Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • L’UE relance un chantier pour achever l’union bancaire

    L’UE relance un chantier pour achever l’union bancaire

    Un projet longtemps repoussé visant à renforcer le marché bancaire européen, par le biais d’un système unifié de garantie des dépôts, a fait son retour mardi (3 mai) sur la table des dirigeants de l’Union européenne.

    Le président de l’Eurogroupe, l’Irlandais Paschal Donohoe, a présenté aux ministres des Finances une feuille de route pour relancer ce chantier qui achèverait enfin l’union bancaire, mise en place dans la douleur à partir de 2012, dans le sillage de la crise financière.

    L’union bancaire a notamment placé la surveillance des plus grandes banques de l’UE sous la responsabilité de la Banque centrale européenne (BCE).

    Le projet de système européen de garantie des dépôts (acronyme EDIS en anglais), inspiré des États-Unis, protègerait mieux les banques en cas de crise, car leurs clients, assurés de ne pas perdre leur argent, éviteraient de se ruer aux guichets pour retirer leurs économies.

    Actuellement, les dépôts des particuliers sont assurés jusqu’à 100 000 euros dans l’UE, grâce à des financements des réseaux bancaires nationaux.

    Mais la mutualisation des garanties à l’échelle européenne se heurte depuis des années aux réticences de l’Allemagne et d’autres pays du nord, qui craignent de voir leurs épargnants payer pour les défaillances de banques de pays du sud.

    L’Italie, lourdement endettée, est également hostile à cette réforme qui limiterait la possibilité pour ses banques fragiles de consolider leur bilan en achetant des obligations d’État italiennes.

    Achever l’union bancaire, alors que le marché de l’UE est encore très fragmenté, permettrait aussi selon ses partisans de créer de vrais groupes européens transfrontaliers pour mieux financer l’économie.

    « Après des années de discussions, nous connaissons bien les points de vue des uns et des autres et j’ai plaidé pour un compromis », a déclaré M. Donohoe lors d’une conférence de presse, à l’issue de la réunion des ministres en visioconférence. « De toute évidence, les différends ne sont pas encore réglés », a-t-il ajouté.

    Paschal Donohoe, président de l’Eurogroupe a présenté une feuille de route pour relancer le dossier de l’union bancaire – © Houses of the Oireachtas

    « Beaucoup de pays ont demandé de retravailler » la proposition, a reconnu le président de l’Eurogroupe. « C’est ce que nous allons faire », a-t-il dit, tout en prévenant que « les marges de manoeuvre » étaient « très, très faibles ».

    Les ministres de l’UE devraient poursuivre la discussion lors d’une réunion en juin. S’ils donnent leur feu vert, la Commission européenne rédigera, d’ici à la fin de l’année, une proposition qui devra également être approuvée par le Parlement européen.

    Pour la France, la feuille de route présentée mardi « est une base de discussion satisfaisante en vue de la dernière ligne droite de négociations pour juin », a réagi une source à Bercy.

    En revanche, la Fédération bancaire française (FBF) s’est montrée déçue. « L’Eurogroupe n’a pas proposé d’avancée » permettant de créer un vrai « marché unique bancaire intégré », a-t-elle critiqué, estimant que le système envisagé risquait en outre « d’être coûteux ».

    « Seul un fonctionnement véritablement intégré peut apporter à l’Europe un secteur bancaire plus puissant et autonome », a ajouté l’organisation professionnelle.

  • Mali : Fin des accords de défense avec la France

    Mali : Fin des accords de défense avec la France

    Au Mali, la junte a annoncé le lundi 2 mai, mettre fin aux accords de défense avec la France et ses partenaires européens. 

    Le Mali a mis ses menaces à exécution. Depuis plusieurs mois, la junte militaire au pouvoir menaçait la France de rompre les accords de défense signés avec elle, mais sans passer à exécution. C’est maintenant chose faite. 

    D’après le gouvernement de transition, Paris aurait violé la souveraineté nationale. De cette manière, les Accords de statut des forces qui cadrent la présence des forces Barkhane et Takuba au Mali, prennent fin immédiatement. 

    La junte militaire malienne

    Dans le pays, le sujet est omniprésent dans les discussions et la majorité des Maliens soutiennent cette décision. Pour Fousseinou Outtara, vice-président de la Commission de défense CNT, “le traité n’était pas favorable aux Maliens et à l’armée malienne”. Avant d’ajouter qu’ils ont “rencontré un mur” lorsqu’ils ont essayé de trouver un autre accord. 

    Ainsi, les forces françaises sont en train de quitter le pays africain “en bon ordre” selon Paris, qui dénonce d’ailleurs “une décision injustifiée”. 

    Un reportage de TV5MONDE

  • Les tendances du baromètre des Français de l’étranger 

    Les tendances du baromètre des Français de l’étranger 

    Mise à jour le 6 mai 2022

    Rencontre avec Claudine Lepage, présidente de Français du monde-adfe, pour revenir sur les premières tendances du baromètre des Français de l’étranger, réalisé du 2 mars au 6 avril dernier. 

    Claudine Lepage est la présidente de l’association Français du monde-adfe et a été sénatrice des Français de l’étranger pendant treize ans. Aujourd’hui, elle revient avec nous sur les grandes tendances qui ont commencé à ressortir des résultats du baromètre des Français de l’étranger. Celui-ci avait été mis en ligne du 2 mars au 6 avril derniers. 

    Le baromètres des Français de l’étranger 

    Organisé pour la deuxième fois, le questionnaire est de nouveau l’œuvre des élus consulaires Gaëlle Barré, Laure Pallez et Florian Bohème. Comme ils nous l’avaient expliqué en mars dernier, “il s’agit d’une enquête faite par des Français de l’étranger, pour les Français de l’étranger”. Ainsi, dans un premier temps il était désiré de connaitre leur profil, avant de leur poser des questions ouvertes. L’objectif étant de savoir comment ils se sentent, quels sont leurs sujets de préoccupation et de connaître leur relation avec la France. 

    Pour cette deuxième édition, plus de 12 000 citoyens ont répondu au baromètre. Un nombre qui permet d’obtenir une analyse structurée des réponses selon Claudine Lepage. Parmi eux, 39% sont des binationaux et 41% des personnes ayant quitté la France il y a plus de vingt ans. Pour la présidente d’ADFE, cela met en lumière l’attachement profond des Français vis-à-vis de l’hexagone. Un point renforcé par le fait que la grande majorité des répondants sont inscrits au registre mondial des Français de l’étranger. 

    Cependant, ce lien fort ne se traduit pas forcément au moment des élections, regrette-t-elle. Effectivement, pour la présidentielle 2022, le taux d’abstention chez les expatriés était de 61% au second tour. Un taux pouvant être expliqué par la complexité d’aller voter pour les Français de l’étranger. Ainsi, Claudine Lepage exprime son ennui à ce sujet, car si les concitoyens souhaitent être mieux représentés, ils doivent participer au jeu démocratique et se faire entendre. Or, ils le font peu. 

    Les grandes tendances du baromètre 

    Selon les premières analyses du questionnaire, cinq sujets préoccupent particulièrement les Français hors de France : 

    • La retraite 
    • La situation internationale, fortement corrélée au contexte géopolitique actuel 
    • L’assurance maladie et la difficulté de pouvoir y souscrire
    • L’éducation pour les enfants, avec la question de la transmission de la langue et de la culture françaises
    • Le dérèglement climatique

    La retraite

    De même qu’en 2019, lors de la première édition du baromètre des Français de l’étranger, la retraite est la plus grande inquiétude. Aussi, les thèmes de l’assurance maladie et de l’éducation reviennent de nouveau. Pour Claudine Lepage, il n’y a rien d’étonnant à cela, et il en a toujours été ainsi. Lorsque l’ancienne sénatrice était sur le terrain, les citoyens français étaient continuellement anxieux vis-à-vis de leur coût. 

    Effectivement, d’un côté souscrire à la CFE comme inscrire ses enfants dans un établissement français à l’étrange nécessite un certain budget. De cette manière, certains Français se tournent vers des structures locales, mais seulement lorsqu’ils en ont la possibilité et également les moyens. Comme le spécifie la présidente, dans plusieurs pays d’Afrique, par exemple, de nombreux compatriotes n’ont souscrit à aucune assurance maladie, et ne peuvent faire face aux aléas de la vie. 

    L’éducation pour les enfants

    Parmi les répondants, 68,17% ont des enfants et ont donc pu s’exprimer quant à leur éducation. Des résultats nous voyons que leur principale attente est de pouvoir scolariser leurs enfants dans des établissements français. Effectivement, une majorité aimerait voir l’accès aux universités françaises être facilité. Sur place, ils attachent une attention particulière à ce que leurs petits aient des cours en français, ou soient inscrits dans une filière bilingue.

    Les rapports avec les consulats

    Bien que ça ne figure pas dans les grandes tendances du baromètre des Français de l’étranger, ces derniers sont tout de même particulièrement sensible aux prises de contact avec les administrations françaises. Effectivement, ils aimeraient qu’elles soient facilement accessibles et disponibles en ligne ou en physique, en France ou sur place.

    Claudine Lepage, présidente de Français du mode-adfe et ancienne sénatrice des Français hors de France – © Syced

    Force de propositions 

    Le baromètre des Français de l’étranger n’a pas vocation à être annualisé, selon Claudine Lepage. En effet, le mettre en place et analyser les réponses nécessitent du temps. Aussi, la première édition avait été lancée lors du grand débat national. Aujourd’hui, la réédition a pour visée de prendre le pouls de la communauté des Français de l’étranger en (post) période Covid. De cette manière, il est intéressant pour les initiateurs d’en réaliser un aux moments de grands débats ou de crises. Aussi, laisser du temps entre chaque questionnaire, leur permet de prendre du recul et de tirer des analyses sur le long terme. Ainsi, l’idée serait de réaliser un baromètre tous les deux-trois ans. 

    Quoi qu’il en soit, les résultats ont pour visée finale d’apporter des éléments de réponses, d’analyses et des propositions aux élus consulaires et au gouvernement, afin d’améliorer les conditions de vie des Français hors de France. 

    Ecoutez le podcast avec Claudine Lepage

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes

    Podcast liste
  • LREM : tensions sur les investitures pour les législatives

    LREM : tensions sur les investitures pour les législatives

    La République En Marche se met en ordre de bataille pour les prochaines élections de juin. Alors que les tractations autour des investitures pour les législatives par le parti se poursuivent, sur fond de tensions entre les diverses sensibilités de la famille macroniste, le calendrier se précise. Les premiers noms pourraient être connus en fin de semaine, peut-être ce jeudi ou ce vendredi, tandis qu’une journée réunissant l’ensemble des candidats investis aura lieu le mardi 10 mai aux docks d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

    Les amis d’Edouard Philippe visent deux circonscriptions

    Horizons, le parti d’Edouard Philippe, tente de trouver sa place aussi chez les Français de l’étranger. Et comme en France, le parti présidentiel rechigne à faire de la place, surtout qu’à l’étranger, LREM a 10 députés sur les 11 circonscriptions.

    Pourtant, petit à petit, les négociateurs avancent leurs pions et se dirigeraient vers un accord concédant la circonscription de Suisse et celle d’Amérique du Sud aux amis de l’ancien Premier ministre.

    A Genève, la nouvelle serait accueillie avec curiosité. Joachim Son-Forget, le député élu sous l’étiquette LREM, parti depuis rejoindre Reconquête d’Eric Zemmour, a fait vivre un mandat particulier à ses discrets électeurs. Entre sorties nocturnes, propos insultants, et autres déboires, Joachim Son-Forget a détonné dans le paysage helvète. Mais pourtant, sa liste a obtenu en 2021 aux consulaires près de 30% des voix, de quoi envisager un maintien au second tour des législatives, une option dont les Républicains seraient privés à la vue des résultats de la présidentielle. Le ou la candidate Horizons aurait toutes ses chances dans cette circonscription.

    Ce qui ne sera pas forcément le cas pour celui ou celle qui héritera de l’Amérique du Sud. Là aussi, la députée Paula Forteza, aussi élue sous l’étiquette LREM, n’aura pas laissé un bon souvenir à ses administrés. Après avoir brigué la mairie du XVème arrondissement auprès de Cédric Villani en 2020, Paula Forteza délaissa sa circonscription dans laquelle elle ne se représente pas. Une attitude qui a conduit le parti présidentiel à obtenir ses plus mauvais scores électoraux pour les expatriés. Dans ces pays, la France insoumise (LFI), propulsée par la très active responsable Florence Poznanski, tire les marrons du feu et peut envisager d’obtenir son premier siège chez les Français de l’étranger.

    Manuel Valls lorgne sur la circonscription ibérique

    Depuis un mois, la rumeur enflait. Nos reporters avaient croisé l’ancien Premier ministre au Champ-de-Mars le 24 avril au soir et lui avaient demandé s’il accepterait de répondre à une question sur sa possible candidature, Manuel Valls leur avait répondu : « pas encore ». Il semblerait que le temps soit venu. Depuis le 03 mai, les indiscrétions se multiplient dans les médias nationaux, l’annonçant comme investi.

    Mais du côté du député en place, on ne l’entend pas de cette oreille. Stéphane Vojetta, qui a succédé à Mme Cazebonne, élue au Sénat en septembre 2021, contacté ce 04 mai au matin, déclare travailler à sa campagne, avoir le soutien de l’équipe avec qui il collabore depuis son engagement auprès d’Emmanuel Macron en 2017. Il nous précise même avoir déjà pris rendez-vous pour le dépôt de sa candidature la semaine prochaine à Paris.

    Post sur Facebook de Stéphane Vojetta ce 04 mai 2022

    A Paris, Véronique Bedague, l’ancienne directrice de cabinet de Manuel Valls à Matignon, avait été approchée par Emmanuel Macron pour devenir sa nouvelle Première ministre. Proposition qu’elle aurait déclinée ce 04 mai au matin. Eloignant Manuel Valls de l’investiture ? Possible…

    Deux hommes et une femme pour le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest

    Autre circonscription qui fait l’objet de toutes les envies, la IXème, celle réunissant le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest (hors Bénin, Ghana, Nigeria et Togo). Sur place, le député investi en 2017, M. M’Jid El Guerrab, qui se représente, fait face aux conséquences de « l’affaire des coups de casque », dont le procès doit se conclure dans quelques jours, portés à Boris Faure (responsable PS de la fédération des expatriés en 2017) quelques jours après la première victoire d’Emmanuel Macron.

    Dès sa mise en accusation, M’Jid El Guerrab a été exclu du groupe LREM. Pourtant tout au long du mandat, il a continué d’évoluer dans les sphères de la majorité présidentielle, en incorporant le groupe AGIR de celle-ci. Ce petit jeu ne l’a pourtant pas protégé d’une investiture par La République en Marche. En effet, depuis plusieurs mois, les candidatures se succèdent.

    Si à la fin de l’hiver, on pensait la situation fixée avec la probable investiture d’Ahmed Eddarraz, depuis quelques jours le jeu semble de nouveau ouvert. Le Président de la République cherchant à élargir sa base électorale serait tenté de proposer l’universitaire Zineb El Rhazoui, proche du Printemps Républicain (formation laïque dont Manuel Valls est aussi lié). Cette universitaire franco-marocaine aux positions bien tranchées, plutôt classée parmi les soutiens à l’application d’une laïcité stricte, serait un pari risqué pour LREM. Ahmed Eddarraz prévient : « Investir Zineb El Rhazoui reviendrait à rajouter de la division à la division dans des pays de confession musulmane« , il reste donc confiant et a, déjà, entamé sa campagne.

    Avec 3 candidats possibles, le député actuel, la candidate potentiellement parachutée et le candidat « local », se réclamant de la majorité présidentielle, c’est la gauche unie qui risque de remporter le siège.

  • Legislatives : le premier sondage national

    Legislatives : le premier sondage national

    Pour l’heure, seul l’institut Harris Interactive établit à intervalles réguliers des sondages sur les intentions de vote aux législatives. Le dernier, paru mardi 3 mai 2022 et établi auprès de 2044 personnes inscrites sur les listes électorales, offre une grille de lecture intéressante au regard du jeu politique actuel.

    Alors, quel sort attend La République en Marche ? La gauche, déjà en partie unie, peut-elle remporter le scrutin ? Marine Le Pen et le Rassemblement national décrocheront-ils davantage de sièges qu’en 2017 ? Les Républicains parviendront-ils à conserver un nombre suffisant d’élus ? Ce que disent les tendances…

    Des hypothèses qui restent à définir

    Même si les hypothèses testées ne semblent, pour l’heure, pas correspondre à ce qu’il sera proposé aux électeurs les 12 et 19 juin prochains. En effet, la première configuration soumet des candidatures individuelles de chaque parti, de gauche comme de droite. Dans ce cas de figure, LREM arriverait en tête (24%), devant le RN (23%) et la France insoumise (19%). Or, LFI a scellé une union avec EELV et le PCF. Un cas de figure qui n’a pas été correctement testé par Harris Interactive.

    En cas d’union, les blocs sont au coude à coude

    En effet, la deuxième configuration proposée est celle d’une alliance de la gauche (LFI, EELV, PCF, PS), certes quasi-actée, qui ferait face à une alliance LREM/MoDem/Horizons/LR et à une entente RN/RECONQUETE/DLF. Si le premier groupement semble être en très bonne position pour être présent uni au 1er tour, aucune discussion entre LREM et LR n’a été engagée et n’est envisagée par la direction du second, tandis que le Rassemblement national réfute toute alliance avec le parti d’Eric Zemmour. Si ces cas de figure venaient toutefois à être établis, la gauche unie serait au coude à coude avec LREM/LR (33% chacun), devant l’extrême-droite (30%).

    La gauche peut être en tête

    Pour obtenir la photographie probablement la plus proche de la réalité du contexte politique actuel, il convient plutôt d’additionner les scores individuels des partis politiques. Ainsi, l’union PCF/EELV/PCF recueillerait 28 % des suffrages, contre 24 % pour LREM, 23 % au RN et seulement 8 % pour Les Républicains. Il ne s’agit là que de projections à un instant T et ne présage en rien des résultats finaux. Par ailleurs, l’étude ne porte que sur les intentions de vote au 1er tour des élections législatives. Aucune donnée sur le 2e tour n’est évoquée.

  • L’Allemagne, une puissance industrielle sous tension ?

    L’Allemagne, une puissance industrielle sous tension ?

    L’Allemagne se caractérise par la force de son industrie qui représentait, en 2021, 19,5 % du PIB, contre 13,5 % en zone euro (hors Allemagne). Si dans les autres pays, le poids de l’industrie a eu tendance à diminuer ces vingt dernières années, il s’est accru Outre-Rhin de deux points de PIB. L’emploi dans le secteur manufacturier a moins diminué en Allemagne que dans les autres pays de la zone euro. De 1998 à 2021, il est respectivement passé de 20 à 16,5 % de l’emploi total et de 18 à 11 %. Le solde de la balance commerciale industrielle atteint 8 % du PIB en Allemagne (2021), contre 0,2 % pour la zone euro (hors Allemagne).

    Au début des années 2000, l’Allemagne a ainsi opté pour une dérèglementation du marché du travail des services

    Depuis les années 1950, l’Allemagne a toujours mis en œuvre des politiques visant à conforter la puissance de son industrie. Le choix d’un mark fort en était une des illustrations. La réévaluation du mark permettait de réduire le coût des importations et de valoriser les exportations tout en obligeant les entreprises à se positionner sur le haut de gamme. Avec l’introduction de l’euro, les gouvernements allemands ont continué à favoriser l’industrie en recourant à d’autres outils. Au début des années 2000, l’Allemagne a ainsi opté pour une dérèglementation du marché du travail des services (mini-jobs, contrainte de retour à l’emploi pour les chômeurs). Elle a également mis en œuvre une baisse des cotisations sociales des entreprises tout en freinant les hausses de salaires, ceux des services restant nettement inférieurs à ceux de l’industrie. Le salaire par tête moyen est passé dans l’industrie de 1998 à 2021 de 28 000 à 49 000 euros quand celui des services est passé de 18 000 à 32 000. 

    L’Allemagne importe deux fois plus de biens intermédiaires que la France

    L’Allemagne a favorisé l’adoption de politiques libres échangistes qui lui permettent tout à la fois d’importer à moindres coûts et d’exporter à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Union. Les entreprises industrielles allemandes ont réduit leurs coûts de production en recourant aux importations de biens intermédiaires en provenance des pays d’Europe centrale. Les coûts de production de ces derniers sont 40 % inférieurs à ceux de l’Allemagne. Les importations en provenance de ces pays représentent 5 % du PIB en Allemagne, contre 3 % pour la zone euro (hors Allemagne). L’Allemagne importe deux fois plus de biens intermédiaires que la France. 

    L’Allemagne a fortement accru ses exportations vers l’Union de 1998 à 2007. Elles sont passées de 14 à 23 % du PIB. Après la crise financière, avec la stagnation de la zone euro, les entreprises allemandes ont privilégié les pays émergents. Les exportations en dehors de l’Union sont passées de 12 à 18 % du PIB entre 1998 et 2021. Depuis 2016, avec la fin de la récession en Europe, son poids au sein des échanges allemands est à nouveau en hausse. Il est passé de 20 à 22 % du PIB quand celui des exportations hors Union sont relativement stables. 

    L’industrie allemande a de forts besoins en énergie. Le choix opéré dans les années 1990 de recourir au pétrole et au gaz russes visait à disposer d’une énergie abondante à un prix relativement maîtrisé grâce à des contrats de long terme. Les importations russes de pétrole représentaient 30 % des importations totales en 2020. Les importations de gaz représentaient 65 % de la consommation de gaz et celles de charbon 46 % de la consommation totale de charbon. 

    A la différence de la France, la concentration du secteur bancaire est faible

    Afin d’assurer le financement de son industrie, l’Allemagne a maintenu un secteur bancaire important, décentralisé et comportant peu d’établissements systémiques. De nombreuses banques en raison d’un bilan modeste ne sont pas supervisées par la BCE, ce qui leur donne des marges de manœuvre supérieures. En 2021, l’Allemagne comptait 421 établissements bancaires de droit public dont 414 caisses d’épargne et 7 banques de Länder. Ces établissements jouent un rôle important dans l’animation et le financement des bassins d’emploi. Elles détiennent d’importantes participations dans les entreprises familiales. 

    A la différence de la France, la concentration du secteur bancaire est faible. En revanche, comme en France, le financement de l’économie allemande est essentiellement de nature bancaire, plus de 70 %.

    La transition énergétique met en difficulté son industrie automobile 

    Avec la guerre en Ukraine, l’Allemagne est confrontée à une augmentation importante des prix de l’énergie et des matières premières avec des risques de pénurie. Elle doit déjà faire face depuis le milieu de l’année 2021 à des goulets d’étranglement concernant un certain nombre de biens intermédiaires et à des augmentations de prix notamment dans le secteur des transports. La transition énergétique met par ailleurs en difficulté son industrie automobile qui est un des symboles de sa puissance industrielle. 

    L’Allemagne a besoin de maintenir la compétitivité de son industrie afin de préserver ses recettes d’exportation qui lui permettent de conserver des salaires élevés et de financer les dépenses de retraite. Les autorités allemandes ne peuvent donc pas se priver immédiatement du gaz ni du pétrole russes au risque de déstabiliser l’ensemble de leur économie.

    Construction de la nouvelle usine Tesla en Allemagne 27 Avril 2021 ©AP Photo/Michael Sohn

    En faveur d’une hausse des taux de la BCE 

    Le gouvernement allemand devrait, dans les prochaines semaines, peser de plus en plus en faveur d’une hausse des taux de la part de la BCE, son modèle reposant sur une inflation faible et sur une monnaie forte. Un euro fort lui permet d’importer les biens intermédiaires à bas prix et de vendre ses produits avec de fortes marges en dehors de l’Union européenne. La maîtrise des coûts passe par une rigueur salariale qui nécessite une inflation réduite. Les débats au sein de la BCE devraient donc tourner autour de ce sujet clef compte tenu des intérêts en jeu.

  • Energie : l’UE refuse de payer le gaz en roubles et se prépare à une rupture avec Moscou

    Energie : l’UE refuse de payer le gaz en roubles et se prépare à une rupture avec Moscou

    L’Union européenne refuse de payer ses achats de gaz à la Russie en roubles et doit se préparer à une rupture dans ses approvisionnements, ont averti la Commission européenne et la présidence française du Conseil à l’issue d’une réunion d’urgence des ministres de l’Énergie des 27 à Bruxelles, le 2 mai.

    La demande de Moscou de payer les achats en roubles est « une modification unilatérale et injustifiée des contrats et il est légitime de la rejeter », a déclaré la commissaire à l’Énergie Kadri Simson.

    « 97% des contrats (conclus par les entreprises européennes) spécifient la devise pour le paiement et il s’agit soit de l’euro, soit du dollar américain », a-t-elle précisé.

    Kadri Simson a affirmé ne pas avoir connaissance d’ouverture de comptes en roubles. « Des paiements sont prévus pour la mi-mai et la majorité des entreprises respecteront les règles des contrats », a-t-elle assuré. La ministre française de la Transition écologique Barbara Pompili, présidente de la réunion, a confirmé la « volonté de respecter les contrats ».

    « Nous devons nous préparer à une suspension des approvisionnements », a averti la Commissaire européenne.

    Plusieurs Etats membres ont demandé des clarifications sur le paiement en roubles par le biais de l’ouverture d’un compte spécial et Kadri Simson a promis des « précisions détaillées pour expliquer aux entreprises ce qu’elles peuvent faire ou non ».

    La Pologne et la Bulgarie ont réglé leurs achats dans la devise prévue dans leurs contrats avec Gazprom, le géant gazier russe, et ont refusé d’ouvrir un second compte en roubles. La compagnie gazière russe a en rétorsion suspendu ses livraisons, considérant que le règlement n’avait pas été effectué.

    « Il n’y a pas de risques immédiats pour les approvisionnements », a assuré la Commissaire. « Mais nous ne pourrons pas remplacer les 150 milliards de m3 de gaz achetés à la Russie par d’autres sources. Ce n’est pas tenable », a-t-elle reconnu.

    « Nous pouvons gérer le remplacement de 2/3 des approvisionnements en gaz russe », a-t-elle précisé.

    Kadri Simson a insisté sur la nécessité pour les États membres de remplir leurs réserves et Barbara Pompili a souligné l’impératif de « diversifier la manière de produire l’électricité et de se chauffer ».

    « L’Europe doit se débarrasser de la dépendance aux énergies fossiles russes », a affirmé la ministre polonaise Anna Moskwa. « Nos réserves seront à 100% de leurs capacités pour cet hiver », a-t-elle assuré. « Du gaz naturel liquéfié américain a commencé à arriver par la Lituanie et nous allons nous fournir en gaz de Norvège par le Danemark », a-t-elle expliqué.

    Finalisation de l’embargo pétrolier

    Les ministres ont également eu un échange sur un arrêt progressif des achats de pétrole et de produits pétroliers russes planifié par l’UE afin de tarir les financements européens pour la guerre menée par le Kremlin en Ukraine. Mais aucune décision n’a été prise.

    « Un nouveau paquet de sanctions est en préparation, mais ce n’était pas le sujet de la réunion », a déclaré Barbara Pompili.

    « Nous travaillons sur un nouveau paquet de sanctions », a confirmé la commissaire Simson.

    « Une réunion du collège (l’ensemble des commissaires, NDLR) va se tenir mardi à Strasbourg », en marge de la session du Parlement, « et la présidente Ursula von der Leyen précisera ce qui a été décidé », a-t-elle indiqué.

    La proposition est « finalisée et sera adoptée mardi par la Commission », a indiqué à l’AFP une source européenne.

    « Je pense que la Commission proposera demain (mardi) un 6e paquet de sanctions, y compris le retrait du pétrole russe », a déclaré le ministre allemand Robert Habeck.

    La proposition sera soumise mercredi aux États membres pour adoption. « Je ne sais pas si cela sera possible d’ici au week-end », a toutefois indiqué le ministre allemand.

    Si les 27 s’entendent sur cette mesure, l’arrêt des achats de pétrole et de produits pétroliers à la Russie sera progressif, sur six à huit mois, mais avec des mesures à effet immédiat, notamment une taxe sur le transport par tankers, a confié un responsable européen.

    L’UE a déjà imposé un embargo sur le charbon russe et fermé ses ports aux navires russes, à l’exception du transport d’hydrocarbures.

    Les principaux importateurs de combustibles fossiles de la Russie (gaz, pétrole brut, produits pétroliers et charbon) sont l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la France.

    Parallèlement au volet énergétique, « il y aura d’autres banques russes qui sortiront de Swift », a déclaré lundi le chef de la diplomatie, Josep Borrell, en visite à Panama.

    Plusieurs sources diplomatiques européennes avaient indiqué ce week-end que la plus importante banque russe, la Sberbank, qui représente 37 % du marché, devait ainsi être exclue de Swift.

    Ce système interbancaire est un rouage essentiel de la finance mondiale permettant de communiquer rapidement et de manière sécurisée sur les transactions.

  • Les résultats consulat par consulat du second tour de la présidentielle 2022

    Les résultats consulat par consulat du second tour de la présidentielle 2022

    La rédaction du site Lesfrancais.press a compilé pour vous tous les résultats consulat par consulat du second tour de l’élection présidentielle du 24 avril 2022.

    De Vancouver à Tapei, en passant par Buenos-Aires, Yaoundé ou Rome, retrouvez les scores de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron.

    Au niveau mondial, Emmanuel Macron remporte plus de 86% des votes exprimés, mais on note de grandes disparités. La relation entre le pays d’accueil des Français de l’étranger et la France a ainsi un impact important sur le choix de nos compatriotes expatriés, ainsi en Russie Marine Le Pen est arrivée en tête mais pas uniquement dans ce pays…

    Liste des candidatsVoix% Inscrits% Exprimés
    M. Emmanuel MACRON458 87432,1486,14
    Mme Marine LE PEN73 8305,1713,86
    Nombre% Inscrits% Votants
    Inscrits1 427 918
    Abstentions876 43261,38
    Votants551 48638,62
    Blancs15 2921,072,77
    Nuls3 4900,240,63
    Exprimés532 70437,3196,59

    Les résultats classés par ordre alphabétique par consulat

  • Législatives 2022 : les modalités

    Législatives 2022 : les modalités

    Le 02 mai, les Français établis hors de France ont reçu un courriel du Ministère des Affaires étrangères pour leur rappeler les échéances et les modalités du scrutin. On fait le point pour vous dans Lesfrancais.press.

    05 et 19 juin 2022

    En France, le premier tour des élections législatives se déroulera le 12 juin, et le second le 19 juin. Mais pour Les Français de l’étranger le premier tour aura lieu le 4 juin sur le continent américain et aux Caraïbes, et le 5 juin dans le reste du monde. Le second tour aura lieu quant à lui le 18 juin pour le continent américain et les Caraïbes, et le 19 juin pour les autres territoires.

    Pourquoi une différence avec la France ? Afin de permettre aux candidats des circonscriptions géantes (Amérique du Sud, Asie et Océanie, etc.) de faire campagne entre les deux tours et à tous de mieux mobiliser leur électorat disséminé sur plusieurs pays.

    Le 27 mai et le 10 juin 2022 : vote en ligne

    Deux dates supplémentaires apparaissent dans le calendrier, le 27 mai et le 10 juin. En effet, l’ »urne en ligne » sera ouverte dès le vendredi 27 mai 12h (heure de Paris) pour le premier tour et dès le vendredi 10 juin 12h (heure de Paris) pour le second tour. Il sera donc possible de voter en ligne dès ce moment et respectivement jusqu’au 01 juin 12h (heure de Paris) pour le premier tour et jusqu’au 15 juin 12h (heure de Paris) pour le second tour.

    Pour voter en ligne, le prestataire Docapost, filiale de la Poste, enverra sous le nom et pour le compte du Ministère des Affaire étrangères des emails contenant les identifiants et des SMS avec les mots de passe. Attention, vous n’avez que jusqu’au 10 mai pour mettre à jour vos coordonnées postales, téléphoniques et électroniques auprès du consulat. La démarche peut se faire en ligne via le site du Service Public. Le numéro de téléphone peut être celui du pays de résidence, il n’y a pas d’obligation d’avoir un numéro français.

    Assemblée nationale

    Vote à l’urne

    Pour voter à l’urne, vous recevrez à l’adresse postale et à celle électronique que vous avez fournies au consulat la convocation avec l’adresse du centre de vote et le numéro de bureau de vote. En espérant que cette fois, aucune erreur ne se sera glissée dans le listing comme pour le premier tour de la présidentielle.

    Vote par correspondance

    Une solution bien pratique pour ceux qui habitent loin des centres de vote mis en place par l’administration consulaire dans leur pays et/ou qui sont allergiques au numérique, c’est le vote par correspondance. Mais attention, il fallait avoir déclaré auprès du consulat son intention de voter via ce mode de participation avant le 31 mars 2022. Si vous ne l’avez pas fait, il faudra soit voter en ligne soit à l’urne.

    A quoi servent les députés des expatriés ?

    Ces députés, un par circonscription hors de France, sont élus selon les mêmes modalités (scrutin uninominal majoritaire à deux tours) et disposent des mêmes pouvoirs que les députés élus sur le territoire français. Ils ont été élus pour la première fois lors des élections législatives de 2012 et siègent dans la XIVème législature de la Cinquième République française.

    Pour rappel, les pays dans lesquels une représentation parlementaire spécifique existe sont peu nombreux, on compte : le Liban (six sièges pour les non-résidents seront ajoutés au prochain cycle électoral, prévu pour 2022), la Roumanie (il y a deux sièges à l’Assemblée nationale et quatre au Sénat), le Sénégal (quinze sièges destinés aux non-résidents), le Niger (cinq députés), et la France (onze députés à l’Assemblée nationale et douze sénateurs). C’est une vraie chance que nous offre notre pays, il faut la saisir en participant à ces élections, c’est un droit mais aussi un devoir.

  • Villes européennes et neutralité carbone

    Villes européennes et neutralité carbone

    Cent villes européennes ont été sélectionnées pour participer à un programme de l’UE visant à réduire rapidement les émissions dans les zones urbaines, dans le but d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2030.

    Les villes sélectionnées dans chaque État membre participeront au programme, ce qui représente environ 12 % de la population de l’UE. Douze autres villes situées en dehors de l’Union européenne y prendront part.

    L’Union européenne investira 360 millions d’euros pour aider les villes dans leur mission d’écologisation en 2022 et 2023, ce qui – peut-on l’espérer – incitera le secteur privé à investir davantage.

    « La transition écologique fait son chemin dans toute l’Europe en ce moment. Mais il y a toujours besoin de pionniers, qui se fixent des objectifs encore plus élevés. Ces villes nous montrent la voie vers un avenir plus sain », a déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

    Environ trois quarts des Européens vivent désormais dans des villes, après des décennies d’urbanisation. Les villes sont responsables de 70 % des émissions mondiales, ce qui en fait le terrain idéal pour mettre en œuvre des mesures climatiques, a expliqué Frans Timmermans, responsable de l’Action pour le climat de l’UE.

    « Les villes sont à l’avant-garde de la lutte contre la crise climatique. Qu’il s’agisse de verdir les espaces urbains, de lutter contre la pollution atmosphérique, de réduire la consommation d’énergie dans les bâtiments ou de proposer des solutions de mobilité propre, les villes sont souvent au cœur des changements dont l’Europe a besoin pour réussir sa transition vers la neutralité climatique », a-t-il déclaré.

    Les villes participant au programme couvrent la diversité géographique et démographique du continent, des métropoles comme Rome et Paris aux villes plus petites comme Gozo à Malte et Kranj en Slovénie.

    Quelque 377 villes ont posé leur candidature pour participer au programme, connu sous le nom de « Mission villes neutres pour le climat et intelligentes », et des experts indépendants ont réduit la liste à 100.

    Chaque ville sélectionnée est tenue d’élaborer un plan décrivant la manière avec laquelle elle compte atteindre la neutralité climatique, y compris en termes de sources d’investissement. L’UE fournira aux villes une assistance technique, réglementaire et financière lors de l’élaboration de leurs plans.

    Lors d’un point de presse, les architectes de la mission « Villes » ont souligné la capacité de l’action climatique au niveau local à améliorer directement la qualité de vie des Européens.

    « C’est l’un des miracles de l’action contre le changement climatique : en réduisant nos gaz à effet de serre, nous pouvons réduire notre pollution atmosphérique et sonore, nous pouvons réduire nos embouteillages et les décès sur les routes. Nous pouvons également, au fil du temps, réduire nos factures d’énergie, réduire notre dépendance à l’égard des hydrocarbures russes et créer une plus grande indépendance énergétique pour les villes », a déclaré un haut responsable de la Commission.

    Une ferme urbaine

    Des défis

    Dans l’état actuel des choses, la transformation des villes vers la neutralité carbone représente un défi de taille, d’autant plus grand que le calendrier est ambitieux. La situation est d’autant plus compliquée que les gouvernements locaux sont redevables aux niveaux nationaux dans certains domaines émetteurs de carbone, tels que les infrastructures énergétiques.

    Interrogées par EURACTIV sur le fossé entre les compétences nationales et locales, les personnes à l’origine de la mission ont souligné la capacité des villes à aider les dirigeants nationaux à atteindre les objectifs climatiques contraignants.

    « Pourquoi les gouvernements nationaux écouteraient-ils les villes ? Eh bien, j’espère que [les villes] sont écoutées très attentivement, car ces villes s’engagent à prendre une grande partie des efforts d’atténuation du climat et à les mettre sur leurs épaules… Je pense qu’il y a toutes les raisons pour que les gens coopèrent, et nous sommes là pour essayer de faciliter cette coopération », a déclaré un haut responsable de la Commission.

    La compensation des émissions de carbone devrait également jouer un rôle dans le cheminement des villes vers la neutralité climatique. Selon les règles de la mission, jusqu’à 20 % des émissions peuvent être éliminées par des systèmes de compensation.

    Les émissions dites de portée 3, c’est-à-dire les émissions de carbone qui ne relèvent pas de la compétence directe de la ville, sont en outre exemptées du décompte final des émissions de carbone des villes.

    Cela signifie que les émissions générées par les plateformes de transport international situées à la périphérie des villes, comme les aéroports et les ports de navigation, ne seront pas comptabilisées.

● Radio en direct
En pause