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  • Un job pour Alex: l’application qui vous aide à trouver un job aux USA

    Nombreux sont ceux qui pensent bien connaitre les Etats-Unis, en raison des séries, des films et de tous les éléments de la culture américaine qui inondent les autres pays.

    Pour autant, quand il s’agit de franchir le pas, et donc de trouver un stage ou mieux encore un emploi, les Français se heurtent très souvent à des refus voir à aucune réponse.

    Qui ne rêve pas de vivre à Manhattan?

    Et si l’une des principales raisons était des erreurs, petites ou grandes, lors de la recherche d’emplois ? C’est ce que pense Josselin Petit-Hoang. Le jeune homme, à New York depuis 6 ans et qui y gère l’équipe marketing d’une start-up, eut lui aussi des difficultés pour trouver un premier stage à New York pendant une année de césure. Il en a tiré plusieurs enseignements et a développé un site .

    Le visa : 1er blocage

    Le premier problème est le visa. Il en existe de plusieurs sortes aux Etats-Unis. Pour certains, l’employeur doit prouver la plus-value qu’apporterait le demandeur d’emploi étranger par rapport à un travailleur américain ou résidant déjà sur le territoire américain avec un visa permanent.

    « le visa est le premier blocage » Josselin Petit-Hoang

    D’autres visas sont plus ouverts mais souvent les employeurs ne veulent pas s’embêter avec des tracasseries administratives qui coutent de l’argent nous a expliqué Josselin Petit-Hoang.

    Il n’y a pas en revanche, selon cet expert, de problèmes spécifiques concernant les diplômes : les employeurs américains acceptent sans problème d’embaucher des étudiants d’écoles de commerce par exemple françaises et qui ont un bachelor (bac +3) ou un master.

    Les différences de pratiques concernant les CV

    Les visas, blocage numéro 1

    Autre problème et véritable différence culturelle : le CV. Aux Etats-Unis, celui-ci doit le plus neutre possible. Les autorités américaines sont particulièrement vigilantes sur de possibles discriminations à l’embauche en raison de l’origine, de l’âge, de la religion … Par conséquent, les CV ne contiennent aucune information personnelle, pas même l’adresse de la personne, et bien sûr pas de photos du candidat.

    « les différences culturelles sur les Cv sont absolument essentielles »

    Les candidats français privilégient les grandes métropoles : New York, Boston, Miami, Chicago et sur la côte ouest Los Angeles, San Francisco et Seattle. Un job pour Alex propose des cours gratuits. Depuis son lancement il y a 2 ans, ce sont pas moins que 7 000 personnes qui se sont inscrites. Il existe aussi par ailleurs un programme avancé qui lui est payant et qui s’axe notamment sur la stratégie visa.

    Au cœur de la stratégie également : identifier les entreprises et les personnes en leur sein à contacter plutôt que parfois le service RH, et la façon de contacter ces personnes. Josselin Petit-Hoang a développé une base de données de 5 000 entreprises et contacts en leur sein.

    Si il est souvent dit que chercher un emploi est en soit un emploi à temps plein, beaucoup oublient qu’à l’étranger, cette recherche doit s’accompagner d’une compréhension du marché et des pratiques. Un job pour Alex aide en ce sens sur le marché américain.

  • États-Unis, zone euro : le pétrole de schiste contre la récession.

    L’époque est à la décarbonisation. La transition énergétique doit aboutir à l’abandon des énergies fossiles au profit des énergies dites renouvelables. Pour autant, la dépendance des économies au pétrole est forte.

    Les cycles économiques s’expliquent par le pétrole

    La hausse du prix du baril a provoqué la rupture de la croissance à maintes reprises que ce soit en 1973, en 1980, en 1990, en 2000 et en 2008. À chaque fois, la hausse du prix du pétrole a provoqué une recrudescence de l’inflation conduisant à une augmentation des taux d’intérêt et un recul du revenu réel qui affaiblissaient l’activité. Lors de ces cinq crises, la corrélation entre hausse du prix du pétrole et chute de la croissance est nette. La forte hausse du cours du pétrole est à l’origine de la crise de 2008. Avec un baril de Brent à 140 dollars, les banques centrales augmentent leurs taux entraînant un ralentissement de l’économie. Les souscripteurs à taux variables sont touchés ce qui conduit à une hausse des défaillances et à la mise sur le marché de biens immobiliers acquis par emprunts. La titrisation des emprunts immobiliers a permis à des personnes à revenus modestes d’acquérir un logement. Cette catégorie de la population est la plus vulnérable en cas de retournement conjoncturel. La mise sur le marché de nombreux biens immobiliers provoqua une baisse de leur valeur. Avec le jeu de la titrisation, la crise se répandit comme une traînée de poudre sur l’ensemble de la planète. La crise de la demande, de facture classique, se mua en crise immobilière puis en crise financière de grande ampleur.

    La crise grecque de 2010/2012 est également en partie due au prix du pétrole. La remontée des cours au-delà de 100 dollars le baril pèse sur la croissance de ce pays dont le solde extérieur est fortement dégradé. Les investisseurs commencent à douter de la capacité du pays à rembourser les dettes accumulées et retirent leur soutien financier.

    Baisse du prix du baril, retour de la croissance.

    A contrario, la chute des cours a permis le retour de la croissance en Europe à partir de 2016. Le baril atteint un point bas en février 2016, à 26 dollars le baril de Brent. Les principales économies européennes enregistrent leur meilleur taux de croissance en 2017. L’expansion de la France atteint alors 2,2 % du PIB. La chute des cours a généré un surcroit de revenus de l’ordre de 1 000 euros par ménage entre 2016 et 2017.

    Une des explications du long cycle de croissance de l’économie mondiale depuis la crise de 2009 se trouve en partie dans la faiblesse devenue structurelle des cours du pétrole. La forte augmentation de la production de pétrole de schiste a modifié en profondeur l’équilibre du marché pétrolier. La production américaine de pétrole est passée de 6 à 13 millions de barils jour de 2002 à 2019.

    Pétrole de schiste, faiblesse des cours.

    Les prix du pétrole restent faibles malgré l’expansion économique. Cette situation concourt au maintien d’une inflation et de taux d’intérêt faibles. Le prix du baril est d’autant plus faible que le contenu de la croissance en énergie tend à diminuer. Par ailleurs, l’essor des énergies renouvelables ralentit la progression de la demande de pétrole. La faible inflation générée par le prix du pétrole se répercute sur les coûts du travail. Ces derniers constituent un facteur important dans les spirales inflationnistes. La faible inflation actuelle réduit les pertes de pouvoir d’achat des ménages. En 1973 comme en 1980, en 2000 et en 2007/2008, les salaires réels avaient enregistré des diminutions du fait de l’augmentation rapide des prix. Depuis dix ans, leur augmentation est faible mais le pouvoir d’achat progresse. Dans le premier cas, la demande avait été pénalisée avec la perte de pouvoir d’achat quand dans le second cas, elle peut poursuivre sa progression.

    Les États-Unis bénéficient de manière plus importante des cours faibles du pétrole car ce dernier est moins taxé qu’en Europe. Une chute du prix de pétrole brut s’y répercute plus nettement. Par ailleurs, l’économie américaine profite également de l’essor du pétrole de schiste en tant que producteur. Les autorités américaines souhaitent un cours du pétrole à un niveau intermédiaire, ni trop élevé pour favoriser les consommateurs ni trop bas pour ne pas pénaliser les producteurs de pétrole.

    Dix ans de croissance en Europe et aux Etats-Unis

    Malgré plus de dix ans de croissance, les pays occidentaux et, en premier lieu, les États-Unis, ne connaissent pas réellement d’augmentation des prix tout en étant en situation de plein emploi. Cette absence d’inflation explique en grande partie le caractère atypique du cycle de croissance actuelle et sa longévité. La très grande sensibilité des pouvoirs politiques face à toute menace de ralentissement économique joue également un rôle non négligeable en empêchant une remontée des taux d’intérêt.

    En 2019, les deux grandes banques centrales, BCE et FED, ont été contraintes d’abaisser leurs taux à la simple annonce d’une décélération de la croissance. Ce cycle reposant sur un pétrole bon marché et sur des taux d’intérêt faibles permettant une croissance médiocre mais réelle peut s’interrompre soit du fait d’une augmentation rapide du cours du pétrole, soit de celle des taux d’intérêt provoquée par une crise de défiance.

    Risques politiques

    Le relèvement des cours du pétrole pourrait être provoqué par une crise majeure au sein du Moyen Orient. Les derniers évènements (attentat contre une raffinerie en Arabie Saoudite et tensions entre les États-Unis et l’Iran) ont eu peu d’impact sur le cours. La menace la plus réelle est celle liée à une guerre préventive contre l’Iran en cas de mise au point manifeste de leur bombe nucléaire. Parmi les autres menaces militaires figure une tentative de déstabilisation de l’Arabie saoudite par l’Iran mais cela aurait pour conséquence une rapide implication des États-Unis.

    Le deuxième risque est une stagnation de l’offre de pétrole par sous-investissement. Les faibles prix conduit les entreprises pétrolières à différer leurs programmes de recherche de nouveaux gisements. Par ailleurs, ces derniers exigent des moyens de plus en plus importants pour l’extraction. Compte tenu des cours actuels, leur rentabilité n’est pas assurée. Aux États-Unis, les producteurs de pétrole de schiste ont néanmoins réalisé d’importants gains de productivité afin de contrecarrer les conséquences de la baisse des cours. Une concentration des producteurs est également en cours afin de permettre une mutualisation des investissements.

    Une croissance faible de longue durée possible

    Du fait de la pression des ONG et de l’opinion publiques en faveur de la décarbonisation de l’économie, les compagnies pétrolières pourraient manquer de fonds propres pour assurer leur développement. La pénurie de capitaux pourrait amener celle de pétrole à moyen et long terme. Concernant les taux d’intérêt, la forte surveillance des banques centrales empêche pour le moment un réel dérapage. Le maintien des taux bas contribue peut-être à celui d’une faible inflation. La relation inflation/taux d’intérêt pourrait s’être inversée. En fixant des taux bas sur de longue période, les banques centrales auraient convaincu les investisseurs que l’inflation ne sera pas de retour de sitôt. Dans ces conditions, le cycle de croissance pourrait perdurer et continuer à battre les records de longévité.

  • Le Royaume-Uni dévoile son système d’immigration post-Brexit

    Le gouvernement britannique a dévoilé ce mercredi le nouveau système d’immigration à points qui sera utilisé dans le Royaume-Uni post-Brexit, privilégiant les « brillants » cerveaux au détriment des « travailleurs peu qualifiés ».

    « Nous répondons aux priorités des citoyens en introduisant un nouveau système à points qui fera baisser le nombre d’immigrés », a déclaré dans un communiqué envoyé mardi soir la ministre de l’Intérieur Priti Patel, saluant un «moment historique » qui « met fin à la libre-circulation ».

    « Les visas ne seront plus accordés qu’à ceux qui auront obtenu suffisamment de points »

    Le système attribuera des points selon les compétences, les qualifications et les niveaux de salaires et traitera les citoyens européens et non européens « de manière égale ». Il devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2021, après la fin de la période de transition qui a débuté après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne le 31 janvier dernier.

    « Les visas ne seront plus accordés qu’à ceux qui auront obtenu suffisamment de points », précise le communiqué, afin de « donner la priorité aux meilleurs talents », comme les « scientifiques, ingénieurs et universitaires ».

    Le ministère estime ainsi se conformer au « message clair » envoyé par le peuple britannique lors du référendum de 2016 sur le Brexit et des élections législatives de décembre dernier. Le contrôle de l’immigration avait été un des principaux sujets lors des campagnes de ces deux scrutins.

    Pour obtenir un visa de travail, il faudra présenter des compétences spécifiques, parler anglais et avoir déjà une proposition d’emploi avec un salaire minimum annuel de 25 600 livres (30 820 euros). Le niveau de diplôme requis a été abaissé d’une licence à l’équivalent du baccalauréat, pour permettre « une plus grande flexibilité ».

    Ces exigences ont suscité des inquiétudes au sein de services publics britanniques, comme celui de la santé (NHS), qui fonctionnent grâce à des travailleurs étrangers parfois peu rémunérés.

    Le ministère de l’Intérieur estime que 70 % de la main-d’œuvre européenne actuelle, peu qualifiée, ne répondrait pas aux nouvelles exigences, « ce qui contribuera à faire baisser le nombre (d’immigrés) dans le futur ».

    Concernant les visas étudiants, ils seront aussi basés sur un système de points et ouverts aux « talents du monde entier », à condition d’avoir reçu une proposition d’un établissement britannique, de parler anglais et de pouvoir subvenir à ses besoins.

    Les citoyens de l’UE et d’autres pays ayant des accords avec le Royaume-Uni n’auront pas besoin de visas pour un séjour de moins de 6 mois.

  • « Il n’y a pas de guerre d’égo car nous devons à gauche être collectivement responsable. » Mehdi Benlahcen – Président du Groupe d’Union de la Gauche à l’AFE

    A 8 semaines des élections consulaires, la rédaction du site Lesfrancais.press lance une série de rencontres avec les élus représentant les Français de l’Etranger. Députés, Sénateurs, mais aussi ceux que vous, électeurs inscrits sur la liste électorale consulaire, allez renouveler le 17 Mai : les conseillers des Français de l’étranger ,dans chacune des circonscriptions consulaires. En charge localement d’animer et de gérer la vie commune des expatriés français, ils vont aussi élire parmi eux les Conseillers de l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE). Informant et conseillant le gouvernement, ils sont vos relais à Paris. Pour inaugurer le format, nous accueillons donc le président du Groupe d’Union de la Gauche à l’AFE, Mehdi Benlahcen. Nous recevrons dans les prochains jours, pour vous informer au mieux avant vos élections, des acteurs de la vie politique des Français de l’Etranger, EELV, LFI, UDI, majorité présidentielle, etc.. 

    Lesfrancais.press : M. Benlahcen, nous tenions à vous remercier d’avoir accepté notre invitation. A quelques semaines des élections consulaires, et alors que nous entamons la deuxième moitié du mandat du Président Emmanuel Macron, nous aimerions aborder pour commencer la réforme de la fiscalité. En effet, celle-ci est au cœur des préoccupations de certains Français de l’étranger, et en particulier ceux du Portugal, votre pays de résidence où vous exercez le mandat de conseiller consulaire. Les transfrontaliers seront aussi particulièrement touchés comme les retraités. 

    Mehdi Benlahcen : Ce qui est difficilement compréhensible pour les élu.es du groupe FDM-ES c’est que la majorité présidentielle se comporte comme s’il n’y avait rien eu avant elle sur le Français de l’étranger, et comme si elle ne lisait pas les travaux de l’AFE. C’est bien dommage cela permettrait d’éviter de faire certaines erreurs. La réforme fiscale sur l’imposition des non-résidents est à mon sens emblématique de ces travers.

    « La réforme que l’on nous propose aujourd’hui est particulièrement injuste »

    Sous l’ancienne législature les députés PS des Français de l’étranger avait fait adopter un amendement qui permettait aux non-résidents de bénéficier de la progressivité sur leur revenu mondial.

    comparaison sur un foyer composé d'un célibataire sans enfant
    comparaison sur un foyer composé d’un célibataire sans enfant

    Aujourd’hui qu’avons-nous ? Des Français non-résidents imposables dès la 1er € à 20 et 30% à partir de 27500€ par an. Nous nous avons toujours défendu l’instauration d’une plus grande progressivité pour les revenus des non-résidents taxables en France. La réforme que l’on nous propose aujourd’hui est particulièrement injuste. Les hauts revenus se voient ainsi offrir un plafond à 30% alors qu’avec la progressivité ils paieraient sans doute plus. Au contraire, les classes moyennes seraient les grandes perdantes, puisqu’elles retrouvent plus imposées. 20% dès le 1er€ au lieu d’une progressivité qui leur donnerait sans aucun doute un taux plus bas.

    Le RNH est une loi portugaise, qui a été établie sans aucune coopération avec les autres pays de l’Union Européenne. La pression diplomatique de certains pays, comme la Suède ou la Finlande, était forte pour amender le dispositif. La France s’appuyait elle sur les jurisprudences du Conseil d’Etat pour re domicilier fiscalement certains retraités installés au Portugal. En partant du fait que la convention fiscale entre deux pays ne s’applique qu’en cas de risque de double imposition, les services fiscaux français ont commencé à requalifier fiscalement une partie des retraités installés au Portugal. En effet ces derniers n’étant pas imposés au Portugal, ils ne pouvaient se prévaloir de la convention fiscale entre les deux pays pour se domicilier fiscalement au Portugal. Le nouveau statut RNH (10% d’imposition pour tous les nouveaux retraités arrivant à compter du 31 mars 2021) est donc un mal pour un bien. Payer 10% d’impôts sur le revenu au Portugal activera la convention fiscale, ce qui entrainera de fait la domiciliation fiscale des retraités Français au Portugal. Il n’y aura plus de débat.

    Des fonctionnaires à l’étranger amputés de presque 30% de leur prime d’éloignement.

    Lesfrancais.press : La réforme des retraites est particulièrement lourde pour les fonctionnaires expatriés, vous avez lancé une pétition, il y a quelques jours, pouvez-vous nous en dire plus ?

    À la lecture du projet de loi sur les retraites, j’ai découvert sans une certaine stupéfaction l’article L.722-2. Celui-ci énonce que « les éléments de rémunération destinés à compenser la cherté de la vie et les charges liées aux conditions locales d’existence en France et à l’étranger ainsi que, pour les fonctionnaires servant dans des établissements d’enseignement situés à l’étranger, à l’expatriation et aux conditions de vie locale, sont soumis à la cotisation prévue à l’article L. 722-1, dans la limite d’un plafond. Les modalités d’application de ce plafonnement et les éléments de rémunération auxquels celui-ci s’applique sont déterminés par décret. »

    En somme, les fonctionnaires Français en poste à l’étranger se retrouvent frappés d’une triple peine : Tout d’abord ils voient leur pouvoir d’achat amputer tous les mois de presque 30%. Ensuite ils doivent cotiser plus longtemps, âge d’équilibre oblige. Enfin leur pension de retraite avant et après la réforme connaitra une forte chute. En somme, travailler plus pour gagner moins dans l’immédiat, et dans le futur.

    J’ai donc initié une pétition dont les premiers signataires sont les élu.es du groupe FDM-ES en charge des thématiques éducatives et fiscales, la présidente de Français du monde-adfe et les responsables du SE-Unsahdf.

    Ceux qui veulent se joindre à nous, peuvent signer la pétition (si vous le désirez cliquer ICI)

    Diminution de 33 Millions d’euros de l’enveloppe budgétaire de l’AEFE en 2017

    Lesfrancais.press : Autre sujet qui est important pour chaque Français, l’Education. Au cœur du brassage républicain, l’AEFE et consorts se retrouvent aujourd’hui confronter à une baisse des dotations, et ce malgré un réajustement en 2019 de la chute des crédits décrétée en 2018.  Imaginez-vous une nouvelle correction et dans le cas contraire, est-ce le temps de faire une place plus importante au secteur privé ?

    Mehdi Benlahcen :  L’AEFE connait en effet certaines difficultés. Les – 33 millions € de juillet 2017 se font encore sentir, et ce malgré l’augmentation de la dotation de cette année. Comme je l’ai expliqué lors de la session d’octobre 2019 au final il manque toujours les 33 millions.

    Courant janvier ont eu lieu dans la plupart des EGD les CE présentant le bilan financier. La plupart sont en difficultés. C’est assez net, la baisse de la dotation en 2017 et les mesures d’ajustement décidées, notamment le remplacement de professeurs résidents par des contrats locaux, vient faire augmenter dangereusement la masse salariale des établissements. C’est très clair chez moi à Lisbonne. Le lycée perd de l’argent en 2018 et 2019, sous l’effet de l’augmentation de la masse salariale. La réalité vient malheureusement contredire les conclusions hasardeuses de certains rapports parlementaires.

    Meilleure prospection des besoins de scolarisation et ouverture de sites

    Au groupe FDM-ES, nous avons développé une série decontre-propositions en mars 2019. Elles portent à la fois sur une meilleure prospection des besoins de scolarisation et d’ouverture de sites ; mais également sur une meilleure coopération éducative notamment en s’appuyant sur l’expertise de mes collègues conseillers consulaires pour rechercher des meilleures synergies en matière d’offres d’enseignement.

    Il nous apparait également nécessaire d’avoir une réflexion sur la politique d’homologation des établissements scolaires, en introduisant des critères de bonne gestion (notamment sur les frais de scolarité), et en refusant les homologations à des nouveaux établissements qui pourraient mettre en péril des établissements conventionnés ou en EGD déjà installés.

    Nous pensons également que l’agence doit revoir sa politique de ressources humaines. À titre d’exemple il nous semble indispensable de viser l’équité entre les établissements en instaurant un objectif de présence d’au moins 50% de titulaires dans tous les établissements du réseau. Pour cela il convient de rendre le réseau attractif en revoyant l’ISVL (attaqué par ailleurs par la réforme des retraites), en finançant le déménagement des enseignants, en instaurant la gratuité pour les personnels résidents (l’avantage familial a des effets d’aubaine couteux) …

    Des bourses scolaires plus efficaces

    Par ailleurs la question des bourses scolaires est extrêmement importante. Pour qu’elles soient plus efficace cela passe par associer encore plus les conseillers consulaires, notamment au dialogue de gestion afin d’abonder l’enveloppe au plus près des besoins. Cela sous-entend un changement de logique administrative. Il nous faut sortir de la logique d’enveloppe pour aller vers une logique des besoins, et permettre ainsi à toutes les familles de pouvoir envisager sereinement un parcours scolaire complet dans le réseau. Sur ce point, je rajouterai la nécessité de garantir l’anonymat des familles. J’ai posé dernièrement une question écrite à ce sujet à l’AFE et j’espère obtenir rapidement une réponse. C’est une question qui préoccupe les familles, et un certain nombre ne dépose pas de dossier car il est selon elles trop intrusif. Mais je sais que l’AEFE a constitué un groupe de travail sur les bourses scolaires et que trois réunions auront lieu au printemps. Espérons que nous puissions collectivement améliorer le système.

    Pour en finir avec cette question primordiale de l’éducation, j’ajouterai qu’il est essentiel d’abonder le financement de l’AEFE afin de couvrir la dépense réelle de la part patronale des pensions civiles, et accrocher cette subvention aux évolutions du réseau.

    Lesfrancais.press : Enjeu national de nos élections locales :  les sénatoriales d’octobre 2020. Les conseillers et délégués des Français de l’Etranger élus en mai seront les grands électeurs de 6 sénateurs renouvelés cet automne. Que pensez vous de la réforme institutionnelle ? 

    « Nous sommes attachés à la proximité des députés. Nous perdrions cette dernière avec une circonscription monde. »

    Mehdi Benlahcen : Je pense que vous faites allusion à la réforme du scrutin législatif et du passage de 11 circonscriptions législatives à une circonscription unique à la proportionnelle.

    Le débat n’est pas tranché en interne car chaque solution a ses avantages et ses inconvénients. Un scrutin proportionnel évitera par exemple qu’un seul et même parti truste tous les postes de députés de Français de l’étranger. Nous voyons les limites de ce système depuis 2017. Tous les amendements budgétaires sont retirés en échange de pseudo moratoires, et il n’y a aucune voix dissonante chez les Français de l’étranger.

    D’un autre côté nous sommes attachés à la proximité des députés. Nous perdrions cette dernière avec une circonscription monde.

    La gauche à l’étranger a subit les mêmes avaries que la gauche en France

    Lesfrancais.press : Vous dirigez le groupe d’Union de la Gauche à l’Assemblée des Français de l’étranger, premier groupe à l’origine, deuxième aujourd’hui,  pourquoi tant de départs ?

    Mehdi Benlahcen : Le groupe a subi les mêmes avaries que la gauche française. Le fait de militer à l’étranger ne nous rend pas étanche. Je dois dire que le groupe réussisse aussi longtemps (3 ans) à 34 élu-es relevait déjà d’une forme d’exploit. En octobre 2014, il existait déjà une fracture à gauche matérialisée par deux listes de gauche à la sénatoriale 2014. Malgré cela nous avons su vivre ensemble relativement bien pendant 3 ans, et nous avons même commencé par gagner la présidence de l’AFE.

    Deux cassures qui ont divisé profondément le groupe

    La première cassure s’est produite en octobre 2017 après l’élection d’Emmanuel Macron. Les élu-es du groupe ayant soutenu sa candidature ont souhaité quitté FDM-ES, car ils nous reprochaient d’être trop dans l’opposition. À la même date, un autre conseiller a souhaité quitter le groupe car il était en désaccord avec le nom du groupe !

    La seconde cassure est liée à l’assemblée générale 2019 de Français du monde-adfe et n’a pas grand-chose à voir avec la vie politique interne du groupe.

    Lesfrancais.press :  En France, un sondage d’Odoxa commandé par BFMTV et publié le vendredi 14 février tend à démontrer que la rupture est consommée entre les Français et le Parti socialiste ? Ne pensez-vous pas que votre groupe risque, aussi, de passer de mode en mai ?

    « je n’en fait pas du tout la même lecture sensationnaliste que vous. »

    Mehdi Benlahcen : Le problème du sondage, c’est les gros titres que l’on essaie de faire ressortir et non pas l’analyse précise et méticuleuse des informations que renferme le dit sondage.

    Pour ma part je n’en fait pas du tout la même lecture sensationnaliste que vous. Qu’observe-t-on lorsque l’on y regarde de plus près :

    1- Le PS connait la progression la plus importante en terme de bonnes opinions depuis septembre 2019 : + 8 points.
    2- Le taux de très mauvaises opinions 22% est relativement faible en comparaison des autres formations politiques. Ainsi LR est à 23% de très mauvaises opinions, LREM à 31%, LFI 35% et RN 45% ; pourtant on ne s’arrête que sur le chiffre du PS !
    3- De la même manière si la popularité du PS est à 32%, celle des LR est à 34% et celle de LREM à 35%. Autrement dit dans un mouchoir de poche.
    4- Enfin, sur l’aspect sensationnel du sondage, à savoir la question sur la disparition du PS, que remarque-t-on ? Les 74% d’avis positif cachent en fait l’agrégation de situations pourtant très disparate. On retrouve en effet ceux qui pensent que la disparition est définitive (21%) et ceux qui pensent que la disparition n’est que temporaire (53%). Pourquoi regrouper deux réponses aussi différentes ?

    Ce sondage est la manière dont il est interprété sont un parfait exemple des critiques formulées par Pierre Bourdieu dans son célèbre article « l’opinion publique n’existe pas ». On oriente la perception du sondage par les masses, alors que sa réalité est toute autre, c’est bien dommage.

    Pour les sénatoriales, un souhait : une liste d’union élaborée en collaboration avec les partenaires de toute la gauche

    Lesfrancais.press : Comme nous le disions l’autre enjeu des élections locales que sont les consulaires, celui lié aux sénatoriales ? Certains disent que vous allez nommer la tête de liste avec les résultats du 17 mai ? Symptôme d’une guerre d’égo entre Cecila Gondard, en charge de la fédération des Français de l’Etranger au PS, sa chalengeuse de la péninsule italienne Gaëlle Barré ou celui de la péninsule ibérique, vous ?

    Mehdi Benlahcen : Tout d’abord permettez-moi de vous dire qu’au PS nous n’avons pas pour habitude de nommer les candidats. Contrairement à d’autres partis à droite et à gauche se sont toujours les militant-es qui choisissent la tête de liste. Par ailleurs, nous avons toujours été partie intégrante de listes d’union élaborée en collaboration avec nos partenaires de toute la gauche

    « Il n’y a pas encore eu d’appel à candidature donc il n’y a pas de candidate »

    La sénatoriale de 2020 offrira une configuration nouvelle à gauche. C’est la première fois depuis longtemps qu’il n’y aura pas de sortants à gauche. En revanche à droite les sortant-es y retournent ainsi que Jean-Pierre Bansard qui après son année d’inéligibilité, veut retrouver le siège de sénateur invalidé par le Conseil Constitutionnel.

    le maintien de la gauche française à l’étranger.

    Il n’y a pas encore eu d’appel à candidature donc il n’y a pas de candidat(e). La démocratie interne des partis n’est pas une question de guerre d’ego. Nous avons beaucoup de belles candidatures potentielles, et qui dépasse le cadre des 3 noms que vous citez : des personnes qui sont au service des français depuis plusieurs années, qui consacrent de leur temps, bénévolement, pour les aider, et qui ont bâti une expertise qui permettra de défendre leurs intérêts, à l’AFE dans les associations, dans leur mandat de conseillers consulaires. C’est le sens de notre engagement de proximité.

    Il n’y a pas de guerre d’égo car nous devons à gauche être collectivement responsable. Ce qui se joue ce n’est ni plus ni moins que le maintien de la gauche française à l’étranger. Il nous faudra donc dépasser l’intérêt individuel pour aller vers la recherche de l’intérêt collectif de toute la gauche.

     

  • Une ville française rompt ses relations avec sa jumelle polonaise après ses arrêtés homophobes

    Comme d’autres communes polonaises, Tuchow a adopté des textes homophobes visant à discriminer les personnes LGBT+. Lors de son dernier conseil municipal, sa jumelle Saint-Jean-de-Braye a décidé à l’unanimité de suspendre leurs relations. Un article de notre partenaire, Euractiv.

    Encouragées par le parti d’extrême droite au pouvoir Loi et Justice, plus de quatre-vingts communes polonaises ont adopté des « zones sans idéologie LGBT ». C’est le cas de Tuchow, à plus de 90 kilomètres de Cracovie.

    Cette nouvelle législation incite les élus à « s’abstenir de toute action visant à encourager la tolérance à l’égard des personnes LGBT+ et à ne pas fournir d’aide financière aux ONG qui œuvrent en faveur de l’égalité des droits », a déploré le Parlement européen en décembre.

    Dans ces communes parmi les plus conservatrices du pays, principalement situées dans le sud-est de la Pologne, n’importe qui peut refuser de servir ou recruter une personne LGBT+ sous prétexte que cela limiterait leur « liberté religieuse » et mettrait en danger les valeurs traditionnelles polonaises

    « L’histoire se répète »

    En réaction, la ville de Saint-Jean-de-Braye, dans le Loiret, a voté à l’unanimité la suspension des relations avec Tuchow, avec qui elle a signé un accord de jumelage en 2000. Les échanges ou stages ne sont pas concernés.

    « On a tout de suite réalisé la gravité de cette prise de position, en se disant que l’histoire, hélas, se répétait », a expliqué la maire Colette Martin-Chabbert à France 3 Centre Val-de-Loire, soulignant que des homosexuels avaient été internés dans des camps dans le Loiret pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Les Polonais surpris et offusqués

    Christophe Desportes, secrétaire du Groupe Action Gay et Lesbien du Loiret, s’est félicité d’un tel vote. Le jumelage doit aussi être porteur de valeurs, qui ne peuvent pas être qu’économiques ou culturelles. La question des droits humains nous semble absolument indispensable, a-t-il soutenu.  Selon l’édile, les autorités de Tuchow n’ont pas très bien réagi. […] Ils étaient surpris, offusqués, de notre prise de position.

  • Passerelle Grandes Ecoles – une procédure digitalisée accessible depuis l’étranger

    Digitalisation et mobilité internationale

    Comme annoncé à la rentrée 2018, le concours Passerelle est devenu 100% digital et a fait évoluer ses épreuves depuisavril 2019. Cette innovation répond aux attentes des candidats habitués au confort apporté par les nouvelles technologies et très attentifs aux bonnes pratiques en matière d’éco-responsabilité. Elle offre également une opportunité inédite d’accès au concours pour les étudiants français actuellement à l’étranger et ne pouvant pas rentrer en France pour passer les épreuves écrites.Seule contrainte à ce jour : que les épreuves puissent se dérouler dans la ville concernée en même temps qu’à Paris.

    Le concours Passerelle 1 s’adresse aux étudiants titulaires d’un bac+2, tandis que le concours Passerelle 2 s’adresse aux étudiants titulaires d’un bac+3 ou bac+4. Tous peuvent être potentiellement admissibles puis admis dans l’une des  écoles membres du concours :

    –       Burgundy School of Business,

    –       EDC Paris Business School,

    –       EM Normandie,

    –       Grenoble École de Management,

    –       ESC Clermont Business School,

    –       ICN Business School,

    –       Institut Mines-Télécom Business School,

    –       La Rochelle Business School,

    –       Montpellier Business School,

    –       SCBS, South Champagne Business School,

    Les épreuves du concours Passerelle

    Pour le concours Passerelle, c’est la qualité de l’enseignement, associée à la diversité et au partage d’expériences, qui feront les décideurs de demain.
    Ainsi, l’épreuve au choix, épreuve phare du concours, permet à chaque candidat de valoriser son parcours initial et ses acquis sur l’une des douze disciplines disponibles :

    • calcul et raisonnement
    • culture économique
    • droit
    • espagnol
    •  géopolitique
    • gestion-comptabilité
    • gestion de projet
    • littérature
    • management d’une entreprise d’hôtellerie-restauration
    • marketing
    • négociation commerciale
    • sport et société (P2 uniquement)

    L’épreuve de « Compréhension, expression, synthèse » dure deux heures et se compose désormais de 3 parties destinées à évaluer la compréhension de texte, la construction linguistique, et la capacité de synthèse des candidats.
    La nouveauté 2019 fut l’instauration d’une version de cette épreuve ainsi que de celle de marketing sont proposées en langue anglaise à tout candidat anglophone qui désirerait postuler dans l’une des écoles du Concours (Passerelle 2 uniquement). Enfin, l’épreuve d’anglais, déjà digitalisée pour le concours 2018, reste inchangée, si ce n’est que sa durée a été raccourcie à 1h15.

    La clôture des inscriptions pour la prochaine session du concours Passerelle Programme Grande École aura lieu le 2 avril 2020, alors rendez-vous rapidement sur le site officiel du concours.

  • Les Français plus productifs que les Allemands

    Les travailleurs français sont plus productifs que leurs homologues allemands mais cela ne se traduit pas en termes de compétitivité et de richesse par habitant. Ainsi, La productivité par tête est plus élevée en France qu’en Allemagne de 15 %.

    En 1998, la productivité par tête était de 70 000 euros en France contre 64 000 en Allemagne. En 2018, les chiffres respectifs sont 83 000 et 71 000. Au niveau des PIB par habitant, si en 2003, les deux pays étaient à parité, l’écart, en défaveur de la France, atteint 13 points. Le décrochage commence à partir de 2003 mais s’accélère nettement à compter de 2010. Cette situation paradoxale est la simple conséquence d’un taux d’emploi (le pourcentage de la population en âge de travailler qui a un emploi) plus faible en France qu’en Allemagne. Le taux d’emploi est de 91 % en Allemagne en 2019 contre 78 % en France, soit un écart de 13 points quand en 1998 il n’était que de 6 points (respectivement 75 et 70 %).

    Le fort taux d’emploi en Allemagne est la conséquence d’un fort taux de participation de la population (proportion de personnes ayant l’âge de travailler qui sont réellement sur le marché du travail). Ce taux est Outre-Rhin de 94 % en 2019. Il s’est fortement amélioré depuis 20 ans. Il était de 82 % en 1998. En France, il a certes progressé mais dans une moindre proportion en passant sur cette même période de 78 à 85 %.

    Depuis 2010, la grande différence entre les deux pays provient du taux de chômage. Le chômage a fortement chuté en Allemagne, passant de 8 à 3,2 % de 2010 à 2019 quand, en France, la baisse n’a commencé qu’à compter de 2017 et dans des proportions bien plus faibles. Le taux de chômage est ainsi passé de 10 à 8,5 % lors de ces trois dernières années.

    L’avantage de l’Allemagne par rapport à la France est net au niveau du taux d’emploi des jeunes de 15 à 24 ans (écart de 17 points avec des taux respectifs 47 et 30 %). Chez les actifs de plus de 55 ans, la France est très en retrait par rapport à son partenaire. L’écart est de 7 points entre 55 et 59 ans et de 30 points entre 60 et 64 ans.

    L’écart de richesse par habitant tend à s’accroître en raison de la difficulté croissante d’insérer les jeunes hommes dont une proportion croissante est en situation de décrochage scolaire et professionnel.

    En 2018, en France, 963 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation (NEET) selon la définition d’Eurostat. Ils étaient 1 025 000 en 2015.

    L’environnement familial joue un rôle important dans le rapport des jeunes aux études et à l’emploi. Les plus concernés par le décrochage scolaire et professionnel sont sans surprise ceux dont un ou les deux parents sont au chômage. Les enfants issus d’une famille monoparentale sont également plus exposés à ce risque.

  • L’anti-Trump, Bill Weld.

    Bill Weld for President affiche-t-il crânement.Personne n’y croit, écvidemment.Il est francophile et parle français. Il a été Gouverneur du Massachusetts de 1991 à 1997, procureur, romancier, gestionnaire de fonds à Manhattan où il a fait fortune. Marié avec l’arrière petite fille de Théodore Roosevelt, conservateur en économie, libéral sur les questions de société, il avait rejoint le parti libertarien pour être candidat à la présidentielle au poste de Vice-Président avec Gary Johnson (3.2% des voix).

    « Trump a commis un acte de haute trahison, et la peine pour la haute trahison, c’est la peine de mort » – Bill Weld

    Revenu chez les Républicains, il défit Donald Trump aux primaires et a obtenu un délégué dans l’Iowa. Il est le premier à avoir ravi un délégué à un Président sortant dans une élection primaire au parti Républicain.

    Pour lui, Trump représente le pire de la politique américaine. Il continue donc sa campagne au sein du Parti Républicain, espérant sinon gagner,du moins faire trébucher Trump. Il aurait voté pour la destitution de Trump comme son ami MittRomney. Il a déclaré simplement : « Trump a commis un acte de haute trahison, et la peine pour la haute trahison, c’est la peine de mort ». Il considère que Trump est un raciste enragé, et un inconscient au niveau diplomatique.

    Pour lui, la réélection de Trump serait une catastrophe pour les Etats-Unis.

    Pro choice (pro avortement), favorable au mariage gay, partisan de l’équilibre budgétaire, réticent à l’augmentation du budget militaire, il avait, alors qu’il était lui-même candidat à la vice-présidence, incité dans les derniers jours de la campagne à voter pour Hillary Clinton plutôtque pour Trump.

    Dans l’Iowa, il a récolté 1.2% des voix. Dans le New Hampshire, 9.7%. Il rêve d’un score à trente pour cent pour faire tomber Trump. Rigoureux, travailleur, sérieux, à la limite de la fadeur, il se veut l’exact opposé de Trump, son irréductible opposant interne au sein du parti républicain. Mais rein ne dit qu’il continuera jusqu’au bout. Pour l’instant, Trump réserve ses tweets au parti démocrate.

  • Le séparatisme islamique, le plan pour lutter contre le communautarisme de Macron

    Lutter contre la radicalisation et les influences étrangères qui gangrènent certains quartiers de France, c’est le mot d’ordre du déplacement d’Emmanuel Macron mardi à Mulhouse, dans le Haut-Rhin. Il s’est rendu sur place pour lancer un plan de lutte contre le communautarisme, le « séparatisme », selon les termes de l’Elysée. Selon l’entourage du président de la République, on estime que le terme communautarisme est « trop vaste », et qu’il faut désormais parler de « séparatisme ». Ce terme permet, selon l’Elysée, de mieux cibler un ennemi désormais clairement assumé : l’islamisme politique.

    « Ce sont des populations qui ne veulent plus faire partie de la communauté républicaine », s’alarme un conseiller présidentiel.

    Quartier en « reconquête républicaine »

    À Mulhouse, le chef de l’Etat a rencontré des représentants d’associations sociales, culturelles, religieuses ou sportives, ainsi que des membres des forces de l’ordre d’un quartier, Bourtzwiller, loin d’être choisi au hasard. Avec ses 15.000 habitants, il fait partie de ces quartiers dits « en reconquête républicaine« . « Ce sont des populations qui ne veulent plus faire partie de la communauté républicaine », s’alarme un conseiller présidentiel. « C’est ce qui arrive quand la République a trop longtemps reculé », reconnait un ministre concerné.

    Un proche du président précise : « On ne stigmatise pas les musulmans, eux aussi veulent être protégés. Mais c’est toujours sur les mêmes territoires que se passent les mêmes problèmes ».

    C’est pourquoi le chef de l’Etat parlera autant répression que vivre ensemble. Dans les quartiers, le nouveau leitmotiv d’Emmanuel Macron, c’est la « reconquête républicaine ». La riposte de l’Etat va être déclinée pendant les prochaines semaines. Il n’y aura pas de grand discours du président mais une série de mesures concrètes : le retour des services publics dans ces quartiers, et surtout davantage de moyens pour les forces de l’ordre et le renseignement afin de lutter notamment contre les ingérences et les financements étrangers.

    Bourtzwiller – ville test d’un programme de lutte contre la radicalisation

    Depuis deux ans, Bourtzwiller fait partie d’un programme discret de lutte contre la radicalisation. Vingt personnes supplémentaires travaillent notamment dans le commissariat. Sans bruit, sur tout le territoire, ce programme a permis de fermer des lieux de culte, des débits de boissons et des écoles. « On est sur une ligne de crête », reconnait-on à l’Elysée, bien conscient que cette lutte contre la radicalisation ne doit pas entraîner une stigmatisation de l’ensemble des musulmans.

    « On vit avec les valeurs de chacun »

    Mais du coté des Mulhousiens, certains voient aussi dans ces discours des opportunités électorales. Mohammed, Salah et Brahim sortent de la mosquée dans le quartier de Bourtzwiller : « Moi je vis dans le quartier, j’ai étudié dans le quartier, et je n’ai jamais entendu parler de ce genre de choses. Au contraire, on vit avec les valeurs de chacun », explique l’un deux à l’envoyé spécial de l’AFP.

    « Je suis fatigué d’entendre toujours le même refrain », poursuit son ami. « Les musulmans, les musulmans, les musulmans… Et c’est systématiquement avant les élections ! ». « Ce sont des thématiques du Rassemblement national. Emmanuel Macron essaye de récupérer des électeurs d’extrême droite pour les prochaines élections, c’est tout », résume le troisième homme.

    « Je ne sens pas de radicalisation ici »

    Un peu plus loin, un militant En Marche tracte pour la candidate macroniste. Il explique aux habitants que « le Président de la République a choisi Bourtzwiller pour parler de séparatisme islamiste ». Un riverain, sceptique, réagit au micro d’Europe 1 : « J’ai du mal à saisir. Mes enfants ont tous été au collège de Bourtzwiller, dans un quartier un peu difficile, et je ne sens pas de radicalisation ici ».

    Il sera question de la grande nouvelle mosquée de l’autre coté de Mulhouse, controversée à cause de ses financements du Qatar. L’ingérence étrangère est pointée du doigt. « On se pose moins de questions quand le Qatar finance le PSG », lance un militant En Marche à un journaliste du Monde.

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