Le deuil est une expérience universelle que chaque individu a vocation à connaître dans sa vie, mais son empreinte s’inscrit désormais dans une temporalité étirée et une solitude accrue dans une société moins fondée sur le faut religieux. Le Crédoc a réalisé une enquête (3 475 répondants âgés de plus de 18 an) sur la gestion du deuil par les Françaises et les Français. Selon cette étude, près de neuf Français sur dix ont vécu un deuil marquant, et un sur deux traverse encore cette épreuve plus d’un an après le décès. Dans une France vieillissante – 646 000 décès en 2024 contre 538 000 en 2005, le poids psychologique des décès s’accroît.
Le deuil, une question de plus en plus prégnante ! 68 % des personnes ayant perdu un proche depuis un à trois ans se déclarent encore en deuil ; 55 % entre trois et cinq ans ; et 35 % au-delà de cinq ans. Le phénomène du deuil prolongé s’installe donc dans la durée. Pour un tiers des Français, la perte d’un être cher demeure vive cinq ans plus tard. Cette persistance dépend du lien affectif.
Près de 100 % des parents ayant perdu un enfant ou un petit-enfant se disent encore en deuil au-delà d’un an, 73 % pour ceux ayant perdu un conjoint, et plus de 50 % pour ceux frappés par la mort d’un frère ou d’une sœur. Le deuil est plus dur quand il est brutal : décès brutal, suicide (59 %), maladie infectieuse (63 %) ou accident (53 %). `
Les visages de la vulnérabilité
Le rapport du Crédoc souligne les inégalités face à la mort. Les jeunes adultes (25-34 ans) sont parmi les plus touchés. 64 % connaissent un deuil dépassant un an. Pour les chefs d’entreprise, artisans et commerçants, perdre un associé ou un proche cogestionnaire désorganise leur vie privée et professionnelle. Les mères de famille monoparentale sont les plus exposées au deuil long et traumatisant.
Les répercussions psychiques : quand l’absence devient pathologie
Un an après la disparition, plus de la moitié (54 %) des endeuillés connaissent des épisodes dépressifs, 50 % souffrent d’angoisses, 48 % présentent des troubles d’adaptation (irritabilité, confusion, stress), et 26 % déclarent avoir eu des pensées suicidaires. Ces chiffres dessinent une véritable carte de la douleur mentale. Six personnes sur dix continuent de ressentir le besoin d’être proches du défunt et 40 % évitent tout rappel de la personne disparue.
Les compensations destructrices
Face à la perte, le corps cherche des palliatifs. 69 % des personnes encore en deuil au-delà d’un an ont accru leur consommation alimentaire, 56 % celle de médicaments, 51 % d’alcool et autant de tabac. Neuf personnes endeuillées sur dix évoquent des douleurs physiques ou un épuisement durable, et 14 % déclarent avoir développé une maladie nouvelle ou aggravé une pathologie préexistante. Dans 83 % des cas, un diagnostic médical a été posé.
Des effets sur le travail
Près d’un tiers des personnes en deuil depuis plus d’un an ont dû s’arrêter de travailler plus d’une semaine. Parmi les actifs concernés, 72 % ont eu du mal à se concentrer, 66 % se sont sentis ralentis, et 47 % ont subi un véritable épuisement professionnel. 15 % des endeuillés prolongés ont quitté leur emploi à cause du décès, dont plus d’un tiers n’ont jamais retrouvé leur poste. 11 % n’ont pas retravaillé du tout. Ces chiffres révèlent un coût social du deuil rarement mesuré : perte de revenus (28 %), de chances professionnelles (29 %), ou précarisation durable.
Près des deux tiers des personnes concernées se sentent isolées ; une sur deux a coupé des liens avec des proches. Là encore, les jeunes, les femmes et les familles monoparentales cumulent les fragilités. Dans 18 % des cas, la perte entraîne même un déménagement, souvent chez les 18-44 ans ou les chefs d’entreprise.
Les symboles du départ
La question des cendres Les Français recourent de plus en plus à la crémation. Si en 1980, moins d’1 % des défunts étaient incinérés, ce taux dépasse désormais 45 %. Trois quarts des Français ont déjà assisté à des obsèques avec crémation. Dans 20 % des cas, les cendres ont été dispersés dans la nature. Or plus de la moitié de ceux qui ont connu cette pratique estiment qu’elle complique leur cheminement du deuil. 28 % jugent qu’elle entrave fortement leur manière d’entretenir le souvenir du défunt.
« Nous devons absolument chercher à accélérer le recrutement des personnes adéquates, mais aussi à recruter des talents différents, et peut-être pas pour des emplois à vie », a déclaré Catherine Day, ancienne haute fonctionnaire européenne qui a passé près de quatre décennies à la Commission, entre 1979 et 2018. Elle est aujourd’hui chargée de conduire une révision de l’institution, qui compte quelque 32 000 employés.
Plus d’experts techniques moins de bureaucrates
Lundi 3 novembre sur le podcast Encompass Europe de Paul Adamson, Catherine Day a déclaré que l’exécutif européen devrait embaucher davantage d’experts en technologie et d’ingénieurs, plutôt que de continuer à privilégier les juristes et économistes, qui dominaient la fonction publique européenne pendant son mandat de secrétaire générale entre 2005 et 2015.
La plupart des postes au sein de la Commission européenne sont des postes permanents, ce qui permet aux fonctionnaires de rester en fonction jusqu’à l’âge de la retraite, fixé à 66 ans. Selon les chiffres de janvier, seuls 22,2 % des employés de la Commission ont moins de 40 ans.
Le système permettant d’attirer de nouveaux talents est également mis à rude épreuve. L’Office européen de sélection du personnel (EPSO) se retrouve sous le poids de problèmes informatiques coûteux qui ont ralenti le recrutement.
« Il existe différentes façons de faire fonctionner l’UE sans que la Commission ait à exercer un contrôle minutieux »
Elle dirige désormais un « groupe de réflexion » qui guidera la révision de la fonction publique par le commissaire à l’Administration publique, Piotr Serafin. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a demandé cette révision lorsqu’elle a été réélue à la présidence l’année dernière.
Catherine Day examine actuellement différentes idées, notamment la manière dont l’IA pourrait améliorer le fonctionnement de l’institution, et son rapport est attendu pour la fin de l’année 2026. Elle a déclaré que certaines des propositions ne pourraient être mises en œuvre qu’après 2029, au cours du prochain mandat quinquennal de la Commission.
Dans le podcast, Catherine Day a également suggéré que la plupart des fonctionnaires sont motivés par le désir de travailler pour l’Europe plutôt que par l’argent. « Si vous voulez gagner beaucoup d’argent, ce n’est pas ici qu’il faut venir », a-t-elle déclaré. Bien que les fonctionnaires de l’UE paient une « taxe communautaire », leurs salaires sont exonérés d’impôt national et peuvent atteindre jusqu’à 25 000 euros par mois pour les plus hauts fonctionnaires.
« Il existe une image d’une bureaucratie impersonnelle », a-t-elle ajouté. « Mais vous savez comme moi qu’une fois que vous y êtes, c’est infiniment fascinant. »
Nous en parlions déjà il y a 15 jours, cela a été confirmé ce lundi 03 novembre par les députés qui ont voté le rétablissement de l’Exit tax (taxe d’expatriation), telle qu’elle existait de 2012 à 2019, dans le cadre de l’examen en première lecture de la partie recettes du budget de l’État. Mais en échange des 12 années supplémentaires imposées pour l’Exit tax, 5 ans ont été déduit du délai pour être exonérer de plus-vaue immobilière.
15 ans pour la quille !
L’Assemblée a approuvé un amendement de Jean-Philippe Tanguy (RN) revenant à la version de Nicolas Sarkozy de l’Exit tax. L’extrême droite a voté pour, la droite et le bloc central contre et la gauche s’abstenant très majoritairement. La mesure doit rapporter 70 millions d’euros, a estimé la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.
Comme un échange, non proportionné, un amendement de Corentin Le Fur (LR) a été adopté par la chambre basse du parlement. Ce texte ramène de 22 à 17 ans la durée de détention ouvrant droit à exonération totale d’impôt sur la plus-value immobilière applicable aux résidences secondaires et autres biens immobiliers non affectés à la résidence principale.
Plus value immobilière
Cette mesure vient se cumuler aux exonérations présentes déjà sur les 2 premiers biens cédés dans les 10 ans suivant le départ et l’éventuelle franchise jusqu’à 1 million d’euros proposés dans le cadre de l’impôt sur la fortune improductive.
New York a tourné une page de son histoire politique. Le 4 novembre 2025, Zohran Mamdani a été élu maire de la ville, devenant l’un des plus jeunes maires de l’histoire de la métropole et le premier maire musulman de New York. Ce triomphe marque non seulement un tournant pour la ville qui ne dort jamais, mais aussi une confirmation du basculement des grandes métropoles américaines vers un progressisme affirmé.
Zohran Mamdani élu maire de New York
Il faut remonter à 1889, avec l’élection de Hugh J. Grant à seulement 31 ans, pour trouver un maire plus jeune que Zohran Mamdani, qui rejoint ainsi le cercle très restreint des plus jeunes élus de l’histoire de New York. Ce rare exploit souligne l’ampleur du triomphe de Mamdani dans l’histoire politique new-yorkaise.
À 34 ans, le jeune édile incarne le renouveau démocrate. Né en Ouganda, naturalisé américain, élu de l’État de New York, il a mené une campagne résolument tournée vers la justice sociale et l’égalité. Son programme : gel des loyers, gratuité des transports publics et des crèches, construction de 200 000 logements à loyers modérés, salaire minimum à 30 $ de l’heure d’ici 2030, et alourdissement de la fiscalité pour les plus riches. Il entend aussi attirer 1 000 nouveaux enseignants chaque année dans les écoles publiques, faisant de l’éducation une pierre angulaire de son mandat.
La jeunesse au pouvoir
Zohran Mamdani, 34 ans, est l’un des plus jeunes maires de l’histoire de New York. Ce succès historique souligne le renouvellement générationnel du leadership urbain.
Un engagement pro-Palestine dans un contexte tendu
La victoire de Zohran Mamdani intervient dans un climat politique marqué par les tensions autour de la guerre à Gaza. À New York, les derniers mois ont été rythmés par les protestations sur les campus, notamment à Columbia University, où les mobilisations étudiantes pro-Palestine ont relancé le débat sur la liberté d’expression et l’antisémitisme. Mamdani, qui s’est exprimé à plusieurs reprises sur le sujet, a dénoncé la politique du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qualifiant les opérations à Gaza de “guerre contre les Palestiniens” et appelant à “un cessez-le-feu immédiat et au respect du droit international”. Il s’est également dit favorable à la suspension de l’aide militaire américaine à Israël tant que les violations du droit humanitaire persisteraient.
Selon un sondage Siena College publié en mai 2024, 72 % des New-Yorkais soutenaient les manifestations pacifiques en faveur des civils de Gaza. Lors de la primaire démocrate de juin 2025, un sondage Data for Progress indiquait que, parmi les électeurs plaçant la politique étrangère parmi leurs priorités, 78 % souhaitaient que les États-Unis réduisent leur soutien à Israël.
Ces chiffres confirment que le discours de Zohran Mamdani n’a pas marginalisé sa candidature, au contraire : il a su traduire dans le langage municipal une sensibilité émergente du progressisme new-yorkais, mêlant justice sociale locale et conscience internationale. Sa victoire souligne l’évolution d’une ville historiquement démocrate vers une approche plus critique de la politique américaine au Moyen-Orient, tout en demeurant profondément attachée au pluralisme et au dialogue intercommunautaire.
New York rejoint le clan des villes « progressistes »
La victoire de Zohran Mamdani dépasse le cadre de la mairie : elle inscrit New York dans un mouvement national où les grandes métropoles basculent dans la clan « progressiste ». Chicago avec Brandon Johnson, Boston avec Michelle Wu, Oakland avec Barbara Lee, Newark avec Ras Baraka et Portland avec Keith Wilson défendent des politiques structurelles : logement abordable, éducation, mobilité durable et réduction des inégalités.
Ces villes contrastent avec la rhétorique sécuritaire de Washington et démontrent qu’il est possible de combiner sécurité, inclusion et justice sociale. À New York, Zohran Mamdani rejoint ce réseau de municipalités et envoie un signal clair au Parti démocrate : le progressisme est désormais électoralement et stratégiquement central.
Plus qu’un simple basculement politique, cette victoire illustre un changement de paradigme : New York ne se contente plus de préserver l’ordre établi, elle mise sur des solutions concrètes aux problèmes socio-économiques. Ces bastions progressistes deviennent des laboratoires d’innovations politiques et un contrepoids stratégique à Washington, redéfinissant le rôle des métropoles dans la recomposition nationale.
Laboratoires urbains du progressisme
Ces villes tentent de démontrer qu’un leadership centré sur l’inclusion, la durabilité et la justice sociale peut être à la fois ambitieux et électoralement gagnant. Ces métropoles deviennent des laboratoires politiques pour l’échelon national.
New York et la défiance envers l’establishment démocrate
La victoire de Zohran Mamdani n’illustre pas seulement un triomphe individuel, elle reflète une transformation profonde du rapport des New-Yorkais à l’establishment démocrate, dont Andrew Cuomo, battu de près de 10 points par Zohran Mamdani est l’image. Depuis plusieurs années, la population urbaine manifeste une méfiance croissante envers les figures historiques du parti, perçues comme trop centrées sur le maintien du pouvoir et trop éloignées des préoccupations quotidiennes des habitants. Les scandales de corruption ou sexuels qui ont frappé Andrew Cuomo — ancien gouverneur démissionnaire de l’État de New York — combinés à la gestion critiquée de la pandémie et des inégalités sociales, ont cristallisé ce sentiment.
Les jeunes électeurs, diplômés et issus de communautés diversifiées, expriment un rejet des compromis de l’establishment au profit d’un progressisme audacieux. Dans une ville où plus de la moitié des foyers parlent une langue autre que l’anglais, la perception d’un parti trop homogène et élitiste renforce l’attrait pour des candidats qui incarnent la diversité et l’inclusion. Zohran Mamdani, fils d’immigrés et musulman, incarne ce renouvellement générationnel et culturel, offrant une alternative crédible à un système jugé sclérosé.
À New York, comme dans d’autres grandes métropoles américaines, l’émergence de leaders progressistes traduit un changement de paradigme : le pouvoir ne se limite plus à préserver l’ordre établi ou à garantir la croissance économique. Il devient un instrument pour corriger les déséquilibres sociaux, expérimenter des politiques inclusives et projeter un message national, défiant la rhétorique sécuritaire de Washington et redéfinissant le rôle des grandes villes dans le paysage politique américain.
Les réactions des élus consulaires des Français de New-York
Du côté des élus représentant les Français de New York au conseil consulaire, les réactions sont partagées. Ainsi Richard Ortoli, siégeant chez les Indépendants à l’Assemblée des Français de l’étranger veut rassurer : « La victoire de Zohran Mamdani à la mairie de New York est historique, et pour rassurer ceux que cela inquiète, Zohran Mamdani n’est pas Jean-Luc Mélenchon, quoi que disent certains à droite. Cette victoire reste, néanmoins, un tournant idéologique et un message adressé à l’Amérique de Donald Trump. »
« Zohran Mamdani n’est pas Jean-Luc Mélenchon »
Richard Ortoli, conseiller des Français de New York, membre de l’AFE
Autre élue pour les Français de New York, Annie Michel, de sensibilité de gauche est « heureuse et profondément émue par la victoire de Zohran Mamdani ». Pour elle, qui représente aussi nos compatriotes dans les instances consulaires françaises, cette « élection est la preuve que les idées d’une démocratie progressiste, ouverte, inclusive et centrée sur la participation citoyenne, peuvent triompher face à l’establishment. »
« Cette victoire de Zohran Mamdani (…) montre que l’engagement sincère peut transformer New York et inspirer au-delà de ses frontières »
Annie Michel, conseillère des Français de New York
Jointe par la rédaction, Annie estime aussi que « cette victoire symbolise le renouveau, la force de la jeunesse, et montre que l’engagement sincère peut transformer New York et inspirer au-delà de ses frontières ».
Pour Patrick Pagni, également Conseiller des Français de New York, la victoire de Zohran Mamdani « consacre le glissement du parti Démocrate vers une gauche plus radicale, face au large mouvement populiste qui a porté Donald Trump ». Pour celui qui est membre du parti politique Horizons, « cette situation n’est pas sans rappeler la situation française avec la poussée de blocs radicaux, à droite et à gauche, qui marginalise les formations ou tendances politiques traditionnelles, plus calées vers le centre. Reste à savoir si le nouveau maire pourra appliquer tout le programme qu’il a en tête ». Il est rejoint par Richard Ortoli qui se demande si « les promesses qui ont galvanisé sa campagne résisteront à l’épreuve du réel. » Selon ce dernier, Zohran Mamdani devra « désormais traduire son programme ambitieux en actes. Son succès dépendra de sa capacité à concilier idéalisme et pragmatisme ».
Les Français de New York n’ont pas pu voter à cette élection
Dans de nombreuses villes à travers le monde, les résidents étrangers en situation régulière ont la possibilité de participer aux élections locales/municipales pour choisir leur maire. Pourtant, à New York, cette pratique n’est pas en vigueur.
« Ceux qui paient l’impôt ont le droit d’en contrôler l’usage »,
Patrick Pagni, conseiller des Français de New York
Une situation que déplore Annie Michel. Selon elle, « reconnaître leur participation citoyenne au niveau local serait non seulement juste, mais renforcerait également la démocratie locale. » À l’inverse, pour Richard Ortoli « le système doit être uniforme, quelle que soit l’élection, et le droit de vote devrait être limité aux seuls citoyens des U.S. ». Du côté de Patrick Pagni, celui-ci est « favorable au vote des étrangers en situation régulière pour les seules élections municipales ». Il justifie ce principe par « l’idée que ceux qui paient l’impôt ont le droit d’en contrôler l’usage ». Comment Zohran Mamdani répondra-t-il à cette situation ? Nos Français de la Big Apple pourront-ils s’exprimer lors du prochain scrutin municipal ?
Une victoire symbolique de Zohran Mamdani
Aujourd’hui, Zohran Mamdani ne gagne pas seulement la mairie : il incarne un changement, affirmant des valeurs de justice, d’égalité et d’ouverture dans une ville profondément marquée par la diversité. Son parcours, de fils d’immigrés né en Afrique à maire de la capitale économique des États-Unis, raconte une autre version du rêve américain, celle d’une réussite fondée sur l’engagement, la solidarité et la diversité plutôt que sur la seule ascension individuelle.
Sa victoire marque l’émergence d’une Amérique nouvelle. Le 4 novembre 2025 pourrait rester dans les livres comme le jour où New York a choisi une trajectoire audacieuse, en rupture totale avec la politique du locataire de la Maison-Blanche.
Quelle sera la réaction concrète de Donald Trump à la victoire de Zohran Mamdani ? Affaire à suivre…
Jean-Michel Perroy, président de La France en Isan (AFI), revient sur les missions et les actions de cette association créée il y a six ans. Avec 11 antennes (et une 12ème à Phuket, qui ouvrira le 14 novembre), l’AFI est un acteur clé pour les Français expatriés en Thaïlande, offrant proximité, solidarité et défense des droits. Il est l’invité du podcast Lesfrancais.press.
Écouter le podcast avec Jean-Michel Perroy
Un soutien concret au quotidien pour les Français
Lors des tensions frontalières entre la Thaïlande et le Cambodge L’AFI a joué un rôle crucial pour faire face aux affrontements, en évacuant et accompagnant quatre adhérents pris dans la zone de conflit.
« Notre rôle, c’est de les aider à mieux vivre leur expatriation et à surmonter les difficultés qu’ils rencontrent »
Jean-Michel Perroy, président de La France en Isan (AFI)
Les Français ont en effet dû quitter leur domicile en urgence, avec seulement une heure pour faire leurs bagages. L’association a assuré un suivi en temps réel et un soutien logistique.
Concernant les services d’urgence et assistance administrative, notre invité explique que L’AFI propose des services essentiels et innovants. « On m’appelle, je réponds 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Ça a été le premier service qu’on a mis en place », indique Jean-Michel Perroy à notre micro.
Ainsi, il existe au sein de l’AFI une :
Assistance médicale d’urgence : intervention 24h/24 pour faciliter les prises en charge par les assurances, évitant aux patients de devoir payer directement des frais exorbitants
Aide aux pensions de réversion : accompagnement des veuves (françaises ou thaïlandaises) dans leurs démarches, souvent complexes et longues, pour obtenir leurs droits.
« La France en Isan » (AFI) organise des rencontres tout au long de l’année
Un autre combat majeur de l’association a été d’obtenir l’agrément des hôpitaux publics de Khon Kaen par la Caisse des Français de l’Étranger (CFE). Cela permet ainsi aux assurés de bénéficier de soins 5 à 7 fois moins chers que dans le privé, avec une prise en charge à 70% par la CFE. « Pour un triple pontage, cela coûte 300 000 bahts (environ 8.000 €) dans le public contre 1,8 million (plus de 48.000 €) dans le privé » indique notre invité. L’association a aussi créé un fonds de solidarité pour aider les membres sans mutuelle à couvrir les 30% restants.
Un combat pour l’équité des bourses scolaires
Au cours de ce podcast, Jean-Michel Perroy dénonce les inégalités dans l’attribution des bourses scolaires pour les enfants français en Thaïlande. Actuellement, ces bourses ne sont accordées que si l’enfant fréquente une école française, ce qui exclut les familles vivant loin de Bangkok, Pattaya, Phuket ou Chiang Mai, où se trouvent les rares établissements homologués.
« La Thaïlande, c’est grand comme la France. Il n’y a que quatre endroits avec des écoles françaises. Dans l’Isan, il y a plus de 1 000 Français, mais aucune école »
Jean-Michel Perroy, président de La France en Isan (AFI)
Pour lui, les bourses devraient être attribuées en fonction des revenus, comme en France, et non pas uniquement pour l’apprentissage du français. Il souligne que pour les enfants franco-thaïlandais, la priorité linguistique est d’abord le thaï, puis l’anglais, et enfin le chinois, avant le français.
Evènement organisé par « La France en Isan » (AFI)
D’ailleurs, précise notre invité : « Est-il normal que la condition sine qua non soit d’apprendre le français ? Ici, les enfants parlent d’abord le thaï, puis l’anglais, et enfin le chinois. Le français ne vient qu’en quatrième position », L’AFI a donc porté ce sujet lors des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger (AFE), mais attend toujours des retours concrets.
L’AFI se lance dans les élections consulaires !
Pour la première fois, l’AFI présentera une liste aux élections des conseillers des Français de l’étranger, prévues en mars 2026. Jean-Michel Perroy sera tête de liste, entouré d’une équipe composée de membres actifs de l’association, issus de toute la Thaïlande. « La liste est prête et elle est formée de gens issus de l’AFI, bien sûr, et qui sont issus de toute la Thaïlande », nous dit-il.
« Nous présenterons une liste aux prochaines élections, car il nous semble qu’il faut porter au cœur même du Conseil consulaire l’ensemble des paroles des résidents français »
Jean-Michel Perroy, président de La France en Isan (AFI)
Lors de cette interview, le président de « La France en Isan » explique les raisons de cette candidature : il souhaite ainsi représenter les Français de toute la Thaïlande, y compris ceux des régions éloignées comme l’Isan. Il compte aussi faire entendre les revendications de l’AFI sur des sujets clés : bourses scolaires, pensions de réversion, accès aux soins, et soutien aux expatriés âgés. Il propose également de renforcer la solidarité et la défense des droits des Français, souvent confrontés à des difficultés administratives et financières.
Enfin, Jean-Michel Perroy lance un appel à l’engagementaux Français de Thaïlande et les invite à rejoindre l’AFI pour renforcer son action, la soutenir financièrement l’association, « Venez nous soutenir, nous aider. Nous ne vivons que des cotisations », souligne-t-il, et à participer à la campagne électorale « pour faire entendre la voix des expatriés », conclut notre invité.
Selon des documents confidentiels du Conseil de l’UE consultés par Euractiv, les Vingt-Sept débattent d’une possible extension du mandat de l’agence pour lui confier des missions de surveillance de l’espace aérien et de protection des infrastructures critiques.
La réflexion intervient dans un contexte d’inquiétude croissante après plusieurs incursions de drones signalées ces derniers mois dans l’espace aérien européen, y compris au-dessus d’installations militaires et civiles sensibles en Belgique durant le week-end.
Une note du Conseil de l’UE, datée du 30 octobre et distribuée aux capitales de l’UE par la présidence danoise, montre que les Vingt-Sept débattent de la question de savoir si l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) devrait assumer des responsabilités supplémentaires pour faire face aux menaces hybrides, des violations de l’espace aérien à la protection des actifs stratégiques.
2026 : année clé pour Frontex
La révision du mandat de Frontex, prévue pour l’année prochaine, a été annoncée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen au début de l’année et fait désormais partie du plan de travail 2026 de l’Union.
Les ambassadeurs des États membres devraient discuter de la question lors d’une réunion technique le 5 novembre.
Ce débat témoigne de l’intérêt croissant des capitales pour l’alignement de la mission de Frontex sur l’environnement sécuritaire changeant en Europe, et intervient quelques mois seulement après que l’agence a adopté une chaîne de commandement inspirée de celle de l’OTAN.
Actuellement, Frontex aide les États de l’UE à gérer leurs frontières extérieures en fournissant une assistance sur le terrain, en luttant contre la criminalité transfrontalière, en recueillant des informations et en contribuant aux procédures de retour.
S’exprimant le mois dernier aux côtés du ministre allemand de l’intérieur, Alexander Dobrindt, le commissaire européen chargé des Migrations, Magnus Brunner, a laissé entendre que le mandat de Frontex pourrait à terme s’étendre à la défense contre les drones et à la protection des aéroports – un sujet politiquement sensible au vu des rapports faisant état de perturbations liées à la Russie dans les aéroports civils et d’espionnage dans les bases militaires à travers le bloc.
La note du Conseil de l’UE suggère que de telles mesures pourraient nécessiter des changements dans les règlements de Frontex. Cela pourrait impliquer de permettre à l’agence d’intervenir à la demande d’un État membre dans des situations de menaces hybrides en mettant à jour les règles sur les interventions rapides aux frontières, les zones sensibles et les équipes d’appui à la gestion des migrations – ou de créer une disposition distincte pour le soutien de l’agence dans les cas d’instrumentalisation des migrations et d’autres menaces hybrides.
En dehors de l’UE
Un document de travail distinct de la présidence du Conseil propose de donner à Frontex davantage de pouvoirs pour travailler avec les pays tiers.
Les capitales souhaitent que l’agence aille au-delà des accords existants avec six États des Balkans occidentaux et qu’elle déploie des équipes dans les grands aéroports internationaux ou à d’autres points de passage importants. L’agence pourrait également jouer un rôle accru dans les contrôles « avant le départ » des voyageurs à destination de l’espace Schengen.
Les capitales réitèrent également leur demande de pouvoir déployer des équipes de retour dans les pays tiers et de permettre à Frontex de coordonner les retours d’un pays tiers à un autre. Cela pourrait alléger la pression le long des routes migratoires.
Les États membres examineront également si Frontex devrait aider à la gestion des « centres de retour » mis en place dans le cadre d’accords bilatéraux avec des pays tiers, ce qui pourrait étendre les actions de l’agence au-delà des frontières de l’Union.
Ce débat intervient alors que la Commission prévoit de renforcer le corps permanent de l’agence. Dans ses orientations politiques pour 2024, Ursula von der Leyen s’est engagée à tripler la taille du corps européen de garde-frontières et de garde-côtes pour atteindre 30 000 personnes d’ici 2027.
Mais les capitales restent prudentes, insistant sur le fait que le « futur mandat et les tâches » de l’agence doivent être clairement définis avant toute expansion.
La France n’est pas au bord de la banqueroute, mais elle s’enlise dans ses contradictions au point d’apparaître comme l’État malade de l’Europe. Sa croissance stagne, sa dette s’alourdit, sa productivité recule, sa dépense publique ne cesse de progresser tout comme les prélèvements obligatoires. Une langueur s’installe, sur fond de moral des consommateurs et des chefs d’entreprise miné. Un long hiver semble s’installer sur la France.
Après 0,9 % en 2024 et 1,6 % en 2023, la croissance française ne dépassera pas 0,8 % en 2025. Sur cinq ans, la moyenne annuelle est d’1 %, contre 2,3 % dans les années 1990 et 1,5 % encore dans les années 2010. Cet affaiblissement de la croissance est structurel. La productivité horaire a reculé de 1,5 % depuis 2019. La productivité par tête est inférieure de 2,2 % à son niveau d’avant-Covid.
Une sous-productivité chronique
Cette sous-productivité tient à l’insuffisance des dépenses de R&D (2,2 % du PIB contre 3,5 % aux États-Unis), au poids du secteur public dans l’emploi total (24 % contre 16 % en Allemagne) et à l’inefficacité du système éducatif : la France est se situe dans la moyenne basse du classement PISA sur le niveau des compétences des élèves. Chaque génération d’actifs entre sur le marché du travail avec un niveau de compétences stagnantes, alors que le capital technologique progresse ailleurs.
La France est confrontée à un sous-emploi chronique, en particulier chez les moins de 25 ans et chez les plus de 55 ans. Le taux d’emploi des 15-64 ans reste limité à 67 %, contre 77 % en Allemagne et 79 % aux Pays-Bas. Le taux d’activité des 55-64 ans n’est que de 56 %, contre 72 % en Allemagne. Le chômage des jeunes (15-24 ans) atteint 16 %, soit le double de la moyenne européenne.
Depuis la réforme des retraites de 2010, le taux d’emploi des seniors progresse lentement, mais reste insuffisant pour compenser la baisse du nombre de cotisants. L’inadéquation entre compétences et besoins des entreprises demeure criante : 300 000 postes dans l’industrie et la santé restent vacants.
Le taux de marge des entreprises ne représente plus que 30 % de la valeur ajoutée, contre 33 % en 2017. Cette stagnation s’explique par plusieurs causes imbriquées : vieillissement démographique, sous-investissement technologique, complexité réglementaire et baisse du temps de travail effectif. La France reste riche en capital humain, mais pauvre en efficacité productive.
La France souffre d’une hypertrophie des administrations publiques
Les dépenses publiques s’élèvent à plus de 58 % du PIB, soit le taux le plus élevé de l’OCDE. Le poids des dépenses publiques est de 50 % en Allemagne, de 47 % en Espagne, de 55 % en Italie. Il est en moyenne de 44 % au sein de l’OCDE et de 49 % dans la zone euro.
En France, cette dépense est composée aux deux tiers de dépenses sociales : retraites (15 % du PIB), santé (11 %), prestations familiales et chômage (10 %). La croissance de ces dépenses dépasse celle du PIB depuis vingt ans. Entre 2000 et 2025, le PIB en volume a augmenté de +33 %, les dépenses sociales de +54 %. Le déficit public est devenu chronique : la France cumule 50 ans de déficits successifs. À chaque crise, il s’accroît et ne revient jamais à son niveau initial. Il devrait atteindre 5,4 % du PIB en 2025.
Le déficit primaire (hors charges d’intérêts) demeure à 3,3 %, niveau qui ne permet pas de réduire le poids de la dette. Les administrations publiques devraient consentir un effort de plus de 130 milliards d’euros pour inverser la tendance. La dette atteint 115 % du PIB (environ 3 250 milliards d’euros). La charge d’intérêts dépassera 60 milliards en 2025, soit l’équivalent du budget de l’Éducation nationale ; sans inversion de tendance, elle pourrait atteindre 100 milliards d’euros d’ici 2029.
Aucun gouvernement, aucune majorité parlementaire n’ose engager une véritable réduction des dépenses publiques ni même un retour à l’équilibre, comme l’illustrent les discussions parlementaires autour des projets de loi de finances pour 2026. Les dégradations de la notation souveraine n’ont de résonance que le temps de leur annonce. Si le diagnostic est connu, aucun consensus n’existe pour changer de trajectoire.
La France souffre aussi d’un déficit commercial persistant
Depuis 2003, elle importe plus qu’elle n’exporte. En 2025, le déficit atteint 85 milliards d’euros, après le record de 160 milliards en 2022. Le solde industriel est négatif de plus de 60 milliards. Les excédents de services (tourisme, luxe, aéronautique) ne suffisent pas à compenser durablement. Le taux de couverture est tombé à 93 %, contre 105 % dans les années 1990. La part de la France dans les exportations mondiales est passée de 5,7 % en 2000 à 2,7 % en 2025.
Ce recul tient à la compétitivité-coût (salaires, énergie) et hors coût (innovation insuffisante, petite taille des entreprises, bureaucratie). La politique économique est devenue un empilement d’urgences contradictoires sans cap clair, évoluant au gré des capacités de blocage. Elle cherche tout à la fois à soutenir la consommation par la dépense publique, l’investissement par la baisse des impôts de production, et la réduction du déficit sans diminuer la dépense, en vain. Elle veut accélérer la transition énergétique sans compromettre la compétitivité.
Cette stratégie d’équilibriste a épuisé l’efficacité de l’action publique. Les multiplicateurs budgétaires s’affaiblissent. Selon l’OFCE, 1 euro de dépense publique n’ajoute plus que 0,4 euro de PIB, contre 0,8 avant 2020. La politique industrielle reste fragmentée : 25 dispositifs d’aides coexistent, rendant la stratégie de réindustrialisation illisible. 15 milliards d’euros par an de subventions, dispersées, sont octroyés sans effet mesurable sur la productivité.
La sortie de crise passe par un relèvement de la croissance potentielle. Celui-ci suppose un accroissement du volume de travail, ce qui impliquerait soit une réduction du nombre de jours de congés, soit un allongement du temps de travail. Pour l’heure, ces options sont fermement rejetées. La restauration de la compétitivité et de la productivité exige un effort d’investissement productif privé accru : il devrait passer de 11 % à 13 % du PIB d’ici 2030. La R&D, le numérique et les technologies propres doivent devenir trois priorités. Les pouvoirs publics devraient stabiliser les dépenses sociales en volume alors qu’elles ont crû de +7,6 % depuis 2019. Le gouvernement devrait viser un retour du déficit public à 2 % du PIB afin de stabiliser la dette. Un véritable programme de simplification doit être engagé : aujourd’hui, plus de 400 000 normes s’appliquent aux entreprises.
Échapper au déclin ?
Mais la France conserve des atouts : démographie moins dégradée que la moyenne de la zone euro, épargne abondante, infrastructures de qualité, secteurs dynamiques (aéronautique, défense, banques, assurances, tourisme). Mais ils ne suffisent plus à compenser ses faiblesses structurelles. Pour échapper à un déclin de plus en plus prégnant et à l’étau de la dette publique, la France doit se réconcilier avec la production et le risque.
Il y a 5 ans, Cécile Kohler et Jacques Paris étaient arrêtés en Iran. Ces professeurs du réseau AEFE étaient en vacances pour la période de Pâques en 2022. Accusés d’espionnage, ils étaient détenus dans les geôles iraniennes depuis.
La politique des otages
Les autorités iraniennes évoquaient en 2022 un potentiel espionnage sur le nucléaire pourtant il était évident que cette arrestation était liée à la situation intérieure du pays. En effet, l’Iran était secoué à l’époque par des manifestations régulières de professeurs contre leurs conditions de travail. Plusieurs d’entre eux ont été arrêtés, entraînant d’autres manifestations pour leur libération.
Cécile Kohler, une syndicaliste FO (Fnec), était une chargée d’expertise et de conseils auprès des établissements en France et à l’étranger. Mais au final, comme le laissait supputer le ministère iranien des Renseignements, ces deux Français ont plutôt été victimes de la politique des otages menée par Téhéran. En effet, la détention arbitraire de nos compatriotes intervenait, exactement, lors du déplacement en Iran du négociateur de l’Union européenne chargé de coordonner les pourparlers sur le nucléaire.
Sur le site de la chaîne arabophone al-Alam, la télévision officielle iranienne avait, même, diffusait, le jeudi 6 octobre 2022 une vidéo « hors sol ». Elle présentait une bande-annonce des « aveux » d’espionnage des deux Français arrêtés. Dans le « documentaire », Cécile Kohler était contrainte de déclarer en français, « être agent de renseignement opérationnel à la DGSE », le service de renseignement extérieur français. Son conjoint Jacques Paris y intervenait également.
Lourdes condamnations et action diplomatique
En octobre de cette année, le parcours juridique de Cécile Kohler et Jacques Paris en Iran se concluait sur une note très sombre. Lors d’une conférence de presse, les proches confirmaient l’annonce de la condamnation à 17 ans de prison pour Jacques Paris et à 20 ans pour Cécile Kohler (fonctionnaire de l’AEFE), prononcée le mardi 14 octobre.
S’ils ont pu être libérés, c’est grâce à l’action diplomatique française. Déjà, début octobre, un cyclotouriste franco-allemand de 19 ans avait également été remis à la France après avoir été acquitté d’accusations d’espionnage. Originaire de l’est de la France, Lennart Monterlos, de mère allemande et de père français, avait été arrêté mi-juin, au troisième jour du conflit entre l’Iran et Israël au moment où il s’apprêtait à quitter l’Iran en direction de l’Afghanistan après une traversée du pays à vélo en solitaire.
Mais c’est surtout le jeu des chancelleries qui a pu débloquer la situation. Première étape, le 25 septembre quand la CIJ a annoncé avoir abandonné, à la demande de la France, une requête contre l’Iran au sujet de la détention de Cécile Kohler et Jacques Paris qui sont, selon Paris, « retenus comme otages d’État ».
Et si le Quai d’Orsay a retiré sa plainte c’est qu’en arrière-plan, les diplomates s’activaient. Le 12 septembre, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, avait déclaré qu’un accord visant à échanger des prisonniers français en Iran contre une femme iranienne détenue en France approchait de sa « phase finale ». L’échange proposé concernerait Mahdieh Esfandiari, une Iranienne arrêtée en France en février pour avoir fait l’apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux. Téhéran estime qu’elle était injustement détenue. Il y a quelques jours, celle-ci a été remise en liberté, mais sous contrôle judiciaire et sans son passeport.
Libération ce 04 novembre 2025
La Justice et l’Exécutif ont donc fonctionné, pour une fois, main dans la main, pour le bien des Français. Le résultat ? C’est donc la libération de nos deux compatriotes après 1277 jours, les deux derniers qui restaient en Iran. Emmanuel Macron l’a annoncé ce mardi 04 novembre sur X.
Soulagement immense !
Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus depuis trois ans en Iran, sont sortis de la prison d'Evin et sont en route pour l’Ambassade de France à Téhéran.
Je me félicite de cette première étape. Le dialogue se poursuit…
Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères a complété l’information en indiquant qu’« Ils sont en sécurité à la Résidence de France, à Téhéran, dans l’attente de leur libération définitive ». Car s’ils sont hors de leurs cellules, ils ne peuvent toujours pas quitter le territoire. Il y a fort à parier que lorsque Mahdieh Esfandiari récupéra son passeport, nos compatriotes pourront, à leur tour, prendre un avion. Cette fois, la destination sera la France. Toute la rédaction a une pensée pour eux et leur famille.
Moins d’un mois après l’attentat de Manchester, le Royaume-Uni a de nouveau été frappé par une attaque à l’arme blanche. Cette fois-ci dans un train reliant le nord de l’Angleterre à Londres. Si la piste terroriste est pour l’heure écartée, ces violences répétées nourrissent l’inquiétude dans un pays confronté à une recrudescence des agressions au couteau. Lesfrançais.press a voulu connaître les réactions de nos compatriotes vivant au Royaume-Uni, ainsi que celle de Vincent Caure, le député qui les représente à l’Assemblée nationale.
Les passagers d’un train attaqués
Samedi 1er novembre, un train de la compagnie London North Eastern Railway (LNER) reliant Doncaster à Londres King’s Cross a été le théâtre d’une violente agression peu avant Peterborough, dans le Cambridgeshire. Onze personnes ont été blessées, dont plusieurs grièvement. Parmi elles, un employé de la compagnie ferroviaire, salué pour son courage après être intervenu pour protéger les passagers. Il se trouve toujours dans un état critique mais stable.
« Même si cette nouvelle attaque n’est pas liée au terrorisme, elle réactive forcément des angoisses »
Julien, Français vivant à Manchester
L’auteur présumé, Anthony Williams, un homme de 32 ans originaire de Peterborough, a été arrêté peu après les faits. Il a depuis été inculpé de dix chefs de tentative de meurtre, de possession d’une arme blanche et de violences ayant entraîné des blessures graves. Il doit comparaître cette semaine devant le tribunal de Cambridge. La police britannique a confirmé que rien ne permet à ce stade de retenir la piste terroriste, tout en poursuivant ses investigations sur les motivations du suspect. Un renforcement des patrouilles a été mis en place sur le réseau ferroviaire, notamment dans l’est de l’Angleterre.
Le souvenir encore vif de Manchester
Cette attaque intervient dans un climat déjà tendu. Le 2 octobre dernier, à Manchester, un attentat à motivation antisémite avait visé les fidèles d’une synagogue du quartier de Crumpsall. Un homme avait foncé en voiture sur un groupe de personnes avant de les poignarder, tuant deux d’entre elles et en blessant plusieurs autres.
L’auteur de cette attaque avait été rapidement neutralisé et arrêté. Les autorités britanniques avaient alors évoqué « une attaque terroriste ciblée » contre la communauté juive. Le drame avait profondément marqué le nord de l’Angleterre, ravivant le souvenir d’autres attentats survenus ces dernières années.
Ce qu’en pensent les Français du Royaume-Uni
Face à ces violences, la communauté française installée au Royaume-Uni réagit avec gravité. Sans céder à la peur, beaucoup évoquent une forme d’inquiétude diffuse, en particulier dans les transports publics et les grandes villes. « On fait plus attention dans le métro et dans les gares, mais je n’ai pas l’impression que la population vive dans la peur », estime Claire, 29 ans, installée à Londres depuis quatre ans. « Les Britanniques ont une vraie résilience face à ce genre d’événements. »
« Suivez les consignes de sécurité et les conseils aux voyageurs diffusés par les autorités britanniques et françaises, et restez attentifs »
Vincent Caure, député des Français du Royaume-Uni, d’Irlande, d’Europe du Nord et des pays baltes
À Manchester, où le souvenir de l’attentat du mois dernier reste vif, Julien, 41 ans, enseignant, décrit un climat plus pesant : « Les gens sont encore marqués. Même si cette nouvelle attaque n’est pas liée au terrorisme, elle réactive forcément des angoisses. »
Interrogé par Lesfrançais.press, Vincent Caure, député des Français du Royaume-Uni, d’Irlande, d’Europe du Nord et des pays baltes, appelle à la vigilance et à la responsabilité :« Les Français doivent s’informer auprès des autorités britanniques et françaises, notamment en consultant le site et les réseaux sociaux du consulat de France. Il est également important de s’inscrire auprès du consulat afin de recevoir les informations en cas de crise d’envergure. »
Vincent Caure, député de la 3eme circonscription des Français de l’étranger
Le parlementaire souligne aussi que la mobilisation des autorités reste « la même, quelle que soit la nature de l’attaque », et que la coopération franco-britannique en matière de sécurité « est constante et renforcée lors d’événements comme celui de ce week-end, où peut exister un risque terroriste ». Enfin, il adresse un message clair aux Français du Royaume-Uni : « Suivez les consignes de sécurité et les conseils aux voyageurs diffusés par les autorités britanniques et françaises, et restez attentifs. »
Un climat de vigilance : entre menaces idéologiques et violences individuelles
Si l’attaque du Cambridgeshire ne semble pas liée à un acte de terrorisme, sa proximité temporelle avec celle de Manchester souligne la complexité du défi sécuritaire auquel le Royaume-Uni est confronté. Entre menaces idéologiques et violences individuelles, la frontière reste parfois ténue. Les autorités appellent à la prudence sans céder à la peur, tout en indiquant que le niveau d’alerte terroriste au Royaume-Uni demeure fixé à « substantiel », ce qui signifie qu’une attaque est considérée comme probable.
La nouvelle est tombée la semaine dernière : les États-Unis vont réduire de 3 000 à 5 000 hommes leur présence militaire en Roumanie. Une annonce qui, à première vue, s’inscrit dans la logique de « réajustement » stratégique de l’administration américaine, mais ce retrait américain de Roumanie met l’Europe face à son destin stratégique.
Un retrait symbolique mais lourd de sens
Le ministère roumain de la Défense a tenté de rassurer : il ne s’agit pas d’un retrait complet, mais de la fin de la rotation d’une brigade dont les unités étaient déployées dans plusieurs pays de l’OTAN : Roumanie, Bulgarie, Slovaquie et Hongrie. Environ 900 à 1 000 soldats américains resteront stationnés sur notre sol, garants de l’engagement des États-Unis envers la sécurité régionale, a affirmé le ministre Ionut Mosteanu lors d’une conférence de presse ce 29 octobre.
En pratique, près de 5 000 hommes vont regagner leur quartier général du Kentucky, sans être remplacés. Certes, la grande base américaine de Mihail Kogalniceanu Airbase à Constata continuera de fonctionner, mais l’équilibre militaire de la région s’en trouvera inévitablement fragilisé.
Le flanc Est perd son bouclier américain
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, la Roumanie est devenue une pièce maîtresse du dispositif otanien sur le flanc Est. La présence américaine, renforcée à la hâte au lendemain du 24 février, avait un double objectif : dissuader Moscou et rassurer Bucarest.
Ce redimensionnement des forces américaines reflète les nouvelles priorités de Washington, reconnaît le gouvernement roumain, tout en soulignant que l’OTAN a elle-même accru sa présence dans la région. Mais pour nombre d’observateurs, ce mouvement marque surtout un tournant : après deux ans de guerre, les États-Unis semblent considérer que l’Europe doit désormais prendre sa part dans sa propre défense.
George Scutaru, ancien conseiller à la sécurité nationale du président roumain, a déclaré, auprès de l’AFP, y voir « un mauvais signal envoyé à la Russie ». Selon lui, le Kremlin pourrait interpréter ce désengagement comme une opportunité d’augmenter la pression sur la région de la mer Noire, en multipliant drones et incursions dans l’espace aérien roumain.
Mission Aigle : la France en première ligne
Face à cette recomposition, la France joue un rôle clé. Depuis 2022, elle commande le bataillon multinational de l’OTAN en Roumanie dans le cadre de la mission Aigle, installée sur la base de Cincu, près de Brașov. Environ 1 000 soldats français y sont déployés, appuyés par des contingents néerlandais et belges.
Ce dispositif, décrit par le ministère des Armées comme « le cœur battant du flanc Est », a été renforcé à l’occasion de l’exercice Dacian Fall 2025, symbole de la coopération militaire franco-roumaine. L’objectif : améliorer l’interopérabilité des forces et démontrer la capacité européenne à agir sans appui direct américain. Mais les limites sont claires. Même coordonnée avec ses partenaires, la mission Aigle ne peut remplacer, à court terme, une brigade américaine de plusieurs milliers d’hommes. Le déploiement français illustre un engagement sincère et solide, mais il demeure une contribution complémentaire, non un substitut.
Un vide qui inquiète jusqu’en Moldavie
Au-delà de la Roumanie, c’est toute la région qui retient son souffle. La Moldavie voisine, déjà fragilisée par les ingérences russes et la dépendance énergétique, pourrait se retrouver encore plus vulnérable. La présence américaine en Roumanie jouait un rôle implicite de garantie : celle que le parapluie de l’OTAN, même à distance, s’étendait symboliquement jusqu’à Chișinău.
« La défense du flanc Est de l’Europe restera robuste »
Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants
Un retrait perçu, à tort ou à raison, comme un désintérêt américain pour la mer Noire, risque de renforcer le sentiment d’abandon au sein de cette jeune démocratie. Pour l’Union européenne, qui accompagne étroitement la Moldavie dans sa trajectoire d’adhésion, le défi est désormais autant militaire que politique : éviter que le vide stratégique laissé par Washington ne devienne un vide d’influence.
Une réaction mesurée du côté français
À Paris, la réaction est restée prudente. La ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, en visite à Bucarest, a assuré que « la défense du flanc Est de l’Europe restera robuste ». Elle a rappelé que la France restait « nation-cadre » du dispositif de l’OTAN en Roumanie et que sa présence serait maintenue, voire adaptée, en fonction des besoins.
Du côté des institutions européennes, le message est similaire : le retrait américain ne signifie pas un désengagement de l’Alliance, mais un réalignement. Reste que cette rhétorique, rassurante dans les chancelleries, n’efface pas l’inquiétude sur le terrain. « Réveillez-vous, Europe ! Les États-Unis ne vous défendront pas éternellement contre la Russie », a posté sur Bluesky l’historien américain Phillips O’Brien, professeur à l’Université de St Andrews. Une phrase qui résonne comme un avertissement.
La Roumanie, une alliée francophile qui observe avant de juger
Sur place, la population roumaine ne semble pas céder à la panique. Selon Benoît Mayrand, Conseiller des Français de l’étranger en Roumanie et membre de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) : « La presse roumaine n’a pas mis cette annonce en première page, et la population, profondément francophile et encore très francophone, préfère attendre les faits avant de spéculer. Ce pays, le seul de l’ancien bloc de l’Est à parler une langue romane et non slave, garde une confiance instinctive dans ses partenaires européens, notamment la France. »
Un regard lucide qui traduit à la fois la prudence des Roumains et leur espoir de voir l’Europe assumer davantage de responsabilités. Dans ce contexte, la coopération franco-roumaine prend une dimension symbolique : elle illustre le retour d’un lien historique fondé sur la culture, la langue et désormais, la défense commune.
La défense européenne à l’épreuve du réel
Ce redéploiement américain intervient alors que l’Union européenne tente laborieusement de bâtir une politique de défense commune. Les initiatives se multiplient : Fonds européen de défense, projet d’état-major européen, achats conjoints de munitions. La réalité reste toutefois fragmentée.
L’épisode roumain rappelle cruellement que, malgré les discours, l’autonomie stratégique européenne reste embryonnaire. Tant que les armées nationales ne seront pas capables d’assurer seules la dissuasion, la logistique et la couverture aérienne du continent, la dépendance à l’égard de Washington perdurera.
« L’Europe doit être capable de se protéger avant d’appeler à l’aide »
La France, dotée d’une industrie de défense complète et d’une force de dissuasion nucléaire, se retrouve naturellement en première ligne. Pour Paris, l’heure n’est plus à la posture mais à l’action : faire de la défense européenne une priorité budgétaire et diplomatique, tout en consolidant les partenariats bilatéraux; à commencer par celui avec Bucarest.
Entre réalisme américain et maturité européenne
Du point de vue américain, ce redéploiement s’inscrit dans une stratégie plus large de recentrage sur l’Indo-Pacifique et la compétition avec la Chine. Washington estime que l’Europe, désormais éveillée à la menace russe, doit pouvoir se défendre elle-même tout en restant arrimée à l’OTAN.
Image d’illustration militaire
Mais pour les Européens, la leçon est douloureuse : la garantie américaine n’est plus absolue. Le parapluie de l’article 5 du traité de l’Alliance demeure, mais sa mise en œuvre dépendra toujours des priorités du moment à Washington. Autrement dit, l’Europe doit être capable de se protéger avant d’appeler à l’aide.
Une opportunité à saisir, non un déclin à subir
L’histoire montre que les crises transforment les équilibres. Celle-ci peut devenir une chance : celle de bâtir une véritable souveraineté militaire européenne, fondée sur la complémentarité et non la substitution.
La Roumanie, en assumant pleinement son rôle de frontière orientale, et la France, en renforçant sa présence dans le cadre de la mission Aigle, incarne ce mouvement. Mais la réussite dépendra de la capacité collective à mutualiser budgets, doctrines et moyens industriels. Sans cela, les déclarations de solidarité resteront des mots, et le flanc Est, un front vulnérable.
Flanc Est : le moment européen
Le retrait partiel des troupes américaines de Roumanie ne signe pas la fin de l’alliance transatlantique. Il en marque plutôt la maturation. L’Europe, longtemps protégée, doit désormais apprendre à se protéger elle-même. Dans ce contexte, la France a une responsabilité historique : celle de traduire l’esprit d’Aigle en stratégie durable, d’articuler diplomatie, défense et industrie, et de convaincre ses partenaires que la sécurité du continent ne peut reposer éternellement sur les épaules américaines.
Pour les Roumains comme pour les Français de l’étranger installés à Bucarest, le message est clair : l’avenir de la sécurité européenne se joue désormais à l’Est : entre courage politique, réalisme stratégique et solidarité continentale.