaï reprenaient les cours en présentiel ce lundi 20 avril. Les crèches et les nurseries ont d’ores et déjà rouvert. Après près de six semaines de fermetures et d’enseignement à distance, cette décision marque la fin progressive d’une parenthèse marquée par les tensions régionales.

La gestion des établissements français à Dubaï

Arnaud Lacheret, professeur à l’Academic Dean, SKEMA Business School à Dubaï, et auteur, décrit un soulagement général : « Après presque deux mois de tensions, drones, missiles de croisière et balistiques, nous sommes désormais suffisamment en sécurité pour reprendre. » Il souligne cependant la charge de travail supplémentaire imposée par la crise : « Basculer en distanciel, gérer les départs précipités, langoisse des étudiants, organiser les examens et garantir les accréditations a demandé un surcroît de travail, et tout cela sous la menace permanente. »

« Nous sommes désormais suffisamment en sécurité pour reprendre »

Les deux lycées français de Dubaï, rattachés à l’AEFE, avaient également basculé en enseignement à distance. Le lycée français international Georges Pompidou comprend 2500 élèves environ.  Il possède notamment la particularité de scolariser une très forte proportion de français (Environ 2/3 de l’effectif) et est lié par une convention avec l’AEFE.

Le lycée français international de Dubaï (AFLEC) est quant à lui un établissement partenaire géré par une Association franco-libanaise avec un degré d’autonomie de gestion plus grand vis à vis de l’AEFE. Il comprend 3000 élèves. L’existence de ces deux établissements permet de mesurer l’attractivité du pays pour les expatriés venant s’y installer avec leur famille comme le dynamisme de la coopération entre la France et les autorités de l’Émirat.

Arnaud Lacheret professeur à la Skema Business School de Dubaï.
Arnaud Lacheret professeur à la Skema Business School de Dubaï.

L’AEFE a été réactive dès le début de la crise : L’Agence a pu s’appuyer sur ses dispositifs de crise, renforcés depuis la pandémie de Covid‑19, et sur une coordination étroite avec le centre de crise du ministère des Affaires étrangères (CDCS). Un poste de conseiller sécurité auprès de la direction de l’AEFE a aussi contribué à la gestion de cette situation.

Jean* (prénom modifié), professeur dans un établissement AEFE à Dubaï, témoigne : « La crise a été bien gérée ici. Malgré des images de panique à laéroport et des vidéos anxiogènes, tout est resté sous contrôle. Le consulat et les autorités locales ont été présents. » Il ajoute que la culture locale impose souvent un devoir de réserve, mais qu’au final l’essentiel reste : « On retrouve nos classes. »

Mesures et précautions à la réouverture

La réouverture s’accompagnera vraisemblablement d’un phasage des entrées et sorties, et d’un encadrement des déplacements et rassemblements des élèves en cas d’alerte.

Lycée français international de Dubaï
Lycée français international de Dubaï

Les autorités émiraties ont présenté la reprise scolaire comme un signal fort de retour à la normale. Hervé Sérol conseiller des Français de l’étranger, estime que « les Émirats sortent renforcés de cette crise et quils ont montré leur capacité à rebondir.»

Contexte régional et perspectives

Si les négociations entre l’Iran et les États‑Unis restent incertaines, la reprise des activités scolaires représente une première bonne nouvelle pour les familles et les équipes éducatives. Reste à préserver la sécurité et la continuité pédagogique, tout en restant vigilants face à l’évolution de la situation régionale. Ce retour progressif au calme sur le front de la guerre pourrait cependant déboucher sur d’autres tensions, internes à l’AEFE, alors que les discussions autour de la réforme de l’Agence et du réseau rentrent dans le dur. Parents et enseignants restent mobilisés sur ce front là.

Auteur/Autrice

  • Boris Faure est l'ex 1er Secrétaire de la fédération des expatriés du Parti socialiste, mais c'est surtout un expert de la culture française à l'étranger. Il travaille depuis 20 ans dans le réseau des Instituts Français, et a été secrétaire général de celui de l'île Maurice, avant de travailler auprès des Instituts de Pologne et d'Ukraine. Il a été la plume d'une ministre de la Francophonie. Aujourd'hui, il collabore avec Sud Radio et Lesfrancais.press, tout en étant auteur et représentant syndical dans le réseau des Lycées français à l'étranger.

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