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  • Retraites : le gouvernement face au casse-tête des inégalités

    Une enquête du Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) montre que l’individualisation des parcours promue par la réforme des retraites risque de renforcer les inégalités au moment de la retraite. Un article de notre partenaire, Euractiv.

    Alors que les débats parlementaires s’enlisent à l’Assemblée nationale, un collectif d’économistes rattaché au Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) vient de rendre publique une étude éclairante sur les possibles répercussions de la réforme des retraites. Le gouvernement a promis un système universel par points destiné à remplacer le système actuel jugé « peu lisible, inégalitaire et dont l’avenir pose question », d’après l’étude d’impact qui accompagne le projet de loi. « Chaque euro cotisé [ouvre] les mêmes droits, quel que soit le statut du travailleur et dès la première heure travaillée » a promis l’exécutif.

    En outre, cette universalité reposerait sur le calcul du montant de la pension étendu à l’ensemble de la vie active et non plus sur les 25 dernières années pour les carrières du privé. Pour l’équipe de chercheurs, ce principe d’équité est loin d’être assuré. Si de nombreuses incertitudes persistent notamment sur le calcul du point et le coût de la réforme, les éléments présentés dans l’épaisse étude d’impact et le projet de loi laissent les économistes perplexes.

    « Loin de se caractériser par un principe d’ » universalité », le nouveau mode de calcul alimente in fine une logique d’individualisation des politiques sociales : en effet, il repose sur l’idée que la pension doit refléter au plus près les contributions individuelles tout au long de la carrière, au risque de reproduire de fait les inégalités socioprofessionnelles qui structurent le marché du travail ».

    Un risque de reproduction des inégalités

    Dans leurs travaux, les économistes expliquent que les travailleurs précaires devraient être particulièrement touchés par la réforme. Les chômeurs, les personnes en reconversion ou sur des périodes de transition, pourraient être confrontés à une diminution de leurs pensions. « Certaines dispositions qui permettaient de valider des trimestres pendant les périodes d’inscription comme demandeur.ses d’emploi sont supprimées et le revenu sur lequel sont assises les cotisations retraite n’est plus l’ancien salaire — qui servait de base au calcul de l’allocation chômage — mais le montant de l’indemnisation ou de l’allocation perçue pendant les périodes de chômage (réduite à zéro pour les chômeur. ses de longue durée) » soulignent les auteurs. Le futur système actuellement débattu à l’assemblée pourrait donc pénaliser les profils les plus fragiles, or une récente enquête de l’Insee montre que le système actuel des retraites limite la pauvreté des nouveaux retraités et tend à réduire les écarts de niveau de vie.

    Un risque de fracture entre les générations

    Les jeunes actifs ont été en première ligne lors de la grande crise de 2008 et la crise des dettes souveraines de la zone euro. Selon de récents chiffres de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans au sens du BIT s’élevait à 20,8 % en 2018 contre 9,1 % pour toutes les autres catégories. Les jeunes les moins qualifiés ou déscolarisés très tôt sont particulièrement concernés par ce phénomène de chômage de masse. Chez les plus diplômés, l’insertion professionnelle s’est également durcie avec un accès à un emploi stable qui prend plus de temps.

    Selon un bulletin de recherche du Cereq publié à l’automne 2019, 87 % des titulaires d’un master 2 obtenu en 2010 étaient en emploi stable 7 ans après la fin de leurs études contre 93 % de la génération 98. En moyenne, « 7 ans après la sortie du système scolaire, seule la moitié de la génération 2010 occupe une situation professionnelle stable, contre deux tiers de la génération 1998, rendant le cumul des points incertain de plus en plus longtemps » expliquent les économistes du CEET. La multiplication des contrats courts lors des premières embauches ces dernières années risque de pénaliser les générations les plus récentes dans le contexte de la nouvelle réforme.

    La pénibilité, grande source d’inquiétude

    Le sujet de la pénibilité est au centre des inquiétudes. Outre les écarts d’espérance de vie entre les différentes professions, les chercheurs indiquent que la réforme devrait prolonger les effets de la loi travail de 2016, qui a exclu quatre des dix critères de pénibilité fixés par une loi de 2010. Il s’agit de l’exposition aux agents chimiques dangereux, aux postures pénibles, aux manutentions de charges lourdes et aux vibrations mécaniques. L’exposition aux risques est loin de concerner toutes les catégories socioprofessionnelles. Ces risques se concentrent avant tout sur les ouvriers. « [Ils] représentent environ 20 % de la population active. On peut considérer que le futur système de retraite ne prendra que très partiellement en compte la pénibilité, et donc les enjeux de santé publique et d’égalité sociale qui lui sont liées : les ouvrier. e. s ont une espérance de vie en bonne santé inférieure de 10 ans à celle des cadres supérieurs. Ainsi, l’argument de l’“universalité” s’en trouve affaibli » résument les auteurs. De son côté, l’étude d’impact du gouvernement prévoit une extension du compte professionnel de prévention aux fonctionnaires et aux salariés des régimes spéciaux. « Ce sont 200 000 personnes supplémentaires qui pourront bénéficier de points dans le C2P », soulignent les auteurs de l’étude. Si la CFDT a souligné que c’était « une avancée », le recul de l’âge de départ à la retraite pour certaines professions pourrait accroître certaines disparités.

  • Japon: vers une évolution des droits des parents séparés de leur conjoint?

    Japon: vers une évolution des droits des parents séparés de leur conjoint?

    Nous en parlions dans des articles précédents : au Japon, il est largement possible pour un conjoint de partir avec les enfants et que ceux-ci ne soient plus du tout en contact avec leur autre parent.

    Cette situation concerne plusieurs centaines de parents français sur place, en majorité des hommes qui ont eu leurs enfants avec une femme japonaise. Cela peut amener à des drames, à des traumatismes, et c’est régulièrement condamné au niveau international.

    Le 18 décembre, la commission des affaires européennes du Sénat a adopté à l’unanimité la proposition de Richard Yung, Sénateur La République en Marche pour les Français de l’Etranger de résolution européenne relative aux enfants privés de tout lien avec leur parent européen à la suite d’un enlèvement commis par leur parent japonais.

    Action publique au Japon contre la situation actuelle

    Ce mercredi a débuté une action collective au Japon sur ce sujet

    Une conférence de presse en anglais et en japonais, rappelant combien ce sujet est international.

    Elle est saluée par le conseiller consulaire Thierry Consigny, particulièrement en pointe sur le sujet et que nous avons contacté.

    Il a fait part de son soutien : « Les 13 parents japonais et étrangers motivent ce recours par l’incapacité du gouvernement à prévenir les enlèvements parentaux qui coupent chaque année des centaines de milliers d’enfants de tout contact avec l’un de leurs parents et leur seconde famille pour des années, voir des décennies. »

    Concrètement, que peut faire la communauté internationale ? Pas grand-chose tant cette mentalité, plus qu’une loi, est ancrée dans la société japonaise. Et ce depuis des siècles.

    Le Sénat, l’Europe, notre compatriote Thierry Consigny sur place, cependant, continuent inlassablement à parler de cette problématique qui touche de très nombreux Français installés au Japon.

    L’impact de cette action collective sera sans doute déterminant dans ce combat, que nous continuerons à suivre. M. Consigny est lui enthousiaste et il souhaite « Bonne chance aux parents et bravo pour leur courage ! »

  • Le Japon à la veille d’une nouvelle récession

    Le Japon est en croissance depuis 2012, ce qui constitue sa plus longue période depuis 30 ans. Néanmoins, cette croissance est très faible, entre 0,3 % à 2 % par an. Par ailleurs, entre 1997 et 2019, le Japon a connu 10 années de déflation. Sur la période, l’inflation annuelle a augmenté de 0,05 % quand les salaires moyens ont baissé, malgré la pénurie de main d’œuvre.

    le PIB nippon avait déjà perdu 1,6 % au dernier trimestre 2019 

    En ce début d’année 2020, les autorités japonaises craignent une nouvelle récession. Sur la période allant d’octobre à décembre, avant même la détection de l’épidémie en Chine, le PIB nippon avait déjà perdu 1,6 % en glissement trimestriel. Projeté en rythme annualisé, ce recul représente une contraction théorique de 6,3 %, pointe l’exécutif. Il faut remonter au deuxième trimestre de 2014 pour retrouver un refroidissement aussi sévère. Or, depuis le mois de janvier, l’aggravation de la crise du coronavirus se traduit par une diminution importante des touristes chinois. Le ralentissement de la demande en Chine et les difficultés que rencontrent les importateurs en produits chinois pèsent sur la production japonaise.

    Par ailleurs, les consommateurs japonais commencent à leur tour à hésiter à se rendre dans les grands magasins le week-end. Le Japon doit, depuis le milieu de l’année dernière, faire face à un contexte économique difficile. En octobre, un typhon brutal avait bloqué certaines régions et découragé la consommation. La guerre commerciale entre Pékin (Beijing) et Washington a touché plusieurs entreprises qui exportent des composants vers des usines chinoises. Le relèvement de 8 % à 10 % du taux de TVA, le 1er octobre dernier, a pesé lourdement sur la consommation. Les secteurs de l’habillement, de l’automobile et de l’électronique ont été particulièrement affectés. Au total, les statistiques gouvernementales ont enregistré une chute de 3 % des dépenses privées des ménages japonais.Durant le quatrième trimestre, Les entreprises ont réduit leurs dépenses en capital de 3,7 %.

    La croissance potentielle du Japon demeure faible

    La croissance potentielle japonaise est limitée en raison de la baisse du nombre d’habitants (plus de 200 000 par an) et par les faibles gains de productivité. Le taux de natalité japonais est l’un des plus bas du monde (1,4 enfant par femme en 2017). La baisse de la population, engagée depuis 2008 (300 000 personnes en moins sur l’année 2018), devrait s’amplifier progressivement pour ramener la population totale de 127 millions actuellement à 90 millions en 2060 et 60 millions en 2100.

    La croissance est entravée par l’absence de marges au niveau de la population active. Le taux de chômage est de 2,2 % au mois de décembre 2019. La pénurie de main d’œuvre est de plus en plus crainte malgré la hausse significative récente du taux de participation des femmes (72 % en 2019 contre 63 % en 2012).

    Avec une productivité horaire de 42 dollars par heure, le Japon se situe à la dixneuvième place du classement des pays de l’OCDE. Le paradoxe japonais réside dans la combinaison d’un bon système éducatif, d’une forte utilisation des robots mais d’une faible productivité. Plusieurs freins sont identifiés, parmi lesquels une faible mobilité des salariés, un système de rémunération fondé sur l’ancienneté, une faible culture du service et un manque de concurrence pour les entreprises qui opèrent sur des marchés protégés.

    Une grande puissance corsetée

    Le Japon reste malgré tout la troisième puissance économique du monde derrière les États-Unis et la Chine avec un PIB en 2018 de 4 972 milliards de dollars. Le pays enregistre le deuxième excédent courant au monde et dispose d’un patrimoine financier domestique important permettant de financer une dette publique qui l’est tout autant. Les actifs financiers détenus en interne atteignent 28 000 milliards de dollars et cela malgré des taux bas depuis plus de 30 ans. Le patrimoine financier représente presque 600 % du PIB. Ce capital est très majoritairement investi au Japon.

    Le pays se classe au sixième rang mondial en termes d’investissements directs à l’étranger. Le Japon est le premier fournisseur et exportateur au monde de robots industriels. Il continue d’afficher une position globale de leader dans la recherche et l’innovation. Le Japon reste le premier détenteur au monde de brevets en stock et le deuxième en flux derrière la Chine.

    Pour enrayer la récession, les pouvoirs publics disposent de peu de moyens du fait de l’endettement et du niveau des taux d’intérêt. Le Gouvernement a néanmoins promis de nouveaux assouplissements budgétaires. La dette publique brute du Japon a augmenté de 69 % à 240 % du PIB entre 1990 et 2019. Cette hausse s’explique par la hausse des dépenses publiques mais aussi par la diminution des recettes en relation avec les différents plans de soutien mis en œuvre par les pouvoirs publics. L’outil monétaire utilisé depuis plus de trois décennies offre également peu de marges pour favoriser la relance de l’économie.

  • Cesars VS Tocards – La riposte féministe conte la nomination de Polanski

    Avec les #Tocards2020, des féministes organisent une contre-cérémonie

    Elles veulent « faire entendre leurs colère et indignation ». Des féministes ont organisé une contre-cérémonie des César qui sera mise en ligne sur YouTube jeudi, soit la veille de la 45e édition du grand rendez-vous du cinéma français. Lors des #Tocards2020, elles parodieront le grand raout en remettant, entre autres, le « césar de la pédocriminalité », le « césar de l’impunité » ou le « césar de la misogynie », annonce « l’équipe de la contre-Académie » dans un communiqué adressé aux médias ce mercredi.

    Les organisatrices entendent dénoncer « le silence coupable de toute l’industrie du cinéma français ». « En refusant de prendre position sur la question cruciale des violences sexistes et sexuelles, l’académie des César est de facto complice de ces agissements », avancent-elles.

    Dans leur viseur, notamment, les douze nominations aux César pour J’accuse de Roman Polanski, dont celle de meilleur réalisateur. Celles qui se présentent comme des «  colleuses et féministes de tous bords » estiment que l’Académie « prouve une fois de plus qu’elle fait fi des violences que subissent les femmes et montre par là même sa volonté de les taire et les faire perdurer ».

    D’autres initiatives annoncées

    Par ailleurs, plusieurs associations féministes ont appelé à un rassemblement vendredi à 18 h devant la salle Pleyel (Paris 17e), à trois heures du coup d’envoi de la cérémonie des César afin de protester contre les honneurs accordés à Roman Polanski. Le collectif féministe #NousToutes a de son côté annoncé un happening au cours duquel seront décernés « d’autres prix – moins glorieux –, afin que le rideau se lève sur la protection » accordée par « le monde des arts et du cinéma ».

    Mi-février, des associations et personnalités féministes avaient signé une lettre ouverte dans Le Parisien appelant les votants des César à « refuser de décorer » Roman Polanski, accusé par douze femmes de violences sexuelles.

  • Quand les robots contribuent au bien-être des chèvres du Loir-et-Cher

    Dans le Loir-et-Cher, un éleveur caprin a fait le choix de l’automatisation maximale, tout en s’inscrivant dans une démarche de circuit court et d’économies d’énergie. Un choix qui lui laisse plus de temps pour s’occuper au mieux des animaux, assure l’éleveur.
    Avoir recours à des robots, des logiciels peut aussi contribuer au bien-être animal. C’est la conviction de Pascal Huger, éleveur caprin à Thenay, dans le Loir-et-Cher. A la tête d’un troupeau de 400 chèvres de la race Saanen, l’éleveur qui vend son lait à des fromagers AOP non loin de chez lui, tient à garder du temps pour s’occuper de ses chèvres

    « Les robots, cela peut sembler inhumain mais en réalité cela me laisse plus de temps pour mes chèvres. Elles sont curieuses et parfois espiègles, ce qu’elles aiment c’est que l’on s’occupe d’elles!».

    Une démarche d’entrepreneur

    Pour garantir une production de lait optimale, qui réponde au cahier des charges strict de l’AOP, la qualité de l’alimentation des chèvres est le premier souci de l’agriculteur.

    «  Une bonne alimentation ce sera un bon lait, et donc de bons fromages » résume l’éleveur. Ses chèvres produisent du lait utilisés pour le Selles-sur-Cher, le Valençay, le Sainte-Maure, le Pouligny-Saint-Pierre et le célèbre crottin de Chavignol.

    Ancien ouvrier agricole, il a racheté la ferme de son patron en 2002 et travaille à son tour avec un ouvrier. Ils ne sont que deux pour gérer cet énorme troupeau, mais les Saanen, en plus d’être de bonne laitières, sont plutôt calmes. Et surtout, les tâches les plus fastidieuses sont dévolues aux machines. 

    Les bottes de foin, le fourrage vert et l’herbe sont répartis par l’éleveur le long des barrières de l’étable, étudiée pour que les chèvres ne se blesse pas.  Mais les compliments alimentaires sont gérés par ordinateur, et distribués par un robot de distribution, ce qui  permet de « personnaliser » la distribution. Les chèvres sont réparties dans des enclos séparés selon qu’elles sont en gestation, allaitantes ou non. Les béliers sont aussi maintenus à part. Le robot distribue les quantités adéquates de compléments pour chaque enclos, en fonction des besoins des chèvres. Pour l’éleveur, plus question de préparer ses mélanges à la main et de porter de seaux lourds. Les mélanges sont réalisés par le robot qui les distribue.

    Des contrôles à toutes les étapes

    La traite est, elle aussi, entièrement automatisée. Chaque chèvre est équipée d’une boucle d’identification électronique. Lorsque la chèvre pénètre dans son espace sur la traite rotative, elle est instantanément identifiée. Une fois les manchons installés sur ses pis, le lait est envoyé directement dans le tank de stockage, et les contrôles sur le lait se font automatiquement. Cela évite les prélèvements manuels réguliers qui perturbent les animaux. D’où un meilleur rendement. Les capteurs de chaque « pulsomètre » gèrent le flux de lait et permettent le décrochage automatique des manchons quand le débit ralentit. Des capteurs à lait qui permettent d’enregistrer la production animal par animal, ainsi que d’un distributeur automatique d’alimentation qui adapte sa ration à chaque chèvre en fonction de sa production. Toutes les informations sont accessibles sur un écran tactile qui signale la moindre anomalie pendant la traite, afin que l’éleveur puisse intervenir rapidement.

    Les données recueillies par le logiciel permettent une gestion approfondie du troupeau. Chaque chèvre est répertoriée avec son numéro de lactation, le lot dans lequel elle se situe, son historique de gestation, de production, la qualité de son lait, le suivi sanitaire jusqu’aux déclarations et procédures administratives quand une bête met bas ou qu’elle part pour l’abattoir .

    Ces informations permettent à l’éleveur de décider du meilleur moment pour mettre une chèvre au repos pour sa période de tarissement (environ deux mois) avant de la remettre en gestation, sachant que la période de lactation est en moyenne de 10 à 12 mois. Ce sont aussi des robots qui nourrissent les chevreaux, tandis que la répartition des cultures sur les terres est gérée par logiciel.

    Une exploitation qui passe en mode économie d’énergie

    Autre spécificité, Pascal Huger livre son lait tous les jours à un producteur de fromages fermiers du village voisin. Pour éviter de trop refroidir son lait, il l’ensemence le soir avec du sérum pour que les ferments commencent à travailler. La température est ainsi rabaissée à 12°, au lieu des 4° obligatoires pour raisons sanitaires si le lait partait en laiterie. De plus son tank à lait est équipé d’un récupérateur thermique : l’énergie dépensée pour refroidir le lait est récupérée pour chauffer l’eau chaude.

  • Elections consulaires: modifications administratives de dernière minute.. complications pour les candidatures

    Elections consulaires: modifications administratives de dernière minute.. complications pour les candidatures

    L’affaire commence à s’ébruiter, elle sème les graines du doute parmi celles et ceux qui souhaitent présenter des listes lors des élections consulaires des 16 et 17 mai prochains.

    En effet, à part une simple mise à jour sur le site internet du ministère, sans alerter les élus consulaires,  le ministère des affaires étrangères a décidé de modifier le 7 février et encore ce lundi 24 février les règles concernant le dépôt de listes. Et ce donc à quelques jours de la date limite du dépôt soit le 8 mars et alors que nous sommes en période de vacances scolaires dans de nombreux pays. Sans oublier, les circonscriptions continents comme au Brésil, en Russie où il est difficile de récupérer rapidement des documents qui doivent être complétés à la main. Nous pouvons évoquer aussi le cas de Hong-Kong où certains candidats, du fait du Coronavirus, ont du quitter la ville.

    Les formulaires ne peuvent être validés que si ils comportent un ensemble de mentions obligatoires, et celle-ci ont été modifiées le 7 février et de nouveau le 24 février. Elle comporte désormais en ajout la mention : « Ma position dans cette liste figure sur le document « Notice relative à l’ordre de présentation des candidats », joint par le candidat tête de liste regroupant par ordre de présentation l’ensemble des candidats de la liste. » et l’obligation de donner mandat au dépositaire de la liste auprès des autorités en cochant une simple case sur le nouveau formulaire ou en l’indiquant de façon manuscrite sur les anciennes versions.

    Une dernière version du mémento du candidat à J-7 du dépôt des candidatures

    L’ajout des mentions concernant la place sur la liste et le mandat n’e sont pas problématique en soit, elles auront l’avantage d’éviter des recours. Pour cela, l’administration du Ministère des affaires étrangères s’inspire de l’organisation des municipales en France.

    En revanche, les modifications du mémento sont terriblement tardives et n’on pas été relayées. La French Radio Benelux  a été informée par un consul en Europe de façon informelle. Après vérification auprès de nombreux têtes de liste dans plusieurs pays, la plupart étaient dans l’ignorance de l’ajout de ces mentions et toutes expliquaient les difficultés qui s’annoncent pour eux ces prochains jours à faire re-signer les candidats, parfois plus que 20, de leurs listes.

    Cependant l’AFE a régit dès le 11 février sur la modification du 7 février  en indiquant que les anciens formulaires seront acceptés à partir du moment où ils détiennent l’ensemble des informations soit :

    • Acceptation de la position du candidat dans l’ordre de présentation sur la liste
    • Acceptation de se porter candidat sur la liste menée par une tête de liste clairement identifiée
    • Mandat à la personne désignée pour déposer à la liste

    Que se passera-t-il pour les nombreuses listes qui n’auront pas mis à jour leur formulaire ? Rejet du dépôt de candidature ? Annulation du scrutin ? Information et acceptation d’un délai supplémentaire pour corriger le tir ?

    Comment accepter que ce scrutin, ou le taux de participation est déjà faible, soit entaché de l’annulation de dizaines de listes à travers le monde pour une banale histoire de modification administrative tardive ?

    Et plus largement, c’est la question de la facilité d’accès à la vie citoyenne qui se pose !

    Les listes doivent être déposées début mars. Ce sont les vacances, les candidats sont parfois à des milliers de kilomètres. Du Kafka de A à Z.

  • Coronavirus: comment les Français de l’étranger peuvent s’informer

    14 personnes ont été diagnostiqué comme porteurs du coronavirus en France. 1, en provenance de Chine et âgé de 80 ans n’a pas survécu. 2 personnes, à l’heure ou nous écrivons ces lignes, sont encore contaminés par le virus de l’empire du milieu. Tous les autres ont guéris, le taux de guérison du coronavirus, partout dans le monde, est extrêmement rassurant et les cassandres eux même ne peuvent que le constater.

    Ailleurs dans le monde, la situation est cependant moins positive qu’en France. Aux frontières de l’Hexagone, la situation la plus critique est bien entendu en Italie  . La péninsule compté déjà 10 morts et 11 villes, toutes situées dans le nord en Lombardie et en Vénétie sont confinées.

    le carnaval de Venise est touché par le Coronavirus

    Tous les continents sont concernés, avec une grande incertitude sur l’Afrique. Celle-ci ne dispose globalement pas des infrastructures de santé pour faire face à une pandémie et a en revanche des relations particulièrement approfondies avec la Chine.

    En Iran, le régime a longtemps caché la gravité de l’épidémie sur le territoire jusqu’à ce que ce ne soit plus possible. Un membre du gouvernement est lui-même contaminé. La crise est bien entendu surtout grave en Chine. A Hong-Kong, les écoles sont fermées et les restaurants vides .

    Quelles mesures pour informer et aider les Français de l’étranger ?

    Les conseillers consulaires d’Italie, Alexandre Bezardin, et de Hong-Kong Macao Catya Martin, ont tous les deux confirmé à notre rédaction l’implication des consulats sur place, à Milan, à Hong-Kong et ailleurs, et leur volonté de travailler avec  les élus et à informer la population.

    Le Quai d’Orsay est impliqué dans l’information pour les Français de l’étranger

    Le Quai d’Orsay a mis en place une page de conseils pour les voyageurs .

    6 conseils y sont donnés, et ils s’appliquent aussi aux Français résidant sur place :

    – s’informer régulièrement de la situation en consultant la rubrique Dernière minute des Conseils aux voyageurs du pays concerné

    – suivre les recommandations de prévention des autorités locales

    – éviter tout contact avec des animaux morts

    – éviter tout contact rapproché avec des personnes ayant de la fièvre et qui toussent

    – éviter de manger de la viande crue ou peu cuite

    – se laver les mains avec du savon ou avec des solutions hydro-alcooliques

    Des mesures spécifiques pour certains pays

    Le ministère recommande aussi des mesures spécifique pour celles et ceux qui reviennent de Chine, Corée du sud, Singapour et du nord de l’Italie dans les 14 jours suivant le séjour :

    -Surveiller sa température 2 fois par jour ;

    -Porter un masque chirurgical en présence de son entourage et en dehors du domicile ;

    -Ne pas envoyer les enfants, collégiens, lycéens, à la crèche, à l’école, au collège ou au lycée, compte tenu de la difficulté à leur faire porter un masque toute la journée ;

    -Réduire les activités non indispensables (cinéma, restaurant, soirées …) et la fréquentation de lieux où se trouvent des personnes fragiles (hôpitaux, maternités, établissements pour personnes âgées…).

    -Se laver les mains régulièrement.

    -Privilégier dans la mesure du possible, le télétravail (travailleurs, étudiants)

    Ainsi, la France, comme de nombreux pays à travers le monde, ainsi que l’OMS, est préparée à cette maladie qui, rappelons-le, est certes très contagieuse mais comparable en termes de dangerosité à une forte grippe.

    La prudence s’impose cependant. Pour les visiteurs temporaires et pour les Français de l’étranger !

  • Pourquoi et comment la France a raté le virage des drones militaires aériens

    La France a tardé à tirer parti des drones dans les opérations militaires modernes. Un article de notre partenaire, Euractiv.

    C’est l’histoire d’un fiasco incroyable. Il est connu et identifié depuis longtemps : il a fait l’objet de nombreux rapports parlementaires et d’articles de presse. Indéniablement, la France a raté le virage des drones militaires aériens. C’est l’un des thèmes examinés dans le rapport annuel 2020 par la Cour des comptes, qui souligne que cette « rupture stratégique » a été « mal conduite ». Pourtant, la France a déployé ses premiers drones lors de la première guerre du Golfe en 1990-1991 (drone expérimental MART) puis en ex-Yougoslavie (déploiement en Bosnie du CL-289 en 1996, puis du Crécerelle en 1998). Mais il faudra attendre l’engagement de systèmes intérimaires en Afghanistan à la fin des années 2000 « pour que soit emportée la conviction de la nécessité des drones dans les opérations militaires », selon la Cour des comptes.

    « Alors que ces matériels sont en augmentation dans la plupart des forces armées, la France a tardé, malgré la solidité de son industrie d’armement, à s’équiper, du fait de projets ponctuels, conduits sans vision stratégique cohérente sur le long terme. Aujourd’hui encore, malgré une accélération de la politique d’acquisition, le parc de drones militaires français reste limité, comparativement à celui d’autres pays, comme le Royaume-Uni, et, sur certains segments, vieillissant », écrit la Cour des comptes.

     Hésitations et revirements

    Dans la continuité de la coopération militaire initiée par la France et le Royaume-Uni, avec les traités de Lancaster House de 2010, un accord-cadre, signé en juillet 2012, a permis aux deux pays d’évaluer les opportunités de coopération dans le domaine des drones tactiques, notamment à travers le Watchkeeper, déjà utilisé en opération par les Britanniques. Finalement, dans un contexte de compétition entre groupes industriels français, une mise en concurrence européenne a été réalisée en 2014, au terme de laquelle le Patroller de Safran a été retenu.

    Sur le segment des drones MALE (Moyenne altitude, Longue endurance), la France s’est beaucoup cherchée après avoir en vain lancé puis abandonné plusieurs projets comme l’EuroMale, l’Advanced UAV,  le Talarion, le Telemos et, enfin, le Voltigeur. Un énorme fiasco qui a conduit à l’achat par le ministre de la Défense de François Hollande, Jean-Yves Le Drian, de drones américains, le Reaper. En matière de drone MALE, la France va donc voler américain à la grande satisfaction de l’armée de l’air. « Cette décision s’est inscrite dans le contexte du moment, celui d’un besoin opérationnel à satisfaire dans des délais resserrés, des hésitations répétées des pouvoirs publics et des industriels », écrit la Cour des comptes. L’achat de drones américains évalué à 800 millions d’euros n’est que « la première étape d’efforts financiers conséquents à venir », estime-t-elle.

    Mais cette décision d’acheter du matériel américain a été critiquée, en particulier au regard du coup de canif à l’autonomie stratégique et industrielle de la France. Les deux premiers systèmes livrés à la France ont été prélevés sur les chaînes de production dédiées à l’armée de l’air américaine et, donc, dans une version non dédiée à l’export. Des critères de sécurité et des restrictions d’utilisation spécifiques ont été exigés par les États-Unis. L’acquisition de ces Reaper s’est accompagnée de contraintes importantes, explique la Cour des comptes : le déploiement en dehors de la bande sahélo-saharienne est soumis à autorisation des Américains ; la maintenance est exclusivement réalisée par l’industriel américain ; la formation a créé une dépendance au système de formation américain. Pour autant, la plupart de leurs contraintes d’utilisation devraient être levées avec la livraison des derniers systèmes en version export.

    Pourquoi un tel fiasco

    Plusieurs explications d’ordre opérationnel ont été mises en avant par le ministère des armées pour justifier les retards pris à se doter de cette capacité, précisent les Sages de la rue Cambon : besoin de valider des solutions techniques, délais nécessaires à l’acquisition des compétences par les industriels français et européens et à l’élaboration de doctrines d’emploi adaptées. « Au-delà des explications avancées par les armées, des causes plus profondes et cumulatives sont tout autant à mettre en avant dans les retards et les surcoûts occasionnés », note la Cour des comptes. Outre l’urgence opérationnelle qui a poussé à l’acquisition de matériels américains de l’US Air Force, la Cour des comptes évoque « des résistances d’ordre culturel, en particulier au sein de l’armée de l’air, dans la mesure où les drones bousculent les équilibres actuels qui placent le pilote au cœur du dispositif aérien ».

    Tout comme elle identifie des « divergences de besoins opérationnels entre armées, notamment l’armée de l’air et l’armée de terre, qui conditionnent le partage des responsabilités en matière de moyens aériens ». Elle pointe en outre « un manque de constance et de cohérence dans les choix industriels, capacitaires et diplomatiques des pouvoirs publics » et « des rivalités entre industriels, qui ont abouti à une forte concurrence intraeuropéenne qui s’est révélée dommageable ». « L’absence de vision stratégique et de planification de moyen terme a retardé les possibilités de mises en commun de matériels ou les voies d’optimisation et de mise en cohérence de la politique d’acquisitions », insistent les sages de la rue Cambon.

    Enfin, les échecs répétés en matière de coopération peuvent également s’expliquer par une solide implantation de drones MALE étrangers dans les armées européennes. Le Royaume-Uni, la France, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas et la Belgique volent américain tandis que l’Allemagne s’est offert des drones israéliens. Dans le détail sont actuellement en service ou en cours d’acquisition : au Royaume-Uni, 10 drones Reaper qui doivent être remplacés, à horizon 2024, par 16 Protector ; en France, 11 Reaper ; en Italie, 6 Reaper, auxquels s’ajoutent 6 Predator, la version antérieure du Reaper, toujours en activité ; 4 Reaper pour chacun des pays suivants : la Belgique, l’Espagne et les Pays-Bas ; l’Allemagne, de son côté, opère 6 Heron 1 en leasing en attendant leur remplacement par 5 Heron TP, à partir de mi-2020.

    Les drones représentent 2 % de l’effort de dépense

    « Des moyens en augmentation, mais encore limités », juge la Cour des comptes. Après une prise de conscience tardive de l’intérêt opérationnel des drones, les investissements se sont accéléré ces dernières années, surtout depuis 2015, « mais restent encore limités au regard des potentialités de ces équipements, en termes d’efficacité et de coûts », estime-t-elle. Au regard des investissements annuels du ministère des armées dans les programmes d’armement sur la période récente, les montants dédiés aux drones n’ont jamais représenté plus de 2 % de l’effort global.

    Les crédits dédiés aux drones sont appelés à augmenter dans les années à venir, compte tenu des besoins avérés des armées et des écarts capacitaires, qui existent avec des armées comparables, comme au Royaume-Uni par exemple. « Les financements doivent en conséquence être dimensionnés pour répondre à cette exigence et le besoin suffisamment anticipé pour éviter de devoir acheter du matériel étranger », explique la Cour des comptes. Un profond renouvellement des capacités de l’armée française est attendu entre la fin 2019 et le début 2020 pour remplacer des matériels au bord de la rupture capacitaire, grâce au Patroller, nouveau drone tactique de Safran en dépit de son crash la veille de sa première livraison, et du Spy’Ranger de Thales, nouveau mini-drone de l’armée de terre.

    Enfin un drone MALE européen ?

    Pour la Cour des comptes, il importe que le programme de drone MALE européen, conduit actuellement sous la responsabilité de l’OCCAr, puisse être mené à son terme dans de bonnes conditions. Ce n’est pas encore gagné : les industriels et la France divergent sur le prix du programme. Mais un tel succès pourrait préserver les intérêts stratégiques européens, à condition de lancer un programme soutenable financièrement et conforme au besoin opérationnel. Pour la France, l’enjeu est de remplacer les flottes actuelles de drones américains Reaper, dont la fenêtre de retrait de service est désormais envisagée entre 2032 et 2036. Au-delà, ce programme présente des enjeux stratégiques dans une perspective de souveraineté européenne.

    « Il s’agit en particulier de consolider les coopérations, de tester la solidité des liens tissés avec nos partenaires, en particulier l’Allemagne, de consolider une base industrielle technologique et de défense européenne, tout en s’inscrivant dans le cadre plus global de la construction d’une Europe de la défense », précise la Cour des comptes.

    Pourtant, les difficultés du projet doivent inciter à « la plus grande vigilance », note-t-elle. Les approches différentes en termes de besoins opérationnels entre la France et l’Allemagne qui ont conduit au choix de la double motorisation au prix d’un alourdissement du vecteur aérien, les retards comme les coûts annoncés par les industriels – de près de 30 % encore supérieurs au prix attendu par le ministère des armées – considérés à ce stade comme inacceptables par les pays partenaires, sont « autant de signaux d’incertitude sur la capacité du projet à aboutir dans de bonnes conditions », avertissent les Sages de la rue Cambon. Le ministère des armées s’est laissé jusqu’au début de l’année 2020 pour conclure les négociations avec les industriels. Il prévoit une notification du contrat mi-2020.

    « La détention de capacités opérationnelles performantes, essentielle à la préservation de la liberté d’action des armées françaises ainsi que la maîtrise des coûts, notamment des coûts de possession, seront des critères d’appréciation fondamentaux qui devront peser autant que les autres considérations, explique le ministère des Armées dans sa réponse à la Cour des comptes. Il serait en effet difficilement compréhensible qu’en 2028, les armées françaises ne soient pas dotées d’équipements aussi performants que ceux, d’ores et déjà disponibles sur le marché.

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