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  • Grand Débat, suite et fin avant les conclusions

    Grand Débat, suite et fin avant les conclusions

    Le Grand Débat c’est terminé ! En tout cas dans sa partie consultative !

    Démarre maintenant une période de compilation des réponses. Les conclusions du Grand Débat, et surtout la suite qui en sera donnée, devraient être connues en avril.

    282 réunions chez les Français de l’Etranger dans 82 pays

    Une participation massive

    Les Français se sont massivement intéressés au Grand Débat.

    Sur le site internet dédié, 2 684 775 visiteurs uniques et 650 000 inscrits vendredi 15 mars à 11h00. Pour les réunions, 10 405 réunions référencées dont 282 réunions chez les Français de l’Etranger dans 82 pays. Elles ont été organisées à 30% par les citoyens, 50% par les élus et institutions, 19% des organisations à but non lucratif et 1% des organisations à but lucratif.

    Chez les Français de l’étranger, c’est souvent les Elus consulaires qui les ont organisés.

    Les Français de l’étranger impliqués dans le débat

    Les Français expats ont participé en masse à ces débats, reprenons quelques exemples.

    A Barcelone, par exemple, le 21 février, les Français d’Espagne ont débattu notamment du coût du Lycée Français. Une problématique présente dans d’autres circonscriptions également. Les autres problématiques de ce débat express de deux heures furent assez classiques : le gaspillage d’argent public, et la défiance grandissante d’une partie de la population, dont les gilets jaunes, envers le gouvernement.

    A Londres, capitale du Brexit et où de nombreux Français sont désemparés face à l’échéance de cette décision, M. Alexandre Holroyd a initié le Grand Débat.

    Une manière de souhaiter le retour de l’ISF qui est pourtant l’une des raisons pour lesquelles certains Français de l’étranger sont stigmatisés.

    Organisé au lycée international Winston Churchill de Londres devant une cinquantaine de personnes, nettement moins que dans d’autres capitales européennes, l’une des réunions fut aussi l’occasion de parler notamment du gaspillage de l’argent public. Deux conclusions sur ce point : l’Etat dépense trop, et il est nécessaire de rétablir les dépenses symboliques. Une manière de souhaiter le retour de l’ISF qui est pourtant l’une des raisons pour lesquelles certains Français de l’étranger sont stigmatisés.

    A Karlsruhe en Allemagne, la fiscalité fut encore l’une des thématiques abordées. Celle-ci se retrouve régulièrement au cœur des échanges parmi les Français de l’étranger comme de métropole.

    la qualité des services consulaires 

    A Bruxelles, de manière générale, les Français de Belgique souhaitent que la qualité des services, notamment consulaires, reflètent l’importance de la communauté en Belgique. La question des coûts du Lycée Français est également un sujet récurrent.

    Citons également par exemple New YorkMarlène Schiappa subit de la part de l’audience une critique vive du personnel politique, ainsi que Singapour, où l’existence d’un péage urbain fut reprise en exemple, et Toronto, ou les Français du Canada ont reconnu que les transports publics locaux sont assez peu performants.

    La réforme des élus Français de l’Etranger en débat

    Parmi les questions posées, et les réponses qui pourront y être apportées, se trouve notamment la question de la représentation des Français de l’étranger. Une diminution du nombre de députés Français de l’étranger, 11 actuellement, et une circonscription unique et à la proportionnelle, est envisagée. Une réforme des élus consulaires, voire leur suppression, pourrait être envisagée aussi.

    Le mois prochain devrait être l’occasion de savoir si les organisateurs du Grand Débat penchent dans cette direction ou si-il y a plus d’ambition ! Après cela, une autre séquence politique, aussi importante, celle des élections européennes.

  • 30ème session de l’Assemblée des Français de l’Etranger à Paris

    30ème session de l’Assemblée des Français de l’Etranger à Paris

    Du 11 au 15 mars se sont déroulé les réunions de l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE). Regroupant 90 membres parmi les conseillers consulaires, l’AFE est une assemblée consultative chargée d’une mission de conseil auprès du gouvernement.

    Regroupant notamment le Secrétaire d’Etat Lemoyne, du directeur des Français de l’Etranger et de l’administration consulaire, des Sénateurs des Français de l’Etranger, la réunion de l’AFE s’est étalée sur 5 jours.

    Vote électronique et scolarité des Français de l’étranger à l’ordre du jour

    Parmi les sujets présentés, celui du vote électronique pour les élections consulaires. Comme nous l’avait indiqué le député Roland Lescure lors de son interview, l’objectif est de le mettre en place pour ces élections en 2020. Une problématique récurrente et ce notamment dans les circonscriptions géantes des Français de l’Etranger. Le taux de participation à ces élections est historiquement faible. Le vote électronique devrait lutter contre.

    Autre sujet à l’ordre du jour, celui des écoles françaises à l’étranger. Cette question est aussi un sujet récurrent, et notamment dans le cadre du Grand Débat. Le gouvernement met en avant le gel de la baisse des subventions à l’AEFE comme une avancée par rapport aux précédents quinquennats. Il doit encore réussir à convaincre les Français de l’Etranger qui sont souvent choqués par les coûts, généralement en hausse, des frais de scolarité.

    Quel avenir pour les élus des Français de l’étranger ?

    Autre question qui a surement fait débat dans les couloirs de l’AFE, celle de l’avenir même de cette institution. Surtout après la confirmation de l’absence de réforme de la représentation des FdE avant les élections consulaires comme le Secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne l’avait communiquée à notre journal dès le 8 mars

    Le Grand Débat comporte en effet un volet institutionnel. Celui-ci pourrait aboutir à de grands changements, dans un futur post élections consulaires, pour les assemblées.  L’une serait éventuellement d’une réduction du nombre de députés avec une élection des députés français de l’étranger dans une circonscription unique et à la proportionnelle.

    Une dernière pourrait être l’évolution du statut des élus consulaires, voire leur suppression. Ceux-ci, Grands Electeurs pour les Sénateurs des Français de l’étranger, ont aussi, nous l’avons vu, un rôle consultatif, à travers l’AFE, à travers leurs permanences consulaires aussi.

    Nul doute que les conclusions du Grand Débat, qui devraient être présentées en avril, seront observées avec attention.

  • Les 90 ans de Maigret: 1929 – 2019

    Les 90 ans de Maigret: 1929 – 2019

    Jules Maigret est né sous la plume de l’écrivain belge Georges Simenon, en 1929. Plus connu sous le titre de Commissaire Maigret, le célèbre enquêteur nonagénaire voit ses péripéties ressortir en 10 volumes pour ses 90 ans, reprenant la totalité de ses 75 romans, aux Éditions Omnibus. Il est marié à Louise, épouse discrète qui ne l’ennuie jamais avec le temps qu’il passe à la Police Judiciaire, préférant lui préparer son plat préféré : la blanquette de veau, dans leur appartement du 132 Boulevard Richard-Lenoir, dans le 11ème arrondissement parisien.

    Le commissaire Maigret interprété par Jean Gabin. Crédit photo : Flickr

    Les quinquas et plus se souviennent tous de son chapeau, sa pipe et son long manteau large. Le commissaire Maigret a été interprété par 25 acteurs, dont les plus connus furent Pierre Renoir, Michel Simon, jean Gabin, Jean Richard et Bruno Cremer.

    Période Jean Richard

    Pour beaucoup, Le Maigret le plus célèbre reste celui interprété par Jean richard, dans la série « Les enquêtes du commissaire Maigret » diffusée entre le 14 octobre 1967 et le 10 juin 1990 sur la première chaîne de l’ORTF puis sur Antenne 2. L’interprétation de Jean Gabin reste également dans les mémoires, avec son phrasé unique et une présence incroyable à l’écran.

    Georges Simenon le 10 mai 1965. Crédit photo : Jac de Nijs/Anefo© – Wikipedia

    Le commissaire interprété par Jean Richard, ici en 1974. Crédit photo : Wikipedia

     

  • Entreprises et administration vont manquer de bras pour gérer la frontière post-Brexit

    Entreprises et administration vont manquer de bras pour gérer la frontière post-Brexit

    À deux semaines du Brexit, le secteur du transport et de la logistique tente d’anticiper les éventuels droits de douane et contrôles renforcés. Mais les entreprises comme l’administration n’ont pas le personnel nécessaire.

    De part et d’autre de la Manche, c’est un peu la panique avant le Grand Soir. « En ce moment, la fréquentation d’Eurotunnel est en train de battre tous les records, car tous les clients sont en train de pousser du stock» assure Olivier Thouard, président de la commission Brexit de l’Union Transport et Logistique de France Overseas (TLF). Une situation qui rassure le responsable, puisque les flux devraient se ralentir quelque peu en avril. L’organisation a improvisé une conférence de presse le 14 mars, dans la foulée du rejet de l’accord de Brexit par les parlementaires britanniques.

    À moins de deux semaines de la date butoir pour la sortie du Royaume-Uni, avec ou sans accord, les professionnels du transport et de la logistique, ainsi que les douanes françaises se sont préparés autant que faire se peut.

    « La plus grande difficulté, c’est qu’on est toujours dans l’incertitude » nuance Séphane Hamouche, directeur des affaires douanières de Bolloré Logisitics, et président de la commission douane TLF Overseas.

    C’est seulement le 14 mars que le gouvernement britannique a détaillé le nouveau régime douanier qui serait mis en place de façon temporaire, pendant douze mois maximum, en cas de sortie de l’Union européenne sans accord. Ainsi, 82% des importations en provenance de l’Union européenne ne seraient pas soumises à des droits de douane, contre 100% aujourd’hui.

    « Les droits de douane en cas de « no deal » il y en aura », reconnait Olivier Thouard. Mais pour s’acquitter de ces nouvelles obligations, les entreprises exportatrices vont devoir mettre les bouchées doubles. «Il va falloir se mettre à la déclaration de douane anticipée » explique le représentant de TLF Overseas.

    Frontières intelligentes

    Anticiper les déclarations de douanes en numérisant au maximum les procédures, et mettre en place une « frontière intelligente », la solution s’impose côté français pour éviter la saturation des infrastructures à Calais ou Dunkerque, où la saturation guette. « L’objectif de la frontière intelligente c’est de ne pas s’arrêter, car il n’y aura pas la place pour que les camions s’arrêtent, même une heure » explique Olivier Thouard

    Concrètement, pour effectuer ces déclarations anticipées, les entreprises devront s’équiper en personnel de déclarants. Chez  GEFCO par exemple, notre volume de déclaration va augmenter de 50% avec le Brexit. On est en plein de recrutement pour assurer les déclarations. On a embauché 30 personnes supplémentaires »  détaille explique Olivier Thouard.

    Au sein des entreprises adhérentes de TLF, les besoins en personnel pour assurer les déclarations de douane avec le Royaume-Uni s’élèvent à environ 1000 postes.

    « Mais on n’embauche pas au cas où ! On embauche quand on en a besoin », Herbert de Saint Simon, président de TLF Overseas.

    Éviter le blocage

    « Comme on veut tous éviter un blocage des ports et d’Eurotunnel, il faut faire les démarches douanières en amont. Il ne faudra pas arriver sur un port sans avoir fait les opérations douanières en amont, sinon on va tout bloquer » martèle Olivier Thouard.

    La crainte de la congestion aux points de passage de la future frontière – comme Calais – s’est accrue côté français avec la « grève du zèle » entamée par les douaniers pour dénoncer le manque de moyens affecté à la gestion du Brexit.

    Le gouvernement a recruté 700 douaniers supplémentaires pour faire face au Brexit. Mais l’effort est jugé insuffisant par les agents des douanes, qui craignent une dégradation de leurs conditions de travail et demandent davantage de recrutements.

    Pour faire pression, les douaniers ont renforcé les contrôles à la frontière, entraînant des kilomètres de bouchons sur l’A16 en direction du site d’Eurotunnel. « Ce qui se passe à Calais en ce moment montre bien qu’avec un grain de sable dans le système Eurotunnel, et toute l’autoroute est bloqué » explique Herbert de Saint Simon.

    De fait, l’entreprise Eurotunnel, concessionnaire de l’infrastructure du tunnel sous la Manche, a ouvert en 1994 alors que le Royaume-Uni avait déjà rejoint la communauté européenne. Résultat, le système de douane n’a jamais fonctionné dans le tunnel sous la Manche.

    Les flux de marchandise pourraient cependant se tarir après le Brexit, car les entreprises sont en train d’envoyer le maximum de marchandise outre-Manche avec l’échéance du 29 mars.

    Un article de notre partenaire

  • Islam en Europe, mythes et réalités.

    Islam en Europe, mythes et réalités.

    Combien de musulmans vivent dans les pays européens? The Economist avait fait poser la question aux citoyens des différents pays européens et comparé les réponses données avec les vrais chiffres. Les Français estiment, par exemple, par exemple, que les Musulmans représentent un tiers des habitants du pays. En fait, la bonne réponse est 8%. Une surestimation qui multiplie par quatre la réalité.

    Encore la France est-elle le pays où la proportion de ceux qui se déclarent musulmans est la plus élevée. Devant l’Allemagne, la Belgique(6%), le Royaume-Uni et la Suède (5%). Mais les Allemands pensent que les Musulmans représentent 19% de la population, les Belges 29%, Les britanniques, 19% et les Suédois 17%.

    Les écarts sont moins importants, relativement, qu’en France. Est-ce parce que les Musulmans y sont moins nombreux? Pas du tout. Les écarts les plus importants, voire fantasmagoriques, sont dans les pays où les Musulmans sont peu nombreux: en Pologne, ils représentent 0,1% de la population. Mais les Polonais croient qu’ils sont 5%. En Hongrie leur nombre est de 0,1%, leur  perception de 7%. En Italie, ils sont 4%, mais les Italiens les croient 20%, cinq fois plus. Et en Espagne, où ils sont 2%, huit fois plus: 16%.

    En moyenne, les Européens évaluent le nombre de Musulmans huit fois ce qu’il est réellement.

     

  • A Gaza, des négociations contre le chaos.

    A Gaza, des négociations contre le chaos.

    Le plan de paix américain n’en finit pas d’être annoncé et reporté. Personne ne se fait pourtant d’illusion: les principaux intéressés le rejetteront. Tous s’en inquiètent pourtant, et l’anticipe, car ils savent que ce sera la base de négociations possibles. Les Américains, eux, attendent lle résultat des élections israéliennes. Netanyahou reste favori, mais il est concurrencé  sur sa droite, sur sa gauche, et inculpé de corruption.

     

    Les miliciens du Hamas ont envoyé des roquettes sur Israel, (des Fajr de fabrication iranienne emportant 90 kg d’explosifs) ce qui a provoqué la riposte de l’aviation israélienne qui a bombardé une centaine d’objectifs sur la bande de Gaza.

    Ce qui est curieux, c’est que ces bombardements n’ont pas fait de victimes. Comme si les cibles étaient choisies pour ne pas faire trop de mal, tout en montrant la fermeté du gouvernement à l’opinion publique israélienne. Puis, un cessez le feu est rapidement intervenu grâce à une médiation égyptienne. Enfin, le Hamas a informé la population que les manifestations habituelles du vendredi après la prière était annulée. Des miliciens du Hamas, en armes,  empêchent maintenant les gens d’approcher de la frontière. Des manifestations au coeur de Gaza, contre le Hamas cette fois, étaient dispersées.

    En fait, les roquettes auraient été tirées par des dissidents désireux de faire capoter les négociations secrètes entre l’Egypte, Israël et le Hamas. Paradoxalement, Israël est inquiet de ces groupes dissidents, et souhaite que le Hamas conserve le contrôle sur Gaza. D’une part parce que les factions dissidentes sont peut-être plus radicales encore. Elles sont toutes en concurrence entre elles, pour le contrôle de territoires , comme des gangs, des trafics et des soutiens financiers. Le tir des roquettes pourrait n’avoir été que la protestation d’une faction sur la répartition de l’argent récolté par le Hamas  la veille des tirs, les Israéliens avaient laissé passer une obole de 90 millions de dollars du Qatar vers le Hamas. Les israéliens préfèrent avoir le hamas comme seul interlocuteur.

    D’autre part, Netanyahou considère que, du point de vue international, tant que le Hamas contrôlera Gaza, personne ne souhaitera vraiment l’existence d’un Etat palestinien. Ni Les Egyptiens, ni les Américains, ni les Saoudiens, ni même les Turcs ou les Russes. Quant aux Européens, ils paient (2 milliards ces dernières années) et s’accrochent à une autorité palestinienne en pleine crise, sans illusion, mais sans poids.

    Eviter que le chaos ne s’installe complètement, conserver le lien avec le Hamas et le renforcer, attendre le plan de paix américain et le règlement de la question syrienne, tels semblent être les objectifs de Netanyahou, espérant se succéder à lui-même.

    Et si c’était un autre? Malgré les surenchères de ses rivaux, plus ouverts ou plus durs, il y a peu de chances que la stratégie israélienne change fondamentalement tant que les positions de ses interlocuteurs réels ou potentiels restent aussi fragiles et incertaines.

    Le Hamas, divisé, fragilisé, corrompu, faible et violent à la fois est à l’image de bien des pays et acteurs de la région. Autorité palestinienne, Syrie, Liban, Egypte, Arabie saoudite, Qatar, Iran, lesquels connaissent des situations sûres et stables? C’est le moment d’attendre, pensent la plupart. C’est le moment de profiter des faiblesse des uns et des autres pour négocier, pensent d’autres. En attendant, conserver le lien et faire durer.

     

     

     

     

     

     

  • « Gilets jaunes »: un acte 18 marqué par un fort regain de violences à Paris – VIDEO

    « Gilets jaunes »: un acte 18 marqué par un fort regain de violences à Paris – VIDEO

    Boutiques et restaurants pillés et incendiés sur les Champs-Elysées, affrontements avec les forces de l’ordre: pour son acte 18, la mobilisation des « gilets jaunes » a été marquée par un très fort regain de violences à Paris, où 237 personnes ont été interpellées.

    Au total 32.300 personnes se sont mobilisées dans toute la France selon l’Intérieur, mais 230.766 selon le décompte des « gilets jaunes » posté sur Facebook. Beauvau avait dénombré 28.600 personnes la semaine précédente.

    Quatre mois après le début du mouvement et au moment où s’achève le grand débat national, cette journée était présentée comme un « ultimatum » au président Macron, qui a annoncé dans la soirée écourter son séjour dans les Pyrénées où il était parti se « ressourcer » après sa tournée en Afrique.

    Il se rendra vers 22H30 à la cellule de crise au ministère de l’Intérieur à Beauvau.

    Dans l’après-midi, c’est le Premier ministre Edouard Philippe, venu soutenir les forces de l’ordre, qui était monté au créneau, estimant les violences « inacceptables ». « Ceux qui excusent ou qui encouragent » de tels actes s’en rendent « complices ».

    Auparavant le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait promis « la plus grande fermeté » contre les « professionnels de la casse et du désordre » ayant « infiltré les cortèges ».

    – Le Fouquet’s pillé et incendié –

    Paris était annoncé comme l’épicentre de la contestation et pendant plusieurs heures tout s’est déroulé sur les Champs-Elysées. Autour de la place de l’Etoile, vers laquelle 10.000 manifestants avaient convergé, la tension est rapidement montée à partir 11H00.

    Des manifestants, pour beaucoup vêtus de noir, capuche ou casque sur la tête, ont lancé pavés et pierres sur les forces de l’ordre, qui répliquaient par des tirs de gaz lacrymogènes. Sur les Champs-Elysées, des casseurs ont systématiquement détruit des vitrines et pillé de nombreux magasins.

    Dans l’après-midi, ils ont mis le feu à plusieurs enseignes, notamment celle du restaurant Fouquet’s, avant une intervention des forces de l’ordre qui a ramené un calme relatif. Mais d’autres commerces — du modeste kiosque à journaux au maroquinier Longchamp — ont subi le même sort.

    Des scènes d’émeutes urbaines que l’on n’avait plus vues depuis les mobilisations de début décembre, dont les images avaient fait le tour du monde. « Alors Macron, elle s’essouffle la mobilisation? », lançait une manifestante au plus fort des pillages.

    Quelque 237 personnes ont été interpellées, selon un bilan communiqué vers 19H30 par le préfecture de police de Paris. Parmi elles, 144 se trouvaient en garde à vue à 21H00, a indiqué le parquet de Paris.

    En début d’après-midi, un incendie s’était déclaré dans un immeuble près des Champs-Elysées, faisant onze blessés légers. Une femme et son bébé « coincés au deuxième étage », ont été sauvés de cet incendie, parti d’une banque au rez-de-chaussée, ont indiqué les pompiers à l’AFP.

    D’après la préfecture de police, 17 membres des forces de l’ordre ont été blessées ainsi qu’un pompier et 42 manifestants. Un journaliste de l’AFP a pu voir l’un d’entre eux, victime selon les street medics d’un tir de flashball dans l’œil.

    La maire PS de Paris Anne Hidalgo a condamné « avec la plus grande fermeté » ces « insupportables exactions », tandis que François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains aux Européennes, appelait à « mettre fin à l’impuissance de l’Etat ».

    La chef du Rassemblement national, Marine Le Pen a condamné « les Black Blocs » qui « détruisent, brûlent, violentent toujours en toute impunité ».

    Espérant un « regain de mobilisation », cette journée d’action avait été annoncée comme cruciale après plusieurs semaines en demi-teinte.

    Eric Drouet, l’une des figures du mouvement, avait invité dans une vidéo les sympathisants à converger vers la capitale.

    Maxime Nicolle, une autre tête connue des « gilets jaunes », promettait une journée « mémorable », « un week-end parmi les plus importants depuis le début de cette mobilisation ».

    Sur les réseaux sociaux, un même objectif était affiché: « Faire le siège de l’Elysée ».

    Si les Champs-Elysées étaient l’épicentre de la manifestation, un groupe de manifestants a remonté les grands boulevards vers la place de la République en fin d’après-midi, incendiant poubelles et scooters.

    – « Trop gentils jusqu’ici » –

    Un autre groupe s’est rendu dans le quartier des Halles, où le Forum (vaste centre commercial) a été fermé, et une voiture de police incendiée devant le commissariat.

    Quelque 5.000 membres des forces de l’ordre et six blindés de la gendarmerie avaient été déployés dans la capitale.

    « On a été trop gentils, c’est pour ça que c’est violent aujourd’hui », dénonçait Jean-François Bernard, un manifestant employé dans l’entretien d’espaces verts.

     

    Parallèlement plusieurs dizaines de milliers de manifestants pour le climat ont défilé dans le calme à travers la France à l’appel de la « Marche du siècle ». A Paris le député insoumis de la Somme François Ruffin a plaidé pour une « jonction » entre « gilets jaunes » et défenseurs de  l’environnement.

    Dans les régions, 2.000 « gilets jaunes » ont manifesté à Montpellier, 800 à Marseille, et ils restaient mobilisés à Bordeaux. A Toulouse, autre place forte des « gilets jaunes », plusieurs milliers de personnes ont défilé avec des heurts sporadiques aux forces de l’ordre.

  • Plus de 800 000 naturalisations et 600 000 demandes d’asile au sein de l’Union européenne

    Plus de 800 000 naturalisations et 600 000 demandes d’asile au sein de l’Union européenne

    En 2017, quelque 825 000 personnes ont acquis la nationalité d’un État membre de l’Union européenne (UE), un chiffre en baisse par rapport à 2016 (995 000) et à 2015 (841 000). Si 17 % des nouveaux citoyens de l’un des États membres de l’Union en 2017 étaient auparavant ressortissants d’un autre État membre de l’Union, la majorité provient de pays tiers ou étant des apatrides. Les citoyens marocains forment le plus grand groupe (67 900 personnes, dont 83 % ont acquis la nationalité italienne, espagnole ou française), devant les citoyens de l’Albanie (58 900 personnes, dont 97 % ont acquis la nationalité grecque ou italienne), de l’Inde (31 600 personnes, dont plus de 53 % ont acquis la nationalité britannique), de la Turquie (29 900 personnes, dont plus de la moitié a acquis la nationalité allemande).

    Parmi les naturalisations au sein de l’Union européenne, arrivent en tête les Roumains (25 000 personnes dont 32 % ont acquis la nationalité italienne) suivis des Polonais (22 000 personnes, dont 63% ont acquis la nationalité britannique ou allemande) et les Britanniques (15 000). Le Brexit a renforcé le flux de Britanniques qui demandent la nationalité d’un autre État membre (ce flux a plus que doublé en 2017).

    Le taux de naturalisation est le rapport entre le nombre de personnes ayant acquis la nationalité d’un pays au cours d’une année et le stock de résidents étrangers dans le même pays au début de l’année. En 2017, les taux de naturalisation les plus élevés ont été enregistrés en Suède (8,2 octrois de nationalité pour 100 résidents étrangers), en Roumanie (5,9) et en Finlande (5,0), suivies du Portugal (4,5), de la Grèce (4,2) et de Chypre (3,9). À l’autre extrémité de l’échelle, des taux de naturalisation inférieurs à 1 octroi de nationalité pour 100 résidents étrangers ont été relevés en Estonie (0,4), en Lettonie (0,6), en Autriche et en Tchéquie (0,7 chacune), ainsi qu’en Slovaquie et en Lituanie (0,9 chacune).

     

  • La candidature de Nathalie Loiseau lance la campagne des Européennes.

    La candidature de Nathalie Loiseau lance la campagne des Européennes.

    Pressentie depuis plusieurs semaines pour porter la bannière de La République en marche aux élections européennes du 26 mai prochain, Nathalie Loiseau s’est lancée à la fin d’un débat face à Marine Le Pen sur France 2. « Je suis prête à être candidate » a-t-elle déclaré. Ce qui signifie qu’elle le sera. Cela faisait plusieurs jours que le Président, le Premier ministre,  se disaient que ce serait la meilleure candidate.

    Nathalie Loiseau a reçu, comme de juste, plusieurs soutiens, à commencer par celui d’Edouard Philippe qui a salué une « bonne nouvelle ». Le Premier ministre a vanté les mérites d’une « excellente ministre qui connaît remarquablement bien ses dossiers », avec « un sens politique très fin», «une femme extrêmement déterminée et combattante ».

    « Notre liste a vocation à incarner une crédibilité sur les sujets européens et Nathalie Loiseau était la mieux placée. C’est très bien qu’elle ait fait cet acte de candidature », a renchérit le député LREM Pieyre-Alexandre Anglade, chargé de la préparation de seuropéennes.

    Nathalie Loiseau doit formellement recevoir l’investiture de LREM. Ensuite, elle démissionnera du gouvernement pour se consacrer à la campagne.

    Alors que celle-ci s’annonce virulente,  Nathalie Loiseau a choisi depuis longtemps, dans un ministère jugée plutôt discret et technique, de monter systématiquement au créneau, n’hésitant pas à chercher la confrontation, à relever les mensonges et à ironiser. Dernièrement, elle se moquait de Marine le Pen qui évaluait le Smic à 36 euros. La techno se veut plus au fait des réalités que de la fille de château. Elle a d’ailleurs choisi de faire de RN son principal adversaire, ce que contestent les autres listes, à commencer par celle de LR, des socialistes et du Parti communiste.

    Sa candidature repose d’abord sur ses compétences, acquises après plus de 25 ans au sein de la diplomatie française, de Jakarta à Washington. Victime du sectarisme Laurent Fabius, qui l’avait écartée de la direction du Quai d’Orsay car elle était jugée trop à droite, son éviction avait même choqué François Hollande. Ce dernier l’avait alors nommée à la direction de l’ENA. Elle devint ainsi la seule femme directrice de l’ENA. C’était aussi la première fois que l’ENA n’était pas dirigée par un (e) énarque.

    Diplômée de Science po, Nathalie Loiseau avait choisi d’apprndre le chinois plutôt que de tenter l’ENA. «Féministe catholique», selon le journal La Croix, elle est par ailleurs mère de quatre enfants.

    Proche d’Alain Juppé, elle rejoint le gouvernement d’Edouard Philippe aux Affaires européennes et y imprime sa marque. D’une part dans les lourds dossiers franco-allemands, les négociations sur la directive des travailleurs détachés, les questions migratoires, enfin le Brexit. Le Times titrait d’ailleurs en une à son propos «Cette française qui a séduit les Anglais». D’un caractère direct, elle sait allier la franchise à la diplomatie, ce qui avait plu Outre Manche. Elle avait eu la franchise de prévenir des désagréments d’un No deal…

    Depuis qu’Emmanuel Macron a choisi d’axer le débat européen sur un clivage entre populistes anti-européens et progressistes pro européens, elle se charge de porter systématiquement la réponse aux dirigeants ou partis populistes européens, contrariant Orban, Salvini et Marine Le Pen, dont elle s’amuse à relever systématiquement l’incompétence. Elle a animé les débats  de la Consultation citoyenne sur l’Europe où la diplomate de carrière a fait ses armes devant des publics variés, notamment en province et a pris goût  à ces débats ouverts d’avant les «grands débats». Une vraie mue politique depuis son entrée au gouvernement pour une techno qui se révèle aimer la polémique et le contact.

    Pour l’opposition, l’enjeu n’est pas tant  de cibler Mme Loiseau que de s’immiscer dans le bras de fer LREM-RN, pour l’instant loin devant les autres partis dans les sondages. Ainsi la tête de liste LR François Bellamy dénonce une stratégie du gouvernement qui privilégierait le RN pour écarter la droite républicaine et empêcher toute alternance.Quant aux communistes et socialistes, ils dénoncent la politique droitière et libérale du gouvernement. Il sera pourtant difficile de perturber Nathalie Loiseau.

    D’abord parce que de toutes les têtes de liste elle est certainement celle qui connait le mieux les dossiers européens. Il est d’ailleurs surprenant qu’aucun parti n’ait choisi de tête de liste compétente dans ces domaines. Ensuite parce que la stratégie du gouvernement n’a pas varié depuis des lustres. Simplifier le débat. D’une certaine façon, la crise des gilets jaunes l’a conforté, ainsi que les incertitudes du Brexit: nous ou le chaos. Enfin parce qu’en choisissant une ministre issue de la droite, LREM veut profiter de l’espace vacant laissé par Laurent Wauquiez qui a choisi une orientation plus eurosceptique qu’euroconstructive.

    Ce qui ne veut pas dire que Nathalie Loiseau devrait gagner son pari. Le gouvernement dont elle porte la marque n’est pas vraiment populaire, l’Europe ne fait plus rêver, les abstentionnistes se recrutent dans les partis modérés, enfin elle va devenir une cible attrayante. Mais ses adversaires devront étudier leurs dossiers. Voilà en tout cas de quoi relever le niveau. Sa candidature marque donc le vrai coup d’envoi des élections européennes du 26 mai prochain.

     

     

  • Combattre la violence faite aux femmes…

    Combattre la violence faite aux femmes…

     Combattre la violence faite aux femmes est une arme politique contre les régimes fondés sur la violence.

    Plus de 120 femmes sont mortes en France l’an dernier parce qu’elles étaient du sexe faible : tuée par leur compagnon, leur ancien compagnon. Parfois, c’est la famille qui assassine. Mais le crime n’est qu’une partie de la violence faite aux femmes.

    Le 11 mai 2011, à Istanbul, j’ai eu l’honneur de signer au nom de la France la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes. La France fut ainsi un des premiers Etats signataires, avec la Turquie. Elle avait participé activement à sa négociation, qui avait duré plus de deux ans. Contrairement à la Convention des Nations Unies sur le même sujet, la Convention d’Istanbul a une portée juridique effective en droit interne. Elle est prise en compte par la Cour Européenne des Droits de l’homme puisque son article 3 considère que la violence faite aux femmes est une atteinte directe aux droits de l’homme. La Convention oblige les Etats à prendre des mesures de protection, de prévention et des sanctions juridiques. La politique des Etats est régulièrement évaluée par un groupe d’experts indépendants, qui établit des recommandations. Entrée en vigueur en août 2014, la Convention concerne tous les pays de l’Union Européenne et bien au delà: 47 Etats l’ont ratifiée, dont la Turquie, l’Azerbaïdjan ou l’Albanie. Mais pas la Russie. Elle est aussi un instrument d’influence.

    Malheureusement, depuis 2014, en France, le nombre de femmes tuées par leur conjoint ne diminue pas : Près de 130 chaque année. La tendance ne s’inverse pas non plus dans les autres pays. Dans le monde, plus de 40.000 femmes sont tuées par leur conjoint ou un membre de leurs familles (crime dit abusivement d’honneur). Si l’on rapporte le nombre de féminicides par rapport à la population, les records sont en Amérique centrale : 16 pour 100.000 au Honduras et au Salvador. 6 pour cent mille en Russie. Ces pays ne sont peut-être pas les pires car beaucoup d’autres ne donnent pas de statistiques sur le « féminicide » (assassinat de femmes parce qu’elles sont des femmes, généralement en raison de dispute, rupture, etc..).

    En Europe, le taux de féminicide est de 0.4 femme tuée pour cent mille habitants. Mais il existe des différences notables. Les pays les plus criminogènes vis-à-vis des femmes ne sont pas les pays latins ou méditerranéens : En Espagne, le taux de féminicides est de 0.3. En Finlande et en France de 0.4; 0.5 en Suisse et en Allemagne, 0.9 dans les Pays baltes, le record étant au Monténégro : un pour cent mille habitants. Trois fois plus qu’en Espagne.

    Derrière cette sinistre échelle statistique, des tragédies, des enfants dont le père a tué la mère, des violences quotidiennes, que ne mesurent pas les rapports d’autopsie. Car toutes celles qui sont frappés ne meurent pas, heureusement, mais continuent à subir.

    La violence contre les femmes, cliniquement traduite dans la froideur des statistiques, couvre la planète. Elle existe dans tous les milieux. Elle ne correspond pas à des cultures précises (forte en Amérique latine, relativement faible en Espagne et en Italie). Qu’enfin la lutte contre le crime est lente, comme en témoigne le nombre d’assassinats en France.

    Mais les chiffres donnent malgré tout des raisons d’espérer : il y a des différences considérables entre l’Europe et d’autres continents, entre les pays européens eux-mêmes. Ce qui prouve que les politiques publiques (prévention, protection, poursuites judicaires) fonctionnent. Les chiffres baissent lentement, mais ils baissent.

    La violence faite aux femmes est donc bien une question de politique. Les pays qui ne reconnaissent pas le féminicide, qui refusent de donner des informations, qui rechignent à signer des traités internationaux sont des pays tolérants à l’égard de l’assassinat de femmes.

    La Convention du Conseil de l’Europe doit être promue dans les pays voisins de l’Europe. C’est un outil. Je l’avais inscrite dans les éléments de la politique de voisinage que nous avions élaborée, notamment en Méditerranée, au Maghreb, en Egypte, au Moyen-Orient. La Turquie avait signé cette Convention la première. Bel exemple.

    Le mépris à l’égard des femmes recule. Les Tunisiens ont accordé des droits égaux aux hommes et aux femmes. Ils ont annoncé une modification des règles d’héritage, donnant la même part aux hommes et aux femmes, alors que la part des femmes était deux fois moindre.

    Nous avons besoin de politiques fondées sur le droit, sur le droit international. Nous devons aussi être exemplaires. Nous pouvons développer des alliances et des partenariats fondées non sur l’économie ou les armes, mais sur une conception des droits. Les pays qui adhèrent aux mêmes principes politiques auront plus de chances d’être alliés que d’autres, car des alliés sont d’autant plus unis qu’ils partagent les mêmes valeurs.

    L’Europe a un message, une unité, des politiques communes qui peuvent être des modèles. D’autant plus que dans ce domaine, comme personne n’est exemplaire, il ne s’agit aucunement de donner des leçons, mais de progresser ensemble. Nul doute que ce sera aussi une cause utile contre toutes les violences, les trafics d’être humains, les obscurantismes et les fanatismes religieux. Néocolonialisme idéologique ? Assumons. En balayant devant notre porte.

    Le combat contre la violence faite aux femmes est un combat contre la violence, un combat pour le droit. Il ne faut pas le voir comme un cadeau fait aux femmes, mais comme une arme politique contre les régimes qui reposent sur la violence, la force et le mépris. Et ce n’est pas que l’intérêt des femmes, c’est l’intérêt des pays européens. Que ceux qui s’en moquent et n’y voient que du « politiquement correct » réfléchissent. L’Ambassadeur russe avec lequel je discutais l’avait, lui,  parfaitement compris.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site lesfrancais.press

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