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  • La baguette française, nouvelle star de Miami

    La baguette française, nouvelle star de Miami

    La baguette française a le vent en poupe à Miami. Inscrite depuis novembre 2022 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, elle a trouvé en Floride un public fidèle, porté notamment par Corinne Ouelhadj Engel, présidente de la French American Association of Crafts and Trades (FAACT FL). Elle vient d’ailleurs d’organiser la 4eme édition du concours de la Meilleure Baguette. Et que les amateurs de viennoiseries se rassurent, le meilleur croissant a aussi été couronné. Lesfrancais.press vous emmène à ce rendez-vous des gourmands, où l’apprentissage se marie aussi avec le plaisir.

    Baguettes et apprentissage : un pont gourmand entre la France et Miami

    Ce dimanche 26 octobre, un parfum de croissants chauds et de baguettes croustillantes planait sur Miami, attirant des centaines de curieux venus partager une journée aux accents français. Pour la quatrième année, la Floride accueillait le concours de la Meilleure Baguette et du Meilleur Croissant (Best Baguette & Best Croissant), un rendez-vous rendu possible grâce à Corinne Ouelhadj Engel, présidente de la French American Association of Crafts and Trades (FAACT FL). Au-delà des gourmandises, cette artisane pâtissière et maître-confiturière porte une ambition claire. Celle transmettre le savoir-faire français et promouvoir la formation et l’apprentissage.

    « En favorisant la mobilité, la découverte et le dialogue, nous contribuons à l’enrichissement mutuel des compétences (…) des liens d’amitié entre la France et les États-Unis »

    Thierry Fromentin, le vice-président de la CMA IDF, Président de la CMA 77

    Ainsi, une délégation française de jeunes boulangers a pu découvrir les États-Unis pour la première fois et nouer des contacts tant amicaux que professionnels. Six jeunes apprenants en boulangerie du CFA 77 (Seine-et-Marne), âgés de 18 ans, se sont donc envolés pour la Floride avec l’aide de la FAACT FL, de la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) Île-de-France par l’action de son président, Thierry Fromentin et d’Élisabeth Auffray, la directrice des relations extérieures et le soutien de la ville de Miami Beach.

    Jeunes apprentis Boulangerie
    Jeunes apprentis Boulangerie

    Pour Thierry Fromentin, président de la CMA 77 « ces échanges sont essentiels pour l’avenir de nos métiers. En favorisant la mobilité, la découverte et le dialogue, nous contribuons à l’enrichissement mutuel des compétences et au renforcement des liens d’amitié entre la France et les États-Unis. » Une semaine en totale immersion pour ces jeunes « à travers un programme mêlant échanges éducatifs et exploration culturelle », selon les organisateurs.

    Le palmarès 2025 Meilleure Baguette – Meilleur croissant Miami

    Outre la découverte de Miami et des métiers de l’artisanat, les jeunes apprentis ont participé à la 4e édition de la Meilleure Baguette et du Meilleur Croissant 2025 (Best Baguette & Best Croissant), un rendez-vous qui a rencontré un vif succès. Seize boulangers‑pâtissiers venus de toute la Floride se sont affrontés devant un jury d’experts bénévoles originaires de l’ensemble des États‑Unis.

    « Le concours de la meilleure Baguette et du meilleur croissant (…)
    c’est faire rayonner le savoir-faire français ici, aux États-Unis »

    Corinne Ouelhadj Engel, présidente de la FAACT FL

    Pour Corinne Ouelhadj Engel, cet événement est « un véritable élan pour les artisans et le savoir-faire français, que (notre) association The French American Association of Crafts and Trades (FAACT) s’engage à soutenir au quotidien ». Dans un échange avec Lesfrancais.press, elle ajoute qu’il s’agit de « faire exister nos artisans (…) et faire rayonner le savoir-faire français ici, aux États-Unis, ainsi qu’un accompagnement sur mesure » tout au long de l’année.

    Meilleure Baguette et Meilleur croissant le concours 2025 à Miami
    Meilleure Baguette et Meilleur croissant le concours 2025 à Miami ©Loic Ercolessi

    Le palmarès cette année, a été difficile à départager tant la qualité était au rendez‑vous. Il a toutefois fallu trancher : la Meilleure Baguette 2025 revient à Yusel Montelongo (Baker 305), suivi de Laura Vital et Joris Allain (Bakery X), sur la troisième marche, on retrouve Mathieu Cartron (La Croquantine de Mathieu).

    Côté croissant, c’est Yann Couvreur (Guillaume Munier) qui a remporté les suffrages du jury. Yusel Montelongo (Baker 305) est passé tout près du doublé avec une belle deuxième place dans cette catégorie, et Roxana Alvarez (Gustazio) complète ce magnifique podium.

    Meilleure Baguette, vainqueur du concours 2025 à Miami
    Meilleure Baguette, vainqueur du concours 2025 à Miami © Loic Ercolessi

    Les prix ont été remis par le maire de Miami Beach, Steven Meiner, aux six artisans lauréats de la Meilleure Baguette et du Meilleur Croissant. Un petit regret pour Corinne : qu’aucun officiel français ne se soit déplacé pour la cérémonie : « Cette initiative n’a malheureusement pas pu accueillir le sénateur des Français de l’étranger, M. Olivier Cadic, retenu par un agenda trop chargé ! nous le déplorons », nous a‑t‑elle confié. En revanche, Franck Bondrille, conseiller des Français de Miami, était bien présent, a précisé l’organisatrice.

    Un échange gagnant-gagnant entre la France et les États-Unis

    Outre le palmarès de cette 4e édition, et le succès auprès du public, Corinne Ouelhadj Engel souhaite mettre en avant la synergie des apprentis des deux côtés de l’Atlantique : « ce projet de formation nous tient particulièrement à cœur. Après avoir reçu les Français, des étudiants américains en boulangerie partiront ainsi en France en mai 2026 pour visiter un CFA (Centre de Formation d’Apprentis) ».

    « Aux États-Unis, les boulangeries connaissent une forte expansion,
    mais ils manquent cruellement de main-d’œuvre qualifiée »

    Corinne Ouelhadj Engel, présidente de la FAACT FL

    L’objectif est aussi de développer un réservoir de jeunes talents qui rejoindront les pâtisseries et boulangeries présentes en Floride, Actuellement aux États-Unis, ces commerces « connaissent une forte expansion, mais ils manquent cruellement de main-d’œuvre qualifiée ». Quant aux jeunes français venus à Miami, cette expérience s’avère exceptionnelle, marquante et également formatrice. Elle leur ouvre aussi un horizon professionnel.

    À Miami, la baguette et le croissant ne sont plus de simples symboles. Ils sont devenus des vecteurs de transmission, d’emploi et de rayonnement culturel. Portée par la FAACT FL et sa présidente Corinne Ouelhadj Engel, plébiscitée par le public comme par les professionnels, cette 4e édition confirme l’existence d’un pont durable entre artisans des deux rives de l’Atlantique. Ainsi des talents émergent, des réseaux se tissent et des perspectives s’ouvrent. Et pour les gourmands, le plaisir est bien au rendez‑vous… comme celui que nous prenons déjà pour 2026 afin de vous faire vivre la 5e édition de cet événement désormais incontournable.

  • La Toussaint : le jour des morts ?

    La Toussaint : le jour des morts ?

    Chaque automne, des millions de chrétiens se rendent dans les cimetières pour fleurir les tombes de leurs proches. Pourtant, beaucoup confondent deux fêtes bien distinctes : la Toussaint, célébrée le 1er novembre, et le jour des défunts, commémoré le lendemain. On fait le point pour les Français de l’étranger.

    La fête des Saints

    La Toussaint rend hommage à tous les saints, connus ou anonymes, qui ont consacré leur vie à la foi et à l’Évangile. Cette fête t ne trouve pas son origine dans la Bible mais dans la dévotion des premiers chrétiens envers les martyrs. Au VIIᵉ siècle, le pape Boniface IV institue une fête dédiée à tous les saints, d’abord fixée au 13 mai. Deux siècles plus tard, Grégoire III la déplace au 1er novembre, une date choisie pour coïncider avec la fête celte de Samain, symbole du passage à la saison sombre.

    Ainsi dans la liturgie, la Toussaint ne célèbre pas la mort, mais la vie éternelle et la vocation universelle à la sainteté.

    La fête des morts : une « exclusivité » catholique

     Le 2 novembre, lendemain de la Toussaint, les catholiques commémorent les défunts. Ce jour des morts n’est pas un jour de tristesse, mais un moment de recueillement et d’espérance : les croyants prient pour leurs proches disparus et fleurissent leurs tombes.

    Cette tradition remonte au XIᵉ siècle, lorsque l’abbaye de Cluny, en Bourgogne, instaura une journée de prière pour les âmes du purgatoire. L’initiative de l’abbé Odilon de Cluny s’étendit rapidement à toute la chrétienté et fut officialisée au XIIIᵉ siècle par l’Église de Rome.

    Aujourd’hui encore, cette date symbolise le lien entre les vivants et les morts, dans la continuité spirituelle entre la terre et le ciel.

    Les fêtes, un héritage païen christianisé

    Le choix du 1er novembre n’est pas un hasard. L’Église a voulu « évangéliser » les fêtes païennes existantes, notamment la fête celte de Samain, qui marquait la fin de l’été et le début de l’hiver.

    Snap-Apple Night" de Daniel Maclise, 1833. On voit sur cette toile des Irlandais festoyant et s'adonnant à des jeux de divination lors de la fête d'Halloween
    Snap-Apple Night » de Daniel Maclise, 1833. On voit sur cette toile des Irlandais festoyant et s’adonnant à des jeux de divination lors de la fête d’Halloween ©Wikimedia Commons.

    De la même façon que Noël fut placé près du solstice d’hiver, la Toussaint a remplacé les rituels celtiques liés à la mort et à la fertilité. Cette fusion des traditions explique pourquoi, aujourd’hui encore, Halloween (le 31 octobre), la Toussaint (le 1er novembre) et le jour des morts (le 2 novembre) forment un triptyque culturel autour du passage du temps et du souvenir.

    Où la Toussaint est fériée ?

    Cette fête est célébrée dans plusieurs pays, majoritairement catholiques. Ainsi, dans 52 pays à travers le monde le 1er novembre est férié.


    Pays Type de vacances Date cette année
    Saint Pierre et Miquelon Jour férié 1 novembre 2025
    Espagne Jour férié 1 novembre 2025
    Allemagne Jour d’observation 1 novembre 2025
    France Jour férié 1 novembre 2025
    Chili Jour férié 1 novembre 2025
    Côte d’Ivoire Jour férié 1 novembre 2025
    Autriche Jour férié 1 novembre 2025
    Belgique Jour férié 1 novembre 2025
    Cabo Verde Jour férié 1 novembre 2025
    Andorre Jour férié 1 novembre 2025
    Congo Jour férié 1 novembre 2025
    Colombie Jour férié 1 novembre 2025
    Bosnie-Herzégovine Jour férié 1 novembre 2025
    Nouvelle-Calédonie Jour férié 1 novembre 2025
    Pologne Jour férié 1 novembre 2025
    Luxembourg Jour férié 1 novembre 2025
    Portugal Jour férié 1 novembre 2025
    Madagascar Jour férié 1 novembre 2025
    Sénégal Jour férié 1 novembre 2025
    Croatie Jour férié 1 novembre 2025
    Chad Jour férié 1 novembre 2025
    Gabon Jour férié 1 novembre 2025
    Italie Jour férié 1 novembre 2025
    Italie Jour férié 1 novembre 2025
    Saint-Siège Jour férié 1 novembre 2025
    Guadeloupe Jour férié 1 novembre 2025
    Guadeloupe Jour férié 1 novembre 2025
    Burundi Jour férié 1 novembre 2025
    Saint-Marin Jour férié 1 novembre 2025
    Slovaquie Jour férié 1 novembre 2025
    Monténégro Jour férié 1 novembre 2025
    République centrafricaine Jour férié 1 novembre 2025
    Saint Martin Jour férié 1 novembre 2025
    Pérou Jour férié 1 novembre 2025
    Togo Jour férié 1 novembre 2025
    Philippines Jour férié 1 novembre 2025
    Lituanie Jour férié 1 novembre 2025
    Haïti Jour férié 1 novembre 2025
    Guyane française Jour férié 1 novembre 2025
    Bénin Jour férié 1 novembre 2025
    Suède Jour férié 1 novembre 2025
    Suède Jour férié 1 novembre 2025
    Hongrie Jour férié 1 novembre 2025
    Finlande Jour férié 1 novembre 2025
    Seychelles Jour férié 1 novembre 2025
    Burkina Faso Jour férié 1 novembre 2025
    Saint Barthélemy Jour férié 1 novembre 2025
    Monaco Jour férié 1 novembre 2025
    Martinique Jour férié 1 novembre 2025
    Macédoine Jour férié 1 novembre 2025
  • Un bouclier aérien pour l’Europe ?

    Un bouclier aérien pour l’Europe ?

    Le mois de septembre a été riche en rebondissements : près de 20 drones russes ont violé l’espace aérien polonais le 9 septembre, suivis par d’autres incursions de drones non identifiés au Danemark et en Roumanie, et par des avions de combat russes en Estonie. La Pologne et l’Estonie ont tiré la sonnette d’alarme de l’OTAN en invoquant l’article 4 de l’alliance.

    Alors que les dirigeants européens se réunissaient à Copenhague au début du mois d’octobre, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a souligné le besoin urgent d’un « mur de drones » européen, c’est-à-dire un réseau coordonné de radars, d’équipements de brouillage et d’intercepteurs de drones destinés à neutraliser les menaces avant qu’elles n’atteignent l’espace aérien sensible.

    Le projet, rebaptisé « Initiative européenne de défense contre les drones », ne couvre pas seulement le flanc oriental de l’UE, comme prévu initialement, mais l’ensemble de l’espace aérien de l’Union.

    Dans le même temps, un projet bien plus ambitieux gagne du terrain, qui pourrait intégrer le « mur de drones » dans un réseau de défense à l’échelle du continent. Le bouclier aérien européen prévoit un système de défense aérienne à plusieurs niveaux, inspiré du dôme de fer israélien, pour tout intercepter, des drones aux missiles balistiques.

    Mais après des décennies de sous-investissement et de dépendance à l’égard de la protection américaine, l’Europe est confrontée à une question difficile : à quelle échéance un tel bouclier pourra-t-il devenir une réalité ? Et si les gouvernements décident d’aller de l’avant, à quoi cela ressemblerait-il en pratique ?

    Le mur des drones

    Les récentes incursions de drones russes, considérées comme un stratagème pour tester les défenses aériennes et la détermination politique de l’OTAN, ont mis en lumière certaines vérités gênantes.

    La guerre moderne n’est plus une question de nombre, mais de précision à grande échelle. Des frappes coordonnées associant des drones bon marché à des armes haut de gamme peuvent désormais porter des coups dévastateurs aux civils et aux infrastructures critiques.

    L’Ukraine en est un exemple frappant. Au cours de l’été, les attaques de drones et de missiles russes ont atteint le siège du gouvernement ukrainien et la délégation de l’Union européenne à Kiev.

    Bouclier Aérien
    Image illustration ©Stockadobe

    L’asymétrie est brutale : la précision de masse est bon marché pour les attaquants, mais coûteuse pour les défenseurs. La réponse de l’OTAN aux récentes incursions a été efficace, mais coûteuse. L’alliance militaire a utilisé des missiles Patriot d’une valeur de 3 millions d’euros pour abattre des drones dont la fabrication ne coûte pas plus de… 20 000 euros. Un scénario qui n’est clairement pas viable à long terme.

    Pour lutter contre les attaques bon marché, un système de défense aérienne à plusieurs niveaux pourrait constituer la meilleure solution. Les systèmes peu coûteux seraient d’abord déployés contre les petites menaces, les avions de chasse et les missiles haut de gamme étant réservés aux attaques plus dévastatrices, telles que les frappes balistiques et hypersoniques. 

    Selon cette logique, le « mur de drones » constituerait la première couche défensive du bouclier aérien élargi. Son rôle serait de détecter, de suivre et de neutraliser les drones et les munitions qui traînent. Les abattre à l’aide d’intercepteurs cinétiques et d’armes à énergie dirigée (DEW) — des lasers dont le coût n’excède pas 1 à 10 euros par tir — serait une option avantageuse par rapport au prix des Patriots.  

    Pour faire du « mur de drones » une réalité, certains à Bruxelles regardent vers l’Est.  

     « Nous avons beaucoup à apprendre de l’Ukraine, et en même temps, nous devons lui fournir une protection et un soutien financier, car en retour, elle nous aide dans la guerre des drones », a déclaré l’eurodéputée estonienne Riho Terras. « C’est un investissement dans notre propre défense. »

    Le bouclier aérien européen

    La mise en place d’un bouclier aérien européen ne sera ni facile ni bon marché. L’UE devra surmonter les divergences politiques, les problèmes de stockage et les coûts. 

    En outre, le bloc ne peut pas se contenter de reproduire le dôme de fer israélien qui protège un petit territoire avec des centres de population denses contre des menaces essentiellement à courte portée. En revanche, les populations européennes sont dispersées sur un vaste territoire et sont confrontées à l’ensemble de l’arsenal russe, des missiles Iskander à courte portée aux Avangard hypersoniques à longue portée.

    Un dôme unique s’étendant sur tout le continent relève du fantasme. Le plan prévoit plutôt une mosaïque de « bulles » de défense, c’est-à-dire de multiples systèmes couvrant différents territoires, reliés entre eux pour assurer une couverture efficace de l’espace aérien de l’Europe.

    ©SkyShield-NL - Miriam Sáenz de Tejada
    ©SkyShield-NL – Miriam Sáenz de Tejada

    La défense aérienne est une question de timing : détecter, suivre et intercepter en quelques secondes. Cela exige de la précision et une coordination transfrontalière en temps réel, les radars d’un pays transmettant des données aux lanceurs d’un autre pays.  

    Si des projets tels que l’initiative européenne de bouclier aérien (ESSI), menée par l’Allemagne, sont déjà en cours comme pour des achats et une maintenance conjoints, les défis ne se limitent pas au matériel. Ces systèmes doivent s’intégrer de manière transparente dans une architecture commune : la défense aérienne et antimissile intégrée (IAMD) de l’OTAN. 

    C’est un principe familier, bien qu’inconfortable, pour les États membres. Même s’ils conservent une totale autonomie en matière de décisions d’achat, ils devront choisir des configurations qui privilégient l’interopérabilité avec les systèmes alliés. C’est là que la politique européenne prend tout son sens.

    Surmonter les vulnérabilités

    Selon Chris Kremidas-Courtney, chercheur au European Policy Centre, un centre de réflexion à Bruxelles, l’Europe est confrontée à un dilemme en matière d’acquisition.

    La dépendance de l’Europe à l’égard des systèmes de défense étrangers, principalement américains et israéliens, est à double tranchant. Elle peut accélérer le déploiement, mais risque d’éroder l’autonomie stratégique de l’Europe. Bien qu’il existe des options locales pour la plupart des menaces, il n’y a toujours pas de véritable substitut à l’Arrow-3 d’Israël, un intercepteur hypersonique conçu pour arrêter les missiles balistiques.

    Système sol-air moyenne portée Nouvelle Génération
    Système sol-air moyenne portée Nouvelle Génération ©SAMP NG

    Pour ajouter à ces préoccupations, l’industrie européenne de la défense reste fragmentée. « Berlin soutient IRIS-T et Patriot dans le cadre de l’initiative européenne Sky Shield, tandis que Paris et Rome défendent SAMP/T, et qu’Oslo et d’autres pays s’appuient sur NASAMS », a relevé Chris Kremidas-Courtney. En clair, chaque nation est réticente à abandonner son propre « champion », ce qui rend l’acquisition et l’intégration communes bien plus difficiles qu’elles ne devraient l’être. 

    Le défi n’est donc pas seulement technologique, mais aussi politique. Un système de défense multicouche crédible exige non seulement des milliards d’investissements, mais aussi un niveau de coordination que l’Europe a toujours eu du mal à atteindre. Le rêve du bouclier aérien n’est donc pas pour demain.  

  • France – Maroc : Un « Erasmus » régional à Fès

    France – Maroc : Un « Erasmus » régional à Fès

    Présenté le 16 octobre dernier par Ursula von der Leyen, Présidente de la commission Européenne, le Pacte pour la Méditerranée va s’ouvrir à 10 pays partenaires méditerranéens (1) dont le Maroc. Celui-ci prévoit d’inclure les étudiants des pays concernés au programme d’échange universitaire européen Erasmus +. Premiers pas concrets à Fès entre l’UFE-Monde et l’université Euromed.

    Plus de mobilité académique et culturelle entre la France et le Maroc

    L’objectif majeur du Pacte pour la Méditerranée est la création d’un environnement plus intégré et inclusif pour l’enseignement supérieur et le développement des compétences au sein de l’espace méditerranéen commun au travers du lancement d’une nouvelle plateforme Méditerranéenne de l’enseignement supérieur. Il vise également à renforcer la mobilité des étudiants, du personnel académique et des chercheurs.

    Dans cet esprit et cette nouvelle dynamique impulsée entre les 2 rives, l’association UFE Monde et l’université EuroMed de Fès (Maroc) ont signé une convention de coopération ce 21 octobre qui fixe plusieurs objectifs, dont celui de resserrer les liens éducatifs et culturels entre la France et le Maroc. Alain Pierre Mignon, Président UFE Monde, était présent pour apposer sa signature à côté de celle de Mustapha Bousmina, le Président de l’Université EuroMed.

    « Ces jeunes vont bénéficier d’un accompagnement logistique humain
    mais également d’un réseau local solide »

    Myriam Geneviève Benkerroum Devidet,
    Présidente UFE Fès, Conseillère des Français du Maroc

    À l’initiative de ce projet, Myriam Geneviève Benkerroum Devidet, présidente de l’UFE de Fès – Meknès – Nadir- Oujda indique que « ce partenariat facilite l’accueil et l’intégration des étudiants français au sein de l’université Euromed de Fès », laquelle rappelle-t-elle « a été classée 1ere université du Maroc ». Grâce à l’appui de l’UFE, « Ces jeunes vont bénéficier non seulement d’un accompagnement logistique humain mais également d’un réseau local solide pour favoriser leur insertion et réussite », a-t-elle déclaré au correspondant Lesfrancais.press.

    Signature de la convention de coopération éducative et culturelle entre Alain Pierre Mignon, Président UFE Monde et Mustapha Bousmina, Président de l Université Euromed de Fès
    Signature de la convention de coopération éducative et culturelle entre Alain Pierre Mignon, Président UFE Monde et Mustapha Bousmina, Président de l Université Euromed de Fès

    Ainsi, les étudiants français, désireux de bénéficier de ce partenariat, pourront poursuivre leurs études supérieures du côté sud de la Méditerranée au sein d’un établissement d’excellence qui assure une éducation de haut niveau, Master et Doctorat.

    Les Français de l’étranger, acteurs de la coopération éducative et culturelle

    Le démarrage du partenariat UFE – Université Euromed Fès est prévu pour cette année universitaire avec un premier groupe d’étudiants français à Fès. Ils seront encadrés conjointement par l’UFE Fès et l’université marocaine au travers d’un suivi personnalisé.

    Sur le moyen terme, l’objectif est d’accueillir tous les étudiants intéressés par une expérience à l’international dans le cadre de ce partenariat et à terme de développer des échanges dans les deux sens. Pour les promoteurs du partenariat, l’enjeu est d’offrir une formation ouverte sur la Méditerranée, combinant excellence académique, diversité culturelle et engagement citoyen.

    Myriam Geneviève Benkerroum Devidet, Presidente de l'UFE Fès et Conseillère des Français de l Etranger de la 2eme circonscription du Maroc
    Myriam Geneviève Benkerroum Devidet, Presidente de l’UFE Fès et Conseillère des Français de l Etranger de la 2eme circonscription du Maroc

    « Ce partenariat montre que les Français de l’étranger sont acteurs de la coopération éducative et culturelle. Il place l’UFE au cœur du développement de la jeunesse francophone et démontre que l’expatriation peut être une source d’opportunités et d’innovation » ajoute Myriam Geneviève Benkerroum Devidet, également conseillère des Français pour la 2eme circonscription du Maroc, avant de conclure « ce partenariat est avant tout une aventure humaine, il incarne la volonté de rapprocher les peuples par la connaissance et le partage ».

    (1) Algérie/ Tunisie/ Lybie/ Liban / Jordanie/ Israël/ Syrie/ Palestine

    Mustapha Bousmina Président de l’université EuroMed de Fès nous a accordé une interview sur les enjeux de la convention de coopération signée entre l’UFE Monde qu’il préside

    Mustapha Bousmina, Président de l'Université Euromed de Fès
    Mustapha Bousmina, Président de l’Université Euromed de Fès

    Lesfrancais.press : « Que représente pour vous le nouveau partenariat entre l’université Euromed de Fès et l’UFE Monde ? »

    Mustapha Bousmina : « Ce partenariat s’inscrit dans la continuité de la vocation fondatrice de l’Université Euromed de Fès (UEMF), qui est de constituer un pôle régional d’intégration académique, scientifique et culturelle entre les deux rives de la Méditerranée. En s’associant à l’Union des Français à l’Étranger – Monde, l’UEMF renforce sa dimension internationale et consolide son rôle d’acteur de la diplomatie universitaire, au service du dialogue interculturel et de la circulation des savoirs.

    D’un point de vue institutionnel, cet accord traduit la volonté partagée d’inscrire la coopération universitaire dans une logique de réseau, à la fois francophone et méditerranéenne. Les universités jouent aujourd’hui un rôle central dans la construction de ce qu’on appelle désormais le « Global Knowledge Network », un espace transnational où la mobilité des idées et des acteurs devient un vecteur de développement. Dans ce sens, le partenariat UEMF–UFE Monde symbolise leur engagement stratégique en faveur d’une internationalisation porteuse de valeurs humanistes, de co-développement et d’excellence académique. Pour rappel, l’Université Euromed de Fès (UEMF) est une institution à but non lucratif et d’utilité publique placée sous la Haute Présidence d’Honneur de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui en est l’Initiateur.

    « Nous plaçons le dialogue entre les cultures au cœur de notre mission »

    Mustapha Bousmina Président de l’université EuroMed de Fès

    L’UEMF revêt un caractère régional qui s’étend sur tout le pourtour Euro-Méditerranéen, avec un prolongement naturel vers l’Afrique sub-saharienne, contribuant ainsi au développement et au renforcement de l’intégration régionale, favorisant la promotion du dialogue interculturel et du partenariat académique dans l’espace euro-méditerranéen/Afrique. En plus de sa volonté d’assurer une pédagogie basée sur l’innovation, l’entreprenariat et la maîtrise des langues et des nouvelles technologies, l’UEMF s’attache à construire des partenariats solides et durables avec des acteurs institutionnels, économiques et culturels, au Maroc comme à l’international. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le nouveau partenariat entre l’UEMF et l’Union des Français de l’Étranger (UFE). Cette alliance est d’une importance stratégique et symbolique, car elle repose sur des valeurs partagées : l’ouverture, la solidarité et la coopération internationale. En tant qu’Université euro-méditerranéenne, nous plaçons le dialogue entre les cultures au cœur de notre mission. Cette convention vient donc renforcer notre engagement à tisser des ponts durables entre les deux rives de la Méditerranée, au service de la jeunesse, de la connaissance et du développement. »

    Les attentes du partenariat entre l’UEMF et l’UFE Monde

    Lesfrancais.press : « Qu’est-ce que ce partenariat va induire pour votre Université ? »

    Mustapha Bousmina : « Pour notre université, ce partenariat constitue une opportunité de synergie à plusieurs niveaux. Sur le plan académique, il ouvrira la voie à de nouveaux programmes conjoints, à la co-construction de formations interculturelles, et à l’élargissement du réseau de partenaires européens et francophones. Sur le plan institutionnel, il renforcera la visibilité internationale de l’Université et favorisera sa contribution à la coopération éducative méditerranéenne. Au-delà des retombées symboliques, cette collaboration induit un effet structurant : elle soutient la mise en œuvre de dispositifs de mobilité étudiante et enseignante, de partage d’expertise et de projets de recherche conjoints. Ces dynamiques sont essentielles pour faire évoluer les universités vers un modèle « d’internationalisation intégrée », où l’ouverture internationale n’est plus une activité périphérique mais un levier transversal d’amélioration institutionnelle. L’UEMF, à travers ce partenariat, s’inscrit pleinement dans cette logique qui vie à amplifier sa dynamique internationale déjà très forte.

    Convention de coopération éducative et culturelle
    Convention de coopération éducative et culturelle

    Concrètement, nous pourrons accueillir des étudiants issus des pays où l’UFE est implantée pour des formations, des stages ou des séminaires. Nous disposons pour cela d’un écosystème unique : un éco-campus disposant de nombreux espaces d’études, de vie et de loisirs, un complexe sportif de 12 000 m² avec un terrain de football aux normes Fifa, une piscine olympique et une deuxième semi-olympique, un mur d’escalade et plus de 15 zones d’entrainements, une plateforme de recherche et d’innovation, des laboratoires de nanotechnologie, d’énergie renouvelable, de biotechnologie, de biomédical et matériaux, une plateforme d’impression 3D, une plateforme digitale 3D expérience, fruit d’un partenariat stratégique avec Dassault Systèmes, première du genre en Afrique, ainsi qu’un incubateur universitaire qui soutient les projets entrepreneuriaux de nos étudiants et chercheurs. De plus, ce partenariat favorisera la visibilité de nos lauréats sur les marchés de l’emploi internationaux, notamment en Europe et en Afrique, où les représentations de l’UFE peuvent jouer un rôle de relais et d’accompagnement. »

    Faire de la Francophonie, un moteur de mobilité et de dialogue pour les jeunes générations

    Lesfrancais.press : « La promotion de la Francophonie, des échanges culturels et pédagogiques, de la mobilité des étudiants comme espace de valeurs partagée figure comme un des objectifs du partenariat, qu’est-ce que cela vous inspire ? »

    Mustapha Bousmina : « L’objectif rejoint la philosophie même de l’UEMF, fondée sur la valorisation de la diversité linguistique et culturelle comme moteur d’innovation et de cohésion. La Francophonie, dans sa dimension académique, n’est pas seulement un espace linguistique, elle constitue un espace de valeurs partagées, fondé sur la solidarité, la réciprocité et la transmission des savoirs. La langue devient ainsi un vecteur de coopération intellectuelle et de circulation des modèles pédagogiques entre le Nord et le Sud. Ainsi, promouvoir les échanges culturels et pédagogiques, c’est contribuer à la formation de citoyens méditerranéens ouverts et critiques, capables de penser les enjeux globaux dans une perspective plurielle.

    « À travers cette convention, nous voulons offrir aux étudiants francophones et francophiles, (…) un cadre académique stimulant où la diversité culturelle devient une source de créativité »

    Mustapha Bousmina Président de l’université EuroMed de Fès

    Ce partenariat favorisera la mise en œuvre de programmes d’échanges, de séminaires conjoints et de chaires francophones qui renforceront la place du français comme langue du savoir, de la science et du dialogue interculturel. Cela rejoint parfaitement la mission de notre université. L’UEMF est une institution euro-méditerranéenne et africaine par essence, mais également francophone, plurilingue et ouverte sur le monde.

    Université Euro Méditerranéenne de Fès
    Université Euro Méditerranéenne de Fès – © UEMF

    Nous accueillons dans notre campus des étudiants et des professeurs-chercheurs de plus de 50 nationalités. À travers cette convention, nous voulons offrir aux étudiants francophones et francophiles, qu’ils soient du Maroc, d’Afrique, d’Europe ou d’ailleurs, un cadre académique stimulant où la diversité culturelle devient une source de créativité. C’est aussi un moyen de réaffirmer que la Francophonie doit être un moteur de mobilité, d’ouverture et de dialogue, notamment pour les jeunes générations. »

    Une communauté euro-méditerranéenne du savoir

    Lesfrancais.press : « Favoriser et fluidifier la mobilité des étudiants entre les 2 rives de la Méditerranée est l’objectif majeur du programme, comment comptez-vous procéder pour en faire profiter l’Université Euromed ? »

    Mustapha Bousmina : « Nous disposons déjà d’une expérience solide en matière de mobilité. L’UEMF a développé de nombreux programmes conjoints avec des universités européennes, notamment françaises, espagnoles, italiennes et portugaises. Nos étudiants bénéficient de doubles diplômes avec des institutions prestigieuses telles que l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, qui s’est implantée à l’université Euromed de Fès via une formation délocalisée en droit des affaires, l’université de Nantes, l’Université de Cagliari ou encore l’université de Porto. Grâce à l’UFE Monde, nous pourrons étendre cette dynamique à un réseau plus vaste, facilitant les passerelles pour les stages, les formations professionnelles et la recherche.

    « Transformer la mobilité académique en un levier de co-développement, où chaque échange contribue à bâtir une communauté euro-méditerranéenne du savoir et de la solidarité »

    Mustapha Bousmina Président de l’université EuroMed de Fès

    Nous comptons également capitaliser sur nos programmes Erasmus+ et sur notre pôle d’innovation pour créer des synergies entre les étudiants de l’UEMF et les jeunes talents issus de la diaspora française à l’étranger. L’objectif est clair : transformer la mobilité académique en un levier de co-développement, où chaque échange contribue à bâtir une communauté euro-méditerranéenne du savoir et de la solidarité. Notre Université envisage plusieurs leviers concrets pour matérialiser et renforcer cet objectif. D’une part, l’université compte intégrer les dispositifs de mobilité UFE Monde dans ses programmes de double diplomation et de stages internationaux. D’autre part, elle projette de développer un guichet unique de la mobilité pour accompagner les étudiants, de la préparation au départ jusqu’à leur intégration à l’étranger.

    Sur le plan institutionnel, il s’agira également de négocier des accords bilatéraux de reconnaissance mutuelle des crédits et des diplômes, conformément aux recommandations de l’UNESCO (2023) sur la reconnaissance des qualifications dans l’enseignement supérieur. En outre, des bourses de mobilité co-financées pourraient être instaurées pour garantir l’inclusivité du dispositif, en veillant à ce que les échanges bénéficient aussi aux étudiants issus de milieux moins favorisés. L’approche adoptée sera donc à la fois académique, sociale et interculturelle, fidèle à la mission de l’UEMF, à savoir faire de la mobilité un droit académique et un vecteur d’équité, au service de la compréhension mutuelle et de la construction d’un espace euro-méditerranéen du savoir. »

  • 2026 : une année électorale ! Êtes-vous bien inscrit sur votre liste électorale ?

    2026 : une année électorale ! Êtes-vous bien inscrit sur votre liste électorale ?

    Depuis la mise en place du Répertoire Électoral Unique (REU) en 2019, il est possible de s’inscrire tout au long de l’année et jusqu’au sixième vendredi précédant une élection. Plus simple, plus efficace, ce système permet une gestion nationale coordonnée et sécurisée. Pour les Français de l’étranger, il existe deux possibilités d’inscription sur une liste électorale. En effet, ils peuvent soit s’inscrire sur celle dite consulaire soit demander à être rattachés à une commune en France. On vous explique tout.

    L’inscription sur la liste électorale d’une commune de France

    Cette solution peut paraitre comme la plus pratique et la plus simple. En effet, sans aucune démarche, vous pouvez rester sur la liste sur laquelle vous étiez inscrit lors de votre départ de France. Mais en tant qu’expatrié, mais surtout pour ceux qui n’ont jamais résidé en France, il existe d’autres possibilités comme s’inscrire sur la liste électorale de la :

    • Commune de naissance ;
    • Commune de leur dernier domicile ;
    • Commune de leur dernière résidence, à condition que cette résidence ait été de six mois au moins ;
    • Commune où est né, est inscrit ou a été inscrit un de leurs ascendants ;
    • Commune sur la liste électorale de laquelle est inscrit ou a été inscrit un de leurs parents jusqu’au quatrième degré.

    Par ailleurs, l’article L.14 du code électoral prévoit que les Français inscrits au registre des Français établis hors de France de la circonscription consulaire dans laquelle ils ont leur résidence et les conjoints des militaires de carrière ou liés par contrat peuvent également, sur justification des liens du mariage, demander leur inscription sur la liste électorale sur laquelle est inscrit leur conjoint.

    Cependant, il y a des contraintes car pour voter il faudra soit prévoir un déplacement en France soit donner une procuration. Et la démarche peut être complexe. Ainsi, la personne qui souhaite faire établir une procuration (mandant) doit se présenter personnellement auprès de l’une des autorités habilitées, munie d’une pièce d’identité. Elle doit fournir les renseignements suivants : nom, prénoms, date de naissance et adresse de son mandataire (personne à qui le mandant donne procuration). Le mandataire doit jouir de ses droits électoraux. 

    Les demandes de procurations peuvent être faites en ligne sur le portail Maprocuration :

    • Il n’y a plus d’attestation sur l’honneur
    • Le mandant doit fournir son NNE et celui de son mandataire
    • Le mandataire n’a plus l’obligation d’être inscrit sur la même liste électorale que le mandant

    La procuration peut être établie :

    • À l’étranger, par l’ambassadeur pourvu d’une circonscription consulaire, le chef de poste consulaire ou un consul honoraire de nationalité française ;
    • Ou en France, au tribunal d’instance, au commissariat de police ou à la gendarmerie du lieu d’inscription.

    En sus, si vous pouvez voter, en restant sur une liste de « résident », aux élections municipales de mars 2026, vous ne pourriez pas participer aux élections consulaires, qui auront lieu en mai 2026. Il en sera de même pour l’élection du député, pour participer aux législatives et ainsi élire celle ou celui qui vous représentera à l’Assemblée nationale en tant qu’expatrié(e). L’inscription à la liste électorale consulaire ou non, est donc le reflet de votre choix personnel d’implication ou non dans la vie française de son pays de résidence.

    C’est quoi les élections consulaires ?

    Le conseiller consulaire, c’est votre conseiller municipal mais avec moins le pouvoir de décision…). Élus pour six ans, ils ont vocation à représenter les Français de leur circonscription électorale. Ils sont consultés au moins deux fois par an par le Consul sur des questions relatives aux Français de la circonscription (éducation, santé, sécurité, formation…). Les 442 conseillers des Français de l’Étranger sont élus au suffrage universel direct dans chaque circonscription consulaire : il y a un à neuf conseillers par circonscription en fonction du nombre de Français inscrits dans la circonscription.

    Le Conseil consulaire de la circonscription de Washington
    Le Conseil consulaire de la circonscription de Washington s’est réuni jeudi 19 mai 2022 ©MAE

    Ces élus n’ont qu’un rôle consultatif, et aucun pouvoir décisionnaire, à une exception près : ils font partie des “grands électeurs” en charge d’élire les douze Sénateurs des Français de l’étranger. C’est aussi parmi ces conseillers consulaires que seront élus les représentants à l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE), une assemblée consultative elle aussi, qui siège à Paris deux fois par an.

    Comment s’inscrire à la liste électorale consulaire ?

    Si vous vous inscrivez sur la liste électorale consulaire (LEC) en tant que Français établis hors de France, vous pourrez voter directement dans un bureau de vote ouvert dans l’ambassade ou le poste consulaire situé dans la circonscription consulaire mais surtout il sera possible de voter en ligne depuis chez vous. Un dispositif qui n’existe que pour les Français de l’étranger.

    Pour rejoindre les 1,5 million d’expatriés qui ont fait ce choix, le plus simple c’est de s’inscrire au registre des Français établis hors de France de la circonscription consulaire. Vous serez inscrits sur la liste électorale consulaire de leur circonscription consulaire. Pour les Français qui ne sont pas inscrits au registre des Français établis hors de France, l’inscription se fait à la demande des électeurs à l’ambassade ou au consulat qui se situe dans la circonscription consulaire où ils ont leur résidence.

    C’est à la demande expresse des usagers qu’ils sont inscrits sur la liste électorale consulaire, ce n’est pas « automatique ».
    L’inscription sur liste électorale consulaire sans s’inscrire au Registre ne peut se faire qu’au guichet, pas en ligne.

    Vote d'un Français installé à l'étranger
    Vote d’un Français installé à l’étranger ©MAE

    Ainsi, si vous vous inscrivez pour la première fois au registre, vous pouvez simultanément vous inscrire à LEC. En effet, Lors de la démarche d’inscription au registre, il vous sera proposé de vous inscrire à la liste électorale consulaire, vous pourrez alors saisir l’adresse électronique qui sera utilisée par l’administration pour l’organisation des scrutins et qui vous servira également pour le vote en ligne.

    Si, vous êtes déjà inscrit(e) au registre mais qu’à l’époque, vous aviez préféré rester sur une liste de l’hexagone, vous pouvez modifier, aussi en ligne, la situation. Pour cela, il faut vous connecter au service en ligne du registre des Français de l’étranger et vous pourrez demander un changement de votre situation sur la liste électorale consulaire et solliciter votre inscription.

    Un doute ? N’hésitez pas à vérifier votre situation et surtout vos coordonnées afin de vous assurer de recevoir les identifiants afin de voter en ligne depuis chez vous.

  • Initiatives expats à Vienne : Le Cercle crée des ponts entre citoyens, science et diplomatie

    Initiatives expats à Vienne : Le Cercle crée des ponts entre citoyens, science et diplomatie

    Épisode après épisode, le podcast « Initiatives Expats » met en lumière les engagements des Français de l’étranger. Cap sur l’Autriche avec Flora Babin, présidente de l’association « Le Cercle », et Charles Coudoré, en charge de la communication. Autour de la francophonie, leur credo à Vienne est celui créer des passerelles entre les citoyens, le monde scientifique et la diplomatique, autour de diverses activités.

    Écouter le podcast avec Flora Babin et Charles Coudoré

    Tous les chemins mènent-ils à Vienne ?

    Pour Flora Babin, l’Autriche n’était pas une destination évidente, comme elle le confie au cours de ce podcast « Initiatives expats » en revenant sur son itinéraire d’expatriée. « J’ai eu la chance de faire une école merveilleuse qui s’appelle l’ISTOM et on avait beaucoup de stages à l’international (…) A Vienne, c’était plutôt pour un passage. Et comme la plupart des Français à l’étranger, j’y suis restée un petit peu plus longtemps ». Notre compatriote y réside depuis 2018.

    « Le STAFE, c’est une reconnaissance de notre action associative, et ça permet d’apporter la crédibilité à notre association »

    Flora Babin, présidente le Cercle Vienne

    Quant à Charles Coudoré, lui, est arrivé après un chapitre belge : « Avant l’Autriche, je vivais en Belgique avec ma compagne, aujourd’hui ma femme… et nous avions des envies d’ailleurs. Nos destinées professionnelles nous ont conduits en Autriche. » Floran et Charles, deux trajectoires complémentaires qui se croisent aujourd’hui au service d’une même communauté francophone en proposant une programmation dense au sein du « Cercle Vienne ».

    Le Cercle à Vienne : une association active

    Créée en 2018, l’association association a été créée par les étudiants de l’académie diplomatique. À Vienne, nous rappelle Flora, « il y a un superbe compromis entre les Nations Unies, la diversité culturelle européenne (…) Il y a tout un bouillon qui est très propice » au débat notamment, et à toutes autres formes de découvertes. Les activités du Cercle répondent à cette attente et sont multiples (programmation ici). Entre les conférences, les concerts, les visites guidées et autres ateliers thématiques, cette association est des plus actives.

    Conférence "Sport et égalité des genres" organisée par le Cercle à l'Ambassade de France en Autriche
    Conférence « Sport et égalité des genres » organisée par le Cercle à l’Ambassade de France en Autriche

    Parmi les événements récents les plus marquants figurent ceux organisés à l’occasion de la Journée de la Francophonie. Autre temps fort : une conférence « Sport et égalité des genres », tenue en partenariat avec l’Ambassade de France en Autriche. Cette rencontre a rassemblé « responsables politiques, scientifiques, psychologues et sportifs afin de parler tous ensemble de ce sujet ». Un débat qui, selon Flora, « représentait très bien l’ADN de l’association ». Cette réunion avait pu être organisée grâce à l’apport du STAFE, une aide financière accordée par les autorités françaises.

    L’apport du STAFE pour l’association

    Cette saison, Le Cercle prépare un autre cycle soutenu par le dispositif STAFE (Soutien au tissu associatif des Français de l’étranger) sur la transition écologique. Celui s’intitule : « des conférences vertes : repenser l’impact environnemental, de la terre aux océans ». La programmation est à suivre.

    Echange organisé par Le Cercle dans le cadre des Journées européennes vertes de Vienne 2025
    Echange organisé par Le Cercle dans le cadre des Journées européennes vertes de Vienne 2025

    Au-delà du financement, le label STAFE compte : « c’est une reconnaissance de notre action associative, et ça permet d’apporter la crédibilité à notre association », nous déclare Flora, la présidente du Cercle Vienne. Le soutien apporté par ce programme est également clairement mis en avant lors des événements, comme le souligne Charles : « Oui, absolument, c’est mentionné pendant la conférence », et aussi sur les documents de communication de l’association.

    Conseils aux futurs expatriés en Autriche

    Comme de tradition, à la fin du podcast « Initiatives Expats » nous demandons à nos invités quelle chose faut-il savoir absolument avant de venir s’installer en Autriche ? Et quels conseils très pratiques donneriez-vous aux Françaises et Français qui envisagent de venir vivre à Vienne ? Flora n’hésite pas une seule seconde dans sa réponse : « Parler allemand. »

    « Ne pas se refroidir face au caractère qui peut être
    un peu rude des Autrichiens »

    Charles Coudoré, chargé communication Le Cercle Vienne

    Quant à Charles, outre l’apprentissage de la langue de Goethe, il propose de briser la glace avec les Viennoises et Viennois en indiquant de ne surtout « pas se refroidir face au caractère qui peut être un peu rude des Autrichiens, mais de continuer à aller vers eux, parce qu’une fois contact pris, l’Autrichien est très agréable et très chaleureux. »

     Si, après avoir écouté le podcast « Initiatives Expats », vous souhaitez en savoir plus sur Le Cercle Vienne, participer à l’une de leurs rencontres, proposer des invités ou une activité, adhérer à l’association et/ou contacter Flora et Charles, cliquez ici

     

  • Budget 2026, c’est pas gagné !

    Budget 2026, c’est pas gagné !

    Élus comme citoyens avaient en tête que le premier vote du budget aurait lieu la semaine prochaine le 04 novembre. Et, ce 29 octobre, le gouvernement se rend à l’évidence, la lecture de la partie 1 du Projet de loi de finances (PLF) ne sera pas terminée à temps. Ce qui chamboulera le planning de l’Assemblée nationale mais donnera aussi plus de temps au gouvernement Lecornu II d’affiner sa copie. Car avec ce report, les députés passeront donc à l’examen du Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) avant de reprendre l’examen de la partie recettes du PLF après le 12 novembre, date du vote solennel du PLFSS.

    La taxe Zucman

    Premier sujet de discordes, ayant entrainé le dépôt de centaines d’amendements, la taxe Zucman. A gauche, les mesures dites de justice fiscale sont au cœur du bras de fer entre le gouvernement et les socialistes. Cette passe d’armes devrait continuer d’alimenter les débats dans les prochains jours, notamment en ce qui concerne cette fameuse taxe qui sera examinée probablement vendredi. Qu’elle soit adoptée ou non, Olivier Faure, patron du PS, a prévenu qu’un refus du gouvernement de taxer les hauts patrimoines serait un motif de censure.

    Une taxe sur les holdings patrimoniales

    Cette taxe vise à faire échec à ces stratégies de contournement par la thésaurisation de revenus. Une mesure présentée comme une lutte contre l’optimisation fiscale par Sébastien Lecornu durant son discours de politique générale.

    La contribution différentielle sur les hauts revenus

    La CDHR mise en place lors à l’occasion du budget 2025 est prolongée. Il s’agit d’une surtaxe appliquée aux ménages dont les revenus dépassent 250 000 euros pour un célibataire et 500 000 euros pour un couple. Elle fixe un taux minimal d’imposition de 20 % (égale donc à l’imposition libératoire forfaitaire). Elle s’ajoute en réalité à la contribution exceptionnelle pour les hauts revenus (CEHR) qui cible les mêmes foyers fiscaux ainsi qu’à leurs impôts sur le revenu pour qu’ils soient bien imposés d’au moins 20 %. Pensée pour durer une année, cette mesure pourrait finalement être pérennisée jusqu’au retour du déficit à 3% du PIB, soit jusqu’en 2029 selon les projections gouvernementales.

    Image illustration
    Image d’illustration ©Depositphotos

    Avez-vous bien inscrit vos enfants nés à l’étranger à l’état civil français ?

    Quel rapport avec le budget 2026 ? Tout simplement, qu’ils risquent de ne pas bénéficier de certaines aides s’ils ne sont pas Français ou s’ils ne disposent pas d’une des 27 nationalités de l’UE. Car à compter du 1er juillet 2026, les étudiants internationaux extra-communautaires non-boursiers ne seront plus éligibles à l’APL (l’aide personnalité au logement). « Cette mesure ciblée ne concernera que 3 % des 3 millions d’étudiants en France, et permettra de mieux flécher les moyens vers les publics réellement fragiles », justifie le ministère de l’enseignement supérieur dans un communiqué que BFMTV a pu consulter. Petit détail important, cette disposition ne concerne pas les étudiants boursiers, « quelle que soit leur nationalité« , ainsi que l’ensemble des étudiants originaires de l’Union européenne, précise le ministère.

    Niches fiscales
    Image illustration ©adobestock

    23 niches fiscales supprimées

    Si la suppression de certaines des niches visées, jugées obsolètes, inefficaces ou touchant trop peu de personnes, ne devrait pas faire polémique, d’autres suppressions vont avoir des conséquences directes sur les Français. Voici quelques exemples :

    • La fin de la réduction d’impôt sur les frais de scolarité dans le secondaire et le supérieur
    • La baisse ou la fin de l’exonération des cotisations pour les apprentis
    • La hausse des charges patronales de 8% sur les avantages en nature comme les tickets-restaurants ou les chèques-vacances.
    • La réduction progressive de l’avantage fiscal sur les biocarburants comme le E85
    • La fiscalisation des indemnités journalières des affections longue durée.

    Le retour de l’ »exit taxe » dans sa forme de 2019

    Cette disposition vise à freiner l’évasion fiscale. Il est question de taxer un contribuable domicilié fiscalement en France et détenant des actions lorsqu’il transfère son domicile fiscal hors de France sur la plus-value latente qui résulterait de la vente de ses actions.


    Tous les détails dans l’article dédié ICI.

  • Le nouvel âge du luxe : quand l’exclusivité s’évapore

    Le nouvel âge du luxe : quand l’exclusivité s’évapore

    En 2023, une bouteille de Château d’Yquem valait 60 % de plus qu’en 2015. À l’époque, tous les produit de luxe connaissait des augmentations à deux chiffres faisant le bonheur des grands groupes comme LVMH, Kering ou Hermès. De 2015 à 2023, l’indice des investissements de luxe publié par le cabinet immobilier Knight Frank s’était envolé de 70 %. Depuis son sommet de 2023, l’indice a reculé de 6 %. Les grands crus classés de Bordeaux — Lafite-Rothschild, Margaux et consorts — ont perdu près de 20 %. Aux États-Unis, les prix des jets privés et des yachts ont baissé de 6 %. Les Rolex d’occasion se négocient près de 30 % en-dessous de leurs niveaux de 2022. Le marché de l’art contemporain est en berne. À Londres comme à Paris, les logements “prime” reculent. À San Francisco, une villa de la fameuse Billionaires’ Row, affichée 32 millions de dollars il y a deux ans, cherche aujourd’hui preneur à 26 millions.

    La banalisation du luxe

    La baisse du marché du luxe ne s’explique pas par celle du nombre de milliardaires ni par le recul de leurs revenus. Selon Forbes, leur nombre est de plus de 3 000 dans le monde, contre 2 800 l’an dernier. Les 0,1 % d’Américains les plus riches détiennent désormais 14 % du patrimoine des ménages — un record depuis plusieurs décennies.

    Contrairement aux ménages modestes, les 3,3 % d’Américains les plus aisés ont accru leurs dépenses depuis 2022. Le ralentissement ne vient donc pas d’un appauvrissement des riches, mais de l’économie même du luxe en mutation rapide.

    Le marché du luxe repose sur deux piliers : la rareté et la rivalité. Un bien n’est véritablement luxueux non pas parce qu’il est cher, mais parce que sa possession empêche les autres de l’obtenir. Le problème, pour les ultra-riches, est que les biens d’exception ne le sont plus vraiment. Des dizaines de domaines produisent désormais d’excellents vins. Le meilleur Bordeaux vaut-il encore tant mieux que les autres ? Les diamants de laboratoire sont identiques aux naturels.

    Avec un peu d’argent, il est possible de s’offrir une veste Kiton d’occasion ou d’affréter un jet privé pour quelques heures. Le monde de l’art expérimente la “fractionnalisation” : plusieurs centaines d’investisseurs peuvent désormais détenir ensemble un fragment d’un tableau de Rembrandt. La tokenisation de l’art aboutit à la banalisation des œuvres. Les plaisirs jadis réservés à quelques-uns se sont démocratisés et, surtout, affichés sur les réseaux sociaux. Le raffinement est devenu reproductible. Ces biens ne sont plus rares, ni vraiment enviables. Le luxe en se banalisant ne relève plus du « luxe », et avec lui, le désir qu’il suscitait s’amoindrit.

    L’exclusivité d’un service ou d’un produit

    Les riches se tournent donc vers d’autres horizons : plus grands, plus exclusifs, plus personnels. Les riches comme le reste de la population se détournent des biens matériels pour des services et des univers plus immatériels. Assister à un concert des Rolling Stones en statut VIP offrant droit à une rencontre avec Mick Jagger prime désormais sur la possession d’une Ferrari ou d’une Porsche. Les billets du Super Bowl ont doublé en quelques années. La hausse des prix des services de luxe obéit à la même logique que le déclin des objets de luxe : la rareté absolue.

    Image d'illustration Restaurant
    Image d’illustration Restaurant

    L’hôtellerie de luxe l’a bien compris. Les palaces offrent des suites avec des piscines privées et avec des vues impossibles comme sur la Tour Eiffel ou l’Arc de Triomphe à Paris. Avec moins de 200 chambres, le Bristol à Paris illustre cette soif d’identité de la part des riches, la demande excède largement l’offre, ce qui a permis de multiplier par deux le prix d’une nuit en six ans. En période de déclin démographique et de lutte contre l’immigration, le personnel de maison devient une denrée rare aux États-Unis. Aux États-Unis, le salaire d’un employé de maison a ainsi augmenté de 50 %. À Palm Beach, en Floride, certains gagnent plus de 150 000 dollars par an. Les Philippins sont particulièrement recherchés.

    La finale de la prochaine coupe du monde devrait être l’occasion d’une nouvelle envolée des tarifs. Il en sera de même pour les prochains concerts de Taylor Swift ou des Stones. Pour ces derniers, la rareté sera d’autant plus présente que la probabilité que cela soit la dernière tournée augmente.

  • Suisse : plus d’école pour les enfants des frontaliers en 2026

    Suisse : plus d’école pour les enfants des frontaliers en 2026

    Faut-il le rappeler mais la Suisse n’est pas membre de l’Union européenne, et cela a un impact sur les relations entre la France et ce petit pays à la réussite insolente. Car malgré, les nombreux accords qui fluidifient les échanges des deux côtés de la frontière, les Français sont considérés comme des immigrés profitant du système (cela devrait peut-être faire réfléchir certains en France ?). Et pour cette rentrée scolaire 2025/2026, Le ton est monté jour après jour entre la France et Genève. En cause, l’arrêt de la scolarisation en 2026 de 2 500 enfants domiciliés en France, et inscrits dans des écoles genevoises.

    Une décision jugée « unilatérale » du Conseil d’Etat de Genève

    Le Conseil d’Etat de Genève est resté inflexible lors d’une rencontre organisée le mois dernier par la préfète de région et la rectrice académique. En conséquence, plusieurs milliers d’élèves, essentiellement suisses, risquent de se retrouver dans des établissements scolaires français déjà saturés. Car les Suisses n’hésitent pas à passer la frontière pour venir vivre chez nous où tout est moins cher.

    En 2018 déjà, les règles avaient changé. Mais jusqu’ici, une tolérance était accordée. Les élèves frontaliers pouvaient ainsi terminer leur scolarité obligatoire à Genève. Les enfants qui avaient déjà un frère ou une sœur scolarisée dans le canton étaient admis dans les écoles genevoises, pour autant qu’un des parents soit imposé à la source à Genève. Mais aujourd’hui, le ton a changé. Le canton veut « exclure les élèves frontaliers, des enfants« , s’agace Yves Krattinger, papa d’un enfant de 10 ans, concerné par la situation, et interviewé sur la RCF.

    Pour une fois, notons que les expatriés français ne sont pas concernés puisqu’ils sont résidents en Suisse. C’est plutôt les expatriés suisses qui se retrouvent au pied du mur soit ils rentrent pour que leurs enfants puissent continuer leur parcours scolaire « chez eux », soit ils devront les scolariser en France. La double peine pour notre pays qui n’impose pas ses résidents travaillant en Suisse mais qui devra prendre en charge leur scolarité.

    Elèves à Genève
    Dès 2026, 329 élèves se répartiront sur 90 communes, dont Annemasse (notre photo) et 1200 au total. © Le DL/Elisa Ginevra

    Les élus de Savoie mobilisés

    Virginie Duby-Müller, Anne-Cécile Violland, députées de Haute-Savoie, Loïc Hervé, sénateur de Haute-Savoie, et Florent Benoit, maire de Vulbens et président de la communauté de communes du Genevois ne cachent pas leur agacement. Dans une déclaration commune, ils s’expriment sans détour :

    « Nous souhaitons le dire sans aucun ménagement, c’est une honte.
    C’est un mépris, principalement pour les enfants qui vont être expulsés de leur école, C’est un mépris pour les familles, C’est un mépris pour les élus locaux français, C’est un mépris du canton de Genève pour la France. Madame HILTPOLD doit avoir honte. Honte de prendre de telles mesures et de s’enfermer dans un mutisme insupportable ! Nous parlons d’enfants et de leur développement, nous parlons de familles. Qu’ils habitent d’un côté ou de l’autre de la frontière, ils ne méritent pas d’être ainsi stigmatisés. C’est une indignité »

    Virginie Duby-Müller, Anne-Cécile Violland, députées de Haute-Savoie, Loïc Hervé, sénateur de Haute-Savoie, et Florent Benoit, maire de Vulbens et président de la communauté de communes du Genevois

    En réponse, le Conseil d’État a « proposé la mise en place d’un groupe de suivi, notamment pour disposer d’une estimation quantitative et géographique des impacts sur les différentes communes françaises et évaluer de manière continue les effets de cette décision ». C’est la seule petite concession qui est en plus une disposition qui ne signifie pas grand-chose en l’état. Marc Ferracci, de nouveau député des Français de Suisse, pourrait-il faire le conciliateur ? Pour l’instant, il ne s’exprime pas sur le sujet

  • Pour Denis Jacquet, « la confiance reste le moteur le plus fort de l’économie américaine »

    Pour Denis Jacquet, « la confiance reste le moteur le plus fort de l’économie américaine »

    Dix mois après le retour de Donald Trump au pouvoir et malgré les prédictions d’un effondrement, l’économie américaine continue de surprendre. Dans cet entretien, Denis Jacquet, entrepreneur français à succès installé aux États-Unis, nous livre sa propre lecture des mécanismes de résilience économique du pays, de la stratégie du président Trump sur les secteurs d’avenir, et nous parle de l’impact de la politique commerciale américaine ainsi que de ses mesures sur l’immigration qualifiée.

    10 mois après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche

    Lesfrancais.press : « Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, de nombreux commentateurs annonçaient un effondrement économique aux États-Unis. Dix mois plus tard, ce scénario ne s’est pas produit. Selon vous, quels mécanismes expliquent que l’économie américaine continue de fonctionner malgré ces pronostics catastrophiques ? »

    Denis Jacquet : « Cela peut paraître immatériel et un peu cliché, mais la confiance reste le moteur le plus fiable de l’économie. Quand les acteurs économiques et le peuple pensent que leur pays s’inscrit dans une dynamique d’avenir, ils cessent d’épargner et préfèrent respectivement investir ou consommer.
    Bien entendu, il y a deux Amériques, comme dans tous les pays occidentaux désormais. Et il y a deux catégories : Ceux qui y croient encore et ceux qui n’y croient plus, ces derniers étant une majorité en Europe. Cela s’explique par le personnel politique catastrophique que nous subissons, notamment en France ces derniers mois.

    « Qu’on l’aime ou non, il a compris qu’un électeur vote pour un président
    qui met les intérêts de son peuple avant ceux du reste du monde »

    Denis Jacquet, entrepreneur français à succès installé aux États-Unis

    Pour revenir aux USA, nous avons l’Amérique des grandes villes qui fait vivre la totalité des États-Unis, qu’elle soit ou non opposée à Trump. D’ailleurs, lors de la dernière présidentielle, un nombre incroyable d’électeurs démocrates ont voté Trump parce qu’ils pensaient qu’économiquement, il avait plus de légitimité et de vision que Kamala Harris. L’une des raisons étant que la plupart des villes démocrates sont dans un état économique et social épouvantable — San Francisco, Los Angeles —, tandis que la plupart des villes ou États républicains fonctionnent plutôt bien —Texas, Floride.

    Et il y a le reste de l’Amérique, comme celles des régions et petites villes en Europe, qui n’y croient plus du tout, et se révolte ou se révoltera, par le vote ou par la violence. La confiance c’est un pied dans l’avenir, son absence un retour au passé : dès que la confiance est là, la consommation et l’investissement restent au sommet. Prenons l’exemple de New York où le moindre kiwi ou avocat est au prix du caviar. Et pourtant chacun reste, persuadé que l’avenir est à portée de main. Et s’ils y croient, c’est parce qu’ils croient au message de Trump, America First. Qu’on l’aime ou non, il a compris qu’un électeur vote pour un président qui met les intérêts de son peuple avant ceux du reste du monde. Trump est perçu comme celui qui pense et agit pour les Américains. Égoïste ? Peut-être. Efficace, surtout. »

    Le pragmatisme des Américains

    Lesfrancais.press : « Au-delà de la confiance, quels autres facteurs soutiennent aujourd’hui l’économie américaine ? »

    Denis Jacquet : « Un autre facteur essentiel quand on compare à une Europe en panne, sclérosée, en déclin, c’est l’investissement massif sur les secteurs stratégiques d’avenir. Pendant que l’Europe, discute ou régule, les USA — et la Chine — avancent. Une avance impossible à rattraper désormais.

    Les Etats Unis investissement massivement dans l'intelligence artificielle
    Les Etats Unis investissement massivement dans l’intelligence artificielle @adobe

    L’intelligence artificielle ? Bonne nouvelle pour les États-Unis : c’est le pays qui y investit le plus et qui va dominer le monde avec la Chine.
    Les terres rares, que la Chine, principale source au monde, utilise comme instrument de chantage contre l’occident ? Que fait Trump ? Il propose d’annexer le Groenland pour se servir en terres rares, et rééquilibrer son rapport de force avec la Chine, et servir ses industriels. Brutal ? Anormal ? Il fait tout haut ce que la Chine fait tout bas. Tout le monde s’est moqué de lui, mais sans terres rares, s’en est fini du monde digital. Certes, d’un point de vue environnemental et des relations internationales, c’est déplorable, mais d’un point de vue économique, l’avenir le remerciera.

    « Les Américains, qu’ils soient démocrates ou républicains, savent faire des additions »

    Denis Jacquet, entrepreneur français à succès installé aux États-Unis

    La crypto-monnaie et la blockchain ? Sujet crucial. Qui sera le leader mondial ? Le panorama est simple : l’Europe régule pour occuper ses députés à nos frais, la France interdit quasiment, et pendant ce temps, les États-Unis se présentent comme l’Eldorado des cryptos. Bien entendu, avec Trump, il y a toujours quelque chose de caché —mais très visible : sa famille s’enrichit copieusement avec les cryptos, mais le positionnement de l’administration sur le sujet devient un atout précieux pour enrichir le pays tout entier.

    Au final, les Américains, qu’ils soient démocrates ou républicains, savent faire des additions : ils regardent les chiffres, évaluent les décisions et savent prendre du recul. Ce n’est pas le taux de chômage qui les inquiète qui, de toute façon, est deux fois moins élevé qu’en France. Ce qui compte pour eux, c’est leur croyance en une économie qui leur apportera emploi et avenir, même si trop nombreux sont ceux qui vivent à crédit. Ils pensent encore majoritairement, eux, que le lendemain chantera plus qu’aujourd’hui.

    Droits de douane : Trump seul contre tous ?

    Lesfrancais.press : « Les droits de douane imposés par l’administration Trump sont très critiqués à l’international. Selon vous, quel est leur véritable impact sur l’économie américaine et sur les investissements faits sur le sol américain ? »

    Denis Jacquet : « Ne penser qu’à soi, ce n’est pas très bien pour le reste du monde, pas politiquement correct, mais Trump n’est pas un politique, et pour ceux qui vous entourent et votent pour vous, ça fonctionne plutôt pas mal. Tout ce que Trump fait aujourd’hui aura un impact positif sur l’avenir des États-Unis. Quand il met des barrières tarifaires, ce n’est pas pour ériger un mur autour d’un pays d’où rien ne rentrerait ni ne sortirait, mais pour envoyer un message clair aux acteurs internationaux : si vous voulez investir quelque part dans le monde, c’est aux États-Unis que vous devez le faire. Sinon, vos droits de douane vous coûteront une fortune ! »
    Résultat ? Aucun pays au monde n’a recueilli autant d’investissements industriels, étrangers ou nationaux, depuis que Trump s’est lancé dans cette bataille. Les États-Unis ont ainsi dérouté aux USA des décisions initialement prévues pour s’investir ailleurs. Mieux encore, certains acteurs américains, y compris Apple, qui ne voulaient pas se mettre Trump à dos, ont préféré réaliser leurs investissements sur le sol américain plutôt qu’en Asie. Lorsqu’une usine se construit aux États-Unis, ce n’est pas pour un an ou deux, mais pour dix, quinze ou vingt ans.

    La réindustrialisation des Etats-Unis par Donald Trump
    La réindustrialisation des Etats-Unis par Donald Trump, @Adobe

    Ces décisions sont assez dures et très critiquées, comme celles de Margaret Thatcher ou de Gerhard Schröder à une autre époque sur d’autres thèmes. Mais dans une décennie, les commentateurs constateront que la réindustrialisation de l’Amérique, même partielle, est due à Trump, celui que tout le monde moque aujourd’hui. Il faut savoir défier l’opinion et le court terme, pour entrer dans l’histoire. »

    Lesfrancais.press : « Les déficits commerciaux, les prix des produits importés et les marges excessives de certains fabricants ne risquent-ils pas de peser sur le consommateur américain ? »

    Denis Jacquet : « Une théorie ancienne, remonte depuis peu à la surface, qui voudrait que les excédents d’un pays sur un autre devraient être corrigés, de gré ou de force. On devrait considérer que tout est question d’équilibre : quand on a trop exporté vers un pays ou un continent, il faudrait accepter de rétablir la balance et d’exporter moins. Mais expliquer cela à la Chine semble ambitieux ! La vraie question est de savoir pourquoi nous avons de tels chiffres du déficit de commerce extérieur. Surtout en France, car l’Allemagne ou l’Italie récemment, ont su y remédier.

    Leur apparition et leur croissance est liée au fait que nous, occidentaux, sous prétexte de prix bas — mais en réalité une obsession du profit à tous prix — avons délocalisé nos emplois et notre avenir dans des pays à bas coûts. Aujourd’hui, nous en payons le prix. À mon sens, en France, Michel-Édouard Leclerc est l’un des grands responsables de cette politique : depuis vingt ans, il défend le prix bas sans expliquer qu’un produit moins cher en rayon, c’est un emploi de moins dans notre pays et un emploi de plus à l’étranger. S’il vend un t-shirt à un euro, c’est parce qu’il est fabriqué par un Chinois et non par un Français. Il a contribué à décimer l’industrie française en anéantissant, selon moi, un nombre ahurissant de PME-PMI françaises qui ne pouvaient plus lutter. Il a beau jeu de dire désormais qu’il maintient les prix bas pour aider les plus pauvres, mais c’est lui qui leur a volé leur emploi et contribué à leur indigence. Avec la complicité des politiques qui pouvaient vendre le mirage du pouvoir d’achat. Au moins, ses concurrents, de la grande distribution, ont eu le courage de le reconnaître. Pas lui.

    On devrait revoir l’équilibre des échanges mondiaux. Trump le tente. A son profit. Beaucoup de commentateurs prédisaient une inflation insupportable aux États-Unis, une récession, l’effondrement de la bourse. Il ne manquait que le tremblement de terre ! En réalité, beaucoup de produits ne sont pas concernés par les tarifs. Par ailleurs, des rééquilibrages de marge entre distributeurs, grossistes et importateurs évitent que la taxe ne se répercute sur le consommateur. Peut-être que nous le paierons plus tard, avec un appauvrissement de la chaîne de valeur du fait de marges comprimées pour certains, mais pour l’instant, force est de constater que la méga-crise annoncée n’a pas eu lieu et que l’inflation continue à baisser ou se stabiliser. Il faut cesser d’écouter les économistes.

    Enfin, il y a de la marge, « du gras » à récupérer sur certains produits : les fabricants s’étaient largement servis pendant le Covid en augmentant les prix sans raison et doivent désormais s’adapter, en restituant ainsi une partie des bénéfices réalisés à cette période.

    Donald Trump un réveil pour l’Europe ?

    Lesfrancais.press : « Quels risques potentiels voyez-vous pour l’économie américaine à moyen et long terme, notamment face aux crises internationales et aux choix politiques de Trump ? »

    Denis Jacquet : « La meilleure façon d’avancer est de rester en mouvement. Les États-Unis sont une économie internationale. Ils ne vivent pas en autarcie, ils vendent chez eux, mais surtout au reste du monde. Tout le monde se tient par la barbichette, certains — la Chine — plus que d’autres. Que vous soyez Apple aux USA ou Vuitton en France, vous toussez dès que l’Asie s’enrhume. Donc même, les USA sont dépendants, et devraient se rapprocher de l’Europe. Mais ils ne lui font pas confiance.

    « L’Europe est devenue une machine bureaucratique à briser le talent »

    Denis Jacquet, entrepreneur français à succès installé aux États-Unis

    L’administration Trump a une défiance, voire une forme de mépris pour l’Europe. Mais vu notre inaction et notre personnel politique, j’aurais tendance à lui donner raison. Et je dis vraiment malheureusement, parce que l’Europe est devenue une machine bureaucratique à briser le talent. Je pense que nous remercierons Trump, un jour, pour nous avoir réveillés, et nous rappeler que nous aurions les moyens d’être autonomes et ambitieux. Sur la défense par exemple. On devrait lui dire merci.

    Trump ne respecte que les puissants. Tant que l’Europe reste handicapée, Trump ne fera que la moquer et la délaisser. En cela, il nous pousse à un sursaut nécessaire : indépendance, investissement dans l’IA, le quantique, l’espace, tout ce qui fait le futur, au lieu de simplement réguler et lutter en France contre quelques mois de travail en plus pour préserver nos retraites et notre modèle social.

    « Il y aura des crises, mais je ne pense pas que ce soit à cause de la politique de Trump. Au contraire, elle réveille l’Europe, agresse la Chine »

    Denis Jacquet, entrepreneur français à succès installé aux États-Unis

    Les Européens devraient tenir compte du terrible constat fait par Mario Draghi, même si nous l’avions fait bien avant lui, avec mes amis entrepreneurs. Et en deux pages seulement. Les États-Unis ont besoin d’une Europe forte. Trump nous montre que nous sommes faibles, ne veut plus payer pour nous, et nous rappelle que sauf changement majeur, nous ne serons pas traités en égaux.

    Alors oui, il y aura des crises, mais je ne pense pas que ce soit à cause de la politique de Trump. Au contraire, elle réveille l’Europe, agresse la Chine et pousse certains dirigeants à adopter des politiques similaires : réduction des dépenses publiques, rééquilibrage des modes de pensée dans le monde universitaire, la presse et dans la magistrature, qui, dans beaucoup de pays, luttent contre leur propre pays sur la base d’une idéologie très à gauche.

    Le seul danger, à mon sens, concerne la bourse qui pourrait nous offrir une purge provisoire, comme elle les aime, notamment à cause des dégâts que nous prépare le « shadow banking ». Nous avons d’ailleurs assisté récemment à une faillite spectaculaire qui en est un révélateur. Il faut vite mettre le nez dans leur activité, sinon nous risquons, d’ici deux ou trois ans, de connaître une nouvelle crise de cette nouvelle forme de « subprimes » et nous refaire un joli feu d’artifice comme en 2008.

    La politique des visas des États-Unis et ses conséquences

    Lesfrancais.press : « Quelle lecture faites-vous de la nouvelle politique de ladministration Trump sur les visas H1B ? »

     Denis Jacquet : « Je pense que c’est une annonce dont Trump a le secret : il lance brutalement une mesure qui sera certainement adoucie ou supprimée, une fois le problème réglé. Les plus gros demandeurs de ces visas, sont l’Inde et la Chine. C’est là qu’il veut faire mal.  C’est un outil de plus pour imposer à l’Inde et à la Chine, de cesser d’acheter du pétrole sous le manteau à la Russie. Le but est d’affaiblir Moscou, qui s’en sort plutôt bien économiquement malgré la guerre contre l’Ukraine, et les pousser à signer la paix.

    Denis Jacquet
    Denis Jacquet, entrepreneur (Top Cream), auteur ( Pourquoi votre patron sera chinois, Eyrolles) et speaker

    L’Inde et la Chine achètent du pétrole russe qu’elles revendent ailleurs dans le monde, y compris en France, après avoir changé de pavillon, malgré les blocus contre Moscou. Comme Trump est vexé et agacé que Poutine ne cède pas à son plan de paix, et qu’il ne puisse pas annoncer qu’il a mis fin à la guerre en Ukraine comme il l’avait prévu, il cherche à le faire plier. Tout se passait très bien entre les États-Unis et l’Inde, qui était un excellent partenaire, mais tout d’un coup, il les a sabrés pour les faire plier sur cette question.

    Je crois donc que cette nouvelle réglementation est temporaire : une fois signée la paix en Ukraine, il l’annulera et, au passage, pourra revendiquer à nouveau le prix Nobel de la paix.

    « Je n’aurais aucune hésitation à échanger Trump contre Macron ou nombre de dirigeants Européens, malgré le peu d’admiration pour l’homme »

    Denis Jacquet, entrepreneur français à succès installé aux États-Unis

    Tous les milliardaires qui l’entourent savent très bien que les talents les plus fins viennent souvent de Chine ou d’Inde. La plupart des dirigeants des plus grandes sociétés digitales des USA viennent d’ailleurs. Tout le monde sait qu’on a besoin d’eux. Ses conseillers le lui rappellent chaque jour, y compris Musk. Et comme le taux de chômage grimpe un peu en ce moment, c’est pour lui l’occasion de faire embaucher des talents américains plutôt qu’étrangers — ce qui peut, provisoirement, l’arranger.

    Je parie que cette mesure est purement contextuelle. En conclusion, et je l’ai déjà déclaré dans les médias, je n’aurais aucune hésitation à échanger Trump contre Macron ou nombre de dirigeants Européens, malgré le peu d’admiration pour l’homme. Je préfère un détestable qui réussit et avance, que celui qui nous dirige vers l’enfer.


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